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Rédaction : Mme Louise Latulippe, infirmière

Coordonnatrice du programme de soins palliatifs

Collaboration : Mme Jocelyne Roth, infirmière

Les membres du groupe conseil en soins palliatifs :


Dr Réal Bertrand, omnipraticien
Dre Evelyn Keller, gérontopsychiatre
M. François Lauzier, pharmacien
M. Guy Lafond, psychologue
Sr Monique Poulin, animatrice en pastorale
Mme Brigitte Roberge, bénévole

Mise en page : Mme Suzanne Brière, secrétaire médicale

Révision des textes : Le service des communications

Mme Hélène Lachance, secrétaire de direction

Dépôt légal – 2e trimestre 2004


Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISBN : 2-922-451-22-4

Tous droits réservés


Centre hospitalier Robert-Giffard
2601, de la Canardière
Québec (Québec) G1J 2G3
Révisé avril 2007
À mon père

LA TRAVERSÉE

En voguant sur les eaux tranquilles de son enfance


Sous un ciel serein, il navigue avec confiance.
Très tôt, il affronte les ressacs de l’adolescence
Et se mesure aux forces immuables de la vie.

Ébranlé par les vents violents des tempêtes


Qui surgissent brutalement à travers les ans
Emporté par la furie des vagues déferlant
Sur les rochers sculptés par les griffes du temps
Très vite il apprend à lutter contre les courants.

Tenant la barre de son navire d’une main de maître


Il espère l’arrivée d’un temps plus clément
Afin de poursuivre sa route vers de nouveaux rivages
Et donner la vie à son tour en partage.

Au cours de cette longue traversée


Des nuages passagers amènent de courtes ondées.
Au soleil brûlant succède la fraîcheur nocturne
Et sous un ciel étoilé où s’attarde la lune,
Il s’accorde un repos mérité.

Aux petits devenus grands, il lègue en partant


Un navire affrété pour les mers agitées
Et le courage qu’il faut pour vaincre l’adversité.
Munis de cet héritage et façonnés par le temps,
Avec sagesse ils traverseront l’océan.

Angélique Rodrigue, infirmière


TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION……………………………………………………………….….7

1. LE PROGRAMME DE SOINS PALLIATIFS


L’approche en soins palliatifs…………………………………………………… 9
Le groupe conseil en soins palliatifs……………………………………………. 9
L’accessibilité au programme de soins palliatifs………………………………. 10
La communication avec les intervenants………………………………………. 10

2. DES PROFESSIONNELS À L’ÉCOUTE DES BESOINS


Le contrôle de la douleur………………………………………………………. 11
Le délirium…………………………………………………………………….. 11
La prévention du délirium………………………………………………………12
La détresse respiratoire ou hémorragique……………………………………… 13
La participation des proches aux soins………………………………………… 14

3. L’ACCOMPAGNEMENT D’UN MALADE EN FIN DE VIE


Le cheminement psychologique du malade en phase terminale……………….. 16
Quoi dire, quoi faire lorsqu’on accompagne……………………………………18
Prévoir le décès………………………………………………………………… 18
Le service de pastorale………………………………………………………… 19

4. LE DEUIL
Les proches après le décès…………………………………………………….. 20
Le don d’organes………………………………………………………………. 21
Renseignements sur les testaments……………………………………………. 21
Les arrangements funéraires…………………………………………………… 22
Le don In Memoriam…………………………………………………………... 23
Quelques renseignements sur les régimes de protection………………………. 23

5. LES SERVICES PÉRIPHÉRIQUES


Au centre hospitalier…………………………………………………………... 24
À deux pas du centre hospitalier………………………………………………. 26

AIDE-MÉMOIRE……………………………………………………………….. 28
INTRODUCTION

Vous venez d’apprendre qu’un de vos proches est admis aux soins
palliatifs. Sur le moment, plusieurs questions surgissent et se
bousculent. Les émotions prennent parfois le dessus. Notre groupe
conseil en soins palliatifs a élaboré ce guide en vue de bien vous
préparer à accompagner un parent ou un ami et de vous renseigner
sur les soins et services qui sont dispensés dans le cadre du
programme de soins palliatifs.

Le présent guide ne prétend pas répondre à toutes les questions;


aussi, n’hésitez pas à communiquer avec l’équipe de soins de l’unité.
Celle-ci saura vous écouter et vous orienter vers la recherche de
solutions possibles.

