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[ L’observateur ] Par Gérard Bérubé

selon les mêmes mesures, sans


provoquer des fluctuations
sensibles de nature purement
comptable dans les résultats
de l’exercice. Il importe égale-
ment que les analystes et
Une soif de transparence les utilisateurs puissent ap-
porter les nuances qui s’im-
posent selon la nature des

L a notion de «principe comptable généralement reconnu» (PCGR) a-


t-elle perdu tout son sens? Le portrait de l’entreprise que l’on tente
d’établir par la normalisation reflète-t-il le plus fidèlement possible son
redressements appliqués et le
contexte dans lequel œuvre
l’entreprise.
Jean-Pierre Desrosiers, as-
socié au sein du cabinet
profil financier? Il me semble que la comptabilité canadienne n’a jamais vu KPMG, croit qu’il revient au
préparateur d’établir les
apparaître autant de nou- compte des normes choix, dans le respect des
velles normes qu’au cours des internationales. Enfin, normes et dans les limites des
dix dernières années. Et l’on on exige d’eux qu’ils zones grises, en espérant que
s’attend à ce que, d’ici trois ou proposent un cadre de ce dernier procédera à une
quatre ans, la moitié du volu- présentation et d’éva- interprétation conservatrice.
mineux Manuel de l’ICCA luation en raison de la Le préparateur doit aussi
aura été modifé. Mais, pa- prolifération d’instru- donner une bonne descrip-
radoxalement, jamais n’a- ments financiers dits tion de la situation et des
t-on entendu autant de plain- hybrides, à ingénierie écarts. Pour M. Desrosiers, la
tes de la part des utilisateurs complexe, qui em- normalisation doit faire place
des états financiers qui dé- pruntent tantôt à la à une saine interprétation, en
plorent la trop forte volatilité spéculation, tantôt à la fonction de la réalité géogra-
des résultats. Et, jamais n’a- protection contre les phique et du type d’activités
t-on reçu autant de critiques fluctuations, ou en- de l’entreprise.
formulées par les prépara- core, qui chevauchent Les utilisateurs, quant
teurs d’états financiers qui le passif et l’avoir des à eux, doivent effectuer
décrient la complexité et la actionnaires. les redressements appropriés
subjectivité croissante des Cette démarche peut-elle cice peut très bien se faire en selon leur champ d’intérêt.
normes comptables. permettre de dégager un con- passant par les notes affé- Pour l’investisseur-action-
Les utilisateurs ultimes des sensus? Il est permis d’en rentes. Vouloir aller plus loin naire, tout ce qui se situe
états financiers, c’est-à-dire douter. Tout au plus serait-il et formaliser le tout dans le au-delà de l’action ordinaire
les créanciers et les investis- souhaitable que les norma- bilan et l’état des résultats, devient un passif ou un enga-
seurs, sont-ils en mesure lisateurs s’en tiennent à la c’est faire fi du modèle cana- gement financier sur la base
d’apporter les nuances, de divulgation et à la présenta- dien qui laisse plus de place au de la permanence de l’entre-
faire les ajustements qui s’im- tion de l’information finan- jugement des comptables et prise. Le banquier ou le
posent, et de filtrer les effets cière, démontrent une volon- des vérificateurs. C’est aussi créancier, pour sa part, n’a
purement comptables qui in- té d’harmonisation avec les oublier, par exemple, que les d’yeux que pour la qualité de
fluencent les résultats et les ra- normes américaines et, éven- entreprises canadiennes, con- la garantie et la capacité de
tios financiers? tuellement avec les normes trairement à leurs voisines l’entreprise de répondre à ses
D’entrée de jeu, il faut dire internationales, tout en res- américaines, sont confrontées engagements. Il s’attardera
que les normalisateurs sont pectant les particularités na- à un effet de devise, et qu’il plutôt à la valeur de liquida-
appelés à évoluer dans un en- tionales. Ce faisant, il est per- peut être justifié d’en répartir tion de l’entreprise.
vironnement plus hostile et mis de s’interroger sur la per- le choc sur la durée de la dette Enfin, il revient aux petits
plus instable. On leur de- tinence de diluer les notes (ou selon les pratiques en ma- utilisateurs, à ceux qui n’ont
mande d’étancher une soif in- afférentes pour ensuite teinter tière de couverture), plutôt pas les ressources pour effec-
satiable de transparence en les états financiers de subjec- que de passer les variations à tuer les nombreux redresse-
divulguant une information tivité et de volatilité. la dépense de l’exercice. ments, d’obtenir le portrait le
toujours plus complète, tou- En d’autres termes, la ten- Pour les analystes, l’avenir plus fidèle possible de l’entre-
jours plus détaillée. On attend dance lourde veut que l’on se et les prévisions de croissance prise à une date donnée.
PIERRE CHARBONNEAU

d’eux qu’ils posent les balises rapproche des PCGR améri- comptent davantage que les
d’une évaluation qui, à défaut cains, un modèle qualifié de données comptables qui sont, Gérard Bérubé est responsable
d’être précise, puisse permet- plus prudent, plus normatif et par essence, le reflet du passé. de la section Économie et fi-
tre une comparaison non plus plus réglementaire. Pour une L’information est nécessaire nance au quotidien Le Devoir,
en vase clos, mais qui tienne entreprise canadienne, l’exer- pour comparer les société à Montréal.

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D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

En quelques années à peine, le commerce


sur le réseau Internet est passé
de simple curiosité à nécessité stratégique

• V e n tes. n e t
L
’année qui a suivi la création 3) un lieu permettant aux visiteurs d’ef-
de notre site Internet, nos fectuer des achats, de concevoir leurs
ventes ont doublé, et j’attri- propres produits, de réunir de l’informa-
bue 70 % de cette augmenta- tion financière et d’échanger avec d’au-
tion à notre présence sur Inter- tres dans des groupes de discussion.
net.» Ainsi s’exprime Roswell De nos jours, il n’est pas exceptionnel
James, président de Roswell’s Cyberspace de voir sur le Net des applications du
Computer Book Store, à Halifax, l’un des genre «conception et réalisation» : le
pionniers du marketing en ligne. Son client donne ses préférences, puis la com-
commerce sur Internet, parmi les pre- mande est acheminée à un fournisseur
miers, remonte aux années 80, où l’on qui fabrique le produit ou fournit le ser-
pouvait se faire «fusiller» pour s’être an- vice selon les indications du client. Levi
noncé sur le «Net». Strauss & Cie, par exemple, a créé un site
Mais les choses ont changé. Le maga- qui permettait aux clients de dessiner
sin de Roswell James possède aujourd’hui leurs propres jeans. Ces jeans étaient en-
En d’autres mots, un site Web moderne, www.roswell.com. suite fabriqués sur mesure et leur étaient
Cette société florissante vend des livres livrés par courrier. Le site s’est avéré un
le site Web d’informatique partout dans le monde à succès, mais n’a pas fait long feu. En effet,
partir de Halifax. Les réussites de Roswell les pressions des détaillants (intermédiai-
pourrait devenir James reposent sur une stratégie élémen- res indélogeables) ont forcé la société
taire qui peut s’appliquer à presque n’im- Levi Strauss à abandonner cette pratique.
la vitrine par porte quelle entreprise. Les sites commerciaux se doivent
La vocation des premiers sites d’entre- cependant d’être fiables, solides et acces-
excellence pour prise était d’informer : le site fournissant sibles; les visiteurs n’y afflueront que s’ils
un «dépliant informatisé» aux clients. Et s’y sentent à l’aise, comme dans une pe-
le commerce l’on croyait alors qu’un site n’offrait à tite boutique de leur choix.
l’entreprise aucun avantage stratégique. L’emplacement joue un rôle clé dans
électronique Aujourd’hui, cependant, les entrepri- le succès des petites boutiques, et c’est
ses reconnaissent qu’un site Web cons- vrai également pour un commerce sur
titue pour elles : Internet. Au fond, la boutique n’a aucune
1) un lien précieux avec les clients; raison d’être si les clients potentiels n’y
2) un outil de marketing efficace, voire entrent pas. Bien sûr, d’autres facteurs

PAR J O N AT H A N ANDREWS ET GERALD TRITES

Photo : Chris Reardon •

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D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

contribuent à son succès : il faut non


seulement que les clients s’arrêtent pour
Un site amélioré
regarder la marchandise, mais aussi qu’ils
Les outils de création pour site Web per- s’afficheront sur Internet. Lorsque vous
achètent.
mettent de concevoir et de créer des serez satisfait du résultat, envoyez vos
Ces vérités n’ont pas été ébranlées par
documents en langage HTML sans avoir pages Web à votre PSI au moyen d’un
l’avènement des sites Web. Une multitude
de gens naviguent sur Internet; l’entre- à apprendre ce langage. Ces outils pos- utilisateur FTP, tel que FTP2000, que
prise doit donc leur faciliter la découverte sèdent une interface VISIVIG permet- vous pourrez obtenir à l’adresse
de la «boutique», en visant particulière- tant de recourir à des modèles ou à un www.shareware.com; il suffit alors de
ment les clients les plus susceptibles format libre et de produire des docu- faire glisser les fichiers de votre nou-
d’acheter ce qu’il y a «en montre». Qu’il ments HTML et des fichiers d’images re- veau site Web dans le répertoire des
s’agisse d’une librairie spécialisée en in- liés entre eux, soit toutes les com- sites Web de votre PSI. Il faudra ensuite
formatique ou d’un cabinet de CA, le but posantes essentielles d’un site Web. La vous assurer que les paramètres de
visé est le même : les gens doivent être à page d’accueil reçoit, par défaut, le nom sécurité sont configurés comme il se
l’aise de s’arrêter, d’entrer, de jeter un «index.html»; les autres pages se nom- doit (par exemple, les utilisateurs
coup d’œil et d’acheter les biens ou les meront «page1.html», («page2.html »), doivent pouvoir lire les fichiers, mais
services offerts. Ces réalités déterminent et ainsi de suite; les fichiers d’images pas les modifier).
les stratégies fondamentales sur lesquel- seront appelés «img1.sig», «img2.sig», Pour entretenir votre site, vous procédez
les se fondent la conception et la création et ainsi de suite. En fait, le nom des de la même façon : il suffit d’envoyer les
de pages Web. fichiers varie selon les PSI, mais le nouveaux fichiers contenant les pages
principe reste le même. mises à jour. Certains outils de rédaction
ÉTAPE 1. ÉLABORATION Les outils de création vous donnent un se chargent du transfert des fichiers, ce
D’UN SITE WEB
aperçu de vos pages Web telles qu’elles qui vous facilite la tâche.
La première phase consiste à vous fixer un
objectif : Voulez-vous fournir de l’infor-
mation ou donner aux clients le moyen ÉTAPE 2. POSITIONNEMENT DU SITE Quelques prestataires de services In-
de se procurer des biens ou des services? Il ne suffit pas de créer un site Web, en- ternet (PSI), mais pas tous, permettent
Aurez-vous besoin d’un site qui traite core faut-il que les gens le trouvent. Ils aux organisations d’utiliser un nom de
les commandes, les encaissements, les peuvent tomber dessus par hasard, mais domaine «virtuel». Si votre PSI ne le per-
comptes clients et la fluctuation du stock? le défi consiste à en faciliter l’accès aux met pas, l’adresse contiendra aussi le nom
Il est important d’établir les objectifs de clients potentiels et aux clients réguliers. du prestataire (comme www.istar.com/
l’entreprise relativement au site Web avant En élaborant votre site, pensez à la façon companies/private/~roswell). En possé-
de passer à l’action. Si vous avez plusieurs dont les gens se servent du Net. dant votre propre nom de domaine
objectifs, n’essayez pas d’en atteindre plus Pour effectuer une recherche, les gens «virtuel», vous pourrez changer de PSI en
d’un ou deux dans votre premier site, le utilisent habituellement des moteurs de conservant l’adresse de votre site.
temps de prendre de l’expérience — com- recherche, comme Altavista, Lycos, Yahoo Même si beaucoup de PSI exigent des
mencez petit mais voyez grand. et Excite. Tout nouveau site Web devrait frais pour l’inscription d’un nom de do-
Une analyse coûts-avantages est égale- être répertorié dans les principaux mo- maine, vous pouvez l’inscrire vous-
ment de mise à cette étape. La création teurs de recherche. Puisque la plupart de même. Pour obtenir un nom de do-
d’un site n’est pas nécessairement très ces outils reprennent le titre ainsi que la maine, vous devez faire une demande à
onéreuse, cependant il peut être difficile première ligne du site, pensez aux mots InterNIC par l’intermédiaire de leur site
d’en estimer les retombées. L’apprentis- dont des clients potentiels pourraient se Web (rs.internic.net) et payer les droits
sage du langage HTML n’est plus néces- servir dans leur recherche en ligne et d’inscription de 100 $ US pour les deux
saire, mais certaines connaissances de utilisez-les. premières années. Cependant, le recours
base en informatique le sont. Plusieurs Prenons l’exemple de Roswell James. au nom de domaine étant de plus en plus
bons outils de création conviviale peu- De prime abord, le nom de son magasin répandu, il arrive souvent que le nom
vent vous aider à créer votre site et limiter contenait les mots computer et book : choisi soit déjà pris.
vos coûts (voir l’encadré intitulé «Outils Roswell’s Computer Book Store. (Plus
de création», en page 15). tard, il a ajouté le mot cyberspace.) ÉTAPE 3. ACCUEIL DES VISITEURS
L’entretien du site constitue un coût De plus, vous pourriez envisager la Comment faire pour que les visiteurs
permanent. En effet, un site Web désuet création de votre propre nom de do- s’attardent un peu? Selon Roswell James,
peut faire plus de tort que de bien, car il maine. Ainsi, votre adresse Internet sera «pour réussir un site Web, il faut se met-
ne rehausse pas l’image de votre entre- plus étroitement associée au nom de tre dans la peau du client. Ce dernier se
prise. L’entretien de votre site peut être votre entreprise. Roswell James a son demanderait sans doute, une fois le
donné en sous-traitance à des spécialistes propre domaine, appelé roswell, dont le site atteint, comment trouver le livre
ou être assuré par votre personnel, mais nom figure dans l’adresse de son site d’informatique qu’il cherche».
vous ne pouvez vous y soustraire. Le coût Web : www.roswell.com. Citons certains M. James a donc créé une page d’ac-
dépend de la complexité du site et du exemples connus : www.microsoft.com, cueil simple, qui affiche tous les ren-
genre d’information qu’il contient. www.ibm.com et www.cica.ca. seignements élémentaires qu’un client

