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CHAPITRE III : REGIMES TRANSITOIRES

I. SYSTEMES DU PREMIER ORDRE


1. Généralités
 Un montage électrique fonctionne en régime variable, lorsque la tension aux bornes d’un
élément du circuit ou le courant dans le circuit varie en fonction du temps. On distingue deux
cas :
 pour une fréquence donnée, on suit l’évolution de l’intensité du courant ou de la tension
en fonction du temps : on parle dans ce cas de régime transitoire.
 dans le second cas, on suit plutôt l’évolution de l’intensité I du courant ou de la tension U
en fonction de la fréquence de modulation : dans ce cas on parle de régime fréquentiel
auquel appartient le régime sinusoïdal.
 On utilisera les lettres minuscules, pour les grandeurs variables avec le temps et les lettres
majuscules pour les grandeurs indépendantes du temps.
 La fermeture d’un circuit peut être considérée comme instantanée. Il n’en est pas de même de
l’établissement du courant dans le circuit.
 Le régime transitoire est compris entre l’instant de fermeture du circuit et celui où l’intensité du
courant atteint la valeur correspondant au régime permanent.

2. Résolution des équations différentielles


Théorème : La solution générale d’une équation différentielle linéaire avec 2nd membre est égale à la
somme de la solution générale de l’équation sans second membre (équation homogène) et de la solution
particulière de l’équation avec 2nd membre.

Du point de vue physique, la solution générale de l’équation sans 2nd membre correspond au régime
libre. Elle tend exponentiellement vers zéro et n’aura d’effets qu’après un temps largement supérieur à
une durée caractéristique que l’on appelle temps de relaxation.
Quant à la solution particulière de l’équation complète, elle correspond au régime permanent ou régime
forcé, observé lorsque les effets transitoires sont atténués.

3. Charge et décharge d’un condensateur à travers une résistance

Equation électrique d’un condensateur linéaire idéal


Convention récepteur

dq q dq du
i C   q  Cu or i   iC
dt u dt dt
Convention générateur

dq du
i i  C
dt dt

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3.1 Charge du condensateur

A l’instant t=0, on suppose le condensateur


déchargé et on ferme l’interrupteur K. On étudie
l’évolution de la charge, du courant et de la
tension aux bornes du condensateur.
A l’instant t on a : u R  u C  E
(1)


u R  R.i 

q  dq q dq q E
uC   R  E   C’est une équation différentielle
C  (1) devient : dt C dt RC R
dq  du 1er ordre avec second membre.
i
dt 

 Résolution de l’équation homogène (qh) (sans second membre)


t
dq q dq q dq dt t 
 0      ln(q h )    Cte d’où q h (t )  ke RC
dt RC dt RC q RC RC

 Solution particulière de l’équation avec second membre (qp)


Soit qp la solution particulière de l’équation différentielle. On a :
dq p q p E dq p
  or qp étant une solution particulière, elle est indépendante du temps, soit  0 . On
dt RC R dt
déduit l’expression de qp q p  E.C

 Solution de l’équation avec second membre q(t)


t

q(t) = qh(t) + qp  q(t )  CE  ke RC

 Détermination de la constante d’intégration


A t = 0,q(0) = 0 soit q(0) = CE + k= 0  k = - CE

 Solution de l’équation différentielle qui satisfait aux conditions initiales


t t t
  
q(t )  CE  CEe  CE (1  e )  q(t )  CE (1  e
RC RC RC
)
 La tension aux bornes du condensateur
t
q (t ) 
u C (t )   u C (t )  E (1  e RC )
C

 L’intensité du courant dans le circuit


t
dq(t ) E 
i (t )   i (t )  .e RC
dt R
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 Evolution de la charge aux bornes du condensateur

t

q(t )  CE (1  e ) RC

t= 0  q(0) = 0
t=RC 
q(t )  CE (1  e 1 )  0,63CE
t=∞  q(t )  CE

 Evolution du courant dans le circuit

t
E  RC
i (t ) e
R
t= 0  i(0)=E/R
E
t = RC  i (t )  0,37
R
t=∞  i (t )  0
Remarque :
t
- est un nombre sans dimension (sans unité). RC a donc la dimension d’un temps, et est
RC
appelé constante de temps du circuit noté 𝜏 : 𝜏 = 𝑅𝐶
- Après une durée égale à 𝜏, le condensateur est chargé à 63% de sa charge maximale :
qmax = CE, q(𝜏)= CE.(1- e-1) = 0,63 CE
- On constate sur la courbe que rigoureusement le condensateur n’est jamais totalement chargé.
(CE est une asymptote).
- Dans la pratique, on considère que la charge du condensateur est achevée au bout d’un temps
  5

