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Un état des lieux proposé par AMCOW

Approvisionnement
en eau potable et
assainissement
au Cameroun

Traduire les financements


en services, à l’horizon
2015 et au-delà

Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :


Water and Sanitation Program-Africa Region
The World Bank, Upper Hill Road
P.O. Box 30577-00100, Nairobi, Kenya
Tél : +(254) 20 322 6300
E-mail : wspaf@worldbank.org
Web site : www.esp.org Web site: www.wsp.org
La première édition d’états des lieux par pays (CSO1) publiée en 2006 a fait état du niveau de préparation des
secteurs concernés de 16 pays africains dans la réalisation des OMD de l’eau et de l’assainissement eu égard à
leurs plans de financement à moyen terme et à un ensemble de « facteurs de succès » sélectionnés à partir de
l’expérience régionale. Cet exercice a été combiné à un processus de consultation des parties prenantes au niveau
national et cela a donc incité les pays à se poser la question de savoir s’ils disposaient de « facteurs de succès » et
alors s’ils devaient les mettre en place.

La deuxième édition d’états des lieux par pays (CSO2) a fait fond sur la méthode et le procédé mis au point dans la
première édition de CSO1. Les « facteurs de succès » ont été complétés par d’autres éléments tirés du pays ainsi que
de l’analyse régionale afin de développer la matrice d’évaluation CSO2. Ainsi, ils reflètent ensemble les étapes, les
fonctions et les résultats essentiels pour que les financements investis soient traduits en services grâce aux systèmes
gouvernementaux—conformément aux principes de Paris sur l’efficacité de l’aide. Les informations et les résumés
des évaluations ont été obtenus à partir des données locales et ils ont été ensuite comparés à celles déclarées au
niveau international. En outre, les évaluations ont été soumises, le cas échéant, à de larges consultations avec les
organisations gouvernementales responsables et les intervenants du secteur au niveau national, notamment avec les
institutions donatrices.

Cette deuxième édition d’états des lieux sur la situation de 32 pays (CSO2) en matière d’approvisionnement en eau
et d’assainissement a été commanditée par le Conseil des ministres africains en charge de l’eau (AMCOW). Son
élaboration a été dirigée par le Programme eau et assainissement (WSP) administré par la Banque mondiale, en
collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF),
la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le présent rapport a été préparé en collaboration avec le Gouvernement du Cameroun et d’autres intervenants au
cours de la période 2009/10. Certaines sources citées sont des documents non officiels qui ne sont pas facilement
disponibles.

Les résultats, les interprétations et les conclusions exprimées dans ce volume ne reflètent pas nécessairement les
points de vue des institutions participantes, de leurs administrateurs ou des gouvernements qu’ils représentent. Les
institutions collaboratrices ne garantissent pas l’exactitude des données incluses dans ce document. Les frontières,
les couleurs, les dénominations et toutes autres informations reprises sur les cartes figurant dans ce travail ne
comportent aucune appréciation de la part des institutions participantes en ce qui concerne le statut juridique d’un
territoire ou l’approbation ou l’acceptation de ces frontières.

Le contenu de la présente publication est protégé par le droit d’auteur. Les demandes d’autorisation de
reproduction des parties de celle-ci doivent être envoyées à l’adresse suivante : wsp@worldbank.org. Les institutions
collaboratrices encouragent la diffusion des présents travaux et accordent normalement l’autorisation sans délai.
Pour plus d’informations, visitez le site www.amcow.net ou www.wsp.org.

Crédits photos: Photo de couverture par Hydroconseil


Les autres photos ont été publiées avec l’autorisation de Getty Images

© 2011 Programme Eau et Assainissement


Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Un état des lieux proposé par AMCOW

Approvisionnement
en eau potable et
assainissement
au Cameroun
Traduire les financements
en services, à l’horizon
2015 et au-delà

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Un état des lieux proposé par AMCOW

Résumé stratégique

Le secteur de l’eau potable et de l’assainissement au progrès dans les deux sous-secteurs mais le rural affiche un
Cameroun accuse un retard certain par rapport à bon retard très significatif par rapport à l’urbain. L’hydraulique
nombre de pays à revenus comparables, avec des progrès rurale est aussi bien moins structurée, et actuellement
et des financements irréguliers sur les 15 dernières années. délaissée par les financements extérieurs. Au contraire, les
allocations budgétaires en faveur de l’hydraulique urbaine
Plus récemment, les réformes ont permis de restaurer la vont augmenter considérablement grâce à l’achèvement
confiance des partenaires au développement : meilleure d’une réforme institutionnelle attendue par les partenaires
gouvernance, lancement de la décentralisation, mise en au développement pour débloquer leurs financements.
place de politiques sectorielles, évolutions institutionnelles.
Si les perspectives en termes de financements et de
Toutefois, un déséquilibre important persiste néanmoins développement du service paraissent globalement
entre la situation de l’hydraulique et celle de l’assainissement. favorables pour l’hydraulique, pour l’assainissement
En effet, l’assainissement reste dispersé entre plusieurs le retard accumulé empêche d’envisager l’atteinte des
acteurs, peu dynamique et bien moins outillé que objectifs fixés pour 2015.
l’hydraulique ; le sous-secteur n’a pas été proactif et est
doté de moyens plus modeste que celui de l’hydraulique. Le présent rapport CSO2 du Conseil des Ministres Africains
en charge de l’Eau (AMCOW) a été produit en collaboration
Un clivage existe également au sein de l’hydraulique, entre avec le gouvernement du Cameroun et les principaux
le milieu urbain et le milieu rural : les taux d’accès sont en acteurs du secteur.

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Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Les mesures prioritaires convenues pour relever les défis du secteur AEPA et assurer
que les financements soient efficacement traduits en services, sont les suivantes :

Contexte sectoriel
• Mettre en œuvre la politique nationale en milieu rural (répartition des rôles, coordination).
• Amener plus d’acteurs à jouer leur rôle : communes, secteur privé, et usagers.
• Doter l’assainissement d’une structure et de moyens dédiés.
• Mettre en place des outils de programmation budgétaire et améliorer l’efficacité de la dépense.
• Rééquilibrer les sous-secteurs eau et assainissement en termes de financement.
• Mettre sur pied une revue sectorielle annuelle.

Hydraulique rurale
• Finaliser l’inventaire des ouvrages et prévoir un mécanisme de mise à jour.
• Développer les capacités techniques (notamment pour la réalisation des petits réseaux d’eau potable) en mobilisant
le secteur privé de façon concurrentielle.
• Accélérer le transfert de la maîtrise d’ouvrage vers les communes.
• Renforcer les effectifs du Ministère de l’Énergie et de l’Eau (MINÉE) : appui aux acteurs, approche programmatique.

Hydraulique urbaine
• Améliorer la traçabilité du financement du sous-secteur (investissements, coûts récurrents, subventions, recettes).
• Améliorer les procédures de passation de marchés de la Camwater pour permettre un bon taux d’exécution de
nombreux financements annoncés.

Assainissement et hygiène en milieu rural


• Créer, au sein du MINÉE, une structure ayant le niveau de direction et entièrement consacrée à l’assainissement.
• Mettre sur pied, en concertation avec les acteurs du sous-secteur, une stratégie opérationnelle (approches à utiliser
pour la promotion à l’hygiène, niveau de subvention, types d’ouvrages et technologies utilisées).

Assainissement et hygiène en milieu urbain


• Compléter les textes de façon à différencier l’assainissement liquide urbain (eaux usées) du drainage (eaux pluviales),
afin d’ancrer le premier au MINÉE en le rattachant à une direction spécialisée et entièrement responsable.
• Élaborer des plans stratégiques d’assainissement en milieu urbain.
• Établir une convention avec le fermier du périmètre concédé pour la mise en œuvre des actions prévues dans le cadre
du plan stratégique.

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Un état des lieux proposé par AMCOW

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Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Table des matières

Acronymes et abréviations............................................................................................................................... 6

1. Introduction..................................................................................................................................................... 7

2. Panorama général du secteur : tendance en termes d’accès et de financement................................................ 8

3. Évolution du contexte sectoriel : présentation de la matrice d’évaluation CSO2.............................................. 11

4. Cadre institutionnel....................................................................................................................................... 14

5. Financement du secteur et son utilisation....................................................................................................... 16

6. Suivi et évaluation.......................................................................................................................................... 18

7. Sous-secteur hydraulique rurale..................................................................................................................... 19

8. Sous-secteur hydraulique urbaine................................................................................................................... 22

9. Sous-secteur assainissement rural................................................................................................................... 24

10. Sous-secteur assainissement urbain................................................................................................................ 26

Notes et références........................................................................................................................................ 28

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Un état des lieux proposé par AMCOW

