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Netcom

Réseaux, communication et territoires


32-1/2 | 2018
Expéditions géographiques en Terres Numériques, fronts pionniers et
nouvelles limites - Hommage à Henry BAKIS

La prochaine génération de téléphonie mobile (5G)


et ses implications (Infrastructure,
Réglementation)
The Next Generation of Mobile Telecommunications (5G) and its Implications
(Infrastructure, Regulation, Telegraphy)

Edward M. Roche, Benjamin H. Dickens-Jr. et Walker Townes


Traducteur : Henry Bakis et Michelle Rodet

Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/netcom/2869
ISSN : 2431-210X

Éditeur
Netcom Association

Édition imprimée
Date de publication : 16 décembre 2018
Pagination : 139-162
ISSN : 0987-6014

Référence électronique
Edward M. Roche, Benjamin H. Dickens-Jr. et Walker Townes, « La prochaine génération de téléphonie
mobile (5G) et ses implications (Infrastructure, Réglementation) », Netcom [En ligne], 32-1/2 | 2018,
mis en ligne le 18 décembre 2018, consulté le 20 décembre 2018. URL : http://
journals.openedition.org/netcom/2869

Ce document a été généré automatiquement le 20 décembre 2018.

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Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 1

La prochaine génération de
téléphonie mobile (5G) et ses
implications (Infrastructure,
Réglementation)
The Next Generation of Mobile Telecommunications (5G) and its Implications
(Infrastructure, Regulation, Telegraphy)

Edward M. Roche, Benjamin H. Dickens-Jr. et Walker Townes


Traduction : Henry Bakis et Michelle Rodet

Les traducteurs remercient Dan Sebban pour sa contribution à cette traduction.

Introduction
1 La prochaine génération de technologie sans fil mobile sera dénommée la « 5G ». Comme
son nom l’indique, elle fait suite aux précédentes générations de la téléphonie mobile. La
première génération de téléphones mobiles (« 1G »), les « téléphones de voiture », vit le
jour vers 1980 ; introduits sur le marché par Motorola, ces téléphones fonctionnaient
comme des radios et utilisaient leurs fréquences en mode analogique. Au début des
années 1990, les téléphones de deuxième génération (« 2G ») furent développés avec une
évolution vers les réseaux numériques : les débits d’échanges de données pour ces
téléphones étaient bien inférieurs à 1000 bits par seconde (bps) mais des améliorations
significatives en termes de performance ont été introduites en l’an 2000 (« 2,5G »). Peu de
temps après, apparut la troisième génération (« 3G »), et la vitesse de débit de données
atteignit 100000 bps ; l’amélioration était considérable, puisqu’il devenait possible de
transmettre des appels vidéo limités, et de fournir des connexions Internet à des vitesses
raisonnables. Des améliorations furent introduites dans le codage numérique de la
communication (« 3.5G », vers 2009 ; « 3.9G » en 2012).

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2 En 2015, avec la norme suivante (dite génération « 4G »), des vitesses de transmission dix
fois supérieures devinrent possible. Depuis le passage vers les réseaux cellulaires au début
des années 1990, la téléphonie mobile a reposé sur un modèle défini : les opérateurs
construisaient leurs réseaux, puis vendaient leurs services sous forme d’abonnements
avec engagement aux consommateurs. Il était important de « verrouiller » le
consommateur, et aux États-Unis par exemple, cela a été accompli en subordonnant
l’achat du téléphone mobile à un abonnement d’assez longue durée. Étant donné que les
utilisateurs, eux, étaient mobiles, des accords inter-opérateurs furent passés pour
permettre aux consommateurs de transiter sur d’autres réseaux, généralement avec
suppléments financiers. Bien que ces frais d’itinérance aient été fermement maintenus
aux États-Unis, ils ont été supprimés en 2017 dans l’ensemble de la Communauté
européenne2, dans le cadre de la mise en œuvre d’une stratégie pour un unique marché
numérique3.

Tableau 1 : Vitesses permises par les différentes générations de réseaux de téléphonie mobile

1G 2.4 kbps

2G 64 kbps 26x

3G 2 000 kbps 31x

4G 100 000 kbps 50x

5G 100 000 000 kbps 1000x

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Figure 1 : Comparaison 4G / 5G

3 Malgré son nom, la 5G ne consiste pas en une amélioration des normes précédentes de
télécommunications. Il s’agit plutôt d’une innovation de rupture4 qui va révolutionner les
télécommunications et qui est susceptible d’apporter des changements radicaux dans les
modèles commerciaux ayant cours chez les opérateurs.

Nouvelles applications

4 La nouvelle architecture 5G rendra possible un certain nombre de nouvelles applications5.


On pourra bénéficier de vidéos en ligne avec une bonne qualité de réception, même dans
des zones à forte densité d’utilisateurs comme durant un événement sportif important où
chaque spectateur utilise un dispositif connecté.
5 Un haut niveau de service (accès à haut débit d’une moyenne de 50 Mbps minimum) est
garanti sur tout site géographique (y compris en milieu rural) tant sur des équipements
fixes que mobiles et y compris au cours de déplacements rapides comme dans les trains à
grande vitesse. L’Internet des objets (IoT) connectera des milliards d’appareils et de
capteurs. Le temps de latence (délai) des données dans les réseaux 5G ne sera que d’une
milliseconde (ms), comparé aux 50 ms pour les systèmes actuels. Ceci est important parce
qu’une latence minimisée rendra possible des communications quasiment en temps réel,
comme par exemple entre deux véhicules sans pilote qui se déplacent en tandem à des
vitesses relativement élevées ou pour une réalité virtuelle appliquée6. Les drones
navigueront en 5G, notamment dans les cas où les autorités devront faire face à une
catastrophe naturelle. La 5G promet des communications suffisamment fiables pour être
utilisées dans le domaine de la santé, y compris pour relier à distance des médecins à des
robots chirurgicaux, afin d’aider des patients en urgence. Le nombre d’applications

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potentielles est absolument incroyable, et tout cela est rendu possible grâce à la très
grande vitesse des « longueurs d’ondes millimétriques » (mmWaves) et leur temps de
réponse. On estime qu’en quelques années, des dizaines de milliards de périphériques
utilisant cette norme seront connectés7.

Les technologies 5G FFFF

6 Afin de comprendre à quel point la 5G va changer le paysage des télécommunications, il


est nécessaire de s’attarder sur les technologies qui en constituent la base. L’utilisation de
plusieurs technologies clés distingue la 5G des normes précédentes :
• L’utilisation de plus hautes fréquences (« mmWaves ») ;
• La réutilisation du spectre électromagnétique ;
• Le déploiement d’une nouvelle génération d’antennes « intelligentes » ;
• Le déploiement d’un réseau de type SDNs8 « virtuel » ;
• L’utilisation de l’Intelligence Artificielle ;
• Une architecture modulaire et open source. Ci-dessous, ces termes seront définis et discutés
brièvement.

