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Master financement banques et investissement

Rapport sous le thème

LA GESTION DES PRODUITS DES INSTITUTIONS


DE LA FINANCE ISLAMIQUE

Réaliser Professeur :
Benkacem Samira M. ELATTAR Abdelilah

Année universitaire 2021


Plan

I. La comptabilité des produits de la finance islamique

II. La fiscalité des produits de la finance islamique

III. Le contrôle et l’audit des produits de la finance islamique

IV. La gestion des risques des produits financiers


I. La comptabilité des produits de la finance islamique1
Les objectifs de la comptabilité financière selon les normes de l’AAOIF
Selon les normes AAOIFI, la comptabilité financière doit poursuivre les objectifs
Suivants :
• déterminer les droits et obligations de toutes les parties liées
• participer à la protection des actifs et des droits des différentes parties liées
• respecter les principes de la charia au niveau de toutes
• les transactions financières
• présenter des informations utiles à tous les utilisateurs des états financiers ce qui leur
• permettra de prendre leurs décisions en connaissance de cause

les principes comptables

Les normes de l’AAOIFI retiennent cinq caractéristiques qualitatives (ou principes


comptables) des états financiers :
• La pertinence
• La fiabilité
• La comparabilité
• La permanence des méthodes
• La compréhensibilité (capacité à être comprises et assimilées)

1. Traitement comptable de la Mourabaha


En rappel, l’opération Mourabaha se déroule selon les étapes suivantes
Le client choisit un bien à financer

• Le client fait une demande de financement à la banque


• La banque acquiert le bien auprès d’un fournisseur
• Le fournisseur livre le bien à la banque
• La banque revend le bien au client
• La banque livre le bien au client
• Le client règle le prix de vente à la banque

1.1 COMPTABILISATION DE HAMISH AL JIDDIYA


Lorsque l’opération Mourabaha prévoit, pour garantir l’exécution de la promesse d’achat du
client, le versement d’un montant en numéraire appelé « hamish al jiddiya », ce dernier est
comptabilisé au passif dans un compte créditeur dédié et l’établissement ne peut en disposer
Le montant total de ‘’Hamish Al Jiddiya’’ est restitué sur le compte courant du client en cas de
désistement de l’établissement bailleur, de non-respect des conditions fixées (échéance
modalités et caractéristiques) ou encore à la conclusion du contrat.
Si le client n’honore pas son engagement, l’établissement peut prélever de hamish al jiddiya un
montant ne dépassant pas le préjudice réel subi résultant de cette inexécution. La partie
conservée par l’établissement est comptabilisée en produits et le reliquat est remboursé au
client.

1.2 COMPTABILISATION DES ENGAGEMENTS HORS BILAN

1
Ministère de l’économie et de finance ,CONSEIL NATIONAL DE LA COMPTABILITE
Les engagements révocables, donnés ou reçus par l’établissement afférents, aux contrats
Mourabaha sont inscrits en hors bilan dès la signature du contrat par les parties contractantes.
Ces engagements sont annulés au moment de la comptabilisation de l’opération au bilan.
1.3 COMPTABILISATION DES GARANTIES RECUES
Lorsque le contrat de Mourabaha est assorti de garanties au profit de l’établissement, comme
l’hypothèque ou le cautionnement ou toute autre garantie prévue par les textes en vigueur, ces
garanties doivent être comptabilisées selon leur nature dans les comptes appropriés de la
classe 8
1.4 COMPTABILISATION DES BIENS ACQUIS.
Les biens acquis dans le cadre des opérations de Mourabaha en vue d’être cédés sont
comptabilisés à leur coût d’acquisition soit le prix d’achat majoré des frais d’acquisition, dans
les comptes de la rubrique « 37 - Valeurs et emplois divers » dédiés aux opérations de
Mourabaha.
Les biens non encore revendus ne font pas l’objet d’amortissement chez l’établissement. Ce
dernier doit toutefois s’assurer à la date de clôture, que ces biens n’ont pas subi de dépréciation,
auquel cas une provision pour dépréciation est à constituer et ce en respect du principe de
prudence.
1.5 COMPTABILISATION DES PRODUITS DE MOURABAHA
A la revente du bien au client, l’établissement constate en produits la marge réalisée sur
l’opération Mourabaha. Cette marge est transférée au compte approprié de la rubrique 38 «
comptes de régularisation » et fait l’objet d’un étalement au prorata temporise sur la durée du
contrat. Ainsi, à chaque clôture comptable ultérieure, l’établissement comptabilise en produits
la quote-part de la marge afférente à l’exercice (ou la période) comptable, prélevée sur le
compte de régularisation susmentionné.
1.6 COMPTABILISATION DES REMBOURSEMENTS ANTICIPES
Si le client procède au remboursement total ou partiel par anticipation de la créance restant due
et que l’établissement renonce à une partie de la marge bénéficiaire à son profit, cette quotepart
vient en diminution de la marge constatée dans les comptes de régularisation en contrepartie de
la créance Mourabaha.
1.7 COMPTABILISATION DES IMMOBILISATIONS ACQUISES PAR
MOURABAHA
Les immobilisations acquises par un contrat de Mourabaha sont comptabilisées dans les
comptes appropriés de la rubrique 46 « Immobilisations corporelles » à leur coût d’acquisition
par l’établissement vendeur
Le coût de financement du bien pour l’établissement acheteur, représenté par la marge sur
Mourabaha chez l’établissement vendeur, est inscrit dans un compte dédié du poste 385 -
Charges à repartir sur plusieurs exercices. Ce coût est amorti sur la durée du contrat.
1.8 SCHEMA COMPTABLE

