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Le rôle du maître d’ouvrage

Le maître d’ouvrage, commanditaire de la construction, n’est en général pas considéré par les
tribunaux comme un professionnel. Qu’il soit occasionnel, comme un particulier ou un
industriel, ou habituel, comme un promoteur ou un bailleur social, il est dans la plupart du
temps déclaré techniquement incompétent au sens juridique du terme.
Le maître d’ouvrage est pourtant conduit à prendre des décisions importantes : programme,
financement, délais, choix des prestataires. Pour une bonne réussite des projets, il doit limiter
son intervention à son domaine de compétences et il doit s’entourer de professionnels
compétents qui le conseilleront dans la conduite de l’opération.

1 – Rôle de la maîtrise d’ouvrage :

La phase de programmation de l’opération est décisive car c’est à cette phase que le maître
d’ouvrage doit vérifier la faisabilité de l’opération et aboutir à une définition claire et précise
des objectifs fonctionnel et technique. Il cherchera à valoriser les qualités architecturale et
environnementale de l’opération et à s’adapter aux besoins des usagers pour assurer une forte
durabilité.

Le maître d’ouvrage a également le rôle essentiel de définir des budget et planning en


adéquation avec les exigences programmatiques de l’opération.

Le maître d’ouvrage doit également réfléchir en termes de coût global. En visant l’optimisation
des coûts durant la vie du bâtiment, cette démarche lui permet de procéder aux choix,
arbitrages et équilibrages des différents coûts en fonction de ses besoins et moyens. Elle
permet aussi une prise de décision favorisant à la fois la sobriété énergétique et l’optimisation
du bilan carbone dans une perspective de développement durable et d’amélioration de la
qualité.

Enfin, même dans le cas où le maître d’ouvrage n’est pas le propriétaire ou le gestionnaire du
patrimoine, il doit avoir la préoccupation de construire un ouvrage fonctionnel, économe en
exploitation et durable. Il doit ainsi par exemple associer les usagers dès que possible aux
différentes phases d’une opération, tirer des enseignements de ses retours d’expérience sur
d’anciennes opérations en mettant à jour les cahiers des charges et programmes types, assurer
des échanges entre les services internes construction et exploitation, se référer aux DIUO, DOE
et carnet exploitation-maintenance.

2 – Suivi opérationnel :

La mission et le rôle du maître d’ouvrage dans les différentes phases d’une opération sont
essentiels. Il doit faire preuve d’écoute, de communication, d’analyse et de réflexion afin

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d’anticiper et de résoudre de nombreux problèmes avant qu’ils ne se traduisent en sinistres ou
pertes d’exploitation.

Aujourd’hui, le maître d’ouvrage doit prendre en compte une complexification de la


construction et des réglementations associées notamment dans les domaines
environnementaux, de sécurité incendie ou d’accessibilité PMR. Cela peut entrainer une
multiplicité d’intervenants et des problèmes d’interfaces et d’interactions, et parfois même
conduire à des incohérences voire des oppositions entre exigences réglementaires et
programmatiques.
Par exemple, des objectifs de réduction du bilan carbone d’une opération par l’utilisation de
matériaux biosourcés nécessiteront une attention particulière afin de répondre aux autres
contraintes réglementaires (acoustique, incendie) et/ou techniques (humidité).

Afin d’obtenir un ouvrage de qualité, le maître d’ouvrage, qui est le seul acteur véritablement
présent tout au long de l’opération, doit être exigeant dans le choix des acteurs qui vont
l’entourer. Il doit sélectionner les acteurs mieux-disants, et non moins-disants, avec des prix
adaptés aux prestations recherchées, faire appel à des professionnels qualifiés et formés,
vérifier la couverture assurantielle et le relevé de sinistralité des intervenants pour les
prestations envisagées.

Le maître d’ouvrage doit par contre éviter tout risque d’immixtion dans les domaines
d’expertise des professionnels missionnés, surtout s’il n’est pas compétent en la matière. Cela
pourrait en effet engager sa responsabilité sur un domaine pour lequel il n’est pas couvert par
son assurance.
Par exemple, le maître d’ouvrage ne doit pas imposer une solution technique non viable aux
maîtres d’œuvre et entreprises.

3 – Focus sur la mission de contrôleur technique :

Nous allons dans cette dernière partie nous focaliser sur un acteur qui intervient à la demande
du maître d’ouvrage en tant que tiers indépendant, le contrôleur technique.

La mission de contrôleur technique est rendue obligatoire réglementairement sur de


nombreuses opérations. Elle est aussi recommandée pour les opérations présentant une
complexité technique ou un coût de réalisation élevé et peut également être demandée par
l'assureur Dommage Ouvrage. Elle contribue à prévenir les aléas techniques susceptibles d’être
rencontrés dans la réalisation de l’ouvrage.

Le contrôleur technique doit être associé le plus en amont possible et mener une analyse des
risques interactive tout au long de l’opération avec le maître d’ouvrage.

Il est par ailleurs soumis au régime de présomption de responsabilité décennale dans les limites
des missions qui lui sont confiées.

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De manière générale, la prise en compte tardive des avis du contrôleur technique, par exemple
sur le non-respect d’une réglementation, peut venir remettre en cause le parti

architectural retenu, sa conception technique, le coût du projet voire l’ouverture du bâtiment


au public dans le cas des ERP.

Prenons un exemple, la pose de l’isolant phonique sous carrelage est constatée par le
contrôleur technique comme défectueuse pour la deuxième fois, les performances d’isolation
acoustique réglementaires relatives aux bruits d’impacts risquent alors de ne pas être atteintes
et entraîner une reprise des travaux.

Certains sinistres systémiques peuvent également apparaître si la mission de contrôle


technique n’est pas réalisée correctement.

En conclusion, afin de conserver une bonne qualité de l’ouvrage, le maître d’ouvrage doit rester
dans son champ de compétence, prévoir un budget et des délais en adéquation avec les
exigences programmatiques et s’entourer de professionnels compétents.

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