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Université Abdelmalek Essaâdi

Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales – Tanger


LEF – Sciences Economiques et Gestion (Groupes B et D)
Langue et Terminologie Economique II
Professeur : EL HAJJAJI

Chapitre 2 : Typologie d’entreprise

Les entreprises peuvent être décrites par différentes typologies, répondant chacune à des
objectifs précis.

L’entreprise est non pas une machine mais un organisme vivant. (Octave GELINIER)

1. Définition d’entreprise

L’entreprise est un ensemble de moyens techniques, financiers et humains, dont l’activité


organisée et dirigée par un centre de décision a pour résultat la production de biens et services

L’entreprise est une unité économique autonome. Elle combine et rémunère les facteurs de
production pour produire et vendre des biens et services sur les marchés afin de réaliser des
profits.

L’entreprise est une organisation, elle se caractérise par : un groupe humain hiérarchisé une
finalité une répartition des tâches, de responsabilités et du pouvoir. Un système de
communication et de contrôle permet de coordonner les activités en fonction de ses politiques
et de ses objectifs.

2. Les classifications d’entreprise

2.1. Classification juridique

La propriété de l’entreprise constitue un premier critère de classement. Critère de la personnalité


morale, qui désigne l’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations.

La forme juridique d’une entreprise réside de deux éléments :

• La composition du capital ;
• Le statut légal choisi par l’entreprise.

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2.1.1. Composition du capital
a. Secteur public

Les entreprises dont l’Etat détient tout ou une partie du capital. Deux formes principales
existent :

Les entreprises publiques :

Des entreprises dans lesquelles l’Etat détient l’intégralité du capital et le pouvoir absolu de
gestion.

Formes des entreprises publiques :

• Régies directes : entreprises d’intérêt public gérées par des fonctionnaires ou des
collectivités locales. Exemple : Régies de distribution de l’eau et de l’électricité.

• Entreprises publiques industrielles et commerciales : entreprises publiques ayant une


activité industrielle ou commerciale gérées de la même manière que les entreprises
publiques et cherchant à réaliser un profit. Exemples : Office Chérifien des Phosphates
(OCP), Office National des Chemins de Fer (ONCF)

• Entreprises nationales : entreprises en situation de monopole. Et l’Action de l'Etat est


directe sur l'économie notamment par la fixation des tarifs et des programmes
d'investissement. Exemples : Office National des Chemins de Fer (ONCF), Office
National d‘Electricité et de l’Eau (ONEE).

Les entreprises semi-publiques :

Des entreprises dans lesquelles le capital est partagé entre l’Etat et des particuliers. Et par
conséquent garde un pouvoir de contrôle sur ces entreprises (choix d’investissement,
politique d’emploi, …) et les particuliers participent par le financement ou la gestion.

Formes des entreprises semi-publiques :

• Sociétés mixtes : Entreprises dans lesquelles sont associés des capitaux publics et des
capitaux privés. Exemple : Société Marocaine des Assurances à l’Exportation (SMAEX),
Royal Air Maroc (RAM)

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• Concessions : entreprises intervenant dans le domaine des services publics gérées par un
particulier ou par une société privée. Elles sont soumises à un contrôle concernant les prix
et les programmes d’investissement. Exemple : Rédal, Lydec ou Amendis.

b. Secteur privé

Les entreprises dont le capital est détenu par des personnes privées (particuliers). Elles se
composent des entreprises individuelles et des sociétés privées.

2.1.2. Statut légal

a. Entreprise individuelle

Ce type d’entreprise est exploité directement par une personne physique en son nom personnel.
Elle se caractérise principalement par sa simplicité de création et de fonctionnement, ainsi que
par la liberté d’action du chef d’entreprise dont la responsabilité est illimitée.

Ce type d’entreprise n’est pas considéré comme une société, cette dernière nécessitant un
formalisme juridique plus complexe.

L’entreprise individuelle n’a par ailleurs pas besoin d’un capital. Ces éléments donnent certes,
une grande liberté à l’entrepreneur, mais le limitent quant au développement de son activité
dans ce cadre, car la taille de son entreprise et l’absence de fonds propres la rendent fragile et
vulnérable.

b. Société Anonyme (SA)

La Société Anonyme est une société commerciale qui nécessite au moins 5 actionnaires. La
responsabilité de ces derniers dans l’entreprise est déterminée par le montant de leur apport.

Cette responsabilité concerne également les dettes.

Le capital minimum d’une société anonyme est de 300.000 DH, ce montant passe à 3.000.000
DH si la société désire faire appel public à l’épargne.

