Vous êtes sur la page 1sur 5

thème : arts et pouvoir HDA

domaine : arts du langage Matin Brun – Franck Pavloff

Introduction : Présentation de l’œuvre et son contexte

1) Franck Pavloff a hérité de son père, bulgare, anarchiste, le goût impérieux de


bousculer les barbelés et les pensées confisquées. Une dizaine d’années à tisser
des projets de développement communautaire à travers l’Afrique et l’Asie. Une
vingtaine d’autres à animer des associations de prévention de la délinquance et
de la toxicomanie. Spécialiste de la psychologie et du droit des enfants.
2) Matin Brun est une nouvelle engagée et apologue français, écrite en 1998 par
Franck Pavloff qui raconte la mise en place d’un « état brun », où tout ce qui
n’est pas « brun » est banni. L'auteur décide d’écrire cette histoire sur un grand
coup de colère et de frustration, lors des élections régionales, en 1998, lorsque
des élus de droite se sont alliés au Front National pour remporter la présidence
de certaines régions de France . Ce texte a été écrit en réaction aux élections
régionales au cours desquelles des alliances entre la droite et l’extrême droite a
vu le jour.
***rappeler la def d'un apologue
Quatre ans plus tard, en 2002, lors des élections présidentielles, Jean-Marie Le
Pen, qui représente le Front National, accède au second tour. Matin Brun connaît
alors une seconde vie : il incarne la lutte contre le racisme et l’intolérance
souvent incarnés par le Front National, selon l’auteur.
3) Matin brun est une métaphore antifasciste et contre la pensée unique.

problématique : Que veut dénoncer l'auteur par le recours à la fiction ?

I) Le texte

a) Le cadre spatio-temporel Epoque, lieu : temps contemporain, pays européen car mœurs
proches des nôtres, l'absence de nom précis permet à chacun de se projeter dans ce lieu familier
b) Narrateur intradiégétique et point de vue interne, personne âgée à la retraite, pas de
travail, célibataire, vie routinière, tranquille, qqs amis, habitudes confortables, voc courant voire
familier
c) Personnages : Charlie ho d’âge équivalent au narrateur même situation, les voisins, Le narrateur
ainsi que son meilleur ami, Charlie mènent une vie tranquille durant la mise en place de lois de plus
en plus radicales. Le cadre de l’histoire est réaliste : il y a la finale de la Coupe des Coupes, les
personnages jouent à la belote, au tiercé, boivent de la bière, lisent le journal,…
Afin de donner plus de réalisme à sa nouvelle, les personnages emploie un langage familier, voir
grossier, le lecteur peut s'identifier facilement aux personnages.

d) Evénements : ils vivent une époque trouble dans lequel se met en place un gouvernement
totalitaire : l’état brun qui progressivement va interdire toute forme d’opposition.

e) la progression du récit
Ce récit suit un ordre de linéarité dans le temps ; en effet, il n’y a pas d’analepse ou de prolepse.
chaque étape du récit correspond à une nouvelle mesure liberticide et montre au lecteur les
réactions, les sentiments des personnages
Il n'est pas difficile de comprendre le sujet sur lequel on peut réfléchir après avoir lu cette
nouvelle : le totalitarisme.

f) la première de couverture, le nom de l’auteur et de l’œuvre son écrites de couleur brunes ; le


brun renvoi à des références historiques telles que « la peste brune », le surnom donné au nazisme
pendant la seconde guerre mondiale et aux « chemises brunes », nom donné aux Sexions d’Assaut,
crées par Hitler.

Une croix est présente sur la couverture ; elle « interdit » en quelque sorte de regarder vers
l’avenir, elle « barre » l’espoir d’un monde meilleur. et connote interdiction, censure et bien sur la
croix gammée. On peut aussi interpréter la croix comme une déchirure qui montre

g) Le titre

Le titre Matin Brun est pessimiste : « Matin »est un nouveau qui se lève, et « Matin Brun » est un
jour sombre triste qui se lève. Le titre est donc également antithétique.

II- la visée de l'apologue


1) dénonciation d'un régime totalitaire t fasciste

Tout d’abord, l’Etat national établit des lois sur l’interdiction des animaux de couleurs non-brunes,
sois disant parce que les chats et chiens bruns sont plus « résistants »,  « s’adaptent mieux à la vie
citadine », « ont des portées moins nombreuses » ; ils sont mis en avant par les scientifiques bruns
(cela rappelle la sélection naturelle, race aryenne, extermination des juifs,..). texte pseudo
scientifique bourré de conjonctives propres au textes argumentatifs
Ensuite, c’est au tour de la presse et des maisons d’éditions d’être interdites : liberté
d'expression

-Les journaux remettant en questions les scientifiques on été interdits, et un seul journal officiel
est autorisé, Les Nouvelles Brunes (rappel de la propagande, censure, culte de la personnalité,..) .
-Les maisons d’éditions refusant de faire suivre le mot « brun », lorsque était écrit les mots chats
et chiens (rappel des autodafés)
Enfin, le fait d’avoir eu par le passé, un animal non-brun était passible d’arrestation (rappel des
dénonciations, lâchetés, terreur, psychose et des lois antisémeites,..).

des lois liberticides se mettent en place dans l'indifférence généréle, les opposants disparaisent
et n'ont pas voix au chapitre dans le roman ( on n'a pas le point de vue d'un opposant par ex)

2) l'appel à un sursaut citoyen

le narrateur, son ami et tous les citoyens acceptent les tracas de nouvelles réglementations, se
sentent en sécurité car ils respectent les règles, il évite de se poser des questions, il préfère la
sécurité à l a liberté, ils parviennent même à justifier le fait que les opposants soient emprisonnés.