Mais avant tout, qu’est-ce que les soins palliatifs?

L’Organisation mondiale de la santé définit les soins palliatifs


comme des soins actifs, complets, donnés aux malades dont
l’affection ne répond pas au traitement curatif, c’est-à-dire un
traitement qui vise la guérison. La lutte contre la douleur et les
autres symptômes et la prise en considération des problèmes
psychologiques, sociaux et spirituels sont primordiaux.

« C’est grand la mort, c’est plein de vie dedans. » Cette pensée de


Félix Leclerc traduit bien la philosophie du programme de soins
palliatifs qui est d’être présent et engagé jusqu’au tout dernier
souffle de vie et même un peu plus…

Louise Latulippe, infirmière


Coordonnatrice du programme de soins palliatifs

-7-
1. LE PROGRAMME DE SOINS PALLIATIFS

L’approche en soins palliatifs


L’approche en soins palliatifs vise à obtenir la meilleure qualité de
vie possible, selon les moyens disponibles, pour les personnes en fin
de vie et leurs proches. Cette approche de soins repose sur la
conviction que si on ne peut plus rien contre la maladie, on peut
encore beaucoup pour la personne malade. Tentez de profiter au
mieux de ce moment privilégié; comme prendre le temps de
discuter, d’offrir votre présence et de partager les petits plaisirs de la
vie, selon les capacités de la personne que vous accompagnez.

Toutefois, s’il vous est impossible de vous rendre au chevet de votre


parent ou ami, soyez assuré que l’équipe de soins de l’unité sera
présente et que tout sera mis en oeuvre pour l’accompagner
dignement dans les derniers moments de sa vie. Aussi, des bénévoles
attentifs aux besoins des usagers peuvent se joindre à l’équipe de
soins. Ceux-ci, sans se substituer à votre présence, vous permettront
de vous reposer un peu.

Le groupe conseil en soins palliatifs


Cette approche privilégiée au Centre hospitalier Robert-Giffard
permet aussi de faire appel à un groupe conseil en soins palliatifs. Il
se compose d’un médecin généraliste, d’une gérontopsychiatre, d’un
pharmacien, d’un psychologue, d’une animatrice de pastorale et
d’une infirmière-coordonnatrice du programme.

Le rôle de ces professionnels consiste principalement à informer, à


conseiller, à former et à soutenir les équipes de soins des unités. Ils
offrent aussi un soutien psychologique, social et spirituel aux
patients en soins palliatifs ainsi qu’à leurs proches, même après le
décès. Nous vous encourageons à utiliser ce service qui est mis à
votre disposition. Le fait de demander de l’aide n’est pas un signe
de faiblesse. En tout temps, ils peuvent vous conseiller et sont aussi
à l’écoute de vos commentaires et suggestions afin d’améliorer ce
service.

-9-
L’accessibilité au programme de soins palliatifs
Pour avoir accès aux services des professionnels du groupe conseil
en soins palliatifs, vous devez adresser une demande à l’équipe de
soins de l’unité ou à la coordonnatrice du programme de soins
palliatifs au numéro (418) 663-5321, poste téléphonique 6334.
Dans le cadre de ce programme, plusieurs autres services sont à
votre portée. Si vous désirez rester au chevet de votre parent ou ami
au moment où son état général se détériore, un lit pliant peut vous
être prêté afin que vous puissiez passer la nuit à ses côtés. Aussi,
pour créer une ambiance propice à la détente, un choix varié de
musique et un lecteur laser sont à votre disposition au programme de
soins palliatifs et parfois à l’unité de soins.
Si nous n’avons pas ce que vous souhaitez, notre équipe fera tout ce
qui est possible pour vous le procurer ou, du moins, trouver une
solution de rechange pour vous satisfaire.

La communication avec les intervenants


Dès le début, la communication avec l’équipe de soins de l’unité est
essentielle et encore plus si vous accompagnez ou représentez une
personne inapte à faire des choix ou qui est incapable d’exprimer ses
volontés.
Dans ce cas, il se peut que votre aide soit sollicitée pour guider
l’équipe de soins vers les choix les plus appropriés pour le patient en
fin de vie. La personne qui est désignée curateur pourra consulter les
autres membres de la famille. Toutefois, l’équipe de soins se référera
toujours à la personne qui est mandatée à agir dans le meilleur
intérêt de la personne qu’il représente, en tenant compte de son
histoire de vie, de ses valeurs, de ses croyances et de ses volontés.
Cette représentation légale comporte des grandes responsabilités.
Au besoin, le curateur privé peut demander de l’information au
curateur public. Ce dernier est aussi une personne-ressource pour
les équipes de soins lorsqu’elles doutent de l’intégrité du
représentant légal de la personne hospitalisée.

