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ECOLE NATIONALE SUPERIEURE DE STATISTIQUE ET

D’ECONOMIE APPLIQUEE.

SUPPORT DE COURS D’ANALYSE


PROSPECTIVE DU SECTEUR AGRICOLE.
Pr Guechi Djamel Eddine.

Année universitaire 2019-2020.


I. LES DIFFERENTES DISCIPLINES D’ETUDE DU SECTEUR AGRICOLE ET
ALIMENTAIRE.

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1: L’économie agricole
Elle concerne les aspects de la science économique ayant trait à l’activité productive agricole
au niveau de l’exploitation agricole même.

C’est une analyse qui se réalise au niveau micro économique.

Objectif : Combinaison optimale des Ressources Humaines, financières et matérielles (sol,


eau, matériels végétales, intrants…) et informationnelles de l’exploitation.

L’analyse est toujours réalisée en corrélation avec une demande d’inputs de l’exploitation et
les outputs qu’elle va proposer sur le marché agricole et alimentaire en considérant les
relations exploitation-environnement.

Elle consiste à l’application de la théorie économique à des problèmes et des questions ayant
trait à la production, la transformation, la distribution et la consommation de produits
agricoles.

L'économie agricole se distingue de la production végétale ou de la production animale par


son rapport avec le comportement humain.

Elle a pour objet l’analyse du fonctionnement des exploitations agricoles.

C’est une approche purement opérationnelle dont l’analyse est fondée sur la maximisation de
la valeur marchande (Profit, valeur du travail, et revenu agricole…).

Les plus importantes préoccupations:

• Le choix des spéculations;

• L’augmentation du revenu net des exploitations et de la VA agricole;

• La réduction des coûts de production;

• Le choix et la nature du meilleur emploi.

2: L’économie rurale.

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Elle étudie:

• Les sociétés rurales;

• Les rapports qui s’établissent entre les villes et les campagnes;

• L’ensemble des activités exercées dans le monde rural;

Selon les objectifs de l’analyse, les zones rurales peuvent être considérées comme:

• Cadre d’activités économiques (agriculture, artisanat, tourisme);

• Cadre de conservation et de renouvellement de ressources naturelles;

• Cadre d’Habitat et de qualité de vie…..

L’industrialisation d’un pays entraine généralement et explique de nombreuses tendances:

• L’exode rural;

• La Réduction du sous emploi agraire;

• La substitution du capital au travail;

• La hausse des revenus;

• L’amélioration des niveaux de vie des populations rurales.

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3:L'économie agro-alimentaire

C’est une discipline différente de l'économie rurale qui:

• Envisage l'ensemble des sous-secteurs fonctionnels et socio-économiques qui


concourent à la satisfaction des besoins alimentaires dans une Société donnée;

• Analyse des modèles de consommation alimentaire et de production.

• Dans les économies développées ou émergentes, la VA des IAA tend à égaler celle par
l'agriculture.

• Cette égalité définit le stade de l'agro-industrie.

L'économie agro-industrielle ne s'analyse pas sur les mêmes bases que l'économie agricole. Le
processus d'industrialisation et de capitalisation est en relation avec les transformations des
conditions économiques et sociales, de la consommation ainsi que des transformations en
résultant le long de la chaîne agro-alimentaire qui deviennent fondamentaux.

Le marché des produits agro-industriels est très différent de celui des produits agricoles et le
modèle de « concurrence monopolistique » est beaucoup plus explicatif de l'économie
alimentaire marchande que le traditionnel à modèle de concurrence imparfaite.

• Des organisations nationales (Ministères, centres de recherche, Instituts de recherches


spécialisées ) et internationale (FAO, PAM…) réalisent régulièrement des recherches
concernant l’économie agricole des pays afin de la rendre plus performante;

• Les pays riches qui (DISENT) maîtriser parfaitement les technologies de pointe,
obtiennent les meilleurs résultats agricoles et transmettent leurs connaissances et
avance technologique aux pays moins favorisés, mais, ils rencontrent des Problèmes
agro biologiques qui nuisent à la santé humaine et à l’environnement...)

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II. La sécurité alimentaire.
1. Le concept de sécurité alimentaire:

Il fait référence à la disponibilité ainsi qu'à l'accès à la nourriture en quantité et en qualité


suffisantes.

2. Evolution et tendances du concept de sécurité alimentaire :

• Jusqu’aux années 1960: calcul du ratio moyen: Disponibilités alimentaires


Population

• Depuis les années 1970: calcul du ratio moyen minimum: Production intérieure
Population

Définition de la sécurité alimentaire selon la FAO (Food and Agriculture Organisation)

« La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès
physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de
satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie
saine et active ».

