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CHAPITRE III 

: METABOLISME

Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques,


régies par les principes de la thermodynamique, se déroulant de manière ininterrompue dans
la cellule ou plus généralement chez l'organisme vivant. On définit une voie métabolique
comme une séquence de réactions biochimiques qui, à partir d'un type de molécules et par
transformations successives, produit un ou des composés donnés (exemples : glycolyse,
synthèse des protéines, photosynthèse).

Ces séquences de réactions sont classées en deux voies : les voies de dégradations
(catabolisme) et les voies de synthèse organique (anabolisme ou biosynthèse). Le
métabolisme repose sur des réactions chimiques, qui sont catalysées par des enzymes.

I. CATABOLISME DES GLUCIDES


I-1 – LA GLYCOLYSE
1 - Introduction
La glycolyse est encore appelée voie D'EMBDEN-MEYEROFF-PARNAS. Elle
dégrade le glucose avec production d’ATP et de métabolites intermédiaires (pyruvate) qui
peuvent être repris dans d’autres séquences métaboliques. C'est la première voie de
dégradation des glucides qui a été élucidée complètement dans les processus fermentaires
avec tous les constituants (substrats, enzymes, cofacteurs, et séquence de réaction).
La glycolyse est commune aux organismes aérobies et anaérobies.

2– Etapes enzymatiques de la glycolyse


La glycolyse est une série de 10 réactions, catalysées par 10 enzymes. Elles sont toutes
localisées dans la fraction soluble du cytoplasme ou cytosol.

La glycolyse est divisée en deux grandes phases :


- La première phase est celle où convergent un grand nombre d'hexoses métabolisables
après leur phosphorylation ou la phosphorolyse des polyosides aux dépens de l'ATP. Ils sont
ensuite tous transformés en un produit commun qui est le glycéraldéhyde 3-è. On l’appelle
encore phase de consommation de l’ATP.

- La deuxième phase, commune à tous les hexoses, est caractérisée par une séquence
de réactions qui conduisent à la formation d’un pyruvate, 2 ATP et d’un NADH, H +, suite à
l’oxydation d’un glycéraldéhyde 3-è.

A. - ETAPES ENZYMATIQUES DE LA PREMIERE PHASE


2.1 - Phosphorylation du glucose par l'ATP
C'est la première grande étape. Elle est consommatrice d'une molécule d'ATP (ou
d’une liaison phosphate riche en énergie). La réaction, irréversible, est catalysée par
l'hexokinase ou la glucokinase. La glucokinase est spécifique du glucose alors que
l'hexokinase, qui est rencontrée dans la plupart des cellules, phosphoryle le glucose mais aussi
les autres hexoses comme le fructose, le galactose, la glucosamine, etc. Comme dans toutes
les phosphorylations, Mg++ est indispensable. La réaction catalysée est la suivante :

ATP + glucose ¾® ADP + Glucose-6-phosphate + ADP

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2.2 - Isomérisation de Glucose 6-È en Fructose 6-È
Cette réaction est catalysée par la phosphoglucoisomérase (PGI). C'est une réaction
d'isomérisation, réversible. Elle est spécifique de ces deux composés au point qu'en partant de
l'un on arrive toujours au même équilibre.
Glucose-6-謮 ¾® Fructose-6-è

2.3 - Phosphorylation du Fructose 6-è en Fructose 1,6-diè


La réaction est assurée par la phosphofructokinase 1 (PFK1) ou fructose-6-
phosphate kinase comme suit :
ATP + fructose 6-è¾® Fructose-1,6-bisè + ADP
ATP + è-O-CH2-(CHOH)3-CO-CH2OH ¾® ADP + è-O-CH2-(CHOH)3-CO-CH2-O-è

L’UTP et L’ITP peuvent remplacer l'ATP. C'est une enzyme allostérique ou


régulatrice qui est inhibée par les fortes concentrations d'ATP. Le Mg2+ est indispensable. La
réaction est totalement irréversible.

2.4 – Clivage du Fructose -1,6-diphosphate


La réaction est réversible et est catalysée par la fructose-1,6-diphosphate aldolase
(aldolase 1 ou a). C’est une aldéhyde lyase.
Fructose 1,6-bis謮¾® 3-èglycéraldéhyde + 3-èdihydroxyacétone

¾®è-O-CH2-CHOH-CHO + è-O-CH2-CO-CH2OH
è-O-CH2-(CHOH)3-CO-CH2O-謮

2.5 - Interconversion des trioses-phosphates


Seul le glycéraldéhyde 3-è est dégradé dans la suite des réactions de la glycolyse. La
3-èdihydroxyacétone est utilisée après conversion en 3-èglycéraldéhyde. La réaction est
catalysée par une phosphotriose isomérase (Oxydoréduction isomérase). Cette réaction
termine la première phase de la glycolyse.
3-èglycéraldéhyde ¬®¾® 3-èdihydroxyacétone
è-O-CH2-CO-CH2OH ¬® ¾®è-O-CH2-CHOH-CHO

A la fin de cette phase tous les hexoses présentent la réaction globale suivante :
Hexose + 2 ATP ¾® 2 glycéraldéhyde 3-è + 2 ADP

La figure 1 ci-dessous résume la séquence des réactions de la phase 1.

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Figure 1 – La première phase de la glycolyse conduit à la formation de 2 glycéraldéhydes 3-è.
Il y a consommation de 2 liaisons phosphates riches en énergie sous forme de 2 ATP.

B. - ETAPES ENZYMATIQUES DE LA SECONDE PHASE


Cette 2ème phase est celle de production de l’ATP et du pyruvate. Elle contient la seule
réaction d'oxydoréduction de la glycolyse qui conduira à la formation de NADH,H +. Les deux
glycéraldéhydes obtenus dans la première phase vont subir une séquence de réactions
jusqu’au pyruvate.

2.6 - Oxydation du 3-èglycéraldéhyde en 1,3 diphosphoglycérate.


L'enzyme qui catalyse la réaction est la 3-Phosphoglycéraldéhyde déshydrogénase.
Elle exige la présence du Phosphate minéral (Pi).Le groupe carboxyle issu de l’oxydation de
la fonction aldéhyde est lié, par une liaison riche en énergie au phosphate. Le produit obtenu
est le 1,3-diphosphoglycérate. Les électrons libérés sont pris en charge par le NAD +. La
séquence des réactions est réversible

¾® 1,3-dièglycérate + NADH,H+
3-èglycéraldéhyde + NAD+ + Pi ¬®
è-O-CH2-CHOH-CHO + H3PO4 +NAD+¬® ¾®è-O-CH2-CHOH-CO-O~è+ NADH,H+

2.7 - Transfert du phosphate sur ADP – synthèse de l'ATP


Il est catalysé par la 3-phosphoglycératekinase (Phosphotransférase). La réaction est
réversible. On obtient :

¾®3-èglycérate + ATP
1,3-dièglycérate + ADP ¬®

En résumé, par l'intermédiaire des deux enzymes (Complexe multi-enzymatique de la


3-phosphoglycérade déshydrogénase) nous avons la réaction résultante qui conduit à la
formation de l'ATP.
Glycéraldéhyde 3-è + NAD++ ADP + Pi¾® glycérate 3-è + NADH, H+ + ATP

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è-O-CH2-CHOH-CHO + NAD+ + ADP + Pi ¾®è-O-CH2-CHOH-COO- + NADH,H+ + ATP

2.8 - Isomérisation de 3-phosphoglycérate en 2-phosphoglycérate


Le phosphate est déplacé de la position 3 à la position 2. La réaction est catalysée par
la phosphoglycérate mutase (Isomérisation avec transfert intramoléculaire de radical); Mg 2+
est indispensable. La réaction est réversible.
¾® glycérate 2-è
Glycérate 3-謮

2.9- Déshydratation du glycérate 2-è en phosphoénolpyruvate


C'est la seconde réaction qui va donner naissance à la formation d’une liaison
phosphate riche en énergie. Elle est catalysée par une énolase (hydratase). Elle conduit à la
formation du phosphoénolpyruvate, la molécule la plus riche en énergie fabriquée par la
cellule.

¾® Phosphénolpyruvate + H2O
Glycérate2-謮

2.10 - Transfert du phosphate du phosphoénolpyruvate sur ADP.