Abréviations

AEP(A) Approvisionnement en Eau Potable JICA Agence Japonaise de Coopération


(et Assainissement) Internationale (Japan International
AFD Agence Française de Développement Cooperation Agency)
AMCOW Conseil des Ministres Africains chargés de JMP Programme commun OMS/UNICEF de suivi
l’Eau (African Ministers’ Conference on de l’AEPA (Joint Monitoring Programme)
Water) MICS Enquête en grappes à indicateurs multiples
BAD Banque africaine de développement (Multiple Indicator Cluster Survey)
BEI Banque européenne d’investissement MINDUH Ministère du Développement Urbain et de
BPO Budget Programme par Objectifs l’Habitat
CAA Caisse Autonome d’Amortissement MINÉE Ministère de l’Énergie et de l’Eau
Camwater Cameroon Water Utilities Corporation MINFI Ministère des Finances
CdE Camerounaise des Eaux MINSANTÉ Ministère de la Santé
CDMT Cadre de Dépense à Moyen Terme MUSD Millions de dollars US
CSO Etats de lieux par pays (Country Status OBA Aide basée sur les résultats (Output-Based Aid)
Overviews) OMD Objectifs du Millénaire pour le
DE Direction de l’Eau développement
DEAU Direction de l’Eau et l’Assainissement OMS Organisation mondiale de la santé
Urbains ONEP Office National de l’Eau Potable (Maroc)
DHH Direction de l’Hydraulique rurale et de ONG Organisation non gouvernementale
l’Hydrologie PIB Produit intérieur brut
DHR Sous-Direction de l’Hydraulique Rurale PAEPAR Programme d’Approvisionnement en Eau
DSRP Document stratégique de réduction de la Potable et Assainissement en milieu Rural
pauvreté PEM Point d’Eau Moderne
EPE Équivalent-Point d’Eau PVC Chlorure de polyvinyle
GPOBA Partenariat Global pour une aide base sur RNB Revenu national brut
les résultats (Global Partnership on Output- SNEC Société Nationale des Eaux du Cameroun
Based Aid) UNICEF Fonds des Nations unies pour l’enfance
GTZ Office allemand pour la coopération (United Nations Children’s Fund)
technique (Gesellschaft für Technische WASH Eau, assainissement et hygiène (Water,
Zusammenarbeit) Sanitation and Hygiene)
INS Institut National de la Statistique WSP Programme Eau et Assainissement (Water
and Sanitation Program)

Taux de change: 1 US$ = 472,1863 Francs CFA1.

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Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

1. Introduction

Le Conseil des Ministres Africains en charge de l’Eau (AMCOW) a engagé la réalisation de cette deuxième édition des Etats
des lieux par pays (Country Status Overviews, CSO2) afin de mieux comprendre quels sont les facteurs qui encouragent
une amélioration dans l’accès à l’eau et à l’assainissement et d’identifier ce que les gouvernements membres peuvent
faire pour accélérer ce progrès dans les pays de l’Afrique subsaharienne2. AMCOW a confié l’élaboration des CSO au
Programme Eau et Assainissement de la Banque mondiale (WSP) et à la Banque africaine de développement, qui le
réalisent en étroite collaboration avec l’UNICEF et l’OMS, dans plus de 30 pays d’Afrique subsaharienne. Le présent
rapport CSO2 a été produit en 2009/2010 en étroite collaboration avec le gouvernement du Cameroun et les différents
acteurs du secteur.

L’analyse du CSO a pour objectif d’aider les pays à évaluer les processus qui traduisent les financements disponibles
en services de qualité, et ce pour chacun des quatre sous-secteurs : eau, assainissement et hygiène, en milieu rural et
urbain. Cette analyse se base sur trois principaux éléments: un examen de l’évolution des taux d’accès au service, un
modèle financier qui sert à apprécier l’adéquation des investissements prévus, et une matrice d’évaluation qui permet
d’identifier les principaux goulots d’étranglement le long des processus de fourniture des services. Ainsi, le CSO2 permet
non seulement d’établir si, au rythme actuel de progression des taux d’accès, les flux de financement prévus sont
suffisants pour atteindre les objectifs sectoriels, mais également d’identifier les actions à mettre en œuvre pour assurer
que les financements soient plus efficacement traduits en services d’eau et d’assainissement. Dans cet esprit, des actions
prioritaires spécifiques ont été définies en concertation avec les différentes parties prenantes. Un rapport de synthèse
régionale, disponible séparément, présente les enseignements et meilleures pratiques tirés des différentes analyses
nationales et pouvant aider les pays à mettre en œuvre ces actions prioritaires.

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Un état des lieux proposé par AMCOW

2. Panorama général du secteur :


tendance en termes d’accès et de financement

Evolution des taux d’accès et tendances pourcent entre 1990 et 2008. Le pays n’est donc pas en
d’ici 2015 passe d’atteindre l’OMD fixé à 74 pourcent.

En l’absence de statistiques en provenance du ministère Notons que le Graphique 1 ci-dessus agrège les milieux
technique en charge du secteur, cette analyse s’appuie sur rural et urbain, masquant un écart important entre la
les données publiées par le Joint Monitoring Programme situation dans les villes et la situation dans les campagnes,
(JMP) en 20103. Ce dernier estime les taux d’accès sur la base nettement plus en retard, aussi bien pour l’hydraulique
d’une extrapolation linéaire des résultats d’enquêtes ménages que pour l’assainissement (voir sections 7 à 10).
nationales menées de 1990 à 2008. Selon ces estimations,
de 50 pourcent en 1990, le taux d’accès à l’eau potable est Besoin en investissements :
passé à 74 pourcent en 2008. Environ 8 millions de personnes les financements sont-ils suffisants ?
auraient ainsi obtenu un accès à une source améliorée d’eau
potable sur l’ensemble de la période. D’après le JMP donc, Une estimation des besoins en financements du secteur a
le Cameroun est sur la bonne voie pour atteindre l’Objectif été menée dans le cadre de CSO2. L’objectif est triple :
du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à l’eau
potable, fixé à 75 pourcent pour 2015 (cf. Graphique 1). 1. calculer le montant des investissements nécessaires
dans chaque sous-secteur afin que le pays puisse
La situation est bien différente pour l’assainissement. En atteindre les OMD relatifs à l’eau et l’assainissement ;
effet, seulement 3,2 millions de personnes ont obtenu 2. comparer les résultats avec les estimations faites au
un accès à l’assainissement amélioré entre 1990 et 2008. niveau national ;
Cette progression n’a pas été suffisante pour faire face 3. confronter les besoins totaux en investissements avec
à la croissance démographique rapide, ce qui explique le montant des financements déjà engagés pour en
la stagnation du taux d’accès estimé par le JMP à 47 déduire le besoin net en financement.

Graphique 1
Evolution de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement

Eau potable Assainissement

100% 100%
80% 80%
Couverture

Couverture

60% 60%
40% 40%
20% 20%
0% 0%
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020

Extrapolation des données JMP - service amélioré Extrapolation des données JMP - service amélioré
Cible OMD - données JMP Cible OMD - données JMP

Source: Rapport JMP 2010.

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Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

L’estimation CSO2 s’appuie sur les éléments suivants : seuls 10,3 millions de dollars par an iront au rural dont 37
pourcent venant des bailleurs8. Si on considère le secteur
• les données démographiques, les taux d’accès et les entier, l’importance des fonds prévus pour le milieu urbain
objectifs 2015 fournis par le JMP; masque le déficit de financement pour l’hydraulique rurale
• la distinction entre urbain et rural selon le découpage qui s’élève à 11 millions de dollars par an en moyenne
administratif en vigueur, (et non selon le périmètre de sur la période 2009–2015 (cf. Tableau 2 et Graphique 2).
concession des services AEPA urbains); La modeste contribution des ménages (10 pourcent des
• les coûts unitaires fournis par les autorités nationales et coûts dans les deux sous-secteurs) dépendra de l’efficacité
la Camwater4. des mécanismes de recouvrement des coûts.

Le Tableau 1 permet de comparer le résultat de l’analyse Deuxièmement, l’assainissement est, là encore, totalement
CSO2 avec l’estimation faite au niveau national dans la négligé, que ce soit par le gouvernement ou les partenaires
Lettre de Politique Sectorielle Urbaine et le Plan National techniques et financiers : les engagements financiers
d’Action du Programme AEPA en milieu Rural (PAEPAR), pour les prochaines années sont nuls. Même si une
tous deux élaborés en 20075. partie (relativement faible) des financements alloués à
l’hydraulique est généralement consacrée à des actions
L’estimation des besoins faite par le gouvernement pour d’assainissement en parallèle de la réalisation d’un ouvrage
l’hydraulique est presque deux fois plus élevée que celle d’eau potable, elle n’apparaît pas distinctement dans les
du CSO2, alors qu’au contraire, pour l’assainissement, prévisions. En outre, pour le secteur urbain, la Camwater
l’estimation nationale est dérisoire. Les écarts entre ces deux confirme qu’elle n’a prévu à ce jour aucune action en termes
estimations s’expliquent principalement par le fait qu’elles d’assainissement liquide (les seules actions d’assainissement
se basent sur des taux d’accès de référence et des cibles prévues concernent les eaux pluviales). Le besoin net en
2015 (100 pourcent dans le cas de l’estimation nationale)6. financement s’élève par conséquent à 174,9 millions de
dollars par an en moyenne sur la période 2009–2015.
La comparaison entre les investissements requis (estimations
CSO2) et les investissements prévus (cf. Tableau 2)7 donne À ces besoins en investissements s’ajoutent environ
lieu à deux principales observations. 40 millions de dollars par an (23 selon les estimations
nationales) pour financer les charges d’exploitation et de
Premièrement, en ce qui concerne l’eau potable, les fonds maintenance des infrastructures actuelles et futures d’ici
mobilisés vont très majoritairement au milieu urbain au 2015. La répartition est de 18 millions pour l’hydraulique
détriment du rural. En effet, si la tendance actuelle se (17 pour les estimations nationales—dont une partie
poursuit, 90 millions de dollars par an seront alloués à significative est théoriquement supportée par les ménages
l’hydraulique urbaine entre 2009 et 2015 dont 70 pourcent par le biais du paiement de la facture d’eau, le restant
provenant des bailleurs de fonds internationaux, tandis que devant être pris en charge par les pouvoirs publics—et

Tableau 1
Besoin en investissements—comparaison entre les estimations nationales et celles du CSO2

Estimation CSO2 Estimation nationale


(Millions de USD par an) (Millions de USD par an)
Hydraulique rurale 22,5 52
Hydraulique urbaine 38,0 50
Hydraulique totale 60,5 102
Assainissement rural 55.1 14
Assainissement urbain 119.7 -
Assainissement total 174.9 14
Total 235.3 116
Part assainissement 74% 12%

Source: CSO2, Lettre de Politique Sectorielle Urbaine et Plan National d’Action du PAEPAR.
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Un état des lieux proposé par AMCOW

Tableau 2
Accès et besoins en investissement9­

Couverture Cible Population Investisse- Investissements publics Contri- Besoin


à ments prévus bution net en
desservir requis ménages finance-
1990 2008 2015 Total Public Etat Bailleurs Total a
ttendue ment
de fonds
et ONG
% % % ‘000/an Millions de USD par an

Hydraulique rurale 31% 51% 66% 185 21 19 7 4 10 1 10


Hydraulique urbaine 77% 92% 89% 317 31 28 26 64 90 10 -
Hydraulique totale 50% 74% 75% 345 52 47 33 68 100 11 -
Assainiss. rural 35% 35% 68% 501 55 39 0 0 0 0 55
Assainiss. urbain 65% 56% 83% 756 120 84 0 0 0 0 120
Assainiss. total 47% 47% 74% 1,153 175 122 0 0 0 0 175

Source: JMP 2010 et estimations CSO2.

