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Ecole Nationale des Sciences

Appliquées Al Hoceima
Section : S2
Année universitaire : 2020--2021

Chapitre 2
Optique Physique

Pr : Rachid TISKATINE Classes préparatoires


Chapitre 2 :
Interférences lumineuses
 Introduction à la notion d’interférence

 Le phénomène d’interférences est caractérisé par la superposition de deux ou


plusieurs ondes cohérentes de même fréquence.
 En optique, c’est lui qui est responsable des couleurs observées sur les films de
savon, de l’iridescence des ailes de papillons, et des arcs surnuméraires de l’arc-
en-ciel observés juste en dessous de l’arc primaire.

 Comme nous l’avons vu dans le chapitre 1, les phénomènes ondulatoires sont


décrits par une équation différentielle du second ordre et par conséquent, le
principe de superposition s’applique.
 Il en résulte qu’en tout point où deux ou plusieurs champs optiques se
superposent, l’amplitude E du champ résultant est la somme vectorielle des
amplitudes de chaque composante.
 Etude intuitive
 Soit une vibration lumineuse que nous séparons en deux à l’aide d’un miroir
semi-réfléchissant. Faisons parcourir à ces deux ondes deux chemins z1 et z2.
Puis re-superposons ces deux ondes.
 On constate qu’après recombinaison, suivant les chemins parcourus, les deux
ondes peuvent se retrouver ou non en phase (en d’autres termes, elles peuvent
être décalées l’une par rapport à l’autre).

 Si elles sont en phase (Δϕ = 2mπ) (m entier) : E1 + E2 = E0. On parle alors


d’interférences constructives.
Si elles sont en opposition de phase, (Δϕ = 2mπ+π). On parle alors
d’interférences destructives.
 Conditions d’interférence
 A cause de leurs fréquences élevées, les ondes lumineuses donnent lieu à des
interférences qui ne sont pas facile à observer. Pour observer une interférence
soutenue de ces ondes, il faut avoir les 2 conditions suivantes :
- Les 2 sources doivent être cohérentes, c-à-d la différence de phase doit rester
constante dans le temps (sources sont synchrones).
- Les 2 sources doivent avoir la même longueur d’onde et des intensités semblables.

 Lorsque Δϕ est aléatoire, on dit que les ondes sont incohérentes. Il n’y a pas
d’interférences. L’intensité des deux ondes s’ajoute simplement.
 On peut parler de cohérence entre 2 ondes, entre les valeurs d'une même
onde à deux instants différents (cohérence temporelle) ou entre les valeurs
d'une même onde à deux endroits différents (cohérence spatiale).
 Si la source primaire n’est pas parfaitement monochromatique, on dit que la
cohérence temporelle n’est pas parfaite. Si la source primaire n’est pas
ponctuelle, on dit que la cohérence spatiale n’est pas parfaite.

 Pour réaliser des ondes cohérentes en optique, on a deux possibilités :


• - La division d’amplitude, comme par exemple un faisceau laser séparé en deux ou
comme dans l’interféromètre de Michelson où la lumière est séparée par un miroir
semi-réfléchissant.
• - La division du front d’onde (cf trou d’Young…).
• Dans une source lumineuse (p. ex. le soleil ou une lampe à incandescence) un
grand nombre d’atomes sont excités chaque instant de façon que chaque atome
émette pendant un bref instant (ca. 10-8 s) une courte onde de fréquence définie.
• Ainsi, tout le rayonnement émis par la source lumineuse est constitué de courtes
ondes de différentes longueurs d’onde et de différentes phases.
• La lumière émise par une telle source lumineuse n’est donc pas cohérente : on
n’observera pas d’interférence.
• Pour observer des phénomènes d’interférence, il faut que la longueur des ondes
superposées soit supérieure à leur différence de marche. Si les ondes sont plus
courtes, elles n’atteignent pas le même point au même instant et ne peuvent pas
interférer.
 Des interférences entre deux faisceaux lumineux apparaissent seulement si les ondes
superposées proviennent de la même source lumineuse et si elles présentent une
différence de phase constante pendant un certain temps.
 Si l’on veut observer des interférences, on doit diviser la lumière venant d’une
source relativement petite en deux faisceaux prenant deux trajets différents.
 Si ensuite ces faisceaux sont recombinés, des ondes provenant des mêmes atomes
peuvent interférer deux par deux si la différence de marche n’excède pas la
longueur moyenne des ondes émises par un atome. Cette longueur est appelée
longueur de cohérence.

 Chemin optique
 La notion de chemin optique est importante, car dans un milieu d’indice de
réfraction n, la lumière est retardée ce qui influence la superposition de faisceaux
lumineux traversant deux milieux différents.
 L’incohérence spatiale d’un rayonnement lumineux est lié au fait qu’une source
étendue « classique » est constituée de plusieurs points sources qui émettent
des vibrations incohérentes entre elles. Les atomes émettent généralement la
lumière indépendamment les uns des autres.
 Pour mesurer la cohérence entre les point A, B et C on peut utiliser un
interféromètre de Young.
  représente la distance maximale entre deux points du front d’onde pour
lesquels les vibrations sont cohérentes.

 Une source monochromatique émet un rayonnement électromagnétique.