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D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

voudrait y trouver : avec qui il faut faire taller un pare-feu, c’est-à-dire un logiciel
affaire, comment commander, comment Outils de création de protection qui limite l’accès à un point
payer, où trouver les livres désirés. Le d’entrée unique qu’il contrôle. Si vous
menu de la page d’accueil comporte tous Les outils de création pour site faites affaire avec un PSI, renseignez-vous
ces renseignements. En règle générale, le Web, de plus en plus perfectionnés, bien sur les fonctions de sécurité offertes
visiteur ne devrait jamais avoir à cliquer continueront sans doute d’évoluer par ce PSI. La sécurité sur Internet n’est
plus de trois fois la souris pour trouver ce avec le temps. Beaucoup d’outils jamais parfaite; aussi est-il préférable
qu’il cherche. permettent maintenant de créer d’évaluer le degré de risque acceptable
De plus, M. James a pris soin de ne pas des pages et d’y ajouter une série selon le commerce exploité et la clientèle.
négliger ses clients dans la région. Sur son d’éléments à partir de boîtes de
site Web, il affiche des renseignements dialogues et de barres d’outils.
ÉTAPE 6. LA SIMPLICITÉ AVANT TOUT
sur son magasin de Halifax. En effet, de Les créateurs de sites Web aiment les fio-
Jusqu’ici, cependant, ils ne compor-
nombreux clients des environs visitent ritures; ces éléments peuvent être ac-
tent aucune fonction de gestion.
son site Web pour connaître l’adresse du crocheurs, mais ne sont pas nécessaires.
Il existe une vaste gamme
magasin. Ils veulent parler avec le person- Voici les caractéristiques qu’un site Web
d’outils de création — depuis les
nel, voir les 8 000 livres en magasin et bien pensé devrait posséder :
suites bureautiques Microsoft Of-
acheter sur place, comme dans le bon • Clarté et esthétique — Il doit exister un
vieux temps. fice 97 jusqu’aux outils de création équilibre entre l’esthétique et le contenu,
pour site Web (Macromedia Back- et le contenu doit être clair.
ÉTAPE 4. VENTE DU PRODUIT stage Internet Studio, Microsoft • Simplicité — Mettez-vous dans la peau
OU DU SERVICE Front Page 97, NetObjects Fusion et du client afin de répondre à ses attentes.
Roswell James a ensuite dû se rendre à Netscape Navigator Gold), en pas- • Convivialité —Trois clics tout au plus
l’évidence : il était en train de mettre sur sant par des logiciels d’éditique devraient suffire.
pied une maison de vente par correspon- (Microsoft Publisher 97). Les utilisa- • Réceptivité — Assurez-vous qu’on
dance avec ses problèmes particuliers de teurs de Lotus Notes peuvent se réponde aux questions du visiteur, et
règlement des transactions. servir de Lotus Domino pour créer placez des questions dans un fichier FAQ
Bien que certains serveurs offrent des et entretenir leur site Web et pour («foire aux questions», c’est-à-dire les
fonctions de sécurité suffisantes pour assurer la sécurité des bases de questions les plus fréquemment posées)
traiter les achats par carte de crédit, les données Notes. s’il y a lieu.
clients se méfient. C’est pourquoi il est Enfin, il existe plusieurs outils • Excellence — Méfiez-vous des éco-
important de leur fournir un autre moyen de conversion de documents, nomies de bouts de chandelles lors de la
de payer les biens ou les services. On peut comme le puissant HTML Transit de création ou dans le cadre de l’entretien de
par exemple leur permettre d’ouvrir un InfoAccess Inc., qui peut lire une votre site; vous pourriez être déçu du ré-
compte et leur demander de garantir leur vaste sélection de documents créés sultat ou de l’image projetée.
paiement par écrit, en inscrivant leur au moyen de logiciels de traitement
• Visibilité — Publicisez votre site, sur In-
numéro de carte de crédit sur une for- ternet et ailleurs, au moyen de cartes de
de texte ou d’éditique. En outre,
mule qu’ils remplissent puis envoient par visite, de dépliants, d’annonces, de bul-
Microsoft et Corel offrent leurs pro-
courrier ordinaire. On peut aussi avoir re- letins, etc.
pres logiciels d’assistance et d’ex-
cours à un service de paiement en ligne, Un site Web peut apporter à votre or-
tension Internet.
comme DigiCash. Dans ce cas, le service ganisation de nouvelles perspectives
ouvre un compte «hors ligne» au client. d’avenir. En évaluant les avantages que
L’entreprise envoie ensuite les comptes au vous en retirerez — augmentation des
service pour paiement, un peu comme ÉTAPE 5. LA SÉCURITÉ ventes, réduction des coûts, amélioration
elle le ferait avec un compte Visa ou Mas- Même si le Web offre des fonctions de du service à la clientèle — vous parvien-
tercard. Ou encore, on prend la com- sécurité évoluées, certains risques rat- drez à décider si la création d’un site Web
mande et on envoie simplement la facture tachés aux achats en ligne persistent. est une solution stratégique pour votre
au client, qui paiera ultérieurement. Néanmoins, il est possible de créer des entreprise.
Même s’il existe un certain risque de sites sûrs en utilisant des techniques Se-
crédit, le degré de risque est acceptable cure Socket Layer (SSL) ou S-HTTP. Jonathan Andrews, CISA, CA, FCA (An-
pour certaines opérations, telles que Grâce aux techniques S-HTTP, les clients gleterre et Pays de Galles), président de Full
l’abonnement à un magazine. peuvent repérer les sites sûrs s’ils utilisent Circle Management LTD., à Winnipeg, of-
Il est assez facile de traiter des com- le navigateur Netscape : ces sites affichent fre des services de consultation et de forma-
mandes sur le Web. On peut reproduire les une petite clé dans le coin inférieur tion en technologie de l’information.
bons de commande à l’écran afin que les gauche de la fenêtre du fureteur. La plu-
clients passent leurs commandes par cour- part des sites affichent une clé cassée en Gerald Trites, CISA, FCA, est chargé de
rier électronique, par courrier ordinaire son centre, indiquant qu’ils ne compor- cours à la Saint Francis Xavier University
ou par télécopieur. Les numéros de télé- tent aucune fonction de sécurité. d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Il a écrit
phone devraient figurer sur le site, tout Lorsqu’on crée un site Web sur un abondamment sur les technologies de
particulièrement les numéros sans frais. serveur privé, il est recommandé d’ins- l’information.

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D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

Exit DOS! Mais une toute nouvelle cuvée


de systèmes d’exploitation plus
puissants a commencé à prendre la relève

Supers bolides •

S
i vous envisagiez l’achat En gardant cette idée à l’esprit, partons
d’une maison, son emplace- du bon pied pour notre voyage dans la
ment aurait-il une impor- jungle des systèmes d’exploitation, telle
tance pour vous? Bien enten- qu’elle se présente au cœur de l’année
du. Dans le domaine de l’im- 1997. Mon rôle, à titre de guide, est de
mobilier, tous les courtiers vous faire connaître les caractéristiques
vous le diront, les trois facteurs à consi- des systèmes d’exploitation qui se font
dérer sont l’emplacement, l’emplacement actuellement concurrence. Si les détails
et l’emplacement. Pour les adeptes de la des fonctionnalités et des spécifications
bonne forme physique, ces trois éléments techniques de ces systèmes vous in-
importants deviennent l’attitude, l’atti- téressent, vous trouverez l’information
tude et encore l’attitude, si l’on en croit dont vous avez besoin dans les revues spé-
un article que j’ai lu récemment dans un cialisées comme PC Magazine et Byte Trois éléments
magazine portant sur la musculation. (pour n’en nommer que deux) et sur d’in-
Une règle semblable s’applique aux sys- nombrables sites Internet (au moment clés caractérisent
tèmes d’exploitation, dont les trois élé- d’écrire ces lignes, le fureteur www.ya-
ments clés sont les applications, les appli- hoo.com dénombre pas moins de 1 492 tout bon système
cations et les applications. sites dans la catégorie operating systems).
Cette règle n’a pas toujours été aussi Dans un bureau type, on utilise habi- d’exploitation : les
évidente. L’intérêt généralisé (certains tuellement deux systèmes d’exploitation :
parleront plutôt d’hystérie) qui a entouré un pour le serveur de réseau, et un pour applications,
le lancement de Windows 95 au mois les micro-ordinateurs exécutant du trai-
d’août de cette même année, a occulté le tement de textes, des tableurs, du cour- les applications
fait que les systèmes d’exploitation ont rier électronique ainsi que des logiciels de
pour but de prendre en charge les appli- préparation de déclarations de revenus. et encore les
cations. Pour les journalistes, les universi- On trouve fréquemment une version ou
taires et les programmeurs, les systèmes une autre du système d’exploitation applications
d’exploitation peuvent avoir un intérêt Windows sur ces ordinateurs, les plus
intrinsèque, et en ont souvent un. Dans récents faisant appel à Windows 95 ou
le milieu des affaires, toutefois, la valeur NT et les plus anciens exécutant encore
des systèmes d’exploitation est déter- DOS ou Windows 3.1. Il n’est pas inha-
minée par les applications qu’ils suppor- bituel que des entreprises disposent d’un
tent (ou qu’ils supporteront bientôt). réseau local (RL) poste à poste, où tous

• PA R I S S I E R A B I N O V I T C H • Illustration : Leon Zernitsky

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D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

