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Dans mon établissement, une feuille à la présentation simple :

Rapporteur :
Date et lieu des faits :
Elève concerné :
+ lignes pour la narration.
Je raconte ce qui s'est passé avec le plus d'objectivité possible et utilise le discours direct
quand les propos ont de l'importance. (exemple : Dès son entrée, à 9h, *** s'est montré
dissipé. Malgré mes nombreux avertissements, il n'a cessé de déranger ses camarades
lors du DS et s'est montré violent avec son voisin en lui donnant un coup de sac. Lorsque
je lui ai demandé son carnet, il m'a répondu : " vas-y, c'est bon, j'ai rien fait, vous
charriez là") etc.

25 élèves  de 15 à 18 ans

Cours en fin de matinée puis en fin d’après-midi le même jour.

     Dès l’entrée en classe, le groupe était bruyant. H. s’est installé à la place qu’occupe habituellement R. Ce dernier lui a

demandé de la lui laisser. H. a demandé mon arbitrage. Comme il n’y a pas de places désignées, j’ai demandé à R. de se

décaler. Ce dernier était en colère car il ne pouvait pas brancher la prise de son portable mais surtout parce que H. n’a pas

arrêté de lui lancer des piques, relayé en cela par M. et O. J’ai dû attendre au moins 5 minutes avant de pouvoir faire l’appel.

I. et Y. sont arrivés en retard. Ils ont été chahutés par leurs camarades à leur entrée. Des insultes ont volé et quelques cris

d’oiseau déjà entendus depuis le début de l’année.

Malgré mes rappels à l’ordre, la classe a continué à s’agiter. J’ai alors décidé de transformer le cours dialogué en travail

individuel écrit. Le calme est revenu petit à petit sans pour autant atteindre le silence. Y. n’a pas arrêté de crier et de héler ses

camarades. Il était intenable. Certains élèves, à l’exemple de C., n’ont pas travaillé du tout. Deux avions en papier ont été

jetés quand j’avais le regard détourné.  Avant même que je donne le signal de départ, H. s’était levé pour partir. Je lui ai

demandé de rester à la fin du cours. Il a manifesté sa mauvaise humeur. Je lui ai demandé d’effacer le tableau et de vérifier le

rangement des chaises. Il a fait mine de partir puis s’est ravisé quand je lui ai dit que s’il partait, je lui demanderais un rapport

écrit sur son attitude. Je lui ai demandé pour qui il se prenait en agissant de la sorte. Il m’a rendu : « C’est vous qui vous

prenez pour quelqu’un ! »

Le lundi après-midi, j’assure le dernier cours de la journée pour cette classe. Il est donc délicat d’y enseigner. Au moment où

j’allais contourner le préfabriqué pour ouvrir la porte, j’ai entendu voler des pierres contre le bâtiment. Des élèves devaient se

caillasser en attendant mon arrivée.

Au moment où j’ouvrais la porte, j’ai été bousculé. Les élèves se poussaient entre eux. Je me suis alors retourné pour leur dire

de se rafraîchir un peu les idées en restant dehors. Je suis donc entré seul dans le préfabriqué. Des coups ont retenti sur la
paroi avant que ma collègue L. ne pénètre dans la pièce. Elle m’a dit qu’elle avait pris le nom d’un des élèves qui frappait le

mur. Il s’agissait de I.

J’ai finalement fait entrer les élèves qui se sont rués entre les tables. Puis j’ai raccompagné Mme L. jusqu’à la porte. A peine

avais-je le dos tourné qu’il y a eu le chahut dans la pièce. Je suis rentré et tout s’est arrêté. L’appel a été laborieux car la

classe était dissipée. Comme je ne me voyais mal faire cours, j’ai distribué les photocopies de la séance aux élèves en leur

indiquant que je ramasserais tous les travaux. Il y a eu des contestations avançant l’idée qu’on n’avait pas le droit de donner

un contrôle. G. était particulièrement agité. Je l’ai rappelé à l’ordre. I. n’a pas cessé de parler et de poser des questions idiotes

alors que le travail était en autonomie complète. J’ai dû le menacer de finir le travail dehors. Il a dit : « Je suis pas un

chien ! ». Puis, il a insulté N. à voix basse, histoire de l’agacer : « Je connais ta copine. Dans le bus, elle m’a chauffé. Elle

voulait me sucer ». Du premier rang, l’autre a répliqué qu’il connaissait bien sa soeur et sa mère. Je suis intervenu à nouveau

en exigeant le silence complet.