C’est une lumière dont la couleur n'est formée que d'une fréquence.
 Exemple de figure d’interférences de Young pour une source monochromatique
et pour une source polychromatique :
 Peu de sources lumineuses émettent un rayonnement cohérent. On a alors
émission d’une vibrations lumineuses présente des fluctuations aléatoires
d’amplitude, de phase (saut) et de fréquence. On a par exemple :

 Cependant, l’émission de la lumière peut être considérée stable pendant un


temps Tc, appelé temps de cohérence. On peut considérer que pendant ce
temps la vibration émise est stable.
 On peut alors décrire l’émission lumineuse par une succession de trains d’onde
de durée Tc incohérents entre eux.

 La largeur de la fonction contraste détermine le temps de cohérence de la


source. Pour un retard plus important, on a plus de franges d’interférence.
 Le retard entres 2 trains d’onde est alors supérieur à la longueur d’un train d’onde.

• Pour chaque
fréquence on a une
figure d’interférence
I(X,) avec un
interfrange différent.

 Nous avons vu au chapitre précédent que :

 Nous pouvons donc affirmer que des ondes isochrones (même pulsation ω) ont
la même longueur d’onde.
 Superposition de deux ondes
 Expression de l’intensité
 Nous allons considérer le cas de deux ondes isochrones de même état de
polarisation. Ces deux ondes proviennent de deux sources S1 et S2 et
parviennent au point P ou elles se superposent.

 Les ondes lumineuses provenant de S1 et de S2 ont pour expression en P :


 Il en résulte que le champ résultant en P est la somme vectorielle de ces deux
champs et s’écrit :

 Ce champ a le même état de polarisation que les deux champs incidents.


Le carré du module du champ résultant est donné par :

 En appelant ∆ϕ(P, t) la différence de phase entre les deux ondes :

 Les deux ondes provenant des deux sources S1 et S2 interfèrent en P et


conduisent à un champ résultant qui peut varier en fonction de la différence de
phase entre les deux ondes issues de S1 et de S2.
 Lorsque les deux ondes arrivent en phase au point P l’amplitude du champ est
maximale et vaut A1 + A2. Si elles arrivent en opposition de phase en P
l’amplitude du champ est minimale et vaut A1 - A2.
 De façon générale l’intensité lumineuse qui est proportionnelle au carré du
module du champ est susceptible de fluctuer avec la différence de phase des deux
ondes incidentes.
 L’intensité que l’on mesure à l’aide d’un détecteur est intégrée sur le temps de
réponse du détecteur ce qui équivaut à faire la moyenne temporelle du carré du
module du champ soit :

 Les crochets signifient que l’on réalise la moyenne de cette quantité sur
l’intervalle de temps de mesure soit :

 La moyenne d’une somme étant la somme des moyennes nous obtenons :

 L’intensité résultant dépend essentiellement de la valeur moyenne des


fluctuations temporelles de la phase entre les deux ondes.
 Pour deux sources incohérentes, la différence de phase entre les deux sources
varie continuellement dans le temps entre 0 et 2π (∆φ(P, t) sera donc une
variable aléatoire).
 Il en résulte que le cosinus de cet angle varie entre 1 et -1 et qu’en moyenne dans
le temps il vaut 0. Pour des sources incohérentes, l’intensité détectée est donc :

I = I1 + I2
Nous retiendrons donc que :
La superposition de deux ondes lumineuses issues de deux sources incohérentes produit
sur un écran une intensité uniforme égale à la somme des intensités de ces deux ondes.
 Si les sources sont synchrones la différence de phase est constante au cours du
temps et la moyenne temporelle du cosinus est égale à :

 Nous retiendrons donc que :


L’intensité issue de la superposition de deux ondes cohérentes n’est pas uniforme
mais présente des maxima et minima d’intensité appelés franges d’interférences.
 Conséquences
 Il nous faut maintenant exprimer la différence de phase entre les ondes arrivant
en P à l’instant t. Supposons que les ondes soient synchrones à la source, alors :

 Si les deux sources ont même intensité, l’intensité en P devient :


 Pour des ondes planes se propageant dans la direction de l’axe z nous avons :

 L’intensité en P ne dépend alors que de la différence de trajet parcourue par les


deux ondes pour aller de S2 ou S1 en P. Cette différence de trajet est appelée
tout naturellement la différence de marche et est notée δ. La différence de phase
entre les deux ondes arrivant au point P s’exprime par :

 L’équation montre que selon la valeur de la différence de marche δ(P), l’intensité


mesurée en P peut être aussi bien :

- nulle si δ(P) = (2p + 1)λ/2 car dans ce cas φ(P) = (2p + 1)π et les ondes
arrivent en P en opposition de phase (interférences destructives)

- maximale et égale à 4I0 si δ(P) = pλ car dans ce cas φ(P) = 2pπ et les
ondes arrivent en phase en P (interférences constructives)
• L’observation expérimentale de ce phénomène (interférence) prouve la nature
ondulatoire de la lumière.
 Expérience des fentes d’Young
 Le dispositif imaginé par T. Young est constitué d’une source principale S et de
deux fentes sources S1 et S2 qui émettent de la lumière de façon synchrone et
avec la même polarisation.
 Pour que cette propriété soit vérifiée,Young a eu l’idée géniale d’utiliser une onde
plane qu’il a dirigé vers les deux fentes.

