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L’art de ponctuer

Troisième édition
Du même auteur

H. W. « Jimmy » Jones, monographie, Le Loup de gouttière, Québec, 1996.


Henry Wanton Jones, livre d’art (en collaboration avec H. W. « Jimmy » Jones, Julia
Grace Kertland et John Ivor Smith), Galerie Kastel, Montréal, 1994.
Les dents de la langue, recueil de dictées (en collaboration avec Stéphane Éthier et
Pierre Bernier), Québec Amérique, Montréal, 1993.
La petite menteuse et le ciel, roman pour jeunes adolescents, Québec Amérique,
Montréal, 1985 (épuisé).
Le 25e fils, roman pour jeunes adolescents, Québec Amérique, Montréal, 1984 (épuisé).
Je bande-dessine, recueil de bandes dessinées, La Barre du jour, Montréal, 1975
(épuisé).
Une ligne blanche au jambon, pièce de théâtre pour enfants (en collaboration avec
Marie-Francine Hébert), Leméac, Montréal, 1974 (épuisé).
Les chroniques diasynchroniques, conte philosophique (en collaboration avec Paul
Chamberland, Marie-Jeanne « Jano » Saint-Pierre et Gleason Théberge), La Barre
du jour, Montréal, 1972 (épuisé).
Le fou de l’empereur des fous du roi se sent mal, bande dessinée, Éditions § Font, 1971
(épuisé).
Bla-bla-bla, poésie-objet, Éditions § Font, Montréal, 1970 (épuisé).
Bernard Tanguay

L’art de ponctuer
Troisième édition

Québec Amérique
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives
nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Tanguay, Bernard, 1951-2003.


L’art de ponctuer
3e éd.
Comprend des réf. bibliogr.
ISBN 978-2-7644-0474-4 (Version imprimée)
ISBN 978-2-7644-2160-4 (PDF)
ISBN 978-2-7644-2161-1 (EPUB)
1. Français (Langue) - Ponctuation. I. Titre.
PC2450.T36 2006 441’.1 C2005-942113-4

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Conformément aux volontés de l’auteur, la présente édition a été


établie sous la supervision de Noëlle Guilloton, term. a.

Québec Amérique
329, rue de la Commune Ouest, 3e étage
Montréal (Québec) Canada H2Y 2E1
Téléphone : 514 499-3000, télécopieur : 514 499-3010

Dépôt légal : 1er trimestre 2006


Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada

Révision linguistique : Liliane Michaud


Mise en pages : André Vallée – Atelier typo Jane
Conception graphique : Isabelle Lépine
Réimpression : juillet 2011

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés

© 2006 Éditions Québec Amérique inc.


www.quebec-amerique.com
Table des matières

Préface

Remerciements

Avant-propos

Entrée en matière
1 L’acte de parole
2 Le thème et le foyer d’information
3 Les espaces sécable, insécable et fine

Chapitre 1 : La virgule
4 Entre sujet et prédicat
5 Avant un verbe à sujets juxtaposés
6 Entre de courtes phrases
7 Entre des groupes de même rôle
8 À l’intérieur d’une énumération verticale
9 À la fin d’une énumération verticale
10 Entre verbe et complément du verbe
11 Après un complément indirect en début de phrase
12 Avec un modificateur du groupe verbal
13 Avec comme, ainsi que, autant que…, entre deux sujets
14 Avant et, ou, ni (entre deux groupes de même rôle)
15 Avant et, ou, ni (entre deux phrases)
16 Avant et et ou (pour marquer une opposition)
17 Avec ou (pour donner une équivalence, une traduction)
18 Avec deux et, deux ou, deux ni
19 Avec trois et, trois ou, trois ni
20 Avec soit… soit
21 Avec tantôt… tantôt
22 Avec moitié… moitié ou à moitié…, à moitié
23 Avec plus… plus, moins… meilleur, tel… tel…
24 Avec et ce
25 Avec etc.
26 Avant mais
27 Avec non… mais, non pas… mais, non seulement… mais
28 Après mais
29 Avant car
30 Après or
31 Avant voire
32 Avant c’est-à-dire (que), autrement dit, à savoir (que)…
33 Après c’est pourquoi
34 Après donc, puis, ensuite, sinon, autrement…
35 Avant sauf, hormis, excepté
36 Avec par exemple, entre autres
37 Avec un adverbe organisateur
38 Avec un adverbe modalisateur
39 Que suivi d’un adverbe organisateur ou modalisateur
commençant par une voyelle
40 Avec un adverbe d’acte de parole
41 Avec un adverbe de point de vue
42 Avec une incidente
43 Avec une incise
44 Avec une apostrophe
45 Avec un juron
46 Avec un impératif employé seul
47 Après vois-tu, sais-tu, comprends-tu, n’est-ce pas…
48 Avant quoi
49 Avec une interjection
50 Entre les onomatopées qui rendent le rire
51 Avec un mot répété pour marquer le haut degré
52 Après seul en début de phrase
53 Avec je soussigné
54 Avec un groupe nominal complément du nom
55 M. DUBOIS, trésorier. —
56 Avec un groupe adjectival complément du nom
57 Avec une relative
58 Avec une participiale dont le sujet n’est pas exprimé
(participe passé)
59 Avec une participiale dont le sujet n’est pas exprimé
(participe présent)
60 Avec une participiale dont le sujet est exprimé
61 Avec une participiale au gérondif
62 Avec la mise en évidence par détachement
63 Avec la mise en évidence d’un changement de thème
64 Après un complément de phrase en début de phrase
65 Avant un complément de phrase en fin de phrase
66 Avec un complément de phrase au cœur de la phrase
67 Après et, mais, car, que, suivis d’un complément de phrase
68 Avant quand, parce que, pour que, sans que…
69 Avant tandis que, alors que, pendant que…
70 J’étais jeune, que j’étais déjà triste
71 Avec puisque, attendu que, vu que, comme…
72 Avec bien que, quoique, encore que, malgré que…
73 Avant même si
74 Avant le si d’une subordonnée hypothétique
75 Aboyait-il, que je tremblais. — Tu rirais, que je rougirais.
76 Avec si… que, tant… que, si bien que, tellement que…
77 Avec moins… que, aussi… que, plus… que…
78 Avec des questions coup sur coup
79 Pour faciliter la lecture
80 MARIANNE, ravie. —
81 Entre la mention du lieu et celle de la date
82 Après une brève formule de salutation
83 Dans une adresse postale
84 Après les points de suspension, d’interrogation
ou d’exclamation des titres
85 Entre un titre et le nom de l’auteur
86 Dans une notice bibliographique
87 Dans une référence donnée selon la méthode auteur-date
88 Dans un classement alphabétique
89 Avant les décimales
90 Entre les différentes parties d’une somme
91 Règle typographique

Chapitre 2 : Le point
92 À la fin de la phrase de type déclaratif ou impératif
93 Avant le complément d’un verbe
94 Entre des groupes de même rôle
95 Avant et, mais, car...
96 À la fin d’une dédicace
97 À la fin d’un slogan, d’une consigne, d’une inscription
98 À la fin du titre d’une œuvre
99 À la fin du titre d’un article de journal
100 Dans une date donnée tout en chiffres
101 Avec une référence selon la méthode auteur-date
102 Dans une notice bibliographique
103 Dans le numérotage d’une note en bas de page
104 Après Remarque, Note, la mention d’une date...
105 Dans une énumération verticale
106 Le point abréviatif
107 Le point abréviatif et les symboles
108 Le point abréviatif en fin d’énoncé
109 Le point abréviatif en fin d’énoncé : cas particuliers
110 Le point abréviatif et les sigles
111 Le point abréviatif et le souci de discrétion
112 Règle typographique

Chapitre 3 : Le point-virgule
113 Entre des énoncés pareillement structurés
114 Entre des énoncés logiquement associés
115 Entre des groupes de même rôle
116 Quand un point serait trop fort et une virgule trop faible
117 Entre les éléments d’une énumération
118 À la fin d’une énumération verticale
119 Pour donner plus d’une référence selon la méthode
auteur-date
120 Dans une notice bibliographique
121 Dans une note de référence (cité dans, cité par)
122 Dans une note de référence (plusieurs références)
123 Après le point-virgule : minuscule ou majuscule ?
124 Règle typographique

Chapitre 4 : Les points de suspension


125 À la fin d’une énumération ou d’un énoncé inachevés
126 À la fin d’un incipit
127 Au lieu de etc.
128 Pour atténuer certaines vulgarités
129 Hubert T…
130 Mme X…, M. Z…
131 […]
132 Pour rendre une réflexion, un sentiment, un état
133 Pour rendre l’hésitation d’un personnage
134 Pour rendre le mutisme d’un personnage
135 Entre deux alinéas
136 Au début d’un alinéa
137 Avant un nouvel énoncé
138 Pour mettre en relief le ou les mots qui suivent
139 Pour rendre une légère interrogation
140 Pour marquer l’interruption du discours, puis sa reprise
141 Après un point abréviatif
142 Les points de suite
143 Pour indiquer qu’il faut tourner une page
144 Règle typographique

Chapitre 5 : Le deux-points
145 Pour annoncer un élément clé, un exemple, une explication
146 Avant les paroles rapportées d’un discours direct
147 Avant les répliques d’un dialogue de théâtre ou de cinéma
148 Dans le système du discours rapporté libre
149 Avant ou après une énumération
150 Avant une énumération verticale
151 Pour indiquer un lien de cause à effet, ou d’effet à cause
152 La répétition du deux-points
153 Après un point d’interrogation ou d’exclamation
154 Entre heures et minutes, entre minutes et secondes
155 Pour indiquer l’échelle au bas d’une carte
156 Dans une notice bibliographique
157 Après le deux-points : minuscule ou majuscule ?
158 Règle typographique

Chapitre 6 : Les guillemets


159 Avec les paroles rapportées d’un discours direct
160 Avec une épigraphe
161 Avec une incise au cœur des paroles rapportées
162 Au début et à la fin d’un dialogue
163 Ponctuation avant et après le guillemet fermant
164 Du deuxième au dernier alinéa d’une citation
165 Les guillemets à l’intérieur des guillemets
166 Quand on cite un texte étranger
167 Avec une citation longue
168 Avec les vers cités
169 Avec un îlot textuel
170 Avec une lettre de l’alphabet
171 Avec un mot cité en tant que mot
172 Avec une phrase citée en tant que phrase
173 Avec le sens d’un mot cité en tant que mot
174 Avec une expression ou un terme empruntés à un jargon
175 Avec un mot étranger
176 Pour donner la traduction d’un mot étranger
177 Avec un mot que l’on déforme, que l’on invente
178 Avec un néologisme
179 Avec un mot du langage populaire ou familier
180 Avec un mot employé ironiquement
181 Avec une enseigne ou le nom d’une société
182 Avec une marque de commerce
183 Avec le nom d’un journal, d’une revue, d’un magazine…
184 Avec le titre d’une œuvre
185 Dans une notice bibliographique
186 Avec un surnom
187 Après l’apostrophe marquant l’élision
188 Le guillemet fermant pour marquer la répétition
189 Règle typographique : le guillemet ouvrant
190 Règle typographique : le guillemet fermant
191 Règle typographique : les guillemets anglais
et apostrophes simples

Chapitre 7 : Les parenthèses


192 Pour isoler une information accessoire
193 Dans l’écriture des diplômes et grades universitaires
194 Dans une adresse postale
195 Pour donner la traduction française d’un mot,
d’une courte phrase
196 Dans les documents à portée juridique ou financière
197 (sic)
198 (C’est nous qui soulignons.)
199 (Note du traducteur.)
200 (Suite à la page X.)
201 La parenthèse d’alternative
202 Point d’interrogation ou d’exclamation entre parenthèses
203 Une parenthèse dans une parenthèse
204 Une parenthèse après une parenthèse
205 La ponctuation à l’intérieur de la parenthèse
206 La ponctuation à l’extérieur de la parenthèse
207 Une phrase entière entre parenthèses
208 Pour donner une indication de jeu
209 Dans un procès-verbal, un compte rendu...
210 Un grain de sel de l’auteur au cœur d’une réplique
211 Pour donner la référence abrégée d’une citation
212 Pour donner une référence selon la méthode auteur-date
213 Dans une notice bibliographique (titre d’une collection)
214 Dans une notice bibliographique (jour, semaine, mois,
saison, année de parution)
215 Dans une notice bibliographique (date de consultation)
216 Dans une notice bibliographique (Gouvernement du,
de la, de l’)
217 Dans une notice bibliographique (direction scientifique)
218 La parenthèse fermante dans une énumération verticale
219 Claude Pilon (Monsieur)
220 p. j. (2)
221 Règle typographique : la parenthèse ouvrante
222 Règle typographique : la parenthèse fermante

Chapitre 8 : Le tiret
223 Les tirets comme parenthèses
224 À l’intérieur d’une parenthèse
225 Pour séparer deux éléments
226 Pour marquer une pause
227 Après une virgule, un point-virgule, un point…
228 Avant les répliques d’un dialogue
229 Avant les répliques d’un dialogue de théâtre ou de cinéma
230 Avant les éléments d’une énumération verticale
231 Pour marquer les subdivisions d’une entrée d’index
232 Après P.-S., Remarque, N. B. …
233 Après Fig. 1
234 Tout au début d’une dépêche d’agence
235 Dans un communiqué
236 Dans un toponyme surcomposé
237 Entre deux dates ou deux heures
238 Pour marquer la nullité
239 Règle typographique
Chapitre 9 : Le point d’interrogation
240 À la fin de la phrase de type interrogatif
241 À la fin de la phrase de type déclaratif
242 À la fin de la phrase de type impératif
243 À la fin de l’hypothétique qui est une incitation à agir
244 Avec des questions coup sur coup
245 Pour exprimer un doute ou marquer l’ellipse d’une question
246 Double ou triple
247 Employé seul
248 Couplé au point d’exclamation
249 Avant le guillemet fermant, ou après ?
250 Règle typographique

Chapitre 10 : Le point d’exclamation


251 À la fin de la phrase de type exclamatif
252 À la fin de la phrase de type déclaratif ou impératif
253 À la fin de la phrase de type interrogatif
254 Après une interjection en début d’énoncé
255 Après une interjection ailleurs qu’en début d’énoncé
256 Pour exprimer une émotion passagère
257 Pour rendre l’ironie
258 Double ou triple
259 Employé seul
260 Couplé au point d’interrogation
261 Avant le guillemet fermant, ou après ?
262 Règle typographique

Chapitre 11 : Les crochets


263 Pour signaler certaines particularités d’un manuscrit
264 Pour donner des mots rétablis par conjecture
265 […]
266 Pour reformuler un îlot textuel
267 Pour apporter une correction à des paroles rapportées
268 Pour rendre claires des paroles rapportées
269 Pour commenter des paroles rapportées
270 [sic]
271 Quand un vers est trop long
272 Pour donner les traits d’un mot
273 Pour donner la prononciation
274 Dans une notice bibliographique (s. l., s. d., s. é., s. p. ...)
275 Dans une notice bibliographique (pseudonyme levé)
276 Dans une notice bibliographique (document électronique)
277 Règle typographique : le crochet ouvrant
278 Règle typographique : le crochet fermant

Chapitre 12 : Les chevrons


279 Pour signaler une place vide

Chapitre 13 : La barre oblique


280 Un symbole de division
281 Et/ou
282 Pour rapprocher ou opposer deux termes
283 Pour présenter les éléments d’un ensemble
284 Pour noter de la poésie « au long »
285 Dans une adresse Web
286 Dans des abréviations de la correspondance d’affaires
287 Pour séparer les initiales d’identification
288 Pour indiquer qu’il faut tourner une page
289 Pour préciser l’ordre des pages
290 Règle typographique

Chapitre 14 : L’astérisque
291 Un appel de note
292 Un renvoi à une entrée
293 L’astérisque et le souci de discrétion
294 Avant un énoncé asyntaxique, une expression
ou une forme fautives
295 Avant un h aspiré
296 Règle typographique

Bibliographie

Index
Au docteur Geoffrey Blake
Préface

C’est avec une grande émotion que nous saluons la sortie de cette troisième
édition, posthume hélas, de L’art de ponctuer, et que nous retrouvons ces
pages où l’auteur semble si présent, particulièrement dans la gamme des
exemples choisis, qui sont comme signés de sa main. Nous voyons à cette
relecture de bonnes raisons de ne rien changer aux lignes que nous avions
rédigées pour la précédente édition : « Il y a une manière de passion jubila-
toire dans l’intérêt que Bernard Tanguay voue à la langue, à l’usage de la
langue. Et c’est avec passion et jubilation qu’il a pris connaissance des
données théoriques nouvelles auxquelles se réfèrent, peu ou prou, les
diverses réformes de l’enseignement de la langue maternelle intervenues en
francophonie au cours des dernières décennies.

Ces données théoriques, si l’on veut bien les prendre au sérieux, conduisent
à beaucoup plus qu’un simple changement de terminologie : à une manière
différente d’envisager le fonctionnement de la langue. Bernard Tanguay l’a
bien compris. Aussi n’a-t-il pas hésité — et de ses mérites, ce n’est pas le
moindre, car il y fallait du courage — à reprendre fondamentalement, dans
cette perspective, son Art de ponctuer.

Qui dit art, dit règles, à maîtriser pour les appliquer avec intelligence ou les
transgresser en connaissance de cause... S’agissant de l’art subtil de la
ponctuation, Bernard Tanguay, depuis des années, s’emploie passionnément
à en ordonner les règles. Et ce qui, au-delà de la règle, paraît le captiver, c’est
le pourquoi de la règle. Ainsi un lecteur attentif trouvera-t-il ici bien plus que
la simple juxtaposition de prescriptions dictées par l’usage ; il verra apparaître
comme en filigrane, derrière la succession des paragraphes, des éléments
d’une description de la langue qui intègre les données de la syntaxe et celles
de l’énonciation. »

À la suite de cette parution, nous avons eu le privilège de poursuivre le


dialogue avec Bernard Tanguay, un dialogue marqué par la grande exigence
qu’il manifestait à l’égard de lui-même et par son souci constant de clarifier,
d’affiner sa compréhension des faits de langue, afin de mettre à la disposition
de ses lecteurs l’exposé le plus logique et intelligible possible. Persévérance
dans l’approfondissement de sa discipline et respect de ceux à qui l’on
s’adresse nous semblent être la marque du vrai pédagogue. Et, pédagogue,
Bernard Tanguay l’a été avec l’intérêt passionné qu’il manifestait dans tout ce
qu’il entreprenait.

La correspondance que nous avons eu la chance d’entretenir avec lui, après


une unique et brève — mais mémorable — rencontre à Montréal, nous a été
l’occasion d’un double enrichissement. Il y avait ces questions ou ces
remarques portant sur des faits de langue, qui nous ont conduits plus d’une
fois à redéfinir la description que nous en avions proposée. Mais il y avait
aussi l’irruption toujours bienvenue de réflexions toutes personnelles, ou de
petits tableaux, savoureux et poétiques, de la vie quotidienne à Morin-
Heights. Se sont de la sorte tissés entre nous, au fil des ans, des liens qui
allaient largement au-delà de l’échange entre spécialistes.

Aussi la disparition de Bernard Tanguay représente-t-elle pour nous


l’interruption douloureuse d’une étroite et fructueuse relation d’amitié.

ÉRIC GENEVAY, BERTRAND LIPP 1

1. Outre qu’il est l’un des auteurs de Maîtrise du français (coédité en 1979 par l’Office romand
des éditions et du matériel scolaires, L.E.P. et Nathan), Bertrand Lipp est le collaborateur
d’Éric Genevay.
Remerciements

Éric Genevay et Bertrand Lipp, Michèle Noverraz, Catherine Beaudin, Noëlle


Guilloton et Chantal Robinson, Aurel Ramat, Guy Deschamps, Victor Trahan.

Sans leur générosité ni leurs astucieux conseils, les pages qui suivent ne
seraient pas ce qu’elles sont.
Avant-propos

Note de l’éditeur. — Dans l’avant-propos de la deuxième édition de L’art


de ponctuer, l’auteur expose sa démarche, sa méthode et ses choix
grammaticaux, qu’il maintient dans la troisième édition. Il nous a donc
semblé utile de le reproduire ci-dessous.

Cette deuxième édition diffère tant de la première qu’il semble s’agir, en fait,
d’un tout nouveau livre.

J’ai déplacé quelques paragraphes. J’en ai amélioré un grand nombre. J’en


ai ajouté plus d’une cinquantaine. J’ai numéroté l’ensemble de 1 à 242, ce
qui m’a permis de créer un index extrêmement utile. J’ai réduit le nombre
des notes et supprimé tous les exercices. J’ai choisi d’intéresser mes
semblables à ce qu’est un acte de parole, à ce que sont le thème et le foyer
d’information d’une phrase — ce qui fait que bon nombre d’exemples ne
sont plus présentés qu’en contexte. J’ai corrigé, bien sûr, certaines étour-
deries dont je m’étais naguère rendu coupable, et pour ce qui regarde trois
ou quatre points de typographie bien précis — que l’on me pardonne ces
volte-face —, je me suis enfin rendu à l’avis des auteurs du Ramat de la
typographie et du Français au bureau. Sans compter que j’ai changé d’éditeur
et que je n’écris plus ce traité à l’intention des seuls étudiants. Désormais,
tout un chacun y trouvera son compte : l’enseignante, l’écrivain, la journa-
liste, le rédacteur, la traductrice, le correcteur, la secrétaire, etc.

Cela dit, la réforme de l’enseignement de la grammaire que le ministère de


l’Éducation du Québec a implantée au secondaire en septembre 1997 nous
propose d’étudier la phrase française sous un nouveau jour : ses divers
éléments, jusque-là, se distinguaient les uns des autres par leur contenu
sémantique ; désormais, le point de vue est essentiellement syntaxique : il y
a des constituants obligatoires, des constituants facultatifs… — Quoi qu’il en
soit, virguler ses énoncés n’en devient que plus facile ; j’ai donc emboîté le
pas avec plaisir, et cela s’est traduit, entre autres effets, par un changement
de plus : l’adoption d’une nouvelle terminologie (« complément de phrase »,
« groupe adjectival complément du nom »…), et ce, alors même que les
diverses grammaires que l’on s’empresse maintenant de publier semblent
prendre un malin plaisir à ne pas tomber d’accord sur un nombre troublant
de points (l’équipe de Suzanne-G. Chartrand a choisi de ne pas adopter, entre
autres choses, les participiales, les infinitives ni les adjointes des auteures de
Construire la grammaire ; ces dernières voient des « noms personnels » là où
la compétition ne voit que des pronoms, encore et toujours)… Je dois dire,
quant à moi, que je considère Ouvrir la grammaire, du Suisse Éric Genevay,
comme l’ouvrage supérieur ; j’en ai donc adopté, à quelques exceptions près,
et les termes et la façon de voir les choses. Mais que le lecteur pris de court
n’aille surtout pas s’affoler : quelle que soit l’« école » à laquelle il appartienne,
il n’aura d’abord, dans L’art de ponctuer, qu’à lire l’entrée en matière, puis il
consultera, en temps et lieu, l’index susmentionné, en fin d’ouvrage. Il aura le
plaisir d’y retrouver aussi bien l’apposition détachée que le groupe nominal
complément du nom… Il verra sur-le-champ quel est le numéro du paragraphe
qu’il lui faut et se retrouvera, quelques secondes plus tard, au bon endroit.
Son intelligence, bien entendu, fera le reste.

BERNARD TANGUAY
Entrée en matière

Observations d’ordre linguistique

1 L’acte de parole

La production de l’énoncé le plus simple vient de l’intention que


l’émetteur a de réaliser un acte de parole. Par exemple, s’il écrit
Hier, la soupe manquait de sel, il réalise celui que l’on appelle
« assertion » et qui consiste à donner un renseignement ou à formuler
un jugement. Qu’on m’amène le prisonnier ! est un ordre ; Quelle
heure est-il ?, une demande d’information.
En fait, pour bien définir l’acte de parole réalisé par chaque énoncé
(interdiction, blâme, défi, demande de permission, conseil, serment,
félicitations, prière, avertissement, etc. — la liste est quasi infinie),
il faut prendre en considération la situation de communication. Qui
parle ? À qui ? Dans quel cadre ? Dans quel but ?... Tu auras de mes
nouvelles, selon le contexte... et le ton, sera donc menace ou
promesse.
Certains énoncés sont évidemment plus complexes. Les ponctuer
suppose un compte : Il est si fin que je l’adore est une seule asser-
tion (répondant à la question À quel point est-il fin ?). En revanche,
dans Elles te trouvent bête et triste et gauche, dès que l’on perçoit,
sous le voile de la coordination, trois insultes en une (Elles te trouvent
bête [1] et <elles te trouvent> triste [2] et <elles te trouvent> gauche
[3]), on comprend qu’il est aussi possible d’écrire Elles te trouvent
bête et triste, et gauche… ou Elles te trouvent bête, et triste, et
gauche. En pareilles circonstances, l’émetteur ordonne l’énoncé selon
son bon plaisir.
Dans le chapitre sur la virgule, de nombreux paragraphes font appel
à ces connaissances et les enrichissent.

2 Le thème et le foyer d’information

Dans une assertion, on appelle thème ce dont on parle, et foyer


d’information ce que l’on dit du thème :

« Que fais-tu ?
— Je bois.
— Mais que bois-tu ?
— Je bois de l’eau.
— Et depuis quand bois-tu de l’eau ?
— Je bois de l’eau depuis que Marie m’a quitté. »

Le foyer d’information est souvent repéré grâce au contexte, ne peut


pas être détaché du reste de l’énoncé et se place à la fin :

« Pourquoi Sam a-t-il eu zéro ?


— Il a eu zéro parce qu’il a triché. »

Cela dit, un énoncé peut contenir plusieurs thèmes :

Hier [1er], au bureau [2e], deux traducteurs [3e] se sont battus.

Et si l’on en rejette un à la fin, une virgule se glisse entre le foyer


d’information et lui :

« Ce soir, que fais-tu ?


— Je me la coule douce, ce soir. »
Quand on hésite à ponctuer, il suffit souvent d’imaginer la question à
laquelle on « répond » :

Il a bu pour se relaxer. (Pourquoi a-t-il bu ?)


Il a bu, pour se relaxer. (Pour se relaxer, qu’a-t-il fait ?)

En fait, après le foyer d’information, si l’on veut ajouter quoi que ce


soit, on commence par mettre une virgule — ou quelque autre signe
de ponctuation :

« Quelle note est-ce que Sam a eue ?


— Il a eu zéro, parce qu’il a triché. »
(= Il a eu zéro, <il a eu zéro> parce qu’il a triché.)
(= Il a eu zéro. Parce qu’il a triché.)

Dans le chapitre sur la virgule, de nombreux paragraphes font appel à


ces connaissances.

Remarques

1. Aux mots foyer d’information certains préfèrent propos.


2. Le foyer d’information ne peut qu’être détaché du reste de l’énoncé
dès lors que s’interposent une apostrophe, une incidente, une
incise : Je bois de l’eau, tu le sais, depuis que Marie m’a quitté.
3. Il arrive qu’une tournure emphatique comme c’est que ou c’est
qui mette le foyer d’information en évidence en début d’énoncé,
souvent avec une valeur de contraste : « Tu m’en veux ? — C’est
à Line que j’en veux.»
4. Ce que le foyer d’information nous apprend doit avoir du poids. Si
un article de journal commence par Hier, à Montréal, un Hells
Angel a été mis sous les verrous parce qu’il avait importé 250 kg
de cocaïne, le foyer d’information ne saurait être limité à a été mis
sous les verrous. Qu’un Hells ait été mis sous les verrous n’est
pas une nouvelle digne de s’y arrêter. De même, si les raisons du
geste nous bouleversent encore plus que le geste lui-même, on
écrit La nuit dernière, à Hull, une jeune désespérée a jeté son
bébé dans les eaux glacées de la rivière des Outaouais parce qu’il
ne cessait de pleurer. — Le principal juge en la matière étant
l’émetteur, certaines virgules risquent parfois de disparaître, pour
le meilleur ou pour le pire.

Observation d’ordre typographique

3 Les espaces sécable, insécable et fine 1

Après un mot, une initiale, un signe…, si l’on met une espace


sécable (ou justifiante), ce qui suit pourrait se voir rejeter à la ligne
suivante. En revanche, si c’est une espace insécable que l’on met,
ce qui suit ne pourra jamais qu’être sur la même ligne : il y a, dans
8 h 15, deux espaces insécables ; dans J.-M. G. Le Clézio, trois.
— L’espace fine, quant à elle, est une petite espace insécable. Pour
l’instant, seuls les logiciels d’éditique la mettent à notre disposition.

1. En matière de typographie, le mot espace est féminin.


,
Chapitre 1 — La virgule

4 Entre sujet et prédicat

Est-ce que le rédacteur en chef a repris ses esprits ?


Et le fait que tu sois riche ne change rien à l’affaire.
L’homme qui l’a poignardée n’a pas fait un seul jour de prison.
Lulu écoute ce que je te dis.

Dès lors que l’énoncé réalise un seul acte de parole *, si sujet et


prédicat 1 se suivent, aucune virgule ne les sépare.

Remarques
1. Ma sœur, grande tête de mule devant l’Éternel, s’obstinait.
— Ma sœur, terriblement têtue, s’obstinait. — Ma sœur, qui
est têtue comme une mule, s’obstinait. — À l’intérieur de tels
groupes nominaux sujets, les virgules qui détachent le complé-
ment du nom détachent chaque fois un deuxième acte de parole
(voir § 54, 56-57).
2. Cet ami, demain, part pour le Pérou. Quand sujet et prédicat ne
se suivent pas, deux virgules détachent l’élément qui s’interpose,
quel qu’il soit — sauf si le sujet est le pronom relatif qui et que
l’élément en question est court : Voilà un ami qui demain part pour
le Pérou. (Écrire Voilà un ami qui, demain, part pour le Pérou n’en
est pas fautif pour autant, bien entendu.)

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Le groupe verbal joue toujours le même rôle syntaxique : prédicat.
,
3. Lulu, écoute ce que je te dis (une apostrophe suivie d’une phrase
de type impératif) signifie tout autre chose que Lulu écoute ce que
je te dis.

5 Avant un verbe à sujets juxtaposés

Son humour, sa gentillesse, sa grâce, étaient fascinants.

L’usage est hésitant, mais avant un verbe à sujets juxtaposés, il


semble raisonnable de mettre une virgule… qui disparaît s’il y a
gradation ou résumé :

Quelques mots, un geste de la main, un regard aurait suffi.


Les tableaux, les sculptures, les céramiques, tout était superbe.

Remarque
La même virgule se retrouve à la fin de ces autres juxtapositions : Des
drapeaux bleu, blanc, rouge, flottaient un peu partout. — Tout ce
qui était beau, bon, pas cher, attirait de nombreux clients. — Les
gens trop sûrs d’eux, de leur pouvoir, de leur élégance, ne m’ins-
pirent plus que de l’ennui.
L’usage, encore là, est hésitant.

6 Entre de courtes phrases

Il ferma les yeux, il fit un vœu, il souffla les bougies.


Mon père aime ton courage, ma mère ton sens de l’humour.
(= […], ma mère <aime> ton sens de l’humour.)
,
Entre de courtes phrases que l’on juxtapose, on met une virgule pour
marquer un rythme soutenu et/ou un lien logique.

Remarques
1. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par le point, voir § 92.
2. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par le point-virgule, voir
§ 113-114.
3. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par le deux-points, voir
§ 145, 151-153.

7 Entre des groupes de même rôle

Jean, Paul et Stéphanie se sont enfuis.


Elle a volé des bagues, des boutons et du tissu.
Ils ont parlé à la boulangère, à la sage-femme et au pompier.
Je sentais le suspect nerveux, maladroit.
Odette dit que tu riais, que tu chantais, que tu étais heureux.

Entre des groupes de même rôle que l’on juxtapose, le plus simple
est de mettre une virgule.

Remarques
1. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par le point, voir § 94.
2. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par le point-virgule, voir
§ 115.

8 À l’intérieur d’une énumération verticale

Les serpents choisis :


• le python royal,
• le cobra,
• le crotale.
,
Dans une énumération verticale toute simple que l’on choisit de
ponctuer, on met des virgules et un point. En revanche, dans une
énumération verticale plus complexe, les virgules subdivisent ce que
divisent les points-virgules (voir § 117) :

Objectifs visés par l’entreprise :


1. Se faire connaître
a) par des campagnes de publicité,
b) par le parrainage de manifestations culturelles ou sportives
d’envergure,
c) par de généreux dons à des œuvres de bienfaisance ;
2. Restructurer ses opérations ;
3. Se lancer à l’assaut du marché international.

9 À la fin d’une énumération verticale

Les serpents choisis sont


• le python royal,
• le cobra,
• le crotale,
et notre infographiste a mis la main sur de superbes images.

À la fin d’une énumération verticale subdivisée par quelques virgules,


on en met une dernière quand il s’agit de poursuivre une phrase ou
de marquer entre deux phrases le temps d’arrêt le plus simple.

10 Entre verbe et complément du verbe

Tu as vu Gabriel ?
Tous comptaient sur le capitaine.
Cette crapule ira en enfer.
,
Avouons qu’il se fait tard.
Elle se souvient que c’était un jeudi.

Si un verbe est immédiatement suivi de son complément, aucune


virgule ne les sépare.

Remarques
1. Tu as vu, Gabriel ? (un sujet, son prédicat, une apostrophe) signifie
tout autre chose que Tu as vu Gabriel ?
2. Avant d’écrire le complément d’un verbe que l’on vient d’employer
absolument, on met un point — et non une virgule : Hier soir, j’ai
bu. Du cognac. (= Hier soir, j’ai bu. <J’ai bu> du cognac.)

11 Après un complément indirect


en début de phrase

« Et en 1976, que se passe-t-il donc ?


— À Robert Bourassa succède René Lévesque. »

« As-tu pu te confier ?
— À mon fils je n’ai rien dit, mais…»

L’usage est hésitant, mais en début de phrase — surtout s’il y a inver-


sion du sujet —, il semble raisonnable de ne pas mettre de virgule
après un complément indirect.

Remarques
1. À mes amis, à mes collègues, je me dois de faire toute la lumière
sur cette affaire. — Si deux ou plus de deux compléments sont
juxtaposés, on n’omet de mettre une virgule après eux que s’il
y a gradation : À mes collègues, à mes amis, à ma compagne je
me dois de faire toute la lumière sur cette affaire.
,
2. Certains écrivent À elle, il dit tout, pour éviter le télescopage
de deux pronoms, ou À un film qui ennuie, succède un chef-
d’œuvre, pour éviter celui de deux verbes.
3. Au début d’une phrase de forme emphatique, un thème mis en
évidence par détachement ne joue aucun rôle syntaxique (voir
§ 62). Dans À moi, cela me paraît évident ou Ce problème, Louis
en a parlé, les compléments indirects sont les mots me et en.

12 Avec un modificateur du groupe verbal

Vos gardes du corps dorment trop.


Nous ferons ces tartes en silence.
« Pierre aurait peur », répondit-elle en roulant ses r.

« Il joue mal ?
— Il joue comme un pied. »
(= Il joue comme un pied <joue>.)

Que le modificateur du groupe verbal soit un groupe adverbial, un


groupe prépositionnel, une participiale au gérondif ou toute autre
subordonnée, aucune virgule ne le détache — sauf s’il est mis en
évidence en début de phrase, parfois immédiatement après le sujet :

Comme un idiot, j’attendais un train qui n’existait pas.


(= Idiotement, j’attendais un train qui n’existait pas.)

L’anaconda, lentement, resserra son étreinte.

… ou si l’on veut faire sentir, en fin d’énoncé, un ajout (un acte de


parole * additionnel) :

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
« Et qu’a dit le témoin ?
— Il a dit ce qu’il savait, avec émotion. »
(= Il a dit ce qu’il savait, <il l’a dit> avec émotion.)
(= Il a dit ce qu’il savait. Avec émotion.)

Remarques
1. En début de phrase, le modificateur du groupe verbal n’est suivi
d’aucune virgule s’il y a inversion du sujet : Ainsi parlait Zara-
thoustra.
2. On écrit Bobby Kennedy est mort comme son frère, victime d’un
assassinat politique, mais Tôt ou tard, nous mourrons tous,
comme eux. En effet, Bobby Kennedy est mort comme son
frère donne une information — et une seule —, tandis que Nous
mourrons tous, comme eux, en donne deux : Nous mourrons
tous [1], <nous mourrons> comme eux <sont morts> [2].

13 Avec comme, ainsi que,


autant que…, entre deux sujets

L’un comme l’autre dorment. (Que font les jumeaux ?)


Son mari ainsi que son frère aiment la chasse.

Quand deux sujets sont placés de part et d’autre de comme, ainsi


que, autant que…, de deux choses l’une : ou l’énoncé donne une
seule information et s’écrit d’un trait, ou il en donne deux — dont une
est accessoire… et détachée :

Son mari, ainsi que son frère, aime la chasse.


Ses qualités, autant que ses défauts, étaient excessives.
,
Remarque
En pareilles circonstances, de même que est toujours encadré par
des virgules.

14 Avant et, ou, ni


(entre deux groupes de même rôle)

À Oklahoma City, McVeigh et Nichols ont tué 19 enfants.


Prouve ton innocence et que le coupable est cet homme.
On abattra le chêne ou le noyer.
Nous rencontrerons la mère d’Agnès ou le père de Paul.
Cela se fera sans tambour ni trompette.
Je n’ai pas le goût ni le temps de me déguiser.

On ne met pas de virgule avant et, ou, ni, quand ils unissent deux
groupes de même rôle — à moins d’une situation exceptionnelle, par
exemple si le second groupe contient un élément qui lui est propre :

Elle a les cheveux longs, et blonds comme de l’or.

… ou s’il faut éviter une ambiguïté, une confusion :

J’y vis les fiancés de mes deux sœurs, et d’anciennes collègues 1.