les ordinateurs tournent sous le même


système d’exploitation (habituellement Windows NT Workstation ou Windows NT Server
Windows pour Workgroups 3.11 ou
Windows 95). Et comme on peut s’en
Il s’agit de deux versions dif- supplémentaires : il peut contrôler la
douter, d’autres environnements font ap-
pel à diverses combinaisons entre ces férentes du même système d’exploita- sécurité d’un réseau beaucoup mieux
deux extrêmes. tion, mais leurs différences sont impor- que Workstation et il est adapté au
Aujourd’hui, la micro-informatique
tantes. Windows NT Workstation est type de tâches qu’un serveur doit exé-
est fortement dominée par l’environ-
nement Windows. La part de marché des conçu pour les micro-ordinateurs, mais cuter. Par exemple, il est optimisé pour
systèmes d’exploitation Macintosh ne peut aussi être utilisé comme serveur les opérations d’entrée-sortie de type
s’exprime plus qu’à l’aide d’un seul
pour un petit réseau. À ce titre, sa serveur, contrairement à Workstation,
chiffre et demeure en chute libre. En fait,
il subsiste peu de bonnes raisons de capacité est actuellement limitée à 10 qui met l’accent sur les applications bu-
choisir un Mac. Apple est une société as- ordinateurs, ce qui est dommage, car reautiques courantes. NT Server est
siégée, et bien que le nom Apple puisse Workstation peut accepter une charge livré avec des logiciels supplémentaires,
survivre (quoique grandement diminué),
la plupart des entreprises préféreront beaucoup plus lourde. Le système NT la plupart conçus pour Internet, mais il
dépenser leur argent ailleurs à moins que Server coûte environ trois fois plus n’offre pas de passerelle Internet, con-
cette société ne connaisse un revirement cher. La société Microsoft indique de trairement à Lantastic 7 ou à Intranet-
de situation marqué.
façon évidente le produit qu’elle veut Ware. Il faut s’attendre à voir appa-
De même, le système UNIX — logiciel
d’exploitation offrant d’énormes avan- vous voir acheter. raître une version de NT Server visant
tages — ne passe pas le test des micro- Pour justifier cette différence de les petites entreprises et offrant cette
ordinateurs. Sa force repose sur ses capa-
prix, NT Server offre quelques fonctions importante caractéristique.
cités en tant que serveur d’applications,
mais en raison du nombre insuffisant
d’applications micro-informatiques qu’il
peut prendre en charge, il ne peut préten- plateformes, ses applications peuvent en Windows pour Workgroups 3.11). Toutes
dre réellement au titre de système d’ex- effet être exécutées sans modification les versions à 16 bits fonctionnent de pair
ploitation. Ce n’était pas l’issue prévue sous Windows, UNIX, Mac et OS/2 Warp. avec DOS et partagent la même interface
pour ce système mais, comme on s’en Si Java joue le rôle important que cer- utilisateur graphique (IUG), l’interface
doutait depuis un certain temps, il faut tains observateurs lui prédisent, il pour- «classique» de gestionnaire de program-
reconnaître que l’expérience UNIX pour rait redéfinir la norme en matière de mes et de gestionnaire de fichiers de Win-
les micro-ordinateurs s’est soldée par un micro-informatique. Cette transforma- dows. Windows pour Workgroups 3.11
échec. tion pourrait offrir à OS/2 l’occasion de demeure le plus rapide et le plus puissant
Le système OS/2 Warp a suivi un revenir dans la course, puisque IBM tente du lot, et peut encore répondre à la plu-
chemin différent. Excellente plateforme actuellement de faire de OS/2 la plate- part des besoins informatiques. Il fonc-
pour les applications DOS et offrant un forme par excellence pour les applica- tionne bien comme client d’un réseau et
très bon support des applications Win- tions Java. Dans ce cas, OS/2 pourrait ac- d’Internet et, sans logiciel supplémentaire,
dows 3.1, il souffre d’une incapacité à exé- caparer une part respectable du marché il peut jouer les rôles de client et de serveur
cuter les applications Windows 95 et NT à des systèmes d’exploitation pour la pre- dans son propre réseau poste à poste.
32 bits, qui constituent maintenant la mière fois de son histoire. La plupart des entreprises ont choisi
norme. Puisqu’il n’existe que très peu Il ne nous reste, je crois, que la famille de conserver leur environnement à
d’applications intéressantes fonctionnant Microsoft Windows, grande et prospère, 16 bits pour l’instant et ont résisté à la
en mode naturel sous OS/2 et que leur qui a accueilli un tout nouveau membre tentation de passer à Windows 95 ou à
nombre ne semble pas vouloir s’accroître, en 1996, Windows CE (conçu en fonction Windows NT. En 1998, cependant, la ma-
l’utilisateur se retrouve avec un système de l’électronique grand public). Cette jorité des utilisateurs auront opté pour
d’exploitation extrêmement limité pour mini-version spéciale de Windows 95 est Windows «95-et-plus» ou pour Windows
1997 et les années à venir. Seule l’émer- destinée aux ordinateurs de poche. Des NT, qui progresse rapidement. Mais il ne
gence marquée d’un grand nombre d’ap- sociétés aussi diverses que Hewlett- faut pas oublier qu’il y aura encore des
plications de type Java pourrait sauver Packard, NEC et Casio offrent main- utilisateurs de Windows 3.X à la fin du
OS/2 de sa lente descente vers l’oubli. En tenant des modèles exécutant Win- millénaire.
partie langage de programmation orienté dows CE. Qu’est-ce qui distingue les différentes
objet et en partie système d’exploitation, Plus de 50 % des utilisateurs font tou- versions de Windows? Windows 95 et
Java a été développé par Sun Microsys- jours confiance aux systèmes d’exploita- Windows NT partagent la même IUG et
tems pour permettre d’utiliser partout la tion Windows 3.X (nom générique dési- fonctionnent sans DOS. Même si la nou-
même application, sans modification. gnant les diverses versions à 16 bits de velle IUG est plus efficace, la plupart des
Java étant compatible avec toutes les Windows, comme Windows 3.1, 3.11 et utilisateurs doivent s’y habituer. Pour

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D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

certaines entreprises, il Il s’agit de la première version


s’agit là d’une raison suf- de Windows NT qui offre tous
fisante pour ne pas effectuer les avantages auxquels les uti-
de mise à niveau. L’autre lisateurs s’attendent doréna-
raison touche le matériel : vant, par exemple des versions
les systèmes d’exploitation des logiciels WinFax Pro et
et les applications Windows Norton Utilities spécialement
à 32 bits exigent des ordina- conçues pour cet environ-
teurs plus puissants (donc nement. Mieux encore, à peu
plus chers) offrant une plus près toutes les nouvelles appli-
grande capacité de mémoire cations fonctionnent sans
vive. Alors que pour exé- problème sous Windows NT.
cuter Windows 3.1 vous Pour l’utilisateur profane, Win-
avez besoin d’un ordinateur dows NT semble pratiquement
doté d’un processeur 386 et identique à Windows 95, mais
de 8 méga-octets de mé- il comporte les avantages sui-
moire vive, il vous faut au vants : il est plus stable, offre
moins un ordinateur avec une sécurité accrue ainsi qu’un
processeur 486 et 16 méga- meilleur fonctionnement mul-
octets de mémoire vive titâche. En fait, les fonctions de
pour utiliser Windows 95. sécurité sont si évoluées que
Le système d’exploitation plusieurs personnes peuvent
Windows NT Workstation partager un ordinateur doté de
est encore plus exigeant. Windows NT sans pouvoir ac-
La plupart des anciennes Les entreprises ont choisi de céder aux fichiers des autres
applications DOS et Win- utilisateurs.
dows sont compatibles avec conserver leur environnement Le lancement de nouvelles
Windows 95 et, dans une versions de Windows 95 et de
moindre mesure, avec Win- à 16 bits, mais en 1998, Windows NT était au départ
dows NT. Mais il existe prévu pour cette année, mais la
également des applications la majorité des utilisateurs société Microsoft a annoncé à
sectorielles (souvent con- la fin de mars qu’elle ne pour-
çues à l’interne) qui ne sont auront opté pour Windows rait offrir aucun de ces deux
pas compatibles avec les systèmes avant l’année 1998.
systèmes à 32 bits. Si les ac- «95-et-plus» ou Windows NT Ainsi donc, 1997 est une année
tivités d’une entreprise dé- de retouches et de correction
pendent d’une telle applica- de bogues, sans aucune modifi-
tion, voilà une autre bonne cation majeure. Les nouvelles
raison de conserver l’ancien système. vent offertes qu’en version 32 bits. Le versions des deux systèmes d’exploitation
Quelles sont les meilleures raisons de message est clair : si vous désirez tirer seront sensiblement différentes, sur le
passer à un système d’exploitation Win- profit des applications les plus récentes, plan de la présentation comme sur celui
dows à 32 bits? Si on le compare à Win- vous devez utiliser l’une des versions de des caractéristiques, mais c’est en 1998
dows 3.X, Windows 95 est beaucoup plus Windows à 32 bits. qu’on pourra le mieux discuter de ces
stable et peut faire fonctionner plus J’utilise quotidiennement Windows différences.
d’applications en même temps, et Win- 95 et Windows NT et, à l’occasion, Win- Des changements sont aussi prévus
dows NT Workstation se comporte en- dows pour Workgroups. Je vous recom- pour les systèmes d’exploitation réseau.
core mieux. mande de choisir Windows NT Worksta- Novell Netware domine ce marché depuis
Un coup d’œil à Microsoft Office, le tion si votre matériel est récent et si vous le milieu des années 80. Il est toujours le
progiciel de productivité le plus popu- pouvez vous passer d’applications plus chef de file (et de loin) quant au nombre
laire sur le marché, donne une bonne anciennes. Sinon, optez pour Windows d’installations, et ses ventes continuent de
idée de l’évolution du marché des appli- 95, à moins que vous ne soyez prêts à dépasser celles de produits concurrents
cations. Toutes les mises à niveau effec- continuer d’accepter les lacunes d’une (par une marge plus mince). Cependant,
tuées depuis 1995 sont à l’intention des version de Windows à 16 bits et à vous Novell a perdu son élan et une bonne part
utilisateurs de Windows 95/NT. De fait, la passer d’un nombre croissant de nou- de son avance au profit de Microsoft et de
plupart des principaux développeurs de velles applications exigeant un système son système d’exploitation Windows NT
logiciels ont cessé de mettre à niveau d’exploitation à 32 bits. Server, qui gagne du terrain de façon
leurs applications à 16 bits. Les applica- Quelques mots au sujet du système constante depuis son apparition sur le
tions Internet, auxquelles on consacre Windows NT Workstation 4.0 avant de marché en 1993. Il y a à peine deux ans,
maintenant tant d’énergie, ne sont sou- passer aux systèmes d’exploitation réseau. on jugeait que Windows NT Server était

camagazine / août 1997 19


D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

avantageux par rapport à Windows NT


IntranetWare ou IntranetWare for Small Business Server en ce sens que sa structure simpli-
fie la gestion d’un réseau multiserveur.
IntranetWare est une plateforme com- pressionnante structure hiérarchique de Plus un réseau est complexe, plus cet
plète Internet/intranet, fondée sur Net- répertoires et d’excellentes fonctions de avantage est considérable. Et, pour les pe-
tites entreprises, IntranetWare offre un
ware 4.11, ce dernier n’étant plus offert support des réseaux étendus. Le sys-
autre avantage : il exige moins de puis-
comme produit Novell distinct. Intranet- tème IWSB vous permet d’acheter le sance et de matériel pour offrir une per-
Ware for Small Business (IWSB) est une nombre exact de permis d’utilisation formance de base.
Novell et Microsoft ont tenté de ren-
version spéciale d’IntranetWare conçue dont vous avez besoin. À ce chapitre, il
dre l’installation et l’entretien de leurs
pour les réseaux monoserveurs ayant ressemble davantage à son compéti- systèmes d’exploitation réseau plus fa-
un maximum de 25 utilisateurs. On a éli- teur, Windows NT Server, qu’à son ciles et moins techniques. Dans ce do-
miné les caractéristiques visant les cousin Novell, IntranetWare. L’applica- maine, Windows NT Server est supérieur
à IntranetWare, mais une version spéciale
réseaux imposants et complexes, au tion Netware Connect est fournie avec de ce dernier, IntranetWare for Small
profit de la simplicité. Il est donc plus IWSB, mais elle devient un produit com- Business, se distingue par sa simplicité
facile d’installer et de gérer IWSB qu’In- plémentaire pour IntranetWare. Cette innovatrice. Conçu pour les réseaux mo-
noserveurs comptant au plus 25 utilisa-
tranetWare, un facteur important pour application autorise le partage des
teurs, ce logiciel est très facile à installer
les bureaux qui ont peu d’expérience en modems et des lignes téléphoniques et à gérer. Il s’agit de la première version
réseaux. Une application de gestion pour les appels d’arrivée et de départ. d’un système d’exploitation réseau Nov-
ell pour lequel il n’est pas nécessaire de
graphique, appelée NEAT (Novell Easy En ce qui concerne le partage de l’accès
faire appel à de l’aide de l’extérieur.
Administration Tool & NetWare Admin- Internet, la passerelle IPX/IP comprise Même si la société Novell a vu sa part
istrator), est particulièrement pratique. avec IntranetWare représente la meil- de marché diminuer au cours des der-
IWSB offre une structure de répertoires leure solution. Curieusement, cette
nières années, elle a maintenant une nou-
velle équipe de direction et possède une
plate et ne prend pas en charge les passerelle n’est pas incluse dans IWSB, gamme formidable de nouveaux pro-
réseaux étendus, contrairement à In- malgré sa grande popularité auprès des duits. Avec le nouveau directeur général,
tranetWare. Ce dernier possède une im- petites entreprises. Eric Schmidt, connu pour son dyna-
misme, il est possible que la société par-
vienne à renverser son image d’entreprise
en perte de vitesse. Dans l’avenir immé-
trop jeune pour constituer un choix elles diffèrent sur plusieurs aspects im- diat, le choix entre IntranetWare et NT
fiable, mais ce n’est plus le cas. On perçoit portants. IntranetWare offre une Server doit être fondé sur la technologie
maintenant Novell comme une entreprise spécialisation plus poussée, et fournit dont vous avez besoin et non sur la via-
en difficulté et pour bon nombre d’uti- des services de gestion des fichiers et de bilité à long terme du fournisseur. Les
lisateurs, Windows NT Server est le seul l’impression plus rapides, services aux- deux produits sont très attrayants.
choix sûr à long terme. quels se résumaient les premiers réseaux. Ma première expérience avec le sys-
En plus de Windows NT Server 4.0 et Ce produit n’est pas à recommander tème NetWare remonte au milieu des an-
de Novell IntranetWare 4.11 (derniers- comme serveur d’applications, et Win- nées 80. À la fin de cette décennie, j’utili-
nés de Microsoft et de Novell, respective- dows NT Server lui est supérieur. Le sais LAN Manager, le précurseur de Win-
ment), le marché des systèmes d’exploita- terme «serveur d’applications» désigne dows NT Server. Il est difficile de décrire
tion réseau comprend également Lantas- une plateforme pour les applications à quel point chacun s’est amélioré pen-
tic 7.0 de Artisoft. Ce dernier se situe serveur (aussi appelées client-serveur), dant cette période relativement courte.
quelque part entre un système grand pu- comme SQL Server, Great Plains Dy- La rapidité de leur évolution me laisse de
blic et un produit étroitement ciblé. namics, Lotus Notes et Microsoft Ex- grands espoirs quant à l’avenir de ces
Même s’il jouit d’une bonne réputation, il change. IntranetWare peut offrir une deux importants produits, et je prévois
ne semble pas attirer un grand nombre de telle plateforme, mais il exige des appli- que d’ici quelques années ils seront très
nouveaux utilisateurs et, comme Novell, cations spécialement conçues pour celle- différents des versions actuelles. Comme
Artisoft a perdu du terrain face à Mi- ci, et ces applications sont peu nom- c’est le cas de tous les systèmes d’ex-
crosoft. Bien qu’Artisoft demeure un bon breuses, car les développeurs semblent ploitation décrits dans cet article, ils
choix pour les petits réseaux faisant appel avoir perdu confiance en Novell (sans seront beaucoup plus puissants et plus
à DOS et à diverses versions de Windows, parler des difficultés notoires que faciles à utiliser.
son avenir est incertain à long terme. présente l’élaboration d’applications
Les versions les plus récentes des sys- pour l’environnement IntranetWare). Issie Rabinovitch, Ph.D., est conseiller en
tèmes Microsoft et Novell effectuent un En revanche, dans le cas des installa- informatique et président de IR Techno-
grand nombre de tâches similaires, mais tions plus importantes, IntranetWare est Group, à Toronto.