Figure 1 : Schéma comptable de produit Mourabha


Chez l’établissement Chez l’établissement
vendeur acheteur
Engagement révocable sur inscrits dans les comptes de Débit : « 8190 - Compte de
opérations de Mourabaha hors bilan suivants contrepartie des
-Débit : 8018 - Engagement engagements de financement
révocable sur produits reçus » Crédit : « 8118 -
participatifs. Engagement révocable sur
-Crédit : « 8090 - Compte de produits participatifs »
contrepartie des
engagements de financement
donnés »
Versement de Hamish al Débit : 121 – Comptes Débit : 1367 – Hamish Al
jiddiya (HJ) ordinaires ou un compte de Jiddiya versé sur Mourabaha,
trésorerie Ijara et autres financements
Crédit : 1467 – Hamish Al participatifs avec les
Jiddiya reçu sur Mourabaha, établissements de crédit et
Ijara et autres financements assimilés
participatifs avec les Crédit : 121 – Comptes
établissements de crédit et ordinaires ou un compte de
assimilés trésorerie
Récupération de HJ au Débit : 1467 – Hamish Al Débit : 121 – Comptes
moment de la revente du Jiddiya reçu sur Mourabaha, ordinaires ou compte de
bien ou en cas de Ijara et autres financements trésorerie
désistement de participatifs avec les Crédit : 1367 – Hamish Al
l’établissement vendeur établissements de crédit et Jiddiya versé sur Mourabaha,
assimilés Ijara et autres financements
Crédit : 121 – Comptes participatifs avec les
ordinaires ou compte de établissements de crédit et
trésorerie assimilés
Traitement de HJ en cas de Débit : 1467 – Hamish Al Débit : 6471 – Pertes et
rétractation du client et Jiddiya reçu sur Mourabaha, charges sur Mourabaha avec
non réalisation de la vente Ijara et autres financements les éta- blissements de crédit
participatifs avec les et assimilés
établissements de crédit et Crédit : 1367 – Hamish Al
assimilés Jiddiya versé sur Mourabaha,
Crédit : 7531 – Produits de Ijara et autres financements
Mourabaha avec les participatifs avec les
établissements de crédit et établissements de crédit et
assimilés assimilés
Crédit : 121 – Comptes Débit : 121 – Comptes
ordinaires ou compte de ordinaires ou compte de
trésorerie trésorerie
Acquisition du bien Débit : 3721 – Biens Aucune écriture comptable
mobiliers acquis - n’est à prévoir par
Mourabaha l’établissement acheteur.
Ou 3722 – Biens immobiliers
acquis - Mourabaha ».
Revente du bien Crédit : 3721 – Biens Débit : Comptabilisation du
mobiliers acquis – bien au coût d’acquisition
Mourabaha ou 3722 – Biens initial par l’établissement
immobiliers acquis – vendeur selon sa nature et
Mourabaha l’intention de son utilisation
Crédit : 7531 – Produits de Débit : 3857 – Charges à
Mourabaha avec les répartir sur produits
établissements de crédit et participatifs [pour le coût du
assimilés [à hauteur de la financement correspondant à
marge] la marge de l’établissement
Débit : 1771 – Créances et vendeur sur la Mourabaha]
avances versées sur Crédit : 1781 – Dettes et
Mourabaha avec les avances reçues sur
établissements de crédit et Mourabaha avec les
assimilés [à hauteur du prix établissements de crédit et
de vente] assimilés [à hauteur du prix
d’acquisition initial]
Versements des clients à Débit : 121 – Comptes Débit : 1781 – Dettes et
l’échéance ordinaires ou compte de avances reçues sur
trésorerie Mourabaha avec les
Crédit : 1771 – Créances et établissements de crédit et
avances versées sur assimilés
Mourabaha avec les Crédit : 121 – Comptes
établissements de crédit et ordinaires ou compte de
assimilés trésorerie
Etalement de la La marge constatée par La quote-part du coût de
marge/amortissement l’établissement vendeur est financement sur opération de
transférée dans un compte de Mourabaha afférente à
régularisation en maintenant chaque exercice (ou période)
en compte de résultat la comptable est portée en
quote-part relative à la compte de résultat par
période comptable de l’écriture comptable suivant
réalisation de l’opération
des charges à répartir Débit : 7531 – Produits de Débit : 6471 – Pertes et
Mourabaha avec les charges sur Mourabaha avec
établissements de crédit et les éta- blissements de crédit
assimilés et assimilés
Crédit : 3875 – Marges Crédit : 3857 – Charges à
constatées d’avance – répartir sur produits
Mourabaha participatifs (pour la quote-
part de la période)
Dépréciation du bien A chaque arrêté comptable, Aucune écriture comptable
acquis (avant la revente) l’établissement, en respect du n’est à prévoir pour
principe de prudence, doit l’établissement acheteur
s’assurer s’il n’y a pas lieu de
déprécier les biens acquis et
non encore revendus dans le
cadre des opérations de
Mourabaha.
Créances en souffrance Reclassement de la créance Aucune écriture comptable
dans un compte de créances n’est à prévoir pour
en souffrance approprié et l’établissement acheteur
comptabilisation de la
provision y afférente ; -
Comptabilisation des marges
réservées dans les postes 197
pour les créances avec les
établissements de crédit et
assimilés et 297 pour les
créances avec la clientèle
Remboursement anticipé En cas de remboursement Débit : 1781 – Dettes et
anticipé et de renonciation à avances reçues sur
une quote-part de la marge Mourabaha avec les
par l’établissement vendeur établissements de crédit et
au profit de son client, les assimilés
écritures suivantes sont à Crédit : 121 – Comptes
prévoir : ordinaires ou compte de
Débit : 121 – Comptes trésorerie
ordinaires ou compte de
trésorerie
Crédit : 1771 – Créances et
avances versées sur
Mourabaha