Le montage permet
d’avoir 2 vibrations
lumineuses cohérentes
entres elles.
 Lors du passage par les fentes, l’onde incidente est divisée en deux parties égales
ayant les mêmes caractéristiques et change de direction de propagation.
 Les faisceaux provenant de S1 et S2 se superposent partiellement et donnent par
interférence une série de raies (franges) parallèles et sombres. Ils sont
perpendiculaires au plan SS1S2.
 Sur l’écran, l’interférence constructive correspond à une raie brillante, tandis que
l’interférence destructive correspond à une raie sombre.
 Les deux fentes étant très proches l’une de l’autre et l’écran loin des deux
sources, les ondes recueillies au point P de l’écran arrivent en P quasiment avec
la même direction.
 En pratique, la distance a est de l’ordre du mm et la distance D est supérieure à
1m. En prenant a = 1mm et D = 1m, l’angle sous lequel on voit les deux fentes
sources du centre de l’écran est ε = a / D = 10-3rad ce qui correspond à 0.06◦.
 Les deux ondes peuvent être considérées comme des ondes planes synchrones ayant
même vecteur d’onde et même état de polarisation.
• La figure ci-contre est
observée sur un écran placé à
D =1.5m de deux fentes
distantes de a =0.5mm pour
une onde de longueur d’onde
λ = 0.5µm.
• L’intensité observée n’est
pas uniforme ; elle est
constituée d’une succession
de zones sombres (absence
de lumière I = 0) et de zones
brillantes très lumineuses. La
franges sont régulièrement
centrale est brillante.

 Interprétation
Comme les deux sources S1 et S2 sont formées par deux fentes identiques nous
inférons que l’amplitude des champs électriques est identique. L’intensité en P est
donnée par :
 Le calcul de l’intensité en P passe donc par le calcul du déphasage entre les deux
ondes.
 D’après la figure, nous voyons que δ = S2H. Cette distance s’exprime à partir de
la distance entre les deux sources a. En effet nous voyons que si θ est l’angle sous
lequel on voit le point P de S alors :

 Cette intensité fluctue avec la position du point P et est caractérisée par une
figure d’interférences dans laquelle il y a alternance périodique de maxima
d’intensité de valeur 4I0 et de minima nuls (franges).
 Au centre de l’écran (Y = 0) l’intensité est maximale car la différence de marche
est évidemment nulle (frange brillante).
 Les franges brillantes sont observées à chaque fois que la phase est un multiple
de π soit à chaque fois que :

 La frange numéro p est qualifiée de frange d’ordre p. Cette condition est vérifiée
aussi à chaque fois que :

 Nous retiendrons donc que :


Les franges brillantes correspondent donc à des ondes qui arrivent en phase en P ou
pour lesquelles la différence de marche est un multiple entier de longueurs d’onde.
 Les franges sombres sont localisées en :

 Un raisonnement analogue à celui que nous venons de faire monter que les
franges sont sombres en P si :

 Les franges sombres correspondent donc à des ondes qui arrivent en opposition de
phase en P ou pour lesquelles la différence de marche est un multiple impair de demi
longueurs d’onde.

 Interfrange
La distance qui sépare deux franges brillantes (ou sombres) consécutives définit
l’interfrange i de la figure d’interférence :

 Il est proportionnel à la longueur d’onde et à la distance qui sépare les fentes de


l’écran. Plus les fentes sont éloignées l’une de l’autre et plus l’interfrange est petit.
 Dans l’exemple que nous avons choisi pour lequel λ = 500nm, a = 0.5mm,
D=1.5m, nous devons avoir i = 0,0015 m.
 Autres dispositifs interférentiels à deux ondes
 Les miroirs de Fresnel
 Les miroirs de Fresnel sont un dispositif d'interférences à deux ondes qui a été
conçu par Fresnel afin de démontrer le caractère ondulatoire de la lumière.
 Il est constitué de deux miroirs réfléchissant la lumière issue d’une source
ponctuelle divergente. Il produit donc 2 sources synchrones qui peuvent
interférer entre elles.
 On éclaire avec une source S deux miroirs M1 et M2 faisant entre eux un très
petit angle α. La source ponctuelle S est placée à la distance R = SA de l'arête
commune des miroirs.
 Ceux-ci donne de S deux images S1 et S2 situées sur le cercle de centre A et de
rayon R.
• L'angle S1AS2 vaut 2α et comme
α est très petit, la distance a entre
les sources virtuels S1 et S2 est :
a = S1S2 = 2Rα ou R = SA
• On place un écran en E sur la
normale à S1S2 passant par A : on
observe le phénomène
d’interférence.
• La zone d’interférences est la région d’intersection des rayons provenant
de S1 et S2
 Miroir de Lloyd

