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ANALYSE POLITIQUE INTERNATIONALE

Première partie : GUERRE ET STRATEGIE


Pourquoi parler de la guerre en premier ?
La guerre est un phénomène politique majeur.
En Europe de l’Ouest, on est dans la paix depuis 60 ans, donc la guerre apparaît comme
lointaine ou comme concernant des minorités. Elle est surtout dans la mémoire. Alors qu’au
XIXè siècle, l’Europe est le continent le plus touché par la guerre.
En réalité pour la plupart des pays, la guerre est proche, c’est une préoccupation centrale.
La vision européenne est une vision privilégiée.
La guerre est un phénomène spécifique des Relations internationales et surtout récurrent..
Elle est là d’une manière centrale.
La guerre est un phénomène qui suscite beaucoup d’affects chez nous : aujourd’hui les
valeurs tendent vers le pacifisme mais le freudisme nous apprend qu’au fond de nous un
instinct et des fantasmes guerriers sommeillent.

I) LA GUERRE DANS LES RAPPORTS INTERNATIONAUX


 L’anarchie supposée du système international
Clé de voûte du système international : idée que ce système est anarchique au sens strict
du terme (ne dispose pas d’une autorité politique surplombante qui serait chargée de
maintenir l’ordre).
Grande différence avec les sociétés politiques qui se caractérisent par des degrés plus ou
moins importants de commandement interne, de concentration du pouvoir.
Il y a donc une pluralité d’autorités qui peuvent prétendre instaurer un ordre.
Ce point de départ est fondamental car il est l’élément principal du point de vue réaliste
des RI.

 Le point de vue réaliste sur le caractère inéluctable des conflits d’intérêts


et des guerres
 C’est CARR qui a utilisé pour la première fois le terme de réalisme. Il développe l’idée
que l’analyse politique internationale est marquée par un idéalisme qui tend à méconnaître la
réalité des rapports internationaux. Il y oppose la vision réaliste qui ne méconnait pas le réel,
c'est-à-dire les rapports de puissance qui produisent de la guerre ou de la paix.
Il faut donc se concentrer sur les rapports des Etats dans leurs relations de puissance. Les
rapports internationaux sont des rapports entre puissances par définition compétitives.

Quelles sont les idées réalistes qui constituent le « mainstream » de la pensée des RI ?
 Grande place accordée à l’Etat : + ou – stato-centrisme. Mais tous les auteurs réalistes ne
mettent pas l’Etat au centre de leur réflexion et d’autres qui ne sont pas réalistes le font.
 Obsession pour les questions de puissance : c’est déjà plus vrai.
La puissance peut être déclinée de différentes manières :
Ex : ARON « configuration des rapports de force »
Ex2 : capacité des Etats

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Mais idem que pour idée d’avant. Ne peut pas définir le réalisme.

 La plus juste des définitions :


Les pensées réalistes ont toutes en commun le fait qu’elles reposent sur l’idée centrale
que les acteurs des RI et leurs intérêts sont incompatibles.
Tous ceux qui ne pensent pas cela sont idéalistes.
Cette non-compatibilité a des conséquences lourdes : dans un monde anarchiste (au sens
strict), si les acteurs ont des intérêts forcément non compatibles, cela engendre
obligatoirement des conflits, et les conflits c’est la guerre.

 L’égoïsme des intérêts nationaux


Les acteurs sont mus par la maximalisation de leurs intérêts nationaux, chacun
définissant personnellement son intérêt national vu qu’il n’y a pas de borne supérieure.
Dans cet arbitraire de l’autodéfinition des intérêts nationaux, il y a inévitablement
incompatibilité et conflits.
Tout le monde veut tout, tout de suite et toujours plus. Il y a beaucoup trop d’acteurs qui ont
tous une vision du monde différente et des intérêts différents.
 L’international, c’est l’égoïsme national.

 La possibilité du recours à la force


Dès lors qu’un acteur est dans les RI il y a possibilité de recourir à la force. La
menace par la force amène très facilement à l’usage effectif de la force.
Raymond ARON, dans Guerre et Paix entre les Nations (1962), montre que ce qui est
l’essence des RI est la capacité des acteurs étatiques de recourir à la force, d’où la succession
par la guerre.
// Guerre froide, « Guerre improbable, paix impossible » (ARON). Les grandes puissances, au
sortir de la seconde guerre mondiale, sont dans une logique totalement réaliste  défense de
leurs intérêts nationaux.
Il y a quand même quelques acteurs internationaux derrière les Etats. Ex : l’ONU.

La vision réaliste n’est qu’une mise en théorie, en forme, de la pratique des RI des
anciennes monarchies européennes.
 Âge classique qui a recours tout le temps à la guerre de temps limité (Equilibre de guerres,
de pax et de négociations). Défense des intérêts du monarque : si le mot d’intérêt national
n’existe pas encore, il est pourtant déjà opératoire.
L’origine du réalisme est donc dans la pratique effective des RI.

Pour les idéalistes, les intérêts des acteurs sont compatibles, la réflexion étant de trouver les
conditions favorables à l’harmonie des intérêts.

ARON : dans un monde anarchique, ce sont surtout les forts qui ont recours à la force. Les
faibles favorisent un discours plus idéaliste : coopération entre Etats…
Période de l’affrontement Est/Ouest : apogée des idées réalistes

 Puissance, puissance militaire, puissance économique et influence


diplomatique
Comment se définit la force ?
 Durant la guerre froide, on comptait le nombre de têtes nucléaires
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On compte la capacité théorique d’emploi du militaire.


 La force n’est pas seulement militaire, elle peut être diplomatique : rassembler le
maximum de voix, coaliser le plus d’Etats (par ex au conseil de l’ONU pour voter comme
nous…).Mais un acteur qui n’a pas de force militaire n’est pas puissant aujourd’hui.
Force économique, force d’une monnaie

Puissance : « power » en anglais c'est-à-dire en définition « pouvoir ».


Définition de la puissance :
 Jusqu’aux années 70 : définition substantielle (matérielle) : mélange d’éléments
différents dont la population (idée ancienne que plus il y a d’hommes, de soldats, plus un
ensemble est puissant), la taille du pays, les ressources naturelles, les industries, l’économie…
On peut par exemple définir la puissance selon la possession de l’arme nucléaire (ce qui est
encore une norme aujourd’hui)
 A partir des années 60 et 70, nouvelle définition : Relationnelle :
l’administration doit fonctionner correctement car fait d’un Etat un peu la puissance.
// DAHL « Political power » : pouvoir et influence sont la même chose.
 Fin des années 80, autre définition, ni vraiment substantielle ni vraiment
relationnelle : capacité à contrôler la définition des conflits internationaux, leur émergence
sur la vie internationale. Capacité à inscrire un problème sur l’agenda politique international.
Se joue entre soi et tous les autres : entreprise collective voulue pour des débats publics
internationaux.

Apparition de la notion de « soft power » : plus ou moins le pouvoir des gentils car pas de
recours à la force. En réalité notion développée depuis 1945 par les américains : faire en sorte
que l’autre ait la même conception du monde, des rapports internationaux que vous, en faire
un autre vous-même : « La diplomatie c’est l’art de régler l’altérité ».
Les Européens sont assez « soft power » : ont un socle de valeurs et conçoivent les relations
internationales comme des relations de valeurs. Veulent étendre le leur. Soft power américain
et soft power européen pas les mêmes car pas les mêmes valeurs.
En politique internationale, le consensus est un mode d’adoption de décision courant. On
appelle consensus le fait qu’il n’y ait pas de manifestation de désaccord (donc en fait un peu
hypocrite).
Ex : pour une décision en Europe, on sait qu’un pays est contre, mais avec des concessions
pour lui, il se taira sur la décision contre laquelle il n’est pas d’accord.
Dans la vie internationale, le consensus est la règle, tout comme dans chaque traité. Et en
Europe surtout. C’est le « cadeau du silence ».
Pour faire partager son point de vue, il est important de communiquer.
Ex : importance fondamentale pour la France de sites comme www.diplomatie, on peut
savoir quel est le point de vue de la France sur telle ou telle question.

 La rationalité des acteurs


Faire de la politique internationale un pur chaos est un désastre intellectuel car c’est refuser et
nier tout, ne pas agir. Il faut donc penser à une rationalité des analyses de la politique
internationale.
 Néoréalisme : politique internationale est un processus structurel qui s’impose à l’acteur.
 Depuis 20 25 ans, on fait une place croissante au paradigme de l’acteur rationnel :
politique internationale serait le résultat du comportement rationnel des acteurs : il faut
donc restituer à chaque acteur sa rationalité.
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Ce courant est devenu central aujourd’hui. « Rational choice » : comment ces acteurs se
coordonnent en étant rationnels (ex : pour un conflit, on trouve une alternative à l’arme
nucléaire).
Ces acteurs ont-ils une rationalité ? Laquelle ?
 Tradition sociologique française expliquait les phénomènes sociologiques des individus
par une vision holiste, c'est-à-dire que les individus agissaient par groupe individuel.
 La prise en compte de la rationalité de l’autre est, dans le conflit, fondamental, c’est le
premier pas vers le compromis et la paix. Ainsi, il faut comprendre l’intelligence et la raison
de l’autre.
 Les acteurs rationnels, dans une vision réalistes, sont mus par la défense de leurs intérêts
personnels. L’individu est calculateur de son intérêt

 Leur recherche de gains absolus ou relatifs


Qu’est ce que, dans la vision réaliste, la maximalisation des intérêts ? 2 points de vue :
- souple : chaque Etat essaye de défendre au mieux ses intérêts, c’est chacun pour soi
- absolue : ce que j’acquiers c’est au dépens des autres.
Dans une vision réaliste, les Etats ne sont pas à la recherche que d’intérêts matériels, mais
aussi d’intérêts relatifs (les acteurs cherchent les biens absolus pour eux : faire en sorte que la
position des autres soit a même, qu’ils ne gagnent rien, voire qu’ils perdent un peu).
Guerre relative : vision plus rationnelle : recherche effrénée de gains absolus ET rationnels.
La politique étrangère est souvent assimilée à une politique publique particulière : faire en
sorte que quelque chose marche avec les autres.

Dans le monde réel, toute une série de phénomènes paraissent dans la lignée des idées
réalistes. Tous les diplomates son ancrés dans le réalisme de telle sorte qu’ils ne pensent plus
que comme raisonnement réaliste et les actes et phénomènes internationaux deviennent alors
réalistes.

Bibliographie :
Raymond ARON, Paix et guerre entre les nations, Paris : Callman-Lévy, toutes éditions, (Introduction
et chapitre premier)

II) LA STRATÉGIE OU L’ART RATIONNEL DE LA GUERRE


 Définitions de la stratégie
Aujourd’hui, tout acte raisonné ou réfléchi est défini comme stratégie : affaiblissement du
domaine de l’art de la guerre. La théorie des jeux a vulgarisé le mot de stratégie.
Au sens strict, stratégie : art de la guerre. Réflexion sur la guerre pour mener la guerre.
Depuis, évolution de la définition, stratégie : art raisonné et réfléchi de faire concourir les
forces à l’organisation d’un but politique.

 Clausewitz, fondateur de la stratégie moderne


CLAUSEWITZ (1820-1880) : guerre : moment éminemment politique et de raison politique.
Il est témoin de guerres napoléoniennes : constat de l’émergence d’une armée et d’une guerre
nouvelle. (Armée napoléonienne : armée de masse, de citoyens qui sont mort pour leur nation,
pour un modique solde ; armée organisée, avec une logistique organisée pour l’époque).
Chez CLAUSEWITZ, 4 thèmes :
2 thèmes mineurs mais qui deviendront assez importants :
- la guerre populaire
- supériorité de la défensive sur l’offensive
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2 thèmes plus reconnus :


- spécificité et autonomie de la guerre moderne
- tendance de la guerre moderne à se développer selon le modèle de l’affrontement de
violence extrême

 Spécificité et autonomie de la guerre moderne


Armée française révolutionnaire : de masse, de citoyens. Armée de citoyens veut dire armée
politique : « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Clausewitz.
Pour CLAUSEWITZ, idée que la guerre est un raisonnement important et élevé de la
réflexion de l’activité politique ou humaine. Selon lui, la guerre est « de la raison pure ».
Guerre : moment décisif de la raison politique. Selon lui, théoriser sur la guerre, ce n’est
pas juste théoriser sur la stratégie, c’est aussi théoriser sur la raison politique, aux fins de
l’Etat.
Affirmation du caractère nouveau de la guerre moderne, sans précédent, avec stratégie. Avec
armées de masse : phénomène de globalisation.

