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Devons-nous attendre un réveil ?

par Lilanof

Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux
autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ? Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de
vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du
Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin,
en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. Et, par plusieurs autres paroles, il
les conjurait et les exhortait, disant : sauvez-vous de cette génération perverse. Ceux qui acceptèrent
sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta d’environ trois mille
âmes.
Actes 2.37/41
Je voudrais, aujourd’hui, tenter de répondre à une question que se posent
beaucoup de chrétiens : assisterons-nous à un réveil avant le retour de Jésus-
Christ ?
Commençons par accorder nos mandolines et nous interroger sur la définition
du réveil.
Un réveil, pour les uns, c’est beaucoup de monde aux réunions, pour d’autre, des
miracles et guérisons à foison, pour d’autres, une ambiance à tout rompre, pour
d’autres encore, des gens qui tombent, qui sautent, qui marchent sur les mains,
qui marchent au plafond. Quand j’étais jeune converti, je croyais qu’un réveil,
cela voulait dire : beaucoup de bruit ; alors, je faisais du bruit.
Imaginez que j’habite une ville nommée YZ, et dans cette ville, il y a deux églises :
l’église A et l’église B. Je fais partie de l’église A, l’église B organise un événement :
un concert, un film, ou alors elle invite un « grand » ministère, Américain ou
Africain de préférence. Tous les chrétiens de la région se rendent à cette
manifestation. J’y vais aussi.
Quand la prestation est achevée, je profite du moment convivial qui lui succède
pour parler un peu au pasteur de l’église B :
« Alors ? Ça se passe bien à l’église A ?
– Euh ! oui, mais bof…
– Qu’est-ce qui ne va pas ?
– Mon pasteur, il ne veut pas me baptiser parce que je vis avec ma copine sans
être marié.
– Ça ne m’étonne pas. Ils sont vachement puritains, à l’église A. Chez nous on a
l’esprit plus ouvert. Nous, on te baptiserait. Et puis, on a besoin d’un responsable
de jeunesse. Tu tombes bien. »
Et voilà ! C’est enveloppé ! D’ailleurs, tous les moutons qui trouvent que l’herbe
est meilleure dans la prairie du voisin vont faire la même démarche et l’on dira :
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« Quel beau réveil dans l’église B ! Ils étaient une cinquantaine l’année dernière,
et maintenant, ils sont plus de trois cents ! »
Eh oui ! Il y a deux manières de remplir une église : faire de l’évangélisation ou
voler des brebis à droite et à gauche. La première méthode est plus longue et plus
difficile.
Voyons maintenant les exemples bibliques :
Des réveils dans l’Ancien Testament
▪ Au temps des Juges
Je vous renvoie à l’époque des juges. Un réveil au temps des juges ? me direz-
vous. Eh bien ! Ce n’était pas un réveil en sursaut.
C’est vrai. Lisons plutôt :
Dans ce temps où il n’y avait point de roi en Israël, un Lévite, qui séjournait à l’extrémité de la
montagne d’Ephraïm, prit pour sa concubine une femme de Bethléem de Juda.
Juges 19.1
Je vous ferai grâce de l’histoire sordide qui nous est relatée dans ce chapitre dix-neuf.
Nous lisons par ailleurs :
En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon.
Ch. 17.6 et 21.25
Pas de roi ! Pas d’autorité. Il y avait bien des lois, mais personne pour les
appliquer. Qu’elles aient été connues ou ignorées, les lois étaient piétinées.
Anarchie n’est pas synonyme de liberté, elle est synonyme de désordre,
d’oppression des plus faibles par les plus forts. Enfin, en situation d’anarchie, les
pratiques les plus abominables sont tolérées et les crimes les plus odieux
demeurent impunis.
Telle était la situation au temps des juges.
Telle est la situation aujourd’hui. Le roi est absent, les politiciens sont
incommensurablement corrompus. Notre siècle a cru pouvoir se libérer de la loi
de Dieu. Il a troqué le joug de balsa du Christ contre celui de plomb de
l’Antichrist et nos contemporains se sont imaginé qu’ils allaient enfin être
heureux.
Avez-vous remarqué cet engouement pour la spiritualité asiatique ? Pourquoi les
gens ont-ils des bouddhas dans leurs maisons ?
Parce qu’ils sont malheureux et qu’ils ont peur de l’avenir.
La religion bouddhiste est censée procurer la tranquillité de l’âme, alors les gens
mettent des bouddhas dans leur jardin et sur leur cheminée et ils disent : « il faut
rester zen », sans savoir d’où vient ce mot. Le zen est une philosophie orientale
qui, elle aussi, est supposée nous procurer le bien-être, succédané de la paix de
Dieu.

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Le livre des Juges a connu par moment des sursauts, mais pas de véritable réveil
spirituel.
Mais qu’en est-il du dernier juge : Samuel ?
Le jeune Samuel était au service de l’Éternel devant Éli. La parole de l’Éternel était rare en ce
temps-là, les visions n’étaient pas fréquentes.
1 Samuel 3.1
La communion avec Dieu était brouillée : plus de prophéties, plus de visions.
Plus de réseau. La situation spirituelle était d’autant plus grave que les
conducteurs se vautraient dans le péché.
Un homme de Dieu vint auprès d’Éli, et lui dit : ainsi parle l’Éternel : Ne me suis-je pas révélé à
la maison de ton père, lorsqu’ils étaient en Égypte dans la maison de Pharaon ? Je l’ai choisie parmi
toutes les tribus d’Israël pour être à mon service dans le sacerdoce, pour monter à mon autel, pour
brûler le parfum, pour porter l’éphod devant moi, et j’ai donné à la maison de ton père tous les
sacrifices consumés par le feu et offerts par les enfants d’Israël. Pourquoi foulez-vous aux pieds mes
sacrifices et mes offrandes, que j’ai ordonné de faire dans ma demeure ? Et d’où vient que tu honores
tes fils plus que moi, afin de vous engraisser des prémices de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple ?
C’est pourquoi voici ce que dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : j’avais déclaré que ta maison et la maison
de ton père marcheraient devant moi à perpétuité. Et maintenant, dit l’Éternel, loin de moi ! Car
j’honorerai celui qui m’honore, mais ceux qui me méprisent seront méprisés.
1 Samuel 2.27/30
En ce temps-là, Éli, le vieux sacrificateur partageait le sacerdoce avec ses deux
fils, mais ces deux hommes étaient débauchés. Quant à Éli, il ne participait pas à
leurs péchés, mais il fermait les yeux, parce que c’étaient ses enfants. Il se
contentait de molles réprimandes.
Une nuit, l’Éternel appelle dans son sommeil un jeune garçon : Samuel. Celui
répond :
Parle, car ton serviteur écoute.
1 Samuel 3.10
Enfin ? Dieu parle, parce qu’il trouve quelqu’un capable de l’écouter.
Puis Samuel doit prophétiser, pas une de ces prophéties gentillettes qui vont lui
attirer la sympathie des croyants bien-pensants, mais une annonce de jugement
et de condamnation. Ça commence bien !
Mais grâce à l’obéissance de Samuel, la communication se trouvera rétablie. Nous
pouvons parler d’un réveil.
L’Éternel continuait à apparaître dans Silo ; car l’Éternel se révélait à Samuel, dans Silo, par la
parole de l’Éternel.
1 Samuel 3.21
Malheureusement, ce réveil n’a pas duré indéfiniment. Samuel, devenu vieux,
tomba dans le même péché que le vieil Éli. Ses fils s’étant laissés corrompre, il fit
preuve d’une coupable indifférence.

