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Département de Géographie FALSH-UY1


UE GEO 342 : Ecosystèmes tropicaux non Zonaux : Les montagnes tropicales
Jour : dimanche
Salle : A 501
Heure : 16h30-18h30
Enseignant : TCHINDJANG Mesmin (MC)

Descriptif : Ce cours sur les écosystèmes tropicaux non zonaux veut donner aux
apprenants un aperçu des milieux spécifiques en continuité avec le cours de 1er
année sur les types d’écosystèmes. Pour ce faire, un minimum de connaissances sur
la mise en place de ces reliefs fascinants que sont les montagnes leur est prodigué.
Toutes les notions de formation des montagnes, d’érosion, de risques
d’aménagement des montagnes seront passées en revue.

Les débouchés : expert en aménagement montagnard, aménagiste, consultant,


enseignant.

Plan du Cours
Introduction générale
1. Définition et appréhension de la montagne
1.1. Définitions
1.2. Typologie des montagnes
1.3. Caractéristiques et caractères du relief montagnard
2. Formation des montagnes
2.1. Observations du problème
2.2. Théories en appui
2.3. Histoire géologique et formation des montagnes
2.4. Mise en place des montagnes au Cameroun
3. Climat et érosion en montagne tropicales
3.1. Climat montagnard
3.2. Sol en montagne
3.3. Erosion en montagne tropicale
4. Les écosystèmes montagnards dans le monde tropical
4.1. Amérique Latine
4.2. Asie
4.3. Afrique
5. Aménagement des montagnes tropicales
5.1. Concept d’aménagement
5.2. Types d’aménagement
Conclusion générale
Lexique
Références indicatives
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Introduction générale

Les montagnes ou hautes terres font l’objet de ce cours. La démarcation entre


hautes terres et montagnes n’est pas toujours claire, car le terme « hautes
terres » sous-entend celui des montagnes (avec leur marqueterie de plateaux, de
collines de bassins intramontagnards appelés parfois improprement plaine et
leurs différenciations).
Le cours portant sur les montagnes tropicales, il sera fait écho à chaque fois de
la situation des hautes terres camerounaises. Au Cameroun en effet, les hautes
terres, selon Olivry (1986) et Tchindjang, (2012), pour des altitudes au-dessus
de 800m, occupent au moins 55% de la superficie du Cameroun (sinon 63% au-
dessus de 600m) au point d’organiser le reste du territoire sur le triple plan
physique, hydrographique et culturel.
De la définition à l’aménagement des montagnes, cinq chapitres ou sections vont
permettre d’éclairer les étudiants sur l’objet du cours.

1. Définition et appréhension de la montagne


1.1. Définitions
D’un point de vue conceptuel, l’approche conceptuelle des hautes terres ou des
montagnes n’a pas toujours fait l’unanimité scientifique, sans pour autant qu’il y
confusion, assimilation ou égarement disciplinaire. En effet, Blache (1933) déclare
qu’ ’’une définition de la montagne qui soit claire et compréhensible à elle seule,
est à peu près impossible à fournir!’’

Veyret & Veyret (1962) et Gerbeaux (1989), à leur tour vont renchérir et montrer
que la montagne est un objet complexe à définir. De l’allemand ’’berg, gebirge’’, et
pour le sens commun, la montagne désigne une réalité visuelle évidente
correspondant à une élévation brutale du relief terrestre, mieux, une forme
saillante de relief caractérisée par des altitudes, des volumes et des paysages
spécifiques qui font l’objet des conventions variables selon les contextes et
selon les pays.

De ce fait, en dépit de la convergence des traditions et de l’imaginaire des sociétés


sur les caractéristiques de la montagne (considérée à juste titre comme
l’effrayant, l’immuable, l’intouchable, l’inaccessible), le mot ne revêt pas les mêmes
significations selon les langues, les civilisations et les pays. La terminologie
espagnole et latino américaine utilisera le mot sierra pour montagne et cerros pour
chaîne de montagne, l’anglo saxon utilisera le terme hill pour désigner montagne et
colline. Si au Japon, le mot yama désigne à la fois montagne et forêt; au Népal,
himal est employé pour la haute montagne et pahar la moyenne montagne. Au
Cameroun selon les tribus, les termes variés vont mettre l’accent sur le degré
d’élévation et la pente, avec nkong, nkol, mbélé, hosséré pour désigner la montagne
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et la colline et kekeng la pente de la montagne. En effet, les contrastes


topographiques montagnards organisant le milieu et le territoire, permettent
d’appréhender la diversité topographique du monde.

Certes, il existe une imprécision sur la définition de la montagne si l’on s’en tient
aux différents contextes géographiques (montagnes de 1000, 2000, 3000, 4000
7000m etc.) ou alors politiques (toute définition conventionnelle paraît
réductrice). Cette imprécision tient à 3 raisons principales:
 l’absence d’unanimité des scientifiques sur les critères à retenir et les
valeurs quantitatives susceptibles d’avoir une fonction de seuil; entre 300
et 1000 selon la FAO (2002) ; A Mountain is defined by elevation above
sea level (minimum between 300 and 1000 meters, depending on
latitude), steepness of slope and excluding large plateaus
 la persistance d’un usage ancien et populaire (lié à l’imaginaire des peuples)
qui désigne par montagne l’un des deux termes d’un contraste paysager
entre formes de relief et terroir indépendamment de son altitude et de son
volume;
 l’association récurrente entre ce type de relations physiques et des
attributs ou des qualités que l’imaginaire collectif conçoit comme étant
consubstantiels (montagne lieu sauvage, vierge, de loisir, de tourisme;
montagne fertile et féconde) et qui organise l’aménagement de la montagne.

L’approche définitionnelle procédera a posteriori en fixant les composantes


conduisant à la personnalité des montagnes tant en milieu tropical que tempéré.
Celles-ci peuvent tenir à trois paramètres principaux indissociables (altitude et
relief, étagements et compartimentage, spécificité de la vie humaine) auxquels on
doit ajouter les considérations géopolitiques, socioéconomiques et culturelles.

1.1.1. Définition à partir des notions d’altitude et de versants abrupts


Ces deux notions peuvent servir d’angle d’attaque d’une définition. L’altitude,
première composante de la montagne, est l’un des éléments fondateurs et
caractéristiques de la personnalité géographique des montagnes. Elle peut être
exprimée par le relief dans sa dimension, son volume etc. L’altitude crée la
verticalité dont les effets sont appréhendés comme principes structurants de
la morphologie, des processus montagnards et de l’amplification des
phénomènes et risques naturels par l’effet de pente ainsi que des rapports
que les hommes établissent avec les montagnes. Il en est de même de la gravité,
des systèmes de pente, de la variation des gradients de stratification
atmosphérique (abaissement des températures, augmentation des précipitations).
Sur ce plan, dans le monde, les montagnes représentent pour des zones au-dessus
de 1000 m 6,5% de la surface du globe alors que celles en dessous de ce seuil
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représenteraient approximativement 23% de cette surface. Au Cameroun, 25%


des reliefs de montagne correspondent aux régions situées au-dessus de 1000m.
L’altitude, première composante de la montagne, constitue ainsi l’un des éléments
fondateurs et caractéristiques de la personnalité géographique des montagnes.

Par ailleurs, la notion de contraste d’altitude avec les piémonts doit être aussi
invoquée. Aussi, la montagne doit-elle s’élever brutalement au-dessus des reliefs
environnants et se dresser comme une muraille avec des dénivellations > 300.
C’est le cas du plateau de l’Adamaoua qui surplombe les régions aux alentours par
des versants escarpés et abrupts avec plus de 400 à 500m de dénivelées par
endroits. Par conséquent, le paradigme de la verticalité, propice aux discontinuités
et aux mobilités représente un critère important, mais pas suffisant. Ainsi, il
existe des milieux de plus de 3000 à 5000m d’altitude qui ne sont pas des
montagnes, parce que les versants ne sont pas abrupts, c’est le cas de l’altiplano
des Andes centrales et d’une partie des montagnes éthiopiennes. N’empêche que
c’est à cause des différenciations altitudinales que l’on parvient à distinguer la
haute montagne (> 2000m) de la moyenne montagne (1000-2000m) et la basse
montagne (<1000m).

Le paradigme altitudinal permet de définir la montagne comme une partie


saillante du relief de l’écorce terrestre à la fois élevée au-dessus de son
soubassement et à versants déclives, occupant une grande étendue (km²).
Cette définition fait prendre en compte plusieurs caractères physiques dont le
rôle morphologique sur l’environnement montagnard est perceptible. Cependant,
même si elle conditionne la mobilité et l’instabilité des versants, la verticalité à
elle seule ne suffit pas!

1.1.2. Définition à partir des notions d’étagement et de compartimentage


L’étagement du relief conduit obligatoirement à celui des formes, des formations
végétales, des systèmes bioclimatiques et morpho climatiques ainsi que des
activités humaines. En effet, avec l’étagement, les processus élémentaires
apparaissent surexcités et amplifiés par la ‘‘tyrannie’’ de la pente. L’étagement
permet également, à partir des critères structuraux et géomorphologiques
d’effectuer le compartimentage morphoclimatique montagnard si utile à la
description de ce milieu naturel.
Une telle situation débouche nécessairement sur des seuils au-delà desquels une
inversion ou une accélération des processus est possible. L’étagement induit donc
de grands contrastes et surtout le cloisonnement ou le compartimentage à
l’intérieur même de la montagne (crêtes, bassins et vallées intramontagnards,
types et formes de versants, plateaux et reliefs plans). Le compartimentage,
l’étagement et l’altitude s’associent pour conférer au climat un rythme
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(abaissement des températures avec l’altitude, gradient adiabatique, changement


floristique avec l’altitude et l’étagement, changement des processus
morphogéniques).
Le compartimentage explique en général les caractères de la vie humaine (le
montagnard choisit où s’installer en fonction du découpage de la distribution des
paysages et du relief et c’est d’ailleurs ce qui explique les représentations).

La montagne peut donc être définie comme un relief très compartimenté et


étagé dont le cloisonnement rythme la vie, l’organisation de l’espace et les
activités humaines.

1.1.3. Définitions à partir de l’homme et de ses activités


Les montagnes se singularisent autant par leur spécificité physique (altitude,
volume montagneux, climat, étagement des formes, mobilité, mosaïques de milieux)
que par le rapport avec les sociétés qui l’habitent ainsi que les contraintes qu’elles
imposent à ces sociétés. Les deux composantes précédentes laissent supposer que
la montagne par son élévation et son volume ainsi que son compartimentage,
apparaît dans l’imaginaire des peuples comme grandiose et immuable, mieux comme
un obstacle à affronter.
Paradoxalement et en dépit de sa rudesse, la montagne (hormis celle des pays
tempérés occidentaux) abrite une population nombreuse (près de la moitié de la
population du Globe vit en montagne) qui a pratiquement élaboré des genres de vie
adaptés à son cadre physique. Le troisième paradigme de définition de la montagne
est donc d’ordre humain et de ce point de vue, au Cameroun, c’est plus de 60% de
la population. Une telle situation autorise la prise en compte de la présence et des
représentations humaines dans les définitions de la montagne.
«les montagnes ont tenu et tiennent encore un rôle dans l’expansion, la
différenciation et la diversification des êtres vivants à la surface de la terre
au gré des variations paléoclimatiques, elles ont été des barrières, des ponts
et le plus souvent des abris» Rougerie, 1960

En effet, en dépit de l’isolement qui a contribué à faire des montagnes un refuge


ou un site de vie autarcique (Kabyles en Algérie, Toupouri et Bamiléké au
Cameroun), les hommes ont pénétrés jusqu’au cœur des montagnes et s’y sont
établis en bâtissant de très brillantes civilisations (Mayas, Incas en Amérique,
Bamiléké au Cameroun etc.).
Ce rôle de refuge n’a pas paradoxalement freiné l’expansion spatiale et l’occupation
des montagnes tropicales et notamment camerounaises si l’on s’en tient aux
densités de populations. Les habitants des montagnes humides Bamiléké et
Grassfields ne descendent-ils pas de l’Adamaoua, fuyant devant l’islam? Les Kirdi
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des monts Mandara ne sont-ils pas considérés comme des populations refugiées
dans ces montagnes sèches pour résister à la conquête islamique?
Certes, il n’est pas exclu que le déterminisme ait conditionné le mode de vie des
populations montagnardes, néanmoins « la montagne est parmi les milieux
distincts que présentent la terre, un de ceux qui par leur ensemble de
conditions physiques détermine avec plus de forces chez ses habitants un
caractère particulier» Reclus, 1905.

