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Chapitre I

Psycho socialisation

La socialisation
Comment se construit-elle ?

Introduction :

Définition de la socialisation :

Ensemble de processus par lesquels, les individus intériorisent les valeurs et


les normes de la société dans laquelle ils vivent. Elle est constituée de deux
composantes :
- la socialisation primaire : elle se construit dans le premier milieu de vie, la
famille, processus qui démarre au berceau et se poursuit jusqu’à
l’adolescence
- la socialisation secondaire : va se faire dans tous les autres milieux de vie
différents de la famille, en revanche celle ci évolue toute notre vie
Elle a pour objectif d’intégrer les éléments socio-culturels grâce aux
différentes expériences sociales que l’on va vivre et qui permettront de
construire notre personnalité

Définition psychologique de la socialisation :

La socialisation est un processus qui prend en compte l’action mais aussi le


point de vue du sujet

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Chapitre I
Psycho socialisation

I. À quoi sert la socialisation ?

1. Les caractéristiques

 La socialisation est un processus qui se construit tout au long de notre vie

 Elle dépend de la transmission et l’intériorisation d’une culture


Cette culture va amener des perceptions du temps, du langage,... qui sont
différentes

 La socialisation c’est ce qui permet de construire notre identité sociale (ce


que nous sommes dans la société

 Cette socialisation nous permettra d’intégrer un groupe et construire le


sentiment d’appartenance => fondamental il va permettre de créer une
motivation

2. Éléments fondamentaux

 La socialisation permet de nous construire un statut social :


Position qu’a un individu dans la société, il accorde aussi des droits et des
devoirs

 Le rôle social : ensemble des comportements que les individus d’un


groupe attendent d’une personne
Un même individu peut donc avoir plusieurs rôles sociaux

 La socialisation construit la notion de valeurs :


Elles sont déterminées par la société, et cette dernière les juge souvent
idéales, elles sont le reflet des actions sociales (ex : liberté, égalité, fraternité)
Ces valeurs sont connues de tous

 La notion de normes :
Les normes (sociales) de manière générale, sont des règles de conduite qui

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permettent de se conformer au groupe. On sait qu’à partir du moment où la


norme n’est pas respectée il y a (en France) sanction
Il y a deux types de normes :
- communes : fixent le cadre général de notre vie, elles sont liées à nos
représentations, nos croyances, nos valeurs, que l’on partage (ex: venir
habillé)
- normes de rôle : formes de conduite innerrantes à la position d’un
individu dans un système social particulier, ce sont des normes spécifiques

 La régulation sociale :
Ensemble des mécanismes qui assurent le maintien des comportements à
l’intérieur des limites jugées acceptables dans une société
Il permet de construire la cohésion sociale :
C’est un processus qui prend du temps, ce n’est pas simplement passer
quelques moments ensemble sous forme de temps forts

 La notion de délinquance : fait de s’écarter des normes juridiques


Il y a un stade intermédiaire : la déviance qui consiste a s’écarter des
normes de la société

3. Les apports théoriques

Malrieu (1979)

Il explique que la socialisation serait une acculturation sous tendu de


subjectivation

Acculturation : processus qui permet à chaque individu d’assimiler les


valeurs culturelles d’un groupe (≈reproduction social de Bourdieu)

Subjectivation : processus qui amène l’enfant à se connaître en tant


qu’individu singulier mais aussi qui va amener l’enfant à se différencier des
autres. Elle permet de créer un espace de propre liberté
Elle est importante car l’individu va aller vers ce qui lui ressemble quand il est
petit, puis vers ce qui est différent quand il est plus grand

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Tap (1988)

Met en évidence que le processus de socialisation passe par deux types


d’intégration
- L’intégration personnelle du social : à partir du moment où «moi» en tant
qu’individu vais accepter de faire entrer certaines exigences sociales et
culturelles en moi
- L’intégration sociale de la personne : à un moment donné, l’individu qui
va accepter d’aller à la construction de nouvelles relations et à la conquête
des réseaux sociaux (mouvement centrifuge)

