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Comptes rendus de

l'Académie des sciences. Série


2, Mécanique, physique,
chimie, sciences de l'univers,
sciences de la [...]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Académie des sciences (France). Auteur du texte. Comptes rendus
de l'Académie des sciences. Série 2, Mécanique, physique, chimie,
sciences de l'univers, sciences de la terre. 1990-07.

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Cristallographîe/Crystallography

Étude structurale du méthyl-3 thio-2 imidazoline


carboxylate-1 d'éthyle
Christiane DELAGE, Françoise FAURÉ, Jean-Michel LÉGER, Claude RABY
et Michel GOURSOLLE
Résumé - Les caractéristiques cristallographiques du méthyl-3 thio-2 imidazoline carboxylate-1
d'éthyle
:
sont signalées. C7H10N2O2S, médicament antithyroïdien, cristallise dans le système
orthorhombique Pna21 avec les paramètres suivants a=7,689(2)Â, b= 17,364(4)À, c=6,637(1)Â,
Z=4, Dx=1,40 Mg.m-3. La structure a été résolue par les méthodes directes avec un facteur de
confianceR=0,06; elle est formée de molécules planes liées entre elles par des liaisons hydrogène et
des contacts de Van der Waals.

Conformational study of 3-methyl 2-thio imidazoline ethyl 1-carboxylate


Abstract — Crystallographic features are givenfor 3-methyl 2-thio imidazoline ethyl I-carboxylate.
C7H10N2O2S,anantithyroid drug, is orthorhombic, Pna219 with the following unit cell dimensions:
c
a=7.689(2)A, b=17.364(4)A, =6.637(l)A, Z=4, Dx=1.40 Mg.m 3. The structure was deter-
mined by direct methods with a veracity factor ofR=0.06. The crystal structure consists oflayer
planes linked together by hydrogen bonds and Van der Waals contacts.

INTRODUCTION. - Ce travail s'inscrit dans le cadre d'un programme de recherches sur


les antithyroïdiens de synthese (ATS) derivant du thio-uracile du thio-imidazole ([1]-
et
[2]).
On groupe sous le vocable d'ATS, l'ensemble des substances chimiques de synthese
capables d'inhiber la production des hormones thyroidiennes. Ces medicaments consti-
tuent, avec les traitements chirurgicaux et isotopiques, les trois formes de therapie des
hyperthyroidies.

TABLEAU I
Coordonnees atomiques et facteurs d'agitation thermique isotrope equivalents Beq (A2)

Atomic coordinatesandequivalent isotropic thermalparameters Beq(A2)

x y z Beq(Á2)

C(l)0,6137(9) 0,7675(24)5,5(3)
(3).
N(2)0,4384(7)0,0779(3)
C(4).
C
N(5).
0,3806(8)
0,5153(8)
0,6639(6)
0,0794(3)

0,0018(4)
-0,0449(4)
0,0014(3)
0,7845(20)
0,7675(28)
0,7864(24)
0,7735(21)
5,5(3)
6,3(3)
5,7(3)
5,5(2)
C(6)0,8366(8)-0,0263(4)0,7630(23)
0(7).
C(8). 0,8316(5) -0,1020(2) 0,7675(19)
5,9(3)
6,1(2)

C(9).
C(10).
1,0046(9)
0,9715(10)
-0,1402(4)
-0,2235(4)
0,7567(32)
0,8026(23)
6,7(4)
6,4(5)

S(ll).
0(12).
0,3298(10)
0,7368(2)
0,9626(6)
0,1467(4)
0,1586(1)
0,0140(3)
0,7607(28)
0,7710(12)
0,7456(19)
7,1(4)
7,1(1)
7,5(3)

Note présentée par Jean FLAHAUT.

0764-4450/90/03110781 $2.00 ED Académie des Sciences


TABLEAU II
Distance (À) et angles (°) interatomiques.
Interatomic distances (À) and angles (°).

C(l)-N(2) 1,35(1) N(2)-C(l)-N(5) 104,6(8)


-
C(1) N(5) 1,41(1) N(2)-C(l)-S(ll) 125,4(7)
c(1)-s(11) 1,67(1) - -S(11)
N(5) C(1) 129,5(7)
N(2)-C(3) 1,40(1) C(l)-N(2)-C(3) 109,1(8)
N(2)-C(10) 1,47(1) C(l)-N(2)-C(10) 122,8(8)
C(3)-C(4) 1,32(1) C(3)-N(2)-C(10) 125,5(8)
C(4)-N(5) 1,40(1) N(2)-C(3)-C(4) 108,9(9)
-
N(5) C(6) 1,41(1) C(3)-C(4)-N(5) 106,4(8)
C(6)—O(7) 1,32(1) C(l)-N(5)-C(4) 109,3(7)
C(6)-0(12) 1,20(1) C(l)-N(5)-C(6) 125,6(8)
O(7)-C(8)1,49(1)C(4)-N(5)-C(6) 125,1(8)
C(8)-C(9) 1,50(1) N(5)-C(6)-0(7)108,1(8)
N(5)-C(6)-0(12) 124,4(9)
0(7)-C(6)-0(12) 127,4(9)
C(6)-0(7)-C(8) 114,7(8)
0(7)-C(8)-C(9) 105,4(9)

Nous étudions le mécanisme d'action des ATS ([3]-[4]) en relation avec les propriétés
conformationnelles et électroniques de ces molécules [5].
Cette note est consacrée à l'étude du méthyl-3 thio-2 imidazoline carboxylate-1 d'éthyle
ou Carbimazole, médicament utilisé comme antithyroïdien.
ÉTUDE RADIOCRISTALLOGRAPHIQUE. Le méthyl-3 thio-2 imidazoline carboxylate-1

d'éthyle cristallise par évaporation lente d'une solution saturée de méthanol.
Le monocristal sélectionné est un prisme incolore de dimensions 0,25 x 0,10 x 0,37 mm.
Les mesures ont été effectuées à température ambiante, sur un diffractomètre automatique
« Enraf-NoniusCAD-4 » (radiation CuKa, 1=1,54178 Â, monochromateur en gra-
phite). Les dimensions du réseau ont été affinées par moindres carrés à partir
de 22 réflexions indépendantes. Aucune dérive d'intensité de deux réflexions standard
contrôlées toutes les 5400 s n'a été observée. 827±h, k, 1 réflexions indépendantes ont
0 0 0
été enregistrées (h de à 7, k de à 18, de à 7) jusqu'à05265°; parmi elles 521
satisfaisant à l'inégalité 1^3cr(I) ont été utilisées dans le calcul d'affinement.
Les intensités ont été corrigées du seul facteur de Lorentz-polarisation.

fig.1. Vueenprojection de la molécule.


Fig. 1. — Perspectiveview of themolecule.
TABLEAU III
Distances (A) et angles (j des principales interactions.
Distances (A) and angles (°)of principal interactions.

x Y X.Y X-H H.Y X-H.Y


C(4')-H(104') 0(7) 2,63(1) 1,01(8) 2,44(8) 89(5)
C(8')-H(108') 0(12) 2,70(1) 1,05(6) 2,56(7) 86(4)
C(8i)-H(208i) 0(12) 2,70(1) 1,08(7) 2,76(7) 76(4)
C(3a)-H(103H) 0(12) 3,23(1) 1,03(8) 2,31(8) 148(6)
C(10u)-H(310u) 0(12) 3,64(1) 1,06(8) 2,76(8) 141(6)
C(8'")-H(208'") S(H) 3,80(1) 1,08(7) 2,79(7) 157(5)
C(10")-H(210")
: S(ll) 3,46(1)
Code de symetrie ix, y, z; ii 1 +x, y, z; iii 2-x, —y,(l/2)+
1,11(7)
z;
2,86(7)
x, (1/2)-y, z.
iv (1/2)+
114(5)