C’est dire que l’adaptation des populations à ce sanctuaire qu’est la montagne leur
confère un mode vie singulièrement différent de celui des populations des basses
terres environnantes. Ceci est d’autant plus vrai que le montagnard est considéré
souvent en fonction de sa robustesse, sa résistance, signe même et
caractéristique de la salubrité du milieu montagnard qui fragile par essence,
‘‘n’accouche’’ pas des hommes fragiles. C’est pourquoi, Dupaignes (1873), rappelle
qu’il suffit de prononcer le mot «montagnard pour éveiller l’idée d’homme
robuste, actif, persévérant, travailleur, brave, généralement honnête et de
bon sens, aimant la liberté, enfin sincèrement religieux».
L’auteur souligne à bon escient des qualités physiques liées aux avantages des
montagnes tropicales considérées à juste titre comme des îlots de fraicheur
relative (et qui suppose par conséquent des parasitoses moins développées et
l’éloignement du paludisme endémique) et des châteaux d’eau (par définition eau
saine) ainsi que des qualités morales et cosmogoniques sacralisantes qui font des
montagnards tropicaux des hommes respectueux et profondément religieux et
enracinés dans leur culture ancestrale. Sur ce plan, on retiendra la définition de
Veyret « Les montagnes sont définies comme des mosaïques de milieux
physiques plus ou moins anthropisés, des laboratoires de la nature, des musées
de paysage, des formes de mode de vie »

1.1.4. Approche conventionnelle et institutionnelle


La définition de la montagne en tant qu’objet de recherche a conduit à des débats
interminables obligeant des organismes, les politiques et décideurs et certains
scientifiques à utiliser des conventions. Ainsi, la convention alpine est un élément
propre à la montagne et ratifiée par neuf pays. Le chapitre 13 de l’Agenda 21
"Gestion des écosystèmes fragiles: mise en valeur durable des montagnes" est
un outil spécifique et conventionnel sur la montagne. Le Forum Mondial sur les
montagnes tenues à Paris en 2000, et la déclaration sur les montagnes et les hauts
plateaux d’Afrique d’Antananarivo en 1997, constituent des éléments qui
permettent d’évoluer vers une définition conventionnelle des montagnes. Une
douzaine de pays seulement ont doté leurs montagnes de lois spécifiques,
exhaustives ou partielles, dont Cuba, la France, la Géorgie, la Grèce, l'Italie, la
Suisse et l'Ukraine (FAO 2002).
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En Europe Orientale, notamment en Bulgarie, une région de montagne est un


territoire constitué d’une ou de plusieurs communes voisines, dont plus de 70% de
la superficie possèdent: soit une altitude supérieure à 600 mètres; soit une
dénivellation supérieure à 400 mètres entre le point le plus élevé et le point le plus
bas. En Fédération de Russie en 1998, la loi subdivise les régions de montagne en
trois catégories en fonction de leur altitude: les «basses montagnes» (< 1000m),
les «moyennes montagnes» (1001-2000 m) et les «hautes montagnes» où l’altitude
dépasse 2001 mètres. En Géorgie, le critère hypsométrique est privilégié et le
seuil altitudinal minimal adoptée est 1500 m. A ce critère de base, la loi ajoute
d’autres paramètres: degré de raideur des pentes, conditions environnementales,
qualité des sols, situation géographique, caractéristiques économiques et
ethniques, facteurs démographiques et migratoires etc. Ce qui permet d’intégrer
des milieux de 800-1000m comme le Caucase

Pour l’Europe occidentale, l’approche italienne paraît plus mécanique. En effet, la


loi 991 de 1952 relative aux bois, forêts et territoires de montagne, considérait
comme montagneuses les communes dont au moins 80% de la superficie se trouvent
au-dessus de 600 m d’altitude et les territoires ayant une dénivellation d’au moins
600 m (art. 1). Les dispositions de 1990 et 1995 n’ont pas amélioré une telle
délimitation. En Allemagne, la définition toute aussi administrative, classe comme
montagne toute portion de territoire dont l’altitude est supérieure à 500m. En
France, le décret 61-650 du 23 juin 1961 souligne que la «zone de montagne
comprend le territoire des communes qui sont situées dans une proportion d’au
moins 80% de leur superficie à une altitude supérieure à 600 mètres au-dessus du
niveau de la mer, ou dans lesquelles le dénivellement entre les limites altimétriques
inférieures et supérieures cultivées n’est pas inférieur à 400 mètres. La loi 85-
30, en son article 3 n’a pas beaucoup modifié cette donne et prend en compte le
facteur altitudinal et la pente. Par contre en Suisse, la durée de la saison
végétative fonde la définition. Les régions de montagne sont délimitées
conformément à l’ordonnance 912.1 qui en distingue quatre catégories allant des
sites montagneux bien situés (zones de montagne I) aux sites les plus défavorisés
(zones de montagne IV), en passant par les catégories intermédiaires (zones II et
III). La délimitation de ces zones se fait par référence à trois critères
d’importance décroissante dont les conditions climatiques, les voies de
communication et la configuration du terrain (altitude & pente).
On pourra enfin signaler 1000 pieds soit 300 m en Grande Bretagne, 1000m dans
les Andes en Bolivie, 600m au Cameroun. Toutefois pour le Cas du Cameroun, il
n’existe aucun texte régissant ce milieu particulier, la carte du Cameroun montrant
aisément une bonne proportion de hautes terres cernant le pays
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Figure 1 : le relief du Cameroun

En dépit de l’utilisation des technologies spatiales, ceux-ci continuent de s’appuyer


sur les paramètres topographiques (altitude et versants) pour esquisser une
définition conventionnelle. Sur cette base, Kapos & al. (2000), à partir du modèle
numérique de terrain (GTOPO30) de l’environnement montagnard mondial, sont
parvenus empiriquement à générer 6 classes d’élévation:
• Classe 1: 4500 m d’élévation
• Classe 2 : 4500 -3500 m d’élévation
• Classe 3 : 3500–2500 m d’élévation
• Classe 4 : 2500–1500 m d’élévation et versant 2
• Classe 5: 1500–1000 m d’élévation et versant 5 ou élévation locale
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• Classe 6: 1000–300 m d’élévation


Le Cameroun comprend les cinq dernières classes.

1.1.5. Approche géopolitique


La géopolitique est fondée sur les réalités de la géographie physique et … les
montagnes ne sont que des obstacles physiques, et non politiques. Objet
géographique multiforme, les montagnes constituent une réalité dont on ne peut
faire abstraction en matière de géopolitique.
Aussi, la montagne peut-elle être une barrière politique, délimitant les tribus
(chefferies Bamiléké et Bamoun), les régions (Ouest Cameroun et Adamaoua), les
Etats (Cameroun – RCA par l’Adamaoua, Cameroun-Nigeria à travers les monts
Alantika & Mambila; France – Suisse à travers les Alpes, Congo-Gabon à travers la
chaîne du Mayombé, etc.).
Elle a jadis été considérée comme un site défensif voire répulsif qui a caractérisée
une bonne partie de la mythologie grecque et celle des montagnes tropicales
considérées à juste titre en raison de leur verticalité comme sacrées. Qu’il
s’agisse des Basques, des Corses, des Kabyles ou des Tchétchènes, des Kirdi du
Nord Cameroun, une bonne partie de ces peuples ne vit plus en montagne, mais
dans les villes de la plaine.
Néanmoins les relations avec la montagne demeurent, et, elle est parfois
considérée comme lieu de sacrifices et de communion avec les ancêtres, ce qui
justifie les mouvements permanents de la plaine vers la montagne et vice versa
ainsi que le déploiement des activités économiques.

Une montagne est un ensemble géographique, d’au moins une dizaine de


kilomètres de longueur ou de diamètre, qui se dresse au-dessus de plaines
plus ou moins proches, et dont le relief est essentiellement formé d’une
hiérarchie de crêtes et de versants escarpés, les différences d’altitude étant
suffisamment marquées pour déterminer des contrastes bioclimatiques
évidents au moins pendant une notable partie de l’année (Yves Lacoste).
Pierre George et Fernand Verger définissent la montagne comme « partie
saillante ou relief de l’écorce terrestre à la fois élevé (plusieurs centaines de
mètres au-dessus de son soubassement) à versants déclives et occupant une
grande étendue (plusieurs kilomètres carrés au moins) ».

1.1.6. Approche socioéconomique


L’évolution des sociétés et des civilisations conduit à reconsidérer le sens et le
rôle jadis dévolus aux montagnes. Le paradigme socioéconomique apparaît lié au
contexte spatiotemporel de la montagne. Les travaux d’économie territoriale et
d’anthropologie, qui étudient les interactions entre formes sociales et culturelles
d’une part, les modalités d’appropriation des ressources et modes de production
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d’autre part, permettent à certains spécialistes de prétendre concevoir un champ


spécifique de production scientifique dédiée à la montagne, une « montologie »
(Ives & Messerli, 1999, p. 464 ; Ives & Messerli, 1989; Rhoades, 1997;
Banyopadhyay, 1992)
En ce sens, les montagnes vont apparaître économiquement comme des châteaux
d’eau, comme des réservoirs conservateurs de la biodiversité animale et végétale
(élément de problématique), comme des espaces multifonctionnels pour la
production agro sylvo pastorale, bref des greniers alimentant les régions d’un pays
ou du monde, ou enfin comme des espaces touristiques et récréatifs au sens
patrimonial du terme etc. Paradoxalement, sous les Tropiques, elles n’ont pas
bénéficié d’installations industrielles.

1.1.7. Approche culturelle


Le paradigme culturel conduit à l’idée selon laquelle les montagnes peuvent faire
l’objet d’une représentation collective pour les populations qui l’habitent ou la
fréquentent. Ainsi, dans l’Olympe grecque, la montagne était le centre de l’Univers,
la clé de voute de la conception du monde; car, elle favorisait certaines valeurs
morales et éthiques. Elle engendre chez ses habitants, le sens de l’effort, de la
dignité, la robustesse, la sincérité, le sens du partage et le sens religieux.
La montagne est le champ social des peuples qui par leur coutumes et traditions
vivaces en font un cadre social stable et harmonieux. D’ailleurs le déterminisme de
la dépendance des sociétés rurales africaines dépend de cette appréhension
culturelle de la montagne. La montagne induit donc véritablement des mentalités
et des formes de vie particulières dans l’imaginaire des peuples.
Le peuple hébreu a fait de Yahvé le Dieu de la montagne par allusion à l’apparition
au Mont Sinaï. Pour les Incas et dans la cosmogonie africaine, la montagne
représente la demeure des dieux ou encore le refuge des esprits (Kong Pou) et
des mânes des ancêtres.
Cet élément culturel est celui qui agit sur le façonnement du paysage montagnard
au sens strict (Cosgrove & Daniels, 1988; puis Cosgrove, 1998, demandent de
distinguer paysage politique et paysage culturel). Ledit paysage est constitué de
cultures en terrasses dans les Mandara, les montagnes rwandaises et népalaises;
de bocage et labours en courbes de niveau chez les Bamiléké etc.

Dans tous les cas, le caractère imposant de la montagne a influencé l’imaginaire de


l’homme et réglé le rythme de ses activités, car aux limites des possibilités de vie,
on est fasciné par le paradoxe des êtres humains semblant vivre au-delà des seuils
imposés par la montagne. Dès lors les montagnes sont souvent apparues aux
hommes, notamment en milieu tropical (où la technologie n’a pas autant dompté la
nature qu’en milieu tempéré), comme symbole d’éternité, l’immuable, le séjour des
dieux et des esprits, les cathédrales et forteresses de la terre.
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Indépendamment de ses caractères objectifs, une montagne est aussi pour les
habitants et visiteurs une représentation collective. Façons dont les systèmes
culturels se représentent tout ou partie de la réalité montagnarde et façon dont
les pratiques collectives, les règles institutionnelles et les dynamiques sociales
sont influencées par ces représentations.

Conclusion définitionnelle : En rassemblant tous ces paradigmes, la montagne peut


être définie comme un relief très accidenté, de fort contraste topographique,
possédant un certain volume, puis s’élevant brusquement au-dessus du relief
environnant, et marqué par un certain mode d’occupation humaine façonnée par des
mentalités particulières, des aménagements et des rythmes de vie particuliers.
«Les montagnes sont définies comme des mosaïques de milieux physiques plus ou
moins anthropisés, des laboratoires de la nature, des musées de paysage, des
formes de mode de vie» Veyret

1.2. Typologie des montagnes


Que la montagne soit ainsi définie comme un ensemble géographique permet d’y
intégrer et d’y combiner les plus divers sous-ensembles (grandes vallées et plaines
intérieures, axes de circulation vers les cols, zones de peuplement, villes), et d’y
distinguer éventuellement différents sous-ensembles montagneux. Ceux-ci sont
d’autant plus importants qu’il s’agit parfois de très grandes chaînes de montagnes.
En effet, comme pour tout ensemble géographique, il faut distinguer différents
ordres de grandeur :
 Les énormes chaînes de montagnes, c’est-à-dire les Andes (4000km) et
l’Himalaya (2500km), qui sont en fait des ensembles de chaînes, s’allongent sur
des milliers de kilomètres et relèvent de ce qu’il est convenu d’appeler le
deuxième ordre de grandeur (le premier, celui des continents et des océans, se
mesurant en dizaines de milliers de kilomètres).
 De grandes montagnes comme les Alpes (700km), le Taurus ou le Caucase
(900km) se mesurent en centaines de kilomètres et relèvent du troisième
ordre de grandeur. (Kilimandjaro, Mont Kenya)
12

 Bien plus nombreuses sont des montagnes qui se mesurent en dizaines de


kilomètres (quatrième ordre), comme les Vosges, la Forêt-Noire ou la Sierra
Maestra à Cuba (Mont Cameroun (70km) et autres)
 Et il y a le grand nombre des petites montagnes de quelques kilomètres de
longueur qui se dressent comme nettement individualisées au-dessus des
plaines (Mt Oku etc, Massif du Mbam; du Mbapit, du Nkogam etc)

Toutefois, pour caractériser une montagne, il ne faut pas seulement tenir compte
de sa longueur sur la carte, mais aussi de l’altitude de ses principaux sommets et
des différents niveaux de son volume montagneux. Cela détermine l’étagement d’un
plus ou moins grand nombre d’étages bioclimatiques, nombre déterminé toutefois
par les caractéristiques thermiques saisonnières de la zone climatique où se situe
le relief montagneux

Importance des montagnes en Europe


Lez zones de montagne européennes revêtent une quadruple importance pour la
population du vieux continent
• 1) elles constituent des ‘châteaux d’eau’ du continent, en particulier l’été,
et source d’énergie hydroélectrique ;
• 2) ce sont des lieux de diversité, à la fois biologique et culturelle ;
• 3) leurs particularités naturelles et leur patrimoine culturel en font des
endroits récréatifs et touristiques ; et
• 4) elles sont sensibles aux changements environnementaux qui se
manifestent par la fonte des glaciers.

Importance des montagnes sous les Tropiques


Les montagnes sous les tropiques revêtent une quadruple importance pour leur
population
• 1) Ce sont des ‘châteaux d’eau’ et source d’énergie hydroélectrique ;
• 2) ce sont des lieux de diversité, à la fois biologique et culturelle et des
greniers des populations concourant à la sécurité alimentaire
• 3) leurs particularités naturelles et leur patrimoine culturel en font des
endroits récréatifs et touristiques ; puis de conservation de la biodiversité
et des cultures locales
• 4) elles sont sensibles aux changements environnementaux qui se
manifestent l’augmentation des températures liées à la déforestation
massive et à l’exploitation.

