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Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de l’Ingénieur JNGG2012–Bordeaux 4-6 juillet 2012

LIQUEFACTION ET CLASSES DE SOLS DANS LES EUROCODES :


L’APPORT DU SDMT, DILATOMETRE PLAT SISMIQUE

SOILS CLASSIFICATION, EUROCODES AND LIQUEFACTION : USEFULNESS


OF SDMT SEISMIC DILATOMETER

Bertrand DUMOLARD1, Benjamin BENOIST2, Yvan BOUSQUET3,

1 TPDF - Techniques Porte de France, Grenoble, France


2 Standarm Mancelles - Armasol, Marigné-Laillé, France
3 Starco - Armasol, Vix, France

RÉSUMÉ — Le nouveau zonage sismique de la France et les Eurocodes demandent


une mise à niveau des méthodes d’études et d’analyse, en particulier pour les sols
les plus sensibles difficiles à prélever pour des essais en laboratoire. L’usage du
dilatomètre plat sismique SDMT et son aide pour la classification des sols et des
sites sont illustrés à travers quelques exemples en sols argileux et sableux.

ABSTRACT — Designers must comply with Eurocodes and new seismic area coding
rules in France for their field surveys, especially in case of alleged liquefiable sands
and clays. Exemples present SDMT Seismic Dilatometer usefulness in classifying
sites and discriminating soils with accuracy, especially when hardly rounded out by
laboratory tests.

1. Conséquence du zonage sismique de la France du 24 octobre 2010


1.1. Pour le domaine de la construction

Depuis plusieurs années, des stages et des publications spécialisés cherchent à faire
connaître et diffuser la bonne pratique de l’aspect « parasismique » à tous les stades
de la conception des ouvrages.
Cet aspect est en partie intégré dans la pratique courante, et en partie nouveau pour
les secteurs auparavant classés en zone sismique 0 devenues zone de sismicité 2
ou 3 (entre autres de nombreuses communes des Charentes, de la Vienne, en
Vendée et dans les Deux-Sèvres et aussi du Nord) ou même passées en zone de
sismicité 4 pour quelques communes des Pyrénées-Atlantiques.

1.2. Pour les géotechniciens

Cette pratique demande également une mise à niveau des moyens d’investigations
géotechniques et la poursuite des recherches sur les protocoles d’essais en
laboratoire au-delà des identifications classiques.
Ce n’est que dans les cas les plus complexes ou sensibles que la modélisation sol-
structure s’appuie sur les résultats des essais in situ et des essais en laboratoire.

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1.2.1. Essais in situ

Pour les essais géophysiques, les vitesses des ondes sont mesurées in situ par des
méthodes géophysiques qui nécessitent la mise en œuvre de moyens spécifiques ou
de plusieurs sondages pour les essais « cross-hole » : cette pratique n’est pas
envisageable pour les petits ouvrages. Des sondes de pénétromètre statique existent
avec un capteur sismique (SCPT) permettant de faire une mesure de signal en
« down-hole ». Des méthodes plus récentes et non intrusives comme le Continuous
Surface Wave System (CSWS) permettent d’enregistrer les ondes de cisaillement
jusqu’à une quinzaine de mètres de profondeur en sols mous, voire atteindre une
trentaine de mètres en sols raides.
Pour les autres essais in situ, ce sont les pénétromètres statiques CPT et CPTu, les
essais pressiomètriques Ménard ou par auto-forage, et les pénétromètres
dynamiques (DPT et SPT). Bien que ces essais soient complémentaires selon les
conditions géologiques, ils rencontrent tous des difficultés d’interprétation, du fait :
- des différents standards et classification, par exemple entre cône électrique et cône
mécanique, ou entre différents pénétromètres dynamiques
- de la méthode d’essai, avec un forage préalable et l’intervalle entre deux essais
pour le pressiomètre
- de la saturation préalable avec les piézocônes
- des conditions d’essai pour le SPT, etc.
L’aide que peut apporter l’utilisation du dilatomètre sismique est détaillée plus loin.

1.2.2. Essais et mesures en laboratoire

En préalable aux recherches sur les protocoles d’essais, la difficulté pour les essais
en laboratoire est de sélectionner les profondeurs d’échantillonnage : deuxième
intervention après analyse des essais in situ, ou échantillonnage systématique et
sélection en laboratoire ? Il est aussi extrêmement délicat voire illusoire de conserver
intacts pendant l’échantillonnage, le transport et les essais les matériaux lâches non
saturés et sans cohésion susceptibles de tassements excessifs ou des sables
saturés susceptibles de liquéfaction sous séismes.