Cette réaction est catalysée par la pyruvate kinase (phosphotransférase). Mg++ ou Mn++
est indispensable. La formation du pyruvate termine la séquence des réactions de la
glycolyse : Phosphoénolpyruvate + ADP ¾® Pyruvate + ATP

Figure 2 – La seconde phase est la séquence des réactions transformant le glycéraldéhyde 3-è en pyruvate. Elle
comporte la seule réaction d’oxydoréduction de la glycolyse. Le bilan de cette phase, lorsqu’on part des deux
glycéraldéhydes 3-è fournis par la phase 1, est :

2 glycéraldéhyde 3-è + 4 ADP + 2 Pi +2 NAD+¾® 2 Pyruvate + 4 ATP + 2 NADH,H+

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C - Bilan énergétique de la glycolyse
Pour chaque glucose il y a eu :
 consommation de 2 ATP lors de la formation du glucose-6-è et du fructose-1,6-bisè.
 chaque molécule de glucose donne 2 glycéraldéhydes 3-è. Au niveau de chaque triose
phosphate, il y a formation d'un NADH,H+, de 2 ATP et d’un pyruvate.

Le bilan final conduit à la formation de 4 ATP et consommation de 2 ATP. La


dégradation d'une molécule de glucose dans la glycolyse conduit donc à la synthèse de 2 ATP
et à la formation de 2 NADH, H+ ,2 H2O et de 2 pyruvate, d’où la réaction globale :

Glucose + 2 ADP + 2 Pi + 2 NAD+¾® 2 Pyruvate + 2 ATP + 2 NADH, H+ + 2H2O

3– Régénération du NAD+ cytosolique


Le pool de NAD+ cytosolique constitue le pouvoir oxydant de la glycolyse. Il est
utilisé lors de la seule réaction d’oxydoréduction de la voie avec la formation de NADH,H +.
Ce dernier doit être régénéré pour permettre à la glycolyse de se poursuivre.

 En présence d’oxygène, les organismes dont les cellules disposent de


mitochondries régénèrent le NAD+ par un système de navettes. Les électrons de
NADH, H+ cytosoliques sont récupérés et transportés sur des NAD + ou FAD de la
matrice mitochondriale. Ils alimenteront le transport des électrons dans la
phosphorylation oxydative, (voir navettes dans le chapitre des phosphorylations
cellulaires).

 En l’absence d’oxygène, en condition d’approvisionnement insuffisant et dans les


cellules ne disposant pas de mitochondries, la régénération de NAD + est liée au
devenir du pyruvate.

4 - Devenir du pyruvate
A la fin des 10 réactions enzymatiques de la glycolyse on obtient, à partir du glucose,
la formation de 2 molécules d'ATP, de 2 NADH,H+, de 2 pyruvate et de 2H2O dans toutes les
cellules. Le devenir du pyruvate va dépendre des conditions suivantes :

 la présence ou l'absence de l'oxygène dans l'environnement de la cellule


 la situation énergétique de la cellule
 l’équipement enzymatique dont la cellule va disposer pour oxyder le NADH, H+.

Le pyruvate peut alors :


- dans le cytosol être transformé en lactate ou en éthanol
- dans les mitochondries être converti en en oxaloacétate ou être totalement oxydé en CO 2.

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Figure 3 – Résumé du devenir du pyruvate dans le cytosol et dans les mitochondries.

4.1 – Réduction du pyruvate en lactate (fermentation lactique)


Elle se déroule chez les bactéries lactiques, chez les cellules comme les hématies (ne
disposant pas de mitochondries), chez les cellules en conditions hypoxiques (tissu musculaire
en contraction rapide).
Le pyruvate est réduit en lactate par le NADH,H+ formé au cours de la glycolyse.
La réaction, catalysée par la lactate déshydrogénase régénère le NAD+.

¾® CH3-CHOH-COO- + NAD+
CH3-CO-COO- + NADH,H+¨

Dans les conditions citées, la réaction globale de la dégradation du glucose est :

Glucose + 2 ADP + 2 Pi ¾® 2 lactate + 2 ATP + 2 H2O

4.2 – Transformation du pyruvate en éthanol (fermentation alcoolique)


Cette transformation du pyruvate en éthanol se rencontre dans les levures qui ne
possèdent pas de lactate déshydrogénase mais possèdent à la place une pyruvate
décarboxylase (lyase).
- Le pyruvate est décarboxylé en acétaldéhyde par la pyruvate décarboxylase dont le
coenzyme est la thiamine pyrophosphate (TPP). Cette réaction est irréversible.

CH3-CO-COO-¾® CH3-CHO + CO2

- L'acétaldéhyde est réduit en alcool ou éthanol. La réaction est catalysée par l'alcool
déshydrogénase avec consommation de NADH, H+ formé dans la glycolyse et régénération
de NAD+.

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¾® CH3-CH2OH + NAD+
CH3-CHO + NADH, H+¨

Lorsque les réactions de la glycolyse sont poursuivies par la transformation du


pyruvate en éthanol, on parle de fermentation alcoolique. La réaction globale de la
dégradation d’une molécule de glucose s’écrit :

Glucose + 2 ADP + 2 Pi ¾® 2 Ethanol + 2 CO2 + 2 ATP +2 H2O

4.3 - Oxydation du pyruvate en CO2


Elle se fait dans la mitochondrie.
- Le pyruvate est transporté dans la mitochondrie. Il est d’abord transformé par le
complexe multienzymatique de la pyruvate déshydrogénase en acétyl-CoA. .

CH3-CO-COO- + HSCoA + NAD+¾® CH3-CO~SCoA + CO2 + NADH, H+

L’oxydation complète de l’acétyl-CoA est réalisée dans le cycle de Krebs (que nous allons
voir) et s'accompagne de la formation de 3 NADH, H+, 1 FADH2 et de 1 GTP. La réaction
globale de l’oxydation de l’acétyl-CoA est :

CH3-CO~SCoA + 3 NAD+ + FAD + GDP + Pi + 2 H 2O¾® 2 CO2 + HSCoA +3 NADH, H+ +


FADH2 + GTP
L’ensemble des coenzymes réduits formés (NADH, H + cytologiques et mitochondriaux,
FADH2) au cours de la dégradation complète du glucose sont régénérés au cours de leur
oxydation par la chaîne respiratoire.

5 - Entrée des autres glucides dans la séquence glycolytique


Tous les glucides métabolisables sont dégradés à travers la séquence glycolytique.
Chaque glucide utilise une séquence de réactions qui lui est propre à l’issue de laquelle il est
converti en 3-èglycéraldéhyde. Les glucides qui sont dégradés par la voie glycolytique sont :
les polysaccharides de réserve comme l'amidon et le glycogène, les disaccharides, les
monosaccharides autres que le glucose.

5.1 – Glycogène et Amidon


Le glycogène et l'amidon alimentaires, soumis à l’action des enzymes hydrolytiques
de la salive, du pancréas et de l’intestin grêle, sont absorbés sous forme de glucose libre, qui
est phosphorylé ensuite en glucose 6-è. La réaction globale peut s’écrire :

Glycogène ou amidon (n glucose) + n H2O + n ATP ¾® n Glucose 6-è + n ADP.

La mobilisation du glycogène de réserve des tissus hépatiques et musculaires sera détaillée


ultérieurement dans le chapitre traitant du métabolisme du glycogène.

5.2 - les disaccharides


Les disaccharides ingérés sous forme de saccharose, maltose et lactose sont d'abord
hydrolysés en leurs oses constituants. Les enzymes spécifiques sont secrétées par la muqueuse
intestinale et leur demeurent fixées :
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Saccharose + H2O ¾® glucose + fructose (ß-fructosidase)
Maltose + H2O ¾® 2 glucose (a-glucosidase)
Lactose + H2O ¾® glucose + galactose (ß-galactosidase)

Ces oses vont entrer dans la glycolyse après phosphorylation selon les réactions décrites ci-
dessous.