 On considère une source ponctuelle S à une distance très petite par rapport à un
plan contenant un miroir plan (M).
 Sur un écran (E) placé perpendiculairement au miroir, on observe le phénomène
d’interférences du à la superposition de deux ondes, l’une provenant directement
de S et l’autre provenant de l’onde réfléchie sur le miroir.
 Ces rayons issus d'une même source sont cohérents et interfèrent.
• Nous pouvant considéré que ce
dispositif est équivalent à celui de
Young avec S’ une source virtuelle
image de S par le miroir plan.
• La zone d’interférences est la
région d’intersection des deux
rayons (zone hachurée).
 Les bilentilles de Billet
 Le dispositif de Billet est un dispositif d'interférences à deux ondes.
 Une lentille convergente de distance focale f est sciée en deux selon un diamètre.
Les deux moitiés sont écartées d'une distance e.
 Le système consiste à utiliser les deux demi-lentilles dont le centre optique est
légèrement en dehors de l’axe principal.
 L’onde primaire est séparée en deux par ce système. On obtient deux images
réelles S1 et S2 qui sont les sources secondaires cohérentes.
 Les faisceaux issus de chaque demi-lentille sont interceptés par un écran
 Si l’on appelle θ l’angle au centre S1SS2 il apparaît immédiatement que :
S1S2 = 4fθ
• Les interférences sont étudiées
au moyen d'un dispositif
micrométrique centré sur O1.
On observe des franges
rectilignes parallèles à la
direction de la coupure.
• Ce système est aussi
équivalent à celui de Young.
La région d’interférences
correspond à la zone hachurée.
 Les biprismes de Fresnel
 Il s’agit de deux prismes de très faible angle au sommet montés base contre base.
Pour trouver la position des sources secondaires, il suffit de considérer un rayon
lumineux qui passe par le sommet du prisme.
 L’onde primaire est séparée en deux par le biprisme qui remplace la source S par
deux sources virtuelles cohérentes S1 et S2 (images de S par les deux prismes).
 La déviation d’un rayon lumineux par un prisme de petit angle au sommet A est
donnée par : D = (n - 1)A
 Une source ponctuelle S est placée à la distance l = SA du biprisme.
 La distance entre les deux sources secondaires est donc pour D petit :
S1S2 = 2lD = 2l(n - 1)A
• Le problème est
ensuite identique à
celui des fentes
d’Young.
• Ce système est aussi
équivalent à celui de
Young. La région
d’interférences
correspond à la zone
hachurée.
 Division d’amplitude (interférences par couches minces)
 Dans le partie précédente nous avons vu comment traiter le problème de la
superposition de deux ondes lumineuses issues d’un même front d’onde dont on
en générait deux sources secondaires synchrones.
 Le champ d’interférences dans ce cas n’est pas limité et les interférences sont
dites non localisées.
 Il existe cependant une autre façon de produire des interférences en utilisant la
division d’amplitude d’une onde qui, partiellement réfléchie et transmise sur un
dispositif, peut se recombiner pour former des interférences.
 Dans ce cas, les interférences sont localisées soit sur le dispositif soit à l’infini.
 La division d’amplitude est la méthode interférentielle qui offre le plus
d’applications potentielles et qui se manifeste le plus souvent de façon éclatante
comme sur les bulles de savon, les taches d’huile ou les ailes des papillons.
 Un film d’huile étalé sur une nappe d’eau, ou une bulle de savon peuvent être
considérés comme étant des lames minces de quelques microns d’épaisseur.
 Ces lames minces sont susceptibles, quand on les éclaire, de donner lieu à la
formation des figures d’interférence.
 En général, l’épaisseur de ces lames n’est pas uniforme sur toute son étendue,
les variations de l’épaisseur d’un point à l’autre étant de l’ordre de quelques
longueurs d’onde λ.
 Les figures d’interférence observées sont sous forme de zones colorés et
sombres. Elles sont appelées franges d’égal épaisseur localisées sur la lame.
 Les conditions suivantes doivent être remplies pour que ces phénomènes
d’interférence apparaissent :
- Les couches (lames) doivent être suffisamment minces de façon que la différence
de marche soit inférieure à la longueur de cohérence.
- L’angle d’ouverture entre les rayons incidents doit être petit (condition de
cohérence). Cette condition est remplie par les rayons solaires qui sont pratiquement
parallèles lorsqu’ils atteignent la surface de la Terre.

 Remarque :
 Lors de la réflexion par un milieu plus réfringent, le faisceau incident subit un
changement de phase de π rad (ou 180°). Ceci correspond à un saut spatial de λ/2
(cf. les ondes mécaniques).
 Si la lumière solaire tombe sur une telle couche mince, alors l’angle d’incidence
est constant et la différence de marche optique a la même valeur à tous les
points où la couche a la même épaisseur d.
 On observe alors une interférence constructive ou destructive en fonction de
la différence de marche optique qui est un multiple pair ou impair d’une demi-
longueur d’onde.
 Si la lumière incidente est blanche (lumière solaire), les couches à différentes
épaisseurs donnent naissance à des franges colorées.

• Si la lumière incidente est monochromatique,


des franges alternativement claires et sombres
apparaissent sur les couches à épaisseur
variante.
• En comparant les conditions d’interférence
constructive et d’interférence destructive pour
la réflexion et la transmission, on constate que
ces conditions sont justement inversées.

• Ceci tient du fait que la différence de marche géométrique est la même, mais le
terme λ /2 n’apparaît pas dans la différence de marche optique pour la transmission.
Il s’ensuit que les franges claires observées par transmission apparaissent là où l’on
décèle les franges sombres dans une observation par réflexion.
 Si on éclaire une lame est taillée rigoureusement (variations d’épaisseur
négligeables devant λ) par une lumière monochromatique étendue, on observe
des franges ayant la forme d’anneau concentrique.
 Ces figures sont appelées franges d’égale inclinaison et sont localisés à l’infini.

 Séparation d’amplitude par des films minces


 Considérons une source ponctuelle monochromatique frappant une lame
transparente mince d’indice n.
• Le coefficient de réflexion r
de lame étant en général faible
(de l’ordre de 0,4).
• Par conséquent, les rayons subissent
des réflexion multiples sur cette lame
auront des intensités très faibles.
• Nous nous limitons donc aux deux
premiers rayons réfléchis (R1 et R2)
ou transmis (T1 et T2) par la lame.