- 10 -
2. DES PROFESSIONNELS À L’ÉCOUTE DES
BESOINS

Le contrôle de la douleur
Une des craintes la plus souvent exprimée par les personnes en fin
de vie est la peur de souffrir, la peur de la douleur. Au Centre
hospitalier Robert-Giffard, le personnel est sensibilisé à cette réalité
tant chez les personnes qui peuvent communiquer que celles qui en
sont incapables.

Si vous observez de l’inconfort, il est important de le dire à l’équipe


de soins de l’unité le plus rapidement possible. Une douleur ou un
autre symptôme mal contrôlé peut dégénérer et affecter la qualité de
vie du patient. Au besoin, l’équipe de soins peut consulter le groupe
conseil en soins palliatifs pour l’aider à soulager la douleur et les
différents symptômes.

Certains médicaments comme la Morphine sont souvent utilisés pour


calmer la douleur. Utilisés adéquatement, ils améliorent la qualité de
vie du patient en fin de vie. Lorsque la douleur s’intensifie, soit en
raison de la progression de la maladie ou de la tolérance à la
médication, l’équipe de soins peut être obligée d’augmenter
graduellement les doses. S’il s’agit plutôt d’une tolérance au
médicament, d’autres solutions pourront être envisagées.

Le délirium
Il s’agit d’une perturbation aiguë des fonctions cognitives associées à
une atteinte du niveau de conscience qui se manifeste de plusieurs
façons :

h Trouble de l’attention

Ex : Lenteur à répondre aux questions, difficultés à suivre des


directives simples, attention diminuée.

- 11 -
h Désorganisation de la pensée

Ex : Propos incohérents, propos difficiles à suivre.


h Altération du niveau de conscience

Ex : Hypervigilant, (sursaute au moindre bruit), stuporeux


(difficile à éveiller), léthargique (somnolent, mais facile à
éveiller).
h Désorientation

Ex : Identifie faussement les gens, incapable de dire où il est.


h Modification de l’activité psychomotrice, soit par de
l’hypoactivité ou de l’hyperactivité
Ex : Mouvements lents, regard fixe, bouge continuellement, veut
sortir du lit.

Le délirium peut survenir subitement. Il se développe en quelques


heures ou en quelques jours. Les proches ont souvent l’impression de
ne pas reconnaître la personnalité de l’être cher qu’ils accompagnent.

Les manifestations citées ci-dessus fluctuent en intensité et en


quantité durant la journée, mais habituellement, elles sont plus
marquées la nuit. Il est donc important d’informer l’équipe de soins
de l’unité si vous les observez, car une intervention clinique rapide
peut remédier à la situation selon la cause. Parfois, il suffit
simplement de changer la médication.

La prévention du délirium

Vous pouvez aider l’équipe de soins à prévenir le délirium en portant


une attention particulière à l’environnement, aux fonctions cognitives
et aux aspects psychologique et physique du patient.

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L’environnement
Éviter la surcharge sensorielle par le bruit et les sources de
distraction; favoriser un éclairage qui respecte les périodes de la
journée, soit le jour et la nuit; privilégier un cycle de sommeil normal
avec des périodes de repos.

Au plan cognitif
Encourager les stimulations sensorielles raisonnables en dehors des
périodes de repos; penser aussi au port de lunettes et des prothèses
auditives, si c’est le cas; orienter le patient dans le temps, le lieu,
l’espace en lui mentionnant, par exemple, la date, l’heure, la saison,
l’endroit où il se trouve et lui donner de l’information simple sur les
traitements.

Au plan psychologique
Diminuer son anxiété; encourager l’expression de ses craintes, ses
peurs; respecter son intimité; établir et maintenir une relation de
confiance.