Étant donné les faibles dimensions du cristal, l'absorption n'a pas été prise en compte
(p.=28,66 cm-1). Les facteurs de diffusion des atomes non hydrogène ont été tirés des
Tables internationales de Radiocristallographie [6]; quant à ceux des atomes d'hydrogène,
ils proviennent de Stewart et coll. [7].
La structure a été résolue par les méthodes directes grâce au programme
MULTAN 80 [8]. Les atomes d'hydrogène ont été localisés sur des sections de Fourier-
différence. L'affinement par moindres carrés (blocs diagonaux) à l'aide des facteurs de
structure observés a été conduit selon le schéma de pondération suivant :
w=1 si IFol <P, P=(FQmax/10)1/2, W=(P/F0)2 si |F0|>P.
Les atomes non hydrogène ont été affectés des paramètres Pij d'agitation thermique
anisotrope, tandis que les hydrogènes ont été affectés des paramètres d'agitation Bi
thermique isotrope. Le facteur de confiance final était R=0,06 (521 réflexions,
149 paramètres).
«
Tous les calculs ont été effectués sur un ordinateur Mini 6-92, CII-Honeywell-Bull ».
Les coordonnées atomiques ainsi que les facteurs d'agitation thermique isotrope équiva-
lents sont rassemblés dans le tableau I. Les distances et les angles interatomiques sont
donnés dans le tableau II (1). Une vue en projection de la molécule montrant la numérota-
tion atomique est représentée sur la figure 1.

Fig. 2. — Empilement moléculairedu méthyl-3 thio-2 imidazolinecarboxylate-1 d'clhyle.


Fig. 2. — Stereoscopic vi('lr of l-methyl 2-thio imidazoline ethyl I-carboxylate.
La structure est formée de molécules planes parallèles au plan (001). Tous les atomes
du cycle A-4 imidazoline sont coplanaires; les écarts les plus importants au plan moyen
-
concernant C(9) et 0(12) sont respectivement de 0,15(2) et 0,17(1)Á. Le groupement
carbonyle est situé dans le plan du cycle imidazoline comme le montre la valeur de
l'angle de torsion C(4)-N(5)-C(6)-0(7) égale à —0,6(8)°. Les liaisons autour de N(5)
sont toutes voisines de 1,40 Â. La distance C(6)-0(7) est égale à 1,32(1)Á. Ceci indique
une délocalisation électronique entre le carbonyle et le cycle. La liaison C(8)-C(9) est
maintenue dans le plan de la molécule par les contacts H(108).0(12) et
H (208).0(12). Les écarts respectifs de C(8) et C(9) au plan moyen sont seulement
de —0,13(2) et 0,15(2)Á. La cohésion cristalline est assurée par des liaisons hydrogène
et des contacts de Van Der Waals (tableau III, fig. 2).
C) Les paramètres d'agitation thermique anisotrope Bij des atomes non hydrogène, les coordonnées atomiques
et les paramètres d'agitation thermique isotrope Bi des atomes d'hydrogène ainsi que les facteurs de structure
observés et calculés peuvent être obtenus auprès des auteurs.
Note remise le 12 juillet 1990, acceptée le 18 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] C. DELAGE, A. H'NAIFI, M. GOURSOLLE et A. CARPY, C.R. Acad. Sci. Paris, 302, série II, 1986,
p.219-222.
[2] C. DELAGE, A. H'NAIFI et M. GOURSOLLE, C. R. Acad. Sci. Paris, 303, série II, 1986, p. 1645-1650.
[3] J. BUXERAUD, A. C. ABSIL, J. CLAUDE, C. RABY, C. CATANZANO et C. BECK, Eur. J. Med. Chem. Chim.
Ther., 20, 1985, p. 43-51.
[4] A. C. JAMBUT-ABSIL, J. BUXERAUD, J. CLAUDE et C. RABY, Arzheim. Forsch. Drug Res., 37, (II), 7, 1987,
p. 772-777.
[5] C. DELAGE, J. F. LAGORCE, C. RABY, A. CARPY et M. GOURSOLLE, Acta Cryst., C44, 1988,
p.3187-3189.
[6] International tablesfor X-ray crystallography, IV, Birmingham, Kynoch Press, 1974.
[7] R. F. STEWART, E. R. DAVIDSON et W. T. SIMPSON, J. Chem. Phys., 42, 1965, p. 3175-3187.
[8] P. MAIN, S. J. FISKE, S. E. HULL, L. LESSINGER, G. GERMAIN, J. P. DECLERCQ et M. M. WOOLFSON,
MULTAN 80, A system of computer programs for the automatic solution of crystal structures from X-ray
diffraction data, Univ. ofYork, England and Louvain, Belgium, 1980.

C. D. et C. R. Laboratoires de Chimie physique et Chimie thérapeutique,


Faculté de Pharmacie, Université de Limoges, 2, rue du Docteur-Marcland, 87025 Limoges;
F. F. et M. G. : Laboratoire de Chimie physique,
Faculté de Pharmacie, Université de Bordeaux-ll, place de la Victoire, 33076 Bordeaux;
J.-M. L. Laboratoire de Chimie analytique, U.A. n° 605, C.N.R.S.,
Faculté de Pharmacie, Université de Bordeaux-II, place de la Victoire, 33076 Bordeaux.
AcoustiquejAcoustics

Résolution numérique d'unproblème de rayonnement


acoustique de surfaces rigides de révolution
Ahmed TRAD
Résumé — Une méthode numérique simple est décrite pour calculer la pression rayonnée par un
corps rigide, de révolution, placé dans un champ acoustique harmonique. Elle utilise la méthode
théorique de P. Werner, valable quel que soit le nombre d'onde réel du champ incident, et qui
conduit à la résolution d'un système de deux équations intégrales couplées.
Cette méthode éprouvée, sur la sphère placée dans un champ radial uniforme, est appliquée au
cylindre droit. Pour un cylindre droit placé dans un champ axial, on trouve — numériquement —
que la pression est oscillatoire sur la surface latérale pour, et seulement pour, des nombres d'onde
dits irréguliers.

Numerical solution of a problem of sound radiation for a rigid surface of revolution


Abstract — P. Werner's method is used for obtaining the solution, for an arbitrary real wave-number
of the exterior steady-state acoustic radiation problem for a rigid surface of revolution. It leads to
the solution of a system of two coupled integral equations governing two continuous densities: one is a
surface density, the other is a volume density.
The numerical method used to compute these densities is tested on the case of the sphere in a
constant radialfield and applied to the case of a cylinder. In the last case, when the external field is
axial, the pression is oscillatory on the lateral surface for, and only for, the so-called irregular wave
numbers.

Abridged English Version — An arbitrary rigid surface of revolution


1. INTRODUCTION. —
S is subjected to a harmonic acoustic field, defined by a direction A, a velocity V, with an
amplitude V0and an angular frequency CO. The pressure field perturbed by S is designated
by p. We consider the steady-state case in which the pressure is a harmonic function of
time, and suppress the time factor.
The pressure field is governed by the system (1)-(2)-(3), in which Q is the unlimited
(/
region exterior to S; k= c, c the speed of sound and po the density in Q; n the outer
n
unit normal;V = V.n the normal component of velocity on S; A is the Laplacian in R3
([4], [5], [6]).
It is well known ([2], [3]), that if V„ is continuous on S, then the system (1)-(2)-(3) has
one and only one classical solution for real k.
2. THE WERNER FORMULATION. — It is well known ([4]. [9]), that the usual integral
formulations used to solve (1)-(2)-(3) fail for the so-called irregular wave numbers.
Werner's method to solve (1)-(2)-(3) for an arbitrary real wave number k can be stated
as follows: the solution p is sought in the form of a sum of a single layer potential with a
density v continuous on S and a volume potential with a density p continuous in B, B being
the region interior to S. Let us impose in B:åp+k2P= C* -i p,
the real constant C*,
having the dimension of the inverse squared of a length, is specified in the practical applica-
tions, then the densities v and p are governed by a system of two coupled integral
equations ([2], [10]). This system, if Vn is continuous on S, has one and only one classical
solution for an arbitrary real wave number £([1], [2], [3]).
This system is much simplified in the case in which S is a surface of revolution. In that
case, we use (4) and, for simplification, we consider the case in which S is a right circular
cylinder and the external field is axial. The pressure p and the densities v and p are given

Note présentée par Evariste SANCHEZ-PALENCIA.