3.2 Décharge du condensateur

A l’instant t=0, on suppose le condensateur


totalement chargé et on ferme l’interrupteur K.
On étudie l’évolution de la charge, du courant et
de la tension aux bornes du condensateur.
A l’instant t on a : u R  u C  0  u R  u C
(1)

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u R  R.i 

q  dq q dq q
uC   R     0 C’est une équation différentielle
C  (1) devient : dt C dt RC
dq  du 1er ordre sans second membre.
i 
dt 

 Résolution de l’équation homogène (qh)


t

La solution de cette équation est de la forme : q h (t )  ke RC

 Détermination de la constante d’intégration


t

A t = 0, q(0) = CE  q(0) = ke0 = k = CE d’où : q(t )  CE.e RC

L’intensité du courant dans le circuit


t
dq(t ) E 
i (t )    i (t )  .e RC
dt R

 Evolution de la charge aux bornes du condensateur

t

q(t )  CEe RC
t= 0  q(0) = CE
t = RC  q(t )  CE.e 1  0,37.CE
t=∞  q(t )  0

 Evolution du courant dans le circuit

t
E  RC
i (t ) e
R
t= 0  i(0)=E/R
E
t = RC  i (t )  0,37
R
t=∞  i (t )  0
Remarque :
- La constante de temps 𝜏 n’a pas changé et le temps de décharge du condensateur est le même
que son temps de charge, à condition que la résistance n’ait pas changé.
- Après une durée égale à 𝜏, la charge restante du condensateur est 37 % de sa charge initiale :
q(𝜏) = 0,37 CE
- Au bout d’une durée égale à 5 , la décharge du condensateur est terminée.

3.4 Aspect énergétique

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Pendant la période de charge, l’énergie électrique reçue par le condensateur est stocké sous forme
1
d’énergie électrostatique dont la valeur en fin de charge est : E elec  CE 2
2
Pendant la période de décharge, l’énergie stockée par le condensateur est restituée au circuit, mais elle
sera perdue par effet joule à travers la résistance.

4. Réponse d’un dipôle (R, L) à un échelon de tension


4.1 Etablissement du courant dans un circuit inductif

Symbole d’une bobine Modèle électrique équivalent

L est l’inductance de la bobine


r est la résistance de la bobine Ldi Ldi
Ldi u AB  ri  e or e    u AB  ri 
e dt dt
dt est la f.e.m de la bobine

Ldi
Pour une inductance pure, r ≈ 0 d’où : u AB 
dt

A un instant t=0, on ferme l’interrupteur et on étudie


l’évolution du courant dans le circuit.
A tout instant t, on a : uL + uR =E
Ldi di Ri E
Soit :  Ri  E   
dt dt L L
C’est une équation différentielle du 1er ordre avec
second membre
Cette équation différentielle se résout de la même manière que l’équation différentielle résultant de la
charge du condensateur. Ainsi on a comme :

 Solution de l’équation homogène (ih)


t
 L
i h (t )  ke 
avec 
R

 Solution particulière de l’équation avec second membre (ip)


di p
ip étant une solution particulière, elle est indépendante du temps, soit  0 . On déduit son expression
dt
E
ip 
R

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 Solution de l’équation avec second membre q(t)
t
E 
i(t) = ih(t) + ip  i (t )   ke 
R

 Détermination de la constante d’intégration


E E
A t = 0, i(0) = 0  k 0  k
R R

 Solution de l’équation différentielle qui satisfait aux conditions initiales


t
E 
i (t )  (1  e  )
R
 Evolution du courant dans le circuit

t
E 
i (t )  (1  e  )
R
t= 0  i(0) = 0
E E
t=τ  i( t )  ( 1  e 1 )  0 ,63
R R
E
t=∞  i (t ) 
R
La constante de temps τ est le temps au bout duquel l’intensité vaut 63% de l’intensité finale. Si τ
augmente, la durée d’établissement du courant augmente. Au bout d’une durée égale à 5τ, le régime
permanent est atteint.