… ou si l’on veut faire sentir, en fin d’énoncé, un ajout (voir le


paragraphe suivant) :

« Je doute fort de sa compétence…


— Tu as tort. Il n’est pas incompétent, ni malhonnête. »

1. Ici, d’anciennes collègues est un second complément du verbe voir, et non un


second complément du nom fiancés.
,
15 Avant et, ou, ni (entre deux phrases)

Sa face était une pleine lune, et l’acné y creusait ses cirques.


Il m’a appelée lundi, et mardi, moi, je suis partie.
Elles adorent lire, et dessiner leur déplaît.
Une facture de plus, et c’était la faillite.
Il est le pire, et de loin.
Il est le pire, et pour cause.
J’en passe, et des meilleures.
Ouvrez l’œil, et le bon.
Jean se rendra là-bas, ou Paul.
Une collègue en a perdu l’appétit, ou presque.
Ce lac n’est pas profond, ni cette rivière.

Avant et, ou, ni, quand ces coordonnants relient deux phrases
— surtout si les sujets sont différents, et même si certains mots sont
sous-entendus —, on met une virgule dès lors que l’on veut faire
sentir la présence de deux actes de parole * distincts.

Remarques
1. Suis ces conseils à la lettre, et tu m’en donneras des nouvelles.
— Certaines virgules semblent marquer, par surcroît, une suc-
cession dans le temps.
2. Si deux phrases courtes forment un ensemble, la virgule
s’efface le plus naturellement du monde : « Comment vont tes
sœurs ? — L’une rentre de voyage et l’autre se remet d’une peine
d’amour. »
3. Pour ce qui regarde et suivi d’une phrase commençant par un
complément de phrase, voir § 67.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
4. Quand et est précédé d’une phrase… subordonnée exprimant
une hypothèse, la virgule est forcée : Accuse ton père d’inceste,
et on te traitera de menteuse. — Qu’il pleuve, et Sylvain est tout
mélancolique. (Voir § 74.)

16 Avant et et ou (pour marquer une opposition)

Tu souffres le martyre, et tu ne prends aucune morphine ! ?


Croyez-moi. Je relèverai ce défi, ou j’en mourrai de honte.

On met une virgule avant et et ou dès lors qu’ils marquent une


opposition entre deux énoncés. Et signifie alors « pourtant » ; ou,
« sinon ».

Remarques
1. Il arrive que l’opposition soit marquée par et non : Je condamne
les gestes qu’elle fait, et non sa fortune. — À ne pas confondre,
bien sûr, avec Cela est nul et non avenu.
2. Il arrive que l’opposition soit marquée par ou sinon, ou bien, ou
plutôt…: Dis-moi tout, ou sinon je t’étripe ! — On rentre dans le
rang, ou bien on se rebelle pour de bon. — J’aime, ou plutôt
j’adore cette industrie.
3. Il arrive que l’opposition soit marquée par deux ou (voir § 18) :
Avec lui, tout est toujours ou blanc ou noir. — De deux choses
l’une : ou tu démissionnes élégamment, ou je te mets à la porte.

17 Avec ou (pour donner une équivalence,


une traduction)

Le naja, ou serpent à lunettes, a de belles qualités.


Le sand wedge, ou cocheur de sable, est un fer.
,
Deux virgules détachent une équivalence ou une traduction intro-
duites par ou.

18 Avec deux et, deux ou, deux ni

Il avala et la lame de rasoir et la boule de billard.


Je citais ou Nelligan ou Claude Gauvreau.
Elle conseille à ses élèves des romans ou courts ou peu coûteux.
Ni son ami ni son ennemi ne le comprennent.
On n’oubliera jamais ni Hiroshima ni Nagasaki.

S’ils ne relient que deux groupes de même rôle, on ne met habituelle-


ment pas de virgule entre deux et, deux ou, deux ni. En revanche,
s’ils en coordonnent trois, on a le choix entre ne mettre aucune
virgule :

Elles te trouvent bête et triste et gauche.


Que Lucie ou Lise ou Paul se soient soûlés, cela m’est égal.

… ou en mettre une chaque fois que l’on veut faire sentir un ajout :

Nous en parlerons à ses frères et sœurs, et à ses amis.


C’est un joueur habile et intelligent, et généreux.
C’est un joueur habile, et intelligent et généreux.
C’est un joueur habile, et intelligent, et généreux.
Il courtisera la belle Julie, ou Elsa, ou cette pauvre Manon.
Elle ne se rappelle jamais ses excès, ni ses torts, ni ses échecs.

Remarque
Si deux ou opposent plutôt des phrases entières, la virgule est
forcée : Faites votre choix, Walter : ou vous me restez fidèle, ou vous
allez vous faire pendre ailleurs.
,
19 Avec trois et, trois ou, trois ni

Et les maths, et la physique, et la chimie, lui semblent faciles.


Ni toi, ni elle, ni moi, n’en avons le goût.

En début de phrase, avec trois et, trois ou, trois ni, on met habituelle-
ment une virgule avant les deuxième et troisième coordonnants. Après
le troisième élément, elle est facultative. Ailleurs, on en met une
chaque fois que l’on veut donner un maximum de relief à l’un ou
l’autre des éléments coordonnés :

Elles te trouvent bête et triste, et gauche, et laid.


Vous irez et jeudi, et vendredi, et samedi.
À l’époque, nous travaillions tous, et toi, et elle, et moi.
J’achèterai un best-seller, ou quelques revues, ou les journaux du
matin, ou…
Je n’ai ni argent ni cartes de crédit, ni chèques.

Remarque
En pareilles circonstances, à vrai dire, il n’y a qu’avec et que l’on se
permette parfois de ne mettre aucune virgule : Elles te trouvent bête
et triste et gauche et laid.

20 Avec soit… soit

« Quand papa se reposera-t-il ?


— Papa se reposera soit demain soit samedi. »

« Que fera papa ?


— Papa se reposera, soit demain soit samedi. »
,
(= Papa se reposera, <il se reposera> soit demain soit samedi.)
(= Papa se reposera. Soit demain soit samedi.)

Quand deux groupes de même rôle sont coordonnés par soit… soit,
on ne met une virgule avant le premier soit que s’il introduit un ajout.
Avant le second, l’usage est hésitant, mais il semble raisonnable de
ne mettre une virgule que si le premier des groupes coordonnés est
trop long :

Soit Marianne soit Stéphanie sera élue présidente.


Je lirai soit toutes les pièces de théâtre de Michel Tremblay, soit
Les Rougon-Macquart.

Cela dit, si ce sont deux phrases que l’on cherche à ainsi opposer, la
virgule est forcée :

Soit nous irons voir Starmania, soit nous jouerons au poker.

Remarques
1. Le Bon usage et le Nouveau dictionnaire des difficultés du fran-
çais moderne condamnent la construction du dernier exemple, lui
préférant Ou (bien) nous irons voir Starmania, ou (bien) nous
jouerons au poker.
2. Met-on une virgule avant le premier de trois soit ? Tout dépend s’il
donne la première de trois informations… ou la deuxième de
quatre : Mme Lebel se rendra soit à Zurich, soit à Londres, soit à
New York. — « Que fait Paul de ses après-midi ? — Il étudie, soit
au centre d’aide, soit à la cafétéria, soit à la bibliothèque. »
3. Avec soit… ou, personne ne met jamais de virgule avant ou : « Et
quel est le jour J ? — Je pars soit demain ou samedi. »
4. Entre deux soit que, on met toujours une virgule : Il ne sort jamais,
soit que son travail l’accapare, soit que la fatigue l’abatte.
,
21 Avec tantôt… tantôt

« Quand prendra-t-elle congé ?


— Tantôt le lundi tantôt le mercredi. »
(= <Elle prendra congé> tantôt le lundi tantôt le mercredi.)

« L’été prochain, que feras-tu ?


— Je voyagerai, tantôt seul tantôt avec Annie. »
(= Je voyagerai, <je voyagerai> tantôt seul tantôt avec Annie.)
(= Je voyagerai. Tantôt seul tantôt avec Annie.)

Quand deux groupes de même rôle sont coordonnés par tantôt…


tantôt, on ne met une virgule avant le premier tantôt que s’il intro-
duit un ajout. Avant le second, l’usage est hésitant, mais il semble
raisonnable de ne mettre une virgule que si le premier des groupes
coordonnés est trop long :

« Quand prendra-t-elle congé ?


— Tantôt quand elle le voudra bien, tantôt quand les circonstances
l’exigeront. »

Cela dit, si ce sont deux phrases que l’on cherche à ainsi opposer, la
virgule est forcée :

Tantôt il est sobre comme un chameau, tantôt il boit immodérément.

Remarque
Met-on une virgule avant le premier de trois tantôt ? Tout dépend si
le premier donne la première de trois informations… ou la deuxième
de quatre : Mme Lebel se rendra tantôt à Zurich, tantôt à Londres,
tantôt à New York. — « Que fait Paul de ses après-midi ? — Il étudie,
tantôt au centre d’aide, tantôt à la cafétéria, tantôt à la
bibliothèque. »
,
22 Avec moitié… moitié ou à moitié..., à moitié

À midi, mon jardin est moitié à l’ombre, moitié au soleil.


Elle me répondit avec un air à moitié candide, à moitié canaille.

On met une virgule entre deux éléments mis en parallèle par moitié…
moitié ou à moitié… à moitié.

Remarque
Cette virgule disparaît toutefois dès lors que l’on utilise moitié… et
moitié ou à moitié… et à moitié : Je me sentais moitié triste et
moitié gai.

23 Avec plus… plus, moins…


meilleur, tel… tel…

Plus on est de fous, plus on rit.


Plus il se tait, moins il me plaît.
Moins je dors, moins j’ai d’entrain.
Moins tu te hâteras, meilleur sera le résultat.
Tel père, tel fils.

On met une virgule entre deux phrases mises en parallèle par plus…
plus, moins… meilleur, tel… tel…

24 Avec et ce

J’arrête de fumer, et ce, dès demain.

Deux virgules détachent et ce.


,
25 Avec etc.

Jadis, on admirait Béliveau, Harvey, Geoffrion, etc.

On met une virgule avant etc. Et quand le point abréviatif n’est pas
en même temps le point final, on en met une autre juste après :

J’ai apporté du vin, du pain, des pâtés, etc., et mon hôte a été ravi.

Remarque
Bien sûr, rien n’interdit, en pareilles circonstances, de mettre un point-
virgule : J’ai apporté du vin, du pain, des pâtés, etc. ; et mon hôte a
été ravi.

26 Avant mais

Bernard l’attendait à l’aéroport, mais elle avait raté son avion.


Ils ne sont pas séparés, mais divorcés.

Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, une coordination implique, au


fond, deux phrases. Mais, par surcroît, oppose ces phrases. On met
donc, avant ce mot, une virgule. — Sauf qu’une coordination permet
aussi l’ellipse d’éléments communs. Dans le cas de mais, plus les
mots sous-entendus sont nombreux, importants, plus on répugne à
mettre la virgule :

Je conduirai l’auto lentement mais sûrement.


(= Je conduirai l’auto lentement mais <je la conduirai> sûrement.)

Jean, avare mais généreux, me prêta 90 $.


(= Jean, <qui est> avare mais <qui est> généreux, me prêta 90 $.)
,
Alain est paresseux mais doux comme un agneau.
Maruyama est un petit mais puissant golfeur.
Un enfant cultivé mais malveillant ne m’inspire aucune estime.

Remarques
1. Dans Bernard l’attendait à l’aéroport, mais elle avait raté son
avion, la virgule fait d’une pierre deux coups : elle indique que l’on
vient de donner une information, de répondre à une question (Que
faisait Bernard ?), et elle annonce un ajout.
2. Jean, avare mais généreux, me prêta 90 $ est à comparer à
Jean, généreux quoique avare, me prêta 90 $ (voir § 72, Rem.
2), à Son attitude, froide sinon hostile, m’exaspérait (voir § 34,
Rem. 3) et à Martine, détendue puisque heureuse, fermait les
yeux (voir § 71, Rem. 2). On a affaire à une forte ellipse et deux
virgules sont déjà dans les parages immédiats.
3. Il arrive que mais soit répété : Michèle était certes impardonnable,
mais lui en tenir rancune, mais chercher à la blesser, mais
permettre qu’on l’humilie, cela ne m’a jamais effleuré l’esprit.

27 Avec non… mais, non pas… mais,


non seulement… mais

Il a fait non une crise de nerfs mais une colère toute légitime.
Barbara est non pas une collègue mais une amie.
J’achèterai non seulement des clous mais tout ce qu’il me faut.

Il semble raisonnable de ne pas mettre de virgule quand non… mais,


non pas… mais, non seulement… mais, se glissent entre un verbe
et deux compléments du verbe, entre un verbe et deux attributs…
,
Remarques
1. L’usage est hésitant. Dans Le bon usage, André Goosse écrit, par
exemple : « La proposition au subj. peut dépendre, non pas de ce
verbe principal, mais d’un infinitif présent […]. »
2. Dans le cas de non seulement… mais, de non seulement…
mais encore, de non seulement… mais même, si l’on a plutôt
affaire à deux phrases, il faut ponctuer différemment : Non seule-
ment je ne suis pas contre, mais je suis pour. — Non seulement
je ne suis pas contre, mais encore je suis pour. — Non
seulement je ne suis pas contre, mais même je suis pour.
3. On met une virgule dans Elle n’est pas seulement ma voisine,
mais aussi une merveilleuse confidente. On a alors affaire à deux
actes de parole * nettement distincts.

28 Après mais

Mais, vous êtes fou !

La langue parlée familière faisant de mais une interjection, il arrive


que l’on détache ce mot pour exprimer un émoi, un scrupule, une
hésitation ou un temps de réflexion — surtout si l’on rapporte des
paroles dans le système du discours direct.

Remarques
1. Ah mais, eh mais, non mais, sont des locutions interjectives (voir
§ 49).
2. Lorsque mais ne fait que renforcer l’expression, c’est d’un trait
que l’on écrit mais oui, mais si, mais non, mais enfin, mais bon,
mais encore? mais voyons!

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
3. Pour ce qui regarde le coordonnant mais suivi d’un complément
de phrase, voir § 67.
4. Le coordonnant mais précède parfois certains éléments que l’on
doit détacher : une apostrophe, une incidente, une incise… : Vos
intentions sont excellentes, mais, mon cher Paul, je vous le
répète : vous avez tort. — Ce Clarence Gagnon m’a certes coûté
15 000 $, mais, me semble-t-il, c’était donné. — Tout ce que
vous avancez est irréfutable, mais, dit-elle, je n’y attache aucune
importance.

29 Avant car

Elles n’aiment pas ce portrait, car le nez est trop long.


« Pars-tu toujours pour l’Italie ?
— Non, car je n’ai plus d’argent. »

On met une virgule avant car.

Remarques
1. Dans Elles n’aiment pas ce portrait, car le nez est trop long, la
virgule fait d’une pierre deux coups : elle indique que l’on vient de
donner une information, de répondre à une question (Aiment-elles
ce portrait ?), et elle annonce un ajout.
2. Au coordonnant car il faut préférer le subordonnant parce que
dès lors qu’il s’agit de présenter un foyer d’information * : « Pour-
quoi cet enfant pleure-t-il ? — Il pleure parce qu’il est tombé.»
La phrase ainsi enchâssée ayant un rôle syntaxique à jouer
(complément de phrase), on a bel et bien affaire à une
subordination.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
3. Pour ce qui regarde car suivi d’un complément de phrase, voir
§ 67.

30 Après or

Les enfants l’aiment, or tu es un enfant, donc tu l’aimes.


Il brûlait de se confier. Or Anne, sa femme, dormait à poings fermés.
Tu veux que j’aie les idées claires. Or sans café, le matin, je ne vaux
rien.

L’usage est hésitant, mais il semble raisonnable de ne mettre une


virgule après or que si ce coordonnant est suivi d’un adverbe
modalisateur, ou d’un complément de phrase non essentiel à la
compréhension de l’énoncé :

Elle a finalement dit oui. Or, apparemment, il aurait fallu dire non.
Il fallait que j’y sois. Or, ce samedi-là, c’était impossible.

Remarques
1. À l’oral, il arrive que or porte un tel accent qu’il est suivi d’une
pause. C’est ce qui fait que certains, à l’écrit, sont tentés de
mettre chaque fois une virgule après — surtout s’il s’agit de
rapporter des paroles dans le système du discours direct.
2. Or précède parfois certains éléments que l’on doit détacher : une
apostrophe, une incidente, une incise… : Vous semblez faire
confiance à cette folle. Or, mon pauvre Paul, elle ment comme
elle respire. — Nous avions mis tous nos œufs dans le même
panier. Or, vois-tu, il ne fallait pas. — Cette jeune fille fréquente un
Turc. Or, dit-elle, sa mère a une dent contre les Turcs.
3. Or donc s’écrit d’un trait : Or donc, le sous-ministre remit sa
démission.
,
31 Avant voire

Cet enfant se montrait souvent impoli, voire carrément grossier.


Je trouve tout cela inutile, voire un peu idiot.

On met une virgule avant l’adverbe voire, qui signifie « et même » et


sert à renforcer une assertion.

32 Avant c’est-à-dire (que),


autrement dit, à savoir (que)…

C’est l’un des rescapés, c’est-à-dire un miracle ambulant.


Elle doit beaucoup à M. Trudel, c’est-à-dire qu’elle lui doit tout.
Le patron ne me salue plus, autrement dit mon compte est bon.
Ce problème l’intéressait, à savoir si les anges ont un sexe.
Je tiens à cette vérité, à savoir que l’habit ne fait pas le moine.

On met une virgule avant c’est-à-dire (que), autrement dit, à savoir


(que)…

Remarque
Il arrive que autrement dit ou en d’autres termes soient en début
de phrase. Ils sont alors suivis d’une virgule : Le patron ne me salue
plus. En d’autres termes, mon compte est bon.

33 Après c’est pourquoi

Il travaille mal. C’est pourquoi nous le remercions.


Il travaille mal, et c’est pourquoi nous le remercions.

On ne met pas de virgule après c’est pourquoi.


,
Remarque
C’est pourquoi précède parfois certains éléments que l’on doit
détacher : une apostrophe, une incidente, une incise… : Je ne sais
plus où j’en suis, moi. C’est pourquoi, mon vieux, il faut que tu
m’aides. — Sa mère a eu peur. C’est pourquoi, paraît-il, elle
est partie en catastrophe. — L’économie semble reprendre du poil
de la bête. C’est pourquoi, dit-on, ces deux contrats nous sont
offerts.

34 Après donc, puis, ensuite,


sinon, autrement…

Descartes est celui qui a écrit : « Je pense, donc je suis. »


Il a tordu le cou de cette pauvre poule, puis il l’a plumée.
Il faut que je le fasse, sinon je ne me le pardonnerai jamais.

Habituellement, après donc, puis, ensuite, sinon, autrement…, on


ne met une virgule que si ces mots sont immédiatement précédés
d’un signe plus fort que cette virgule (point, points de suspension,
d’interrogation ou d’exclamation en fin de phrase, point-virgule, paren-
thèse ouvrante…) :

L’abbé a prié. Ensuite, il s’est fait une camomille.


Déballe ton sac ! Sinon, je m’en vais.
Elles se sont calmées; puis, nous nous sommes rendormis.
Appelle ce soir (autrement, personne ne saura quoi faire).

Remarques
1. Attention au donc explétif, qui ne sert qu’à renforcer l’expression :
Va-t’en donc, Charles! — Écoute-moi donc, quand je te parle.
,
Il peut être suivi d’une apostrophe, d’un thème * rejeté en fin de
phrase, etc.
2. Or donc est suivi d’une virgule : Or donc, le sous-ministre remit
sa démission.
3. De même que l’on écrit Jean, avare mais généreux, me prêta
90 $ (voir § 26), Jean, généreux quoique avare, me prêta 90 $
(voir § 72, Rem. 2) et Martine, détendue puisque heureuse,
fermait les yeux (voir § 71, Rem. 2), on écrit Son attitude, froide
sinon hostile, m’exaspérait. Sans virgule avant sinon. On a affaire
à une forte ellipse et deux virgules sont déjà dans les parages
immédiats.
4. Deux virgules entrent en jeu dans des énoncés tels que Cette philo-
sophe était, sinon ma meilleure amie, du moins une femme que
j’adorais.
5. Pour ce qui regarde ou sinon, voir § 16, Rem. 2.

35 Avant sauf, hormis, excepté

Tous les commerces réalisent des profits records, sauf le vôtre.


Je suis sans cesse chez moi, hormis les mardis soir.
Tout le monde fut estomaqué, excepté Diane.

On met une virgule avant sauf, hormis, excepté, quand ils sont
éloignés du groupe dont ils restreignent le sens. En revanche, quand
ils le suivent immédiatement, on ne met une virgule que si l’on veut
réaliser deux actes de parole * :

Tous les commerces sauf le vôtre réalisent des profits records.


(= Les commerces X, Y et Z réalisent des profits records.)

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
Il but tout, sauf le lait. (Que but-il ? But-il absolument tout ?)
(= Il but tout, <il but tout> sauf le lait.)
(= Il but tout. Sauf le lait.)

Remarques
1. On détache à tout coup certaines expressions : Cette entreprise
nous doit 8 037,75 $, sauf erreur de calcul. — Je crains que vous
ne vous mettiez le doigt dans l’œil, sauf votre respect.
2. On met une virgule avant sauf que, hormis que, excepté que
(suivis de l’indicatif ou du conditionnel), sauf si, sauf quand, sauf
à suivi de l’infinitif (qui est un tour littéraire et signifie « quitte à »,
« sous la réserve de »)... : Tout va bien, sauf que le ciel se couvre.
— Il n’est pas question que j’y aille, sauf si tu me promets que
l’on me traitera comme un roi. — Caroline ne pleure jamais, sauf
quand son frère lui dit des méchancetés. — Il faut fuir les méde-
cins, sauf à leur demander plus tard de nous sauver la vie.

36 Avec par exemple, entre autres

Il est allé partout. Par exemple, à Rio.


Il est allé partout (à Rio, par exemple).
Elle a invité plusieurs amis (Agathe et Bill, entre autres).

On met une virgule entre par exemple, entre autres, et l’élément


qu’ils accompagnent — sauf s’il y en a déjà une juste avant :

Il est allé partout, par exemple à Rio.


Il est allé partout, à Rio par exemple.
Elle a invité plusieurs amis, entre autres Agathe et Bill.

Remarque
Deux virgules détachent presque toujours ce qui s’interpose entre
sujet et prédicat : Ce cheval, par exemple, gagna le Preakness.
,
— J’invite quelques amis. Jacques, entre autres, a confirmé sa
présence.

37 Avec un adverbe organisateur

Premièrement, définissons le surréalisme.


Enfin, songez aux dangers qui nous guettent.
Cet auteur, en revanche, fait preuve d’indéniables qualités.
Une telle guerre, par contre, a mille conséquences funestes.

L’adverbe appelé « organisateur » ne joue aucun rôle syntaxique au


sein de la phrase ; il marque les grandes étapes d’un texte et l’orga-
nise du point de vue chronologique, logique ou argumentatif… Un
souci de clarté fait qu’on le détache habituellement par une ou deux
virgules quand il est en début de phrase ou casse trop nettement le
fil du discours (par exemple, entre sujet et prédicat). — Dans le
doute, on est donc devant une alternative :

Tout citoyen a, certes, des devoirs.


Tout citoyen a certes des devoirs.

Duplessis était, toutefois, le seul responsable.


Duplessis était toutefois le seul responsable.

Remarques
1. En fin de phrase, détacher ces adverbes revient à les mettre en
relief... et à mettre en relief le foyer d’information * qui précède : Ils
ont soif, en effet.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
2. Plutôt que de marquer les grandes étapes d’un texte, si de tels
adverbes relient simplement deux phrases, sans doute peut-on
les considérer comme des coordonnants.
3. En début de phrase, quand ils précèdent une inversion du sujet,
ainsi, aussi, aussi bien, encore, à plus forte raison, à peine,
au moins et du moins ne sont pas détachés : La nudiste s’était
tue. Aussi avions-nous tous conclu qu’elle n’avait plus rien
à dire.

38 Avec un adverbe modalisateur

Évidemment, elle considérait le cubisme comme un bluff.


Hitler, apparemment, aimait l’aquarelle.
L’armée d’occupation, heureusement, ne détruisit pas le Louvre.
C’est quelqu’un qui, au fond, ne s’intéresse pas aux autres.

L’adverbe appelé « modalisateur » doit être analysé hors des groupes


syntaxiques de la phrase proprement dite ; grâce à lui, comme l’écrit
Éric Genevay, l’émetteur exprime simplement « son adhésion à ce
qu’il dit, la plus ou moins grande prise à son compte de l’information
qu’il donne, sa réaction affective, son jugement personnel ». Un souci
de clarté fait qu’on le détache habituellement par une ou deux
virgules quand il est en début de phrase ou casse trop nettement le
fil du discours (par exemple, entre sujet et prédicat). — Dans le
doute, on est donc devant une alternative :

Anne sera, fort probablement, tentée d’accepter.


Anne sera fort probablement tentée d’accepter.

Il était, bien sûr, trop tard.


Il était bien sûr trop tard.
,
Remarques
1. On traite de la même façon les autres marques de modalisation
que sont les expressions comme Dieu merci, par bonheur, à ma
grande surprise, à vrai dire, en vérité, à la vérité, selon toute
vraisemblance, sauf erreur, à mes yeux, pour moi, selon moi,
d’après moi…
2. En début de phrase, quand ils précèdent une inversion du sujet,
peut-être et sans doute ne sont pas détachés : Le barman n’est
pas encore arrivé. Peut-être a-t-il eu une crevaison.
3. En fin de phrase, détacher l’adverbe modalisateur revient à le
mettre en relief... et à mettre en relief le foyer d’information * qui pré-
cède : Tous me regardaient, curieusement. (Sans compter que
Tous me regardaient curieusement signifierait tout autre chose.)

39 Que suivi d’un adverbe organisateur ou


modalisateur commençant par une voyelle

Il pense qu’en revanche, les années trente ont été fascinantes.


Il pense qu’en revanche les années trente ont été fascinantes.
Je crois qu’évidemment, tout dépend du prix.
Je crois qu’évidemment tout dépend du prix.

Quand le subordonnant non lié que 1 est immédiatement suivi d’un


adverbe organisateur ou modalisateur commençant par une voyelle,
il arrive que son e s’élide, et la virgule qui suit habituellement cet
adverbe en début de phrase n’est mise que si l’on en sent le besoin.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Un subordonnant non lié ne fait que marquer l’enchâssement d’une subordonnée ;
un subordonnant lié joue ce même rôle, mais aussi celui de remplacer l’un des
constituants de la phrase enchâssée : Voici les singes que j’ai achetés, par
exemple, vient de Voici les singes et de J’ai acheté ces singes.
,
Remarques
1. Bien sûr, si son e ne s’élide pas, deux virgules sont forcées : Elle
dit que, au fond, tu as raison.
2. Quant au que lié (le pronom relatif), vu qu’il est presque toujours
le complément direct du verbe qui suit, sans doute est-il préférable
de ne pas casser le fil du discours : Voilà un pont qu’étrangement
je n’ai jamais emprunté.

40 Avec un adverbe d’acte de parole

Franchement, tu me déçois.
Votre proposition, honnêtement, ne nous dit rien.

L’adverbe appelé « d’acte de parole » ne joue aucun rôle syntaxique


au sein de la phrase ; il précise simplement la valeur de l’acte de
parole * dont il fait partie (franchement signifie ici « je le dis franche-
ment »). Un souci de clarté fait qu’on le détache habituellement par
une ou deux virgules quand il est en début de phrase ou casse trop
nettement le fil du discours (par exemple, entre sujet et prédicat).

Remarque
On traite de la même façon les expressions comme en toute
franchise, en toute honnêteté, blague à part, sans blague…

41 Avec un adverbe de point de vue

Politiquement, cet homme n’avait plus aucune valeur.


Notre entreprise, financièrement, était un gouffre sans fond.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
L’adverbe « de point de vue » ne joue aucun rôle syntaxique au sein
de la phrase ; il marque simplement l’angle sous lequel on envisage
les choses (politiquement signifie ici « du point du vue politique »). Un
souci de clarté fait qu’on le détache habituellement par une ou deux
virgules quand il est en début de phrase ou casse trop nettement le
fil du discours (par exemple, entre sujet et prédicat).

Remarque
On traite de la même façon les expressions comme généralement
parlant, strictement parlant…

42 Avec une incidente

Bob est savant, mais, si je puis dire, il m’ennuie mortellement.


Votre petit-fils, semble-t-il, a eu la frousse de sa vie.
Notre professeur le plus sévère, je l’avoue, m’a beaucoup appris.

Une ou deux virgules détachent une incidente 1.

Remarque
Pour ce qui regarde l’incidente et le rapport de force entre la seconde
virgule et les points d’interrogation ou d’exclamation (J’étais allé, t’en
souviens-tu? chez Bruno, à La Tuque — Elle vivait alors, je ne me le
rappelle que trop bien! à Tadoussac), voir § 240-241, 252.

1. Une incidente est une phrase insérée permettant à l’émetteur une intervention
personnelle (voir § 240-241, 252).
,
43 Avec une incise

« Monsieur est servi », annonça la servante.


— Monsieur est servi, annonça la servante.

« Je suis trop maigre... », murmura Nathalie.


— Je suis trop maigre…, murmura Nathalie.

« Il est plus de minuit, répéta-t-il. Tu devrais rentrer. »


— Je crains, dit-elle, que ce karatéka ne se dégonfle.

« Vous me dégoûtez », lança-t-il, ulcéré, serrant soudain les poings,


« et je vous montrerai bientôt de quel bois je me chauffe ! »

Une ou deux virgules détachent une incise 1.

Remarque
Pour ce qui regarde l’incise et le rapport de force entre la virgule et
les points d’interrogation ou d’exclamation quand les paroles rappor-
tées sont guillemetées, voir § 161, 163 ; quand elles sont plutôt
annoncées par des tirets, la tradition veut que l’on écrive — Sors le
chien ! jappa papa… et — T’ennuieras-tu ? demanda-t-elle. Dans
Le bon usage, il est toutefois écrit : « Selon une tendance récente,
certains auteurs (ou imprimeurs) doublent d’une virgule ce point
d’exclamation et ce point d’interrogation. » Cela donne, le cas
échéant : — Sors le chien !, jappa papa… et — T’ennuieras-tu ?,
demanda-t-elle.

1. Une incise est une phrase insérée indiquant que l’on rapporte les paroles ou les
pensées de quelqu’un (voir § 161, 163).
,
44 Avec une apostrophe

Bonjour, Danielle.
À Auschwitz, Maxime, 1 500 000 personnes moururent.
Ma chérie, reste calme.
Allez vous faire pendre ailleurs, vieille chipie.

Une ou deux virgules détachent une apostrophe, qu’il s’agisse d’un


simple nom, d’un terme d’affection, d’une injure…

Remarque
Au début d’une lettre, une formule d’appel comme Madame la Pré-
sidente est traditionnellement suivie d’une virgule, d’un interligne
double, d’un alinéa et d’une majuscule.

45 Avec un juron

Merde, j’ai oublié d’éteindre le feu…


Arrête, baptême, ou je te tords le cou ! !
Jamais, calvaire!

Une ou deux virgules détachent un juron.

46 Avec un impératif employé seul

Sophie, écoute, tu n’es pas raisonnable.

Une ou deux virgules détachent un impératif employé seul.


,
Remarque
Un tel impératif doit souvent être vu comme une interjection (voir
§ 49) : Tiens, voilà le facteur. — Allez, embrasse-moi, puis monte te
coucher. Il est tard.

47 Après vois-tu, sais-tu,


comprends-tu, n’est-ce pas…

Vois-tu, il n’est nul ciel si bleu qu’il ne se couvre à la fin.


Ce soir, savez-vous, j’ai le goût d’aller dans un bar.
L’été dernier, comprends-tu, ma compagne m’a quitté.
Ce qu’il faut, n’est-ce pas, c’est hausser les standards.

À la fin de la phrase de type interrogatif qui n’est qu’une formule


toute faite, dont le seul but est de maintenir la communication, on
met une virgule, et non un point d’interrogation.

48 Avant quoi

Les hyènes s’en donnaient à cœur joie ; c’était l’enfer, quoi.


C’est un as, un modèle, un héros... Un dieu, quoi.

On met une virgule avant quoi quand cette interjection accompagne


un mot qui résume une idée, une énumération.

49 Avec une interjection

Oh, le sacripant !
Oh, je devine déjà les reproches que l’on te fera.
,
C’est douloureux, hein, Josée ?
Il n’en reste plus un seul, hélas.
Eh bien, je l’avoue : j’ai eu peur.

Pour détacher une interjection ou une locution interjective, le plus


simple est de mettre une ou deux virgules.

Remarques
1. Nombreux sont ceux qui préfèrent le point d’exclamation : Oh! le
sacripant ! — Eh bien ! je l’avoue : j’ai eu peur. — Hé! Vous, là-bas !
Venez ici, s’il vous plaît. (Voir § 254.) Surtout si l’interjection ou la
locution interjective sont suivies d’une phrase de type exclamatif :
Ah ! que je suis malchanceuse !
2. On ne sépare habituellement pas les différents éléments d’une
locution interjective : Eh oui, je sais. — Ah zut ! J’ai oublié. — Ah
là là ! Ce n’est pas tous les jours dimanche…
3. On ne détache pas le ô vocatif (que le Bon usage voit d’ailleurs
comme un « introducteur ») : Tu me quittes, ô mon bel amour ?…
Ô malheur ! Tout s’obscurcit, et je sens que je sombre.
4. L’interjection diable semble souvent soudée à un mot interro-
gatif : Où diable est-elle passée ? — Que diable signifie tout ce
remue-ménage ?

50 Entre les onomatopées qui rendent le rire

Ha, ha, ha ! Trop drôle !


Arrête ! Tu me chatouilles ! Hi, hi !

Pour rendre le rire, il semble tout naturel de mettre une virgule entre
les onomatopées.
,
Remarque
Certains préfèrent Ha ha ha ! D’autres encore, Ha ! ha ! ha ! ou Ha !
Ha ! Ha !

51 Avec un mot répété


pour marquer le haut degré

Ce ne sont pas des gens très, très recommandables.


Stéphanie n’est pas vite, vite sur ses patins.

Dans le cas d’un mot répété pour marquer le haut degré, sans doute
met-on une virgule dans le but de montrer qu’il ne s’agit pas de bêtes
doublons.

52 Après seul en début de phrase

Toutes les autres rient. Seule ma sœur est malheureuse.


Seuls les oiseaux-mouches volent à reculons.

En début de phrase, quand il a une valeur quasi adverbiale, on ne


met pas de virgule entre seul et le nom avec lequel il s’accorde :
Seule ma sœur est malheureuse signifie tout autre chose que Seule,
ma sœur est malheureuse (= <Quand elle est> seule, ma sœur est
malheureuse).

Remarque
On écrit Vous seuls avez eu l’air fou ou Elle seule n’avait pas
approuvé cette nomination.
,
53 Avec je soussigné

Je soussignée, Marie-France Lavoie, linguiste, déclare que je ne suis


pour rien dans l’incendie de la cathédrale de Saint-Jérôme.

Dans le Dictionnaire des difficultés de la langue française, d’Adolphe


Thomas, il est écrit : « Dans la rédaction d’un acte, on écrit sans
virgules et en faisant l’accord avec le sujet : Je soussigné reconnais
avoir reçu de M. X… Je soussignée reconnais… Nous soussignés
reconnaissons… (ou Nous soussigné s’il s’agit d’un pluriel de
modestie). » On ne met de virgules que si l’on ajoute son nom, sa
qualité, son adresse.

54 Avec un groupe nominal


complément du nom

C’était un enfant prodige. (Quelle sorte d’enfant était-ce ?)

Une ou deux virgules ne détachent un groupe nominal complément


du nom (l’apposition de la grammaire traditionnelle) que s’il réalise un
acte de parole * distinct de l’acte de parole principal — autrement dit,
seulement si l’on a affaire à deux informations :

Max, un grand timide, a ri.


(Qu’a fait Max ? Quelle sorte d’homme est Max ?)
(= Max, <Max est> un grand timide, a ri.)

Boxeur hors pair, Jean-Jacques m’a vite mis K.-O.


Elle y a rencontré M. Legault, maire de Granby.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
Remarques
1. Si l’on a plus d’une sœur, on écrit Ma sœur Sylvie est pompière
volontaire. En revanche, si l’on n’en a qu’une, on écrit Ma sœur,
Sylvie, est pompière volontaire.
2. Pour ce qui regarde, dans le compte rendu d’une réunion, la men-
tion du titre, de la fonction ou du grade d’une personne, voir le
paragraphe suivant ; pour ce qui regarde la même mention au bas
d’une lettre, sous la signature, voir § 82.

55 M. DUBOIS, trésorier. —

M. DUBOIS, trésorier. — Il nous reste exactement 4 109,74 $.


Mme BACH, p.-d. g. — Permettez-moi, messieurs, de voir grand.

Dans le compte rendu d’une réunion, si l’on désire, après avoir écrit
le nom d’un intervenant, indiquer son titre, sa fonction, son grade, on
met d’abord une virgule.

Remarque
Le titre, la fonction, le grade, sont composés en italique maigre.

56 Avec un groupe adjectival complément du nom

J’ai un lilas japonais. (Quel type de lilas as-tu ?)

Une ou deux virgules ne détachent un groupe adjectival complément


du nom (l’épithète ou l’adjectif en apposition de la grammaire tradi-
tionnelle) que s’il réalise un acte de parole * distinct de l’acte de

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
parole principal — autrement dit, seulement si l’on a affaire à deux
informations :

Max, timide, a ri. (Qu’a fait Max ? Quelle sorte d’homme est Max ?)
(= Max, <Max est> timide, a ri.)