0764-4450/90/03110785 $2.00 (è) Académie des Sciences


by (6) in which the normal component of velocity V„ is known (5), and the kernels f and
h are given in (7).

3. NUMERICAL SOLUTION OF (6)-(7). — The numerical method used to compute the pressure
and the densities in (6) is very simple. Since the problem has a cylindrical symmetry, a
f
finite-differences method is used. The kernels and h in (7) are first directly computed by
using a Harwell library; with a special investigation for the singularities ([7], [10]). The
integrals in (6) are calculated by the trapezium method. The discretized pressure is given
by three relations in which the discretized densities are given by a linear algebraic system.
This system, with complex coefficients, is solved by a total pivot Jordan's method.
The solutions are computed on an Apollo work station. Different curves of pressure on the
-p. -
lateral surface of the cylinder are plotted: the real part r. of p in Figure 1, and the
imaginary part — p. i. — of p in Figure 2, for y = 4, y being a parameter defined in (4), and
three values of k: a regular one k = 4 and the two first irregular values. The irregular wave
numbers in the case of a right circular cylindar are given in (8).
We note the following important fact: the pressure is oscillatory on the lateral surface of
the right circular cylinder, in an axial external field, for and only for the irregular wave
numbers. Moreover the amplitude of the pressure decreases when the irregular wave number
increases.
The numerical method used to compute the pressure and the densities is tested on the
case of an uniformly vibrating sphere, with Vn = 1. The numerical solutions approch the
exact solutions to within 10-2.

1. POSITION DU PROBLÈME. — On étudie le champ de pression acoustique rayonné par


un corps de surface S rigide, placé dans un champ acoustique harmonique. Ce champ,
de direction A, est défini, en tout point de l'espace extérieur à S, par une vitesse

S, noté ,
d'amplitude V0 et de fréquence œ réelle. Soit po la densité du milieu illimité extérieur à
et B le domaine borné intérieur à S, supposée régulière par morceaux, alors,
la partie stationnaire, notée p, de la pression rayonnée est gouvernée par le système
suivant ([4], [5], [10])
M
:

(1) Ap+k2 = pour p 0


(2) (dp/dr)=i(ùp0.V0\n sur S
(3) |(p/r)—ikp|=0(r-2), p=O(r-1) pour r->oo
où V„ est la composante normale de la vitesse du champ extérieur, k est le nombre
r
d'onde, =OM, 0 un point fixe de l'espace, et A est le Laplacien dans R3.
2. REPRÉSENTATION DE LA SOLUTION. MÉTHODE W. — Il est bien connu ([4]. [9]) que
la représentation des solutions du système (1)-(2)-(3) par des intégrales simples échouent
pour certains nombres d'onde du champ incident dits nombres d'onde irréguliers et notés
ici NOI ce problème des NOI est traité notamment par Schenck [5], Angélini et Hutin [6],
Mebarek et Hamdi [8], et, en hydrodynamique, par M. Lenoir et A. Jami [9].

du système (1)-(2)-(3), dans ,


La méthode de P. Werner [1] — notée ici méthode W — consiste à chercher la solution
comme somme de deux potentiels, l'un de simple couche
de densité v continue sur S, et l'autre, de volume, de densité p continue dans B. Imposons,
:
dans B, la condition Ap+k2p= -i -
C*p C* est une constante réelle ayant pour dimen-
sion l'inverse du carré d'une longueur; elle est indispensable à introduire pour le traite-
ment numérique qui suit. Alors v et p sont gouvernés par un système de deux équations
intégrales couplées ([2], [10]). En supposant V„ continue sur S, on montre ([1], [2], [3])
que ce système admet une solution unique, quel que soit k réel.
La constante C* est déterminée, dans les applications pratiques, en rendant le problème
sans dimensions.
3. APPLICATIONS A UNE SURFACE DE RÉVOLUTION. — Considérons une surface de révolution
S, de hauteur L, d'axe Oz, 0 étant le centre de la base de S, choisi comme origine des
,
coordonnées rectangulaires (x, y, z). En utilisant les coordonnées cylindriques (r, z), S
est engendrée par la rotation, autour de Oz, de la courbe C, définie dans le plan (r, z)
par
C1UC3UC2: C1=(z=0,0rR1);
C2= (z= L,0rR2); C3=(0<r<L, =R(z)) r
où RI et R2 sont les rayons des bases circulaires de S et R(z) est une fonction régulière
donnée, R(0)=R1, R(L)=R2. Posons

Alors Vo
C*=1/L2;
:
et Poo sont déterminés par les deux relations (R~L)Vo=R~ Poo=Po d'où
p=iy-2p dans B.
:
Le cas de l'incidence nulle. -Le problème du rayonnement acoustique d'une surface
en incidence oblique n'offre pas de difficultés théoriques. Il se traite en utilisant la
linéarité du problème et des développements en séries. La forme de la solution p découle
de celle du terme libre V„. Celui-ci est développé en série de Fourier, dont les coefficients
sont des combinaisons linéaires de fonctions de Bessel. La pression p, ainsi que les
densités v et p, sont cherchées sous la forme de séries de Fourier dont chaque terme est
gouverné par un système d'équations intégrales couplées. Ceci sera explicité dans une
publication ultérieure.
:
Pour simplifier, considérons ici le cas d'une surface S en incidence nulle AIIOz.
,
(5) Vn(z)=exp ;
Notons P (z) = (Oz, n) alors, au point M (r, z) C :
(-ikz)1(z) 1 (-1,1,cos
=
=(z=0,0r1), (z=1,0rRc), C3=(0<z<1,
sur Cl5 C2C3 respectivement; C1 C2=
r =R(z)); en utilisant les variables sans dimension.

de .
Par symétrie de révolution, les densités v et p, et donc la pression p sont indépendantes

:
Le système qui gouverne p(r', z'), v (r', z'), (r,z')c-C et p(r', z'), (r', z')A, s'écrit
( ),
Fig. 1. —
Fig. 1. -
k=10,11930 (.)
surf. lat. du cyl. pour k=4 —
p. r. de p sur Ui

et k=15,64550 (---).
Realpart (p. r.) ofp. on the latéralsurfaceofthe cylinder fork=4 (—),
k=10.11930(.) and k=15.64550(---).

Dans (6) A est le domaine borné du plan (r, z), délimité par la courbe C=C1UC2UC3
et le segment (0<z<1) de l'axe des z, dn=(rdr, rdr, (R(z)/sin)dz) sur C1, C2, C3
respectivement,

f
Les fonctions et h étant indépendantes de ', on choisit '
=0.
4. TRAITEMENT NUMÉRIQUE DU PROBLÈME.

— cas

La méthode de
;
traitement est décrite pour
le cas général d'une surface de révolution quelconque elle est appliquée au cylindre droit
le plus fréquent dans la pratique et le seul- avec la sphère- où les NOI sont
connus explicitement ([4], [5]) :

où m, n et q sont des entiers et a~ le q-ième zéro de la fonction de Bessel J„ d'indice n.


