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Ministère de l’enseignement Université de Carthage

supérieur et de la recherche Institut des Hautes Etudes


scientifique Commerciales de Carthage

Université de Carthage
Institut des Hautes Etudes Commerciales
(I.H.E.C - Carthage)

Projet de fin d’études en vue de l’obtention de la


Licence appliquée en comptabilité

La comptabilité des associations

Auprès du cabinet : KPMG Tunisie

Elaboré par : SYRINE BOUGATFA

Encadrant pédagogique : Maitre de stage :


Mme JIHENE BOUHOUCH Mme ABIR BEN MEMI
2020/2021
Dédicaces

C’est avec un honneur que je dédie ce modeste travail à :

Mon très cher père : Vous êtes mon plus grand soutien, ma source de motivation,
d’inspiration et de réussite. Sans votre amour, présence, soutien moral et financier, ce travail
n’aurait jamais vu le jour.
J’espère vous rendre fier.

Ma très chère mère : Je vous dédie ce travail en témoignage de mon grand amour et en guise
de remerciement pour votre affection, et confiance.
Que dieu vous protège et vous accorde du bonheur.

A ma grande mère puisse dieu vous accorder santé, longue vie et prospérité.

A mes deux frères ma sœur je vous souhaite de la réussite.

A toute ma famille et mes amis et particulièrement Imene et Ahlem qui étaient toujours
présentes dans les moments de joie et de peine par leurs encouragements et soutien moral.

A mes professeurs de l’IHEC.

2
Remerciements

Au terme de ce modeste travail, je remercie toute personne qui a contribué de près ou de loin
à l’élaboration de ce travail.
Je présente mes sincères remerciements à toute l’équipe du cabinet F.M.B.Z KPMG pour leur
aide et pour leur orientation durant les trois mois de stage.

Je tiens à remercier mon encadrante à l’IHEC Mme Neila BOULILA pour son énorme
soutien, contribution aide et conseils.

Je voudrais remercier également Mr Karim ABDENNADHER mon maitre de stage qui


malgré ses occupations et engagements n’a pas cessé de me superviser et de m’aider à
atteindre l’objectif de ce stage.

Je remercie mon cousin JEDDI Amine pour ses conseils et disponibilité.

Enfin mes plus vifs remerciements s’adressent aux membres de jury qui me feront l’honneur
de participer à la soutenance.

3
Sommaire
Introduction...............................................................................................................................7

Chapitre 1 : Présentation de KPMG.......................................................................................9

Introduction...............................................................................................................................9

Section 1 : Description du cabinet KPMG..............................................................................9

Section 2 : Déroulement du stage..........................................................................................17

Conclusion...............................................................................................................................21

Chapitre 2 : Les particularités de l’audit bancaire.............................................................22

Introduction.............................................................................................................................22

Section 1 : Spécificités d’une banque....................................................................................22

Section 2 : Typologies des risques bancaires........................................................................26

Section 3 : Typologies et cadre règlementaire des engagements bancaires :....................27

Section 4 : Démarche de l’audit bancaire.............................................................................29

Conclusion...............................................................................................................................34

Chapitre 3 : Cas pratique : Démarche d’audit des engagements clients...........................35

Introduction.............................................................................................................................35

Section 1 : Prise de connaissance de l’entité bancaire.........................................................35

Section 2 : Evaluation du système de contrôle interne en matière d’engagements des


clients........................................................................................................................................35

Section 3 : Examen des comptes : Audit des engagements clients......................................36

Section 4 : Opinion et rédaction du rapport.........................................................................40

Conclusion...............................................................................................................................40

Conclusion générale................................................................................................................41

BIBLIOGRAPHIE..................................................................................................................42

4
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Fiche signalétique de KPMG internationale......................................................9

Tableau 2 : Fiche signalétique de KPMG Tunisie...............................................................10

Tableau 3 : Analyse SWOT de KPMG.................................................................................14

Tableau 4 : Hiérarchie du département d‘audit de KPMG................................................15

Tableau 5 : Présentation des états financiers de la banque................................................25

Tableau 6 : Typologies des engagements..............................................................................26

Tableau 7 : Méthodologie de classification des actifs..........................................................27

Tableau 8 : Les différences entre audit interne et audit externe........................................29

5
Liste des figures

Figure 1 : Secteurs d’activités de KPMG.............................................................................12

Figure 2 : Organigramme de KPMG....................................................................................14

Figure 3 : Etat de rapprochement bancaire.........................................................................20

Figure 4 : La finance directe et indirecte..............................................................................22

Figure 5 : Extrait d’exemple d’évolution de la classe de risque des engagements............37

Figure 6 : Extrait de calcul de la provision additionnelle...................................................39

6
Introduction

Dans le cadre de mon projet de fin d’études, après deux ans et demi d’études universitaires en
comptabilité, j’ai eu l’opportunité de réaliser mon stage pratique de trois mois du 03/02/2020
au 16/03/2020, et ensuite du 01/06/2020 au 15/07/2020, au sein du prestigieux cabinet d’audit
et de conseil FMBZ KPMG Tunisie mondialement reconnu dans le but d’obtenir ma licence
appliquée en comptabilité.
J’ai choisi KPMG, cet honorable cabinet d’expertise comptable dans l’espoir de mieux
connaitre le métier et afin d’apprendre et obtenir une connaissance exhaustive sur les
rudiments d’audit.
J’ai choisi le département d’audit étant donné que j’ai apprécié son aspect théorique et ses
qualités requises.
C’est ainsi que l’encadreur professionnel m’a affecté dans une mission d’audit légale avec son
équipe afin de vérifier les comptes sur la base d’un programme de contrôle et détecter les
anomalies significatives afin de finaliser le rapport d’audit.
Cette expérience professionnelle m’a permis de mettre en pratique toutes mes connaissances
théoriques et informations acquises en matière de comptabilité et audit, m’a permis de
développer un esprit opérationnel, de découvrir le métier d’un commissaire aux comptes et
m’a appris comment bien m’intégrer et faire face aux différents problèmes et lacunes.
Ce rapport a pour objectif de vous présenter l’ensemble des connaissances acquises au cours
de mon stage.
Ma première mission était la vérification et validation des comptes de la banque BIAT, c’est
ainsi que l’audit bancaire m’a tout d’abord paru difficile et compliqué mais c’est ce qui m’a
poussé et incité à me renseigner et y étudier ce sujet.
Dans ce cadre, j’essaierais de répondre à la problématique suivante :
Quelles sont les diligences que le commissaire aux comptes devrait considérer dans ses
travaux d’audit bancaire relatifs à la couverture des risques afférents aux engagements à la
clientèle ?
Je vais exposer dans ce rapport en premier lieu, une présentation du cabinet KPMG à travers
sa fiche signalétique, son historique, ses activités principales et les entreprises clientes que j’ai
eu l’occasion de traiter leurs dossiers ainsi que les taches effectuées.
Ensuite, je vais évoquer dans un deuxième chapitre les spécificités de la banque en audit et
enfin dans le troisième chapitre, je vais expliquer par un cas pratique les étapes et la démarche
d’audit des engagements clients.
7
8
Chapitre 1 : Présentation de KPMG

Introduction
KPMG, Ernst and Young (EY), PricewaterhouseCoopers (PwC), et Deloitte sont les 4
cabinets d’audit et de conseil les plus influents et les plus puissants au niveau mondial. Ces
cabinets prestigieux connus sous le nom de Big Four, ont succédés aux big five.
J’ai eu l’opportunité d’exercer un stage de trois mois au sein du cabinet KPMG où le premier
jour était destiné à nous faire connaitre d’avantage le cabinet afin de nous familiariser avec les
valeurs et la culture qui y régnaient.
Je vais présenter dans le cadre de ce chapitre le cabinet KPMG tout en décrivant son
historique, évolution et principales activités ainsi que les différentes missions et travaux
réalisés.