Toutefois, les plus hauts sommets de la Planète se trouvent sous les tropiques
comme le montre le tableau
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La terre compte quatorze sommets excédant 8 000 mètres, tous situés dans la chaîne de
l'Himalaya ou celle du Karakoram. Ils furent conquis en l'espace d'une quinzaine d'années.
Sommet Altitude Conquête
Everest 8 850 m 1953
K2 (Godwin Austen) 8 611 m 1954
Kangchenjunga 8 586 m 1955
Lhotse 8 516 m 1956
Makalu 8 463 m 1955
Cho Oyu 8 201 m 1954
Dhaulagiri 8 167 m 1960
Manaslu 8 163 m 1956
Nanga Parbat 8 126 m 1954
Annapurna 8 091 m 1950
Gasherbrum I 8 068 m 1958
Broad Peak 8 051 m 1957
Shisha Pangma 8 046 m 1956
Gasherbrum II 8 035 m 1964

Les plus hauts sommets des continents donnent encore la première place aux
nations tropicales
Tandis que les quatorze plus hauts sommets du monde sont situés en Asie, la plus
haute cime de chacun des continents excède 5 000 mètres à l'exception de la
pyramide de Carstensz en Indonésie.
Continent-Pays Sommet Altitude
Asie-Népal et Tibet Everest 8 850 m
Amérique du sud-Argentine Aconcagua 6 959 m
Amérique du nord-Alaska E.U. Mc Kinley 6 195 m
Afrique-Tanzanie Kilimandjaro 5 895 m
Europe-Russie Elbrouz 5 642 m
Antarctique Vinson 5 140 m
Australie/Océanie-Indonésie Carstensz 4 884 m

Les plus hauts sommets du Cameroun supérieur à 1740m


Région Noms des sommets Altitude en m
Nord Hosséré Vokré 2049
Pic de Saptou (Mts Alantika) 1885
Ouest Bamboutos 2740
Mbam 2335
Nkogam 2263
Bana 2097
Mbapit 1988
Bangou 1924
Bani 1921
14

Adamaoua Tchabal Mbabo 2460


Monts Gotel 2418
Tchabal Ngandaba 1960
Tchabal Nganha 1923
Mts Mambila 1821
Littoral Nlonako 2063
Koupé 2050
Nord-Ouest Oku 3011
Lefo 2563
Santa 2225
Sud-Ouest Mt Cameroun 4095
Manengouba 2396
Mts Bakossi 1845
Mts Rumpi 1745

1.3. Caractéristiques et caractères du relief montagnard


1.3.1. Caractères physiques de la montagne
Altitude : les montagnes c’est 6,5% de la surface du globe au dessus de 1000m et
22,6% en deçà
Notion de différence d’altitude: la montagne doit s’élever brutalement comme
une muraille au-dessus du pays environnant (Nkogam, Mandara, Mindif)
Grands contrastes de relief à l’intérieur même de la montagne. Une montagne
est une succession d’interfluves séparés par de profondes vallées avec de grands
versants à pentes fortes, des surfaces planes (altiplano), des cols et des bassins
d’effondrement tenant lieu de plaine (Ndop).

Compartimentage du relief qui le cloisonne et y développe des étages. Il explique


les caractères de la vie humaine (incas se réfugiaient dans des bassins à haute
altitude)
Présence de Cols, pass (abaissement d’axe de crête) permettent aux montagnes
de communiquer( Bana, Sabga, Batié)
Présence de grands versants qui peuvent avoir 6000m de dénivellation comme au
Népal avec des pentes comprise entre 25 et 60° sous les Tropiques et 15 à 25° en
milieu tempéré.
Ces pentes peuvent être liées à la structure et la tectonique (falaise Bamenda,
escarpement de Batié, de Ngaoundéré). La tectonique guide le drainage et oriente
les cours d’eau qui se calque sur de grandes cassures
Type de versants dépendent de la structure et de la tectonique. Selon l’altitude,
on peut distinguer 3 types de montagne : haute montagne (>2500m), moyenne
montagne (1000-2500m) et basse montagne (<1000m)
Selon le climat, on distingue 2 types: Les montagnes sèches qui représentent un
monde minéral (Andes d’Atacama, Tibesti, Hoggar) et les montagnes humides
15

(Andes de Colombie, mont Cameroun, Himalaya etc. Dès lors, l’exposition joue un
rôle fondamental et permet de distinguer l’adret et l’Ubac en milieu tempéré,
versants exposés et sous exposé en milieu tropical.
La typologie des versants peut se résumer à trois catégories:
• Versants nus que l’on retrouve en montagne sèche ou en haute montagne. Ils
sont décapés de leurs altérites à cause de la forte pente et de la vigueur
de l’érosion. Ce sont des escarpements à facettes, des rebords de trapps
ou de coulées basaltiques, des parois nus et de versants raides à pente
d’éboulis.
• Versants à gradins qui sont structuraux, Jakiri, Bafang, Ndop
• Les versants couverts: avec épaisse couverture d’altérite, convexes ou
convexo concaves ou concaves
Système de crêtes qui représentent des résidus d’anciennes surfaces (Kumbo
Nkambé, on circule entre 1200-1400m sur une ligne de crête caractérisée par
de vieilles cuirasses bauxitiques. Les crêtes peuvent représenter des résidus
de coulées ou de constructions volcaniques (dykes, necks) donnant des
pointements rocheux (aiguilles). Elles peuvent être liées à la tetonique (Magbas
et mylonite de Foumban)
Vallées et bassins intramontagnards
• Gorges très profondes 2-3000m, Gorges du Nkam, de Sagbayémé. Ces
gorges posent un double problème : problème tectonique ou d’épigénie
• Vallées en V fréquentes dans les montagnes tempérée et même tropicales.
• Vallées en berceau dans les milieux tropicaux qui ont reçu des coulées
basaltiques
• Vallées et vallons suspendues liées aux mouvements orogéniques
• Les profils longitudinaux sont en marche d’escalier montrant l’adaptation à
la structure (Mentchum, Bamiléké, etc), antécédence pour les cours d’eau
de l’himalaya
Les éléments morphoclimatiques: changement de climat avec l’altitude notamment
changement dans le rythme de la pluviométrie, abaissement des températures avec
un gradient 0.6° tous les 100m
Changement dans la végétation avec étagement: forêt humide à la base, savane
arborée et herbeuse pelée, steppe et pelouse ou prairie au sommet avec parfois
neige sur les hautes montagnes (Kilimandjaro, Kenya)
Changements dans les processus morphogéniques marquées par apparition du gel,
changement de caractère de l’érosion qui devient catastrophique, accroissement
et intensification de ce caractère catastrophique, les cours d’eau devenant des
torrents
Changements dans les sols qui sont épais et profonds à la base et passent aux
lithosols vers le sommet.
16

Il faut aussi signaler l’étagement des formations végétales, de la


morphogenèse, du relief, du sol et cet étagement oriente et organise l’activité
humaine qui s’arrêt e dès qu’un seuil surgit. La péjoration climatique détermine la
disposition de l’habitat.

1.3.2. Caractères humains de la montagne


L’homme y intervient de façon subjective en fonction de ses représentations.
Dans les sociétés primitives et même avancées, la montagne dans l’imaginaire de
l’homme est quelque chose de grandiose, d’immuable, d’éternel, d’invincible. C’est
la demeure des dieux ou des esprits, des génies: olympe grecs, Machu Pichu des
Incas dans les Andes, Efasa moto du mont Cameroun etc.
La révélation biblique a eu lieu sur le mont Sinaï
La montagne a une valeur sociologique et anthropologique à travers ses formes
d’occupation humaine se traduisant par un changement d’activité (culture en
terrasses Népal, Mandara, Rwanda), des densités humaines fortes.
Haut lieu d’élevage (70% du cheptel du Cameroun revient aux régions de montagne
(Adamaoua, Mandara, Nord ouest, Ouest etc). Transhumance active et alpages
Un autre rôle sociologique fait de la Montagne un refuge. A cet effet, il
correspond à l’établissement de brillantes civilisations. Touaregs, Bamilékés,
mayas et Incas, tibétains, Aztèques, Caucase, Bamoun

Au plan sanitaire, la Montagne milieu plus salubre que les basses terres,
n’admettant pas de moustiques et glossines

Conclusion
L'appréhension scientifique de la montagne est fortement influencée :
• Par les cadres disciplinaires dans lesquels il prend place : la géographie
"met l'accent sur les paramètres géométriques de la montagne alors que [la
géologie] traite plus des propriétés et de la structure des éléments
constitutifs des montagnes et de leurs aspects génétiques" (Lidia Ioganson)
• par les écoles de pensée : recours aux étages de végétation important chez
les tenants d'une conception classique de l'écologie et de la biogéographie
(Ozenda 1985) mais perd de sa pertinence chez les plus jeunes.
L'importance attachée aux modes de vie pastorale et aux migrations
humaines (Grötzbach 1980) remonte loin dans l'histoire de l'anthropologie
et de la géographie (Blache 1930), mais perd de sa pertinence avec évolution
des modes de vie et de production observée dans les montagnes
contemporaines.
• par les concepts qui structurent une problématique scientifique : possible
de différencier les chercheurs selon qu'ils considèrent que la montagne est
17

un type de paysage, un type de milieu, un ensemble d'écosystèmes ou un


type de région géographique. Historiens d'art parlent de motif montagnard.
Les chercheurs qui étudient les manières de faire référence à la réalité
géographique ou écologique conçoivent la montagne comme une figure
géographique ou comme une forme commune de représentation
géographique.

La notion de montagne mérite donc mieux qu'une définition (une recherche


d'attributs nécessaires et suffisants, recherche de discontinuités structurales
universelles, identification de spécificités absolues... serait vaine) : une analyse de
sa position et de son statut dans les divers lexiques et énoncés scientifiques qui y
ont recours. Pour ce faire, les chercheurs ont du concevoir le rapport entre le réel
et ses manifestations sensibles (les phénomènes) et les catégories lexicales (les
mots).
• Posture 1 : la montagne et le réalisme naïf : la montagne existe en soi,
en tant que telle.
• posture 2 : la montagne et l'idéalisme : toute montagne n'est qu'une
construction de l'esprit, une sensation ou une représentation, sans aucune
forme de matérialité ou de réalité. Position philosophique mais jamais
présente chez les scientifiques.
• posture 3 : la catégorie "montagne" comme reflet de l'ordre naturel. La
montagne est une forme naturelle en soi. La désigner comme telle revient
à introduire dans le langage ce qui existe par ailleurs dans l'ordre de la
nature. Puisque toutes les montagnes participent d'un ordre naturel
cohérent, il doit être possible de découvrir dans l'exercice comparatif des
signes de leur identité commune. Combinaison de la pente et de l'altitude
comme le critère de caractérisation des montagnes (Messerli et Ives,
1997). La montagne étant un objet naturel en soi, elle dispose de limites
qu'il suffit de reconnaître dans l'apparence des phénomènes (cf Paul et
Germaine Veyret, 1962).
• Posture 4 : la catégorie "montagne" comme convention. Existence d'une
réalité indépendamment des représentations que l'on en a (diffère de la
posture idéaliste) mais on reconnaît que cette réalité ne peut être
approchée en tant que telle, qu'au travers de représentations adéquates
(diffère du réalisme naïf). Position kantienne de réalisme externe. Le
recours à la notion de "montagne" pour désigner un ensemble de régions, de
milieux ou de paysages correspond alors à une convention sociale. les
Scientifiques ont des façons tout aussi conventionnelles que pop locales,
alpinistes, poètes... Mais certains assimilent convention à arbitraire et
subjectif pour la rejeter. Cette attitude qui veut que le lexique des
18

scientifiques et la connaissance que leur lexique leur permet de construire


reflètent la réalité n'a aucun fondement épistémologique.
• Posture 5 : la montagne comme réalité institutionnelle. Les scientifiques
peuvent tout à fait étudier, moins la montagne comme telle, que telle qu'elle
est instituée par les sociétés, les religions, les croyances, les institutions
étatiques (loi montagne...). La "montagne" sur laquelle travaille le chercheur
n'est pas un élément d'un système symbolique propre au scientifique, mais
un fait social qui a besoin de l'accord des hommes pour exister en tant que
tel. Leur caractère fondamental est qu'elles sont les parties superficielles
de ce squelette que le Créateur a donné à la Terre pour lui conférer la
cohésion et la stabilité nécessaire à la vie des hommes : elles sont le "signe
évident du projet de Dieu sur terre" (Miquel, 1980) notamment parce que le
nœud planétaire de ces chaînes est placé en Arabie. Ici, le terme
"montagne" (gabal, devenu djebel) désigne un ensemble de formes
naturelles bien réelles, très hétérogènes par rapport à nos critères actuels,
mais qui ne valent comme montagnes que dans la mesure où elles participent
d'une interprétation générale, cosmogonique et religieuse, qui leur confère
une signification globale. => institutionnalisation religieuse d'une convention
de langage qui a eu des effets dans l'organisation des rituels musulmans et
dans l'aménagement des lieux correspondants.
19

2.Formation des montagnes


D’où qu'elles soient situées, les hautes chaînes de montagnes du monde ont en
commun un certain nombre de caractéristiques liées aux processus de leur
formation et de leur évolution. Elles imposent en outre des conditions de vie
similaires à la flore, à la faune et aux hommes qui y sont établis. Comment se
forment les montagnes ? Quelles sont les conditions qu'elles imposent à ceux qui
y vivent ? Quelle importance revêt la préservation des montagnes parmi les
éléments essentiels à la vie sur terre ?
L’orogenèse est le terme scientifique désignant l'ensemble des mécanismes de
formation des montagnes, divers systèmes théoriques (modèles géodynamiques)
englobant ces processus de formation des reliefs, et des ensembles d'orogènes
(systèmes montagneux sur une portion de croûte terrestre ayant subi
d'importantes contraintes compressives engendrant plis et nappes de charriage)
se succédant à travers les temps géologiques encore appelés phases orogéniques.
En ce qui concerne ces regroupements temporels et géographiques effectivement
constatés, les cycles de Wilson donnent un cadre explicatif cohérent basé sur
la tectonique des plaques et la finitude de la surface sub-sphérique de la Terre

2.1. Observations du problème


La formation des montages Celle-ci a fait objet de plusieurs théories pendant
des siècles avec deux écoles pourtant complémentaires qui s’affrontaient:
1. les géologues qui s’appuient sur la stratigraphie et la tectonique (études
des alpes)
2. Les géophysiciens à partir de l’élaboration des modèles mathématiques
expliquant l’évolution de la terre.
En de ces deux écoles, les problèmes posés par la formation des montagnes
sont avant tout géologiques et même géographiques; notamment la Position
des montagnes à la surface du globe:
1. guirlandes insulaires comme les îles du Japon,
2. montagnes intracontinentales comme Oural, Himalaya, Atlas
3. Chaînes de montagnes entourant les mers : Alpes qui enserrent la
Méditerranée

2.2. Théories en appui


Avant l’adoption d’une posture finale plus cohérente, plusieurs théories ont été
élaborées au rang desquelles quelques unes seront exposées.