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Lorsque Samuel devint vieux, il établit ses fils juges sur Israël. Son fils premier-né se nommait Joël,
et le second Abija ; ils étaient juges à Beer–Schéba. Les fils de Samuel ne marchèrent point sur ses
traces ; ils se livraient à la cupidité, recevaient des présents, et violaient la justice. Tous les anciens
d’Israël s’assemblèrent, et vinrent auprès de Samuel à Rama. Ils lui dirent : Voici, tu es vieux, et
tes fils ne marchent point sur tes traces ; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme
il y en a chez toutes les nations.
1 Samuel 8.1/5
L’Éternel dit à Samuel : Écoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira ; car ce n’est pas toi
qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux.
1 Samuel 8.7
L’inconséquence de Samuel sera lourde de conséquences. Le peuple en a assez
de la théocratie, c’est-à-dire qu’il ne veut plus de lois et de règles imposées
directement par Dieu.
Nous voulons un roi comme en ont les nations. Nous voulons des lois comme
en ont les nations. Nous voulons une culture comme celle du monde. Nous
voulons des mœurs comme celles du monde.
Vous voulez un roi, vous aurez un roi, répond le Seigneur, tel Jupin aux
grenouilles de La Fontaine.
Dès lors, les juges ne sont plus nécessaires. Ils laissent la place à une longue
succession de rois plus ou moins mauvais, jusqu’à l’arrivée du Bon roi.
Ce que nous constatons, dans toute l’histoire d’Israël, plus particulièrement dans
les livres des juges et de Samuel, c’est que le même cycle se répète ad vitam
aeternam :
D’abord quarante ans de paix dont le peuple aurait pu profiter pour se rapprocher
de Dieu. Quarante ans de mollesse qui débouchent sur l’apostasie. L’apostasie
provoque la colère de l’Éternel qui leur envoie les Ammonites, les Moabites, les
Philistins… Le peuple du Seigneur se repent, Dieu suscite un libérateur, un réveil
plus militaire que spirituel, à nouveau quarante ans de paix…
Nous retrouvons ce cycle dans l’histoire de l’Église. Au temps des apôtres, il n’y
avait ni catholiques, ni orthodoxes, ni protestants. L’Église ne tarde pas à partir
en vrille. Heureusement, la Réforme ramène le peuple chrétien à la parole de
Dieu. C’est un authentique réveil. Au XIX e siècle, le darwinisme sème le doute
chez les protestants qui préfèrent laisser de côté l’inspiration et la véracité de la
Bible pour éviter de passer pour de vilains réactionnaires. C’est alors qu’est
apparu le fondamentalisme d’où sont issus les mouvements évangéliques.
Où en sommes-nous aujourd’hui, chrétiens évangéliques, avec la parole divine,
après tant d’années où nous nous sommes crus, du moins dans notre pays, à l’abri
des persécutions ?
Je ne suis pas forcément d’accord avec tout ce qui se dit et se fait dans le
mouvement de Pentecôte, mais je lui reconnais un mérite : il a connu en son
temps un véritable réveil. Beaucoup de guérisons, mais surtout de nombreuses
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conversions accompagnées de larmes. Ce réveil s’est produit dans les
années1930/40. Est-ce un hasard ? Un retour à Dieu et à sa parole allait précéder
un des moments les plus sombres de notre histoire. Et j’aimerais, pour nous
divertir un peu, vous raconter cette anecdote :
Ce remarquable mouvement a commencé au Havre avec le missionnaire Douglas
Scott. Or la mission se trouvait en face d’un bistro, et ce bistro avait un perroquet
qui amusait la clientèle. Un jour, le patron du bistro, qui devait s’offrir quelques
semaines de vacances, confia au missionnaire la garde de perroquet. Ce
malheureux volatile connut la gloire du martyre quand, au retour de son maître,
il retrouva son perchoir, près du bar. Il avait pris l’habitude de répéter en boucle
à longueur de journée : « Crrrois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé ! Crrrois au
Seigneur Jésus et tu seras sauvé ! »
▪ Sous le règne d’Ézéchias
La troisième année d’Osée, fils d’Éla, roi d’Israël, Ézéchias, fils d’Achaz, roi de Juda, régna. Il
avait vingt-cinq ans lorsqu’il devint roi, et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Sa mère s’appelait
Abi, fille de Zacharie. Il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, entièrement comme avait fait
David, son père. Il fit disparaître les hauts lieux, brisa les statues, abattit les idoles, et mit en pièces
le serpent d’airain que Moïse avait fait, car les enfants d’Israël avaient jusqu’alors brûlé des parfums
devant lui : on l’appelait Nehuschtan. Il mit sa confiance en l’Éternel, le Dieu d’Israël ; et parmi
tous les rois de Juda qui vinrent après lui ou qui le précédèrent, il n’y en eut point de semblable à
lui. Il fut attaché à l’Éternel, il ne se détourna point de lui, et il observa les commandements que
l’Éternel avait prescrits à Moïse. Et l’Éternel fut avec Ézéchias, qui réussit dans toutes ses
entreprises. Il se révolta contre le roi d’Assyrie, et ne lui fut plus assujetti. Il battit les Philistins
jusqu’à Gaza, et ravagea leur territoire depuis les tours des gardes jusqu’aux villes fortes.
2 Rois 18.1/8
Le texte biblique nous dit qu’Ézéchias était droit aux yeux de l’Éternel et qu’il
mit sa confiance en lui. Parmi ces amulettes qu’il a détruites et devant lesquelles
on brûlait de l’encens se trouvait le fameux Néhuschtan.
Néhuschtan, cela signifie « un truc en bronze ». Alors, d’où est-ce qu’il sort, ce
machin ?
Nous trouvons la réponse en :
Nombres 21.5/9
(Le peuple) parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d’Égypte,
pour que nous mourions dans le désert ? Car il n’y a point de pain, et il n’y a point d’eau, et notre
âme est dégoûtée de cette misérable nourriture. Alors l’Éternel envoya contre le peuple des serpents
brûlants ; ils mordirent le peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël. Le peuple vint à Moïse,
et dit : Nous avons péché, car nous avons parlé contre l’Éternel et contre toi. Prie l’Éternel, afin
qu’il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. L’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un
serpent brûlant, et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera conservera la
vie. Moïse fit un serpent d’airain, et le plaça sur une perche ; et quiconque avait été mordu par un
serpent, et regardait le serpent d’airain conservait la vie.

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Remarquez l’attitude du peuple : il n’y a pas de pain, il n’y a pas d’eau, on peut se
passer de pain, puisqu’il y a la manne. Mais, la manne, justement, on en mange
tous les jours et on en a par-dessus la casquette. Ils vont jusqu’à oser dire : notre
âme est dégoûtée de cette nourriture !
Nous sommes écœurés des bénédictions divines. Dans le monde c’était mieux ;
on mangeait, on buvait, on faisait la fête. Bref ! on s’amusait.
Dieu a de bonnes raisons d’être en colère. Alors, il envoie une malédiction : les
serpents brûlants, mais comme il ne garde pas sa colère à toujours, il apporte un
remède : un serpent d’airain au sommet d’une perche.
Et voilà l’objet de guérison devenu objet de superstition ! La bénédiction devient
malédiction !
Je crois que Dieu veut et peut guérir aujourd’hui, mais c’est la sinuosité du cœur
de l’homme qui met une limite à la grâce de Dieu.
Il te guérit de toutes tes maladies.
Psaume 103
C’est écrit dans la parole de Dieu, donc je le crois. C’est donc vrai en théorie,
mais sur le plan pratique, tous les malades pour lesquels on prie ne sont pas
guéris. Le Seigneur se serait-il engagé un peu vite ou ne tiendrait-il pas ses
promesses ?
Que nenni !
S’il suffisait, comme nous le lisons en Marc 16.18, que nous imposions les mains
aux malades pour que tous les malades soient guéris, l’homme rendrait gloire,
non pas à celui qui donne la guérison, mais à celui que Dieu emploie pour opérer
ce miracle.
« Allez donc voir Untel, il a le don de guérison. Allez à tel rassemblement, il y a
des délivrances. Tel prédicateur a le ministère de chasser les démons, et vous
feriez bien d’aller le voir, parce que vous en trimballez un bon paquet. »
Ainsi, l’adoration est rendue au don et non au donateur, à la créature et non au
Créateur. Ainsi est fait l’homme religieux.
Le serpent, d’ailleurs, nous rappelle la séduction.
Il nous est dit aussi qu’Ézéchias met sa confiance en Dieu. Il en a d’ailleurs grand
besoin, car il est cerné d’ennemis de toutes parts, mais il a retenu la leçon du
Psalmiste :
Au chef des chantres. Psaume de David. Que l’Éternel t’exauce au jour de la détresse, Que le nom
du Dieu de Jacob te protège ! Que du sanctuaire il t’envoie du secours, Que de Sion il te soutienne !
Qu’il se souvienne de toutes tes offrandes, Et qu’il agrée tes holocaustes ! – Pause. Qu’il te donne ce
que ton cœur désire, Et qu’il accomplisse tous tes desseins ! Nous nous réjouirons de ton salut, Nous
lèverons l’étendard au nom de notre Dieu ; L’Éternel exaucera tous tes vœux. Je sais déjà que
l’Éternel sauve son oint ; Il l’exaucera des cieux, de sa sainte demeure, Par le secours puissant de
sa droite. Ceux–ci s’appuient sur leurs chars, ceux–là sur leurs chevaux ; Nous, nous invoquons le
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nom de l’Éternel, notre Dieu. Eux, ils plient, et ils tombent ; Nous, nous tenons ferme, et restons
debout. Éternel, sauve le roi ! Qu’il nous exauce, quand nous l’invoquons !
Psaume 20
Enfin, il est précisé qu’il observe les commandements du Seigneur.
Fortifie-toi seulement et aie bon courage, en agissant fidèlement selon toute la loi que Moïse, mon
serviteur, t’a prescrite ; ne t’en détourne ni à droite ni à gauche, afin de réussir dans tout ce que tu
entreprendras. Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit, pour agir
fidèlement selon tout ce qui y est écrit ; car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises,
c’est alors que tu réussiras. Ne t’ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage ? Ne
t’effraie point et ne t’épouvante point, car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu
entreprendras.
Josué 1.7/9
Et nous constatons que l’obéissance d’Ézéchias est couronnée de fruits :
Et l’Éternel fut avec Ézéchias, qui réussit dans toutes ses entreprises. Il se révolta contre le roi
d’Assyrie, et ne lui fut plus assujetti. Il battit les Philistins jusqu’à Gaza, et ravagea leur
territoire depuis les tours des gardes jusqu’aux villes fortes.
Vous m’objecterez avec raison que si le réveil d’Ézéchias se limite à sa réussite
personnelle et à des exploits militaires, on ne peut pas vraiment parler d’un réveil
spirituel. C’est vrai, mais dans notre contexte, c’est d’une victoire militaire que le
peuple avait besoin dans l’urgence.
D’autre part, dans un sens spirituel, la vie chrétienne est une guerre, une guerre
sans fusils et sans canons, non pas une guerre contre des hommes et des peuples,
mais contre un ennemi invisible, infiniment plus redoutable, et voici ce que nous
dit l’apôtre Paul :
Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les
armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter
contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce
monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes
les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout
surmonté.
Éphésisens 6.10/13
▪ Sous le règne de Josias
Josias avait huit ans lorsqu’il devint roi, et il régna trente et un ans à Jérusalem. Sa mère s’appelait
Jedida, fille d’Adaja, de Botskath. Il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, et il marcha dans
toute la voie de David, son père ; il ne s’en détourna ni à droite ni à gauche. La dix-huitième année
du roi Josias, le roi envoya dans la maison de l’Éternel Schaphan, le secrétaire, fils d’Atsalia, fils
de Meschullam. Il lui dit : Monte vers Hilkija, le souverain sacrificateur, et qu’il amasse l’argent
qui a été apporté dans la maison de l’Éternel et que ceux qui ont la garde du seuil ont recueilli du
peuple.
2 Rois 22.1/4

