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Cette plaquette s’adresse aux professionnels de la construction directement concernés par

Les points sensibles pour les professionnels le devoir de conseil (maîtres d’œuvre, architectes, entrepreneurs, artisans, fournisseurs...).
Elle a pour objet de les sensibiliser non seulement à leur obligation de conseiller leurs clients
sur certains aspects de l’acte de construire mais aussi aux responsabilités qui peuvent en
Le devoir de conseil découler.

des professionnels Qu’est-ce que le devoir de conseil ?


de la construction Dans le cadre de la bonne exécution de son contrat,
tout professionnel supporte une obligation de CONSEIL
conseil vis-à-vis de son client (maître d’ouvrage)

OB

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IR
G AT O
mais aussi envers les autres intervenants de l’opé-
ration de construction (maître d’œuvre, entrepre-
neurs, artisans, sous-traitants, fournisseurs de
matériaux) même si aucun texte légal ou règlemen-
taire n’en impose le principe.
Il s’agit d’une obligation inhérente au contrat passé
avec le client, sans qu’aucune mention écrite ne soit
nécessaire pour la justifier.
Cette obligation de conseil, érigée par la juris-
prudence en véritable concept, est très vaste et
concerne aussi bien les domaines techniques,
juridiques, règlementaires inclus dans le périmètre tence technique du client, présence ou non d’un
de sa mission. C’est un avis qu’un homme de l’art doit maître d’œuvre sur l’opération de construction...
nécessairement émettre chaque fois qu’il décèle un
Exemples de domaines visés :
risque susceptible de porter préjudice à son client
• état du terrain, respect des règles d’urbanisme
ou à un tiers. Il peut être informatif, préventif ou
et de voisinage, faisabilité de l’opération, choix
correctif.
des intervenants, respect des règles de l’art,
Devoir de compétence, devoir d’information : prise en compte des contraintes financières,
l’importance du devoir de conseil varie selon le de l’état des existants, des conditions d’entre-
constructeur concerné et son niveau de compé- tien des équipements...
tence. D’autres critères sont à intégrer : compé-

Quand exercer ce devoir de conseil ?


Tout intervenant à une opération de construction • Pendant les travaux : il doit informer sur les
est tenu, dès le début de l’opération et jusqu’à la erreurs ou omissions constatées, sur les pro-
réception des travaux, à une obligation de conseil, blèmes d’interfaces entre corps d’état.
en fonction de son domaine de compétence et des • A la réception : il doit conseiller le maître d’ouvrage
informations en sa possession sur le projet. et l’aider à faire des réserves si nécessaire. Il est
• Dès l’établissement du projet : il doit mettre en recommandé très fortement à l’entrepreneur d’in-
garde sur les risques ou insuffisances du projet former par écrit sur la nécessité d’entretenir les
par rapport à sa finalité et à son coût. Il doit veiller ouvrages, leurs équipements et sur le bon usage
au respect des règlementations en vigueur. des équipements livrés.