20 camagazine / août 1997


D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

Après bien des promesses en l’air,


les fabricants de logiciels de comptabilité
livrent enfin la marchandise

Promesses
• te n ues
D
ans l’article que j’ai écrit il de comptabilité intégrées bon marché
y a deux ans sur le marché puissent aussi convenir à ces segments du
peu reluisant des logiciels marché, elles ne font pas partie de mon
de comptabilité, je résu- champ d’étude.
mais ainsi la situation : «la Commençons par un bref rappel. En
cuvée 1995 des systèmes août 1995, j’avais analysé un certain nom-
compatibles avec Windows est un magma bre de produits et leur positionnement re-
de bonnes intentions et de promesses latif sur le marché. Certains d’entre eux
non tenues». (Voir «L’embarras du venaient tout juste d’être annoncés,
choix», août 1995, p. 32.) Je suis donc très d’autres avaient commencé à être livrés et
Les utilisateurs heureux d’affirmer que les choses ont la plupart en étaient à leur première ver-
beaucoup changé depuis, pour le mieux. sion. Tous les fournisseurs étudiés alors,
de logiciels de En fait, le marché semble avoir atteint sauf un (Computer Associates Master-
une certaine maturité. Les fournisseurs piece), ont maintenant livré toute une
comptabilité ont ne sont plus aussi prétentieux qu’aupara- gamme de produits, et ont procédé à plus
vant et les plus importants d’entre eux de 500 installations chacun en Amérique
été patients et ont désormais à cœur d’offrir à leurs du Nord. La plupart proposent une série
clients des produits de qualité et des complète de modules, y compris une ver-
peuvent désormais fonctions nouvelles. Il a fallu que les utili- sion conçue pour les utilisateurs qui ont
sateurs de logiciels de comptabilité besoin de puissantes fonctions de traite-
compter sur des générale se montrent patients, mais ils ment en raison de volumes importants,
peuvent enfin compter sur des four- notamment pour la base de données
produits de nisseurs qui tiennent leurs engagements. Microsoft SQL Server.
Mon étude portera cette fois sur les Développer un produit de ce type
grande qualité produits de réseau local et l’environ- exige des efforts considérables, et la com-
nement client/serveur, plus particulière- plexité technique dépasse largement celle
ment sur les fournisseurs qui visent les d’un produit de réseau local. Huit des
sociétés canadiennes ayant un chiffre grands fournisseurs de logiciels (voir le
d’affaires d’au moins 20 millions de dol- tableau en page 24) ont consacré environ
lars. Bien que certaines des applications 150 millions de dollars US au cours des

PAR TOM A . DAGENAIS • Illustration : Susanna Denti •


camagazine / août 1997 23
D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

deux dernières années au développement Sur le marché des logiciels Positionnement des
de ces logiciels. Les conséquences de cet de comptabilité générale principaux produits
investissement sur leur rentabilité (et leur
Orac le
survie) restent à déterminer. Certains Grandes
d’entre eux, comme Great Plains, se sont entreprises Peop les o ft
SAP
tournés vers les marchés de capitaux
pour mobiliser des fonds. D’autres, Moyennes Dynamic s Platinu m
comme State of the Art et Platinum, met- entreprises C/S+ SQL SQL-NT
avec service So lomon
tent l’accent sur le développement SQL informatique
Su n
IV SQL
ou réinvestissent dans les produits Win-
dows les bénéfices tirés de leurs produits Moyennes
Platinu m
entreprises Premier fo r
vedettes tournant sous DOS. sans service Win do ws
ACC PAC/
Pour comprendre la tendance du informatique 2000
marché, il faut en connaître l’évolution. Les
Dyn amic s So lomon
entreprises ayant un chiffre d’affaires in- Entreprises IV
LAN
équipées de
férieur à 10 millions de dollars constituent réseaux locaux Bu s in es s
V is io n
l’essentiel du milieu des affaires au Canada.
Elles utilisent des produits comme Simple Progiciels
MY OB Simple
c omptab le
comptable, QuickBooks, BusinessVision et intégrés
MYOB, qui répondent bien à leurs besoins.
Les 300 à 500 plus grandes entreprises
canadiennes, dont le chiffre d’affaires dé- de nouveaux marchés à conquérir et de 500 millions de dollars ont dû couper
passe 500 millions de dollars, font appel à nouveaux objectifs de ventes à atteindre, leurs prix et raccourcir leurs calendriers
des fournisseurs comme SAP, PeopleSoft et et le marché des moyennes entreprises est de mise en œuvre. Entre-temps, les petits
Oracle. Comme elles ont des activités d’en- une cible tout indiquée. fournisseurs se sont hissés jusqu’au mar-
vergure internationale et des exigences de • Les fournisseurs de logiciels bas de ché des sociétés ayant un chiffre d’affaires
comptabilité complexes, elles ont voulu gamme ont mis au point d’excellents pro- de 10 à 50 millions, sans pour autant aug-
des «solutions d’entreprise» sur mesure et duits qui peuvent répondre aux besoins menter leurs prix. Il reste donc peu de
les ont payées très cher. Les coûts de ces de sociétés plus grandes. Les fonctions of- place pour les nombreux fournisseurs du
projets s’échelonnaient en effet entre 2 et fertes sont très intéressantes et le rapport marché intermédiaire, qui doivent se
100 millions de dollars, et leur mise en prix-rendement est extraordinaire. Ces trouver un créneau sans tarder. Compte
œuvre durait habituellement plusieurs an- fournisseurs convoitent aussi le marché tenu des frais considérables déjà engagés
nées. Il n’est pas étonnant, compte tenu de des moyennes entreprises; leurs produits dans la recherche et le développement, la
l’ampleur de leurs ressources, qu’un grand bon marché et leurs faibles coûts de mise situation risque de tourner à la catastro-
nombre de ces sociétés aient déjà consenti en œuvre présentent d’ailleurs un grand phe pour certains d’entre eux. Le tableau
cet investissement. attrait pour les propriétaires-exploitants ci-haut illustre bien ce phénomène de
Il reste donc le marché des moyennes dont le chiffre d’affaires se situe entre compression du marché.
entreprises (chiffre d’affaires entre 20 et 10 et 30 millions de dollars.
500 millions de dollars), qui ont des be- L’utilisateur final est infiniment plus LA POSITION DES FOURNISSEURS
soins et des moyens très diversifiés. Ce compétent qu’il y a deux ans, sait ce qu’il Cette année, mon analyse du marché
marché a été le bastion de fournisseurs veut et en connaît la valeur. Il est capable canadien des logiciels de comptabilité est
comme Computer Associates, dont le de faire la part des choses et d’exiger des fondée sur les critères suivants :
produit ACCPAC Plus a connu une po- preuves de qualité. Il envisage aussi la • Pénétration du marché – Dans quelle
pularité spectaculaire. On estime aujour- technologie, enfin, comme un moyen et mesure le fournisseur a-t-il réussi à ven-
d’hui à plus de 75 000 le nombre d’instal- non comme une fin en soi. C’est dre son produit sur le marché canadien et
lations de ce produit au Canada. Ces en- d’ailleurs de lui qu’il est question dans le quelle est l’ampleur de sa clientèle?
treprises sont sur le point de devenir le livre de Geoffrey Moore, Crossing the • Exhaustivité de la gamme de produits –
marché cible de fournisseurs des trois Chasm (La traversée du gouffre) (Harper- Le fournisseur a-t-il livré les cinq modu-
secteurs par suite de certains déve- Collins, 1991). Ce consommateur avisé les de base, soit le grand livre, les comptes
loppements récents, comme les suivants : recherche le chef de file sur le marché. Il fournisseurs, les comptes clients, le traite-
• Les fournisseurs de «solutions d’entre- exige des références, une clientèle établie ment des commandes et l’inventaire?
prise» sont arrivés au point de saturation. dans son secteur d’activité et un four- • Offre de produits compatibles – Trouve-
Les 300 à 500 plus grandes sociétés ont nisseur sûr et fiable. Il préfère les techno- t-on sur le marché des produits compati-
soit acheté tous les logiciels dont elles logies éprouvées aux solutions d’avant- bles pour des besoins particuliers tels que
avaient besoin, soit conclu que ces sys- garde. Et il veut le tout réuni en un seul la fabrication, l’établissement du coût de
tèmes sur mesure coûtaient trop cher; produit offert à un prix raisonnable. revient par commande ou par projet, le
dans ce dernier cas, elles sont à la re- Les fournisseurs de «solutions d’en- commerce de détail, etc.?
cherche de solutions de rechange. Les treprise» qui se sont tournés vers les so- • Stratégie client/serveur – Le fournisseur
fournisseurs haut de gamme ont besoin ciétés ayant un chiffre d’affaires de 50 à peut-il livrer un véritable produit client/

24 camagazine / août 1997


D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

Te n d a n c e s d e s l o g i c i e l s d e c o m p t a b i l i t é a u m i l i e u d e l ’ a n n é e 1 9 9 7

INTERNET affirmer qu’ils ont mis en œuvre des aux données centralisées. La plupart
Le commerce électronique offre aux technologies et des outils SQL. Plat- des sociétés ont besoin de divers logi-
fournisseurs de logiciels d’énormes inum Software est un de ceux-là : ciels, vendus par divers fournisseurs;
possibilités. Procurer aux entreprises cette société a en effet mis au point les plus répandus sont les outils de
la capacité d’accepter des commandes un produit qui tire réellement parti productivité de bureau (traitement de
sur Internet par l’intermédiaire d’un de technologies sophistiquées pour texte, tableur, logiciel de télécopie,
système de comptabilité intégré est fournir des performances et un con- progiciel graphique et courrier élec-
un atout de taille. Et offrir aux clients trôle des données supérieurs. Une tronique), les logiciels de comptabilité
la possibilité de consulter sur Internet technologie client/serveur efficace (grand livre, comptes fournisseurs,
l’état de leurs commandes ou de leurs peut améliorer sensiblement le ren- comptes clients), les logiciels d’appli-
comptes, le niveau de leurs stocks, dement d’un système comptable, en cation (traitement des commandes,
ainsi que des renseignements sur particulier lorsque les volumes d’opé- fabrication, gestion des stocks) et les
leurs produits, 24 heures sur 24, cons- rations sont élevés pour les reports et systèmes d’information ou de produc-
titue un service très appréciable, qui la production de rapports. Aussi, la tion de rapports. Tous ces logiciels
n’entraîne pas de coûts de main- possibilité de contrôler l’accès aux doivent avoir accès aux mêmes don-
d’œuvre supplémentaires. Le produit données par d’autres logiciels, tels nées, notamment les adresses des
Dynamics de Great Plains et les pro- que tableurs, outils de production de clients, les soldes des fournisseurs et
duits Internet connexes ont placé rapports et programmes divers, as- les ventes cumulatives. Ces échanges
cette société dans une catégorie à sure la sécurité des données. Une de données ne peuvent se faire aisé-
part. En fait, l’intégration à Internet mise en garde cependant : un grand ment que si le stockage repose sur
est désormais une stratégie essen- nombre de fournisseurs utilisent SQL des normes. Les technologies éla-
tielle de commercialisation. Bien que Server, mais ne l’ont implanté que borées par Microsoft, comme ODBC
la plupart des technologies ne soient comme un outil de stockage de don- (connectivité de base de données ou-
pas exclusives, du fait qu’elles sont nées, fondé sur des fichiers non rela- verte) et OLE 2.0 (liaison et incorpora-
fondées sur les normes Internet de tionnels. Bien que tous les concep- tion d’objets) permettent aux concep-
Microsoft, il faut néanmoins déployer teurs se targuent d’offrir un produit teurs de créer des logiciels pouvant
des efforts pour regrouper les outils client/serveur, cette expression revêt partager des données stockées selon
qui permettront aux utilisateurs d’ex- des significations très différentes un format commun.
ploiter cette fonctionnalité, et c’est selon les produits. Les fournisseurs de logiciels de comptabi-
précisément ce qu’a fait Great Plains. lité doivent s’assurer que leurs produits
MODÈLE DE DONNÉES INTÉGRÉ sont développés à l’aide de ces outils et
TECHNOLOGIE CLIENT/SERVEUR La mise en œuvre d’une technologie conçus de manière à intégrer ces normes
Bien que la plupart des fournisseurs d’architecture ouverte et de normes d’accès aux données. Plus il est facile pour
de logiciels insistent sur le fait qu’ils PC permet à une entreprise de cen- les utilisateurs d’implanter cette technolo-
offrent une version pour base de traliser les données, d’éliminer les gie, plus le fournisseur peut affirmer que
données Microsoft SQL Server, seuls répétitions et de fournir aux utilisa- ses produits sont ouverts et qu’ils res-
quelques-uns peuvent véritablement teurs le choix de l’outil pour accéder pectent la «norme de l’industrie».