Dans le cas d'une sphère de rayon R, k est rapporté à 1/R.
4.1. Discrétisation de (6).
de C1:r1=(i-1)S1 s1=(\l(M-\)),i=(1,
- .,
La solution de (6) est cherchée en M points
M); L points de C2l)s2>
4 (-),
Fig. 2. -
k=10,11930 (.)
p. i. de p sur la surf. lat. du cyl. pour k =

p.
et k= 15,64550 (-----)
lateralsurfaceofthe cylinderfor k=4(—)
part (p. i.)of
Fig. 2. — Imginary
k=10.11930 (.)
on the
andk= 15.645 50 (u-).

s2=RC/(L-1), j=(1,.,L); N points de C3:zn= (n-1)s3, s3=(1-2)/(N-1), +


n= (1, .,N), 0 < 1, Rn= R (zn); et enfin N x Q points du domaine ouvert A (zn, rln),
rin=V-l)sn> Sn=(Rn-)/Q-1),l=(1,.,Q),n=(1,.,N); M, L, N, Q étant des
:
entiers.
Dans (6), les termes intégraux sont traités par la méthode simple du trapèze; les
f
noyaux et h étant calculés, eux, directement par un programme autonome.
Le système des deux équations intégrales qui gouvernent v et p dans (6) se transforme
alors en un système algébrique linéaire de M+L+N+N xQ
M+L+N+Nx Q
équations pour les
inconnues discrétisées v et p, de type CX=G. Le vecteur G est :
connu; il dépend de V„ calculé à partir de (5). Les coefficients complexes de la matrice
f
carrée C dépendent des noyaux et h, calculés à partir de (7). Leur obtention est
élémentaire, sauf pour les termes diagonaux du fait des singularités de et h, qui f
nécessitent un traitement spécial ([7], [10]).
4.2. Application au cylindre droit. Dans le cas d'un cylindre droit de rayon R1,

placé dans un champ acoustique axial, on a Rc= 1, R(z)=Cte= 1. Dans A, le pas Sj est
constant, jJ-=j=(l—e)/(Q—1); rjl
=(l—1s;j=1, N; /=1, Q. Nous avons pris =0,01 :
:
et M=L=N=Q=21; et effectué les calculs pour un paramètre de forme y =4 et pour
trois nombres d'onde un nombre d'onde régulier, k=4, et les deux premiers NOI
k=k,01=10,11930, et k=k111 =15,64550.
:
En chaque point du domaine d'intégration, les fonctions complexes et h sont calculées f
à l'aide d'un programme d'une bibliothèque Harwell modifié. Le système linéaire (11)-
(12), à coefficients complexes est traité par une méthode de Jordan à pivot total. Les
calculs sont effectués sur une « Appollo 450 ». Des courbes de pression surfacique p sont
tracées. Nous donnons ici la pression sur la surface latérale du cylindre figure 1 pour
la partie réelle (p.r.) de p et figure 2 pour la partie imaginaire (p.i.) de p, (N=43,
:
M=L=Q=11).
Remarque importante. — Sur la surface latérale du cylindre, pour une onde incidente
parallèle à son axe de révolution, la pression est oscillatoire pour, et seulement pour,
les NOI.
L'onde oscillatoire calculée résulte de la superposition de l'onde incidente parallèle à
la surface latérale et d'une onde diffractée par le bord de la surface supérieure, également
parallèle à la surface latérale mais de sens inverse. La superposition de ces ondes donne
une onde stationnaire pour des nombres d'onde égaux aux NOI. Notons aussi que
l'amplitude de cette onde diminue lorsque le nombre d'onde augmente.
Ceci ne peut évidemment pas s'obtenir avec les méthodes qui ne sont pas valables
pour tous les nombres d'onde du champ incident.
Note remise le 21 juin 1990, acceptée le 13 août 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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fréq. Irreg., La Rech. Aérospatiale, n° 3, 1983, p. 187-196.
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Computer Methods in Applied Mecanics and Engineering, 16, 1978, p. 341-359.
[10] A. TRAD, Rayonnement d'une surface de Révolution dans un champ acoustique harmonique, à toutes
les fréquences réelles. Cas des basses fréquences, C. R. Acad. Sci. Paris, 307, série II, 1988, p. 723-726.

Laboratoire d'Acoustique et MécaniqueU.R.A. n° 868,


Groupe Modélisation et Calcul, Université Pierre-et-Marie-Curie,
Paris-VI, 4, place Jussieu, 75252 Paris Cedex 05.
Catalyse/Catalysis

Co-oligomérisation asymétrique du butadiène et de la


benzaldazine catalysée par des complexes au nickel

Gilbert PEIFFER, Chhan Siv, Andrée BENDAYAN, Jean-Pierre ZAHRA et Pierre BRUN

-
Résumé L'utilisation de ligands chiraux de type aminophosphinites et aminophosphinephosphi-
nites dans la co-oligomérisation du butadiène et de la benzaldazine catalysée par des complexes
au nickel conduit au diphény1-3,12 diaza-1,2 cyclododécatriène-1,5,9 avec une bonne induction
asymétrique et une bonne sélectivité en isomères géométriques pouvant atteindre 85 en isomère
cis ou trans.

Asymmetric co-oligomerisation of butadiene and benzaldazine catalysed by nickel


complexes
Abstract — Utilization of chiral aminophosphinites and aminophosphinephosphinites ligands in buta-
diene and benzaldazine co-oligomerisation catalysed by nickel complexes lead to 3,12-diphenyl 1,2-
diaza 1,5,9-cyclododecatrien with a good asymmetric induction and a good selectivity in geometric
isomers. This can lead to 85% of cis or trans isomer.

Il a été montré que la réaction de co-oligomérisation du butadiène et de la benzaldazine


catalysée par des complexes du nickel en présence de triphénylphosphine, conduit à
la formation préférentielle de trans diphényl-3,12 diaza-1,2 cyclododécatriène-1,5,9 1
([1], [2], [3]).
Il semblait intéressant de remplacer au cours du processus catalytique la triphényl

:
phosphine par des ligands chiraux afin de rendre celle-ci asymétrique. Dans ce but, nous
avons utilisé comme inducteurs asymétriques l'aminophosphinite 2, les aminophosphine-
phosphinites 3 a, 3 b et le phosphinite dérivé du D-Glucose 4 ([4], [5], [6])
et nous avons étudié leur influence sur la stéréosélectivité du produit formé tant en
isomères géométriques qu'en énantiomères. Nous avons tout d'abord constaté la forma-
tion des deux isomères géométriques cis et trans avec des sélectivités pouvant varier entre
15 et 80 pour chaque isomère selon la nature du ligand utilisé. Ainsi la D Ephos 3a
conduit à 82 de dérivé cis alors que la L Ephos 3b induit 84 de dérivé trans. La

:
séparation de ces isomères est délicate et s'effectue par cristallisation fractionnée après
chromatographie sur silice (éluant pentane/éther 98/2). L'isomère trans précipite par
addition d'éther, l'isomère cis cristallisant lentement en milieu hexane.
Des essais de séparation des différents énantiomères optiques ont été effectués en vue de
déterminer les excès énantiomériques induits au cours de la réaction. Par chromatographie
liquide haute pression sur phase chirale de triacétate de cellulose [7], on observe un début
de séparation des deux énantiomères, mais celle-ci est insuffisante pour effectuer une
mesure d'excès énantiomérique. Bien que la spectroscopie RMN utilisant les lanthanides

Note présentée par Henri NORMANT.

0764-4450/90/03110791 $2.00 e Académie des Sciences


chiraux [8] soit une technique largement utilisée pour résoudre de tels problèmes, elle
s'est, dans notre cas, avérée inefficace, vraisemblablement à cause de l'encombrement
stérique des deux groupements phényles situés à proximité du site actif. Nous sommes
néanmoins parvenus à effectuer une mesure d'excès énantiomérique en utilisant les
propriétés complexantes des sels d'argent vis-à-vis des doubles liaisons et nous avons
amélioré la séparation des signaux en effectuant l'enregistrement de spectres de RMN
du complexe en présence des quantités nécessaires de praséodyme fod ([9]-[10]).