Furieuse, elle raccrocha.


Diane dormait debout, pâle comme un cierge.

57 Avec une relative

Elle aime le jumeau que tu hais.


(Lequel des jumeaux aime-t-elle ?)

Un trèfle qui a quatre feuilles porte bonheur.


(Qu’a de spécial un trèfle qui a quatre feuilles ?)

Une ou deux virgules ne détachent une relative que si elle réalise un


acte de parole * distinct de l’acte de parole principal — autrement dit,
seulement si l’on a affaire à deux informations :

Max, qui est timide, a ri.


(Qu’a fait Max ? Quelle sorte d’homme est Max ?)
(= Max, <Max> est timide, a ri.)

Ils ont demandé à Line, qui a accepté.


(Qu’ont-ils fait ? Quelle fut la réaction de Line ?)
(= Ils ont demandé à Line, <Line> a accepté.)

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
Remarques
1. On ne détache pas la relative d’un énoncé comme Toi qui n’as pas
froid aux yeux, écoute-moi.
2. Entre antécédent et relative, s’il n’y a qu’un verbe, on ne met
habituellement pas de virgule : Je la vis qui s’enfuyait. (= Je la vis
au moment même où elle s’enfuyait. Je la vis s’enfuir.) — On les
trouva qui jouaient dans leur chambre. (= On les trouva jouant
dans leur chambre.) — Un groom entre qui apporte un télé-
gramme. (= Un groom qui apporte un télégramme entre.) En
revanche, dès que l’on a affaire à un prédicat plus important, on
peut le regretter, mais rares sont ceux qui, par exemple, écrivent
d’un trait Des gens se croient sympathiques qui sont en réalité
d’une rare froideur.
3. Entre antécédent et relative, s’il y a un nom ou un pronom, une
virgule est souvent forcée : On vient de nous présenter un docu-
mentaire sur le pingouin, qui était beaucoup trop long.
4. Quant au qui distributif (que l’on a, par exemple, dans Tous voulaient
s’y rendre, qui en train, qui en avion, qui en bateau), s’il est placé
entre un verbe et ses compléments, l’usage est hésitant : À New
York, elles iront voir qui une pièce de théâtre, qui un film, qui une
comédie musicale. — À New York, elles iront voir, qui une pièce
de théâtre, qui un film, qui une comédie musicale.

58 Avec une participiale dont le sujet


n’est pas exprimé (participe passé)

On honore les soldats tombés au combat. (Qui honore-t-on ?)

Si son verbe est au participe passé, une participiale dont le sujet


n’est pas exprimé est une subordonnée complément du nom qui ne
,
doit être détachée que si elle constitue un acte de parole * distinct de
l’acte de parole principal. L’énoncé répond alors à deux questions
— et non à une seule :

Luc, intervenu trop tard, pleurait. (Que faisait Luc ? Quand Luc était-il
intervenu ?)
(= Luc, <Luc était> intervenu trop tard, pleurait.)

Rendue à Val-d’Or, elle fila chez son amant.

59 Avec une participiale dont le sujet


n’est pas exprimé (participe présent)

On barre les rues menant au stade. (Quelles rues barre-t-on ?)


Les soldats ayant pris part à ce massacre furent condamnés.
Hélène hésitait, craignant le pire.
Étant parti trop tôt, Paul n’a rien vu.

Si son verbe est au participe présent, une participiale dont le sujet


n’est pas exprimé est tantôt une subordonnée complément du nom
— que l’on ne détache que si l’énoncé fait plus que répondre à une
question —, tantôt une subordonnée hypothétique que l’on appelle
« adjointe » et qui, à ce titre, doit être détachée, peu importe sa posi-
tion (voir § 74) :

Ayant roulé moins vite 1, les pilotes se seraient évités.


(= S’ils avaient roulé moins vite, les pilotes se seraient évités.)

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Comme le dit le mode d’emploi de L’art de conjuguer, étant parti et ayant roulé
sont les formes composées de participes présents.
,
Remarques
1. Une participiale de ce type est considérée comme complément du
nom quand elle est remplaçable par une relative : On barre les
rues menant au stade = On barre les rues qui mènent au stade.
— Étant parti trop tôt, Paul n’a rien vu = Paul, qui était parti trop
tôt, n’a rien vu.
2. Hélène hésitait, craignant le pire fait plus que répondre à la ques-
tion Que faisait Hélène ? D’où la virgule. (Voir § 2.)

60 Avec une participiale


dont le sujet est exprimé

« Quand reprendras-tu le collier ?


— Je te ferai ce plaisir aussitôt la Noël passée. »

Si elle forme le foyer d’information *, on ne détache pas une partici-


piale dont le sujet est exprimé. En revanche, une virgule met en
évidence celle qui est un thème * en début ou en fin de phrase :

À peine Anne rentrée, je me suis mis à pleurer.


Cela dit, cette entrecôte était succulente.
Le temps aidant, Suzanne m’oubliera.
L’ennemi ayant fui, les paysans purent dormir.
L’acrobate étant tombé, le spectacle prit fin.
Son travail terminé, Jean rentra chez lui.
Les présentations ayant été faites, ils se serrèrent la main.

« Une fois la grève terminée, que fera le patron ?


— Il prendra des vacances, une fois la grève terminée. »

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
… ou détache celle qui est un ajout :

« Que feras-tu ?
— Je ferai ce que j’ai à faire, sitôt l’été venu 1. »
(= Je ferai ce que j’ai à faire, <je le ferai> sitôt l’été venu.)
(= Je ferai ce que j’ai à faire. Sitôt l’été venu.)

61 Avec une participiale au gérondif

« Quand as-tu téléphoné à Sylvie ?


— Je l’ai fait en arrivant. »

Si elle forme le foyer d’information *, on ne détache pas une partici-


piale au gérondif. En revanche, une virgule met en évidence celle qui
est un thème * en début ou en fin de phrase :

En ayant fini pour midi, vous auriez une heure de repos.


En ayant eu fini pour midi, vous auriez eu une heure de repos.
En repartant, elle a oublié l’une de ses valises.
En terminant, j’aimerais vous remercier.

« Et en travaillant, tu arrives à te détendre ?


— Je ne m’en fais jamais, en travaillant. »

… ou détache celle qui est un ajout :

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Ce que le foyer d’information nous apprend doit avoir du poids (voir § 2, Rem. 4). Le
principal juge en la matière étant l’émetteur, certaines virgules risquent parfois de
disparaître, pour le meilleur ou pour le pire : Tu te demandes sans doute ce que je
ferai pour m’en sortir. Eh bien, je ferai ce que j’ai à faire sitôt l’été venu.
,
« À la fin, as-tu échoué ?
— J’ai réussi, en me donnant à fond 1. »
(= J’ai réussi, <j’ai réussi> en me donnant à fond.)
(= J’ai réussi. En me donnant à fond.)

Pour ce qui regarde celle qui joue le rôle de modificateur du groupe


verbal, voir § 12.

Remarque
« Es-tu sûr que Lucie sait jouer aux échecs ? — Elle me bat tout en
faisant ses mots croisés ! » S’agissant d’exprimer la simultanéité de
deux événements, on ne met une virgule avant tout en parlant, tout
en marchant, tout en fuyant mon regard…, que si l’on a affaire à
deux actes de parole nettement distincts : « Qu’as-tu fait, finale-
ment ? — Je lui ai téléphoné [1], tout en me demandant si j’avais
raison [2]. » (= Je lui ai téléphoné, <je lui ai téléphoné> tout en me
demandant si j’avais raison = Je lui ai téléphoné. Tout en me deman-
dant si j’avais raison.)

62 Avec la mise en évidence par détachement

Il a 900 ans, ce chêne.


On ne t’a rien dit, à toi?
Elle, je la déteste.
Le go, c’est un jeu que les Japonais adorent.

1. Ce que le foyer d’information nous apprend doit avoir du poids (voir § 2, Rem. 4).
Le principal juge en la matière étant l’émetteur, certaines virgules risquent parfois
de disparaître, pour le meilleur ou pour le pire : « À la fin, as-tu échoué ? — J’ai
réussi en me donnant à fond. »
,
Que vous soyez furieux, cela nous importe peu.
Des sculptures d’Armand Vaillancourt, j’en ai déjà vu.
Ce problème, Louis en a parlé.
Elle y va mardi, à Shawinigan.
Ils y sont déjà, à Sept-Îles.
Je le suis trop souvent, distrait.

Il arrive que l’on veuille mettre en évidence un thème * et qu’il s’agisse


de l’un des constituants obligatoires de la phrase (sujet, complément
du verbe, attribut) : on le place en début ou en fin d’énoncé ; une
virgule le détache ; et un autre mot occupe sa place normale : je, me,
tu, te, nous, vous, il(s), elle(s), le, la, les, lui, leur, y, en, ce, ça ou
cela. (Pour ce qui regarde la mise en évidence du thème qu’est
parfois le complément de phrase, voir § 2, 64-68.)

Remarques
1. Syntaxiquement parlant, les mots détachés ne jouent plus aucun
rôle.
2. Il arrive que certains mots soient effacés : Délicieux, ton gâteau !
(= <Il est> délicieux, ton gâteau ! )
3. Dans Il serait ridicule de rouspéter, aucune virgule ne détache
l’infinitive : cette tournure impersonnelle est une transformation de
De rouspéter serait ridicule, et elle a pour but de mettre le sujet en
position de foyer d’information *. En revanche, on peut regretter
que personne n’écrive Ce serait ridicule, de rouspéter. Il s’agit
alors bel et bien, en effet, de la mise en évidence d’un thème.
4. C’est sans virgule non plus que chacun écrit C’est un plaisir
que de faire votre connaissance ou C’est tout un pistolet que

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
ce garagiste. Surtout s’il y a ellipse : Tout un pistolet que ce
garagiste !
5. La tournure ce qui..., c’est (ou ce que..., c’est) a aussi pour but de
mettre un sujet en position de foyer d’information. C’est ainsi qu’un
énoncé comme Le soleil me fait mal aux yeux devient Ce qui me
fait mal aux yeux, c’est le soleil.
6. On ne met pas de virgule dans une phrase de type interrogatif
comme Pierre est-il là ? Aucune mise en évidence n’y est opérée :
Pierre est un sujet que le pronom il renforce. Certains appellent
cela une « fausse inversion ».
7. Sans doute parce qu’y sont difficilement analysables les mots
en et y, on ne met pas de virgule dans des phrases comme Cet
Espagnol s’y connaît en tauromachie, J’en ai soupé de tes
colères, Il s’en est toujours voulu de m’avoir dit non, Grand-
maman n’en revenait pas de mon audace ni C’en était fait de
nos illusions. Aucune mise en évidence n’y est nettement ni
réellement opérée.

63 Avec la mise en évidence


d’un changement de thème

Un zèbre nouveau-né met 30 minutes à apprendre à marcher. Moi, j’ai


mis un an.

Le crâne du gorille abattu servira de lampadaire ; ses mains, elles, de


cendriers.

Zsa Zsa Gabor eut neuf maris. Elizabeth Taylor, quant à elle, n’en eut
que sept.

Tu ne l’aimes pas ? Pour ma part, je trouve qu’il est mignon.


,
Il arrive que l’on veuille mettre en évidence un changement de
thème * : une ou deux virgules détachent soit le mot qui représente le
nouveau thème (moi, toi, nous, vous, lui, eux, elle(s)), soit quant
à…, en ce qui concerne…, pour ce qui concerne…, pour ce qui
regarde…

Remarques
1. Un ou plusieurs mots sont parfois sous-entendus : Elle lui souriait ;
lui, souriait aux anges 1. (= Elle lui souriait ; lui, <il> souriait aux
anges.) — Il ira chez elle ; elle, chez toi. (= Il ira chez elle ; elle, <elle
ira> chez toi.) Voir § 113.
2. Il arrive que la langue parlée se permette cette tournure : Moi,
mon animal préféré est le koala.

64 Après un complément de phrase


en début de phrase

Hier, cette enfant a enseigné le français à ses poupées.


À 26 ans, Brigitte Bardot tenta de se suicider.
Au milieu des crocodiles, le jeune hippopotame ne risque rien.
À chaque pas qu’il fait vers la chambre à gaz, le condamné a le loisir
d’admirer la beauté du parquet.
Quand il apprit la mort du boxeur, son manager lança : « Penchez-
vous vite au-dessus de lui. Commencez, à voix haute, à compter
jusqu’à dix, et je vous promets qu’il se relève. »

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Point-virgule et virgule travaillent ici de concert ; ponctuer différemment serait jouer
avec le feu.
,
Puisqu’il s’agit de la mise en évidence d’un thème *, on met une
virgule après un complément de phrase 1 en début de phrase — sauf
s’il y a inversion du sujet :

Derrière le volant était assis le trésorier du Ku Klux Klan 2.

Remarques
1. L’usage est hésitant. Lorsque le complément est un thème très
court, nombreux sont ceux qui négligent de marquer sa mise en
évidence : Ce matin elles ont empaillé un héron.
2. Certaines subordonnées, par l’effet d’une ellipse, sont faites d’un
seul mot : Enfant, Jackie Chan faisait partie de l’Opéra de Pékin.
(= <À l’époque où il était> enfant, Jackie Chan faisait partie de
l’Opéra de Pékin.)
3. En novembre 2000, au Missouri, un mort fut élu au Sénat : Mel
Carnahan. Lorsqu’une phrase commence par deux compléments,
chacun est détaché — sauf si l’on se sent forcé, pour faciliter la
lecture, de bien indiquer que le second, d’ordinaire très court, se
rattache à ce qui suit, et non à ce qui précède : Quand vous
grelottiez à Montréal [1], en Alberta [2] nous étions en
manches de chemise.
4. Quand le complément de phrase est en début de phrase enchâssée,
quand il s’agit en fait du subordonnant, on ne met jamais aucune
virgule après lui : Voici le lit sous lequel on a retrouvé le cadavre.
— J’ignore quand grand-papa rentrera.
5. Pour ce qui regarde et, mais, car, que, suivis d’un complément
de phrase, voir § 67.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Un complément que la grammaire traditionnelle appelait « complément circons-
tanciel ».
2. Le sujet devient le foyer d’information (comme dans Celui qui était assis derrière
le volant, c’était le trésorier du Ku Klux Klan).
,
65 Avant un complément de phrase
en fin de phrase

« Et quand vas-tu te soûler ?


— Je vais me soûler ce soir. »

En fin de phrase de type déclaratif, on ne met pas de virgule avant un


complément de phrase qui est le foyer d’information *. On en met
une, en revanche, avant celui qui est l’un des thèmes * :

« Ce soir, qu’est-ce que tu fais ?


— Je vais me soûler, ce soir. »

… ou un ajout :

« J’avoue que ça va mal... Qu’est-ce que tu comptes faire ?


— Je vais me soûler, ce soir 1. »
(= Je vais me soûler, <je vais me soûler> ce soir.)
(= Je vais me soûler. Ce soir.)

« Quel âge as-tu, Sonia ?


— Vingt ans, depuis le 3 mai. »
(= <J’ai> vingt ans, <j’ai vingt ans> depuis le 3 mai.)
(= <J’ai> vingt ans. Depuis le 3 mai.)

Remarque
En fin de phrase de type interrogatif, l’usage est hésitant ; mais il
semble raisonnable de ne mettre aucune virgule avant le complément

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Ce que le foyer d’information nous apprend doit avoir du poids (voir § 2, Rem. 4).
Le principal juge en la matière étant l’émetteur, certaines virgules risquent parfois
de disparaître, pour le meilleur ou pour le pire : Tout va si mal ! Tu sais ce que je vais
faire ? Je vais me soûler ce soir.
,
de phrase si l’on sent qu’il serait le foyer d’information de la phrase
de type déclaratif correspondante. Que fais-tu jeudi ?, par exemple,
est à rapprocher de Tu fais quelque chose jeudi — où jeudi est un
foyer d’information —, tandis que Que fais-tu, jeudi ? est à rappro-
cher de Tu fais quelque chose, jeudi ou de Jeudi, tu fais quelque
chose — où jeudi est plutôt un thème mis en évidence par
détachement.

66 Avec un complément de phrase


au cœur de la phrase

On s’inquiéta lorsque disparurent, fin mai, les premières factures.


Tu sais comme l’essieu, en pareilles circonstances, est important.
J’eus l’idée au moment même où, à des kilomètres de là, il mourait.

« Et hier, comment se portait ta voisine ?


— Madame Saint-Louis, hier, se portait comme un charme. »

Au cœur de la phrase, deux virgules détachent tout complément de


phrase qui casse trop nettement le fil du discours (par exemple, entre
sujet et prédicat) ou est un thème * à lui seul. En revanche, le
complément qui fait partie d’un thème est intouchable :

« Pourquoi diable être allé là-bas mardi plutôt que jeudi ?


— Je m’y suis rendu mardi parce que c’était urgent. »

Remarque
Parfois, si le foyer d’information * est court, et surtout si sa présence
en fin de phrase risque de faire problème, on le place immédiatement

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
après un verbe dont le groupe est long (à l’oral, l’intonation — et
parfois une légère pause — entre alors en jeu) : « Et quand aurai-je
droit au récit de ton week-end ? — Je te raconterai lundi tout ce qui
me sera arrivé samedi et dimanche.» Sans virgules. On peut toutefois
préférer écrire C’est lundi que je te raconterai tout ce qui me sera
arrivé samedi et dimanche.

67 Après et, mais, car, que,


suivis d’un complément de phrase

Et pour qu’Ève ne boude pas, j’inviterai aussi son mari.


J’ai du travail, mais dès que tu es prête, nous partons.
Léo revient demain, car à New York, tout est trop cher.
On sait que derrière ce grand homme, il y a eu une femme.

Quand et, mais, car ou le subordonnant non lié que 1 sont suivis
d’un complément de phrase, on ne met une virgule entre eux et lui
que s’il n’est pas, ce complément, essentiel à la compréhension de
l’énoncé :

J’avais compris, mais, sans que je l’aie demandé, il a tout répété.


(= J’avais compris, mais [...] il a tout répété.)

Elle n’y va plus, car, après toutes ces émotions, elle est épuisée.
(= Elle n’y va plus, car [...] elle est épuisée.)

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Ce que est dit « non lié » parce qu’il ne fait que marquer l’enchâssement d’une
subordonnée ; un subordonnant « lié » joue ce même rôle, mais aussi celui de rem-
placer l’un des constituants de la phrase enchâssée (comme le pronom relatif dans
Voici les singes que j’ai achetés).
,
Je dis simplement que, malgré l’obscurité des lieux, je t’ai vu.
(= Je dis simplement que [...] je t’ai vu.)

Remarques
1. Ici, ce qui est vrai pour le complément de phrase est vrai pour
la subordonnée adjointe 1 : Nous brûlons d’impatience, mais
puisque les vitraux ont été abîmés, il faudra les restaurer. — Elle
dit qu’elle passe l’éponge, mais que s’il la trompe encore, les
carottes seront cuites. — Ces salauds avaient menti et, vu qu’ils
étaient habiles, on les avait crus.
2. En fait, pour ce qui regarde toute cette question, l’usage est si
hésitant qu’un même auteur change d’attitude d’une page à
l’autre, et ce, sans même s’en apercevoir.
3. De même que l’on écrit Derrière le volant était assis le trésorier du
Ku Klux Klan, on écrit Tout allait mal, et derrière le volant était
assis le trésorier du Ku Klux Klan. (Voir § 64.)
4. Ceux qui écrivent Ce matin elles ont empaillé un héron écrivent
aussi Je crois que ce matin elles ont empaillé un héron. (Voir § 64,
Rem. 1.)
5. Quand le complément de phrase qui suit que commence par une
voyelle, le e s’élide souvent et emporte avec lui, le cas échéant, la
première des deux virgules : Je crois qu’après ce qu’il a vécu,
Allan a des choses à dire.
6. Le complément de phrase qui suit et, mais, car, que, étant en
début de phrase (tantôt coordonnée, tantôt subordonnée), on met
toujours, après lui, une virgule.
7. Si l’on a plutôt affaire au subordonnant lié qu’est le pronom relatif
que, on a le choix entre zéro et deux virgules : J’aime le jeune

1. L’adjointe n’appartient pas à un groupe de la phrase de niveau supérieur, elle n’est


pas enchâssée ; elle constitue par elle-même un acte de parole ; une ou deux
virgules la détachent, peu importe sa position.
,
homme qu’au fil des ans Noah est devenu. — Son voisin est un
individu que, sans que je sache pourquoi, j’ai toujours craint.

68 Avant quand, parce que,


pour que, sans que…

« Quand irez-vous là-bas ?


— J’irai quand mon travail me le permettra. »

« Pourquoi me poses-tu cette question ?


— Je te la pose parce que cela m’a toujours intrigué. »

« Dans quel but devrais-je accepter leur offre, selon vous ?


— Faites-le pour que tout baigne dans l’huile. »

Si elle forme le foyer d’information *, on ne détache pas une subor-


donnée introduite par quand, parce que, pour que, sans que… En
revanche, une virgule met en évidence celle qui est un thème * en fin
de phrase :

« Et quand le bébé est mort, que faisaient ses parents ?


— Ses parents dormaient, quand le bébé est mort. »

Il veut qu’elle l’écoute, quand il lui parle.


(Quand il lui parle, que veut-il qu’elle fasse ?)

… ou détache celle qui est un acte de parole * ajout 1 :

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Ce que le foyer d’information nous apprend doit avoir du poids (voir § 2, Rem. 4).
Le principal juge en la matière étant l’émetteur, certaines virgules risquent parfois
de disparaître, pour le meilleur ou pour le pire : « Qu’as-tu fait hier ? — Je me suis
reposé parce que je n’en pouvais plus. »
,
« Qu’est-ce qui t’est arrivé ?
— On a volé mon sac, sans que je m’en aperçoive ! »

« Quel est le sport préféré d’Hélène ?


— Le ski, parce qu’elle adore la neige. »
(= <C’est> le ski, <c’est le ski> parce qu’elle adore la neige.)
(= Le ski. Parce qu’elle adore la neige.)

Remarques
1. Bien sûr, cela vaut aussi pour les infinitives introduites par avant
de, afin de, en vue de, histoire de, question de, de peur de, de
crainte de, au moment de, au lieu de... : « Dans quel but avez-
vous grondé cette petite fille ? — Sachez que nous l’avons grondée
afin de lui apprendre les bonnes manières. »
2. Avec pour que, afin que, quand un impératif est suivi d’un tour
elliptique, la virgule est forcée : Approche, que je te voie.
3. Pour ce qui regarde tandis que, alors que, pendant que... et
l’expression d’une opposition, voir le paragraphe suivant.
4. Dans Le bon usage, il est écrit : « La proposition temporelle est
parfois la partie la plus importante du message. » La première
phrase de Madame Bovary en offre un bel exemple : « Nous étions
à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en
bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. »
Virgule avant. — Plus loin, toutefois : « Ils étaient au lit lorsque
M. Homais, malgré la cuisinière, entra tout à coup dans la
chambre, en tenant à la main une feuille de papier fraîche écrite. »
Le signe, comme on le voit, est facultatif. (Il le serait tout autant
dans À peine Anne s’était-elle endormie, que le coq chanta.)

69 Avant tandis que, alors que, pendant que…

Je travaille tandis que j’en ai encore la force…


,
« Quand mettras-tu un dollar sous l’oreiller de la petite ?
— Je le ferai pendant qu’elle dormira. »

On ne met pas de virgule avant tandis que, alors que, pendant


que…, dès lors que ces subordonnants introduisent le foyer d’infor-
mation * en exprimant la simultanéité de deux événements. On en
met une, en revanche, s’ils expriment surtout une opposition :

Elle est aux anges, tandis que lui, le pauvre, il déprime.


On veut te faire croire que tu as tout, alors que tu n’as rien !
Elle s’imagine que c’est à deux pas, quand c’est à des kilomètres…

Remarque
Bien sûr, quand ces subordonnants introduisent le foyer d’information,
il arrive que le thème * soit sous-entendu : « Mettras-tu un dollar sous
l’oreiller de la petite ? — Oui, pendant qu’elle dormira. » (= Oui, <je le
ferai> pendant qu’elle dormira.)

70 J’étais jeune, que j’étais déjà triste

J’étais jeune, que j’étais déjà triste.


J’étais jeune que j’étais déjà triste.

Dans Le bon usage, il est écrit : « Lorsque des sous-phrases sont


coordonnées d’une manière implicite, il y a entre elles une liaison
logique. La langue semble ne pas se satisfaire de l’absence d’un lien

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
visible, et elle tend à le marquer au moyen de la conjonction que, ce
qui a pour effet d’inverser la hiérarchie logique : la sous-phrase devenue
proposition par l’introduction du que est souvent la partie la plus
importante du message. » L’autre « sous-phrase » équivaut-elle à une
temporelle, la virgule est facultative.

71 Avec puisque, attendu que, vu que, comme…

Ma foi, notre fils est idiot, puisque tu le dis !


Attendu qu’il se fait tard, vous devriez rentrer.
Vu qu’elle avait le vertige, Élise était redescendue.
Comme il pleuvait, nous avons dormi.

La subordonnée justificative introduite par puisque, attendu que, vu


que, comme…, est ce que l’on appelle une « adjointe » : elle doit être
détachée, peu importe sa position.

Remarques
1. Si une subordonnée adjointe, par définition, n’est pas enchâssée,
n’est pas complément de phrase, et si elle constitue un acte de
parole * distinct de l’acte de parole principal, c’est pour la simple
et bonne raison qu’elle ne saurait répondre à aucune question :
« Pourquoi notre fils est-il idiot ? — Puisque tu le dis ! »
2. De même que l’on écrit Jean, avare mais généreux, me prêta
90 $ (voir § 26), Jean, généreux quoique avare, me prêta 90 $
(voir le paragraphe suivant, Rem. 2) et Son attitude, froide sinon
hostile, m’exaspérait (voir § 34, Rem. 3), on écrit Martine,

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
détendue puisque heureuse 1 , fermait les yeux. Sans virgule avant
puisque. On a affaire à une forte ellipse et deux virgules sont déjà
dans les parages immédiats.
3. Autre sorte de justificative : Ces témoins ont l’obligation morale de
parler, s’agissant désormais d’un meurtre au premier degré.

72 Avec bien que, quoique,


encore que, malgré que…

Je préfère encore me taire, bien que j’en aie long à dire…


Quoique ce soit parfaitement inutile, elle le dispute de nouveau.
Leur projet semble sensé, encore que j’aie des réserves.
Malgré que tu en doutes, ces gens-là croient en toi.
Isabelle se fera percer le nombril, quoi que sa mère en pense.
Il n’est pas question que j’accepte, quel que soit le salaire.
Quelque bons nageurs que vous soyez, vous risqueriez vos vies.

La subordonnée concessive introduite par bien que, quoique,


encore que, malgré que, quoi que, quel… que, quelque… que,
est ce que l’on appelle une « adjointe » : elle doit être détachée, peu
importe sa position.

Remarques
1. Isabelle se fera percer le nombril, quoi que sa mère en pense : si
cette subordonnée n’est pas enchâssée, n’est pas complément
de phrase, et si elle constitue un acte de parole * distinct de l’acte

1. Dans le Dictionnaire des difficultés du français, il est écrit : « L’ellipse du sujet et du


verbe être après puisque appartient au registre familier. » Quant à lui, le Nouveau
dictionnaire des difficultés du français moderne dit que cette ellipse est « moins
courante et plus critiquée qu’après parce que ». Le bon usage estime au contraire
que le tour est ancien ; il cite Aubigné : « Nostre defense a esté juste puis que forcée. »
,
de parole principal, c’est qu’elle ne saurait répondre à aucune
question. Après avoir écrit Isabelle se fera percer le nombril, on
n’ajoute pas quoi que sa mère en pense avec le sentiment qu’il
s’agit là d’un foyer d’information * répondant à la question En
dépit de quoi Isabelle se fera-t-elle percer le nombril ?
2. De même que l’on écrit Jean, avare mais généreux, me prêta
90 $ (voir § 26), Son attitude, froide sinon hostile, m’exaspérait
(voir § 34, Rem. 3) et Martine, détendue puisque heureuse,
fermait les yeux (voir § 71, Rem. 2), on écrit Jean, généreux
quoique avare, me prêta 90 $. Sans virgule avant quoique. On a
affaire à une forte ellipse 1, deux virgules sont déjà dans les
parages immédiats et l’on a sans doute le sentiment que quoique
avare équivaut en tous points à malgré son avarice, que l’on
écrirait d’un trait.
3. Autres types de concessives : Qui que vous soyez, nous voulons
voir vos papiers. — Pour être jeune, il n’en est pas moins brillant.
— Leur aurais-tu offert la lune, ils ne t’auraient jamais vendu ce
tableau. — Dussé-je en perdre la raison, je ferai ce que j’ai à
faire.
4. Quand iras-tu là-bas ? — Puisque l’on peut répondre à cette
question par J’irai là-bas quand ce sera le printemps, par J’irai là-
bas quand ce sera l’été, par J’irai là-bas quand ce sera l’automne
ou par J’irai là-bas quand ce sera l’hiver, on écrit également d’un
trait J’irai là-bas quelle que soit la saison. (Mais une telle
subordonnée fonctionne alors comme un complément de phrase.)
5. Qu’est-ce qui t’irrite ? — Puisque l’on peut répondre à cette ques-
tion par Ce qui m’irrite, c’est qu’elle le fasse malgré mon
interdiction ou par Ce qui m’irrite, c’est qu’elle le fasse malgré

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Le Bon usage, le Nouveau dictionnaire des difficultés du français moderne et le
Dictionnaire des difficultés du français voient d’un bon œil cette même ellipse après
bien que.
,
que je le lui interdise, certains écrivent également d’un trait Ce qui
m’irrite, c’est qu’elle le fasse bien que je le lui interdise. (Mais
une telle subordonnée fonctionne alors comme un complément
de phrase.)

73 Avant même si

« Qu’est-ce qui t’irrite ?


— C’est qu’elle le fasse même si je le lui interdis. »

Une ou deux virgules ne détachent une subordonnée introduite par


même si que lorsque cette dernière réalise un acte de parole *
distinct de l’acte de parole principal — autrement dit, seulement
lorsque l’on a affaire à un énoncé en deux temps :

« Lui diras-tu ses quatre vérités ?


— Je ne crois pas, même si je brûle de le faire... »

Remarque
Dans Je ne crois pas, même si je brûle de le faire, qui équivaut à Je
ne crois pas, quoique je brûle de le faire, on est devant une adjointe
concessive (voir le paragraphe précédent).

74 Avant le si d’une subordonnée hypothétique

« Je ne suis pas sûr de mes calculs.


— On ne t’en voudra pas, si jamais tu fais erreur. »

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
« Et si elle s’absente…?
— Elle me le paiera, si elle s’absente. »

On n’omet de détacher une subordonnée hypothétique introduite par


si que lorsqu’elle est le foyer d’information * :

« Tu bois beaucoup trop. Quand donc cesseras-tu ?


— Je cesserai de boire si je le veux ! »
(= C’est si je le veux que je cesserai de boire !)
(= Je ne cesserai de boire que si je le veux !)
(= Je cesserai de boire quand je le voudrai bien !)

Remarques
1. Dans le dernier exemple (où la subordonnée a une valeur restric-
tive — et fonctionne comme un complément de phrase), on peut
imaginer à (la) condition que suivi du subjonctif, ou à (la) condi-
tion de suivi de l’infinitif ; et l’énoncé réalise un seul acte de parole *,
tandis que dans On ne t’en voudra pas, si jamais tu fais erreur
(un rassurement suivi d’une hypothèse) et Elle me le paiera, si elle
s’absente (une promesse que l’on se fait suivie d’une hypothèse),
on en a chaque fois deux.
2. Dans Elle me le paiera, si elle s’absente, on a affaire à ce que l’on
appelle une « subordonnée adjointe » — qui doit être détachée, peu
importe sa position : Si elle s’absente, elle me le paiera.
3. Autres types d’hypothétiques : Ce chien cessait-il de boire son
eau, (que) je la savais contaminée. (Voir le paragraphe suivant.)
— Tu accuserais ton père d’inceste, (qu’) on te traiterait de men-
teuse. (Voir le paragraphe suivant.) — Accuse ton père d’inceste,

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
et on te traitera de menteuse. — Qu’il pleuve, aussitôt Sylvain est
tout mélancolique. — Qu’il pleuve, et Sylvain est tout mélan-
colique.
4. Il n’y a aucune subordonnée hypothétique dans C’est par pur
hasard si je suis ici. Un tel énoncé équivaut simplement à mettre
en tête de phrase le foyer d’information * de Je suis ici par pur
hasard. — On écrirait aussi bien C’est par pur hasard que je suis
ici.

75 Aboyait-il, que je tremblais. — Tu rirais,


que je rougirais.

Aboyait-il, que je tremblais.


Aboyait-il que je tremblais.

Tu rirais, que je rougirais.


Tu rirais que je rougirais.

Dans Le bon usage, il est écrit : « Lorsque des sous-phrases sont


coordonnées d’une manière implicite, il y a entre elles une liaison
logique. La langue semble ne pas se satisfaire de l’absence d’un lien
visible, et elle tend à le marquer au moyen de la conjonction que, ce
qui a pour effet d’inverser la hiérarchie logique : la sous-phrase
devenue proposition par l’introduction du que est souvent la partie la
plus importante du message. » L’autre « sous-phrase » équivaut-elle à
une hypothétique — phrase de type interrogatif, ou de type déclaratif
avec le verbe au conditionnel —, la virgule est facultative.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
Remarque
Dès que le que n’y est plus, la virgule est évidemment forcée : Arrivait-
il un imprévu, cet incompétent perdait tous ses moyens. — Cela
m’arriverait, j’éclaterais de rire. (Voir le paragraphe précédent.)

76 Avec si… que, tant… que,


tellement que, si bien que…

« À quel point as-tu faim ?


— J’ai si faim que je mangerais un cheval. »

« À quel point cette magicienne est-elle habile ?


— Elle est si habile que l’on n’y voit que du feu. »

Il y avait tant de neige que les arbres en baissaient les bras.


Votre fille joue tellement bien qu’elle ira loin.

On ne met pas de virgule avant le que d’une subordonnée corrélative


consécutive rattachée aux adverbes modificateurs si, tant, telle-
ment… L’énoncé réalise un acte de parole *, et un seul. — En revanche,
tellement que, si bien que, de telle manière que, de telle sorte
que…, fonctionnent comme des subordonnants et sont détachés
dès lors que l’on a affaire à deux informations, à deux actes de parole
distincts (un argument et une conclusion) :

Il est lent, tellement que j’enrage. (Que dire de lui ?… À quel point est-
il lent ?) (= Il est lent, <il est> tellement <lent> que j’enrage.)

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


,
Il est fou d’elle, si bien qu’il en a perdu l’appétit.
(= Il est fou d’elle, <il est> si bien <fou d’elle> qu’il en a perdu l’appétit.)

Lise cessa de m’écrire, de telle sorte que j’en vins à l’oublier.

Remarques
1. Lorsque la construction est incomplète, on met un point (voir § 92),
des points de suspension (voir § 125) ou un point d’exclamation
(voir § 252) : Vous êtes trop aimable. — Cette dame est si gen-
tille... — Ce trompettiste est tellement habile !
2. Si l’on a affaire à un tour elliptique, la virgule, sans être forcée, est
bienvenue : Ses mains tremblent, que c’en est inquiétant !
3. Après une virgule, il arrive que tant et tellement introduisent non
pas la conséquence mais la cause : J’enrage, tellement il est
lent ! — On n’y voit que du feu, tant elle est habile…
4. Autres types de corrélatives consécutives : Il s’exprime avec une
telle aisance que nous allons l’engager. — C’est trop beau pour
que j’y croie. — Cette cascadeuse était assez folle pour risquer
sa vie.

77 Avec moins… que, aussi… que, plus… que…

Les eaux-fortes de Fortin sont moins connues que ses huiles.


Ton sourire efface le malheur aussi vite que la gomme le coup de
crayon.
La soie de cette araignée est plus solide qu’un fil d’acier de même
section.

La subordonnée corrélative comparative rattachée aux adverbes


moins, aussi, autant, plus…, s’écrit sans virgule avant que.
,
78 Avec des questions coup sur coup

Rentres-tu chez toi ? Pourquoi ?


Ne doit-il pas faire le ménage ? le lavage ? la vaisselle ?
Ne doit-il pas faire le ménage, le lavage, la vaisselle ?
Ici, je mets un point-virgule, ou un point ?

Avec des questions coup sur coup, de deux choses l’une : ou l’on
attend autant de réponses qu’il y a de questions, ou l’on n’en attend
qu’une. — Dans le premier cas, on met autant de points d’interro-
gation et de majuscules que nécessaire ; dans le second, autant de
points d’interrogation ou de virgules que nécessaire, mais aucune
nouvelle majuscule.

Remarque
Ici, je mets un point-virgule ou un point ? signifierait « Je mets ici l’un
des deux signes, indifféremment ? ». Trop peu de gens saisissent
l’importance, en pareilles circonstances, d’une ponctuation précise.
— Cela dit, si aucune ambiguïté n’est possible, il est certes naturel
d’adopter la solution la plus simple : Tu te décides, oui ou non?
— Quel œil a-t-il perdu ? Le gauche ou le droit?

79 Pour faciliter la lecture

Il n’a ni le temps d’écrire les longues lettres que sa mère lui réclame, ni
celui de réparer ma voiture...
Elle ira soit chez des amis brésiliens qu’elle a hébergés ici l’an dernier,
soit chez un oncle.
Je lis tantôt des romans de science-fiction qu’un ami me prête, tantôt
de la poésie.
,
Il est si rare que tu me dises que tu n’aimes que moi, qu’il m’arrive
d’en douter.