Mise en jeu du processus de socialisation : 4 éléments fondamentaux

 Qualité du lien d’attachement (sécure)


 Qualité des relations que l’enfant a avec les adultes et ses pairs
 Le conflit (apprendre à gérer le conflit, à se confronter aux autres)
 Les déterminismes sociaux (éducation et culture transmise,
apprentissages)

Étapes de la socialisation au cours de la vie :

 Laisser l’enfant en crèche ou chez la nounou (avec quelqu’un


«d’étranger»)
 Entrée à l’école (première expérience d’un grand groupe)
 Entrée au collège (la 6ème est un «rituel» qui reste d’actualité)
d»couverte du vrai grand groupe en sociologie
 Entrée au lycée (conquête, découverte des corps et pratiques corporelles)
étape qui peut cristalliser l’anxiété quand on ne sait pas ce que l’on veut
faire
 Entrée en Fac, première et deuxième année ça va, licence et master ça
devient sérieux. La fin de l’université est compliquée
 Vie à 2
 Passage à la retraite

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II. Le développement social précoce du bébé :

interactions et langage

Notions d’interactions :
Chez le jeune enfant les interactions sociales sont précoces et très
organisées
Les premières interactions sociales se construisent surtout avec le père ou la
mère. C’est une construction asymétrique, c’est le parent qui parle à l’enfant
et interprète le comportement de l’enfant

Brunner 1983, Comment la parole vient aux enfants


Explique qu’il existe des communications pré-linguistiques
=> à force d’échanger avec ses parents l’enfant va construire l’intention de
communiquer et la réciprocité de la communication
Ce sont les premiers formats de communication

À partir de 6 mois chez le bébé ces formats de communication se mettent en


place notamment durant les phases de jeu
À partir de 8-10mois, première vocalisations, premeirs mots pour
communiquer. Ce sont les prototypes pré-linguistiques

1. Comment se développe l’intérêt pour les pairs ?

Rondall (1978) : les compétences linguistiques

L’enfant dans ses épisodes interactifs apprendra à être un meneur, un


émetteur, un récepteur, ... cela construit la communication verbale

Mueller et al. (1972-1977) :

Le transfert des compétences sociales passe par la manipulation des objets


La maturation des capacités motrice est un éléments fondamental pour
transférer vers les compétences sociales

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2. Première forme de classification sociale chez le jeune


enfant, selon Montagner (1978)

Montagner : expérience avec des bébés de 5mois à 3ans en crèche

Il observe et filme sur des séquences d’une heure et demi (une fois matin et
une fois après-midi)
Il construit une grille qui permet de définir ce qu’est un comportement social
chez l’enfant. Il le définit en 6 items, il regarde ce qu’il appelle :
 l’offrande
 Sollicitation
 Menace
 Agression
 Isolement
 Pleurs

Il dégage alors des profils comportementaux


chez des enfants de 2 à 3ans :
 Les leaders : enfants qui ont des comportements affiliatifs (aident le
groupe)
 Les dominants agressifs : cherche à s’imposer en tapant, en frappant, il
veut toujours être supérieur aux autres. Il s’impose par la force et la
violence
 Les dominés craintifs : se mettent en retrait social, ont peur des
dominants, globalement ce seront les futurs bouc émissaires
 Les dominés agressifs : agissent de manière un peu impulsive, utilise la
violence mais se couche face à plus fort que lui, il va faire tout ses coups
en douce
 Les dominés : cherche jamais à s’imposer, il est copain avec tout le
monde, il fait n’importe quoi pour faire plaisir
 Enfants isolés : pleurent souvent, n’arrivent pas à être avec les autres,
personne ne veut se mettre avec eux

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III. Le développement social passe par le

développement communicatif

Le langage :
L’enfant répète tout, entend tout

Les apports de Gesell:


 L’enfant débute une période locutoire
=> L’enfant répète tout mais n’adapte pas les choses au contexte
L’enfant créer une grammaire enfantine, sa propre grammaire avec ses règles
: pas d’accord, syntaxe légère
 Période délocutive : l’enfant utilise des mots différents avec des sens
logiques, à 5 ans il doit être capable de réaliser une phase de 10mots, il
commence à pouvoir émettre des jugements