Pour éviter tout processus de racémisation constaté au cours des recristallisations


successives, nous avons effectué les analyses spectrales sur le mélange des deux isomères
géométriques. Dans les conditions expérimentales précédemment évoquées, on note pour
chaque isomère géométrique le dédoublement des signaux dus aux carbones Ca et Cb
(tableau I) situés en a de la liaison azo.
L'isomère trans existant sous la forme d'une seule conformation ([2], [3]), la différence
dans la mesure des surfaces des signaux séparés est le reflet de l'induction asymétrique
induite par les ligands utilisés. Le cas de l'isomère cis est plus complexe. En effet ce
substrat est sous la forme d'un équilibre rapide entre deux conformations énantiomères
([2], [3]), on peut donc se poser la question de savoir si le dédoublement observé est dû
à une induction asymétrique ou au contraire à une complexation sélective d'un des deux
énantiomères en équilibre. Pour lever l'ambiguïté, nous avons complexé l'isomère cis
racémique avec le sel d'argent et nous avons enregistré le spectre de 13C de ce complexe.
On note un dédoublement des raies, dans un rapport 50/50, des carbones Ca et Cb. On
peut donc en déduire que comme dans le cas de l'isomère trans, le dédoublement observé
pour l'isomère cis est bien dû à une induction asymétrique.
La mesure des surfaces des signaux ainsi séparés permet donc de mesurer pour les
différents substrats utilisés les excès énantiomériques.
TABLEAU 1

Caractéristiques physiques et glissements chimiques 13C


des carbones a et b des isomères cis et trans de 1.
Physicalproperties and 13C chemical shifts of carbons a and b
of cis and trans isomers of1.

Trans.
Cis
Isomères F (°C)
150
63
C. (ppm)
81,99
79,67
Cb (ppm)
38,68
37,75

TABLEAU II
Co-oligomérisation asymétrique du butadiène et de la benzaldazine.

2.
Asymmetric co-oligomerization ofbutadiene and benzaldazine.

Cis Trans

DEphos3a.
D NH Ephos

L Ephos 3b
D Glucophos 4.
Ligands Rdt
60
65
60
63
(%)
53,5
82
16
50
e.e(%)
15 (-)
15,3(-)
18,5(+)
(
11,7 +

Bien que les configurations absolues des différents énantiomères restent inconnues, la
mesure des pouvoirs rotatoires des produits cristallisés permet néanmoins de connaître
le signe de l'énantiomère majoritaire. L'ensemble des résultats est rapporté dans le
)
(%)
46,5
18
84
50
e.e(%)
22,6
14
(+)
36,4(+)
59
(-)
(-)

tableau II.
Ces résultats montrent que les Ephos 3a et 3b sont les plus intéressantes car elles
conduisent, selon leur configuration et avec une grande sélectivité, à l'un ou l'autre des
deux isomères géométriques. Par contre, le D-Glucophos 4 induit les meilleurs excès
énantiomériques.
CONDITIONS OPÉRATOIRES. —
:
est de 60/20/10/1/2/1; température 50°C; durée 48 h. :
Le rapport butadiène/benzaldazine/nickel/réducteur/ligand

Pour l'enregistrement des spectres de 13C, on réalise soit le complexe + 3-trifluoro- ()


acétyl camphre argent/diazacyclododécatriène, soit le complexe nitrate d'argent/diazacy-
clododécatriène dans les proportions 1/1 et on rajoute pour améliorer la séparation des
signaux jusqu'à 0,5 équivalent de praséodyme fod.
Note remise le 8 mai 1990, acceptée après révision le 19 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[10] T. J. WENZEL et R. E. SIEVERS, J. Amer. Chem. Soc., 104, 1982, p. 382-388.

G. P., C. S. et A. B. Laboratoire des Organo-Phosphorés,


associé au C.N.R.S., U.R.A. n° 1409,
Faculté des Sciences et Techniques,
avenue Escadrille-Normandie-Niemen, Case 552, 13397 Marseille Cedex 13.
J.-P. Z. et P. B. : Laboratoire de Stéréochimie,
associé au C.N.R.S., U.R.A. n 1409,
Faculté des Sciences et Techniques,
avenue Escadrille-Normandie-Niemen, Case 532, 13397 Marseille Cedex 13.
Chimie analytique/Analytical Chemistry

Constantes de stabilité des complexes de quelques métaux


de transition avec l'hétéropolyanion non saturé
[P2W17O61]10-
Mohamed-Larbi HAMLAOUI, Konstantin
Résumé-L'étudeméthodes
Cu2+) basée sur les
des mélanges (MZ+-P2W17O~) @
VLASSENKO et Djelloul MESSADI
Fe3+, Cr3+, Ni2+, Co2+,
des séries isomolaires et de saturation a permis d'obtenir les constantes
de stabilité des complexes de quelques métaux de transition avec l'hétéropolyanion non saturé du
type 2: 17[P2W17O61]10-.

Stability constants of complexes of some transition metals with the unsaturated


heteropolyanion[P2W17O61]10~
Abstract — Using the methods of saturation and isomolar series the mixtures of type
(Mz*-P2WxlO)f[~) (Mz+=Mn2 +, Fe3+, CrH, Ni2+, Co2+, Cu2+) have been studied to determine
stability constants of complexes of transition metal ions with the 2:17 unsaturated heteropolyanion
[P2^o6iy°-.

Comparativement aux hétéropolyacides saturés de type 1:12 et 2:18, les hétéropolyaci-


des non saturés du type 1:11 et 2:17 peuvent former des complexes avec les ions des
f
métaux de transition de la série det ([1]-[4]). Ces complexes se forment facilement dans
un milieu faiblement acide ou basique avec un indice de coordination égal à 1 ou 2.
Cette formation est rendue possible par l'existence d'une cavité vacante dans la structure
des composés non saturés [5]; à condition que les rayons des cations de métaux de
transition et leur symétrie correspondent à la grandeur et à la configuration géométrique
de cette cavité.
Actuellement, la stabilité des hétéropolycomplexes est loin d'être élucidée. Dans ce
travail nous présenterons les caractéristiques quantitatives de la stabilité de quelques-uns
de ces complexes.
Nous avons étudié le pouvoir de complexation du sel de l'hétéropolyacide
K10P2W17O61, synthétisé selon le protocole décrit dans [6], avec quelques métaux de
»
transition utilisés sous forme de sels de qualité « pour analyse (Merck) : CUS04 H20, 5
NiS046H20, Co(N03)2.6H20, MnS04.H20, FeC13.6H20 et CrCl3.6H20.
Les études sont basées sur les méthodes des séries isomolaires et de saturation; les
mesures étant réalisées avec un spectrophotomètre UV/Vis Lambda 1 (Perkin Elmer).
La méthode des séries isomolaires est exploitée à partir de solutions de l'ion métallique
et du ligand de concentrations respectives CM et CL égales chacune à 10-3 Mol/1. Ces
solutions sont mélangées dans des proportions volumiques différentes, [1:9] et [9:1],
pour un même volume final du mélange et de manière à maintenir constante la somme
(CM+CL).
Le pH des mélanges est ajusté à 4 par ajout d'une solution de soude, alors que la
constance de la force ionique est obtenue en utilisant une solution de NaC104 dans de
l'eau bidistillée.

Note présentée par Paul HAGENMULLER.

0764-4450/90/03110795 $2.00 © Académie des Sciences


J.
Dépendancedel'absorbance d'unmélange [t\r -1*2W,70^,V en fonction de C1 C'y.
: :,
Courbes des séries isomolaires pour 1 =400 nm et 2: =470 nm.
Dependance ofthe absorption values A ofthe mixture [Co2+-P2WllOlonCL/CM.
: :
Isomolar series curves for: 1 = 400 nm and 2 1 = 470 nm.

La figure reproduit les variations de la densité optique du mélange (Co2+ -


gueurs d'onde:
P2W17O~ -) en fonction de la concentration isomolaire, obtenues pour les deux lon-
=400 et 470 nm.
Le maximum de la courbe qui correspond au rapport CL/CM optimal pour la formation
du complexe selon la réaction :
mM+nL :fp MmLn

a une abscisse liée aux coefficients stœchiométriques par la relation :

Nous voyons ainsi que la formule du complexe peut être présentée comme suit :
x
K8 [P2W17061Co]. H20.
Le nombre de moles d'eau a été déterminé par gravimétrie [7].