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Manassé est devenu roi à douze ans et servit le diable presque toute sa vie, Josias,
quant à lui, devint roi à huit ans et servit Dieu durant toute son existence. Comme
il désirait plaire à son maître, il a pensé que ce serait bien d’entreprendre des
travaux pour réparer le temple qui commençait à subir les injures du temps et,
pendant l’exécution de ces travaux, un incident va bouleverser sa vie : au milieu
des gravats, le souverain sacrificateur Hilkija trouve un rouleau de parchemin. Il
le déroule et reconnaît un fragment de la Torah, le Deutéronome, selon certains
exégètes. Après l’avoir lu, il le donne à son secrétaire Schaphan, lui disant (ce
n’est pas écrit, mais c’est probable) : Apporte ce rouleau au roi, ça pourrait
l’intéresser.
Alors Hilkija, le souverain sacrificateur, dit à Schaphan, le secrétaire : J’ai trouvé le livre de la loi
dans la maison de l’Éternel. Et Hilkija donna le livre à Schaphan, et Schaphan le lut.
2 Rois 22.8, 10/11
Selon les recommandations de son patron, le secrétaire se rend donc auprès du
roi pour lui faire la lecture du parchemin et le roi se lève et déchire son vêtement,
signe de deuil et de repentance.
Schaphan, le secrétaire, dit encore au roi : Le sacrificateur Hilkija m’a donné un livre. Et Schaphan
le lut devant le roi. Lorsque le roi entendit les paroles du livre de la loi, il déchira ses vêtements.
2 Rois 22.10/11
Observons bien les réactions de ces trois personnages qui ont eu ce rouleau entre
les mains : Hilkija, Schaphan et Josias.
Schaphan, c’est celui qui n’a rien compris : « le sacrificateur m’a donné un livre ».
Ç’aurait pu être un album de Spirou ou un roman Arlequin, il n’aurait pas vu la
différence. Hilkija a compris que ce n’est pas un livre ordinaire : c’est le livre de
la loi. Joas va encore plus loin dans sa compréhension : c’est le livre de la loi, c’est
la parole de Dieu, et cette parole me dit que je ne suis pas en règle avec lui. Il
adopte la meilleure attitude qu’un homme puisse avoir : après avoir déchiré ses
vêtements, il envoie consulter Dieu, sans doute parce qu’il s’estime indigne de le
consulter lui-même.
Et le roi donna cet ordre au sacrificateur Hilkija, à Achikam, fils de Schaphan, à Acbor, fils de
Michée, à Schaphan, le secrétaire, et à Asaja, serviteur du roi : Allez, consultez l’Éternel pour moi,
pour le peuple, et pour tout Juda, au sujet des paroles de ce livre qu’on a trouvé ; car grande est la
colère de l’Éternel, qui s’est enflammée contre nous, parce que nos pères n’ont point obéi aux paroles
de ce livre et n’ont point mis en pratique tout ce qui nous y est prescrit. Le sacrificateur Hilkija,
Achikam, Acbor, Schaphan et Asaja, allèrent auprès de la prophétesse Hulda, femme de Schallum,
fils de Thikva, fils de Harhas, gardien des vêtements. Elle habitait à Jérusalem, dans l’autre
quartier de la ville. Après qu’ils lui eurent parlé, elle leur dit : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu
d’Israël : Dites à l’homme qui vous a envoyés vers moi : Ainsi parle l’Éternel : Voici, je vais faire
venir des malheurs sur ce lieu et sur ses habitants, selon toutes les paroles du livre qu’a lu le roi de
Juda. Parce qu’ils m’ont abandonné et qu’ils ont offert des parfums à d’autres dieux, afin de m’irriter
par tous les ouvrages de leurs mains, ma colère s’est enflammée contre ce lieu, et elle ne s’éteindra
point. Mais vous direz au roi de Juda, qui vous a envoyés pour consulter l’Éternel : Ainsi parle

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l’Éternel, le Dieu d’Israël, au sujet des paroles que tu as entendues : Parce que ton cœur a été touché,
parce que tu t’es humilié devant l’Éternel en entendant ce que j’ai prononcé contre ce lieu et contre
ses habitants, qui seront un objet d’épouvante et de malédiction, et parce que tu as déchiré tes
vêtements et que tu as pleuré devant moi, moi aussi, j’ai entendu, dit l’Éternel. C’est pourquoi, voici,
je te recueillerai auprès de tes pères, tu seras recueilli en paix dans ton sépulcre, et tes yeux ne verront
pas tous les malheurs que je ferai venir sur ce lieu. Ils rapportèrent au roi cette réponse.
2.Rois 22.12/20
Après une sincère repentance, il va passer à l’action. Tout d’abord, il lit la parole
de Dieu devant tout le peuple et s’engage à la mettre en pratique.
Puis il monta à la maison de l’Éternel, avec tous les hommes de Juda et tous les habitants de
Jérusalem, les sacrificateurs, les prophètes, et tout le peuple, depuis le plus petit jusqu’au plus grand.
Il lut devant eux toutes les paroles du livre de l’alliance, qu’on avait trouvé dans la maison de
l’Éternel. Le roi se tenait sur l’estrade, et il traita alliance devant l’Éternel, s’engageant à suivre
l’Éternel, et à observer ses ordonnances, ses préceptes et ses lois, de tout son cœur et de toute son âme,
afin de mettre en pratique les paroles de cette alliance, écrites dans ce livre. Et tout le peuple entra
dans l’alliance.
2 Rois 23.2/3
Vient enfin le grand nettoyage :
Le roi ordonna à Hilkija, le souverain sacrificateur, aux sacrificateurs du second ordre, et à ceux
qui gardaient le seuil, de sortir du temple de l’Éternel tous les ustensiles qui avaient été faits pour
Baal, pour Astarté, et pour toute l’armée des cieux ; et il les brûla hors de Jérusalem, dans les
champs du Cédron, et en fit porter la poussière à Béthel. Il chassa les prêtres des idoles, établis par
les rois de Juda pour brûler des parfums sur les hauts lieux dans les villes de Juda et aux environs
de Jérusalem, et ceux qui offraient des parfums à Baal, au soleil, à la lune, au zodiaque et à toute
l’armée des cieux. Il sortit de la maison de l’Éternel l’idole d’Astarté, qu’il transporta hors de
Jérusalem vers le torrent de Cédron ; il la brûla au torrent de Cédron et la réduisit en poussière, et
il en jeta la poussière sur les sépulcres des enfants du peuple.
2 Rois 23.4/6
C’est qu’il y en avait des ordures à balancer à la déchetterie ! Des tas d’ustensiles
destinés aux cultes païens qui n’ont rien à faire dans le temple, et des statues !
Que l’on trouve des statues d’Astarté (ou Ashéra) dans le temple d’Astarté, cela
paraît logique. Que l’on trouve des statues de Baal dans le temple de Baal, cela
paraît logique. Que l’on trouve des statues de Zeus dans le temple de Zeus, cela
paraît logique. Que l’on trouve des statues de Mercure dans le temple de Mercure
(au chrome), cela paraît logique. Mais que vient faire l’idole d’Astarté dans le
temple de l’Éternel ? L’abomination de la dévastation dont parlera plus tard le
prophète Daniel !
Les mythologies antiques ayant tendance à se croiser, l’Astarté des Cananéens,
c’est plus ou moins l’Aphrodite des Grecs et la Vénus des Romains : déesse de la
terre, de la fécondité et de l’amour. Pardonnez-moi la trivialité de ce terme, mais
il n’en est pas moins réel, on se livrait à des partouzes dans le lieu saint au pied
de cette statue d’Astarté. La colère du Créateur était pleinement justifiée.
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Josias l’avait enfin compris : pour remettre le temple en état, il ne suffisait pas de
boucher les fissures avec du plâtre et de refaire le crépi, il fallait que ce sanctuaire
soit totalement purifié. C’est ce qu’il fit.
Les chrétiens, eux aussi, doivent commencer à sortir leur idole d’Astarté.
Sortons l’idole d’Astarté de nos églises.
Je vous renvoie à l’article de Robert S. Liichow :
https://www.info-sectes.org/occulte/toronto_kundalini.htm
Tout ce que vous faites dans vos beaux rassemblements de réveil, j’en faisais
autant quand j’étais chamane, dit en résumé Robert S. Liichow. Il y a de quoi être
effrayé. L’abomination de Toronto, suivie de celle de Pepsicola – pardon,
Pensacola – attribue au Saint-Esprit des phénomènes paranormaux dont les
adeptes n’ont pas le contrôle. Ils comparent leurs expériences à l’ivresse et
comparent le Saint-Esprit à un barman. Ils rient, poussent des cris animaliers et
se comportent comme des animaux. On en a vu lever la patte et uriner le long
des colonnes de l’église. Ils se prenaient pour des chiens comme d’autres se
prennent pour Napoléon.
Sortons l’idole d’Astarté du temple du Saint-Esprit.
Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si
quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que
vous êtes.
1 Corinthiens 3.17/18
Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu
de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand
prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu.
1 Corinthiens 6.19/20
Souiller son propre corps, c’est souiller le temple de Dieu. Tolérons-nous l’idole
d’Astarté dans nos vies, avec toutes les débauches que cela comporte ? Quelle
place occupe notre ancienne nature pécheresse ? Mener une vie sanctifiée, même
pour un enfant de Dieu, ce n’est pas si facile. Quelqu’un disait : je croyais avoir
noyé ma vieille nature dans l’eau du baptistère, mais, la garce, elle sait bien nager !
Ma vieille nature ! Bien souvent elle passe la tête hors de l’eau, et non seulement
la tête, mais aussi le bras, et elle m’agrippe par la ceinture pour me forcer à reculer.
Que faire ? Se dire qu’on est comme ça et qu’on n’y peut rien changer, ou bien
lui remettre la tête sous l’eau autant de fois que c’est nécessaire : nos passions,
nos mauvaises habitudes dont il est si difficile de ses débarrasser. Tout ce qui
occupe la première marche du podium, reléguant Dieu à la médaille d’argent ou
la médaille de bronze.
Une fois que le temple a été complètement purifié, Josias peut enfin rétablir le
culte de l’Éternel.