Le cerveau d’un bébé peu apprendre toute les langues, avant l’âge de 3ans,
le cerveau enregistre tout les sons, en parallèle se met en place le
développement du code linguistique : il va construire en classant Verbes,
Adj,... les différents éléments qu’il entend

Attention : On peut avoir l’impression que l’enfant est en retard sur le plan du
langage chez des enfants qui assimile plusieurs langues simultanément

Le jeu (Piaget 1966)

Le jeu contribue à développer le langage, il permet de construire la fonction


d’accommodation qui permet de construire des stratégies
Il a une fonction thérapeutique il permet d’exprimer la frustration
Il a une dimension sociale notamment avec les jeux de règle

Le dessin
Idée de Luquet

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IV. Après 5 ans

Le développement social après la fin de la grande section

1. Le cadre de vie et les milieux :

La place de l’école : 36 semaines sur 52

Plusieurs variables auront un impact sur le cadre de vie de l’enfant :


- La cantine => variable important puisque certains enfants ne mangent
rien
- La récréation : 25% des élèves se sentent mal en récréation en
maternelle et en primaire, c’est un lieu de socialisation mais aussi d’exclusion
Le terrain central sera occupé par les enfants qui vont courir (foot, loup,...)
autour il y a les petits jeux (cartes, billes,...). Encore après il y a des enfants
qui traînent autour et attendent. Il y a aussi les toilettes
- Durée passée dans l’enceinte scolaire (garderie de 7h30 à 19h) la
fatigue cumulée est bien plus importante, l’énervement aussi, apparaît la
difficulté à se concentrer
- Rythme de travail des parents a une influence direct sur la
mémorisation, les capacités d’apprentissage. D’où l’idée de supprimer les
devoirs à la maison dans le primaire

Chombart de Laune :

Donne deux notions milieu et environnement :

Milieu : Tout aussi physique que social, qui s’étend du corps de la mère,
jusqu’aux institutions propres à l’enfance, la famille, l’école et la société
globale

Environnement : ensemble de conditions géographiques dans lequel vivent


les hommes d’une société ou d’un groupe donné, c’est aussi définis comme
étant le cadre de vie, à la fois des éléments naturels et des éléments
transformés par les êtres humains
Il est le reflet de la pensée symbolique de l’être humain

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Le milieu social se définit par notre mode de vie, le travail, l’expression et les
représentations

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Problématiques :
Peut on considérer que la socialisation dépend de la où l’on vit ?

Manque d’espace (Mucchielli 1965)


Espace vital pour une personne = 7 à 8m²

Un enfant qui n’a pas cet espace vital aura des tensions nerveuses, cela
augmente son agressivité, c’est une forme de souffrance psychique
Si l’enfant et l’ado n’a pas cet espace vital, cela explique pourquoi il préfère
rester dehors que d’être chez lui

Il a démontrer qu’à partir du moment où les enfants ne sont pas dans des
environnements adaptés pour eux, on constate des retards moteurs,
mentaux, des troubles physiologiques (somnambulisme) et des changements
d’humeurs plus importants, une difficulté donc à les gérer en classe

2. Les aspects de la socialisation selon


Chombart de Lauwe (1976)

Dans la continuité de Wallon, en apprenant à utiliser les autres je devrais


apprendre à m’identifier au groupe d’appartenance et trouver ma place
Difficulté pour l’enfant , 3 espace :
- Famille
- Classe
- Milieu extra-scolaire

Ces trois univers n’ont pas toujours des codes communs, ils seraient très
riches, peuvent aider à favoriser l’apprentissage, si il y a un minimum de
codes communs entre eux
Si les codes sont bien établis, il y a socialisation, développement,
épanouissement,... Mais souvent ces milieux véhiculent des valeurs très
contradictoires