5.3 - Les monosaccharides


 Le fructose peut être phosphorylé sur le carbone 6 par l’hexokinase mais cette dernière
est saturée par le glucose. Il est surtout traité par la fructokinase hépatique qui le
phosphoryle sur le carbone 1. La séquence des réactions conduisant au glycéraldéhyde 3-è
mettra en œuvre, dans l’ordre, la fructokinase, la fructose-1-phosphate aldolase (aldolase
2 ou b), glycéraldéhyde kinase et la phosphotriose isomérase.
- Fructose + ATP ¾® fructose 1-phosphate + ADP (fructokinase)
- Fructose 1-è¾® glycéraldéhyde + 3-èdihydroxyacétone. (Aldolase 2)
- Glycéraldéhyde + ATP ¾® 3-èGlycéraldéhyde + ADP (Glycéraldéhyde kinase)
- 3-èdihydroxyacétone ¬® ¾® glycéraldéhyde 3-è (Phosphotriose isomérase)

La réaction globale est


Fructose + 2 ATP ¾® 2 glycéraldéhyde 3-è + 2 ADP

L’activité de la fructose1-phosphate aldolase est faible et constitue le facteur limitant


du métabolisme du fructose.

 Le galactose peut aussi être phosphorylé sur le carbone 6 par l’hexokinase mais pour
les mêmes raisons que pour le fructose il est traité par la galactokinase hépatique qui
le phosphoryle sur le carbone 1. Il est ensuite engagé dans une voie secondaire
d’interconversion du galactose en glucose pour son injection dans la glycolyse. La
séquence fait intervenir, dans l’ordre, galactokinase, uridylyltransférase, UDPhexose
4’-épimérase et enfin la phosphoglucomutase. Les trois réactions sont :

Tableau I : Séquences de réaction de l’entrée du galactose dans la glycolyse


Réactions Enzymes
1 Galactose + ATP ¾® Galactose 1-è+ ADP galactokinase
2 Galactose 1-è + UDPglucose ¬® Glucose 1-è + UDPgalactose uridylyltransféra
se
3 ¾® UDP glucose
UDPgalactose ¬® UDPhexose 4’-
épimérase

En additionnant les 2 dernières réactions on obtient


Galactose 1-謮 ¾® Glucose 1-è
Le glucose 1-è est isomérisé par la Phosphoglucomutase en glucose 6-è, substrat de la
glycolyse.

6 – Régulation de la glycolyse
La glycolyse fournit à la fois de l'ATP, essentiel pour couvrir les besoins énergétiques des
organismes anaérobies, et des précurseurs biosynthétiques. La vitesse de la glycolyse s'établit
de manière à satisfaire ces deux besoins. Le processus est donc régulé. Dans les voies
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métaboliques les réactions irréversibles sont souvent les lieux de contrôle (lieux de
régulation). Les trois sites de régulation se situent au niveau des 3 enzymes allostériques
catalysant les réactions irréversibles de la glycolyse à savoir : l'hexokinase, la
phosphofructokinase 1 (PFK1) et la pyruvate kinase.

6.1 – Régulation Allostérique


La régulation de la glycolyse est conditionnée par l’état énergétique de la cellule. Les
principaux signaux qui vont déclencher le phénomène sont : le rapport ATP/AMP, le taux de
citrate et le niveau de fructose 2,6-bisphosphate fabriqué par le foie, voir figure.7.

6.1.1 - Phophofructokinase 1 (OU PFK1)


 ATP/AMP - La phophofructokinase 1 est l'élément le plus important dans le contrôle de
la glycolyse. Elle est inhibée par les fortes concentrations cellulaires de l'ATP (ATP/AMP
élevé) qui abaissent l'affinité de l'enzyme pour le fructose 6-phosphate. Cette enzyme est
le type de l'enzyme allostérique. L'ATP se fixe sur un site régulateur différent du site
catalytique de l’enzyme. L'effet inhibiteur de l'ATP est levé par AMP (ATP/AMP faible).

 Citrate - La phosphofructokinase 1 est aussi inhibée par le citrate, premier produit formé
dans le cycle de Krebs. Un taux élevé de citrate indique que le cycle de Krebs fonctionne
au ralenti et que les précurseurs biosynthétiques sont en quantité suffisante. Dans ces
conditions la dégradation du glucose n'est plus nécessaire. En résumé le citrate renforce
l'action inhibitrice de l'ATP.

6.1.2 - Hexokinase
L'inhibition de la phosphofructokinase 1 entraîne, en amont par voie de conséquence,
l'élévation de la teneur en glucose 6–è. Ce dernier est un effecteur négatif de l'hexokinase
mais il est sans effet sur la glucokinase hépatique.

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Figure 4 – Régulation allostérique de la glycolyse

6.1.3 – Pyruvate kinase


Le pyruvate kinase est la troisième enzyme allostérique de la glycolyse. Elle est inhibée par
l’ATP mais fortement activée par le fructose 1,6-bisè.

6.2 – Régulation hormonale


La consommation d’un aliment riche en glucides ou l’injection d’insuline augmente la
teneur du foie en glucokinase, en phosphofructokinase et en pyruvate kinase. Ces
changements résultent de l’activation de la transcription des gènes correspondants.
L’augmentation de ces enzymes active la glycolyse. Inversement la transcription de ces gènes
est abaissée et les concentrations des enzymes décroissent lorsque le plasma sanguin est riche
en glucagon comme dans le jeûne ou en cas de diabète (figure 8)

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Figure 5 – Régulation hormonale de la glycolyse

7 LE CYCLE TRICARBOXYLIQUE
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(CYCLE DE KREBS OU CYCLE DU CITRATE)

1 – Introduction

Le cycle de Krebs, ou plus rarement (mais plus justement) appelé cycle de Szent-Györgyi et
Krebs, ou cycle des acides tricarboxyliques, ou encore cycle de l'acide citrique (citrate), est
une série de réactions biochimiques dont la finalité est de produire des intermédiaires
énergétiques qui serviront à la production d'ATP dans la chaîne respiratoire. Il s'agit d'un
cycle car le dernier métabolite, l'oxaloacétate, est aussi impliqué dans la première réaction. Le
cycle peut se résumer par l'oxydation de deux atomes de carbone en CO2 . Point de
convergence de plusieurs réactions du métabolisme cellulaire, il a été découvert par le
biologiste Hans Adolf Krebs en 1937.

Les unités acétyl-CoA, issues du pyruvate ou de la dégradation des acides gras et de


certains acides aminés, sont complètement oxydées dans le cycle du citrate. Ce dernier est la
voie finale commune de l’oxydation des molécules énergétiques. Il se déroule entièrement à
l’intérieur des mitochondries. En tant que voie catabolique, le cycle tricarboxylique fournit de
l’énergie (en faible quantité sous forme de GTP) des cofacteurs réduits riches en énergie
(NADH,H+ et FADH2) et aussi des précurseurs pour les biosynthèses.

2 – Entrée du pyruvate dans le cycle de l’acide citrique

Le pyruvate est décarboxylé et ensuite oxydé en acétyl-CoA. Cette réaction est


catalysée par le complexe multi-enzymatique du pyruvate déshydrogénase (complexe PDH)
constitué de 3 enzymes principales. Le pyruvate déshydrogénase (enzyme E1), ayant la
thiamine pyrophosphate (TPP) comme groupement prosthétique, assure la décarboxylation du
pyruvate et le transfert du radical obtenu sur le lipoate. La dihydrolipoyl transacétylase
(Enzyme E2) transfère le radical acétyle du lipoate sur le coenzyme A, permettant ainsi la
libération de l’acétyl-CoA. La dihydrolipoyl déshydrogénase (enzyme E3) est une
flavoprotéine qui oxyde le dihydrolipoate et transfère les électrons et les protons sur le NAD +.
Le mécanisme d’action de ce complexe est schématisé sur la figure 1.

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Figure 6 – Séquence d’oxydation du pyruvate en acétyl-CoA par le complexe multi- enzymatique de la
pyruvate déshydrogénase

La séquence de réactions conduisant du pyruvate à l’acétyl-CoA fait intervenir, dans l’ordre,


les coenzymes suivant : TPP, lipoate, HSCoA, FAD et NAD+. La réaction globale, dans
laquelle il ne reste que les coenzymes vrais, est :

CH3-CO-COO- + H+ + HSCoA + NAD+¾® CH3-CO~SCoA + CO2 + NADH,H+

3 - Etapes enzymatiques du cycle de Krebs

La séquence des réactions conduit à l’oxydation complète de l’acétyl-CoA en 2


molécules de CO2 et à la régénération de l’oxaloacétate, accepteur catalytique du cycle .Nous
diviserons ce dernier en deux phases : une phase d’oxydation totale de l’acétyl-CoA et une
phase où intervient la séquence de réactions de régénération de l’oxaloacétate (voir figure 7).