Au plan physique
Procurer confort et sécurité; aviser l’équipe de soins lorsque des
signes d’inconfort se manifestent; mobiliser à l’aide des changements
de position ou exécuter des mouvements passifs de ses membres;
favoriser une alimentation et une hydratation selon ses capacités et
ses goûts, à moins d’indications contraires de la part du personnel
infirmier.

La détresse respiratoire ou hémorragique


Une autre crainte souvent exprimée par les patients et leurs proches
est la peur de mourir étouffé par une détresse respiratoire. Il est vrai
que certaines atteintes physiques sont plus à risque que d’autres.
Toutefois, lorsque des risques de détresse respiratoire ou
d’hémorragie sont présents, le médecin prévoit au dossier une
médication afin de provoquer une sédation rapide chez le patient si
un état de détresse se présentait.

- 13 -
Dans l’éventualité où cette situation se manifesterait, le personnel
infirmier est habilité à administrer la médication pour le confort du
patient. Vous pouvez rester à ses côtés durant tout le temps de l’effet
de la sédation, si vous le désirez.

La participation des proches aux soins


De plus en plus, les proches veulent participer aux soins mais ils ne
savent pas trop de quelle manière s’y prendre. Avec l’accord de votre
parent ou ami que vous accompagnez, vous pouvez lui prodiguer des
petites attentions qui contribueront à améliorer son bien-être et à lui
procurer un certain confort. En voici quelques exemples.

La musique
La musique invite à la détente. Elle peut canaliser l’attention du
patient; ce qui a pour effet de dévier son attention ailleurs que sur sa
douleur. Son seuil de tolérance à la douleur s’en trouve donc
augmenté. Chez certaines personnes, la communication verbale est
impossible. La musique constitue alors un moyen d’expression
intéressant de partage et d’échange entre vous. Des cassettes, des
disques compacts ainsi qu’un lecteur sont à votre disposition au
programme de soins palliatifs.

Le massage
Le massage est une excellente forme de stimulation sensorielle par le
toucher. Lorsque le malade accepte de se faire toucher, le massage
peut lui apporter plusieurs bienfaits. Il procure un sentiment de
sécurité et de bien-être; invite à la détente et parfois même au
sommeil; favorise le contact humain; stimule la circulation sanguine;
prévient et diminue l’ankylose; aide à soulager les douleurs musculo-
squelettiques en plus de prévenir la formation de lésions de la peau
causées par l’alitement prolongé.

Une formation n’est pas nécessaire. Il suffit de suivre votre intuition


et d’utiliser une bonne crème ou une huile de massage. Vous pouvez
demander ces produits au personnel de l’unité.

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L’hydrothérapie
L’hydrothérapie aide à soulager les douleurs musculo-squelettiques et
active la circulation sanguine tout en prévenant les plaies. La
majorité des unités de soins sont équipées de bain-tourbillon dont
certains bains offrent même la possibilité d’y demeurer allongé.

Avec l’accord du patient, vous pouvez participer à ce moyen de


détente. Pour des raisons sécuritaires, un membre de l’équipe de soins
de l’unité doit toujours être présent au moment du bain.

La zoothérapie
La zoothérapie est la thérapie assistée par l’animal et permet aux
malades de vivre de très beaux moments.

À l’occasion, une équipe de l’externe rend visite aux usagers en


compagnie d’animaux domestiques.

Pour des raisons d’hygiène et de sécurité, vous devez éviter d’amener


vos animaux domestiques dans notre établissement, sauf en cas de
circonstances exceptionnelles dont vous devez obtenir, au préalable,
l’autorisation du responsable de l’unité.

Les loisirs
Le visionnement d’un film, la lecture, le jeu, le dessin, la prière
peuvent aussi être des moyens pour améliorer le bien-être du patient.
Regarder un album de photos constitue également un bon moyen pour
faire la lecture de sa vie. Informez-vous auprès du personnel pour
connaître les activités qui sont offertes ainsi que le matériel
disponible.

- 15 -
3. L’ACCOMPAGNEMENT D’UN MALADE EN FIN
DE VIE

Le cheminement psychologique du malade atteint d’une


maladie incurable et évoluant vers la phase terminale

À partir du moment où une personne se sait atteinte d’une maladie


grave l’amenant à court ou à moyen terme à la mort, selon la docteure
Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre, 1 elle vit les phases suivantes :

1. Le refus, la négation :

Le patient refuse le diagnostic jusqu’à le nier. Il croit que les


médecins se sont trompés, que ses résultats d’examen ont été
mélangés avec ceux d’un autre, qu’une telle chose ne peut lui
arriver à lui, etc. Ce mécanisme de défense est en fait une façon
de se protéger du premier choc que provoque l’assurance d’une
fin prochaine. Cette réaction permet à la personne concernée de
reprendre son sang-froid et avec le temps, de s’édifier des modes
de défense moins radicaux.