Source : Ministère de l’Économie et de finance , CONSEIL NATIONAL DE LA


COMPTABILITE

2 COMPTABILISATION DES OPERATIONS DE MOUDARABA:


2.1 COMPTABILISATION DES ENGAGEMENTS SUR TITRES
Entre la date de conclusion du contrat Moudaraba et la date de règlement ou de livraison,
l'engagement d'achat ou de vente est inscrit en hors bilan dans les comptes appropriés prévus
par le plan de comptes
Les titres à recevoir, inscrits en hors bilan, sont évalués, à chaque arrêté comptable,
conformément aux règles applicables aux titres de participation. Ces engagements sur titres à
recevoir sont annulés dès que les titres sont comptabilisés au bilan
2.2 COMPTABILISATION DES GARANTIES RECUES
Les garanties affectées par le cocontractant au profit de l’établissement, en couverture de la
bonne exécution des dispositions contractuelles de Moudaraba, sont comptabilisées dans les
comptes appropriés des rubriques « 83 – Engagements de garantie reçus » et « 87 – Valeurs et
sûretés données ou reçues en garantie.
2.3 COMPTABILISATION DES TITRES MOUDARABA
Les titres détenus dans le cadre des opérations de Moudaraba sont inscrits dans la rubrique « 42
– Titres de participation et emplois assimilés », à la valeur d’apport dans la société quel que ce
dernier soit en nature ou en numéraire. Lorsqu’il s’agit de sociétés déjà existantes, les titres sont
comptabilisés au prix d’achat.
Les frais préalables au contrat Moudaraba ne peuvent être déduits de la valeur d’apport et
doivent être à la charge de chaque partie concernée sauf accord préalable. Pour l’établissement,
ces frais doivent être comptabilisés parmi les charges de l’exercice. A la date de clôture, la
valeur actuelle des titres est comparée à leur valeur comptable, seules les moins-values
dégagées de cette comparaison sont inscrites en comptabilité sous forme de provisions pour
dépréciation, et ce en respect du principe de prudence. Les dividendes perçus sur titres de
Moudaraba sont comptabilisés selon les règles usuelles relatives aux titres de participation.
Le montant total de ‘’Hamish Al Jiddiya’’ est restitué sur le compte courant du client en cas de
désistement de l’établissement bailleur, de non-respect des conditions fixées .
2.4 SORTIE DES TITRES MOUDARABA
Lorsque l’opération de Moudaraba prend fin par la dissolution de la société, les titres sont sortis
du bilan de l’établissement, les actifs reçus et les passifs assumés par ce dernier sont
comptabilisés en les affectant, selon leur nature, aux comptes correspondants. Le Mali ou boni
dégagé par la dissolution de la société est porté au compte de résultat.
2.5 COMPTABILISATION DES PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
En sus des provisions pour dépréciation des titres détenus dans le cadre des opérations de
Moudaraba, l’établissement « Rab Al Mal » constitue à la date de clôture, une provision pour
risques et charges aux fins de couvrir le cas échéant la quote-part de pertes relative aux titres
détenus par le Moudarib, qu’il devra supporter, conformément aux dispositions légales et
réglementaires
3-OPERATIONS IJARA MONTAHIA BI-TAMLIK
3.1 COMPTABILISATION DE HAMISH AL JIDDIYA
Lorsque l’opération Ijara prévoit, pour garantir l’exécution de la promesse de location du client,
le versement d’un montant en numéraire appelé « Hamish Al Jiddiya », ce dernier doit être
comptabilisé au passif dans un compte créditeur dédié et l’établissement ne peut en disposer.
3.2 COMPTABILISATION DES IMMOBILISATIONS DONNEES EN IJARA
Le contrat Ijara prend effet à partir de la date à laquelle le bien est mis à la disposition du client,
conformément aux conditions du contrat Les immobilisations effectivement louées, les
immobilisations en cours et les immobilisations non louées après résiliation sont inscrites à leur
coût d’acquisition, à savoir le prix d’achat majoré des frais d’acquisition parmi les
immobilisations du bailleur, puisqu’il en est propriétaire. Les frais engagés lors de la conclusion