A – PHASE 1 : Etapes enzymatiques de l’oxydation de l’acétyl-CoA

3.1–- Formation du citrate


Le cycle débute par la condensation de l'oxaloacétate (en C4) avec acétyl-CoA (en C2)
pour former le citroyl-CoA (en C6) qui, en présence de l'eau, est hydrolysé en citrate.
L'enzyme qui intervient est la citrate synthétase.

CH3-CO~sCoA CH2-CO~SCoA CH2-COO-


½
CO-COO- ¾® HO-C-COO- + H2O ¾® HO-C-COO- + HSCoA
½ ½
CH2-COO- CH2-COO- CH2-COO-

3.2 – Isomérisation du citrate en isocitrate


Cette isomérisation est le résultat d’une déshydratation et d'une réhydratation effectuée
par une enzyme appelée la cis-aconitase.
CH2-COO- CH2-COO- CH2-COO-
½ ½ ½
HO-C-COO- - H2O ¬® ¾® H-C-COO- + H2O ¬®¾® CH-COO-
 ½ê ½
CH2-COO- CH-COO- CHOH-COO-
Citrate cis-aconitate Isocitrate

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3.3 – Décarboxylation oxydative de l’isocitrate
C’est la première des 4 réactions d’oxydoréduction du cycle du citrate. La
décarboxylation est consécutive à la déshydrogénation de l’isocitrate. Cette dernière fait
apparaître une fonction cétone en position b par rapport à la fonction carboxylique médiane. Il
se forme l’oxalosuccinate (intermédiaire instable) qui se décarboxyle spontanément en
formant une molécule de l’a-cétoglutarate. La réaction est catalysée par l’isocitrate
déshydrogénase à NAD+.
La réaction est la suivante :

CH2-COO- CH2-COO-
½ ½
CH-COO- + NAD+¾® CH2 + CO2 + NADH,H+
½ ½
CHOH-COO- CO-COO-
Isocitrate a-cétoglutarate

3.4–-Décarboxylation oxydative de l’A-cétoglutarate


C’est la deuxième réaction d’oxydoréduction. Elle est catalysée par le complexe
multi-enzymatique de l‘a-cétoglutarate déshydrogénase, analogue à celui du pyruvate
déshydrogénase. Il se forme du succinyl-CoA possédant une liaison thioester, riche en
énergie. Les cofacteurs suivants interviennent : TPP, lipoate, HSCoA, FAD et NAD+. La
réaction globale est :

a-cétoglutarate + HSCoA + NAD+¾® HOOC-CH2-CH2-CO~sCoA + CO2 + NADH,H+

B – PHASE 2 : Regénération de l’oxaloacétate

Dans cette phase toutes les réactions qui conduisent du succinyl-CoA à l’oxaloacétate
sont réversibles.

3.5–- Formation du succinate à partir du succinyl-Coa


La liaison thioester est très riche en énergie. En présence du phosphate et du GDP, elle
est utilisée pour la synthèse du GTP suivant la réaction réversible :
-
OOC-(CH2)2-CO~SCoA + GDP + Pi D-OOC-(CH2)2-COO- + GTP + HSCoA

La réaction est catalysée par une succinyl-CoA synthétase, ou une succinate


thiokinase. Il se forme du succinate qui sera oxydé dans la séquence des réactions terminales
du cycle pour régénérer l’oxaloacétate. Les trois réactions qui composent cette séquence sont
réversibles.

3.6 – Déshydrogénation de succinate en fumarate


La réaction est catalysée par la succinate déshydrogénase à FAD (une flavoprotéine)
comme accepteur des électrons et des protons. C’est la 3 e réaction de déshydrogénation. Elle
conduit à la formation d’une double liaison. Le succinate est oxydé en fumarate.
-
OOC-CH2-CH2-COO- + FAD D -OOC-CH=CH-COO- + FADH2

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3.7 - Hydratation du fumarate et formation du malate
La réaction est catalysée par une lyase (hydratase) : la fumarase ou fumarate
hydratase.
-
OOC-CH=CH-COO- + H2O D-OOC-CHOH-CH2-COO-

3.8 – Déshydrogénation du malate en oxaloacétate


C’est la 4e déshydrogénation catalysée par la malate déshydrogénase à NAD+. Elle
termine le cycle :
-
OOC-CHOH-CH2-COO- + NAD+D-OOC-CO-CH2-COO- + NADH,H+

Figure 7 : Séquence de la réaction du cycle tricarboxylique et les 3 sites de régulation allostérique, avec les
métabolites effecteurs.

4 – Bilan énergétique du cycle de KREBS de l’oxydation de l’acétyl-CoA

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 Deux atomes de carbone entrent dans le cycle sous forme d’acétyl-CoA et en
ressortent sous forme de 2 CO 2 obtenus au cours des deux décarboxylations au niveau
de l’isocitrate et de l'a-cétoglutarate.
 Quatre paires d'hydrogène sortent du cycle, trois sous forme de NADH,H+ et une sous
forme de FADH2, ce qui permet la formation de 11 ATP au cours des phosphorylations
mitochondriales ( chaine respiratoires).
 1 liaison phosphate riche en énergie est formée sous forme de GTP.
En conclusion l’oxydation totale de l’acétyl-CoA permet la formation de 12 liaisons
phosphates riches en énergie (12 ATP).

5 - Régulation du cycle de Krebs

Les étapes irréversibles du cycle de Krebs peuvent être régulées : étape du citrate synthase, de
l'isocitrate déshydrogénase et de α-cétoglutarate déshydrogénase.

 La citrate synthase est activée par l'ADP mais inhibée par le NADH, l'ATP et le
citrate. Elle est donc respectivement inhibée par le pouvoir réducteur, la charge
énergétique et le produit de la réaction qu'elle catalyse.
 L'isocitrate déshydrogénase est activée par le calcium, l'ADP et inhibée par le NADH
et l'ATP.
 L'α-cétoglutarate déshydrogénase est activée par le calcium et inhibée par le NADH,
l'ATP et son produit le succinyl-CoA.

Il y a donc une régulation selon la disponibilité du substrat, le pouvoir réducteur, la


concentration en produit et la charge énergétique. On peut noter qu'il n'y a pas de régulation
par covalence (phosphorylation des protéines).

5 – Bilan énergétique de l’oxydation complète du glucose

Nous avons vu la glycolyse, la conversion du pyruvate en acétyl-CoA, le cycle du


citrate et la phosphorylation oxydative qui constituent les différents processus d’oxydation
complète du glucose, ce qui nous permet d’en faire le bilan énergétique dans le tableau ci-
dessous.
Tableau II : Bilan énergétique de la respiration
Etapes de l’oxydation ATP / GTP Cofacteurs réduits Nombre d’ATP
complète du glucose formés riches en énergie correspondant
Glycolyse 2 ATP 2
+
2 NADH,H 6 ou (4)
Pyruvate ®Acétyl- 2 NADH,H+ 6
CoA
2 GTP 2
Cycle de citrate ou 6 NADH,H+ 18
cycle de krebs 2 FADH2 4
+
36 si les 2 NADH,H cytosoliques sont
Total transportés dans les mitochondries par 38 (36)
navette Glycérol 3-è/dihydroxyacétone 3-è
I-2 VOIE DES PENTOSES PHOSPHATES

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(PRODUCTION DU POUVOIR REDUCTEUR ET DU RIBOSE)

1 – Introduction
Les glucides, par l'intermédiaire de la voie glycolytique, sont à l'origine de la formation de
l'ATP et de NADH, H +. Les électrons stockés sous forme de NADH,H + constituent la majeure
partie de l'énergie métabolique. Elle est destinée à la fabrication de l'ATP dans la
phosphorylation oxydative.

Les glucides sont aussi à l'origine de réactions d'oxydoréduction dont les électrons et
les protons libérés sont stockés sous forme de NADPH, H +. Le pool de NADPH, H+
représente le pouvoir réducteur dont la cellule a besoin dans les réactions de biosynthèse
réductrices. La formation de NADPH,H+ a lieu, dans les cellules, grâce à la voie des pentoses
phosphates. Les autotrophes produisent du NADPH, H + aussi bien par la voie des pentoses
phosphates que par la photosynthèse au cours du transport acyclique des électrons.