3. Les quatre principales dimensions de la sécurité alimentaire :

1. La disponibilité physique des aliments;

2. L’accès économique et physique des aliments;

3. L’utilisation des aliments;

4. La stabilité dans le temps.

Aujourd’hui il y a un passage de la conception selon laquelle la cause principale de la sous-


alimentation est une insuffisance des disponibilités alimentaires vers une conception selon
laquelle la cause principale est la pauvreté. Cette conception est largement dominante depuis
les années 1990 et remet en cause la définition même de la FAO elle-même. Elle mesure et
reflète de fait, pour chaque pays, les disponibilités énergétiques alimentaires (DEA) moyennes
par personne et par jour.

Durant les dernières décennies du 20ème siècle, les disponibilités alimentaires par habitant
ont augmenté au niveau mondial et pour une grande partie dans les Pays en développement
(PED). Les disponibilités calorifiques moyennes sont passées de 2200 kilocalories/jour/
personne dans les années 1960 à plus de 2800 à la fin du 20ème siècle (FAO).

Mais les progrès sont lents, irréguliers et très inégalement répartis d’une région à l’autre. En
Asie de l’Est: Baisse du taux de sous alimentation de 15 à 11% entre le début et la fin des
années 90. En Afrique subsaharienne: Stagnation du taux de sous-alimentation à 40%) et la
situation a empiré en valeur absolue.
La sous-alimentation affecte environ 850 millions de personnes, dont 815 millions dans les
pays en développement.

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4. Les facteurs d'insécurité alimentaire:

 La Pénurie d'eau d’irrigation.

De plus en plus conduite en irriguée, l’agriculture dépend notamment de l'eau douce.

L‘ONU alerte régulièrement sur l'avancée des déserts et le recul des ressources en eau douce,
et plus encore en eau potable facilement accessible.

Exemple: 44% de l’eau utilisée en Europe sert à la production d’énergie à des fins de
refroidissement, 24% sert pour l’agriculture, 21% pour la fourniture en eau potable, et 11%
dans l’industrie. De ce fait des politiques de tarification de l’eau, des campagnes de
sensibilisation, des plans de gestion des sécheresses et un meilleur contrôle des usages
illégaux de l'eau sont régulièrement mis en œuvre.

 Le changement climatique et la pluviométrie.

• Accroissement de la pluviométrie dans le nord et diminution dans le Sud où l'on


manque déjà localement d'eau en été;

• Intensification des canicules et sécheresses estivales;

• Pénétration d’eaux salées en zones côtières dans les nappes en raison des pompages
excessifs qui font baisser le niveau des nappes d'eau douces.

 L’importance de la croissance démographique.

• Phénomène récent qui s'est accéléré depuis les années 1960. Visible dans les pays des
Sud et résulte notamment de l'amélioration des conditions de vie dans certains pays.

• Ce n’est pas la cause principale du manque de sécurité alimentaire car les techniques
modernes d’intensification de la production peuvent permettre de nourrir près du
double de la population mondiale soit plus de 11 milliards d'humain (FAO 2011). Le
problème est donc plus dans la redistribution des ressources

 La dégradation des sols due:

 Au bétonnage du à l’agrandissement des villes;

 A la monoculture et l'agriculture intensive qui dégradent la qualité du sol en


appauvrissant sa diversité et diminuant les nutriments naturels de la terre.

 Au manque de jachère (repos de la terre);

 Aux différents types d’érosion.

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III. Les politiques agricoles
Elles sont menées par les gouvernements pour atteindre un large éventail d'objectifs
politiques. Les préoccupations stratégiques en matière de sécurité des approvisionnements
alimentaires sont un motif fréquent de politiques protectionnistes.

Les partisans de subventions soutiennent que les nations ont des intérêts légitimes stratégiques
pour assurer il suffit capacité de production nationale pour répondre aux besoins internes en
cas de rupture d'approvisionnement mondial. L'argument en résultant est que la dépendance
importante des producteurs d'aliments étrangers rend un pays stratégiquement vulnérables en
cas de guerre, de blocus ou d'embargo.

Le maintien des ressources techniques internes permet l'autosuffisance alimentaire qui


diminue le risque de chocs d'offre en raison des événements géopolitiques

Les politiques agricoles peuvent être utilisés pour soutenir les producteurs nationaux à mesure
qu'ils acquièrent des parts de marché nationales ou internationales.

 Cela peut être un moyen à court terme d'encourager une industrie jusqu'à ce qu'elle
soit assez grande pour se développer sans aide.
 Ou une subvention visant à permettre à un produit de concurrencer un produit
étranger.

