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Module Métrologie

Résumé
A.Aziz AIT ELKASSIA
Grandeurs fondamentales et Unités de base du
Système International d’unité (SI)
Grandeur
Unité Abréviation
fondamentale
Masse Kilogramme kg
Longueur Mètre m
Temps Seconde s
Intensité du courant Ampère A
Température Kelvin K
Quantité de matière Mole mol
Intensité lumineuse Candela Cd
Ces unités sont définies à partir de
mesures de phénomènes physiques
UNITÉ DÉFINITION *
Mètre (m) Le mètre est la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792
458 de seconde.
Kilogramme (kg) Le kilogramme est l'unité de masse ; il est égal à la masse du prototype international du kilogramme.
Seconde (s) La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre
les deux niveaux hyperfins de l'état fondamental de l'atome de césium 133.
Ampère (A) L'ampère est l'intensité d'un courant constant qui, maintenu dans deux conducteurs parallèles,
rectilignes, de longueur infinie, de section circulaire négligeable et placés à une distance de 1 mètre
l'un de l'autre dans le vide, produirait entre ces conducteurs une force égale à 2 × 10–7 newton par
mètre de longueur.
Kelvin (K) Le kelvin, unité de température thermodynamique, est la fraction 1/273,16 de la température
thermodynamique du point triple de l'eau. *
Mole (mol) 1. La mole est la quantité de matière d'un système contenant autant d'entités élémentaires qu'il y a
d'atomes dans 0,012 kilogramme de carbone 12.
2. Lorsqu'on emploie la mole, les entités élémentaires doivent être spécifiées et peuvent être des
atomes, des molécules, des ions, des électrons, d'autres particules ou des groupements spécifiés de
telles particules.
Candela (Cd) La candela est l'intensité lumineuse, dans une direction donnée, d'une source qui émet un rayonnement
monochromatique de fréquence 540 x 1012 hertz et dont l'intensité énergétique dans cette direction est
1/683 watt par stéradian.
* Ça était changé depuis Mai 2019
Système décimal pour les multiples et
sous multiples.
Multiples Sous multiples

Yotta (Y) :1024 Yocto (y) : 10-24


Zetta (Z): 1021 Zepto (z) : 10-21
Exa (E) : 1018 Atto (a) : 10-18
Péta (P) : 1015 Femto (f) : 10-15
Téra (T) : 1012 Pico (p) : 10-12
Giga (G) : 109 Nano (n) : 10-9
Méga (M) : 106 Micro (µ) : 10-6
Kilo (k) : 103 Milli (m) : 10-3
Hecto (h) : 102 Centi (c ) : 10-2
Déca (d) : 10 Déci (d) : 10-1
100 ml
250 ml
20 ml
Processus de mesure
Le résultat d’une mesure n’est pas le fruit uniquement d’un instrument de mesure, mais d’un processus
complet qui implique :

■ l’instrument de mesure et les étalons utilisés ; (Matériel)


■ la méthode de mesure ;
■ le milieu : l’environnement de la mesure (température, pression atmosphérique…) ;
■ la main d’oeuvre : le rôle des opérateurs ;
■ la matière (l’objet mesuré, matière utilisées,…).
Traçabilité métrologique : (Référence métrologique)

• La référence commune est généralement un étalon


maintenu par le laboratoire national de métrologie d’un pays.

• Sans références métrologiques stables dans le temps,


impossible de comparer des résultats de mesure obtenus à
des instants différents.

• Les références métrologiques et la traçabilité permettraient


d’assurer une cohérence des mesures dans "l’espace et
dans le temps".
Traçabilité métrologique : (Définition)

Propriété d’un résultat de mesure selon laquelle ce résultat peut


être relié à une référence par l’intermédiaire d’une chaîne
ininterrompue et documentée d’étalonnages dont chacun contribue
à l’incertitude de mesure.

Les caractéristiques d’une référence métrologique

■ Être commune entre différents utilisateurs ;


■ être stable dans le temps ;
 ■ être accessible facilement.

 Mais comment y accéder ? La réponse est dans la chaîne de traçabilité qui


est illustrée par le schéma suivant :
Traçabilité métrologique :
Comment faire pour assurer la traçabilité métrologique de ses
mesures. Vous avez plusieurs solutions :

■ envoyer votre instrument pour étalonnage dans un laboratoire


accrédité (selon ISO/CEI 17025) par le Cofrac, alors votre
traçabilité sera établie.