Comme C. s’agitait au fond de la classe, je me suis approché. Il était en train de demander à ses voisins un simple stylo pour

travailler ! G. était dans la même situation. Pendant tout le cours, S. et Z. ont bavardé. Je les ai interrompus à plusieurs

reprises. S. a fini par hurler, agacé : « Quoi ?! ». Je lui ai répondu que cela ne se disait pas et qu’il fallait se mettre au travail.

Il a répondu qu’il en avait marre des interrogations écrites.

A 15h25, G. s’est permis de donner l’heure à voix haute et d’exiger que je les laisse partir. Je lui ai rappelé les horaires du

cours. S. a repris ses commentaires. Je lui ai dit que nous évoquerions son cas à la fin de la séance. Il a répondu : « Non, j’ai

mon bus ». Z. et H. lui alors conseillaient à voix basse de dire « oui » et de partir sans attendre l’entrevue. A 15h27, RR. s’est

subitement levé, a remis un écouteur dans son oreille, a rangé sa chaise et, sans mot dire, a quitté la salle par la porte arrière.

J’ai d’abord cru à un problème de santé. J’ai ouvert la porte pour l’appeler. Il n’a pas répondu et a quitté le périmètre sans

aucune autorisation. A 15h30, j’ai finalement annoncé la fin de la séance. Les 21 élèves restants m’ont remis leur copie.

Comme S. quittait la pièce, je lui ai rappelé que je voulais le voir immédiatement. Il s’est enfui, sourire aux lèvres.

En quittant le lycée, j’ai reconnu RR. et V. sur le trottoir. J’ai arrêté mon véhicule pour demander une explication. RR. m’a

d’abord dit qu’il avait quitté la salle car il était « énervé de ramasser de sales notes à cause de ceux qui foutent le bordel ». Je

lui ai rappelé qu’il était mineur et qu’on ne s’enfuyait pas de cette façon d’un cours et que le professeur était juridiquement

responsable de lui le temps de la séance. Il m’a alors expliqué que dans la même journée, il avait reçu un zéro en anglais et un

sept en atelier à cause des perturbateurs et qu’il comptait changer d’établissement l’année prochaine à cause de la mauvaise

ambiance de travail. Je lui ai proposé de faire un rapport circonstancié au professeur principal et à l’administration pour faire
évoluer la situation. Il a répondu qu’il ne voulait pas avoir d’ennuis, qu’il ne voulait pas être traité de « balance » et qu’il ne

voyait pas pourquoi il arrangerait une situation qui ne va bientôt plus le concerner. Il a ajouté que le sort de R. était peu

enviable depuis qu’il avait dénoncé des camarades pénibles.

Comme RR. est un élève travailleur et discret, sa réaction m’a d’autant plus étonné et attristé. Je crois qu’il est grand temps

de faire le vide dans cette formation afin de permettre aux élèves volontaires de s’épanouir pleinement dans leur formation. Il

y a trop de dysfonctionnements pour ne pas engager une série de mesures fermes à élaborer avec l’ensemble de l’équipe

éducative. Je pense qu’il serait souhaitable que toute l’équipe éducative reçoive collectivement les familles de ces élèves pour

une dernière mise au point avant des sanctions qui devront être scrupuleusement et rapidement exécutées.

En vertu du règlement intérieur qui rappelle qu’un LP doit assurer un environnement de travail serein aux élèves sérieux, je

demande la plus grande sévérité à l’encontre des élèves perturbateurs. »

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