du contrat Ijara, autres que ceux inclus dans le coût d’acquisition de l’immobilisation, sont
comptabilisés parmi les charges de l’exercice.
En fin de contrat, trois cas peuvent se présenter :
- l’immobilisation est cédée au locataire et une plus ou moins-value est constatée le cas échéant
- l’immobilisation n’est pas acquise par le locataire et ne peut plus être louée, elle est
enregistrée dans ce cas dans la rubrique 45 « Immobilisations incorporelles » ou 46 «
Immobilisations corporelles » ;
- l’immobilisation est donnée en location dans le cadre d’un nouveau contrat, elle est inscrite
dans ce cas parmi les immobilisations en Ijara pour la valeur résultant du nouveau contrat et
une perte ou un gain éventuel est constaté sur la valeur du bien.
3.3 COMPTABILISATION DES FRAIS D’ENTRETIEN ET DE REPARATION
Lorsque les frais d’entretien et de réparation sont à la charge du propriétaire, ils sont soit
constatés parmi les charges de l’exercice en cas de frais de faible valeur soit réparties sur
plusieurs exercices s’il s’agit de charges importantes. Dans le cas où des réparations importantes
sont récurrentes, des provisions pour grosses réparations peuvent être constituées.
3.4 COMPTABILISATION DES GARANTIES RECUES
Si le contrat Ijara est assorti de garanties au profit de l’établissement, comme l’hypothèque ou
le cautionnement ou toute autre garantie prévue par les textes en vigueur, ces garanties doivent
être comptabilisées dans les comptes appropriés de la classe 8 selon leur nature
3.5 COMPTABILISATION DES IMMOBILISATIONS PRISES EN IJARA
L’établissement preneur comptabilise les loyers parmi les charges d’exploitation non bancaires.
Il signale, dans l’état des informations complémentaires, les informations sur les opérations en
cours, dans la mesure où elles présentent un caractère significatif
4. COMPTABILISATION DES OPERATIONS DE SALAM
4.1 COMPTABILISATION DE l’AVANCE
A la conclusion du contrat Salam, l’établissement verse ou reçoit intégralement le prix convenu
contre la livraison future de la marchandise désignée, selon qu’il soit acheteur ou vendeur au
titre dudit contrat. Ces avances sont comptabilisées dans les comptes débiteurs ou créditeurs
dédiés aux opérations de Salam, dans les rubriques « 17 - Créances et dettes sur financements
participatifs avec les établissements de crédit et assimiles » et « 21 - Créances et dettes sur
financements participatifs avec la clientèle »
4.2 COMPTABILISATION DES GARANTIES
Si le contrat Salam est assorti de garanties au profit de l’acheteur, comme l’hypothèque ou le
cautionnement ou toute autre garantie prévue par les textes en vigueur, ces garanties doivent
être comptabilisées selon leur nature dans les comptes appropriés de la classe 8.
Si la mise en jeu des garanties ne permet pas de couvrir le montant de l’avance comptabilisée
et non restituée à l’établissement, la différence entre le montant récupéré et l’avance versée est
une perte à comptabiliser. Cette perte est inscrite au débit des comptes appropriés du poste 672
- Pertes sur créances irrécouvrables (selon que cette créance soit couverte ou non par des
provisions).
Si la mise en jeu des garanties octroyées par l’établissement apparaît probable, les engagements
y afférents sont classés dans la rubrique 89 – Engagements par signature en souffrance et font
l’objet d’un provisionnement pour risques d’exécution d’engagements par signature.
4.3 COMPTABILISATION DE LA MARCHANDISE
Les biens acquis dans le cadre des opérations de Salam sont comptabilisés à leur coût
d’acquisition dans les comptes de la rubrique 37 – « Valeurs et emplois divers » dédiés aux
opérations Salam. Dans le cas où la valeur de marché de la marchandise reçue (ou sa juste
valeur en l’absence de cette dernière) est supérieure ou égale à la valeur de la marchandise telle
que définie par le contrat, la marchandise reçue est comptabilisée à son coût historique.
II. La fiscalité des produits de la finance islamique