■ vous pouvez étalonner vous même votre instrument à


condition que vous disposiez d’un étalon qui lui-même devra être
étalonné dans un laboratoire accrédité.
Justesse et Fidélité (d’un processus de mesure) :
Comment évaluer les performances d’un processus de mesure ?

Les concepts de justesse et de fidélité de mesure, qui sont les performances essentielles
du processus de mesure, sont définis ci-dessous.

Justesse :
- Est l’écart moyen à une valeur de référence.
- La justesse ne s’exprime pas numériquement, pour la quantifier on va estimer un biais.
La justesse de mesure est "l’étroitesse de l’accord entre la moyenne d’un nombre infini
de valeurs mesurées répétées et une valeur de référence". VIM
Justesse :

S’intéresser à la justesse, c’est rechercher


les erreurs systématiques, donc sous-
entendu avoir une valeur de référence.

Pour être juste, on cherche à réduire les


erreurs systématiques en appliquant des
corrections.
Fidélité :
Est l’aptitude à avoir des résultats proches les uns des autres quand on répète une
mesure.

La fidélité de mesure est « l’étroitesse de l’accord entre les indications obtenues par des
mesurages répétés du même objet dans des conditions spécifiées ». VIM

NOTE :
La fidélité est en général exprimée numériquement par des caractéristiques telles que l'écart-type,
la variance ou le coefficient de variation dans les conditions spécifiées.

Exemple :
Soit S l’écart-type expérimental de n mesurages répétés x avec :

Si S=0,22 on est moins répétable que si S=0,034 car les valeurs sont plus dispersées autour de la
moyenne.
Fidélité :

Si toutes les conditions de mesure sont identiques : même opérateur, même machine, court laps de
temps, on parle de répétabilité. C’est-à-dire la plus petite dispersion quand rien ne varie.

Si certaines conditions, comme le temps ou l’opérateur, voir le laboratoire, varient, on parle alors de
reproductibilité.

Pour être fidèle, on cherche cette fois à réduire les erreurs aléatoires, soit en fixant un certain nombre de
paramètres susceptibles d’être influant lors du processus de mesure, soit en répétant les mesures et en annonçant la
moyenne de ces mesures répétées.

La base de la démarche du métrologue, qui cherche à donner la meilleure estimation possible du mesurande
(grandeur que l’on veut mesurer), consiste dans un premier temps à identifier les erreurs systématiques et à
appliquer des corrections, puis dans un second temps à augmenter le nombre d'observations indépendantes et à
prendre la moyenne de ces valeurs pour diminuer les erreurs aléatoires.
Pour résumer les performances d’un processus de mesure, on peut schématiser les résultats sur une cible où le
centre serait la valeur de référence (figure 1).
Un peu de vocabulaire
Terme Français Définition Terme Anglais

Incertitude de mesure Paramètre caractérisant la dispersion des valeurs qui pourraient être Uncertainty
raisonnablement attribuées au mesurande
Etalonnage Comparer le mesurande avec un étalon et puis appliquer une correction Calibration
sur une indication.
Ajustage Opérations réalisées sur un système de mesure afin qu’il fournit des Adjustement
indications prescrites (réglage de zéro,…)
Etalon Dispositif auquel on doit se fier pour contrôler l’exactitude des résultats Measurement
fournis par un appareil de mesure standard
Répétabilité Etroitesse de l’accord entre les résultats de mesure successifs du même
mesurande effectués dans les mêmes conditions de mesure.
Reproductibilité Etroitesse de l’accord entre les résultats de mesure effectués dans des
conditions différents.
On rappelle les principaux paramètres assurant des conditions de mesures de répétabilité et de reproductibilité :

• répétabilité : • reproductibilité :
– même méthode – même méthode
– même individus (échantillon) – même individus
– même laboratoire – laboratoire différent
– même opérateur – opérateur différent
– même équipement
– équipement différent
– même ...
– ...
De plus, les essais successifs doivent se
dérouler sur une durée courte vis-à-vis
de la dynamique des phénomènes
physiques entrant en jeu lors d’un essai. Pour plus d’information se reporter au VIM
(vocabulaire international de métrologie).
Métrologie instrumentale : propriété d’un
instrument de mesure
Chaque instrument peut être caractérisée par un ensemble de
propriétés métrologiques, on retient 4 :
• Fidélité
• Justesse
• Sensibilité
• Exactitude
Propriété d’un instrument de mesure
A-Fidélité : exprime le degré de dispersion des valeurs obtenues après plusieurs
mesures effectuées par un instrument de mesure.