L’utilisation des fréquences des ondes millimétriques

7 La 5G utilise les très hautes fréquences (extremely high frequencies ; “mmWaves”) ; cela est
un des éléments qui la caractérise le plus. Aux États-Unis, l’écrasante majorité des
systèmes de communication fonctionne avec des fréquences inférieures à 3 Gigahertz
(GHz). Pour la 5G, cinq bandes seront utilisées : quatre sans licence et une sous licence. La
bande LMDS9 agréée offre environ 1,5 GHz de bande passante entre 27,5-31,5 GHz. Une
deuxième bande de 7 GHz qui fonctionnera dans la gamme 57-64 GHz est déjà utilisée
pour certains équipements Wi-Fi10. Enfin, la bande dite « E-Band » est composée de trois
segments de bande passante totalisant 12,9 GHz ; elle est également sans licence.
8 Ce qui distingue ces bandes à haute fréquence des autres est leur vitesse. Si le codage des
signaux radio est approprié, les vitesses 5G seront mille fois plus rapides que celles des
générations précédentes de téléphonie mobile. Ces bandes représentent presque
l’équivalent de l’ensemble de la bande passante du spectre radio attribué en dessous de 5
GHz.
9 L’utilisation de telles longueurs d’ondes courtes pose plusieurs défis techniques. Ceux-ci,
à leur tour, conduiront à la mise en place d’une architecture apte à supporter leur
utilisation.
10 Absorption d’eau et d’oxygène. Ces hautes fréquences sont vulnérables, elles sont
absorbées par l’humidité de l’air, et certaines le sont par l’oxygène. Les fréquences 22 et
183 GHz peuvent être absorbées par l’eau ; les fréquences 60 et 118 GHz par l’oxygène lui-
même11. En d’autres termes, s’il pleut, les communications mobiles utilisant des
fréquences 5G peuvent être interrompues ou leur qualité peut être dégradée12.
11 Incapacité à pénétrer. Ces ondes à haute fréquence (« mmWaves ») ne sont pas en
mesure de traverser les murs des bâtiments ou une végétation dense (forêt et même une
simple rangée d’arbres). En conséquence, si l’actuelle infrastructure physique de la 3G /
4G était réutilisée telle quelle pour la 5G, rien ne fonctionnerait parce que ces ondes se
comportent différemment. Concrètement, cela veut dire que la distance minimale à
prévoir entre l’antenne-relais cellulaire et le récepteur de l’utilisateur (le téléphone

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mobile) doit être considérablement réduite. Ces faiblesses conduisent à une nouvelle
architecture de l’infrastructure et du réseau 5G, et comme nous le verrons, cette nouvelle
architecture définit également le contexte de la propagation de nouveaux modèles de
gestion et d’activités, non seulement pour les consommateurs, mais aussi pour les
opérateurs.

Mini-cellules et réutilisation du spectre électromagnétique

12 Les distances séparant les antennes et les appareils mobiles doivent être
considérablement réduites puisque, comme on l’a dit, la distance de propagation des
ondes à haute fréquence est moins importante que ce qui était le cas pour les normes
précédentes. Par exemple, si dans les infrastructures de la téléphonie 4G, une seule
antenne peut couvrir une zone de plus de 2,5 kilomètres carrés13, avec les ondes à haute
fréquence, la même tour ne pourrait couvrir qu’un pâté de maisons ou même une surface
encore inférieure.
13 En outre, l’incapacité de pénétrer les murs signifie que si l’on a besoin d’un réseau 5G à
l’intérieur d’un bâtiment, une antenne « cellulaire » autonome doit être installée. Par
exemple, si les mmWaves de la 5G devaient être utilisées pour connecter ensemble des
robots fonctionnant à l’intérieur d’un entrepôt automatisé, un réseau 5G avec cette
unique application devrait être installé14.
14 Ces caractéristiques ont pour effet immédiat de diminuer de manière majeure la
rentabilité des réseaux 5G car le nombre d’antennes doit être considérablement
augmenté pour pallier les limites dans la propagation et la pénétration des ondes
utilisées. Cette diminution est cependant atténuée car une autre caractéristique de ces
ondes est qu’il est possible de réutiliser les fréquences. Par exemple, si un bâtiment a
installé en interne un réseau 5G dédié, un bâtiment voisin pourrait également avoir son
propre réseau sur la même fréquence, le réseau voisin n’ayant pas la puissance voulue
pour interférer avec lui, malgré l’utilisation d’une fréquence identique.
15 Ainsi les dépenses perdues par l’obligation d’installer de nombreuses antennes
supplémentaires sont compensées par la possibilité de réutiliser la bande passante. On
peut dire qu’au lieu d’avoir une seule grande cellule dans une zone comme avec la 4G, il
sera possible, avec l’utilisation des ondes à haute fréquence, d’avoir des dizaines ou même
des centaines de cellules distinctes, toutes utilisant les mêmes fréquences.
16 Cette caractéristique des réseaux d’ondes à haute fréquence est cruciale car elle a pour
effet de maximiser la réutilisation du spectre. Concrètement, la réutilisation du spectre
est comme l’impression de la monnaie - il augmente considérablement la valeur du
spectre, simplement parce que la quantité du trafic véhiculé peut être plus grande. Cette
caractéristique des réseaux d’ondes à haute fréquence combinée aux avantages liés à
leurs caractéristiques telles qu’exposées plus haut, suggère que la valeur de cette bande
passante devrait être cent fois plus élevée que celle des bandes passantes de longueurs
d’ondes inférieures.

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Antennes intelligentes - MIMO et configuration du faisceau (Beam


Shaping)

17 L’architecture émergente de la 5G permet également la réutilisation de la bande passante


de l’antenne relais. Dans les technologies des précédentes générations de
télécommunications mobiles (1G à 4G), tout signal émis se propage à 360◦, dans tous les
sens. Dans le monde de la 5G, la technologie MIMO15 est utilisée. Au lieu d’avoir une seule
grande antenne, MIMO possède un certain nombre de petites antennes lesquelles
pointent vers différente directions16, augmentant ainsi plus de vingt-sept fois le nombre
d’antennes disponibles et pouvant transmettre les mêmes fréquences que celles utilisées
par des antennes voisines.
18 De plus, comme une bande de fréquence est généralement divisée en plusieurs
« séquences », cela augmentera encore le nombre de canaux séparés pouvant être fournis
(car non seulement la même fréquence peut être utilisée dans différentes directions, mais
les antennes peuvent utiliser plusieurs fréquences en même temps).
19 Enfin, il existe une technologie appelée la configuration du faisceau (beam shaping) qui se
réfère à la capacité de l’antenne 5G de nouvelle génération à concentrer ses rayons radio
vers des emplacements spécifiques déterminés. Il convient de noter que la capacité de
focaliser les faisceaux radio suppose que le système d’antennes lui-même est capable
d’identifier l’emplacement de tous les équipements utilisateurs connectés17. La
caractéristique de détection de localisation de MIMO et la configuration du faisceau
distinguent nettement l’infrastructure de la technologie 5G de celles des précédentes
générations (1G-4G).
20 Ces nouvelles technologies ont des incidences économiques. Les compagnies qui ont
acheté les licences LMDS pour les utiliser en fonction de leur besoin initial (transmission
point-à-point par micro-ondes) devraient voir leur valeur fortement augmenter. Les
récentes ventes de spectre 5G autorisées devant la Commission Fédérale de
Communications (FCC) n’ont pas démenti cette tendance.

Sortie de fréquences et communications « multi-mode »

21 Une autre nouveauté du contexte ouvert par la nouvelle architecture 5G est la distinction
entre le spectre sous licence et le spectre non attribué. Aux États-Unis, seule la bande
LMDS entre 27,5 et 31,5 GHz est sous licence18. Ceci représente approximativement 1,5
GHz de bande passante disponible. Mais il y a au moins quatre autres bandes attribuées
pour la 5G. Elles sont beaucoup plus larges que la bande LMDS agréée. L’E-Band est
composée de 12,9 GHz fonctionnant à 71-76, 81-86 et 92-95 GHz. Il existe une autre bande
de 7 GHz fonctionnant à 57-64 GHz.
22 Balance. Ainsi, sur une bande passante totale de 21,5 GHz allouée à la 5G aux États-Unis,
seulement 1,5 GHz (soit un peu moins de 7 % du total) sont attribuées. Comme les
fréquences sans licences sont notoirement encombrées, l’architecture 5G a été conçue de
manière à ce que la nouvelle technologie d’accès radio (RAT) aura la capacité de sauter
d’une fréquence à l’autre si besoin est, et, les flux de données se déplaceront toujours sur
la partie du réseau la moins encombrée. Ceci implique que certains trafics peuvent être
redirigés, si nécessaire, depuis des fréquences sous licence à des fréquences non
attribuées. L’inverse n’est cependant pas clair : les circuits opérant sur les fréquences non