Section 1 : Description du cabinet KPMG 


1.1: Présentation de KPMG

KPMG est un cabinet mondial leader en matière de prestation de services d’audit fiscaux et de
conseil, dédié aux grandes entreprises dans le monde entier, aux associations et aux
organismes publiques.
Son réseau mondial est dispersé dans 154 pays et est reconnu par tous les acteurs concernés :
chefs d’entreprises, gouvernements et bailleurs de fonds.
KPMG est le commissaire aux comptes de grandes entreprises françaises comme : Carrefour,
Compagnie de Saint-Gobain, Kering, Orange, Renault, Sodexo, Total, Veolia Environnement
ou bien Vinci.
Le cabinet accompagne aussi bien les grandes entreprises que les petites entreprises par
rapport à des problématiques diverses.
Les membres fondateurs de KPMG : Quatre lettres pour un nom1 :
-K est l'initiale de Klynveld, le cabinet d'expertise-comptable Klynveld Kraayenhof & Co. fut
fondé par Piet Klynveld à Amsterdam en 1917.
-P est l'initiale de Peat, du nom du cabinet d'expertise-comptable William Barclay Peat & Co.,
fondé par William Barclay Peat à Londres en 1870.
1
https://home.kpmg/ca/fr/home/about/performance/our-history.html
9
-M est l'initiale de Marwick : James Marwick ‘associa avec Roger Mitchell pour créer à New
York le cabinet d'expertise-comptable Marwick, Mitchell & Co. en 1897.
-G est l'initiale de Goerdeler. Dr. Reinhard Goerdeler sera longtemps à la tête de la Deutsche
Treuhand-Gesellschaft (DTG) puis de KPMG.

1.2 : Fiche signalétique KPMG


Fiche signalétique KPMG international :
Fondateur Groupes Peat Marwick International (PMI) et
l'entreprise néerlandaise Klynveld Main
Goerdeler (KMG)
Date de création 1986

Siége social Amsterdam, aux Pays-Bas


Effectif 9600 (France),
210000 (Monde)

Tableau 1 : Fiche signalétique de KPMG internationale

Fiche signalétique KPMG Tunisie :


Dénomination sociale FMBZ-KPMG Tunisie
Forme juridique Société anonyme
Date de création 1973
Directeur général Moncef Boussanouga Zamouri
Activités Expertises comptables
Audit interne
Audit & Missions spéciales
Advisory et conseil en entreprise
Assistance Comptable et Fiscale
Formation KPMG Academy
Siège sociale 6. Rue du Riyal-Immeuble KPMG Les
Berges du Lac- 1053 Tunis
Téléphone +216 71 19 43 44
Fax +216 71 194 320/328
Adresse mail tn-fmfmbz@kpmg.com
Concurrents potentiels PricewaterhouseCoopers, Ernst & Young

10
et Deloitte.
Tableau 2 : Fiche signalétique de KPMG Tunisie

e ses clients une technicité au service de la performance permettant d’être en règle vis à
vis des obligations et règlementations comptables, juridiques, et fiscales en vigueur. 1.3:
Historique et évolution :
1.3.1 : A l’international :
L’histoire du cabinet débute quand la révolution industrielle du début du XIXème siècle
transforme l’économie mondiale et durant laquelle la comptabilité devient un secteur
d’activité à part entière. L’acronyme KPMG retrace la fusion de différents cabinets pour
former l’entreprise telle qu’elle est aujourd’hui :
En 1979, la Deutsche Treuhand-Gesellschaft, Klynveld Kraayenhof & Company et Mc
Lintock Main Lafrentz s’associent pour former Klynveld Main Goerdeler (KMG).
En 1987, Peat Marwick International (PMI) et Klynveld Main Goerdeler (KMG) fusionnent
pour donner naissance au réseau KPMG. Cette fusion fût à l’époque la plus large de l’histoire
dans le secteur comptable. 2

1.3.2En Tunisie 
FMBZ KPMG Tunisie a été créé en 1973 par Mr Rached Fourati qui détenait son propre
cabinet d’audit.
Ensuite en 2002, il a transféré le département « Audit & Consulting » de son cabinet, à la
société « Société Rached Fourati – S .F.A KPMG TUNISIE - SA »
Puis en 2005, elle change de dénomination et devient « FMBZ KPMG Tunisie » sous la
direction du PDG Mr Moncef Boussanouga Zarrouk et ce suite à une augmentation de capital
de 100000DT à 150000DT
Elle opère en Tunisie à travers un bureau basé à Tunis qui regroupe plus de 200 collaborateurs
dont 10 associés.
Leur marque est déposée à travers KPMG international et ou les actionnaires sont des experts
comptables membres de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie (OECT)
KPMG Tunisie intervient auprès d’un large portefeuille de clients, opérant dans tous les
secteurs d’activités allant de la multinationale et grands groupes locaux et internationaux aux
petites entreprises familiales.

2
https://home.kpmg/ca/fr/home/about/performance/our-history

11
Le cabinet assure l’audit de 27% des sociétés cotées en bourse, 85% des banques sur le
marché financier et des 400 plus grandes sociétés en Tunisie. De même KPMG intervient
auprès des PME et auprès du secteur public et de l'économie sociale et solidaire dans les
activités d'audit, d'expertise comptable et de conseil.

1.4 : Les fonctions de KPMG


FMBZ KPMG Tunisie assure la polyvalence et rend à ses clients des services multiples à
travers plusieurs fonctions tel que :
 Expertise et commissariat aux comptes : KPMG assure l’audit légal et contractuel,
l’assistance technique et réglementaire et le respect des normes comptables
tunisiennes.
 Audit interne : ce département consiste dans la prévention des risques, soutien
stratégique et logistique ainsi que l’amélioration de la performance de l’entreprise
cliente.
 Advisory et conseil en entreprise : KPMG assure la création de valeur à travers
plusieurs types de conseils tel que :
 Conseil en organisation et gestion d’entreprise
 Conseil à la création d’entreprise
 Conseil au développement d’entreprise
 Conseil fiscal
 Conseil social
 Assistance comptable juridique et sociale : KPMG met à la disposition d
 Formations : Ce département est animé par les collaborateurs du cabinet et permet
d’approfondir les connaissances, appréhender des concepts innovants et d’échanger
sur les bonnes pratiques.

1. 5 : Secteurs d’activité de KPMG 


KPMG est un cabinet qui exerce les domaines de l’audit, de la fiscalité, et de conseils dans
plusieurs secteurs d’activités :

12
Secteur Secteur Secteur Intérmédiare Secteur Compagnie de
bancaire industriel commercial en bourse d'assurance leasing

Figure 1 : Secteurs d’activités de KPMG

1.6: Organigramme et environnement de KPMG 

1.6.1: Organigramme KPMG 

L’organigramme ci-dessous représente le schéma des liens fonctionnels, organisationnels et


hiérarchiques de FMBZ KPMG Tunisie.
Cette cartographie nous donne une vue d’ensemble de la répartition des postes et de fonctions
au sein de cette structure.3

Managing Partner Président Directeur Contact Partner


Général
3
Document interne de KPMG 2018
13
Comité COO
exécutif

Audit Fiscal Consultatif Les Gestion des Infrastructure


marchés risques

Partner secteur Senior Senior Senior


bancaire manager manager manager
tourisme et télécommuni financial
transport cations instituions

Manager secteur assurance

Assurance AMI Assurance CTAMA


CARTE

Assistance Chef de
mission

Stagiaire
Figure 2 : Organigramme de KPMG

1.6.2 : Environnement de KPMG 


L’analyse SWOT constitue les initiales pour strenghts, weaknessess, opportunities and threats.
Forces Faiblesses

14
- Expertise sectorielle grâce à la compétence -Concurrence importante et sans limites
et spécialisation du personnel (Deloitte, PWC, EY )
-Satisfaction de la clientèle et taux de
fidélisation important.
-Evolution du chiffre d’affaires

Opportunités Menaces
-Marque mondialement connue : exerçant -condamné en 2019 avec PWC à des
dans 150 pays amendes de plusieurs millions de dollars
pour de graves manquements dans les audits
rendus ces dernières années

Tableau 3 : Analyse SWOT de KPMG

1.6: Hiérarchie et description de chaque poste du département d’audit 


Ce tableau a pour but de présenter les différents niveaux hiérarchiques du département d’audit
ainsi que les responsabilités y afférentes

Associé -Etablit le planning général des missions


-Assume la responsabilité générale des
missions confiées au cabinet.
-Préserve l’indépendance de KPMG vis-à-vis
du client
-Approuve la composition de l’équipe
KPMG
-Veille au respect du secret professionnel
-Signe les rapports
Manager -Assume la responsabilité de supervision des
travaux concernant les clients.
- Répartit le travail entre les collaborateurs.
-Etablit une stratégie d’audit à suivre en
identifiant les zones de risques significatives.

15
- Approuver le programme d’audit tel que
proposé par le chef de mission.