 Tendance de la guerre à se développer en 2 violences extrêmes


Montée aux extrêmes. Notion d’escalade.
Notion de guerre totale. Chacun des acteurs met le maximum de force.
Dissymétrie absolue entre la position du vainqueur et du vaincu.
Guerre de type duel, qui tranche un conflit.
Statut de la défaite chez Clausewitz : défaite absolue et irrémédiable.
Bataille décisive : l’un est ruiné, l’autre est riche. Guerre : formidable machine à produire du
neuf et à détruire l’ancien.
ARON, dans Clausewitz, Penser la Guerre, explique qu’il ne faut pas se limiter à ce schéma.
Il y a une tendance à ça mais ce n’est pas systématique.
Au XXè siècle, il y a beaucoup d’exemples maintenant où il n’y a pas vraiment de vainqueur
et de vaincu.

 Thématique de la guerre populaire.


Ex : Guerre d’Espagne ou fin de la Guerre de Russie.
Guerre des partisans : même si on est inférieurs militairement, on lutte quand même.
Ex : Che Guevara et ses partisans se sont appelés issus de Clausewitz

 Supériorité de l’offensive
Idée avant que la guerre militaire passe par l’offensive. La défensive était dévalorisée
car c’est reculer.
En fait, la défensive, c’est un détour intelligent : c’est la guerre préventive.
Guerre préventive : ni offensive, ni défensive.
Stratégie défensive pour Clausewitz est intelligente car elle permet de reporter à plus tard le
choix de l’offensive, au moment voulu et à l’endroit voulu.
 La guerre est un outil instrumentalisé par la raison politique.

Logique d’ensemble :
La guerre a des buts de guerre. Clausewitz montre que ses buts sont et doivent être
subordonnés aux fins politiques.
Clausewitz est vraiment le premier à dégager la relation entre le militaire et le politique. Il y
a une prévalence du politique sur le militaire. C’est le politique qui établit les buts de guerre
et le militaire exécute.
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 L’héritage prodigieux de Clausewitz


Clausewitz a eu beaucoup d’influence dans les débats intellectuels et politiques. Dans la haute
hiérarchie militaire (ex ; Foch…), Clausewitz est une référence. Mais il a été peu traduit et
tardivement.

Clausewitz a été lu par Lénine qui a été complètement fasciné, car il y voit une pensée des
rapports entre Etats, comme rapports conflictuels.
Pensée de Clausewitz comble pour Lénine les lacunes de la pensée marxiste sur les relations
internationales.
Tout un travail de Lénine de structure entre Marx et Clausewitz : important car aura une
incidence sur tous les pays qui vont être touchés par le communisme. Jusqu’à Che Guevara on
peut appliquer la réflexion de Clausewitz.

Est-ce que la pensée de Clausewitz est toujours pertinente avec l’apparition de l’arme
nucléaire et de nouveaux types de guerre ?
 Arme nucléaire : on ne souhaite plus de bataille décisive.
Guerre froide : « escalade » de l’affrontement nucléaire.
Toute la dimension de subordination du militaire au politique est accentuée : tout le pouvoir
de décision quant à l’action militaire est dans les mains de l’exécutif.
L’arme est plus à la disposition du politique que du militaire (on sait que les militaires
n’étaient pas favorables à l’arme nucléaire : idée d’une arme dont il ne faut pas se servir ? Car
sa finalité est de ne pas s’en servir. Ce ne sont pas les militaires qui l’ont souhaitée. En
France, c’est le CEA qui a décidé de se doter de l’arme nucléaire).
L’arme nucléaire est donc une escalade sans bataille décisive. Son apparition a modifié les
choses mais n’a pas remis en cause la pensée de Clausewitz.
 Apparition de nouvelles formes de guerre : Martin VAN CREVELD, La
transformation de la guerre. Théorie selon laquelle Clausewitz est totalement obsolète. Les
causes de guerre de sa théorie ont disparu. La guerre actuelle n’a plus rien à voir avec la
guerre moderne de Clausewitz. Aujourd’hui il y a peu de victimes militaires et beaucoup plus
de victimes civiles.
En fait aujourd’hui on est plus dans des guerres pré modernes que modernes.
Ex : Guerre du Darfour
Comment parler de raisons politiques alors qu’il n’y a pas vraiment d’incarnation stable du
politique ?

 Dissuasion et stratégie du conflit à l’âge nucléaire selon Thomas C.


SCHELLING.
Schelling : prix Nobel d’économie.
Dissuasion comme forme politique, comme manière de décider soi même et de faire
décider l’autre.
Première période où les USA sont les seuls à disposer de l’arme nucléaire. Sont alors
tranquilles.
Idée : moins il y a de détenteurs de l’arme nucléaire, moins il y a le risque d’une guerre
nucléaire.
A ce moment, on ne voit pas vraiment l’usage qu’on peut faire de cette détention. Utilisation
de 45 n’était absolument pas concertée.
Rapidement les soviétiques se dotent de l’arme nucléaire (années 50). Mais ils ne sont pas
vraiment une menace jusqu’aux années 60, où les soviétiques se dotent des moyens de
délivrer leurs bombes jusqu’aux USA.
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Années 50 : la supériorité des américains est remise en cause et s’installe un équilibre de la


terreur.
 Va amener les américains à réfléchir sur la notion de DISSUASION.
Années 60, Schelling, Stratégie du conflit : ouvrage fondamental pour qui veut réfléchir sur la
dissuasion en général et sur la dissuasion nucléaire en particulier.
Force de Schelling : prend beaucoup de distance avec la théorie. Utilise une multitude
d’exemples pour faire passer ses idées.
Situations ni de pur conflit, ni de pure coopération.
- Persuasion : persuader l’adversaire d’accomplir notre volonté. L’adversaire finit par faire ce
que l’on veut.
- Dissuasion : barrer la route au partenaire adversaire. Ce n’est pas seulement militaire, c’est
surtout politique.

 Les jeux mixtes


Schelling dit que la plupart des situations internationales ne sont ni pur conflit, ni pure
coopération. Schelling parle de « jeux mixtes ».
- Pur conflit : corrélation parfaite entre le gain et la perte (= 0)
- Pure coopération : acteurs voient leurs gains corrélés d’une manière positive. CE que l’un
gagne, l’autre le gagne aussi.

 La théorie des jeux


Infime partie des mathématiques. Nées entre les casinos des villes d’eaux de la France du fin
XIXè et les cabinets mathématiques du XXè siècle.
 D’où vient que les jeux aient une solution ?
Réflexion sur les séquences d’action alternées entre 2 ou plusieurs joueurs (forme
complexifiée du jeu à 2).
Processus qui font qu’à la fin, il y a un vainqueur et un vaincu, ou égalité.
Un joueur est un centre de décision absolue. Les 2 joueurs entrent en interaction. Théorie des
jeux s’emploie à penser les relations qui se nouent entre les 2 joueurs.
Ex : qu’est ce que l’autre fera si je fais ca ? Et qu’est ce qu’il pense de ce que je pense de ce
que je…..

Interaction qui amène chacun à se focaliser sur l’autre. Sorte d’obsession qui amène à
lier son destin à celui de l’autre, le but étant d’être le plus prévisionnel possible.
C’est un travail de formalisation des échanges rationnels entre centres de décisions
autonomes.
Quelles sont les conditions d’une solution ?
La dissuasion est une solution. (Réflexion de Schelling s’inscrit dans le contexte de
l’affrontement USA / URSS.)

 Menace et négociation tacite ; Interaction et décision interdépendante

Point de départ de Schelling : la stratégie n’est pas l‘exercice de la force mais l’utilisation
potentielle de la force.
Stratégie de l’arme nucléaire : utiliser la force pour ne pas l’utiliser.

Dissuasion : interaction entre les 2 acteurs qui se persuadent de ne pas recourir à la force.
Théorie de non emploi aussi judicieux que possible de la force.
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Dans la vie politique internationale réelle, on a une imbrication de situations conflictuelles


différentes : ni pur conflit, ni pure coopération (même si en apparence, le conflit l’emporte).
Objet même de la dissuasion : montrer à notre adversaire que notre décision sera totalement
liée à la sienne.
 La dissuasion est une décision interdépendante
Pour Schelling, menacer et négocier sont comme les 2 revers d’une médaille, ils sont
équivalents. Idée que l’on retrouve chez ARON, de « guerre improbable, paix impossible ».
Il y a donc des crises internationales diplomatico-stratégiques.

 Les ressorts de la dissuasion


Jeu de dissuasion ?
On cherche un maximum à avoir les mains libres, à choisir des solutions qui laissent des
issues.
Mais pour Schelling, dissuader c’est se lier les mains car en se liant les mains on lie celles
de l’adversaire. C’est une succession de menaces.
La menace doit être réelle, crédible, assortie d’une prise d’engagement. En matière nucléaire,
il faut disposer de l’arme nucléaire et pouvoir la délivrer. Il faut avoir les moyens pour passer
à l’acte.
Menacer c se lier les mains et lier celles de l’autre : les protagonistes forment les chaines
qui vont rendre leurs décisions et leurs sorts interdépendants. Jeu de la dissuasion
construit cette interdépendance.
Guerre froide : avoir suffisamment d’armes nucléaires pour pouvoir attaquer en surprise, pour
pouvoir frapper en premier.
Les partenaires adversaires, dans l’affrontement, communiquent, que ce soit implicitement ou
non.
Est-ce qu’il vaut mieux communiquer explicitement ou non ?
L‘ignorance de l’autre peut avoir des conséquences très importantes. Peut éviter d’agir. Mais
quand on parle, on ne se comprend pas toujours, donc n’a pas forcément un effet positif.
« L’efficacité de la dissuasion ne dépend pas du fait que celui qui menace aurait plus à la
souffrir que celui qui est menacé » : si le faible est prêt à l’attaque, le grand va se poser la
question. Le petit peut devenir menaçant.
« Plus le nombre de missiles dont dispose chacun des adversaires sera élevé, plus l’équilibre
sera stable ».
C’est pourquoi il y a eu une course effrénée à l’armement, même si cela a plombé les
économies des pays.

La dissuasion c’est offrir en otage ses populations à l’autre.


1972 : accords SALT I, Traité AVM limite à presque rien le nombre de sites où l’on peut
déployer ses missiles. Contrôle sur le processus fou de la course à l’armement.
Si on protège les populations, les villes, etc., ca a un effet néfaste, de relance à la course à
l’armement.
Comment mieux se lier les mains qu’en offrant ses populations en otage ?
Dissuader c’et être prêt à mourir, et pour les gouvernements, c’est être prêt à laisser
mourir les populations. Vulnérabilité qui est une condition essentielle de l’équilibre.
Dissuasion : mélange étonnant de conflit et de collaboration.
Tout cela implique de supposer que l’adversaire est totalement rationnel et du moins que le
processus a une logique rationnelle si l’acteur ne l’est pas.
 Situation d’interdépendance telle qu’à la fin la solution de l’affrontement n’est plus
une solution.
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 La dissuasion du faible au fort


Sens commun : le petit ne peut pas menacer le fort. Clausewitz va démontrer le contraire.
Ex : années 70, POIRIER, connu pour son développement de l’idée de dissuasion du faible
au fort : repose sur la détermination du faible à passer à l’acte. Crédibilité de son
engagement.
Le faible a des motivations d’une autre nature.
A l’époque cela n’allait pas de soi.

Bibliographie :
R. ARON, Penser la guerre, Clausewitz, Paris : Gallimard, 1976 (tome II, chap. V et VI)
Martin van CREVELD, La transformation de la guerre, Paris : Ed. Du Rocher, 1998 (ch. 1, 2 et 3)
T.C. SCHELLING, Stratégie du conflit, Paris : PUF, 1986 (1è partie et 2è partie)
Lucien POIRIER, Des stratégies nucléaires, Bruxelles : Ed. Complexe, 1988 (ch. X, XI et XV)

III) LA GUERRE COMME PHÉNOMÈNE POLITIQUE EMPIRIQUE


 Les différentes approches visant à analyser ou récuser le phénomène
Milieu intellectuel des sciences sociales n’aime pas trop parler de la guerre. En France, le
premier cours est donné par ARON, hors des établissements universitaires.
Hors Europe, on pense que la guerre est un phénomène social comme un autre qui doit être
étudié pour ses conséquences lourdes en politique.
On étudie la guerre pour l’encadrer et la limiter.
Comment a-t-on approché le phénomène de guerre ?
 Main stream : désavouer la guerre (mais on l’étudie quand même)
3 courants :
- « war studies » : étude de la guerre comme une chose. Londres
- « conflict resolution » : Grand domaine. But premier est de résoudre et empêcher les conflits
- « peace research » : Europe du Nord, années 70/80. Repense toutes les RI en excluant la
guerre, en se basant sur la paix. Idée que si on rejette la guerre dans la pensée, celle-ci n’aura
plus lieu d’être.

 Les études sur la guerre ou « war studies » (l’exemple de J. David


SINGER)
Il y a une énorme littérature là-dessus. Peu visible ne France. Monde anglo-saxon accepte
mieux la guerre comme phénomène au centre des RI.

