Vous êtes sur la page 1sur 35

Livre : Construction Routière Tome 2

Elaboré par

HATEM KAROUI

Edition : Fevrier 2019


remerciement
Hatem KAROUI

i
Table des matières

Introduction générale 1

1 Etude hydrologique et hydraulique 2


1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Etude hydrologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2.1 Généralités : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1.1 La pluviométrie : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1.2 Autres facteurs climatologiques : . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1.3 Classification hydrologique : . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1.4 Indice de drainage de Hénin-Aubert (1945) : . . . . . . . . 4
1.2.1.5 La période de retour T : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1.6 Délimitation des bassins versants : . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1.7 Le coefficient de ruissellement des bassins versants (C) : . 7
1.2.2 Evaluation des débits des bassins versants : . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.2.1 Méthode des débits spécifiques : . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2.2 Méthode Rationnelle "CIA" : . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.2.2.1 Formulation de la méthode Rationnelle : . . . . . 8
1.2.2.2.1.1 Temps de concentration tc . . . . . . . . . 8
1.2.2.2.1.2 Coefficient de ruissellement Kr . . . . . . . 9
1.2.2.2.2 Formulation Tunisienne : . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.2.2.2.1 Coefficient d’abattement Ka . . . . . . . . 10
1.2.2.2.2.2 Temps de concentration tc . . . . . . . . . 10
1.2.2.3 Méthode GHORBEL : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.2.4 Méthode Frigui : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.2.5 Méthode Francou-Rodier : . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.2.6 Méthode de Kallel : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.2.2.7 Méthode de SOGREAH : . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.3 Assemblage des bassins versant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.4 Conclusions : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3 Etude hydraulique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.1 Critères de choix des ouvrages : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.2 Les ouvrages de drainage longitudinal : . . . . . . . . . . . . . . . . 17

ii
TABLE DES MATIÈRES

1.3.2.1 La vitesse d’entrainement des matériaux : . . . . . . . . . 17


1.3.2.2 Types de fossés : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.2.2.1 Les fossés non revêtus . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.2.2.2 Les fossés revêtus . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.3.2.3 Dimensionnement des ouvrages longitudinaux : . . . . . . 20
1.3.2.3.1 Exercice d’application . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.3.3 Les ouvrages de drainage transversal : . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.3.3.1 Écoulement libre encadré par le débouché de l’ouvrage : . 22
1.3.3.1.1 Dimensionnement des dalots . . . . . . . . . . . . 22
1.3.3.1.2 Dimensionnement des cassis . . . . . . . . . . . . 23
1.3.3.1.2.1 Écoulement dénoyé : . . . . . . . . . . . . 24
1.3.3.1.2.2 Écoulement noyé : . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.3.2 Écoulement libre n’est pas encadré par le débouché de
l’ouvrage : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.3.3.2.1 Dimensionnement des dalots . . . . . . . . . . . . 26

Bibliographie 27

Construction Routière iii Hatem Karoui


Table des figures

1.1 Exemple d’un bassin versant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6


1.2 Pente moyenne d’un bassin versant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Assemblage des bassins versants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4 Les fossés non revêtus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.5 Les fossés revêtus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.6 Bassins versants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.7 Section longitudinale et transversale d’un dalot . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.8 Section transversale d’un cassis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.9 Radier à parties courbes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.10 Coefficient réducteur K . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.11 Écoulement en régime torrentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

iv
Liste des tableaux

1.1 Pluviométrie moyenne mensuelle pour la station Gabès Médnine . . . . . . 3


1.2 Température et Evaporation moyenne, station Gabès (1961-1990) . . . . . 3
1.3 Classification hydrologique de J.Rodier (1964) . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Correspondance Théorique admise entre l’indice D et les types des sols,
Aubert et Hénin(1945) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.5 Choix de la période de retour (T ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.6 Coefficient de ruissellement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.7 Coefficient de ruissellement de la méthode rationnelle . . . . . . . . . . . . 9
1.8 Coefficient d’abattement spacial de la pluie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.9 Paramètres régionaux de la formule de GHORBEL . . . . . . . . . . . . . 12
1.10 Paramètres régionaux de la formule de FRIGUI . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.11 Paramètre K de la formule de Francou-Rodier . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.12 Caractéristiques équivalentes des bassins versants . . . . . . . . . . . . . . 16
1.13 Vitesses limites d’entrainement des matériaux . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.14 Valeurs des débits pour différents types de dalots . . . . . . . . . . . . . . 23

v
Introduction générale

1
Chapitre 1

Etude hydrologique et hydraulique

1.1 Introduction
La conception et l’étude des projets routiers de différentes natures suivent des règles
techniques afin d’aboutir à un projet durable à long terme. Autres que, les paramètres
utilisés lors de la conception géométrique, il nécessaire de penser à protéger la route contre
les eaux pluviales de diverses origines, pouvant attaquer la structure de la chaussée, par
infiltration à travers les talus ou les fossés ou par stagnation sur la couche de roulement.
Une étude hydrologique et hydraulique sont alors nécessaire pour le bien être de la route
et de le laisser en dehors des écoulement d’eau.
L’étude hydrologique est menée pour estimer le débit de ruissellement des eaux pluviales
par différentes méthodes après identification des cours d’eau. L’étude hydraulique vient
de compléter la partie hydrologique par le dimensionnement des ouvrages hydraulique
permettant de collecter ou de drainer les eaux de ruissellement en dehors de la zone du
projet et d’éviter toute sorte d’infiltration de l’eau dans la structure de la chaussée.
Dans ce chapitre ont doit essayer de vous présenter les différentes méthodes utilisées dans
l’étude hydrologique pour l’estimation des débits de ruissellement des eaux pluviales ainsi
que leurs paramètres, les méthodes aussi utilisées pour le dimensionnement des ouvrages
hydrauliques de diverses formes.