-
Nous avons opéré pareillement avec les autres ions métalliques, CU2+ Ni2+ —
-
Mn2+ Fe3+ Cr3+, pour aboutir à chaque fois au même rapport stœchiométrique
-
CL/CM= 1:1.
La méthode de saturation est mise en pratique en maintenant constant CM et en faisant
varier CL; la représentation de la variation des absorbances des solutions en fonction du
rapport CL/CM permet de déterminer le nombre de ligands n qui est très peu différent de
TABLEAU

Données expérimentales utilisées pour déterminer la constante de stabilité du complexe formé avec le cobalt
CM=2.06x10-3Mol/1.
:
pH= 4; A=0,260; =400nm;
Experimental data used to determine the stability constant of the cobalt compound:
CM=2.06x10~3Mol/l.

1.
pH=4; A=0.260; =400nm;

2.
3.
4.
5.

Relations
:
[L M]
0:1
:1
[L]
104M/L A

6.
0,25 1,25 0,070

7.
0,50 : 1 2,5 0,130

8.
0,75 : 1 3,75 0,180

9.
1:1 5 0,220
1,25 :1 6,25 0,235
1,50 1 7,5 0,245

10.
11.
12.
1,75
2:1
3:1
4
5
:

:1
:1
1 8,75
10,00
15
20
25
0,249
0,250
0,250
0,260
0,260

1,confirmant les résultats obtenus précédemment :


Les valeurs des pH des solutions étudiées inférieures à 4 ne permettant pas d'établir la
courbe de saturation, nous avons travaillé dans les mêmes conditions de pH et de force
ionique que celles observées pour la méthode des séries isomolaires.
En outre, les données réunies permettent d'atteindre les constantes de stabilité des
complexes.
[MLn]
[M][L]
Les différentes grandeurs apparaissant dans le second membre représentent les concen-
trations à l'équilibre du complexe, de l'ion métallique et du ligand respectivement [MLn],
[M] et [L].
:
Le tableau condense les données expérimentales utilisées lors de la détermination de la
constante de stabilité du complexe formé avec le cobalt. Dans l'intervalle 0,05-0,5, les
absorbances expérimentales étant déterminées avec une précision de l'ordre de 3.10-3.

fonction de log [L] permet d'atteindre log


Les valeurs reproduites ci-après : .
L'ordonnée à l'origine de la droite représentant les variations de logA/(A,,,, A) en -

Métal. Mn Fe Cr Ni Co Cu
log P 4,8 5,2 5,2 5,4 5,6 5,8

sont assez proches les unes des autres, probablement à cause des valeurs des rayons
ioniques des métaux de transition qui ne diffèrent pas fortement, du fait que les électrons
de valence se trouvent sur le niveau 3d. L'augmentation de stabilité constatée traduit
l'accroissement de covalence de gauche à droite.

non saturés [p2W17061PO


minéraux.
-
La capacité des métaux de transition à former des complexes avec les hétéropolyanions
peut être utilisée pour l'analyse chimique des alliages et des

Note remise le 10 mai 1990, acceptée le 19 juillet 1990.


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[7] M.-L. HAMLAOUI, Thèse de Magister, Université de Annaba, juin 1989.

Laboratoire Pollution, Université de Annaba, B.P. n° 12, Annaba, Algérie.


Cosmologie/ Cosmology

Un amas « bleu » de galaxies


Edmond GIRAUD

Résumé — L'amas de galaxies entourant le quasar PKS 0812+02 à z=0,403 a une population
différente de celle des amas connus à ce décalage spectral. Le rapport du nombre de galaxies bleues
sur celui de galaxies rouges dans cet amas est supérieur à 1, alors qu'habituellement, et même dans
les amas présentant un excès de galaxies bleues par rapport aux amas proches, il est inférieur à 0,5.
Ce cas extrême d'effet de Butcher-Oemler est dû en partie à l'absence de galaxies rouges plus
brillantes que V=21 qui trace habituellement le cœur des amas étudiés. La découverte d'une
population bleue importante dans cet amas nous conduit à poser le problème du lien qui pourrait
exister entre évolution dynamique des amas et évolution des galaxies.

A very blue cluster of galaxies


-
Abstract The galaxy population of the cluster associated with the quasar PKS 0812+02 at
z=0.403 differsfrom other known clusters at similar redshift. In this cluster, the blue-to-redpopulation
ratio is larger than 1, whereas it is usually smaller than 0.5 (even in clusters where an excess ofblue
galaxies compared with nearby clusters has been observed). This extreme case of Butcher-Oemler
effect ispartly due to missing bright (V21) redgalaxies which arefound in other cluster cores. We
propose a scheme of differential evolution where dynamical evolution of clusters is a majorparameter.

Abridged English Version — One of the fundamental aspects of the large-scale distribution
of galaxies in that most of the extragalactic objects belong to clusters or filaments i.e. to
structures of various densities. The evolution of these structures may affect the environment
of galaxies and thus may change their evolutionary paths.
We know that there is no detected evolution of first ranked galaxies at z0.4. However
the Butcher-Oemler effect, i. e. the excess of blue galaxies in medium distant clusters compa-
red with nearby clusters, is indicative of evolution phenomena within the last 5 Gy. The
galaxy content of clusters at 2«0.3 is on average more active than that of nearby
clusters. However, there are clusters where the Butcher-Oemler effect is not observed.
Because this effect may not be universal we have started to observe a variety of clusters in
the same redshift range. We have included a cluster with a quasar in our sample because
there seems to be an important evolution in the number and luminosity of quasars with
redshift. The life time of a quasar may be short compared with the Hubble time and the
necessary conditions for their formation may have changed with time. Thus the population
of a cluser containing a quasar may differ from that of a cluster rich in old giant elliptical
galaxies.
We have obtained B and V CCD frames of the cluster PKS 0812+02 with the 3.6 m
telescope in La Silla. A section of the observed field showing the quasar in its host-galaxy
and the cluster is presented in Figure 1. In order to eliminate stars from our sample, the
luminosity profile of each object has been compared with a template star. Uncertain objects
have been rejected. Because blue galaxies are more compact than elliptical galaxies, classifica-
tion errors may have lead to a slight underestimate of the number of blue galaxies. The
contamination by field galaxies should be of the order of 7. We have found 50 non-stellar
objects brighter than B=23.8 around the quasar. Mean errors in magnitudes should be of
the order of 0.2 mag or less up to this magnitude limit. A colour-magnitude diagram and
an histogram of the B-V colour index are shown in Figures 2 and 3.

Note présentée par Evry SCHATZMAN.

0764-4450/90/03110799 $2.00 © Academie des Sciences


We find that the blue-to-red galaxy population ratio is larger than 1, whereas clusters with
a blue-to-red ratio of 30 to 35 are usually considered as good candidates for a spectroscopic
study of the Butcher-Oemler effect. A second striking peculiarity of this cluster is the low
number of bright red galaxies. Known clusters at this redshift usually have 10 or more
bright (V21) red galaxies. In the present case objects of this type are almost absent.
Finding that a cluster surrounding a quasar has a very large blue population may imply
that this cluster is dynamically young whereas a cluster with a large and concentrated
population of elliptical galaxies might have formed earlier, possibly in high density peaks of
the initial density distribution. In other words a cluster with a large population of elliptical
galaxies may have had high activity in the past, burning most of the gas, while a cluster
found with a high degree of activity would correspond to a slow growing fluctuation. As a
consequence there might be the strong links between the nature of the populations in various
clusters and their dynamical evolution. It would be extremely important to observe other
clusters of this type and to obtain spectra of blue galaxies in these clusters.