 Cf Sécurité humaine (dossier internet) : notion canadienne, japonaise. Les guerres sont en
diminution, mais aujourd’hui, comment compter les guerres. Les indicateurs sont + ou –
satisfaisants.
Il y aurait également moins de mort, mais même problème, comment les compter ?
1991-1992 : + ou – phénomène de fin de conflit car fin de la G froide. Mais c’est à ce
moment que l’on voit de nombreux massacres.

En RI, idée de mettre les choses en équation peut rassurer. RICHARDSON établit toute une
courbe mathématique sur la course aux armements, puis une formule.
Construction de modèles pour « dupliquer » la réalité en RI.
 Modélisation et formalisation des Relations internationales
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Au sein des « war studies » : J. David SINGER


Il étudie le « corrélat de la guerre » en constituant une immense base de données sur les
conflits de 1815 à nos jours.
Idée : rechercher des régularités statistiques pour trouver des « lois » de la guerre qui
seraient logiques et non plus seulement statistiques.
Résultat assez limité.
CLAUSEWITZ : « La guerre est un caméléon » : grande variété.
Ex de résultats :
- la guerre se fait souvent entre partenaires de puissance équivalente
- au XIXè, les alliances limitent les conflits, au XXè : retournement, les alliances
multiplient les conflits
 Résultat final est problématique : il n’y a pas de norme de la guerre.

 La prévention et la résolution des conflits (l’exemple de Bruce RUSSETT)


Grande Bretagne et Allemagne.
Ceux qui l’étudient se voient confiée la mission de protéger le monde.
« Conflict resolution » : immense littérature et même une revue : « Journal of the conflict
resolution »
RUSSET, sur la paix démocratique
Débat : Est-il vrai que les démocraties ne se font pas la guerre entre elles ?
Ce débat est bien sur antérieur à la deuxième guerre d’Irak.
Constat : les démocraties ne se font presque pas la guerre entre elles. Et on n’arrive pas
à démontrer le contraire.
Alors, que doit-on tirer de la démocratie ? Le contrôle des citoyens est un facteur pacifiste. Si
le peuple a son mot à dire, on évite la guerre.
Idée qu’entre démocraties, par les sommes de valeurs, on peut éviter le conflit. Et ceci
divise le mode en deux : le monde démocratique et les autres.
 Voir le poids de ces théories scientifiques dans la stratégie de Bush en Irak.

La « Paix démocratique » : idée que la forme de régime a des conséquences directes sur les
RI.
Ex : Monocratie : guerre. Individus sont des freins à la guerre.

Question aujourd’hui : qu’est ce qu’une démocratie ? Qui définit tel pays comme tel ? Dans
le futur, y aura-t-il moins de guerre car de plus en plus de démocratie ? Y aura-t-il une
guerre générale entre la démocratie et le monde non démocratique ?

 La « Peace research » (l’exemple de John GALTUNG)


Presque inexistant en France. C’est un idéal type.
Cherche la paix en ignorant le conflit.
Johan GALTUNG (norvégien).
Idée : le monde réel est un monde de résolution impérialiste qui fait des victimes
 Domination réaliste.
Les individus ne peuvent réaliser leur virtualité. Il veut donc établir un monde où tous les
désirs seraient satisfaits.
Tout le monde est victime, il n’y a pas d’adversaires, c’est le système qui est coupable.
Grand succès en Norvège.
« Peace research » : volonté dans les pays d’Europe du Nord de se détacher du conflit
permanent Est / Ouest pendant la guerre froide.
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A été ouvert un grand débat Nord / Sud avec les pays africains : bouffée d’oxygène.
Pas un courant américain, mais ce discours a beaucoup plu aux populations qui rêvaient d’un
autre monde, hors guerre froide.
Aujourd’hui la « Peace Research » est moins active.

Bibliographie :
Manus I. MIDLARSKY, Handbook of war studies, University of Michigan Press, 1993
Bruce RUSSETT, Grasping the democratic peace, Princeton University Press, 1993 (ch. 1 et 2)

Deuxième partie :
PAIX ET ORDRE INTERNATIONAL

I) LES DÉFINITIONS DE LA PAIX


 Le concept réaliste et minimal de la « non guerre »
Aujourd’hui, la plupart des définitions sont minimales :
Réaliste : la paix, c’est la non guerre. Revient à faire de la guerre une situation quasi normale.

 Les conceptions positives et normatives des idéalistes


Vouloir donner une définition non négative de la paix est déjà une vision idéaliste.
Conception positive de la paix.
Mais aussi normative car elle demeure à construire.

 Le souci d’atermoyer la guerre de H. GROTIUS à J.J. ROUSSEAU et


d’E. KANT à W. WILSON
Droit international public (ex : GROTIUS) est un droit qui a limité la guerre, qui a protégé
les personnes et qui a voulu encadrer la guerre (droit de faire ou de ne pas faire la guerre).
Ce droit reste majoritairement le droit des Etats, mais les individus y ont une place (au
XVIIIè, que les Etats)

Discours idéaliste selon ROUSSEAU : « il n’y a point de guerre entre les hommes, il n’y en
a qu’entre les Etats. ». Pour réalistes, ce sont les hommes qui sont responsables des conflits.
Pour ROUSSEAU, la guerre est de manière ontologique du domaine de l’Etat.
Au fond de tout idéalisme, il y a une critique de l’Etat. L’homme est bon, c’est l’Etat qui est
mauvais. Forme politique inappropriée et dangereuse car produit de la guerre.

WILSON a lui un regard négatif. C’est un parlementariste qui croit en un Etat fauteur de
bien. Etat : belle gène.

 La paix par la religion ou par le marché et l’opinion ou par le droit


La pensée réaliste ne se réduit pas à cela. C’est une palette idéologique.
« Libéraux » aux USA est depuis les années 50 une expression qui remplace le terme
« idéalistes ». Pourquoi ? Parce que la paix est une forme d’ordre : la régulation. Produite par
une série de moyens.

Paix par la religion : beaucoup y croient. Idée catholique est qu’il faut construire un ordre
universel. Aujourd’hui cette idée se retrouve chez les conservateurs.
12

Aujourd’hui, l’Islam est divisé. Le catholicisme est relativement uni donc plus apte à
construire cet ordre.
Mais en ce début de XXIè siècle, peu de gens accordent encore de l’importance à la religion,
même si l’Eglise reste un facteur de paix.
 Par le marché. Libéralisme politique et idéologique du XIXè est très influent.
Dès XIXè : guerre vue comme une « passion d’intérêts » : calcul rationnel de son intérêt.
Dans cette recherche d’intérêts individuels, on cherche aussi l’harmonie par le marché.
Aujourd’hui les libéraux pensent que le marché régularise l’ordre international.

Idéalistes croient aux idéaux et aux idées : rationalisme. Idéalistes sont donc plus souvent
rationalistes que les réalistes. Pour eux, la guerre est une pathologie.
Ex : Hiver 2002/2003, les américains n’écoutent plus rien. Les européens voyaient l’attaque
en Irak comme une folie. Politique étrangère déjantée est dangereuse car les USA sont une
grande puissance.

Le Marché : important comme forme sociale, économique et politique de régulation des


rapports sociaux. Peut aussi être le marché des idées.
C’est un espace où les individus maximisent leurs intérêts égoïstes mais qui profite au reste.
Débat : dans quelle mesure le commerce international est il un facteur de paix ? Affrontement
de ceux qui veulent laisser les pays du Sud dans leur situation difficile et ceux qui les
poussent à avancer.

Paix par l’opinion : l’opinion est bonne pour l’harmonie, la paix.


Entre 2 guerres dominée par les idéalistes.
XXè : siècle de mobilisation de masse : la participation des individus à la mobilisation
nationale, à la guerre aussi
Mais, en Allemagne, opinion favorable pour les partis nationalistes. Il est donc dangereux
d’associer opinion politique et politique étrangère.
Cf. ROUSSEAU : ne pas associer le peuple à la politique extérieure.
Position ambiguë face à la démocratie, au peuple : diminution des compétences.
Cf. TOCQUEVILLE : en démocratie, les individus veulent juger ou trancher des raisons en
dehors avec des raisons du dedans.
Mais tradition idéaliste demeure : la démocratisation de la politique extérieure apparaît
comme un facteur de paix.
Ainsi, diffusion des idées des politistes entraîne une régulation.
Développement récent des ONG : au nom d’opinions qui s’expriment dans le monde
aujourd’hui : ce mouvement là est totalement pris dans le cocon intellectuel de régulation
démocratique.

Importance du droit international.


Outil de construction d’un ordre international meilleur.
Idée que le droit est construit par et pour la paix.
Pur un juriste, le désarmement doit être total pour la paix. Idée que le droit doit être un
élément fondamental pour la paix et pour al construction de l’ordre mondial.
A l’époque des Lumières, relations internationales sont régies par historiens et juristes. Mais
c’est un droit qui n’a pas de sanction, ne sert à rien.
Aujourd’hui, on peut faire une carrière de RI sans faire de droit : dissociation droit / RI
Aujourd’hui, on présente les juristes comme dépassés par les événements.
Pas de sanction en droit international public : nombreux traités sont violés, utilisés, ou pas
signés par USA, Chine ou Russie
13

Cf. traité de non discrimination des femmes.


Le droit n’intervient plus nécessairement.
Idée : le droit est technique, n’est plus la référence. Des générations antérieures ont cru que le
droit serait l’outil fondamental pour la paix.
A l’avenir, le droit international sera surement plus compliqué car la communauté
internationale plus diverse donc : intérêts divergents.

 La marginalisation relative des approches normatives depuis le triomphe


du « behavioralisme » en science politique au milieu du vingtième siècle
Pour idéalistes ; la situation est grave, mais peut s’améliorer.
Au XXè, avec développement des RI, les idéalistes se son retrouvés en difficulté.
Apparaît le « behaviouralisme ». Dans le milieu restreint des intellectuels, dans les années
1930, à Chicago.
Une entreprise se développe : constituer les sciences sociales et les sciences politiques comme
ne science dure.  Entreprise de rationalisation
L’école de Chicago va inventer le concept d’études sur le terrain : plus ou moins laboratoire.
Stade littéraire des sciences politiques à un stade contribuant à la mise en place d’un plein
exercice. « Scientification » des sciences politiques.
Effort de précision conceptuelle pour un modèle : ce seront les libéralistes qui vont emprunter
cela.

Libéralisme : recherche de la rigueur conceptuelle (moins de rhétorique, plus de


précision). Approche expérimentaliste
Pour les réalistes, le plus important est l’objet à connaître : critère de vérité
Pour les idéalistes, le plus important est le sujet connaissant
 Réalité empirique : la vérité est plus importante que l’idée. Le libéralisme est un
empirisme. Va décider de constituer une grande base de données face à l’outil statistique.
Libéralisme : recherche de rigueur, valorisation de ce qui est véritable, prouvé (car peut être
mesuré). On recherche systématiquement les lois statistiques : le libéralisme c’est vouloir être
savant. Ce qui est vérifiable, c’est ce qui se voit, ce qui est objectivé.
 Pas de science behaviouriste sans outil statistique.
Ex : comportement électoral : comment les gens votent ? Science est convoquée pour le
décompte des voix. Donner une priorité à ce qui se voit.
En somme, en politique internationale, c’est compter les morts, les mégatonnes de têtes
nucléaires, etc.…

Problème avec les valeurs : ne sont pas objectifs, donc les libéralistes ne s’y intéressent pas.
Libéralisme : refus de toute approche normative. Le libéralisme a rompu les ponts avec la
philosophie (refus des approches inspirées par la philo, l’histoire…)
Par définition, les normes sont renvoyées aux valeurs. Les idéalistes parlent donc de valeurs :
pour eux les hommes sont mus par des valeurs (équité, bienveillance…) : caractéristiques qui
vont rendre possible un espace de sociabilité.

Dans les années 30, abondance des références juridiques, morales dans les discours politiques.
A beaucoup changé aujourd’hui, sauf aux USA.
 Behaviouralisme // réalisme
Pour les réalistes, une grande puissance se doit d’être détestée : c’est la rançon de la
puissance. La puissance génère la défiance, la haine, l’envie et surtout la méfiance.
14

 La relève des idéaux par les idées (« ideas matter », le constructivisme) et


par la rationalité
Les idéalistes prônent les idéaux et de plus en plus les idées de nos jours. Se sont retranchés
sur un courant minimaliste.
Les « néolibéraux » : les idées comptent (Ideas matter) : les idées qui contiennent un caractère
idéal peuvent compter.
Constructivisme en RI : le constructivisme est le postulat selon lequel le monde est
construit, conçut par ses acteurs. Les phénomènes sociaux n’existent pas en dehors de nous,
mais sont produits par nos « têtes ».
Réel : production produite par les réalisateurs, les acteurs eux-mêmes.
Idées en acte : en fait, les institutions ne sont que l’émanation d’idées.
 Constructivisme : interaction des facteurs et acteurs sociaux pour la production
d’institutions.