2. La colère, la frustration :

La personne concernée vit une révolte. Il faut bien comprendre


que c’est envers une situation qu’on ne peut contrôler qu’est
dirigée cette colère. Toutefois, il peut arriver que la personne la
dirige sur l’entourage dans un processus de déplacement. Par
conséquent, les intervenants ou les proches n’ont pas à se sentir
visés par ces éclats de colère. Essayer d’établir des limites ou de
corriger le tir n’est pas facile pendant cette phase compte tenu de
la charge émotionnelle présentée. L’entourage doit s’armer de
patience et de doigté et surtout se protéger en n’accordant pas
1
Kübler-Ross, Elisabeth, 1977

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trop d’importance aux propos parfois blessants. Rétablir les faits
calmement et en comprenant l’état d’esprit dans lequel se
retrouve la personne malade peut aider à passer à travers cette
phase sans trop de heurts.

3. Le marchandage :

La personne tente alors de repousser à plus tard la douleur et la


mort en adoptant un comportement exemplaire. Elle s’impose
elle-même une échéance et promet implicitement qu’elle n’en
demandera pas plus si le délai est accordé.

Le marchandage se fait souvent avec Dieu.

4. La dépression :

Vient ensuite la période dépressive. La personne réalise son


impuissance. Le patient connaît alors une grande tristesse, le
regret et parfois de la culpabilité.

5. La résignation et l’acceptation :

À ce stade-ci, le patient vit une période où il accepte son sort. Il


ne semble pas irrité, ni déprimé. Il semble vidé de ses
sentiments et attend parfois la fin avec une certaine sérénité. Il
ne semble ni heureux ni malheureux, il a cessé de lutter et
semble en paix avec lui-même.
Selon Kübler-Ross, même pendant cette période, il semblerait
qu’un espoir de guérison demeure malgré tout et que cette lueur
d’espoir et cette forme de dénégation partielle et temporaire
l’aide à passer à travers les longues périodes de souffrance.
Ces différentes phases sont vécues de façon anachronique,
pas nécessairement dans l’ordre et parfois, plusieurs d’entre elles

- 17 -
en quelques heures. Il est à noter que l’entourage, la famille et
les intervenants passent aussi à travers ces étapes et pas
nécessairement en même temps et avec la même intensité.
Qu’en est-il de la façon de vivre ces phases chez le malade
souffrant d’une maladie mentale? Comme on le sait, en
psychiatrie, rien n’est simple. Chez les malades atteints d’une
maladie mentale et en phase terminale, on observe que les étapes
décrites plus hauts peuvent ne pas être vécues du tout ou encore
elles vont prendre des formes particulières. Chez un individu
souffrant de psychose, il n’est pas rare qu’il explique les
symptômes de sa maladie par des propos franchement délirants.
Il se peut également que le délire prenne une forme différente de
celle habituellement connue chez l’individu, car la situation de la
mort imminente vient parfois augmenter les symptômes de la
maladie mentale ou les diminuer.

Quoi dire, quoi faire lorsqu’on accompagne?


Accompagner une personne dans ses derniers moments de vie veut
dire la respecter dans son cheminement, dans son expérience, dans
ses croyances. Il ne s’agit pas d’essayer de lui faire accepter
certaines choses, mais plutôt de marcher à ses côtés.

René Sébag Lanoé, auteur du livre Mourir accompagné dit : « Il ne


s’agit plus de fuir, mais de s’asseoir. Il ne s’agit plus de parler, mais
d’écouter. Il ne s’agit plus de faire, forcément à tout prix, mais
d’être. Être là simplement, en tant qu’homme ou femme. »

Prévoir le décès
Chaque individu est unique et réagit différemment, donc il est
difficile de prévoir précisément le moment du décès. Toutefois,
certains signes peuvent nous permettre de constater que l’état général
se détériore. Ces signes doivent être considérés dans leur ensemble et
non de façon isolée. Habituellement, les proches souhaitent connaître
ces signes afin d’être présents lors du décès.