Chef de mission -Assiste les managers dans l’exécution des


missions les plus importantes.
-Assume la responsabilité du respect des
délais et est en collaboration directe avec le
manager.
- Assure la préparation des taches entre les
collaborateurs et suit l’avancement du travail
entre les membres de l’équipe dans le cadre
du budget fixé.
Assistant / Stagiaire -Assure l’audit de certaines sections dans le
cadre des missions planifiées.
-Exécute les consignes de travail
conformément aux programmes
préalablement arrêté sur un budget –temps
définit et une méthode de travail préétablie
Tableau 4 : Hiérarchie du département d‘audit de KPMG
1.7 : Présentation générale des sociétés clientes auditées 
Présentation de la BIAT :

 Nom de la société : BIAT


 Capital social : 170.000.000
 Siège social : 70-72 AV Habib Bourguiba 1000, Tunis
 Forme juridique : Société anonyme (SA)
 Date de création : 1976
 PDG : Mohamed Agrebi
 Commissaire aux comptes : FMBZ-KPMG Tunis et FINOR
Présentation de MEDITERANEES SERVICES :
 Nom de la société : MEDITERANEES SERVICES

16
 Activité : Société de services spécialisés dans les équipements de sécurité
 Capital social : 1.000.000
 Adresse : Immeuble junior 1er étage 1053 les berges du lac-Tunis
 Forme juridique : Société à responsabilité limité (SARL)
 Tel : 71860201
 Commissaire aux comptes : FMBZ-KPMG Tunis

Section 2 : Déroulement du stage

L’audit est une activité indépendante et objective réalisé par un agent compétent et
indépendant qui vise à vérifier la non existence d’anomalies significatives dans les comptes et
rapports annuels d’une entreprise.
Il permet ainsi de s'assurer que la comptabilité est tenue dans le respect des normes
comptables en vigueur. Ce contrôle permet de mettre en évidence les éventuelles fraudes ou
omissions en se servant de base des assertions d’audit.
Selon Article 13 bis (ajouté par la loi n°2005-96 du 18 octobre 2005) le commissaire aux
Comptes est désigné pour une période de trois années renouvelables. Le nombre de mandats
successifs, compte tenu du renouvellement, ne peut excéder pour les sociétés commerciales
soumises à l’obligation de désigner un commissaire aux comptes inscrit au tableau de l’ordre
des experts comptables de Tunisie, trois mandats lorsque le commissaire aux comptes est une
personne physique et cinq mandats si le commissaire aux comptes revêt la forme d’une
société d’expertise comptable comportant au moins trois experts comptables inscrits au
tableau de l’ordre des experts comptables de Tunisie, et ce, à condition de changer le
professionnel qui engage sa responsabilité personnelle sur le contenu du rapport du contrôle
des comptes et de changer l’équipe intervenant dans l’opération du contrôle une fois, au
moins, après trois mandats.
Je vais évoquer dans cette deuxième section l’apparence générale des missions à lesquelles
j’ai pu assister ainsi que les taches réalisées.

2.1 : Description générale des missions effectuées 


Durant les missions à lesquelles j’ai pu assister, l’équipe de la mission était composée du
manager qui assiste dans l’exécution des travaux les plus significatifs et du chef de mission
qui assume la responsabilité de la réalisation des travaux.
Au début de chaque mission d’audit il fallait faire un « planning » qui consiste à s’organiser
diviser les tâches entre chaque membre pour s’assurer de la bonne exécution de la mission.
17
Ma première mission d’audit légal était dans le siège de la Banque Internationale Arabe de
Tunis BIAT.
Cette mission exigeait la connaissance de la comptabilité sectorielle et la compréhension des
normes comptables et circulaires y relatives étant donné que c’est un secteur bancaire qui a
des règles spécifiques.
Pendant ce mandat KPMG Tunis était en Co-commissariat avec le cabinet FINOR étant donné
que cette mission d’audit bancaire doit se dérouler avec un Co-commissariat c’est-à-dire deux
experts comptables inscrits dans le tableau de l’ordre des experts comptables de la Tunisie
doivent exprimer leurs opinions quant à la régularité et fiabilité des états financiers présentés
en les comparants avec les éléments probants nécessaires.
Un même commissaire aux comptes, personne physique ou morale, ne peut être investie à la
fois de mandats dans plus de deux banques et deux établissements financiers.
Ensuite ma deuxième mission était dans la société méditerranée services une société de
prestation de services où il est fondamental d’avoir la connaissance des procédures techniques
y adoptées et les outils nécessaires.

2.2 : Taches effectuées


Avant chaque tache réalisée, on recourait à la collecte des documents comptables nécessaires
tel que les factures, état de caisse, PV d’inventaire, documents juridiques, rapport
d’expertise...

2.2.1 : Audit de la caisse en devises et de la caisse en dinars (AC1)


J’ai effectué un rapprochement du solde physique des caisses avec le solde comptable.
L'objectif d’auditer la caisse est de s'assurer de la réalité, l’exactitude et de la correcte
valorisation des comptes caisses.
J’ai réalisé des états de rapprochement pour des comptes en dinars et des comptes en devise.
-Demander le PV d'inventaire physique de la caisse à la date du 31/12/N.
-Rapprocher le solde du PV de caisse avec le solde comptable de la caisse au 31/12/N.
-Convertir les soldes en devise en dinars.
-Pointer les soldes conformes aux soldes comptables.
-S’assurer que le solde cumulé de la caisse ne se trouve jamais négatif
-S’assurer en cas de non-conformité de soldes comptables et soldes physiques de la non
existence d’écarts significatifs.
Les écarts dans ce cas peuvent être dû aux :
Erreurs de saisie
18
Erreurs de montants
Décalage et séparation des périodes (chèques bancaires après le 31/12/N)

2.2.2 : Audit des créances sur établissements bancaires et financiers (AC2)


Ce poste comprend :
 Les créances sur les établissements bancaires : les avoirs et les créances liées à des
prêts ou avances (principal et intérêts courus), détenus sur les établissements
bancaires
 Les créances sur les établissements financiers : les avoirs et les créances liées à des
prêts et avances (principal et intérêts courus) détenus sur les établissements financiers
telles les sociétés de leasing et les sociétés de factoring.
Pour ceci j’ai :
-Rapprocher le solde de la balance auxiliaire avec le solde comptable
-Détecter les écarts significatifs

2.2.3 : Dossiers de garanties


Lorsque la banque accorde un crédit à ses clients, elle encourt des risques dans le cas où le
débiteur ne peut pas faire face à ses obligations dans les délais prévus ou ne dispose plus de
moyens pour rembourser son crédit, pour cela la détermination de la valeur réelle du bien mis
en garantie est indispensable pour l’évaluation du risque encouru.
-La saisie des contrats de garantie, de vente, de consolidation et rééchelonnent.
-Vérifier la valeur des hypothèques dans le rapport d’expertise comptable.
-La saisie des titres fonciers.
-S’assurer que les hypothèques reçues sont inscrites au profit de la banque, vérifier le rang de
l’inscription et déduire les montants inscrits sur le titre foncier affectés à d’autres banques aux
rangs supérieurs à celui de la banque.

2.2.4 : Etats financiers


Les états financiers sont la partie visible pour les tiers qui reflètent la situation financière
actuelle d’une entreprise et sont essentiels pour établir un rapport d’audit.
Ils comprennent le bilan qui est souvent dit la photographie d’une entreprise, l’état de résultat
qui nous donne une idée sur la rentabilité, le flux de trésorerie et les notes aux états financiers
qui comprennent des détails utiles décrivant les différents mouvements et transactions.
-Calcul arithmétique du bilan, état de résultat et flux de trésorerie.
-Vérifier le principe de comparabilité de l’année N avec l’année N-1.

19
-Vérifier la cohérence des notes avec les états financiers

2.2.5 : Rapprochement bancaire


C’est un contrôle réalisé dont le but est d’amener et de s’assurer que les comptes bancaires
sont proches de la réalité des relevés de comptes
-comparaison entre le solde du compte banque chez l’entreprise et chez la banque.
-Justifier les écarts (décalages, frais, commissions)
-intégrer les écarts et comptabiliser les écritures jugées nécessaires

Figure 3 : Etat de rapprochement bancaire


2.2.6 : Audit des autres charges d’exploitation 
-Faire un tableau comparatif entre N et N-1 et analyser les variations inattendues et
significatives
- Effectuer un examen par échantillonnage des autres charges à partir du grand livre (80%) et
les pointer avec les pièces justificatives.
- S’assurer de l’approche de cutt-off ou de séparation des exercices
- Vérifier que les factures sont établies au nom de l’entreprise
-Vérifier la conformité des montants comptabilisés avec les montants facturés

2.2.7 : Audit des constructions en cours 


A travers le tableau détaillé des mouvements des constructions en cours j’ai :
-vérifier qu’il s’agit d’immobilisations et non pas de charges
-Pointer le solde des constructions en cours comptabilisé avec les documents justificatifs
- Vérifier s’il s’agit d’une facture ou d’un décompte

2.3 : Les problèmes rencontrés 


Au cours de mon stage les sociétés auditées ont essayé de nous garantir les meilleures
conditions de travail possibles malgré l’impact de la crise sanitaire du Covid-19, ainsi nous
n’avons pas rencontré de problèmes importants ou graves. Cependant, nous nous sommes tout
de même confrontés à quelques limitations dans certaines sociétés :

20
-Difficulté à trouver facilement et rapidement les éléments probants dû au nombre de factures
et pièces justificatives sans références.