10
Le roi donna cet ordre à tout le peuple : Célébrez la Pâque en l’honneur de l’Éternel, votre Dieu,
comme il est écrit dans ce livre de l’alliance. Aucune Pâque pareille à celle-ci n’avait été célébrée
depuis le temps où les juges jugeaient Israël et pendant tous les jours des rois d’Israël et des rois de
Juda. Ce fut la dix-huitième année du roi Josias qu’on célébra cette Pâque en l’honneur de l’Éternel
à Jérusalem.
2 Rois 23.21/23
La pâque de l’Éternel avait été négligée, tenue pour un rituel sans importance.
Israël avait oublié ses racines et son histoire. Il était temps de rappeler la
signification de Pessach. Pâques, c’est la délivrance, c’est le peuple qui quitte
l’Égypte pour s’acheminer vers la terre promise. C’est le passage de l’esclavage
vers la liberté. Pâques, ce sont les eaux de la mer Rouge qui s’écartent pour laisser
passer les Hébreux et se referment pour engloutir ses ennemis. Pâques, c’est pour
nous le baptême qui n’a pas le pouvoir de sauver, mais qui nous rappelle qu’un
jour Jésus nous a pris pour nous faire passer des ténèbres à la lumière, de
l’esclavage du péché à la liberté du salut, de la mort à la vie ; Pâques, enfin, c’est
le jour où, crucifié, mort et ressuscite, il nous a ouvert les portes de son royaume
céleste.
Revenons, nous aussi, à un culte qui glorifie Dieu et le glorifie, lui seul. Balayons
tout ce qui est à la gloire de l’homme, apprenons à nous passer de ces « grands »
ministères qui ne prêchent ou ne chantent que pour le plaisir de se faire applaudir.
Chassons les mercenaires de nos bergeries ; ceux-ci n’ont que faire du bien-être
de leurs brebis, pourvu que leurs ministères leur rapportent de l’argent.
Enfin, il serait temps que les chrétiens cessent de prendre le Saint-Esprit pour un
guignol. Pour beaucoup, le Saint-Esprit, c’est une puissance qui se balade entre
deux nuages et qui se gratte la tête (façon de parler) :
« Voyons ! qu’est-ce que je vais inventer pour les amuser ? Les jambes qui
s’allongent, c’est démodé, les chutes sur le derrière, c’est vieillot, mais ça prend
toujours. Les dents en or, ils connaissent déjà, les paillettes d’or aussi. Il faut que
je me dépêche de trouver une nouveauté pour attirer les gens dans les
supermarchés de la foi. Ah ! ça y est ! J’y suis ! »
Et voici l’une des dernières modes, tenez-vous bien, ça secoue ! Les adeptes de
ce néo-pentecôtisme sont soulevés de leurs chaises par une force invisible qui les
projette contre les murs. Souvent, ça se termine à l’hôpital.
« Ah ! nous avons vraiment eu un bon culte, dimanche, il y avait la puissance, et
tout. Le Saint-Esprit m’a lancé contre le mur. Trois côtes cassées ! Vraiment, j’ai
été béni ! »
De ces réveils où l’on a rejeté la parole de Dieu pour laisser place à des pratiques
occultes, nous n’en voulons pas. Revenons à Dieu de tout notre cœur. Tenons-
nous à l’écoute du Saint-Esprit qui nous convaincra de péché, de justice et de
jugement. (Jean 16.8)

11
Avant Josias, il n’y eut point de roi qui, comme lui, revînt à l’Éternel de tout son cœur, de toute son
âme et de toute sa force, selon toute la loi de Moïse ; et après lui, il n’en a point paru de semblable.
2 Rois 23.25
Voulons-nous voir un réveil et refusons-nous les contrefaçons ? La parole de
Dieu nous donne quatre clés :
• La repentance
• La destruction de nos idoles
• Le retour à la parole de Dieu
• Le retour à un culte qui honore Dieu.
Le réveil de la Pentecôte
Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le
pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour
vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu
les appellera. Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant : Sauvez-vous
de cette génération perverse.
Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s’augmenta
d’environ trois mille âmes.
Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du
pain, et dans les prières. La crainte s’emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de
miracles par les apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en
commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon
les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain
dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu, et trouvant
grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l’Église ceux qui étaient sauvés.
Actes 2.38/47
Nous venons de survoler trois exemples de réveils survenus dans l’Ancien
Testament. Nous avons pu constater que, dans le cas des Juges et d’Ézéchias, il
ne s’agissait pas de réveil spirituel à proprement parler, mais plutôt d’intervention
divine pour restaurer le peuple juif. Pour ce qui concerne Samuel et Josias, nous
avons assisté à un authentique retour à la parole de Dieu. Ces réveils nous
apparaissent comme une préparation du plus grand réveil de l’histoire de l’Église,
celui qui survint le jour de la Pentecôte.
J’ai suffisamment parlé des langues de feu, de la xénoglossie et des juifs et
prosélytes interpellés par ce phénomène. Cette démonstration, à elle seule,
n’aurait pas suffi à provoquer un réveil. À Capernaüm, à Chorazin et à Bethsaïda,
Jésus a accompli des miracles, mais le réveil n’a pas eu lieu pour autant
(Matthieu 11.20/24). D’autres signes peuvent nous convaincre que le Saint-Esprit
vient d’opérer un miracle en profondeur.
Tout d’abord :

12
▪ Pierre a vaincu la timidité.
Alors Pierre, se présentant avec les onze, éleva la voix, et leur parla en ces termes : Hommes Juifs,
et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles ! Ces gens ne sont
pas ivres, comme vous le supposez, car c’est la troisième heure du jour. Mais c’est ici ce qui a été dit
par le prophète Joël :

Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; Vos fils et vos filles
prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes.
Vs 14/17
Il y a quelques heures encore, Pierre et ses compagnons se terraient dans la
chambre haute, craignant les juifs hostiles à Jésus et à ses adeptes. Le Saint-Esprit
les ayant démasqués, ils ne peuvent plus que se dévoiler au grand jour. Pierre va
prêcher.
Il n’est pas très difficile, quand on possède quelques qualités oratoires, de prêcher
le dimanche matin dans une église. Si ceux qui m’écoutent n’aiment pas mon
message, ils me le diront sans doute, mais ils n’iront pas jusqu’à me lapider. C’est
déjà plus difficile, dans une société qui refuse l’Évangile, de prêcher dans la rue
devant une dizaine d’inconnus. Quel péril pour l’apôtre Pierre, de prendre la
parole devant des milliers d’hommes dont on sait seulement qu’ils ont en
commun la pratique d’une religion qui a mené leur maître sur la croix !
Rappelons-nous la mésaventure de Pierre. Il a toujours été courageux en l’absence
de danger :
Alors Jésus leur dit : Je serai pour vous tous, cette nuit, une occasion de chute ; car il est écrit : Je
frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je
vous précéderai en Galilée. Pierre, prenant la parole, lui dit : Quand tu serais pour tous une occasion
de chute, tu ne le seras jamais pour moi. Jésus lui dit : Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant
que le coq chante, tu me renieras trois fois. Pierre lui répondit : Quand il me faudrait mourir avec
toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la même chose. Pierre lui répondit : Quand il
me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la même chose.
Matthieu 26.31/35
Il n’y a pas si longtemps, j’ai fait un rêve étrange : j’étais condamné à mort et je
montais sur l’échafaud en chantant À toi la gloire. Voilà ce qui s’appelle mourir en
héros !
Et je me suis réveillé avec cette question. Serais-je aussi vaillant si je devais mourir
pour Jésus ? Je suis convaincu que dans les temps difficiles, beaucoup renieront
leur foi pour éviter les ennuis. Serais-je de ces gens-là ? Sans aucun doute, à moins
que le Seigneur me donne ce courage que je n’ai pas, ce même courage qui permit
aux martyrs de demeurer fidèles au milieu de l’arène. Ce courage-là ne peut venir
de l’homme en lui-même. Encore faut-il être suffisamment humble pour accepter
sa lâcheté naturelle. Pierre qui était si sûr de lui, qui gonflait les biceps et bombait
le torse en proclamant : moi, je ne te renierai pas, même devant la mort, même
sous la torture ! Voilà son soufflé retombé alors qu’il n’était même pas menacé.