L’émergence de la finance islamique sur les plus grandes places financières comme la Grande
Bretagne et la Malaisie, s’est fait parallèlement avec l’implantation d’un cadre fiscal adéquat
aux produits islamiques, vu leurs particularités comptables.
Cependant, le traitement fiscal des transactions à caractère islamique rencontre encore des
lacunes voire même une absence totale d’un cadre légal qui reconnait les spécificités de cette
finance dans certains pays.
L’imposition dans le contexte de la finance islamique :
Les cadres fiscaux sont différents d’un pays à un autre, selon plusieurs paramètres politiques,
économiques et juridiques. L’un des défis primordiaux de tout cadre fiscal, est de garantir des
dispositifs justes et équitables pour les produits de la finance classique et ceux de la finance
islamique, de façon à ce que la finance islamique ne soit pas pénalisée par des frais
additionnels qui seront à l’origine de sa cherté. Ce qui serait un véritable frein pour la
compétitivité de ces produits et leurs développements.
Pour éviter un désavantage infligé aux produits islamiques, plusieurs systèmes financiers
islamiques développés ont procédé à une adaptation de leur cadre fiscal en apportant un
traitement spécifique aux produits islamiques.2

1. L’impact de la fiscalité sur les produits financiers islamiques :


Murabaha3 :
Ce contrat stipule que la banque acquiert un bien sous la demande de son client, auquel elle le
revend à un prix préfixé au niveau du contrat majoré d’une marge bénéficiaire. (Zins, 2018)
ce contrat entraine des frais supplémentaires supportés par le client :
• Des droits d’enregistrement
• Des honoraires de notaire
Ils pourront subir une double imposition du fait qu’il s’agit d’un double transfert de propriété.
(Vendeur à la banque / banque au client) (Amnache, 2004)
NB : La Royaume-Uni a supprimé le double droit de timbre afin d’éviter la double imposition
qui alourdit les financements hypothécaires participatifs
Mucharaka :

2
Article scientifique « L’imposition des produits islamiques : Un enjeu majeure » ; DINAR Brahim
La Mucharaka peut être définie comme étant :
« Un contrat entre deux parties (ou plus) pour le financement d’un projet dont les pertes ou les
profits sont distribués au prorata des contributions respectives au capital. Ce contrat est basé
sur la moralité du client, la relation de confiance et la rentabilité du projet ou de l’activité
financée. » (Elmelki, 2011)

Mudaraba :
La Mudarabah constitue une sorte d’association entre Rab al Mal (le financier) et le
Moudharib (l’entrepreneur). Le profit est donc réparti proportionnellement entre les deux
parties comme prévu au niveau du contrat, tandis que la perte est supportée uniquement par
Rab al Mal. (Saadallah, 1996)
Ces deux types de contrat ne présentent aucune difficulté par rapport à son traitement fiscal4.
Ijarah :
Lorsqu’il s’agit d’une Ijara tachghilia , c’est-à-dire une simple location , le client va payer des
mensualités ces dernières ainsi que la marge bénéficiaire subissent une taxe sur la valeur
ajoutée, ce qui rend l’opération plus chère.
Alors que, dans le cas de Ijara Mountaha bi tamlik : il comporte une option d’achat à l’échéance,
le transfert de propriété entraine des droits de timbre qui risquent d’être doublement imposées.
En ce qui concerne les droits d’enregistrement, la loi de finances 2018 a prévu une distinction
des taux appliqués selon le type du bien au niveau des contrats « Mourabaha », «Ijara
Mountahia bitamlik » ou « Moucharaka Moutanakissa » comme suit :
• 3% pour la première acquisition du logement social et logement à faible valeur
immobilière ;
• 4% pour les immeubles construits ;
• 5% pour les terrains nus ;
❖ La déduction revenu global imposable
Elle est limitée à 10%, du revenu global imposable, du montant de la marge locative payé par
le contribuable, dans le cadre d’un contrat IMB
Pour le client :
Cette déduction n’est exercée que le logement acquis ou construit soit l’habitation principale
du contractant durant toute la durée de location, À défaut, le client devrait reverser l’impôt non
acquitté.
Pour les salariés
Le profit de ce contrat est conditionné par la retenue à la source du montant
de la marge locative, effectuée par l’employeur qui le reverse à la banque, tandis que

4
Article scientifique « L’imposition des produits islamiques : Un enjeu majeure » ; DINAR Brahim
les non-salariés devront fournir les quittances de versement avec leurs déclarations de
revenus au fiscale.
❖ Déduction au niveau du revenu salarial du :
Montant du coût d’acquisition et de la marge locative payée par le contribuable, dans le cadre
d’un contrat IMB n’est possible que l’acquisition du logement social destiné à son habitation
principale. Et que ces montants sont prélevés à la source par l’employeur.

Selon l’article 92-I-28° : Un logement sociale est toute unité de logement dont :
• la superficie couverte est comprise entre cinquante (50) et quatre-vingt (80) m2 e
• le prix de vente n’excède pas deux cent cinquante mille (250 000) dirhams, hors taxe
sur la valeur ajoutée.
Le bénéfice de l’exonération du profit résultant de la cession dudit logement :
Le législateur prévoit une exonération du profit résultant de la cession du logement
destiné à l’habitation principale financé par un contrat IMB, occupé depuis au moins six
ans, période de location incluse. De même, le législateur rallonge la période maximale
de vacance du logement destiné à l’habitation principale avant sa cession, la faisant
passer de 6 mois à une année.

