Vous êtes sur la page 1sur 5

Chapitre III : Les opérations en monnaies étrangères

(NC 15)
L'internationalisation accrue des échanges commerciaux et des transactions financières
implique pour nos entreprises la réalisation d'opérations avec des entreprises étrangères.
C'est ainsi qu'elles peuvent acheter ou vendre des biens pour lesquels le paiement est effectué
dans une monnaie étrangère ; ou elles peuvent prêter ou emprunter des fonds en monnaies
étrangères. Il est nécessaire de convertir en monnaie de comptabilisation, les opérations
en question, afin de les inclure dans les états financiers de l'entreprise. Elles peuvent aussi
avoir des établissements à l'étranger pour lesquels les états financiers, présentés en monnaies
étrangères, doivent être convertis en monnaie de comptabilisation (dinar) afin d'être inclus
dans les états financiers de l'entreprise.
C'est la norme n°15 qui a traité de ces opérations en définissant les règles de prise
en compte et les règles d'évaluation et de présentation dans les états financiers de l'incidence
des variations des taux de change.
Section I : Conversion à la date de l'opération
I.1 Principe général
Tout actif, passif, produit ou charge résultant d'une opération en monnaies étrangères
effectuée par l'entreprise doit être converti en monnaie de comptabilisation à la date
de l'opération, selon le taux de change en vigueur à cette date.
Pour des considérations pratiques, on utilise souvent un taux proche du taux réel
en vigueur à la date de l'opération. Par exemple, un taux moyen pour une semaine ou un mois
pourrait être utilisé pour l'ensemble des opérations conclues dans chaque monnaie étrangère
au cours de cette période. Toutefois, si les taux de change varient sensiblement, l'utilisation
du taux moyen pour la période n'est pas fiable.
I.2 Achats et ventes conclus, en monnaies étrangères
Les achats et les ventes conclus en monnaies étrangères sont convertis à la date
de l'opération, selon le taux de change en vigueur à cette date.
Lorsque le règlement de l'opération survient pendant l'exercice au cours duquel
l'opération a été conclue, la différence de change entre le montant enregistré initialement
et le montant effectif du règlement constitue un gain ou une perte de change à inclure dans
le résultat de l'exercice.
I.3 Prêts et emprunts en monnaies étrangères
Les prêts et les emprunts libellés en devises sont convertis en monnaie
de comptabilisation (dinar) à la date de l'opération selon le taux en vigueur à cette date
ce qui correspond normalement au montant effectivement décaissé ou encaissé.
I.4 Les immobilisations
Les immobilisations sont comptabilisées sur la base du cours de change en vigueur
à la date de l'opération.

1
I.5 Les titres
Les titres acquis en monnaies étrangères sont comptabilisés sur la base du cours
de change en vigueur à la date de l'opération.
Section II: Conversion à la date de clôture
II.1 Principe général
A chaque date de clôture de l’exercice :
 Les éléments monétaires en monnaies étrangères doivent être évalués en utilisant
le taux de change en vigueur à la date de clôture.

 Les éléments non monétaires qui sont comptabilisés au coût historique exprimé
en monnaies étrangères restent évalués au taux de change en vigueur à la date
de l'opération.
II.2 Les dettes et créances courantes
Etant des éléments monétaires en monnaies étrangères, ils doivent être évalués
en utilisant le taux de change en vigueur à la date de clôture. IL s'agit notamment
des créances sur les clients et les dettes vis à vis des fournisseurs.
En conséquence, toute différence entre le montant présenté dans les états financiers
de l'exercice et le montant comptabilisé au cours de l'exercice ou inscrit dans les états
financiers antérieurs, est considérée comme une différence de change : un gain ou une perte
de change imputable au résultat de l'exercice.
II.3 Les stocks
Etant des éléments non monétaires, ils sont comptabilisés et évalués à la date
de clôture sur la base du taux de change en vigueur à la date de leur comptabilisation initiale,
c'est à dire, à la date de l'opération.
II.4 Les immobilisations
Etant un élément d'actif non monétaire, les immobilisations sont évaluées à la date
de clôture à leur coût d'origine, c'est à dire, à la valeur de comptabilisation initiale.
Dans le cas où l'on estime qu’une immobilisation doit faire l'objet d'une dépréciation,
on doit appliquer les règles de la réduction de valeur pour ramener la valeur comptable nette
à sa valeur récupérable.
II.5 Les titres
Qu'ils soient éléments monétaires ou non, les titres des sociétés étrangères acquis
en monnaies étrangères sont évalués en utilisant le taux de change en vigueur à la date
de clôture.
Selon qu'il s'agit de titres de placement de sociétés cotées très liquides, ou des titres
de placement de sociétés cotées non liquides ou de titres de placement de sociétés non cotées
ou de titres de placement à long terme, il convient de déterminer respectivement le cours
moyen boursier du dernier mois de l'exercice (titres cotés) ou la juste valeur (titres de