2. Identification des sols selon l’Eurocode 8


2.1. Trois critères principaux

La nouvelle classification des sols et des profils stratigraphiques correspondants est


donnée dans l’Eurocode 8. Elle repose sur l’appréciation des critères principaux
suivants d’identification par ordre de convenance :
- s,30 : vitesse moyenne des ondes de cisaillement sur les trente premiers mètres
(m/s) donnée par la formule (1), et mesurée de préférence par géophysique en
forage ;
- NSPT : le nombre de coups au Standard Penetration Test (coups/30 cm) ;
- cu : décrite dans les Eurocodes comme la résistance au cisaillement non drainée
communément appelée cohésion non drainée (kPa).

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30
v s ,30 
hi

i 1, N v i
(1)

L’utilisation de ces trois critères, combinée à la description du profil stratigraphique


permet de déterminer les classes de sol « A » à « E », « S1 » et « S2 », telles que
représentées en figure 1.

Figure 1 . Représentation des classes de sol dérivée du tableau 3.1 de l’Eurocode 8,


complétée par ARMASOL pour les parties surlignées en jaune

2.2. Le cas particulier des sols « S1 » et « S2 »

Les Eurocodes ne fixent pas de critère de calcul des structures et de spectres de


réponse pour les classes « S1 » et « S2 » : les Eurocodes ne sont pas toujours
applicables en l’état en zone sismique et des études particulières sont nécessaires.
Pour les zones sismiques 3, 4 et 5 du nouveau zonage de la France, il est demandé
également de se prononcer sur la probabilité de liquéfaction des sols sous action
sismique.
Dans les Eurocodes, les critères de détermination ne sont pas complètement
précisés pour un sol liquéfiable « S2 » : il s’agit de matériau sableux lâche saturé
sans cohésion en couches étendues ou en lentilles épaisses, situé à moins de 15 m
de profondeur. Une plage d’interprétation est laissée à l’initiative du géotechnicien
sur l’étendue et l’épaisseur des couches concernées. L’utilisation du pénétromètre
statique avec mesure de pression interstitielle est recommandée (sauf catégorie
d’importance I). Il est dans tous les cas renvoyé aux méthodes empiriques
reconnues, par comparaison entre les caractéristiques de sols mesurées avant et
après des séismes connus, selon qu’ils ont subi ou non une liquéfaction,
Cette comparaison permet d’établir le rapport entre le CSR, Cyclic Stress Ratio
correspondant à la contrainte cyclique sous séisme prévisible selon le zonage du
site, et le CRR, Cyclic Resistance Ratio correspondant à la résistance du sol à la
liquéfaction selon ses caractéristiques en essais in situ à chaque profondeur testée.

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L’Eurocode 5 fixe le coefficient de sécurité minimum du rapport CRR sur CSR à 1,25
(=0,8), porté à 2 (=0,5) pour les ouvrages de soutènement sous nappe.
Dans le cas des sols non saturés susceptibles de tassements excessifs, l’Eurocode 8
dirige le géotechnicien vers les essais en laboratoire (voir plus haut), sans que soient
évoqués les essais in situ.

2.2.1. Sols S1 et S2 selon le critère s,30

Le critère déterminant recommandé, comme pour la classe « D », est une mesure de


vitesse des ondes de cisaillement s par méthode géophysique en forage.
Des coefficients d’amortissement sur les vitesses s/smax (et les modules de
cisaillement G/Gmax) sont proposés seulement pour les sols de classes « C » et « D »
avec un indice de plasticité IP>40. Toujours selon l’Eurocode 8, pour les sols « S1 »,
le critère de vitesse des ondes de cisaillement est indicatif, inférieur à 100 m/s.
Pour les sols « S2 », il n’y a pas d’indication de vitesse ni de limite. Une lecture entre
les lignes pourrait faire accepter un critère nécessaire de vitesse dans tous les cas
inférieur à 100 m/s, par exclusion des sols « A » à « E » et « S1 ».