Cette voie des pentoses phosphates n'engendre pas seulement du NADPH, H + mais
aussi des pentoses, en particulier du ribose 5-è, constituant essentiel des coenzymes
pyridiniques et flaviniques, du coenzyme A, de l'ATP et des acides nucléiques. La voie des
pentoses phosphates est nourrie par le glucose 6-è.

L'ensemble de ces réactions constituent le mode 1 de fonctionnement de la voie des


pentoses phosphates, destiné à produire essentiellement du pouvoir réducteur pour les
biosynthèses.

la voie des pentoses phosphates, ou voie de Warburg-Dickens-Horecker, est l'une des quatre
voies métaboliques principales du métabolisme énergétique, avec la glycolyse, la voie
d'Entner-Doudoroff de dégradation du glucose en pyruvate et la voie du méthylglyoxal. En
1959, Henri Laborit mit en évidence le rôle de la voie des pentoses phosphates en radio et
oxygéno-protection et des radicaux libres en pathologie.

Les rôles essentiels de cette voie sont :

 la production de NADPH + H+, utilisé lors de la biosynthèse des acides gras, du cholestérol
et pour la réduction du glutathion,
 la production de ribose-5-phosphate utilisé lors de la synthèse des nucléotides,
 la production d'érythrose-4-phosphate, précurseur d'acides aminés aromatiques :
phénylalanine, tyrosine et tryptophane.

Cette voie existe chez tous les eucaryotes et la quasi-totalité des bactéries. Elle est
indépendante de l'oxygène. Elle se fait aussi bien en aérobiose qu'en anaérobiose, dans le
cytoplasme.

II CATABOLISME DES LIPIDES

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1 - Digestion des lipides et mobilisation des lipides de réserve

1.1 - Digestion des lipides alimentaires


Les principaux lipides de l’alimentation humaine ou animale sont constitués
essentiellement de triacylglycérols (triglycérides), de phospholipides et de stérols. La
digestion de ces lipides est sous la dépendance des enzymes pancréatiques et des sels biliaires.

1.1.1 - Les enzymes :


Les enzymes qui hydrolysent les lipides sont les lipases et les phospholipases.
- L’action complète de la triglycéride lipase (pancréatique) conduit à la libération de 2
acides gras et du 2-monoacylglycérol. Seuls les esters des fonctions alcool primaire du
triglycéride sont hydrolysés.
- Les phospholipases qui hydrolysent les phospholipides sont au nombre de 4 : A1,
A2, C et D.
Ces enzymes hydrolytiques agissent uniquement à l’interface eau-lipide. Aussi se
fixent-elles à la surface des grosses gouttelettes de graisses. Les premiers produits de l’action
des lipases et phospholipases, acides gras et lysophospholipides, servent de puissants
détergents qui accélèrent le processus en réduisant les graisses en fines gouttelettes. L’action
des sels biliaires complète la mise en émulsion et la formation de micelles des triglycérides.

1.1.2 - Absorption
Les micelles mixtes contiennent, après l’action complète des lipases, des acides gras et
des 2-mono-acylglycérols, Elles sont absorbées par les entérocytes (cellules absorbantes de
l’intestin grêle).

Une fois entrés dans l’entérocyte, les acides gras sont pris en charge par un
transporteur spécifique qui les achemine dans le réticulum endoplasmique lisse. Ils sont
rejoints par les 2-monoacylglycérols qui ont la capacité de traverser par diffusion passive. Les
acides gras et les 2-mono-acylglycérols sont recombinés en triacylglycérols par les enzymes
du réticulum endoplasmique.

1.2 - Mobilisation des triglycérides de réserve


Les triglycérides de réserve constituent une source d’énergie utilisable par toutes les
cellules. Ils sont mobilisés en l’absence du glucose. La diète prolongée, les exercices
physiques et le stress favorisent leur mobilisation. Ils sont hydrolysés par une triglycéride
lipase sensible aux hormones (adrénaline, glucagon, noradrénaline, corticostéroïdes,
hormones hypophysaires, etc.). Leur hydrolyse dans les adipocytes fournit des acides gras et
des 2-monoacylglycérol. Ce dernier est hydrolysé dans les cellules par une lipase
intracellulaire non sensible aux hormones.

L'utilisation des triglycérides comme source d'énergie débute par une hydrolyse par les
lipases qui libèrent le glycérol et les acides gras. Elle se fait en deux étapes :

La première activité hydrolytique, catalysée par la triglycéride lipase, libère un 2-


monoacylglycérol et 2 acides gras. Elle est régulée par des hormones comme l'adrénaline, la
noradrénaline, le glucagon et l'hormone corticotrope. On obtient :

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CH2-OOC-R1 CH2OH
½ ½
CH-OOC-R2+ 2 H2O ¾® CHOOC-R2+ 2 R-COO- + 2 H+
½ ½
CH2-OOC-R3 CH2OH

- La deuxième activité lipase, intracellulaire et indépendante des hormones, libère le


dernier acide gras et le glycérol.

CH2-OH CH2OH
½ ½
CH-OOC-R2+ H2O ¾® CHOH + R-COO- + H+
½ ½
CH2-OH CH2OH

1.3 - ß-oxydation des acides gras


La ß-oxydation est une oxydation qui a lieu sur le carbone en position ß du carboxyle(C3)
La ß-oxydation, transforme des acides gras en acétyl-CoA, qui alimente ensuite le cycle
tricarboxylique.

1.3.1 - Activation et entrée des acides gras dans la mitochondrie

Elle se déroule en trois étapes. Elles sont illustrées sur la figure 8

a - Activation des acides gras par le coenzyme A


Les acides gras sont activés par leur fixation sur HSCoA. L’activation est catalysée par
l’acyl-CoA synthétase. La réaction est la suivante :

R-CH2-COO- + H+ + ATP + HSCoA ¾® R-CH2-CO~SCoA + AMP + PPi

Au cours de la réaction, l'ATP subit une coupure libérant du pyrophosphate et de


l'AMP. Le pyrophosphate est hydrolysé par une pyrophosphatase pour apporter l’énergie
complémentaire à la formation de la liaison thioester. L'AMP est rephosphorylé ensuite en
ADP puis par Adénylate kinase utilisant une deuxième molécule d’ATP. L’activation des
acides gras consomme deux ATP.

Les acides gras à courte chaîne (nombre de carbones au plus égal à 10), peuvent être
transportés directement dans la matrice et y subir leur activation par une acyl-CoA synthétase
matricielle.
En ce qui concerne les acides gras à longue chaîne (nombre de carbones supérieur à
10) l’activation se fait dans l’espace intermembranaire de la mitochondrie par une acyl-CoA
synthétase liée à la face interne de la membrane mitochondriale externe, voir figure. Le
radical acyle est alors transporté dans la matrice par le système carnitine.

b - Transfert sur la carnitine


Sous la forme d’acyl-CoA, les acides gras à longue chaîne ne peuvent traverser la
membrane mitochondriale interne. Leur passage est facilité par la carnitine. Le radical acyle
est pris en charge par la carnitine. La réaction est catalysée par l'acyl-carnitine transférase 1

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(située sur la face externe de la membrane interne). L'acyl-carnitine et le HSCoA sont libérés
dans l’espace intermembranaire.

Acyl-CoA + Carnitine ¾® Acyl-carnitine + HSCoA

c - Transfert par la translocase


L'acyl-carnitine traverse la membrane mitochondriale grâce à l’action d’une acyl-
carnitine translocase (voir figure 1).

Figure 8 - Activation des acides gras à longue chaîne et transport du radical acyle dans la matrice
mitochondriale par la carnitine. ACT = Acyl-carnitine transférase.

d - Transfert du radical acyle sur le HSCoA matriciel


Dans la matrice mitochondriale le radical acyle est retransféré sur le HSCoA. La
réaction est catalysée par l'acyl-carnitine transférase 2, située sur la face matricielle de la
membrane interne. L’acyl-CoA ainsi reconstitué devient le substrat des réactions qui vont se
dérouler dans la matrice mitochondriale.