2. Régime fiscal des Sukuk


Le Maroc s’était doté d’un régime juridique propre à la titrisation de créances hypothécaires
non litigieuses en 1999. La loi 10–98 qui avait pour objectif première favoriser le
financement de l’habitat, Cette loi a créé les fonds de placements collectifs en titrisation,
structure d’accueil des titrisations marocaines proche des anciens fonds commun de créances
français (FPCT).
❖ Le traitement fiscal des SUKUK :
→ Sukuks, ignorés par le CGI
→ Produits assimilés à des «intérêt» :
Le Code Général des Impôts ne traite pas des sukuks de façon express mais seulement en
tant que titres pouvant être émis par les FPCT (fonds de placement collectif de titrisation)
→ Le taux d’imposition du TVA pour les sukuk est à 10 % (imposition des loyers des
biens perçus par l’émetteur des Sukuks dont les actifs sont remboursables in fine au
taux de réduit de 10%.)
→ Exonération pour les FPCT des droits d’enregistrements, des frais de constitution,
d’acquisition d’actif, d’émission et cession des titres et de conservation financière.
Aucun traitement spécifique n’a été conçu pour les Sukuks avant 2017, ainsi la loi de
finances 2018 complète les dispositions de 2017. Ainsi, les revenus versés par les fonds de
placements collectifs en titrisation (FPCT) aux porteurs des certificats de Sukuks sont
soumis à la retenue à la source de 20% ou 30%. (Loi de finances, 2018
3. Nouveautés fiscales : Loi de finances 2019 :
La loi de finances 2019 a apporté des modifications au niveau des conditions d’exonération de
la TVA du logement social acquis dans le cadre des contrats « Ijara Mountahia Bitamlik»
(I.M.B). (Loi de finances, 2019)
De ce fait, nous remarquons l’inexistence des dispositions fiscales traitant les contrats de la
Moudaraba et la Moucharaka, même dans le projet de loi des Finances 2019, en raison
probablement du risque qu’elles génèrent. (El hanafi, 2017)
Ce manque de cadre fiscal fera certainement que les futures banques participatives ne
s’engageront pas dans la commercialisation des produits de la Moudaraba et la Moucharaka

III. Le contrôle et l’audit des produits de la finance islamique5


1) Des Définitions
Il existe plusieurs définitions du contrôle charaique, et l’on pourrait dire que la diversité des
acceptions est naturelle du fait de la diversité des approches et visions de cette notion. Certains
la définissent comme étant « régir l’ensemble des transactions des banques islamiques par les
principes de la charia ».
D’autres définissent le contrôle charaique comme étant : «c’est l’un des organes de la banque
islamique, créé pour l’aider à atteindre ses objectifs»
Et certains définissent le contrôle charaique selon le but visé par ce dernier, en stipulant que
c’est : «l’ensemble des éléments et activités de surveillance utilisés pour vérifier la conformité
des activités de la banque islamique à la charia »
D’autres encore définissent l’audit charaique comme étant : « la révision des activités bancaires
des institutions financières islamiques, pour vérifier leur conformité aux principes fondateurs
de la charia islamique, le suivi des opérations bancaires, la détection des infractions en cas
d’occurrence, la proposition de solutions adéquates pour y remédier, la révision des contrats
établis entre ces institutions et leurs clients et la rédaction des contrats adéquats conformément
aux normes de la charia islamique»
2) Les contrôles internes et les audits externes :
La plupart des travaux de recherche identifient l’échec de la gestion des risques et des systèmes
de contrôle interne comme étant la cause principale des crises financières. De la sorte, il est
avancé que s’il y avait en place un système adéquat de gestion des risques et un système de
contrôle interne(SCI), la plupart de ces crises auraient évité. Le système d’audit externe
renforce davantage les contrôles internes en complétant le bon fonctionnement de ces systèmes.

5
M Umer Chapra Tariqullah Khan, Etude Spéciale No.3 (REGLEMENTATION ET CONTROLE

DES BANQUES ISLAMIQUES)