Les contradictions peuvent êtres sur les règles de politesse, de


fonctionnement en groupe

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De la famille vers l’école :


Normalement la famille = milieu sécure => les parents donnent envie d’aller
vers l’extérieur

C’est ce que Bloch met en évidence :


À partir de 8ans, les enfants arrêtent de mettre leurs parents sur un piédestal,
ils remettent en question la parole des parents et réclament plus d’autonomie

Dans un processus cognitif logique l’enfant est poussé vers la découverte es


nouveaux adultes. L’enfant va aussi classer ses relations d’adultes, et fait des
liens entre ces adultes et ses parents, il est dans le processus
d’identification secondaire. Ils découvrent et comprennent mieux les
valeurs des compétitions, sports co, solidarité

La découverte de ces nouvelles valeurs permet à l’enfant de chercher les


clefs pour appartenir à un groupe
On va voir pourquoi les parents ont un rôle dans une scolarité réussie

Ce sont les parents qui vont susciter l’éveil intellectuel, les ambitions, le désir
de travailler. En revanche si les parents ont vécu l’école comme un échec
personnel, on s’aperçoit qu les enfants peuvent se déscolariser parfois dès le
CP. Le second cap de déscolarisation est l’entrée en 6ème

Si les parents sont trop sévères, trop exigeants, et placent la barre trop haute
en ne tenant pas compte des capacités réelles de l’enfant, ce phénomène
peut amener les élèves à ne pas avoir envie d’aller à l’école par peur de
décevoir leurs parents

Andrey et Le men mettent en évidence deux forme de motivations qui


poussent l’enfant à vouloir aller à l’école :

L’école est normalement un endroit où on apprend à vivre en société et des


connaissances, mais c’est aussi un endroit très nouveau

- Motivation sociale et affective : les enfants qui feront des efforts à l’école
pour faire plaisir à leurs parents ;Motivation extrinsèque liée à la récompense
- Motivation individuelle liée à l’estime de soit : les élèves envisagent de
réussir à l’école en fonction des autres élèves et ont envie de se situer bien
par rapport à d’autres (réactions d’amour propre)

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Pour Andrey et Le Men il existe plusieurs moyens d’apprendre

Pour eux on devrait apprendre par le jeu, c’est lui qui suscite la curiosité
intellectuelle et qui amène le plaisir d’apprendre

Les activités ludiques à l’école poursuivent 4 étapes, plus on grandit, moins il


y a d’espace pour les activités ludiques
Les étapes :
 Entre 3 et 7 ans les activités ludiques sont autorisées. Le jeu est pour
l’enfant à partir du mimétisme, il a toute sa place car c’est le moyen
pédagogique et didactique privilégié
 À partir de 6/7 ans le jeu devient sérieux, on n’a plus le droit de rire et de
se faire plaisir. Le plaisir décroit. Aller dans sa classe devient une certaine
corvée pour l’enfant
 À partir de la 6ème l’élève doit réfléchir à son futur projet professionnel,
l’enfant est catapulté vers le parcours éducatif. L’école commence à être
perçue comme quelque chose de (trop) sérieux
 L’entrée au lycée, l’ouverture culturelle est plus intéressante. Le jeu vient
plus sur les échanges, la communication. Il y a de nouveau un jeu dans le
versant communicatif, c’est un second souffle. Aller à la découverte des
autres, participer à des activités associatives,.. c’est intéressant pour
l’enfant

Le professeur des écoles a un grand rôle à jouer :

Un bon professeur des écoles saura alterner entre l’autorité et l’éveil


intellectuel. Il n’aura pas besoin de hurler pour se faire respecter
Le maître a un rôle très important dans la construction de la relation affective.
Il doit savoir construire une relation affective avec ses élèves mais ne doit pas
être un substitut parental. Il doit faire preuve de maturité pour cela, en mettant
une distance sociale.
La maturité se fera aussi si l’enseignant peut se mettre à la place de l’élève
au niveau émotionnel mais aussi cognitif (comprendre pourquoi il n’arrive pas
à résoudre un problème)
L’école doit nous donner envie de se faire des amis et de construire des
relations sociales
Cela signifie qu’un enfant peut avoir envie d’aller à l’école, soit parcequ’il
pourra être avec les autres, parcequ’il a envie de vivre une nouvelle aventure,
ou parcequ’il a envie d’apprendre de nouvelles choses de nouvelles
connaissances