Quand il y a risque de confusion, on se sent parfois forcé, pour


faciliter la lecture, de mettre une virgule là où normalement on ne
mettrait rien, ou de ne rien mettre là où normalement on en mettrait
une :

Si tu m’appelles jeudi, vendredi j’interviens.


Quand vous grelottiez à Montréal, en Alberta nous étions en manches
de chemise.

80 MARIANNE, ravie. —

MARIANNE, ravie. — Je n’en crois pas mes yeux !


LE VOISIN, fronçant les sourcils. — Ça va mal, mon ami.

Dans une œuvre théâtrale ou un scénario, si l’on désire, après avoir


écrit le nom d’un personnage, ajouter quelque indication de jeu
(appelée « didascalie »), on met d’abord une virgule.

Remarque
La didascalie est composée en italique maigre.

81 Entre la mention du lieu et celle de la date

Lévis, le jeudi 1er mai 2003

Au début d’une lettre, on met une virgule entre la mention du lieu et


celle de la date.
,
82 Après une brève formule de salutation

Cordialement,

Isabelle V. ROMAGNINO,
notaire

À la fin d’une lettre, on met une virgule après la formule de salutation


qui précède la signature (à condition qu’il ne s’agisse pas d’une
phrase entière), ainsi qu’entre le nom dactylographié et la profession
ou le titre.

83 Dans une adresse postale

Les Éditions Québec Amérique inc.


329, rue de la Commune Ouest, 3e étage
Montréal (Québec) H2Y 2E1

Catherine Lechat
67, rue Claude-Léveillée, app. 2
Saint-Sauveur-des-Monts (Québec) J0R 1R0

Musée des beaux-arts du Canada


C. P. 427, succursale A
Ottawa (Ontario) K1N 9N4

Dans une adresse postale, une virgule suit le numéro d’immeuble et


précède, le cas échéant, la mention de l’étage, de l’appartement, du
bureau, de la succursale, de la tour, de l’aile, de la section...
,
Remarque
La virgule suivant le numéro d’immeuble disparaît quand on écrit
Elle habite au 8764 de l’avenue Christophe-Colomb ainsi que sur
une enveloppe à destination d’une autre province que le Québec :
95 Oxford Blvd.

84 Après les points de suspension, d’interrogation


ou d’exclamation des titres

Maude a lu Aimez-vous Brahms…, et ce, à douze ans.


Il m’a prêté Qui a peur de Virginia Woolf?, voilà tout.
Elles ont détesté N’écoutez pas, Mesdames!, hélas.

Après les points de suspension, d’interrogation ou d’exclamation des


titres, on met toute virgule qui s’impose.

85 Entre un titre et le nom de l’auteur

Connais-tu l’extraordinaire Tu verras, de Nougaro ?

L’usage est hésitant, mais il semble raisonnable de mettre une virgule


entre un titre et le nom de l’auteur — sauf si plusieurs auteurs se
partagent un même titre :

J’aime le Roméo et Juliette de Tchaïkovski, et non celui de Prokofiev.

86 Dans une notice bibliographique

BONIN, Simon. Maurice Duplessis : une tête dure, 2e éd., Laval, SVP,
2001, 457 p.
,
BRUNET, Jean. Les vins de Californie, Trois-Rivières, La bonne table,
2002, 4 vol.
CHANTIGNY, Louis. Mes grands du cyclisme, Montréal, Leméac,
1974, 174 p.

Dans toute notice bibliographique établie selon la méthode tradition-


nelle, la virgule suit le patronyme de l’auteur 1, puis le titre (ou le sous-
titre, le cas échéant), la mention de l’édition (s’il y a lieu), le lieu de
publication, le nom de la maison d’édition et la date de parution.

Remarques
1. Dans une note de référence, le prénom de l’auteur précède
toujours son nom, lequel est séparé du titre par une virgule, et
l’on indique, à la fin, la ou les pages consultées. Ex. : 1. Louis
Chantigny, Mes grands du cyclisme, Montréal, Leméac, 1974,
p. 33 et suiv. — Dans le corps du texte, l’appel de cette note peut
être un chiffre supérieur ou un astérisque.
2. La méthode auteur-date 2 implique des notices bibliographiques
dans lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de
l’auteur. Ex. : MALO, Marie. 1996, Guide de la communication écrite,
Montréal, Québec Amérique, 322 p.

87 Dans une référence donnée


selon la méthode auteur-date

C’était « idiot, inutile et dangereux » (Pagé et collab., 2001, p. 9).


Ottawa « triche mal » (Guy Riel, Feu, cité par Lord, 2000a, p. 48).
Blais prétend que « l’Amérique boite » (2003, p. 91).

1. En majuscules ou petites capitales.


2. Une méthode que présente fort bien le Guide de la communication écrite (voir
« Notice bibliographique : Principes généraux » et « Références dans le texte »).
,
On met une virgule entre les divers éléments d’une référence donnée
selon la méthode auteur-date — qu’il s’agisse d’une citation textuelle...
ou d’idée :

Goya craignait l’Inquisition (St-Pierre, 1998).


Ce journaliste en a souvent parlé (1996, 1997b, 2002, 2003a).

88 Dans un classement alphabétique

société, nom d’une 147


De Mille, Cecil B.
Maupassant, Guy de
Zaharia, Michel
LEDUC, Kim. Le pou, Québec, Les Éditions du Bock, 2002, 99 p.

Dans le classement alphabétique des entrées d’un index, d’un réper-


toire, d’une bibliographie..., la virgule marque une inversion.

Remarque
Dans un index, certains préfèrent l’emploi de parenthèses : pluriel
(formation du) 89-91.

89 Avant les décimales

Sébastien mesure 1,80 m, et il n’a que 13 ans.


Ce marteau coûte 24,99 $.

La virgule permet de donner les décimales.


,
90 Entre les différentes parties d’une somme

Cinq pieds onze pouces, cela fait combien de centimètres ?


La Deuxième Guerre mondiale dura 5 ans 8 mois 6 jours.

On ne met pas de virgule entre les différentes parties d’une somme.

91 Règle typographique

Avant la virgule : rien ; elle est collée au mot qui la précède 1, et elle
reste toujours dans la même face que lui : si ce mot est en gras ou
en italique, la virgule l’est aussi — même quand un appel de note se
glisse entre eux.
Après : une espace sécable * — sauf si l’on a affaire à des décimales.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. La virgule, en fait, est collée à tout ce qui la précède : parenthèse, crochet, tiret,
points de suspension, point d’interrogation, point d’exclamation, point abréviatif,
chiffre…
.
Chapitre 2 — Le point

92 À la fin de la phrase de type


déclaratif ou impératif

À 12 ans, Billie Holiday se prostituait.


Il ferma les yeux. Il fit un vœu. Il souffla les bougies.
Sache qu’un lion dort quelque 19 heures par jour.

Le plus souvent, pour clore nettement une phrase de type déclaratif


ou impératif, on met un point.

Remarques

1. Dans le système du discours indirect, rapporter une demande


d’information n’implique pas le recours à un point d’interrogation :
La pharmacienne m’a demandé si j’étais allergique. (Comparez
à Est-ce que la pharmacienne t’a demandé si tu étais aller-
gique?)
2. Vous êtes trop aimable. (= Vous êtes trop aimable <pour que
je ne croie pas rêver>.) À la fin d’une phrase de type déclaratif
dans laquelle un adverbe corrélatif n’est pas suivi de la subor-
donnée consécutive qu’il annonce, il arrive que l’on préfère le
point aux points de suspension (voir § 125) ou au point d’excla-
mation (voir § 252).
3. Certaines phrases déclaratives sont réduites à un seul mot.
Ex. : Eh oui, j’étais amoureux... Follement. — M. TRUDEL, direc-
teur des ventes : Cette fois-ci, je vous promets d’être bref.
(Rires.)
.
93 Avant le complément d’un verbe

Hier soir, j’ai bu. Du cognac.


(= Hier soir, j’ai bu. <J’ai bu> du cognac.)

Avant d’écrire le complément d’un verbe que l’on vient d’employer


absolument, on met un point — et non une virgule.

94 Entre des groupes de même rôle

Paul est un rabat-joie. Un traîne-malheur. Un pisse-vinaigre.

Entre des groupes de même rôle que l’on juxtapose, si l’on veut donner
un maximum de relief à chacun, on met un point.

Remarques
1. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par la virgule, voir § 7.
2. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par le point-virgule, voir
§ 115.

95 Avant et, mais, car...

R. L. Yates écopa de 440 ans de prison. Et de 60 000 $ d’amende.


Nous réussirons, bien entendu. Mais ce ne sera pas facile.
Il n’en est pas question. Car trop, c’est trop.

Avant et, mais, car..., pour donner un maximum de relief à ce


qui précède comme à ce qui suit, on préfère parfois le point à la
virgule.
.
96 À la fin d’une dédicace

À la mémoire de Mlle Laurence Nairac

On ne met un point à la fin d’une dédicace que si l’on en sent le


besoin :

Je dédie ce recueil de nouvelles à mes deux filles.

Remarque
La dédicace n’appartenant pas au corps de l’ouvrage, elle est
composée en italique.

97 À la fin d’un slogan, d’une consigne,


d’une inscription

Naviguez Canoë
Défense de fumer
Bureau du registraire

On ne met pas de point à la fin d’un slogan, ni à la fin d’une consigne


ou d’une inscription figurant sur une affiche ou un écriteau.

Remarque
Il arrive toutefois qu’une campagne de publicité recoure au point
pour donner plus de force à un slogan : Demain, c’est aujourd’hui.

98 À la fin du titre d’une œuvre

L’afficheur hurle
La métaphore chez Anne Hébert
.
On ne met pas de point à la fin du titre d’une œuvre — que ce soit
sur la couverture d’un livre, sous une reproduction…, qu’il s’agisse
d’un texte, d’un tableau, d’une sculpture, d’un film, d’un opéra, d’un
ballet… À l’école, au collège, à l’université, on n’en met pas davan-
tage à la fin du titre que l’on donne à l’un de ses travaux.

Remarque
Sous l’un des graphiques d’un document, sous l’un de ses dessins,
l’une de ses photographies, l’un de ses schémas, l’une de ses cartes
géographiques..., la légende ou le titre se terminent par un point :
Fig. 3 — Circonscriptions péquistes en 1976.

99 À la fin du titre d’un article de journal

« Mon secret : ma balle courbe »


Le lanceur des Braves, impeccable, mystifie les Pirates

Dans le cas d’un article de journal, la tradition est de ne pas mettre


de point à la fin du titre ou du sous-titre 1 (qu’ils soient centrés ou « en
pavé »), à moins qu’ils ne fassent plus d’une ligne ou comportent déjà
une ponctuation forte (point, point d’interrogation ou d’excla-
mation…) :

Le carnaval tourne au cauchemar


Une bombe artisanale explose. La police est sur les dents.

1. Ce qui n’empêche pas Jean-Pierre Colignon, chef du service correction du


quotidien Le Monde, d’écrire : «[Mais tel journal] a bien le droit, si sa rédaction en
décide ainsi, de mettre constamment une ponctuation finale. »
.
100 Dans une date donnée tout en chiffres

Habituellement, pour mentionner une date dans les travaux ordi-


naires ou les documents administratifs, on écrit, par exemple,
27 juin 2003. En revanche, dans les tableaux, les horaires, les
relevés, on écrit 2003-06-27, 2003 06 27 ou 20030627. L’emploi
du point (entre jour et mois, entre mois et année) ne venant que
compliquer les choses, sans doute tentera-t-on de le réserver à la
correspondance privée, quand une date est hâtivement griffonnée
sous une signature.

Remarque
On ne glisse jamais de barres obliques dans l’écriture d’une date.

101 Avec une référence


selon la méthode auteur-date

C’est vrai : « Québec est un cirque. » (Caron, 1980, p. 183.)


Voilà un jeu « ridicule et criminel » (Pagé et collab., 2001, p. 9).
Maheu est franc : « Le terroriste est suicidaire » (1983, p. 57).
Blais prétend que « l’Amérique boite » (2003, p. 91).
Dès 1979, Chamberland le dit : « Nous sommes en danger » (p. 19).
Elle pose cette question : « N’est-il pas trop tard ? » (p. 244).
Goya craignait l’Inquisition (St-Pierre, 1998).
Goya craignait l’Inquisition. (St-Pierre, 1998.)
.
Quand on donne une référence selon la méthode auteur-date 1, on ne
met un point à l’intérieur de la parenthèse que si elle contient le nom
de l’auteur et que la citation (textuelle ou d’idée) a son propre point.

102 Dans une notice bibliographique

FRÉCHETTE, José. Le père de Lisa, Montréal, Les Quinze, 1987,


107 p.

Dans une notice bibliographique, on met un point après le prénom de


l’auteur et à la toute fin.

Remarques
1. Dans une référence en bas de page, le prénom de l’auteur
précède toujours son nom, lequel est séparé du titre par une
virgule ; et l’on indique, à la fin, la ou les pages consultées.
Ex. : 1. José Fréchette, Le père de Lisa, Montréal, Les Quinze,
1987, p. 85. — Dans le corps du texte, le renvoi à cette référence
peut être un chiffre supérieur ou un astérisque.
2. La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques
dans lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de
l’auteur. Ex. : MALO, Marie. 1996, Guide de la communication
écrite, Montréal, Québec Amérique, 322 p.

103 Dans le numérotage d’une note en bas de page

1. Dans Je suis pieds nus, en revanche, on a un attribut.


2. Carole Viau, Le homard, Laval, Éditions du Roi, 2003, p. 42.

1. Une méthode que présente fort bien le Guide de la communication écrite (voir
« Notice bibliographique : Principes généraux » et « Références dans le texte »).
.
Une note en bas de page commence habituellement par un chiffre
placé sur la ligne de base et suivi d’un point.

Remarque
Quand ce chiffre est en exposant, il n’est pas suivi d’un point.
Ex. : 3 Carole Viau, Le homard, Laval, Éditions du Roi, 2003, p. 42.

104 Après Remarque, Note,


la mention d’une date...

Remarque. — André Goosse classe donc parmi les adverbes.


Note. — Aucun remboursement ne sera permis.
27 décembre. — Hier, Suzanne est allée chez sa gynécologue.

Après les mots Remarque, Note, ou après la mention d’une date (dans
un journal intime, par exemple), le point, une espace et un tiret per-
mettent de bien dégager le texte qui suit.

Remarques
1. Le titre d’une annexe peut être présenté de la même façon.
Ex. : Annexe IV. — Déclarations de revenu
2. Le titre d’un appendice peut être présenté de la même façon.
Ex. : Appendice B. — Aveux du trafiquant
3. Le titre d’un chapitre peut être présenté de la même façon.
Ex. : Chapitre XII. — Les gastéropodes
4. Pour ce qui regarde les remarques, le Guide du rédacteur pré-
fère l’emploi d’un deux-points suivi d’une majuscule. Ex. :
Remarque : Un grammairien belge classe le mot donc parmi les
adverbes.
.
105 Dans une énumération verticale

Objectifs visés par l’entreprise :


1. Se faire connaître
a) par des campagnes de publicité,
b) par le parrainage de manifestations culturelles ou sportives
d’envergure,
c) par de généreux dons à des œuvres de bienfaisance ;
2. Restructurer ses opérations ;
3. Se lancer à l’assaut du marché international.

Les principaux éléments d’une énumération verticale de quelque


importance sont parfois précédés d’un chiffre romain et d’un point
(parfois suivis d’une espace et d’un tiret), d’une majuscule et d’un
point (parfois suivis d’une espace et d’un tiret) ou d’un chiffre arabe
et d’un point (parfois suivis d’une espace et d’un tiret).

Remarque
Ces points ne peuvent être suivis que d’éléments commençant par
une majuscule : sans doute est-il sage de les réserver aux énumé-
rations dans lesquelles l’expression introductive ne forme pas un
énoncé avec ce qui suit (voir § 150).

106 Le point abréviatif

exemple .......................................... ex.


téléphone ........................................ tél.
télécopie ......................................... téléc.
volume ............................................ vol.
.
Quand la dernière lettre d’un mot que l’on abrège ne termine pas
l’abréviation, on met un point ; quand elle la termine, en revanche, on
ne met rien :

madame.......................................... Mme
numéro .......................................... no
quelqu’un ........................................ qqn
maître.............................................. Me

Remarques
1. On écrit parfois sans points BD (bande dessinée), bdc (bas de
casse), RR (route rurale), PME (petite ou moyenne entreprise), pdg
(ou PDG), svp (ou SVP), RSVP, USA, CV...
2. On écrit sans points a/s de, N/R, B/B, l/cr, etc. (voir § 286).
3. On écrit sans points JPV/bt (voir § 287).
4. On écrit sans points TSVP (voir § 288).
5. C’est également sans points que l’on abrège les grades des forces
armées canadiennes : gén (général), lgén (lieutenant-général), am
(amiral), lcol (lieutenant-colonel), capt (capitaine), adj (adjudant).

107 Le point abréviatif et les symboles

Le cadavre pesait exactement 253,15 kg, et c’était trop.


Votre train part à 20 h 45.
LOFT DE 200 m 2 À LOUER
À 1535 o C, le fer (Fe) fond.
Là-bas, pour 100 $ CA, certains feraient n’importe quoi.

Que l’on ait affaire aux unités de mesure, aux symboles chimiques ou
aux unités monétaires, presque tous les symboles s’écrivent sans
point abréviatif.
.
Remarque
Dans Le français au bureau, il est écrit : « Le symbole du dollar
canadien est $ CA. Dans les contextes où il faut trois positions après
le symbole $, on peut employer CAN. Le symbole $ CAN est réservé
à ces cas-là, et notamment en service international. »

108 Le point abréviatif en fin d’énoncé

Notre informateur le plus précieux est Raymond P. Il en sait long.

En fin de phrase, le point abréviatif tient lieu de point final.

109 Le point abréviatif en fin d’énoncé :


cas particuliers

Jocelyne écrit qu’elle veut étudier « à l’U. de M. ».


Ce tournoi eut lieu à l’U. de M. (?).
On te verra le 7 mai (à l’U. de M.).
La dictée fut donnée au grand auditorium de l’U. de M. 5.

En fin de phrase, quand un point abréviatif est suivi d’un guillemet


fermant, d’une parenthèse, d’une parenthèse fermante ou d’un appel
de note, on met un point final. Et, quoique les typographes s’y
opposent, il semble raisonnable de mettre une espace insécable *
entre un point abréviatif et des points de suspension :

Papa s’ennuie de l’U. de M. … Il s’ennuie de sa jeunesse.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


.
110 Le point abréviatif et les sigles

La CIA rêvait d’assassiner Fidel Castro.


L’analyse de son ADN le prouvait : O. J. Simpson était coupable.
Dans le calcul du coût, n’oublie pas la TPS.
L’UNICEF est un organe permanent de l’ONU depuis 1953.

On ne met plus de points abréviatifs aux sigles ni aux acronymes que


l’on écrit tout en capitales.

Remarques
1. Les diplômes et grades universitaires font exception : B.A.A. (bacca-
lauréat en administration des affaires), D.M.V. (doctorat en médecine
vétérinaire), D.M.D. (doctorat en médecine dentaire)...
2. On écrit aussi bien MBA que M.B.A. (Master of Business Admi-
nistration).

111 Le point abréviatif et le souci de discrétion

À propos de fraude électorale, j’ai parlé à H. C., mardi.

Les points abréviatifs nous évitent de donner un nom dans son entier
et permettent ainsi une louable discrétion.

112 Règle typographique

Avant le point : rien ; il est collé au mot qui le précède, et il reste


toujours dans la même face que lui : si ce mot est en gras ou en
italique, le point l’est aussi — même quand un appel de note se glisse
entre eux.
.
Après : une espace sécable * — sauf à l’intérieur de certains sigles,
de certaines abréviations : F.L.Q., U.R.S.S., É.C. 1 (étoile du Courage
— ou Étoile du courage), D.E.C. (ou DEC : diplôme d’études collé-
giales), B.A. (baccalauréat ès arts), M.A. (maîtrise ès arts), N.D.T. (ou
NDT : note du traducteur), R.S.V.P. (ou RSVP : répondez, s’il vous
plaît), c.-à-d., p.c.q. (parce que), p.p. 2 (participe passé)…

Remarque
Dans Le français au bureau, il est écrit : « L’usage dactylographique
nord-américain, qui préconise deux espacements [après le point final],
ne se justifie guère, mais il demeure admis. Il présente cependant
l’inconvénient de créer de grands blancs dans certains textes justi-
fiés et de faire commencer des lignes par un espacement. »

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


1. Le Guide du rédacteur contient une liste des ordres, décorations et médailles du
Canada — ainsi que leurs abréviations.
2. Les auteures du Français au bureau préfèrent RSVP, N. D. T. (ou NDT) et p. p.
;
Chapitre 3 — Le point-virgule

113 Entre des énoncés pareillement structurés

Ce pistolet-ci est superbe ; celui-là est laid.

Éric est en Italie ; Bertrand en France.


(= Éric est en Italie ; Bertrand <est> en France.)

Entre des énoncés pareillement structurés, le point-virgule est préfé-


rable aussi bien au point qu’à la virgule. Il est préférable au point surtout
quand on sous-entend le second verbe ; il est préférable à la virgule
quand en outre on choisit de mettre en évidence par détachement un
changement de thème * (voir § 63) :

Éric est en Italie ; Bertrand, en France.


(= Éric est en Italie ; Bertrand, <lui, est> en France.)

Patrice aimait Marc ; Marc, Charles.


(= Patrice aimait Marc ; Marc, <lui, aimait> Charles.)

Remarque
Tout cela n’empêche pas d’écrire Mon père aime ton courage, ma
mère ton sens de l’humour (voir § 6) ou Ce pistolet-ci est superbe.
Celui-là est laid. — Dire que le point-virgule est parfois préférable à
d’autres signes n’entraîne pas l’obligation de s’en servir.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


;
114 Entre des énoncés logiquement associés

Le coq chantait ; Prince, grognon, jappait ; papa ouvrait l’œil.


Fausto Coppi mourut ; Gino Bartali, son rival de toujours, se rendit
sur sa tombe, pleura comme un enfant, puis lui jura que jamais plus il
n’enfourcherait un vélo.
Je la trouvais belle, drôle, adorable ; elle riait, émue ; nous étions
amoureux.

Le point-virgule unit des énoncés grammaticalement complets mais


logiquement associés, surtout s’ils sont virgulés.

115 Entre des groupes de même rôle

Cette loi est censée faire peur à ceux qui, soucieux de s’empiffrer, ne
rêvent que de voler leurs voisins ; à ceux qui, détraqués, sont incessam-
ment tentés de céder aux vices qui les hantent; à ceux dont la violence,
hélas, les porte à frapper celles qu’ils disent aimer…
Ils prétendent tous qu’en réalité, je ne t’aime pas ; que je te méprise
secrètement ; que tu devrais, n’est-ce pas, me quitter sur-le-champ ;
que l’amour, bien sûr, est une aberration ; et que je devrais, moi, oublier
jusqu’à ton nom !

Entre des groupes de même rôle que l’on juxtapose, s’ils sont virgulés,
on met un point-virgule.

Remarques
1. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par la virgule, voir § 7.
2. Pour ce qui regarde cette juxtaposition par le point, voir § 94.
;
116 Quand un point serait trop fort
et une virgule trop faible

Je n’aimais pas Spielberg ; mais La liste de Schindler, je l’avoue…

Quand un point serait trop fort et une virgule trop faible, on met un
point-virgule.

117 Entre les éléments d’une énumération

Objectifs visés par l’entreprise :


1. Se faire connaître
a) par des campagnes de publicité,
b) par le parrainage de manifestations culturelles ou sportives
d’envergure,
c) par de généreux dons à des œuvres de bienfaisance ;
2. Restructurer ses opérations ;
3. Se lancer à l’assaut du marché international.

Samedi, le participant devra


a) être muni de tout le nécessaire :
— carte d’identité,
— jeu d’échecs,
— horloge ;
b) jouer 40 coups en moins de deux heures trente ;
c) signaler toute victoire aux responsables du tournoi.

Voici l’ordre du jour de la réunion du 26 mars :


1. Ouverture de la séance ;
2. Adoption de l’ordre du jour ;
;
3. Élection d’un nouveau coordonnateur ;
4. Demandes de perfectionnement :
4.1. Le doctorat de Serge Allaire,
4.2. La maîtrise d’Amélie Clément ;
5. Questions diverses ;
6. Clôture de la séance.

Qu’elle soit verticale ou horizontale, une énumération est subdivisée


par des points-virgules si les éléments qui la constituent sont un tant
soit peu complexes, syntaxiquement parlant, ou s’ils sont virgulés.

À l’étude : les groupes compléments du verbe, du nom, de l’adjectif ;


les compléments de phrase, qu’ils soient en début ou en fin de phrase ;
les subordonnées enchâssées et adjointes.

118 À la fin d’une énumération verticale

Samedi, le participant devra


a) être muni de tout le nécessaire :
— carte d’identité,
— jeu d’échecs,
— horloge ;
b) jouer 40 coups en moins de deux heures trente ;
c) signaler toute victoire aux responsables du tournoi ;
et, bien entendu, sourire aux anges en tout temps !

À la fin d’une énumération verticale subdivisée par des points-virgules,


on en met un dernier quand il s’agit de poursuivre une phrase ou de
marquer entre deux phrases le temps d’arrêt le plus simple.
;
119 Pour donner plus d’une référence
selon la méthode auteur-date

Les experts sont unanimes (Dubé, 2003 ; Katz, 2001; Viau, 2002).

Si l’on adopte la méthode auteur-date 1 et qu’une citation d’idée


implique plus d’une référence, on met un point-virgule entre chacune
de ces références et sa voisine.

120 Dans une notice bibliographique

BÉGIN, Lise. Le piège, Genève, Éditions du Paillasson ; Québec, Brassin


de savon, 1999, 143 p.

Dans une notice bibliographique, le point-virgule sert à présenter une


coédition.

Remarque
La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques dans
lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de l’auteur.
Ex. : Bégin, Lise. 1999, Le piège, Genève, Éditions du Paillasson ;
Québec, Brassin de savon, 143 p.

121 Dans une note de référence (cité dans, cité par)

1. G. Vigneault, L’armoire des jours, 1998 ; cité par Gayle Schwartz,


Our Very Best, Morin-Heights, Woodpecker Press, 2003, p. 88.

1. Une méthode que présente fort bien le Guide de la communication écrite (voir
« Notice bibliographique : Principes généraux » et « Références dans le texte »).
;
Lorsqu’une note de référence présente en fait ce que l’on appelle une
« double référence », on met un point-virgule entre l’abrégé de l’origine
de la citation et l’expression cité dans ou cité par suivie de la réfé-
rence complète de la source réellement consultée.

Remarque
Il existe une autre façon de présenter une double référence en bas de
page, mais elle n’implique pas le point-virgule. Ex. : Gayle Schwartz,
Our Very Best, Morin-Heights, Woodpecker Press, 2003, p. 88, citant
Gilles Vigneault, L’armoire des jours, 1998.

122 Dans une note de référence


(plusieurs références)

1. Marie Malo, Guide de la communication écrite, Montréal, Québec


Amérique, 1996, p. 177-183 passim ; Noëlle Guilloton et Hélène
Cajolet-Laganière, Le français au bureau, 5e éd., Office québécois
de la langue française, Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 2000,
p. 203 et suiv. ; Aurel Ramat, Le Ramat de la typographie, 5e éd.,
Saint-Lambert, Aurel Ramat éditeur, 2000, p. 96-98.

Lorsque plusieurs références forment une même note, on les sépare


par des points-virgules.

123 Après le point-virgule : minuscule ou majuscule ?

À un journaliste qui lui demandait pourquoi il semblait si nerveux à


l’entraînement, ce basketteur de Caroline du Nord aurait répondu : « C’est
que ma sœur est sur le point d’accoucher ; et je ne sais pas encore si
je serai un oncle ou une tante. »
;
Le point-virgule n’est pas suivi d’une majuscule — sauf si l’on a affaire
à un nom propre, à un titre d’œuvre, à un proverbe… :

Noëlle sera là ; Michel, hélas, a un empêchement.


L’hiver de force, c’est de Ducharme ; L’amélanchier, de Ferron.

124 Règle typographique

Avant le point-virgule : rien — du moins jusqu’au jour béni où les


logiciels de traitement de texte nous permettront d’utiliser enfin ce
que les typographes appellent une espace « fine * ».
Après: une espace sécable *.

Remarque
La face du point-virgule est celle de l’énoncé auquel il appartient.
Ex. : Elle a lu Les belles-sœurs ; Tit-Coq, c’est moi qui l’ai lu.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


...
Chapitre 4 — Les points de suspension

125 À la fin d’une énumération


ou d’un énoncé inachevés

J’ai vu six oiseaux : un geai, un tangara, un pic, un merle...


Cette dame est si gentille...
Si c’était possible...

Les points de suspension indiquent qu’une énumération ou un énoncé


sont laissés inachevés.

Remarque
Cette dame est si gentille… est une phrase de type déclaratif dans
laquelle un adverbe corrélatif n’est pas suivi de la subordonnée
consécutive qu’il annonce : Cette dame est si gentille qu’on a peine
à le croire. (Pour ce qui regarde l’emploi du point, voir § 92 ; pour
ce qui regarde celui du point d’exclamation, voir § 252.)

126 À la fin d’un incipit

XXIV. — L’ennui de vivre…


XXV. — Vous m’avez demandé…
XXVI. — Ces vers durent être faits…

Quand les premiers mots d’un poème lui tiennent lieu de titre, ils
forment ce que l’on appelle un « incipit » et sont généralement suivis
de points de suspension.
...
Remarques
1. En pareilles circonstances, si l’on se sert de l’entier du premier vers,
il arrive que l’on conserve intacte sa ponctuation finale.
Ex. : XCIX. Je n’ai pas oublié, voisine de la ville,
2. Un incipit est composé en italique.

127 Au lieu de etc.

Elle a parlé de ses idoles : le Mahatma Gandhi, Martin Luther King,


Simone de Beauvoir, Nelson Mandela, etc.

Elle a parlé de ses idoles : le Mahatma Gandhi, Martin Luther King,


Simone de Beauvoir, Nelson Mandela…

À la fin d’une énumération, on met etc. ou des points de suspension,


et non les deux.

128 Pour atténuer certaines vulgarités

Cet insolent personnage mérite un bon coup de pied au c…

Les points de suspension permettent d’atténuer certaines vulgarités.

129 Hubert T…

À propos d’impôts impayés, j’ai parlé à Hubert T…, mardi.

Les points de suspension accompagnent souvent l’initiale d’un nom


que l’on choisit de taire.
...
Remarque
Dans Le guide du rédacteur, il est dit que l’on peut même n’utiliser
que les points de suspension, sans initiale : Il est amoureux de … et
désire vivre avec elle.

130 Mme X…, M. Z…

Imaginons ceci : Mme X… accuse M. Z… de vol à l’étalage.

Les points de suspension accompagnent souvent l’initiale d’un nom


fictif.

131 […]

Il est écrit, dans le Code de Hammourabi : « Si le feu a pris dans la


maison d’un homme et si quelqu’un qui était venu pour l’éteindre […]
a pris un meuble du maître de maison, cet homme sera jeté dans ce
feu. »
Il y est également écrit : « Si un maçon a construit une maison pour
quelqu’un, mais […] si la maison qu’il a construite s’est effondrée et s’il
a fait mourir le propriétaire de la maison, ce maçon sera tué. »

On met des points de suspension entre crochets à l’endroit exact où


l’on supprime exprès certains mots d’une citation (voir § 265).

132 Pour rendre une réflexion, un sentiment, un état

Tous les chemins menant à Rome, aller à Pise doit être ardu…
Je crois que j’ai trop bu… Je vais être malade…
...
Les points de suspension indiquent que l’on réfléchit, ou que l’on est
troublé.

133 Pour rendre l’hésitation d’un personnage

C’est que je… je suis très timide.

Dans un récit, les points de suspension rendent l’hésitation d’un


personnage.

134 Pour rendre le mutisme d’un personnage

« Qu’en penses-tu ? Suis-je aussi bête qu’on le dit ?


— …»

Dans un dialogue, employés seuls, les points de suspension rendent


le mutisme d’un personnage qui refuse de parler ou est rongé par
l’indécision, l’ignorance, la gêne, la honte…

135 Entre deux alinéas

18 septembre. — Luc Gagnon est mort. Une nouvelle comme un coup


de bâton. Il se serait noyé à Madagascar. Un suicide, apparemment. Il
traînait depuis toujours une de ces vieilles peines d’amour qui n’en
finissent plus de finir.

Suis allé rue Drolet, chez Laurence. Curry, mah-jong, brandy, et le rire
de Laurence, et ses yeux, ses mains toutes courtes, toutes belles. Son
humour comme un bateau dans une bouteille.
Dois dormir. Il est tard. Très tard.
...
Entre deux alinéas, les points de suspension indiquent que l’écriture
est interrompue 1.

136 Au début d’un alinéa

Il avait promis à Nadine que tout allait changer ; qu’il l’aimerait plus
qu’avant ; qu’il l’aimerait, surtout, mieux ; qu’il n’y aurait plus de
reproches inutiles, plus de temps perdu ; qu’elle ne le regretterait
pas, etc.
… Rien ne changea. Le printemps fut décevant ; l’été, pénible. Ils se
quittèrent fin septembre.

On met des points de suspension au début d’un alinéa pour indiquer


qu’un certain temps s’est écoulé.

137 Avant un nouvel énoncé

Tu te rappelleras que M. Duguay, le père de Maurice, est un joueur de


billard comme il ne s’en fait plus. (Son épouse, soit dit en passant, se
porte mieux.) … Eh bien, je viens de le battre à plate couture ! Je me
suis surpassée.

Avant un nouvel énoncé, les points de suspension marquent une


pause plus rarement que ne le fait le tiret (voir § 227), mais rien
n’interdit que l’on s’en serve à cette fin.

1. Parfois, on a plutôt une ligne de points continus sur toute la largeur du texte.
...
138 Pour mettre en relief
le ou les mots qui suivent

Quand j’ai appris qu’il était le rédacteur en chef de ce journal, je lui ai


dit : « Vous, je parie que vous êtes vraiment né… dans une feuille de
chou ! »

Les points de suspension mettent en relief le ou les mots qui suivent.

139 Pour rendre une légère interrogation

« En cadeau d’anniversaire, tu désires donc…


— Tous les disques de Charlebois et un livre sur Ozias Leduc. »

Dans un dialogue, les points de suspension rendent parfois une légère


interrogation.

140 Pour marquer l’interruption du discours,


puis sa reprise

« Chez toi, ce que j’admire le plus, sans blague, c’est…


— … ma très grande modestie ? »

Dans un dialogue, les points de suspension marquent parfois l’inter-


ruption du discours, puis sa reprise.

141 Après un point abréviatif

Papa s’ennuie de l’U. de M. … Il s’ennuie de sa jeunesse.


...
Quoique les typographes s’y opposent, il semble raisonnable de
mettre une espace insécable * entre un point abréviatif et des points
de suspension.

142 Les points de suite

Chicoutimi ....................................................................................... 45

Dans une table des matières ou un tableau, les points de suite (ou
« de conduite », ou « conducteurs »…), placés après une espace, aident
l’œil du lecteur à relier des éléments éloignés.

143 Pour indiquer qu’il faut tourner une page

…2
… /…
… verso

Pour indiquer qu’il faut tourner une page, on met habituellement dans
son coin inférieur droit, en romain maigre, … 2 ( … 3, … 4, etc.), ou
deux séries de points de suspension de part et d’autre d’une barre
oblique ; et si le document dont il s’agit ne court que sur les deux
pages d’une même feuille, on met … verso.

Remarque
À … verso (que l’on écrit avec une espace après les points) certains
préfèrent TSVP (« Tournez, s’il vous plaît ») — également en romain
maigre.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


...
144 Règle typographique

Avant les points de suspension : rien (exceptions mises à part — voir


§ 129, Rem. ; 137 ; 141) ; ils sont collés au mot qui les précède, et ils
restent dans la même face que lui : si ce mot est en gras ou en
italique, les points de suspension le sont aussi — même quand un
appel de note se glisse entre lui et eux.
Après : une espace sécable * — sauf s’ils sont suivis d’une paren-
thèse ou d’un crochet fermants, d’une virgule, d’un point-virgule,
d’un point d’interrogation ou d’exclamation.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


:
Chapitre 5 — Le deux-points

145 Pour annoncer un élément clé, un exemple,


une explication…

J’ai découvert un peintre extraordinaire : James Ensor.


Certains adjectifs sont invariables : Elle semblait très sexy.
Le voisin s’est pendu : il était seul, malade, ruiné...
Léonard de Vinci : un être d’exception.
Je n’aime ni son visage ni sa voix : rien en lui ne me plaît.
Félix sur son vélo : un crapaud sur une boîte d’allumettes.
Votre estampe est superbe, rare, et j’ai les sous : je l’achète.
Résultat : tout a été détruit.
Un bon conseil : n’y allez pas.

Le deux-points annonce un élément clé, un exemple, une explication,


un jugement, une synthèse, une définition, une conclusion, etc.

146 Avant les paroles rapportées


d’un discours direct

Une vendeuse a dit : « Ce soulier vous va comme un gant. »


Jules Renard a écrit : « Les maladies, les essayages de la mort. »
Il cherchait des yeux la serveuse : « J’ai une faim de loup. »

Dans le système du discours direct, le deux-points annonce les


paroles rapportées, qu’elles soient orales ou écrites, que l’expression
introductive inclue ou non un verbe de parole (pour ce qui regarde
:
l’absence possible des guillemets, voir § 148 ; pour ce qui regarde le
point final et le guillemet fermant, voir § 163).

Remarque
L’emploi du deux-points n’est toutefois pas obligatoire : Elle ne
cessait de me demander « Quand partons-nous ? », et cela m’agaçait.
— Les yeux de l’humoriste pétillaient de malice. « Le tennis, c’est
comme le ping-pong, sauf qu’au tennis, les joueurs sont debout sur
la table ! »
Pour ce qui est de ce dernier exemple, le recours à un alinéa est alors
fréquent.