L’idéalisme c’est aussi la valorisation de ce qui renvoie à la raison, plutôt qu’à la déraison.
On valorise les idées, donc la raison.
Paradigme d’acteurs rationnels se marie très bien avec les libéraux.
Théorie des jeux : calcul permanent de leur avantage.
Pour rendre raison des phénomènes, obligation à avoir un point de vue rationnel car sinon on
ne peut rien expliquer.
Ainsi, le hasard serait une multiplicité de causes sans raisons.

Bibliographie :
Charles ZORGBIBE, Wilson, Paris, Presses de Sciences po, 1998 (ch. 29, p. 301 à 320)
Pierre HASSNER, « La guerre et la paix » in La violence et la paix : de la bombe atomique eu
nettoyage ethnique, Paris : Ed. du Seuil, 2000

II) L’ORDRE INTERNATIONAL


Dans quelle mesure dans le système international y-a-t-il un principe d’organisation ? Rend la
chose intelligible.
Les réalistes bien souvent sont pour la force, s’intéressent à l’ordre établi.
Les idéalistes sont plus pour l’ordre à construire.

3 types de conceptions de l’ordre international :


- ordre fondé sur les caractéristiques de l’Etat : produit par les Etats et les rapports
interétatiques
- ordre fondé sur des facteurs internationaux spécifiques
- réalités globales, pas gérées par les Etats

 Les conceptions ou théories de l’ordre empirique


 L’ORDRE INTERÉTATIQUE RÉALISTE QUI TROUVE SA SOURCE DIRECTE
DANS LES CARACTÉRISTIQUES ET LES COMPORTEMENTS DES ETATS
Réalistes : ordre réaliste est un ordre limité, camouflage de choses : pour eux le système est
anarchique mais il y a quand même de l’ordre.
3 petites conceptions de l’ordre international chez les réalistes :
 L’ORDRE DES PUISSANCES :
KISSINGER, Théorie des puissances.
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La puissance crée des devoirs et des droits : ce sont les puissances qui maintiennent l’ordre
pour les moins puissants (car pas de police supérieure au niveau international)
Cf. Problème de l’Irak et intervention des Etats-Unis.
 L’ORDRE DES ÉQUILIBRES DES PUISSANCES :
MORGENTHAU.
Monde d’entités qui se jugent comparables. Monde fasciné par la force. Politique de
manifestation du souverain. Jeu de quête de puissance : par la main invisible, un équilibre de
puissance naît
Au XXè siècle : souci d’équilibrer par des alliances
Ceux qui se font la guerre sont souvent en situation d’équilibre ou presque.
Au XXè siècle, l’équilibre des puissances a été longtemps et beaucoup étudié.
Chez MORGENTHAU, l’équilibre des puissances est un principe d’organisation général.
Ensembles complexes formées de nombreuses unités, ces unités cherchent à conserver leur
liberté, en recherchant systématiquement leur équilibre.
Ex : si l’un est trop fort on va se coaliser contre lui. Si l’un est trop faible, on va le renforcer
Cf. Guerre froide, 2 puissances : 2 camps qui devaient s’équilibrer.
Le neutre est un acteur intéressant : tirer partie maximale de l’équilibre des puissances. Lutte
implicite.
Même si on ne veut pas créer ce genre d’équilibre de puissances, les acteurs sont fatalement
amenés à le créer. Cf. Schelling
Logique diplomatique classique : culture du flou, incertitude : laisse grand champs de
possibilité. La négociation suppose qu’on a peu de marge de manœuvre. On ne dit pas
d’emblée à son adversaire jusqu’où on peut aller.
Jeu de la négociation : arriver à un consensus sans avoir à faire trop de concessions.
Valorisation de l’autonomie d’action.
Cf. pendant guerre froide, ralliement obligé et liberté très faible des pays : servitude dans le
camp soviétique.
Chez Morgenthau, les petites puissances ou moyennes tirent plus partie, ont le bénéfice
maximal car peuvent changer de positions.
Peu d’amour porté aux grandes puissances : puissance extrême entraine rejet et regroupement
dans le rejet des autres.
Cf. isolement des USA à l’UNESCO lors du vote sur la Convention de la diversité culturelle.
 LA DISSUASION :
Menacer l’autre pour le mettre en situation de dépendance et entamer négociations
classiques : pour maintenir un certain équilibre.
Historiquement preuves que ça a marché. Conséquences politiques mais aussi pratiques.
Armement : un grand nombre d’armes ont été crées sans être utilisées ou même déployées.
Avoir des armes confère de la puissance.
Illogique : augmentation du nombre d’armes conduit aux plus grandes guerres (toute
période qui précède une guerre s’accompagne d’une accumulation d’armes). Mais plus
il y a d’armes, plus la dissuasion est effective.
Dissuasion peut passer par des moyens qui ne sont même pas militaires.
Cf. sanction économique. Beaucoup de questionnements sur l’efficacité de ces sanctions.
Mais on cite souvent l’Afrique du Sud et l’URSS comme réussite de ces sanctions.
Menace : façon de maintenir l’ordre. En diplomatie c’est un outil constant.
Dissuader : prévenir un comportement violent chez l’autre.
Cf. guerre du Golfe : on a voulu dissuader Saddam d’occuper le Koweït bien trop tard :
l’occupait déjà. On lui demande de se soumettre à la volonté de l’Onu : ultimatum posé en
90.
16

 L’ORDRE INTERNATIONAL SPÉCIFIQUE QUI S’IMPOSE AUX ETATS


 LE SYSTÈME INTERNATIONAL STRUCTURÉ DU NÉO RÉALISME
Pas tout à fait un réalisme mais s’en inspire.
Fondateur : K. WALTZ. 1979 : Theory of international politics.
Point de départ d’une nouvelle approche « structurale » ou « structuraliste ». Le système
international est structuré et cette structure permet d’expliquer les rapports
internationaux. Cette structure s’impose aux Etats et n’est pas produite par eux
WALTZ en 1959 se pose la question d’où viennent les guerres. De l’homme (réalistes), de
l’Etat (idéalistes) ou des RI ? Sa réponse : un peu des 3
Articles qu’il écrit : prolifération nucléaire n’est pas une mauvaise chose (va à l’encontre de
l’opinion générale //JFK). Système quadripolaire est plus stable qu’un système bipolaire. Si
un pôle s’effondre il en reste toujours plus qu’un seul (Cf. après chute de l’URSS reste qu’un
seul acteur sans adversaire).
Quand l’URSS s’effondre, WALTZ s’interroge sur cette fin. Développe l’idée que d’autres
puissances vont émerger : Japon, Europe (centrée autour de l’Allemagne).
Face à ce postulat, beaucoup restent sceptiques, mais WALTZ répond qu’il teste sa théorie de
RI et que si cela réussit il aura pris un grand risque et s’il a raison cela lui donnera une grande
légitimité.
Inspiration structuraliste. La structure du système international explique le comportement
des acteurs. C’est le système qui fait la loi et non les Etats
En 79, à la fin d’une dure décennie pour les USA (Vietnam, Nixon, otages en Iran…),
WALTZ offre une forme d’explication : les Etats ne font pas ce qu’ils veulent, même le plus
puissant.
Les phénomènes ne sont pas les pures et simples conséquences des actions des acteurs.
Système international : on ne fait pas ce qu’on veut dans le monde de Waltz.
La question est de savoir ce que le système international fait aux Etats.
Objectif : série d’obstacles. Rend les acteurs hétérogènes.

ARON dit le contraire : les Etats ont plus d’influence sur le système. Pour lui, les actions sont
des volontés et des intelligences. Le système international est un produit du comportement et
des actions des Etats.

Structuralisme : anti idéalisme et anti historicisme. Choses indépendantes des hommes.


Anti humanisme explicite : en pas faire de l’homme l’artisan du monde, il en est un
locataire.
Idée que les structures existent en dehors des acteurs.
Mais pour Waltz, les structures n’existent pas en dehors des acteurs. Sa structure est un sous
produit de leur comportement. C’est l’écho d’interactions de tous les Etats entre eux jour
après jour : ils tissent els liens de ce système en exerçant librement, tous ensembles, leurs
rapports Une fois forgée, cette structure s’impose à eux.
En politique internationale, le succès n’est jamais garanti : négociations, guerres, traités… Il
faut composer avec les autres. C’est la différence fondamentale entre politique interne et
internationale : en politique interne, quand on a un projet, il finit généralement par aboutir.
Même quand on est d’accord en politique internationale on ne fait que signer un traité, qu’il
faut ensuite ratifier, il y a des délais.
C’est un monde ou personne ne contrôle vraiment les choses.

Ordre produit par les structures : avant de mener une politique les Etats doivent se
demander quels sont les effets possibles ou probables de cette structure. Celui qui
méconnait els structures va à l’échec.
17

Ex : Vietnam. Erreur commise sur ce qu’était la structure internationale à l’époque.


Politique de Kissinger : neutralité des soviétiques et chinois qui sont plutôt favorables au
Vietnam du Nord. Naïf d’imaginer qu’ils vont aider les USA pour obtenir une paix
américaine avec Vietnam. On se donne un but et on fonce sans prendre en compte les facteurs
qui pourraient constituer un problème.
Incite à ne jamais divise les problèmes. Tous les petits problèmes appartiennent à un problème
global. On ne peut pas analyser les problèmes en morceaux.
Structuralisme interdit toute approche analytique. Les choses se
donnent à comprendre dans l’ensemble, on ne peut pas isoler les
problèmes.
Les relations ou les composants sont ils important ? Pour les
structuralistes, ce sont les relations qui sont importantes.
Chez Waltz, la puissance est substituée par les « capabilities ». Savoir si
on est capable ou pas, si on est puissant ou pas.
La distribution des capacités fait le système international. Très loin
de la vision classique du bilan de la puissance des différents acteurs.
Capacité d’agir est principalement déterminée par le système
international.
C’est très difficile pour les gouvernés aussi bien que pour les gouvernants
de reconnaître qu’on en peut pas faire grand-chose.

L’effet n’est plus égal à la cause : on ne contrôle pas les effets de ce qu’on
fait.
Ex : en Irak, paix américaine mais les USA ont obtenu une guerre.
Hésitation à agir. La conduite passe par les Etat mais ils n’en contrôlent
pas le véhicule.

 LES ZONES D’ORDRE DES RÉGIMES INTERNATIONAUX


Notion à la mode depuis 1983. Point commun entre néoréalistes et néolibéraux.
« Régime international » : mot français à la base. Ne s’agit pas du régime des juristes
(présidentiel, parlementaire…). C’est une abstraction.

Stephen KRASSNER, International Regimes : définit les régimes internationaux comme


un ensemble de principes, de normes, de règles substantielles et de procédures autour
desquels les attentes des acteurs viennent converger dans un domaine particulier des RI.

Le régime n’est pas une institution mais une nébuleuse où il y a des institutions. Inventé pour
élargir la notion d’organisations internationales.
L’OMC est aujourd’hui une institution internationale chargée de réguler le commerce
international. Mais le régime est beaucoup plus grand : inclut les règles implicites du domaine
Avec OMC le GATT étaient un régime qui réglait les échanges internationaux. Règles,
normes, procédures. Ont eu une très grande influence.
Régime : plus qu’une institution, qu’une convention, que le droit international explicite (ce ne
sont que le pic de l’iceberg : ce qui est le plus important c ce qui ne se voit pas).
Régime international : zone d’ordre. Pulvérise la notion traditionnelle de droit. Régule en
profondeur et en douceur.
Le régime est réducteur d’incertitudes. Se conformer aux règles des organisations
internationales c’est se fondre dans le mainstream, ignorer un régime international c s’exposer
à des coûts considérables.
18

Si un compétiteur ne respecte pas une règle on peut imposer des sanctions à hauteur du
préjudice subi.
Ex : en 95, Chirac se fait élire avec un programme assez dur (reprise des essais nucléaires
alors qu’il y avait un moratoire de fait, reconnu. A l’époque, pas de traité les interdisant.
Personne ne le prenait au sérieux mais à peine élu il annonçait que les essais allaient
reprendre. Mais régime international de non recours aux essais nucléaires, réaction énorme
dans al communauté internationale. On a écourté la série d’essais mais la France en a quand
même fait. Opération qui s’est mal terminé et ça a couté cher (l’image française en a
beaucoup souffert).
Une norme a été violée. En décembre 95, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une
résolution condamnant les essais nucléaires. La France n’a pas été nommée mais tout le
monde savait de quoi il s’agissait. Plus de 100 Etats ont voté contre la France.
Les autres attendent de vous un comportement qui tourne autour de principes généraux
ou de règles explicites. Mieux vaut une règle non écrite et respectée qu’une règle écrite
officielle et violée constamment.
Le moins désavantageux : paraître conformé au régime international. Si on veut transgresser
une règle on doit le faire plus explicitement : le faire apparaître comme une transgression plus
ou moins accidentelle, occasionnelle et qui ne se refera plus.
Ex : Kyoto : protocole officiel sur réduction des gaz à effets de serre. Les USA n’ont pas
signé mais désormais même els Etats qui n’ont pas signé vont quand même être tenus par ces
règles.
Le régime finit par rattraper tous les dissidents et dans le coup, les autres ont négocié sans
vous.