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attribuées pourront-ils être aiguillés sur les fréquences autorisées, même à titre
temporaire19 ?
23 L’ajout d’une caractéristique avancée et techniquement compliquée telle que le saut de
fréquences souligne encore la nature différente du monde de la 5G. Ici le réseau doit
constamment scanner les fréquences sous-utilisées. Cette caractéristique n’aurait pas été
nécessaire si une bande passante dédiée et stable était utilisée.
24 Mode-multiple. L’architecture 5G est également conçue pour tirer parti de la bande
passante qui est complètement hors de son allocation et sensiblement plus lente. Par
exemple, si plusieurs fréquences 5G sont utilisées en même temps, l’équipement
utilisateur (UE) pourrait potentiellement accéder au réseau 4G ainsi qu’à la connexion Wi-
Fi20. Principalement, l’allocation de la bande passante et la vitesse peuvent être ajustés
selon le type d’applications, par exemple, rapide pour de la vidéo 4K, lent pour les
capteurs passifs21.
25 Encore une fois, la capacité de tirer simultanément parti de multiples réseaux relève
d’une sophistication et d’une complexité de la 5G jamais vues au niveau des
télécommunications. Mais, comme on le verra, si ces réseaux hétérogènes sont exploités
par différentes entités dans l’architecture 5G cela peut soulever des questions juridiques
et réglementaires.

La nouvelle architecture de la 5G

26 En raison de la quantité massive de nouvelles bandes passantes mises à disposition, la


croissance importante attendue du nombre d’appareils connectés, de la large gamme
d’applications à prendre en charge et des différentes caractéristiques de qualité de
service (QoS) des différentes utilisations, l’architecture 5G est conçue d’une manière
inédite22. Les principales différences entre l’architecture 5G et celles des réseaux 1G à 4G
sont les suivantes :
27 L’infrastructure et les services réseau sont séparés. Dans le monde de la 5G, les
différents systèmes d’infrastructure de réseau - tels que relais, antennes, accès radio
Réseaux (RAN), nœuds d’accès alimentant les RAN, réseaux de base, centres de données
pouvant fournir des services cloud à l’équipement utilisateur (UE) - sont séparés par une
couche « ressources physiques ». En conséquence, l’infrastructure physique n’est pas
nécessairement détenue ou exploitée par le même opérateur. Ces ressources
(informatiques, stockage, connectivité) sont plutôt considérées comme étant des
ressources virtuelles logiques pouvant être exploitées au besoin selon un autre niveau
dans l’architecture 5G.
28 Réseaux définis par logiciel (SDNs23). La fourniture de services de réseau sera effectuée
au moyen d’un système de réseau « virtuel ». Ce dernier traduira les besoins des
utilisateurs en instructions utilisables par les « gestionnaires d’infrastructure virtuelle »
pour exploiter, si nécessaire, des sections de l’infrastructure physique. Le réseau lui-
même devient un concept abstrait puisqu’il y a une complète séparation complète
fourniture de services de réseau avec l’infrastructure. Les réseaux, dans le sens actuel du
terme, n’existeront plus. Ils seront remplacés à l’intérieur du contexte nouveau créé par
le fonctionnement du réseau 5G.
29 Certaines « tranches » du réseau ne pourront inclure que les transmissions d’ondes du
type mmWave, d’autres pourraient intégrer la 4G en cas de mauvaises performances et

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passer aux vitesses des ondes « mmWave » seulement pour certaines applications. Ces
« tranches » du réseau seront indépendantes les unes des autres ; elles auront des
capacités et des critères de performance différents. Elles constitueront réellement des
« réseaux à l’intérieur du réseau ».

Intelligence artificielle distribuée par réseau (NDAI 24)

30 Un grand nombre de fonctionnalités de gestion feront partie intégrante de la 5G.


L’infrastructure doit toujours être surveillée pour assurer une efficacité optimum, la mise
en place de la gestion des défauts, la programmation de la gestion de configuration
doivent être programmées pour fonctionner convenablement ; la gestion des
performances est essentielle pour que la bonne priorisation des demandes soit assurée.
31 L’aspect original de l’architecture 5G est que les fonctions de niveau supérieur seront
exécutées séparément de l’infrastructure physique qui transporte les flux de données.
Une intelligence artificielle sera nécessaire pour gérer cette architecture complexe car les
humains seraient incapables de gérer ce flux de décisions simultanées nécessaires pour, à
la fois, répartir les cheminements dans l’infrastructure physique, gérer les successions de
changements en fonction de la demande et des applications, maintenir la surveillance des
performances du réseau, assurer les fonctions de sécurité et répondre de manière
appropriée aux pannes ou autres incidents sur le réseau.
32 Modulaire et « Open Source ». Ces nombreuses fonctions du schéma de la 5G sont de
nature modulaire, et beaucoup sont de type « open source »25. Selon cette approche,
lorsqu’il faudra fournir un réseau, il y aura plusieurs points d’entrée dans le système. Les
mesures de performance et la gestion du réseau ne seront pas nécessairement effectuées
par les mêmes applications ou fournies par le même fournisseur.
33 A l’inverse d’un opérateur de télécommunications traditionnel agissant en tant
qu’intermédiaire entre le fournisseur de l’infrastructure physique et le client, il sera
possible aux clients de demander directement des ressources réseaux virtuelles. En outre,
la séparation des ressources de réseau et l’infrastructure physique signifie qu’il ne sera
même pas nécessaire de connaître les détails du réseau, il suffira juste de spécifier les
besoins du client.
34 En d’autres termes, l’architecture 5G sera exactement le contraire de ce qu’est un réseau
dit « fermé » ou « propriétaire ». Plusieurs acteurs pourront interagir, consommer ou
fournir des services. On le voit, c’est une philosophie très différente de ce que nous avons
connu qui est à l’œuvre avec le développement de la 5G. La 5G incarnant un concept
complètement différent de ce qu’est un « réseau », nous ne pouvons pas savoir avec
certitude ce que sera la réaction des opérateurs américains.

Aspects réglementaires de la 5G
35 Nous avons décrit la nature émergente de la 5G et avons montré comment les
caractéristiques originales de ces hautes fréquences nous obligent à une réflexion
approfondie sur le fonctionnement et la gestion des réseaux mobiles à venir. D’ores et
déjà, il apparaît que cette nouvelle architecture soulèvera des questions de nature
réglementaire.

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Partage de l’infrastructure

36 L’architecture 5G suppose que l’infrastructure physique sera partagée par des systèmes
de réseau de distribution de niveau supérieur. Cela signifie qu’un « réseau virtuel » - ou
réseau défini par logiciel (Software-Defined Network) - pourrait être mis en place sans que
de la société assurant la communication n’ait un droit de regard.
37 Partage forcé. Est-ce que les fournisseurs d’infrastructures physiques (dont les
principales entreprises de télécommunications), seront tenus de partager leur
infrastructure si cela leur est demandé ? Si tel est le cas, comment seront fixés les prix ?
Quelles seront les implications de ces considérations sur le concept de propriété ? Existe-
t-il des précédents où des entreprises sont dans l’obligation de partager leur
infrastructure ? Tous les opérateurs de réseaux ont-ils le droit d’accéder à toutes les
infrastructures disponibles ? Devrait-il bénéficier de ce droit ?
38 Accès obligatoire au contrôleur réseau. Jusqu’à présent, dans l’histoire des
télécommunications, chaque principal opérateur a possédé, exploité et maintenu son
propre centre de contrôle de réseau. En un sens, l’existence de ce centre était l’expression
de l’autonomie économique et commerciale des opérateurs.
39 Mais si l’architecture émergente 5G est adoptée, cette autonomie disparaîtra car tous les
utilisateurs potentiels, y compris les concurrents potentiels, seront habilités à fournir des
réseaux « virtuels ». Selon les modèles proposés actuellement, les opérateurs de réseau ne
seront plus nécessaires puisque les principaux utilisateurs (par exemple, entreprises
multinationales, gouvernements) pourront avoir un accès direct à la « plate-forme
multiservice » de 5G.
40 Qu’en sera-t-il de ceux qui construisent la majeure partie de la plate-forme 5G ?
Conserveront ils le droit de contrôler les utilisateurs ou de définir les conditions d’accès
de telle manière qu’elles les favorisent dans le contexte de leurs ‘ une besoins propres ?