2.2.1. Théorie de la contraction de la terre de Jessen


Le refroidissement de la Terre (chaude) aurait entraîné une diminution de son
volume, donc de sa surface. Celle-ci aurait donc été mise sous compression, ce qui
20

aurait été à l'origine et des chaînes de montagnes, et des vastes dépressions que
constituaient les océans.
Les arguments de Jessen : Théorie de la contraction de la Terre, due à son
refroidissement. Dressant le constat des bourrelets montagneux des
continents qui sont flanqués par les profondeurs océaniques considérables
Eduard Suess (1831-1914) défend la théorie de la contraction terrestre pour
expliquer l'existence des continents et des océans. Pour lui, et de nombreux
géologues, la surface de la Terre s'est contractée comme une pomme créant des
creux et des bosses, les zones continentales et les zones océaniques.

Critiques de cette théorie


Dans les Alpes, le premier niveau, situé à 100 m au-dessus du niveau de la mer,
correspond aux plaines et plateaux qui forment la majorité de la surface des
continents ; le second, situé à 4700 m sous le niveau de la mer, correspond aux
fonds abyssaux (courbe en trait plein). Wegener souligne que selon la théorie de
la contraction de la Terre, la loi des fréquences devrait être celle d'une courbe
de Gauss avec un seul maximum (courbe en pointillé).

« C'est surtout la découverte, dans les Alpes, des nappes de charriage ou de


recouvrement qui fit apparaître l'insuffisance de l'explication, par ailleurs déjà
laborieuse, de la formation des montagnes comme effet de la contraction.
Ces nouvelles conceptions concernant la formation des Alpes et d'autres chaînes
de montagnes, introduites par Bertrand, Schardt, Lugeon, etc., conduisent à des
21

transports en masse des plis sur des distances beaucoup plus grandes que celles
envisagées par les théories anciennes. Heim avait conclu d'après celles-ci que les
Alpes avaient dû subir une contraction de l'ordre de leur moitié […] »

2.2.2. Théorie des nappes de charriage


D’après cette théorie et fondée sur les observations dans les Alpes, les montagnes
proviendraient des phénomènes de compression et de charriage
Marcel Bertrand poursuit les idées tectoniques de Suess, en définissant, en 1884,
la notion fondamentale de nappe de charriage. Il explique que dans les montagnes
certains terrains peuvent venir chevaucher des terrains d'âges et de natures très
différentes. Ces recouvrements ou nappes de charriage ne peuvent se comprendre
que par des mouvements tangentiels très importants (de l'ordre de la centaine de
kilomètres) et mettent pleinement en évidence la nécessité de poussées latérales.
De 1900-1925, les mouvements tangentiels ont conquis le monde scientifique avec
la découverte des nappes de charriage dans les mines de houille et dans les Alpes.
Dès lors, presque toutes les montagnes et notamment celles du monde alpino
méditerranéen étaient traitées comme des empilements de couches poussées
horizontalement les unes sur les autres d’où les plissements.

Un des exemples historiques (la Faille du Midi qui limite au Sud le bassin houiller
franco-belge, dessinée en 1876) où les géologues ont mis en évidence des
« charriages », qui nécessitaient de fortes poussées latérales.
22

Figure . Structure du Zillertal selon Pierre Termier (modifié d’après Termier, 1903,
. 734). G : Zentralgneis, T : calcaire triasique, g : Grauwackengneis, S : Schieferhülle, Q : quartzites
triasiques, P : phyllades de Pinzgau, W : schistes fortement sériciteux

2.2.3. Théorie du diapirisme granitique


Le moteur du diapirisme réside dans les différences de densité entre les magmas
granitiques et leur encaissant métamorphique granite à 800° densité 2,4: roches
métamorphique densité 2,7-2,9.
L’ascension diapirique se fait en fonction des viscosités et des densités relatives.
Il affecte les granites légers de fusion crustale mais aussi des magmas plus
denses comme gabbro diorite d’origine mantellique
L’intensité du diapirisme peut être augmentée quand des efforts tectoniques
viennent ajouter leurs effets à ceux de la gravité comme c’est le cas dans les
racines des chaînes de montagne

2.2.4. Théorie des géosynclinaux


Les géosynclinaux sont des fosses allongées de l’écorce terrestre ayant presque
toujours pris naissance en bordure des aires continentales ou des compartiments
relativement rigides de l’écorce.
23

Les fosses géosynclinales sont constituées d’énormes accumulations de couches de


faciès uniforme profond et souvent plissées
Émile Haug considère de son côté, en 1900, que les chaînes de montagnes se
forment uniquement le long de bandes étroites (les géosynclinaux) intercalées
entre des unités continentales stables. La déformation tectonique se confine donc
dans des endroits précis du globe, ce qui formera plus tard une des bases de la
théorie de la tectonique des plaques. Il donne des arguments géologiques mais
aussi paléontologiques qui militent en faveur de l'existence de chaque unité
continentale.
Désigne une dépression sous-marine plus ou moins profonde et de très grande
dimension dont le plissement donnerait naissance à des chaînes de montagnes.
Cette théorie a progressivement été abandonnée au profit de la tectonique des
plaques

• Figure . La théorie des géosynclinaux d'Émile Haug (modifié d’après Marvin, 1974,
p. 48). Les bassins remplis de sédiments sont transformés en chaîne de montagne par le
soulèvement de la plateforme continentale.

2.2.5. Théorie des mouvements verticaux


D’après cette théorie de Hal et Dana, les chaînes de montagnes sont des anciens
bassins sédimentaires soulevés. D’où la notion de cycle orogénique qui comprend
une phase de sédimentation, une phase orogénique (soulèvement) et une phase de
compensation isostatique.
Enjalbert Henri va montrer que les montagnes sont le résultat des mouvements
verticaux, surtout de grandes failles. D’après ce système récent pouvant être
24

appliqué au tertiaire, les montagnes correspondraient au horst (Afrique de l’Est).


Il s’appuie sur le mobilisme incessant de l’écorce terrestre et l’influence des crises
morphogéniques.

2.2.6. Théorie de la dérive des continents de Wegener


En 1912 il écrit : « l’hypothèse fondamentale est que les socles continentaux
doivent s’être déplacés les uns par rapport aux autres.
L’Amérique du Sud doit avoir été contiguë à l’Afrique, au point de constituer avec
elle un bloc continental unique, la Pangée. Ce bloc s’est scindé en plusieurs parties
qui se sont écartées au cours du temps comme dérivent les tronçons d’un glaçon
se brisant dans l’eau. »
Cette théorie a été controversée pendant plus de 40 ans car Wegener manquait
d’informations pour expliquer la façon dont les continents se déplacent.
25

Observations et arguments de Wegener


Les traces de la glaciation permo-carbonifère sur les continents actuels
C'est autour de 1910 que Alfred Wegener (1880-1930), élabore sa théorie de la
dérive continentale en opposition avec la théorie de la contraction terrestre. Ce
scientifique autricchien est climatologue et glaciologue et non géologue. C'est en
observant la dérive des icebergs sur l'océan qu'il imagine l'idée de la dérive
continentale.

Wegener apporte plusieurs séries d'arguments de toute nature, en faveur d'une


dérive continentale.
• 1) la complémentarité des formes des continents
• Depuis longtemps, on avait remarqué la complémentarité des formes de
l'Afrique et de l'Amérique du Sud. Au XIXème siècle, le géologue Antonio
Snider-Pellegrini avait imaginé une réunion de ces continents.
• 2) Les arguments géologiques
• Si on compare la géologie de l'Amérique du Sud et de l'Afrique, on constate
que les vieux massifs, ou boucliers, sont en continuité. Les roches qui les
constituent sont les mêmes.

Autour de ces boucliers, les chaînes de montagnes plus récentes ont des âges
allant de 450 à 650 Ma. Les traits indiquent le "grain" tectonique de ces chaînes.
À remarquer, dans les régions de São Luis et de Salvador au Brésil, la présence de
petits morceaux de boucliers.
Le rapprochement des deux continents (carte ci-contre) montre qu'en fait les
deux petits morceaux des zones de São Luis et de Salvador se rattachent
respectivement aux boucliers ouest-africain et angolais, et qu'il y a aussi une
certaine continuité dans le grain tectonique des chaînes plus récentes qui viennent
se mouler sur les boucliers. L'image du puzzle est cohérente.
26

La correspondance des structures géologiques entre l'Amérique du Nord et


l'Europe confirme aussi l'idée de Wegener. Les trois chaînes de montagnes,
Appalaches (Est de l'Amérique du Nord), Mauritanides (nord-est de l'Afrique) et
Calédonides (Iles Britanniques, Scandinavie), aujourd'hui séparées par l'Océan
Atlantique, ne forment qu'une seule chaîne continue si on rapproche les continents
à la manière de Wegener. Les géologues savent depuis longtemps qu'effectivement
ces trois chaînes ont des structures géologiques identiques et qu'elles se sont
formées en même temps entre 470 et 350 Ma.

La dérive des continents est une théorie proposée au début du siècle par le
physicien-météorologue Alfred Wegener, pour tenter d'expliquer, entre autres,
la similitude dans le tracé des côtes de part et d'autre de l'Atlantique, une
observation qui en avait intrigué d'autres avant lui.

• 3) les arguments paléontologiques


Depuis que la science s'intéressait aux fossiles, on avait constaté que ceratins
fossiles, dont le Mésosaure, se retrouvait aussi bien an Amérique du Sud, qu'en
Afrique ou en Inde. On avait le même cas avec une fougère fossile du nom de
Glossopteris.
27

• 4) Les arguments climatiques


En Afrique et en Amérique du Sud, on a trouvé des traces de glaciation très
anciennes. Ces traces correspondent à l'usure des roches suite au déplacement
des glaciers. Le sens de l'usure permet de reconstitué le trajet des glaciers.
Pour Wegener, la présence de ces deux maxima est le signe que la nature des fonds
océaniques est différente de celle des terres émergées
28

Les traces de la glaciation permo-carbonifère sur les continents actuels


La croix indique la position du pôle Sud, et la courbe en trait gras celle de
l'équateur, positions les plus favorables pour l'explication de la glaciation.

Sur la base de ces arguments, Wegener opère la reconstitution suivante


29

2.2.7. Théorie de la tectonique des plaques


A l’entame de cette théorie, la constitution du globe est énoncée, car l’enveloppe
de la terre est découpée en plaques
1/ A la surface du globe, on observe 2
parties: la lithosphère et l’asthénosphère.
2/Les graphiques nous montrent que la
vitesse des ondes sismiques diminue à
90km de profondeur sous l’océan et à
130km de profondeur sous le continent.
3/Ce ralentissement signifie qu’il y a une
diminution de la rigidité.
4/ La plaque lithosphérique rigide est plus
épaisse sous le continent que sous l’océan
et repose sur l’asthénosphère moins rigide.
Bilan :
L'étude de la propagation des ondes
sismiques a permis de délimiter les plaques
en profondeur.
Epaisse d'une centaine de kilomètres, les
plaques lithosphériques rigides reposent
sur l'asthénosphère qui est moins rigide.
30

La théorie de la tectonique des plaques naît du mariage d'une hypothèse, celle de


l'expansion des fonds océanique, et d'une observation, la localisation de l'activité
sismo-tectonique du globe. Dès la fin du XIXème siècle, on avait remarqué que les
chaînes de montagnes et les volcans se répartissaient suivant des bandes
relativement étroites. Ainsi deux systèmes montagneux dominent : l'un autour de
l'océan Pacifique avec les Cordillères américaines et les guirlandes d'îles
asiatiques, et l'autre qui va des Alpes à l'Himalaya en passant par le Caucase et
les montagnes de l'Iran.

La carte précise et exhaustive de la répartition des séismes établie par Beno


Gutenberg (1889-1960) et Charles Francis Richter (1900-1985) en 1954 renforce
cette idée en montrant que les séismes sont confinés dans des régions précises
qui correspondent aux dorsales, aux failles transformantes, aux fosses et aux
chaînes montagneuses.
La tectonique des plaques, processus dominant de la Terre actuel, est
essentiellement un mode d'évacuation de la chaleur terrestre. On peut donc se
demander de quelle façon la Terre primitive, plus chaude, arrivait à évacuer sa
chaleur ?
La répartition des séismes et des manifestations volcaniques permet de
délimiter une douzaine de plaques à la surface du globe, assemblées comme
les pièces d'un puzzle.
31

Les douze plaques constitutives du globe sont les suivantes

Afrique, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Antarctique, Arabie, Australie,


Caraïbes, Cocos, Eurasie, Inde, Juan de Fuca, Nazca, Pacifique, Philippines ou
« mer des Philippines »
32

Le mont Cameroun occupe une position de bordure de plaque voir intraplaque


africaine

Les plaques tectoniques de la planète. Le Cameroun se trouve logée en bordure de


la plaque Africaine.