1.2 Etude hydrologique


L’étude hydrologique a pour objet : La localisation des ’intersections du tracé routier
avec les principaux cours d’eau et leurs affluents, ainsi que la caractérisation succincte de
leurs bassins versants et les sources éventuelles.
L’estimation et l’ajustement des débits de ruissellement par le biais des méthodes de cal-
cul théoriques appropriées moyennant les données en possession.

2
1.2. Etude hydrologique

1.2.1 Généralités :
Une bonne estimation des débits de ruissellement des eaux pluviales des bassins
versants nécessite une vision sur les études récentes de la pluviométrie et du climat de la
région concernée par le projet routier.

1.2.1.1 La pluviométrie :

La pluviométrie, est l’indicateur principal de L’hydraulicité d’une région. Elle pourra


nous donner une idée sur la quantité de pluie dans une région. Généralement, la classifica-
tion climatique des régions se fait sur la pluviométrie mensuelle pour une station donnée.
Le tableau 1.1, nous donne un exemple représentatif de la pluviométrie moyenne mensuelle
pour la station de Gabès et Médnine sur la période de 1961 et 1990.

S/M S O N D J F M A M J J A Total
Gabès 22.8 44.1 31.5 33.3 24.3 19.4 23.2 12.7 6.8 3 0.7 1.1 222.9
Médnine 11.3 25 39.5 39 23.7 20.3 23.3 11.5 4.7 2.5 1.5 1.6 203.9

Table 1.1 – Pluviométrie moyenne mensuelle pour la station Gabès Médnine


,SCET (2011)

on remarque que pour les deux stations que la saison pluvieuse s’étend du mois de Sep-
tembre jusqu’au mois de Mars, avec une bonne partie des pluies durant l’automne.

1.2.1.2 Autres facteurs climatologiques :

Autre que le facteur de la pluviométrie mensuelle, on peut aussi mettre point sur les
données concernant la température maximale et minimale de la région pour prendre un
avis sur la quantité d’eau moyenne évaporée par mois ou par une année. Le tableau 1.2,
nous donne une idée sur la variation de la température et l’évaporation pour le station de
Gabès.

S/M S O N D J F M A M J J A Année

Température ( C)
25.6 21.7 16.8 13 12 13.3 15.1 17.7 20.8 24 26.6 27.4 19.5
Evaporation(mm)
5.5 5.3 5.1 4.8 4.8 5.4 5.3 5.7 5.4 5.5 6.2 6.1 5.4

Table 1.2 – Température et Evaporation moyenne, station Gabès (1961-1990)


,SCET (2011)

Construction Routière 3 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

1.2.1.3 Classification hydrologique :

Pour prendre connaissances sur le climat de la zone d’étude, on peut utiliser la clas-
sification de J. Rodier (1964) basée sur les études faites sur les régimes hydrologiques de
l’Afrique noire à l’Ouest de Cango. Cette classification viendra pratique dans l’utilisa-
tion des méthodes de calcul hydrologiques avancées qui furent développées pour les zones
africaines. Le tableau 1.3, nous donne une classification hydrologique selon la hauteur
annuelle de la précipitation dans une zone considérée.

Hauteur de la précipitation Classification


annuelle (mm) météorologique Classification hydrologique
H < 100 - 150 Saharien Désertique
150 < H < 300 Sahélien nord Subdésertique
300 < H < 750 Sahélien Sud Sahélien
750 < H < 1200 Soudanien 1 Tropical pur
1200 < H Soudanien 1 et 2 Tropical de transition

Table 1.3 – Classification hydrologique de J.Rodier (1964)

1.2.1.4 Indice de drainage de Hénin-Aubert (1945) :

Le calcul de cet indice permet la connaissance théorique des quantités d’eau de pluie
migrant en profondeur, lessivant le sol et étant susceptible d’aller alimenter une nappe et
de constituer un réserve d’eau utile aux plantes pérennes pour passer la saison sèche.
0
γ × P3
D(mm) = (1.1)
1 + γ0 × P 2
Avec :
0
* γ =γ×α
* γ = 0.15×T1 −0.13
* P : La pluviométrie moyenne annuelle en mm.
* T : La température moyenne annuelle en ◦ c
* α : égale à 0.5 pour les sols argileux, 1 pour les sols limoneux et 2 pour les sols sableux.
Selon l’indice de drainage obtenu par l’équation 1.1, le sol est classé (Cf.Tableau 1.4).

Construction Routière 4 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

Indice de drainage D(mm) Type de sol


Supérieur à 200 Ferrallitisation possible
de 200 à 90 Sol ferrugineux tropical lessivé à non lessivé
de 90 à 30 Sol steppique
Inférieur à 30 Sol subdésertique

Table 1.4 – Correspondance Théorique admise entre l’indice D et les types des sols,
Aubert et Hénin(1945)

1.2.1.5 La période de retour T :

La période de retour (T ), ou le temps de retour, caractérise le nombre d’années


séparant un événement de grandeur donnée d’un autre événement d’une grandeur supé-
rieure ou égale, Miquel, J,(1984). Donc la période de retour (T ) est définie comme étant
l’inverse de la probabilité (p) d’un événement donné peut se produise durant une période
donnée, T = 1/p. Dans la pratique, le choix de la période de retour (T ), est en fonction
du type de l’ouvrage à dimensionner et la nature du projet routier( voir tableau 1.5).