serveur utilisant une base de données re- mais en tenant compte cette fois de la ACCPAC International, division de
connue et considérée comme une norme compression du marché. (Pour une Computer Associates, a livré ces deux
dans l’industrie? analyse détaillée de chacune de ces caté- dernières années des produits aux fonc-
• Créneau sur le marché – Quel est le cré- gories, voir les pages 34 et 35 de l’article tions exhaustives conçus pour Windows
neau, officiel ou implicite, du fournis- d’août 1995.) Le Tableau 2 présente un 95, utilisant la base de données Btrieve, et
seur, compte tenu des logiciels livrables aperçu des produits offerts par les princi- dont le logiciel est extrêmement stable et
aujourd’hui? paux fournisseurs, ainsi qu’une brève relativement exempt de bogues. Ce n’est
• Intégration à Internet – Le fournisseur analyse de leurs créneaux et de leurs pas le cas de la plupart des produits pour
est-il en mesure de livrer des produits of- stratégies client/serveur. Examinons Windows et il faut souligner à cet égard
frant une fonction électronique de traite- maintenant les plus grands fournisseurs les efforts déployés par ACCPAC.
ment des commandes sûre et facile à du marché au Canada, en tenant compte Ce logiciel continue d’occuper une
développer et à maintenir? du fait que certains renseignements ont place prépondérante sur le marché des
J’ai encore divisé le marché en cinq pu changer entre la rédaction de cet arti- réseaux locaux. ACCPAC, qui prévoit
catégories (voir le tableau en page 24), cle et sa publication. ajouter une version SQL à sa gamme de

camagazine / août 1997 25


D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

TA B L E A U 2
Aperçu des produits des principaux fournisseurs
PRODUIT PÉNÉTRATION EXHAUSTIVITÉ PRODUITS STRATÉGIE CRÉNEAU SUR INTÉGRATION
DU MARCHÉ DE LA GAMME COMPATIBLES CLIENT/SERVEUR LE MARCHÉ À INTERNET
DE PRODUITS

ACCPAC for Commence à se répandre Gamme de Fabrication et points de Version SQL offerte, Solides fonctions de traitement Pas encore
Windows au Canada, mais lentement produits vente, mais en nombre mais sans véritable des opérations (monnaie étrangère) prête
complète limité fonctionnalité SQL et consolidation du marché
ACCPAC Plus existant (DOS)

Great Plains Augmente sa part de Gamme de Produits offerts pour Version de réseau Solide stratégie Internet sur le Ensemble de
Dynamics marché, mais à partir produits le secteur des services, local fondée sur marché des réseaux fonctions
d’une clientèle réduite complète l’établissement du Btrieve complet
coût de revient par
commande, etc.

Great Plains Commence à s’établir Gamme de Produits offerts pour Version SQL offerte, Solide stratégie Internet sur le Ensemble de
SQL+ plus fermement avec produits le secteur des services, mais sans véritable marché SQL Server fonctions
l’introduction de complète l’établissement du fonctionnalité SQL complet
nouveaux modules coût de revient par
commande, etc.

Platinum for Demeure un produit de Gamme de Nombre limité de Platinum unifiera le Utilisateurs haut de gamme Pas encore
Windows réseau local haut de gamme produits produits pour Windows; code source de ses disposant d’un budget pour les prête
en raison des fonctions de complète grand nombre de versions réseau local réseaux locaux. Bien accueilli dans
traitement des opérations produits offerts sous et SQL dans les trois les sièges sociaux et les grandes
en monnaie étrangère, de DOS. La conversion prochaines années entreprises, pour ses fonctions
comptabilité intersociétés durera un certain temps de traitement des opérations en
et de consolidation monnaie étrangère, de consolidation
et de comptabilité intersociétés

Platinum Se répand au Canada et Gamme de Certains produits Priorité accordée à Solide implantation de la technologie Certaines
SQL NT possède la plus vaste produits pour la fabrication, MS SQL Server et à client/serveur. Usage le plus évolué fonctions
clientèle SQL Server dans complète la facturation et l’optimisation du de la technologie de base de offertes, mais
ce pays l’établissement du coût produit pour cette données ensemble
de revient par commande base de données d’outils pas
encore prêt

SunSystems S’est répandu dans la Gamme de Grand nombre de Version SQL offerte, Gouvernements et organismes Pas encore
dernière année, en produits produits offerts, mais la mais sans véritable exigeant une comptabilité par prête
particulier dans le secteur complète plupart hors du Canada fonctionnalité SQL fonds
gouvernemental

Solomon IV Commence à afficher des Gamme de Version SQL offerte, Produit bien fait, avec fonction Pas encore
for Windows signes de croissance, mais produits mais sans véritable complète de traitement des prête
d’une ampleur encore complète fonctionnalité SQL opérations en monnaie étrangère
incertaine

produits, pourrait élargir ce marché en- nouvelles technologies et l’innovation. Les Platinum Software Corporation a livré
core davantage et rejoindre les entreprises applications de commerce sur Internet une gamme exhaustive de produits Plat-
qui ont besoin d’un logiciel pouvant sont au cœur de ses préoccupations. Great inum pour Windows en 1996. Ce logiciel
traiter des volumes élevés d’opérations. Au Plains a livré ces outils sans perdre de vue est une version Windows du produit
moment où je rédige cet article, le produit la fonctionnalité, augmentant ainsi la ca- Platinum Btrieve, qui compte plus de
SQL n’est pas encore offert sur le marché, pacité des utilisateurs à servir leurs clients. 30 000 utilisateurs en Amérique du Nord.
mais il en est au stade des tests bêta. La Comme le code source des versions La stratégie de la société, avec cette ver-
version SQL utilisera le même code source réseau local et SQL de Dynamics est le sion Windows, était de fournir un pro-
que le produit de réseau local et ne devrait même, Great Plains a pu tirer parti des duit entièrement compatible comportant
donc comporter que peu de bogues. investissements consacrés aux tests et au les mêmes structures de fichier et le
Great Plains Software travaille dans l’en- codage, tout en réussissant à offrir une même code source pour les fonctions
vironnement Windows depuis trois ans et, première version du logiciel SQL pra- comptables clés que le produit DOS
avec la version 3 de Dynamics, son produit tiquement exempte de bogues. Le produit d’origine. Cette stratégie a permis à Plat-
a atteint un stade de maturité satisfaisant. SQL utilise MS SQL Server et le nombre inum de tirer parti d’un code source de
Ce logiciel offre de solides performances d’installations en Amérique du Nord dé- qualité et de livrer un produit Windows
et présente des améliorations de fonctions passe la centaine. Avec ses versions SQL et stable. Avec la livraison des modules de
et de rendement, ce qui en fait l’un des réseau local, Great Plains est en mesure traitement des commandes et d’inven-
produits les plus mûrs et les plus stables d’offrir aux marchés des petites et des taire, Platinum pour Windows devient
sur le marché. La stratégie de Great Plains moyennes entreprises une série complète un produit pour réseaux locaux exhaustif
consiste avant tout à mettre l’accent sur les de solutions. offrant des fonctions sophistiquées de

26 camagazine / août 1997


D O S S I E R T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N

traitement des opérations en monnaie lisateur de modifier les écrans, les menus, taines fonctions particulières, comme le
étrangère et de consolidation. C’est l’un les rapports, etc. Les clients peuvent ob- traitement de la TPS et de la TVP.
des seuls produits dans cette fourchette tenir des mises à jour mensuelles sur le site Que conclure? D’abord, la plupart des
de prix pouvant offrir une fonctionnalité Web et se prémunir ainsi contre les bogues. grands fournisseurs ont déployé des efforts
haut de gamme aux grandes entreprises. Le produit comporte des fonctions considérables dans les deux dernières an-
Platinum SQL, lancé en 1992, continue exhaustives et offre le traitement des opé- nées pour livrer des produits de haute
d’évoluer. Après la version 3.1, la version rations en monnaie étrangère. Dans un qualité fondés sur Windows et SQL, et ils
4.1, attendue cet été, comprendra une proche avenir, Solomon lancera un mo- réussissent enfin à tenir leurs promesses.
fonction de traitement des opérations en dule complet de consolidation et de Mais le marché intermédiaire est inondé
monnaie étrangère dans tous les modules comptabilité intersociétés. de produits, car les fournisseurs pour
et des améliorations sur les plans financier D’autres produits (bien établis aux États- réseaux locaux essaient de s’y hisser et les
et opérationnel dans les modules existants. Unis) sont mal représentés au Canada et «grands» (comme SAP et PeopleSoft) ten-
Platinum SQL a été l’un des premiers ne sont pas assez ciblés pour accroître leur tent de s’y infiltrer. Une fois les concurrents
produits client/serveur fondés sur SQL et pénétration. Certains d’entre eux, comme face à face, on pourrait assister à une lutte
il continue d’accroître sa part du marché Acuity de State of the Art, Macola et Open entre 10 fournisseurs cherchant à s’appro-
malgré le nombre de nouveaux produits Systems, ont été adaptés pour Windows prier le marché. C’est sur le budget de mar-
SQL. Ses solides assises technologiques, depuis 1995. Chacun comprend un certain keting, les fonctions, les technologies, la
son utilisation intensive des perfor- nombre de modules pour Windows et de connaissance des ventes, les assises finan-
mances et des fonctions de sécurité et de nouveaux continuent de s’ajouter. Les cières et le soutien aux utilisateurs que se
contrôle de MS SQL Server le distinguent acheteurs ont cependant intérêt à vérifier jouera la partie. Les perdants devront se
nettement des logiciels concurrents. le niveau d’assistance offert par ces four- replier vers le marché bas de gamme ou,
• La gamme des produits SunSystems de nisseurs. À mesure que ces produits évo- tout simplement, rendre les armes.
Systems Union a peu changé depuis deux lueront, il se peut que leurs concepteurs ac-
ans, mais la société tente de lancer une cordent plus d’attention au marché cana- Tom A. Dagenais, CMC, CA, est associé de
version entièrement renouvelée de son dien. Entre-temps, il est important de Deloitte & Touche où il travaille avec le
produit, et compatible avec Windows, s’assurer qu’ils prennent en charge cer- groupe de services informatiques, à Toronto.
dans une architecture client/serveur.
SunSystems compte plus de 8 000 instal-
lations dans le monde et son principal
atout semble lié à ses fonctions multi-
lingues, de pair avec sa capacité à répon-
dre aux besoins des multinationales.
SunSystems a étoffé ses fonctions de
traitement des opérations en monnaie
étrangère, de consolidation et de comp-
tabilité par fonds et le logiciel est à toute
épreuve. Il est très utilisé par le marché
des services financiers, par les organismes
sans but lucratif et les gouvernements.
En 1996, SunSystems a aussi intégré à
son produit un tout nouvel outil de pro-
duction de rapports, qui facilite beau-
coup le travail des utilisateurs.
Solomon a lancé une série complète d’ap-
plications fondées sur Windows
(Solomon IV for Windows). C’est d’ail-
leurs l’un des premiers fournisseurs à
avoir livré une gamme de produits com-
plète dans cet environnement. Le logiciel
a évolué pendant les deux dernières an-
nées et, au début de 1997, Solomon a livré
sa première version pour MS SQL Server.
La stratégie de la société a consisté à
employer des outils de développement qui
constituent la norme dans l’industrie (no-
tamment Visual Basic) et à vendre ses
progiciels comme étant «les plus ouverts»
sur le marché. La trousse de personnalisa-
tion fonctionne bien et permet à l’uti-

camagazine / août 1997 27


performance
COMPTABILITÉ PAR ACTIVITÉS

Gare aux tueurs de profits!