www.qualiteconstruction.com Agence Qualité Construction • Le devoir de conseil des professionnnels de la construction • 2016
• apporter les informations nécessaires sur les Le contrôleur technique
Quels sont les professionnels concernés ? modalités particulières de mise en œuvre du
produit choisi (notamment pour les produits nou- Le contrôleur technique peut voir sa responsabilité
Les personnes concernées par le devoir de conseil veaux ou innovants) ; mise en cause pour défaut de conseil lorsqu’il n’a
Exemples : pas émis de réserves sur des anomalies ou des
sont tous les intervenants à l’acte de constuire • risques liés au terrain, contraintes règlemen- • informer sur l’usage du produit et ses conditions
qu’ils soient traitants directs ou sous-traitants : particulières de mise en œuvre (fournir une no- insuffisances qu’il était en mesure de découvrir.
taires, budget nécessaire, insuffisances éven-
maîtres d’œuvre, contôleurs techniques, entrepre- tuelles du projet, risques liés à l’absence de tice, la référence d’un site internet).
neurs, artisans, fournisseurs... maîtrise d’œuvre ou erreurs de conceptions Exemples :
Chaque intervenant est tenu a une obligation décelées, inconvénients liés aux matériaux • une information plus approfondie doit être fournie, à l’égard d’un produit nouveau, même lorsque son
de conseil vis-à-vis du maître de l’ouvrage, mais choisis par le client... utilisateur est un professionnel averti ;
cette obligation s’étend aussi, dans certains cas, à Avant d’engager les travaux, il doit renseigner le • elle est également requise à l’égard d’un client profane ou pour la mise en œuvre de produits délicats
ses partenaires constructeurs. Il doit les éclairer, maître d’ouvrage sur la chronologie à respecter et à utiliser.
dans son domaine de compétence, sur les divers leur faisabilité.
aspects de l’opération, en particulier sur les risques, L’obligation de conseil de l’entrepreneur installa-
les avantages ou les inconvénients du projet de
construction.
teur d’un matériau lui impose d’attirer l’attention du
maître d’ouvrage sur les inconvénients du produit
Quelles en sont l’étendue et les limites ?
choisi et sur les précautions à prendre, compte tenu Chaque intervenant doit s’informer, se former, se Ainsi la faute du maître d’ouvrage peut dégager la
Exemples, tirés de la jurisprudence, de mise en renseigner, écouter, pour pouvoir lui-même informer responsabilité du constructeur, comme son immix-
cause concernant des maîtres d’œuvre et des de l’usage auquel ce matériau est destiné.
correctement, conseiller, mettre en garde son inter- tion fautive, ou l’acceptation délibérée des risques.
entreprises : Il a un devoir, vis-à-vis du maître d’œuvre, de locuteur, lui expliquer les conséquences de ses choix :
• il appartient à l’entrepreneur, qui est un techni- vérifier les plans et la prise en compte des règles Le devoir de conseil du maître d’œuvre ne l’oblige pas
• devoir d’information et de renseignement sur la
cien à même de déceler les insuffisances de la de l’art concernant son lot. Il doit vérifier, vis-à-vis à rappeler au maître d’ouvrage l’obligation de respec-
finalité des travaux prévus, devoir de recherche
conception, de mettre en garde le maître d’ou- des autres exécutants, la bonne adéquation de son sur le terrain, la faisabilité de l’opération au regard ter les prescriptions du permis de construire. En effet,
vrage et l’architecte contre les insuffisances marché aux caractéristiques de leurs marchés. du budget envisagé et des délais prévus, le res- ces prescriptions s’imposent à lui en vertu de la loi.
de la conception ; pect des règles d’urbanisme et de construction, Exemple :
Le sous-traitant peut se voir reprocher de ne pas
• l’architecte n’est pas seulement un homme la qualité des intervenants (compétences, solidité • alors que l’entrepreneur a fait des réserves sur
avoir émis de réserves à l’égard de l’entreprise
de l’art qui conçoit et dirige les travaux, il est financière, assurances) ; les travaux à effectuer, le maître d’ouvrage a
générale.
aussi un conseiller technique auquel le client • respect de son champ de néanmoins imposé des matériaux inadaptés
réfère et qui doit éclairer ce dernier sur tous les Le maître d’œuvre compétence (celui qui ac- en toute connaissance de cause.
aspects du projet qu’il lui demande d’étudier et cepte une tâche, qui dé-
Il a un devoir de conseil très étendu envers le maître
de réaliser. de l’ouvrage et doit tenir compte de ses souhaits et passe ses capacités plutôt
€ que de refuser le marché, En cas de risques corporels, le devoir
les faire connaître, de façon claire et précise, aux en- €
Le constructeur reste € commet une faute) ; de conseil est aggravé.
treprises. Il doit guider les choix de son client et attirer
responsable même lors- son attention sur les conséquences techniques et • devoir de prévention (sécu-
qu’il se voit imposer le financières de ces choix, en vérifier la faisabilité, la rité, fonctionnement, utili- Devoir de conseil renforcé
choix d’un produit dont conformité aux règlementations, aux règles de l’art sation, entretien...). En l’absence d’un maître
Les points sensibl

Bien choisir
es pour les
professionnels

de constructun produit
l’aptitude à l’usage est et aux obligations d’assurance, relever les consé- Limites à l’obligation de conseil d’œuvre, l’obligation de ion

inappropriée. Il doit alors quences néfastes d’éventuelles économies dans le La teneur du devoir de conseil diffère selon la quali- conseil de l’entrepreneur se
refuser la pose et justifier programme. té des bénéficiaires (maître d’ouvrage ou autres in- trouve renforcée.
ce refus par écrit. tervenants) et les compétences de ceux-ci (maître Dans le cas de travaux
Par exemple, une tuile Exemple : d’ouvrage professionnel, entrepreneur ou bureau sur existants, l’obligation
conforme aux normes • le maître d’œuvre, tenu de conseiller le maître d’études spécialisé, ...). de conseil portant sur la TOUS VOS
PRODUITS CONSTRUCTION
RÉNOVATION

peut se révéler inadap- d’ouvrage doit attirer son attention sur les compatibilité de l’exis-
tée à certaines pentes de conséquences d’une insuffisance du nombre Ainsi la responsabilité du constructeur pourra être tant avec les travaux
toitures. de places de stationnement au regard du per- limitée dans certains cas où le maître d’ouvrage : envisagés se trouve
www.qualitec
onstruction.c
om

