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Balthasar Van der Pol était un physicien et ingénieur néerlandais qui travaillait dans

les années 1920-1930 sur de nouveaux équipements : les tubes à vide, et leurs applications
dans une science naissante, l’électronique. Plus précisément, il s’intéressait au comportement
d’un tube à vide d’un type particulier, une triode. Van der Pol cherchait à maitriser les
conditions dans lesquelles on pouvait émettre des ondes électromagnétiques à l’aide de
circuits oscillants construits autour d’une triode. Ce domaine de recherche était important, en
particulier s’agissant de ses applications militaires en matière de radiocommunication. C’est
en juillet 1920 que Van der Pol acheva la rédaction d’une publication dans laquelle il décrit le
fonctionnement d’un montage articulé autour d’une triode associe à deux circuits RLC
couples. Il décrit dans ce même article l’équation différentielle de cet oscillateur. Van der Pol
trouva des oscillations stables qu’il a appelées par la suite des oscillations de relaxation et sont
maintenant connues comme un type de cycle limite.

L’équation de Van der Pol : son origine et son expression

Pour construire un oscillateur, on suppose que le coefficient k doit être négatif mais
qu’il fallait introduire un mécanisme pour limiter les oscillations en amplitude. Cela serait
possible en faisant en sorte, par exemple, que le coefficient k change de signe alternativement
pour amplifier et atténuer l’amplitude des oscillations.
Van der Pol est parti du constat selon lequel : il faudrait que le coefficient k soit
négatif mais que l’on arrive à limiter à une valeur donnée l’amplitude des oscillations. Dans
son article de 1920, il appelle le coefficient k α. Il appelait son coefficient α une résistance
négative ce qui est assez imagé. La notion de résistance négative peut surprendre, elle est de
fait assez étrange. Cette notion est apparue bien avant Van der Pol, Puisqu’on la doit à Hans
Luggin en 1888, qui travaillait sur la physique de l’arc électrique. Il constata, en traçant la
caractéristique électrique d’un arc, Qu’apparaissait un couple courant/tension qui ne
respectait pas la loi d’Ohm mais présentait une pente négative, une résistance négative,
consacré par l’usage, est un abus de langage. Il décrit un comportement physique analogue à
celui d’une résistance, sans pour autant être une résistance réelle, au sens physique du terme.
Pour limiter l’amplitude des oscillations, Van der Pol eut l’idée de transformer ce
coefficient (ou résistance négative) constant en une fonction de l’amplitude. Le principe était
que si l’amplitude augmentait, le coefficient augmentait pour diminuer l’amplitude et que si
l’amplitude diminuait alors le coefficient diminuait aussi, pour augmenter l’amplitude.
Physiquement, il a obtenu un tel comportement en couplant par leur inductance deux circuits
RLC.
Schema

A partir de son schéma, Van der Pol obtint une équation différentielle de
modélisation, en appliquant les lois des mailles et celles du comportement d’un circuit RLC.
Son équation brute est de la forme ẍ(t) + (a-3yx 2(t)) ẋ(t) + ꞷ2x(t)₌ 0, avec y une constante du
circuit. Ici, la variable x(t) a la dimension d’une différence de potentiel, et joue le même rôle
que l’angle dans l’équation d’un pendule amorti. Cette équation n’est pas adimensionnée, ce
qui est gênant pour l’étude d’un modèle. Van der Pol proposa sa forme adimensionnée en
1926 : ẍ(t) + µ (1-x2(t)) ẋ(t) + x(t) ₌0 avec µ un paramètre unique de l’équation de Van der
Pol.

Les propriétés de l’équation de Van der Pol

Nous savons que, pour que les oscillations puissent prendre naissance au niveau
du système, il était nécessaire que dans l’équation différentielle le coefficient devant le terme
du premier ordre soit négatif. Ensuite pour que ces mêmes oscillations soient limitées en
amplitudes il faut que ce coefficient change de signe, le système évolue alors sur un cercle
limite. C’est l’idée qui est à la base de l’oscillateur de Van der Pol que nous allons étudier.

M. Van der Pol propose l’équation différentielle suivante : ẍ+µ (1-x2) ẋ+ ɷ2 x = 0

Si on analyse cette équation on constate que pour des amplitudes faibles, l’équation
différentielle se ramène à une équation différentielle correspondant à la naissance
d’oscillations dont l’amplitude croit exponentiellement.
Lorsque l’amplitude de ces oscillations est importante, le terme change de signe,
amplitude des oscillations décroit exponentiellement, le système évolue alors entre deux états
limites infiniment proches qui définissent l’amplitude et la forme des oscillations.

Analyse de l’oscillateur de Van der Pol non forcé


L’oscillateur non forcé revient à étudier l’équation ẍ+µ (1-x2)ẋ+ x=0
Soit sous la forme du système on peut écrire :
ẋ= y
{ ẏ=µ (1−x 2) y + x

On peut donc calculer les éventuels points fixes :

{ ẏ=0=µẋ=0= y
( 1−x 2 ) y + x

Nous avons donc un point fixe unique : (x, y)= (0 ,0). Pour étudier la stabilité de ce
point fixe, nous introduisons la matrice du système autonome :

(−10 1
µ(1−x 2) )
Pour le point fixe (x ,y)=(0,0) on a donc :

J= (−10 µ1 )
La nature du système dépend de la trace de la matrice. Ici, nous avons clairement 3 cas
selon le signe de la trace T de la matrice.
T=0+µ=µ
Pour un T positif ou négatif le système est dissipatif ((0,0) est un point répulsif ou
attractif)
Pour T˃0 c’est à dire µ˃0 les solutions entrent dans des cycles limites qui attirent
toutes les trajectoires sauf le point fixe instable à l’origine. Près de l’origine ẋ=0 le système
est instable et loin de l’origine le système est amorti. L’ensemble globale des invariants est
composé du cycle limite et du point fixe
Si µ=0, c’est à dire qu’il n’y a pas de fonction d’amortissement le système est linéaire,
l’équation devient :
ẍ+ x=0 nous avons un oscillateur harmonique simple le système est conservatif ((0,0)
est un centre).
Qualitativement, comme T représente le frottement, si celui-ci est faible, nous aurons
un caractère oscillatoire, donc des valeurs propres de la matrice J précédente et le point stable
sera un foyer. Vérification quantitative, équation aux valeurs propres :
det (J - λI)=0

|−−1λ 1
1− λ|=0

-λ (µ-λ) +1=0
λ2 -λµ+1=0
∆=µ2 -4
En résumé :
T˂2
µ˂0 (0,0) foyer attractif
µ=0 (0,0) centre
µ˃0 (0,0) foyer répulsif

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