Il s’en faut de peu :
une comptabilité
de gestion inappropriée
peut entraîner des
entreprises rentables dans
une spirale mortelle
Par Jason Hergert

C
onnaissez-vous l’histoire de la
propriétaire de bar, du ven-
deur d’arachides et du comp-
table? Non, ce n’est pas une
blague, même si cette histoire comporte
une conclusion amusante. C’est un cas
dont on devrait parler dans tous les ser-
vices financiers des petites comme des
grandes entreprises.
Le voici : Un entrepreneur entre dans
un bar et demande à la propriétaire s’il «Je comprends», dit l’entrepreneur fixes. Si toutes les marges sur coûts varia-
peut s’installer à une table libre pour y qui, de toute évidence, n’y comprenait bles prises globalement ne sont pas suf-
vendre des arachides. «Bien sûr, lui dit la rien. «Après tout, dit-il, je pense que ce fisantes pour couvrir les coûts inévitables
propriétaire, mais j’aimerais que vous me n’est pas une affaire rentable.» Il sort du (qui sont évitables au niveau de l’entre-
donniez la moitié des profits. — Marché bar déconcerté, croyant toutefois que le prise dans son ensemble), il faut établir
conclu, dit-il.» L’entrepreneur commence propriétaire du bar voisin saurait sûre- une structure de coûts, ou abandonner ce
donc à vendre ses arachides et, à la fin de ment accepter un profit de 500 $ par se- secteur d’activité.
la première semaine, il a 1 000 $ à parta- maine pour lequel il n’aurait eu à consen- Vous voulez contrôler tous les coûts?
ger avec la propriétaire. tir aucun investissement. Assurez-vous que responsabilité et causa-
Mais le comptable a vent de l’affaire et Cette histoire nous amène à nous po- lité vont de pair, sinon c’est peine perdue.
s’empresse de participer au renouvelle- ser les questions suivantes : Pourquoi tant Il est difficile de contrôler des coûts qu’on
ment de ce petit contrat rentable. Il ex- de comptables tiennent-ils tellement à ne peut éviter. Le vendeur d’arachides ne
plique à l’entrepreneur qu’il occupe une imputer des coûts non pertinents? Pour- pouvait contrôler le coût de la surface
partie de la surface utile du bar (même si quoi en répartissant les coûts doit-on se utile qu’il utilisait; seule la propriétaire
cet espace n’est pas utilisé autrement), qu’il rendre jusqu’au bénéfice net? «Pour nous du bar pouvait le faire. Il appartenait à la
bénéficie du chauffage, de l’éclairage, des assurer de récupérer tous les coûts!» affir- propriétaire du bar d’utiliser ses actifs (le
services de nettoyage ainsi que d’autres pe- ment certains avec zèle. «Pour être cer- bar) pour obtenir plus de profits sans en-
tites commodités nécessaires dans un tel tains que tous les coûts sont gérés», di- gager de coûts.
établissement et conclut que l’entrepre- sent d’autres de façon prosaïque. Faites La comptabilité par activités (CPA)
neur devra payer pour ces services. attention à ces gens, ils tuent vos profits. est un outil de modélisation financière
«Vous nous devez 4 000 $», lui lance le Est-ce que la prise en compte des seuls capable de générer des informations très
comptable. coûts évitables dans l’établissement des utiles à l’appui des décisions de gestion.
Sous le choc, l’entrepreneur s’écrie : coûts de revient signifie que tous les Mais, si on l’applique sans tenir compte
«Quoi?» coûts ne sont pas inclus dans les prix? Ne des concepts de causalité, de coûts évita-
«Voyez, explique le comptable avide, confondons pas établissement des coûts bles et de capacité, on peut détruire la po-
j’ai appliqué les concepts de la comptabi- de revient et fixation des prix. La fixation sition concurrentielle d’une entreprise.
lité par activités et je vous ai attribué une des prix devrait être fonction du marché Trop souvent, en appliquant les concepts
part des coûts en fonction de la surface afin de faire en sorte que la marge sur de la CPA, on fait fausse route. La CPA
utile. Ça nous coûte 4 000 $ pour vous coûts variables contribue de façon maxi- vise une imputation des coûts meilleure
SETH

laisser occuper cet espace.» male à la couverture de tous les coûts et plus complète; ce n’est pas seulement

camagazine / août 1997 31


un nouveau moyen d’imputer des coûts tiendra en faisant entrer plus de person- activités. Parmi les activités chiffrées, deux
indirects à des lignes de produits. nes dans son bar. concernent l’embauche et l’élaboration
La CPA a un double but. Première- Combien de fois des entreprises des politiques. L’embauche est évitable, et
ment, elle regroupe les coûts en les rat- échouent-elles dans leur tentative d’ex- les coûts peuvent être associés aux gestion-
tachant aux activités au moyen du même pansion parce qu’elles imputent les coûts naires en fonction du nombre de person-
inducteur causal de coût. Ce faisant, il est indirects (au moyen de la CPA ou nes qu’ils embauchent. S’ils engagent
possible d’associer ces coûts à des élé- autrement) de façon telle que leurs pro- moins de personnes, les coûts seront
ments différents tels que les produits, les duits semblent plus chers? Combien de moindres. L’élaboration des politiques
clients, les circuits commerciaux et les gestionnaires éliminent des produits quant à elle entraîne un coût lié au main-
processus opérationnels. Deuxièmement, parce que «ceux-ci ne sont pas rentables», tien des activités de l’entreprise. C’est une
et nous entrons ici dans le monde de la pour constater ensuite une baisse géné- activité incontournable qui n’est pas perti-
valeur ajoutée de la gestion par activités, rale de la rentabilité de l’entreprise quand nente quand il s’agit de décider du prix de
la CPA donne lieu à une redéfinition des ces produits ne sont plus sur le marché? supergadgets sur le marché.
coûts de l’activité : on passe du coût au Selon les économistes, ces façons de faire Qu’est-ce qui arrive si le coût est im-
résultat de l’activité. conduisent à une spirale mortelle. C’est puté et qu’ultimement l’activité rentable
L’erreur critique? Ce ne sont pas tous dommageable, et pourtant chaque jour devient apparemment non rentable? Une
les coûts qui ont des inducteurs signifi- des entreprises utilisent ces moyens. bonne information sur les coûts devrait
catifs. Les entreprises qui ont des coûts Quand elle est appliquée correcte- indiquer si on doit abandonner ou non la
fixes élevés sont souvent celles qui sont le ment, la CPA peut permettre à l’entre- fabrication de supergadgets. Lorsqu’on
plus touchées. Dans l’exemple du bar, le prise d’obtenir une meilleure imputation abandonne la fabrication des supergad-
coût de la surface utile n’a pas d’induc- des coûts tout en tenant compte de la gets à la suite de l’attribution des coûts
teur causal. C’est un coût inévitable. Si le pertinence. La CPA peut générer une in- indirects, on déplace seulement l’imputa-
bar est tellement bondé que la proprié- formation sur les coûts à la fois plus ra- tion des coûts (qui apparaîtra ailleurs).
taire a besoin de l’espace occupé par le pide, plus précise et plus significative, qui Non seulement a-t-on perdu une oppor-
vendeur d’arachides pour sa clientèle, la tient compte de l’imputation des coûts tunité, mais on devra maintenant impu-
situation change. Mais alors, le coût indirects évitables. ter les coûts indirects aux autres secteurs
«évitable» correspond seulement au À titre d’exemple, prenons un service d’activité de l’entreprise, ce qui pourrait
montant d’argent que la propriétaire ob- de ressources humaines dont on ventile les conduire à d’autres décisions d’abandon
qui aboutiront à une spirale mortelle.
L’ironie dans tout cela, c’est qu’il
n’existe aucune situation où l’imputation
de coûts inévitables aide vraiment à la
prise de décisions. Les monopoles et les
organismes publics ayant des program-
mes à frais partagés peuvent s’adonner à
ces jeux comptables. De par leur nature,
ces sociétés peuvent créer des liens fictifs
à l’égard des coûts et gérer en fait le mar-
ché comme si ces liens étaient réels. Par-
fois, elles utilisent ces liens artificiels pour
masquer leur ignorance de leur propre
marché. Malheureusement, en agissant
de la sorte, elles n’optimisent pas pleine-
ment leurs activités. Pis encore, si ces so-
ciétés font l’objet d’une déréglementa-
tion ou de pressions pour la compression
de leurs coûts, ce retranchement dans des
idées rétrogrades peut les entraîner en
fait dans une spirale mortelle où elles
assisteront à une détérioration de leurs
ventes et de la structure de leurs coûts
ainsi qu’à une diminution de la valeur
pour le client, jusqu’au jour où elles
pourront se réajuster et découvrir la réa-
lité du marché.
Il est facile d’imputer les coûts indi-
rects inévitables. Mais ne le faites jamais.

Jason Hergert, CA, directeur adjoint,


Solutions axées sur la valeur, Deloitte
& Touche Groupe conseil, Ottawa.

32 camagazine / août 1997


co n t r ô l e
GOUVERNEMENT D’ENTREPRISE

Perspective globale
Que doivent faire les
administrateurs d’entreprise
pour réagir de façon sensée
aux nombreuses pressions
qui se font sentir dans
le contexte actuel?
P a r E d w a rd J . Wa i t z e r

L
es sociétés ouvertes n’ont rien de
figé — elles se transforment sans
cesse. Leur seule constante est
leur objet fondamental, à savoir mes sociaux désirés. Ce déchaînement ré- cas des intérêts de leurs travailleurs et des
la génération de profits pour les action- glementaire constituait sans doute une collectivités, ajoute M. Reich, la société
naires. Aujourd’hui, cette définition ré- réaction pertinente aux vœux du public, doit les réorganiser à cette fin. À une
ductrice de leur vocation est contestée : mais les procédés se sont souvent avérés époque où l’on privilégie le moins d’in-
on cherche à mettre dans la balance les peu économiques, allant même parfois à terventionnisme gouvernemental pos-
droits des salariés et autres «intéressés» et l’encontre du but recherché. sible, une telle démarche paraît justifiée.»
les droits traditionnels des actionnaires. Pour être honnête, disons que cette ré- L’appel lancé aux sociétés de trouver un
L’un des aspects de cette remise en glementation nous a permis de tirer nouvel équilibre entre la nécessité de com-
cause concerne le salaire des dirigeants. À quelques leçons utiles au sujet de notre primer les coûts et celle d’une respon-
l’heure où de nombreuses familles pâtis- société et de notre façon de nous gouver- sabilité sociale accrue a été pris au mot, no-
sent du chômage, la rémunération des ca- ner. Philip Howard, qui a réussi un rare tamment par des hommes et des femmes
dres supérieurs continue d’augmenter de exploit en publiant un succès de librairie politiques un peu partout dans le monde.
façon spectaculaire, notamment du côté sur le sujet de la réglementation (The Récemment, aux États-Unis, on a ten-
des options d’achat d’actions. Il est d’ail- Death of Common Sense), soutient que té par certains projets de loi de limiter la
leurs fréquent que le cours des actions se l’art de bien gouverner repose sur des rémunération des dirigeants et de mettre
redresse après l’annonce de mises à pied, grands principes plutôt que sur des règles en place des incitatifs fiscaux (ou des dis-
du fait que les analystes traduisent l’éco- détaillées. Selon lui, on devrait laisser aux positions obligatoires) à l’égard de la for-
nomie de coûts qui s’ensuit en bénéfices particuliers le soin d’interpréter ces prin- mation, des mises à pied, des avantages
futurs. Les contradictions apparentes de cipes et de les appliquer à leur situation. sociaux et du service communautaire du-
cette nature ont provoqué un tollé, une Il semble actuellement que les pou- rant les heures de travail. Derrière ces
revendication d’«équité» devant le fait voirs publics aient peut-être atteint les questions particulières se cachent des
que les salariés et les cadres intermédiaires limites de leur capacité d’exercer un pou- questions générales relatives au gou-
assument une part disproportionnée des voir réglementaire. Cette possibilité sem- vernement d’entreprise. Nous avons déjà
risques liés au succès de l’entreprise, sans ble éclairer le débat actuel sur les droits assisté à un accroissement spectaculaire
toutefois en partager les bénéfices. des «intéressés», débat qui, à mon avis, a de la participation des actionnaires insti-
Un aspect connexe, mais moins visi- été résumé le plus brillamment par l’an- tutionnels. D’autres intéressés ont sans
ble, concerne le pouvoir décroissant de cien secrétaire au Travail des États-Unis, doute observé la pression qui peut être
l’État de lever des impôts et de redistri- Robert Reich. «Même si l’on pouvait exercée sur les sociétés à l’enseigne du
buer la richesse, pouvoir qui, dans une revenir en arrière et analyser davantage le «gouvernement d’entreprise». Dans un
certaine mesure, s’est déplacé vers les em- pouvoir discrétionnaire dont disposait avenir relativement proche, ces person-
ployeurs du secteur privé au cours des naguère le PDG pour établir un certain nes pourraient fort bien s’organiser pour
20 dernières années. Compte tenu de équilibre entre les intérêts des action- promouvoir une législation répondant à
l’aggravation des déficits et de l’impossi- naires et ceux des salariés et des collecti- leurs propres préoccupations.
bilité d’alourdir davantage le fardeau fis- vités, observe-t-il, il est loin d’être sûr que Ce sont donc là certains des défis à
GARY CLEMENT