Graphique 2
Investissements requis par rapport aux investissements prévus (publics) ou attendus (ménages)
Eau potable Assainissement

Investissements
Investissements requis
requis Coûts d’ Coûts
exploitation d’exploitation

0 20 40 60 80 100 120 0 50 100 150 200 250


Millions de USD par an Millions de USD par an

Investissements publics prévus Besoin net en financement


Contribution ménages attendue
Source: Estimations CSO2.

22 millions pour l’assainissement (6 selon les estimations identifiant les principaux obstacles et présentant les actions
nationales) quasiment uniquement financés par les prioritaires à mettre en œuvre pour les surmonter.
ménages eux-mêmes.
Tableau 3
Ces faits ne permettent donc de brosser qu’un tableau Besoins annuels en matière d’exploitation et de
incomplet de la situation. Les goulots d’étranglement maintenance
peuvent survenir tout au long du processus de fourniture Sous-secteur Coûts d’exploitation
des services—c’est-à-dire les institutions, mécanismes (Millions de USD par an)
et acteurs censés traduire les financements en services Hydraulique rurale 4
durables. Lorsque le processus est bien développé, le Hydraulique urbaine 14
financement du secteur devrait se transformer en services Hydraulique totale 18
aux coûts unitaires estimatifs. Si ce n’est pas le cas, le Assainiss. rural 4
besoin réel en financements est susceptible d’être bien Assainiss. urbain 19
plus élevé que prévu. La suite du présent rapport effectue Assainiss. total 22
une analyse détaillée de chaque composante du processus
de fourniture des services, et ce pour chaque sous-secteur, Source: Estimations CSO2.

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Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

3. Évolution du contexte sectoriel :


présentation de la matrice d’évaluation CSO2

Comme beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne, le Tableau 4 ci-dessous). En 2003, le Document de Stratégie
Cameroun a vu le secteur de l’eau et de l’assainissement de Réduction de la Pauvreté (DSRP) aborde le sous-
évoluer de façon importante ces dernières années au fil secteur de l’hydraulique rurale comme l’un des secteurs
des réformes (les grandes dates sont données dans le d’intervention prioritaires. Il fait un bref état des lieux et

Tableau 4
Aperçu historique des réformes sectorielles au Cameroun

Date Événement
1952 Création du Service du Génie Rural du Ministère de l’Agriculture (approvisionnement des populations rurales du
Nord).
1962 Création du Bureau de l’Eau au sein du Ministère des Transports, des Mines et des Télécommunications, responsable
de la prospection des ressources souterraines et de l’inventaire des points d’eau.
1968 Création de la Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC) à qui l’État concède l’exploitation des réseaux
publics d’alimentation en eau potable dans les villes pour 40 ans.
1977 Création du Ministère des Mines et de l’Énergie, responsable de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement
dans les centres urbains, tandis que les zones rurales sont encore sous la responsabilité du Ministère de
l’Agriculture.
1984 Loi n° 084/013 portant régime de l’eau (mais aucun texte d’application).
1988 Réorganisation du ministère en charge de l’eau qui devient le Ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau,
responsable en matière d’eau potable et d’assainissement sur l’ensemble du territoire au travers des Direction de
l’Hydraulique Rurale (DHR) et Direction de l’Eau et de l’Assainissement Urbain (DEAU).
1992 Loi n° 92–002 portant création des communes (aucune conséquence encore pour le secteur).
1996 Fusion de la DHR et la DEAU en Direction de l’Eau (DE) chargée de l’eau potable et l’assainissement dans les
agglomérations rurales et urbaines.
1998 Les textes de loi ne concernaient jusque là que la protection de la ressource. Une nouvelle loi (n° 98/005) portant
régime de l’eau est complétée à partir de 2001 par des textes d’application portant également sur la gestion du
service.
1999 Début autour du processus de privatisation de la SNEC (appel d’offres restreint pour la reprise de 51 pourcent des
actions).
2000 Désignation de la société française « Suez Lyonnaise des eaux » (ONDEO Services) comme adjudicataire provisoire
de la SNEC.
2002 Nomination d’un administrateur provisoire chargé de veiller à la poursuite harmonieuse du processus de privatisation
et à la continuité du service public de l’eau.
2003 Constat d’échec du rachat de la SNEC par ONDEO Services, annonce d’une nouvelle formule de privatisation en
cours de définition.
2004 Loi n° 2004/18 fixant les règles applicables aux communes.
2005 Décret n° 2005/493 fixant les modalités de délégation des services publics de l’eau potable et de l’assainissement
liquide en milieu urbain et périurbain.
Décret n° 2005/494 portant création de la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater).
2008 Conclusion du processus de privatisation de la SNEC avec passation d’un contrat d’affermage pour la gestion
et l’exploitation des ouvrages urbains, entre l’État, la Camwater et la Camerounaise des Eaux (filiale de l’ONEP,
compagnie nationale du Maroc).
2010 Décret n° 2010/0239/PM transférant aux communes les compétences pour la réalisation et la gestion des puits et
forages (les réseaux d’AEP restent encore dans le portefeuille de l’État).
À Code de l’Eau (à l’horizon 2013).
venir Textes d’application du transfert de compétences aux communes.

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Un état des lieux proposé par AMCOW

fixe un objectif de desserte à atteindre pour 2015. Par Graphique 3


contre ni l’hydraulique urbaine ni l’assainissement ne sont Résultats de la matrice d’évaluation du
abordés. Au cours des années suivantes, les secteurs de Cameroun et comparaison avec les autres pays à
l’eau potable et de l’assainissement se sont structurés. En revenus moyens
milieu urbain, c’est la privatisation de la Société Nationale
Conditions propices
des Eaux du Cameroun (SNEC), ancienne compagnie
publique de distribution d’eau, qui a remodelé le contexte
institutionnel. Elle aboutit en décembre 2005 à la création
de la Camwater (société de patrimoine) et en avril 2008
à la passation d’un contrat d’affermage entre cette
dernière et la Camerounaise des Eaux (CdE), société privée
exploitant les ouvrages d’eau potable concédés. Entre-
temps en 2007 la Lettre de Politique Sectorielle Urbaine
est adoptée. En milieu rural, c’est la mise en place d’un
programme sectoriel, le PAEPAR, qui a permis la définition Durabilité Développement
d’une nouvelle politique nationale en 2007 et d’un plan
Résultats pour le Cameroun
d’action 2008–2015.
Moyennes, Pays à revenus moyens

Dans le présent rapport, le secteur AEPA au Cameroun est Source: CSO2.


examiné en détail sur la base de la matrice d’évaluation
CSO2, un outil permettant d’identifier les avancées et
obstacles le long du processus de fourniture des services, d’acteurs en relation avec le ministère). En outre, la mise
et ce pour chaque sous-secteur. Cette matrice s’attache en place très hésitante de la décentralisation retarde
à examiner neuf éléments constitutifs du processus, la redistribution claire des rôles entre les acteurs. Le
correspondants à des aspects spécifiques, classifiés en ministère n’a plus les ressources suffisantes pour être le
trois catégories : trois aspects qui font référence aux maître d’ouvrage principal du secteur et les communes ne
conditions propices permettant la mise en place des sont pas encore opérationnelles pour ce qui concerne ces
services, trois actions qui concernent le développement aspects. Enfin, le secteur de l’assainissement est très peu
des services et trois actions relatives à la durabilité de ces organisé, sans objectifs à atteindre, ni stratégie propre, ni
services. Chacun de ces aspects spécifiques est évaluée à organe institutionnel dédié.
l’aide d’indicateurs et reçoit une notation correspondante
qui varie de 1 (insuffisant) à 3 (excellent) en fonction de la Du côté du développement de la desserte en eau et
performance10. assainissement, là encore le Cameroun est à la traîne,
l’hydraulique urbaine mise à part. Il s’agit d’un pays
Malgré la structuration du secteur au cours des dernières où le nombre de partenaires techniques et financiers
années, la matrice d’évaluation CSO211 appliquée au dans le secteur AEPA est très réduit : les bailleurs
Cameroun montre un résultat en dessous de la moyenne bilatéraux et multilatéraux sont peu présents depuis
économique des autres pays africains à revenus moyens les élections contestées de 1992, même s’ils entament
pour ce qui concerne les conditions propices (cf. progressivement leur retour (surtout sur l’urbain) ; les
Graphique 3). En effet, si l’hydraulique rurale dispose des ONG internationales quant à elles sont pratiquement
fondations d’un contexte sectoriel solide (une politique, absentes (une seule ONG a une action importante
un plan d’action, bientôt un code de l’eau, une ébauche dans le secteur de l’eau). La capacité de mobilisation
d’approche programmatique) il manque encore une et d’absorption des fonds reste limitée si l’on regarde
dynamique sectorielle regroupant plus d’acteurs orientés le niveau d’investissements effectivement réalisés au
vers les mêmes priorités (pas de revue sectorielle, peu cours des dernières années. En cause : un ministère