-Imputation erroné, dû, au logiciel de comptabilité obsolète qui ne permet ni de modifier ni de


supprimer des comptes.

2.4 : Les acquis du stage


Ce stage m’a permis de profiter de plusieurs avantages dont notamment :
-Améliorer mes connaissances
-Être supervisé et encadré de prés.
-Distinguer entre l’aspect théorique et l’aspect pratique pour les travaux.
-L’organisation et la gestion du temps.

Conclusion 
Les trois mois de stage effectués au sein de KPMG ont étés enrichissantes bénéfiques pour
moi aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan personnel.
Tout d’abord, j’ai pu mettre en pratique mes connaissances théoriques acquises au cours de
mon cursus universitaire grâce aux différentes missions réalisées et grâce à l’aide et aux
recommandations de l’équipe avec laquelle j’ai pu travailler.
J’ai eu l’opportunité de découvrir le quotidien d’un commissaire aux comptes qui est un
métier d’un haut statut social très influant sur la direction de la société, ceci m’a énormément
aidé et orienté vers le travail que j’aimerais exercer étant donné que c’est un métier qui
nécessite de l’ambition de la rigueur et de la volonté pour y réussir.
Ensuite j’ai appris l’importance de bien gérer son temps et son travail afin de répondre aux
besoins des clients à temps et l’importance de bien s’intégrer dans l’équipe tout en respectant
la hiérarchie et les réglementations internes de la société afin de pouvoir collaborer et
travailler dans une ambiance dynamique et productive.

Chapitre 2 : Les particularités de l’audit bancaire


Introduction 

Le système financier bancaire tunisien représente un organe vital de notre économie, il


comprend la Banque Centrale de Tunisie, 23 banques résidentes ,7 banques off-shore et 13
établissements financiers dont 2 banques d’affaires, 8 établissements de leasing et 2 sociétés
de factoring.
21
Cependant il exerce dans un environnement fluctuant et face à de nombreux risques. Pour cela
il est vital et primordial de limiter ces différentes menaces et ce en réalisant un audit bancaire
par des commissaires aux comptes compétents et indépendants.
Je vais montrer en première partie les spécificités de la banque en comptabilité et en audit,
ensuite je vais évoquer les différents types de risques bancaires et d’engagements bancaires et
enfin je vais montrer la démarche d’audit appliqué

Section 1 : Spécificités d’une banque 


1.1 : Définition et présentation générale du secteur bancaire
La banque n’est pas une entreprise comme les autres, de nos jours elle représente le moteur de
l’économie, c’est une institution financière qui crée de la monnaie, recueille de l ‘épargne du
public et accorde des crédits. De ce fait elle participe activement et joue un rôle central dans
l’amélioration de la vie des citoyens et la longévité des entreprises

Figure 4 : La finance directe et indirecte

Ainsi en fonction de la finance directe, les agents à besoin de financement et les agents à
capacité de financement se rencontrent directement sur le marché financier tandis qu’en
fonction de la finance indirecte un intermédiaire financier intervient entre les emprunteurs et
les prêteurs.4

1.2 : Les différentes formes d’activités bancaires 

Les formes d’activité bancaires peuvent être regroupées en trois grandes catégories :
Le monopole des banques :
-La réception des dépôts du public.
-La mise à disposition de la clientèle de moyens de paiements.
-Les services bancaires de paiement (chèque, lettre de change et tout autre titre similaire sur
support papier).

4
https://wikimemoires.net/2012/12/le-role-intermediaire-financier-des-banques/
22
Les activités non monopolistiques :
-L’octroi des crédits.
-Les opérations de leasing.
-Les opérations de factoring.
-Les opérations bancaires islamiques.
-Les opérations de change.
-Le change manuel.
-Les services destinés à faciliter la création, le développement et la restriction des entreprises.
-L’administration du patrimoine et la gestion des actifs.
Les prises de participations 

1.3: Les conditions d’exercice de l’activité bancaire 


Les banques doivent répondre aux critères suivants imposés par la loi bancaire :
L’agrément nécessaire à l’exercice de la profession bancaire : l’obtention d’un agrément
préalable délivré par la commission des agréments créées par l’article 26 de la loi bancaire.
La forme juridique : Les banques doivent être sous forme de sociétés anonymes selon l’article
31 de la loi bancaire.
Le capital minimum : Le capital minimum est de 50.000.000 DT en vertu de l’article 32 de la
loi bancaire, il doit être libéré en totalité lors de la création de la banque.
La notoriété et compétence des dirigeants : Conformément aux dispositions de l’article 56 de
la loi bancaire, les dirigeants d’une banque doivent répondre à ces critères :
- L’intégrité et la réputation.
- Avoir un niveau scientifique, une compétence et une expérience
professionnelle leur permettant la gérance d’une banque.
- Être compatible avec les exigences des missions qui leur sont confiées.
- L’absence de toute interdiction qui leur ôte le droit d’exercer.
- Respect des règles de non-cumul des fonctions.
- Respect des règles de nationalité et de résidence.
- Respect du secret professionnel.

1.4: L’organisation comptable des établissements bancaires


Enregistrement chronologique des opérations : Les opérations effectuées par les
établissements bancaires doivent être comptabilisées chronologiquement au jour le jour selon
leur date de survenance.

23
Tenue d’une comptabilité multidevise : Les établissements bancaires avec un volume
important d’opérations en devises doivent obligatoirement tenir une comptabilité multi
devises afin d’enregistrer les opérations en leur monnaie d’origine.
La notion de journée comptable : Une journée comptable est une journée constituée des
écritures comptables déterminés par les différents services et unités comptables pendant cette
journée.
Une journée comptable complémentaire est une journée supplémentaire lorsque
l’établissement bancaire se trouve dans l’impossibilité d’enregistrer à temps l’ensemble de ses
opérations bancaires.
La comptabilité matière : La comptabilité matière regroupe tous les éléments détenus par les
établissements bancaires pour le compte des tiers tel que les chèques, effets et autres valeurs
assimilées.
Les opérations d’inventaire : lors de la clôture de l’exercice les établissements bancaires
doivent recourir à un recensement exhaustif des éléments d’actif et de passif et ce en
recensant les quantités soit par observation physique soit à partir des comptes et confirmation
directe auprès des tiers et ensuite en déterminant la valeur d’inventaire de chaque compte.
Abonnement des charges et produits : Chaque opération réalisée par un établissement
bancaire doit faire l’objet d’un abonnement à l’occasion de chaque arrêté comptable qu’il soit
mensuel, trimestriel, semestriel ou annuel.
La comptabilité auxiliaire : permet de regrouper des tiers de même nature sous un numéro de
compte général. Elle est établie au niveau des systèmes intégrés d’informations. 
La comptabilité auxiliaire concerne uniquement les comptes généraux.