147 Avant les répliques d’un dialogue


de théâtre ou de cinéma

LUI : Je suis ton amant le plus cochon ? Ton préféré ?


ELLE, souriante : Oui. (Un temps.) Tu es mon porc d’attache !

Dans une œuvre théâtrale ou un scénario, le deux-points annonce les


répliques 1 (pour ce qui regarde l’emploi du tiret, voir § 229).

148 Dans le système du discours rapporté libre

Je souriais, mais il s’obstinait : Ce n’était pas juste ! Je faisais exprès


de l’humilier devant les autres élèves. S’il y avait une justice, on ne
me laisserait plus jamais enseigner. D’ailleurs, sa mère irait se
plaindre au directeur…

1. L’annexe 3 de La ponctuation, de Jacques Popin, ordonne à merveille les diverses


façons de présenter ce genre de texte.
:
Dans le système du discours rapporté libre, qui se passe de guille-
mets, le deux-points facilite parfois l’insertion des paroles — surtout
orales. Mais son emploi n’est ni obligatoire ni très fréquent :

Je fronçais les sourcils. Elle, elle était au septième ciel. Il n’y avait pas
de prof plus cool que moi ! Elle m’avait toujours trouvé super. J’étais
le plus fin, le plus savant 1…
Je me suis assis près du petit Bruno. Il a souri. Sais-tu quoi ? Hier, j’ai
eu cinq ans ! Ma mère, elle m’a acheté un jeu. Veux-tu que je te le
montre 2?

Remarque
Si l’on choisit de mettre un deux-points, en pareilles circonstances,
les paroles rapportées commencent tantôt par une majuscule tantôt
par une minuscule. L’usage est hésitant.

149 Avant ou après une énumération

Nixon a tout perdu : sa santé, son honneur et la présidence.


Des timbres, de l’encre et six CD : j’achète ce qu’il me faut.

On met un deux-points entre une énumération et son résumé.

Remarque
Dans un texte administratif, juridique ou didactique, il arrive toute-
fois que certains passent outre à cette obligation du résumé ; un

1. Cet exemple ainsi que le précédent présentent du discours indirect libre : le je y est
continûment celui du narrateur.
2. Cet exemple présente du discours direct libre : après avoir été celui du narrateur,
le je est soudain celui du personnage.
:
deux-points s’interpose alors entre un verbe et ses sujets ou ses
compléments : Étaient présentes : Geneviève Brunet, Brigitte Roy,
Danielle Odulinski et Isabelle Daboval. — Ce chapitre étudiera : le
discours rapporté direct, y compris le discours intérieur ; le discours
rapporté indirect, sans oublier l’îlot textuel ; le discours rapporté libre,
direct ou indirect.

150 Avant une énumération verticale

Objectifs visés par l’entreprise :


1. Se faire connaître
a) par des campagnes de publicité,
b) par le parrainage de manifestations culturelles ou sportives
d’envergure,
c) par de généreux dons à des œuvres de bienfaisance ;
2. Restructurer ses opérations ;
3. Se lancer à l’assaut du marché international.

On met un deux-points après l’expression introductive d’une énu-


mération verticale — sauf si l’on juge que cela interromprait un
énoncé :

Samedi, le participant devra


a) être muni de tout le nécessaire :
— carte d’identité,
— jeu d’échecs,
— horloge ;
b) jouer 40 coups en moins de deux heures trente ;
c) signaler toute victoire aux responsables du tournoi.
:
Remarque
Mettre un deux-points après devra, dans le second exemple, n’est
toutefois pas considéré comme fautif.

151 Pour indiquer un lien de cause à effet,


ou d’effet à cause

Les problèmes semblaient insurmontables : je renonçai.


Je renonçai : les problèmes semblaient insurmontables.

Entre deux énoncés, le deux-points peut indiquer un lien de cause à


effet, ou d’effet à cause.

152 La répétition du deux-points

On a peur : on se terre, on s’arme, on guette : on a deux fois plus peur.

Presque tous condamnent la répétition du deux-points, mais si l’on


juge que ce n’est pas fait aux dépens du lecteur, où est le mal 1?

153 Après un point d’interrogation


ou d’exclamation

Je pars en vacances ! : je suis épuisé.

1. Feu Nina Catach semblait d’accord. Jacques Drillon écrit, quant à lui : « À propos
du deux-points en chaîne, il est permis de poser comme règle celle qui interdit à
deux deux-points de fonction équivalente de se succéder. S’il s’agit, par exemple,
d’une explication, puis d’une énumération, on peut les enchaîner. »
:
L’auteur du Traité de la ponctuation française écrit : « Les typo-
graphes interdisent au deux-points de suivre un point d’interrogation
[ou d’exclamation]; économie de signes, disent-ils. Oui, mais comment
s’en passer ? : telle est la question. » — Dans l’exemple ci-dessus,
sans l’épuisement, on ne part pas. Sans le deux-points, le laisse-t-on
savoir ?

154 Entre heures et minutes,


entre minutes et secondes

France ................................................................................. 08: 36: 34


États-Unis ........................................................................... 09: 00: 44
Suisse ................................................................................. 10: 02: 59

Dans un tableau, un horaire, un relevé — tout document qui répond


à des besoins techniques —, ou lors d’un échange d’informations
entre systèmes de données, on met un deux-points entre heures et
minutes, entre minutes et secondes.

Remarque
Dans un texte ordinaire ou littéraire, on fait les choses différemment :
Leur bébé est né à 9 h 6. — La Québécoise mit 2 h 3 min 59 s à faire
ce triathlon. — La marquise sortit de sa baignoire vers vingt heures
trente. — Notre belle histoire d’amour aura duré quarante-huit heures
deux minutes sept secondes...

155 Pour indiquer l’échelle au bas d’une carte

1 : 50 000
:
Au bas d’une carte géographique, pour indiquer l’échelle, on se sert
parfois du deux-points, mais plus généralement de la barre oblique.

Remarque
Dans un texte, on se sert de la barre oblique : Ce cycliste a sur lui
une carte au 1/50 000. (Voir § 280.)

156 Dans une notice bibliographique

ALLARD, Marie. « Le monde change, La Presse aussi : Nouvelle maquette


et nouveaux cahiers », La Presse, vol. 116, no 322 (15 septembre 2000),
p. A3.
COLIGNON, Jean-Pierre. Un point, c’est tout ! : la ponctuation efficace,
Montréal, Boréal, 1993.

Dans une notice bibliographique, on met un deux-points entre titre et


sous-titre (pour ce qui regarde l’emploi de la majuscule après ce
deux-points, voir la remarque du paragraphe suivant).

Remarque
La méthode auteur-date 1 implique des notices bibliographiques dans
lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de l’auteur.
Ex. : COLIGNON, Jean-Pierre. 1993, Un point, c’est tout : la ponctua-
tion efficace, Montréal, Boréal.

1. Une méthode que présente fort bien le Guide de la communication écrite (voir « Notice
bibliographique : Principes généraux » et « Références dans le texte »).
:
157 Après le deux-points :
minuscule ou majuscule ?

Le renard était tout près : le coq avait la chair de poule.

Le deux-points est suivi d’une minuscule — sauf si l’on a affaire à un


nom propre, à un titre, à un proverbe 1, etc 2. (pour ce qui regarde les
paroles rapportées d’un discours libre, voir § 148, Rem.) :

Danny vient de découvrir une ville formidable : Vancouver.


Mon tableau préféré : Laocoon, du Greco.
Elle aime ce proverbe : Pierre qui roule n’amasse pas mousse.
Jolie maxime : Qui vit sans folie n’est pas si sage qu’il croit.
Louis XI avait une devise : Qui s’y frotte s’y pique.
Objet : Recouvrement de la facture no 56-293
Pièce jointe 3 : Curriculum vitæ
Elle a dit : « Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas vrai. »

Remarque
Un sous-titre introduit par un deux-points commence tantôt par une
majuscule tantôt par une minuscule. Ex. : J’ai reçu en cadeau Un
nouvel art : L’estampe originale au Canada de 1877 à 1920. — Il
faudrait que tu ajoutes à ta bibliographie Le bon usage : grammaire
française.

1. Le Ramat de la typographie conseille d’italiquer maximes, devises et proverbes.


D’autres préfèrent guillemeter. Ex. : Si l’on en croit la sagesse populaire, « pierre
qui roule n’amasse pas mousse ».
2. Dans une note de service, les mentions DESTINATAIRE, EXPÉDITEUR, DATE,
OBJET, comportent un deux-points suivi d’une majuscule.
3. Si l’on utilise l’abréviation, le deux-points s’efface, et l’usage hésite sur l’emploi de
la majuscule : p. j. Curriculum vitæ ou p. j. curriculum vitæ.
:
158 Règle typographique

Avant le deux-points : une espace insécable * — sauf dans un tableau,


entre heures et minutes, entre minutes et secondes (voir § 154).
Après : une espace sécable *, à la même exception près.

Remarque
La face du deux-points est celle de l’énoncé auquel il appartient ou
celle des mots qui l’entourent immédiatement. Ex. : J’ai lu deux
pièces de Marcel Dubé : Zone et Un simple soldat. — Mission :
impossible a d’abord été une émission de télévision.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


«»
Chapitre 6 — Les guillemets

159 Avec les paroles rapportées d’un discours direct

Après qu’une députée lui eut lancé : « Si j’étais votre épouse, monsieur,
je mettrais du poison dans votre thé », Winston Churchill répliqua : « Si
j’étais votre époux, madame, je le boirais. »
Chamberland a écrit : « Toulmonde [sic] circule dans un dépotoir
surveillé par des rats. »
Eugene McCarthy posa son verre : « Le métier de politicien est comme
celui d’entraîneur de football. Vous devez être assez intelligent pour
comprendre le jeu et assez idiot pour penser que c’est important. »
Lorsqu’il fut seul, Berti Vogts eut cette pensée : « Si je marchais sur
l’eau, mes critiques diraient que c’est parce que je ne sais pas
nager. »

Dans le système du discours direct, on guillemette les paroles


rapportées, qu’elles soient orales ou écrites, et même si elles sont
simplement ce que l’on appelle un « discours intérieur », c’est-à-dire
ce qu’une personne se dit à elle-même. (Pour ce qui regarde la place
du point final, voir § 163 ; pour ce qui regarde la présence du deux-
points, voir § 146.)

Remarque
Si les guillemets disparaissent, on obtient ce que l’on appelle un
« discours direct libre » (voir § 148) : Notre collègue américain était au
septième ciel. J’ai juste appris mon maison à New York était vendu
hier ! Fantastique, n’est-il pas ? Je pense je vais téléphoner ma femme
immédiatement…
«»
160 Avec une épigraphe

L’homme ivre d’une ombre qui passe


Porte toujours le châtiment
D’avoir voulu changer de place.
CHARLES BAUDELAIRE, Les fleurs du mal

Combien est infiniment bonne cette Providence


qui dans sa sagesse a posé des bornes étroites
à la vue et à la conscience de l’homme !

DANIEL DEFOE, Robinson Crusoé

Il n’est pas nécessaire de guillemeter une épigraphe.

Remarque
Le Guide de la communication écrite signale que l’épigraphe se
compose à simple interligne, en italique ou en romain : « On emploie
la même grosseur de caractère que le texte si on la compose en
italique, mais une taille plus petite si on la compose en romain. »

161 Avec une incise au cœur


des paroles rapportées

« Fangio, m’a-t-il dit, gagna 24 de ses 51 courses. »


« T’ennuieras-tu? demanda Anne. Moi, je m’ennuie déjà. »
« Vous me dégoûtez », lança-t-il, ulcéré, serrant soudain les poings,
«et je vous montrerai bientôt de quel bois je me chauffe ! »

Dans le système du discours direct, au cœur des paroles rappor-


tées, seule une incise sentie comme trop longue donne lieu à quatre
guillemets.
«»
Remarque
Pour ce qui est du deuxième exemple, certains préfèrent « T’ennuieras-
tu?, demanda Anne. Moi, je m’ennuie déjà ». Dans Le bon usage, il
est écrit : « Selon une tendance récente, certains auteurs (ou impri-
meurs) doublent d’une virgule ce point […] d’interrogation. »

162 Au début et à la fin d’un dialogue

Non loin des casinos, j’aperçois soudain l’auberge de mes rêves. Je


gare la voiture. Je cours à la réception :
« Pourrais-je avoir une chambre, s’il vous plaît ?
— Hélas non, monsieur.
— Et pourquoi donc ?
— C’est que vous êtes encore tout jeune. Cette auberge est réservée
aux gens du troisième âge… Je suis désolé.
— À plus tard, alors ?
— Eh oui, monsieur. À plus tard. À beaucoup plus tard ! »

Un dialogue peut être encadré de guillemets et recourir aux tirets à


partir de la deuxième réplique. Et tout cela s’écrit parfois « à la suite »,
pour gagner de l’espace — surtout si les répliques sont courtes :

« Où as-tu trouvé ce meuble ? — Il me vient de feu ma grand-mère, qui


crut bon de me le léguer. — N’est-il pas curieux de ne dire “ feu ”
qu’après que les gens se sont éteints ?… »

163 Ponctuation avant et après le guillemet fermant

« Je suis enceinte… », murmura-t-elle.


« Bill Gates a perdu douze milliards? », demanda l’homme.
«»
« Ah, comme la pluie a plu ! », dit le petit.
« L’étoile de mer n’a pas de cerveau », dit-elle.
Ils ont répondu : « Ça va », et nous sommes partis.
L’auteur écrit : « Picasso fumait de l’opium. »
Elle s’est alors assise : « Tout cela m’a épuisée. »
Est-ce qu’il a écrit : « Braque aimait la boxe » ?

Dans le système du discours direct, les paroles rapportées ne perdent


jamais leurs points de suspension, d’interrogation ou d’exclamation ;
en début d’énoncé ou au cœur de l’énoncé, elles perdent systémati-
quement leur point final ; en fin d’énoncé, elles ne le perdent que si le
guillemet fermant est suivi de points de suspension, ou d’un point
d’interrogation ou d’exclamation.
Toute incise est détachée par une virgule (voir Rem. 3).
Après le guillemet fermant, une virgule détache tout ajout : Elle a bre-
douillé : « On y va ? », puis elle a vomi.
Quant aux références entre parenthèses de la méthode auteur-date,
voici un échantillon des situations possibles :

C’est vrai : « Québec est un cirque. » (Caron, 1980, p. 183.)


Voilà un jeu « ridicule et criminel » (Pagé et collab., 2001, p. 9).
Maheu est franc : « Le terroriste est suicidaire » (1983, p. 57).
Blais prétend que « l’Amérique boite » (2003, p. 91).
Dès 1979, Chamberland le dit : « Nous sommes en danger » (p. 19).
Elle pose cette question : « N’est-il pas trop tard ? » (p. 244).

Remarques
1. Bien que l’on souhaite toujours éviter l’accumulation de signes,
certaines situations ne donnent pas le choix : Il t’a simplement
répondu : « Que veux-tu ! » ? (Voir § 241, 253.)
2. Quand l’expression introductive précède les paroles rapportées,
certains (comme l’auteur de Un point, c’est tout ! ) préfèrent mettre
«»
le point après le guillemet fermant : L’auteur écrit : « Picasso
fumait de l’opium ».
3. Quand les paroles rapportées précédant une incise se terminent
par un point d’interrogation ou d’exclamation, certains estiment
qu’il faut que la virgule disparaisse : « Ah, comme la pluie a plu!»
dit le petit. — « Bill Gates a perdu douze milliards ? » demanda
l’homme.
4. Pour ce qui regarde l’incise au cœur des paroles rapportées, voir
§ 161.

164 Du deuxième au dernier alinéa d’une citation

Bernard posa son livre :


« C’est une histoire que je n’ai jamais pu raconter sans pleurer…
» Mon vieux Georges avait été heurté par une voiture, peut-être à Sainte-
Thérèse. Il faisait du vélo. Une collision terrible. Il avait quelque chose
comme 70 ans. Les policiers étaient convaincus qu’il en mourrait. S’en
était suivi, en fait, un coma de quelques semaines.
» Quand il est revenu à lui, tu comprends, j’ai couru à l’hôpital. Sa femme,
Jeanne, qu’il n’avait pas tout de suite reconnue, était déjà à son chevet,
bien sûr, depuis la veille ou l’avant-veille. Lui et moi avons échangé des
banalités, tout doucement. J’étais si heureux de le revoir ! Je le lui ai dit…
Son visage, émacié, était très beau, comme toujours. Une trépanation
lui avait laissé le crâne complètement rasé. Mais il souriait. Tu sais, cet
homme avait une force de caractère à toute épreuve. C’était mon héros,
mon vieux coach rien qu’à moi…
» Avant de repartir, je lui ai demandé, comme ça : “ Georges, est-ce qu’il
y a quelqu’un que tu voudrais absolument que je prévienne ? Un ami
que tu aimerais revoir plus que tous les autres ? ”
» Alors, il m’a dit : “ Téléphone à Bernard Tanguay. Tu vas voir, il va
venir tout de suite. ” »
«»
Si une citation se poursuit sur plusieurs alinéas, on a recours, du
deuxième au dernier, à un guillemet fermant initial. L’usage est toute-
fois hésitant 1.

165 Les guillemets à l’intérieur des guillemets

Lu à propos du peintre Francis Bacon : « Plus tard, il décrivit celui qu’il


était à l’époque comme douloureusement maladroit et ne sachant
jamais trop comment se présenter ni réagir en société : “Mon père était
très soupçonneux. Il disait toujours : ‘Si quelqu’un t’adresse la parole,
cours avertir la police.’” »

Émilie était en verve.


« Le mariage entre Joe DiMaggio et Marilyn Monroe dura 274 jours.
Elle avait bien sûr, à Hollywood, une carrière qui la réclamait. Lui, à New
York, où on le vénérait, il jouait pour les Yankees depuis 1936. Il la
voulait toute à lui. C’était un homme jaloux, possessif, obsessionnel. Il
y a eu des disputes, des crises, puis il l’a frappée ; elle est partie ; il a
regretté son geste, a voulu la revoir, a insisté. Elle a simplement dit : “ Il
n’en est pas question. ” C’était fini.
— Et quand a-t-elle épousé Arthur Miller ?
— Un peu plus tard. Nouvel échec, hélas. »

Après avoir ouvert des guillemets français, s’il faut de nouveau


guillemeter, on met des guillemets anglais, puis des apostrophes
simples 2.

1. L’auteur du Ramat de la typographie insiste pour mettre, en pareilles circonstances,


un guillemet ouvrant.
2. Pour ce qui regarde toute cette question, l’usage est hésitant — et changeant.
L’essentiel est que chaque livre, que chaque maison d’édition s’en tienne à un
système, et à un seul.
«»
Remarque
Il arrive que l’on préfère l’italique aux guillemets anglais : « Elle a
simplement dit Il n’en est pas question. C’était fini. »

166 Quand on cite un texte étranger

Woody Allen a apparemment écrit : « I don’t know the question, but sex
is definitely the answer. »

Dans le système du discours direct, si les paroles rapportées sont dans


une langue étrangère, on les guillemette, bien sûr, puis on italique le
tout.

167 Avec une citation longue

L’irrésistible humour de José Fréchette est très certainement ce qui fait


le charme du Père de Lisa :
À force de me faire inonder d’émotions, j’avais fini par déborder
et avais dit une phrase [...] qui se voulait la plus tendre et la plus
gentille des phrases humaines. Juste comme il me pénétrait pour
la première fois, je lui avais dit fais comme chez toi. Évidemment,
hors contexte, c’est gênant à répéter. Mais bon, la tendresse et le
ridicule ont parfois un air de famille. C’est comme ça.

Son humour et une audace mesurée...

Quand on cite un texte, on ne guillemette pas un passage de plus de


trois lignes. On le compose sur une justification plus étroite, à simple
interligne, le plus souvent en romain d’un corps inférieur à celui du
«»
texte courant, et il est séparé de ce dernier, avant et après, par un
double interligne.

Remarque
Si la citation fait plus d’une page, on la rejette en annexe.

168 Avec les vers cités

Gérald Godin aura eu la bonté de nous laisser de jolies choses… Entre


autres, ces quelques lignes du Cantouque d’amour :
quand la mort viendra entre deux brasses de cœur
à l’heure du contrôle
on trichera comme des sourds
ta dernière carte sera la reine de pique
que tu me donneras comme un baiser dans le cou
et c’est tiré par mille spanes de sacres
que je partirai retrouver mes pères et mères
à l’éternelle
chasse aux snelles

Elles exhalent un parfum à la fois exquis et parfaitement simple, si bien


que l’on a vite l’impression de les connaître depuis toujours.

Sauf si on les note « au long » (voir § 284), on ne guillemette pas les


vers que l’on cite. On les compose sur une justification plus étroite
(surtout à gauche), le plus souvent en romain d’un corps inférieur à
celui du texte courant, et ils sont séparés de ce dernier, avant et
après, par un double interligne.

Remarques
1. Certains italiquent les vers cités.
2. On ne met un deux-points avant les vers cités que si l’on en sent
le besoin.
«»
169 Avec un îlot textuel

Cette romancière en herbe écrit que le pilote de l’appareil souffre de


« décollage horaire ».

À l’intérieur de paroles rapportées selon le système du discours indirect,


on guillemette tout segment cité littéralement (appelé « îlot textuel »).

Remarque
Quelles que soient la longueur et la complexité de l’îlot textuel, on
met le point final après le guillemet fermant, et non avant. Ex. : Dans
Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture, Woody Allen
prétend que les tentacules de la Mafia « atteignent le gouverne-
ment lui-même. Voici à peine quelques mois, deux chefs de gang
sous inculpation fédérale ont passé la nuit à la Maison-Blanche,
et le Président a dormi sur le divan ». — L’usage est toutefois
hésitant.

170 Avec une lettre de l’alphabet

C’est au XVIIIe siècle que le verbe apercevoir perd l’un de ses p.

Habituellement, quand on cite une lettre de l’alphabet,


a) on guillemette si l’on écrit à la main ;
b) on italique si l’on se sert d’un micro-ordinateur.

Remarques
1. Recourir en plus au gras est recommandable. Ex. : Mes g ressem-
blaient à mes q.
2. Dans un livre composé en romain, les lettres de référence sont en
italique maigre. Ex. : Voir la figure b.
«»
3. Les majuscules, quant à elles, ne demandent en général aucun
traitement particulier. Ex. : À cet endroit, la piste prend la forme
d’un S. — J’adore tes décolletés en V.

171 Avec un mot cité en tant que mot

On n’exclut plus la personne qui parle.


Moineau vient de moine ; assassin, de haschischin.
Le mot hébreu chutzpah désigne l’assurance effrontée de celui qui tue
ses parents puis implore la clémence de la Cour parce qu’il n’est, après
tout, qu’un pauvre orphelin.

Habituellement, quand on cite un mot en tant que mot,


a) on guillemette si l’on écrit à la main ;
b) on italique si l’on se sert d’un micro-ordinateur.

Remarques
1. Quand on se sert du verbe appeler, on guillemette souvent, mais
pas toujours. Ex. : Il s’appelait Robert. Tout le monde l’appelait « le
gros Bob ». — Les trois mousquetaires font 700 pages : voilà ce
que j’appelle une « brique ». — C’est ce qui s’appelle chercher une
aiguille dans une botte de foin.
Dans un livre didactique, le gras remplace souvent les guillemets.
Ex. : On appelle thème ce dont on parle, et foyer d’information
(ou propos) ce que l’on dit du thème.
2. Quand on se sert du verbe dire, même chose ; on guillemette
souvent, mais pas toujours. Ex. : Cette Ferrari était superbe. Et
quand je dis « superbe », je reste en deçà de la vérité.
Si c’est sans guillemets que l’on écrit dire oui, dire non, dire
merci, dire bonjour, dire bonsoir, dire adieu, dire au revoir, c’est
qu’il s’agit d’expressions courantes que l’on reconnaît au premier
«»
coup d’œil (tout comme sans crier gare, crier au secours, crier
au loup…). Il en va de même quand on se sert de ces formules :
Et qui dit ivresse au volant dit crime grave. — Ce qui lui fait le plus
peur, c’est l’art dit érotique.
3. Certains aiment qu’un mot étranger soit à la fois italiqué et guille-
meté. Ex. : J’aime les mots « faubourg » et « underachiever ».
(Voir § 175 ; 190, Rem.)

172 Avec une phrase citée en tant que phrase

Je crois que « Je te l’avais bien dit » est la phrase que chacun redoute
le plus.
Si j’entends un seul autre « ce n’est pas ma faute », vous allez le
regretter !

Quand on cite une phrase en tant que phrase (ce qui se produit surtout
si elle est courte), on ne met pas le deux-points, on guillemette, et la
majuscule, facultative, est fréquente. — Pour qui ne guillemette pas,
la majuscule est forcée :

Ce leader-né n’aimait rien mieux que de secouer la torpeur de ses


troupes avec d’incroyables Qui m’aime me suive !

Remarques
1. Si l’on a affaire non à une phrase entière mais à quelques mots, la
minuscule est normale ; les guillemets, souhaitables. Ex. : Pendant
son cours, vu que je m’ennuyais comme un rat mort, j’ai passé le
temps du mieux que j’ai pu ; j’ai compté 17 « si je ne m’abuse »,
16 « si je puis dire » et 11 « tant et si bien que ».
2. Est également possible — sans les guillemets — l’emploi de l’ita-
lique dans un texte en romain, ou celui du romain dans un texte
«»
en italique. Ex. : Ce leader-né n’aimait rien mieux que de secouer
la torpeur de ses troupes avec d’incroyables Qui m’aime me
suive !

173 Avec le sens d’un mot cité en tant que mot

Funambule vient du latin (de funis « corde » et ambulare « marcher »).


En langue crie, skwaw signifie « femme à vendre ».
Video signifie « je vois ».

On guillemette le sens d’un mot cité en tant que mot.

Remarque
Certains préfèrent recourir au deux-points. Ex. : En langue crie, skwaw
signifie : femme à vendre.

174 Avec une expression ou un terme


empruntés à un jargon

Je viens d’acquérir une superbe gravure sur « bois de bout ».


Ce vieux joueur de pétanque tirait « à la raspaillette ».

On choisit parfois de guillemeter une expression ou un terme empruntés


à un jargon, ou typiques à un groupe social 1.

Remarque
L’emploi de l’italique est également possible.

1. Certains parlent alors de guillemets « de référence ».


«»
175 Avec un mot étranger

Aux États-Unis, le cocooning était à la mode : on ne sortait plus de


chez soi.

Quand on emploie un mot étranger 1,


a) on guillemette si l’on écrit à la main ;
b) on italique si l’on se sert d’un micro-ordinateur.

Remarques
1. Voilà pourquoi les auteures du Français au bureau recommandent
d’italiquer les abréviations cf. (confer « reportez-vous à »), ibid.
(ibidem « au même endroit »), id. (idem « le même »), i. e. (id est
« c’est-à-dire » — forme à préférer), inf. (infra « ci-dessous »), loc.
cit. (loco citato « à l’endroit cité »), op. cit. (opere citato « dans
l’ouvrage cité »), sq. (sequiturque « et suivant »), sqq. (sequunturque
« et suivants ») et v. g. (verbi gratia « exemple »).
2. En plus d’être en italique, les termes scientifiques latins prennent
la majuscule. Ex. : Je plante un Acer pensylvanicum, c’est-à-dire
un érable de Pennsylvanie.

176 Pour donner la traduction d’un mot étranger

Promiscuously doit être traduit, dans votre texte, par « immoralement ».

On guillemette habituellement la traduction d’un mot étranger.

1. C’est-à-dire un mot absent de nos dictionnaires, ou qu’ils disent étranger… Le mot


week-end est bien français, lui, comme les mots self-made-man, vahiné,
curriculum vitæ, bonsaï, pizza… Et l’on ne parle pas ici des noms propres, bien
sûr. Ex. : Ma grand-mère adore les Beatles. — Ces tableaux appartiennent au
Metropolitan Museum.
«»
Remarque
De simples parenthèses suffisent parfois. Ex. : Le mot anglais hawk
(faucon) est un mot qui me fascine. (Voir § 195.)

177 Avec un mot que l’on déforme, que l’on invente

Dans cette dictée, elle a commis une faute « hénaurme ».


Ce qu’il me faudrait, c’est un « chasse-problèmes ».

On guillemette habituellement les mots que l’on déforme exprès,


pour le plaisir, ou ceux que l’on invente.

Remarque
L’emploi de l’italique est également possible.

178 Avec un néologisme

En 1974, M. Guérard écrivait : « Notre compagnie entend moderniser son


usine de Dolbeau. Elle a donc commandé un rapport de “ faisabilité ”. »

On guillemette habituellement un mot nouveau 1.

Remarque
L’emploi de l’italique est également possible.

1. Aujourd’hui, plus personne ne songerait à guillemeter faisabilité, qui est allé se


percher, dans le dictionnaire, entre affabilité et stabilité.
«»
179 Avec un mot du langage
populaire ou familier

Ce matin-là, Suzanne « achalait » sans cesse son petit frère.

On choisit parfois de guillemeter un mot ou une expression pour


signaler que l’on sait qu’ils viennent tout droit du langage populaire
ou familier.

Remarque
L’emploi de l’italique est également possible.

180 Avec un mot employé ironiquement

Il a un « petit » problème : la pègre russe veut sa peau.


Il faut avouer que leur « expert » n’en est qu’à sa sixième erreur...

On guillemette parfois un mot pour faire voir qu’on l’emploie de façon


ironique.

Remarque
Le recours à l’italique est également possible.

181 Avec une enseigne


ou le nom d’une société

J’adore la cuisine du restaurant Les quatre petits cochons.


J’adore la cuisine des Quatre petits cochons.
«»
Es-tu retournée à la librairie 1 Garneau?
Nous irons au Théâtre de la gare.

Dans Le Ramat de la typographie, il est écrit qu’une enseigne est « une


appellation originale et amusante qui est donnée à un commerce […]
afin d’attirer l’attention », tandis que le nom d’une société, d’habitude,
est plus sobre et « est constitué d’un nom propre ou d’un complément
du nom ». — Dans un texte, quand on évoque un nom de société, on
le fait en romain ; en revanche, pour ce qui est d’une enseigne,
a) on guillemette si l’on écrit à la main ;
b) on italique si l’on se sert d’un micro-ordinateur.

Remarque
De leur côté, les auteures du Français au bureau conseillent pru-
demment de ne jamais italiquer les enseignes ni les noms de société.

182 Avec une marque de commerce

Fred louera une Porsche à Trois-Rivières.


Tiger Woods utilise des balles de golf Nike.
Le CF-105 fut le premier avion supersonique fabriqué au Canada.
Le Concorde était en feu.

On ne guillemette pas une marque de commerce ni le nom d’un


modèle.

1. Pour ce qui regarde l’emploi des majuscules en pareilles circonstances, voir les
mots raison sociale et sociétés dans l’index du Ramat de la typographie.
«»
Remarques
1. On italique le nom propre dont fut baptisé tel véhicule en parti-
culier — qu’il soit terrestre, maritime ou aérien. Ex. : En août 1956,
leur radeau, L’Égaré II, mit 88 jours à traverser l’Atlantique. — Plus
de 5 400 kg de haschisch ont été trouvés à bord du Lykes Leader.
— Le 28 septembre 1919, le Seagull fut le premier hydravion a
amerrir à Montréal. — Les problèmes auxquels était confronté
l’équipage d’Apollo 13 avaient quelque chose d’absolument
terrifiant.
2. De même, on italique habituellement le nom dont fut baptisée une
opération militaire, policière ou civile. Ex. : L’opération Tempête
du désert eut lieu dans le cadre de la guerre du Golfe, en 1991.
— L’opération Carcajou était censée porter un dur coup au crime
organisé. — L’opération Nez rouge, tous les ans, cherche à sauver
des vies.
3. Même chose pour une création commerciale de luxe. Ex. : Chaque
petit flacon d’Opium coûte plus de 100 $. — La duchesse, agacée,
ne s’offrit que la robe Safari.
4. On ne guillemette ces noms de véhicules, d’opérations, de créa-
tions commerciales de luxe, que s’il est parfaitement impossible
de les italiquer.

183 Avec le nom d’un journal, d’une revue,


d’un magazine…

Je me rappelle avoir lu ceci, dans un numéro du Journal de Montréal :


« Une bagarre générale a éclaté, les policiers sont intervenus, puis,
après avoir calmé les ardeurs des belligérants, le mort est parti pour la
morgue. »
«»
Quand on écrit le nom d’un journal, d’une revue, d’un magazine…,
a) on guillemette si l’on écrit à la main ;
b) on italique si l’on se sert d’un micro-ordinateur.

184 Avec le titre d’une œuvre

Marie Savard publia Le journal d’une folle 1 en 1975.

Quand on écrit le titre d’une œuvre (qu’il s’agisse d’un livre, d’un film,
d’un tableau, d’une sculpture, d’un opéra, d’une chanson, d’un docu-
ment électronique, d’une émission de radio ou de télévision…), rares
sont ceux qui se servent encore des guillemets ; habituellement,
a) on souligne 2 si l’on écrit à la main ;
b) on italique 3 si l’on se sert d’un micro-ordinateur.

Remarques
1. Quant au titre d’une partie d’œuvre, on le guillemette quand il est
en compagnie du titre de l’œuvre ; on l’italique quand il est seul.
Ex. : Elle vient d’acheter L’homme rapaillé, de Gaston Miron, et
ce qui l’a surtout séduite, dans ce recueil, c’est « La marche à
l’amour ». — Le « Dies irae » du Requiem de Mozart est quelque

1. À propos des majuscules dans les titres, le plus sage est de suivre la voie tracée
par Le français au bureau, Le Ramat de la typographie, Le bon usage : on en met
une au tout premier mot ainsi qu’à ceux qui en exigent une : L’amélanchier, La belle
bête, Maria Chapdelaine, L’anglais en 30 leçons, L’Anglais et son parapluie, etc.
Cela dit, les journaux font exception : La Presse, Le Devoir, Le Soleil...
2. Le soulignement des titres est issu d’une vieille tradition : tout imprimeur compose
en italique ce qui, dans un manuscrit, est souligné (d’un trait unique, droit et
continu).
3. Tout élément qui serait en italique dans un texte en romain est imprimé en romain
dans un texte en italique. Les titres n’échappent évidemment pas à cette
convention.
«»
chose qui me chavire à tout coup. — Mon chapitre préféré des
Mémoires de Nestor est intitulé « Des difficultés que j’éprouve
lorsque j’écris ». — Il connaît par cœur La romance du vin, de
Nelligan.
La même règle s’applique aux articles de journaux. Ex. : Dans Le
Soleil, je viens de lire un article étonnant : « Le roi de la guimauve
vient de Saint-Jean-de-Matha ».
2. On italique le titre d’un cours. Ex. : En janvier, à l’Université de
Montréal, elle a donné Histoire des mathématiques.
3. Le titre d’un livre sacré est composé dans la même face que le
texte auquel il appartient. Ex. : À l’époque, je me suis fait un devoir
de lire la Bible et le Coran.

185 Dans une notice bibliographique

BORDENAVE, Yves. « Le Tour de France ne veut plus vivre le cau-


chemar des années passées », Le Monde (Paris), vol. 56, no 17242,
3 juillet 2000, p. 21.
FAUCHER, Michel. « Chu Teh-Chun », Cimaise, vol. 39, no 217 (avril-
mai 1992), p. 109-112.
GROULX, Léo. « Bob chez le docteur » dans Les aventures de Bob,
Laval, RSVP, 2002, p. 53.
JEAN, Lucie. « Sans toi », Poèmes de fille, Trois-Rivières, Éditions du
Cap, 2001, p. 24.
TREMBLAY, Marie-Paule. « Le théâtre québécois », thèse de doc-
torat, Montréal, Université de Montréal, Faculté des arts et des sciences,
Département d’études françaises, 1974, 271 p.

Dans une notice bibliographique, on guillemette le titre d’un mémoire


de maîtrise ou d’une thèse de doctorat, celui d’un article de journal ou
de périodique ainsi que celui d’une partie d’œuvre — qu’il s’agisse
«»
d’un article de dictionnaire ou d’encyclopédie, d’un chapitre, d’un essai,
d’un poème, d’une nouvelle, d’un texte faisant partie d’un ouvrage
collectif, ou d’une contribution à des actes de colloque.

Remarques
1. Après le titre de l’article ou de la partie d’œuvre, on met soit une
virgule soit la préposition dans.
2. Si le titre du mémoire de maîtrise, de la thèse de doctorat, de l’article
ou de la partie d’œuvre est en langue étrangère, on l’italique en plus
de le guillemeter.
3. Une fois qu’un mémoire de maîtrise ou une thèse de doctorat sont
publiés sous forme de livres, on italique leurs titres ; on ne les
guillemette plus.
4. La méthode auteur-date 1 implique des notices bibliographiques
dans lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de
l’auteur. Ex. : FAUCHER, Michel. 1992, « Chu Teh-Chun », Cimaise,
vol. 39, no 217 (avril-mai), p. 109-112.

186 Avec un surnom

Edward Kennedy « Duke » Ellington vénérait sa mère.


Tout le monde l’appelait Maurice « Rocket » Richard.
Elle fut vite surnommée « la mante religieuse ».
La « mante religieuse » venait encore de faire une victime !

On guillemette un surnom (surtout la première fois qu’on le mentionne).

1. Une méthode que présente fort bien le Guide de la communication écrite (voir
« Notice bibliographique : Principes généraux » et « Références dans le texte »).
«»
Remarque
Le déterminant n’est à l’intérieur des guillemets que dans des énoncés
comme On l’appelait « le gros Bob ».

187 Après l’apostrophe marquant l’élision

J’avais résisté à l’« irrésistible » Véronique.