cal des contribuables, les pouvoirs pu- la société dévoluerait un tel pouvoir à des relever pour assurer un bon gouverne-
blics se sont tournés vers l’imposition de fonctionnaires non élus. Si nous voulons ment d’entreprise dans le secteur privé. Il
règlements pour instituer les program- que les sociétés par actions fassent plus de est remarquable qu’au-delà d’exigences

camagazine / août 1997 35


juridiques vaguement formulées, il y ait eu permet de resserrer les attentes des au- qui constituent l’équivalent fonctionnel
si peu de recommandations concrètes fai- torités de réglementation externes). Les du système nerveux dans le corps hu-
sant autorité quant à ce que devraient faire avantages de l’intégration de ces valeurs main. Le genre d’information qu’une
les administrateurs pour relever ces défis. par une entreprise (ou par un secteur entreprise s’efforce de puiser dans son
Le rapport du Conseil sur les critères d’activité) tombent sous le sens. Car non environnement, les sources de la rétroin-
de contrôle, intitulé Recommandations à seulement la réglementation ne peut-elle formation (tant interne qu’externe)
l’intention des administrateurs – Processus pas traiter chaque cas avec efficacité et au qu’elle tente d’obtenir, les lieux où elle
de gouvernement d’entreprise liés au con- moment opportun, mais elle a en outre diffuse ce qu’elle apprend, les éléments
trôle (publié par l’ICCA), représente un tendance à être de peu d’utilité pour aider qu’elle garde en mémoire et ceux qu’elle
effort pratique et ciblé de description de les entreprises à gérer le changement. Elle oublie, toutes ces particularités sont des
ces responsabilités. Comme le titre sem- tend plutôt à s’attaquer aux problèmes déterminants fondamentaux de son gou-
ble l’indiquer, les responsabilités sont qui se présentent lorsque la gestion du vernement et de son comportement.
toutes structurées en termes d’évalua- changement a échoué. Là encore, on commence tout juste à
tion, d’approbation et de surveillance, Les contrôles internes reflètent la vi- tenter de cerner et de mesurer les facteurs
plutôt que d’exécution des fonctions de sion et les valeurs d’une entreprise et, qui créent de la valeur et ceux qui n’en
gestion courante. Il n’y a rien de sorcier comme le Conseil sur les critères de con- créent pas. Des mesures efficaces peuvent
dans tout cela. Dans la plupart des cas, trôle l’a déjà fait ressortir, ils soutiennent avoir beaucoup d’impact pour les in-
cela se résume à se poser des questions les gens dans la réalisation des objectifs téressés et ceux qui établissent les poli-
qui sont si évidentes qu’on se sent un peu de l’entreprise. La vision et les valeurs tiques. De fait, presque tout est mesuré
bête, et à en assurer le suivi. Mais c’est doivent donc se refléter dans les pro- dans notre société, et surtout les com-
dans cette perspective des droits de divers grammes de gratifications de l’entreprise posantes auxquelles nous accordons de la
intéressés que le texte du Conseil sur les et la manière dont celle-ci attribue les res- valeur. Mais, tout comme les indicateurs
critères de contrôle sur la «vision» et les ponsabilités et les pouvoirs à ses salariés. sociaux traditionnels nous renseignent
«valeurs» prend un sens important. De toute évidence, une partie de la so- peu sur une foule de considérations qui
Notre vision commande notre façon lution consiste à élargir la participation comptent beaucoup pour les gens, notre
de penser, donc notre manière d’agir. aux programmes d’options d’achat d’ac- système de présentation de l’information
Lorsqu’on opère des transformations or- tions, en vue de mieux faire accepter les financière n’a pas été conçu pour fournir
ganisationnelles sans modifier la vision, objectifs de l’entreprise par les salariés et des mesures du rendement dans des
on finit ordinairement par faire les leur permettre d’en partager les profits. domaines comme l’innovation et l’ap-
mêmes choses d’une manière différente Frederic W. Cook, conseiller en rému- prentissage, la préservation de l’environ-
en les nommant différemment. On mo- nération américain, a observé que, depuis nement à long terme, ou encore les im-
difie la forme, mais non le fond. Les 1981, le rendement total moyen des pacts sociaux.
valeurs, comme la vision, aident à déter- actionnaires sur les actions du S&P 500 a En fin de compte, le défi, au chapitre
miner le comportement. On peut réduire été de 17 %, tandis que la hausse du gouvernement d’entreprise, est de
la résistance au changement (et les per- moyenne des salaires et des avantages so- modifier les comportements maintenant
turbations qui en résultent) en établis- ciaux s’établissait à 4 %. Il n’est pas exces- afin de prévenir les lourdes conséquences
sant une culture fondée sur certaines sif de se demander pendant combien de que pourrait avoir l’intervention prévisi-
valeurs fondamentales. temps un écart aussi grand peut persister ble de l’État. Les sociétés sont, en règle
Selon moi, l’une des valeurs les plus sans conséquences sociales négatives. Il générale, mieux pourvues que l’État pour
importantes pour n’importe quelle or- est sûr que la dilution volontaire visant à réagir de façon sensée, au nom de tous les
ganisation est la tolérance, qui permet élargir et à intensifier la participation des intéressés, aux nombreuses pressions qui
d’apprendre des autres et de s’améliorer. salariés au capital de l’entreprise est se font sentir de nos jours. Plus que ja-
De même, il est vital pour la transforma- préférable à une loi quelconque sur mais, les employeurs seront appelés à
tion de l’organisation que chacun assume «l’équité en matiére d’options». définir les paramètres du bien-être de la
la responsabilité de ses propres actes (au Un gouvernement efficace exige que société, mais, du même coup, ils auront à
lieu de blâmer les autres ou de se voir l’on accorde aussi beaucoup d’attention assumer les responsabilités que ce pou-
comme une victime). Pour apprendre, il aux cadres moyens et intermédiaires. La voir engendre. L’apport volontaire de
faut commencer par accepter qu’aucun mise en place de programmes d’apprentis- changements par le truchement du gou-
de nous ne possède toutes les réponses. sage continu visant à permettre aux vernement d’entreprise n’est donc pour
L’humilité est donc également à ranger salariés d’augmenter leur valeur aux yeux l’entreprise qu’une manière éclairée de
dans les valeurs fondamentales. À cette de l’entreprise (et à leur propre avantage servir ses propres intérêts.
liste, j’ajouterais, enfin, le perfection- au cas où les circonstances les forceraient à
nement personnel, qui implique des sa- chercher du travail ailleurs) est une mani- Edward J. Waitzer est associé du cabinet
crifices et le fait d’accorder plus de valeur festation souhaitable d’un gouvernement d’avocats torontois Stikeman, Elliott, et an-
à l’avenir qu’au présent. efficace, tout comme l’attention accrue ac- cien président de la Commission des
Ces valeurs créent la confiance, stimu- cordée aux arrangements. valeurs mobilières de l’Ontario.
lent l’expérimentation et encouragent le Une autre dimension du gouverne-
perfectionnement et l’échange de con- ment efficace — l’information — est Cette chronique est dirigée par :
naissances. Elles incitent à la participa- chère au cœur des comptables. On ne Peter Jackson, CA
tion. Elles améliorent le gouvernement saurait exagérer l’importance des sys- Directeur
interne (amélioration qui, à son tour, tèmes d’information d’une entreprise, Services des critères de contrôle, ICCA

36 camagazine / août 1997


informatique
SÉCURITÉ

Un risque à bien mesurer


Au fond, les problèmes de sécurité sur Internet se rapprochent beaucoup d’autres
facteurs de risque. Il suffit de bien les cerner et de bien les analyser.
P a r R o s i e L o m b a rd i

A
lors que les médias conti- posséder les structures de gestion et les l’organisme «Central Stupidity Agency»
nuent de nous instruire des mécanismes de contrôle qui serviront de (par opposition à Central Intelligence
menaces cyberspatiales pro- cadre à de telles mesures. Ces structures Agency) et y ont posté des grossièretés. Le
venant des fouines, des pi- résultent directement du mandat, de la vi- site ne contenait pas d’informations
rates informatiques, des détecteurs d’er- sion et des valeurs de l’organisation. La classées secrètes, soit, mais cet incident a
reurs, des pirates de lignes téléphoniques, politique de sécurité sur Internet en dé- néanmoins ridiculisé la CIA.
des fichiers cookies et de bien d’autres, le coule. Selon Peter Adler,
monde des affaires craint plus que jamais juriste spécialisé en
de se brancher à Internet. En fait, ses in- droit de la propriété JARGON D’INTERNET
quiétudes sont fondées. Dans le cadre intellectuelle, à Min-
d’un sondage effectué par le Computer neapolis, il faut tout Cookie : Information créée par un site Web qui est
Security Institute (CSI) auprès des 500 «d’abord évaluer les emmagasinée dans un fichier sur le disque dur de
sociétés classées par la revue Fortune, politiques générales de l’utilisateur, ce qui permet de suivre l’activité cy-
42 % des répondants ont déclaré que sécurité — pas seule- berspatiale de cet utilisateur.
leurs systèmes informatiques avaient été ment celles qui ont trait Détecteur d’erreurs : Pro-
utilisés sans autorisation au cours des à Internet, mais égale- grammes qui surveillent et
douze mois précédents. Les menaces ment celles qui se rap- analysent l’ensemble du tra-
posées à la sécurité, bien que réelles, ne portent au harcèlement fic sur le réseau, et qui font
touchent cependant pas uniquement In- sexuel, aux contrats, au état des problèmes. Ces pro-
ternet ou le système informatique d’une contrôle des exporta-
grammes, inoffensifs à l’ori-
entreprise. Comme l’a observé récem- tions, à la propriété in-
gine, sont utilisés par les
ment Scott McNealy, président de Sun tellectuelle, etc.».
fouines pour détecter des informations internes,
Microsystems : «Les problèmes relatifs à L’étape suivante im-
notamment les chaînes de mots de passe.
la confidentialité sur Internet sont tout à plique qu’on classifie
fait exagérés. Comment envoyons-nous Fouine : Personne qui «trafique» un ordinateur
l’information en fonc-
des messages actuellement? Nous les in- tion de sa confidentia- jusqu’à ce que le programme fonctionne. Compli-
sérons dans une mince enveloppe de pa- lité, de son intégrité et ment à l’origine, ce terme désigne maintenant une
pier, nous les jetons dans une boîte non de sa disponibilité. Si personne qui s’introduit illégalement dans les sys-
protégée placée dans un lieu public, et les informations d’une tèmes informatiques, par amusement et défi.
nous les laissons à la disposition du gou- organisation accessibles Pirate de lignes téléphoniques : Personne qui tente
vernement pendant trois jours.» par Internet ne sont ni de faire des appels sans frais ou aux frais de
Lorsqu’une organisation se branche à secrètes ni confidentiel- quelqu’un d’autre. De nombreux pirates informa-
Internet, sur quel plan est-elle le plus ex- les, la sécurité consti- tiques «s’occupent» aussi des lignes téléphoniques.
posée? Sur celui de l’information, celle tue-t-elle réellement un Pirate informatique : Personne qui «perce le code»
qui est emmagasinée dans son système problème? La réponse de systèmes informatiques et téléphoniques en accé-
informatique. Le niveau de risque dé- est oui, dans la mesure dant à des mots de passe, ou en «déplombant» le
pend du contenu et de la valeur de cette où l’organisation doit dispositif de protection anti-copie d’un logiciel.
information. «Il faut voir cela comme quand même se préoc-
une échelle de risque, dit Richard Power, cuper de l’intégrité et
analyste chez CSI. Pour un fournisseur de de la disponibilité des
matériel de bureau, la sécurité n’est informations. Il y a toujours un coût Les menaces qui pèsent sur Internet
qu’une préoccupation secondaire. Une monétaire lié à la reconstitution des don- sont déjà bien connues, comme le sont les
banque, en revanche, doit se conformer à nées perdues, sans compter le coût moins caractéristiques des différentes catégories
des règlements stricts à cet égard.» matériel associé à la perte de la confiance d’intrus externes à l’entreprise (voir l’en-
Pour qu’une organisation puisse assu- du public. L’automne dernier, le site Web cadré ci-dessus). Cependant, les actes
rer une sécurité adéquate des informa- de la CIA a été la cible d’un acte de perpétrés par des étrangers ne repré-
tions transmises sur Internet, elle doit déjà vandalisme : des fouines ont rebaptisé sentent qu’un faible pourcentage des