1.5: Particularités de la présentation des états financiers des établissements bancaires :


La norme comptable NC01 est une norme comptable générale qui définit les règles relatives à
la présentation des états financiers des entreprises en général sans distinction de la nature de
leurs activités.
Dans la mesure où les activités des établissements bancaires sont différentes de celle des
autres entreprises commerciales et industrielles, des règles particulières doivent être définies
afin d’évaluer correctement la situation financière ce qui explique le recours a la norme
comptable NC21 : Présentation des états financiers des établissements bancaires.
Cadre bancaire (NC21)
Composantes Bilan
Etat des engagements hors bilan

24
Etat des résultats
Etat des flux de trésorerie
Notes aux états financiers
Format de En liste.
présentation du Les actifs suivis des passifs et des capitaux propres
bilan
Codification des AC : actifs
postes PA : passifs
HB : engagements extra-bilanciels
PR : produits
CH : charges
Présentation de la Valeur nette comptable = valeur brute déduite des
valeur des éléments provisions/amortissements/agios réservés
d’actifs
Classement des Les actifs par ordre de liquidité décroissante et les passifs par ordre
éléments bilanciels d’exigibilité décroissante
Présentation de Modèle unique permettant de déterminer :
l ‘état de résultat La valeur totale des produits d’exploitation bancaire
La valeur totale des charges d’exploitation bancaire
Le produit net bancaire
Le résultat d’exploitation
Présentation de Modèle de référence méthode directe
l’état des flux de
Trésorerie
Tableau 5 : Présentation des états financiers de la banque

Section 2 : Typologies des risques bancaires 


Le secteur bancaire est un secteur averse au risque et on définit le risque comme étant une
exposition à un danger potentiel, inhérent à une situation ou une activité.
Il est nécessaire que les banques conduisent leurs activités et transactions de manière saine et
efficace afin de garantir une stabilité financière pour le pays et afin de rassurer leurs
créanciers et déposants, pour cela il est nécessaire d’identifier les principaux risques afin de
mieux les contrôler.
Dans le secteur bancaire les principaux risques sont5 :
5
https://www.memoireonline.com/07/09/2318/m_Le-risque-de-credit-evaluation-a-partir-des-engagements-des-
banques-aupreacut.html
25
Risque de crédit : Constitue le risque le plus courant pour une banque, c’est la défaillance des
emprunteurs c’est à dire le risque que la partie avec laquelle un contrat a été conclu ne tienne
pas ses engagements dû à une défaillance financière du débiteur, un cas de force majeure ou
un abus de confiance.
Risque de taux : Le risque de taux est un risque qui concerne tout les types d’intervenants, il
apparaît lorsque le cout des ressources excède le rendement des emplois et au moment où les
emprunteurs ou les déposants viennent rembourser ou se faire rembourser leurs prêts et
placements par anticipation.
Risque de solvabilité : Ce risque se manifeste par l’insuffisance des fonds propres d’absorber
les pertes éventuelles de la banque ainsi afin d’éviter ce risque, la réglementation prudentielle
fixe des seuils minimaux de fonds propres en fonctions des risques auxquels les
établissements sont exposés.
Risque marché : La notion de risque de marché est générée par les activités de marché, ce
risque découle de l’instabilité des paramètres du marché tel que le taux de change, taux
d’intérêt.
Risque liquidité : C’est lorsqu’une banque se retrouve donc dans une situation de ressources
financières (liquidités) insuffisantes pour faire face à ses échéances et ses engagements. La
banque doit alors conserver une partie significative de ses emplois à court terme afin de
pouvoir les récupérer à tout moment pour faire face aux retraits de sa clientèle.
Risque pays : Le risque pays c’est le fait d’avoir des engagements sur des débiteurs résidants
dans des pays ou leur situation financière se détériore et deviennent incapables de transférer
des sommes dû à des problèmes économiques, politiques, sociales et financière du pays.
Risque opérationnel : le risque opérationnel est un risque résultant de processus internes
défaillants, d’une mauvaise conception d’un système d’information, d’erreurs humaines ou
techniques.
Section 3 : Typologies et cadre règlementaire des engagements bancaires :
3.1 : Typologies des engagements
Engagements de crédit Engagements de Engagements de garanties
financement
Désignent les fonds mis à Constituent une promesse Peuvent être des :
disposition par un irrévocable faite par Engagements personnels : tel
établissement bancaire l’établissement bancaire qu’aval, cautionnement, garantie

directement ou de consentir des concours d’endossement

26
indirectement à une partie en trésorerie en faveur de Engagements réels :
en vertu d’un accord de bénéficiaires nantissements, hypothèques sur
financement conclu Ils Figurent en hors-bilan des immeubles

Correspondent aux créances dès le moment où ils sont Ils figurent en hors-bilan

résultant de prêts et avances contractés

accordés
Tableau 6 : Typologies des engagements

3.2 : cadre règlementaire des engagements douteux :


3.2.1 : Définition des engagements douteux 
Selon le paragraphe 24 de la NC 24, les engagements sont qualifiés de douteux lorsqu’il
existe un risque que les contreparties n’honorent pas leurs engagements dans les échéances
fixées suite à des difficultés que les contreparties éprouvent ou qu’il est prévisible qu’elles
éprouveront.

3.2.2: Normes prudentielles en vigueur


Selon l’article 8 de la circulaire n91-24, les établissements de crédit sont tenus de procéder à
la classification de tous leurs actifs quelle qu'en soit la forme, qu'ils figurent au bilan ou en
hors bilan et qu'ils soient libellés en dinars ou en devise, selon des critères quantitatives et
qualitatifs comme suit :

Qualité des Classe de Critères Critères qualitatifs


actifs risque quantitatifs : en
nombre de jours
d’impayés
Actifs 0 0 jours La situation financière est équilibrée et
courants : confirmée par des documents comptables
certifiés.
Les besoins de l’activité principale sont
compatibles avec la capacité de remboursement

Actifs 1 1 ; 90 Le secteur d'activité connaît des difficultés.


nécessitant un La situation financière se dégrade.
suivi

27
particulier :
Actifs 2 91 ; 180 L’entreprise connaît des difficultés financières.
incertains : L'existence de problèmes de gestion ou de
litiges entre associés.
Actifs 3 181 ; 360 -les actifs dont la réalisation ou le
préoccupants : recouvrement est menacé et qui sont détenus
sur des entreprises dont la situation suggère un
degré de pertes éventuelles appelant une action
vigoureuse de la part de l’Etablissement de
crédit pour les limiter.
Actifs 4 < 360 Les actifs restés en suspens au-delà de 360
compromis : jours ainsi que les autres actifs qui doivent être
passés pour pertes.

Tableau 7 : Méthodologie de classification des actifs

Remarque : Les actifs détenus directement sur l'Etat ou sur la Banque Centrale de Tunisie ne
font pas l'objet de classification.
Selon l’article 10 de la circulaire n91-24, les établissements de crédit doivent constituer des
provisions spécifiquement à tout actif classé égal ou supérieur à 50 mille dinars au moins
égales à :
-20% pour les actifs de la classe 2
-50% pour les actifs de la classe 3
-100% pour les actifs de la classe 4.
Ensuite ils doivent constituer des provisions additionnelles sur les actifs ayant une ancienneté
dans la classe 4 supérieure ou égale à 3 ans pour la couverture du risque net et ce,
conformément aux quotités minimales suivantes :
- 40% pour les actifs ayant une ancienneté dans la classe 4 de 3 à 5 ans
- 70% pour les actifs ayant une ancienneté dans la classe 4 de 6 et 7 ans
- 100% pour les actifs ayant une ancienneté dans la classe 4 supérieure ou égale à 8 ans.

28
Section 4 : Démarche de l’audit bancaire 
4.1 : Audit interne et audit externe
Un établissement bancaire est une entreprise de grande taille. Son service comptabilité est par
conséquent très important, de ce fait on doit distinguer l’audit bancaire interne de l’audit
bancaire externe6
Audit interne bancaire Audit externe bancaire

Statut Personnel de la banque (salarié) Prestataire de services : Cabinet


/ Commissaires aux comptes
(honoraires)
Destinataires Les responsables de la banque Tiers : clients, entreprises
(Direction générale / conseil) partenaires et actionnaires
Objectif S’assurer de la bonne maitrise des Certifier une représentation
activités bancaires et viser à fiable des états financiers
l’améliorer. (Bilan, état de résultat, flux de
trésorerie, notes) et emmètre
une opinion sur la situation
financière
Méthode En étant régulier et en suivant les A travers des rapprochements,
objectifs d’efficacité et analyses, inventaires et des
d’efficience. observations physiques.
Période En permanence de façon continue Irrégulier, intermittent : fin de
trimestre / fin d’année
Tableau 8 : Les différences entre audit interne et audit externe

Il est à noter que malgré les différents objectifs et réglementations, l’audit interne et l’audit
externe sont complémentaires lorsqu’ils se basent sur le principe de transparence, de
confiance et de collaboration.
A titre d’exemple si l’auditeur interne réalise sa fonction avec efficacité il réduit la mise en
œuvre des procédures et outils pour l’auditeur externe. Sans négliger l’importance de la
transmission réciproque d’informations.

