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FORMULATION AVANCEES DES BETONS


Méthode BARON-OLLIVIER

OBJECTIFS :

Il s'agit de déterminer des compositions particulières de bétons à Partir de la Formulation de base


de Monsieur BARON, en tenant compte de paramètres complémentaires (adjuvant, utilisation de
fumée de silice, etc ... ). Cette partie est la suite du cours sur la Formulation de base.

I – PRINCIPE :

Dans les formulations avancées le squelette granulaire ne varie pas. Ce sont la composition et la
compacité de la pâte liante qui sont modifiées. Le problème posé est le suivant: comment augmenter
la résistance du béton sans modifier son ouvrabilité ni son temps de prise?

a - augmentation de la résistance

Une augmentation de la résistance d'un béton s'obtient en faisant varier deux paramètres:

- la compacité de la pâte liante

- le rapport C/E

Dans la formulation de base la pâte liante est composée d'eau et de ciment sous forme de "flocs",
c'est-à-dire de grains de ciments polarisés en présence d'eau qui forment des agglomérats de
dimensions 5 à 10 fois supérieures aux grains de ciments et qui retiennent captive une grande
quantité d'eau. Cette eau ne participe en rien à la résistance et, au contraire, a tendance en
disparaissant à affaiblir le béton en créant des vides.

L'utilisation d'un défloculant permet de briser les chaînes de grains de ciment, donc de libérer
l'eau captive qui intervient alors directement sur la résistance et l'ouvrabilité. On peut alors jouer
sensiblement sur cette eau, la diminuer et ainsi augmenter la résistance à ouvrabilité constante.
C'est le principe utilisé avec un plastifiant réducteur d'eau.

Cependant, avec le principe énoncé ci-dessus on a amélioré la compacité mais on n’obtient pas
encore la compacité optimale.

Monsieur P.G. de GENNES a établi une théorie qui dit que la compacité optimale d'un mélange
granulaire est obtenue avec 4 échelles de grains. Les bétons courants sont constitués d'un mélange
avec 3 échelles de grains (les graviers, les sables et le ciment). Au début des années 80, on a donc
imaginé d'utiliser une 4ème échelle de grains: des grains très fins pour combler les vides inter-
granulaires du ciment. On utilise pour cela des ultrafines et en particulier des fumées de silice qui
sont les ultrafines industrielles les moins chères. Ce sont des résidus de combustion récoltés dans
les conduits de fumées à la sortie des centrales thermiques ou des fours à silicium. Ces résidus
sont de dimensions moyennes aux environs de 0,1 μm.
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Un intérêt supplémentaire dans l'utilisation des fumées de silice est leur propriété pouzzolanique
qui permet en plus de participer de manière notoire à la résistance à condition d'utiliser un ciment
adéquat (uniquement du CPA-CEM I).

Lorsque l’on utilise de la fumée de silice on remplace dans la formulation le dosage C en ciment par
le dosage L en liant équivalent.

On pose : L = C + k . FS
SF représente le dosage de la fumée de silice et k le coefficient s’équivalence qui peut prendre des
valeurs forfaitaires indiquées dans le tableau ci-dessous.

Valeur du coefficient k applicable à de la fumée de silice substituée


à un CPA-CEM I d’après la norme NF EN 206 .1.
Condition à respecter k
E/L ≤ 0,45 2
E/L > 0,45 2 sauf pour les classes d’exposition
XC et XF, où k = 1.

Pour autant que l’on ne considère que la résistance du béton à la compression, la valeur de k peut
être déterminée expérimentalement.

b - Maintien et amélioration de l'ouvrabilité

L'utilisation de plastifiants et de fumées de silice permet d'augmenter la compacité. Mais, si le


plastifiant augmente l'auvrabilité en libérant de l'eau, ce n'est pas le cas des fumées de silice qui
augmentent la viscosité du béton et diminuent donc son ouvrabilité. Il est donc nécessaire
d'utiliser un adjuvant qui à la fois libère l'eau captive en défloculant les flocs de ciments et
fluidifie les fumées de silice. Ces adjuvants sont appelés fluidifiants ou encore super-plastifiants.
En recherchant le bon dosage, (méthode des coulis), on arrive à augmenter l'ouvrabilité en
diminuant l'eau de manière considérable. Les super-plastifiants efficaces sont appelés pour cela
hauts réducteurs d'eau. Malheureusement l'emploi de super-plastifiants fait intervenir un
phénomène parasite: ils sont souvent accompagnés d'un raccourcissement notable du temps de
prise qui rend la mise en oeuvre problématique. On est alors obligé d'utiliser un retardateur de
prise qui peut, lui aussi, être accompagné d'effets secondaires.