Partage de coûts et facturation

41 Si les réseaux virtuels se font et se défont rapidement, sont assemblés et désassemblés


ensuite, comment sera déterminée leur tarification ? Seront-ils réglementés ? Sinon,
seront-ils organisés d’une manière complètement ouverte au marché ? Comment les prix
seront-ils définis et surveillés ? Si le service auquel on accède est fourni par un opérateur
disposant d’une infrastructure physique, comment les prix sont-ils fixés ? Comment
seront évités les prix abusifs ou le dumping de prix des principaux transporteurs ? Tous
les services vont-ils être tarifés de manière homogène ? Par exemple, si des services 4G
sont intégrés aux applications 5W mmWave, seront-ils tarifés de la même manière que si
chaque type de service avait été été tarifé séparément ?

Systèmes ouverts et innovation ouverte

42 Des règlementations seront-elles mises en place pour assurer un flux continu


d’innovation ? Supposons qu’une Start-Up crée un système de facturation complètement
nouveau, est-ce que le fournisseur d’infrastructure sera contraint par règlement d’ouvrir
l’accès à ses systèmes ? Les utilisateurs seront-ils obligés d’utiliser uniquement les
modules proposés par leur fournisseur, ou seront-ils en mesure de « mélanger et

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combiner » les modules de différents fournisseurs afin de mieux répondre à leurs


priorités ?

Parallèles avec d’anciennes batailles concernant la


dérégulation
43 L’architecture de la 5G, par sa nouveauté, pose des problèmes épineux en matière de
réglementation. Dans le passé, plusieurs cas de dérèglementation se sont produits qui ont
permis l’élaboration d’une jurisprudence. La dissolution du système Bell aux États-Unis 26
et la mise en place de systèmes libres qui ont suivi ont donné lieu à une intense activité
juridique et ils fournissent un contexte légal pour le développement de la 5G.

Le marché concurrentiel des télécommunications aux États-Unis

44 Les États-Unis ont développé un modèle concurrentiel de télécommunications au fil du


temps. Ce modèle concurrentiel repose sur un accès ouvert aux réseaux de
télécommunications proposés par différentes entreprises concurrentes. Par exemple,
dans n’importe quel réseau de télécommunications, il est possible d’utiliser les
équipements de n’importe quel fabricant. La seule exigence est qu’il soit homologué par
la Commission Fédérale des Communications. Il est également possible de choisir entre
différentes sociétés de services locales. Quant à la règle qui veut qu’un service soit tarifé,
elle a été remise en cause par une politique libérale permettant de téléphoner à partir
d’un ordinateur. En définitive, les entreprises de télécommunications concurrentes ont
été obligées de coopérer les unes avec les autres pour que soit assurée la « portabilité des
numéros », c’est-à-dire la possibilité de conserver son numéro de téléphone même si l’on
décide de changer d’opérateur.
45 Ces caractéristiques des réseaux d’aujourd’hui ne sont ni évidentes ni automatiques. Elles
sont le résultat d’une longue lutte entre deux forces opposées : le Monopole d’une part, la
Règlementation d’autre part. Le pouvoir du monopole est exercé par des entreprises
technologiquement dominantes alors que le pouvoir réglementaire est exercé par le
gouvernement fédéral et divers États. Cette « bataille » s’est prolongée des décennies
durant, depuis le 19ème siècle.
46 Kingsbury. L’une des premières escarmouches dans cette bataille avait éclatée suite à un
désaccord à propos du contrôle d’AT & T sur le service télégraphique et téléphonique.
Lors des accords de Kingsbury27, AT & T avait accepté d’abandonner les investissements
qu’elle avait réalisés dans les entreprises télégraphiques locales28.
47 En outre, AT & T avait accepté de permettre à des compagnies de télécommunications
indépendantes de s’interconnecter à son réseau longue distance. Cela fut période très
intéressante pour les télécommunications américaines et de nombreuses entreprises de
téléphonie ou de télégraphie furent créées alors. Mais la constance témoignée par AT & T
dans sa volonté d’acquérir le contrôle de ces entreprises les unes après les autres coupa
net cette tendance.
48 Même à cette époque, des oppositions se manifestèrent contre des pratiques
anticoncurrentielles. Theodore N. Vail, le président d’AT & T préféra « une règle, et un
système capable de fournir un service universel ». À mesure que le marché de la
téléphonie se développait, AT & T continua à consolider son pouvoir en finançant presque

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toutes les lignes téléphoniques fixes29 aux États Unis. AT & T détenait également vingt-
deux entreprises offrant des prestations de services locales. Celles-ci s’appelaient Bell
Operating Companies (« BOC »). AT & T fabriqua tous ses équipements de
télécommunication dans ses propres usines « Western Electric ». Une seule entreprise,
« AT & T Long Lines », exploitait les communications à longue distance pour l’ensemble
du pays. Les autres compagnies de téléphonie fixe30 opéraient dans leurs propres zones
géographiques, mais seuls les équipements de Western Electric étaient autorisés à être
connecté au réseau AT & T31. AT & T avait même son propre chemin de fer. Le niveau
d’intégration du marché des télécommunications était totalement verrouillé.
49 Décret de consentement de 1956. Au milieu des années 1940, le gouvernement avait
reçu des plaintes car AT & T et sa « branche » industrielle, Western Electric, s’étaient
engagées dans une « conspiration » afin de monopoliser le marché des équipements de
télécommunications (depuis la fabrication jusqu’aux ventes). Cela déboucha, en 1949, sur
un procès qu’intenta le gouvernement américain contre AT & T et Western Electric pour
que l’entreprise de télécommunications soit séparée de l’entreprise industrielle. Il en
découlera le « décret de consentement de 1956 » dans lequel AT & T promit de conserver
ses activités dans les zones réglementées. Une fois de plus, AT & T évita une longue
bataille judiciaire, mais l’effet concret sur le marché des télécommunications avait été
insignifiant. AT & T poursuivit son travail, et les faits montrent la persistance d’un
certain nombre d’activités anticoncurrentielles.
50 Hush-a-Phone. L’affaire Hush-A-Phone32 a marqué l’une des premières failles de
l’impénétrable réseau qu’avait construit AT & T. The Hush-a-Phone était un appareil
simple. Il n’y avait aucun circuit électrique. C’était simplement un petit objet en forme de
tasse qui pouvait être monté sur le microphone d’un téléphone. Il permettait
d’augmenter pour l’auditeur la qualité du son transmis, et d’améliorer la confidentialité
des conversations. En ce temps-là, les téléphones n’étaient pas propriété du client : ils
étaient loués par AT & T. En conséquence, AT & T prétendait avoir le droit d’interdire
l’installation de tout dispositif non fourni par la compagnie. Au début, la FCC avait
accepté l’argument, et en référence au Communications Act, 1934, elle avait estimé que le
Hush-a-Phone était une adjonction étrangère à l’appareil d’AT & T qui était en droit
d’empêcher la détérioration de son service téléphonique. Hush-a-Phone interjeta appel
devant la Cour d’Appel Fédérale de Washington, DC et eut gain de cause. Le tribunal
estima qu’un abonné avait le droit d’utiliser raisonnablement le téléphone de manière
privée sans nuire autrui. Cela modifia la jurisprudence : AT & T ne pouvait plus interdire
une interconnexion d’un équipement à son réseau commuté, tant que ce dernier ne
causait pas de dommages au réseau.