 L’ORDRE NÉOLIBÉRAL PAR LA COOPÉRATION ET LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES, LA PLACE DES


PHÉNOMÈNES TRANSNATIONAUX ET LA PRÉÉMINENCE DES ACTEURS ÉTATIQUES
Les néo libéraux sont souvent des libéraux modernes. En politique internationale, être libéral
c’est croire aux normes et aux idées. Sont plus ou moins constructivistes. Mais un néo libéral
n’est pas aussi libéral qu’avant.
RI sont régulés par mécanismes de marché (producteurs, consommateurs
en compétition sur marchés). Mais un libéral croit à la démocratie. L’ordre
est mieux assuré quand chaque acteur est en interrelation avec les autres.
Les trois quarts des théoriciens du régime sont néolibéraux.
Il y a une nébuleuse de normes sur lesquelles on est plus ou
moins d’accord. Les acteurs coétablissent les institutions et des
régimes internationaux. Ce sont les agents du maintien de l’ordre
international. On a besoin des institutions qui induisent chez les
acteurs rationnels des comportements de coopération.
L’institution est elle-même un lieu de coopération.
La politique américaine aujourd’hui est incompréhensible pour les néo
libéraux. Ceux-ci pensent que la coopération internationale est
fondamentale, basée sur le respect. Les acteurs étatiques ne peuvent pas
faire ce qu’ils veulent dans la conception néo libérale. Les Etats sont
conduits à coopérer même s’ils ne veulent pas le faire.
Ex : pour aller en Irak, grand débat aux USA pour savoir s’il fallait y aller
avec ou sans l’ONU. Même les plus hostiles à l’ONU ont vu les avantages
d’y aller avec elle.
19

Compromis, institutions, régimes pour mettre de l’ordre et de la


lisibilité dans le monde. Vont créer les conditions fondamentales
de la coopération internationale.
Intériorisation par les acteurs des rapports entre acteurs. Processus qui
fait qu’on a contribué à l’ordre mais que cet ordre s’impose aussi à nous.
La création des institutions internationales et des régimes n’est pas
complètement prévue par les acteurs. Phénomènes en partie voulus et
en en partie subis.

 L’ORDRE PAR L’INTÉGRATION INTERNATIONALE


La plupart des Etats modernes ont été formées de différents éléments que l’on a fusionnés.
Relève du domaine des RI.
Exemple de modèle de cette intégration : l’Union européenne.
On est loin de l’idée de dire que si l’UE existe c’est parce qu’il y a de grands européens qu’ils
l’ont créé. Processus non clairement voulu : vision fonctionnaliste.
Augmentation des taches et compétences de l’UE selon un processus non voulu. Les hommes
sont pris par des événements qui les dépassent. Processus cumulatifs automatiquement
entrainent cette augmentation des compétences.
L’UE est une machine qui fonctionne toute seule.
Années 60 : années 80 : speed over.
La politique internationale ne se résume pas à l’action de ses constituants.

 L’ORDRE MONDIAL GLOBAL QUI ÉCHAPPE AUX ETATS


Idée : il y a un ordre mondial global mais cet ordre ne relève pas du tout des Etats.
Conceptions récentes : apparues vers la 2ème moitié du XXème siècle.
Il faut un monde où il y aient des organisations internationales et que les gens aient pris
conscience de la faiblesse des Etats (après WW2) pour que ce genre d’idées apparaissent.
Etats incapables d’assurer la sécurité des citoyens alors que c l’impératif de base de ceux-ci.

 L’ORDRE DES STRUCTURES GLOBALES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE INTERNATIONALE


Economie politique mène les RI et cette éco est menée non pas par les Etats mais par les
structures de cette économie.
Libéraux et marxistes se rejoignent dans interprétation économique de la politique. Considère
l’Etats comme une forme un peu vieillotte.

 LA VISION FONCTIONNALISTE DU COURANT TRANSNATIONALISTE, LA PRÉVALENCE DES FLUX


TRANSNATIONAUX ET DES ACTEURS « HORS SOUVERAINETÉ », LE DÉPASSEMENT ANNONCÉ DE L’ETAT
Apparues avec la WW2. Il fallait le sentiment d’un échec historique des Etats pour que les
thèses fonctionnalistes apparaissent.
MITRANY (GB) : les Etats ont échoué. Forme politique transitoire, vouée à disparaître
de par son échec. Etats sera remplacé par d’autres formes politiques.
Point de départ : les hommes en société ont des besoins qui doivent être satisfaits par le corps
politique. S’il ne réussit pas, un problème se pose. Les Etats ont échoué à fournir la base
même des besoins des hommes en société : assurer leur sécurité (cf. WW2)
Il faut des organisations internationales techniques et fonctionnelles qui répondront aux
besoins internationaux et n’auront pas un capital politiques (contrairement à la SDN par
exemple) car les Etats ne laisseront jamais une grande marge de manœuvre à une organisation
politique.
 Ce sont les besoins qui régissent le monde
Parler du besoin c’est souligner l’insatisfaction de ce besoin.
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Etat : structure dépassée. Question qui se pose depuis longtemps. Même MORGENTHAU,
très réaliste, se demande si l’Etat va toujours être la structure dominante.

Transnationalisme
ROSENAU, principal auteur de ce courant d’idées. Façon d’analyser les RI qui s’inspire du
fonctionnalisme pour annoncer le dépassement de l’Etat au profit de flux transnationaux.
 Contournement de l’Etat par acteurs transnationaux. Ordre pas très ordonné.
ROSENAU était behaviouriste. Rassemble ses idées dans Turbulence in world politics.
Importance des individus en RI. Thèse de la dévaluation historique des Etats sur la scène
internationale.
Hypothèse : depuis 3 siècles, les RI étaient caractérisée par des rapports interétatiques. Mais
passage à un autre état des RI : rôle de l’Etat décline car ces pouvoirs sont contestés du
dedans et du dehors (phénomènes et flux transnationaux prennent une grande importance).
L’Etat est obsolète.
Acteurs transnationaux sont une création des années 60. Est transnational tout ce qui est
international et qui échappe au contrôle des Etats.
ARON co-crée la notion de transnational. Il dit que les rapports de ce genre sont moins
importants que les rapports interétatiques. Deux de ses élèves, COHEN & NILES, vont dire
le contraire. Transnational est défini par une négation, flux non contrôlés par les Etats.
Dans toutes les disciplines scientifiques, les rapports internationaux continuent à être
importants malgré la guerre froide. Epoque de développement des syndicats internationaux.
Associations d’intérêts : acteurs internationaux
 Acteurs différents des Etats pouvaient interférer dans les RI.
Jeu très compliqué entre acteurs transnationaux et les Etats. Rapports de force : Etats
essaient de les contrôler et ONG essaient d’interférer dans les Etats. Ne peuvent
s’ignorer.

Flux transnationaux : échanges qui traversent les frontières et qui échappent au contrôle des
Etats. Notion assez floue, désigne des choses très différentes.
Anti étatisme fort. Voient partout des signes du dépérissement de l’Etat.
Or, le nombre d’Etat a multiplié. Ils se sont même perfectionnés dans certains pays. Ont de
plus en plus de moyens. Accroissement des activités des ambassades.
Théorie du chaos : inspirée de ROSENAU. Situation où le désordre pénètre dans l’ordre et où
l’ordre abolit parfois le désordre. Une simple dérive peut avoir des conséquences
cataclysmiques. Effets produits sont sans commune mesure avec la cause : pas de contrôle des
effets que l’on produit.
« Turbulence » : phénomène météo pas prévisible. Désordre : on peut le décrire mais pas
l’expliquer ou l’analyser.

Raisons pour lesquelles le monde est désordonné ?


B. BADIE (doit presque tout à ROSENAU) : part du rationnel limité. Entrée en situation
chaotique par une dérive des paramètres. Idée que pendant 3 siècles, les variables des RI ont
beaucoup changé mais ct resté relativement stable.
Paramètres : barrières qui régissent la vie politique mais ne sont pas directement
abordables.
Paramètre micro : les individus
Paramètre macro : les Etats
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Macro : les Etats ont de moins ne moins de prise sur ce qui se passe. Ce n’est pas le bon
niveau pour régler ni les grands ni les petits problèmes. Evolution vers une érosion de
l’importance et de l’efficacité des Etats.

Micro : pense que ce sont les individus qui peuvent expliquer échec du système. Sont de
moins en moins loyaux envers l’Etat. Se confient à d’autres autorités. Aptitude des
individus à analyser la politique internationale : n’ont pas la même ignorance que leurs
prédécesseurs. Les gouvernants ne font plus ce qu’ils veulent. L’opinion contrôle et comprend
de mieux en mieux (avec augmentation du niveau d’éducation et information plus répandue).
Le citoyen moderne est individualiste et désobéissant. Est plus susceptible d’être sensible à
des événements lointains (du à l’importance des médias).
Ces individus sont moins facilement contrôlables. Ce qu’ils pensent et sentent comptent.
Augmentation des dissidents.
Cette évolution des individus a provoqué le grand saut vers le monde transnational.
 Le monde change, les Etats dépérissent.
Idée satisfaisante pour ceux qui représentent l’opposition aux gouvernants et pour ceux qui
ont intérêt à voir l’Etat présenté sous un jour défavorable.

Mais, effet de mode aussi.


SWIFT dit que « l’annonce de la mort de l’Etat est très prématurée ».
Dans les pays à petite puissance le transnational est très populaire alors qu’aux USA environ
90% de gens disent le contraire car grand Etats.
Toutes les utopies du XIXè ont été tenantes de la thèse de la disparition de l’Etat.
Ccl° :
C’est la fin du pouvoir et de l’Etat comme puissance de domination. Pensée en consonance
avec l’individualisme moderne.
Conception propre aux pays développés. Appartient à un monde riche et développé où l’Etat
est quand même assez fort.

Bibliographie :
Michel Girard, « Les conceptions de l’ordre dans les relations internationales » in « Ordre et désordre
dans le monde », Paris : Cahiers Français, n° 263, 1993. (+ Version numérique).
Hans Morgenthau, Politics among Nations, Alfred A. Knopf, 1985, (ch. 11, 12, 13 et 14).
Kenneth Waltz, Theory of International Politics, Random House, 1979, (ch. 3 et 4).
Stephen Krasner (ed.), International Regimes, Cornell University Press, 1983, (premier texte).
Robert Keohane, After Hegemony, Princeton University Press, 1984, (ch. 4-6).
David Baldwin (ed.), Neorealism and Neoliberalism, Columbia Univ. Press, 1993, (ch. 1).
James Rosenau, Turbulence in World Politics, Princeton University Press, 1990, (ch. 9-10)

Troisième partie :
NEGOCIATION DIPLOMATIQUE ET POLITIQUE
ETRANGERE
22

I) DIPLOMATIE ET NÉGOCIATION
Diplomatie : terme un peu vieillot. En France, pas beaucoup d’ouvrages
sur le sujet
Coupure entre diplomatie et monde académique. En GB et USA, les
diplomates sont formés dans les universités avec une perspective
internationale.
ENA vue comme une école plus nationale. Créée en 1945 car mode de
recrutement des diplomates était très anti démocratique (cercle d’initiés,
très familial).
France est un cas à part. Dans les autres pays, systèmes mixtes.
Définition de la diplomatie : structures séparées entre politique intérieure
et extérieure assez tôt dans l’administration française.
A la fin de l’âge classique, ça commence à devenir une carrière.

 La diplomatie comme gestion de l’estrangement et de


l’aliénation
DER DERIAN, 1897, On diplomacy : met en évidence la diplomatie : art de
gérer l’ « estrangement » (le fait que les autres ne sont pas vous).
Mouvement par lequel on essaie de se faire comprendre dans le pays où
l’on est et de faire comprendre dans le pays d’origine les points de vue du
pays où on travaille.
C’est un travail de traduction de ce qu’on est et inversement de ce que les
autres sont, de leurs opinions.
 Travail d’intermédiation entre des membres différents.
Age classique : réticents d’avoir des diplomates permanents. Peur qu’ils
finissent par changer de camp, par trahir.
Lien entre 2 mondes qui ne se comprennent pas. Pays aussi proches que
France et Belgique sont des sociétés qui sont très différente.