Donc le travail de ces deux composantes joue un rôle important dans la stabilité et la solidité
des systèmes financiers.
Les systèmes de contrôle interne doivent réaliser trois objectifs principaux :
➢ Ils doivent viser à l’amélioration des performances de l’organisation en utilisant ses
actifs et son potentiel de croissance de manière optimale et en garantissant la
participation de tout le personnel avec intégrité, sincérité et honnêteté.
➢ Ils doivent tendre à assurer la préparation, la mise à jour et la disponibilité d’information
fiable, ce qui est important en vue d’augmenter la compétitivité de l’organisation et
servir l’intérêt de propriétaire et des investisseurs.
➢ Ils doivent garantir la conformité des produits avec les lois, les règlements, les normes
d’éthique, des affaires et des valeurs sociales.
Les SCI doivent être mis en place par le Conseil d’Administration de l’organisation et ses
dirigeants, et mis en œuvre et respectés à tous les niveaux par tous les individus qui travaillent
pour l’organisation. Il est de la responsabilité de l’auditeur interne de garantir qu’une telle mise
en œuvre généralisée du système a lieu.
L’efficacité du SCI dépend d’un certain nombre de facteurs :
➢ le conseil d’administration et la direction générale de l’organisation doivent non
seulement apprécier la grande importance des fonctions de contrôle interne mais
également s’engager au développement d’une culture de SCI efficaces.
➢ les SCI doivent veiller à la reconnaissance et à l’évaluation de tous les risques qui
menacent l’organisation tels que les risques de crédits, les risques de liquidités, les
risques du marché, les risques opérationnels, les risques de complaisance, les risques de
technologie, etc. et la direction doit s’assurer que l’organisation possède des systèmes
crédibles en place pour contrôler ces risques. Les SCI doivent constamment vérifier
l’intégrité des systèmes de gestion des risques de l’organisation et s’assurer que des
rapports périodiques de risques sont préparés régulièrement et suivis de manière
attentive par des tests de vérification.
➢ les SCI doivent s’assurer qu’il n’existe pas de conflits d’intérêts entre les différents
services de l’organisation et que les SCI ne créent pas eux-mêmes des obstacles au bon
fonctionnement de ces services. Par exemple il est de la responsabilité du service des
technologies de l’information (TI) de développer pour l’organisation un système de TI
crédible qui soit le meilleur à être disponible pour le contrôle des différents risques et
pour le bon fonctionnement des différents services, des processus d’approbation, et de
délégation d’autorité.
➢ les SCI doivent garantir que l’information requise à propos de l’organisation, y compris
ses affaires financières, sa profitabilité et ses opérations n’est pas seulement simplement
et systématiquement disponible, mais qu’elle est également tout à fait sûre. De la même
manière, l’organisation doit également veiller à disposer des données externes vitales
pour ses propres opérations. Cinquièmement, les SCI des banques islamiques doivent
veiller à ce que les opérations de l’organisation soient en conformité avec la Chari’a.
➢ les SCI doivent être dynamiques dans leur processus de révision, d’auto évaluation et
d’adoption de politiques pour surmonter les déficiences d’une manière continue.
Les audits externes aident à dynamiser, à rendre plus efficaces et plus fiables les SCI de
plusieurs manières. D’abord, ils fournissent un processus de révision et de vérification de
l’intégrité des SCI. Ensuite, ils introduisent l’objectivité par le fait qu’il sont externes et
relativement indépendants par rapport à la gestion de l’organisation. En troisième lieu, ils
assurent une vérification de l’information fournie par les gestionnaires à l’extérieur, qu’il
s’agisse d’individus, d’organisations ou du marché. En quatrième lieu, ils garantissent la
conformité avec les normes internationales, ce qui est très important pour effectuer des
comparaisons et pour la discipline du marché.
Puisque les SCI jouent un rôle extrêmement important dans la stabilité et l’efficacité d’une
organisation bancaire, le contrôle est indispensable sur une base continue pour garantir la
crédibilité de ces systèmes de contrôle et pour éliminer les déficiences existantes sur une
période raisonnable. Les SCI tendent à être plus faibles dans les organisations qui n’ont pas de
systèmes d’administration crédibles, un phénomène qui paraît être endémique dans les banques
de plusieurs pays en développement, et les banques islamiques ne semblent pas faire
l’exception. Il est de la responsabilité des autorités de contrôle d’établir des normes minima
d’administration pour les banques islamiques de façon à les obliger à développer des SCI selon
un critère professionnel. Il est également de la responsabilité des autorités de contrôle de
motiver ces institutions pour développer des cultures crédibles de gestion des risques dans leurs
propres organisations.

VI.la gestion des risques des produits financiers 6:


1. Risques communs avec les banques conventionnelles :
➢ Risques crédit: Le risque crédit dans les banques participatives est identique à celui des
banques conventionnelles, de fait que dans les deux cas, celui-ci émane de la nature de
l’activité bancaire.
➢ Risque Marché :Dans les banques islamiques, et vu l’illicéité d’une grande partie des
instruments financiers utilisés par les banques conventionnelles, les risques marché, tels
que pratiqués par les banques conventionnelles, émanent de deux sources principales:
d’un côté, la variation des taux de changes des devises, ainsi que les prix des actifs
financiers et les biens détenus par les banques, et d’un autre côté, la variation des prix
de la marchandise financée
➢ Risque Opérationnel :Dans les banques islamiques, Les risques opérationnels sont
encore plus amplifiés que dans les banques conventionnelles, de fait que les banques
islamiques supportent les mêmes types de risques opérationnels des banques
conventionnelles, relatifs aux facteurs humains, procédures, technologies ... . Toutefois,
le jeune âge du secteur financier islamique, le manque d’expérience, ainsi d’outils
informatiques, sont des facteurs pénalisant, qui augmentent considérablement les
risques opérationnels des banques islamiques. Aussi, l’impact des risques liés à la
Shariaa, en comparaison à celui de non-respect des procédures dans le cas de banques
classiques, est beaucoup plus important, qui peut mener les déposant à retirer en masse
leurs dépôts.