 Chacun des rayons subit une réflexion unique, ils ont donc presque la même
intensité. Ils peuvent être considérés comme issus de deux sources ponctuelles
cohérentes virtuelles.
 Irisation à la surface d’une nappe de pétrole
 Une nappe d’essence est une fine couche de quelque µm d’épaisseur. Elle peut-
être assimilée à une fine lame d’indice n (Figure).

 La lame d’épaisseur e est éclairée par une onde plane, le soleil par exemple.
 Lorsque la lumière traverse ces dioptres, il se produit deux réflexions : une
première lors du passage de l'air à la couche d’indice n, puis une deuxième
réflexion lors du passage de la couche d’indice n à l’air.
 Les faisceaux émergents sont parallèles, ils se croisent à l’infini. Là où ils se
croisent (à l’infini), il peut se former des interférences puisque ces deux faisceaux
sont issus de la même source.
 L’onde incidente est divergente et est donc constituée d’une infinité de rayons
contenus dans le cône d’émission de la source.
 Un rayon particulier issu de la source (Fig.) se réfléchit en partie au point A sur le
haut de la lame.
 De façon complémentaire une fraction du rayon incident est transmise à travers
la lame en subissant une réfraction avant de se réfléchir au point B du bas de la
lame pour ressortir au point C après une seconde réfraction.
• Au point A, l’onde
incidente d’amplitude E0
subit donc une division
d’amplitude puisque le
champ réfléchi s’écrit r0,1E0
et le champ transmis t0,1E0.
• Les coefficients r0,1 et t0,1
sont respectivement les
coefficients de Fresnel de
réflexion et de
transmission en amplitude
du dioptre air-lame.
 Ces coefficients sont définis par les relations de Fresnel qui traduisent la
continuité du champ électrique et de sa dérivée à l’interface. En incidence
normale :

avec la relation constitutive de Fresnel

 Pour le dioptre air-verre, n0 = 1 et n1 = 1.5. Le coefficient de réflexion r0,1 est


alors négatif et vaut sensiblement 20% ce qui conduit à une transmission de 80%
du champ incident dans la lame.
 Le caractère négatif du coefficient de réflexion traduit le fait que l’onde est
réfléchie en opposition de phase avec le champ incident ce qui peut aussi se voir
en écrivant :

 Nous voyons donc que le champ incident se divise en amplitude à chaque fois
qu’il rencontre un dioptre.
 Les rayons issus de cette division ont une amplitude qui dépend du nombre de
divisions effectuées.
 Ainsi le rayon incident d’amplitude E0 se divise en deux rayons d’amplitude -rE0 et
t0,1E0 ce qui conduit à un rayon émergeant en C d’amplitude t0,1t1,0rE0.
 Nous pouvons facilement extrapoler le résultat aux rayons qui subissent des
réflexions multiples pour trouver que leurs amplitudes seraient t0,1t1,0r3E0,
t0,1t1,0r5E0....
 Il est clair que les interférences observées sur l’écran proviennent de la
superposition des deux premiers rayons que l’on appellera R1 et R2. Ces deux
rayons sont issus du même rayon incident dont l’amplitude est divisée en A.
 Ils présentent donc à leur sortie de la lame une cohérence parfaite et ils
interfèrent car ils ne parcourent pas le même trajet dans la lame.
 La connaissance de la différence de marche entre ces deux rayons permet de
prédire le rayon des anneaux.
 Calcul de la différence de marche
 Comme nous l’avons dit précédemment, un problème d’interférence commence
par la résolution d’un problème géométrique.
 La différence de chemin optique 𝛿 entre les faisceaux 1 et 2 est :

Δl = AB+ BC – AD

Loi de Descartes :
1 sin i0 = n sin i

D’où le déphasage :
 En réalité, la réflexion n/air fait apparaître un déphasage supplémentaire de π qui
n’est pas pris en compte ici mais qui n’apporte rien au raisonnement et à la
compréhension du phénomène.
 Cette différence de phase est du au fait qu’on a une réflexion dure pour le rayon
R1 (réflexion d’un milieu moins réfringent à un milieu plus réfringent) et une
réflexion molle (réflexion d’un milieu plus réfringent à un milieu moins réfringent)
pour le rayon R2.

 On remarque que φ est une fonction de l’angle d’inclinaison i, φ = φ(i). Nous


obtenons donc des franges d’égale inclinaison.

 Lame d’indice n éclairé en lumière monochromatique


 Dans ce cas, dans l’expression de Δϕ, e est constant et c’est l’angle d’observation
i qui varie. A l’infini, l’intensité varie suivant l’équation :

2
 L’intensité s’écrit : I = 4I0cos (ϕ/2), il y aura un minimum d’intensité pour
ϕ = (2p+1)π, et un maximum pour ϕ = 2pπ.
 Le déphasage est constant pour une lame et une longueur d’onde données si
l’angle d’incidence (égal à l’angle de réflexion) est constant soit :

 Nous notons que les anneaux brillants correspondent à un déphasage multiple


de 2π ce qui donne leur ordre d’interférence p (entier) :

 L’ordre d’interférence est demi-entier pour les anneaux sombres.