4.2: Approche d’audit bancaire par les risques :


Le volume des crédits accordés dans une banque est généralement très important et le contrôle
de l’ensemble des opérations est une tâche très difficile et impossible. Ce qui nous amène à

6
Cours contrôle interne 2éme année licence appliqué en comptabilité IHEC
29
réaliser notre audit par l’approche par les risques où les contrôles sont renforcés dans les
domaines et allégés dans d’autres moins risqués et moins importants.
Le risque d’audit est le risque que l’auditeur donne une opinion incorrecte et inappropriée sur
les états financiers. L’objectif pour l’auditeur est de réduire ce risque à un niveau faible
acceptable et de fournir une assurance raisonnable.
Ainsi le risque d’audit est composé de : risque inhérent, risque lié au contrôle interne et
risque de non-détection
Le risque inhérent : c’est un risque lié à l’environnement de l’entité, il peut être du a des
facteurs généraux tel que l’état du secteur, l’activité saisonnière, l’organisation interne de
l’entreprise, dépendance vis à vis d’un client ou peut être liés aux soldes des comptes tel que
des méthodes d’évaluation difficile, estimation comptable sur la base de critères subjectifs et
arbitraires.
Exemple : Le covid-19 est considéré comme étant un risque inhérent dû a l’environnement
qui a un impact et des circonstances énormes sur l’économie et le secteur bancaire :
- La baisse des produits d’intérêts perçus
- La baisse des intérêts liés aux reports de crédit
- La diminution des commissions bancaires liées aux opérations monétiques (DAB,
TPE, carte)
- Baisse importante des dépôts de la clientèle en raison de l’arrêt total d’activité pour
certains secteurs tel que le tourisme, le transport …
Le risque lié au contrôle interne : Le contrôle interne est un élément primordial à la
performance d’un établissement bancaire qui lui permet d’atteindre ses objectifs.
Le risque lié au système de contrôle interne est le risque où il existe des anomalies
significatives dans l’activité bancaire non détectéss du au mauvais fonctionnement ou de la
non existence du système de contrôle interne.
Afin d’éviter ce risque il est important de mettre en œuvre des procédures de contrôle de
prévention et de détection.
Exemple :
- La non exhaustivité des enregistrements, notamment des crédits par signature est
considérée comme un risque lié au contrôle interne qui fausserait les engagements
réels de l’établissement bancaire
- Un mauvais contrôle qualité du portefeuille de crédit remettrait en cause la sérénité de
l’établissement.

30
Le Risque de non détection : Ce risque est défini par l'IFAC comme étant : « Le risque que
les procédures mises par l'auditeur ne lui permettent pas de détecter une inexactitude présente
dans d'autres soldes ou catégories d'opérations, pourraient être significative »
Il peut être dû aussi aux informations reçues fausses, c’est à dire imputable aux tiers où liés
aux domaines non clôturés ou l’auditeur accroit son contrôle sur des comptes et l’allège sur
d’autres comptes.
Exemple :
- La non-détection d’une mauvaise évaluation des provisions, qui constituent un
élément clé de la composante du résultat bancaire et de la protection des fonds
propres.
- Non-détection des erreurs et fraudes comme le blanchiment d’argent.
- Non détection suite au déséquilibre de contrôle par exemple on focalise le contrôle sur
le compte caisse et on le néglige sur le compte portefeuille titre constitue un risque de
non détection d’erreurs et d’anomalies sur le compte portefeuille titre

Ainsi il est nécessaire de bien vérifier l'ensemble des opérations et des procédures d'un
établissement financier sous l'angle de l'efficacité, de la fiabilité et de la conformité aux lois et
aux règlements. On doit s’assurer du bon fonctionnement du système de contrôle interne
bancaire qui est une obligation légale.

4.1 : Les étapes de la mission d’audit7


4.1.1 : Prise de connaissance 
Il est primordial d’avoir une connaissance générale et suffisante sur le secteur bancaire en
général et la banque à auditer afin de pouvoir planifier et orienter la mission d’audit bancaire
et de mieux apprécier les systèmes et procédures de contrôle interne.
L’auditeur doit pendant cette étape collecter le maximum d’informations pertinentes de source
interne à travers les entretiens avec les personnes clefs de l’entreprise, les rapports
antérieurs, l’organigramme de la banque et / ou externe tel que des études sectorielles afin
pouvoir limiter ses différents risques et menaces.
Activité et environnement de la banque : Le CAC doit avoir une connaissance et une
compétence suffisante sur la nature d’activité, le marché et les règlementations spécifiques,
les caractéristiques de l’établissement tel que la typologie de la clientèle et la situation
financière et l’organisation de la banque.

7
https://www.ifac.org/system/files/downloads/RAcsumAc_du_guide_d_audit_IFAC.pdf
31
Seuil de signification : Le seuil de signification est le seuil à partir duquel les erreurs relevées
sont considérées comme significatives, il est impératif à l'auditeur de fixer ce seuil à partir
duquel il juge l'importance des erreurs et irrégularités relevées et leur impact sur les états
financiers. Il est nécessaire pour la phase de planification et d’évaluation étant donné qu’il
limite les champs d’intervention puisqu’on ne peut pas vérifier les états financiers dans leur
exhaustivité faute de temps et de budget.
L'auditeur détermine l’importance relative par rapport à son jugement professionnel.
Le seuil peut être défini selon :
Le résultat : A l'échelle internationale il se situe dans une fourchette comprise entre 5 % et
10% du bénéfice avant impôts. Alors que la norme 14 de l’OECT retient un taux de 10%.
Les capitaux propres : La norme 14 retient un taux de 10%. Le critère des capitaux
propres ou de la situation nette est préféré par la norme au critère total actif au bilan. Au
niveau international les taux retenus sont de 0.5 % à 5 % des capitaux propres.
D’autres critères quantitatifs tel que : total bilan ou total chiffres d’affaires.
Planification de la mission d’audit : C’est la phase finale et le résultat de la prise de
connaissance qui consiste à élaborer un plan de mission d’audit et de rédiger et envoyer une
lettre de mission.
Ainsi cette première étape nous permet d’acquérir une connaissance suffisante et adéquate de
l’établissement bancaire et nous oriente vers la mise en œuvre des procédures d’audit
permettant de fonder une opinion sur les comptes.
4.1.2 : Evaluation et appréciation du système de contrôle interne 
Il est très important d’évaluer le système de contrôle interne d’une banque et s’assurer
spécialement que les principes élémentaires de sécurité d'enregistrement, de gestion des
opérations, de tenue de la comptabilité clients et autres comptes généraux ainsi que le système
mis en place, sont respectées par l'organisation de la banque et répondent aux objectifs
suivants du contrôle interne8 :
-Assurer la protection et sauvegarde des actifs de la banque contre les risques inhérents
-Garantir le respect des loi et normes en vigueur
-Garantir la traçabilité et l’obtention d’une information fiable, pertinente, accessible.
-Assurer l’efficacité et l’efficience des opérations
Les objectifs de l’évaluation du SCI sont 
-Identifier les forces du SCI à travers des tests et des contrôles de permanence 
-Identifier les faiblesses de conception du SCI à travers des contrôles révélateurs
8
https://docs.ifaci.com/wp-content/uploads/2018/03/executive-summary-coso-def.pdf
32
Exemples de méthodes d’évaluation du SCI 
-Des entrevues avec les responsables afin de connaître les étapes de conception du système
-Grille d’analyse afin de détecter les cumuls de fonctions

4.1.3 : Examen des comptes 


Le contrôle des comptes se fait à travers des tests de validation tel que les procédés
analytiques et les tests de détail.
A titre d’exemple je cite :
-Le contrôle arithmétique : Il s’agit de vérifier les montants à travers par exemple le
contrôle de la concordance des totaux des mouvements entre balance et grand-livre
auxiliaires ou un rapprochement bancaire.
-contrôle des pièces justificatives : Consiste à vérifier que la pièce justificative est
authentique, comptabilisé à la date et au montant exact afin de s’assurer de la réalité des
données.
-la réexécution : L’auditeur refait une procédure lui-même afin de vérifier sa bonne
exécution.

4.1.4: Conclusion et rédaction du rapport


Constitue la phase finale de la mission d’audit où après avoir évaluer le SCI et valider les
comptes, l’auditeur forme son opinion sur la régularité et sincérité des EF.
L’opinion peut revêtir trois formes :
-Une opinion non modifiée c’est à dire une certification des EF pure et simple sans réserve.
-Une opinion modifiée c’est à dire soit une certification avec réserves
-Un refus de certification.