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 12

Photo 1 : Un modèle « piédestal » de Hush-a-phone 33

51 Carterfone. L’affaire Carterfone est un autre exemple de pratiques anti-concurrentielles


de la part de l’AT & T. Le Carterfone était un périphérique connecté à une radio
bidirectionnelle34. AT & T avait soutenu que l’appareil était interdit en raison de sa
structure tarifaire à taux unique. L’inventeur fut d’abord suivi par la cour fédérale en
vertu des lois anti-monopole, mais l’affaire fut renvoyée à la Commission Fédérale des
Communications35, qui statua que la jurisprudence du procès Hush-a-Phone contre AT&T
devrait être appliquée, permettant donc cette interconnexion36.37

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 13

Photo 2 : Le « berceau » ou Carterphone de Carter Electronics (1959)38

52 Execunet I & II39. Microwave Communications, Inc. (« MCI ») avait construit une série de
stations de relais d’hyperfréquences entre Chicago, Illinois et St. Louis. Le plan original
était de fournir un moyen aux camionneurs d’utiliser des radios à courte distance sur la
Route 66 pour communiquer avec les tours locales de micro-ondes. Le service s’appelait
« Execunet ». Finalement, MCI s’était arrangée pour se connecter au réseau AT & T. Cela
avait permis à des utilisateurs d’émettre et de recevoir des appels téléphoniques avec des
fixes. AT & T refusa d’autoriser la connexion d’Execunet I, faisant valoir comme dans les
affaires précédentes que cela perturberait sa grille tarifaire. MCI déposa une plainte
devant la Commission Fédérale des Communications (1974), plainte qui fut rejetée. MCI
interjeta alors appel devant la Cour Fédérale des Appels de Washington, DC, qui infirma le
jugement de la FCC faisant droit à la demande de MCI. Malgré la décision de la Cour, AT &
T persista dans son refus d’autoriser la connexion entre son réseau et Execunet II. De
nouveau, MCI interjeta appel et la Cour rendit son arrêt infirmant le jugement de la FCC.
La reconnaissance du bienfondé de la demande de MCI s’appuyait cette fois sur des
arguments fondés sur le droit antitrust40.

AT & T démantelée

53 Au milieu des années 1970, AT & T était la plus grande entreprise au monde et elle
comptait plus d’employés aux États-Unis qu’aucune autre entreprise.
54 Le ministère de la Justice des États-Unis engagea un autre procès41 contre AT&T, alléguant
un abus de position dominante de la part de AT&T, dont l’utilisation de son pouvoir
monopolistique pour tuer une entreprise ; le contrôle de l’accès aux sociétés
d’exploitation Bell (BOCs) pour bloquer la concurrence sur le marché des appels longue

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 14

distance ; l’utilisation de ses revenus sur le marché classique des lignes fixes pour prendre
l’avantage sur les marchés concurrentiels. Comme les compagnies d’exploitation Bell
(BOCs) détenaient le monopole sur leurs marchés locaux respectifs, elles donnaient selon
le gouvernement, un pouvoir de monopole à l’AT & T leur entreprise mère.
55 La bataille juridique dura près d’une décennie, mais en 1982 AT&T jeta l’éponge et décida
de négocier un accord avec le gouvernement. AT&T se sépara des BOCs, qui à leur tour se
réorganisèrent en sept entreprises. Ces dernières avaient l’obligation de fournir un
service multi-transporteur et autoriser une connexion à toutes les entreprises
interurbaines. Les BOCs n’eurent plus le droit d’offrir un service d’appels longue distance
sur leurs marchés locaux si d’autres entreprises assuraient ce service. Les contrats fixés
entre les BOCs et Western Electric pour l’achat de matériel furent considérés comme nuls
et non avenus. AT & T se vit interdire l’acquisition de parts dans les BOCs. Ce
démantèlement entra en vigueur le 1er janvier 1984.

Déréglementation et Telecommunications Act (1996)

56 Il semble que les effets de la déréglementation et de la loi de 1996 sur les


télécommunications furent salutaires. Le marché dans son ensemble se développa et le
nombre de fournisseurs interurbains augmenta rapidement. L’activité d’acteurs
économiques nouveaux prit son essor ; elle se mit à fournir des services d’accès entre les
fournisseurs et les entreprises d’appels longue distance42. Il y eut également eu une
croissance explosive des services sans fil.
57 Cependant, les tensions persistèrent. En particulier, les différents entreprises Regional
Bell Operating (RBOCs) étaient désireuses de proposer des services d’information43 ce qui
ne leur était plus possible : leur pouvoir de monopole local aurait pu être utilisé pour
étouffer la concurrence dans les nouveaux secteurs émergents de l’ère de l’information.
58 Ce sont ces tensions sur le marché ainsi que l’évidence d’un besoin de réforme qui
conduisirent en 1996 à l’adoption par la Commission fédérale des communications (FCC)
d’un texte modifiant radicalement le droit des télécommunications tel qu’il était encadré
depuis 1934 : ce texte historique est le Telecommunications Act of 1996 44.

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 15

Photo 3 : Le siège de la FCC (2009)45

59 Cette nouvelle loi a eu une influence décisive sur la concurrence dans le secteur des
télécommunications. Les restrictions initialement imposées aux Regional Bell Operating
(RBOCs) après le démantèlement d’AT&T furent supprimées. Les lois d’Etat protégeant les
propriétaires contre la concurrence locale furent abrogées. Ceci conduisit à une fusion
immédiate entre les sept RBOCs et à l’acquisition par ces compagnies de trois des quatre
entreprises de lignes longue distance ayant un réseau national. Après quelques temps,
seules les trois entreprises les plus puissantes subsistèrent : Verizon, AT & T et Qwest.
60 Le marché des services sans fil aux États-Unis s’est mis à être dominé par AT & T et
Verizon qui, à eux deux, contrôlent plus de 60 % du marché du téléphone mobile. Ce
marché est contrôlé à 90 % par quatre entreprises, dont AT &T et Verizon.
61 Quant à la téléphonie fixe, sur la plupart des marchés, on observe un duopole ou un
oligopole.
62 Dans le monde de l’Internet, on a longuement discuté de « Neutralité du Net », mais cette
notion semble également s’être évanouie, laissant place à plus d’entraide des acteurs
dominants du marché.

Défis pour les petits opérateurs


63 Avec le prochain avènement de la 5G et les énormes défis que posent ce nouveau
standard, les petits opérateurs seront-ils laissés sur le bord de la route ? Parviendront-ils
à se maintenir dans le marché. L’histoire montre que lorsqu’un marché est caractérisé par
des joueurs bénéficiant de positions fortes et de parts de marché confortables, l’incitation
à l’innovation est moindre. Or, les principaux fournisseurs, Verizon et AT & T
représentent environ 120 milliards de dollars de revenus annuels.