Lorsque l’apostrophe marquant l’élision est suivie d’un guillemet


ouvrant, il n’y a pas d’espace entre eux.

188 Le guillemet fermant pour marquer


la répétition

Chaises ...........................................................................................50
Bureaux........................................................................................... »
Micro-ordinateurs ............................................................................ »
Imprimantes..................................................................................... »

Dans un tableau, une facture, un catalogue…, le guillemet fermant


marque une répétition.

Remarque
En France (comme le confirme Raymond Jacquenod dans La ponc-
tuation maîtrisée), la répétition est plutôt marquée par un tiret. C’est
la nullité qui est marquée par un guillemet fermant (voir § 238).
«»
189 Règle typographique : le guillemet ouvrant

Avant : une espace sécable * — sauf s’il est précédé d’une apos-
trophe, d’une parenthèse ouvrante, d’un crochet ouvrant…
Après : une espace insécable *.

190 Règle typographique : le guillemet fermant

Avant : une espace insécable *.


Après : une espace sécable * — sauf s’il est suivi d’un trait d’union,
d’une virgule, d’un point, d’un point-virgule, d’une parenthèse
fermante…

Remarque
Dans le système du discours direct, les guillemets sont dans la même
face que les paroles rapportées (voir § 166) ; dans le système du
discours indirect, ils sont dans la même face que les îlots textuels.
Quant au mot étranger cité en tant que mot, si l’on choisit de le
mettre entre guillemets, ces guillemets sont dans la même face que
le texte (voir § 171, Rem. 3).

191 Règle typographique :


les guillemets anglais et apostrophes simples

Ouvrant : on met une espace sécable * avant le guillemet ouvrant


(sauf si une apostrophe le précède), et il est collé au mot qui le suit.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


«»
Fermant : on met une espace sécable * après le guillemet fermant
(sauf s’il est suivi d’un trait d’union, d’une virgule, d’une parenthèse
fermante…), et il est collé au mot qui le précède.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


()
Chapitre 7 — Les parenthèses

192 Pour isoler une information accessoire

À 18 ans, Dallaire (1916-1965) buvait déjà trop.


L’avare (1668) fut un échec.
On met une virgule avant car (voir § 29).
Dans ce film, j’aime le personnage d’Alex (David La Haye).

Les parenthèses permettent d’isoler une information accessoire.

Remarque
Après avoir pris cent précautions plus savantes les unes que les
autres, sur le conseil de sa jeune épouse, M. Coutu appuya l’échelle
à deux doigts d’un gros fil électrique… Les parenthèses ne sont
jamais plus utiles que lorsqu’elles lèvent une ambiguïté : Après avoir
pris cent précautions plus savantes les unes que les autres (sur le
conseil de sa jeune épouse), M. Coutu appuya l’échelle à deux
doigts d’un gros fil électrique. (Voir § 223, Rem. 1 ; 227, Rem.)

193 Dans l’écriture des diplômes


et grades universitaires

M.A. (théologie)
Ph. D. (pédagogie)

Dans l’écriture des diplômes et grades universitaires, on met entre


parenthèses l’indication de la discipline spécifique.
()
Remarque
Certains ouvrages recommandent de ne laisser aucune espace avant
la parenthèse ouvrante : M.A.(études françaises), Ph.D.(infor-
matique), M.Sc.(gestion)… Il semble raisonnable de préférer la
typographie des deux exemples ci-dessus, qui est celle préconisée
par l’Office québécois de la langue française.

194 Dans une adresse postale

Jocelyne Sanschagrin
39, chemin des Peupliers
Rimouski (Québec) G5L 1P3

Dans une adresse postale canadienne, on met entre parenthèses le


nom de la province ou celui du ou des territoires. Et si cette adresse
est imprimée sur une carte professionnelle, c’est également entre
parenthèses que l’on peut insérer une indication comme coin rue
Principale ou angle 4e Avenue :

Marie-Paule Baillargeon
123, rue Dumas (angle rue de la Gare)
Mont-Saint-Hilaire (Québec) J3D 4N8

Remarques
1. Selon les règles de la Société canadienne des postes, si le code
postal se trouve sur la même ligne que cette parenthèse (du nom
de la province), deux espaces le précèdent.
2. Si l’on ajoute la mention CANADA, cela se fait sur la ligne suivant
le code postal.
()
195 Pour donner la traduction française
d’un mot, d’une courte phrase

Le mot anglais hawk (faucon) est un mot qui me fascine.


Sur le mur, il gribouilla : « Vae victis ! (Malheur aux vaincus !)»

Pour donner sur-le-champ la traduction française d’un mot, d’une


courte phrase, on se sert des parenthèses.

Remarques
1. Lorsque la traduction française est, somme toute, un mot cité en
tant que mot, on se sert des guillemets. Ex. : Promiscuously doit
être traduit, dans votre texte, par « immoralement ». (Voir § 176.)
2. Si l’on traduit plus d’une phrase, on en fait une note de bas de page.

196 Dans les documents


à portée juridique ou financière

Je soussignée, Julie Nolin, reconnais devoir la somme de vingt mille


trois cents dollars (20 300 $) à Monsieur Zénon Provencher, phar-
macien à Saint-Alexis-des-Monts.

Dans les documents à portée juridique ou financière, les parenthèses


permettent de répéter en chiffres le nombre que l’on a écrit en toutes
lettres, et ce, pour des raisons de sécurité ou de fiabilité.

197 (sic)

Parce qu’il entendait la priver de son émission préférée, cette Française


a planté un épluche-légumes dans le ventre de son époux (sic).
()
Si l’on craint que ce que l’on écrit ne provoque l’incrédulité du lecteur,
on met l’adverbe latin sic 1 entre parenthèses tout juste après le ou
les mots critiques. (Pour ce qui regarde l’emploi de sic entre crochets,
voir § 270.)

198 (C’est nous qui soulignons.)

« Ce drame était inévitable.» (Italiqué par l’auteur.)


« Ce drame était inévitable. » (Souligné par l’auteur.)
« Ce drame était inévitable. » (C’est nous qui soulignons.)

Quand certains mots d’une citation sont composés en gras, en italique,


ou quand ils sont soulignés, il importe de dire entre parenthèses qui
les a ainsi mis en valeur.

Remarque
Le texte entre parenthèses est composé en italique maigre ; les paren-
thèses ouvrante et fermante, en romain maigre.

199 ( Note du traducteur.)

Vieux jeu de mots anglais. (Note du traducteur.)

Au bas d’une page, à la fin d’une note due au traducteur du texte, on


met entre parenthèses Note du traducteur (ou N.D.T., ou NDT).

1. Sic signifie « ainsi ».


()
Remarque
Le texte entre parenthèses est composé en italique maigre ; les paren-
thèses ouvrante et fermante, en romain maigre.

200 (Suite à la page X.)

À 11 ans, Louis Armstrong quitta l’école. (Suite à la page 122.)

Dans un périodique, lorsque le texte d’un article ne se poursuit pas


sur la page suivante ou est autrement interrompu, certains mettent
entre parenthèses Suite à la page X.

Remarque
Le texte entre parenthèses est composé en italique maigre ; les
parenthèses ouvrante et fermante, en romain maigre.

201 La parenthèse d’alternative

Des boutons de manchette(s)


Une position(-)clé
Le(s) client(s) qui le désire(nt) peut (peuvent) fumer.

Les parenthèses indiquent qu’un mot a deux orthographes possibles


ou permettent d’inclure la marque du pluriel.

Remarques
1. Pour ce qui regarde la marque du pluriel, le plus simple est habi-
tuellement d’utiliser le tour le ou les, la ou les, suivi du verbe
ou de l’auxiliaire au pluriel : Le ou les clients qui le désirent
peuvent fumer.
()
2. Pour ce qui regarde la marque du féminin entre parenthèses, de
nombreux ouvrages déconseillent fortement d’y avoir recours : elle
ne respecte pas les principes fondamentaux de la grammaire, elle
nuit à la clarté, à la fluidité du texte…

202 Point d’interrogation ou d’exclamation


entre parenthèses

Hier, j’ai revu Nathalie. Tout à fait par hasard. Nous avons échangé des
banalités, comme si de rien n’était ( !), et mon cœur cognait tellement
fort que j’ai cru ma dernière heure venue.
Ayrton Senna est mort à Imola ; Gilles Villeneuve, à Zolder ( ?). Le sport
automobile est terriblement gourmand.

Lorsqu’il s’agit d’exprimer une émotion passagère ou un doute, on


peut mettre entre parenthèses un point d’exclamation (voir § 256) ou
d’interrogation (voir § 245).

203 Une parenthèse dans une parenthèse

Dans sa collection permanente, le Musée du Québec compte quelques


merveilleux paysages (je me rappelle, entre autres, un saisissant
Goodridge Roberts (1904-1974)), et il faut que tu les voies.

On s’efforce certes d’éviter pareille occurrence, mais il n’y a pas de


mal à ouvrir une parenthèse à l’intérieur d’une autre parenthèse.

Remarque
En pareil cas, nombreux sont ceux qui préfèrent les crochets, qu’il
faut pourtant réserver à un tout autre emploi (voir § 263-270).
()
204 Une parenthèse après une parenthèse

L’auteur emploie souvent le mot luck (chance) (p. 35-58 passim).


Ce fameux guérisseur serait né à Snag (Yukon) (Dion, 1997, p. 2).

On s’efforce certes d’éviter pareille occurrence, mais il n’y a pas de


mal à ouvrir une parenthèse immédiatement après en avoir fermé une
autre.

Remarques
1. En pareil cas, nombreux sont ceux qui préfèrent les crochets, qu’il
faut pourtant réserver à un tout autre emploi (voir § 263-270).
2. Pour ce qui regarde le second exemple, certains préfèrent mettre un
signe de ponctuation entre les deux parenthèses (voir § 101) : Ce
mystérieux guérisseur serait né à Snag (Yukon). (Dion, 1997, p. 2.)

205 La ponctuation à l’intérieur


de la parenthèse

Ici, il gèle à pierre fendre (ne ris pas). Il fait très, très froid.

Avant la parenthèse fermante, théoriquement, aucun signe de ponc-


tuation n’est nécessaire. Il arrive toutefois que se retrouvent à cet
endroit un astérisque, un guillemet fermant, une autre parenthèse
fermante, un point abréviatif, des points de suspension, ou un point
d’interrogation ou d’exclamation :

Cette subordonnée (un thème *) doit être détachée.


Six ou sept lui ont plu (par exemple, « Le vaisseau d’or»).
J’ai connu son aïeul (J.-M. Robidas (1866-1924)).
()
On te verra le 7 mai (à l’U. de M.).
Julie a beaucoup voyagé (Europe, Afrique, Océanie…).
Defoe (le savais-tu?) fit mourir Vendredi.
Conan Doyle (incroyable mais vrai !) fit mourir Holmes.

Remarque
Pour ce qui regarde le point final entre parenthèses, voir § 207.

206 La ponctuation à l’extérieur de la parenthèse

Van Gogh (1853-1890), quant à lui, se suicida.


L’alphabet compte alors 25 lettres (sic) ; le w n’existe pas encore.
Ali appela Frazier « le gorille de Manille » ( !) : l’autre se vengea.
J’adore ton associé (un vrai de vrai).

Une virgule, un point-virgule, un deux-points, ne peuvent que suivre


une parenthèse ; jamais ces signes ne la précèdent immédiatement.
Et si elle ne contient que des dates, un membre de phrase, un renvoi,
une référence…, le seul point qui parfois la précède est le point
abréviatif :

Elle y raconte la naissance du F.L.Q. (voir chap. IV, p. 75-84).

Remarque
Pour ce qui regarde les références entre parenthèses de la méthode
auteur-date 1, voir § 212.

1. Une méthode que présente fort bien le Guide de la communication écrite (voir « Notice
bibliographique : Principes généraux » et « Références dans le texte »).
()
207 Une phrase entière entre parenthèses

Peut-être serons-nous en grève. (Je ne le souhaite pas.)


Si tu m’aimais… (Oh, à quoi bon compléter pareille pensée !)
Tu iras à Dorval? (Si tu n’y vas pas, téléphone-moi.)
Que veux-tu! (Ni toi ni moi n’y pouvons rien : c’est la vie.)

Quand deux phrases entières se suivent et que la seconde est entre


parenthèses, un souci de clarté 1 nous amène parfois à ne pas mettre
la ponctuation finale de la première après la parenthèse fermante.
Chaque phrase commence alors par une majuscule et se termine par
la ponctuation qui lui convient.

Remarques
1. Pour ce qui regarde les indications du genre C’est nous qui souli-
gnons, Note du traducteur, Suite à la page X, voir § 198-200.
2. Pour ce qui regarde les références entre parenthèses de la
méthode auteur-date, voir § 212.

208 Pour donner une indication de jeu

LE PREMIER PSYCHIATRE : Bonjour, cher collègue. Comment vais-je ?


LE SECOND PSYCHIATRE, ravi : À merveille ! (Un temps.) Et moi ?

Dans une œuvre théâtrale ou un scénario, on italique et met entre


parenthèses les indications de jeu, appelées « didascalies ».

1. Voyez les troisième et quatrième exemples. Sans point d’interrogation, Tu iras à


Dorval passerait d’abord pour une assertion. Sans point d’exclamation, Que veux-
tu passerait d’abord pour une demande d’information.
()
Remarque
Chaque didascalie est composée en italique maigre ; les parenthèses
ouvrante et fermante, en romain maigre.

209 Dans un procès-verbal, un compte rendu...

M. TRUDEL, directeur des ventes : Je serai bref. (Rires.)

Dans un procès-verbal, un compte rendu ou une transcription de débat,


on italique et met entre parenthèses toute remarque concernant les
mouvements divers, les interruptions, les applaudissements, les rires...

Remarques
1. Chaque remarque est composée en italique maigre ; les paren-
thèses ouvrante et fermante, en romain maigre.
2. Certains préfèrent écrire M. Trudel, avec des minuscules.

210 Un grain de sel de l’auteur


au cœur d’une réplique

« Un doigt de vermouth ? lui demanda Patricia.


— Je ne sais pas si je devrais…
— Mais si. (Elle lui en versa deux.) Détendez-vous, Jean. »

Dans un récit, quand l’auteur interrompt une réplique pour ajouter


son « grain de sel », il se sert des parenthèses et de l’italique.

Remarques
1. Le texte entre parenthèses est composé en italique maigre ; les
parenthèses ouvrante et fermante, en romain maigre.
()
2. Si d’aventure cette parenthèse contient une réflexion que se fait le
personnage — comme à voix basse —, tout est en romain maigre.
Procédé rarissime. Ex. : « Je ne sais pas si je devrais... — Mais si.
(Qu’est-ce qu’il est crispé !) Détendez-vous, Jean. »
3. Quand les paroles rapportées que l’on interrompt sont non pas
une réplique mais la citation d’un texte, on se sert des crochets :
Un pisse-vinaigre a alors écrit ceci : « Cet automne, l’une de nos
meilleures actrices [Pascale Bussières], que je ne nommerai pas,
est la vedette de tant de films que c’en est carrément ennuyeux. »
(Voir § 268-269.)

211 Pour donner la référence abrégée


d’une citation

« Mon cas n’est pas unique : j’ai peur de mourir et je suis navrée d’être
au monde. » (Violette Leduc, La bâtarde, 1964.)

Il arrive que certains mettent entre parenthèses, après une citation,


ce que l’on appelle une « référence abrégée » : prénom et nom de
l’auteur, titre, année de parution.

212 Pour donner une référence


selon la méthode auteur-date

C’est vrai : « Québec est un cirque. » (Caron, 1980, p. 183.)


Maheu est très clair : « Le terroriste est suicidaire » (1983, p. 57).
Maheu (1983, p. 57) est très clair : « Le terroriste est suicidaire. »
Blais prétend que « l’Amérique boite » (2003, p. 91).
Dès 1979, Chamberland le dit : « Nous sommes en danger » (p. 19).
()
Si l’on adopte la méthode auteur-date, on met entre parenthèses la
référence d’une citation, qu’il s’agisse d’une citation textuelle... ou
d’idée :

Schwartz (1997, p. 103) distingue trois raisons.


Les élections étaient truquées (Bigué, 1983).
En 2001, Collins (p. 203) fut le premier à sonner l’alarme.
Goya craignait l’Inquisition (St-Pierre, 1998).
Goya craignait l’Inquisition. (St-Pierre, 1998.)

Remarques
1. Si l’on a déjà ouvert une parenthèse, il est possible de ne pas en
ouvrir une deuxième : Le serviteur s’affole (même ses enfants
trouvent que « ça sent mauvais », p. 283), puis il prend ses jambes
à son cou. — Anne s’accroche (« Tant qu’il y a de la vie, il y a de
l’espoir », p. 102).
2. Pour ce qui regarde la place du point final, voir § 101.
3. La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques
dans lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de
l’auteur. Ex. : MALO, Marie. 1996, Guide de la communication
écrite, Montréal, Québec Amérique, 322 p.

213 Dans une notice bibliographique


(titre d’une collection)

CHANTIGNY, Louis. Mes grands boxeurs, Montréal, Leméac, 1973,


206 p. (Collection Éducation physique et loisirs).

Dans toute notice bibliographique établie selon la méthode


traditionnelle, on met entre parenthèses le titre d’une collection.
()
Remarques
1. On omet le mot collection s’il ne fait pas partie intégrante du titre
de la collection. Ex. : CATACH, Nina. La ponctuation, Paris, Presses
universitaires de France, 1994, 127 p. (Que sais-je ?; no 2818).
2. La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques
dans lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de
l’auteur. Ex. : CHANTIGNY, Louis. 1973, Mes grands boxeurs,
Montréal, Leméac, 206 p. (Collection Éducation physique et
loisirs).
3. Le Guide de la communication écrite conseille, quant à lui, de
guillemeter le titre d’une collection et de le placer immédiatement
après la mention de l’éditeur. Ex. : CHANTIGNY, Louis. Mes grands
boxeurs, Montréal, Leméac, collection « Éducation physique et
loisirs », 1973, 206 p.

214 Dans une notice bibliographique


(jour, semaine, mois, saison, année de parution)

FOGLIA, Pierre. « La mer à voir », La Presse, vol. 117, no 33 (21 novem-


bre 2000), p. A1.

Dans toute notice bibliographique établie selon la méthode tradition-


nelle, si le texte concerné est un article de journal ou de périodique,
on met entre parenthèses le jour, la semaine, le mois, la saison et
l’année de parution.

Remarque
Avec la méthode auteur-date, si le texte concerné est un article de
journal ou de périodique, on met l’année de parution après les nom
et prénom de l’auteur, puis le jour, le mois ou la saison — entre
()
parenthèses — après le volume et le numéro. Ex. : SAINT-PIERRE,
Annie. 2000, « Drame horrible à Thetford-Mines : Deux enfants tués
par un chauffard ivre », Le Journal de Montréal, vol. XXXVII, no 143
(3 novembre), p. 1-2.

215 Dans une notice bibliographique


(date de consultation)

COMMISSION DE TOPONYMIE. Topos sur le Web, [En ligne], 1998.


[www.toponymie.gouv.qc.ca] (1er décembre 2000).
POIRIER, Jean. « L’odonymie avant 1680 », Noms de rues de Québec
au XVIIe siècle : origine et histoire, [En ligne], 2000. Québec, Commission
de toponymie du Québec, [www.toponymie.gouv.qc.ca/dtopo27.htm]
(21 novembre 2000).

Dans toute notice bibliographique établie selon les recommanda-


tions de l’Office québécois de la langue française, on met entre
parenthèses la date de consultation de la page d’accueil d’un site
Web, ou la date de consultation d’un article trouvé dans un site
Web.

Remarque
La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques
dans lesquelles l’année de parution (ici placée entre parenthèses)
suit la mention de l’organisme public responsable du texte. Ex. :
COMMISSION DE TOPONYMIE (1998). Topos sur le Web, [En ligne],
[www.toponymie.gouv.qc.ca] (1er décembre 2000). — POIRIER,
Jean (2000). « L’odonymie avant 1680 », Noms de rues de Québec au
XVIIe siècle : origine et histoire, [En ligne], Québec, Commission de
toponymie du Québec, [www.toponymie.gouv.qc.ca/dtopo27.htm]
(21 novembre 2000).
()
216 Dans une notice bibliographique
(Gouvernement du, de la, de l’)

QUÉBEC (GOUVERNEMENT DU). COMMISSION DE TOPONYMIE.


Noms et lieux du Québec, Sainte-Foy, Les Publications du Québec,
1994, 925 p.

Dans une notice bibliographique, si le texte concerné est une publi-


cation gouvernementale, on peut mettre entre parenthèses, après la
mention de la province ou du pays, la mention Gouvernement du,
de la, de l’, en capitales.

Remarque
La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques dans
lesquelles l’année de parution suit la mention de l’organisme public
responsable du texte. Ex. : QUÉBEC (GOUVERNEMENT DU).
COMMISSION DE TOPONYMIE. 1994, Noms et lieux du Québec,
Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 925 p.

217 Dans une notice bibliographique


(direction scientifique)

BOURGEOIS, Jean-Raymond (dir.). Les bois du renne, Québec, Presses


de l’Université Laval, 1987, 148 p. (Collection Découvertes).

Dans une notice bibliographique, après les nom et prénom de la


personne qui a assumé la direction scientifique d’un texte, on met
entre parenthèses l’abréviation dir.

Remarques
1. La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques dans
lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom ci-dessus
()
mentionnés. Ex. : BOURGEOIS, Jean-Raymond (dir.). 1987, Les bois
du renne, Québec, Presses de l’Université Laval, 148 p. (Collec-
tion Découvertes).
2. On peut aussi commencer par le titre suivi de sous la direction
de. Ex. : Les bois du renne, sous la direction de Jean-Raymond
Bourgeois, Québec, Presses de l’Université Laval, 1987, 148 p.
(Collection Découvertes). — La méthode auteur-date, en pareilles
circonstances, fait que la date de parution suit immédiatement
le titre. Ex. : Les bois du renne, 1987, sous la direction de Jean-
Raymond Bourgeois, Québec, Presses de l’Université Laval, 148 p.
(Collection Découvertes).

218 La parenthèse fermante


dans une énumération verticale

Samedi, le participant devra


a) être muni de tout le nécessaire :
— carte d’identité,
— jeu d’échecs,
— horloge ;
b) jouer 40 coups en moins de deux heures trente ;
c) signaler toute victoire aux responsables du tournoi.

Les principaux éléments d’une énumération verticale de faible impor-


tance sont parfois précédés d’une minuscule en italique (appelée
« lettre d’ordre » ou « lettre énumérative »), laquelle est immédiatement
suivie d’une parenthèse fermante en romain.

Remarques
1. Ces minuscules ne peuvent être suivies d’éléments commençant
par une majuscule.
()
2. Dans un texte en italique, de telles lettres sont en romain.
3. Une énumération de cette sorte peut aussi être réalisée grâce à
1 o, 2 o, 3 o … En romain maigre.

219 Claude Pilon (Monsieur)

Claude Pilon (Monsieur),


graphiste

Camille Dubé (Madame)


Recherchiste

Au bas d’une lettre, après avoir dactylographié son nom sous sa


signature manuscrite, la personne dont le prénom a la même forme
au masculin et au féminin, et dont le titre ou la fonction est identique
dans les deux genres, met parfois entre parenthèses Monsieur ou
Madame.

Remarque
Si la parenthèse est suivie d’une virgule, le titre ou la fonction com-
mencent par une minuscule.

220 p. j. (2)

p. j. (2)
p. j. (4)

Au bas d’une lettre dans laquelle est mentionnée la nature des docu-
ments qui lui seront annexés, on peut, contre la marge de gauche et
()
après l’abréviation p. j., ne mettre entre parenthèses que le nombre
de ces documents. Ces parenthèses sont facultatives.

221 Règle typographique : la parenthèse ouvrante

Avant : une espace sécable * — sauf si l’on écrit le(s) règlement(s).


(Voir § 201.)
Après : rien.

222 Règle typographique : la parenthèse fermante

Avant : rien.
Après : une espace sécable * — sauf si l’on écrit une position(-)clé.
(Voir § 201.)

Remarque
Les parenthèses ouvrante et fermante sont dans la même face que le
texte auquel elles appartiennent.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.



Chapitre 8 — Le tiret 1

223 Les tirets comme parenthèses

Pascale — quelle tête de linotte ! — avait oublié d’appeler.

Les tirets se comparent aux parenthèses, à cette différence près qu’ils


semblent souvent attirer l’attention sur ce qu’ils encadrent.

Remarques
1. Après avoir pris cent précautions plus savantes les unes que les
autres, sur le conseil de sa jeune épouse, M. Coutu appuya
l’échelle à deux doigts d’un gros fil électrique… Le tiret n’est
jamais plus utile que lorsqu’il lève une ambiguïté : Après avoir pris
cent précautions plus savantes les unes que les autres — sur le
conseil de sa jeune épouse —, M. Coutu appuya l’échelle à deux
doigts d’un gros fil électrique. (Voir § 192, Rem. ; 227, Rem.)
2. Le second tiret s’efface devant la parenthèse et le crochet fermants,
le point-virgule, le deux-points, ainsi que devant toute ponctuation
finale : Chaque petit n’avait en tête qu’une idée : gagner l’horrible
trophée — une espèce de gratte-ciel miniature où le plastique
et le similibois se disputaient le moindre espace, un cimetière
à étages où l’on avait enterré le bon goût.

1. Il ne faut pas confondre tiret et trait d’union ; celui-ci est plus court que celui-là et a
d’autres emplois : Louis Hémon (1880-1913) — Sébastien Lareau a gagné en trois
sets : 6-4, 4-6, 6-0… Jacques Popin écrit : « Dans certaines éditions du XVIIIe siècle,
on voit nettement que le tiret a été fait de trois traits accolés (---). »

224 À l’intérieur d’une parenthèse

Le mois dernier, elle a été malade (une pneumonie — tu te rends


compte !).

Dans une parenthèse, on préfère parfois les tirets à une seconde


parenthèse.

225 Pour séparer deux éléments

Geneviève Forget
Analyste — Informatique de gestion

Voir tableau Lettre — Généralités

Dans une carte professionnelle, dans le titre d’un tableau..., le tiret


permet de séparer deux éléments dont le second n’apporte qu’une
précision sommaire.

226 Pour marquer une pause

Il y croyait — trop, et c’est ce qui l’a perdu.


Tu te mets le doigt dans l’œil — jusqu’au coude.

Juste avant la fin d’une phrase, le tiret marque parfois une pause mieux
que ne le feraient des points de suspension, une virgule ou un point.

227 Après une virgule, un point-virgule, un point…

Notre fille guérira, — et nous nous sentons renaître.


J’ai commis ce crime. — Et j’exige la peine de mort.

Après certains signes de ponctuation (surtout la virgule, qui organise
la phrase plus qu’elle n’impose un réel temps d’arrêt), il arrive que
l’on mette un tiret pour faire passer une émotion soudaine ou mieux
dégager une idée.

Remarque
Après avoir pris cent précautions plus savantes les unes que les
autres, malgré les protestations de sa jeune épouse, M. Coutu
appuya l’échelle à deux doigts d’un gros fil électrique… Le tiret peut
aussi suivre une virgule pour lever une ambiguïté : Après avoir pris
cent précautions plus savantes les unes que les autres, — malgré les
protestations de sa jeune épouse, M. Coutu appuya l’échelle à deux
doigts d’un gros fil électrique. (Voir § 192, Rem. ; 223, Rem. 1.)

228 Avant les répliques d’un dialogue

Sa curiosité était absolument insatiable.


— Quand avons-nous adopté les chiffres arabes ?
— Vers le XIIe siècle.

Elle posa tout de même une dernière question :


— Combien de points-virgules trouve-t-on chez Rabelais ?
— En tout et pour tout, on en trouve… un.

— Tu ne m’as jamais raconté ce que Paul t’avait confié ce soir-là…


— Il m’avait dit : « Le plus difficile fut d’admettre que je n’étais au fond
qu’un lâche. Jusque-là, tous me croyant plus fort que je ne l’étais,
j’avais fini par me laisser convaincre.
» Or les événements que tu sais se sont produits, et je n’ai pas été à la
hauteur.

» Aujourd’hui encore, je donnerais n’importe quoi pour avoir la chance
de me racheter. »
— Une chose est sûre : je n’aurais pas voulu vivre ce qu’il a vécu !

Dans un dialogue, le tiret peut annoncer toutes les répliques (pour ce


qui regarde l’insertion des incises, voir § 43 ; l’emploi des guillemets
et des tirets, voir § 162 ; le guillemetage des paroles rapportées de
deuxième rang 1, voir § 165).

229 Avant les répliques d’un dialogue


de théâtre ou de cinéma

CARL. — Ne pourrais-tu pas être franche, pour une fois ?


ÉMILIE, amusée. — Non ! (Un temps.) Ça va comme ça ?

Dans une œuvre théâtrale ou un scénario, le tiret — précédé d’un


point — annonce les répliques (pour ce qui regarde l’emploi du deux-
points, voir § 147).

Remarque
Le Guide du rédacteur dit que ce tiret — précédé d’un point — per-
met aussi de présenter les diverses interventions que peut exiger un
compte rendu : Benoît Baril. — Voyez-vous, chers amis, je crois
que notre compagnie devrait songer à en avaler une autre.

1. Pour tout ce qui regarde les paroles rapportées de deuxième rang, l’usage est très
hésitant — et changeant. L’essentiel est que chaque livre, que chaque maison
d’édition s’en tienne à un système, et à un seul.

230 Avant les éléments
d’une énumération verticale

Choses vues au Musée d’art moderne de New York :


— Les demoiselles d’Avignon, de Picasso ;
— quelques dizaines de Matisse, dont L’atelier rouge ;
— un triptyque de Monet ;
— un Balthus fascinant : La rue (1933) ;
— un délicieux autoportrait de Frida Kahlo.

Le tiret ordonne les différents éléments d’une énumération verticale


de faible importance.

Remarque
Si cette même liste est donnée en un seul alinéa, le premier tiret
disparaît. Ex. : Choses vues au Musée d’art moderne de New York :
Les demoiselles d’Avignon, de Picasso ; — quelques dizaines de
Matisse, dont L’atelier rouge ; — un triptyque de Monet ; — un
Balthus fascinant : La rue (1933) ; — un délicieux autoportrait de Frida
Kahlo.
Pour ce qui regarde l’emploi du seul point-virgule dans ce type
d’énumération, voir § 117.

231 Pour marquer les subdivisions


d’une entrée d’index

îlot textuel
— ~ reformulé 266
— point final après le guillemet fermant de l’~ 169

Dans un index, le tiret marque les subdivisions d’une entrée.



232 Après P.-S., Remarque, N. B. …

P.-S. — J.-C. fera sa thèse sur Fernand Leduc.


Remarque. — André Goosse classe donc parmi les adverbes.
N. B. — J.-P. Sartre refusa le prix Nobel de littérature en 1964.
Note. — Aucun remboursement ne sera permis.
27 décembre. — Hier, Suzanne est allée chez sa gynécologue.

Dans un post-scriptum, une remarque, un nota bene, une note, après


la mention d’une date (dans un journal intime, par exemple), le tiret,
précédé d’un point puis d’une espace, permet de bien dégager le
texte qui suit.

Remarques
1. Le titre d’une annexe peut être présenté de la même façon.
Ex. : Annexe IV. — Déclarations de revenus
2. Le titre d’un appendice peut être présenté de la même façon.
Ex. : Appendice B. — Aveux du trafiquant
3. Le titre d’un chapitre peut être présenté de la même façon.
Ex. : Chapitre XII. — Les gastéropodes
4. Pour ce qui regarde les remarques, le Guide du rédacteur préfère
l’emploi d’un deux-points suivi d’une majuscule. Ex. : Remarque :
Un grammairien belge classe le mot donc parmi les adverbes.

233 Après Fig. 1

Fig. 1 — Le Bas-Canada en 1804.

Sous l’un des graphiques d’un document, sous l’un de ses dessins,
l’une de ses photographies, l’un de ses schémas, l’une de ses cartes
géographiques..., on met un tiret entre l’abréviation Fig. 1 (Fig. 2, etc.)
et la légende ou le titre qui suivent.

Remarque
La légende ou le titre se terminent par un point, sont composés en
italique, et ils ne sont centrés que s’ils sont courts.

234 Tout au début d’une dépêche d’agence

NEW YORK (AFP) — Le Dow Jones n’est plus ce qu’il était.


OTTAWA (PC) — L’exposition Renoir attire de nombreux touristes.
SYDNEY, Australie — Nicolas Gill a obtenu la médaille d’argent.
Zamboanga (Philippines) — Les otages seraient vivants.

Dans un journal, tout au début d’une dépêche d’agence, après que


l’on a donné le lieu d’où provient la nouvelle, un tiret permet de bien
dégager le début du texte.

Remarque
Chaque journal indique à sa façon quelle est l’agence responsable de
la dépêche.

235 Dans un communiqué

Sainte-Foy, le 8 mars 2002. — Cette année plus que jamais, le Salon


du livre de Québec tentera d’en mettre plein la vue aux milliers de
visiteurs qui se rendront au palais des congrès.

Dans un communiqué, après que l’on a donné le lieu et la date, un


tiret permet de bien dégager le début du premier paragraphe.

Remarque
Pour marquer la fin du texte à diffuser, la tradition veut que l’on
écrive, un peu plus bas, au centre de la ligne, l’indicatif – 30 – (en
romain maigre et entre deux tirets courts 1).

236 Dans un toponyme surcomposé

C’est un article sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

S’appuyant sur les règles de la Commission de toponymie, les


auteures du Français au bureau disent que le tiret court collé équivaut
à un grand trait d’union dans un toponyme surcomposé, c’est-à-dire
comprenant un élément déjà composé.

237 Entre deux dates ou deux heures

20 mai – 8 juin
Heures d’ouverture : 8 h 30 – 17 h

Sur une affiche, dans un programme ou un calendrier d’activités,


pour indiquer la durée d’un festival, d’une exposition, d’une série
de conférences..., on met un tiret court entre deux dates ou deux
heures.

1. Les auteurs du Ramat de la typographie et du Français au bureau distinguent deux


tirets, que l’on appelle « long » (celui auquel ce chapitre est consacré) et « court »
(celui auquel cette remarque et les deux paragraphes suivants sont consacrés).

238 Pour marquer la nullité

Chaises .......................................................................................... 50
Bureaux ......................................................................................... 45
Micro-ordinateurs ........................................................................... —
Imprimantes ................................................................................... —

Dans un tableau, une facture, un catalogue…, le tiret marque la


nullité.

Remarque
En France, la nullité est plutôt marquée par un guillemet fermant.
C’est la répétition qui est marquée par un tiret (voir § 188). Dans
Le guide du rédacteur, il est écrit : « C’est pourquoi dans tous les
contextes où son emploi peut prêter à confusion, notamment dans
les tableaux comportant des chiffres, il est préférable de remplacer le
tiret par une mention qui soit interprétée de la même façon par tous
les francophones, en l’occurrence par des zéros ou par les mots
néant, rien ou non déterminé (n. d.). »

239 Règle typographique

Avant et après le tiret (que les typographes appellent « moins ») : une


espace sécable * — sauf quand une virgule se colle au tiret « fermant ».
Dans les textes dont on soigne tout particulièrement la présentation,
si l’on veut éviter un tiret ouvrant en fin de ligne ou un tiret fermant en
début de ligne, il semble raisonnable de mettre une espace insé-
cable * après le premier et avant le second.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


?
Chapitre 9 — Le point d’interrogation

240 À la fin de la phrase de type interrogatif

Est-ce que vous habitez chez vos parents ?


Qu’est-ce que tu gribouilles ?
Quelles épices achèteras-tu ?
Que fait cette fauvette masquée ?
As-tu ma note d’honoraires ?
Charlemagne était-il analphabète ?
J’étais allé, t’en souviens-tu ? chez Bruno, à La Tuque.

On met un point d’interrogation à la fin de toute phrase de type


interrogatif — sauf s’il s’agit d’une question de pure forme (voir
§ 253), d’une incise, d’une subordonnée hypothétique (voir § 75),
d’une incitation à agir polie mais équivalant presque à un ordre, ou
d’une incidente ne réalisant aucune demande d’information, de
confirmation... :

Qui sait ! Il n’a peut-être pas rempli le formulaire.


« Ce Borduas est un faux », dit-elle.
Grognait-il, tous les enfants couraient se cacher.
Cette voisine me disputait-elle, que j’en pleurais.
Voulez-vous relire ce testament, maître, mais plus lentement.
En 1999, paraît-il, 33 048 Japonais se sont suicidés.

Remarque
Certains préfèrent J’étais allé, t’en souviens-tu ?, chez Bruno, à La
Tuque. Dans Le bon usage, il est écrit : « Selon une tendance récente,
?
certains auteurs (ou imprimeurs) doublent d’une virgule ce point […]
d’interrogation. »

241 À la fin de la phrase de type déclaratif

Vous avez l’heure ?


Tu me donnes ton indicatif régional ?
Les côtes-du-rhône, tu te rappelles ? étaient délicieux.

La phrase de type déclaratif comportant un point d’interrogation réa-


lise une demande d’information, une incitation à agir, une demande
de confirmation… À l’oral, l’intonation entre en jeu.

Remarques
1. Certaines phrases ne sont faites que d’un mot : Simon ? Il dort. —
Allô ?
2. Certains préfèrent Les côtes-du-rhône, tu te rappelles ?, étaient
délicieux. Dans Le bon usage, il est écrit : « Selon une tendance
récente, certains auteurs (ou imprimeurs) doublent d’une virgule
ce point […] d’interrogation. »

242 À la fin de la phrase de type impératif

Devine qui est encore en retard ?

La phrase de type impératif comportant un point d’interrogation


réalise souvent un acte de parole * où se mêlent suggestion et
question… À l’oral, l’intonation entre en jeu.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


?
243 À la fin de l’hypothétique
qui est une incitation à agir

Me voilà enfin prêt ! Si on y allait ?