À la constitution, le capital peut être libéré au quart, le surplus dans un délai de 3 ans sur
décision du conseil d’administration ou du directoire.

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Le fonctionnement de ce type d’entreprises est en général lourd et assez complexe.

c. Société A Responsabilité Limitée (SARL)

Une SARL est une société commerciale qui présente un modèle intermédiaire entre les sociétés
de personnes et les sociétés de capitaux. Elle acquière la personnalité morale en étant
enregistrée au registre du commerce. Une SARL peut être constituée par un associé unique
comme par plusieurs actionnaires à condition de ne pas dépasser 50 personnes.
Le montant du capital est librement fixé par les associés. Le capital n’est pas bloqué tant qu’il
ne dépasse pas les 100000 DH. Au-delà de ce montant, les parts représentant des apports en
numéraires doivent être libérées d’au moins le quart de leur montant.

Tout comme pour la société anonyme, la responsabilité des associés est engagée à hauteur de
leurs apports au capital. Le contrôle de la société se fait par un commissaire au compte si le
chiffre d’affaires d’un exercice dépasse 50.000.000 de dirhams.

d. Société Anonyme Simplifiée

Une SAS est constituée de deux ou plusieurs sociétés afin de créer ou de gérer une filiale
commune ou de créer une société qui deviendra leur société mère commune. Ce statut est
réservé aux grandes entreprises et les sociétés actionnaires doivent avoir un capital de 2.000.000
de DH.

e. Société en nom collectif (SNC)

La SNC est une société commerciale dont les associés ont tous la qualité de commerçants et qui
ont une responsabilité indéfinie et solidaire des dettes sociales. Une SNC n’exige pas de capital
minimum, elle se caractérise par la simplicité des formalités de sa constitution.

f. Société en Commandite Simple (SCS)

La SCS est une société de personnes constituée d’associés commandités et d’associés


commanditaires.
Les associés commandités doivent tous avoir la qualité de commerçant, ils participent à la
gestion et à la vie de la société et sont responsables de manière solidaire et indéfinie des dettes
sociales.
Les associés commanditaires participent au capital de la société sans pour autant s’investir dans

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la vie de l’entreprise et leur responsabilité dans les dettes sociales n’est engagée qu’à hauteur
de leur apport au capital.

g. Société en Commandite par Actions (SCA)

La SCA est une société dont le capital est divisé en actions. Elle est constituée par des associés
commandités ayant la qualité de commerçants et d’associés commanditaires qui sont les
actionnaires.
Les associés commandités concourent indéfiniment et solidairement aux dettes sociales de
l’entreprise, les associés commanditaires quant à eux, ne sont responsables qu’à hauteur de leur
apport au capital.

h. Société en Participation (SEP)

La Société en Participation est une société qui n’existe que dans les rapports entre les associés.
Elle n’est pas assujettie à l’immatriculation ou à aucune forme de publication parce qu’elle n’est
pas destinée à être connue des tiers. Son existence peut être prouvée par tous les moyens.
Il faut minimum deux personnes pour créer une société en participation. Et il faut que chacun
des associés fasse un apport (en numéraire, en nature ou en industrie).
L’objet social d’une SEP ainsi que les droits et obligations des associés qui la créent sont définis
librement par ces derniers.

i. Groupement d’Intérêt Économique

Le Groupement d’Intérêt Économique est une forme intermédiaire entre une association et une
société, mais il ne peut nullement être considéré comme une société.
Il est constitué de deux ou plusieurs personnes morales ou physiques, qui désirent gérer une
activité et générer des bénéfices pour les membres de ce GIE.

2.2. Classification selon l’effectif

L’effectif permet d’apprécier l’importance du facteur de production travail. L’application du


critère de la taille au Maroc conduit à distinguer les :

a. Très petite entreprise (TPE) : Moins de 10 salariés

b. Petite et moyenne entreprise (PME) : 10 à 50 salariés

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c. Grande entreprise (GE) : 50 à 200 salariés

d. Très grande entreprise : + de 200 salariés

2.3. Classification selon le chiffre d’affaires

Le Chiffre d’affaires est le montant des ventes effectuées par l’entreprise. Il mesure la part de
marché de l’entreprise.

a. Très petite entreprise : Chiffre d’affaires inférieur à 10 millions de DH

b. Petite et moyenne entreprise : Chiffre d’affaires compris entre 10 et 75 millions de DH

c. Grande entreprise : Chiffre d’affaires supérieur à 75 millions de DH

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