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3. La notion de groupes à l’école

Moreno (1954) :

Dans n’importe quelle classe on retrouve une configuration de groupes

 Les préférés : les élèves qui sont des leaders positifs qui vont faire
aboutir un travail scolaire
 Les rejetés : souvent hyperactifs, toujours en train de la ramener, coupe
la parole, ne sait pas gérer ses états émotionnel, passe son temps à
embêter les autres
 Les isolés : on en veut nul part, on les trouve mauvais, pas efficaces
 Les controversés : Il ne s’entend pas dans son équipe, il peut lancer des
petites rumeurs sur les autres, il fou le bordel dans tous les groupes .
Mais ce sont aussi ceux qui font les choses par alliance et intérêt

Michinov (2004)

Essaye d’analyser comment les élèves construisent des relations. Elle


dégage deux types de proximités:
- proximité physique ou géographique : il joue avec les enfants les plus
proches de son quartier. Très présente en primaire et au collège
- Proximité psychologique : ce que l’on appel aussi le principe de
l’homomorphisme => je vais vers ce qui me ressemble sur le plan
psychologique et physique (valeurs, attitudes, origine ethnique,..)

Ces deux proximités fonctionnent à partir de deux processus

Chez l’être humain il existe deux processus qui permettent d’aider la


socialisation :
- processus de sélection : l’élève, ou l’enfant, va émettre un jugement pour
activer le principe de réciprocité. Plus je vis des exp sociales avec quelqu’un
plus il y a de chances pour que je l’apprécie
- processus d’influence sociale : temps que je vais passer à échanger,
communiquer discuter. Plus on passe de temps avec certains amis et plus on
commence à se ressembler

Michinov en déduit que : La ressemblance serait à la fois cause et


conséquence de l’amitié entre les adolescents. La selection va se faire à
partir des goûts et des similitudes, plus les valeurs partagées sont grnades
plus les amitiés seront profondes et durables

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Didier Preux

Met en évidence que au XXIème siècle sont apparus les enfants tyrans, ou
castrateurs

Enfant tyran : enfant a qui on a donné un statut très fort, lié au progrès
matériel et à la société de consommation, c’est l’enfant qu’on a beaucoup
stimulé, pourri gâté, il est sur un piédestal par ses parents, qui font tous pour
lui
Il sait qu’il a des privilèges, il fonctionne sur le plaisir immédiat et ignore la
frustration
Il attend de la part de l’enseignant que ce soit lui qui s’adapte à l’enfant plutôt
que l’inverse, il faut éviter de rentrer dans sa logique et lui apprendre à
s’adapter lui
Il faut arriver à une négociation dans laquelle on va le responsabiliser et
construire une relation affective

4. Les difficultés scolaires

Notion de difficulté scolaire et notion de phobie scolaire

La phobie scolaire est visible surtout entre 5 et 15ans, à la base l’enfant a


une intelligence normal, il n’a aucun retard intellectuel
Les comportements visibles : refus d’aller à l’école, crises, panique, forts
maux de tête, de ventre, mordillement des joues, plus tard ils sèchent dans la
rue

Elle apparaît plus souvent chez l’enfant unique et la jeune fille dans des
classes moyennes
Souvent aussi là où on a mis une certaine barre scolaire une exigence, forme
de pression sociale
Cette phobie peut être lié à un problème d’attachement (ne veut pas quitter la
mère). Peut être liée à l’instituteur dont il a peur (entre 8 et 10ans). Des
phobies de l’apprentissage: du ma là écrire, lire, .. même chez un enfant
intellectuellement précoce
Cette phobie peut être liée aux relations avec les autres