Acyl-carnitine + HSCoA ¾® Acyl-CoA + Carnitine

2 - Etapes de la B-oxydation des acides gras


La séquence des réactions se déroule en 4 étapes, appelée tour (figure 9). Pour un
n n
acide gras à n carbones pair, −¿1 tours sont nécessaires pour son oxydation complète en ..
2 2
acétyl-CoA

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2.1 - Première déshydrogenation de l’Acyl-CoA
Entre les carbones 2 et 3 de l’acyl-CoA il se produit une déshydrogénation effectuée
par l'acyl-CoA déshydrogénase, flavoprotéine à FAD, qui crée une double liaison.

R-CH2-CH2-CH2-CO~SCoA + FAD ¾® R-CH2-CH=CH-CO~SCoA + FADH2

2.2 - Hydratation de la double liaison


Elle est assurée par une énoyl-CoA (déhydroacyl-CoA) hydratase. Le produit obtenu
est le 3-hydroxyacyl-CoA. La fixation du radical OH est orientée sur le carbone 3 oub.

R-CH2-CH=CH-CO~SCoA + H2O ¾® R-CH2-CHOH-CH2-CO-SCoA

2.3 - Deuxième déshydrogénation


Elle porte sur le 3-hydroxyacyl-CoA. L'accepteur des hydrogènes est le NAD +.
L'oxydation de la fonction alcool conduit à une fonction cétone. L'enzyme est le 3-
hydroxyacyl-CoA déshydrogénase et le composé obtenu est le 3-cétoacyl-CoA :

R-CH2-CHOH-CH2-CO~SCoA + NAD+¾® R-CH2-CO-CH2-CO~SCoA + NADH, H+

2.4 - Clivage de l'acide gras


C'est la dernière réaction de la séquence. L'enzyme qui intervient est la ß-cétothiolase
(lyase). Au cours de la thiolyse en présence d'un HSCoA il y a libération d'un acétyl-CoA et
reformation d'un acyl-CoA dont la chaîne est privée de 2 carbones. Ce dernier acyl-CoA va
servir de substrat pour le tour suivant.

R-CH2-CO-CH2-CO~SCoA + HSCoA ¾® R-CH2-CO~SCoA + CH3~CO~SCoA

A la fin de chaque tour il y a libération de 1 acétyl-CoA, de 1 FADH 2 et de 1


NADH,H+ à l'intérieur de la matrice. Si nous partons d'un acide gras à n atome de carbones
n
pair, il faut (. -1) tours formant l’hélice de LYNEN (figure 9), pour obtenir la ß-oxydation
2
n
complète de l'acide gras avec la libération de acétyl-CoA. Dans le cas d'un acide gras à n’
2
n−3
impairs d’atomes de carbones, la ß-oxydation de l'acide conduit à la libération de ( )
2
acétyl-CoA et de 1 propionyl-CoA.

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Figure 9– La séquence des réactions numérotées de (1) à (4) constitue un tour de la b-oxydation, à l’issue duquel
sont libérés 1 FADH2, 1 NADH,H+ et un acétyl-CoA. Le nouvel acyl-CoA à (n-2) carbones formé subit la
séquence des 4 réactions du 2e tour et ceci se répète jusqu’à l’oxydation complète de l’acide gras.

2.5 – Bilan énergétique et moléculaire


2.5.1- Acides gras saturés à nombre n pair d’atome de carbone
a) Bilan moléculaire
Pour 1 AGS à nombre n pair d’atome de carbone  on a :
n
 acétyl –CoA
2
n
 (. −1 ¿ NADH, H+
2
n
 (. −1 ¿ FADH2
2

Exemple du palmitate C16 :0


 8 AcétylCoA
 7 NADH,H+
 7 FADH2
b) Bilan énergétique
On a :
n 12n
 acétyl –CoA x 12 ATP…………………………….= ATP
2 2

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n 3n
 (. −1 ¿ NADH, H+ x 3 ATP………………………..= (. −3 ¿ ATP
2 2

n 2n
 (. −1 ¿ FADH2 x 2 ATP…………………………………= (. −2¿ ATP
2 2

Activation de l’acide gras………………………………………...= -2 ATP

17 n
 TOTAL………………………………………………… = (. −7 ¿ ATP
2

Exemple : Oxydation de l’acide stéarique C18 :0

17∗18
Bilan énergétique de la ß oxydation est : (. −7 ¿ ATP = 146 ATP
2
2.5.2 Acides gras saturés à nombre n’ impair d’atome de carbone
a) Bilan moléculaire

l’oxydation d’un AGS à nombre impair n’ d’atome de carbone donne :


n' −3
 acétylCoA
2
n' −3
 NADH,H+
2
n' −3
 FADH2
2
Puis un propionyl-CoA (3 carbones) qui sera transformé en succinyl-CoA (4 carbones), avec
consommation d’un ATP.
Ce dernier va être dégradé dans le cycle de KREBS pour donner :
1ATP, 1 FADH2, 1 NADH, H+.Selon la séquence de réaction ci- dessous :

 Carboxylation et formation du 2-methyl malonyl-COA


La réaction est catalysée par la propionyl-CoA Carboxylase.

CH3
½
-
CH3-CH2-CO~SCoA + CO2 + ® OOC-CH-CO~SCoA + H+ + ADP + Pi
ATP

 Isomérisation du 2-méthyl malonyl-COA


Le 2-méthylmalonyl-CoA est transformé en succinyl-CoA par la 2-méthyl malonyl-
CoA carboxymutase, intermédiaire du cycle de Krebs et susceptible d’être converti en malate,
précurseur de la néoglucogenèse.

CH3
½
-
OOC-CH-CO~SCoA ¾®-OOC-CH2-CH2-CO~SCoA

b) Bilan énergétique
n' −3 12n ' −36
 acétylCoA x 12 ATP………………………………...= ATP
2 2
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n' −3 3 n' −9
 +
NADH,H x 3 ATP………………………………….= ATP
2 2
n' −3 2n ' −6
 FADH2 x 2 ATP……………………………………..= ATP
2 2
 Oxydation du propionylCoA dans le cycle de KREBS donne:

1 NADH, H+ x 3 + 1FADH2 x 2+1 = 6 ATP

 Dépense énergétique pour l’activation de l’acide gras et pour la carboxylation du


propionyl-CoA en méthylmalonylCoA.

-2 ATP -1 ATP ………………………………………….= -3 ATP

17 n' −45
 Bilan global = ATP
2
Exemple : bilan énergétique de l’oxydation de l’acide septadécanoïque C17 :0
.
17 n' −45 17∗17−45
= = 122 ATP
2 2
2.5.3 - ß-Oxydation des acides gras insaturés
Les acides gras insaturés sont dégradés de la même façon que les acides gras saturés
après leur activation et leur liaison au coenzyme A. Cependant deux enzymes, une isomérase
et une épimérase sont nécessaires pour l'oxydation complète de ces acides gras. L'action de
l‘isomérase peut être illustrée au moyen de la dégradation de l'acide oléique en C18 qui
présente une double liaison cis entre les carbones 9 et 10. Les trois premiers tours enlèvent 6
carbones sous forme de 3 acétyl-CoA. La molécule restante a une double liaison entre C3 et
C4 et sous forme cis, ce qui empêche la formation de la double liaison de la ß-oxydation entre
C2 et C3. L'isomérase transforme la liaison cis en trans et la déplace entre C2 et C3, ce qui
permet à la  ß-oxydation de se poursuivre.

CH3-(CH2)7-CH=CH-CH2-CO-SCoA ¾® CH3-(CH2)7-CH2-CH=CH-CO-SCoA

. Dans le cas des composés insaturés avec des doubles liaisons cis en position 6 et 9, les
deux premiers tours enlèvent 2 acétyl-CoA. Le composé restant qui a deux doubles liaisons en
position 2 et 5 est hydraté sur la première double liaison en donnant un produit de la
configuration D qui n'est pas un substrat de la ß-oxydation. Il est alors épimérisé en composé
L par une épimérase.

HH H H H
½½ ½ ½ ½
CH3-(CH2)7C=CCH2CH=CHCOsCoA +H2O ¾® CH3-(CH2)7C=CCH2CCH2CSCoA
½
OH
Configuration D
L’action de l’épimérase convertit en configuration L pour permettre la poursuite de la b-
oxydation.

H H H H H OH
½ ½ ½ ½ ½ ½
CH3-(CH2)7-C=C-CH2-C-CH2-CsCoA ¾® CH3-(CH2)7-C=C-CH2-C-CH2-CsCoA
½ ½

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OH H
Configuration D Configuration L

3 –Dévenir du glycérol
Le glycérol est transformé en glycéraldéhyde 3-è, le propionyl-CoA en succiniyl-CoA.