Rq : La fidélité (de mesure) s’exprime dans des conditions spécifiées de :


- Répétabilité : tous les conditions de répétabilité sont les mêmes et pendant un court temps.
- Fidélité intermédiaire : même conditions de répétabilité + temps étendue +d’autres
conditions que l’on fait varier
- Reproductibilité : conditions de répétabilité sont différentes
Méthode de calcul :
n répétitions : 1, 2,…, n Moyenne : Lmoy
n valeurs : L1, L2,… Ln Ecart-type : s
Propriété d’un instrument de mesure
Exercice :
L’objectif est de doser la concentration en azote dans un échantillon, l’opérateur désire
évaluer la fidélité de l’instrument de mesure, il réalise une série de répétition sur le même
échantillon. Les résultats obtenues sont les suivantes :
7,70 7,14 7,42 7,64 7,73 7,48 7,58 7,77 7,67 7,58 7,70
Calculer la fidélité de l’instrument de mesure (la valeur maximale de l’écart-type est égale à 0,20)
Solution :

B-Justesse : exprime le degré de rapprochement entre la moyenne des valeurs obtenues


et la valeur réelle (valeur de référence, étalon, …)
Méthode de calcul :
Moyenne : Lmoy
n répétitions : : L1, L2,… Ln
J = |Lmoy - LR| Avec LR la valeur réelle
Incertitude
L’ensemble de ces décisions concourt à la qualité des produits ou des
services : On peut qualifier quantitativement la qualité d’un résultat de
mesure grâce à son incertitude.

NB : Sans incertitude les résultats de mesure ne peuvent plus être


comparés :
– soit entre eux (essais croisés),
– soit par rapport à des valeurs de référence spécifiés dans une
norme ou une spécification (conformité d’un produit).
Incertitude
L'incertitude U
• Paramètre associé au résultat d'un mesurage, qui caractérise la dispersion
des valeurs qui pourraient raisonnablement être attribuées au mesurande
Ce paramètre peut être :
– Un écart-type statistique
– Un multiple d'écart-type
– La demi-largeur d'un intervalle de confiance déterminée
• Incertitude absolue Ux : A la même unité que X
• Incertitude relative Ur = Ux/X : Sans dimension (%)
Incertitude absolue et incertitude relative

• Incertitude absolue : u(x) et X = x + u(x)


• Incertitude relative : u(x)/x

u(x) est toujours arrondi par valeur supérieure.


[NE JAMAIS SOUS-ESTIMER UNE INCERTITUDE]

Le dernier chiffre significatif de X a le même rang que celui de u(x)


Exemple : L = (35,201 + 0,010) m
Erreur vs Incertitude
Erreur systématique et erreur aléatoire
• Il est toujours possible de décomposer le terme erreurs en une erreur systématique et une erreur aléatoire.

• L’erreur aléatoire (notée ea) est le résultat d’un mesurage moins la moyenne d’un nombre infini de
mesurages du même mesurande (grandeur physique) effectués dans des conditions de répétabilités (tout reste
identique).
NB : Comme on ne peut faire qu’un nombre limité (fini) de mesurages, il est seulement possible de déterminer
une estimation de l’erreur aléatoire. Cela veut dire que l’erreur aléatoire a elle-même une incertitude associée.

• L’erreur systématique (notée es) est la moyenne qui résulterait d’un nombre infini de mesurages du même
mesurande, effectués dans des conditions de répétabilité, moins une valeur vraie du mesurande.
NB : comme la valeur vraie, l’erreur systématique et ses causes ne peuvent être connues complètement.
Diminution des erreurs
• L’objectif de tout métrologue est de fournir un résultat proche de la
valeur vraie, d’où la nécessité de diminuer les erreurs.
• Comment pouvons nous donc diminuer ces erreurs ?
- On diminue généralement les erreurs aléatoires en répétant les mesures et en
calculant la moyenne arithmétique des lectures.
- On diminue les erreurs systématiques en appliquant des corrections.