2.2.2. Sols S1 et S2 selon le critère NSPT

Pour les sols « S1 », il n’y a pas d’indication pour ce critère dans l’Eurocode 8. Le
Standard Penetration Test n’est pas susceptible de fournir de donnée fiable en
présence de vase ou d’argile molle, mais seulement de retour au laboratoire, différée
des essais sur site, pour une éventuelle granulométrie simplifiée et des limites
d’Atterberg.
Pour les sols « S2 » rien n’est indiqué dans le tableau, ce qui ne permet pas a priori
de distinguer les sables de classe « D », « E » ou « S2 » lorsque les valeurs de NSPT
deviennent inférieures à 15, ou 20, ou 30, seuils indiqués dans l’Eurocode 8 selon
leur teneur en fines. Dans ce cas une analyse CSR-CRR/NSPT est requise, avec une
série de corrections précisées selon les types de sables. Ceci exclut la possibilité de
déterminer de quelle classe relève le sol en cours de test, le résultat des essais
d’identification en laboratoire devant être réalisable avec la présence d’un échantillon
représentatif dans le carottier pour pouvoir effectuer les corrections nécessaires.

2.2.3. Sols S1 et S2 selon le critère cu

Pour les sols « S1 », la mesure d’une cohésion non drainée entre 10 et 20 kPa sur
plus de 10 m d’épaisseur est le seul critère déterminant.
Pour les sols « S2 », saturés ou non, liquéfiables ou susceptibles de tassements
excessifs sous séisme, il parait cohérent de considérer qu’ils ont une cohésion non
drainée inférieure à 10 kPa. Cette limite place les sols « S2 » automatiquement hors
classes « A » à « E » et « S1 » et correspond à la limite fixée par l’Eurocode 7 et les
normes sur les fondations profondes pour leur vérification au flambage. Les couches
dont la cohésion est inférieure à 10 kPa et dont la vitesse des ondes de cisaillement
reste strictement inférieure à 100 m/s pourraient être qualifiés a priori de sol « S2 ».

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3. L’apport du dilatomètre sismique


3.1. Description des essais au SDMT

Le dilatomètre sismique est une combinaison de deux tests successifs de


déformation sous très faibles sollicitations (sonde sismique S) et sous sollicitation
moyenne (essai dilatométrique plat DMT). Ceci permet deux approches
comportementales indépendantes, et de connaître les caractéristiques de rigidité et
d’amortissement des sols fins selon leur densité.
Les deux essais (sonde dilatométrique et sonde sismique) sont effectués à l’arrêt.

Figure 2 . Mesures dilatométriques au DMT : méthode et principaux paramètres

La durée de l’essai de chargement latéral au dilatomètre plat (figure 2) est d’une


minute environ, avec un pas usuel de 0,2 m qui peut être descendu à 0,1 m. Deux
mesures de pression appliquée au sol sont effectuées : p0 au décollement du centre
de la membrane métallique souple, puis p1 lorsque le centre de la membrane s’est
déplacé de 1,1 mm. Une correction de l’inertie de la membrane est enregistrée avant
essai et contrôlée entre chaque sondage.

Figure 3 . Mesure de vitesse sismique : méthode et exemple de résultats associant


mesures sismiques et mesures dilatométriques

Avec deux ou trois frappes en surface (figure 3), l’enregistrement et le traitement puis
la validation de la vitesse sismique par différence de temps d’arrivée entre les deux
signaux est de l’ordre d’une minute. Le pas de mesure usuel est celui de l’écartement
entre les deux capteurs sur la sonde sismique, soit 0,5 m.

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Du fait du fonçage préalable de la sonde SDMT, les essais sont le plus souvent
réalisés à partir de porteurs CPT/CPTu de 50 à 300 kN ancrés (photo 2) ou non et
sur matériels spécifiques en off-shore.

Photos 1 et 2 . Vue de la sonde SDMT et de l’installation sur le site de la figure 4

3.2. Apport du SDMT pour le critère s

Pour chaque sondage, s est donnée sur site par tranche usuelle de 0,5 m, ce qui
permet son intégration directe dans la formule (1). Lorsque la profondeur de 30 m
n’est pas atteinte, le profil peut être complété par corrélation avec la coupe
géologique profonde.
Dans le cas de sables liquéfiables, la détermination est directe en confrontant les
résultats sur les diagrammes de la figure 4, le calcul des CRR ne nécessitant pas de
corrections, contrairement aux méthodes SPT et qc évoquées dans l’Eurocode 8
partie 5, annexe B. Pour CRR en fonction de s et du pourcentage de fines, et pour
le calcul de CSR, les formules d’Andrus et Stokoe sont utilisées. Pour CRR en
fonction de KDMT, l’équation de la courbe est indiquée en (2).
CRR  0,0107K DMT  0,0741K DMT  0,2169K DMT  0,1306
3 2
(2)

Figure 4 . Diagrammes CSR/CRR-Vs (Andrus et Stokoe 2000) et CSR/CRR-KDMT


(Monaco 2005)

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3.3. Apport du SDMT pour le critère NSPT

Pour les sols sableux (figures 1 et 5), une interprétation de l’essai DMT est donnée
avec un angle de frottement Phi-DMT. Cet angle de frottement varie entre 20 et 45°.
Par corrélation avec l’échelle de NSPT, il permet dans ces sols de fixer
immédiatement sur site les limites a priori entre les classes « B », « C » ou « D », et
par suite « E ». Pour les sols « A » ou grossiers, les essais pénétrométriques,
pressiométriques et au dilatomètre en forage sont plus appropriés.