6
Abdelilah EL ATTAR, Mohammed Amine ATMANI, article sur La gestion des risques des produits financiers
islamiques : essai de modélisation,2015.
➢ Risque de liquidité Les banques islamiques en ayant les mêmes sources du risque de
liquidité que les banques classiques, doivent faire face à un défi supplémentaire celui de
l’illicéité d’une grande partie des actifs financiers disponibles jugés liquides.
1. Risques spécifiques aux banques islamiques :
➢ Risques liés au stock: Ce risque émane de la spécificité du mode de
Financement des banques islamiques, mode qui repose sur des opérations d’achat/vente
sous forme d’une Murabaha, ou de location sous forme d’une Ijara, afin de pouvoir réaliser
des gains, alors que tout surplus ou gain issus d’une opération de prêts classiques, est
considéré comme du Riba. Ce qui implique la constitution d’un stock de biens pour les
banques, qui va servir par la suite aux opérations de Murabaha pour la vente, ou d’Ijara pour
la location. La constitution de ce stock sera bien évidement accompagnée d’un risque de
gestion, un risque de perte des produits stockés, un risque de livraison pour les clients, ou
même un risque de non-conformité par rapport aux besoins exprimés initialement par le
client.
➢ Risque d’abandon des opérations de financements :Le risque d’abandon des
opérations de financements est un autre exemple des spécificités du mode de
financement des banques participatives, notamment via les produits Murabaha et
Ijara. En effet, les banques, et afin de réduire les autres risques, notamment liés au
stock, privilégient l’achat du bien objet de financement, sur demande du client.
Cependant, si le client décide d’abandonner l’opération après que le bien soit acheté
par la banque, cette dernière devra trouver un autre acheteur pour le bien, au risque
de le vendre à un prix moindre que son coût.
➢ Risque commercial déplacé : Ce risque est également nommé risque fiduciaire.
Pour lui donner une définition, HABIB AHMED et TARIQULLAH KHAN ont
emprunté celle de l’Organisation de Comptabilité et d’Audit pour les Institutions
Financières Islamiques (OCAIFI, AAOIFI) : « Ce risque est lié au taux de
rendement faible qui peut être interprété par les déposants/investisseurs comme
étant un manquement au contrat d’investissement ou comme signe d’une mauvaise
gestion des fonds par la banque »
➢ Risque de taux de référence: Le modèle de fonctionnement des banques
islamiques repose sur un modèle commercial d’achat vente, notamment pour les
opérations telles que la Murabaha et l’Ijara. Et si les profits doivent être déterminés
à l’avance, et ne peuvent être modifiés après contractualisation avec le client, les
institutions financières participatives utilisent un taux de référence (taux de
benchmark) pour déterminer ce niveau de profit. L’utilisation de ce taux de
référence a été autorisée par les juristes musulmans, comme utilisation ponctuelle
servant à définir la marge avant la signature du contrat. Ceci dit, Les banques
islamiques doivent donc faire face au risque émanant de la variation du taux de
référence.
➢ Le risque d’investissement : Les banques islamiques, offrent un financement sous
les principes du partage de profit et des risques avec ses déposants. A ce titre, Le
risque d’investissement dans les banques islamiques découle des choix de
placement de la banque, puisqu’en investissant en capital, la banque encourt le
risque d’une perte de ses apports, perte qu’elle partage, avec ses déposants.
➢ Le risque de concentration :Le risque de concentration dans le cas des banques
islamiques est spécifique dans la mesure où, pour l’instant, les emplois bancaires
destinés à gérer les liquidités sont peu variés, aussi, les grandes entreprises admises
pour le placement des investissements sont peu nombreuses à satisfaire les critères
islamiques et, au passif, le nombre de contreparties institutionnelles est peu élevé.
Ces éléments laissent les banques islamiques dépendantes à de faibles emplois de
leurs ressources. Afin de garantir la stabilité du système bancaire, qui s’inscrit dans
le cœur de l’activité économique contemporaine, des organismes internationaux ont
été créés avec comme principal rôle, d’instaurer des règles et des recommandations
dans le domaine de la supervision bancaire, en définissant notamment les
principaux risques financiers et les mécanismes pour s’en prémunir. L’organisme
le plus connu dans le monde de la finance est le celui du comité de Bâle.

BIBLIOGRAPHIE
• Ministère de l’économie et de finance ,CONSEIL NATIONAL DE LA COMPTABILITE
• Article scientifique « L’imposition des produits islamiques : Un enjeu majeure » ; DINAR
Brahim
• M Umer Chapra Tariqullah Khan, Etude Spéciale No.3 (REGLEMENTATION ET
CONTROLE
• DES BANQUES ISLAMIQUES)