mis de construire. • a caché délibérément certains éléments aux ervenants comme


aussi renforcée pour les intervenants
constructeurs ; en cas d’une commande de travaux qui
L’entrepreneur Le fournisseur • a été déjà informé par un autre constructeur du serait non conforme aux normes.
L’entrepreneur doit avertir son client de tous les Son devoir de conseil consiste à : risque encouru ; Voir la plaquette «Bien choisir un produit de
aspects de l’opération projetée et de leurs consé- • conseiller le client sur l’emploi d’un produit adapté • utilise l’ouvrage à une autre fin que celle indiquée construction».
quences. à ses besoins et à ses possibilités financières ; aux constructeurs.
Agence Qualité Construction • Le devoir de conseil des professionnnels de la construction • 2016 Agence Qualité Construction • Le devoir de conseil des professionnnels de la construction • 2016
Comment bien remplir son devoir Que faire face en cas de mise en cause ?
de conseil ? • Vous êtes mis en cause par votre client, votre res-
Le devoir de conseil des constructeurs n’est pas illi- • obtenir l’accord écrit du client permettant de jus- ponsabilité peut être engagée. onnels

mité. Pour bien le remplir, il faut respecter quelques tifier, en cas de litige ultérieur, qu’il a été correcte- Dans votre intérêt, il est important d’y répondre. Les points sensible
s pour les professi

ué à
Vous êtes convoq ction
une expert ise construciper
règles de bon sens : ment informé des risques encourus ; • Vous pouvez être mis en cause dans un cadre enjeux, savoir
Connaître les
y parti

• bien cerner les risques dès le départ ; • jouer son rôle de conseil sur la nécessité de bien amiable ou judiciaire, dans ce cas :
entretenir périodiquement les ouvrages, sur le – réagissez rapidement ;
• ne pas accepter de faire des travaux qui dépassent – faites-vous accompagner par un spécialiste (or-
ses compétences ; bon usage des appareils et équipements installés
et, à cet effet, remettre toutes les notices. ganisation professionnelle, assureur,...) ;
• expliquer au client les conséquences prévisibles – transmettez tous documents utiles ;
de ses choix, les lacunes ou les insuffisances de Si vous jugez que la non-prise en compte de – soyez présent, collaborez avec l’expert, suivez
sa commande, lui proposer des solutions correc- vos réserves entraînera irrémédiablement un de près le dossier. www.qualiteco
nstruction.com

tives ; désordre, vous devez refuser d’exécuter les tra-


• consigner par écrit (comptes rendus de chantier, vaux. A défaut, vous serez responsable et vous
lettre recommandée avec accusé de réception au vous exposez à une absence de garantie de
maître d‘ouvrage) ses observations, remarques votre assureur.
L’assurance
et réserves et conserver les justificatifs ;
Des preuves écrites sont le meilleur moyen pour Vérifiez auprès de votre assureur si ce risque est
• préciser les réserves qui concernent les risques bien couvert.
prouver l’accomplissement de son devoir, toute-
techniques et proposer une solution alternative ;

IMPRIMÉ SUR PAPIER QUALITÉ PEFC


fois, l’écrit n’est pas exclusif.
• chiffrer les modifications que vous jugez néces- L'essentiel
saires et les faire approuver par écrit ; • Vous êtes toujo
• la preuve de la réalité du conseil impose au urs tenu d’un de
• Le spécialiste voir de conseil.
constructeur de conserver les traces du conseil est toujours resp
rappor t au géné onsable par
qu’il a pu donner. raliste.
• L’exercice du de
voir de conseil se
Exemples : par des remarqu concrétise
es écrites, mais
la jurisprudence parfois,
• le constructeur ne peut s’exonérer de ses va plus loin et re
constructeur d’a proc
obligations pour la seule raison que le maître voir accepté d’exé he au
travaux. cuter les

9 782354 434809
d’ouvrage a choisi, parmi les divers procédés
proposés, la solution la plus économique, à
moins qu’il n’ait été dûment averti des risques
encourus ;
• alors que l’entrepreneur lui a fait des réserves

© AQC Janvier 2016


sur les travaux à effectuer, le maître d’ouvrage
a néanmoins imposé des matériaux inadaptés
en toute connaissance de cause.

C’est au contructeur de prouver qu’il a bien rem-


pli son devoir de conseil.
Cette plaquette a été réalisée par l’Agence Qualité Construction, association dont la mission

J.Ducret • 02 31 77 44 79
est d’améliorer la qualité des constructions, avec la participation des professionnels du bâtiment.

29, rue de Miromesnil, 75008 PARIS - Tél. : 01 44 51 03 51


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