Asthénosphère : Couche située sous la lithosphère, constituée de roches rigides,


mais légèrement moins rigides que celles situées en-dessous et au-dessus
Lithosphère : Couche superficielle rigide de la Terre, entre 70 et 150 km
d'épaisseur.
Plaque lithosphérique : Portion de lithosphère rigide délimitée par des frontières
ayant une activité sismique et volcanique importante. Elle peut-être totalement
océanique ou comporter à la fois une partie continentale et une partie océanique.
Problème : Comment expliquer la présence de volcans actifs et de séisme aux
limites de plaques lithosphériques ?
Les plaques lithosphériques sont animées de mouvements
1/ Les mesures GPS montrent que les plaques pacifique et eurasiatique se
rapprochent l’une de l’autre au niveau du Japon, alors que les plaques eurasiatiques
et nord-américaine s’écartent l’une de l’autre au niveau de la dorsale médio-
Atlantique.
2/ Ecartement des plaques : mouvement de plaques qui s'éloignent l'une de
l'autre (= divergence) L'écartement des plaques modifie le visage de la Terre .
Zones d’écartement: au niveau de l’océan Atlantique, et à l’est du Pacifique.
Rapprochement des plaques : mouvement de plaques qui se déplacent l'une vers
l'autre (= convergence). Zones de rapprochement: côte ouest de l’Amérique du
Sud, l’Himalaya, à l’ouest du Pacifique (Japon), Indonésie.
Coulissage : mouvements horizontaux de part et d'autre d'une faille. Zones de
coulissage: Côte ouest de l’Amérique du nord (Californie)
33

3/ Toutes les plaques ne se déplacent pas à la même vitesse et par conséquent


cela peut engendrer des séismes par exemple.

4 étapes:
1/ Les failles fracturent un continent et forment un fossé d’effondrement.
2/ Le fossé s’élargit grâce au volcanisme présent.
3/ La mer envahit le fossé: un océan est né.
4/ L’océan s’agrandit grâce aux remontées de magma refroidissant rapidement
sous l’eau: petit à petit de la lithosphère nouvelle se forme au niveau de la dorsale
médio-océanique.
34

Lorsque les plaques s'écartent ou se cassent, il naît


un fossé d'effondrement appelé rift. La poursuite de
ce processus conduit à l'envahissement du rift par la
mer. C'est ce qui s'est passé pour la Mer rouge, qui
continue chaque année de s'élargir. Au fond des rifts
océaniques, les magmas issus du manteau terrestre
refroidissent au contact de l'eau et forment des
laves. L'Islande est un parfait exemple de ce
phénomène

Le rift d’Afrique de l’est : un océan naissant

BILAN :
Dans l'axe des dorsales océaniques, du plancher océanique se forme, les plaques
s'écartent et l'océan s'élargit ( ex : milieu de l'océan Atlantique) . Les plaques se
forment donc au niveau des dorsales.
Définitions :
Dorsale : longue chaîne de montagne sous-marine qui parcourt tous les océans du
monde sur plus de 60 000 km. Elle fait 1000 km de large et 2000 m de hauteur.
Rift : fossé d'effondrement fissuré, situé dans l'axe des dorsales et dont la
largeur peut atteindre une dizaine de kilomètre.
Pillow-lava : lave émise dans l'axe des dorsales et qui en se refroidissant, prend
la forme d'oreillers ( =pillow en anglais)
Fossé d'effondrement : effondrement d'une portion de lithosphère entre 2
systèmes de failles.

Synthèse des mouvements des plaques


Au niveau des fosses océaniques, les plaques se rapprochent: il y a subduction (=
de la lithosphère océanique disparaît et s’enfonce dans l’asthénosphère sous une
lithosphère continentale).
• Lithosphère océanique + Lithosphère continentale =
• SUBDUCTION ET DISPARITION DE LITHOSPHERE OCEANIQUE

Un premier type de collision résulte de la convergence entre deux plaques. Dans


ce genre de collision, une des deux plaques (la plus dense donc océanique,
35

généralement la plus vieille) s'enfonce sous l'autre (continentale) pour la soulever


et former une zone de subduction (littéralement: conduire en-dessous).
De bons exemples de cette situation se retrouvent à la marge du Pacifique-Est,
comme les volcans de la Chaîne des Cascades (Cascade Range) aux USA (incluant
le Mont St. Helens) résultat de la subduction dans la fosse de Juan de Fuca et
ceux de la Cordillère des Andes en Amérique du Sud reliés à la fosse du Pérou-
Chili

1/ Au sommet de l’Himalaya, La présence de pillow-lava prouve qu’il y avait une


océan avant la chaîne de montagne.
2/ La présence de nombreux foyers sismiques au nord de l’Inde et la mouvement
vers le nord-est, soit vers l’Asie, de l’Inde montrent que l’Himalaya est une zone
de convergence entre les 2 plaques.
3/ Le rapprochement des 2 plaques aboutit à la collision des 2 continents. Lors de
cette collision, les roches sont soumises à de fortes pressions, ce qui explique la
présence de gigantesques plissements dans l’Himalaya.
Le rapprochement de 2 plaques aboutit donc à la collision des continents et à la
formation
des chaînes de montagnes ( par exemple l’Himalaya). Au cours de la collision, les
roches sont soumises à de fortes pressions à l’origine de déformations ( plis,
failles)
• Lithosphère continentale + Lithosphère continentale =
• Collision + formation chaines de montagnes
Un second type de collision implique la convergence de deux plaques continentales.
L'espace océanique se refermant au fur et à mesure du rapprochement de deux
plaques continentales, le matériel sédimentaire du plancher océanique, plus
abondant près des continents, et celui du prisme d'accrétion se concentrent de
plus en plus; le prisme croît.
Tout le matériel sédimentaire est comprimé et se soulève pour former une chaîne
de montagnes où les roches sont plissées et faillées. Toutes les grandes chaînes
de montagnes plissées ont été formées par ce mécanisme. Un bon exemple récent
de cette situation, c'est la soudure de l'Inde au continent asiatique, il y a à peine
quelques millions d'années, avec la formation de l'Himalaya.
36

Tout ce qui précède tend à démontrer que la théorie de la tectonique des plaques
est unificatrice et qu'elle rend compte des grands phénomènes géologiques de la
planète. Est-ce à dire que nous avons tout compris? Certainement pas. Nous avons
compris le cadre général unificateur, mais il reste encore des inconnues, la
principale étant les processus du manteau reliés particulièrement aux cellules de
convection qu'on tient pour le moteur de la tectonique des plaques

2.3. Echelle des temps géologiques et formation des montagnes


Dès la naissance de la Terre il y a 4,5 milliards d'années, le relief a commencé à
se dessiner. Au fil du temps, des chaînes de montagnes sont apparues, d'autres
ont disparu. Voici les grandes dates de l'histoire géologique. Au cours de l'histoire
de la Terre, on distingue quatre phases de l'orogénèse (la formation des
montagnes). Le cycle le plus ancien, dit "assyntique" ou "baïkalien", s'est déroulé il
y a plus de 570 millions d'années, pendant le précambrien. Celui-ci représente les
9/10e de l'histoire de la planète, mais on n'en n'a que peu de traces : les plus
anciens fossiles datent de 600 millions d'années et de l'ère primaire, et les
37

montagnes formées à cette époque n'ont pas laissé de traces, complètement


érodées ou recouvertes par d'autres reliefs.

La période calédonienne :
Deux chaînes de montagnes sont nées pendant l'ère primaire : le massif calédonien
(entre 420 et 380 millions d'années) et le massif hercynien (entre 360 et 295
millions d'années). On peut encore voir les restes de ces montagnes, cependant
bien émoussées : Terre-Neuve, les montagnes scandinaves, les plateaux écossais,
38

ou le Groënland. On ne parle d'ailleurs plus de montagnes mais de "pénéplaines"


La phase hercynienne : L'orogénèse hercynienne marque le passage de l'ère
primaire à l'ère secondaire. Celle-ci, la plus longue, va durer 230 millions d'années.
A cette époque, il n'y avait encore qu'un seul continent sur Terre. Les montagnes
datant du secondaire sont déjà très érodées et aplaties : l'Oural, les Appalaches,
le Massif central, les massifs du Nord-Est australien, ou l'Altaï en sont des
exemples. La plupart du charbon que l'on exploite aujourd'hui s'est formé pendant
cette période grâce à l'épaisse végétation qui recouvrait alors les continents.
La phase alpine : C'est la plus récente, et elle n'est pas encore terminée. Elle a
commencé à la fin de l'ère secondaire, il y a 200 millions d'années, en même temps
que l'ouverture de l'océan Atlantique. L'ère tertiaire a vu migrer l'Inde vers
l'Asie, dont la collision donna la chaîne himalayenne.
Peu visible à l'échelle humaine, l'orogénèse se manifeste cependant à nous avec
des événements brusques, comme les tremblements de terre, les éruptions
volcaniques...
Les montagnes passent par trois âges, associés chacun à un type de relief. Les
montagnes jeunes ont ainsi des pentes raides et des vallées étroites. Au stade
de la maturité, les montagnes sont arrondies, les versants sont évasées et les
lits des cours d'eau ont une faible pente. Les "vieilles" montagnes ne sont plus
que l'ombre d'elles-mêmes, ne subsistent que des basses collines ou des terrains
inclinés.
De nombreux facteurs peuvent contribuer à l'érosion : la pluie, les torrents, le
gel, les glaciers, le vent, les êtres vivants, la gravité… Mais l'eau reste le
principal acteur de modelage des Les roches ne sont pas toutes sensibles au
même type d'érosion : un grès siliceux sera par exemple difficilement dissout,
mais très vulnérable à l'action du gel ; à l'inverse, une roche calcaire massive,
peu sensible aux actions mécaniques du gel, sera facilement attaquée par l'eau.

Le ruissellement est un des principaux facteurs de modélisation des paysages.


Moins il y a de végétation pour retenir l'eau, et plus elle va couler vite. Mais dès
que la pente diminue, on passe facilement du domaine de l'érosion à la
sédimentation.

L'érosion peut être lente et progressive, ou violente (éboulements lors d'un


orage par exemple). Ainsi, les crues qui ont balayé la Tunisie centrale à l'automne
1971 ont exhumé des vestiges romains enfouis depuis plus de dix siècles !
Rien ne l'arrête L'érosion atteint d'abord les couches superficielles (roches
sédimentaires ou volcaniques), avant d'atteindre les couches profondes, formées
par les roches métamorphiques. Ces dernières ont été fondues, comprimées et
transformées dans le manteau, puis ramenées à la surface lors de l'orogénèse.
C'est pourquoi on n'y trouve jamais de fossiles. Mais même le granite, pourtant
39

très dur et résistant, finit par s'altérer sous l'action de l'eau. Notons que
l'érosion est de plus en plus liée à l'action… de l'homme. En enlevant la couverture
végétale, il expose les sols au vent et à l'éboulement. En construisant des barrages,
il dévie les cours des rivières. Et un chantier ou la surexploitation du bétail peut
entraîner un terrassement

2.4. Mise en place des montagnes au Cameroun.


Le cadre structural et géologique a pour objet de but de soutenir la compréhension
de la mise en place des formes de reliefs des hautes terres du Cameroun par la
genèse de ses matériaux constitutifs. De façon générale, les grandes lignes de
l’histoire géologique des montagnes de ce pays sont relativement connues depuis
1909, grâce aux travaux de Passarge, et postérieurement avec Gèze (1943), puis ,
des géologues du BRGM avec les incontournables notices explicatives au 1/500000
dont Dumort (1968), Kock (1958), Peronne (1962), Gazel (1958), Weecksteen
(1957) etc. Ces travaux soutiennent par une approche à commande tectonique
(surrections, subsidences, volcanisme), la mise en place de ces reliefs.
En réalité la diversité géologique explique la diversité morphologique et c’est
pourquoi la compréhension de la dynamique des paysages camerounais passe par
une meilleure connaissance de la mise en place de ces reliefs.

Pédologues, géologues et géophysiciens s’y sont essayés. Pour les pédologues et en


s’appuyant sur des corrélations liées aux études pédologiques conduites (Grandin,
1976 & Boulangé, 1984) en Afrique Occidentale, les premières hypothèses de mise
en place des milieux se sont fondés en partie sur la présence et la détermination
de l’âge des cuirasses bauxitiques observées.
Les géologues (Déruelle, 1982; Tchoua, 1974 ) quant à eux, au gré des observations
des roches et du volcanisme ambiant du Cameroun (Mt Cameroun notamment),
émettront l’hypothèse des points chauds et des panaches.
Plus récents et plus percutants, les travaux gravimétriques complémentaires des
géophysiciens (Poudjom Djomani 1992; Boukéké, 1994; Burke & Wilson, 1972,
Burke et Whiteman, 1972, Burke & al., 1971 ; Burke & Gunnell 2008), permettront
de trancher définitivement sur la question en proposant la mise en place des
grands ensembles de reliefs et des montagnes du Cameroun à partir du plateau de
l’Adamaoua.

Le plateau de l’Adamaoua représenterait un puissant batholite qui s’est mis en


place lors de l’épisode thermotectonique panafricain (550-600 Ma). Ce massif axial
constitué de socle Précambrien, a été soulevé du Crétacé supérieur au Tertiaire
et il constitue le point de départ de la formation des hautes terres camerounaises
en particulier et de la configuration générale du relief du pays. L’hypothèse des
dômes a été invoquée par ces géophysiciens pour justifier sa mise en place.
40

Depuis la mise en place du dôme de l’Adamaoua, trois structures tectoniques


majeures ont été associées au massif de l’Adamaoua: la ligne volcanique du
Cameroun (LVC, qui constitue une succession d’édifices volcaniques et de massifs
anorogéniques d’âge Crétacé à Quaternaire suivant une direction N30”E), le fossé
de la Bénoué, rift avorté (Dumont , 1986) et la zone de cisaillement centrafricaine
qui représente une succession d’accidents majeurs, d’orientation générale N70°,
qui s’étendent du Golfe de Guinée au Soudan (Comacchia et Dars, 1983; Ngako et
al., 1991; Moreau et al., 1987).

Ce décrochement et la faille de la Sanaga, mis en place avant l’ouverture de l’Océan


atlantique se prolongent vers l’Ouest au Brésil par la faille de Pernambuco (Almeida
et Black, 1967). Ils traversent à la fois la croûte continentale et le manteau
supérieur jusqu’à une profondeur de 190km. Ce sont les linéaments centre africains
de Guiraud et al., (1985). Ces trois structures caractérisent l’évolution
géodynamique et tectonique du massif de l’Adamaoua.
Par conséquent, l’évolution géodynamique et tectonique du massif de l’Adamaoua
paraît donc liée à l’existence de la LVC, du fossé de la Bénoué et des failles de la
zone du cisaillement centrafricain et leur mise en place se trouve résumée dans
les paragraphes suivants. Cette mise en place conditionne celle de l’ensemble des
hautes terres de l’Ouest Cameroun.
A la fin du précambrien, le continent Africain est divisé en deux zones: les
cratons supposés stables (craton du Congo) depuis au moins 1100 Ma, et les zones
mobiles affectées par l’orogenèse panafricaine (650-500 Ma). Le Précambrien
supérieur consacre la mise en place de la faille panafricaine selon une direction
N70°E
Le Mésozoïque qui marque la fin de la fragmentation du Gondwana est caractérisé
en Afrique par une succession de bassins et montagnes. En effet, au cours du
Crétacé, l’ouverture de l’Atlantique Sud (180 MA) se traduit par la formation de
nombreux bassins subsidents (graben) à l’instar du fossé de la Bénoué.