4.2 Annulation du courant dans un circuit inductif

A tout instant, on a :
Ldi Ldi
-uL+uR=0 soit  Ri  0 avec u L  e   
dt dt
di Ri
  0 C’est une équation différentielle du 1er
dt L
ordre sans second membre.
Forme de la solution :
t
 L
i h (t )  ke 
avec 
R
t
E 
A t = 0, i(0)=E/R  i(0) = k = E/R d’où i (t )  e
R

 Evolution du courant dans le circuit

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t
E 
i (t )  e 
R
t= 0  i(0) = E/R
E E
t=τ  i( t )  e 1  0 ,37
R R
t=∞  i (t )  0

4.3 Aspect énergétique


Pendant l’établissement du courant, l’énergie électrique reçue par l’inductance est emmagasinée sous
forme d’énergie magnétique dont la valeur en régime permanent est :
2
1 1 E
E mag  LI 2  L 
2 2 R
Pendant l’annulation du courant, l’énergie magnétique est restituée au circuit mais elle sera perdue par
effet joule à travers la résistance.
II. SYSTEMES DU SECOND ORDRE
1. Etude expérimentale des oscillations libres d’un circuit (R, L, C)
Le dispositif expérimental comporte en série une bobine sans noyau de fer, d’inductance L et de
résistance interne r ; un conducteur ohmique de résistance R’ variable et un condensateur de capacité C.
La résistance totale du circuit est R= R’+ r.

On visualise à l’oscillographe les tensions :


 u(t) aux bornes du dipôle (R, L, C)
 uAB(t) aux bornes du condensateur

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- Pendant les phases où le générateur délivre la tension E= 5 V, un courant traverse le circuit.
L’établissement du courant dans le circuit est accompagné d’échanges d’énergie entre l'inductance et
le condensateur.
L’énergie magnétique de l'inductance est transférée dans le condensateur dont l’énergie
électrostatique augmente : i(t) diminue et uC(t) augmente jusqu’à atteindre la valeur E en régime
permanent.
La résistance R provoque une dissipation d’énergie par effet Joule lors de chacun de ces échanges,
entraînant un amortissement plus ou moins rapide des oscillations.
- Pendant les phases où le générateur délivre une tension nulle, l’énergie électrostatique du
condensateur est restituée à l'inductance dont l’énergie magnétique augmente jusqu’à ce que le
condensateur soit complètement déchargé. Une partie de cette énergie (énergie électrostatique) est
dissipée dans la résistance lors de chaque échange. Il en résulte un amortissement des oscillations
voire une disparition de ces oscillations pour des valeurs élevées de R.
Les différentes courbes présentent une pseudo-période car la tension ne se reproduit pas identique à elle
même à cause de l’amortissement.
Un circuit (R, L, C) est le siège d’oscillations électriques dont la fréquence n’est pas imposée par un
générateur extérieur : on dit que les oscillations sont libres.

2. Etude de l’amortissement
2-1 Charge d’un condensateur à travers un circuit inductif

di dq
A tout instant t : uG  uC  uR  uB avec uG  E , uC  q , uR  R' i , uB  L   r i et i   C  duC
' '

C dt dt dt
d 2uC duC
L’équation précédente peut se mettre sous la forme : LC 2
 RC  uC  E
dt dt
Cette équation est une équation différentielle du second degré avec second membre.
d 2uC duC
L’équation sans second membre s’écrit : LC 2
 RC  uC  0 et l’équation caractéristique
dt dt
correspondant à l’équation différentielle sans second membre est :
LCr 2  RCr  1  0 Le discriminant de l’équation caractéristique s’écrit :   R C 2  4 LC

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La valeur de la résistance pour laquelle ce discriminant est nul est appelée résistance critique RC  2 L
C

.Le discriminant peut s’écrire sous la forme   R2  RC 2 C 2
L’équation différentielle avec second membre admet trois solutions possibles qui caractérisent les trois
types d’amortissement du circuit.

