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Réévaluation libre des actifs : mode

d’emploi
23 FÉVRIER 2021

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Pour faire face à la crise, beaucoup de nos clients ont eu recours à l’endettement et en
particulier au prêt garanti par l’État (PGE).

Si la Banque de France a repoussé sa cotation 2020 à la fin de l’année, celle-ci va


devoir néanmoins intégrer ces nouvelles dettes, ce qui risque d’entrainer une
dégradation forte de la cotation des entreprises avec toutes les conséquences que cela
peut avoir pour elles.

S’il est possible d’isoler comptablement les « dettes COVID » pour en tenir compte
lors de la cotation, l’impact de cette solution reste limité car les banques devront
malgré tout respecter les principes de la réglementation prudentielle.

Réévaluer librement les actifs

C’est la raison pour laquelle l’option de la réévaluation libre des actifs est une solution
qu’il peut être opportun de mettre en œuvre.

Ceci est d’autant plus vrai que la Loi de Finances 2021 prévoit une mesure temporaire
de neutralisation des conséquences fiscales des réévaluations d’actifs.

Comptablement, la possibilité de recourir à une réévaluation libre de certains actifs est


prévue par le Code de Commerce sous les conditions suivantes :

 Seules les immobilisations corporelles et financières sont concernées (C. com. art. L
123-18, al. 4 et PCG art. 214-27). Les immobilisations incorporelles (fonds
commercial, brevets, marques) en sont donc exclues, de même que les stocks et les
valeurs mobilières de placement ;
 La réévaluation doit porter sur l’ensemble des immobilisations corporelles et
financières. Il n’est donc pas possible de procéder à la réévaluation d’un actif isolé.
Cependant, si les valeurs réelles sont égales aux valeurs comptables de certaines
immobilisations, la réévaluation ne portera en pratique que sur les autres
immobilisations.

La plus-value ainsi dégagée lors de la réévaluation doit être portée dans un poste des
capitaux propres (le compte 105200 est généralement utilisé). La plus-value ne vient
donc pas majorer le résultat de l’exercice concerné.

Neutralisation des conséquences de la réévaluation d’actifs

Pour les exercices ultérieurs, les amortissements (et/ou les dépréciations) après la
réévaluation sont calculés en appliquant à la nouvelle valeur nette comptable le plan
d’amortissement initialement décidé. Les amortissements sont ainsi calculés sur la
nouvelle valeur actualisée.

Fiscalement, en l’absence de texte dérogatoire, l’écart de réévaluation, augmentant


l’actif net, constitue un produit imposable en application de l’article 38-2 du CGI. Ce
produit est imposable au taux de droit commun, même si la réévaluation porte sur des
titres de participation relevant du régime du long terme.

Cependant, en vue de faciliter le recours à la réévaluation d’actifs et permettre ainsi


aux entreprises d’assainir leur situation financière, un dispositif temporaire de
neutralisation des conséquences de la réévaluation d’actifs sur le résultat imposable est
introduit par l’article 31 de la loi dans un nouvel article 238 bis JB du CGI.

Ce dispositif optionnel s’applique à la première opération de réévaluation libre des


actifs constatée au terme d’un exercice clos à compter du 31 décembre 2020 et
jusqu’au 31 décembre 2022. Ce dispositif s’applique selon des modalités différentes
pour les immobilisations non amortissables et pour les immobilisations amortissables.

En cas d’option pour le régime ainsi mis en place,

 l’écart de réévaluation afférent aux immobilisations non amortissables n’est pas


inclus dans le résultat fiscal au titre de l’exercice au cours duquel la réévaluation est
opérée, sous réserve que la plus ou moins-value de cession ultérieure de l’actif soit
déterminée à partir de sa valeur non réévaluée.
 l’écart de réévaluation afférent à des immobilisations amortissables n’est pas
immédiatement pris en compte dans le résultat imposable, mais fait l’objet d’une
réintégration extra-comptable par fractions égales dans les résultats fiscaux de
l’entreprise à partir de l’exercice suivant :

 sur une durée de 15 ans pour les constructions et, à condition que ces
éléments soient amortissables sur une période au moins égale à 15 ans,
 sur une durée de 5 ans pour les autres immobilisations.
Lors de la cession de l’immobilisation amortissable, la fraction de l’écart de
réévaluation éventuellement non encore réintégrée fait l’objet d’une imposition
immédiate.

Des mécanismes déclaratifs de suivi sont parallèlement mis en place.

D’autres actions peuvent également restaurer la situation bilancielle des entreprises


(possibilité de suspendre les amortissements, dispositions fiscales liées au traitement
des Lease-back).