12
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

technique en sous-effectif et encore trop centralisé, et à jour, opérateurs privés locaux insuffisants, évolution
la lourdeur des procédures administratives (signatures des pratiques très lente, acteurs et innovations trop peu
de convention de financement, passation de marchés, nombreux.
recrutements et réorganisation des agences), qui ralentit
énormément la transformation d’un financement Les sections 4 à 6 ci-dessous détaillent les avancées et défis
acquis en réalisations opérationnelles. du secteur AEPA dans trois domaines : cadre institutionnel,
financement et suivi-évaluation. Les données rappelés
Enfin, la capacité de pérennisation des services AEPA en début de chaque chapitre proviennent de la matrice
(durabilité) est très fragile : peu de maintenance en milieu d’évaluation CSO2 et permettent une comparaison avec
rural, tarif insuffisant pour couvrir les charges d’exploitation les autres pays africains à revenus moyens. Les sections 7
et de maintenance, filière de pièces détachées inexistante, à 10 abordent ensuite chaque sous-secteur séparément,
inventaire des ouvrages et de leur fonctionnalité non mis de façon plus détaillée.

13
Un état des lieux proposé par AMCOW

4. Cadre institutionnel

Mesures prioritaires
• Mettre en œuvre la politique nationale en milieu rural (répartition des rôles, coordination).
• Amener plus d’acteurs à jouer leur rôle : communes, secteur privé et usagers.
• Doter l’assainissement d’une structure et de moyens dédiés.

La mise en place d’un cadre politique favorable est l’un Graphique 4


des trois indicateurs jugeant des conditions propices pour Résultats du Cameroun concernant le cadre
le développement du secteur. C’est une étape qui semble institutionnel et comparaison avec les autres
franchie pour le Cameroun ; néanmoins, le pays obtient pays à revenus moyens12
sur cet aspect des résultats encore inférieurs à la moyenne
Hydraulique rurale
des pays africains à revenus moyens (voir Graphique 4).
Les résultats concernant l’assainissement (urbain et rural)
sont les plus faibles (manque de structuration des sous-
secteurs). La présence d’une politique nationale et d’un
plan d’action pour l’hydraulique rurale constitue un point Assainissement Hydraulique
positif, mais c’est la réforme de l’hydraulique urbaine qui urbain urbaine
permet au Cameroun d’avoir pour ce sous-secteur un
résultat qui se rapproche à celui de la moyenne des autres
pays.
Assainissement rural
Pour le milieu rural, c’est le Ministère de l’Énergie
et de l’Eau (MINÉE) qui est l’acteur principal avec sa Résultats - Cameroun
Direction de l’Hydraulique et de l’Hydrologie (DHH). Moyennes, Pays à revenus moyens
Sans politique ni direction nationale spécifiquement Source: CSO2.
dédiée à l’assainissement, les actions de la DHH sont très
majoritairement orientées vers la réalisation d’ouvrages et de patrimoine définit l’usage du fermage. Mais pour
l’organisation de l’approvisionnement en eau potable en l’instant, les obligations contractuelles de l’affermage
milieu rural. ne sont pas intégralement respectées (notamment le
programme d’investissement et les actions en matière
En milieu urbain, la Sous-Direction de l’Hydraulique d’assainissement), car elles nécessitent la mise en place
Urbaine exerce la tutelle sur le périmètre de concession d’un contexte plus favorable (financements, politique
de la Camwater et donc de l’exploitant Camerounaise des nationale, stratégie opérationnelle).
Eaux (CdE). L’organisation de ce sous-secteur, ses objectifs,
ses moyens et ses stratégies sont donc essentiellement Malgré la présence des briques essentielles au cadre
déterminés par le contrat-plan entre l’État et la Camwater, institutionnel du secteur (cf. Graphique 5), il manque
et dans le contrat d’affermage entre Camwater et CdE. encore une approche programmatique opérationnelle,
Le cahier des charges définit de nombreuses normes qui permettrait d’affiner l’évaluation des besoins, d’établir
et standards pour la fourniture du service, et un plan une programmation selon des critères de priorité et
d’investissement partagé entre l’exploitant et la société d’harmoniser à l’échelle du pays les modalités de mise en

14
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Graphique 5
Les briques principales du secteur AEPA au Cameroun

tion
d’Ac
Plan al GIRE
tion n
d’Ac Natio aration)
Plan al (2008) e n p rép
rur (
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Loi (en
98)
l ’ e a u (19
e de
Régim
Ressources
Assainissement

Eau rurale
Eau potable

Autres usages

Eau urbaine

Source: Hydroconseil.

œuvre des financements. Le nombre d’acteurs impliqués demande, même si c’est une approche mise en avant dans
dans le secteur est limité et le manque de coordination la politique nationale AEPA en milieu rural.
isole le ministère, absorbé par la mise en œuvre des
programmes nationaux d’investissement, que les fonds Le secteur privé est peu présent en milieu rural (la filière de
proviennent du budget national, ou de l’extérieur (JICA maintenance des pompes manuelles est très défaillante),
[Japon], la Banque africaine de développement [BAD], et il n’existe pratiquement que deux entreprises nationales
GTZ [Allemagne], AFD [France], etc.). de forage qui se partagent à elles seules tous les marchés,
de façon très peu concurrentielle (les prix unitaires des
La propriété des ouvrages, et donc la prise en charge forages sont fixés par l’administration). C’est également
de leur entretien et renouvellement au niveau local est le cas des ONG, peu nombreuses à être actives dans le
problématique puisque le processus de décentralisation secteur de l’eau potable et de l’assainissement. Un seul
au Cameroun est encore à une phase initiale et le rôle projet d’envergure a été recensé en 2009–2010 : il s’agit
des communes dans le secteur est encore très théorique. du projet « L’eau, c’est la vie », basé à Otélé et réalisant
Cela limite notamment les possibilités d’approche par la essentiellement des puits.

15
Un état des lieux proposé par AMCOW

5. Financement du secteur et son utilisation

Mesures prioritaires
• Mettre en place des outils de programmation budgétaire au niveau du ministère.
• Améliorer l’efficacité de la dépense (abandon du système des mercuriales, intensification de la mise en
concurrence).
• Rééquilibrer les sous-secteurs eau et assainissement.

La planification, la budgétisation et l’exécution pour la période 2002–2007 ». En regardant uniquement du


des financements alloués au secteur de l’eau et de côté des dotations sur la période 2002–2007, on observe
l’assainissement ont connu des variations importantes au que l’historique des fonds alloués au secteur AEPA est
cours des années. Mais les outils ne sont que partiellement marqué par une baisse continue jusqu’en 2006 (année
en place ou opérationnels, ce qui rend la collecte de sans financement externe), et par un poids relatif très
données financières très difficile et pourrait amener à faible de l’AEPA dans le budget national—de l’ordre de
revoir à la baisse les résultats de la matrice d’évaluation 0,1 pourcent en moyenne sur la période (cf. Tableau 5).
(cf. Graphique 6).
Graphique 6
Tout d’abord en amont, il est préoccupant que le secteur Résultats du Cameroun en matière de
n’ait pas encore d’outils de planification budgétaire financement et comparaison avec les autres pays
adaptés. S’il existe un CDMT (Cadre de Dépenses à Moyen à revenus moyens13
Terme) national depuis 2006, il n’existe ni CDMT ni BPO Hydraulique rurale
(Budget-Programme par Objectifs) au niveau ministériel
ou sectoriel, et la préparation du budget est donc très
centralisée au niveau du Ministère des Finances (MINFI),
laissant peu de place aux ministères sectoriels pour traduire
leur stratégie en orientations budgétaires, ni même assurer Assainissement Hydraulique
urbain urbaine
une équilibre entre les sous-secteurs.

Pour ce qui est des allocations budgétaires, la situation est tout


aussi préoccupante. Dans sa revue des dépenses publiques
menée en avril 2009, la Banque mondiale notait pour le
Assainissement rural
secteur AEPA rural : « Ni la Caisse Autonome d’Amortissement
(CAA)14, ni les services financiers, ni les services techniques Résultats pour le Cameroun
n’ont été en mesure de fournir des données sur les dotations Moyennes, Pays à revenus moyens
et les exécutions des ressources externes, année par année, Source: CSO2.

Tableau 5
Evolution des allocations budgétaires au secteur AEPA (urbain et rural) en MUSD

2002 2003 2004 2005 2006 2007


Average
Allocation budgétaire au secteur AEPA 24.1 14.7 11.2 20.0 9.6 23.5 17.2
dont financement extérieur 21.6% 39.7% 48.5% 50.9% 0.0% 13.6% 29.0%
Part du budget du MINÉE 97.4% 43.5% 51.5% 55.6% 32.0% 57.6% 61.5%
Part du budget national 0.2% 0.1% 0.1% 0.1% 0.1% 0.2% 0.1%
Sources: Banque mondiale, MINÉE, MINFI.