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Les facteurs :
- Changement brutal d’école
- Changement de pays
- Un parent est malade (l’enfant veut s’en occuper)
- L’arrivée du petit frère, de la petite soeur (l’enfant ne veut pas laisser sa
maman à l’autre)
- Relation entre enfants (dominants, dominés)

Johnson a tenté d’interpréter ces phobies

Pour lui la phobie peut être déclencher car le triangle parental n’est pas
harmonieux et que souvent l’enfant est dépendant de la mère, attachement
insécure

Pour Hersov, il parle de paternes qui vont déclencher des phobies scolaires
Il identifie 3 paternes :
- mère trop indulgente, père passif (enfant trop libre)
- mère trop sévère et père passif (enfant craintif, a peur de tout)
- père trop sévère et mère trop indulgente (l’enfant va utiliser la mère pour
obtenir ce qu’il veut)

Pour Eisenberg le problème de phobie scolaire viendrait principalement des


mères qui prennent leur enfant comme un tampon affectif (mères anxieuses
ambivalentes)

Pour Agras, les phobies scolaires peuvent aussi êtres déclenchée par le fait
que dans le milieu parental il y ait un des deux parents qui soit torp anxieux
ou dépressif

Cette phobie scolaire peut conduire à ce que l’on appel l’échec scolaire. Qui
va se voir immédiatement soit ua niveau des apprentissages fondamentaux
Si il perdure on a deux types de comportements :
- drop out : l’enfant décroche est absent, quand il vient il est violent et
agressif
- drop in : l’élève est en échec mais décroche silencieusement, il se fait
oublier

On sait que si cet échec amène du décrochage on entre dans la spirale de


dévalorisation de soi et on arrive à un complexe de l’estime de soi
À l’adolescence cela se traduit par des trouble du comportements et une

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instabilité émotionnelle

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5. Les différentes motivations l’école : Bouffard,


Vezau (2006)

Ils ont analysé 400 élèves et ont tenté de déterminer les variables
émotionnelles, ils évaluent pur cela le sentiment d’efficacité personnelle à
l’école, les buts motivationnels :
de maîtrise, buts de performances, ou d’évitement
Ils analysent aussi la valeur accordée aux matières et ils analysent aussi les
attentes parentales

Les plus analysée seront les maths et le français

Bandura 1986 :

Les enfants ont-ils une perception d’eux comme étant compétents

Théorie de Midgley et Kaplan 1998:

Mettent en évidence les raisons qui poussent les élèves à s’engager dans
une tâche. Il y aurait trois niveaux d’engagement :
- je m’engage dans une tâche pour devenir performant (performance
d’accomplissement)
- je m’engage parce-que j’ai envie d’apprendre des connaissances (motivation
intrinsèque) j’ai envie de faire des efforts mais aussi j’ai envie de considérer
que les erreurs font partie des apprentissages (buts de maîtrise)
- l’évitement au travail, les élèves sont peu soucieux de ce qu’ils vont
produire, ils ne sont pas intéressés par les apprentissages, ce sont des
élèves qui vont fournir le minimum d’effort pour éviter l’échec

La place des attentes positives des parents (Bandura, Bardaranelli, 2001)

Si les parents ont des attentes positives et réalistes, l’enfant développe


correctement la perception de ses compétences et il est capable de mieux
évaluer le travail qu’il a à faire pour augmenter ses résultats
En revanche si les attentes sont torp élevées et irréalistes se sera l’effet
inverse

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Néanmoins Bandura met en évidence qu’il existe des stéréotypes de la part


des parents en fonction des matières : ils sont convaincus qu’une fille peut
mieux réussir en français, en musique et dans l’apprentissage des langues
étrangères. Tandis que pour les garçons ils sont convaincus qu’il sont plus
compétents en maths et en sport

Circulaire de rentrée de 2017 :


Met en évidence que 6/10 garçons choisissent la filière scientifique contre 1/4
filles

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V. Construction de l’identité