Routes Nationales Routes Régionales Routes Locales


(RN) (RR) (RL)
Ponts 100 ans 100 ans ——
∗ ∗
Dalots et Buses 10, 20 ou 50 ans 10, 20 ou 50 ans 10, 20∗ ans
Fossés 5, 10 ans 5, 10 ans 1, 2 ans

Surface du bassin versant (A > 25km2 )

Table 1.5 – Choix de la période de retour (T )

1.2.1.6 Délimitation des bassins versants :

L’étude hydrologique a pour but l’estimation des débits de crues de projet des bas-
sins versants, interceptant les pistes projetées. En s’appuyant sur les données spécifiques
au site, on évaluera au début les caractéristiques physiques des bassins versants après une
délimitation, ensuite on estime les débits de dimensionnement spécifiques aux périodes de
retour adoptées.
La délimitation des bassins versants (BV) se fait par projection de la route sur les cartes
d’Etat Major de la région concernée par le projet. En suivront les courbes de niveau (les
points haut et bas) et le sens des écoulements des eaux, on peut alors délimiter les surfaces
de collecte des eaux pluviales. Un bassin versant est par définition la surface qui draine
les eaux pluviales vers un exutoire, généralement limitée par les frontières naturelles ou
les lignes de crêtes (lignes de partage des eaux) (cf Figure 1.1).

Construction Routière 5 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

Figure 1.1 – Exemple d’un bassin versant

Il existe autre méthode de délimitation des bassins versants par l’application des outils
informatique comme l’emploi de logiciel (Global Mapper).
Les caractéristiques physiques et l’occupation des sols (couvert végétal) jouent un rôle
important dans le comportement hydrologique des bassins versants. Globalement on ca-
ractérise un bassin versant en terme de :
** Pédologie :
* Nature du sol en surface.
* Indice d’imperméabilité du terrain (à l’eau de ruissellement).
** Couvert végétal :
* Type et densité de la couverture végétale ;
* Nature de la végétation ;
* Pourcentage de terrains cultivées et type de cultures ;
* Etat des abords du lit du plan d’eau.
** Ouvrages existants :
* Présence ou non de mesures de conservations du sol ;
* Présence ou non d’ouvrage hydrauliques.
** Morphologie :
* La superficie (A en km2 ) et le périmètre (P en km) ;
* Pente moyenne (imoy [%]) ;
* Longueur du plus grand Thalweg ou de celui le plus représentatif (Lthalweg en Km) ;
* Aspect du réseau hydrographique ;
* Altitudes spécifiques Zmax et Zmin [m] dans le repère global ;
* La nature de la zone : en montagnes et en pleines ;
* Coefficient de ruissellement nommé C déterminé sur la base des caractéristiques géo-
morphologiques ;

* Indice de compacité Ic = 0, 282 × P/ A.

Construction Routière 6 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

La figure 1.2, présente un exemple illustratif pour le calcul d’une pente moyenne d’un
bassin versant.

L l l l l
√ = √1 + √2 + √3 + √4 (1.2)
i i1 i2 i3 i4

Figure 1.2 – Pente moyenne d’un bassin versant

1.2.1.7 Le coefficient de ruissellement des bassins versants (C) :

Le coefficient de ruissellement C des bassins versants ruraux, représente le pourcen-


tage de la quantité d’eau ruisselée à la sortie de l’exutoire par rapport à la quantité brute
(précipitée). Le tableau 1.7 nous donne quelques valeurs du coefficient de ruissellement
adoptées pour différents cas.

Forêts 0.1 Chaussée 0.9


Accôtements 0.7 Toitures 0.8 à 0.9
Champs cultivés 0.2 Sol argileux 0.4 à 0.5
Sol rocheux 0.7 Sol sableux 0.2 à 0.4

Table 1.6 – Coefficient de ruissellement

1.2.2 Evaluation des débits des bassins versants :


Plusieurs méthodes sont utilisées pour l’évaluation des débits de crue en fonction de
la disponibilité des données hydrométriques à l’exutoire des bassins étudiés et des données
pluviométriques, climatiques et pédologiques représentatives de la zone du projet.

Construction Routière 7 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

1.2.2.1 Méthode des débits spécifiques :

Cette méthode est généralement applicable pour les bassins versant dont la superfi-
cie est inférieure à 1km2 . Le débit des eaux pluviales est donné par la formule suivante :

Q = qsp × A (1.3)
Avec :
* A : la surface des bassins versants (en km2 ) ;
* qsp : débit spécifique égal à 12m3 /s/km2 .

1.2.2.2 Méthode Rationnelle "CIA" :

La méthode rationnelle permet de déterminer le débit maximum pour une période


de retour donnée, à partir de l’intensité de pluie correspondant au temps de concentration
du bassin versant et à la période de retour donnée.
Elle est généralement applicable pour des bassins versants de superficies inférieures à 4
km2 par son approche universelle.
D’autre part il a été convenu sur l’adaptation de la méthode en application aux régimes
hydrologiques en Tunisie par une approche proposée par la DGPC Tunisienne pour des
bassins allant jusqu’à 250 km2 de surface.

1.2.2.2.1 Formulation de la méthode Rationnelle : La formule de la méthode


Rationnelle se présente sous la forme :

K r × PT × A
QT (m3 /s) = = 0, 278 × Kr × IT × A (1.4)
3, 6 × tc
Avec :
* QT : Débit de point de crue (en m3 /s) pour une période de retour T donnée ;
* A : Superficie du bassin versant en km2 ;
* Kr : Coefficient de ruissellement du bassin versant ;
* IT : Intensité maximale de précipitation (en mm/h) correspondant au temps de concen-
tration du bassin versant pour une période de retour T donnée ;
* tc : Temps de concentration du bassin.
Le temps de concentration tc est déterminé à partir de la formule de Kirpich ou celle de
Richards, tandis que l’intensité de l’averse de durée égale au temps de concentration est
déduite des courbes intensités-durées-fréquence de la zone considérée.

1.2.2.2.1.1 Temps de concentration tc : Pour calculer le temps de concen-


tration tc , nous proposons la formule de KIRPICH notamment utilisée pour les bassins
versants dont la surface est inférieure à 4 km2 .

Construction Routière 8 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

La formule de KIRPICH est purement empirique. Dans certains cas spécifiques, le temps
de concentration ainsi calculé pourrait diverger notablement de la réalité.