Et si vous me remboursiez d’abord ce que vous me devez ?

On met un point d’interrogation à la fin de l’hypothétique qui est une


incitation, une invitation à agir.

244 Avec des questions coup sur coup

Rentres-tu chez toi? Pourquoi ?


Ne doit-il pas faire le ménage ? le lavage ? la vaisselle ?
Ne doit-il pas faire le ménage, le lavage, la vaisselle ?
Ici, je mets un point-virgule, ou un point ?

Avec des questions coup sur coup, de deux choses l’une : ou l’on
attend autant de réponses qu’il y a de questions, ou l’on n’en attend
qu’une. — Dans le premier cas, on met autant de points d’interro-
gation et de majuscules que nécessaire ; dans le second, autant de
points d’interrogation ou de virgules que nécessaire, mais aucune
nouvelle majuscule.

Remarque
Ici, je mets un point-virgule ou un point ? signifierait « Je mets l’un des
deux signes, indifféremment ? ». Trop peu de gens saisissent l’impor-
tance, en pareilles circonstances, d’une ponctuation précise. — Cela
dit, si aucune ambiguïté n’est possible, il est certes naturel d’adopter
la solution la plus simple : Tu te décides, oui ou non ? — Quel œil a-
t-il perdu ? Le gauche ou le droit ?
?
245 Pour exprimer un doute
ou marquer l’ellipse d’une question

Jean Poton (?-1461) était un homme de guerre.


Ce tableau est un Pieter Bruegel l’Ancien (1525?-1569).
Cette éruption du Vésuve eut lieu le 24 août (?) 79.
Je me demande si tu me crois ?

Le point d’interrogation exprime l’ignorance, un doute ; ou alors, qu’il


soit entre parenthèses ou non, il marque l’ellipse d’une question.

246 Double ou triple

Quelqu’un avait kidnappé le bébé des Lindbergh ? ?

Pour amplifier la puissance d’une question, on peut doubler ou tripler


le point d’interrogation.

247 Employé seul

« Ne sais-tu pas que l’on songe à te congédier !


— ??»

Dans un dialogue, le point d’interrogation, employé seul (qu’il soit


simple, double ou triple), permet d’exprimer l’incertitude d’un per-
sonnage, ou son incrédulité, sa stupéfaction, son ignorance, son
angoisse…
?
248 Couplé au point d’exclamation

Tu crois vraiment avoir deviné quel cadeau je vais t’offrir ? !


Vous dites qu’il a volé les bijoux de sa propre grand-mère ! ?

Quand l’acte de parole * réalisé par l’énoncé est à la fois une demande
de confirmation et l’expression d’une vive émotion, il arrive que l’on
mette et un point d’interrogation et un point d’exclamation — dans
l’ordre jugé le plus expressif.

249 Avant le guillemet fermant, ou après ?

Il éprouva ma mémoire : « Gutenberg et sa Bible, c’est vers 1440 ? »


Le début surprend : « Que m’importe que tu sois sage ? » (vers 1).
Je lui ai demandé : « Tu ne me crois pas ? », puis je suis parti.

Dans le système du discours direct, si les paroles rapportées se


terminent par un point d’interrogation, on met le guillemet fermant
après ce point d’interrogation. Le point d’interrogation hors guille-
mets est celui d’une expression introductive réalisant une demande
d’information :

Est-ce Sartre qui a écrit : « L’enfer, c’est les autres » ?

250 Règle typographique

Avant le point d’interrogation : sans doute est-il sage de ne laisser


aucune espace — du moins jusqu’au jour béni où les logiciels de

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


?
traitement de texte nous permettront d’utiliser enfin ce que les typo-
graphes appellent une espace « fine * ».
Après : une espace sécable * — sauf s’il est suivi d’une virgule, d’une
parenthèse ou d’un crochet fermants, de points de suspension, d’un
point d’exclamation…

Remarque
Le point d’interrogation porte soit sur le ou les mots qui le précèdent
immédiatement, soit sur le reste de l’énoncé. Il se met donc dans la
face correspondante. Ex. : « Madeleine s’en va au cinéma. On y pro-
jette Paris brûle-t-il ? — Es-tu sûr que ce n’est pas plutôt Le déclin
de l’empire américain ?»

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


!
Chapitre 10 — Le point d’exclamation

251 À la fin de la phrase de type exclamatif

Comme cette histoire est édifiante !


Que tu es lent !
Quel idiot je fais !

À la fin de la phrase de type exclamatif, on met un point d’exclamation.

252 À la fin de la phrase de type


déclaratif ou impératif

On m’a volé mon acte de naissance !


Elle vivait alors, je ne me le rappelle que trop bien ! à Tadoussac.
Redonne-les-moi !
Que soient maudits tes enfants et les enfants de tes enfants !

À la fin d’une phrase de type déclaratif ou impératif, on ne met un


point d’exclamation que si l’on veut rendre le haut degré, l’intensité
d’une appréciation, une vive émotion, une intonation forte.

Remarques
1. Cela se produit très souvent lorsqu’une phrase de type déclaratif
inclut un adverbe corrélatif qui n’est pas suivi de la subordonnée
consécutive qu’il annonce : Ce trompettiste est tellement habile!
(= Ce trompettiste est tellement habile <qu’on a peine à le croire> !)
Cela dit, les points de suspension sont alors également possibles :
!
Cette dame est si gentille… (Voir § 125.) Tout comme le point
final : Vous êtes trop aimable. (Voir § 92.)
2. Certaines phrases ne sont faites que d’un mot : Traître ! Tu ne
perds rien pour attendre.
3. Certains préfèrent Elle vivait alors, je ne me le rappelle que trop
bien !, à Tadoussac. Dans Le bon usage, il est écrit : « Selon une
tendance récente, certains auteurs (ou imprimeurs) doublent
d’une virgule ce point d’exclamation […]. »

253 À la fin de la phrase de type interrogatif

Que veux-tu ! Je n’y puis rien…


Veux-tu bien te taire !
Qui sait ! Il ne l’a peut-être pas fait exprès.
À qui le dites-vous !

On met un point d’exclamation à la fin d’une phrase de type interro-


gatif lorsque la question, de pure forme, n’appelle pas de réponse.

254 Après une interjection en début d’énoncé

Bof ! ce n’est tout de même pas la mer à boire.


Ah ! c’est toi ?
Eh bien ! voilà qui m’inquiète...

En début d’énoncé, pour détacher une interjection ou une locution


interjective, une tradition faiblissante veut que l’on mette un point
d’exclamation suivi d’une minuscule ; mais il paraît raisonnable de
préférer une virgule et une minuscule, ou un point d’exclamation et
une majuscule :
!
Oh, que tu as l’esprit tordu !
Ouf ! Nous l’avons échappé belle…

Remarque
On ne sépare pas les différents éléments d’une locution interjective :
Eh bien ! Nous ne nous attendions vraiment pas à cela. — Oh oui ! Tu
peux compter sur moi… — Non mais ! Pour qui vous prenez-vous !
— Oh oh ! — Ah là là ! Quelle histoire !

255 Après une interjection ailleurs


qu’en début d’énoncé

C’est raté, flûte !


Ça ne marche plus, zut de zut !
Si elle refuse, ma foi ! ce ne sera pas la fin du monde.

En fin d’énoncé, dès lors que l’on veut rendre une vive émotion, une
intonation forte, il est naturel d’encadrer toute interjection ou locution
interjective par une virgule et un point d’exclamation. Faire la même
chose au cœur de l’énoncé n’est pas fautif, mais le plus simple est
de mettre deux virgules (voir § 49) :

S’il ne veut pas comprendre, eh bien, envoie-le paître.

Remarque
Pour ce qui est du troisième exemple, certains préfèrent Si elle
refuse, ma foi !, ce ne sera pas la fin du monde. Dans Le bon usage,
il est écrit : « Selon une tendance récente, certains auteurs (ou impri-
meurs) doublent d’une virgule ce point d’exclamation […]. »
!
256 Pour exprimer une émotion passagère

Hier, j’ai revu Nathalie. Tout à fait par hasard. Nous avons échangé des
banalités, comme si de rien n’était ( ! ), et mon cœur cognait tellement
fort que j’ai cru ma dernière heure venue.
Je pense que je suis ruiné…!

Le point d’exclamation, qu’il soit entre parenthèses ou placé après


des points de suspension, exprime une émotion soudaine, que l’on
garde presque pour soi.

257 Pour rendre l’ironie

Ma maison a été cambriolée ?… Mais voilà qui est inespéré! Quelle bonne
nouvelle ! Comme j’ai hâte d’annoncer la chose à mon épouse et aux
enfants !

Le point d’exclamation permet d’exprimer l’ironie.

258 Double ou triple

Tais-toi. Tu mens ! !

Pour amplifier l’expression d’une vive émotion, on peut doubler ou


tripler le point d’exclamation.

259 Employé seul

« J’ai emprunté ton auto, papa, et… Au fait, où sont tes calmants ?
— !!!»
!
Dans un dialogue, le point d’exclamation, employé seul (qu’il soit
simple, double ou triple), exprime l’étonnement d’un personnage, ou
sa désapprobation, son irritation, sa colère — bref, une espèce de
survoltage.

260 Couplé au point d’interrogation

Tu crois vraiment avoir deviné quel cadeau je vais t’offrir ? !


Vous dites qu’il a volé les bijoux de sa propre grand-mère ! ?

Quand l’acte de parole * réalisé par l’énoncé est à la fois une demande
de confirmation et l’expression d’une vive émotion, il arrive que l’on
mette et un point d’interrogation et un point d’exclamation — dans
l’ordre jugé le plus expressif.

261 Avant le guillemet fermant, ou après ?

Landau a dit : « À quoi le talent ressemble-t-il ?… Si vous le mettez dans


une bouteille de Coca-Cola, il ressemble à du Coca-Cola ! », et il a
raison.
Elle était emballée : « J’adore Dany Laferrière ! »
L’auteur est clair : « Je te hais autant que je t’aime ! » (vers 16).

Dans le système du discours direct, si les paroles rapportées se


terminent par un point d’exclamation, on met le guillemet fermant après
ce point d’exclamation. Le point d’exclamation hors guillemets est

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


!
celui d’une expression introductive exprimant le haut degré, l’inten-
sité d’une appréciation, une vive émotion, une intonation forte :

Elle nous a dit: « Dieu est une mangue mûre » !


(= Elle nous a dit quelque chose d’étonnant !)

262 Règle typographique

Avant le point d’exclamation : sans doute est-il sage de ne laisser


aucune espace — du moins jusqu’au jour béni où les logiciels de
traitement de texte nous permettront d’utiliser enfin ce que les typo-
graphes appellent une espace « fine * ».
Après : une espace sécable * — sauf s’il est suivi d’une virgule, d’une
parenthèse ou d’un crochet fermants, de points de suspension, d’un
point d’interrogation…

Remarque
Le point d’exclamation porte soit sur le ou les mots qui le précèdent
immédiatement, soit sur le reste de l’énoncé. Il se met donc dans la
face correspondante. Ex. : Tu me prêteras Un point, c’est tout ! Je
te prêterai L’art de ponctuer. — Quel film étrange, Huit et demi !
C’est de Fellini ?

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


[]
Chapitre 11 — Les crochets1

263 Pour signaler certaines particularités


d’un manuscrit

J[ean] L[ipp] fut pendu le 2 oct[obre 19]33.


Hier, j’ai bien failli [illisible].
J’y ai rendu visite à Mlle [blanc].
Ce fut mon baptême du feu [en français dans le texte].

Dans un texte publié posthumément (un journal intime, par exemple),


quand le manuscrit comporte des abréviations peu commodes, quand
il y a quelque problème de déchiffrement, de lecture…, ou alors dans
un texte traduit, l’éditeur utilise les crochets pour communiquer au
lecteur toute information opportune.

Remarque
Pour ce qui regarde la mention en français dans le texte, on peut
aussi en faire une note.

1. Jacques Drillon, Raymond Jacquenod et moi proposons que les crochets soient,
autant que faire se peut, à l’usage exclusif de toute personne qui pénètre « par
effraction » dans le texte d’une autre. Cela dit, si jamais Mlle X… finit par publier le
journal intime qu’elle a écrit vingt ans plus tôt, rien ne l’empêche, bien sûr, de le
commenter entre crochets.
[]
264 Pour donner des mots rétablis par conjecture

Tout soldat cherchant à fuir était mis à [mort].

S’il arrive à les rétablir par conjecture, l’éditeur met entre crochets les
mots illisibles ou manquants d’un manuscrit.

265 […]

Chamberland a écrit : «[…] je procède par rigoureux devoir de Poésie


et […] je me confie au seul jugement de la Poésie. »
Chamberland a écrit : « Il ne sera pas inutile de préciser […] que je pro-
cède par rigoureux devoir de Poésie […].»
Chamberland a écrit : « Il ne sera pas inutile de préciser, à l’intention de
certains de mes “confrères”, […] que je me confie au seul jugement de
la Poésie. »

On met des points de suspension entre crochets à l’endroit exact où


l’on supprime certains mots d’une citation — en conservant scrupu-
leusement, avant et après ces crochets, la ponctuation ainsi que les
majuscules et les minuscules du texte.

Remarque
Si la citation est en italique, les crochets et les points de suspension
le sont aussi.

266 Pour reformuler un îlot textuel

Cher Bernard Tanguay, on ne vous regarde plus que


la tête renversée, et le cou cassé par l’admiration.
[]
Dans le système du discours rapporté indirect, on se sert des crochets
pour reformuler un îlot textuel :

Quand il m’a écrit, pour mon 44e anniversaire, qu’il était une brute et
que l’« on ne [me] regard[ait] plus que la tête renversée, et le cou cassé
par l’admiration », Bonenfant n’a-t-il pas exagéré un tantinet ?

267 Pour apporter une correction


à des paroles rapportées

À propos de la règle typographique qui interdit le deux-points après les


points d’exclamation ou d’interrogation, cet expert écrit : « Il ne faut pas
hésiter à passer outre [à] cette règle mal fondée. »

Dans le système du discours direct, on se sert des crochets pour


discrètement corriger toute faute se trouvant dans les paroles
rapportées — si elles sont écrites.

Remarque
S’il est par trop évident que la faute n’est qu’une coquille typogra-
phique, il est permis de la corriger, tout simplement.

268 Pour rendre claires des paroles rapportées

Un pisse-vinaigre a alors écrit ceci : « Cet automne, l’une de nos


meilleures actrices [Pascale Bussières], que je ne nommerai pas, est
la vedette de tant de films que c’en est carrément ennuyeux. »

Dans le système du discours direct, on se sert des crochets pour


rendre claires les paroles rapportées.
[]
269 Pour commenter des paroles rapportées

Dans L’affamée, Violette Leduc écrivait : « Mon visage est un abat-jour


invendable [elle se fit plus tard refaire le nez], mais je n’ai pas d’arrière-
boutique pour le dissimuler. »

Dans le système du discours direct, on se sert des crochets pour


commenter les paroles rapportées.

270 [sic]

Il est écrit, dans le Code de Hammourabi : « Si l’épouse d’un homme,


à cause d’un autre mâle, a fait tuer son mari, cette femme, on
l’empalera [sic]. »

Si l’on craint qu’un texte que l’on cite ne provoque l’incrédulité du


lecteur, on met l’adverbe latin sic 1 entre crochets tout juste après le
ou les mots critiques. (Pour ce qui regarde l’emploi de sic entre
parenthèses, voir § 197.)

271 Quand un vers est trop long

Je n’arrive plus à fermer l’œil.


J’ai le corps qui joue à pile ou face
et la cervelle comme un cheval qui se serait
[échappé du corral…

1. Sic signifie « ainsi ».


[]
Quand un vers est trop long pour tenir sur une seule ligne, un
crochet ouvrant guide le ou les mots en trop — le plus souvent au-
dessous, sinon au-dessus.

272 Pour donner les traits d’un mot

Noms [+ animés] : ils désignent des personnes ou des animaux.


Chien : [+ comptable] [+ animé] [- humain] [+ concret]

Dans un ouvrage linguistique, pour donner les traits d’un mot, on


utilise les crochets.

273 Pour donner la prononciation

Le mot six se prononce ainsi : [sis].

Pour donner la prononciation d’un mot en alphabet phonétique, on


utilise les crochets.

274 Dans une notice bibliographique


(s. l., s. d., s. é., s. p. ...)

CLÉMENT, Marielle. Sans pitié, [s. l.], Les Éditions du Cèdre, [s. d.],
302 p.
LEGAULT, Sonia. Bernard au Japon, Saint-André, [s. é.], 2002, 99 p.
WOLFE, Johanne. Madame Loup perd les pédales, Sainte-Julienne,
CQFD, 2002, [s. p.].
[]
Dans une notice bibliographique, les crochets indiquent que le lieu,
l’éditeur, la date ou le nombre de pages ne sont pas mentionnés.

Remarques
1. Sans lieu ni date s’abrège ainsi : s. l. n. d.
2. La méthode auteur-date 1 implique des notices bibliographiques
dans lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de
l’auteur. Ex. : LEGAULT, Sonia. 2002, Bernard au Japon, Saint-
André, [s. é.], 99 p.

275 Dans une notice bibliographique


(pseudonyme levé)

MONTREUIL, Louis-Philippe de [Jacques Latulippe]. « Jimmy Jones »,


Magazin’Art, vol. 6, no 4 (été 1994), p. 78-86, 100-102.

Dans une notice bibliographique, les crochets permettent de lever un


pseudonyme.

Remarque
La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques dans
lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de l’auteur.
Ex. : MONTREUIL, Louis-Philippe de [Jacques Latulippe]. 1994,
« Jimmy Jones », Magazin’Art, vol. 6, no 4 (été), p. 78-86, 100-102.

1. Une méthode que présente fort bien le Guide de la communication écrite (voir « Notice
bibliographique : Principes généraux » et « Références dans le texte »).
[]
276 Dans une notice bibliographique
(document électronique)

COMMISSION DE TOPONYMIE. Noms et lieux du Québec : si chaque


lieu m’était conté, [Cédérom], Sainte-Foy, Les Publications du
Québec, c1997.
DEMICHEL, André. « Séparatisme », CD-ROM universalis, [Cédérom],
Paris, Encyclopaedia universalis, c1996.
FOGLIA, Pierre. « Une mascarade dans le désert », La Presse, [Cédé-
rom], vendredi 13 octobre 2000, p. S14, [Actualités Québec,
no 20001013LA0126].
OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. Le grand dictionnaire
terminologique, [En ligne], 2000, [www.granddictionnaire.com/
_fs_global_01.htm].
OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. La disquette linguis-
tique, [Logiciel], Québec, Les Publications du Québec, 1993, dis-
quette format 3.
COMMISSION DE TOPONYMIE. Topos sur le Web, [En ligne], 1998.
[www.toponymie.gouv.qc.ca] (1er décembre 2000).
POIRIER, Jean. « L’odonymie avant 1680 », Noms de rues de Québec
au XVIIe siècle : origine et histoire, [En ligne], 2000. Québec, Com-
mission de toponymie du Québec, [www.toponymie.gouv.qc.ca/
dtopo27.htm] (21 novembre 2000).
TANGUAY, Bernard. (bernard.tanguay@cgocable.ca). Félicitations
pour le Prix du Gouverneur général du Canada, [courriel],
(ndebellefeuille@quebec-amerique.com), 20 novembre 2000.

Dans toute notice bibliographique établie selon les recommandations


de l’Office québécois de la langue française, les crochets, dès lors
que l’on a affaire à un document électronique, permettent de dire si
[]
la source est un cédérom, un article extrait d’un cédérom, un article
extrait d’une banque de données sur cédérom, une banque en ligne,
un logiciel, la page d’accueil d’un site Web, un article extrait d’un site
Web, un courriel... Et ils donnent aussi, le cas échéant, l’adresse Web
correspondante.

Remarque
La méthode auteur-date implique des notices bibliographiques dans
lesquelles l’année de parution suit les nom et prénom de l’auteur.
Ex. : COMMISSION DE TOPONYMIE. c1997, Noms et lieux du
Québec : si chaque lieu m’était conté, [Cédérom], Sainte-Foy, Les
Publications du Québec. — DEMICHEL, André. c1996, « Sépara-
tisme », CD-ROM universalis, [Cédérom], Paris, Encyclopaedia uni-
versalis. — FOGLIA, Pierre. 2000, « Une mascarade dans le désert »,
La Presse, [Cédérom], vendredi 13 octobre, p. S14, [Actualités Qué-
bec, n° 20001013LA0126]. — OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE
FRANÇAISE. 2000, Le grand dictionnaire terminologique, [En ligne],
[www.granddictionnaire.com/_fs_global_01.htm]. — OFFICE QUÉBÉ-
COIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. 1993, La disquette linguistique,
[Logiciel], Québec, Les Publications du Québec, disquette format 3.
— COMMISSION DE TOPONYMIE (1998). Topos sur le Web, [En
ligne]. [www.toponymie.gouv.qc.ca] (1er décembre 2000). — POI-
RIER, Jean (2000). « L’odonymie avant 1680 », Noms de rues de Québec
au XVIIe siècle : origine et histoire, [En ligne], Québec, Commission de
toponymie du Québec, [www.toponymie.gouv.qc.ca/dtopo27.htm]
(21 novembre 2000). — TANGUAY, Bernard. (bernard.tanguay@
cgocable.ca). 2000, Félicitations pour le Prix du Gouverneur général
du Canada, [courriel], (ndebellefeuille@quebec-amerique.com), 20
novembre.
[]
277 Règle typographique : le crochet ouvrant

Avant : une espace sécable * — sauf dans G[illes] D[ion]. (Voir § 263.)
Après : rien.

278 Règle typographique : le crochet fermant

Avant : rien.
Après : une espace sécable * — sauf dans le 3 oct[obre 17]56. (Voir
§ 263.)

Remarque
Les crochets sont dans la même face que le texte auquel ils
appartiennent.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


<>

Chapitre 12 — Les chevrons

279 Pour signaler une place vide

Dès que tu seras prêt et < > que j’aurai le temps, nous irons là-bas.
(= Dès que tu seras prêt et dès que j’aurai le temps, nous irons là-bas.)

Je me souviens < > qu’il neigeait.


(= * Je me souviens de qu’il neigeait.)

Parmi ces jupes, ma < > préférée est la < > jaune.
Parmi ces jupes, ma <jupe> préférée est la <jupe> jaune.

Dans un ouvrage linguistique, les chevrons permettent de signaler


une place vide.

Remarque
Il arrive que deux places vides se suivent : Raymond achètera du
cheddar et < > < > des fraises = Raymond achètera du
cheddar et <Raymond> <achètera> des fraises.
/
Chapitre 13 — La barre oblique

280 Un symbole de division

Ce cycliste se sert d’une carte au 1/50 000.


Il termina à 18/100 de seconde du vainqueur.
Michael Schumacher roulait à plus de 340 km/h.
Au Bangladesh, il y avait alors 860 hab./km 2.

La barre oblique est d’abord et avant tout un symbole de division.

Remarque
Au bas d’une carte géographique, pour indiquer l’échelle, on se sert
encore parfois du deux-points : 1: 50 000.

281 Et/ou

Je me rendrai à Chicago et/ou à Detroit.

On écrit et/ou quand une alternative est inclusive, c’est-à-dire quand


le cumul des possibilités est envisageable.

Remarque
Cette tournure est de préférence réservée aux textes techniques et
scientifiques.
/
282 Pour rapprocher ou opposer deux termes

entrée/sortie
proofreading/correction d’épreuves
La relation mère/fille n’est pas la plus simple.

La barre oblique rapproche ou oppose deux termes.

Remarques
1. Nombreux sont ceux qui estiment que cet emploi de la barre
oblique est réservé à des domaines spécialisés.
2. Dans Le Ramat de la typographie, il est écrit que des espaces pré-
cèdent et suivent la barre oblique dès lors que l’un des termes est
composé de plusieurs mots.
3. Le Guide du rédacteur conseille plutôt l’emploi du trait d’union
quand on écrit les relations employeur-employé, la guerre Inde-
Pakistan…

283 Pour présenter les éléments d’un ensemble

Voici les formes du déterminant démonstratif : ce/cet/cette/ces.

Dans un ouvrage linguistique, la barre oblique permet de présenter


les éléments d’un ensemble.

284 Pour noter de la poésie « au long »

« elle avait la peau en peau de renard / et c’était bien doux / trop peut-
être, / mais c’était si lisse que j’ai glissé / ma main sous la peau de
/
renard / et j’ai trouvé une femme en dessous / et ses dessous ont
glissé / elle était nue déjà. / et c’était bien doux / si doux qu’on aurait
juré / sa peau de renard / on aurait juré qu’elle l’avait gardée » (Gleason
Théberge, sans titre.)

Si l’on note de la poésie « au long » (tout en conservant scrupuleuse-


ment les majuscules, les minuscules et la ponctuation du texte), la
barre oblique signale le passage d’un vers à un autre.

285 Dans une adresse Web

www.oqlf.gouv.qc.ca/ressources/gdt.html

Dans une adresse Web, après les trois w, la barre oblique indique un
répertoire ou un sous-répertoire.

286 Dans des abréviations


de la correspondance d’affaires

N/Référence: Facture no 1229


V/Référence: 185-44-AB

Dans Le français au bureau, il est écrit : « Les références servent à


faciliter le classement et la consultation du courrier, mais elles ne
sont pas essentielles pour tous les types de lettres. Il s’agit générale-
ment d’un groupe de lettres et de chiffres. La mention Votre référence,
qu’on abrège en V/Référence, V/Réf. ou V/R, est suivie du numéro
ou du code de dossier attribué par le ou la destinataire. Votre lettre
du, qu’on abrège en V/Lettre du, renvoie à la lettre à laquelle on
/
répond. Notre référence, qu’on abrège en N/Référence, N/Réf. ou
N/R, indique le numéro que l’expéditeur ou l’expéditrice a attribué au
dossier […]. »

Remarques
1. Quand on confie à un tiers le soin de remettre une lettre à son des-
tinataire, on écrit dans la suscription, sous le nom de ce dernier,
la mention Aux bons soins de… ou Aux soins de…, souvent
abrégée en a/s de… Mais cette pratique, réservée à la correspon-
dance privée, n’a presque plus cours.
2. Autres abréviations utilisant la barre oblique dans la correspon-
dance d’affaires : B/ (billet à ordre), B/B (billet de banque), l/cr
(lettre de crédit), n/c (notre compte), o/ (ordre de), v/c (votre
compte).

287 Pour séparer les initiales d’identification

JPV/bt
NG/HF/mcd

Au bas d’une lettre d’affaires (à gauche, sur la ligne où l’on inscrit


le nom du ou de la signataire), pour signaler qui l’a écrite et qui l’a
saisie, on met une barre oblique entre les initiales d’identification.

Remarque
1. Seules sont majuscules les initiales de la personne qui a écrit la
lettre.
2. Si une même personne a écrit et saisi la lettre, ses initiales sont
répétées : SP/sp.
3. Aucun point abréviatif, aucun trait d’union, aucune espace, ne se
glissent jamais entre ces initiales.
/
288 Pour indiquer qu’il faut tourner une page

… /…

Pour indiquer qu’il faut tourner une page, on met dans son coin infé-
rieur droit deux séries de points de suspension de part et d’autre d’une
barre oblique.

Remarque
Nombreux sont ceux qui préfèrent mettre, en romain maigre, … 2
(… 3, … 4, etc.) ; et si le document dont il s’agit ne court que sur les
deux pages d’une même feuille, … verso, ou TSVP (« Tournez, s’il
vous plaît ») — également en romain maigre.

289 Pour préciser l’ordre des pages

3/7

Pour préciser l’ordre des pages de certains documents, on inscrit


deux nombres dans le coin inférieur droit de chacune d’entre elles,
de part et d’autre d’une barre oblique.

Remarque
Certains préfèrent écrire 3 de 7. Également en romain maigre.
/
290 Règle typographique

Si l’on note de la poésie « au long », la barre oblique est précédée et


suivie d’une espace sécable *.
Quand elle relie simplement deux termes, elle est collée aux deux —
sauf si l’un de ces termes est composé de plusieurs mots :
proofreading / correction d’épreuves. Certains aiment alors que
l’espace qui précède la barre soit insécable *.

* Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


*
Chapitre 14 — L’astérisque

291 Un appel de note

Jöns Jacob Berzelius * découvrit le sélénium ** et le thorium ***.

Dans un titre, dans un poème, dans un texte court ou ne contenant


que quelques appels de note, mais surtout dans les figures et dans
les travaux scientifiques, où les chiffres arabes supérieurs risque-
raient d’être confondus avec des exposants, l’astérisque renvoie, au
bas de la page, à une note de l’auteur 1.

Remarques
1. Cette note est parfois ce que l’on appelle une « référence en bas
de page » (voir § 86, Rem. 1).
2. Les autres appels de note possibles, tels que suggérés par le
Dictionnaire des règles typographiques, et surtout s’il y a de nom-
breuses notes, sont des chiffres supérieurs sans parenthèses 6,
des chiffres supérieurs entre parenthèses (6), des chiffres du corps
du texte entre parenthèses (6), des minuscules supérieures sans
parenthèses a, des minuscules supérieures entre parenthèses (a),
des minuscules en italique entre parenthèses (a).
3. Dans Le Ramat de la typographie, il est écrit : « L’appel de note se
place toujours avant la ponctuation, qu’il se rapporte au mot qui
précède ou à la phrase. Le point abréviatif reste toujours collé à

1. Il est écrit, dans le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie


nationale : « C’est sans doute le plus esthétique des appels de note quand il est
simple ou double, mais on ne peut l’utiliser au-delà du triple dans une page. »
*
l’abréviation […]. L’appel de note est détaché du mot qui le
précède par une espace fine si le logiciel le permet, sinon il est
collé au mot. »

292 Un renvoi à une entrée

On ne détache pas le foyer d’information *.

Dans un dictionnaire, un lexique, une grammaire…, l’astérisque renvoie


à une entrée.

293 L’astérisque et le souci de discrétion

À propos d’espionnage industriel, j’ai parlé à Hubert C ***.

L’astérisque (simple, double ou — habituellement — triple) permet


une louable discrétion.

Remarque
L’emploi de l’initiale est facultatif. Et certains aiment que chaque asté-
risque compte pour une syllabe (Catherine Beaudin, par exemple,
devient Catherine B ** ).

294 Avant un énoncé asyntaxique,


une expression ou une forme fautives

* Anne-Marie à Trois-Pistoles est allée.


* tomber en amour
* elles tiennèrent
*
Dans un ouvrage linguistique, pour indiquer qu’un énoncé est asyn-
taxique ou que sont fautives une expression ou une forme, on les fait
précéder d’un astérisque.

295 Avant un h aspiré

* HERNIE n.f. (lat. hernia)

Dans Le Petit Larousse, par exemple, l’astérisque placé avant un mot


commençant par un h indique que ce h est aspiré.

296 Règle typographique

Avant l’astérisque : quand ce signe est un appel de note (en romain


maigre), l’usage hésite entre une espace « fine 1» et rien du tout.
Cela dit, si deux ou trois astérisques se suivent (comme dans Hubert
C *** ), aucune espace ne se glisse entre eux.
Après : une espace sécable 1 — sauf si l’astérisque précède, dans un
dictionnaire, un mot commençant par un h aspiré ; dans une gram-
maire, un énoncé asyntaxique, une expression ou une forme fautive.
Il est alors collé à ce qui suit : * Achale-moi pas.

1. Terme défini dans les paragraphes 1 à 3.


Bibliographie

L’art de conjuguer : dictionnaire de 12 000 verbes, nouv. éd., Montréal, Hurtu-


bise HMH, 1998, [s. p.] (Bescherelle ; 1).
BRUN, J., et A. DOPPAGNE. La ponctuation et l’art d’écrire, Bruxelles ; Amiens,
CED-SAMSOM, 1971, 240 p.
BUREAU DE LA TRADUCTION. Le guide du rédacteur, 2e éd., Ottawa, Travaux
publics et Services gouvernementaux Canada, 2000, 319 p.
CATACH, Nina. La ponctuation, Paris, Presses universitaires de France, 1994,
127 p. (Que sais-je ? ; no 2818).
CHARTRAND, Suzanne-G., et autres. Grammaire pédagogique du français
d’aujourd’hui, Montréal, Graficor, 1999, 397 p.
COLIGNON, Jean-Pierre. Un point, c’est tout ! : la ponctuation efficace, Montréal,
Les Éditions du Boréal, 1993, 119 p.
DOPPAGNE, Albert. La bonne ponctuation : clarté, précision, efficacité de vos
phrases, 2e éd. revue, Paris, Duculot, 1993, 112 p. (L’esprit des mots).
DRILLON, Jacques. Traité de la ponctuation française, Paris, Gallimard, 1991,
472 p.
DUGAS, André. Le guide de la ponctuation, Montréal, LOGIQUES, 1997, 175 p.
GENEVAY, Éric. Ouvrir la grammaire, Lausanne, LEP ; Montréal, Chenelière,
1994, 274 p.
GOBBE, Roger, et Michel TORDOIR. Grammaire française, Trécarré, 1986, 440 p.
GREVISSE, Maurice. Le bon usage : grammaire française, 13e éd. rev. et ref.
par André Goosse, Paris–Louvain-la-Neuve, Éditions Duculot, 1993,
1762 p.
GUÉRY, Louis. Dictionnaire des règles typographiques, Paris, CFPJ, 2000,
283 p.
GUILLOTON, Noëlle, et Hélène CAJOLET-LAGANIÈRE. Le français au bureau, 5e éd.,
Office québécois de la langue française, Sainte-Foy, Les Publications du
Québec, 2000, 503 p.
HANSE, Joseph, et Daniel BLAMPAIN. Nouveau dictionnaire des difficultés du
français moderne, 4e éd., Bruxelles, Éditions Duculot, 2000, 649 p.
JACQUENOD, Raymond. La ponctuation maîtrisée, Paris, Marabout, 1993, 317 p.
Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, 3e éd.,
Paris, Imprimerie nationale, 1993, 197 p.
MALO, Marie. Guide de la communication écrite, Montréal, Québec Amérique,
1996, 322 p.
PÉCHOIN, Daniel, et Bernard DAUPHIN. Dictionnaire des difficultés du français,
Paris, Larousse, 2001, 660 p. (Expression).
POPIN, Jacques. La ponctuation, Paris, Nathan-Université, 1998, 127 p.
(Collection 128).
RAMAT, Aurel. Le Ramat de la typographie, 5e éd., Saint-Lambert, Aurel Ramat
éditeur, 2000, 224 p.
RIEGEL, Martin, Jean-Christophe PELLAT et René RIOUL. Grammaire métho-
dique du français, 5e éd., Paris, PUF, 1994, 646 p.
Terminologie grammaticale, Paris, Centre national de documentation péda-
gogique, 2002, 30 p. (Collection : horaires/objectifs/programmes/
instructions).
THOMAS, Adolphe. Dictionnaire des difficultés de la langue française, Paris,
Larousse, 1993, 435 p.
VILLERS, Marie-Éva de. Multidictionnaire de la langue française, 3e éd., Montréal,
Québec Amérique, 1997, 1533 p.
WILMET, Marc. Grammaire critique du français, 2e éd., Bruxelles, Duculot,
1998, 704 p.
Index

Les numéros renvoient non aux pages mais aux différents paragraphes.
Les numéros des paragraphes les plus importants sont en caractères gras.

N. B. — Les appellations sont tantôt celles de la grammaire traditionnelle tantôt celles


des grammaires nouvelles.