13
La petite servante ne lui a pas dit : tu étais avec Jésus le Galiléen, on va te faire ta
fête. Elle a seulement dit : toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen.
Mais gardons-nous, surtout, de porter un jugement sur l’apôtre. Serons-nous plus
braves devant le policier ou la policière qui nous dira : vous aussi, vous êtes dans
cette secte interdite.
Il faudra qu’au travers de diverses épreuves, Pierre apprenne à discerner entre la
fausse et la véritable assurance.
Et il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis, et il dit à Pierre : Vous n’avez donc pu veiller
une heure avec moi !
Matthieu 26.40
Jésus trouve tous ses disciples endormis, mais c’est uniquement à Pierre qu’il fait
le reproche. Il dort alors qu’il faut prier. L’homme de réveil est en l’occurrence
un homme de sommeil. Si cet apôtre est pris à partie par le Seigneur alors que les
autres sont aussi fautifs que lui, c’est que Jésus savait qu’il aurait év ité de tomber
dans ce piège s’il avait prié au lieu de dormir. Cela nous rappelle aussi combien
nous devons, nous-mêmes demeurer vigilants. Voyons maintenant ce qui se passe
une fois que tous les disciples sont réveillés : Jésus est arrêté.
Et voici, un de ceux qui étaient avec Jésus étendit la main, et tira son épée ; il frappa le serviteur du
souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille. Alors Jésus lui dit : Remets ton épée à sa place ; car
tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père,
qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges ? Comment donc s’accompliraient les
Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ? En ce moment, Jésus dit à la foule : Vous êtes
venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons, pour vous emparer de moi. J’étais tous
les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez pas saisi. Mais tout cela est
arrivé afin que les écrits des prophètes fussent accomplis. Alors tous les disciples l’abandonnèrent, et
prirent la fuite.
Matthieu 26.51/56
Voilà qu’un héros se détache du groupe de disciple peureux pour défendre son
maître, son nom il le signe à la pointe de l’épée, d’un P qui veut dire Petrus.
Héroïsme bien inutile, et Jésus lui dit : range ton épée. Aussitôt, le courage laisse
place à la lâcheté. Tous les disciples prennent la fuite, et Pierre comme les autres.
Nous savons comment cela va se terminer.
Alors il se mit à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais pas cet homme. Aussitôt le coq
chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite : Avant que le coq chante, tu me
renieras trois fois. Et étant sorti, il pleura amèrement.
Matthieu 26.74/75
Le chant du coq rappelle à Pierre qu’il a touché le fond, jamais il ne s’est senti
aussi éloigné de son Sauveur. N’y a-t-il aucun espoir pour lui ? Ne reverra-t-il
jamais ce maître qu’il a trahi, tout comme Judas qui a fini par se pendre ?
Il retrouvera Jésus, qui lui, n’a pas renié son disciple, après la résurrection.

14
Après qu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne
m’aiment ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes
agneaux. Il lui dit une seconde fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre lui répondit : Oui,
Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois :
Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois :
M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit :
Pais mes brebis.
Jean 21.15/17
Jésus ne lui fait même pas de reproche sur sa mauvaise conduite. Il réveille
seulement sa conscience par ses redondants « m’aimes-tu ? », puis il lui rappelle
qu’il l’a qualifié pour un ministère apostolique. Il sera pasteur des brebis, tout
comme Jésus s’est appelé « le bon berger ».
Il devait vivre cette pénible expérience pour comprendre la différence entre la
fanfaronnade qui vient du cœur de l’homme non régénéré, et cette assurance
irréelle qui lui a été donnée, en ce jour de Pentecôte, par le Saint-Esprit.
Car ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de
sagesse. N’aie donc point honte du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier.
Mais souffre avec moi pour l’Évangile.
2 Timothée 1.7/8
▪ Pierre fonde sa prédication sur la parole de Dieu.
Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; Vos fils et vos filles
prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes. Oui, sur mes
serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ; et ils prophétiseront.
Je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel et des miracles en bas sur la terre, Du sang, du feu,
et une vapeur de fumée ; Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang, Avant l’arrivée du
jour du Seigneur, De ce jour grand et glorieux. Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera
sauvé.
Hommes israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu
témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de
vous, comme vous le savez vous-mêmes ; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience
de Dieu, vous l’avez crucifié, vous l’avez fait mourir par la main des impies. Dieu l’a ressuscité, en
le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle. Car David
dit de lui :
Je voyais constamment le Seigneur devant moi, Parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois point
ébranlé. Aussi mon cœur est dans la joie, et ma langue dans l’allégresse ; Et même ma chair reposera
avec espérance, Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts, Et tu ne permettras
pas que ton Saint voie la corruption. Tu m’as fait connaître les sentiers de la vie, Tu me rempliras
de joie par ta présence.
Actes 2.17/28
Dans ce discours, l’apôtre Pierre aura cité Joël, puis David. Étienne commence
sa dernière prédication, par un très long rappel de l’histoire d’Israël avant d’entrer
dans le vif du sujet. Une telle entrée en matière nous semblerait inutile et

15
ennuyeuse, mais dans le contexte religieux de cette époque, elle était
indispensable, faute de quoi, ses auditeurs auraient pensé : il prétend nous
enseigner et il ne connaît même pas la Torah !
Qu’en est-il de nos jours ? Quelle est la place de la parole de Dieu dans nos
prédications ? Kenneth Ware, dont je fus l’élève, disait :
« La parole de Dieu, c’est de la viande, tout ce que vous y ajoutez en prêchant,
c’est de l’eau. Faites en sorte que le bouillon ne soit pas trop clair. »
Parfois, le bouillon est tellement clair qu’il n’y a plus de viande du tout, et je suis
très inquiet quand je vois des prédicateurs monter en chaire sans leur bible.
Je ne parle pas de ceux qui ont leur bible et leur plan de prédication sur une
tablette ; je parle de ceux qui s’amènent les mains dans les poches avec des
exhortations insipides :
« Le Seigneur est parmi nous ce soir. Est-ce que vous sentez la présence du Saint-
Esprit ? Amen ? Le Seigneur me montre qu’il a guéri quelqu’un à l’instant dans
cette salle. Dieu m’a révélé qu’il allait envoyer un puissant réveil sur cette ville.
Amen ? »
Et ils vous déballent tout leur baratin pendant trois quarts d’heure, et comme le
chantait si bien Dalida :
« Paloles, et paloles, et paloles, et lièn qué dé paloles. »
Il est vrai que, même au sein de la nébuleuse évangélique, le message de l’Évangile
n’est plus celui que les gens ont envie d’entendre. Les textes qui vont suivre
devraient pouvoir se passer de commentaires :
Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ
crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu
pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs.
1 Corinthiens 1.22/24
Nous ne nous prêchons pas nous-mêmes ; c’est Jésus-Christ le Seigneur que nous prêchons, et nous
nous disons vos serviteurs à cause de Jésus.
2 Corinthiens 4.5
Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus, notre Évangile ne vous ayant pas
été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l’Esprit Saint, et avec une pleine
persuasion ; car vous n’ignorez pas que nous nous sommes montrés ainsi parmi vous, à cause de
vous.
1 Thessaloniciens 1.4/5
Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom
de son apparition et de son royaume, prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non,
reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. Car il viendra un temps où les
hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses
agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l’oreille de la

16
vérité, et se tourneront vers les fables. Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances,
fais l’œuvre d’un évangéliste, remplis bien ton ministère.
2 Timothée 4.1/5
▪ Le Saint-Esprit prépare les cœurs.
Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux
autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ?
Actes 2.37
Tout d’abord, n’oublions pas que le Saint-Esprit est notre maître et non notre
serviteur.
J’ai assisté un jour à un culte surprenant : une louange charismatique dans laquelle
tout le monde parle et chante en langues en même temps, mais le plus surprenant,
c’est qu’une jeune fille était au piano, tantôt elle caressait les touches de ses doigts,
tantôt elle tapait comme une brute, mais elle jouait le même accord ; le même
accord pendant une demi-heure : vlan, vlan, vlan, vlan… Quand elle jouait
pianissimo, tout le monde chuchotait ; quand elle jouait fort, chacun s’égosillait.
Je suis sorti de l’église avec cette interrogation : est-ce le Saint-Esprit qui conduit
la pianiste ou la pianiste qui conduit le Saint-Esprit ? Celui-ci ne nous a pas été
donné pour amuser les chrétiens par des tours de passe-passe, sa mission, c’est
en premier lieu d’inspirer la parole de Dieu.
Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter
attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître
et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs ; sachant tout d’abord vous-mêmes qu’aucune prophétie
de l’Écriture ne peut être un objet d’interprétation particulière, car ce n’est pas par une volonté
d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des
hommes ont parlé de la part de Dieu.
2 Pierre 1.19/22
De nombreux autres textes témoignent de l’inspiration divine des Saintes
Écritures. La Bible n’est pas une œuvre littéraire comme les autres : elle ne vient
pas de l’homme, mais les auteurs ont été poussés à écrire par le Saint-Esprit. Peut-
on imaginer alors que le Saint-Esprit veuille éloigner les croyants de cette parole ?
Pourrait-on imaginer un écrivain qui recommanderait à ses amis de ne pas lire ses
livres ?
Car voici ce qui se passe dans nos églises de réveil : quand le Saint-Esprit est là,
l’enseignement biblique devient accessoire.
« Nous avons eu un culte extraordinaire, dimanche dernier. Nous avons senti la
puissance du Saint-Esprit. Ah ! oui ! il y en avait de la puissance ! On est tombé,
on a dansé, on a chanté, on a sauté, et on a ri. Ah ! oui ! Qu’est-ce qu’on a ri !
– Le prédicateur avait des anecdotes amusantes ?
– Ah ! non ! Nous n’en sommes plus là ! Nous sommes entrés dans le rire de
l’Esprit. Chez nous, quand le Saint-Esprit agit comme cela, on n’a plus besoin de
la prédication. »

