Vous êtes sur la page 1sur 3

Le rôle de la maîtrise d’œuvre

La maîtrise d’œuvre d’une opération de construction ou de rénovation tient un rôle essentiel


pour la qualité d’un bâtiment. Par ses compétences en architecture, ingénierie et économie,
elle doit en effet aider à prévenir les désordres techniques, satisfaire les attentes des maîtres
d’ouvrage et usagers, développer une collaboration efficace avec les entreprises, etc.

1 - Définition et missions de la MOE

La maîtrise d’œuvre est l’entité retenue par le maître d’ouvrage pour concevoir la réalisation ou
la réhabilitation d’un bâtiment, dans les conditions de délais, de qualité et de coût fixées au
programme et au contrat.
Constituée par un ou plusieurs professionnels compétents, elle est ainsi chargée de donner
une réponse architecturale, technique et économique au programme.
La maîtrise d’œuvre, constructeur au sens de la Loi, engage sa responsabilité décennale.

Elle ne doit pas être confondue avec d’autres professionnels qui assistent le maître d’ouvrage,
comme les AMO ou le maitre d’ouvrage délégué.

A noter qu’un intervenant à l’acte de construire se comportant comme un maître d’œuvre


pourra être considéré comme un constructeur par les juges.
Plusieurs jurisprudences vont dans ce sens avec des cas de requalification d’un AMO en MOE
ou celle d’un fabricant en MOE.
Dans ce dernier cas, le fournisseur qui donne des instructions spécifiques sur la manière
d’utiliser son matériau peut être considéré comme ayant « participé activement à la construction
dont il avait assumé la maîtrise d'œuvre ».

Enfin, la maîtrise d’œuvre a un devoir de conseil envers le maître d’ouvrage. Elle doit guider ses
choix et attirer son attention sur les conséquences techniques et financières de ces choix, en
vérifier la faisabilité et la conformité aux réglementations et règles de l’art.

2 – Composition de la MOE

On rencontre aujourd’hui une multiplicité d’acteurs au sein de la maîtrise d’œuvre liée


notamment aux évolutions techniques et réglementaires et à la multiplication de paramètres
et enjeux à prendre en compte.

Dans ce cadre, le maître d’ouvrage doit vérifier la bonne répartition des tâches et les
compétences des membres de la MOE via leurs références, formations ou qualifications en
ingénierie.

qualiteconstruction.com
On peut distinguer 3 grands domaines de compétences pour l’équipe de MOE.

Tout d’abord, l’architecture avec d’une part la profession réglementée d’architecte et d’autre
part les maîtres d’œuvre en bâtiment.
Les premiers interviennent pour établir le projet architectural faisant l’objet d’un permis de
construire. Ils dirigent la réalisation des travaux et en vérifient la conformité aux documents
contractuels lors de la réception.
Les seconds ne sont pas une profession réglementée. Ils réalisent la conception et le suivi de
chantier sur les constructions de faible importance ou interviennent en sous-traitance au sein
d’une équipe de MOE pour des chantiers plus significatifs.

Le 2ème domaine est l’ingénierie avec l’ingénierie générale TCE et l’ingénierie spécialisée portant
sur la structure, les installations techniques, l’acoustique, la thermique, les VRD, etc.
Les nouvelles exigences réglementaires et environnementales ainsi que la volonté des maîtres
d’ouvrage d’optimiser l’exploitation de leurs ouvrages rendent parfois complexes les projets et
viennent renforcer le rôle de l’ingénierie au sein de la chaîne de compétences.

Par exemple avec la RE2020, une ingénierie spécialisée compétente pour réaliser des ACV sera
nécessaire.

Enfin, le 3ème domaine est l’économie. L’économiste intervient principalement pour optimiser
les coûts de réalisation de l’ouvrage mais d’autres missions peuvent lui être confiées comme la
rédaction des CCTP des lots du second œuvre.

3 – L’implication de la maîtrise d’œuvre dans l’amélioration de la qualité de la


construction

La grande difficulté de la gestion de la qualité d’un ouvrage réside essentiellement dans la


multitude de paramètres à prendre en compte, comme les programme, règles techniques et
réglementaires, prix et planning, interfaces à gérer entre les différents corps d’état, etc.

En amont, une insuffisance des investigations préalables réalisées par le maître d’ouvrage,
notamment dans les études de sols ou sur un ouvrage existant, peut entraîner des sinistres et
des risques pour la sécurité des personnes et des biens. Une MOE ne saurait démarrer un
projet sans vérifier ces points, au risque d’être mis en cause.

En conception, les choix de techniques « à risques » dans l’optique d’une réduction des coûts
ou de solutions non traditionnelles sans prendre les précautions nécessaires peuvent entraîner
des sinistres et engager la responsabilité de la MOE.

En phase appel d’offres travaux, il est préférable d’exclure des variantes portant sur un corps
d’état qui ne permettent pas d’évaluer toutes les conséquences sur les autres corps d’état, par

qualiteconstruction.com
exemple dans le cas d’un mur en béton remplacé par un mur en parpaing sans examen des
conséquences acoustiques.

En phase d’exécution, les entreprises retenues doivent impérativement posséder les


qualifications suffisantes au regard de la technicité du projet et la MOE doit vérifier que les
travaux respectent les règles de l’art. Les documents d’exécution doivent nécessairement être
visés par la MOE à l’avancement du chantier avant d’être mis en œuvre. En effet, en cas de
sinistre, la maîtrise d’œuvre pourrait être recherchée en responsabilité au même titre que les
entreprises, considérant par exemple qu’elle n’a pas imposé la mise en œuvre des règles de
l’art.

En conclusion, interlocuteur privilégié du maître d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre doit avoir des
moyens suffisants et comporter les compétences nécessaires pour gérer les nombreuses
interfaces et éviter les désordres. Dans le cas contraire, la qualité de la construction s’en verrait
altérée avec l’apparition possible de sinistres, pouvant engager sa responsabilité.

« Découvrez toutes les


ressources téléchargeables de
l’AQC ici »

qualiteconstruction.com