1 L1,15
tc = (1.5)
52 H 0,38
Avec :
* tc : temps de concentration en minutes ;
* L : Longueur de l’oued ou de l’écoulement en m ;
* H : La différence d’altitude H = Zmax − Zmin en m.
Remarque : Pour les bassins versants formés par l’enceinte de la route, le temps de
concentration considéré est égal à 0.5 heures.

1.2.2.2.1.2 Coefficient de ruissellement Kr :


La principale difficulté consiste à appréhender correctement le coefficient de ruissellement
Kr , dont la valeur peut être extrêmement variable entre 0.2 et 0.7 en fonction des para-
mètres suivants :

 La surface et la pente du bassin versant.

 La nature et l’indice de couverture du sol par la végétation.

 La pluviométrie.

 La période de récurrence choisie.

On pourra adopter les coefficients de ruissellement suivants estimés en fonction de l’indice


de végétation et la pente du bassin versant :

Pente Indice de végétation Kr


Pente faible plus de 50% de la surface du bassin est couverte de végétation 0.3
Bassin de
plaine Si 30% à 50% de la surface du bassin est couverte de végétation 0.4
(i < 10%) Si moins de 30% de la surface du bassin est couverte de végétation 0.5
Pente forte plus de 50% de la surface du bassin est couverte de végétation 0.4
Bassin de
montagne Si 30% à 50% de la surface du bassin est couverte de végétation 0.5
(i > 10%) Si moins de 30% de la surface du bassin est couverte de végétation 0.6

Table 1.7 – Coefficient de ruissellement de la méthode rationnelle

Construction Routière 9 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

On notera que les valeurs du coefficient de ruissellement données par le tableau 1.7 sont
valables pour des périodes de retour de 5 à 20 ans. Dans le cas des périodes de retour plus
importantes (50 à 100 ans), il est convenu de majorer les coefficients précédents de 10%.

1.2.2.2.2 Formulation Tunisienne : Généralement cette formule a été formulée


pour les bassins versants dont la surface est supérieure à 4 km2 . La formule est comme
suit :

Kr × Ka × IT × A
QT (m3 /s) = = 0, 278 × Kr × Ka × IT × A (1.6)
3, 6
Avec :
* QT : Débit de point de crue (en m3 /s) pour une période de retour T donnée ;
* A : Superficie du bassin versant en km2 ;
* Kr : Coefficient de ruissellement du bassin versant, donné par le tableau 1.7 ;
* IT : Intensité maximale de précipitation (en mm/h) correspondant au temps de concen-
tration du bassin versant pour une période de retour T donnée ;
* Ka : Coefficient d’abattement spatial de la pluie ;

1.2.2.2.2.1 Coefficient d’abattement Ka :


le coefficient d’abattement Ka à appliquer est fonction de la dimension du bassin versant.

A 0 − 25 25 − 50 50 − 100 100 − 150 150 − 250


Ka 1 0.95 0.9 0.85 0.8

Table 1.8 – Coefficient d’abattement spacial de la pluie

1.2.2.2.2.2 Temps de concentration tc :


On peut appliquer pour l’estimation du temps de concentration la formule de VENTURA
pour les bassins versants ayant une surface inférieure à 25km2 et la formule de PASSINI
pour les bassins dont la surface est supérieure à 25km2 .

1. Formule de VENTURA : A < 25km2 :


r
A
tc = 76 × (1.7)
i
Avec :
* tc : Temps de concentration en minutes ;

Construction Routière 10 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

* A : Surface du bassin versant en km2 ;


* i : Pente du bassin versant en cm/m.

2. Formule de PASSINI : A > 25km2 :



3
A×L
tc = 1.1 × √ (1.8)
i
Avec :
* tc : Temps de concentration en heures ;
* A : Surface du bassin versant en km2 ;
* i : Pente du bassin versant en cm/m.
* L : Longueur de l’oued en km.

Remarque : Pour des bassins versants dont la surface est supérieure à 100 km2 , le temps
de concentration calculé par la formule de Passini sera multiplié par un coefficient γ dé-
terminé en fonction de la valeur de l’indice de compacité du bassin. Ce coefficient est pris
égal 3 pour les bassins ayant un coefficient de compacité inférieur à 1.5 et est pris égal à
4 pour un coefficient de compacité supérieur à 1.5.

1.2.2.3 Méthode GHORBEL :

A partir des études statistiques des débits maximums observés sur les stations hy-
drométriques du réseau tunisien, GHORBEL a constaté une régionalisation des rapports.
La méthode s’applique sur la totalité du territoire tunisien comme présenté ci-après.
Le débit de ruissellement est calculé par l’équation 1.9
:
QT (m3 /s) = RT,Q × QT max (moy) (1.9)
Avec :
* RT,Q : Paramètre régional de la formule de GHORBEL ;
* QT,max (moy) : Le débit moyen des débits maximums d’un échantillon, donné par l’équa-
tion 1.10.

QT,max = K × A0.8 (1.10)


tel que : K = 1.075 × p − 0.232
et :
p
(P̄ × ∆h)/L
p= (1.11)
Ic
Avec :
* P̄ : Pluviométrie moyenne sur le bassin en m ;

Construction Routière 11 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

* ∆h : Différence d’altitude entre la médiane et l’exutoire du bassin versant en m ;


* L : Longueur de thalweg exprimé en km ;
* Ic : Indice de compacité du bassin versant (Cf paragraphe 1.2.1.6).
Les valeurs des rapports (RT,Q ) par région et en fonction de la période de retour sont
présentées dans le tableau 1.9 :

Désignation de la zone RT,Q pour différentes périodes de retour T


Zone – Réseaux hydrographiques 2 5 10 20 50 100
Zone Ichkeul, l’extrême nord, Les affluents
1 rive gauche de la Medjerda 0.86 1.39 1.79 2.19 2.72 3.12
Le Medjerda et ses affluents rive
Zone droite, le Cap-Bon, le Zéroud à
2 Khanguet Zazi 0.7 1.33 1.98 2.84 4.4 6.04
Zone Le Miliane, le Merguellil, la branche
3 nord du Zéroud 0.59 1.45 2.34 3.52 5.68 7.93
Zone
4 Le sahel et Sfax 0.5 1.6 2.5 3.5 5.1 6.2
Zone
5 Le sud 0.3 1 2.2 3.7 6.7 9.2

Table 1.9 – Paramètres régionaux de la formule de GHORBEL

1.2.2.4 Méthode Frigui :

Les formules de Frigui sont des formules régionales tunisiennes et s’appliquent sur
la totalité du territoire comme présenté dans ce qui suit.
 