2
placement non côtés) ou la valeur d'usage (titres de placement à long terme) sur la base du
taux de change en vigueur à la date de clôture.
Les valeurs ainsi déterminées sont à comparer avec les coûts d'origine des titres pour
constater éventuellement des dépréciations de valeur conformément à la norme n°7
"Placements".
II.6 Les avoirs en devises
Etant des éléments monétaires, les avoirs en devises sont convertis à la date de clôture
de l'exercice au taux de change en vigueur à cette date.
II.7 Prêts et emprunts en monnaies étrangères
Etant des éléments monétaires, les prêts et les emprunts en devises y compris la partie
courante, c'est à dire, à moins d'un an doivent être évalués en utilisant le taux de change
en vigueur à la date de clôture. Mais le problème se pose lorsque la durée de vie de l'élément
monétaire s'étend au-delà d'un exercice comptable.
La norme n°15 relative aux opérations en monnaies étrangères a traité du mode
de prise en compte des différences de change nées d'un élément monétaire dont la durée
de vie prédéterminée ou prévisible depuis la date de conclusion du contrat s'étend au-delà
de la fin de l'exercice subséquent.
Les gains ou pertes de change de l'entreprise relatifs à la conversion d'éléments
monétaires d'actif ou de passif, dont la durée de vie prédéterminée s'étend au-delà de la fin
de l'exercice subséquent, doivent être amortis, sur une base systématique et logique, sur
la durée de vie restante de l'élément d'actif ou de passif. La méthode d'amortissement doit être
indiquée.
A la clôture de chaque exercice, le montant de ce gain ou de cette perte est estimée en
recalculant l'élément monétaire au taux de change en vigueur à la date de clôture.
Toute modification de l'estimation par rapport à la clôture de l'exercice précédent
est considérée comme un redressement du coût ou de l'avantage qui résultera en définitif
de la détention de l'élément monétaire libellé en monnaies étrangères, et ce redressement
est amorti sur la durée de vie restante de l'élément.
Il résulte des développements de ces paragraphes que le gain ou la perte de change lié
à un élément monétaire libellé en monnaies étrangères dont la durée de vie prédéterminée
ou prévisible s'étend au-delà de la fin de l'exercice subséquent est comptabilisé dans
un compte intitulé "Ecart de conversion-Actif" s'il s'agit d'une perte ou "Ecart
de conversion - Passif" s'il s'agit d'un gain.
Par exemple, pour une perte sur prêt en devises, on débite le compte
"Ecart de conversion - Actif" par le crédit du compte "Prêts", ou pour un gain de change
sur emprunts en devises, on débite le compte "Emprunts" par le crédit du compte
"Ecart de conversion-Passif".
Ces différences de change (perte ou gain) ainsi reportées puisqu'elles sont enregistrées
au comptes "Ecart de conversion "Actif ou Passif" sont amorties sur la durée de vie restante
de l'emprunt sur une base systématique et logique.