Petit à petit, la peur s’installe quand il se rend compte qu’il sera emprisonne aussi ( montrer
l'évolution des sentiments)

Franck Pavloff termine sa nouvelle par une chute, laissant le lecteur imaginer ce qu’il souhaite de la
fin de l’histoire.  non, le narrateur va clairement être emprisonné puis disparaître.

On passe de la tranquillité" les jambes allongées au soleil" à la terreur '"arrêtez de frapper si fort,
j'arrive"

reponse à la problématique: Que veut dénoncer l'auteur par le recours à la fiction ?

Messages de cet apologue (récit à visée argumentative)

* Matin brun est une fable qui dénonçant le fascisme, l'absence de réaction des citoyens devant la
montée du totalitarisme, l'esprit de dictature. C’est une métaphore antifasciste avec le parallèle
historique que l’auteur établit implicitemnt entre cet état brun et l’état d’Hitler, les animaux que
l’on élimine sont les populations déportes par les SS : juifs, tziganes, communistes, homosexuels. la
violence de la milice est celle de tous les états totalitaires quels qu’ils soient et la violation des
droits de l’homme : liberté d’opinion, d’expression…

* Matin brun est une mise en garde contre l’indifférence, l’oubli, les petites lâchetés, l’égoïsme
contre l’absence d’esprit critique et la pensée unique

Ces lois mises en place par l’Etat National peuvent prêter à faire sourire, ou à s’étonner au début ;
d’où la passivité des protagonistes de l’histoire. Mais lorsque les décisions politiques sont plus
fortes et paraissent de plus en plus absurdes aux yeux des personnages, nous nous rendons compte
qu’il est trop tard pour se révolter, et que le fait d’être passif n’a fait que dégrader peu à peu et
lentement la situation. C’est donc encore un moyen mis en place par un régime totalitaire, pour
arriver à contrôler toute une population et ce, sans quelle ne s’en rende compte. Matin Brun est une
métaphore antifasciste qui nécessite plusieurs lectures de quelques minutes et provoque des
heures de réflexion.

le lecteur devant ce texte métaphorique et qui fait beaucoup appel à l'implicite s’en remet à sa
vision critique, son opinion, sa lucidité Pavloff l’a écrit avec pour but d’avoir une portée didactique,
de donner une morale, de faire un apologue . le recours à la fiction pour dénoncer et éduquer ,
mettre en garde les gens sur l'absence de réaction, de libre arbitre, l'indifférence quotideinne aux
privations deliberté, la résignation….

l'apologue appartient à une tradition littéraire et philosophique très anciennes ( les apologues des
philosophes grecs, les fables de la fontaine…)

Prolongments la diffusion de la nouvelle

. Pavloff n’avait pas pour but de faire de l’argent avec cette nouvelle ; il voulait
faire comprendre à plus de gens possible, l’importance de s’engager dans la vie
politique de son pays, mais aussi le danger d’être passif face à des idéologies
menaçantes. C’est pour cela qu’il choisit une petite maison d’édition, « Cheyne
Editeur », qui accepte de publier sa nouvelle pour le prix très abordable de 1€50.
Celle-ci a été traduite dans 25 langues et s’est vendue à plus d’un million
d’exemplaires à travers le monde. Matin brun est, écrit par Franck Pavloff, édité
par une maison d'édition habituellement spécialisée dans la poésie,
Matin Brun en chiffres :   Une nouvelle de 12 pages écrite en 1998, 1,3 millions
d’exemplaires vendus en 16 éditions, le titre en est aujourd’hui à sa 26ème
édition.
Vincent Josse et France Inter ont mis sur pied un livre CD édité par Nocturne
en 2002, interprété par Jacques Bonnaffé et Denis Podalydès, avec des musiques
de Christian Zanési (extrait de Zones sinistrées) et Bruno Letort (extrait
de Fables électroniques) et une couverture illustrée par Enki Bilal. Tout le monde
a abandonne ses droits d’auteur afin que le livre puisse être vendu à un euro.
Un film d'animation en 35 mm, de 12 mn Un Beau Matin a été réalisé en 2005 par
le réalisateur Serge Avedikian - Adaptation à partir de peintures de Solweig Von
Kleist, peintre allemande vivant à Paris depuis fin 2005, le film a parcouru le
monde dans plus de 40 festivals, obtenu de nombreux prix et est étudié dans le
cadre de l'initiative Collège au Cinéma en France. La chaîne ARTE, co-
productrice du film, l'a diffusé plusieurs fois.
F] Mise en écho avec le poème
Quand ils sont venus chercher les communistes, 
Je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,         
Je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.         
Quand ils sont venus chercher les juifs,         
Je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.         
Quand ils sont venus chercher les catholiques,         
Je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.         
Puis ils sont venus me chercher.         
Et il ne restait personne pour protester...        Pasteur Martin Niemoller (1892-1984), Dachau 1942