Conclusion 

 Le secteur bancaire exerce dans un environnement en perpétuel changement et il est exposé à
plusieurs typologies de risques dont le risque de contrepartie. Ce risque, inhérent à l’activité
bancaire, constitue une zone d’attention majeure en raison de son poste significatif dans le
bilan de la banque.
 Ainsi la gestion du risque de contrepartie à travers un audit bancaire de classification des
engagements clients devient un enjeu central dont le but est de limiter et de rendre faible et
non existant ce risque.

33
Chapitre 3 : Cas pratique : Démarche d’audit des engagements
clients

Introduction 
Après avoir montré les particularités du secteur bancaire en comptabilité et en audit et afin de
mieux expliquer cette démarche, je vous présente dans le cadre du troisième chapitre un cas
pratique d’audit des engagements des clients au sein d’une banque.
La banque auditée est la BIAT - Banque Internationale arabe de Tunisie qui est une société
anonyme créée en 1976, constitué d’un capital social de 170.000.000, représente aujourd'hui
la première banque du pays et est classé au premier rang sur de nombreux indicateurs.
Cette banque universelle, a développé toutes les activités de banque et constitue un groupe
bancaire avec ses filiales dans les domaines de l’assurance, de la gestion d’actifs, du capital-
investissement ou de l’intermédiation boursière.
Cependant pour des considérations de confidentialité et de secret professionnel je
m’abstiendrai de préciser les noms et raisons sociales des clients traités ainsi que des résultats
définitifs obtenus de classification dans la mission.

34
Section 1 : Prise de connaissance de l’entité bancaire 
Il est primordial d’avoir une connaissance générale et suffisante sur la BIAT afin de pouvoir
planifier et orienter sa mission d’audit bancaire en fonction des besoins et risques rencontrés
En tant qu’auditeurs, nous avons commencé en premier lieu par :
 Collecter le maximum d’informations pertinentes de source interne à travers des
entrevues avec les personnes clefs de la banque.
 Examiner les conventions règlementées.
 Consulter les rapports antérieurs ainsi que l’organigramme de la banque.

Section 2 : Evaluation du système de contrôle interne en matière d’engagements des


clients 
Nous avons évalué le système de contrôle interne de la BIAT en ayant recours aux tests de
conformité et tests de permanence afin de s’assurer que le système de contrôle interne ainsi
que le système mécanique de la banque sont :

 Modernisés et adaptés aux besoins de l’établissement bancaire.


 Assurent une correcte saisie et classification des engagements conformes avec les
textes règlementaires
 Assurent une information fiable et pertinente.
 Permettent l’identification des risques et le dépassement du plafond
 Assurent la séparation de fonctions afin d’éviter le fraude et le vol
 Garantissent la sécurité des données de la clientèle contre la fuite et vol des données.

Section 3 : Examen des comptes : Audit des engagements clients


L’audit des engagements clients ainsi que la classification des créances constituent l’un des
éléments les plus importants impactant négativement le résultat d’une banque ainsi que son
produit net bancaire en termes d’agios réservés. Il s’agit d’un risque significatif d’audit,
faisant partie dans la plupart des rapports à une mention dans les questions clés d’audit.
Pour le cas de la BIAT le poste créances sur la clientèle est de 10 352 516 KDT au
31/12/2019 ce qui représente 61% du total bilan qui est de 16 886 271 KDT, ainsi ce compte
représente une zone d’attention majeure en raison de son importance significative.

35
3.1 : Préparation du lead 
La première étape consiste à préparer le lead qui est un tableau qui résume les soldes du
compte AC3 pour l’exercice en cours et l’exercice précèdent afin de mettre en relief les
variations en pourcentage. I
Il s’agit de tirer les comptes relatifs aux créances sur la clientèle de la balance fournie par la
BIAT afin de pouvoir analyser si la variation entre le solde de l’année précédente et cette
année est important et nécessite une justification.
L’objectif est :
-De vérifier l’exhaustivité et l’exactitude pour les comptes créances sur la clientèle qui sont
inscrits dans le compte 41.
-De vérifier l’exactitude de la comptabilisation des provisions sur créances clients.

3.2 : collecte des documents


Pour la classification des engagements à la clientèle dont les montants sont supérieurs à 50
milles dinars nous avons eu recours aux documents suivants :
 La base clients.
 Etat des impayés en principal et en intérêts par client et par type de crédit.
 Etat des tombées en échéance par client et par type de crédit. 
 Etat des encours de crédits à courts, moyens et longs termes.
 La classification mécanique du système d’information de la BIAT détaillé par
client et par rubrique d’engagement (impayés en principal et intérêts).
 Etat des comptes gelés.
 Etat des relations en contentieux au 31 décembre 2019.
 Etat des créances ayant fait l’objet d’arrangements, rééchelonnements ou de
consolidations.
 Les autorisations et dépassements par nature d’engagements.

3.3: Analyse des engagements 


Après avoir collecté les documents, l’étape suivante consiste dans l’analyse de l’évolution de
la structure du portefeuille des engagements en termes de nombre de comptes clients, de
classes de risques et de montant des engagements entre le 31/12/2018 et le 31/12/2019
A titre d’exemple :

36
Figure 5 : Extrait d’exemple d’évolution de la classe de risque des engagements

Parmi 170 300 clients classés à la classe 0 en 2018 :


- 158 013 clients ont été maintenus dans la classe créances saines soit 95% du total des
engagements de la classe
- 12 287 clients sont passés à une classe de risque supérieure dont 9688 reclassés parmi
les actifs non performants
Parmi 3 908 clients classés à la classe 1 nécessitant un suivi particulier en 2018 :
- 1 050 ont été maintenues dans la même classe soit 78% du total des engagements de la
classe
- 1 919 clients ont subi une amélioration de classe soit 10% du total des engagements de
la classe
- 939 clients ont subi une aggravation de classe soit 11% du total des engagements de la
classe

3.4: échantillonnage de la clientèle 


Notre échantillon s’est porté sur 80% du total des actifs du bilan et de l’hors bilan et répond
au moins à l’un des critères suivants :
 Actifs sains supérieurs à cent mille dinars
 Clients ayant bénéficié d’une amélioration de la classe de risque
 Clients ayant subi une détérioration de la classe de risque
 Clients dont la classe de risque ne correspond pas à celle déterminée sur la base du
critère d’antériorité des impayés
 Clients ayant bénéficié de rééchelonnements et consolidations et qui ne sont pas
classées en 4.

37
 Engagements jugés à risque et/ou créances nécessitant un suivi particulier détectés
suite aux travaux d’appréciation des risques au titre d’arrêtés précédents
 Clients dont la classification des risques a été discutée à l’occasion de la réunion BCT
au titre de l’exercice N-1.

3.5: Analyse de l’échantillon et réunion 


L’analyse de l’échantillon choisi est une étape primordiale qui nécessite beaucoup de temps,
réflexion et de jugement professionnel sur tous les documents recueillis pour la totalité de
l’échantillon relation par relation, cette étape nous permet de détecter des divergences de
classe qui feront l’objet d’une réunion avec le département risque de la banque pour aggraver
ou corriger la classification.

3.6: Prise en compte de la garantie 


En tant qu’auditeur nous avons vérifié que les garanties retenues par la banque en contrepartie
des engagements données sont :
 Des garanties reçues de l’état et les entreprises d’assurance.
 Hypothèques dument enregistrés immatriculés à la conservation de la propriété
foncière.
 Cautions, avals et autres garanties données par d’autres établissements bancaires.
Ensuite nous avons vérifié le rang de l’inscription et déduit les montants inscrits sur le titre
foncier affectés à d’autres banques aux rangs supérieurs à celui de la banque.

3.7 : Constitution de la provision 


Les provisions de la BIAT sur les crédits à la clientèle totalisent 486 174 Kdt au 31/12/19.
Nous avons vérifié que les provisions sont déterminées conformément aux normes
prudentielles de division et de couverture de risques objet de la circulaire BCT n 91-24
Exemple :
La situation des engagements d’un client X se présente comme suit :
Principal à échoir 2 100 000
Principal échu et impayé : 900 000 âges des impayés : 360 jours
Intérêts impayés : 146 250
Garanties admises par la B.C.T : 2 600 000
Les engagements du client X seront classés parmi les actifs compromis (classe 4) de la
banque, eu égard a l’âge des impayés.
Base d’approvisionnement = (2 100 000 + 900 000 + 146 250) – 2 600 000 = 546 250

38
Provision à constituer = 546 250 * 100% = 546 250
Cependant selon l’article 10 de la circulaire de la B.C.T n 91-24 du 17 décembre 1991, les
banques doivent constituer des provisions additionnelles sur les actifs ayant une ancienneté
dans la classe 4 supérieures ou égale à 3 ans pour la couverture du risque net.
Le risque net correspond à la valeur de l’actif après déduction des :
- Produits réservés.
- Garanties reçues de l’état, des organismes d’assurance, des banques et des
établissements financiers.
- Garanties sous forme de dépôts ou d’actifs financiers.
- Provisions constituées.
A titre d’exemple :

Figure 6 : Extrait de calcul de la provision additionnelle

3.8 : Règlements des impayés post-clôture 


Le règlement des impayés postérieurement à la date de clôture peut entrainer l’amélioration
de la classification du client, cependant il est à noter que la disparition des impayés de la
situation des engagements du client ne signifie pas systématiquement règlement étant donné
que plusieurs techniques peuvent être adoptées par la banque, principalement les
rééchelonnements, les consolidations, ou l’octroi de nouveaux crédits.