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 16

64 Les quatre premières compagnies du secteur (avec T-Mobile et Sprint) totalisent environ
170 milliard de dollars de ventes par an. Le cinquième opérateur par ordre d’importance
est US Cellular qui ne représente que 10 % de la taille du quatrième des premiers. En
dehors des géants, les revenus des autres compagnies ne pèsent guère. Au fil du temps, le
secteur s’est développé de telle manière que la majeure partie de l’investissement revient
aux plus grands acteurs. Les compagnies les plus petites, en louant les infrastructures des
plus grandes, permettent à ces dernières de faire de bonnes affaires.
65 La technologie 5G est un service révolutionnaire, et elle offre des opportunités pour
l’innovation. Cependant, les principaux acteurs domineront la compétition sur
l’élaboration des normes au sein de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT46
). On peut être certain qu’ils tenteront de concevoir une infrastructure satisfaisant leurs
propres objectifs et pas nécessairement ouverte à la participation de ceux des petites
compagnies concurrentes. Naturellement, les plus grandes compagnies seront réticences
à ouvrir l’architecture et le contrôle du réseau 5G aux outsiders. Elles feront valoir un
argument de poids : la nécessité pour elles d’avoir un retour sur investissement des
dépenses substantielles qu’elles ont déjà consenties.
66 En tant que technologie de rupture, la 5G est grosse de nombreuses possibilités
d’innovation. Pour les petits acteurs, cette nouvelle architecture devrait permettre - pour
la première fois – de fournir des services de télécommunication sans pour autant disposer
en propre de l’infrastructure sous-jacente. Pour les plus petits acteurs cette propriété de
la 5G correspond, en miroir, à ce qui se fait lorsque les grands du secteur utilisent des
infrastructures louées pour étendre leurs prestations de service. Ces tendances vont dans
le sens d’une énorme augmentation de la concurrence, car même une petite compagnie
sera en mesure de fournir des services et circuits nationaux ou internationaux à ses
clients. Plus de concurrence signifie plus de choix, des prix plus bas et plus d’innovation.
67 Il faut cependant être conscient que la réalité de la concurrence sera difficile à garantir. A
moins que quelque chose ne soit fait pour l’imposer aux plus grandes compagnies, rien
n’assure aujourd’hui les plus petites entreprises du secteur un accès direct aux modules
de contrôle de réseau requis. Ils pourraient donc ne pas pouvoir assurer à leurs clients la
circulation des flux et la bonne exécution de leurs opérations. Dans le contexte de la 5G,
les petits acteurs pourront être réduits à vendre leurs services à bas prix aux acteurs
dominants.

Le test de Townes
68 Si vraiment une réglementation de la nouvelle architecture 5G et de l’accès aux marchés
qui lui sont associés pouvait voir le jour, elle devrait rendre possible un scénario
« gagnant-gagnant » pour tous les acteurs, grands et petits. Walter Townes47 a suggéré le
test suivant pour apprécier la viabilité de toute réglementation proposée :
69 Toute réglementation doit être telle qu’elle ne doit pas nuire directement ou non,
volontairement ou non, aux acteurs dominant du marché tout en ne portant pas atteinte
aux intérêts ou à la capacité d’innovation des petites entreprises, ou d’acteurs encore
inconnus, qui pourront entrer dans ce marché des télécommunications.ne doit pas nuire
directement ou non, volontairement ou non, aux acteurs dominant du marché.
70 En particulier, il faudra s’assurer à ce que les opérations de contrôle du réseau 5G ainsi
que la fourniture des infrastructures restent ouvertes aux innovateurs. Les plus petits

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 17

acteurs devraient se voir garantir la souplesse dans la production et la revente des


services, même lorsqu’ils n’utilisent pas leur propre infrastructure.
71 Des dispositions réglementaires établies dans cet esprit permettront aux petits
opérateurs de fournir les services 5G les plus avancés à leurs clients ; et ce, même s’ils ne
disposent pas en propre du plus haut niveau d’infrastructures 5G. Plus important peut-
être, cela permettra aux start-ups d’améliorer l’architecture 5G normalisée initiale par la
création de modules auxiliaires.
72 Cette souplesse favorisera l’innovation ce qui sera particulièrement important pour
certaines applications (services basés sur le cloud ; services utilisant des ensembles de
données non disponibles dans l’infrastructure de télécommunications telles les grandes
bases données externes ou les données d’entreprises).
73 Ce type de régulation servira également à accélérer le déploiement ultérieur de
l’innovation que représente l’Intelligence artificielle distribuée en réseau (NDAI) 48 dans
tous les domaines tant humains que mécaniques.

La 5G dans l’Union européenne


74 La lutte réglementaire dans l’Union européenne sera atténuée par l’accent mis par la
Commission sur l’interopérabilité et le partage de données scientifiques d’information.
Des recherches menant à l’adoption de la norme 5G sont en cours en Europe à travers un
certain nombre de plateformes de recherche49. En Europe, plusieurs réseaux de
recherches virtuelles ont émergé sur une base transnationale. Ces centres de recherche
coordonnent leur travail sur divers sujets50.
75 Le programme de recherche européen est organisé autour d’enjeux technologiques
spécifiques, tels que les véhicules autonomes sans conducteur, les réseaux mobiles
optiques, les communications à ondes millimétriques, les services de cloud et les réseaux
distribués51. Des expérimentations sont menées en divers endroits52.
76 En général, la recherche européenne sur la 5G est hautement collaborative et
géographiquement dispersée contrairement à l’essentiel de ce qui se fait dans ce domaine
aux États-Unis (la recherche s’y fait surtout dans les laboratoires des principaux
opérateurs dont l’objectif est d’assurer au mieux leur contrôle de cette technologie 5G).
On peut donc s’attendre à ce que la « guerre » de la réglementation sera plus féroce aux
États-Unis que dans l’Union européenne.

Conclusion
77 Les technologies de la 5G se développent selon un modèle radicalement différent de ce qui
se faisait jusque-là dans le secteur des télécommunications. Le concept du « service de
télécommunication » sera substantiellement modifié puisque des réseaux « virtuels »
s’articuleront sur des infrastructures d’opérateurs variés. Le plein potentiel de la 5G ne
pourra être atteint que si - et seulement si – les comportements des opérateurs
dominants visant à freiner la concurrence pourront être modérés par la loi et la
réglementation.
78 Les déréglementations mise en œuvre dans le passé en matière de télécommunication
sont instructives. Ces faits historiques témoignent de l’existence d’une dynamique

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 18

continue entre les tenants du marché libre et de la concurrence d’une part et celles du
monopole d’autre part. Si une force s’affaiblit, l’autre s’accroit et vice-versa.
79 En général, les politiques publiques favorisent l’approche ouverte, comme le montrent les
règles régissant l’Internet. Ces règles de « neutralité du Net » suggèrent que les
fournisseurs de télécommunications qui sont impliqués dans la construction
d’infrastructures gèrent leurs opérations de manière à ne pas exclure la concurrence et
l’innovation. Aucune approche tendant au monopole n’est tolérée aujourd’hui, et dans les
années à venir, les tendances penchant vers un monopole virtuel ne devraient pas être
tolérées. Cela suggère que lorsque la 5G sera opérationnelle, il est probable qu’une
politique publique sera mise en œuvre afin que l’ouverture soit effective en matière de
contrôle de l’infrastructure, de sa mise à disposition des acteurs et de sa gestion.
80 Le passé pouvant éclairer l’avenir, l’avènement de la 5G laisse entendre qu’une « guerre »
est quasi inévitable. Les principaux opérateurs du secteur des télécommunications
chercheront à empêcher les autres d’accéder directement au contrôle des réseaux et plus
généralement, aux nouvelles technologies de la 5G.

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VERDONE R., MANZALINI A. (s. d.),5G Expereimental Facilities in Europe


(White Paper No. Version 11.0), UniBO and Telecom Italia, NetWorld 2020 ETP.