 Le calcul précédent montre que l’ordre d’interférence décroît quand i augmente.
L’ordre d’interférence est donc plus élevé au centre de la figure. Si nous appelons
p0 cet ordre, il vérifie :

 Il est clair que cet ordre n’est pas forcément entier ce qui montre que le centre
de la figure n’est pas nécessairement brillant.
 Par exemple si l’on a une lame de verre d’indice n1 = 1.5, d’épaisseur 15000nm et
éclairée à λ0 = 589nm on a :

p0 = 764.0068 ± 0.5 = 764.5 ou 763.5


 Soit p1 l’ordre d’interférence qui correspond au premier anneau brillant :

 Dans notre exemple on voit que : ε = 0.5 et p1 = 764 ou 763. Dans ce cas
comme l’ordre au centre est de type demi-entier le centre de la figure sera noir.
 Soit m le numéro d’un anneau brillant (m = 1 est le premier anneau, m = 2 le
second etc..). Nous voyons que l’ordre pm de cet anneau diffère du numéro de
l’anneau (il est facile de vérifier que p1 = 1). Toutefois, il est possible d’écrire que :

 A l’ordre pm qui correspond à l’anneau brillant m on a donc :

 ce qui conduit à :

 Nous voyons en particulier que la différence de phase qui correspond à l’anneau


brillant numéro m est donnée par
 Lame d’indice n éclairé en lumière polychromatique : irisations
 Dans ce cas, chaque figure d’interférences pour chaque valeur de λ se somme en
intensité. Les couleurs se trouvent donc dispersées !

 Sur la figure :
-•A droite, l’observateur est fixe et observe des irisations (photo). Lorsqu’il parcourt la
surface avec son œil, il change l’angle d’observation et donc la couleur sélectionnée. On
observe plusieurs ordres car p peut valoir 1, 2… quand λ augmente, i diminue !
•- A gauche, suivant la position de l’observateur qui regarde un point donné de la
surface, la couleur sélectionnée varie ! Ce qui est le cas lorsqu’on se déplace devant une
nappe irisée.
• Pour du pétrole, l’épaisseur est de
quelques dixièmes de microns
également. Les interférences sont
donc visibles !
• Pour une baignoire ou une flaque
d’eau, l’épaisseur est trop
importante, bien supérieure à la
longueur de cohérence d’une
lumière blanche, les interférences
sont invisibles.

 Remarque :
 On note sur cette photo que les irisations prennent des formes irrégulières ! En fait,
cette figure d’interférences dépend de plusieurs paramètres : l’épaisseur de pétrole
qui peut varier, les vagues qui font varier l’angle d’incidence, etc.
 Enfin, cette démonstration est également valable pour une bulle de savon mais les
calculs de différence de marche sont à faire sur une sphère ! C’est plus ardu !
 Dispositifs expérimentaux pour l’obtention des anneaux à l’infini
 On peut utiliser une source monochromatique S qui éclaire un film mince
d’épaisseur e par l’intermédiaire d’un miroir semi-transparent G.
 Les deux premiers rayons réfléchis sont cohérents et parallèles, ils ne peuvent
interférer qu’à l’infini.

• Pour rendre l’observation du système


de franges ainsi obtenu possible, on reçoit
les rayons réfléchis sur une lentille
convergente.
• L’observation se fait sur un écran situé
dans le plan focal de la lentille.
•Compte tenu de la symétrie de
révolution, les franges seront des anneaux
concentriques.
•Les deux dispositifs permettant
l’observation des franges d’égale
épaisseur sont : le coin d’air et les
anneaux de Newton.

 L’ensemble des directions i correspondant à la même valeur de φ appartiennent à


un cône de révolution normal à la lame.
 Le diamètre des anneaux observés diminue quand l’épaisseur e de la lame
augmente. L’utilisation d’une lentille permet de projeter les anneaux sur l’écran
placé à la distance focale f de la lentille de projection.
 Les anneaux sont aussi visibles à l’œil nu puisque le cristallin de l’œil permet de
focaliser les rayons lumineux sur la rétine.

 La figure suivante représente l’intensité normalisée des anneaux d’interférences


observés pour une lame mince d’indice n1=1.5 et d’épaisseur 150µm éclairée par
une lampe à vapeur de sodium en fonction de la distance au centre de l’écran.

Remarques :
Pour observer correctement les
anneaux il faut que les deux
faces de la lame soient bien
planes. On peut admettre que
les anneaux restent bien visibles
si l’ordre d’interférence p(e) ne
change pas de plus d’une valeur
demi-entière.
 Franges d’égale inclinaison en transmission
 En transmission, le principe du calcul du rayon des anneaux est identique à ceci
près que les rayons transmis présentent des coefficients de transmission qui ont
le même signe (>0).
 Le rayon incident est réfracté en A puis partiellement transmis en B dans l’air et
réfléchi 2 fois avant d’être transmis en D.
• Il s’ensuit que la
différence de phase
devient :

 Une difficulté supplémentaire vient cependant du fait que si l’on utilise une lame
de faible coefficient de réflexion comme une lame de verre dans l’air pour
laquelle r=0.2, les coefficients de transmission des deux premiers rayons sont très
différents. Ces coefficients s’écrivent :

 ce qui montre que le deuxième rayon est r21,0 plus faible en amplitude que le
premier soit pour le dioptre air-verre 25 fois plus faible. Il s’ensuit que le
contraste des franges est faible car l’intensité qui domine sur l’écran est celle du
premier rayon.
 Applications : couches minces antireflets
 Nous considérons la réflexion d’une lumière monochromatique sur une lame
mince d’épaisseur e et d’indice n1 éclairée en incidence normale. Nous avons vu
que la différence de marche entre le rayon réfléchi sur le dioptre supérieur et
celui réfléchi sur le dioptre inférieur est :

 La couche mince possède une réflectivité R qui dépend des indices des différents
milieux et de l’épaisseur e de la lame. Le champ total réfléchi est donné par :

 Avec :
 Interférences localisées (lame à coin d’air)
 Le coin d’air est une lame d’air prismatique, de très petit angle α, comprise entre
deux lames de verre (G1) et (G2) à faces parallèles.
 Il est éclairé par une source étendue monochromatique, éloignée, pratiquement à
l’infinie.
 On considère ici les rayons issus de A et parvenant en G après réflexion sur les
faces en regard (G1) et (G2) du coin d’air.