Section 4 : Opinion et rédaction du rapport 


Après avoir évalué la correcte mise en œuvre des contrôles, la fiabilité des informations
fournies par la banque au sujet des clients ainsi que la procédure de gestion de risque de
contrepartie, en tant que CAC on a établit un rapport d’audit.
Pour la BIAT l’opinion est une certification pure et simple étant donné que les états financiers
de la BIAT sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle de la situation financière du
groupe au 31/12/2019.

39
Conclusion 
La Banque est exposée au risque de crédit sur son portefeuille d’engagements, ce risque a des
impacts financiers et commerciaux tels que la non restitution du capital prêté, le détournement
de fonds, une provision élevée sur les bénéfices ce qui génère des pertes, la perte de clientèle
et la dévalorisation de l’image de la banque. Ainsi ce risque de crédit constitue une zone
d’attention majeure pour le commissaire aux comptes dans sa démarche d’audit des états
financiers de l’établissement bancaire.
Dans ce contexte, pour la banque auditée, l'évaluation de la classification des créances envers
la clientèle est très bien règlementé tant sur le plan juridique et comptable que sur le plan
prudentiel.

Conclusion générale

A présent que ce rapport s’achève, il est important d’exprimer à quel point ce stage a été une
expérience professionnelle unique très enrichissante.
Tout d’abord j’ai pu découvrir et intégrer l’environnement de KPMG en ayant un aperçu
global de son organisation, culture, départements et fonctionnement.
Ensuite grâce à la diversité des secteurs d’activités des missions à lesquelles j’ai eu la chance
d’y assister, j’ai pu approfondir mes connaissances en comptabilité, audit et fiscalité.
En fait, l’enseignement scolaire et universitaire m’a permis d’avoir des outils et des
méthodologies de travail qui ont été complémentés par une expérience professionnelle et des
situations réelles.
De plus, j’ai bien remarqué que le métier d’un auditeur requiert des compétences et une
polyvalence en audit, comptabilité, finance, fiscalité et informatique ce qui m’a aidé à
éclaircir mes choix concernant mes prochaines études.

Ce stage représente un premier pas vers la vie active et m'a donné un aperçu et de la
motivation sur le métier de commissaires aux comptes et du domaine d’audit que j'ambitionne
de poursuivre.

40
 
 

BIBLIOGRAPHIE

Ouvrages
- IFACI, PWC (2014) : Coso référentiel intégré de contrôle interne principes de
mise en œuvre et de pilotage Editions EYROLLES.216p
- Hechmi Abdelwaheb (2008) : Guide pour l’utilisation des normes internationales
d’audit dans l’audit des petites et moyennes entreprises.
Memoires
- Montassel Ghazal (2007): la privatisation du secteur bancaire
- Zorgui Ilhem (2006): le risque de credit: évaluation à partir des engagements des
banques auprés des grands groupes tunisiens
Lois et normes
- Loi n 2016-48 du 11 juillet 2016 relative aux banques et aux établissements
financiers
- Norme comptable 21 : Présentation des états financiers des établissements
bancaires
- Norme comptable 22 relative au contrôle interne et l’organisation comptable
dans les établissements bancaires
- Norme comptable 24 : Les engagements et revenus y afférents dans les
établissements bancaires
41
Sites internet
- Ordre des experts comptables de Tunisie: http://www.oect.org.tn/
- Pro comptable: www.procomptable.com
- KPMG Tunisia - KPMG International: https://home.kpmg/tn/fr/home.html

TABLES DES MATIERES


Introduction...............................................................................................................................7

Chapitre 1 : Présentation de KPMG.......................................................................................9

Introduction...............................................................................................................................9

Section 1 : Description du cabinet KPMG..............................................................................9


1.1: Présentation de KPMG.................................................................................................9
1.2 : Fiche signalétique KPMG..........................................................................................10
1.3: Historique et évolution :..............................................................................................11
1.3.1 : A l’international :................................................................................................11
1.3.2En Tunisie................................................................................................................11
1.4 : Les fonctions de KPMG.............................................................................................12
1. 5 : Secteurs d’activité de KPMG...................................................................................13
1.6: Organigramme et environnement de KPMG...........................................................13
1.6.1: Organigramme KPMG........................................................................................13
1.6.2 : Environnement de KPMG..................................................................................15
1.6: Hiérarchie et description de chaque poste du département d’audit.......................15
1.7 : Présentation générale des sociétés clientes auditées................................................16
42
Section 2 : Déroulement du stage..........................................................................................17
2.1 : Description générale des missions effectuées...........................................................18
2.2 : Taches effectuées........................................................................................................18
2.2.1 : Audit de la caisse en devises et de la caisse en dinars (AC1)...........................18
2.2.2 : Audit des créances sur établissements bancaires et financiers (AC2)............19
2.2.3 : Dossiers de garanties...........................................................................................19
2.2.4 : Etats financiers....................................................................................................20
2.2.5 : Rapprochement bancaire....................................................................................20
2.2.6 : Audit des autres charges d’exploitation............................................................20
2.2.7 : Audit des constructions en cours........................................................................20
2.3 : Les problèmes rencontrés..........................................................................................21
2.4 : Les acquis du stage.....................................................................................................21

Conclusion...............................................................................................................................21

Chapitre 2 : Les particularités de l’audit bancaire.............................................................22

Introduction.............................................................................................................................22

Section 1 : Spécificités d’une banque....................................................................................22


1.1 : Définition et présentation générale du secteur bancaire.........................................22
1.2 : Les différentes formes d’activités bancaires............................................................23
1.3: Les conditions d’exercice de l’activité bancaire.......................................................23
1.4: L’organisation comptable des établissements bancaires.........................................24
1.5: Particularités de la présentation des états financiers des établissements
bancaires :............................................................................................................................25

Section 2 : Typologies des risques bancaires........................................................................26

Section 3 : Typologies et cadre règlementaire des engagements bancaires :....................27


3.1 : Typologies des engagements......................................................................................27
3.2 : cadre règlementaire des engagements douteux :.....................................................27
3.2.1 : Définition des engagements douteux..................................................................27
3.2.2: Normes prudentielles en vigueur........................................................................27

Section 4 : Démarche de l’audit bancaire.............................................................................29


4.1 : Audit interne et audit externe...................................................................................29
4.2: Approche d’audit bancaire par les risques :.............................................................30
4.1 : Les étapes de la mission d’audit................................................................................32
43
4.1.1 : Prise de connaissance..........................................................................................32
4.1.2 : Evaluation et appréciation du système de contrôle interne.................................33
4.1.3 : Examen des comptes................................................................................................33
4.1.4: Conclusion et rédaction du rapport....................................................................34

Conclusion...............................................................................................................................34

Chapitre 3 : Cas pratique : Démarche d’audit des engagements clients...........................35

Introduction.............................................................................................................................35

Section 1 : Prise de connaissance de l’entité bancaire.........................................................35

Section 2 : Evaluation du système de contrôle interne en matière d’engagements des


clients........................................................................................................................................35

Section 3 : Examen des comptes : Audit des engagements clients......................................36


3.1 : Préparation du lead....................................................................................................36
3.2 : collecte des documents...............................................................................................36
3.3: Analyse des engagements............................................................................................37
3.4: échantillonnage de la clientèle....................................................................................38
3.5: Analyse de l’échantillon et réunion............................................................................38
3.6: Prise en compte de la garantie....................................................................................38
3.7 : Constitution de la provision.......................................................................................39
3.8 : Règlements des impayés post-clôture.......................................................................40

Section 4 : Opinion et rédaction du rapport.........................................................................40

Conclusion...............................................................................................................................40

Conclusion générale................................................................................................................41

BIBLIOGRAPHIE..................................................................................................................42

44

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