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De façon générale, au moment de l’agonie, on observe une
diminution de l’état de conscience; un changement de coloration de
la peau et de la température surtout aux pieds et aux mains; une
respiration rapide et superficielle; une diminution du réflexe de
déglutition; un embarras bronchique. La médication administrée aide
à diminuer l’inconfort. Certains médicaments peuvent aussi créer de
la sédation. Il est important à ce moment d’éviter de stimuler le
patient et de respecter son sommeil.

Aussi, il faut éviter de faire boire la personne. Contrairement aux


croyances populaires, hydrater la personne augmenterait son
inconfort. Il est donc conseillé d’hydrater tout simplement la bouche
avec une éponge pour apaiser la soif, ce qui diminue les risques de
suffocation et évite une augmentation de la production des sécrétions
bronchiques.

Le service de pastorale
En tout temps, un membre du service de pastorale peut répondre aux
appels particuliers ou urgents des patients. Il suffit de faire la
demande à l’équipe de soins de l’unité pour avoir des visites
régulières d’un animateur de pastorale ou pour recevoir le sacrement
des malades. De plus, une célébration se tient à la chapelle de
l’établissement à tous les jours, sauf le samedi. L’horaire est affiché à
l’unité de soins.

Au moment du décès, vous pouvez demeurer auprès du défunt le


temps que vous désirez. Les proches peuvent prendre le temps de
vivre ce moment précieux et ceux qui suivent le décès.

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4. LE DEUIL

Les proches après le décès


Il est important que les proches vivent leur deuil à leur rythme et à
leur manière. La prise de calmants ou de sédatifs ne fait que retarder
le processus du deuil. Une période de deuil peut durer de six mois à
deux ans. Si le besoin se fait sentir, vous pouvez vous faire aider par
les ressources prévues à cette fin.

Le processus de deuil comporte généralement trois étapes : 2

1. L’état de choc et le refus d’admettre la mort


Témoin de l’agonie du malade, l’endeuillé a parfois souhaité la
venue de la mort. Il peut se sentir coupable de l’avoir souhaitée.
Il revit aussi le temps avant le décès et se sent coupable parfois de
ne pas avoir toujours eu un comportement adéquat avec la
personne disparue. Il peut aussi s’accuser de négligence, surtout
dans le cas d’un malade atteint d’une maladie mentale et dont
celle-ci l’a isolé souvent de sa famille pour diverses raisons.

2. La prise de conscience
Pendant cette phase, survient une désorganisation. Elle est
accompagnée de douleur et de désespoir en raison de la nature
persistante et insatiable du désir de revoir la personne disparue.

L’endeuillé est triste et a tendance à s’identifier au disparu. Il est


confronté à sa propre mort éventuelle.

3. La compensation ou la réorganisation
Cette phase complète le travail du deuil. L’endeuillé réorganise sa
vie où la personne disparue devient un souvenir qui se range
auprès des autres expériences de la vie.
2
Eric Lindemann, Foucault et Chapados, 1995

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Un deuil est efficacement terminé lorsque le proche est capable de se
souvenir complètement et de façon réaliste des plaisirs et des
désappointements de la relation perdue.

Le don d’organes
Le don d’organes peut être vu comme un cadeau qu’on fait à la vie,
après la mort. La personne qui désire faire un don d’organes au
moment de sa mort doit signifier sa volonté devant deux témoins et il
est préférable de signer la « déclaration de don d’organes » qui
apparaît sous forme d’une vignette et de l’apposer à l’endos de sa
carte d’assurance-maladie.

S’il y a don d’organes, l’équipe de soins de l’unité doit en être


informée le plus rapidement possible. Des formulaires sont
disponibles au programme de soins palliatifs.

Renseignements sur les testaments


Le testament sert à exprimer ses volontés quant aux biens qu’on veut
léguer aux gens qui sont importants pour la personne concernée. Il y
a trois sortes de testament :

Le testament olographe est rédigé entièrement à la main et signé par


le testateur;

Le testament devant témoins, qui, comme son nom l’indique, doit être
signé devant deux témoins, mais peut être écrit par quelqu’un d’autre
ou sur un ordinateur, par exemple;

Le testament notarié, communément appelé authentique, qui est le


seul à ne pas devoir être vérifié par la Cour. Il est fait devant notaire
et conservé par celui-ci.