1. Définition

Camilleri 1991

L’identité est un processus évolutif une donnée non stable et non définitive,
on construit toute notre vie notre identité (sociale en particulier). Cela signifie
que selon Camilleri notre identité se construit au fur et à mesure que l’on
intègre des expériences sociales qui vont contribuer à construire des
représentations sociales qui permettront de construire le sentiment
d’appartenance à un groupe

Rodriguez - Tomé 1972


Mettent en évidence qu’il important de distinguer l’image sociale et l’image
propre : capacité à me décrire moi-même, à dire quel individu je suis
Tandis que l’image sociale va être ma capacité à évalue ce que quelqu’un
peut penser de moi
Il n’y a pas une mais des images sociales

2. Les conceptions de soi et d’autrui :

Expérience de Rodriguez - Tomé qui vise à comprendre comment les


conceptions de soi se modifient à l’adolescence

Il va utiliser les références identificatoires = propos tenus par le sujet pour se


décrire lui même
Cette expérience va être menée chez des lycéens et collégiens entre 12 et
18ans
Ils devaient répondre à la question «qui suis-je?»
Cette expérience a permis de voir que les collégiens pour répondre à cette
question vont utiliser les traits de personnalité
Cette expérience met en évidence que les adolescents se jugent par rapport
à des traits de personnalités qu’ils classent en positifs et négatifs

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Dans les traits de personnalités négatifs on voit qu’ils n’aiment pas :


Faire preuve de jalousie, l’égoïsme, la méchanceté, l’hypocrisie, la paresse,
l’immaturité, l’impulsivité
En ce qui concerne les traits positifs :
Les personnes qui ont le contrôle d’elles même, sont généreuses,
dynamiques, franches, gentilles, honnêtes, sociables et quand elles ont
confiance en elles
Sont étude va démontrer que à partir de 14ans les adolescents ont tendance
à se décrire surtout en traits positifs, ce qui met en évidence un
accroissement de l’estime de soit, mais c’est surtout valable pour les garçons
La capacité à se voir de manière plus positive chez les filles vient plutôt après
18ans

3. Les images de soi et sociales

Étude menée chez des ados entre 12 et 21ans filles et garçons

On leur demande de répondre à la question «qui suis-je?» mais on va aussi


leur demander les réponses que pourraient faire, le père, la mère, le meilleur
copain, et une personne proche du sexe opposé (concernant celui qui est
interrogé)

On constate que c’est seulement à partir de 16ans que l’ado commence à se


percevoir correctement et à se distinguer des autres
L’exp met aussi en évidence que plus l’ado aura vécu des exp sociales plus il
améliore la perception qu’il a de lui même et d’autrui

Cela veut dire qu’il faut attendre que certains processus cognitifs deviennent
plus matures, on est au stade opératoire : être capable d’utiliser correctement
l’abstraction et l’ouverture d’esprit

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4. Climat familial et réseau d’amis

Études mises en évidence par Dubé - Julien - Bouthillier en 2004

Constats :
- Plus l’adolescent grandit, plus il passe du temps en dehors de la cellule
familiale et plus il cherche à augmenter la fréquence de ses contacts
- Les relations intimes entre parents et enfants avec l’adolescence peuvent
diminuer et notamment chez les filles
- L’adolescent aime bien être chez lui mais quand ses parents ne sont pas là
= ses parents le dérange
- Les adolescents sont aussi très «perturbés» par les mots des parents
(négatifs vis à vis de l’ado) affecte le développement socio-affectif

Qualité du lien conjugal ?


Peut elle influencer la qualité des amitiés chez les ados

Mis en évidence par Kerig et Cowan en 1993

Ils constatent que les conflits conjugaux des parents ont un effet de contagion
sur les affectes des adolescents

Quand les conflits conjugaux sont très intenses, les parents sont de moins en
moins chaleureux avec les ados et les soutiennent de moins en moins. Ils ont
une manière pas cohérente d’agir avec eux car la dispute agis sur leur
comportement vis à vis de l’ado

Cette qualité du lien conjugal lorsqu’elle est très négative va influer de


manière négative sur les relations entre frères et soeurs

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Climat Familial et orientation vers les choix des amis