A adverbe
abréviation — ~ d’acte de parole 40
— ~ dans un texte publié — ~ de coordination 37, 39
posthumément 263 — ~ de point de vue 41
— ~ de la correspondance d’affaires — ~ modalisateur 38-39
286-287 — ~ modificateur du groupe
— ~ d’un mot étranger 175 verbal 12
— etc. 127 — ~ organisateur 37, 39
à ce point que 76 affiche (dates et heures) 237
à ce qu’on dit 38 afin de 64, 68
à cette (seule) fin que 64, 68 afin que 64, 68
à (la) condition de 74
ah. Voir interjection
à (la) condition que 74
ah là là. Voir interjection
à coup sûr 38
ah mais. Voir interjection
acronyme 110
ainsi
acte de parole 1
adjectif en apposition 56 — adverbe organisateur 37, 39
adjectif épithète 56 — adverbe modificateur du groupe
adjointe. Voir subordonnée adjointe verbal 12
adresse ainsi que 13
— ~ postale (parenthèse) 194 à la lumière de ce qui précède 38-39
— ~ postale (virgule) 83 à la vérité 38-39
— ~ Web (barre oblique) 285 à l’évidence 38-39
alinéa apostrophe, mots en 28, 30, 44
— après la formule d’appel d’une apostrophe avant un guillemet
lettre 44 ouvrant 187
— différents ~ d’une même réplique apparemment 38-39
annoncée par un appartement 83
— guillemet ouvrant 164 appel, formule d’ 44
— tiret 228 appel de note
— énumération donnée en un — astérisque 291
seul ~ 230 — gamme des ~ que l’on peut
— points de suspension au début utiliser 291
d’un ~ 136 — règle typographique concernant
— points de suspension entre l’~ 91, 109, 112, 144
deux ~ 135 appeler 171
à l’instant où 64, 68 apposition détachée 54
à l’instant que 64, 68 à première vue 38-39
à l’inverse 37, 39 après que 64, 68
allez. Voir interjection à qui le dis-tu! 253
allons. Voir interjection article de journal
allons bon. Voir interjection — point à la fin du titre et du
allons donc. Voir interjection sous-titre d’un ~ 99
à l’opposé 37, 39 — titre d’un ~ dans une notice
alors que 68-69 bibliographique 185
alternative à savoir 32
— et/ou 281 a/s de 286
— parenthèse d’~ 201 à seule(s) fin(s) de 68
à ma grande surprise 38-39 assertion 1-2
à (mes) yeux 38-39 assez… pour 76
amicalement 82 assez… pour que 76
à moins de 74 assurément 38-39
à moins que 74 astérisque 291-296. Voir la table des
à moitié… à moitié 22 matières, p. 17
à mon avis 38-39 à supposer que 74
à mon point de vue 38-39 à (un) tel point que 76
angle (4e Avenue) 194 attendu que 71
à notre avis 38-39 au contraire 37, 39
à peine 37, 39 au demeurant 37, 39
à plus forte raison 37, 39 au fond 38-39
au fur et à mesure que 64, 68 bêtement 38
au moins 37, 39 bibliographie. Voir notice bibliographique
au moment de 64, 68 bien évidemment 38
au moment où 64, 68 bien que 72
à un autre point de vue 37, 39 bien sûr (que) 38
au point de 76 bizarrement 38
au point que 76 blague à part 40
au premier abord 38-39 bref 37
aussi 37, 39 bureau 83
aussi bien que 13
aussi longtemps que 64, 68 C
aussi… que 77 ça (thème mis en évidence par
aussitôt que 64, 68 détachement) 62
autant que 13 calendrier (dates et heures) 237
autant… que 77 Canada 194
auteur car
— nom de l’~ dans une notice — ~ suivi d’un complément
bibliographique 86, 102 circonstanciel 67
— nom de l’~ dans une référence — ~ suivi d’un complément de
en bas de page 86 phrase 67
— titre d’œuvre et nom de l’~ entre — point avant ~ 95
parenthèses 211 — point-virgule avant ~ 116
— virgule entre un titre d’œuvre — virgule avant ~ 29
et le nom de l’~ 85 carte géographique 155, 233, 280
au total 37, 39 carte professionnelle 194, 225
autrement 34 cause et conséquence 151
autrement dit 32 cause et effet 151
aux (bons) soins de 286 ce faisant 59
avant de 64, 68 cela (thème mis en évidence par
avant que 64, 68 détachement) 62
à vrai dire 38-39 c’en est fait de 62
cependant 37
B cependant que 68-69
B/ 286 ce que..., c’est 62
B/B 286 ce qui..., c’est 62
barre oblique 280-290. Voir la table certainement 38
des matières, p. 17 certes 38
c’est-à-dire (que) 32 — de comparaison 12
c’est (gentil,) de (m’avoir invitée) 62 — de temps 64, 68
c’est nous qui soulignons 198 — complément de P exprimant
c’est pourquoi 33 — la cause ou la justification
c’est… que 2, 64, 66 64, 71
c’est… qui 2, 64, 66 — la manière ou la
c’est (par pur hasard) si (je suis ici) 74 comparaison 12
cf. 175 — le temps 64, 68
changement de thème, mise en — justificative 71
évidence d’un — modificateur du groupe
— ~ et emploi de la virgule 63 verbal 12
— ~ et emploi du point-virgule et de — temporelle 64, 68
la virgule 113 comment dirais-je 47
chaque fois que 64, 68 comment dire 47
chevrons 279. Voir la table des matières, communiqué 235
p. 17. complément absolu. Voir participiale
chiffre dont le sujet est exprimé
— dans une note en bas de page complément adverbial. Voir complément
103 circonstanciel
— date donnée en ~ 100 complément circonstanciel
— nombre répété en ~ 196 — ~ au cœur de la phrase 66, 79
chut. Voir interjection — ~ en début de phrase 64
citation. Voir discours rapporté direct — ~ en fin de phrase 12, 65
citation d’idée 87, 101, 119, 212 — et, mais, car, que, suivis
cité dans 121 d’un ~ 67
cité par 121 — or avant un ~ 30
classement alphabétique 88 complément de l’adjectif 5
COD 10 complément de P. Voir complément de
code postal 194 phrase
COI 10-11 complément de phrase (mis à part les
coin (rue Principale) 194 subordonnées)
comme — ~ au cœur de la phrase 66, 79
— ~ entre deux sujets suivis du — ~ en début de phrase 64
verbe 13 — ~ en fin de phrase 65
— ~ introduisant une subordonnée — et, mais, car, que, suivis
— circonstancielle d’un ~ 67
— de cause 64, 71 — or avant un ~ 30
complément d’objet et verbe 10, 93 — avec tantôt… tantôt 21
complément d’objet indirect en début de — avec trois et, trois ou,
phrase 11 trois ni 19
complément du nom — ~ différée 14-15
— ~ juxtaposés suivis d’un verbe 5 — ~ sans coordonnant 6-7, 94, 115
— groupe adjectival ~ 56 — et, mais, car, après un point 95
— groupe nominal ~ 54 — et, mais, car, suivis d’un
— participiale dont le sujet n’est pas complément circonstanciel 67
exprimé 58-59 — et, mais, car, suivis d’un
— subordonnée relative ~ 57 complément de phrase 67
complément du verbe et verbe 10, 93 — et/ou 281
complément du verbe impersonnel 62 — et, ou, ni, entre deux phrases
complément indirect en début de phrase de même niveau 15
11 — et, ou, ni, entre deux groupes
comprends-tu 47 de même rôle 14
compte rendu 54-55, 181, 209, 229
— et et ou pour marquer une
conformément à ce qui précède 38
opposition 16
conséquence et cause 151
cordialement 82
consigne 97
corrélative. Voir subordonnée corrélative
contresens voulu 180
coupure dans une citation 265
coordination
cours, titre d’un 184
— ainsi que, comme, de même
crier au secours 171
que 13
crier gare 171
— après c’est pourquoi 33
— après donc 34 crochets 263-278. Voir la table des
— après mais 28 matières, p. 16
— après or 30 curieusement 38
— avant autrement dit 32
— avant car 29 D
— avant c’est-à-dire 32 d’abord 37
— avant mais 26 d’après (moi) 38
— avant voire 31 d’après ce qui précède 38
— avec deux et, deux ou, d’ailleurs 37
deux ni 18 dans le but de 64, 68
— avec et ce 24 dans l’ensemble 37
— avec non… mais, non pas… dans l’intention de 64, 68
mais, non seulement… mais 27 dans un autre ordre d’idées 37
— avec soit… soit 20 d’après (moi) 38
date depuis que 64, 68
— au début d’un communiqué 235 de (telle) sorte que 76
— au début d’une lettre 81 dès que 64, 68
— dans un journal intime 232 destinataire 157
— dans une note de service 157 de surcroît 37
— ~ de consultation 215 de toute évidence 38
— ~ écrite tout en chiffres 100 deuxième alinéa d’une citation 164
— deux ~ (début et fin des activités) deuxièmement 37
237 deux-points 145-158. Voir la table des
d’autre part 37 matières, p. 12
davantage… que 77 devise 157
de (subordonnant attitré de l’infinitive) diable 49
62 dialogue
de ce point de vue 38 — ~ présenté par des guillemets et
décimales 89 des tirets 162
déclaratif, phrase de type. Voir phrase — ~ présenté par des tirets
de type déclaratif — récit 42, 228
de crainte de 64, 68 — œuvre théâtrale ou
de crainte que… ne 64, 68 scénario 229
dédicace 96 — « grain de sel » de l’auteur (entre
de (telle) façon que 76 parenthèses) 210
de fait 38 — indication de jeu (entre
demande d’information parenthèses) 208
— ~ rapportée dans le système du — interruption et reprise du discours
discours indirect 92 140
— ~ réalisée par l’expression — légère interrogation (points de
introductive d’un discours direct suspension) 139
249 — répliques d’un ~ annoncées par
— ~ réalisée par une phrase de type un deux-points 147
déclaratif 241 didascalie
de (telle) manière que 76 — parenthèses 208
de même 37 — virgule 80
de même que 12-13 Dieu merci 38
dépêche d’agence 234 diplôme universitaire 110, 193, 221
de peur de 64, 68 dire 171
de peur que… ne 64, 68 direction scientifique 217
de plus 37 discours attributif. Voir incise
de prime abord 38 discours direct libre 148
discours indirect libre 148 — îlot textuel reformulé (crochets)
discours intérieur 159 266
discours rapporté direct discours rapporté libre 148
— citation d’un texte étranger 166 (l’art) dit (érotique) 171
— citation longue 167 document électronique 184, 276
— deux-points avant les paroles donc 34
rapportées 146 double référence 121
— dialogue présenté par du moins 34, 37
— des guillemets et des tirets 162 d’un autre côté 37
— des tirets 228 d’une façon générale 38
— discours direct libre 148 d’une manière générale 38
— du deuxième au dernier alinéa d’une part 37
d’une citation 164 du point de vue de 38
— guillemets, emploi des 159 du reste 37
— guillemets à l’intérieur des
guillemets 165 E
— incise 43, 161, 163 échelle d’une carte 155, 280
— incise au cœur des paroles effectivement 38-39
rapportées 161 effet et cause 151
— point d’exclamation avant le également 37, 39
guillemet fermant, ou après ? 261 eh. Voir interjection
— point d’interrogation avant le eh bien. Voir interjection
guillemet fermant, ou après ? 249 eh mais. Voir interjection
— points de suspension entre eh non. Voir interjection
crochets 131 eh oui. Voir interjection
— ponctuation avant et après le eh quoi. Voir interjection
guillemet fermant 163 élément incident 38-39
— pour apporter une correction à élision
des paroles rapportées 267 — apostrophe suivie d’un guillemet
— pour commenter des paroles ouvrant 187
rapportées 269 — que suivi d’un adverbe
— pour rendre claires des paroles organisateur ou modalisateur 39
rapportées 268 — que suivi d’un complément
— [sic] 270 circonstanciel 67
discours rapporté indirect — que suivi d’un complément de
— demande d’information 92 phrase 67
— discours indirect libre 148 elle (thème mis en évidence par
— îlot textuel (guillemets) 169 détachement) 62-63
emphase. Voir mise en évidence en somme 37, 39
en admettant que 74 en substance 37, 39
en attendant de 64 ensuite 34, 39
en attendant que 64, 68 en supposant que 74
en avoir soupé de 62 en théorie 38-39
en ce qui (me) concerne 63 en toute franchise 39-40
en conclusion 37, 39 en toute honnêteté 39-40
en conséquence 37, 39 en tout premier lieu 37, 39
encore 37, 39 entre autres 36
encore que 72 entre autres choses 37, 39
en d’autres termes 32 entrée, renvoi à une 292
en définitive 37, 39 énumération
en dernière analyse 38-39 — ~ horizontale
en dernier lieu 37, 39 — point-virgule 117
— tiret 230
en effet 38-39
— ~ inachevée 125
en fait 38-39
— ~ précédée ou suivie d’un
enfin 37, 39
résumé (deux-points) 149
en fin de compte 37, 39
— ~ terminée par etc.127
en général 38
— ~ verticale
en même temps que 64, 68
— deux-points 150
énoncé 1-2
— point 105
— ~ asyntaxique 294
— point-virgule 117-118
— ~ fait de segments virgulés de — tiret 230
même rôle 115 — virgule 8-9
— ~ inachevé 125 en vérité 38-39
en outre 37, 39 en vue de 64, 68
en particulier 37, 39 épigraphe 160
en plus 37, 39 épithète
en premier lieu 37, 39 — ~ détachée
en principe 38-39 — adjectif qualificatif 56
en réalité 38-39 — participe passé 58
en règle générale 38-39 — participe présent 59
en résumé 37, 39 — proposition absolue 12
en revanche 37, 39 — ~ juxtaposées suivies du verbe 5
en revenir de 62 espace fine 3
en second lieu 37, 39 — avant l’astérisque 296
enseigne 181 — avant le point d’exclamation 262
— avant le point d’interrogation 250 etc.
— avant le point-virgule 124 — points de suspension 127
espace insécable 3 — virgule 25
— après le guillemet ouvrant 189 étrangement 38
— avant le deux-points 158 eux (thème mis en évidence par
— avant le guillemet fermant 190 détachement) 62-63
— avant le tiret fermant 239 évidemment 38-39
— entre un point abréviatif et des excepté 35
points de suspension 109 excepté que 35
espace justifiante. Voir espace sécable exclamatif, phrase de type. Voir phrase
espace sécable 3 de type exclamatif
— après le point 112 exclamation et interrogation 260
— avant et après la barre oblique expression
290 — ~ du langage populaire ou
— avant et après le tiret 239 familier 179
essentiellement 37, 39 — ~ empruntée à un jargon 174
et — ~ fautive 294
— ~ après un point 95 — ~ typique à un groupe social 174
— ~ entre deux phrases 15
— ~ entre deux éléments de même
rôle 14 F
— ~ pour marquer une opposition face (terme de typographie)
16 — ~ de la virgule 91
— ~ suivi d’un complément — ~ des guillemets 190
circonstanciel 67 — ~ des parenthèses ouvrante et
— ~ suivi d’un complément de fermante 222
phrase 67 — ~ des points de suspension 144
— et ce 24 — ~ du deux-points 158
— et de loin 15 — ~ du point 112
— (j’en passe,) et des meilleures 15 — ~ du point d’exclamation 262
— et… et 18 — ~ du point d’interrogation 250
— et… et… et 19 — ~ du point-virgule 124
— et non 16 Fig. 1 97, 233
— et/ou 281 figure (astérisque) 291
— et pour cause 15 figure a 170
étage 83 finalement 37
étant donné que 71 fonction 55, 82
forme de phrase — signes de ponctuation en ~. Voir
— ~ emphatique. Voir mise en face
évidence groupe
— ~ impersonnelle 62 — ~ adjectival complément du nom
forme fautive 294 56, 58
formule — ~ à valeur thématique 62
— ~ d’appel 44 — ~ nominal
— ~ de salutation 82 — ~ complément de P 60
— ~ toute faite 47 — ~ complément du nom 12, 54
foyer d’information 2 — ~ sujet. Voir sujet
— complément circonstanciel 64-66 — ~ participe présent 59-61
— complément de phrase 64-66 — ~ participial 59-61
— ~ après quel que 72 — ~ prépositionnel complément
— ~ après si hypothétique 74 du verbe
— mise en évidence du ~. Voir mise — après le verbe 10
en évidence — en début de phrase 11
fraction 280 — modificateur du groupe
franchement 40 verbal 12
— ~ verbal 4
G guillemets 159-191. Voir la table des
généralement 38 matières, p. 13
généralement parlant 41
gérondif, participiale au H
— ~ adjointe 61 h (heure) 107
— ~ complément circonstanciel 61 h aspiré 295
— ~ complément de phrase 61 ha. Voir interjection
— ~ modificateur du groupe verbal ha, ha, ha 50
12 habituellement 38-39
Gouvernement du, de la, de l’ 216 haut degré, mot répété pour marquer le
gradation d’éléments juxtaposés 51
— compléments indirects 11 hé. Voir interjection
— sujets 5 hé, hé, hé 50
grade 55, 82 hein. Voir interjection
grade universitaire 110, 193, 221 hélas. Voir interjection
graisse (terme de typographie). Voir face heures et minutes
gras (terme de typographie) — deux-points 154
— emploi du ~ à la place des — tiret court 237
guillemets 171 heureusement 38-39
hi, hi, hi 50 infinitive 62
histoire de 64, 68 initiales
ho. Voir interjection — ~ d’identification (NG/bt) 287
ho, ho, ho 50 — ~ d’un nom fictif 130
honnêtement 40 — ~ et souci de discrétion 129
horaire 154 — astérisque 293
hormis 35 — point 111
hormis que 35 — points de suspension 128-129
hypothétique. Voir subordonnée injure 44
hypothétique inscription 97
interjection
I — ~ suivie d’une virgule 49
ibid. 175 — ~ suivie d’un point d’exclamation
id. 175 254-255
i. e. 175 interrogatif, phrase de type. Voir phrase
il (serait ridicule) de (rouspéter) 62 de type interrogatif
îlot textuel interrogative indirecte 92
— ~ reformulé 266 interruption
— point final après le guillemet — ~ de l’écriture entre deux alinéas
fermant de l’~ 169 135
impératif, phrase de type. Voir phrase de — ~ d’une réplique 210
type impératif — ~ et reprise du discours dans un
impératif employé seul 46 dialogue 140
incidemment 12 inversion (dans un index) 88
incidente 42 inversion du sujet
incipit 126 — fausse ~ 62
incise 43 — ~ après un adverbe modalisateur
— ~ après le guillemet fermant de 38
paroles rapportées 163 — ~ après un adverbe organisateur
— ~ au cœur des paroles 37
rapportées 161 — ~ après un complément
index 88, 231 circonstanciel en début de phrase
indicatif (– 30 –) 235 64
indication de jeu — ~ après un complément de
— virgule 80 phrase en début de phrase 64
— parenthèses 208 — ~ après un complément d’objet
inf. 175 indirect en début de phrase 11
— ~ après un complément indirect journal
en début de phrase 11 — nom d’un ~ 183
— ~ après un GPrép Compl.V en — absence de point à la fin du titre
début de phrase 11 d’un article de ~ 99
— ~ après un modificateur du juron 45
groupe verbal en début de phrase jusqu’à ce que 64, 68
12 jusqu’à tant que 64, 68
italique jusqu’au moment où 64, 68
— citation d’un texte étranger 166 juxtaposition
— devise 157 — ~ de groupes de même rôle 7,
— didascalie 208 94, 115
— enseigne 181 — ~ d’éléments de même rôle suivis
— expression ou terme empruntés à d’un verbe 5
un jargon 174 — ~ d’énoncés logiquement
— lettre d’ordre 218 associés 114
— maxime 157 — ~ d’énoncés pareillement
— mot cité en tant que mot 171 structurés 113
— ~ de phrases 6, 92, 113-114,
— mot du langage parlé 179
145, 151-153
— mot employé exprès à contresens
180
— mot étranger 175 L
— mot que l’on invente, que l’on langage parlé, populaire, familier 179
déforme 177 l/cr 286
— néologisme 178 légende 98, 233
— nom d’un journal, d’une revue, lettre (à mettre à la poste)
d’un magazine… 183 — adresse postale 83
— phrase citée en tant que phrase — a/s de 286
172 — code postal 194
— proverbe 157 — formule d’appel 44
— titre d’une œuvre 184 — formule de politesse 82
— vers cités 168 — initiales d’identification 287
— lieu et date 81
— N/Réf. 286
J — objet 157
jargon 174 — pièce jointe 157
je soussigné 53 — TSVP 143
jour et mois (parenthèses) 214 — … verso 143
— V/Réf. 286 mais... mais... mais 26
— … /… 288 mais oui 28
— 1/7, 2/7, 3/7... 289 mais si 28
lettre de l’alphabet 170 mais voyons ! 28
lettre de référence 170 malgré que 72
lettre d’ordre 218 malheureusement 38
lettre énumérative 218 manifestement 38
lieu (au début d’une dépêche d’agence) marque de commerce 182
234 marque de modalité, de modalisation
lieu et date (au début d’une lettre) 81 38-39
loc. cit. 175 marque du pluriel 201
locution interjective. Voir interjection maxime 157
lorsque 64, 68 même si 73
lui (thème mis en évidence par mémoire de maîtrise 185
détachement) 62-63 méthode auteur-date
— notice bibliographique. Voir
M notice bibliographique
Camille Dubé (Madame) 219 — parenthèses 212
magazine, nom d’un 183 — point 101
maintenant que 64 — point-virgule 119
mais — virgule 87
— ~ après une virgule 26 minutes et secondes 154
— ~ après un point 95 mis en italique par l’auteur 198
— ~ après un point-virgule 116 mise en évidence du foyer d’information
— ~ comme interjection 28 — complément circonstanciel en
— ~ entre deux éléments de même début de phrase 64
rôle 26 — complément de phrase en début
— ~ suivi d’un complément de phrase 64
circonstanciel 67 — ~ par la tournure c’est… que,
— ~ suivi d’un complément de c’est… qui 2
phrase 67 mise en évidence (par détachement)
— non… mais, non pas… mais, — ~ d’un changement de thème
non seulement… mais 27 — point-virgule et virgule 113
mais bon 28 — virgule 63
mais encore ? 28 — ~ d’un thème
mais enfin 28 — attendu que 71
mais bon 28 — comme 71
— complément circonstanciel moi (thème mis en évidence par
64-66 détachement) 63
— complément de phrase 64-66 moins… meilleur 23
— complément d’objet indirect moins… moins 23
en début de phrase 11 moins… pire 23
— complément indirect en début moins… plus 23
de phrase 11 moins… que 77
— constituant obligatoire de la moitié… et moitié 22
phrase 62 moitié… moitié 22
— ~ en fin d’énoncé 2 Claude Pilon (Monsieur) 219
— GPrép Compl.V en début de mot
phrase 11 — cité en tant que mot 17
— hypothétique 74 — déformé exprès, inventé 177
— parce que 68 — du langage populaire ou familier
— participiale au gérondif 61 179
— participiale dont le sujet est — employé ironiquement 180
exprimé 60 — en apostrophe. Voir apostrophe
— pour que 68 — étranger
— puisque 71 — italiqué 175
— quand 68 — italiqué et guillemeté 171
— sans que 68 — traduction d’un ~ 17, 176, 195
— vu que 71 — inventé, déformé exprès 177
mise en relief d’un terme — mis en relief. Voir mise en relief
— ~ réalisée par des points de d’un terme
suspension 138 — nouveau 178
— mot cité en tant que mot 171 — répété pour marquer le haut
— mot du langage parlé 179 degré 51
— mot employé exprès à contresens — rétabli par conjecture 264
180 — traits d’un ~ 272
— mot étranger 175 moyennant que 74
— mot que l’on invente, que l’on
déforme 177 N
— néologisme 178 naturellement 38
— terme ou expression empruntés à N. B. 232
un jargon 174 n/c 286
modalisation 38-39 néanmoins 37
modificateur du groupe verbal 12 nécessairement 38
néologisme 178 nota bene 232
ne pas en revenir de 62 note
ne… pas seulement…, mais 27 — appel de ~. Voir appel de note
n’est-ce pas 47 — Note. — 232
ni — ~ de référence
— entre deux phrases 15 — cité dans, cité par 121
— entre deux éléments de même — plusieurs références 122
rôle 14 — ~ du traducteur 199
— ni… ni 18 notice bibliographique
— ni… ni… ni 19 — crochets 274-276
nom — deux-points 156
— ~ d’un auteur — guillemets 185
— après un titre d’œuvre 85 — parenthèses 213-217
— dans une notice — point 102
bibliographique 213 — point-virgule 120
— dans une référence — virgule 86
— en bas de page 86 nous (thème mis en évidence par
— entre parenthèses après détachement) 63
une citation 211 N/Référence 286
— ~ d’un journal, d’une revue, d’un nullité dans un tableau, une facture, un
magazine… 183 catalogue… 238
— ~ d’un véhicule 182 numéro d’immeuble 83
— ~ d’une création commerciale numéro d’une page (barre oblique) 288-
182 289
— ~ d’une opération 182 numéro d’une page (parenthèses) 200
— ~ d’une société 181
— ~ en apostrophe. Voir apostrophe O
— ~ en apposition 54-55 o/ 286
— ~ fictif 130 ô 49
nombre en lettres répété en chiffres 196 objet (dans une lettre) 157
non mais. Voir interjection œuvre
non… mais 27 — théâtrale
nonobstant 37 — indication de jeu 208
non moins que 13 — répliques annoncées par un
non pas… mais 27 deux-points 147
non plus que 13 — répliques annoncées par un
non seulement… mais 27 tiret 229
— titre d’une ~. Voir titre — indication du nombre de ~ (notice
— titre d’une partie d’~ 184-185 bibliographique) 274
oh. Voir interjection — ~ de garde d’un travail 98
oh oh 49 — pour indiquer qu’il faut tourner la
onomatopée 50 ~ 143, 288
op. cit. 175 paradoxalement 38
opposition marquée par l’emploi paragraphe. Voir alinéa
— de alors que 69 par ailleurs 37
— de et 16 par bonheur 38
— de mais 26 parce que 29, 64, 68
— de ou 16 par conséquent 37
— de pendant que 69 par contre 37
— de tandis que 69 parenthèses 192-222. Voir la table des
— d’une barre oblique 282, 290 matières, p. 14
or 30 — dans un index 88
or donc 30, 34 par exemple 36
ordinairement 38-39 (généralement) parlant 41
ordre des pages 288-289 par malheur 38
ordre du jour 117 paroles rapportées. Voir discours
organisateur textuel 37 rapportés direct et indirect
ou paroles rapportées de deuxième rang
— entre deux phrases 15 — dans un dialogue amorcé par un
— entre deux éléments de même guillemet ouvrant 165
rôle 14 — dans un dialogue amorcé par un
— ou… ou 16, 18 tiret 228
— ou… ou… ou 19 par surcroît 37
— ou bien 16 partant (adverbe) 37
— ou plutôt 16 participe passé
— ou sinon 16 — participiale dont le sujet est
— pour donner une équivalence 17 exprimé 60
— pour donner une traduction 17 — participiale dont le sujet n’est pas
— pour marquer une opposition 16 exprimé 58
— soit… ou 20 — proposition absolue 60
participe présent. Voir subordonnée
P participiale
page participiale. Voir subordonnée
— indication de l’ordre des ~ 289 participiale
particulièrement 37 phrases juxtaposées
par voie de conséquence 37 — deux-points 145, 151-152
pas plus que 13 — point 92
pause — point-virgule
— ~ après une virgule, un point- — phrases logiquement
virgule, un point (tiret) 227 associées 114
— ~ avant la fin d’une phrase (tiret) — phrases mêmement
226 structurées 113
— ~ avant un énoncé (points de — virgule 6
suspension ou tiret) 137 p. j. 220
— ~ avant un terme à mettre en place vide 279
relief (points de suspension) 138
pluriel 201, 221-222
p.-d. g. 106
plus… meilleur 23
pendant que 64, 68-69
plus… moins 23
personnellement 38
plus… pire 23
peut-être (que) 38
plus… plus 23
phrase citée en tant que phrase 172
plus… que 77
phrase de niveau supérieur 67
phrase de type déclaratif 75, 92, 241, poésie notée au long 284, 290
252 point 92-112. Voir la table des matières,
phrase de type exclamatif 251 p. 10
phrase de type impératif 46, 92, 242, point d’exclamation, 251-262. Voir la
252 table des matières, p. 16
phrase de type interrogatif 240 point d’interrogation 240-250. Voir la
— aboyait-il, que je tremblais 75 table des matières, p. 16
— ~ à distinguer d’une mise en points de suite (ou « conducteurs » ou
évidence par détachement 62 « de conduite ») 142
— incidente 42 points de suspension 125-144. Voir la
— incise 43 table des matières, p. 11
— ~ qui est une formule toute faite point-virgule 113-124. Voir la table des
47 matières, p. 11
— ~ qui est une question de pure posthume, texte 263
forme 253 post-scriptum 232
— que fais-tu(,) jeudi? 65 pour (avoir été marin, je connais la
phrase entière entre parenthèses 207 mer) 68
phrase graphique entre parenthèses 207 pour (dormir, on prend des
phrases coordonnées par et, ou, ni 15 somnifères) 68
pour (être jeune, il n’en est pas moins — ~ relative. Voir subordonnée
brillant) 72 relative
pour (moi) 38 — ~ subordonnée. Voir
pour ce qui (me) concerne… 63 subordonnée
pour ce qui (me) regarde… 63 proverbe 157
pour ces motifs 37 P.-S. 232
pour ces raisons 37 pseudonyme 275
pour cette raison 37 puis 34
pour conclure 37 puisque 71
pour que 64, 68
pour (riche) que (tu sois, tu n’es pas Q
heureux) 72 quand 64, 68-69
pour résumer 37 quand bien même 72
pour sûr 38 quant à (moi) 63
pourtant 37 que (conjonction de subordination). Voir
pour tout dire 38 que subordonnant non lié
prédicat et sujet. Voir sujet que (pronom relatif). Voir subordonnée
premièrement 37 relative
prénom de l’auteur 86, 102 que (subordonnant non lié)
primo (1o) 218 — (aboyait-il,) que (je tremblais) 75
probablement 38 — (à peine Anne s’était-elle
procès-verbal 209 endormie,) que (le coq chanta)
profession, mention de la 82 68
programme (dates et heures) 237 — (approche,) que (je te voie) 68
pronom relatif. Voir subordonnée relative — (j’étais jeune,) que (j’étais déjà
prononciation 273 triste) 70
propos. Voir foyer d’information — (tu rirais,) que (je rougirais) 75
proposition — (ses mains tremblent,) que (c’en
— ~ absolue 60 est inquiétant) 76
— ~ adverbiale. Voir subordonnée — élision du e de ~
circonstancielle — devant un adverbe
— ~ complétive organisateur ou modalisateur
— sujet 4 39
— complément d’objet 10, 92 — devant un complément
— ~ corrélative. Voir subordonnée circonstanciel 67
corrélative — devant un complément
— ~ infinitive 62 de phrase 67
— ~ participe 60 que dis-je ! 253
quel… que 72 répétition
quelque… que 72 — ~ du deux-points 152
question de 64, 68 — ~ d’un élément dans un tableau,
questions une facture… 188
— ~ de pure forme 253 — ~ d’un mot (pour marquer le haut
— ~ coup sur coup 244 degré) 51
que veux-tu! 253 réplique. Voir dialogue
qui revue, nom d’une 183
— pronom relatif 4, 57 rire 50
— qui distributif 57
— qui dit… dit 171 S
qui sait! 253 s’agissant 71
quoi, virgule avant 48 saison (parenthèses) 214
quoique 72 sais-tu 47
quoi que 72 sans conteste 38
sans contredit 38
R sans crier gare 171
raison sociale 181
sans doute 38
rappel de thème 62
sans blague 40
redondance expressive 62-63
sans que 64, 68
référence
sauf 35
— ~ en bas de page 86, 102, 121-
sauf à 35
122
sauf erreur 35, 38
— ~ entre parenthèses 87, 101, 119,
212 sauf que 35
réflexion sauf si 35
— ~ de l’auteur interrompant une sauf votre respect 35
réplique 210 scénario
— ~ d’un personnage — indication de jeu 208
— comme à voix basse 210 — répliques annoncées par un
— en silence 132-133 deux-points 147
reformulation d’un îlot textuel 266 — répliques annoncées par un tiret
relative, subordonnée. Voir subordonnée 229
relative s. d. 274
relevé 100, 154 secundo (2 o) 218
remarque 232 selon (moi) 38
renvoi à une entrée 292 selon ce qui précède 38
répertoire 88 selon toute vraisemblance 38
sens d’un mot cité en tant que mot 173 sous-titre 99, 156
s’en vouloir 62 s. p. 274
sérieusement 40 sq. 175
serveur Web 285 sqq. 175
seul en début de phrase 52 strictement parlant 41
seulement si 74 subdivision d’une entrée d’index 231
si 74 subordonnée adjointe
(ce n’est pas par hasard) si 74 — et, mais, car, que, suivis d’une ~
si bien que 76 67
(il fait) si (froid) que (je gèle) 76, 79 — ~ amorcée par bien que,
si (fort) que (tu sois, je t’aiderai) 72 quoique… 72
(elle est) si (gentille) 76, 125, 252 — ~ amorcée par puisque, attendu
sic que… 71
— entre crochets 270 — ~ amorcée par si 74
— entre parenthèses 197 — ~ participiale
sigle 110, 112 — au gérondif 61
signification d’un mot 173 — dont le sujet est exprimé 60
silence 138 — dont le sujet n’est pas
sincèrement 38 exprimé (participe présent) 59
sinon 34 subordonnée adverbiale. Voir
si tant est que 74 subordonnée circonstancielle
sitôt que 64, 68 subordonnée causale 64, 68
s. l. 274 subordonnée circonstancielle
slogan 97 — ~ de but 68
société, nom d’une 181 — ~ de cause
soit 32 — amorcée par parce que 68
soit… ou 20 — amorcée par puisque,
soit que… soit que 20 attendu que… 71
soit… soit 20 — ~ de concession 72
soit… soit… soit… 20 — ~ de condition
somme 89-90 — aboyait-il, que je tremblais
somme toute 37 75
souligné par l’auteur 198 — amorcée par si, à condition
soulignement 184 que… 67, 74
sous prétexte de 64, 68 — dont le verbe est au gérondif
sous prétexte que 64, 68 61
sous-répertoire du serveur Web 285 — tu rirais, que je rougirais 75
— ~ de conséquence 76 subordonnée hypothétique
— ~ de manière — aboyait-il, que je tremblais 75
— amorcée par ainsi que, — et, mais, car, que, suivis
comme… 13 d’une ~ 67
— dont le verbe est au gérondif — ~ participiale dont le sujet n’est
12, 61 pas exprimé 59
— ~ de temps — ~ amorcée par si, à condition
— amorcée par quand, que… 74
lorsque… 68-69 — ~ réalisant une incitation à agir
— dont le verbe est au gérondif 243
61 — tu rirais, que je rougirais 75
— ~ en début de phrase 64 subordonnée infinitive 62, 74
subordonnée complément de P subordonnée justificative
— ~ en début de P 64 — ~ amorcée par puisque, attendu
— ~ exprimant que… 71
— la cause 68 — ~ participiale dont le sujet est
exprimé 60
— la concession 72
subordonnée participiale
— la condition
— ~ au gérondif 61
— amorcée par si, à
— ~ dont le sujet est exprimé 60
condition que… 74
— ~ dont le sujet n’est pas exprimé
— et, mais, car, que, suivis
58-59
d’une ~ 67
subordonnée relative
— la conséquence 76
— que suivi d’un adverbe
— la justification 71 modalisateur 39
— la manière ou la comparaison — que suivi d’un adverbe
12-13 organisateur 39
— le but 68 — que suivi d’un complément
— le temps 68 circonstanciel 67
— l’hypothèse — que suivi d’un complément de
— amorcée par si 74 phrase 67
— et, mais, car, que, suivis — ~ réalisant une ou deux
d’une ~ 67 assertions 57
— ~ l’opposition 69 subordonnée temporelle 64, 68-70
subordonnée concessive 72 subordonnées de même rôle syntaxique
subordonnée corrélative juxtaposées
— ~ comparative 77 — point 94
— ~ consécutive 76, 92, 125, 252 — point-virgule 115
subordonnée finale 64, 68 — virgule 7
suffisamment… pour que 76 terme
suite à la page X 200 — ~ d’affection 44
sujet — ~ emprunté à un jargon 174
— entre ~ et prédicat — ~ mis en relief. Voir mise en relief
— situation normale 4 d’un terme
— sujet trop long 79 — ~ scientifique latin 175
— sujets juxtaposés 5 — ~ typique à un groupe social 174
— entre ~ et verbe. Voir entre sujet — ~ à rapprocher ou opposer 282
et prédicat tertio (3o) 218
— ~ (de phrases coordonnées par texte étranger, citation d’un 166
et, ou, ni) différents 15 thème 2
— ~ inversé. Voir inversion du sujet — changement de ~. Voir mise en
suppression d’un passage 131, 265 évidence
sûrement 38 — ~ au cœur de la phrase 66
surnom 186 — ~ marqué 62
s’y connaître en 62 — ~ mis en évidence par
symbole et point abréviatif 107 détachement. Voir mise en
syntagme. Voir groupe évidence
— ~ rejeté en fin d’énoncé 2
T théoriquement 38
tableau thèse de doctorat 185
— date 100 tiret 223-239. Voir la table des matières,
— heures, minutes et secondes 154 p. 15
— nullité 238 titre
— répétition 188 — absence de point à la fin du ~
tandis que 68-69 d’un article de journal 99
tant 76 — emploi de l’astérisque dans un ~
tant et si bien que 76 291
tantôt… tantôt 21 — ~ après Fig. 1 — 233
tantôt… tantôt… tantôt 21 — ~ d’un appendice 104, 232
tant que 64, 68 — ~ d’un article 184-185
tant… que 76 — ~ d’un chapitre 184-185
tel… que 76 — ~ d’un cours 184
tellement 76 — ~ d’une annexe 104, 232
tellement que 76 — ~ d’une nouvelle 184-185
tellement… que 76 — ~ d’une œuvre
tel… tel 23 — point à la fin du ~ 98
— points de suspension, d’inter- unité monétaire 107
rogation ou d’exclamation 84
— ~ dans une notice V
bibliographique 156 v/c 286
— ~ dans une référence entre verbe
parenthèses après une citation — entre sujet et ~. Voir sujet
211 — entre sujets juxtaposés et ~ 5
— ~ en italique 184 — entre ~ et complément d’objet
— ~ suivi du nom de l’auteur 85 10, 93
— ~ d’une partie d’œuvre 184-185 — entre ~ et complément du
— ~ d’un essai 184-185 verbe 10
— ~ d’un journal, d’une revue… 183 — ~ précédé d’éléments juxta-
— ~ d’un poème 184-185 posés 5
titre (nom de charge, de fonction, de — ~ sous-entendu 12, 113
grade) 55, 82 vers
toi (thème mis en évidence par — ~ cités sans guillemets 168
détachement) 63 — ~ notés « au long » 284
toponyme surcomposé 236 — ~ trop longs pour tenir sur une
tout bien considéré 60 seule ligne 271
tout compte fait 60 … verso 143, 286
tout d’abord 37 v. g. 175
toutefois 37 virgule 4-91. Voir la table des matières,
tout en (parlant) 61 p. 7
tout (savant) que (Jean soit…) 72 visiblement 38
toutes les fois que 64, 68 V/Lettre du 286
traduction d’un mot étranger vocatif 44
17, 176, 195 voire 31
traduction d’une courte phrase 195 vois-tu 47
traits d’un mot 272 vous (thème mis en évidence par
transcription de débat 209 détachement) 63
très, très 51 voyez-vous 47
trop 76 voyons donc. Voir interjection
trop… pour que 76 V/Référence 286
trop, trop 51 vraiment 40
TSVP 143, 288 vraisemblablement 38
vu que 71
U
une fois que 64, 68 Z
unité de mesure 107 zut. Voir interjection

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