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La Sierra Leone est un pays d’Afrique de l'Ouest. Il est situé entre


la Guinée et le Liberia. C'est l'un des pays les plus pauvres du
monde. En 1991, une guerre civile éclate dans ce pays, opposant le
Front Révolutionnaire Uni également appelé FRU et le
gouvernement du Sierra Leone. Le FRU est un groupe armé fondé
par Foday Sankoh. Ce groupe est le principal responsable de cette
guerre. L'organisation est placée sur la liste officielle des
organisations terroristes des États-Unis. L'enjeu de ce conflit était
le contrôle des zones diamantifères. Elle provoqua la mort d'entre
100 000 et 200 000 personnes et le déplacement de plus de deux
millions de personnes, ce qui représente un tiers de la population
de l'époque. De nombreuses mutilations ont eu lieu, ainsi que
l'emploi d'enfants soldats. Le 22 octobre 1999, le Conseil de
Sécurité de l'ONU crée la MINUSIL (Mission des Nations Unies
en Sierra Leone) afin de coopérer avec le gouvernement sierra-
léonais et les autres parties afin d'appliquer l'Accord de paix de
Lomé et aider à la mise en place du plan de désarmement, de
démobilisation et de réintégration. Les accords de Lomé ont été
signés, comme son nom l'indique dans la ville de Lomé, au Togo
le 7 juillet 1999. Ils avaient pour but de mettre fin à cette guerre.
La réunion de Lomé est une initiative du président togolais
Gnassingbé Eyadéma, alors président en exercice de la
Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest. Elle a
commencé le 25 mai 1999 en présence des président du Burkina
Faso, du Nigeria, du Liberia, du Sierra Leone, ainsi que du Togo.
Des représentants de l'Organisation de l'unité africaine, de l'ONU,
des États-Unis et de l'Angleterre étaient également présents. Ces
accords stipulent que tous les groupes rebelles doivent se
désarmer, et que tous les crimes commis par toutes les parties du
conflit sont amnistiés. Les victimes civiles sont considérées
comme victimes de guerres. Le RUF est intégré dans un
gouvernement provisoire en attendant des élections générales. Une
commission chargée des ressources minières et de la
reconstruction est crée et la présidence est tenue par le chef du
RUF Foday Sankoh. D'entrée de jeu, les critiques contre les
Accords de Lomé ont été très vives. Kofi Annan et de
nombreuses ONG estimaient que ces accords ne régleraient pas le
conflit ; selon eux, il ne pouvait y avoir de paix sans le jugement
des criminels de guerre. L'application des Accords de Lomé est
difficile dès le début. Le numéro 2 du RUF, Sam Bockarie, refuse
de déposer les armes, puis Foday Sankoh le remplace et le
contraint à l'exil au Liberia.
Le 22 octobre 1999, le Conseil de sécurité des Nations unies vote
la résolution 1270, qui créée la Mission des Nations unies en
Sierra Leone (MINUSIL), laquelle a pour but de garantir le
respect des Accords de Lomé.Le 22 février 2000, le Parlement
vote une loi créant la Commission de vérité et de réconciliation,
chargée d'enquêter sur les atrocités commises pendant la guerre
civile.Après avoir voulu renégocier toutes les licences d'extraction
de diamants, Foday Sankoh s'aperçoit que la Commission dont il
est le président n'est en fait qu'une coquille vide, n'ayant même
jamais pu se réunir, et qu'inexorablement les membres de la
MINUSIL se déploient dans les régions diamantifères. Il décide
alors de repartir dans la clandestinité et, le 3 mai, le RUF prend en
otage 500 casques bleus. Officiellement, Foday sankoh reproche
à Kofi Annan de soutenir le chef de l'État, Ahmad Tejan
Kabbah.Le 17 mai, Foday Sankoh, en fuite, est arrêté.Les otages
sont libérés le 28 mai après des interventions internationales
auprès de Charles Taylor.À la suite de cette prise d'otages,
l'opération Pallister est déclenchée par le Royaume-Uni. Son but
premier est d'évacuer les ressortissants de l’Union européenne et
du Commonwealth. Mais après l'avoir fait, ils restent en place
pour soutenir les troupes régulières contre le RUF. Avec l'embargo
de l'ONU sur les diamants illégaux de Sierra Leone, la montée en
puissance de la MINUSIL et le soutien logistique et tactique des
troupes britanniques à l'armée régulière de Sierra Leone, le RUF
est mis à genou. La MINUSIL s'est acquittée avec succès de son
mandat en décembre 2005. Elle a été remplacée par une nouvelle
mission - le Bureau intégré des Nations Unies pour la Sierra
Leone (BINUSIL) - créée par le Conseil de sécurité pour aider à
consolider la paix dans le pays.Toutefois, le bilan civil après cette
guerre est très mauvais : Cette guerre civile a fait environ 120 000
morts.La CIA et diverses organisations indiquent environ 200 000
morts. Plusieurs milliers de personnes ont été mutilées
délibérément, notamment par l'amputation des mains pour les
empêcher de travailler et surtout de voter. Plus de 2 millions et
demi de personnes (le tiers de la population) ont été déplacées.En
plus de cela, des enfants (garçons et filles) ainsi que des femmes
ont été enlevés. Les garçons étaient enrôlés de force
comme enfants soldats. Les filles et les femmes étaient
transformées en esclaves sexuelles. L’IRIN, un service du Bureau
de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a
mené en 2008 une étude minutieuse sur les orphelins de guerre à
Koindu. Cette étude de cas précis (un panel de 180 enfants
incluant une moitié d’orphelin) permet de comprendre en
profondeur ce qui se passe à plus grande échelle dans le pays. Ces
orphelins ont perdu leurs parents pendant la guerre, parfois en
assistant à leurs massacres. Certains ont été forcés de les tuer eux-
mêmes.Trois points nécessitent une attention particulière.
Un taux de suicide extrêmement élevé a été constaté. 59 % des
enfants disent avoir déjà été témoin d’un suicide et 70 % y ont
déjà pensé pour eux-mêmes. Des 90 enfants interrogés, seulement
8 ne présentaient pas de propension au suicide. Ces enfants en
proie à la dépression présentent une très mauvaise estime d’eux-
mêmes, de faibles compétences sociales et souvent des stress post-
traumatiques. Les communautés du pays ont pleine connaissance
de ce phénomène de suicide massif. Les solutions qu’elles y
apportent sont cependant contre-productives. L’enfant surpris lors
d’une tentative de suicide est battu ou livré à la police.Des
préjudices au développement des jeunes filles sont également à
noter. La moitié des répondantes était déjà tombée enceinte et
beaucoup de filles avaient développé des maladies sexuellement
transmissibles. Plusieurs jeunes filles se livrent à la prostitution
comme moyen de subsistance.
On constate un effondrement des structures sociales. Les valeurs
culturelles et le sens de la communauté se sont effacés. La
pauvreté extrême des familles explique qu’elles sont incapables
d’accueillir un enfant orphelin.
Il en résulte une société assez violente : il est difficile de mesurer
l'impact des troubles psychiques et psychologiques. Très souvent,
une partie importante de la population ne fait plus de différence
entre le bien et le mal. Par exemple, parler de ce qui tourne autour
de la mort se fait souvent d'une manière beaucoup plus différente
que certains pays africains. Les étrangers peuvent observer une
banalisation de la violence. Les mutilés de la guerre civile sont
toujours omniprésents, et très visibles, et font partie du paysage, et
de la vie de tous les jours.