Figure 5 . Exemple de sondage SDMT en zone 3 et site sableux (refus sur rocher)

3.4. Apport du SDMT pour le critère cu

Pour les sols argileux (figure 6), l’interprétation est donnée in situ en cohésion non
drainée cu-dmt depuis les valeurs inférieures à 10 kPa jusqu’à plus de 250 kPa.
Pour les classes « D », « E », « S1 » et « S2 », il n’y a pratiquement pas de limite
inférieure à la mesure des caractéristiques des sols argileux, vaseux, limoneux ou
tourbeux, comme montré en figure 6 (c’est également le cas en sols sableux).

Figure 6 . Exemple d’un sondage SDMT en zone 3 et site argileux (refus sur rocher)

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Initialement classé site liquéfiable « S2 », le site de la figure 4 a été reclassé après


l’essai au SDMT réalisé par ARMASOL en classe de sol « D », avec des sols de
type « S1 » de 3 à 8 m environ (argile avec cu-dmt entre 10 et 20 kPa et s < 100 m/s).

4. Conclusion
Utilisé en fondation comme pour le classement des sites vis-à-vis du comportement
sous séisme des sols, le SDMT apporte un complément fiable et de mise en œuvre
accessible à toutes les études géotechniques en sols fins et une partie seulement
des paramètres a été présentée dans cet article. Il est recommandé parce qu’encore
sensible lorsque les autres essais in situ arrivent à la limite de leur domaine
d’utilisation, particulièrement pour les sols susceptibles de liquéfaction ou de
tassements excessifs sous sollicitations sismiques.
Dans les cas les plus complexes, le SDMT permet de déterminer les profondeurs et
les conditions de prélèvement les plus adaptés en vue des essais de laboratoire. Le
SDMT permet aussi de préciser les valeurs caractéristiques de comportement sous
action sismique peu accessibles autrement : déformation, rigidité et amortissement.
L’ajout attendu au logiciel de dépouillement direct sur site d’une aide à l’interprétation
CSR-CRR/s et CSR-CRR/Kdmt contribuerait à faciliter la classification des sables
lâches par l’appréciation de leur susceptibilité à la liquéfaction ou aux tassements
excessifs dans tous les cas et sans discrimination de catégorie d’ouvrage.

Références bibliographiques
Andrus R.D., Stokoe K.H. II. (2000). Liquefaction resistance of soils from shear-wave velocity. Jnl GGE,
ASCE, 126,11 : 1015-1025.

Dumolard B., Marchand L.., Lesage A., Gerbaud G. (2010). Le dilatomètre sismique SDMT : un essai in
situ moderne et innovant, Actes des Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de
l’Ingénieur,.81-88, IRIS Grenoble-INP.

Monaco P., Marchetti S., Totani G., Calabrese, M. (2005). Sand liquefiability assessment by Flat
Dilatometer Test (DMT). Proc. XVI ICSMGE, Osaka, 4, 2693-2697.

ISO/TS 22476-11 (2005). Reconnaissances et essais géotechniques - Essais en place – Partie 11 : Essai
au dilatomètre plat, AFNOR

NF-EN-1998-1 (2005). Eurocode 8 : Calcul des structures pour leur résistance aux séismes – Partie 1 :
Règles générales, actions sismiques et règles pour les bâtiments, AFNOR.

NF-EN-1998-5 (2005). Eurocode 8 : Calcul des structures pour leur résistance aux séismes – Partie 5 :
Fondations, ouvrages de soutènement et aspects géotechniques, AFNOR.

NF-EN-1998-1/A1 (2007). Eurocode 8 : Annexe nationale à la NF-EN-1998-1 :2005, AFNOR.

NF-EN-1998-5/A1 (2007). Eurocode 8 : Annexe nationale à la NF-EN-1998-5 :2005, AFNOR.

http//www.marchetti-dmt.it (15/02/2012) nombreuses références bibliographiques sur les mesures


et l’interprétation des essais au SDMT.

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