camagazine / août 1997 37


teur du groupe qui offre aux entreprises
CONSEILS DE SÉCURITÉ des solutions de protection, un client a
observé quatre tentatives d’accès non au-
• Désactiver tous les comptes implicites des systèmes, et changer les mots de torisées à son système dans les 45 minu-
passe et droits par défaut. tes qui ont suivi l’installation d’un ser-
• Ne pas afficher de logos d’entreprise, d’aide en ligne ou d’autres informations veur garde-barrière; il a encore constaté
utiles avant que l’utilisateur soit identifié et autorisé. au moins une tentative par jour au cours
• Désactiver les services de réseau qui fournissent des informations dont une des quatre mois suivants. Les tentatives se
fouine pourrait se servir pour contourner les dispositifs de sécurité d’un système. sont avérées vaines, mais la menace qu’el-
• Interdire aux utilisateurs d’accéder directement à un hôte comme «administra- les représentaient était des plus réelles.
teur de réseau». Les utilisateurs autorisés devraient demander une connexion en Un garde-barrière ne peut protéger un
leur propre nom.
réseau interne contre les virus. La plupart
des gardes-barrières explorent le trafic
• Demander aux utilisateurs de changer fréquemment de mot de passe, et d’éviter
d’entrée en vue de déterminer les adres-
les combinaisons évidentes. Par exemple, l’utilisation du terme «mot de passe» de-
ses émettrices et réceptrices, mais il ne
vrait être interdite. On peut recourir à un logiciel externe pour appliquer des rè-
serait pas pratique de les munir d’un
gles de composition.
anti-virus universel. Même si un garde-
• Limiter le nombre de demandes de connexion erronées qui sont tolérées pour
barrière «parfait» pouvait être conçu de
un utilisateur. façon à bloquer tous les virus qui voya-
• Relever les atteintes à la sécurité et passer en revue les journaux de sécurité. gent par Internet, il serait encore inca-
• Recourir au chiffrement pour protéger les informations confidentielles transmi- pable de vacciner un système contre la
ses dans un réseau. source la plus commune d’infection des
• Procéder à une mise à jour de correction du système pour éliminer les lacunes de réseaux : les disquettes reçues d’ailleurs.
sécurité exploitées par les fouines. Par exemple, les anciennes versions du service On peut régler ce problème plus facile-
de courrier électronique sur Unix, Sendmail (avant le 8.6.10), ont des lacunes bien ment en apprenant aux utilisateurs à ins-
connues qui peuvent être éliminées au moyen d’une mise à jour rapide. taller sur leur ordinateur un programme
• Veiller à l’établissement correct de tous les droits sur tout répertoire auquel les anti-virus destiné à désinfecter toutes les
étrangers peuvent accéder, comme un répertoire FTP anonyme. Tous les fichiers et disquettes, tous les logiciels publics et
les répertoires du système auxquels le public a accès ne devraient être utilisés et autres programmes externes.
modifiés que par l’administrateur du réseau. Cela peut sembler aller de soi, mais
bien des dirigeants oublient qu’un garde-
Source : Network Security, 1ère partie: «SATAN Makes Debut», Gartner Group, 1995 barrière ne peut vérifier que le flux d’in-
formations qui le franchit. Les vérifi-
cateurs de systèmes demandent souvent
atteintes, mais il s’agit habituellement sonnalisé en fonction du cadre de con- aux directeurs de services informatiques :
d’incidents graves et coûteux. La majorité trôle de l’entreprise. Par exemple, une or- «Savez-vous combien de modems il y a
des problèmes proviennent d’erreurs hu- ganisation pourrait donner à tous les dans votre organisation?» Chaque mo-
maines, de défaillances au chapitre de la utilisateurs accès à la fonction courrier dem représente un accès au réseau interne
sécurité physique, de catastrophes natu- électronique d’Internet, mais limiter le de l’organisation, accès qui n’est pas
relles ou de manœuvres d’employés mé- transfert de fichiers par Internet à cer- soumis à la surveillance d’un garde-
contents. Si le branchement à Internet tains utilisateurs ou systèmes désignés. barrière. Or, peu de directeurs peuvent
n’est pas assorti d’un niveau de sécurité Une autre organisation pourrait restrein- répondre à la question en toute certitude.
adéquat il peut susciter des menaces ex- dre le furetage et d’autres fonctions Inter- Un garde-barrière ne peut non plus
ternes, mais une organisation doit aussi net à certaines catégories d’utilisateurs, protéger l’organisation des dangers de
être dotée d’une structure robuste de ou encore les accorder sur une base dis- «l’ingénierie sociale», nouveau mot à la
sécurité interne pour assurer la protec- crétionnaire. Une troisième organisation mode qui désigne ce qu’on appelait
tion de son information contre des me- pourrait, quant à elle, n’accorder l’accès à naguère l’imposture. Des intrus du cy-
naces plus courantes. Internet que par des lignes de communi- berespace peuvent tout simplement con-
La direction estime trop souvent cation protégées, et interdire aux utilisa- tourner le garde-barrière s’ils amènent
qu’un garde-barrière Internet suffit. Ce teurs de se brancher par modem indi- des employés à dévoiler leur mot de passe
dispositif sert à recueillir, à concentrer, à viduel. Les combinaisons sont infinies, et ou d’autres codes d’accès.
vérifier et à isoler toutes les entrées et sor- sont fonction du type d’entreprise, de la Aucune question relative à la sécurité
ties d’informations en un point d’entrée- confidentialité ou de la valeur de l’infor- sur Internet n’a probablement reçu plus
sortie particulier, situé à l’extérieur des mation en cause. d’attention que celle de l’intégrité du
réseaux et des systèmes internes de l’or- Price Waterhouse offre à ses clients un courrier électronique. On ne dispose pas
ganisation. Comme son nom l’indique, il service appelé «intrusion légitime», qui encore d’une norme universelle applica-
sert à protéger le réseau interne au moyen vise la vérification du niveau de protec- ble à la sécurité du courrier électronique,
d’une couche de défense numérique en tion des réseaux internes. L’exercice dé- bien que de nombreuses méthodes soient
périphérie de l’organisation. Pour sélec- montre souvent, de façon frappante, la proposées : chiffrement, signatures nu-
tionner l’information et en approuver le vulnérabilité et les limites d’un garde- mériques, sceaux électroniques, cartes à
passage, le garde-barrière doit être per- barrière. Selon Robert Steadman, direc- puce, etc. La méthode Multipart Internet

38 camagazine / août 1997


Mail Extensions (MIME) est devenue une
norme de fait que les fournisseurs recom-
mandent. Plusieurs programmes de
garde-barrière l’utilisent pour chiffrer les
messages. Mais, il n’existe pas de mé-
thode de chiffrement infaillible. Chaque
fois que les fournisseurs de services
améliorent la protection des réseaux, les
fouines trouvent un moyen de contour-
ner le système ou de s’y introduire. L’uti-
lisation d’Internet pour l’envoi d’infor-
mations confidentielles a été comparée à
l’utilisation d’une carte postale. Mais
comme l’a observé Paul Brenells, associé
en technologies de l’information chez
Russell Jones & Walker, «rien ne prouve
que les enveloppes qu’on met à la poste
ne seront pas ouvertes à la vapeur et que
les lettres ne seront pas lues, mais les gens
ne s’en préoccupent pas. Par contre, ils
souhaitent des assurances à toute épreuve
relativement au courrier électronique!»
Le public demande dans le domaine
numérique des assurances de sécurité qui
n’existent pas dans le monde matériel, et
cela contribue à ralentir l’évolution d’In-
ternet en tant que mode de communica-
tion dans le domaine des affaires. Il est en-
core difficile de normaliser les protocoles,
et il est peu probable qu’on disposera d’ici
un an d’une protection vraiment adéquate
à l’égard des opérations électroniques.
Le vol récent d’un ordinateur conte-
nant plus de 250 000 comptes de cartes
de Visa International remet ces préoccu-
pations dans un contexte réel. Ce ne sont
pas des pirates désincarnés qui ont per-
pétré le vol par le truchement d’un sub-
terfuge numérique astucieux, mais des
voleurs en chair et en os qui se sont pré-
sentés dans un centre de données de Visa
et ont coupé les câbles de l’ordinateur.
En fin de compte, les principes fonda-
mentaux qui s’appliquent à Internet sont
les mêmes que ceux qui touchent toute
méthode commerciale risquée. Il faut
procéder à une évaluation critique de
tous les faits et de toutes les hypothèses,
et examiner soigneusement les façons de
réduire les risques au minimum tout en
maximisant les avantages.

Rosie Lombardi est consultante chez Price


Waterhouse, à Toronto, au sein du groupe
qui offre aux entreprises des solutions de
protection.

Cette chronique est dirigée par :


Deryck Williams, CA
Hill & Company PFK
Toronto

camagazine / août 1997 39


[ Perspectives économiques ] par Marcel Côté
Mais y aura-t-il des em-
plois pour tout le monde?
Évidemment, et des millions
de nouveaux emplois. Regar-
dez ce qui est arrivé depuis
cent ans avec la révolution de
Vague de fond l’électricité et de l’automobile.
Nous avons actuellement un
niveau de vie et de consom-

L ’informatique est l’une des grandes forces de l’économie mondiale.


Comme l’électricité, l’automobile, l’avion et les télécommunications
par le passé, elle est en voie de restructurer l’économie et de changer pro-
mation dix fois plus élevé
qu’au début du siècle et nous
avons réussi à créer des mil-
lions d’emplois. Et l’on con-
naît déjà les secteurs d’où ne
fondément la manière dont elle fonctionne. Mais toute vague technolo- viendront pas les nouveaux
emplois.
logique crée des gagnants et l’information, les vil- Revenons à 1900, alors que
des perdants, chez les indi- les d’Ottawa et de la moitié de la main-d’œuvre
vidus et les entreprises et, par San Francisco répè- travaillait aux champs. Au-
le fait même, dans les régions. tent l’exploit cen- jourd’hui, ce pourcentage est
Or, pouvons-nous anticiper tenaire de la ville de passé à 3 %. Dans l’économie
les effets de cette vague et Détroit dans celui de de demain, les travailleurs du
nous positionner parmi les l’automobile, surtout secteur manufacturier, qui oc-
gagnants ou à tout le moins parce que ces villes cupent actuellement plus du
éviter de nous retrouver par- ont su offrir des quart des emplois, verront
mi les perdants? Peut-être. conditions favorables cette part diminuer à 5 %.
Actuellement, nous som- à l’entrepreneurship Bye! Bye! cols bleus. Non
mes en mesure de transporter technologique. seulement les machines fabri-
un volume inimaginable d’in- Des secteurs d’ac- queront les produits, mais la
formations, au point où les tivité entiers sont en production baissera (par rap-
contraintes de contenu et de train de disparaître. port au PNB), car les besoins
traitement sont somme toute Le cas des dactylos est essentiels seront en grande
inexistantes. Dans l’avenir, les patent. Mais prenez le partie comblés. Et, quelle que
microprocesseurs et la fibre secteur du commerce en gros. lant dans l’assurance verront soit notre richesse, nous ne
optique, beaucoup plus puis- Conséquence du contrôle ser- leurs emplois disparaître. Par consommerons pas plus de
sants que ce que nous con- ré des inventaires et de l’infor- ailleurs, une consolidation nourriture. La consommation
naissons aujourd’hui, feront matisation des commandes, le massive de l’industrie de l’as- de produits ne s’élèvera donc
un travail dont on soupçonne grossiste perd beaucoup de surance s’annonce à l’échelle pas au même rythme que
à peine l’ampleur. son utilité, de sorte que cet in- mondiale. (Comme l’illustre l’économie et ce ne sera pas le
Depuis déjà plus de 20 ans, termédiaire traditionnel est clairement Internet, l’infor- volume mais la qualité des
les entreprises sont à l’œuvre rapidement remplacé par un mation dépasse les frontières.) produits qui augmentera et
pour exploiter ce potentiel, petit nombre de multinatio- Cette restructuration s’éten- surtout la qualité du service.
non seulement en concevant nales de la distribution et de la dra évidemment à tout le Quatre secteurs surtout
des appareils pour faciliter logistique. secteur financier — secteur verront leur importance croî-
l’utilisation de l’information, Mais les changements les d’information s’il en est —, tre sur le marché de l’emploi :
mais en développant des pro- plus profonds se feront sentir qui sera profondément trans- les services de loisirs et d’in-
duits et des services qui uti- dans les secteurs à grande formé et mondialisé par la formation, les services sociaux
lisent ce potentiel. La révolu- consommation d’informa- révolution informatique. et les services aux entreprises,
tion continuera de se pour- tion. Prenez le cas de l’assu- Les activités de services qui assurent le bon fonction-
suivre pendant au moins 20 rance, essentiellement une aux entreprises, dans lesquel- nement de la microéconomie.
autres années, et l’on peut activité d’information. Les as- les œuvrent entre autres les Le mois prochain, nous
prévoir que ses effets s’inten- sureurs s’engagent à verser comptables, les avocats, les verrons comment nous pou-
sifieront. Des bouleverse- des chèques à des clients à la consultants, seront aussi pro- vons nous préparer pour ces
ments tels que la réduction de suite d’événements fortuits. fondément transformées. Pa- années de croissance, surtout
la taille des entreprises et la Ces transactions reposent radoxalement, ce secteur d’ac- concentrée dans le domaine
consolidation des industries uniquement sur un échange tivité prendra de l’impor- des services.
pourraient même s’accélérer. d’informations. Avec pour tance, car on y retrouve ceux
Partout, l’on constate l’im- conséquence que, dans quel- que l’on pourrait appeler les Marcel Côté est associé
pact de cette révolution. Par ques années, des dizaines de «mécaniciens» de la nouvelle principal du Groupe Secor inc.
exemple, dans le secteur de milliers de Canadiens travail- économie. à Montréal.

camagazine / août 1997 56

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