3 Am
QT (m /s) = λT × (1.12)
(A + 1)n
Avec :
* A : Surface du bassin versant en km2 ;
* Am : Paramètre caractérisant la nature du débit maxima spécifique ;
* n : Coefficient de réduction du module de l’écoulement maximum ;
* λT : Coefficient d’ajustement pour la période de retour T considérée.
Le tableau 1.10, donne les paramètres ci-dessus pour les différents cas prévus :

Construction Routière 12 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

Valeur de λT pour différentes périodes de retour


Réseaux hydrographique Am n
2 5 10 20 50 100
Extrême Nord 26.2 0.47 0.17 0.33 0.48 0.61 0.87 1
Medjerda 53.5 0.53 0.12 0.28 0.42 0.57 0.85 1
Cap-Bon et Méliane 38.4 0.44 0.07 0.24 0.4 0.58 0.86 1
Centre et Sud 76.7 0.44 0.13 0.32 0.48 0.64 0.88 1

Table 1.10 – Paramètres régionaux de la formule de FRIGUI

1.2.2.5 Méthode Francou-Rodier :

C’est un moyen assez commode pour l’évaluation des crues exceptionnelles pour les
grands bassins versants, Francou – Rodier ont étudié les crues exceptionnelles dans le
monde et sont constatés que pour une même région (caractérisée par un coefficient K)
les points représentants le débit Q en fonction de la surface d’un bassin versant A sur
un graphique bi logarithmique s’alignent et que les différentes droites convergent vers le
point (A0 , Q0 ) où :
* A0 = 108 km2
* Q0 = 106 m3 /s
En classant les crues maximales observées dans le monde, les auteurs (Francou-Rodier) se
sont aperçus qu’on peut caractériser le débit Q(m3 /s) d’une crue sur un bassin versant en
fonction de sa superficie et pour une période de retour donnée par une relation de la forme :
K
(1− 10
 )
3 A
Q(m /s) = Q0 × (1.13)
A0
Cette formule n’est valable que pour les bassins de surface supérieure à 200 km2 .
Le coefficient K qui semble avoir une signification géographique est outil permettant de
comparer la violence des crues : K = 6 correspondant aux crues record du monde alors
que K = 0 caractérise les régimes calmes et réguliers.
L’observation des crues en Tunisie a permis d’établir les valeurs suivantes du coefficient
K pour différentes périodes de retour :

Période de retour 10 ans 20 ans 50 ans 100 ans


K 3.5 3.7 4 4.5

Table 1.11 – Paramètre K de la formule de Francou-Rodier

Construction Routière 13 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

1.2.2.6 Méthode de Kallel :

Une étude a été réalisée par Kallel en 1977, sur les crues a permis de classer les
débits spécifiques par région. Selon cette constatation des courbes régionales ont été éta-
blies donnant la variation de débit spécifique pour une fréquence donnée en fonction de
la surface du bassin versant.
Suite à cette étude, kallel à tirer la formule 1.14 donnant le débit spécifique en fonction
de la surface du bassin versant et pour une période de retour donnée.

q = qa × A α × T β (1.14)
Avec :
* q : Le débit spécifique en m3 /s/km2 ;
* A : La surface du bassin versant en km2 ;
* qa , α, β : Constantes régionales.
Les études faites par l’auteur sur les événements constatés sur tous les bassins de la
Tunisie, ont permis de subdiviser la Tunisie en quatre régions. les équations développées
donnant les débits sont les suivantes :
* Région Nord de la Tunisie et Cap-Bon :

Q(m3 /s) = 5.5 × A × T 0.41 (1.15)

* Région Sud de la Tunisie :



Q(m3 /s) = 12.35 × A × T 0.41 (1.16)

* Noyau de la dorsale Tunisienne :

Q(m3 /s) = 2.6 × A0.81 × T 0.41 (1.17)

* La Tunisie centrale et sahel (T = 10 ou 20 ans) :



Q(m3 /s) = 12.3 × A × T 0.41 (1.18)

* La Tunisie centrale et sahel (T = 50 ou 100 ans) :



Q(m3 /s) = 24.7 × A × T 0.41 (1.19)

Les formules proposées par Kallel, 1977, ne sont valable que pour des bassins versants de
superficie supérieure à 100 km2 . Généralement, il reste de vérifier l’ensemble des équations
sur des autres événements afin de vérifier la transition entre les deux équations (1.18) et
(1.19).

Construction Routière 14 Hatem Karoui


1.2. Etude hydrologique

1.2.2.7 Méthode de SOGREAH :

La méthode de SOGREAH, est utilisée pour l’estimation du débit de crue pour une
période de retour (T ). Généralement est applicable pour les bassins versant de superficie
supérieure à 4km2 , le débit de la crue est estimé par la formule suivante :

A0.75
QT = × (PT − P0 ) (1.20)
12
Avec :
* QT :Débit de pointe de la crue (m3 /s) de période de retour T ;
* A : Surface du bassin versant (en km2 ) ;
* PT : Pluie journalière (en mm) de période de retour T ;
* P0 : Seuil de ruissellement (en mm).