17
Plus besoin de prédication !
Nous sommes comblés d’expériences surnaturelles ; nous n’avons besoin de rien
d’autre. Nous n’avons plus besoin de doctrine qui nous complique la vie. Tout
est là.
Enfin, me direz-vous, Le Saint-Esprit a inspiré la Bible, à la rigueur, mais quand
vous prêchez, vous n’êtes pas inspiré. Vous n’êtes pas Jérémie.
C’est vrai, en tant que prédicateur, je ne suis pas inspiré comme l’ont été les
prophètes et les apôtres, je suis assisté seulement. Sans cette assistance,
m’appuyant seulement sur mon intelligence et ma théologie, je serai incapable de
diffuser l’Évangile. Le Seigneur se sert d’humains limités pour son œuvre
illimitée, d’hommes faillibles pour enseigner sa parole infaillible.
Un jour, j’ai parlé de Noé qui entrait dans l’arche avec ses filles et ses gendres.
Quelle sottise ! J’avais certainement confondu avec Lot. Je me suis rendu compte
de mon erreur une fois descendu de l’estrade. Quand je me rends compte que j’ai
dit une bêtise, je tâche de la corriger le dimanche suivant.
Abandonnons les églises qui abandonnent la Bible au profit de leurs émotions.
Ensuite, le Saint-Esprit a pour mission de nous instruire, c’est-à-dire, nous faire
comprendre la parole de Dieu.
Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne
parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à
venir.
Jean 16.13
Comment donc le Saint-Esprit pourrait-il nous conduire dans des doctrines
fondées sur les raisonnements humains, en contradiction même avec les
enseignements du Seigneur ?
Enfin, il nous convainc de péché.
Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas,
le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera
venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement : en ce qui concerne
le péché, parce qu’ils ne croient pas en moi ; la justice, parce que je vais au Père, et que vous ne me
verrez plus ; le jugement, parce que le prince de ce monde est jugé.
Jean 16.7/11
▪ Pierre prêche la repentance et la séparation
Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le
pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour
vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu
les appellera. Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant : Sauvez-vous
de cette génération perverse.
Actes 2.38/40
La repentance, un mot qui dérange. Faut-il le supprimer de nos bibles ?

18
D’éminents théologiens ont décidé de le bannir de nos nouvelles traductions :
« changez ! » (Semeur 2000) « changez votre vie ! » (Parole de vie) « changez
d’attitude ! » (Second 21). L’un de ces éminents spécialistes avec lequel j’ai eu
jadis une mémorable discussion a expliqué que, d’une part, le grec métanéo signifie
changer et que, d’autre part, le mot repentance, en français, a la même étymologie
que pénitence, donc il fallait corriger tout ça.
Changez ! Changez quoi ? Changez vos habitudes, par exemple en cessant de
fumer. C’est une bonne décision, mais insuffisante pour nous gagner le ciel.
Changez d’attitude, soyez plus tolérants envers vos collègues. C’est un
changement d’attitude, mais ce n’est pas ce que Pierre voulait dire. Il voulait
parler d’un changement qui conduit au baptême, au pardon des péchés et à la
réception du Saint-Esprit.
Alors, tant pis si, du point de vue sémantique, le mot repentance n’est pas tout à
fait exact, je préfère m’en contenter, car avec ce mot, je sais ce que je prêche. Nos
amis germanophones ne sont d’ailleurs pas mieux lotis puisqu’ils utilisent le
même mot pour se repentir et payer une amende.
L’Évangile ne peut commencer que par la repentance.
En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait : Repentez-vous, car
le royaume des cieux est proche. Jean est celui qui avait été annoncé par Ésaïe, le prophète, lorsqu’il
dit :
C’est ici la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, Aplanissez ses
sentiers.
Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait
de sauterelles et de miel sauvage. Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des
environs du Jourdain, se rendaient auprès de lui ; et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser
par lui dans le fleuve du Jourdain.
Mais, voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, il leur dit : Races de
vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? Produisez donc du fruit digne de la repentance,
et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ! Car je vous déclare que
de ces pierres-ci, Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la cognée est mise à la racine des
arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu. Moi, je vous
baptise d’eau, pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant
que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de
feu. Il a son van à la main ; il nettoiera son aire, et il amassera son blé dans le grenier, mais il
brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point.
Matthieu 3.1/12
Si Jean Baptiste a baptisé en vue de la repentance, il était pleinement conscient
que son baptême, tout comme la repentance elle-même, ne pouvait pas sauver le
pécheur. Jean-Baptiste était le précurseur du Christ. La repentance prépare à la
conversion, qui est l’acceptation du salut.
Imaginez que vous vous trouvez dans une grande salle nommée « salle du péché ».
On rit, on boit, on danse, on drague, on s’amuse : c’est la fête. Mais vous avez

19
remarqué, dans l’ombre, une petite porte sur laquelle est écrit : « repentance ».
Vous entrez, vous fermez bien la porte derrière vous. Vous voici dans une sorte
de vestibule, en face de vous se dresse une autre porte sur laquelle est peinte une
croix. Qu’allez-vous faire ? Rester dans ce vestibule jusqu’à la fin de vos jours,
ou franchir la porte du salut qui passe obligatoirement par Jésus-Christ ?
La repentance, c’est une porte qu’on ferme sur notre vie de péché, la conversion,
c’est une porte qui s’ouvre sur la vie nouvelle.
Il prêche aussi la séparation :
Sauvez-vous de cette génération perverse.
Vs 40
Dieu veut que nous soyons saints, c’est-à-dire séparés, mis à part.
Séparés ne veut pas dire isolés. Il y a une trentaine d’années, des pasteurs
américains avaient décidé de construire une ville chrétienne, habitée uniquement
par des chrétiens triés sur le volet, qui ne boivent pas de vin et qui ne boivent pas
de bière, car nos amis d’outre-Atlantique ont une conception particulière de la
sanctification. Je ne pense pas que ce projet ait abouti, car je n’en ai plus entendu
parler.
La séparation n’est pas un isolement, mais une démarcation.
Fuyez de Babylone, sortez du pays des Chaldéens, Et soyez comme des boucs à la tête du troupeau !
Car voici, je vais susciter et faire monter contre Babylone Une multitude de grandes nations du pays
du septentrion ; Elles se rangeront en bataille contre elle, et s’en empareront ; Leurs flèches sont
comme un habile guerrier, Qui ne revient pas à vide. Et la Chaldée sera livrée au pillage ; Tous
ceux qui la pilleront seront rassasiés, dit l’Éternel.
Jérémie 50.8/10
Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice
et l’iniquité ? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre
Christ et Bélial ? ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? Quel rapport y a-t-il entre le temple de
Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et
je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. C’est pourquoi :
Sortez du milieu d’eux, Et séparez-vous, dit le Seigneur ; Ne touchez pas à ce qui est impur, Et je
vous accueillerai. Je serai pour vous un père, Et vous serez pour moi des fils et des filles, Dit le
Seigneur tout-puissant.
2 Corinthiens 6.14/18
Ici, l’apôtre Paul fait allusion à Ésaïe 52.11.
Partez, partez, sortez de là ! Ne touchez rien d’impur ! Sortez du milieu d’elle ! Purifiez-vous, vous
qui portez les vases de l’Éternel !
La ville dont il nous faut sortir, c’est Babylone. Elle représente le monde, opposé
à christ ; le monde avec ses plaisirs, son idéologie, ses juges et ces dirigeants
corrompus, la ville où le bien est appelé mal et le mal appelé bien, la ville où la
morale et la sainteté n’ont plus aucun sens, la ville où l’art et la culture n’ont de
valeur que lorsqu’ils servent à blasphémer contre Dieu.
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Nous habitons Babylone, alors, comment faire pour en sortir ? Déménager ?
Écoutons ce que dit Jésus :
Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie
parfaite. Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme
moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils
ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est
la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me
sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité.
Jean 17.13/19
Nous ne pouvons pas quitter Babylone maintenant, car nous avons une mission
à y accomplir. De même Jonas aurait bien voulu, d’abord ne pas y aller, mais une
fois arrivé à Ninive, s’en aller au plus vite. Jonas savait au moins combien de jours
il restait à Ninive, mais nous, nous ne pouvons qu’annoncer : Babylone sera
détruite. Ninive s’est repentie, Babylone ne se repentira pas. Le seul moyen de
quitter cette Babylone impie, c’est d’être prêts au moment où sonnera la
trompette de Dieu et retentira la voix de l’archange : « On déménage ».
Alors, comment sortir du milieu d’elle, puisque nous sommes condamnés à y
habiter jusqu’à la parousie ?
En refusant la nationalité babylonienne.
Et tant pis si nous sommes traités de Turc à Maure, ou plus exactement, de
Babylonien à Citoyen de la Cité des Cieux.
Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de
l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.
Romains 12.2
▪ La vie des nouveaux disciples (– 38/47)
Nous voyons à tel point le jour de la Pentecôte fut un véritable réveil, parce qu’il
ne s’est pas révélé seulement par des manifestations extraordinaires, telles que les
langues de feu et la xénoglossie. Le réveil de la Pentecôte, ce n’est pas seulement
des discours enflammés et des milliers d’auditeurs qui se lèvent à l’appel et
s’approchent de l’estrade, ce sont des faits, des bouleversements dans les
habitudes et les pratiques des trois mille nouveaux disciples. 1
J’ai déjà développé dans un autre chapitre les versets 38 à 47.
Je dirai pour conclure ce point que l’exemple et le modèle que nous devons tirer
d’Actes 2, c’est celui d’un réveil authentique.
Nous savons, frères bien-aimés de Dieu, que vous avez été élus, notre Évangile ne vous ayant pas
été prêché en paroles seulement, mais avec puissance, avec l’Esprit Saint, et avec une pleine
persuasion ; car vous n’ignorez pas que nous nous sommes montrés ainsi parmi vous, à cause de
vous. Et vous-mêmes, vous avez été mes imitateurs et ceux du Seigneur, en recevant la parole au