16
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Graphique 7
Besoins en investissements, totaux et par personne, et contribution attendue des différents
contributeurs

Hydraulique rurale: Hydraulique urbaine: Assainissement rural: Assainissement urbain:


Financement requis par Financement requis par Financement requis par Financement requis par
$20,900,000 $31.200.000 $55.100.000 $120.000.000
an an an an
Par habitant (nouveaux $48 Par habitant (nouveaux $45 Par habitant (nouveaux $43 Par habitant (nouveaux $72
équipements) équipements) équipements) équipements)

Investissements prévus par l’etat Contribution ménages attendue


Investissements prévus par bailleurs de fonds et ONG Besoin net en financement

Source: Estimations CSO2 sur données JMP.

Avec un total de plus de 100 millions de dollars engagés dans niveau de gaspillage du financement, mais également que
le secteur AEPA sur la période 2010–2012, le Cameroun l’objectif du plan national d’action (3 000 à 3 500 EPE/an)
relève un défi en termes de capacité d’absorption, puisque est peu réaliste, surtout parce qu’il est nécessaire de réaliser
ce budget est quatre fois supérieur à ceux des années les davantage de petits réseaux d’AEP, plus complexes et plus
plus fastes de la dernière décennie. Ce défi repose en longs à exécuter que les forages à pompes manuelles.
grande partie sur la capacité de la Camwater et de son
fermier, à mettre en exécution les projets prévus dans le Une expérience intéressante en milieu urbain devrait
périmètre urbain. permettre d’améliorer l’efficacité de la dépense : la mise en
place d’un mécanisme d’aide basée sur les résultats (OBA,
Les perspectives de financement sont nettement moins Output-Based Aid) pour la réalisation de branchements
bonnes pour l’hydraulique rurale que pour l’hydraulique sociaux.
urbaine. Pour l’assainissement elles sont même alarmantes
(cf. Graphique 7).
Graphique 8
Le taux d’exécution est globalement bon : 98,6 pourcent Rythme de création de points d’eau en milieu rural
sur les financements internes, presque 80 pourcent sur les
financements externes, pour la période 2002–2007. Mais 2500
1915
l’efficacité de la dépense reste relativement mauvaise : les 2000
1587
mécanismes de contrôle sont incomplets ou inopérants, 1500
1109
les prix unitaires sont plus élevés que dans les pays 1000 894 812
comparables, le marché n’est pas assez concurrentiel (trop 531 1105
500 903 866
peu d’entreprises de forage, prix fixés par l’administration), 480 551
0 261
et le nombre d’ouvrages réalisés est relativement faible : 2002 2003 2004 2005 2006 2007
une moyenne d’environ 700 équivalents points d’eau (EPE)
Ouvrages EPE
par an (cf. Graphique 8). La faible efficacité actuelle de
la dépense signifie non seulement qu’il existe un certain Source: MINÉE, plan d’action pour l’AEPA en milieu rural.

17
Un état des lieux proposé par AMCOW

6. Suivi et évaluation

Mesures prioritaires
• Terminer l’inventaire des ouvrages et établir une situation de référence pour l’assainissement.
• Mettre en place des outils de programmation budgétaire.
• Mettre sur pied une revue sectorielle annuelle.

Il n’existe pas encore de revue sectorielle à proprement sur financement BAD, l’avantage pour le Cameroun
parler au Cameroun et les mécanismes de suivi-évaluation étant le nombre limité d’acteurs réalisant des
du secteur sont soit inopérants, soit balbutiants. Les ouvrages ;
résultats du pays en matière de suivi-évaluation sont donc 2. établir une situation de référence en ce qui concerne
très bas pour les quatre sous-secteurs, largement inférieurs l’assainissement ;
à la moyenne des pays africains à revenus moyens 3. définir des indicateurs d’activité et de performance
(cf. Graphique 9). vérifiables pour mesurer l’évolution de l’accès
aux services AEPA et des pratiques d’hygiène et
Il reste de nombreux éléments à mettre en place pour d’assainissement, et le mécanisme de collecte des
permettre au MINÉE d’effectuer un réel suivi du secteur et données auprès des acteurs intervenant sur le terrain ;
pouvoir organiser de régulières évaluations de l’avancée 4. mettre en place un BPO pour les différentes directions
vers les objectifs : du MINÉE, ainsi qu’un CDMT sectoriel ;
5. définir un cadre programmatique coordonné au niveau
1. finaliser l’inventaire des ouvrages hydrauliques et du ministère pour tenir compte des interventions des
de leur fonctionnalité et mettre à niveau la base de autres départements ministériels, des partenaires
données nationale (avec des mécanismes de mise à techniques et financiers, des ONG et surtout bientôt
jour régulière)—cette tâche est en cours depuis 2009 des communes ;
6. mettre en place une revue sectorielle annuelle, avec les
partenaires techniques et financiers.
Graphique 9
Résultats du Cameroun en matière de suivi- Si la mise en place d’un cadre programmatique semble
évaluation et comparaison avec les autres pays à encore utopique dans l’état actuel des choses, il semble
revenus moyens15 plus pragmatique de commencer par établir une revue
sectorielle suffisamment partagée pour commencer à
Hydraulique rurale organiser le secteur.

En ce qui concerne le suivi financier, la revue des dépenses


publiques menée par la Banque mondiale en 2009 a
souligné un manque de transparence des budgets (jusqu’à
10 pourcent de dépenses extrabudgétaires, 50 pourcent
Assainissement Hydraulique des dons extérieurs échappant à la Caisse Autonome
urbain urbaine
d’Amortissement, accès difficile aux documents
budgétaires, rapport de la Chambre des Comptes pas
rendu public) et des mécanismes de contrôle limités (trop
de recours aux procédures simplifiées, liquidation des
dépenses supérieures aux engagements, fractionnement
Assainissement rural
des marchés, pas de contrôle de la Chambre des Comptes
Résultats pour le Cameroun sur les ordonnateurs). Le suivi, la gestion et le contrôle
Moyennes, Pays à revenus moyens des dépenses devraient connaître une amélioration avec
l’application de la loi du 26 décembre 2007 portant régime
Source: CSO2. financier de l’état.

18
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

7. Sous-secteur hydraulique rurale

Mesures prioritaires
• Finaliser l’inventaire des ouvrages et prévoir un mécanisme de mise à jour.
• Développer les capacités techniques (notamment pour la réalisation des petits réseaux d’AEP) en mobilisant
le secteur privé de façon concurrentielle.
• Accélérer le transfert de la maîtrise d’ouvrage vers les communes.
• Renforcer les effectifs du MINÉE (appui aux acteurs, approche programmatique).

Le diagnostic du PAEPAR du ministère en charge de l’eau La progression annuelle reste toutefois trop modeste pour
potable estime que le taux d’accès à l’eau potable était que ce sous-secteur contribue à l’atteinte de l’OMD en
de 45 pourcent en milieu rural en 2007, soit 3,7 millions matière d’eau potable (cf. Graphique 10). Pour ce faire,
de personnes ayant accès à une source d’eau potable il serait nécessaire de passer d’une augmentation du taux
améliorée. Si ce rythme se poursuit, le taux d’accès atteint d’accès de 1,1 pourcent/an constatée entre 1990 et 2008
en 2015 serait de 61 pourcent pour le milieu rural, inférieur à 2,1 pourcent/an entre 2009 et 2015. Autrement dit, le
à l’objectif de 75 pourcent que s’est fixé le gouvernement Cameroun devrait doubler l’effort actuel. Or, compte tenu
dans le Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté des financements actuellement engagés dans le sous-
(DSRP) de 200316. secteur sur les prochaines années, il semble que le défi ne
pourra pas être relevé.
Le JMP de son côté utilise les résultats de différentes
enquêtes ménages pour estimer la proportion de personnes En effet, l’allocation budgétaire actuelle (2010) prévoit 3,58
déclarant utiliser une source d’eau potable améliorée. millions de dollars dans le budget des services centraux
Le taux calculé par le JMP pour l’hydraulique rurale est du MINÉE (AEPA rural) ; à cela s’ajoutent les dépenses
supérieur à l’estimation du PAEPAR : il s’élève à 51 pourcent prévues au niveau des services déconcentrés (68 forages
pour 2008, en progression de 20 points par rapport à 1990. à pompes manuelles et 15 petits réseaux d’AEP) pour

Graphique 10
Evolution du taux d’accès en milieu rural vers les Graphique 11
objectifs 2015 Besoins en investissements pour l’hydraulique
rurale
100%
80%
Investissements
Couverture

60% requis Coûts


d’exploitation
40%
20%
0%
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 0 10 20 30
Millions de USD par an
Extrapolation des données JMP - service amélioré Investissements publics prévus
Extrapolation des données JMP - branchements Contribution ménages attendue
domestiques
Besoin net en financement
Source: CSO2.
Source: JMP.

19
Un état des lieux proposé par AMCOW

Graphique 12
Notation de la matrice CSO2 pour le sous-secteur de l’hydraulique rurale

Conditions propices Développement Durabilité


Politique Planification Budget Dépenses Equité Performance Maintenance Extension Utilisation

2 1.5 1 0.5 0.5 0 0 1.5 0.5

Source: CSO2.

2,67 MUSD. Une petite enveloppe (240 000 USD) a été Graphique 13
décentralisée, à titre pilote, au niveau des communes pour Résultats du Cameroun pour le sous-secteur
la réalisation de 21 puits équipés. Avec les 3,8 millions de hydraulique rurale et comparaison avec les
dollars prévus par les acteurs extérieurs (principalement autres pays à revenus moyens
le projet « L’eau, c’est la vie », à Otélé), on arrive à une
allocation totale de 10,3 millions de dollars pour le sous- Conditions propices
secteur (hors contribution des usagers), contre un besoin
annuel moyen de 22,5 millions sur la période 2009–2015
(cf. Graphique 11). À ce déficit de financement s’ajoutent
les charges d’exploitation et de maintenance (4 MUSD/
an) dont la prise en charge par les usagers est aujourd’hui
défaillante.