Exemple du pH d’un produit alimentaire :

pH1= 4,4 ; 4,3; 4,5 moy= 4,4 ecart-typ=0,1 erreur aléator= 0,1
Labos acrédité (même produit, même méthode,,,,: pH=5,6; 5,7; 5,6
Erreur syst = 4,4 – 5,6 =-1,2
Diminution des erreurs systématiques
Exemple :
Imaginons un cas très simple : un opérateur utilise un thermomètre à dilatation de liquide en verre. Après
étalonnage, le laboratoire ayant pratiqué l’opération lui redonne son thermomètre avec un certificat
d’étalonnage indiquant une correction (valable autour de 20°C) égale à +0,3°C.
L’opérateur mesure la température d’un bain et sa lecture est de 19,3°C, la valeur numérique de son
résultat de mesure y sera donc :
y=x+C
y = 19,3 °C + 0,3 °C
y = 19,6 °C
- Y est la valeur numérique du résultat de mesure,
- x est une lecture unique (ou la moyenne des lectures, s’il a répété son processus de mesure),
- C est la correction d’étalonnage
Dans le cas général, de nombreuses corrections sont appliquées soit pour tenter de compenser les
erreurs présumés, soit pour exprimer les résultats dans les conditions standards. On peut regrouper les
corrections en trois familles :
- Les Corrections d’étalonnage : figurent dans les certificats d’étalonnage
- Les Corrections d’environnement : compensent les effets des grandeurs d’influence (pression, T°,…)
- Les Corrections pour ramener les résultats dans les conditions standards : expression d’usage dans
conditions normalisées (ex: métrologie dimensionnelle à 20°C)
Introduction à l’estimation des incertitudes de mesure
Introduction à l’estimation des incertitudes de mesure

Loi de composition des incertitudes (Loi de propagation des incertitudes) :

L’estimation de l’incertitude absolue d’une grandeur physique doit être


estimé selon la loi de propagation des incertitudes.

On mesure rarement directement la grandeur qui nous intéresse. Par


exemple, pour la surface d'un rectangle, on doit mesurer une longueur et une
largeur et faire un calcul.

Quelle sera l'incertitude sur la surface S, connaissant les incertitudes sur la


longueur L et la largeur l ?
Introduction à l’estimation des incertitudes de mesure

• Supposons que la grandeur qui nous intéresse, y, appelée grandeur de sortie, dépende
de deux grandeurs mesurées ou tabulées x1 et x2, appelées grandeurs d’entrée.
• La relation entre ces grandeurs, se fait à l’aide d’une fonction mathématique que l’on
note y = f (x1, x2 ) . A partir de la définition de la différentielle :

on en déduit, pour un petit écart par rapport à la moyenne,


Introduction à l’estimation des incertitudes de mesure

• En élevant au carré et en prenant la moyenne, on obtient finalement la


variance u²(y) :

Avec : dérivée partielle de f par rapport à x1

dérivée partielle de f par rapport à x2


u(x1) et u(x2) sont respectivement les incertitudes absolues sur les grandeurs d’entrée
indépendantes x1 et x2.
la valeur obtenue de la dérivée est appelée : Coefficient de sensibilité, et est noté ci.
Introduction à l’estimation des incertitudes de mesure

• Le résultat précédent est facilement généralisable à N grandeurs d’entrée


indépendantes xi. Si y = f(x1,...,xN ) , alors :

• C’est la formule de propagation des incertitudes pour des


grandeurs d’entrée indépendantes.
Introduction à l’estimation des incertitudes de mesure
1/ On détermine une puissance électrique par la formule P = R I²
On mesure R=15,7Ω avec u(R)=1Ω (à cause de problèmes de contact) et
I=0,274 A avec u(I)=0,002 A (d’après le fabricant de l’appareil).
On en déduit la formule de propagation des incertitudes (d’après le fabricant de
l’appareil).
On en déduit la formule de propagation des incertitudes indépendantes :

• On remarque que l’incertitude sur l’intensité est négligeable. De manière générale, il est important
de comparer les incertitudes des différentes grandeurs mesurées.
Il est clair que dans l’exemple ci-dessus, la principale cause d’erreur porte sur la résistance et que si on
veut améliorer la mesure de P, c’est sur elle qu’il faut porter ses efforts. Il ne servirait à rien d’acheter un
ampèremètre haut de gamme.
Introduction à l’estimation des incertitudes de mesure

• 2/ On détermine une puissance par la relation P=UI. On mesure I=1,27 A


avec une incertitude-type égale à 0,02 A. On mesure U = 15,24 V avec
une incertitude-élargie égale à 0,06 V.

• On peut donc poser : u(I)=0,02 A et comme l’incertitude-élargie vaut le


double de l’incertitude-type : u(U)= 0,03 V. On en déduit l’incertitude-
type sur P :

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