3.1 - Dévenir du Glycérol


Le glycérol issu de l’hydrolyse des triglycérides ou des phospholipides peut être
réutilisé comme précurseur de la synthèse des lipides ou du glucose (néoglucogenèse) ou
suivre la voie de la glycolyse. Il subit la séquence des réactions qui suivent :

3.1.1 – Phosphorylation du glycérol


La réaction est catalysée par la glycérol kinase. Le glycérol 3-è formé peut être
prélevé pour la synthèse des lipides

Glycérol + ATP ¾® glycérol 3-è + ADP

3.1.2 – Déshydrogénation du glycérol 3-È


Elle est catalysée par la glycérol-è déshydrogénase. Il se forme de la 3-
èdihydroxyacétone.

¾® 3-èdihydroxyacétone + NADH,H+
Glycérol 3-è + NAD+¬®

3.1.3 – Isomérisation en glycéraldéhyde 3-È


L’enzyme qui intervient est la phosphotriose isomértase rencontrée dans la glycolyse.
Le glycéraldéhyde 3-è peut suivre la voie de la glycolyse ou celle de la néoglucogenèse.

¾® glycéraldéhyde 3-è
3-èdihydroxyacétone ¬®

7 - Régulation de la dégradation des lipides


La libération des acides gras par le tissu adipeux est contrôlée
- par la vitesse de l’hydrolyse des triacylglycérols
- et par celle de l’estérification du glycérol par les acyl-CoA.

7.1 - Régulation allostérique


Dans le foie la b-oxydation et la ré-estérification des acyl-CoA sont possibles. La
vitesse de l’oxydation des acides gras est déterminée par le taux d’entrée des acyl-CoA dans
la matrice mitochondriale par l’intermédiaire de l’activité de l’acyl-carnitine tranférase 1..
Ce taux peut être modifié par le malonyl-CoA (produit de carboxylation de l’acétyl-CoA) qui
inhibe l’acylcarnitine transférase 1.

Lorsque la concentration du malonyl-CoA est suffisante pour inhiber l’acylcarnitine


transférase 1 (ce qui maintient les acides gras dans le cytoplasme) la lipogenèse est stimulée
(figure 7).

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7.2 - Régulation hormonale
La vitesse de l’hydrolyse des triacylglycérols est accélérée par des hormones
(glucagon, adrénaline, noradrénaline, etc.) qui se fixent sur la surface de la cellule-cible. La
stimulation de l’adényl-cyclase transforme l’ATP en AMPc. Ce dernier active la protéine
kinase A (figure 8). Cette dernière active la triglycéride lipase (déphosphorylée et inactive
dans les adipocytes) par phosphorylation. La vitesse de l’hydrolyse augmente et stimule
l’utilisation des acides gras libérés par les tissus tels que le cœur, le muscle squelettique et le
foie.

Figure 10 - Mobilisation des triglycérides des adipocytes sous l’action des hormones. L’adrénaline est
la principale hormone.

En cas de jeûne, l’activation des lipases hormono-sensibles et l’hydrolyse des


triacylglycérols de réserve sont stimulées par les catécholamines. L’adrénaline et surtout la
noradrénéline excrétée dans les tissus adipeux par le système sympatique sont de puissants
activateurs. La libération des acides gras s’accroît et la cétogenèse s’accélère. Après un jeûne
prolongé (supérieur à 2 ou 3 semaines) le taux sanguin en corps cétoniques est de 8 mmol.l -1.
Le cerveau s’adapte à l’utilisation des corps cétoniques et 70 % des besoins énergétiques sont
assurés par leur soin.
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En cas de diabète insulino-dépendant (type 1) l’activité des lipases hormono-
sensibles n’est plus contrôlée par l’antagonisme insuline-catécholamines. Les conséquences
sont les suivantes : une absence de synthèse des triglycérides à partir du glucose et des acides
aminés, une hydrolyse accrue des lipides de réserve et une formation importante des corps
cétoniques. Le taux de corps cétoniqes trouvés chez le diabétique de type I est beaucoup plus
élévé que celui observé en cas de jeûne. Ces malades perdent donc du poids.

III- CATABOLISME DES ACIDES AMINES

1 - Introduction générale
Les acides constituent les monomères des protéines. En plus du carbone, de
l’hydrogène et de l’oxygène rencontrés dans les glucides et les lipides, ils contiennent de
l’azote dont l’origine a été étudiée dans le chapitre 14. Chez les animaux leur source est
essentiellement alimentaire. Contrairement aux glucides et lipides, les acides aminés en excès
ne peuvent être stockés, ils sont alors rapidement dégradés par transamination ou oxydation
pour donner un ion ammonium et un squelette carboné. L’ion ammoniun est éliminé par
excrétion ou par l’uréogenèse ou recyclé pour la synthèse d’un autre acide aminé. Le squelette
carboné peut aussi être réutilisé pour reformer l’acide aminé correspondant ou servir de
précurseurs soit à la synthèse des glucides (cas des squelettes des acides aminés dits
glycoformateurs), soit à la synthèse des acides gras (cas des squelettes des acides aminés dits
cétogènes).

Le métabolisme des acides aminés chez les animaux répond à deux objectifs chez les
animaux :

 Maintenir le pool des acides aminés


 Assurer le renouvellement (turn-over) des protéines.

Le pool des acides aminés est formé par l’hydrolyse des protéines alimentaires et
cellulaires. Il représente environ 100 g pour un individu de 70 kg et est suffisant pour assurer
le renouvellement des protéines de l’organisme

 2 - Digestion des protéines alimentaires

L’azote est fourni à l’organisme sous forme de composés et essentiellement sous


forme de protéines. Elles sont trop grosses pour traverser la paroi intestinale. Elles vont subir
un processus d’hydrolyse progressive qui commence dans l’estomac pour se terminer dans
l’intestin, appelé digestion. Les acides aminés, monomères des protéines, sont libérés sous
l’action des enzymes protéolytiques et absorbés dans l’intestin grêle.

2.1 – Digestion dans l’estomac


L’estomac secrète un suc gastrique qui contient de l’acide chlorhydrique et une
pepsinogène (proenzyme). L’acide chlorhydrique, trop dilué pour assurer une action
hydrolytique, fonctionne comme un bactéricide et dénature les protéines pour permettre une

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attaque efficace des protéases comme la pepsine. La pepsine est une endopeptidase, stable en
milieu acide, qui libère des peptides et quelques acides aminés.

2.2 – Digestion par les enzymes pancréatiques


Les polypeptides formés à l’issue de l’action de la pepsine vont subir en entrant dans
l’intestin grêle l’action des enzymes pancréatiques qui vont les réduire en oligopeptides et
quelques acides aminés. Chacune des enzymes pancréatiques est spécifique de la liaison
peptidique hydrolysée. Par exemple, seule la liaison peptique dans laquelle est engagée la
fonction carboxyle de l’arginine ou de la lysine est hydrolysée par la trypsine. Quant à la
chymotrypsine, elle hydrolyse la liaison peptidique dans laquelle intervient la fonction
carboxyle de tryptophane, phénylalanine tyrosine, leucine ou méthionine.

2.3 – Digestion par les enzymes de l’intestin grêle


 La muqueuse intestinale produit des aminopeptidases qui hydrolysent les oligopeptides
et libèrent séquentiellement, à partir de l’extrémité N-terminale, des acides aminés libres.

2.4 – Absorption des acides amines libres et des dipeptides.


 A la fin de la digestion par les différentes enzymes de la digestion les acides aminés et
les dipeptides sont absorbés au niveau de l’intestin grêle. Les dipeptides sont hydrolysés en
acides aminés dans le cytosol des cellules intestinales. Les acides aminés sont excrétés dans la
veine porte et acheminés vers le foie. Ils y sont métabolisés ou libérés dans la circulation
générale.