1
Je suppose qu’ils étaient bien plus nombreux, car on avait l’habitude de ne
compter ni les femmes ni les enfants dans ce genre de statistiques.
21
milieu de beaucoup de tribulations, avec la joie du Saint-Esprit, en sorte que vous êtes devenus un
modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l’Achaïe. Non seulement, en effet, la parole du
Seigneur a retenti de chez vous dans la Macédoine et dans l’Achaïe, mais votre foi en Dieu s’est fait
connaître en tout lieu, de telle manière que nous n’avons pas besoin d’en parler. Car on raconte, à
notre sujet, quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment vous vous êtes convertis à Dieu, en
abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils, qu’il
a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir.
1 Thessaloniciens 1.4/10
À quoi faut-il s’attendre ?
Nous avons défini le réveil biblique d’après plusieurs exemples tirés de l’Ancien
et du Nouveau Testament, mais nous n’avons toujours pas répondu à la question.
C’est une question fermée, mais il nous serait bien difficile de répondre
simplement par oui ou par non.
Il est un réveil, du moins, auquel je ne crois pas. Des chrétiens très optimistes
s’imaginent que dans les derniers temps, toute l’humanité, chrétiens, juifs,
musulmans, libres penseurs, francs-maçons, vont se tenir la main et accueillir le
Seigneur en dansant la grande farandole du réveil. C’est très beau, mais surtout
très sentimental.
Jésus n’a pas parlé d’un grand réveil final. Il a, au contraire posé une question
préoccupante :
Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?
Luc 18.8
Alors, d’aucuns, aussi pessimistes que les premiers sont optimistes, vont nous
dire :
« Évidemment qu’il n’y aura pas de réveil. Il n’y aura pas d’église du tout. C’est
Jésus lui-même qui l’a dit. Quand il reviendra, il ne trouvera pas la foi. »
Tout d’abord, Jésus ne parle pas dans la négative, mais dans l’interrogative. Il
pose une question qui devrait nous interpeller.
Imaginons seulement que Jésus, à son retour, ne trouve pas la foi. Fidèle à son
engagement, il vient sur les nuées, au son de la trompette. Il s’attendait à voir de
myriades de rachetés s’élevant à sa rencontre, mais il n’y a personne au rendez -
vous. Alors il frappe à la porte de son église :
« Y a quelqu’un ? »
Pas de réponse. Il frappe de nouveau :
« Eh ! oh ! Y a quelqu’un ? »
Alors, il soupire et regarde sa montre.
« Bon, j’attends encore un quart d’heure, et si je ne vois toujours personne, je
m’en vais. »
L’église lui aurait donc posé un géant des Flandres.

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C’est impensable, un scénario pareil !
Alors, on peut trouver une autre explication : il n’y aura plus d’Église au moment
de l’enlèvement, mais il y aura tout de même un enlèvement pour les morts qui,
ce jour-là, sortiront des tombeaux.
Qu’en pense l’apôtre Paul, de tout cela ?
Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que
vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. Car, si nous croyons que
Jésus est mort et qu’il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui
sont morts. Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur : nous les vivants,
restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. Car le Seigneur
lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra
du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons
restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les
airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. Consolez-vous donc les uns les autres par ces
paroles.
1 Thessaloniciens 4.13/18
Il nous paraît clair que des chrétiens seront vivants au moment de l’enlèvement.
« Oui, mais alors une toute petite poignée.
– Qu’est-ce qui vous permet de soutenir cela ? Moi j’ai la certitude que les choses
vont se dérouler comme dans Left behind. Des avions vont se retrouver sans
pilotes et des trains sans conducteurs. »
Alors, qu’entend Jésus par cette question ? Quand un texte nous embarrasse, la
meilleure façon de le comprendre, c’est de l’étudier à la lumière de son contexte :
Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu’il faut toujours prier, et ne point se relâcher. Il
dit : Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait point Dieu et qui n’avait d’égard pour personne.
Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire : Fais-moi justice de ma partie adverse.
Pendant longtemps il refusa. Mais ensuite il dit en lui-même : Quoique je ne craigne point Dieu et
que je n’aie d’égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m’importune, je lui ferai justice,
afin qu’elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête. Le Seigneur ajouta : Entendez ce que dit le
juge inique. Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à
leur égard ? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l’homme viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ?
Luc 18.1/8
Il est étonnant, n’est-ce pas, de voir Jésus se comparer à un juge inique, ne
craignant ni Dieu ni les hommes !
Ici, Jésus donne un enseignement sur la persévérance. Lorsqu’il dit qu’il pourrait
ne pas trouver la foi sur terre à son retour, il ne parle pas de trouver son église
absente, mais de la trouver résignée, endormie, affaiblie.
Ainsi, nous avons le droit d’espérer, avant le retour de Jésus, un réveil qui serait
celui de la dernière chance. Mais quelle sorte de réveil ?

23
Écoutons ce que nous dit Jésus :
Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent à la
rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq sages. Les folles, en prenant leurs
lampes, ne prirent point d’huile avec elles ; mais les sages prirent, avec leurs lampes, de l’huile dans
des vases. Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent. Au milieu de la nuit, on
cria : Voici l’époux, allez à sa rencontre ! Alors toutes ces vierges se réveillèrent, et préparèrent leurs
lampes. Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. Les
sages répondirent : Non ; il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez ceux
qui en vendent, et achetez-en pour vous. Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles
qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres
vierges vinrent, et dirent : Seigneur, Seigneur, ouvre-nous. Mais il répondit : Je vous le dis en vérité,
je ne vous connais pas.
Matthieu 25.1/12
Cette parabole nous donne un avertissement concernant l’enlèvement de l’Église.
L’époux que l’on attend, c’est Jésus.
Les dix jeunes filles qui attendent, c’est l’église.
Au début de l’attente, c’est-à-dire, dans les temps apostoliques, tout va bien pour
tout le monde. Il n’y a là, ni catholiques, ni protestants, ni orthodoxes, ni
baptistes, ni pentecôtistes, ni frères larges, ni frères étroits, mais seulement des
chrétiens. Ces dix demoiselles ont toutes de l’huile. L’huile représente le Saint -
Esprit. Chaque chrétien a le Saint-Esprit avec lui et en lui, si quelqu’un n’a pas le
Saint-Esprit, c’est qu’il n’est pas chrétien.
Elles attendent ; elles attendent depuis très longtemps. Jésus n’était pas encore
monté au ciel que déjà, ses disciples disaient que c’est l’affaire de quelques
années :
Pierre, s’étant retourné, vit venir après eux le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant le souper,
s’était penché sur la poitrine de Jésus, et avait dit : Seigneur, qui est celui qui te livre ? En le voyant,
Pierre dit à Jésus : Et celui-ci, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? Jésus lui dit : Si je veux qu’il demeure
jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. Là-dessus, le bruit courut parmi les frères
que ce disciple ne mourrait point. Cependant Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait point ;
mais : Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ?
Jean 21.20/23
L’époux tarde.
Les cinq sages se disent que finalement, elles ont bien fait de prévoir de l’huile
en réserve. Les cinq autres commencent à s’inquiéter :
« J’espère que ça ne va pas s’éterniser, cette affaire-là, sinon, nous risquons
d’avoir des problèmes. »
Et comme, décidément, l’époux se fait attendre, toutes s’endorment, les folles
comme les sages.