1. INTRODUCTION. — Une des données fondamentales de l'observation de l'espace à


grande échelle est le regroupement des galaxies en amas, filaments, etc., i. e. en structures
de densité très différente. Les structures que nous observons aujourd'hui ou celles situées
à 3-5 milliards d'années résultent sans doute de l'évolution dynamique de condensations
plus ou moins importantes qui se sont formées à grand décalage spectral. L'évolution de
ces structures, leur densité, leur taux de croissance a, par l'intermédiaire du milieu
extragalactique, du milieu intra-amas, des possibilités d'accrétion, certainement un effet
sur l'évolution des galaxies elles-mêmes. En d'autres termes, il est possible que l'évolution
des galaxies ne se limite pas à une variation passive en fonction de conditions initiales.
Qu'observons-nousaujourd'hui? Les amas proches contiennent une large proportion
de galaxies elliptiques massives, donc d'objets vieux qui ont eu des taux de formation

:
stellaire élevés dans le passé. Les amas de galaxie à z=0,3-0,4 présentent une double
particularité d'une part les galaxies elliptiques de ces amas ne présentent pas de signe
détecté d'évolution mais, d'autre part, la proportion d'objets bleus dans ces amas est
suppérieure à celle des amas proches (effet de Butcher-Oemler). Les spectres de ces objets
montrent que ceux-ci constituent une population hétérogène. On trouve en particulier
une fraction notable de galaxies à intenses raies d'émission et quelques galaxies de
Seyfert, objets extrêmement rares dans les amas proches. En moyenne les amas à 0,3
contiennent une population plus active que les amas proches. Ils ont un contenu en
z
galaxies qui se rapproche de celui des régions peu denses aujourd'hui. Il existe cependant
quelques amas qui ne présentent pas d'effet de Butcher-Oemler, donc il semble que
l'évolution des amas de galaxies puisse varier d'un amas à l'autre. Il est donc nécessaire,
si on veut être capable d'établir des liens d'évolution entre objets à différents décalages
spectraux, d'avoir une compréhension assez globale des populations d'amas à un décalage
spectral donné. Rechercher des cas extrêmes peut, dans un premier temps, donner des
indications sur les paramètres en œuvre.
Observer un amas dans lequel se trouve un quasar est a priori intéressant parce que le
nombre et la luminosité des quasars semblent avoir été plus importants dans le passé.
Les quasars pourraient donc avoir une durée de vie assez courte par rapport au temps
de Hubble, et les conditions nécessaires à leur formation pourraient être plus rarement
Fig. 1. - Une image CCD en bande V de l'amas entourant le quasar PKS 0812+02.
Le champ mesure 3,25 x 3,45 arcmin2.
1.
Fig. - The
A Vband CCD image ofthe cluster PKS 0812+02.
ofthefield
size arcmin2.
is 3.25 x 3.45

réunies aujourd'hui que dans le passé. Donc un amas contenant un quasar peut éventuelle-
ment avoir une population différente de celle d'un amas riche en vieilles galaxies ellipti-
ques. Nous avons sélectionné un amas à z=0,4 contenant un quasar et en avons obtenu
la photométrie.
2. OBSERVATIONS ET RÉSULTATS. — L'amas observé contient le quasar PKS 0812+02.
Cet amas était connu. Il a été choisi pour des raisons purement observationnelles. Nous
en avons obtenu la photométrie en B et V au moyen du télescope de 3,6 m de La Silla
et avons confirmé son décalage spectral (z= 0,403) au moyen du NTT. La figure 1
représente une partie du champ observé centré sur le quasar dans sa galaxie-hôte. Les
erreurs en B-V devraient être en moyenne de 0,08 mag pour les objets plus brillants que
B=22,3 mag, de 0,15 mag entre B=22,5 mag et 23,3 mag, de 0,2 mag entre B=23,5 mag
et 23,8 mag. Entre B= 24mag et 24,5 mag les erreurs sont de l'ordre de 0,3 mag à
0,4 mag.
Le profil de luminosité de chaque objet a été comparé à celui d'une étoile. Les objets
incertains ont été rejetés. Les galaxies bleues étant plus compactes que les galaxies
elliptiques, les erreurs de classification peuvent avoir conduit à une légère sous-estimation
Fig.3
Fig.2
Fig. 2. — Diagramme couleur-magnitude des objets non stellaires dans le champ de la ligure 1. L'échantillon
est complet jusqu'à B=23,8. La contamination de l'échantillon par des galaxies de champ est estimée à
7 galaxies.
Fig. 2. colour-magnitude diagram of non-stellar objects in the fieldofFigure
— A 1. The sample is complete up
toB=23.8.Pollution by fieldgalaxies is estimated to be about 7 galaxies.
Fig. 3. -Distribution de l'indice de couleur B-V des objets non stellaires de la figure 1. Le rapport du nombre
d'objets bleus (0,8B-V1,3) sur celui des objets rouges (1,4B-V1,7) est supérieur à 1. La population
de cet amas est donc profondément différente de celle des amas de décalage spectral analogue étudiés à ce
jour.
Fig. 2. — Distributionofthe B-V colour index for non-stellar objects in Figure 1. The blue-to-red ratio is larger
than one. The galaxy population in this cluster largely differs from that observed in other known clusters at
similar redshift.

du nombre de galaxies bleues. La contamination totale de l'échantillon par des galaxies


n'appartenant pas à l'amas devrait être de sept galaxies dans le champ observé.
Nous avons compté 50 objets non stellaires plus brillants que B=23,8 mag autour du
quasar, donc l'existence d'un amas lointain de galaxies est établi avec la même certitude
que la plus grande partie des amas de Abell. La photométrie de ces objets permet de
construire un diagramme couleur-magnitude (fig. 2) et un histogramme de l'indice de
couleur B-V (fig. 3). Habituellement ce type d'histogramme présente un pic à B-V~1,5
correspondant à la population rouge et une population bleue qui s'étend de B-V « 1,3
jusqu'à 0,9. Il peut y avoir un second pic vers B-V 1,1 mais celui-ci est plus ou moins
marqué. Le domaine de couleur B-V 1,1
correspond à des galaxies à raies d'émissions.
On considère qu'un amas dans lequel le rapport objets bleus/objets rouges est de 30 à
35 est un bon candidat pour une étude spectroscopique de l'effet de Butcher-Oemler.
Dans le cas présent il y a plus d'objets bleus que d'objets rouges. Cette importante
singularité subsisterait même si 20 des galaxies bleues étaient des galaxies de champ.
Une deuxième particularité, qui peut se révéler essentielle pour l'interprétation est le
nombre de galaxies rouges brillantes. Dans les autres amas que nous connaissons, il y a
un nombre assez important (plus de 10) de galaxies rouges plus brillantes que V=21, qui
sont absentes dans le cas présent. Leur absence ne peut provenir d'un biais observationnel.
3. DISCUSSION. — Un amas actuel de galaxies est une région dense et vieille, pauvre
en gaz. Il est possible que des régions où la densité a été élevée tôt dans le passé aient
connu rapidement des taux de formation stellaire élevés, aient été le lieu de phénomènes
plus ou moins violents (objets à intenses raies d'émission, quasars). Une proportion
importante de grandes galaxies elliptiques a été créée et les phénomènes actifs se sont
peu à peu éteints par déplétion de carburant. Inversement, la présence d'un quasar à
faible décalage spectral signifierait que la région a évolué lentement, préservant statistique-
ment la possibilité d'un tel événement jusqu'à une période récente. Bien entendu l'existence
d'un quasar résulte de conditions locales, mais il est possible que dans une région
globalement vieille, les conditions nécessaires à l'existence d'un quasar ne soient plus
réunies. Si la présence d'un groupe important de grandes galaxies elliptiques est lié à
l'intensité du pic de densité de la distribution initiale, leur absence a contrario suggère
que l'amas résulte d'une fluctuation moins marquée, croissant plus lentement. En d'autres
termes les différences de populations entre amas pourraient être profondément liées à
leur évolution dynamique, plus précisément à leur évolution différentielle. Il n'est donc
pas exclu qu'on aboutisse à des âges différents dans différents amas. Il serait extrêmement
important d'observer d'autres amas de ce type et de faire une étude extensive des spectres
de galaxies bleues dans ces régions.
Note remise le 3 juillet 1989, acceptée après révision le 21 juin 1990.

E.S.O. La Silla, c/o European Southern Observatory,


Karl Schwartzschild Strasse 2, D-8046 Garching bei Munchen, R.F.A.
et Centre de Physique théorique de Luminy, Case 907, 13288 Marseille Cedex 09.
Pétrologie/Petrology

Variété de l'ouralitisation des roches pyroxéniques.