 La négociation bilatérale comme marchandage discret


ou secret en face à face
Diplomatie conçue comme bilatérale pendant très longtemps.
Comprendre l’autre : se mettre à sa place. Négociation bilatérale :
« negos »
Consultation et diplomatie étaient longtemps séparées (jusqu’au début du
XIXè) alors qu’aujourd’hui sont relativement fondues.
Jeu d’échange et de compromis pour se mettre d’accords sur un point.
Négociation commerciale. Accord basé sur la confiance sans que les
autres soient consultés. Grande discrétion.

 Les stratégies de négociation, le non négociable et le linkage

 La négociation multilatérale, ses caractères (complexité, publicité, opacité et imprévisibilité)


et ses règles (stratégies d’influence, construction de coalitions ad hoc, rôle des petits acteurs)

 Double-Edged Diplomacy ou la négociation sur l’échiquier domestique et sur l’échiquier


international
23

 La réverbération des contraintes internationales dans la politique domestique

James Der Derian, On Diplomacy, A Genealogy of Western Estrangement, Oxford : Basil Blackwell,
1987 (ch. 2 : Alienation, pp. 8-29)
Andrew Moravcsik, “Introduction” in Peter Evans, Harold Jacobson et Robert Putnam (eds), Double-
Edged Diplomacy : International Bargaining and Domestic Politics, University of California Press,
1993 (pp. 3-42)

II) LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE


 L’appareil diplomatique

 Vues sommaires sur sa genèse, son histoire, ses institutions et ses fonctions

 La politique étrangère comme politique publique spécifique

 Les principaux courants de la Foreign Policy Analysis

 Les analyses décisionnelles et la critique de la décision

 Les trois paradigmes de G. Allison et leur application à la crise des missiles de Cuba

 Les analyses cognitives (Robert AXELROD et ses cartes cognitives) et l’étude des
perceptions (Robert JERVIS)

Marie-Christine Kessler, La politique étrangère de la France, Paris : Presses de Science po, 1999 (ch.
7 : La diplomatie économique et ch. 9 : Diplomatie culturelle et francophonie).
Graham Allison, Philip Zelikow, Essence of Decision : Explaining ths Cuban Missile Crisis, Second
Edition, Longman, 1999 (pp. 13-75). Voir éventuellement la traduction en français, parfois
problématique, de J.-Y. Haine dans Cultures et Conflits N° 36.
Robert Jervis, Perception and Misperception in International Politics, Princeton University Press,
1976 (pp. 13-31 et 382-406).

Quatrième partie :
ORGANISATIONS, INSTITUTIONS ET
COOPERATION INTERNATIONALES

I) LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES

 Le développement historique des OIG


24

OIG apparurent tard : Fin XIXè et par vagues successives : 3 vagues :


après WWI, après WWII et années 70 (trente glorieuses).
Cf. ONU ou apparentés
Il n’y a d’OIG que si les pays le veulent bien : échappent au contrôle d’un
seul acteur.
Prise d’autonomie vis-à-vis des pays. Sont dépendantes aux Etats en étant
autonomes.
Aujourd’hui, on dénombre 250 à 350 OIG internationales ou régionales : on
ne prend pas en compte les intérêts mineurs et nationaux : il faut un
intérêt plus ou moins universel.

 Le fonctionnalisme international depuis David MITRANY ou la


mise en procès des états et leurs insuffisances réelles ou
supposées
Une OIG est une émanation d’un Etat, pour régler un problème qu’un seul
Etat ne peut pas régler seul.
Après WWI : questions plus importantes. Guerre : échec du système
étatique : construction d’un ordre étatique pacifiste international.
Correctif du système interétatique : échec des Etats à assurer leurs
fonctions élémentaires, comme la fonction sécuritaire.
 Caractère technique de ces organisations pour gérer et régler les
conflits.
Aujourd’hui, OIG font des choses différentes de celles que font les Etat et
même parfois contre les Etats.
OIG : UNESCO ; OCDE
Développement du concept de patrimoine historique de l’humanité
UNESCO se sert des Etats pour diffuser l’idée que ces lieux
n’appartiennent pas à ceux où ils habitent mais universalité de la
possession. Plus ou moins dépatrimonialisation des lieux, des monuments.
Responsabilise les Etats, les implique dans leur conservation et empêche
de traiter le lieu, le monument, autrement que dans un care unique et
national.

 La relation de dépendance des organisations


internationales gouvernementales par rapport aux
Etats : le cas de l’ONU
Le fonctionnalisme international depuis David MITRANY ou la mise en
procès des états et leurs insuffisances réelles ou supposées
Les OIG comme lieux d’influence
Les organisations internationales productrices de normes, qu’elles soient
ou non mises en forme juridique

Quel est le lien d’autonomie entre les Etats et les OIG ?


Distinction de 2 types d’OIG :
- OIG de type politique : ONU
- OIG de type technique, dans lesquels les Etats ont moins
d’influence : UNESCO

Le rapport Etat / OIG n’est pas figé : jeu compliqué.


25

Le secrétaire général de l’ONU est assez autonome, fait parfois des choses
bien différentes de ce que les Etats attendent qu’il fasse (surtout pour les
USA).
Ainsi, dans les années 80, les USA ont quitté l’UNESCO : prouve que le
poids des OIG est contraignant. Ce n’est qu’en 1993 qu’ils y sont revenus :
a couté cher aux USA pour y ré rentrer.
Ce sont les Etats qui financent les OIG : certains payent, d’autres jamais.
Dépense extrêmement grande pour les faire fonctionner.
Un fonctionnaire à l’ONU ne peut être nommé sans l’aval des Etats : un
seul non suffit à ne pas nommer un homme à un poste à haute hiérarchie.
Ainsi, les japonais sont les premiers contributeurs à l’ONU.

 Les OIG comme lieux d’influence


Les OIG sont ainsi plus ou moins autonomes et interdépendantes des
influences. Les Etats se battent pour y exercer leur influence mais ne
gagnent jamais car multitude d’influences et d’opinions différentes.

 Les organisations internationales productrices de normes,


qu’elles soient ou non mises en forme juridique
Logique de production des normes, mais pas au sens juridique du terme :
politique aussi.
Les normes produites puis diffusées agilement par les OIG pour être
appliquées et connues.
Outre cela, les OIG font participer d’autres acteurs à la production des
normes.

Aujourd’hui : déclin de la croyance dans les OIG par rapport à la


construction d’un ordre international. Plus ou moins désenchantement.

 L’émergence des ONG et les ressorts du phénomène


Les ONG : apparaissent comme plus présente aujourd’hui par rapport à
hier : sont présentes en fait depuis longtemps mais sont de plus ne plus
nombreuses.
ONG : notion non gouvernementale. Définition par le négatif. Mêle tout :
tout peut faire ONG en apparence.
En fait, intérêt limité : on parle tout le temps des mêmes : ne sont pas
universelles par définition mais sont plus ou moins internationales.
OING : essaient d’aller vers l’international, amis sont d’origine nationale,
de base nationale.
Ainsi, Médecins sans frontières : certes, bien une organisation
internationale, mais la plupart sont des français.
Amnesty international : organisation énorme. Superviseur de beaucoup de
choses : organisation à base britannique, émanant d’une classe aisée : ainsi, pas
présente en Ais, au Japon. Et pourtant c’est elle la plus internationale.

Les ONG se créent dans 2 circonstances contradictoires :


- après guerre : moment de remise en cause de l’Etat. Echec du système
interétatique et paix
- vague des dépendances : ONG sont la continuation de l’Etat, instrument
par lequel l’Etat s’affirme.
26

Question de l’influence fondamentale pendant les années 50 à 70.


Depuis les années 90 : « bureaucratic politics ». Dans quelle mesure la
compréhension des ONG peut elle être faite par cette bureaucratie interne ?
Idée : même dans les ONG contrôlées par les Etats, les bureaucraties sont
importantes.

Aujourd’hui, associations, individus, ONG interviennent dans les RI. Les grandes
ONG se voient reconnaître un « statut consultatif ». Pas vraiment un statut.
Aide aux organisations internationales pour contrer les opinions souvent biaisées
des Etats.

Le phénomène des ONG connait une croissance très importante depuis une
dizaine d’années.
Mais ce genre d’organisations existait quand même avant mais pas sous cette
appellation.
Organisations caritatives dans les mouvances religieuses existent depuis très
longtemps. Existait déjà à la fin XIXème.
Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est le regard qu’on porte sur les ONG. Visibilité
accrue aujourd’hui.
Nouveau discours aujourd’hui : l’Etat n’est plus le seul acteur des RI. Or, il ne l’a
jamais été. Il y a toujours eu plusieurs acteurs et précurseurs des ONG.
Il y a un développement considérable des ONG mais dépend aussi d’une vision
subjective.

Toute ONG cherche à se faire voir et connaître pour avoir un support national et
une légitimité / popularité.
Mais ONG ont un grand souci d’indépendance et donc de réticence à accepter le
financement étatique.
Une ONG qui parait valable et populaire est importante pour les Etat car rapport
à l’importance de l’opinion.

Même le discours académique sur les ONG est soumis aux ONG (pas assez
critique).
Amnesty International a su multiplier les moyens de se faire voir très tôt. Ont
beaucoup joué sur ça.
La plupart des études faites sur cette ONG sont faites par A.I. elle-même.
Demande un procès juste et équitable pour les gens qu’elle défend, à condition
qu’ils n‘aient pas recours à la violence.
 A. International est une organisation ancrée à l’Ouest qui intervient au Sud et
dans l’Est.

Il faut représenter une force face aux Etats.


Première source des ONG : exister.
Leur force : l’opinion publique internationale.
Sans force, aucune concession ne sera cédée aux ONG. Il faut maintenir la
croyance auprès de ceux qui les soutiennent.
A.I. pratique beaucoup la pétition et l’adoption de prisonniers d’opinion.
Les résultats obtenus sont pour conforter les adhérents. Face aux Etats, c’est un
autre jeu qui est mis en place.
Dans les coulisses des chancelleries, les ONG négocient et essaient de faire
appliquer leurs décisions (pétitions…). Parfois, disent qu’elles ne publieront pas
un rapport de violation des droits de l’homme en échange d’une libération de
prisonnier.
27

ONG préconisent les résultats. Logique pragmatique et moins idéaliste.

Les gouvernements sont attentifs à l’ONG car appui de l’opinion publique menace
(est imprévisible). Pour être populaire, il faut s’allier avec les ONG (qui sont
populaire), il faut suivre de près les plus importantes.
Dessaisissement ponctuel des très petites dans différentes situations de crises
(humanitaires par exemple).
Il y a différentes ONG « agréées ».

 Les limites du caractère non-gouvernemental des ONG


Attitude complexe entre les ONG et l’Etat.
Ex : au Rwanda, elle a critiqué l’intervention française. Les ONG y ont constitué
plusieurs grains de sable dans le rouage français.
Cependant, dans les Balkans (notamment Bosnie et Kosovo) et en Somalie, les
ONG ont supplié les Etats d’intervenir plus ou moins à l’unanimité.

Evolution : à différents moments, divers sujets sont vus comme plus importants
que d’autres. Côte de popularité varie.
Catastrophe nationale attire une grande popularité car c’est apolitique et peut
toucher tout le monde (cf. réaction d’intervention après le Tsunami).
L’humanitaire change de face. Aujourd’hui, les interventions post-conflit sont
moins populaire par exemple (on ne peut être sur que laide arrive aux civils et
non aux militaires).
// Corruption.

Pour une ONG, la reconnaissance est une sorte d’assomption. Avoir des liens
avec les pouvoirs publics est un facteur de crédibilité et de légitimité.
Aujourd’hui, la plupart des ONG essaient de trouver leurs ressources dans les
fonds publics. En U.E., ils préfèrent l’aide communautaire ou régionale que
nationale.
Ne jamais dépendre pour plus de la moitié des subventions étatiques.
Idée : plus on reçoit d’argent, plus on est dépendant.
Logique de don financier : les gens préfèrent donner à des organisations privées,
qui ne dépendent pas des Etats (car considèrent qu’ils payent déjà assez
d’impôts).

 Les relations d’interdépendance et d’échange


fonctionnel entre OGN, OIG et Etats
Triangle ONG – Etats – OIG.
Au fond, les Etat sont importants : légitiment, financent, protègent.
On n’intervient pas dans une situation dangereuse sans couverture. Besoin
d’échange : information et protection.
Les ONG pèsent plus dans les négociations où les Etats leur ont donné ce
privilège, quand il y a synergie entre action des ONG et intérêt de l’Etat.
Or une ONG se définit contre l’Etat.

Les ONG sont encore à la mode. Livres apologiques.