1.2.3 Assemblage des bassins versant


Selon la figure 1.3, les deux bassins BV1 et BV2 sont deux bassins en série, leur as-
semblage donne un bassin nommé BV12 . Les deux bassins BV12 et BV3 sont deux bassins
en parallèle, leur assemblage donne un bassin nommé BV4 . Les caractéristiques équiva-

Figure 1.3 – Assemblage des bassins versants

lentes des bassins en série ou en parallèle, sont données par le tableau 1.12.

Construction Routière 15 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Caractéristiques
équivalentes Aq Krq iq
!2
P P
P Aj ×Krj Lj
Série Aj P
Aj L
√j
P
ij
P P
P Aj ×Krj Q ×i
Parralèle Aj P Pj j
Aj Qj

Table 1.12 – Caractéristiques équivalentes des bassins versants

1.2.4 Conclusions :
Les formules abordées ci-dessus, sont généralement utilisées pour l’estimation des
débits de ruissellement des eaux pluviales pour différents types de bassins versants. La
formule rationnelle utilisée pour les bassins de superficie inférieure à 25 km2 .
Les fondements théoriques de la méthode Francou-Rodier sont assez empiriques, de plus
la méthode de Kallel date depuis les années 70, soit quelques années après les crues his-
toriques de 69 et 73. Ses paramètres restent très influencés par ces crues. La méthode
régionales de Frigui et Ghorbel sont généralement basées sur les statistiques observées
par les auteurs sur les études réalisées sur les crues et sont applicables sur toutes les ré-
gions de la Tunisie.

1.3 Etude hydraulique


L’étude hydraulique, à pour objet le dimensionnement des ouvrages hydraulique as-
surant le rétablissement des écoulements naturels, la sécurité des usagers et la mise hors
d’eau des tracés routiers en question.
Dans cette partie, on va donc définir les critères de choix du type d’ouvrage hydraulique
et les formules utilisées pour leurs dimensionnement.
Dans les projets routiers on distingue plusieurs catégories des ouvrages utilisés pour le
drainage des eaux pluviales, tels que les ouvrages longitudinaux comme les fossés de dif-
férentes formes et les ouvrages de drainage transversal exécutés sous la structure de le
chaussée tels que les ponts, les dalots, les buses et les cassis.

1.3.1 Critères de choix des ouvrages :


Le choix d’un ouvrage de drainage des eaux pluviales doit reposer sur les critères
suivants :
* Sa capacité hydraulique ;
* Sa géométrie et le respect des normes et spécifité du profil en long de la route ;
* Son niveau de protection ;

Construction Routière 16 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

* Sa facilité d’entretien ;
* La topographie, le profil en travers de l’oued et le débit à évacuer ;
* Le risque d’ensablement de l’ouvrage pour mieux garantir son entretien ;
* Les cassis submersibles ou semi-submersibles utilisés pour les oueds large ou à grands
débits.
Le dimensionnement des ouvrages de drainage routier se fait sur la base des débits retenus
à l’issue de l’étude hydrologique. Généralement pour les dalots et les buses, les produits
industrialisés seront à rechercher plutôt que les ouvrages coulés sur place qui sont les plus
couteux.

1.3.2 Les ouvrages de drainage longitudinal :


Les ouvrages de drainage longitudinal, sont utilisés pour drainer les eaux pluviales
en provenance de la chaussée, les accotements et éventuellement des talus des impluviums
environnants.
Ces ouvrages sont rencontrés sous différentes sections et formes, on distingue les fossés de
section trapézoidale, triangulaire, rectangulaire, carrée et demi cercle.
Le choix de de différents systèmes de drainage est fonction des débits des eaux de ruissel-
lement à évacuer et des zones traversées.
On distingue les fossés revêtus, utilisés dans les terrains non susceptible à l’érosion avec
des pentes faibles et les fossés revêtus sont utilisés lorsque la pente du profil en long de la
route devient une contrainte restreinte. Dans le cas des fossés non revêtus, il est recom-
mandé de vérifier que la vitesse de l’écoulement à plein n’est pas supérieure à la vitesse
d’entrainement des matériaux.

1.3.2.1 La vitesse d’entrainement des matériaux :

Les vitesses limites d’entrainement des matériaux est donnée par le tableau 1.13 en
fonction de la nature du sol et du diamètre des grains solides. Pour des hauteurs d’eau de
0.5 m on minorera ces vitesses de 10%.

Construction Routière 17 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Vitesse limite
d’entrainement des
Diamètre des éléments matériaux (hw 6 1m)
Catégorie des sols (mm) (m/s)
0.02 à 0.2 0.20 à 0.30
Sables 0.2 à 0.5 0.30 à 0.55
0.5 à 2 0.55 à 0.65
2à8 0.65 à 0.80
Gravillons 8 à 20 0.80 à 1.00
20 à 30 1.00 à 1.40
Cailloux 30 à 40 1.40 à 1.80
40 à 75 1.80 à 2.40
75 à 100 2.40 à 2.70
100 à 150 2.70 à 3.50
150 à 200 3.50 à 3.90
Cas des argiles
Très peu compacte (Indice des vides = 1.20 à 2.00) 0.32 à 0.45
Peu compacte (Indice des vides = 0.60 à 1.20) 0.70 à 0.90
Compacte (Indice des vides = 0.30 à 0.60) 1.05 à 1.30
Très compacte (Indice des vides = 0.20 à 0.30) 1.35 à 1.80

Table 1.13 – Vitesses limites d’entrainement des matériaux

1.3.2.2 Types de fossés :

Les Fossés les plus utilisés dans les projets routiers pour le drainage des eaux plu-
viales, sont sous différents types. On donne ci dessous (Cf.Figure 1.4) les types de fossés
les plus utilisés, comme les fossés triangulaires revêtus et non revêtus ou les fossés trapé-
zoidales revêtus et non revêtus.