Le début du Tertiaire est caractérisé (climat chaud et humide des périodes


antérieures) par une pénéplanation paléogène des surfaces précédentes avant la
dislocation miocène. Le plateau sud camerounais plus ou moins stable se mettra en
place au milieu du tertiaire (Kuété, 1990). Elle se désolidarise de la partie
septentrionale du Cameroun animée de mouvements verticaux. Le Cénozoïque
consacre l’ère du développement de provinces volcaniques essentiellement dans le
domaine panafricain. Ainsi, cette période géologique est caractérisée par une
réactivation du rift de l’Adamaoua et la formation des dômes recouverts de roches
volcaniques (Browne et Fairhead, 1983), notamment ceux de l’Adamaoua au
Cameroun et du Darfour au Soudan.
41

Le Tertiaire est également caractérisé au Cameroun par une grande activité


rhéologique et rhegmatique qui conduit à la mise en place d’édifices volcaniques et
de complexes anorogéniques formant la ligne volcanique du Cameroun. La plupart
des sources thermominérales identifiées dans les hautes terres du Cameroun par
Le Maréchal (1976) et d’autres auteurs doivent dater de cette période, même si
dans l’état actuel des connaissances, l’origine de leur thermicité demeure inconnue.

Le Gondwana

Les hautes terres (Adamaoua, Mont Oku, Grassfields, plateau Bamiléké et Bamoun,
mont Bamboutos, Mandara, mont Cameroun et Mont Roumpi) s’individualisent
définitivement au cours de cette période tertiaire de diastrophisme. Il en est de
même des structures d’effondrement qui les accompagnent (dépression de Ndop,
des Mbos, de Batié, amphithéâtre et gouttière de la pénéplaine Tikar.

Outre la mise en place de ces massifs, le volcanisme de la série noire inférieure,


la série blanche moyenne et la série noire supérieure (Gèze, 1943) datent de cette
période contrairement aux travaux antérieurs qui, s’appuyant sur le phénomène
de cuirassement et l’aspect surbaissé des croupes, ont longtemps situé le
volcanisme de l’Adamaoua au Crétacé.
42
43

3. Climat et érosion en montagne tropicales


3.1. Climat montagnard

Les effets climatiques des formes du relief


• Les principaux éléments du climat qui ont une valeur écologique se trouvent
marqués par divers gradients du seul fait de l’augmentation de l’altitude.
• La température, l’humidité, l’insolation et le rayonnement solaire en
montagne ont une valeur écologique
• La situation en altitude tend à accroître la durée de l’éclairement surtout
sur les sommets dégagés.
• Sur les versants éclairés, les flux radiatifs entrainent une
évapotranspiration active rendant le versant plus sec pour ce qui est de l’eau
dans le sol.
• Les autres influences relèvent de la situation des reliefs dans l’ensemble
montagneux par rapport aux mouvements des masses d’air et des
perturbations

Les effets climatiques des formes du relief


• L’altitude influence les vents généraux qui tendent à s’accroître. En effet,
les effets de freinage au sol s’effacent vers 1000m et la vitesse s’augmente
alors rapidement. Au mont Cameroun, vers 2000-4000m, la vitesse en
moyenne passe du double au triple de ce qu’elle est en basse altitude, car, il
n’y plus de végétation ligneuse suffisante pour freiner les vents.
• Sur les versants exposés, les filets d’air sont détournés vers le haut en
perdant souvent les 2/3 de la vitesse qu’ils avaient en plaine. Sur les
versants sous le vent, ils retombent en se décollant par rapport aux pentes,
ce qui provoque l’apparition des mouvements tourbillonnaires d’où l’effet de
foehn qui peut relever de 15° la température et faire retomber l’humidité
relative jusque vers 25%.
44

L’influence du relief sur les températures

• La Température diminue avec l’altitude et le gradient adiabatique est de


0,6° tous les 100m. Par conséquent avec une température de 25° à la base
d’une montagne il faudra atteindre 5000m pour obtenir de la neige comme
sur le mont Kilimandjaro (5892m), Rwenzori (5119) et Kenya (5194)
• Il existe aussi un optimum pluviométrique altitudinal entre 2000 (mont
Cameroun), 2200 (Rwenzori) 2500 (Mt kenya) et 3000m au-delà duquel, la
pluviométrie diminue rapidement
• Les phénomènes locaux comme les brises de montagne et de vallée
45

• Les conditions climatiques varient en fonction des versants du Kilimandjaro.


Ainsi, sur le versant méridional, il tombe 850 millimètres de précipitations
par an à Moshi à 800 mètres d'altitude, 992 millimètres à Kikafu à 960
mètres d'altitude, 1 663 millimètres à Lyamungu à 1 230 mètres d'altitude
et 2 184 millimètres à Kibosho à 1 479 mètres d'altitude tandis que sur le
versant oriental, il tombe 1 484 millimètres à Mkuu à 1 433 mètres
d'altitude. Le maximum de précipitations se situe entre 2 400 et 2 500
mètres d'altitude sur le versant méridional. Les échanges par convection qui
constituent le cycle de l'eau entre les différents étages de végétation du
Kilimandjaro sont très importants sur le plan bioclimatique.
• Au pied du Kilimandjaro, la température annuelle moyenne est de 23,4 °C
alors qu'elle est de 5 °C à 4 000 mètres d'altitude et de -7,1 °C au sommet
du Kibo. En conséquence, son gradient thermique adiabatique est d'environ
0,6 °C tous les 100 mètres, ce qui est habituel. Entre 4 000 mètres et 5
000 mètres d'altitude, des écarts thermiques relatifs de 40 °C peuvent se
produire entre la nuit et le jour.

3.2. Sols en montagne

Les sols de montagne reflètent les traits caractéristiques du climat. L’ensemble


de sols constituent pour tous les massifs un échantillonnage qui échappe à la
zonalité des domaines où s’élèvent ces massifs: ce sont donc des sols intrazonaux.
Dans un même massif, ils sont représentés par des collections de type varié sur le
plan altitudinal et latéral.

Le sol est constitué de deux grandes phases: l’une minérale provenant de la roche
mère et l’autre organique provenant de la biosphère. Il souligne ainsi la zone de
contact entre roche, atmosphère et biosphère

La phase minérale résulte de l’attaque de la roche mère qui fait intervenir deux
processus coexistant habituellement mais exclusifs l’un de l’autre aux cas limites:
il s’agit de la désagrégation mécanique et de l’altération chimique pour lequel l’eau
représente un facteur indispensable. La température facteur de différenciation
devient aussi facteur limitant, car le froid réduit l’altération et privilégie la
désagrégation mécanique.

La phase organique a une place prépondérante dans l’évolution et la différenciation


des sols montagnards. Les grandes classes de types de sols humiques de la famille
des humus sont les suivants :
 La tourbe: milieu où s’accumule la matière organique non décomposée. Seule
la cellulose ou la matière végétale a été attaquée.
46

 Là où règne un humus mor, la minéralisation qui n’existe pas dans les tourbes
demeure très lente et les colloïdes humiques sont faiblement polymérisés,
ce qui donne un humus très acide
 Le moder est un humus de type intermédiaire où la minéralisation est
meilleure que dans le mor
 L’humus mull est caractérisé par une minéralisation plus rapide

Les sols en montagne reflètent les deux grands caractères : altitude et


topographie qui retentissent sur les modalités de la pédogénèse. A cause du
gradient thermique, les bases des hautes terres connaissent des températures
semblables à celle de la région et par conséquent le mode d’attaque des roches est
influencé par les conditions thermiques ainsi que les évolutions ultérieures des
phases minérales et organiques

Les sols deviennent de moins en moins riches en produits libérés par l’altération
au fur et à mesure que croit l’altitude.

L’abaissement de la température peut être telle que aucune altération n’est


possible; dès lors, l’attaque de la roche se fait par désagrégation mécanique et les
sols ne comportent ni colloïdes minéraux, ni oxydes ; ce qui donne lieu à des sols
détritiques ou sols minéraux bruts ou encore lithosols (pierreries, éboulis, grèse
en haute montagne)

Le même procédé évoqué pour la roche aura lieu pour la matière végétale. L’activité
bactérienne est de plus en plus inhibée par l’abaissement de la température liée à
l’altitude. Par conséquent l’évolution de la phase organise se fera de plus en plus
lentement et de plus en plus mal. On trouvera donc une forte proportion d’humus
de type mor ou moder en montagne. Les mull se cantonneront en basse altitude
généralement à moins que la qualité de la litière fasse échec aux inhibiteurs de la
température en altitude.

De toutes les façons l’abaissement de la température rend la vie impossible et les


sols de haute altitude sont réduits à leur seul phase minérale, elle-même créée et
affectée par les le seuls processus mécaniques.

En guise de résumé, en montagne

• Sommet: sols minéraux et détritiques

• Ensuite: sols à horizons et humus acides reposant directement sur une


roche mal attaquée à cause de la faible altération: c’est le ranker
47

• Plus bas encore: sols à horizons d’humus plus ou moins acides séparés de la
roche mère par des horizons minéraux meubles qui résultent d’une meilleure
altération, mais que le jeu des humus acides mor ou moder a rendu souvent
friables par exportations des argiles et du fer réciproquement dégradés ou
complexés.

• A la base, humus de type mull achève le dispositif édaphique. Les sols sont
plus profonds, parfois podzolisés ou lessivés, structurés et cohérents.

3.3. Morphogenèse en montagne tropicale

En prenant en compte l’influence de la topographie,


• Le rôle de l’exposition montre que les versants sous exposés (sous le vent)
sont plus froids, secs et riches en humus acides. Ils peuvent être podzolisés
et le lessivage de la phase minérale est suffisante
• Les versants exposés à une forte insolation sont caractérisés par des sols
profonds car l’activité bactérienne s’y développe bien et la matière
organique se minéralise rapidement lorsque l’eau est présente pour l’attaque
des minéraux.
• L’approvisionnement en eau augmente avec l’altitude jusqu’à un seuil. Pour
que l’altération soit possible, l’eau doit être en quantité suffisante et le plus
pérenne possible. Il existe donc un optimum d’altération au-delà duquel
celle-ci diminue rapidement.
• Toutefois pour la phase organique, l’excès d’eau est un facteur limitant son
attaque par les microorganismes. Cependant , l’eau réalise une importante
mobilisation des substances dans les profils des sols de montagne
• Au plan topographique, l’eau sollicitée par les effets de la gravité ruisselle
plus qu’elle ne s’infiltre, sauf si les aspérités du relief le permettent.
• Les mouvements hydriques dans le sens vertical entrainent le lessivage
proprement dit ou la podzolisation des hydroxydes de sels et colloïdes
suivant les battements de nappe et conduisant à l’appauvrissement des sols
de haut de pente en substances mobilisables et provoquant un
enrichissement de sols en contrebas.
• La bonne aération de ces sols de base de la montagne permet une fixation
par oxydation ou déshydratation des substances transportées: c’est le
lessivage oblique

L’influence de l’érosion crée des sols minces en altitude sur de fortes pentes à
cause de l’ablation
• A la base, on aura des sols profonds enrichis et engraissés de colluvions
descendus des versants supérieurs
48

• Ces horizons de base sont aussi enrichis de substances dissoutes ou pseudo


dissoutes liées au lessivage oblique et donnant lieu à des sols très riches
• Il peut toutefois y avoir fossilisation par endroits à cause de l’intensité de
ces processus, ce qui donnera lieu à des sols polycycliques
• Les zones basses sans exutoires importants sont marqués par
l’hydromorphie avec des sols particuliers: le sols à gley ou pseudo gley
marqués par l’oxydoréduction

Altérations, marque essentielle de l’évolution des paysages


• Montagnes humides avec formations superficielles importantes (épais
profils d’altération, sols profonds parfois cuirassés, toposéquence riche)
• Montagnes sèches avec formations superficielles caractérisées par de
minces profils (sols ferrugineux peu épais, squelettiques, ranker)
• Altérations et érosions ont conduits à la mise en place des surfaces
d’aplanissements parfois étagées
49

4. Les écosystèmes montagnards dans le monde tropical


L’étagement est un phénomène partagé dans toutes les montagnes du monde. Il
rythme l’activité agricole.