Hypothèse : si le climat familial est tendu, ceci à des répercutions sur les
adaptations individuelles des adolescents, ce qui limiterait leurs capacités à
créer des amitiés

- Larson 1996

Met en évidence que plus le climat familial est négatif moins les ados vont
passer du temps avec leurs parents

Newcom et Bagwell 1995 :

Plus les adolescente sont en désaccord avec leurs parents plus elles tentent
de compenser en allant construire des relations à l’extérieur pour compenser
le manque d’écoute et de soutien

Répercussions :
Hartup met en évidence en 1996:
Chez les filles, les adolescentes ont un nombre d’amies réduit (entre 2 et 7) et
il y a toujours LA grande amie. Tandis que chez les garçons il y a un nombre
d’amis plus important mais on est sur une fréquence plus irrégulière pour se
voir
Elle met en évidence que quelqu’un qui a beaucoup d’amis n’est pas capable
de créer des liens profonds, intimes avec une personne
Les ados qui n’ont pas eu le modèle de supervision parental (devenir
autonome avec un cadre de vie et des règles) auront tendance à s’engager
dans des comportements déviants et antisociaux

Elle met aussi en évidence qu’avoir des amis équilibrés, permet de mieux se
socialiser et être davantage un soutien positif pour les autres

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5. Les adolescents et les relations avec les pairs

La crise :
Deux objectifs :
- recherche de l’autonomie
- Recherche de l’indépendance

Cette crise est un passage obligé qui peut se manifester de manière active ou
passive, c’est un objectif qui permet de construire son autonomie, sa
responsabilisation et son indépendance

Quand elle est active elle peut être négative : rébellion, colère,... difficulté à
se gérer émotionnellement. Il y a chez cet adolescent une prise de risques qui
ne sont pas du tout calculés.
Il peut aussi vivre cette crise activement de façon positive en s’investissant
dans plein de choses

Quand il vit la crise de manière passive, le risque est le plus important en


terme de suicide. C’est un ado qui va peut parler, tout garder pour lui, il aura
un versant dépressif mélancolique et une difficulté de communication plus
importante. Cet effet est empiré si il est addict aux jeux vidéos. Il faut le
surveiller dans le sens où cela peut être compliqué, il peut se mettre en
danger car il se construit sans projection, sans ide de son avenir

La notion de groupe est très importante pour atténuer cet état de crise
Ce groupe aura deux fonctions :
- substitution parental
- construire ses identités sociales

Classification d’Assailly 1992 :

 Entre 11 et 13ans : les ados construisent leurs relations amicales en


partageant des activités communes, les ados se construisent en fonctions
de leurs exp sociales
 Entre 14 et 16ans : l’adolescent est dans la recherche de son double :
processus d’identification, il a besoin de construire des relations plus
profondes, plus intimes, plus solides
 De 17 à 20ans : l’ado est dans un processus de différenciation, durant
lequel il va aller à la recherche de tout ce qui est différent, il est curieux
concernant la culture. Il se trouve dans une dynamique d’enrichissement

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Chapitre I
Psycho socialisation

VI. La personnalisation

Définitions

Tap et Malewska-Peyre (1991)

C’est un processus par lequel l’individu dès son enfance participe non
seulement à la construction de sa personnalité dans le jeu complexe des
multiples déterminations mais aussi lorsqu’il devient capable de remettre en
question ce qu’il a fait grâce à ses capacités de discrimination, d’autonomie et
de compréhension
C’est donc un processus psychosocial qui permet à l’individu de se construire
et de se développer

Il y a deux risques :
- si la socialisation ne se fait pas positivement on évoluera vers l’alienation
- si le processus de socialisation est positif on ira vers le processus de
personnalisation

Conclusion : 2 processus imbriqués participant au développement

Il est important d’avoir un attachement sécure, tout part du noyau familial pour
intérioriser des règles et des valeurs. Les jeux à l’école permettront de
développer ces valeurs. Les travaux en groupes permettront de développer
l’insertion sociale
De manière parallèle correspond

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