• L’épaisseur en tout point du film


est d = α x.
• La réflexion sur la partie
supérieure du coin est interne
(réflexion molle), celle de la partie
inférieure est externe (réflexion
dure), ce qui entraine une variation
de phase de p, d’où :
• Le rayon lumineux SA se
réfléchit sur le premier
dioptre et est transmis
(AB) dans le coin avant de
se réfléchir sur le second
dioptre.
• Les deux rayons
émergents R1 et R2 ne
sont pas parallèles entre
eux compte tenu de
l’angle α du dièdre.
 Ils se coupent donc, non pas à l’infini, mais en un point P qui se trouve localisé au
voisinage du coin. En ce point les deux rayons se superposent avec un déphasage
qui dépend principalement de l’épaisseur du coin. C’est le seul endroit ou ces
rayons se superposent ( interférences localisées).
 Il est facile de voir qu’en A le rayon est unique et se divise en ce point. Après le
passage aux points C et H, les rayons se propagent de la même manière dans le
milieu d’indice n0.
 Il s’ensuit que la différence de marche entre les deux rayons R1 et R2 est égale à la
différence de chemin optique entre les deux rayons soit :
 Le calcul est donc identique à celui mené pour la lame à face parallèle :

 Nous considérons que le coin est éclairé en incidence quasi-normale ce qui conduit
au deuxième ordre près à :

où e(P) est l’épaisseur du coin à l’abscisse x(P).


 L’ordre d’interférence au point P est donné par :

 Nous voyons que, dans le cas d’un coin, l’ordre d’interférence est constant si
l’épaisseur e est constante.
 Les franges sont de ce fait qualifiées de franges d’égale épaisseur et sont aussi
appelées franges de Fizeau. Comme l’épaisseur du film augmente avec
l’éloignement x(P) du centre du dièdre l’ordre n’est pas constant ; il est minimal
sur l’arête du dièdre et croît au fur et à mesure que l’on s’en éloigne.
 L’interfrange qui sépare 2 franges consécutives de même nature est donné par :

 L’interfrange est donc constant et ne dépend que de l’angle du dièdre. Il croît


lorsque cet angle devient très faible. Il délimite des franges rectilignes parallèles
à l’axe du dièdre.

 Réalisation :
 Il est facile de produire des franges de Fizeau avec deux lames de verre (lames de
microscope) séparées par une cale d’épaisseur (papier à cigarette, cale de bougie).
• Un coin d’air de ce type éclairé en
lumière monochromatique produit
des franges bien rectilignes.
• La réalisation d’un coin d’air est
aussi possible avec deux miroirs, l’un
réel et l’autre virtuel ainsi que nous le
verrons quand nous étudierons
l’interféromètre de Michelson.
• Dans ce cas la réflexion se fait sur
des interfaces de même type (pas de
différence de phase à la réflexion).
 Anneaux de Newton
 Le dispositif interférentiel est constitué d’un miroir plan où d’une lame de verre
plane surmontée d’une lentille sphérique plan-convexe.

 Une partie d'un rayon incident (en noir sur le schéma) se réfléchit sur l'interface
verre-air (rayon rouge) sans changement de phase. L'autre partie traverse cet
interface et une fraction de ce rayon se réfléchit sur la lame inférieure (rayon
bleu). Comme ce rayon est réfléchi par un milieu plus réfringent, cette réflexion
introduit un déphasage de π.
 Ces deux rayons réfléchis, d'amplitudes voisines, interférent en donnant
des franges de lame mince localisées au voisinage de la face sphérique de la
lentille.
• La lame d’air qui délimite les deux surfaces est
donc d’épaisseur variable.
• Le dispositif des anneaux de Newton donne
des anneaux compte tenu de sa symétrie de
révolution. Une autre différence se manifeste
quant à la nature des réflexions mises en jeu.
H
• La réflexion est de type verre-air sur le ρ
dioptre sphérique de la lentille et air-verre sur le
miroir.
O

 Si l’on appelle ρ le rayon des anneaux :

 Le rayon de l’anneau sombre d’ordre p vérifie :


 On a ρp = 0 pour p = 0, donc l’anneau central est sombre pour des anneaux de
Newton observés en réflexion.

 Les anneaux de Newton peuvent être observés en transmission si la lame plane


est transparente ; dans ce cas la transmission est réalisée pour les deux rayons
avec le même signe. L’anneau central est donc brillant.
 Remarque :
 Pour que la lame soit mince, il faut que le rayon de courbure R de la lentille soir
grand devant OH.
 Films de savon
 Une situation très analogue est observable dans les films de savon que l’on laisse
se reposer verticalement.
 Par gravitation le film de savon s’épaissit à sa base et il se forme un film
d’épaisseur croissante au fur et à mesure que l’on s’éloigne du sommet du film.
 Eclairé en lumière blanche on constate que le film se pare des couleurs de l’arc
en ciel car à chaque épaisseur du film, une longueur d’onde bien précise satisfait
les conditions d’interférence constructives.
 Ce phénomène est très facilement observable dans la nature. Il est à l’origine des
couleurs vives observées sur les bulles de savon, sur les ailes des papillons ou sur
les taches d’huile.
 Interféromètre de Michelson
 Il a été crée en 1881 par Michelson, et c’est l’un des montages optiques les plus
importants.