4.1. Amérique Latine


Il faut parler ici d’étagement au sens large, ne pas se cantonner aux données
bioclimatiques. L’étagement dans les montagnes tropicales est particulier mais
comparable à l’étagement alpin (contrairement aux montagnes des hautes
latitudes). En généralisant :
- entre 500 et 1000m, les tierras calientes présentent des végétations tropicales
très variées : forêt dense, savane ou steppe. Elles ne sont guère habitées.
- entre 1000 et 2000m, les tierras templadas présentent des formations
forestières semi-tropicales composées de feuillus persistants. Elles constituent
50

souvent l’étage le plus peuplé et le plus cultivé, et son comparable à l’étage


collinéen.
- entre 2000 et 4000m, les tierras frias sont signalées par des feuillus persistants
et à feuilles caduques jusqu’à 3000m.Elles correspondent à la couche d’inversion
des alizés, d’où à environ 3000m une Nebelwald, c’est-à-dire un étage où stagnent
les nuages. Dans leur partie inférieure les tierras frias sont encore cultivées, mais
l’habitat et l’humanisation s’y font plus rare au fur et à mesure de l’altitude, même
si on observe de magnifiques contre-exemples comme les grandes villes andines ou
tibétaines situées à plus de 2500m d’altitude telles que Lhasa, Bogotta, Quito, La
Paz…

• Cet étage est comparable à l’étage subalpin (même s’il ignore naturellement
tout phénomène semblable à la formation d’une Nebelwald). Transition entre
tierras frias et étage supérieur, les espaces steppiques ou prairials
apparaissent à 3500m : c’est le pàramo des Andes équatoriales ou
colombiennes, la puna des Andes péruviennes, ou steppe à tola des Andes
chilienne… Cet espace ressemble à l’étage alpin des montagnes
« tempérées ». Comme lui, il n’accueille aucune habitation permanente et est
seulement utilisé - quand les hommes s’y aventurent- comme pâturages.
• - au-delà de 4000m se trouvent les tierras heladas marquées par
l’interruption de la végétation par une couverture de neige ne subissant pas
ou peu de variations saisonnières. Elles sont comparables à l’étage nival.
• Il est évident que cet étagement enregistre des variations même entre les
différentes montagnes tropicales : suivant quelles soient exposées à la
mousson ou non, qu’elles soient en milieu tropical aride ou humide… Mais la
grille de lecture de l’organisation de l’espace montagnard en tierras
demeure celle qui convient le mieux pour rendre compte à la fois de la
répartition des espèces végétales et animales et de l’installation des
sociétés montagnardes.
51

Les étages bioclimatiques dans la Sierra Nevada de Merida (Andes vénézuéliennes,


8°N). Source : Demangeot, 1996, Les milieux naturels du globe, p. 229

Etagement bioclimatiques dans les andes péruviennes 15°S


52

Andes
4.2. Asie
L’étagement observé dans l’Himalaya se trouve résumé dans la figure

4.3. Afrique

Étagement et écosystèmes kilimandjaro


Le Kilimandjaro est une Montagne blanche » ou « Montagne étincelante ». Son nom
a été adopté en 1860 et viendrait du swahili Kilima Njaro. Johann Ludwig Krapf
propose la « Montagne de la splendeur » sans toutefois plus d'explications. En
1884, Gustav Adolf Fischer affirme que Njaro est un démon du froid, idée reprise
par Hans Meyer lors de son ascension en 1889, mais Njaro n'est connu que des
habitants de la côte et non de ceux vivant à l'intérieur des terres, qui par ailleurs
53

ne croyaient qu'en des esprits bienfaiteurs. Joseph Thomson suppose, en 1885,


qu'il signifie « Montagne étincelante ».
Si le diminutif kilima signifie « colline », « petite montagne », cette théorie
n'explique pas pourquoi le mot mlima n'est pas utilisé pour désigner de manière
moins impropre la « montagne » si ce n'est pour des raisons affectives ou par
déformation. Njaro désigne la blancheur, l'éclat en swahili. Par ailleurs, en maa,
ngaro ou ngare désigne l'eau ou les sources. Mais jaro peut aussi désigner une
caravane en chagga et une théorie alternative propose les termes
kilmanare/kilemanjaare, kilelemanjaare ou encore kileajao/kilemanyaro dont le
sens est respectivement « qui vainc l'oiseau » ou « le léopard » ou « la caravane ».
Cependant, ce nom n'aurait été importé qu'au milieu du XIXe siècle chez les
Chagga qui avaient pour seule habitude de nommer séparément chacun des
sommets connus par eux,
Le Kilimandjaro est une véritable merveille qu'il faut absolument découvrir.
Malheureusement, ce sanctuaire de la nature se détériore de plus en plus sous
l'action des hommes, sans que des mesures de protection réelle ne soient prises.
Si rien n'est fait rapidement, le Kilimandjaro aura tout perdu dans quelques années
: sa calotte (1906-2006) glaciaire, mais aussi ses forêts et ses animaux...

Le mont Kilimandjaro et la perte progressive de sa calotte glaciaire.

Étage nival
• Au-dessus de 5 000 mètres d'altitude, presque rien ne vit. Le peu
de précipitations qui tombent s'infiltrent quasiment immédiatement dans
le sol ou s'accumulent sur les glaciers. Toutefois, Helichrysum newii a été
trouvé près d'une fumerolle du cratère Reusch. Des lichens à croissance
très lente ( Xanthoria elegans) peuvent également vivre plusieurs centaines
d'années jusqu'au sommet. Le seul animal découvert à ce jour au Kibo est
une espèce d'araignée.

L'étage afro-alpin
Ses limites inférieures et supérieures ne sont pas marquées de façon très nettes
mais on le situe généralement entre 4 000-5000m d’altitude .
Atmosphère sèche, avec en moyenne 200 millimètres de précipitations par an, et
d'importants écarts de températures.
54

Les espèces de plante qui y vivent sont parfaitement adaptées au climat rude et
certaines sont endémiques. Ainsi, on trouve Lobelia deckenii, la seule espèce alpine
de Lobelia à vivre sur le Kilimandjaro. Le Séneçon géant (Dendrosenecio
kilimanjari) pousse principalement dans le Barranco, plus humide et abrité que le
reste de la montagne à altitude égale. Une autre espèce d'astéracée est
l'immortelle Helichrysum kilimanjari. Des herbes à tussack parsèment les
prairies humides : Pentaschistis borussica et des espèces des genres Koeleria
et Colpodium.
La faune est représentée par quelques espèces de rapaces capables de vivre à
cette altitude : la Buse rounoir (Buteo rufofuscus), l'Aigle des steppes (Aquila
nipalensis), l'Élanion blac (Elanus caeruleus), le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus)
et l'Aigle couronné (Stephanoaetus coronatus) ; ainsi que deux espèces
de passereaux : le Traquet afroalpin (Cercomela sordida) et le Bruant
cannelle (Emberiza tahapisi)
Étage alpin: Les landes et maquis
• Entre 2 800 et 4 000 mètres d'altitude et avec 500
à 1 300 mm de précipitations par an.
• Végétation composée de bruyères dont la forme arborescente d’Erica
arborea surtoiut et Erica excelsa. Ces deux espèces sont pyrophytes,
c'est-à-dire qu'elles colonisent les terrains incendiés, précédemment
occupés par la forêt de nuage.
• Sous l’anthropisation pastorale du peuple ongamo , leur limite basse est
descendue de 700 à 900 mètres d'altitude selon les zones depuis 200 à
400 ans en fonction des versants.
• Lorsque la fréquence des feux augmente, seules des
herbes des genres Hyparrhenia et Festuca arrive à se renouveler.
• La volonté des autorités du parc de lutter contre les incendies en
contraignant les pasteurs et les apiculteurs a un effet pervers : le milieu
entre la limite supérieure de la forêt et les landes n'est plus géré de
manière harmonieuse et les feux ne sont plus contrôlés alors même qu'ils
sont nécessaires à la survie de certaines espèces. Ainsi, entre 1976 et 2005,
la superficie de la forêt d’Erica arborea est passée de 187 à 32 km2, ce qui
équivaut à une diminution de 15 % du couvert végétal total de la montagne.
Étage alpin: Les landes et maquis
• Au plan de la faune, elle est constituée de nombreux espèces
de nectariniidés aux couleurs vives peuplent la limite supérieure de la
forêt : Souïmanga du Kilimandjaro (Nectarinia mediocris), Souïmanga
olivâtre (Nectarinia olivacea), Souïmanga à tête verte (Nectarinia
verticalis), Souïmanga à gorge verte (Nectarinia rubescens), Souïmanga
améthyste (Nectarinia amethystina), Souïmanga à poitrine
rouge (Nectarinia senegalensis), Souïmanga malachite (Nectarinia
55

famosa), Souïmanga de Fraser(Anthreptes fraseri), Souïmanga


bronzé (Nectarinia kilimensis), Souïmanga tacazze (Nectarinia tacazze)
et Souïmanga à ailes dorées (Drepanorhynchus reichenowi).
• Il en est de même pour l'Aigle huppard (Lophaetus occipitalis). Rhabdomys
pumilio, aussi bien présente dans la savane, constitue une de ses proies, tout
comme Lophuromys (Lophuromys) aquilus, Dendromus melanotis et le Rat-
taupe nu (Heterocephalus glaber).
• Par ailleurs, des buffles, des lions , des léopards, éléphants, élands,
céphalophes et hyènes transitent parfois à cette altitude pour relier un
point à un autre de la plaine

• Étage montagnard:
• La forêt tropicale, approximativement située entre 1 600
et 2 700 mètres d'altitude, est découpée en quatre zones distinctes. Celles-
ci sont fragilisées par l'activité humaine (déboisement au niveau de la limite
inférieure, incendies volontaires sur la limite supérieure) et la ceinture
qu'elles constituent est de taille très inégale ; elle est ainsi très réduite au
nord et à l'ouest
• Le morcèlement de la forêt est responsable d'une extinction sensible
des grands mammifères. Cette forêt abrite les primates du
genre Cercopithèque à diadème (Cercopithecus mitis), des Guérezas
d'Angola (Colobus angolensis) et du Kilimandjaro (Colobus guereza). Puis le
Babouin olive (Papio anubis). Parmi les autres mammifères,
le léopard (Panthera pardus pardus), la Mangouste rayée (Mungos mungo),
le serval (Leptailurus serval), Potamochoerus porcus, le ratel (Mellivora
capensis), le Porc-épic à crête (Hystrix cristata) sont difficiles à observer
bien qu'ils s'aventurent fréquemment dans la savane. Le Calao à joues
argent (Bycanistes brevis), leTouraco de Hartlaub (Tauraco hartlaubi),
le Touraco de Schalow (Tauraco schalowi), le Touraco violet (Musophaga
violacea), le Tchitrec bleu (Elminia longicauda), le Tchitrec d'Afrique
(Terpsiphone viridis), le Coliou rayé (Colius striatus) et le Cossyphe de
Rüppell (Cossypha semirufa) sont des espèces d'oiseaux bien adaptées à la
vie dans l'épaisse canopée.
• La forêt sèche
• Elle est rendue fragile par ses longues phases de repos végétatif et n'existe
en réalité plus qu'à l'état de vestige ; elle a été presque intégralement
remplacée par des cultures de piémont irriguées. Les espèces qui la
composaient sontTerminalia brownii, Stereospermum kunthianum et
du genre Combretum
• Étage montagnard:
• La forêt pluviale
56

• Elle est présente au sud et à l'est du volcan, sur un vaste croissant de Sanya
Juu à Tarakea. Elle est fortement soumise aux précipitations
(2300mm/an), mais tolérante à des périodes plus sèches.
• Sa flore varie en fonction des quantités d'eau reçues et de l'altitude. On y
trouve le Genévrier d'Afrique (Juniperus procera), Olea
europaea subsp. cuspidata, Olea welwitschii, Albizia
schimperiana, Terminalia brownii, Ilex mitis, Ocotea usambarensis, Euclea
divinorum, Prunus africana, le Bois de rempart (Agauria salicifolia), Croton
macrostachyus, Croton megalocarpus, Macaranga
kilimandscharica, Impatiens kilimanjari, Viola eminii, Impatiens
pseudoviola ainsi que
des espèces des genres Combretum, Pittosporum, Tabernaemontana ou
encore Rauvolfia.
• Cette forêt subit une forte pression démographique, en particulier au sud
où nombre de plantations ont été intégrées au sein des espèces sauvages.
Certaines parcelles sont exploitées pour la sylviculture et des essences
introduites comme le cyprès du Portugal (Cupressus lusitanica), lui-même
menacé par l'apparition d'une espèce de puceron du genre Aphis.
• Alors que des coupes sélectives sont cicatrisées rapidement, des coupes a
blanc mettent cinquante ans avant de voir une diversité végétale
réapparaître. Cette progression de la limite agro-forestière supérieure est
stabilisée par le classement en réserve de la forêt et par la prise de
conscience des cultivateurs locaux du problème de pénuries d'eau et
d'acidification des sols. Ces deux facteurs sont parfois responsables de la
remontée parallèle de la limite inférieure des plantations qui sont
remplacées par la savane. La situation n'est pas uniforme : des plans de
recolonisation favorisés par la bonne connaissance bioclimatique
des Wachagga permettent de trouver des équilibres biologiques avec des
espèces arborées
• La forêt de Njoro, au sud de Moshi, est une forêt sacrée depuis plusieurs
siècles et bénéficie de surcroît d'un statut de protection. Ce sont sans
doute les raisons pour lesquelles elle est la dernière forêt pluviale à
subsister en plaine, même si elle subit un lent recul. Elle est notamment
composée de Newtonia buchananii.
• Étage montagnard:
• La forêt de brouillard se caractérise par la présence des Podocarpus
milanjianus et de
nombreux épiphytes comprenant mousses et ptéridophytes qui recouvrent
environ 80 % des arbres. Cette forêt est présente sur le versant méridional
entre 2 300 et 2 500 mètres d'altitude. L'eau est apportée presque
uniquement par une circulation de l'humidité générée par
57

l'évapotranspiration de la forêt pluviale, qui crée de fréquents brouillards.


La saison sèche y est très courte mais le captage de l'eau en suspension
quasi nul.
• La forêt de nuage
• On y retrouve le Genévrier d'Afrique mais également Afrocarpus
gracilior, Hagenia abyssinica, la Bruyère arborescente (Erica arborea,
principalement dans son stade de développement jeune) et
quelques mousses et lichens (Usnea articulata). Cette forêt est présente
dans les escarpements à l'ouest, au nord et au nord-est, typiquement entre
2 500 et 2 700 mètres d'altitude. Contrairement à la forêt de brouillard,
elle connaît une longue saison sèche et l'humidité n'y circule pas
par convection mais par des précipitations apportées par de forts vents
d'est sous forme de stratus qui peuvent constituer 60 % de l'apport en eau
pour les plantes. Une bonne structuration horizontale et verticale de la
forêt est donc nécessaire pour lui permettre de bien filtrer les particules
d'eau en suspension.
• Les plaines:
• Les lowlands, associées approximativement à des plaines entourant le
Kilimandjaro, se situent entre 800 et 1 600 mètres d'altitude. Le climat y
est très chaud et sec. C'est un milieu ouvert où le feu, souvent déclenché
et maîtrisé par les pasteurs masaï, joue un rôle primordial. La végétation est
principalement composée de savanes constituées d'herbacées (Hyparrhenia
dichroa, Hyparrhenia rufa, Pennisetum mezianum, Pennisetum
clandestinum), de plantes à fleurs (Trifolium semipilosum, Trifolium
usambarense, Parochetus communis,Streptocarpus glandulossinus, Coleus
kilimandscharica, Clematis hirsuta, Pterolobium stellatum, Erlangea
tomentosa, Caesalpinia decapetala), du baobab africain (Adansonia digitata),
d'arbustes (Commiphora acuminata, Stereospermum
kunthianum, Sansevieria ehrenbergii) et d'épineux (Acacia mellifera, Acacia
tortilis, Commiphora neglecta) que l'on trouve en dessous
de1 400 mètres d'altitude à l'ouest et 1 000 mètres d'altitude à l'est.
• Les plaines:
• Ces arbres et arbustes sont utilisés par les populations locales à des fins
domestiques (alimentaires, médicinal, chauffage, fourrage, confection
de clôtures, etc.) ou artisanales (fabrication d'œuvres d'art) et les
parcelles défrichées largement transformées en champs à culture
pluviale : maraîchage et cultures céréalières (pois
d'Angole, haricot, tournesol, éleusine, maïs,
etc.), bananiers, caféiers, avocatiers, eucalyptus.
• La végétation des plaines abrite de nombreux oiseaux parmi lesquels
le Bulbul des jardins (Pycnonotus barbatus), Cossyphe de Heuglin (Cossypha
58

heuglini), le Coliou rayé (Colius striatus), leSouïmanga bronzé (Nectarinia


kilimensis) et des mammifères dont Otolemur monteiri, Rhabdomys pumilio,
l'Oryctérope du Cap (Orycteropus afer), le dik-dik de Kirk (Madoqua kirki),
le sitatunga (Tragelaphus spekeii), le Galago à queue touffue (Otolemur
crassicaudatus) et le Daman des arbres (Dendrohyrax arboreus) lui-même
chassé par la genette (Genetta genetta).