La matrice d’évaluation utilise un simple code de


Durabilité Développement
couleur : la couleur verte pour les composantes qui sont
des moteurs d’une bonne fourniture de services (note
supérieure à 2), le jaune pour les composantes qui freinent Résultats pour le Cameroun
la fourniture des services nécessitant une attention Moyennes, Pays à revenus moyens
particulière (note comprise entre 1 et 2) et le rouge pour Source: CSO2.
les composantes constituant un obstacle à la fourniture
des services et qui sont des domaines prioritaires pour les
réformes (note inférieure à 1).Même si on a assisté à une
récente évolution positive du contexte institutionnel de Sans dispositif de programmation équitable et sans la
l’hydraulique rurale (politique, plan d’action, nomenclature capacité technique (études, maîtrise d’ouvrage, passation
budgétaire) permettent au Cameroun d’avoir des résultats de marchés) de créer 3 000 nouveaux EPE par an, la
honorables concernant la mise en place des conditions composante du développement de la desserte constitue
propices (cf. Graphique 12), il est clair que le processus un goulot d’étranglement. Enfin, l’inexistence d’une
de transformation des financements en services pérennes solide filière de maintenance (tarif trop bas, secteur privé
pêche actuellement par l’inefficacité de la dépense, insuffisant) met en péril la durabilité des résultats qui
la faible capacité de mobilisation et d’absorption du pourraient être obtenus.
ministère technique en sous-effectif et trop centralisé,
et par le manque de pérennisation. L’ensemble conduit, Toutefois, si la capacité d’absorption du sous-secteur est
pour l’hydraulique rurale, à une situation en dessous de préoccupante, plusieurs éléments peuvent susciter un peu
la moyenne des autres pays africains à revenus moyens, plus d’optimisme pour les années à venir :
comme le montre le Graphique 13.

20
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

1. L’introduction des petits réseaux d’AEP (comme 2. La décentralisation devrait augmenter à terme la
stipulé dans la politique nationale ; une quinzaine capacité d’absorption du sous-secteur en démultipliant
d’ouvrages étant d’ailleurs déjà budgétisée dans le le nombre de maîtres d’ouvrage et en facilitant la
Budget d’Investissement Public de 2010) permettrait mobilisation des usagers et du secteur privé local.
l’accroissement du nombre d’EPE réalisés par an, 3. La poursuite de l’inventaire sur l’ensemble du
avec un niveau de service susceptible de générer pays pourrait également révéler des ouvrages non
une meilleure volonté de payer des usagers pour la répertoriés réalisés par des acteurs ayant eu peu de
prise en charge de la gestion. À l’heure actuelle, la contacts avec le ministère.
part des petits réseaux dans l’approvisionnement
rural est très faible par rapport à la moyenne des pays Cependant, les deux premiers points constituent des défis
comparables. L’échec du programme Scan-Water à relever et nécessitent d’importantes mutations dans
de petits réseaux (87 pourcent de taux de panne) a le secteur : amélioration de la capacité d’études et de
probablement retardé le Cameroun dans la transition réalisation (recours au secteur privé, et pas uniquement
vers cette option technologique, dont l’efficacité en aux entreprises de forages connues) et transfert-
termes de couverture et de pérennité est pourtant bien renforcement de la capacité des acteurs locaux (nécessité
meilleure que celle des pompes manuelles (à condition d’une meilleure déconcentration du MINÉE pour assurer
que, contrairement à Scan-Water, la population et un appui-conseil au niveau local). Une volonté politique
un opérateur soient correctement mobilisés pour la forte est nécessaire pour entreprendre ces mutations le
gestion de l’ouvrage17). plus rapidement possible.

21
Un état des lieux proposé par AMCOW

8. Sous-secteur hydraulique urbaine

Mesures prioritaires
• Améliorer la traçabilité du financement du sous-secteur (investissements, coûts récurrents, subventions,
recettes).
• Améliorer les procédures de passation de marchés de la Camwater pour permettre un bon taux d’exécution
des nombreux financements annoncés.

L’une des caractéristiques marquantes de l’hydraulique de 90 millions de dollars par an déjà acquis en moyenne.
urbaine au Cameroun est que les réseaux construits Si la tendance se poursuit, l’ensemble des besoins en
à Yaoundé et Douala parviennent à couvrir de façon investissements sera couvert d’ici 2015 : développement
satisfaisante ces deux grandes agglomérations (ce qui des connexions privées au réseau (fonds du Partenariat
représente la majeure partie du secteur urbain en termes global pour une aide axée sur les résultats (GPOBA) pour
de population), mais avec un taux de connexion individuelle les branchements sociaux jusqu’en 2012), maintenance des
très bas (estimé par la Banque mondiale à 22 pourcent pour infrastructures existantes ayant manqué d’investissement
Yaoundé et 25 pourcent pour Douala) et une capacité de durant la phase de privatisation de la SNEC (fonds BAD,
production insuffisante à Yaoundé. Toujours est-il que le BEI), renforcement des capacités de production surtout
JMP estime à 92 pourcent la part de la population urbaine pour Yaoundé en déficit chronique (BAD, AFD, BEI), et
accédant à une source d’eau potable améliorée en 2008, amélioration de la desserte dans les villes secondaires du
contre 77 pourcent en 1990 (cf. Graphique 14). Ce taux périmètre de la Camwater (BAD). Il restera à couvrir les
élevé permet de porter l’ensemble du secteur (urbain et charges d’exploitation et de maintenance des ouvrages,
rural) sur la bonne voie pour atteindre voire dépasser estimées à 13 millions de dollars par an (cf. Graphique
l’OMD pour l’eau potable. 15).

Cette progression favorable est renforcée par les bonnes L’explication de ce redémarrage de l’hydraulique urbaine
perspectives de financement : les allocations prévues sur est à trouver dans l’aboutissement de la réforme sectorielle
les trois prochaines années sont très élevées, avec plus qui a porté à la délégation de l’exploitation du sous-

Graphique 14 Graphique 15
Evolution du taux d’accès en milieu urbain, Besoins en investissements pour l’hydraulique
comparé aux objectifs 2015 urbaine
100%
80%
Investissements Coûts d’exploitation
Couverture

60% requis
40%
20%
0%
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 0 20 40 60 80 100 120
Millions de USD par an
Extrapolation des données JMP - service amélioré Investissements publics prévus
Extrapolation des données JMP - branchements Contribution ménages attendue
domestiques
Source: JMP. Source: CSO2.

22
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Graphique 16
Notation de la matrice CSO2 pour le sous-secteur de l’hydraulique urbaine

Conditions propices Développement Durabilité


Politique Planification Budget Dépenses Equité Performance Maintenance Extension Utilisation

2.5 2 0 2.5 1 1.5 1.5 2 1

Source: CSO2.

secteur à l’opérateur privé CdE, en contrat d’affermage Camwater et le programme d’investissement prévu dans
avec la société de patrimoine Camwater. De nombreux le cadre du contrat d’affermage.
bailleurs de fonds avaient interrompu leurs financements
en attendant que cette réforme soit achevée. Globalement, les performances du sous-secteur se
situent légèrement en deçà des autres pays d’Afrique
La contribution des ménages en milieu urbain passe par subsaharienne à revenus moyens (cf. Graphique 17).
le tarif de l’eau (dont l’éventuelle réaffectation vers des
investissements est difficile à tracer) et par le payement
Graphique 17
des branchements privés. Pour les trois années à venir,
Résultats du Cameroun pour le sous-secteur de
cette part sera réduite compte tenu des subventions OBA l’hydraulique urbaine et comparaison avec les
sur les branchements sociaux. autres pays à revenus moyens

Plus performant qu’en hydraulique rurale, le processus Conditions propices


permettant de transformer les financements disponibles
pour l’hydraulique urbaine en services durables ne
compte qu’un seul véritable goulot d’étranglement
: le fonctionnement budgétaire (cf. Graphique 16).
Jusqu’à récemment, le budget national ne permettait
pas d’identifier de façon satisfaisante les flux financiers
en provenance de l’état pour les investissements ou les
coûts récurrents. Il ne recensait correctement que moins Durabilité Développement
de la moitié des financements, internes ou externes,
affectés à l’hydraulique urbaine. Cette situation devrait Résultats pour le Cameroun
normalement s’améliorer avec la mise en place progressive Moyennes, Pays à revenus moyens
des outils accompagnant la réorganisation du secteur, et
notamment les outils financiers du Contrat-Plan avec la Source: CSO2 scorecard.

23
Un état des lieux proposé par AMCOW

9. Sous-secteur assainissement rural

Mesures prioritaires
• Créer, au sein du MINÉE, une structure ayant le niveau de direction, entièrement consacrée à l’assainissement
et ayant ses propres effectifs.
• Mettre sur pied, en concertation avec les acteurs du sous-secteur, une stratégie opérationnelle (approches à
utiliser pour la promotion à l’hygiène, niveau de subvention, types d’ouvrages et technologies utilisées).
• Accélérer le transfert de la maîtrise d’ouvrage vers les communes.