NOTES
1. Des mêmes auteurs sur la 5G, voir dans ce numéro : Roche Edward M., Dickens Benjamin H. Jr.
& Townes Walker (2018), « Conséquences de la téléphonie mobile de cinquième génération sur la
télé-géographie », Netcom, vol. 32, n° 1-2.
2. Dans la Communauté européenne, les tarifs d’itinérance sont devenus la cible d’une
réglementation dans le cadre du « Marché unique digital ». Voir par exemple Commission (2017)
- European Commission, Statement, End of roaming charges in the EU : Joint statement by 3 EU
institutions, Bruxelles, le 14 juin 2017. « La fin des frais d’itinérance est une vraie réussite
européenne. Désormais, les citoyens qui voyagent à l’intérieur de l’UE pourront appeler, rédiger
un texte et se connecter sur leurs appareils mobiles au même prix que dans leur pays.
L’élimination des frais d’itinérance est l’un des plus grands succès de l’UE ».
3. Commission (2015).
4. Bower, J. L., C. M. Christensen (1995).
5. Erfanian J. and Daly B. (2015).
6. Ainsi, lors d’une manifestation sportive tenue au Indianapolis Speedway (mai 2017),
l’opérateur Verizon et le fournisseur d’équipement Ericsson ont fait une démonstration
d’application 5G. Le pilote d’une voiture était équipé de lunettes de réalité virtuelle où il pouvait
visualiser la route à travers un flux vidéo 5G. Toutes les fenêtres de la voiture étaient
entièrement recouvertes de film plastique noir, supprimant toute visibilité vers l’extérieur. Les

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La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 20

temps de latence étaient si infimes que le pilote a pu conduire son véhicule sans problème alors
qu’avec la technologie 4G la voiture le retard vidéo cela aurait été impossible.
7. Voir aussi Ericsson (2017). Ce document mentionne de nombreuses applications dont : le
contrôle de véhicules automatiques, les communications d’urgence, l’automatisation des chaînes
industrielles, les trains à grande vitesse, les grands événements en plein air, de nombreux
dispositifs géographiquement dispersés, les médias à la demande, la chirurgie et les examens
médicaux à distance, les centres commerciaux, les villes intelligentes, les stades, la télé-
protection dans les réseau smart-grid, les embouteillages, la réalité virtuelle et augmentée ainsi
que le haut débit à la maison. Id. à 4.
8. Software-defined Networks.
9. LMDS – Local Multipoint Distribution Service.
10. Sous la norme IEEE 802.11ad.
11. Voir, par exemple, Altshuler et Marr (1988).
12. L’allocation des fréquences (spectre radio) des États-Unis est synthétisée dans un graphique
en ligne ; United States Department of Commerce, United States Radio Spectrum Frequency Allocations
Chart as of 2011, https://www.ntia.doc.gov/files/ntia/publications/
spectrum_wall_chart_aug2011.pdf.
13. C’est-à-dire un mille carré (mi²). Rappelons que cette unité de mesure anglo-saxonne de
superficie représente un carré d’un mille de côté soit près de 2,6 millions de mètres carrés (2,59
kilomètres carrés).
14. Ces petites « mini »-cellules sont également appelées “Femto Cells”, “Pico Cells”, and “Micro
Cells”. See, e.g., Research Ciena Corporation (2015).
15. Massive Multiple-Input Multiple-Output.
16. Pour visualiser cet arrangement, on peut penser à un cercle correspondant à une antenne
unique diffusant à 360 vers toutes les directions. Au contraire, pour visualiser MIMO, on doit
représenter une figure de forme pentagonale (5 faces), octogonale (8 faces), dodécagonale (12
faces) ou pentadécagonale (15 faces) - chacune des faces correspondant à une antenne séparée.
17. User Equipment (UE).
18. Pour une synthèse de l’allocation des fréquences (spectre radio) aux États-Unis, voir : United
States Department of Commerce (2011).
19. Si tel était le cas, cela réduirait de manière significative la valeur des fréquences autorisées.
D’autre part, puisque ce saut est conçu pour se produire seulement lorsque le spectre n’est pas
utilisé, un contre-argument serait que cela ne ferait aucune différence, et par conséquent, il ne
devrait pas y avoir d’effet sur la valeur du spectre 5G attribué sous licence.
20. Voir, par exemple, Qualcomm (2015). « Grâce à son réseau à un seul noyau, la 5G prendra en
charge l’accès 4G et Wi-Fi, aussi bien que, simultanément, la connectivité simultanée 5G, 4G et Wi-Fi
avec des appareils multimodes permettant une introduction des services 5G et la protection des
investissements des opérateurs » (accentuation ajoutée) - p. 15.
21. Par exemple, les compteurs électriques.
22. Voir, par exemple, Giannoulakis (s.d.) ; Mullins et Barros (2017) ; Simone et Alexandros (2016)
– Mullins, Barros, Eds. (2017) ; Giannoulakis, et al. (s.d.) ; Simone (Nokia Bell Labs), Alexandros
(Huawei Technologies Dusseldorf GmBH).
23. Software-Defined Networks (SDNs).
24. Network Distributed Artificial Intelligence (NDAI).
25. Les logiciels de type « open source » constituent une des technologies à qui l’on doit le succès
(intégration rapide et croissance) de l’Internet. Une théorie explique pourquoi les approches
« open source » jointes à l’auto-organisation des systèmes sont une bonne association au bénéfice
du monde de la technologie. Voir, par exemple, Raymond (2001) – Raymond (2011).
26. Milieu des années 1980 (Note de la rédaction).
27. Kingsbury (1913).

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28. Pour une histoire des désinvestissements de l’AT&T’s, Voir : par exemple Pinheiro (1987).
29. Nous utilisons le mot « fixe » pour préciser qu’il s’agit de lignes de téléphonie fixes, bien qu’à
l’époque n’il n’existait pas d’alternatives (pas de téléphones mobiles, ou sans fil).
30. Par exemple : GTE — General Telephone & Electric Corporation (1955– 1982) (finalement
acquise par Verizon).
31. Les équipements des autres industriels ne pouvaient pas être connectés au réseau.
32. Hush-A-Phone Corp. v. United States, 238 F.2d 266 ; 99 U.S. App. D.C. 190 ; 1956 U.S. App. LEXIS
4023.
33. Domaine public. Wikimedia. Cliché Marcin Wichary, 2008. “Hush-a-phone pedestal model.
You speak into the tube, so that no one can hear your private conversation”. Herbert H. Warrick
Jr. Museum of Communications, Georgetown, Seattle, Washington. https://
upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/db/Hush-a-phone_pedestal_model.jpg
34. Il suffisait de poser le micro du téléphone sur le Carterfone pour établir une connexion
manuelle entre un système de radio mobile (émetteur-récepteur) et le réseau téléphonique
public commuté (RTPC) – Cette connexion était acoustique et non électrique. Note de la
rédaction.
35. Federal Communications Commission (FCC). Agence indépendante créée par le Congrès des États-
Unis en 1934. (Note de la rédaction)
36. Voir, par exemple : In the Matter of Use of the Carterfone Device, 13 F.C.C.2d 420 (1968), 13
Rad. Reg. 2d (P & F) 597, June 26, 1968. « Nous acceptons et adoptons les constatations de
l’examinateur selon lesquelles le Carterfone remplit un besoin et qu’il n’affecte pas négativement
le système téléphonique… barrer le Carterfone serait déraisonnable et indûment
discriminatoire », p. 423.
37. La décision Carterfone (13 F.C.C.2d 420) a rendu possible la connexion au système
téléphonique public commuté, de dispositifs variés des clients (répondeurs, télécopieurs…) Les
premiers modems utilisaient le même type de coupleur acoustique manuel que le Carterfone
(Note de la rédaction).
38. Domaine public. Cliché ArnoldReinhold (2014) ; Wikimedia. Computer History Museum,
Mountain View, Californie.
39. D.C. Cir 1977 et D.C. Cir 1978.
40. Ces conclusions démontraient clairement que l’ère du monopole en matière de téléphonie à
grande distance était révolue et que la Cour entendait faciliter la compétition dans ce secteur
d’activités. Voir: Kimberly A/ Zarkin, Michael J. Zarkin (2006), The Federal Communications
Commission: Front Line in the Culture and Regulation Wars, Greenwood Press, Westport, Connecticut
/ Londres, pp. 64-65 (Note de la redaction).
41. U.S. v. AT&T, D.C. Cir 1984.
42. Il est devenu possible à une banque d’établir une ligne longue distance à bas prix entre deux
établissements. De nombreuses entreprises multinationales ont commencé à construire leur
propre réseau interne d’appels longue distance reliant leurs différents sites.
43. Courrier vocal, services de sécurité, télécommunication pour des longues distances, et même
parfois fabrication d’équipements.
44. Le titre complet était : « Une loi visant à promouvoir la concurrence et à réduire la
réglementation afin de sécuriser des prix et des services de meilleure qualité pour les
consommateurs de télécommunications et encourager le déploiement rapide de nouvelles
technologies de télécommunications » (An Act to promote competition and reduce regulation in
order to secure lower prices and higher quality services for telecommunications consumers and
encourage the rapid deployment of new telecommunications technologies). Loi promulguée par
le 104e Congrès des États-Unis et entrée en vigueur le 8 février 1996. Citation : 110 Stat. 56, P.L.
104-104. Amendement la loi de la Communications de 1934.
45. Numéro 445 ; 12th Street SW, Washington, D.C, fev. Auteur Ser Amantio di Nicolao.