1.3.2.2.1 Les fossés non revêtus

Construction Routière 18 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Figure 1.4 – Les fossés non revêtus

1.3.2.2.2 Les fossés revêtus

Construction Routière 19 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Figure 1.5 – Les fossés revêtus

1.3.2.3 Dimensionnement des ouvrages longitudinaux :

Le dimensionnement des ouvrages longitudinaux comme les fossés, c’est à dire la


détermination de la section du fossé, permettant de drainer la quantité d’eau avec une
vitesse inférieure à la vitesse limite d’entrainement des matériaux. Le débit ainsi utilisé est
le débit calculé dans la partie hydrologique, en considérant l’eau provenant de la chaussée,
les accotements et le talus.
on utilise la formule de Manning Strickler pour l’estimation de la vitesse d’écoulement
dans l’ouvrage.

2/3
V (m/s) = K × RH × i1/2 (1.21)
Avec :
* V : La vitesse d’ecoulement en (m/s) ;

Construction Routière 20 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

* K : Coefficient de Manning Strickler qui représente la rugosité de l’ouvrage (K = 30


(Ouvrage en terre), 70 (Ouvrage en béton)) ;
* RH : Rayon hydraulique (RH = PSm m
);
* i : La pente de l’ouvrage ;
* Sm : La surface mouillée en (m2 ) ;
* Pm : Le périmètre mouillé en (m).
Le débit est donné par l’équation :
2/3
Q(m3 /s) = V × S = K × RH × i1/2 × S (1.22)

1.3.2.3.1 Exercice d’application L’étude hydrologique et hydraulique lors de la


conception d’une route nationale située à Sid Bouzid nous a permis d’identifier les trois
bassins versants mentionnés ci-dessous (Cf. Figure 1.6).
L’objectif de cette étude était de calculer le débit équivalent origine des trois bassins et
de dimensionner un ouvrage hydraulique permettant d’évacuer les eaux de ruissellement
provenant de ces trois bassins.
En tenant compte des caractéristiques des trois bassins versants (Cf. Figure 1.6) et pour
une section de route de longueur égale à 5km avec une déclivité de l’ordre de 0.2%¸.
Essayez de calculer le débit équivalent, sachant que pour une période de retour T = 20ans
on a : a = 24.21 et b = −0.95.
Le temps de concentration tc est pris égal à 0.5h.
Question n◦ 1 : Calculer le débit équivalent des bassins versants BV1 et BV2 .
Question n◦ 2 : Calculer le débit des eaux de ruissellement du bassin versant BV3 :
Question n◦ 3 : Déduire le débit équivalent des trois bassins versants.
Pour évacuer les eaux de ruissellement, le concepteur nous a proposé d’utiliser un fossé
triangulaire non revêtu (Cf. Figure 1.6). Pour le dimensionnement du fossé on utilise la
formule de Manning Strickler avec K = 30.
2/3
Q = K × RH × i1/2 × S (1.23)

Question n◦ 4 : Essayez de déduire la hauteur h du fossé en fonction de (Q, i et K) :


√ 2/3 !3/8
Q× 5
h= (1.24)
2 × K × i1/2

Question n◦ 5 : Déduire la hauteur h du fossé.


Question n◦ 6 : Calculez la vitesse d’écoulement des eaux dans le fossé , sachant que la
vitesse limite d’entrainement des matériaux est égale à 0.7m/s.
Question n◦ 7 : Qu’en concluez vous ?.

Construction Routière 21 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Figure 1.6 – Bassins versants

1.3.3 Les ouvrages de drainage transversal :


1.3.3.1 Écoulement libre encadré par le débouché de l’ouvrage :

1.3.3.1.1 Dimensionnement des dalots :


*Écoulement à surface libre en régime fluvial. Dans ce cas, il n’y a pas débordement du
lit amont et l’écoulement est encadré par l’ouverture du dalot.
Le débit est donné par la formule de Manning Strickler.
2/3
Q(m3 /s) = V × S = K × RH × i1/2 × Sm (1.25)
Dans le dimensionnement des dalots, on considère un taux de remplissage égal à 80% de
la section totale (Cf.Figure 1.7) en gardant une pente i inférieure à la pente critique ic .

g S
i 6 ic = × 4/3
(1.26)
K 2 RH ×L
L’exemple suivant, donne les différentes valeurs des débits pour chaque type de dalot
en fonction des pentes. Dans cet exemple, on a essayé d’utiliser les différentes sections
courantes des dalots commercialisés dans le marché Tunisien.

Construction Routière 22 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Figure 1.7 – Section longitudinale et transversale d’un dalot

Q(m3 /s)
(L × h) (ic %)
i= i= i= i= i= i= i=
0.2% 0.3% 0.4% 0.5% 0.6% 0.7% 0.8%
1×1 0.77 1.14 1.40 1.61 1.80 1.97 2.13 -
1.5 × 1 0.57 2.00 2.44 2.82 3.15 - - -
2×1 0.47 2.92 3.57 4.13 - - - -
1.5 × 1.5 0.67 3.37 4.12 4.76 5.32 5.83 - -
2 × 1.5 0.54 5.02 6.14 7.09 7.93 - - -
2.5 × 1.5 0.46 6.77 8.29 9.58 - - - -
2×2 0.61 7.25 8.88 10.25 11.46 12.55 - -
2.5 × 2 0.51 9.89 12.11 13.99 15.63 - - -
3×2 0.45 12.67 15.52 17.92 - - - -

Table 1.14 – Valeurs des débits pour différents types de dalots

1.3.3.1.2 Dimensionnement des cassis :


Pour le dimensionnement des cassis, on distingue, selon la hauteur aval et amont, deux
type d’écoulement, un écoulement dénoyé et un autre noyé ;
* Si HAV > 0.8 × HAM l’écoulement est supposé noyé ;
* Si HAV < 0.8 × HAM l’écoulement est supposé dénoyé.
Avec la formule de Manning Strickler mentionnée ci-dessus, on calcule la hauteur aval de
l’écoulement des eaux sans radier et on calcule ensuite la hauteur amont (HAM ) avec la
formule d’un écoulement supposé dénoyé. Avec cette hauteur trouvée, on vérifie la nature
de l’écoulement, s’il est noyé on recalcule de nouveau la hauteur amont (HAM ) avec la
formule pour un écoulement noyé.