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Ce n’est pas le sommeil qui est grave, c’est même une nécessité naturelle. Ce qui
peut être grave, c’est la manière de se réveiller.
Aujourd’hui, dans cette décennie qui, certainement, précède le retour du
Seigneur, les églises sont endormies, y compris celles qui se bercent de l’illusion
de vivre un grand réveil.
Mon église locale, proche de Valenciennes, est une église endormie. Cela ne veut
pas dire que c’est une église morte ; cela ne veut pas dire non plus que c’est une
mauvaise église, mais elle dort, comme les autres. Ce n’est pas parce qu’il n’y a
pas beaucoup de monde au culte que je dis qu’elle est endormie. Là n’est pas la
question. Voulez-vous un signe révélateur de ce sommeil ? En voici un :
Nous voyons, année après année, les enfants défiler à l’école du dimanche, mais
dès qu’ils grandissent ; ils se font des copains et des copines qui les entraînent
dans le monde et ils disparaissent de la circulation. Si notre église était en éveil,
ce sont ces jeunes gens qui y entraîneraient leurs copains et leurs copines, et ceux-
ci se tourneraient vers Dieu.
Mais, revenons à nos dix jeunes filles : voici l’heure du réveil, la trompette sonne,
la voix de l’archange retentit. Pour certains, c’est le réveil en sursaut.
« Voici, l’époux, allez à sa rencontre ! »
Avez-vous remarqué que ce n’est pas Jésus qui va à la rencontre de l’église, c’est
l’église qui va à la rencontre de Jésus (1 Th 4.17).
Pour les vierges sages, c’est un instant d’immense bonheur, pour les folles, un
moment d’angoisse.
Nous avons oublié d’apporter de l’huile et nos lampes s’éteignent.
Que voilà une panne qui tombe vraiment au mauvais moment.
L’église a oublié le Saint-Esprit.
Examinons maintenant la situation du monde et celle de l’église dans les temps
qui précéderont la parousie.
En ce qui concerne le monde, voici ce que nous dit Paul :
Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis
de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux,
insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres,
emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant
ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là. Il en est parmi eux qui s’introduisent dans les
maisons, et qui captivent des femmes d’un esprit faible et borné, chargées de péchés, agitées par des
passions de toute espèce, apprenant toujours et ne pouvant jamais arriver à la connaissance de la
vérité. De même que Jannès et Jambrès s’opposèrent à Moïse, de même ces hommes s’opposent à la
vérité, étant corrompus d’entendement, réprouvés en ce qui concerne la foi. Mais ils ne feront pas de
plus grands progrès ; car leur folie sera manifeste pour tous, comme le fut celle de ces deux hommes.
2 Timothée 3.1/10

25
Il existe encore des gens assez naïfs pour croire que nous sommes entrés dans un
siècle de lumière et de progrès, mais force nous est de constater que l’apôtre avait
vu clair. Nous avons ici un portrait sans retouches de notre société dite post-
moderne.
En ce qui concerne l’église qui devrait être dans le monde sans être du monde, le
tableau n’est guère plus reluisant :
Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi,
pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs
portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience.
1 Timothée 4.1/2
Il n’est plus question de montrer du doigt les catholiques ou protestants
historiques. C’est la nébuleuse évangélique que l’on reconnaît ici, laquelle
nébuleuse s’intègre d’ailleurs très bien dans l’Église romaine qu’elle fustigeait
jadis, puisqu’elle s’est laissé à son tour entraîner dans le maelstrom de l’apostasie.
Quand j’étais petit, ma mère m’a raconté qu’elle avait vécu un déraillement.
C’était pendant la guerre, je ne sais pas si ce sont les Allemands ou les résistants
qui ont plastiqué l’aiguillage, toujours est-il que le train a déraillé.
« Tu étais dans un train qui a déraillé et tu n’as pas mouru ?
– Non, heureusement, j’étais dans le dernier wagon, j’ai juste été un peu
secouée. »
Si nous non plus ne voulons pas être trop secoués, restons dans le dernier wagon,
celui dans lequel on met encore la parole de Dieu à la première place.
La nébuleuse évangélique est devenue une église « pâte à modeler ». Expliquons-
nous :
Je suis une petite boule de pâte à modeler, une jolie boule bleue. Josiane, mon
épouse, est une jolie petite boule jaune. Un jour, le Saint-Esprit nous a pris
chacun dans une main, entre trois doigts. Il nous a collés l’un contre l’autre et il
nous a pétris. Nous sommes devenus une jolie boule verte. Puis il nous a aplatis.
Aïe ! Ça fait mal ! Nous ressemblions plutôt à une petite galette verte. Il nous a
donné la forme qu’il a voulue. Avec son ongle, il y a tracé des sillons réguliers.
Nous n’avons plus l’apparence d’une boule, mais celle d’une feuille. Les chrétiens
sont tous de petites boules de pâte à modeler, des boules bleues, des boules
jaunes, des boules blanches, des boules noires, des boules rouges. Le Saint-Esprit
va nous prendre un par un et nous utiliser pour composer un magnifique tableau.
Voilà comment les choses se passent quand c’est lui qui prend en main l’église de
Christ, car le Saint-Esprit est un artiste. Il en va bien différemment quand c’est
l’homme qui prend en main l’église du Seigneur, car l’homme est un gros bourrin.
Nous sommes toujours de petites boules rouges, ou bleues, ou jaunes ; ne voilà-
t-il pas qu’une grosse paluche nous attrape et nous colle les uns contre les autres.
Elle nous pétrit et repétrit jusqu’à former une grosse boule couleur caca d’oie.

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Le pire, c’est que l’homme a saisi la magnifique composition que le Saint-Esprit
avait faite avec tant d’amour pour le transformer en ce gros machin-là.
Dans l’église pâte à modeler, la sensibilité de chaque chrétien est bannie. On
chante quand il faut chanter, on danse quand il faut danser, on se lève quand il
faut se lever, on s’assoit quand il faut s’asseoir, on saute quand il faut sauter, on
applaudit le groupe de louange quand il faut applaudir. Plus question d’élever la
voix pour lire un psaume ou remercier le Sauveur. Paradoxe : la louange est
bannie de la louange. La louange est devenue un spectacle destiné à mettre en
valeur les trois mecs à la guitare sous les projecteurs et surtout promouvoir les
disques et les concerts de ceux qui leur ont écrit la musique. Quant aux paroles,
faut-il en parler ? Ruben Saillens et César Malan sont bannis depuis longtemps
de nos cantiques. Des wo-ou-wo par ci, des wo-ou-wo par là…
Un réveil organisé par l’homme, dans une église gagnée à la cause du monde, sans
le Saint-Esprit ? Je n’y crois pas.
Reposons maintenant la question initiale. Il n’y a que la Bible qui peut y
répondre :
Et il me dit : Ces paroles sont certaines et véritables ; et le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes,
a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt. Et voici, je
viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre !
Et il me dit : Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce livre. Car le temps est proche. Que
celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore ; et que le juste
pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. Voici, je viens bientôt, et ma
rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu’est son œuvre. Je suis l’alpha et l’oméga,
le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir
droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville !
Apocalypse 22.6/7, 10/14
La Bible ne parle nulle part d’un réveil universel qui rassemblerait tous les
hommes pour le jour de son retour.
Le livre de l’Apocalypse, qui est le livre de la fin, nous rappelle l’essentiel pour
ces temps troublés : garder sa parole. Il insiste sur l’imminence de cet événement :
je viens bientôt. Il insiste aussi sur une opposition : Que celui qui est souillé se souille
encore… que celui qui est saint se sanctifie encore… Cette exhortation devrait m’appeler
à réfléchir sur la situation du monde, celle de l’église, et celle qui devrait être la
mienne, en tant qu’enfant de Dieu.
Imaginons un escalier qui descend vers le jugement et la perdition. Sur cet
escalier, nous voyons le monde qui descend, toujours plus bas : que celui qui est
souillé se souille encore…
Quelques marches plus haut, nous voyons l’église. Si elle restait à la même place,
ce serait un moindre mal, mais elle descend elle aussi. L’écart s’amenuise : vingt
marches, quinze marches, dix marches… Encore un peu de temps et l’église aura

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rejoint le monde, on ne pourra plus distinguer qui fait partie de l’un ou qui fait
partie de l’autre, car ils se tiendront au même niveau.
Et moi, en tant que chrétien, je fais partie de l’église, celle qui descend, mais
demeure en dernière position. Je me rends compte que ça ne peut plus durer, je
m’arrête. Ceux qui continuent à descendre se disent : mais enfin, pourquoi il ne
continue pas ? Il a mal aux genoux ?
Quelques-uns vont réfléchir et se poser les bonnes questions : c’est vrai, au fait.
Où est-ce qu’on va comme ça ? Et ils vont s’arrêter à leur tour.
Rester sur la même marche ne suffira pas. Ils vont faire demi-tour (une
conversion) et commencer à remonter cet escalier. Ainsi, la distance entre ceux
qui montent et ceux qui descendent ne fera qu’augmenter. Que celui qui est saint se
sanctifie encore…
Combien seront-ils à prendre conscience de leur misère spirituelle ? Une minorité
ou une majorité ? En tout cas, pas la totalité.
Le réveil final que j’espère ne sera pas collectif, mais individuel. Le Saint-Esprit
va réveiller les consciences. Il ne fera pas de miracles ni de choses extraordinaires
pour épater les hommes, mais il mettra dans les cœurs un esprit de repentance.
Alors la trompette de Dieu retentira et la voix de l’archange se fera entendre :
« Voici l’époux, allez à sa rencontre. »
Jésus revient bientôt. Soyons prêts.

Extrait de « Semons dans les larmes » TheBookEdition


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