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46. En anglais International Télécommunication Union (ITU). Il s’agit d’une institution des Nations
unies pour les technologies de l’information et de la communication. Son siège est situé à Genève
(Note de la rédaction).
47. Le Test de Townes est suggéré par Walter Townes, l’un des co-auteurs de cet article, qui
possède plusieurs entreprises de télécommunications aux Etats-Unis et en Amérique latine.
48. Network Distributed Artificial Intelligence (NDAI).
49. Voir par exemple : Verdone et Manzalini (s.d.), « L’Europe a besoin de solides investissements
[dans la 5G], pour innover et assurer la maintenance et l’exploitation de tests expérimentaux. Des
investissements sont nécessaires tant du secteur public que du secteur privé afin de créer, au
sein de l’UE, une masse critique d’établissements expérimentaux [qui] agiront comme un
‘accélérateur’ pour le tissu économique » (Page 8).
50. Par exemple le Laboratoire européen des communications mobiles pour l’Internet du futur
(European Laboratory of Wireless Communications for the Future Internet, EuWin), regroupe
Openair5GLAB de l’EURECOM (France), RadioNetworks de l’Université de Bologne (Italie) et
(Espagne). La Finlande est particulièrement active dans les recherches sur la 5G. Il existe un
Réseau expérimental 5G aussi bien qu’une coordination entre divers centres de recherche, le VTT
Technical Research Centre of Finland Ltd (Université d’Oulu), l’organisation VTT (Centria
University of Applied Sciences), le programme FUHF (Université des Sciences appliquées, Turku)
et la plateforme platform and le projet “Netleap” (Université d’Aalto). Des recherches
approfondies sont également menées dans d’autres institutions en Allemagne, en Espagne, en
Italie, en Grèce, Royaume-Uni, Portugal, Belgique et France.
51. Un réseau informatique est dit « distribué » quand les ressources ne sont pas en un lieu ou
sur un seul ordinateur ; c’est le contraire de ce qu’on appelle « réseau centralisé ». Internet qui
ne possède pas de nœud central est un exemple de réseau distribué. Avec ce type d’infrastructure
de réseau, il est possible que des machines différentes et réparties travaillent sur un même objet
en communiquant sur le réseau (Note de la rédaction).
52. Ainsi : CCTC (Espagne), “Network Playground” (Univ. of Aveiro, Portugal), “Virtual Road
Simulation” et “Test Facility” (Technical Univ. of Ilmenau, Allemagne), “Cognition Network”
(Univ. de Padoue, Italie), etc.

RÉSUMÉS
La « 5G » est une nouvelle génération des standards de la téléphonie mobile. Cette technologie de
télécommunication sans fil promet de révolutionner la manière dont le monde communique.
Absolument tout, des véhicules autonomes, aux robots chirurgicaux, en passant par les
dispositifs de réalité virtuelle augmentée, les drones, l’« Internet des Objets » (Internet of Things
ou IoT) et, plus généralement, toutes les communications mobiles seront couvertes par une
nouvelle tranche de bande passante située entre 6 Ghz et 300 Ghz. Une partie de cette tranche
sera sous licence, mais une grande partie libre.
La 5G est différente des générations précédentes. Pour la première fois, l’infrastructure physique
sera séparée de l’infrastructure logique ou « virtuelle ». Un réseau de type « SDN » (Software
Dynamic Networks - réseaux définis par logiciel) sera selon, la demande, mis en place, supprimé,
agrandi, ou réduit. La gestion complexe du réseau sera effectuée par apprentissage automatique (
Machine Learning ou ML) et au moyen de l’Intelligence artificielle (AI). Mais pour que tout cela
fonctionne, les principaux opérateurs devront accepter les normes internationales et ouvrir leurs

Netcom, 32-1/2 | 2018


La prochaine génération de téléphonie mobile (5G) et ses implications (Infras... 23

interfaces à des acteurs extérieurs voire même à la concurrence. C’est à ce niveau que se jouera la
bataille réglementaire et juridique. A moins d’une attention suffisante accordée dès à présent à
ces problèmes émergents, les utilisateurs qui dépendent des télécommunications avancées en
Amérique du Nord et dans l’Union européenne se verront empêchés de profiter de la large
gamme d’avantages promis par 5G ; en conséquence, l’Innovation risquerait de prendre du retard
par rapport à d’autres régions du monde1.

The “5G” is a new generation of wireless telecommunications technology that promises to


revolutionize how the world communicates. Everything from autonomous vehicles, robots
conducting delicate surgery, virtual and augmented reality devices, drones, the “Internet of
Things” (IoT), and generally all mobile communications will be enabled by a new tranche of
bandwidth between 6-Ghz and 300-Ghz, some of it licensed, but much of it not. But 5G is diff
erent. For the first time, the physical infrastructure will be separated from the logical or
“virtual” infrastructure. Software Defined Networks (SDN) will be set up and torn down, grown
and lessened according to demand.
Complex network management will be done by Machine Learning (ML) and Artificial Intelligence
(AI). But for all of this to work properly, major carriers will need to accept international
standards and open up their interfaces to outsiders, even to competitors. This is where the
regulatory and legal fight will take place. Unless sufficient attention is paid now to these
emerging issues, users dependent on advanced telecommunications in both North American and
the European Union will be prevented from enjoying the full range of benefits promised by 5G,
and as a consequence innovation will lag behind other regions of the world.

INDEX
Mots-clés : 5G, Amérique du Nord, fréquences 6-Ghz / 300-Ghz, norme internationale,
technologie de télécommunication sans fil, téléphone (histoire), Union européenne
Keywords : 5G, bandwidth 6-Ghz / 300-Ghz, European Union, International standard, North
American; telephone (history), wireless telecommunication technology

AUTEURS
EDWARD M. ROCHE

PhD, JD Law Offices of Edward M. Roche, 100 Pine Street, Suite 1250, San Francisco, California,
94111-5235, USA. emr96@caa.columbia.edu.

BENJAMIN H. DICKENS-JR.

Esq. Partner, Blooston, Mordkofsky, Dickens, Duffy & Prendergast, LLP, 2120 L. Street, NW, Suite
300, Washington, DC 20037, USA.

WALKER TOWNES
Board of Directors, Townes Telecommunications & Founder of The Walker Institute for Cyber
Arms Control, New York, NY, USA.

Netcom, 32-1/2 | 2018

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