Contrairement à ce que l’on peut penser, le testament notarié est celui


qui revient le moins cher (environ 250 $), car les démarches
obligatoires à entreprendre pour faire authentifier un testament
sont non seulement fastidieuses, mais aussi dispendieuses.

- 21 -
Il peut facilement en coûter de 500 $ à 1 000 $ pour faire
homologuer un testament olographe ou un testament devant témoins
et ce, à la condition qu’il ne soit pas contesté.

Le testament est un document qui permet de s’assurer que c’est bien


la personne voulue qui recevra le legs. Car dans le cas où quelqu’un
meurt intestat, c’est-à-dire sans avoir rédigé de testament, ce sont des
lois qui déterminent quelle part de l’héritage revient à chaque
membre de la famille et dans quel ordre. Si les conjoints ne sont pas
mariés, le conjoint de fait ne sera pas l’héritier sans les précisions du
testament. Les choses se compliquent quand des enfants sont issus de
plusieurs unions ou si un divorce n’a pas encore été prononcé.

Pour en connaître davantage, informez-vous auprès de votre notaire.

Les arrangements funéraires


Vous devez contacter la maison funéraire de votre choix ou un
conseiller vous guidera dans les nombreuses démarches à effectuer.

Dans le cas où la personne décédée est sous curatelle publique, les


proches sont autorisés, dans un premier temps, à apporter un
vêtement pour les funérailles. Les autres biens, avant d’être remis à
la famille, devront faire l’objet d’un inventaire avec le Curateur
public.

Pour réclamer le corps, vous devez contacter le service des archives


cliniques au numéro (418) 663-5269, du lundi au vendredi entre 8 h
et 16 h.

En-dehors de ces heures d’ouverture, vous devez contacter la


réceptionniste à l’accueil au numéro (418) 663-5321. Demandez alors
de parler au coordonnateur de garde où a eu lieu le décès.

- 22 -
Le don In Memoriam
Toute marque de sympathie de la part de votre entourage peut se
traduire par un don In Memoriam à la Fondation Robert-Giffard. Ce
geste de partage permettra de faire progresser la recherche et
d’améliorer les conditions de vie des personnes vivant ou ayant vécu
des problèmes de santé mentale.

Des cartes sont disponibles à la Fondation Robert-Giffard au numéro


(418) 663-5155.

Quelques renseignements sur les régimes de protection


La curatelle

Régime de protection qui s’applique aux personnes dont l’inaptitude


à prendre soin d’elle-même et à administrer ses biens est jugée totale
et permanente. Le curateur privé ou public devient le représentant
légal du majeur à protéger, tant en ce qui concerne sa personne que
ses biens (CcQ, L.Q., 1991, c. 64, art. 281).

La tutelle

Régime de protection qui vise à protéger les personnes dont


l’incapacité est partielle ou temporaire. La tutelle peut être relative
aux biens ou à la personne ou les deux (CcQ, L.Q., 1991, c.64, art.
285).

Le mandat

Toute personne majeure apte à contrôler ses affaires et à prendre soin


d’elle-même a maintenant la possibilité de mandater quelqu’un de
son choix pour prendre soin d’elle-même ou de ses biens si elle
devenait incapable de le faire. Ce mandat est fait par acte notarié ou
devant témoins (CcQ, L.Q., 1991, c. 64, art. 2166). Ce mandat donné
en cas d’inaptitude doit être homologué par le tribunal pour avoir
effet dans l’établissement.

- 23 -
On peut se procurer un exemplaire d’un mandat d’inaptitude en
s’adressant à la Chambre des notaires, au Bureau d’aide juridique, au
Bureau du curateur public ou à un notaire de son choix.

Le conseiller au majeur

Régime le plus souple, il s’adresse à toute personne capable


d’administrer ses affaires courantes, mais qui a besoin d’assistance
pour certaines décisions importantes (CcQ, L.Q., 1991, c. 64, art.
291).

Pour en savoir davantage, informez-vous auprès du curateur public.

5. LES SERVICES PÉRIPHÉRIQUES

Au centre hospitalier
L’établissement met à votre disposition plusieurs services et activités
qui, souhaitons-nous, répondront à vos besoins particuliers au cours
de votre visite.