Les données du JMP indiquent une stagnation du taux disposition. Heureusement, la stagnation observée dans
d’accès à l’assainissement amélioré en milieu rural depuis l’accès au service s’accompagne d’une nette réduction de
1990 (35 pourcent, cf. Graphique 18). Cela signifie que le la défécation à l’air libre, passant de 21 pourcent en 1990
nombre de nouveaux ouvrages construits chaque année à 10 pourcent en 2008. On peut en déduire que le choix
ne dépasse pas le taux de croissance démographique. des ménages se porte sur les latrines traditionnelles, dont
En valeur relative, il n’y a aucune progression du sous- seulement 50 pourcent sont comptabilisés dans l’accès à
secteur. l’assainissement amélioré selon le JMP.

Cette stagnation n’est pas surprenante puisqu’il n’y a Pour redresser la barre, il faudrait un investissement de 55
pas de programme d’envergure pour l’assainissement en millions USD par an jusqu’en 2015, plus 4 million par an
milieu rural. Il reste le parent pauvre du secteur. L’UNICEF, de la part des ménages pour l’entretien et la maintenance
l’OMS, le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Éducation de leurs latrines (cf. Graphique 19).
de Base réalisent des ouvrages, mais en nombre trop
faible pour influencer le taux d’accès. La quasi-totalité Il faudrait également qu’un service ministériel soit
des latrines construites le sont par les ménages eux- spécifiquement dédié à l’assainissement. À l’heure
mêmes sans soutien extérieur et avec les moyens à leur actuelle il n’existe aucune structure chargée d’élaborer

Graphique 18 Graphique 19
Evolution du taux d’accès en assainissement Besoins en investissements pour l’assainissement
rural, comparé aux objectifs 2015 rural

100%
Coûts
80%
Investissements d’exploitation
Couverture

60% requis
40%
20%
0%
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 0 20 40 60 80
Millions de USD par an

Extrapolation des données JMP - service amélioré Besoin net en financement


Extrapolation des données JMP - branchements
domestiques Source: CSO2.

Source: JMP.

24
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Graphique 20
Notation de la matrice CSO2 pour le sous-secteur de l’assainissement rural

Conditions propices Développement Durabilité


Politique Planification Budget Dépenses Equité Performance Marché Mise en pratique Utilisation

1.5 1 0 2 0 0 0.5 0 1

Source: CSO2.

les outils d’intervention (en adéquation avec la politique les ministères stratégiques (ministères de la santé et de
et le plan d’action AEPA en milieu rural, qui abordent l’éducation). L’initiative WASH (WAter, Sanitation and
l’assainissement), ni aucune structure chargée de mobiliser Hygiene) de l’UNICEF devrait permettre, à travers ses
les financements et faire exécuter les programmes. Il plates-formes de concertation nationales et locales, une
faudrait enfin que la situation de référence soit mieux meilleure coordination des efforts des pouvoirs publics.
connue et que les normes et définitions utilisées dans les
enquêtes ménages soient harmonisées et en ligne avec
celles du JMP. Graphique 21
Résultats du Cameroun pour le sous-secteur de
l’assainissement rural et comparaison avec les
Il existe peu d’expérience de réalisations, ce qui empêche de
autres pays à revenus moyens
capitaliser sur les pratiques et d’en tirer des enseignements
en termes d’estimation des coûts unitaires, de niveaux de Conditions propices
subvention nécessaires, de connaissance des technologies
et de stratégies de promotion les mieux adaptées. En bref,
le secteur de l’assainissement apparaît comme celui où
tout reste à faire. Dans ce contexte il n’est pas difficile
de comprendre les mauvais résultats attribués au sous-
secteur dans les graphiques 20 et 21 ci-dessous.

Il faut au Cameroun à la fois une prise de conscience sur Durabilité Développement

l’importance de l’assainissement rural et une coordination


Résultats pour le Cameroun
dynamique de tous les acteurs concernés, y compris au sein
Moyennes, Pays à revenus moyens
du gouvernement entre les ministères techniques (MINÉE,
Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat) et Source: CSO2.

25
Un état des lieux proposé par AMCOW

10. Sous-secteur assainissement urbain

Mesures prioritaires
• Compléter les textes de façon à différencier l’assainissement liquide urbain (eaux usées) du drainage (eaux
pluviales), afin d’ancrer le premier au MINÉE en le rattachant à une direction spécialisée et entièrement
responsable.
• Élaborer des plans stratégiques d’assainissement en milieu urbain.
• Établir une convention avec le fermier du périmètre concédé pour la mise en œuvre des actions prévues au
plan stratégique.

D’après le JMP, l’accès à l’assainissement amélioré en milieu latrines traditionnelles avec dalle, et éventuellement fosse
urbain a carrément reculé entre 1990 et 2008, passant de septique, ou bien des latrines non-améliorées (et donc non
65 pourcent à 56 pourcent. Ainsi, au Cameroun l’atteinte comptabilisées dans les taux d’accès du JMP).
de l’OMD relatif à l’assainissement urbain (tout comme
pour l’assainissement rural) est donc certainement hors Contrairement au milieu rural, l’assainissement urbain rentre
portée (cf. Graphique 22). dans les attributions de deux structures bien identifiées. Le
contrat d’affermage signé entre l’état, la Camwater et la
Cette situation inquiétante s’explique par la croissance très Camerounaise des Eaux prévoit la possibilité de confier à
forte des deux principales villes, Douala et Yaoundé, et par cette dernière des responsabilités d’exploitation en matière
l’absence quasi-totale de financements alloués au sous- d’assainissement liquide, au même titre qu’en matière de
secteur. Par manque de maintenance et de réhabilitation, drainage des eaux pluviales. Mais les deux entités n’ont
les égouts des centres-villes, datant de l’époque coloniale, pour l’instant aucune activité dans le domaine. Elles ne
sont obstrués, tandis que les réseaux plus récents en PVC recensent même pas les ouvrages existants ni suivent le
dans les nouveaux quartiers sont inopérants car aucune taux d’accès. De plus, le terme assainissement (sans doute
des stations de traitement n’est en état de marche. La dans le sens du drainage des eaux pluviales) est également
population se reporte donc majoritairement sur des présent dans les textes d’attribution de compétences du

Graphique 22 Graphique 23
Evolution du taux d’accès en assainissement Besoins en investissements pour
urbain, comparé aux objectifs 2015 l’assainissement urbain
Coûts
100% Investissements d’exploitation
80% requis
Couverture

60%
40%
20%
0 50 100 150
0%
1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 Millions de USD par an

Extrapolation des données JMP - service amélioré Besoin net en financement


Extrapolation des données JMP - branchements
Source: CSO2.
domestiques
Source: JMP.

26
Approvisionnement en eau potable et assainissement au Cameroun: Traduire les financements en services, à l’horizon 2015 et au-delà

Graphique 24
Notation de la matrice CSO2 pour le sous-secteur de l’assainissement urbain

Conditions propices Développement Durabilité


Politique Planification Budget Dépenses Equité Performance Marché Mise en pratique Utilisation

1 0 0 2 0 0 1 0 1.5

Source: CSO2.

Graphique 25 usagers, selon la politique de subvention qui sera définie,


Résultats du Cameroun pour le sous-secteur de mais cela nécessite comme préalable d’importants efforts
l’assainissement urbain et comparaison avec les pour accroître la volonté des usagers à payer pour un
autres pays à revenus moyens assainissement amélioré.

Conditions propices Comme pour l’assainissement rural, on aboutit donc à


une performance générale très faible de l’assainissement
urbain. Les résultats du sous-secteur se situent largement en
dessous de la moyenne des autres pays africains à revenus
moyens (Graphique 25). Le retard du Cameroun sur ces
derniers est surtout flagrant concernant les conditions
propices, du fait que la plupart des autres pays ont au moins
une institution responsable de l’assainissement urbain et
conséquemment un minimum d’éléments structurants
Durabilité Développement (politique, stratégie, normes, outils de planification et de
budgétisation).

Résultats pour le Cameroun Sans approche programmatique, et sans programme


Moyennes, Pays à revenus moyens d’investissement suffisamment avancé, la planification
de ce sous-secteur est limitée à des études de projets
Sources: CSO2.
comme celles de la Banque mondiale18. L’objectif à terme
est bien de lancer un programme d’assainissement à
Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat, créant Douala et Yaoundé, mais les conditions préalables ne
un conflit de compétences si le terme est pris au sens sont pas encore réunies : les initiatives actuelles visent
large. Une politique d’assainissement urbain, en cours de donc à renforcer le cadre en amont (clarification des
préparation, devrait résoudre ce problème. responsabilités institutionnelles, définition d’une politique
et d’orientations stratégiques, éventuellement élaboration
Les coûts unitaires constatés sur les anciens projets dans de plans stratégiques d’assainissement). Dans un second
les deux grandes agglomérations sont extrêmement élevés temps, la présence d’un opérateur privé efficace comme
par rapport aux autres pays de la sous-région, révélant un la CdE pourrait intéresser des bailleurs et servir de point
marché peu concurrentiel car pratiquement inexistant. de départ à la mise sur pieds d’une filière de maintenance-
Ils conduisent à estimer des besoins en investissement vidange-traitement. Mais comme pour l’instant aucun
très importants pour rattraper le retard du sous-secteur. investissement n’est prévu, plusieurs composantes du
L’estimation des besoins d’investissement du sous-secteur processus de fourniture du service affichent des résultats
s’élève effectivement à 119,7 millions de dollars par an proches de zéro (Graphique 24).
en moyenne sur la période 2009–2015, plus les coûts
d’exploitation et de maintenance, évalués à 19 millions À noter qu’en l’absence de stations de traitement des
annuels (cf. Graphique 23). La totalité de ces montants eaux usées et des boues de vidange, tous les rejets des
reste à mobiliser dans les années à venir. Une part de ménages finissent dans le milieu naturel proche, canaux
ces investissements pourrait être prise en charge par les de drainage en ville, rivières et bas-fonds.
27
Un état des lieux proposé par AMCOW