Pas politiquement correct de critiquer les ONG.
Règle qui dépolitise les choses : AI s’occupe des opinions qui sont les plus loin
d’elle. Façon de vous obliger d’être international.
La carte d’adhésion à AI correspond plus ou moins égale à la carte des pays les
plus riches (Europe et USA).
Aux USA, les ONG sont très nationales. D’ailleurs elles le sont dans tous les pays.
28

Les ONG ne sont pas vue comme internationales mais comme une intervention
étrangère : ingérence dans les souverainetés nationales.
 Très mal vécu par les Etats à faible capital démocratique. ONG se font toujours
jeter par les Etats autoritaires.
ONG toujours susceptibles d’être abandonnées par l’opinion publique. Une cause
efface une autre : il y a un choix dans les causes qui mobilisent.

OIG cherchent chez ONG expertise et contre poids aux Etas.


Echanges fonctionnels : Souvent les Etats tirent le plus de bénéfice dans le
triangle. Mais chacun sert aux autres car ils se définissent les uns par rapport aux
autres. S’entendent très bien, ne pas prendre au pied de la lettre leur opposition.

Robert Cox and Harold Jacobson (eds), The Anatomy of Influence: Decision Making in International
Organization, Yale University Press, 1974.
Michael N. Barnett and Martha Finnemore, «The Politics, Power, and Pathologies of International
Organizations», International Organization 53: 4 (Autumn 1999) (pp. 699-732).

II) INSTITUTIONS ET COOPERATION INTERNATIONALE

 Pourquoi les états coopèrent-ils ? L’intérêt à coopérer.


Pour les réalistes, les Etats sont des individus égoïstes. Ne coopèrent pas.
Mais pour les idéalistes : les Etats ont intérêt à coopérer.
Pour certains, les institutions internationales sont vues comme du droit international tout simplement.

 Le «néo-institutionnalisme libéral» de Robert Keohane.


Distinction célèbre de KEOHANE entre 2 opinions :
- l’institution internationale comprise du point de vue rationnel. Positiviste.
- Conception « réflexiviste » : acteurs contribuent à construire les institutions. Ce n’est pas
quelque chose qui s’impose à eux.
Ces 2 conceptions existent et ont un pouvoir de détermination sur les acteurs.

 Les deux conceptions de l’institution internationale.


1. L’institution comme réalité extérieure qui contraint le comportement.
 L’institution est réductrice d’incertitude et de coûts. Stabilise et organise les acteurs internationaux.
Mieux vaut y participer et respecter les institutions.

2. Si institution vit, c’est que les acteurs la font vivre. Système de normes intériorisé par les acteurs :
en sont les porte-paroles et les subordonnés.

 La conception objectiviste et rationaliste de l’institution.


Dans les sciences politiques aujourd’hui, la première conception est majoritaire. Correspond bien au
behaviouralisme : c’est quelque chose de concret.
Possibilité de calculer les coûts et profits : voir quelle action est la plus bénéficiaire. //Acteur rationnel.
C’est très rassurant : raisonnement « objectiviste ». (Même si en fait pas objectif car un acteur
interprète les raisons d’un autre acteur et agit en fonction). Rationalité commune très rassurante.
Quand même à limiter : il y a des différences de préférences (cf. Allison)
On impute une rationalité à un comportement visible des acteurs.
Imaginaire, intuition : c’est un peu comme un jeu.
29

 La conception «réflexiviste» ou constructiviste de l’institution et de la


coopération.
Dans la conception « reflexiviste », le monde peut être irrationnel. Réalité pas extérieure aux acteurs.
Beaucoup de choses sont construites par les acteurs (questions, problèmes, conflits).
L’institution est portée par les acteurs.

USA ont une image d’eux comme fondateurs des OIG. C’est vrai pour SDN (cf. rôle de Wilson) mais
aussi pour l’ONU. Sympathie officielle depuis plusieurs années.
Or aujourd’hui, les gouvernements américains sont ouvertement hostiles aux OIG.
Conséquences lourdes dans le monde.
La bataille pour l’ONU c’est une bataille pour les idées.
Idéalistes : il faut défendre l’idée de l’ONU.
Constructivistes : l’organisation existe d’abord dans les idées des hommes.
 On croit aux institutions donc on les respecte.

Le « mainstream » aujourd’hui sur les campus est néolibéral.


Institutions : rôle central dans les RI.
Intérêt à coopérer pour les Etat. Préférence intériorisée, on ne se pose même pas la question de savoir
sir l’ONU doit exister.
C’est une adhésion : on considère qu’on a plus à gagner qu’à perdre. C’est un réflexe, un automatisme
(même si très flou).
Avec un peu d’imagination, on pet imputer une rationalité à tout comportement. Et parfois, on trouve
des choses intéressantes. Fait chercher des idées explicatives.

Interaction permanente entre l’acteur et le « système ».


Constructivisme : c’est une réalité sociale et pas faite toute seule dans son coin. Entrer en relation avec
d’autres acteurs : ils tricotent ensemble.
Ce qui importe : adhésion à des valeurs, à des normes, à des règles.
Les institutions peuvent perdurer quand cette adhésion n’existe plus mais elles sont alors vides.
Ex : CEI alors que l’environnement qui l’a créée a disparu. On continue par habitude.

Qu’est ce qui fait la force des institutions ? Qu’elles existent ou que les acteurs leur donnent une
impulsion, qu’ils en sont les co-géniteurs ?

Depuis 10 ans, le constructivisme est à la mode. On redécouvre l’importance de la subjectivité des


acteurs, des idées… (Héritiers de l’idéalisme).
Réaction aux rationalistes (Héritiers du réalisme).

Sur la notion d’institution internationale : Robert Keohane, “International Institutions: Two


Approaches” in James Der Derian (ed.), International Theory: Critical Investigations, Macmillan,
1995 (pp. 279-307).
Sur le constructivisme : Alexander Wendt, Social Theory of International Politics, Cambridge
University Press, 1999 (chap. 3, pp . 92-138).

Cinquième partie :
30

INTEGRATION & GLOBALISATION

I) L’INTÉGRATION INTERNATIONALE

 La notion d’intégration internationale.


Intégration internationale : toujours l’exemple de l’UE, mais vu d’un point de vue international, pas
intra-européen.
Intégration internationale délaissée par les sociologues politiques et par la politique comparée.
C’est un domaine à cheval entre plusieurs sujets.

Définition :
C’est le processus politique par lequel plusieurs unités politiques tendent à se rapprocher
(volontairement) pour n’en faire qu’une seule.
Définition « hard » : on parlerait d’une « fusion » mais cela exclurait l’UE.
Il y a au minimum rapprochement et au maximum une fusion. L’Europe est entre les 2.

C’est un système hybride qui fascine en RI. Fait et refait les cartes des Etats.
Explique l’émergence des Etats modernes : au départ unification d’unités pas pour n’en former
qu’une.
Aujourd’hui il a plus d’exemples de fragmentation (URSS, Yougoslavie) que d’intégration.
Il y a des tendances selon les époques.

Beaucoup d’études sur l’intégration internationale. Depuis les années 60, la littérature sur ce sujet
porte presque exclusivement sur l’Europe. C’est L’EXEMPLE contemporain le plus populaire.
Mais entités politiques qui se rapprochent existe dans plusieurs cas. Tentatives nombreuses de
rapprochement. Souvent échouent (80’s).
Réussite est rare et dans le coup plus précieuse.
UE : exemple de « success story ». LA plus belle réussite d’intégration politique aujourd’hui. A
beaucoup fasciné, surtout aux USA.
Jusqu’aux années 80, la majorité des écrits sur l’Europe sont américains.
Les intellectuels sont « européanophiles ».

Explications différentes de l’intégration internationale :


- La plus simple : réaliste. Il y a des Etats, des rapports de force. L’intégration passe par la
domination. Domination pas forcément toujours militaire. Il y a un fort qui impose ses intérêts
aux faibles. S’il le veut, il absorbe les faibles.
Dans l’Empire, il y a un degré d’intégration : un centre fort et beaucoup de décentralisation
avec des statuts différents (ex : Ottomans).
- autre lecture, notamment appréciée par les historiens : volonté des grands leaders politiques
ferait l’histoire. Dans leurs cerveaux, ils inventent l’intégration.
Discours aujourd’hui dominant. Pas récusé. Histoire légendaire construite par les grands
hommes (cf. Schuman, Monnet).

Intégration échappe très largement aux volontés des acteurs. L’Europe comme processus non voulu.
Ou qui ne s’exprime pas d’abord par cette volonté. C’est un processus sui generis.

 La tradition réaliste : l’intégration par la domination.


La rationalité des acteurs : dans la vie internationale, les acteurs jouent les uns avec les autres. Il faut
donc envisager l’avenir. Être condamné à vivre durablement ensemble (ex : Europe) fait changer leur
rationalité d’acteurs : maximiser les bénéfices car un jour, aura l’avantage.
31

 La rationalité des acteurs est fonction du temps : vision sur le long terme pousse à la coopération
(principe de précaution).
L’acteur rationnel est prudent, non parce qu’il est gentil mais car en relation avec d’autres personnes,
interactions.
Sans menaces : pas de dissuasion.
Cf. Axel Rhodes, consensus organisé : coopération en premier lieu et dès que l’autre ne coopère plus,
menace.
Le jeu le plus rationnel est la coopération et juste après la rétorsion (= menace). La rétorsion et la
sanction sont essentielles à la théorie des jeux.

Pour l’Europe :
Grande instance aujourd’hui : le Conseil européen. Présenté comme le Conseil de décision. Mais se
réunit 1 fois ou 2 par semestre en 1 ou 2 jours, si tout pouvait se régler aussi vite : illusion.
Pendant longtemps, on a relaté l’histoire de l’Europe, histoire de la construction européenne par de
grands hommes, comme Bismarck (assez suspicieux et réducteur).
Il est inhérent aux rapports de puissance / domination que les forts imposent des structures politiques
aux faibles. Il est de l’essence de la domination de construire des structures politiques fortes.
Bien souvent, logique « non voulue » (pas calculé constamment par un homme).
 Théorie des fonctionnalistes.

 Les thèses antiréalistes et «transactionalistes» de Karl Deutsch.


Au moment où se signe le traité de Rome, Karl Deutsch et 2 collaborateurs publient un livre sur la
question de l’intégration européenne politique (les organisations internationales à la lumière de l’ordre
politique).
Question de la création d’une communauté de sécurité.
Point de départ : l’OTAN. Réflexion d’un politologue sociologue sur ce que sont les conditions qui
favorisent les relations internationales.
Deutsch : behaviouraliste convaincu. A beaucoup travaillé sur le nationalisme (théorie systémique). A
travaillé sur la modélisation des rapports internationaux.

Projet appelé GLOBUS : modèle politico-numérique : mettre en formule la réalité mondiale à des fins
de simulation (ex : qu’est ce qui se passe si on enlève l’arme nucléaire à la Chine ?)
Algèbre avec des variables genre PIB / budget militaire.
Plus on a de variables, et plus c’est facile de reproduire la réalité.
On recherche une situation de variables suffisantes et on observe les relations logiques entre elles.
Avec un minimum de variables, reproduire quelque chose qui ressemble au maximum à la réalité.
Ainsi, on calcule qu’est ce qui se passe si….
 Sentiment de maîtriser les choses, en les prévoyant (reproduire au mieux la réalité pour la
comprendre). On joue ainsi avec les paramètres : prévision.

Deutsch : pacifiste, très idéaliste, opposé au réalisme, ne croyait pas au pouvoir, a essayé de penser la
politique internationale en d’autres termes que de pouvoir.
Conception particulière de l’Europe : étudie l’intégration politique en analysant, en décrivant les lois
de l’intégration politique.
Les auteurs comparent plus ou moins 8 cas d’intégration politique dans le monde comme l’alliance
Angleterre / Ecosse, unité Allemagne et Italie, USA… et observe les différents processus de fusion /
rapprochement.
Qu’est ce que ces différents cas peuvent avoir en commun ? Quelles sont les conditions qui sont
satisfaites lorsque l’intégration politique est un succès ?

Dans ces 8 cas étudiés en détail : conditions jamais exclusives qui ont été réunies. Déterminants :
 Lorsque l’intégration politique est observée, augmentation des capacités politiques et
administratives avant la fusion (plus ou moins Etat en bonne santé « administrative », pas déclinant).
Potentiel humain, budgétaire, dynamique, en ascension.
32

 Avant l’intégration réussie, élargissement conséquent des élites sociales, économiques,


politiques : catégories ouvertes (Elites ne doivent pas être rétractées, répulsives…)
 Croissance économique forte, accélération avant (plus ou moins années glorieuses qui
facilitent l’intégration politique). Cf. les 25 premières années de l’UE pour nous.
 Corrélation croissance économique et intégration politique.
 Multiplication des communications économiques et sociales. Mobilité sociale
ascensionnelle. Mixe entre les différentes strates : produit le politique. Ce sont les individus, leurs
idées, leurs mobilités qui font le tout.
Communication trans-sociale et intrasociale.
 Homogénéisation des valeurs, sur le plan pratique.
Ex : un rhénan ressemble de plus en plus à un prussien. On enterre la hache de guerre.