Cela peut produire un gain net pour un gouvernement, malgré le coût des interventions, car il
permet à un pays de construire une industrie d'exportation ou de réduire les importations.

L'environnement et la qualité des conditions de vie.


L'agriculture est considérée comme tous les autres secteurs d'activité économique, mais
contribue à la gestion de l'espace. Les terres agricoles et celles non aménagés représentent la
majorité des terres des pays.

 Des politiques sont adoptées pour encourager une utilisation rationnelle dans l'intérêt
du maintien de l'équilibre environnemental.

Des subventions peuvent ainsi être accordées pour certaines méthodes d'agriculture, le
reboisement, et la minimisation de la pollution qui est aujourd'hui souhaitable.

L'agriculture et l'emploi.
 Un des buts de la politique agricole est l'encouragement de l'emploi rural.
 Cela peut être particulièrement pertinent où il y a une grande population au chômage.
 Subventionner l'agriculture peut en effet encourager les gens à rester sur leur terroir et
d'obtenir des revenus
 Ceci est pertinent pour les PVD qui ont une population rurale importante mais pour
d'autres pays plus développés comme la Pologne

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Quelques volets de la politique agricole

Plusieurs volets sont pris en compte à travers des actions menées par les pouvoirs publics en
vue de développer les productions agricoles et améliorer la qualité de la consommation
alimentaire d'un pays.

1: La politique des structures :

 Création d'exploitations de taille optimale;


 Mise en valeur des terres;
 Lutte contre la désertification;
 Restauration des sols et des parcours;
 Défense et restauration des sols dans les régions montagneuses;
 Lutte contre le morcellement de terres...

2: La politique hydraulique:

Elle vise l'objectif de mettre à la disposition du secteur productif agricole toutes les quantités
nécessaires à la mise en culture des spéculations agricoles menées en irriguée et à
l'abreuvement des différents cheptels.

3: La production et la productivité:

De nombreux indicateurs sont utilisés pour déterminer les niveaux d'intensification et de


productivité du secteur agricole dont:

 SAU/habitant;
 SAU irriguée/habitant;
 Le nombre d'actif agricole/ha de SAU;
 Quantité d'engrais disponible /Ha de SAU (Qx/ha);
 Taux de mécanisation SAU/tracteur disponible...

4: L'encadrement de la production:

Des fiches techniques de références sont régulièrement élaborées par des institutions
administratives publiques d'encadrement de l'activité agricole (Instituts de développement et
de recherche, Directions des services agricoles (DSA).

Leur contenu:

Les normes de références requises devant être respectées pour mener une production agricole
saine, raisonnée et durable pour chaque type de spéculation agricole. Ces normes concernent:

 Le nombre d'heures de travail humain;


 Le nombre d'heure de traction/ha /type de spéculation;
 Les quantités de semences /ha;
 Les quantités de fertilisant/ha/type de spéculation...

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5: La politique de financement ou d'investissements:

Un bilan des disponibilités et des besoins financiers est tout d'abord établi. On détermine
ensuite les écarts entre besoins et disponibilité. Des actions sont ensuite élaborées et mises en
œuvre pour combler les écarts. Elles concernent les domaines tels que:

 Le recrutement et la formation;
 La mécanisation;
 La fertilisation;
 L'hydraulique agricole...

6. La politique des prix

- Les subventions à la production

Les gouvernements versent des subventions aux producteurs nationaux pour encourager la
production nationale d'un produit déterminé. Ces subventions sont nécessaires quand un
gouvernement veut modifier la nature du libre échange dans les marchés. Elles ont pour effet
de transférer certains coûts de production des producteurs au gouvernement, ce qui permet la
production à des coûts supérieurs au marché.

- Les subventions à la consommation.

Elles sont utilisées pour modifier les conditions de marché. Une subvention à la
consommation compense une partie du prix d'achat des consommateurs d'un produit donné.

- Le contrôle des prix

Un gouvernement peut imposer des contrôles des prix sur les marchés agricoles nationaux. Il
s'agit le plus souvent de prix planchers ou plafonds qui sont fixés. Dans les deux cas, le
contrôle des prix fausse l'équilibre d'un marché libre en encourageant la production
excédentaire (dans le cas d'un prix plancher) ou excès de la demande (dans le cas d'un prix
plafond).

- Les barrières à l'importation

Un gouvernement peut ériger des obstacles au commerce afin de limiter la quantité des
marchandises importées (dans le cas d'un quota ) ou d'adopter des tarifs qui augmentent le
prix intérieur des produits importés.

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