c - volume absolu des fines

Les études de BOLOMEY et de FAURY ont démontré que le volume absolu des fines jouait un rôle
considérable sur la qualité du béton:

un béton trop pauvre en fines favorise la ségrégation à la mise en oeuvre; un béton trop riche en
fines ne présente pas un beau parement (problèmes aux contacts avec le coffrage).

En fait, il existe un dosage optimal de volume absolu en fines avec des frontières minimales et
maximales.
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Le dosage optimal est donné par la relation suivante: V f = 220


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D

Les valeurs optimales et limites sont données dans le Tableau ci dessous en dm3 (litre) de fines par
m3 de béton.

Tableau du à BARON à partir des résultats de BOLOMEY et FAURY


Valeurs de D 8 10 12.5 16 20 25 31.5 40 50 63 80

Volume optimal 145 138 131 125 120 115 110 105 100 95 90

Valeur mini pour éviter 125 120 115 110 105 100 95 90 85 80 75
les risques de ségrégation
Valeurs maxi pour obtenir 165 156 148 140 1356 130 125 120 115 110 105
un beau parement10

Il faudra donc toujours vérifier que la composition obtenue donne un volume optimal de fines, sinon,
il faut jouer sur la qualité du ciment pour abaisser le volume de fines ou sur les additions de fines
pour augmenter le volume lorsqu'il est en dessous de la valeur minimale.
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III – MODE OPERATOIRE (formulation avancée) :

a- la pâte liante :
1. Déterminer la résistance cible fc.
2. Déterminer la quantité optimale d’eau efficace E, en appliquant si nécessaire les corrections
et en prenant compte la réduction autorisée par l’adjuvant.
3. Déterminer la quantité optimale d’air occlus Va, en appliquant si nécessaire les corrections.
4. Déterminer le coefficient granulaire de BOLOMEY : Kb
Déterminer le coefficient Kv : kv = E / (E + Va)
5. Calculer le rapport liant équivalent sur eau efficace (L/E) par la formule de BOLOMEY qui
devient :
(
fc = Kb f m K v L − 0.5
E
)
6. Déterminer le dosage en liant équivalent : L.
7 . Déterminer les dosages en ciment C et en fumée de silice SF en utilisant le coefficient k.
8 . Déterminer la masse en extrait sec d’adjuvant : Madj
9 Vérifier que le rapport E/L et la teneur en liant équivalent est conforme à la norme NF EN
206.1 (voir annexe).

b- le squelette granulaire :

10. A partir des courbes granulométriques, déterminer la courbe optimale (comme pour un béton
courant).
Déterminer les pourcentages de sable S% et de gravier G% (comme pour un béton courant).

c- composition du béton :
11. Calculer la masse volumique absolue de l’extrait sec d’adjuvant
9. Calculer le volume absolu de la pâte liante : Vciment + Veau + Vair + Vadj + VSF
10. Calculer le volume absolu des granulats secs : Vgranulats = 1000–(Vciment+Veau+Vair+Vadj+VSF)
11. Calculer le volume absolu de chaque granulat : Vabsolu sable = Vgranulats × S%
Vabsolu gravier = Vgranulats × G%

12. En déduire la masse de chaque granulat : M sable = Mvol. absolu sable × Vabsolu sable
M gravier = Mvol. absolu gravier × Vabsolu gravier

13. Vérifier le volume absolu de fines (le volume de fines est le volume de ciment, d’extrait sec
d’adjuvant, de fumée de silicee t des éléments inférieurs à 63 μm dans le sable).

14. Déterminer le dosage de l’adjuvant en solution. Corriger le dosage en eau pour tenir compte
de l’eau existant dans la solution.
Récapituler les dosages des constituants dans un tableau.
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ANNEXE
EXTRAIT NORME NF EN 206.1

CLASSE D’EXPOSITION DES BETONS


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VALEURS LIMITES SPECIFIEES APPLICABLES A LA COMPOSITION ET


AUX PPOPRIETES DES BETONS

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