 Dans le montage, le faisceau de départ est séparé à l’aide d’une lame séparatrice
en deux faisceaux identiques.
 Les deux faisceaux parcourent par la suite deux trajets différents et seront
recombiner à la fin.
 La séparatrice est une lame de verre avec un dépôt métallique amenant le
pouvoir réflecteur à une valeur de 0,5 environ; elle se comporte comme un
miroir et une paroi transparente. La lame est inclinée à 45° sur le miroir M2.
 l’un des deux miroirs se trouve sur un chariot mobile, l’autre miroir est fixe.
 Obtention des anneaux
d’interférence
 Soit une source S et supposons que
M1 et M2 sont perpendiculaires.
 Le rayon AI issu d’un point A se
dédouble au point I en 2 rayons
transmis IJ1 et un rayon réfléchi IJ2.
 Le rayon IJ1 se réfléchit en M1 en J1
puis se réfléchit partiellement sur G
en K1 et sort de l’interféromètre
suivant K1R1.
 Le rayon IJ2 se réfléchit sur M2
suivant K2R2 après la traversée de G.
 Les amplitudes des rayons sortant de
l’interféromètre sont égales à E0.t.r,
ou E0 est l’amplitude de faisceau
incident, et r et t sont les coefficients
de réflexion et de transmission de G.
 La différence de marche entre R1 et
R2 s’écrit : 𝛿 = 2e cosi.
• L’interféromètre est donc équivalent à une lame d’air à faces parallèles.
 On obtient effectivement des anneaux à l’infini dans le plan focal de la lentille.
 Lorsque M2 et M’1 se coïncident alors 𝛿=0, pour i quelconque : l’écran est
uniformément éclairé. On dit que M1 et M2 sont en contact optique.
 Remarque :
 L’interféromètre de Michelson permet aussi de voir les franges du coin d’air en
faisant tourner M1 d’un angle autour d’un axe perpendiculaire au plan de la figure
à partir de sa position de contact optique. Les franges obtenu sont des droites
rectilignes perpendiculaires au plan de la figure.

 Figures d’interférences
 Les figures d’interférences observables avec un interféromètre de Michelson sont
celles qui correspondent à la division d’amplitude.
 Elles dépendent de l’orientation respectives des deux miroirs. Si ceux-ci sont à
égale distance de la séparatrice et si ils sont perpendiculaires entre eux, la
différence de marche entre les deux rayons est nulle.
 Ils se superposent en tous points du champ d’interférence avec la différence de
phase φr (phase à la réflexion). Cette différence de phase dépend très fortement
de la nature des couches minces déposées sur la séparatrice2.
 L’observateur voit en tous points une intensité égale à :
 Le miroir symétrique M′1 du miroir M1 est un miroir virtuel qui se trouve à la
distance LM′1=LM1 de la lame.
 Comme le montre la figure on distingue alors deux types de fonctionnement
selon l’orientation respective des deux miroirs M′1 et M2 :
- la lame d’air si ces deux miroirs sont rigoureusement parallèles ce qui conduit aux
franges d’égale inclinaison (figure gauche)
- le coin d’air si ces deux miroirs font un petit angle α entre eux ce qui conduit aux
franges d’égale épaisseur (figure de droite).

• Dans le cas où les miroirs sont


parallèles le problème est à
symétrie de révolution autour de
l’axe LS1S2 et l’on voit des
anneaux d’interférences ayant la
même symétrie que la cause.

• Le centre de la figure est donc


alternativement brillant où
sombre selon la valeur de ∆φ.
• L’observation des anneaux peut se faire au moyen d’une lentille mince de grande
focale f ou au moyen d’une lunette réglée sur l’infini (équivalente à une lentille
mince de courte focale f).
• L’intensité en un point P du plan d’observation distant de R du centre est donnée
par :

• Si les miroirs font un angle α entre eux on perd cette symétrie et l’on voit de
franges rectilignes parallèles à l’arête du dièdre.
• Dans ce cas les franges sont cette fois-ci rectilignes et parallèles à l’arête du
coin d’air. La différence de marche en un point P de l’écran situé à la position
x(P) du centre est égale à :

et l’intensité au point P est égale à :

 L’observation se fait soit à la lunette soit en projetant les franges localisées du


coin d’air avec une lentille mince de focale f. Les franges dans ce cas sont
agrandies d’un facteur γ = p′/p , avec p′ la distance de la lentille à l’écran et p la
distance de la lentille au coin d’air.
 Contraste d’une figure d’interférence
 La précision des mesures interférométriques est extrêmement intéressante en
métrologie. Cette précision dépend de la « qualité » de la figure d’interférence. Il est
donc important de savoir réaliser des interférences de bonne qualité. On utilise
comme critère de qualité le contraste C de la figure d’interférence.

 Le contraste C est compris entre 0 et 1


et va dépendre de :
• L’amplitude des ondes lumineuses
• La fréquences des ondes lumineuses
• La différence de marche entre les ondes lumineuses
• La géométrie de la source S
• Les propriétés spectrales de la source S
Fin de la séance

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