Système équilibré d’échanges : personne ne domine personne et surtout l’autre devient prévisible
(clause de paix et d’union).
On connaît la réaction des autres donc prévisibilité. Dans un jeu l’information et le temps sont
importants. Si précision, pas de surprise donc on incorpore déjà la réaction de l’autre dans son calcul.
Donc, l’intégration se fait déjà dans les têtes : calcul

« Système généralisé de transaction ».


Deutsch : ce qui est décisif ce n’est pas le pouvoir mais qui communique quoi avec qui, qui contrôle :
les « nerfs de contrôle ». Les processus historiques d’intégration se sont toujours accompagnés d’une
multiplication de transactions.
La politique n’est que la résultante de la communication, équilibre dans les échanges
Ex : l’Europe des 6 s’est faite sans aucune domination.

 Première critique :
Le travail de Deutsch est intéressant : plein d’intuitions, pas rigoureux. Conception de Deutsch de la
société internationale : pas de forts, pas de faibles, le mot guerre n’apparaît pas. (A contrario des
réalistes qui ne jugent que par la guerre). Car Guerre : forcément un rapport de pouvoir, domination,
fort/faible.
Vision problématique pour certains aspects (guerre nazie).

 Deuxième critique :
Deutsch est politologue, sociologue : il explique la politique, l’international, par le social : explique
comment les mouvements collectifs complexes font émerger des mouvements politiques, venus du
social.
Pour lui l’intégration est un mouvement non voulu, précédé par des mouvements sociaux voulus. Ce
que Deutsch montre fonctionne bien avec les 2 premières décennies de l’intégration européenne.

Concept de communauté de sécurité : relation sociale entre plusieurs, qui ne peuvent jamais recourir à
la guerre : société productrice de valeurs.
Entre les Etats-Unis et les Européens, il y a une certaine distance. Entre Européens : une union ; en
USA : une union, mais entre les deux pas de réelle union. Même si plus ou moins adéquation sur des
valeurs occidentales modernes.

 Les interprétations de type fonctionnaliste (et néo-fonctionnaliste) de


l’intégration européenne : les besoins, les fonctions et l‘extension des
compétences dans les processus de spillover.
33

Depuis les années 60 jusqu’aux années 80 : idées du fonctionnalisme ont primé dans l’intégration
européenne.
Fonctionnalistes et néo fonctionnalistes ne sont pas très différents. Donc seront étudiés ensemble.
Le processus d’intégration européenne : n’est pas le produit conscient d’un homme / d’un acteur.
Processus qui advient.
 Fonctionnalisme : organisation sociale et politique, institutions, n’ont de sens que parce qu’elles
satisfont des besoins.
Conception simple mais importante pour la logique fonctionnaliste.
Mener des politiques ensemble qui vont produire des résultats. Résultats meilleurs quand on est
ensemble que quand on est tout seul.
Description adéquate du vécu de la construction européenne.

Le « spillover » : étiquette connue d’un phénomène extensif cumulatif des taches et des compétences /
connaissances par lesquels l’unité politique ou réelle de formation se développe au niveau ou au
dessus des autres unités politiques.
Spill over : s’organiser pour satisfaire la dimension essentielle de l’homme, celle de ses besoins.
 Somme de politiques publiques (pêche, développement, culturel…) qui visent à satisfaire des
besoins.
Ex : en 1992, les Européens ont découvert qu’il y avait un besoin de politique humanitaire à créer et
mener. Pas tant de fonctionnaires que ça à Bruxelles. Avec les fonctionnalistes, les fonctionnaires
européens se retrouvent à faire beaucoup de choses. Beaucoup de compétences et en fait sont peu
nombreux.
Spill over : extension des taches constante suivant les besoins.
Cf. Marché unique, pour le faire, il faut absolument embaucher 300 fonctionnaires car
interdépendances de taches et de compétences (une tache à faire en appelle une autre)
Le fait (la tâche) précède la compétence. Car c’est le besoin qui fait la tâche : les hommes en
société sont des besoins, il faut donc bien satisfaire ces besoins.
Ex : selon la théorie du spillover, c’est pour ça que l’UE s’est agrandi (ses compétences et ses tâches).
Spillover : phénomène inévitable
Le plus connu des théoriciens fonctionnalistes : Ernest Haas, Au-delà de l’Etat Nation (1964)
Idée de construire l’Europe par un marché unique, est tout à fait une idée fonctionnaliste, car
l’économie va déborder (spillover) sur le politique.
 Phénomènes non contrôlables qui vont produire un phénomène d’intégration européenne.
Idée aussi d’une Europe boulimique qui ne s’arrête jamais dans son élargissement, compétences,
intégration, et que si tout s’arrête, tout s’effondre (Cf. le non à la Constitution)
Spillover englobe bien tous les aspects de la construction européenne : son phénomène
d’ « enflement », de boulimie.
Europe : monstre attrape tout (Cf. augmentation de la règlementation, juridique, coût…). Succès non
voulu, c’est personne.

Autre auteur : Joseph NAY : néo fonctionnaliste


A développé autour de la question du spillover, le formatage de l’Europe à travers de l’économique.
Prône le politique : critique du fonctionnalisme pur, au travers de l’économique simple.
Dans les années 70, toute personne qui parlait de l’Europe était fonctionnaliste.
Récemment, retour à la politique, au rôle des Etats : explication intergouvernementale.

 Les analyses se réclamant de l’inter gouvernementalisme libéral : le retour


des états et de la politique domestique dans des jeux à deux niveaux.
Analyse intergouvernementale de l’intégration européenne :
- intégration européenne : retour aux Etats et aux éléments, à la politique
- pas de focalisation sur les individus (Monnet, Mitterrand…)
- retour à la politique intérieure et internationale
- s’efforce d’expliquer l’intégration par le jeu des acteurs gouvernementaux qui s’efforcent de
répondre aux sociétés sociales et à une recherche de coopération
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- gouvernements qui négocient, le font sur 2 plans : interne et extérieur


 Plan interne : intérêts à gérer, promouvoir, réserver. Gestion de la politique intégratrice, au sein de
société libérales. Retour aux gouvernements d’acteurs rationnels (et non de grands hommes) et qui
recherchent des avancements qui les satisfont tous un peu et sur les 2 plans.
 Plan externe : politique de consensus, tout le monde négocie : compromis issu de négociation. Avant
les politiciens venant de Bruxelles disaient tout le contraire. Maintenant, la gestion européenne est
gérée et assumée : négociation.
Phénomène de convergence et de préférence. Ceux qui négocient le font sur le plan intérieur /
extérieur.
Europe : plus pou moins marchandage, négociations en amont entre groupes d’intérêts, de pays à pays,
discussions…
Dans l’UE, à 6 : grande visibilité, à 25 pays : très compliqué et plus lent.
Europe issue du fruit de négociations parlementaires.
« Europe moyenne » : maximiser tous son intérêt par négociation, ce qui produit une
convergence de préférences.
Plus on veut s’unir, et plus on tend à converger, se ressembler.

Paradigme de l’acteur rationnel : idée qu’il y a une rationalité de l’acteur : rationalité qui s’impose à
l’acteur (dans un traité, quoi qu’il en soit, on cède, on fait des compromis : rapprochement,
homogénéisation).
L’analyse intergouvernementale prend en compte les 2 plans (interne et externe) de la politique
internationale avec une prise en compte sociale.

Ben Rosamond, Theories of European Integration, (Palgrave, 2000) Chapter 6 “Intergovernmental


Europe?” pp. 130-156
Andrew Moravcsik, The Choice for Europe (Cornell University Press, 1998, pp. 18-85

II) LA GLOBALISATION ET LA POLITIQUE INTERNATIONALE


UE est une forme d’intégration : un symptôme et une défense constituée pour limiter les effets de cette
globalisation. On parle en France de mondialisation : traduction imparfaite de GLOBALISATION.
Idée d’une interpénétration, d’une interconnexion du politique et de l’économique d’un
problème : extension à l’échelle de la planète.
Notion pas très claire : plus une notion est prise et utilisée par tout le monde, et plus son sens
sémantique d’élargit : plus confus. Notion attrape tout.

Philippe Courreau de Farge ( ?) : notion de mondialisation : « l’explosion des flux de toutes sortes »
 L’éco, le social, le politique se mélangent : notion vague
 Changement d’échelle du phénomène
Paradoxe : il faut se révolter et aussi se résigner à la mondialisation.

Steve Smith : définit la globalisation comme le « processus d’interaction croissante entre les sociétés
de telle sorte que les événements dans une partie d monde ont de plus en plus de portée »
Reproche la notion de mondialisation de mettre l’économique au poste de commandement : la
politique internationale suit souvent l’économie internationale.

Stephen Krasner : thèse sur la mondialisation des entreprises américaines. Très souvent, la réaction du
gouvernement US n’est pas une réaction de défense des intérêts US mas une défense de la conception
ultralibérale d’échange.
 Tradition de pensée : l’éco domine le politique.
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Aron a instauré l’éco dans sa politique internationale, mais pour lui l’éco ne commande pas le
politique, contrairement à la majorité des auteurs.
 Auteurs appelés économistes de la politique internationale :
Les réseaux d’échange matériels ont pu rendre possible cette globalisation économique dans le
domaine financier. Globalisation comme discours d’économie.
Mais globalisation : aussi santé, environnement… Grande interconnexion
Cf. grippe aviaire

Ainsi, dans la globalisation aujourd’hui : Guerre d’Irak, très médiatisée, qui se déroule devant les yeux
du monde.  Interconnexion des événements.
Cette guerre en Irak remet en cause le système de consommation des américains.

Interconnexion : discours vraiment éco. Vient des USA.


L’économie politique internationale : discipline de la science politique vers les 80’s qui a vu
l’émergence d’une pensée.
 Champ nouveau du savoir.
Ceux qui en parlent en France sont peu nombreux.
« Porosité des disciplines » : on peut s’intéresser à la politique et à l’économique à la fois.
 Communication, réseaux, interconnexions, globalisation : sens très forts.

Dimension très forte : les échanges économiques ont ils des structures pacifiantes ? Thèse défendue
aux USA. Pour Lénine, c’est le contraire.
1885 – 1919 : phase de l’histoire sur l’interconnexion croissante entre les différentes sociétés.
Cf. durant période soviétique : logique d’évitement voir sanction éco avec le bloc soviétique pour ne
pas créer trop de dépendance et pour ne pas aider un système « pourri » à perdurer.

Ainsi, si on est juste politique ou si juste économiste on ne peut pas s’intéresser aux questions de type :
l’éco favorise-t-elle la stabilité politique, la démocratisation ?

Entre firmes et Etats : certains mimétismes en politique internationale : négociations pour


implantations…

Approfondissement de la thèse de la globalisation par Susan Strange :


Qu’est ce qu’est le pouvoir aujourd’hui dans une société mondialisée ?
Qu’est ce que la globalisation ?
Discours clair et simple : 2 conceptions du pouvoir :
- conception relationnelle du pouvoir : le pouvoir est une relation
- conception structurelle du pouvoir : le pouvoir cède le pas avec des structures et le pouvoir
s’exerce sur tous et n’est pas la résultante d’un comportement : on le subit

Strange a une conception structurelle du pouvoir, résultante de 4 composants qui viennent


composer un effet global.
Conceptions de Strange :
- importance d’une capacité sécuritaire.
- Structure de capacité de production, inégalement répartie.
- Structure financière très déconnectée des structures de production.
- Structure de connaissances (du savoir) : très dispersé géographiquement et surtout dans la
strate politique et sociale (Elites et autres)

 Pour savoir la nationalité d’une firme, le meilleur critère est le lieu, la nationalité du lieu de
recherche.

Le pouvoir échappe aux acteurs, et partout, personne ne l’a vraiment : els Etat n’ont pas le monopole
de la politique internationale.
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 Firmes multinationales : plus ou moins une fatalité.


Logique qui échappe à tous : logique étatique diffère des logiques des firmes.
Les Etats ont un pouvoir résiduel limité.

John Baylis and Steve Smith, The Globalisation of World Politics (Oxford University Press, Second
Edition, 2001) Chapter 1, pp. 13-32. Voir également le site intéressant qui accompagne cet ouvrage :
www.oup.com/uk/best.textbooks/politics/globalization
Sur l’économie politique internationale : Peter Katzenstein, Robert Keohane, and Stephen Krasner,
“International Organization and the Study of World Politics”, International Organization, 52-4,
Autumn 1998