Mont kenya

De façon synthétique, l’étagement au mont Cameroun est le suivant :

0-800 ou 1000m : habitat, plantation de thé palmier à huile, bananeraie


1000-1800-2000 : Forêt dense sempervirente
2000-2800 : Savane
2800-3500 : Steppe
3500-4000 mousses et lichens.

De tout ce qui précède, on peut retenir comme synthèse de l’étagement


végétatif en montagne tropicale ce qui suit.
Il faut parler ici d’étagement au sens large, ne pas se cantonner aux données
bioclimatiques. L’étagement dans les montagnes tropicales est particulier, mais
comparable à l’étagement alpin (contrairement aux montagnes des hautes
latitudes). En généralisant :
59

• - entre 500 et 1000m, les tierras calientes présentent des végétations


tropicales très variées : forêt dense, savane ou steppe. Elles ne sont guère
habitées.
• - entre 1000 et 2000m, les tierras templadas présentent des formations
forestières semi-tropicales composées de feuillus persistants. Elles
constituent souvent l’étage le plus peuplé et le plus cultivé, et son
comparable à l’étage collinéen.
• - entre 2000 et 4000m, les tierras frias sont signalées par des feuillus
persistants et à feuilles caduques jusqu’à 3000m. Elles correspondent à la
couche d’inversion des alizés, d’où à environ 3000m une Nebelwald, c’est-à-
dire un étage où stagnent les nuages. Dans leur partie inférieure les tierras
frias sont encore cultivées, mais l’habitat et l’humanisation s’y font plus rare
au fur et à mesure de l’altitude, même si on observe de magnifiques contre-
exemples comme les grandes villes andines ou tibétaines situées à plus de
2500m d’altitude telles que Lhasa, Bogotta, Quito, La Paz…
• Cet étage est comparable à l’étage subalpin (même s’il ignore naturellement
tout phénomène semblable à la formation d’une Nebelwald). Transition entre
tierras frias et étage supérieur, les espaces steppiques ou prairials
apparaissent à 3500m : c’est le pàramo des Andes équatoriales ou
colombiennes, la puna des Andes péruviennes, ou steppe à tola des Andes
chilienne… Cet espace ressemble à l’étage alpin des montagnes
« tempérées ». Comme lui, il n’accueille aucune habitation permanente et est
seulement utilisé - quand les hommes s’y aventurent- comme pâturages.
• - au-delà de 4000m se trouvent les tierras heladas marquées par
l’interruption de la végétation par une couverture de neige ne subissant pas
ou peu de variations saisonnières. Elles sont comparables à l’étage nival.
Il est évident que cet étagement enregistre des variations même entre les
différentes montagnes tropicales : suivant qu’elles soient exposées à la
mousson ou non, qu’elles soient en milieu tropical aride ou humide… Mais la grille
de lecture de l’organisation de l’espace montagnard en tierras demeure celle
qui convient le mieux pour rendre compte à la fois de la répartition des espèces
végétales et animales et de l’installation des sociétés montagnardes.
60

6. Aménagement des montagnes tropicales


6.1. Concept d’aménagement
1.Arranger un lieu, un local, le modifier pour le rendre plus pratique, plus agréable:
Ils ont fini d'aménager leur appartement (arranger, installer). Un magasin bien
aménagé (agencer, disposer). Ils veulent aménager les combles (= les rendre
habitables; transformer).
2. Apporter des modifications en vue d'une meilleure adaptation: Aménager une
loi ancienne (corriger, modifier).
3.aménager v t aménager [amenaʒe] organiser l'espace, arranger ; allestire
[al:e'stire] aménager un bureau dans un grenier
4. modifier pour améliorer aménager ses horaires de travail
Agencement, amendement, arrangement, coordination, disposition, distribution,
installation, ordonnance, organisation, répartition.

• L'aménagement du territoire désigne l'ensemble des politiques mises en


œuvre par une collectivité sur son territoire national. Il est le résultat
d'actions réfléchies et choisies afin de réduire les inégalités économiques
ou sociales à l'échelle d'un pays
• L’aménagement est une politique publique qui vise obtenir une meilleure
répartition des hommes et des activités sur le territoire national, en vertu
du principe républicain d’égalité territoriale (chaque camerounais où qu’il
soit sur le territoire national doit pouvoir bénéficier des mêmes possibilités
offertes par l’Etat, des mêmes possibilités de pouvoir se développer,….).

L'aménagement est une action volontaire portée sur des territoires à des échelles
plus ou moins grandes: locale, régionale, nationale. Il s'agit d'une politique publique
qui renvoie à une philosophie d'action et non à une philosophie du « laisser-faire ».
C'est pourquoi l'aménagement est une idée qui se situe en opposition au libéralisme
(symbolisé par la figure de la « main invisible ») et qui a trouvé ses racines dans
des économies planifiées (URSS, Chine). Ses objectifs consistent à mieux
distribuer des activités sur un territoire (réduire les inégalités territoriales) et
à améliorer les performances globales de ces territoires.

6.2. Types d’aménagement des montagnes tropicales


6.2.1. Aménagement des montagnes pour les pratiques cultuelles et
culturelles
Aménagement pour le culte des ancêtres ou des pratiques cultuelles culturelles et
religieuses.
La montagne est la demeure des Dieux et comme telle, beaucoup d’activités
sacrificielles y ont lieu, notamment au pied ou dans les environs des chutes d’eau
61

pour être en harmonie avec la nature et avec les ancêtres et les dieux. L’eau étant
un véhicule pour laver les fautes, les malédictions etc.
Au mont Cameroun, connu localement comme montagne des Dieux ou comme
Montagne du tonnerre (chez les bakweri), en cas de prolongation des éruptions, on
sacrifie un coq blanc, un mouton blanc ou exceptionnellement un albinos pour
calmer la colère des dieux.
Il en est de même des lacs de cratère et maars qui sont considérées comme des
lieux sacrés, requérant des approches respectueuses

Montagne et organisation de l’espace chez les Mayas et Incas


6.2.2. Aménagement des montagnes pour l’agriculture
Il existe une panoplie d’aménagement montagnarde destinées à l’agriculture au
rang desquels :
Bocage Bamiléké au Cameroun avec trilogie du paysage
Les cultures en terrasse en pays Toupouri
Cultures en terrasse en Inde
Cultures en terrasse au Rwanda
Grandes plantations
Elevage
62

Bocage Bamiléké et terrasse dans les Mandara dans l’extrême nord du Cameroun

Versants en terrasse u Rwanda et dans les Annapurna au Népal

Aménagement des montagnes par de grandes plantations


• Sous les tropiques de grandes plantations se créent et son aménagées en
milieu de montagne pour des besoins de l’industrie agricole: thé, café,
bananeraie (mont Cameroun), légumes, etc.
• Rizière dans les grandes vallées
• Problème: Il peut y avoir surexploitation agricole comme au Népal, au
Vietnam, au Cameroun (pays Bamiléké et monts Mandara) à cause de la
densité de population

Aménagement des montagnes pour l’élevage


Elevage extensif comme en Argentine avec la Pampa
63

• Elevage intensif et transhumant au Cameroun ou ailleurs


• Cheptel plus important en montagne, mais beaucoup de risques d’érosion:
glissement de terrain, pied de vache, lavaka etc.

6.2.3. Aménagement des montagnes pour le bâti et l’urbanisation:


recompositions spatiales
L'aménagement des montagnes doit être contrôlée sinon, elle prêt à des
difficultés d’urbanisation. En pays Bamiléké, il ya inversion des valeurs liée à la
haute bourgeoisie
Beaucoup de recompositions spatiales et de mutations du bâti
Évolution des villes de montagne vers des mégapoles
Pauvreté et bidonvillisation

6.2.4. Aménagement des montagnes pour le sport


L'ascension du mont Cameroun se fait par des sentiers de randonnée. La meilleure
période pour l'entreprendre est l'hiver, notamment les mois de décembre, janvier
et février L'érudit, explorateur et écrivain britannique Richard Francis Burton est
le premier à avoir réussi l'ascension de la montagne en 1861.
Chaque année au mois de février se déroule une ascension du volcan appelée Mount
Cameroon Race of Hope ou Course de l'espoir. Les meilleurs coureurs mettent
environ 4 h 30 à atteindre le sommet. La première épreuve a eu lieu en 1973 et
a été sponsorisée par la société Guinness jusqu'en 2005, date à laquelle
la Fédération camerounaise d'athlétisme a repris l'organisation de l'épreuve.
• L'ascension du Kilimandjaro est très prisée par de nombreux randonneurs,
notamment par ceux qui se lancent à l'assaut des sept sommets. Environ
20 000 personnes franchissent l'entrée du parc national de Kilimandjaro et
tentent l'ascension chaque année avec un taux d'échec d'un tiers.
• La meilleure période est de juillet à octobre ou en janvier et février afin
d'éviter les saisons des pluies. La règlementation du parc impose
les sentiers de randonnées, les moyens à mettre en œuvre pour faire
l'ascension (garde, etc.) et récolte les droits d'entrée. Il est conseillé
d'être suivi de porteurs, éventuellement d'un cuisinier mais la loi oblige à
être accompagné d'un guide homologué.
• Toutes ces ascensions nécessitent une bonne condition physique, notamment
pour se prémunir du mal aigu des montagnes. Si les risques sont faibles,
quelques touristes ont cependant perdu la vie lors de cette ascension, par
accident ou par manque de préparation.
• Il convient donc de rester prudent et de s'entraîner avant de la tenter
puisque seulement 40 % des ascensions sont couronnées de succès. Des
gardes sont stationnés sur la montagne pour permettre une évacuation
rapide en cas d'urgence.
64

6.2.5. Aménagement des montagnes pour le tourisme durable et


l’écotourisme
L'aménagement touristique des montagnes est un élément incontournable
aujourd’hui. Il assure la richesse de ces milieux et procure des revenus aux
populations locales
Au mont Cameroun, l’écotourisme a démarré depuis 2000 et se porte bien, avec
des revenus importants et des créations d’emplois (plus de 3000 emplois, directs,
indirects et induits)
Les chefferies montagnardes de par leur architecture, leur symbole, les activités
culturelles et leur musée sont des hauts lieux de conservation culturelle en vue du
tourisme culturel
La route des chefferies et venu pérenniser cet état de choses
Aménagement doit respecter les caractéristiques de la montagne

6.2.6. Aménagement de conservation: montagne patrimoniale comme


Mont Kilimandjaro
Le mont Kilimandjaro érigé en parc national par UNESCO pour la conservation de
ses ressources exceptionnelles en et pour la continuité de la durabilité touristique
Le mont Cameroun érigé en parc national en 2009 en vue de la conservation de sa
riche biodiversité et des ressources
Le mont Kilum érigé en sanctuaire de flore

• La protection environnementale du Kilimandjaro s'est faite en plusieurs


étapes. Une réserve de chasse est d'abord créée par les autorités
allemandes en 1910. En 1921, elle est transformée en réserve forestière.
• En 1973, la zone au-dessus de 2 700 mètres d'altitude est classée au sein
du parc national de Kilimandjaro. Il est ouvert au public quatre ans plus tard.
• En 1987, la limite du parc est abaissée jusqu'à 1 830 mètres d'altitude et il
atteint 75 353 hectares. Il est finalement inscrit sur la liste du patrimoine
mondial de l'UNESCO avec comme justification que « le Kilimandjaro, avec
sa cime enneigée qui surplombe la plaine de près de 5 000 m, est le plus
grand massif montagneux isolé qui soit » et que son parc abrite « une grande
diversité d'espèces animales et végétales rares ou endémiques ».
• La réserve forestière qui l'entoure est progressivement passée de 89 000
à 92 906 puis 107 828 hectares. L'ensemble protège 3 000 espèces
végétales.
65

6.3. Risques en montagnes tropicales


Outre la configuration naturelle du Cameroun qui lui confère séisme et volcanisme
dans ses hautes terres, les activités conduites dans les montagnes tropicales
génèrent des dangers.
• L‘exploitation des sables et la création des sablières et néfaste à la stabilité
des pentes en milieu de montagnes. Il en est de même de l’industrie minière
artisanale. Ces activités engendrent de fréquents glissements de terrain
sur les sites d’exploitation.
• Des risques urbains grandissant liées à l’urbanisation incontrôlée et aux
mutations agricoles et recompositions spatiales
• Des risques volcaniques réels et récents: Nyos 1986, Nyragongo (2012),
Mont Cameroun, 1999 et 2000
66

Références
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Mémoire du Muséum d’Histoire Naturelle N° 17. Ed du Muséum, 321p. Paris.
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67

massif de l’Adamaoua (Cameroun). Thèse de Doctorat en géophysique; Université


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