Notes et références
1
Source : Suivi économique international (Global Economic 10
La méthodologie de la matrice d’évaluation CSO2 et sa
Monitor) de la Banque mondiale, moyenne pour l’année structure sont présentées de manière détaillée dans le
2009. rapport de synthèse régionale.
2
La première série de ces Etats des lieux, qui a été réalisé en 11
Méthode Atlas de la Banque mondiale.
2006, a concerné 16 pays et a été résumée dans le rapport 12
Les indicateurs y afférents sont les suivants. Tous sous-
suivant : Getting Africa On-Track to Meet the MDGs on secteurs : cibles fixées dans le programme national
Water and Sanitation. AEPA ou le DSRP ; politiques / stratégies sous-sectorielles
3
UNICEF/ WHO Joint Monitoring Programme, Progress on promulguées. Pour l’hydraulique (rurale et urbaine) : rôles
Sanitation and Drinking Water: 2010 Update. La même institutionnels bien définis. Pour l’assainissement (rural et
source est utilisée dans le reste du présent rapport. urbain) : structure responsable désignée.
4
En ce qui concerne les coûts unitaires, deux choses 13
Les indicateurs correspondant à la notation du
sont à mentionner : premièrement le prix des forages financement sont : pour tous les sous-secteurs : approche
est artificiellement fixé par décision administrative, ce programmatique à l’échelle du secteur, programme
qui empêche d’avoir un prix de marché concurrentiel ; d’investissement basé sur les besoins estimés pour l’atteinte
deuxièmement il est également difficile de connaître la part des OMD, financements suffisants pour l’atteinte des OMD
du coût d’infrastructure dans le prix de raccordement au (ou politique de subvention pour l’assainissement), taux
réseau en milieu urbain, compte tenu du très faible nombre d’exécution des financements extérieurs, taux d’exécution
d’extensions réalisées les 5 dernières années (l’exploitant des ressources internes.
en milieu urbain a même réalisé une bonne partie de sa 14
Structure étatique chargée de gérer les contrats d’étude et
campagne de branchements sans réaliser d’extensions). Ce de travaux financés sur les ressources extérieures.
coût d’infrastructure pourra être important dans la ville de
Yaoundé où d’importants investissements sont nécessaires
15
Les indicateurs correspondant à la notation du financement
pour accroître la capacité de production, ainsi que dans les sont : pour tous les sous-secteurs : revue annuelle fixant
villes de province concédées où les réseaux ne sont pas à les orientations, dépenses du sous-secteur identifiables
niveau. dans le budget (y compris les subventions récurrentes
pour l’hydraulique urbaine), prise en compte exhaustive
5
Taux de change utilisé pour 2008 : 1 USD = 444,19 FCFA. des financements internes et externes, pour le rural, et
Pour la période 2009–2011 : 1 USD = 489,02 FCFA. (Grille l’assainissement urbain : bilan des dépenses sur budget
de conversion des Nations Unies). national et sur financements externes, pour l’hydraulique
6
Par exemple pour l’hydraulique rurale, le PAEPAR donne urbaine : audits des comptes et bilans des compagnies pour
un taux d’accès de 45 pourcent en 2007, sur la base d’un le rural, et l’assainissement urbain : analyse périodique des
inventaire partiel des ouvrages hydrauliques et de leur état, critères d’équité par les OSC et l’État, pour l’hydraulique
extrapolé à l’ensemble du territoire national. Son modèle urbaine : stratégies en faveur des pauvres mises en
financier établit les besoins en ouvrages au niveau de application par les compagnies, pour l’hydraulique urbaine
chaque région par la méthode des Équivalents-Points d’Eau et rurale : bilan des réalisations consolidé au niveau national,
(EPE). Il part d’une hypothèse de couverture totale en milieu pour l’assainissement rural et urbain : suivi quantitatif et
rural (taux d’accès de 100 pourcent en 2015), et calcule qualitatif de l’appropriation de la promotion à l’hygiène
le nombre de points d’eau nécessaires par tranche de 300 et des subventions, pour tous les secteurs : compatibilité
habitants (200 dans certaines régions à habitat dispersé). Ce des avec les définitions des OMD des questions à choix
plan d’action dénombre ainsi 22 000 EPE à créer entre 2008 multiples dans les enquêtes ménage.
et 2015, plus 6 000 EPE à réhabiliter. La méthode des EPE 16
A noter que le nouveau DSRP de 2010 a étendu l’objectif
appliquée au niveau régional sous-estime considérablement de 75 pourcent à l’eau potable en général (milieu rural et
le nombre de points d’eau nécessaires, notamment parce urbain) mais il a repoussé la date boutoir à 2020. Aucun
qu’elle ne tient pas suffisamment compte de la dispersion objectif n’a été fixé pour l’assainissement.
de la population. Une autre modélisation (Hydroconseil,
2007) faite village par village en tenant compte du type
17
La coopération danoise étudierait une seconde génération
d’équipement (réseau d’Approvisionnement en Eau Potable de Scan-Water, avec des mesures d’accompagnement pour
ou pompe manuelle) mais visant 80 pourcent d’accès en pérenniser la gestion, sans qu’un calendrier de financement
2015 (OMD) amène à un besoin de près de 33 000 EPE ne soit connu à ce jour. Si ces financements deviennent
(dont 16 pourcent à réhabiliter seulement), pour un budget rapidement disponibles, ils pourraient bien changer de
total de 473 millions de dollars (soit environ 60 MUSD/an). façon significative le niveau de financements prévu dans le
sous-secteur rural.
7
Sources : Camwater, budget du MINEE et interview avec les
bailleurs de fonds du secteur.
18
D’une part la « Revue de la situation de l’assainissement
a Yaoundé et Douala et propositions pour un projet
8
Ces estimations sont des extrapolations des montants assainissement des eaux usées, septembre 2009 », et d’autre
inscrits par l’État sur son Budget d’Investissement Public part l’appui à la préparation d’une stratégie complète pour
pour l’année 2010 (ressources interne), et des montants le secteur assainissement prévue pour le début 2011 et
annuels moyens engagés par ses partenaires techniques et servant de base à un projet d’assainissement de 50 millions
financiers sur la période 2010–2012. USD prévu pour 2012.
9
La somme des chiffres des sous-secteurs peut différer du
total en raison des arrondis.

28
La première édition d’états des lieux par pays (CSO1) publiée en 2006 a fait état du niveau de préparation des
secteurs concernés de 16 pays africains dans la réalisation des OMD de l’eau et de l’assainissement eu égard à
leurs plans de financement à moyen terme et à un ensemble de « facteurs de succès » sélectionnés à partir de
l’expérience régionale. Cet exercice a été combiné à un processus de consultation des parties prenantes au niveau
national et cela a donc incité les pays à se poser la question de savoir s’ils disposaient de « facteurs de succès » et
alors s’ils devaient les mettre en place.

La deuxième édition d’états des lieux par pays (CSO2) a fait fond sur la méthode et le procédé mis au point dans la
première édition de CSO1. Les « facteurs de succès » ont été complétés par d’autres éléments tirés du pays ainsi que
de l’analyse régionale afin de développer la matrice d’évaluation CSO2. Ainsi, ils reflètent ensemble les étapes, les
fonctions et les résultats essentiels pour que les financements investis soient traduits en services grâce aux systèmes
gouvernementaux—conformément aux principes de Paris sur l’efficacité de l’aide. Les informations et les résumés
des évaluations ont été obtenus à partir des données locales et ils ont été ensuite comparés à celles déclarées au
niveau international. En outre, les évaluations ont été soumises, le cas échéant, à de larges consultations avec les
organisations gouvernementales responsables et les intervenants du secteur au niveau national, notamment avec les
institutions donatrices.

Cette deuxième édition d’états des lieux sur la situation de 32 pays (CSO2) en matière d’approvisionnement en eau
et d’assainissement a été commanditée par le Conseil des ministres africains en charge de l’eau (AMCOW). Son
élaboration a été dirigée par le Programme eau et assainissement (WSP) administré par la Banque mondiale, en
collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF),
la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le présent rapport a été préparé en collaboration avec le Gouvernement du Cameroun et d’autres intervenants au
cours de la période 2009/10. Certaines sources citées sont des documents non officiels qui ne sont pas facilement
disponibles.

Les résultats, les interprétations et les conclusions exprimées dans ce volume ne reflètent pas nécessairement les
points de vue des institutions participantes, de leurs administrateurs ou des gouvernements qu’ils représentent. Les
institutions collaboratrices ne garantissent pas l’exactitude des données incluses dans ce document. Les frontières,
les couleurs, les dénominations et toutes autres informations reprises sur les cartes figurant dans ce travail ne
comportent aucune appréciation de la part des institutions participantes en ce qui concerne le statut juridique d’un
territoire ou l’approbation ou l’acceptation de ces frontières.

Le contenu de la présente publication est protégé par le droit d’auteur. Les demandes d’autorisation de
reproduction des parties de celle-ci doivent être envoyées à l’adresse suivante : wsp@worldbank.org. Les institutions
collaboratrices encouragent la diffusion des présents travaux et accordent normalement l’autorisation sans délai.
Pour plus d’informations, visitez le site www.amcow.net ou www.wsp.org.

Crédits photos: Photo de couverture par Hydroconseil


Les autres photos ont été publiées avec l’autorisation de Getty Images

© 2011 Programme Eau et Assainissement


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