3
La logique implique que pour chaque échéance de l'élément monétaire, il faut calculer
un écart de conversion afin d'obtenir un amortissement tenant compte de la durée pondérée
par le montant restant à courir de l'échéance.
Section III: Traitement de la différence de change résultant d'une grave dévaluation
La différence de change qui résulte d'une grave dévaluation ou dépréciation
de la monnaie, contre laquelle il est pratiquement impossible de se couvrir et qui affecte
les dettes ayant trait à des biens récemment acquis, facturés en monnaies étrangères, peut
être incorporée à la valeur comptable de ces biens, pourvu que la valeur comptable ainsi
redressée ne soit pas supérieure au moins élevé des deux montants suivants:
 Le coût de remplacement du bien en cause, et
 Le montant récupérable par le biais de l'utilisation ou de la vente de ce bien.
Application n°1
Le 05/03/N, la société "ABC" vend 100 unités de son produit "X" aux Etats-Unis
pour une somme de 100 000 dollars. Le taux de change à la date de la vente
est de 1 USD = 1.4 TND.
Le 25/06/N, le client américain a réglé à la société "ABC" la totalité de la créance.
Le cours le jour du règlement est de 1 USD = 1.38 TND.
T.A.F: passer les écritures comptables nécessaires.
Application n°2
A la suite d'une vente de marchandises en date du 01/10/N, une entreprise détient
une créance de 10 000 USD dont l'échéance est fixée au 31/03/N+1.
Le cours du dollar évolue de la façon suivante :
01/10/N: 1 USD = 1.15 TND
31/12/N: 1 USD = 1.1 TND
31/03/N+1 : 1 USD = 1.25 TND
T.A.F: passer les écritures comptables nécessaires.
Application n°3
Le 01/10/N, la société "ABC" a souscrit 2000 actions de la société américaine
à la bourse de New-York pour un prix unitaire de 20 USD selon le cours 1 USD = 1 TND.
Le cours moyen du mois de décembre N est 19 USD.
Le 15/03/N+1, ces titres ont été vendus à un prix de 22 USD.
L'évolution du cours de change se détaille ainsi :
Le 01/10/N : 1 USD = 1 TND
Le 31/12/N : 1 USD = 0.95 TND
Le 15/03/N+1 : 1 USD = 1.1 TND
4
T.A.F: passer les écritures comptables nécessaires.
Application n°4
Le 30/11/N, la société "ABC" a acquis un lot de marchandises pour 100 000 Euros.
Le cours de change à cette date est de 1 EUR= 1.85 TND. Le règlement est prévu
le 31/01/N+1.
Le 15/12/N, la société "ABC" a conclu un contrat de change à terme avec la STB
afin de se couvrir contre la variation du taux de change. Le cours convenu
est de 1 EUR =1.9 TND.
Le 31/12/N, 1 EUR = 1.95 TND.
Le 31/12/N+1, 1 EUR = 1.86 TND.
T.A.F: passer les écritures comptables nécessaires.
Application n°5
Le 01/01/N, une entreprise tunisienne a contracté un emprunt en dollars d'un montant
de 200 000 USD remboursable par fraction égale le 31/12/N+1 et le 31/12/N+2.
Il est contracté avec un taux d'intérêt de 10% payés annuellement le 31 décembre
de chaque année.
Si on suppose les taux de change suivants :
Le 01/01/N : 1 USD =1.2 TND
Le 31/12/N : 1 USD = 1.1 TND
Le 31/12/ N+1 : 1 USD = 1.250 TND
Le 31/12/N+2 : 1 USD = 1.2 TND
T.A.F: déterminer les gains et les pertes de change non matérialisés et présenter
leur traitement comptable approprié.
Application n°6
Le 02/01/N, la société "ABC" a acquis une machine-outil amortissable au linéaire
sur 10 ans pour un montant de 65 000 euros au cours de 1 EUR = 1.4TND et qui sera réglée
le 01/06/N+2.
Le 01/06/N+1, le dinar a subi une grave dévaluation. Le cours d'un euro s'élève à 1.8 dinars.
T.A.F: sachant que le coût de remplacement de la machine est estimée à 100 000 DT,
le montant récupérable est évalué à 105 000 DT et le règlement a été effectué à l'échéance
au cours de 1 EUR = 1.805 TND, journaliser les écritures comptables qui s'imposent jusqu'au
31/12/N+2.

Vous aimerez peut-être aussi