Construction Routière 23 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Figure 1.8 – Section transversale d’un cassis

1.3.3.1.2.1 Écoulement dénoyé : Selon la théorie de Nguyen (1981), on dis-


tingue entre trois types de radiers, radier horizontal, radier à parties courbes et radier à
palier horizontal avec parties courbes.
* Radier horizontal : Ce type de radier, se caractérise par une grande largeur (B) et
permettra le franchissement des cours d’eau sur toute leur largeur avec des lames plus
importantes. Le dimensionnement de ce type de radier est identique à un déversoir rec-
tangulaire. Le débit pour un radier de largeur B et de longueur L est donné par la formule
suivante :
 
HAM 3/2
Q = 1.9 × 0.7 + 0.185 LHAM (1.27)
B
Avec :
*Q : Débit de la crue de projet, en m3 /s ;
* HAM : Hauteur d’eau amont comptée à partir de la crête du radier, en m ;
* B : La largeur du radier, en m.
* Radier à parties courbes : Ce type de radier (Cf. Figure 1.11) se caractérise par
deux rayons de courbure différents qui sont généralement imposés par le profil en long de
la ligne rouge du projet et par la géomorphologie du terrain naturel.
Le débit pour un radier à parties courbes avec deux rayons (R1 et R2 et de largeur B est
donné par la formule suivante :
p p   HAM

2
Q = 1.136 × R1 + R1 × 0.7 + 0.185 HAM (1.28)
B
Avec :
*Q : Débit de la crue de projet, en m3 /s ;
* HAM : Hauteur d’eau amont comptée à partir de la crête du radier, en m ;
* B et L : Sont respectivement la largeur et la longueur du radier, en m.

Construction Routière 24 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Figure 1.9 – Radier à parties courbes

1.3.3.1.2.2 Écoulement noyé : Dans cet cas, la vitesse de l’écoulement est ra-
lenti par rapport le cas précédent. Dans il faut multiplier les deux équations (1.25 et 1.26)
par coefficient réducteur nommé K, donné par la figure 1.10.

1.9 × 0.7 + 0.185 HAM  LH 3/2 : Palier horizontal
B AM
Q=K× √ √ (1.29)
R1 + R1 × 0.7 + 0.185 HB
1.136 ×   2
AM
HAM : Parties courbes
Avec :
* Q : débit assuré par le cassis en m3 /s ;
* HAM : Hauteur du tirant d’eau amont comptée à partir de la crête du radier en mètres ;
* B : Largeur du radier en mètres ;
* L : Longueur du radier en mètres ;
* R1 et R2 : Rayons des parties courbes en mètres ;
* K : Coefficient dépendant de la condition d’écoulement (noyé ou dénoyé).

Construction Routière 25 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

Figure 1.10 – Coefficient réducteur K

1.3.3.2 Écoulement libre n’est pas encadré par le débouché de l’ouvrage :

1.3.3.2.1 Dimensionnement des dalots :


Dans ce cas, il y a débordement du lit et l’écoulement n’est pas encadré par le débouché du
dalot se faisant sur une grande largeur et sous une faible lame d’eau. Le débouché du dalot
provoque un resserrement de l’écoulement. L’ouvrage est alors assimilé à un déversoir à
seuil épais placé à l’aval d’un réservoir (vitesses d’approche quasi-nulles).

Sachant que la charge spécifique Hs est égale à :


v2 Q2
Hs = h + =h+ (1.30)
2g 2gh2
La variation de régime d’écoulement est en fonction de la hauteur minimale d’eau (h),
le régimeTorrentiel lorsque la hauteur est inférieure à la hauteur critique (h < hc ) et est
Fluvial lorsque (h > hc ).
Cette singularité dans l’écoulement (le déversoir) montre que la charge spécifique passe
par une valeur minimale (hc ) du tirant d’eau appelée hauteur critique ce qui entraîne
l’apparition d’une section critique qui permet de faire transiter le débit maximal.

∂Hs Q2
=0⇒ 3 =1 (1.31)
∂h ghc
Pour cette hauteur critique, la vitesse d’écoulement (v = Q/hc ) prend la valeur critique
suivante :
p
vc = g × hc (1.32)

Construction Routière 26 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

En utilisant la relation de Bernouilli entre deux points en amant de l’ouvrage et à l’entrée


de l’ouvrage, la hauteur critique du tirant d’eau est égale à 32 × H. Le débit évacué par
l’ouvrage est égal à :
p
Q = vc × Sc = hc × g × L.hc = 1, 72.L.H 3/2 (1.33)

Construction Routière 27 Hatem Karoui


1.3. Etude hydraulique

V0=0
hc

Vc

Construction Routière 28 Hatem Karoui


Figure 1.11 – Écoulement en régime torrentiel
Bibliographie

[1] (1981). "Hydraulique routière. Ministère de la coopération et du développement.

[2] Aubert, G., Hénin, S. (1945). "Relation entre le drainage, la température et l’évo-
lution des sols". In Comptes redus des séances de l’Academie des sciences, tome 220,
(pp. 330–332).

[3] Miquel, J. (1984). "Guide pratique d’estimation des probabilités de crues.". In


Collection de la direction des Etudes et Recherches d’EDF,n 53), Eyrolles Ed, Paris.

[4] Rodier, J. (1964). "Les régimes hydrologiques de l’afrique noire à l’ouest du congo.".
In ORSTOM, Paris.

[5] SCET/TUNISIE (2011). "Rapport hydrologique et hydraulique". In Dossier d’Appel


d’Offres, Travaux de construction de l’autoroute Gabès Médenine (pp. 1–61).

29

Vous aimerez peut-être aussi