Animathèque
Aire de loisirs accessible aux usagers et à leurs proches du lundi au
vendredi de 9 h à 11 h 30, de 13 h à 15 h 30 et de 17 h à 20 h 30. On
y retrouve deux ordinateurs; des jeux de société; une bibliothèque;
des revues et journaux; un téléviseur avec satellite; une table de
billard; un piano, une salle de cinéma. Poste téléphonique 4292.

Boutique Atout
Magasin à rayons qui vend une gamme de produits courants à prix
concurrentiels tels que vêtements, articles de toilette, cadeaux,
timbres, etc. Du lundi au vendredi de 9 h à 11 h et de 13 h à 15 h 30.
Pièce G-0260, poste téléphonique 6696.

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Caisse des usagers
Centre de services bancaires ouvert aux usagers et à leurs
représentants dûment mandatés. Du lundi au vendredi de 9 h à 11 h et
de 13 h à 14 h 30. Pièce G-0307, poste téléphonique 6391.
Cafétéria Croque-menu
Des repas sont servis au personnel, aux visiteurs et aux usagers
accompagnés de leurs proches. Du lundi au vendredi de 6 h 30 à
15 h 30. Pièce J-0617, poste téléphonique 6851.
Cantine Le Liseron
Comptoir de vente de collations légères. Du lundi au vendredi de 9 h
à 16 h et de 17 h à 19 h 30. Les samedi et dimanche de 9 h à 11 h 30
et de 12 h 30 à 15 h 30. Situé dans le mail au rez-de-chaussée dans le
secteur F, poste téléphonique 6795.
Des machines distributrices sont aussi installées dans les secteurs
H-J-L-M, au rez-de-chaussée et au Pavillon Roy-Rousseau.
Chapelle
Célébration à tous les jours, sauf le samedi. L’horaire est disponible à
l’unité de soins. Pièce P-0922, au rez-de-chaussée.
Comptoir postal
Pour le dépôt du courrier affranchi avec adresse de retour. Du lundi
au vendredi de 8 h à 10 h et de 14 h à 15 h 45. Pièce N-0720, poste
téléphonique 6012.
Guichet automatique Desjardins
Au rez-de-chaussée, secteur J-0325.
Gymnase
Des appareils de conditionnement physique sont à la portée des
usagers et de leurs proches. Pièce N-0663. Pour avoir accès au
gymnase, vous devez contacter un agent de sécurité au poste
téléphonique 5214.

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Piscine extérieure
Située à proximité du parc, derrière le centre hospitalier. Poste
téléphonique 6492.

Salle de quilles
Pièce L-0381, poste téléphonique 6490.

Salon de coiffure
Pour les usagers seulement et sur rendez-vous. Du lundi au vendredi
de 8 h 30 à 11 h 30 et de 12 h 30 à 16 h. Pièce G-0325, poste
téléphonique 6692.

Stationnement
Le stationnement des visiteurs est gratuit.

Terrasse extérieure (accessible pour fauteuils roulants)


Des activités spéciales sont organisées en après-midi. Secteur G dans
le mail central, poste téléphonique 6494.

À deux pas du centre hospitalier

Les Galeries de la Canardière


Situées en face du centre hospitalier, les Galeries de la Canardière
abritent plusieurs commerces dont boutiques, pharmacie, fleuriste,
restaurants, etc.

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Le terminus d’autobus du Réseau de transport de la Capitale
Le terminus d’autobus est situé au coin de la Canardière et de la rue
d’Estimauville.

Domaine Maizerets
Situé tout près d’ici, se trouve le Domaine Maizerets où on peut se
promener, se baigner ou simplement s’asseoir et regarder la nature.
On y retrouve des aménagements floraux et paysagers, des
marécages, des arbres… C’est un très bel endroit pour se détendre,
faire un pique-nique, faire de la lecture. Un secteur du parc a été
aménagé en arboretum. Il y a deux entrées dont une tout près d’ici.
Elle est juste entre la voie ferrée de la rue d’Estimauville et l’entrée
de l’autoroute Dufferin-Montmorency. Une piste cyclable longe cette
partie du parc. De l’équipement est disponible sur place en location
(vélo, patin à roues alignées, ski), ainsi qu’un vestiaire.
Domaine Maizerets, 2000 boulevard Montmorency, tél.: (418) 691-7842.

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AIDE-MÉMOIRE

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