 Régime pseudopériodique (amorti en exponentielle) (  0  R RC)


L’équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées
2
R R 2R
r1    j  et r2    j  avec   et   C
2 L 2 L
t
La solution générale de l’équation différentielle s’écrit : uC t   A1e cost   u0
u0 est la solution particulière de l’équation différentielle ; u0= E
t
La solution générale de l’équation différentielle devient : uC t   A1e cost   E
les constantes A1 et  sont déterminées par les conditions initiales : à t=0 uC=0 et i=0.
L’allure de la courbe de variation de la tension aux bornes du condensateur est donnée par la figure ci-
dessous.

On constate que l’amplitude des oscillations


périodiques autour de la position d’équilibre est
décroissante. On dit qu’il y a amortissement des
oscillations. Plus la valeur de R tend vers RC, plus
l’amortissement des oscillations est rapide.

 Régime critique (= 0  R= RC)


L’équation caractéristique admet une racine double :   R
2 L
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme : uC t    A2  B2 t et  E
les constantes A2 et B2 sont déterminées par les conditions initiales.
L’allure de la courbe de variation de la tension aux bornes du condensateur est donnée par la figure ci-
dessous.

On constate que le régime permanent est atteint


plus rapidement que pour les autres valeurs de
la résistance.

 Régime apériodique (fortement amorti) (   0  R  RC)


L’équation caractéristique admet deux racines réelles distinctes :
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2 2
 R  R  RC 2  R  R  RC 2
r1  0 et r2  0
2 L 2 L
r t r t
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme : uC t  A3  e 1  B3  e 2  E
les constantes A3 et B3 sont déterminées par les conditions initiales.
L’allure de la courbe de variation de la tension aux bornes du condensateur est donnée par la figure ci-
dessous.

On constate que le régime permanent est atteint plus


lentement que dans le cas du régime critique.

2-2 Décharge d’un condensateur à travers un circuit inductif


A tout instant t : uG  uC  uR  uB'

di dq
avec uG  0 , uC  q , uR  R' i , uB  L   r i et i   C  duC
'

C dt dt dt
d 2uC duC
L’équation précédente peut se mettre sous la forme : LC 2
 RC  uC  0
dt dt
Cette équation est une équation différentielle du second degré sans second membre dont la résolution a
été faite dans le paragraphe précédent.

 Régime pseudopériodique (  0  R RC)


L’équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées
2 2
r1    j  et r2    j  avec   R et   RC  R
2 L 2 L
t
La solution générale de l’équation différentielle s’écrit : uC t   A1e cost  
Les constantes A1 et  sont déterminées par les conditions initiales : à t=0 uC=E et i=0.
L’allure de la courbe de variation de la tension aux bornes du condensateur est donnée par la figure ci-
dessous.

On observe des oscillations amorties. L’amortissement est d’autant plus important que la résistance est
élevée.

 Régime critique (= 0  R= RC)


L’équation caractéristique admet une racine double :   R
2 L

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t
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme : uC t    A2  B2 t e
Les constantes A2 et B2 sont déterminées par les conditions initiales.
L’allure de la courbe de variation de la tension aux bornes du condensateur montre que le régime
permanent est atteint plus rapidement que pour les autres valeurs de la résistance.

 Régime apériodique (   0  R  RC)


L’équation caractéristique admet deux racines réelles distinctes :
2 2
 R  R  RC 2  R  R  RC 2
r1  0 et r2  0
2 L 2 L
r t r t
La solution générale de l’équation différentielle est de la forme : uC t  A3  e 1  B3  e 2
Les constantes A3 et B3 sont déterminées par les conditions initiales.
L’allure de la courbe de variation de la tension aux bornes du condensateur montre que le régime
permanent est atteint plus lentement que dans le cas du régime critique.

Les trois régimes d'un circuit R, L, C série

Les différentes courbes présentent une pseudo-période car la tension ne se reproduit pas identique à elle
même à cause de l’amortissement.
Un circuit (R, L, C) est le siège d’oscillations électriques dont la fréquence n’est pas imposée par un
générateur extérieur : on dit que les oscillations sont libres.

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