3 – Dégradation des acides amines


Contrairement aux monomères des glucides et des lipides, les acides aminés en excès
ne peuvent pas être stockés. Ils subissent une première dégradation qui enlève le groupement
a-aminé soit par transamination, soit par oxydation. L’ion ammonium est récupéré et recyclé
pour former un autre acide aminé ou éliminé. Le squelette carboné obtenu après le départ du
gfoupement aminé peut aussi être récupéré pour synthétiser l’acide aminé correspondant ou
servir de précurseur à la synthèse des glucides (cas des acides aminés glycoformateurs) ou
convertis en acétyl-CoA pour la synthèse des acides gras (cas des acides gras cétogènes)

3.1 – Transamination
La transamination ou l’aminotransfert est la réaction générale du métabolisme des
acides aminés car elle intervient aussi bien dans leur catabolisme que dans leur synthèse.
C'est le processus qui conduit à un échange du groupement a-aminé entre un acide aminé et
un a-cétoacide. Les enzymes qui catalysent de telles réactions sont appelées
aminotransférases ou transaminases. Les aminotransférases majeures existent dans
tous les tissus et la réaction catalysée est réversible. Le cofacteur impliqué est le pyridoxal
phosphate (groupement prosthétique de toutes les aminotransférases). Il dérive de la vitamine
B6. Dans les réactions de transamination orientées vers la dégradation des acides aminés,
l’accepteur du groupement a-aminé est toujours l’a-cétoglutarate. Il en résulte la formation
d’un glutamate.
Deux aminotransférases : Aspartate aminotransférase et Alanine aminotransférase
méritent une mention spéciale. En effet elles sont considérées comme des marqueurs
importants lorsqu'on les retrouve dans le sang. Elles indiquent des dommages subis par le
coeur en cas de crise cardiaque ou par le foie en cas d'hépatite virale. La réaction générale
catalysée par les aminotransférases est illustrée sur la figure 1.

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Figure 11 - Schéma général de la réaction catalysée par une aminotransférase.

3.2 – Désamination oxydative 


Contrairement à la transamination qui est une réaction de transfert du groupement a-
aminé, la désamination oxydativele libère sous forme d’ammoniac libre avec formation du
squelette a-cétoacide correspondant. Elle est très active dans le foie et dans les reins. Deux
types d’enzymes interviennent : la glutamate déshydrogénase et l’acide aminé oxydase.

3.2.1 – Glutamate deshydrogénase


Dans le cas de la désamination oxydative qui est précédé par la transamination dans le
catabolisme des acides aminés, la glutamate déshydrogénase intervient et fonctionne en sens
inverse de la réaction dans laquelle elle intervient pour l’assimilation de l’ammoniac (chapitre
14). Cette enzyme utilise préférentiellement le NADP + dans l’assimilation de l’ammoniac
(voie de synthèse) et le NAD+ dans la désamination oxydative (voie de dégradation).

¾® a-cétoglutarate + NAD(P)H, H+ + NH3


Glutamate + H2O + NAD (P) +¨

La glutamate déshydrogénase fait l’objet d’une régulation allostérique, inhibée par


ATP et GTP mais activée par ADP et GDP.

Le sens dépend des concentrations relatives du glutamate, de l’a-cétoglutarate, de NH3


et du rapport des formes réduites et oxydées des coenzymes (NADPH,H+/NADP+ et
NADH,H+/NAD+). Après un repas riche en protéines se traduisant par une augmentation du
glutamate, la réaction s’oriente vers la désamination et la formation de l’ammoniac.

3.2.2 – Oxydases des acides aminés


Il existe deux flavoprotéines : l’une à FMN et l’autre à FAD qui interviennent dans
l’oxydation directe des acides aminés. Cette voie est secondaire par rapport à celle de la
transamination.

- L-acide aminé oxydase (L-aminoacide oxydase) est une enzyme hépatique à FMN comme
groupement prosthétique. Elle oxyde les acides aminés en transférant directement les
électrons récupérés par le coenzyme à l’oxygène moléculaire. Il en résulte la formation la

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libération de l’a-cétoacide correspondant, de NH3 et la formation de H2O2 (péroxyde
d’hydrogène) décomposé par les catalases. La réaction globale s’écrit :

COO- COO-
ï ï
H3+N-C- H + O2 + H2O ¾®
¨ C=O + NH4+ + H2O2
ï ï
R R
L- Acide aminé a-cétoacide

- D-acide aminé oxydase (D-aminoacide oxydase)


On rencontre dans le foie et dans les reins une activité importante de cette enzyme qui
oxyde les D-acides aminés (isomères des L-acides aminés, non rencontrés chez les animaux)
qui proviennent de l’hydrolyse des protéines des végétaux et des membranes cellulaires des
microorganismes. Ces D-acides aminés, qui ne sont pas utilisés par l’organisme animal, sont
donc oxydés suivant le même principe que précédemment mais par la D-acide aminé
oxydase à FAD avec la libération de l’a-cétoacide correspondant, de NH3 et la formation de
H2O2 (péroxyde d’hydrogène) décomposé par les catalases. La réaction globale est la même ::

COO- COO-
ï ï
H –C-NH3+ + O2 + H2O ¾®
¨ C=O + NH4+ + H2O2
ï ï
R R
D- Acide aminé a-cétoacide

4 –Uréogénèse ou cycle de l’urée (élimination de l’ion ammonium)

Les acides aminés sont la principale source de formation de l’ammoniac dans


l’organisme. L’excès d’ammoniac ou d’ion ammonium doit être éliminé. Les poissons
l’excrètent sous la forme d’ion ammonium dans l’eau. La forme sous laquelle il est éliminé
chez les batraciens a permis de distinguer les 2 stades de vie : ammoniotèles (vie aquatique où
l’élimination se fait sous forme d’ion ammonium) ; uréotèles (vie terrestre où l’élimination se
fait sous forme d’urée). Chez les autres vertébrés terrestres l’ion ammonium est éliminé sous
forme d’urée. La séquence des réactions qui vont intervenir comporte une phase
mitochondriale et une phase cytosolique, illustrée dans la figure 12. Elle ne se déroule que
dans le foie.

– Bilan du cycle
Le bilan brut du cycle s’écrit :
NH3 + CO2 + Aspartate + 3 ATP ¾® Urée + Fumarate + 2 ADP + AMP + 2 Pi + PPi
Au cours de la formation d'une molécule de l'urée 4 liaisons riches en énergie ont été
utilisées (2 ATP en 2 ADP+ 2 Pi, ATP en AMP + PPi). Lorsque le fumarate est transformé en
oxaloacétate (cycle de Krebs) pour régénérer l’aspartate après transamination, il en résulte
la formation d'une molécule de NADH,H+ qui correspond à 3 ATP. En conclusion
l’élimination d’un ion ammonium libre et de l’amine de l’aspartate sous forme d'une molécule
d'urée ne consomme qu'une liaison phosphate riche en énergie.

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Figure 12 : Cycle de l’Urée ou Uréogenèse. On distingue bien les deux phases mitochondriale
et cytosolique

5 – Devenir du squelette carboné des acides aminés


Après le départ du groupe a-aminé sous forme de l’ammoniac, les 20 acides aminés,
retrouvés dans les protéines, libèrent chacun l’a-cétoacide (squelette carboné) correspondant.
La dégradation des 20 squelettes carbonés conduisent à la formation de sept composés à
savoir : a-cétoglutarate, oxaloacétate, fumarate, acétoacétyl-CoA, succinyl-CoA,
pyruvate et acétyl-CoA. Ils rentrent dans le métabolisme intermédiaire pour la production de
l’énergie ou pour la synthèse des glucides ou des lipides. Suivant le devenir des squelettes
carboné on classe les acides aminés en trois groupes :

- Les acides aminés glucoformateurs (glucogéniques) dont la dégradation du squelette


carboné libère l’un des intermédiaires suivants : a-cétoglutarate, oxaloacétate, fumarate,
succinyl-CoA et pyruvate. Cette classe couvre parmi les acides aminés non essentiels :
alanine, asparagine, aspartate, glutamate, glutamine, proline, glycocole, sérine, cystéine ; et
parmi les acides aminés essentiels : arginine, histidine, méthionine, thréonine et valine.

- Les acides aminés cétogènes (ou cétoniques) dont la dégradation du squelette carboné
fournit l’acétyl-CoA ou l’acétoacétyl-COA. Ici on trouve 2 acides aminés essentiels : leucine
et lysine.
- Les acides amines à la fois glucoformateurs et cétogènes : tyrosine (non essentiel),
phénylalanine, tryptophane et isoleucine (tous 3 essentiels).

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Figure 13 : Devenir du squelette carboné des acides aminés

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