Interférence de la composition minérale et de l'ouverture
du systèmed'altération
Maité LE GLEUHER et Yves NOACK
Résumé — Amphiboles, talc, chlorites et serpentines sont des minéraux communs de l'ouralitisation
des pyroxènes. L'exemple de l'altération du gabbro de Kolel (Burkina Faso) montre qu'une triple
zonation (minéralogique, chimique et texturale) s'établit par rapport aux fractures, voies de passage
des fluides. La nature des produits secondaires est guidée par l'accessibilité des fluides aux sites
d'altération.

Variability of uralitization of pyroxenes. Role of alteration system openness and


mineral composition of the host rock
Abstract — Formation of amphiboles, talc, chlorites and serpentines is commonly reported in the
uralitization of pyroxenes. The example of alteration of a gabbro from Kolel (Burkina Faso) shows
that a mineralogical, chemical and textural zonation can be related to fractures, such that the nature
of the secondary products depends upon solution access to the alteration sites.

Abridged English Version — The alteration of pyroxenes into amphiboles, or uraliti-


zation [1], is usually considered of metamorphic or hydrothermal origin ([2] to [5]). A wea-
thering origin has also been suggested ([6], [7]). This alteration produces amphiboles, talc,
chlorites, serpentines and quartz. In this study of the alteration of a gabbro from Kolel
(Burkina Faso) [7], the occurrence of these different products together in the same sample
has allowed a definition of their relationships.
The gabbros are composed of orthopyroxenes, augites, plagioclases (Table, analyses 1, 2
and 3).
The alteration of the parent rock is restricted to a narrow zone along cracks (about 4 mm
width), which displays a median green seam with colourless edges in thin section. From
the edges to the center of the diaclase: (1) Orthopyroxenes are replaced by talc (Table,
analysis 4). In high resolution transmission electron microscopy (HRTEM), talc displays a
fine polysynthetic twinning and a stacking disorder of the layers (Fig. 1). The talc is either
mycrocrystalline or forms long fibers parallel to a crystallographic orientation of the host.
Some amounts of silica, identified as quartz by X-ray diffraction of microdrilled material
([8], [9]), had been identified. (2) Closer to the fissure, magnesian cummingtonite [10]
(Table, analysis 5) is associated with talc, and a few augites are partially pseudomorphosed
by talc. (3) Ortho- and clino-pyroxenes are converted to calcic and alumino-calcic amphibo-
les (Table, analyses 6 and 7). Chlorite lamellae, with a magnesian chamosite composition
(Table, analysis 8; [12] and [13]), develop in talc and amphiboles, in plagioclases or between
plagioclases crystals [11]. (4) In the inner part of the altered zone, hornblende replaces
pyroxenes and grows within plagioclases, and within the diaclase, erasing the original texture
of the parent-rock.
From the fresh gabbro to the crack, the secondary products have the following characteris-
tics: (1) their chemical composition is close to the OPX composition (talc and cummingtonite);

Note présentée par Georges MILLOT.

0764-4450/90/03110805 $2.00 e Académie des Sciences


(2) the amphiboles are more calcic and less magnesian; (3) the secondary minerals are Mg-
depleted and more aluminous (hornblendes, chlorites).
Access of solution to the alteration site, i. e. the fissure crystal distance, modulates the
influence of the primary mineral on the chemistry of the alteration products. In a confined
environment, only the pyroxenes are altered into magnesian minerals which have
Fe2+/Fe2++Mg ratio similar to the fresh mineral ([9], [14] and [15]). The parent mineral
establishes the chemistry of the secondary minerals. In a more open system, the pseudomor-
phoses of augites and orthopyroxenes by actinote release respectively calcium and magnesium
plus iron. These cations and the aluminium supplied by the sericitization of plagioclases
contribute to the formation of horn blendes and chlorites along the cracks. The chemical
composition of the alteration products is controlled by all the primary minerals through the
solutions. The importance of the degree of opening at the alteration site has been already
documented for the serpentinization of pyroxenes [9] and this can be applied at any scale
for other systems ([15] to [17]).
In conclusion, the uralitization of the gabbro of Kolel is characterized by: (1) a zonation
reflecting the alterability of the parent minerals (orthopyroxenes, augites and plagioclases are
more and more altered); (2) a chemical zonation; (3) a textural zonation (non-pseudomorphic
along the cracks, and pseudomorphic further away). This textural zonation provides evidence
of different reaction mechanism. The pseudomorphosis of pyroxene by talc involves the
inheritance of a part of the pyroxene structure [18]. Along the solution pathways, the non-
pseudomorphic formation of hornblende and chlorite requires important substitutions which
may involve the dissolution of the pyroxenes and the formation of these minerals from the
solutions.

1. INTRODUCTION. — On appelle ouralitisation, l'altération des roches riches en pyroxè-


nes, en amphiboles et chlorites [1]. Son origine est considérée généralement comme
hydrothermale ou métamorphique ([2] à [5]), bien qu'une origine météorique ait également

formés:
été proposée ([6] et [7]). Le trait principal de cette altération est la variété des minéraux
amphiboles magnésiennes, amphiboles calciques, amphiboles alumino-calciques,
talc, chlorites, serpentines, quartz. Les études antérieures ne nous ont pas donné d'explica-
tion sur cette variabilité minéraledel'altération. Nous proposons ici une explication de
cette variété par l'étude des gabbros de Kolel (Burkina Faso), décrits par Pion [7].
II. CADRE GÉOLOGIQUE ET PÉTROGRAPHIE DE LA ROCHE SAINE. — Le massif basique de
Kolel, âgé d'environ 1500 Ma, est situé dans le Nord du Burkina Faso. Il est essentielle-
ment composé de norites et de gabbros noritiques, non métamorphisés [7]. Les gabbros
noritiques, à texture grenue, sont composés d'orthopyroxènes, de type bronzite-hypers-
thène, d'augites moins abondantes et plagioclases, de type labrador, finement maclés. La
taille des cristaux varie entre 100 et 500 m. De la titanomagnétite se présente sous
forme interstitielle ou d'inclusions disséminées dans les orthopyroxènes. Les augites et
les plagioclases peuvent présenter des inclusions d'apatite. Les compositions chimiques
moyennes des minéraux parentaux sains sont regroupés dans le tableau (analyses 1 à 3).
Les échantillons de notre étude proviennent des puits 1 et 4 de la toposéquence étudiés
par Pion [7].

II. PÉTROGRAPHIE ET CHIMIE DE L'ALTÉRATION. — La roche est le plus souvent altérée le


long des nombreuses fines fissures qui la parcourent. Ces fissures sont colmatées par des
TABLEAU

123456789
Compositions chimiques moyennes des phases primaires et secondaires du gabbro de Kolel.
Average chemical compositions ofprimary andsecondary minerais of gabbro from Kolel.

10

Si02.
Ti02. 53,82
0,20
51,75
0,56
52,18
0,02
58,15
0,08
55,43
0,04
54,37
0,11
50,53
0,37
27,99
0,05
33,42
0,89
34,06
0,73

FeO.
A1203'

MnO
1,77
18,67
0,35
3,07
8,05
0,16
30,40
0,26
0,02
1,68
9,24
0,03
1,59
16,10
0,49
2,60
8,82
0,25
6,62
10,00
0,17
19,19
19,56
0,08
15,15
26,25
0,32
18,65
21,21
0,31

CaO.
MgO 24,74
0,94
17,82
21,13
0,02
12,91
28,89
0,10
22,17
1,51
19,31
10,99
17,30
11,23
17,30
0,08
21,99
0,99
22,77
1,08

K20.
Na20

Cr203'
0,02
0,01
0,11
0,38
0,01
0,14
4,44
0,06
0,05
0,15
0,06
0,19
0,11
0,02
0,07
0,20
0,06
0,08
0,71
0,22
0,12
0,01
0,03
0,04
0,41
0,24
0,21
0,37
0,38
0,27
1, Orthopyroxène; 2, Clinopyroxène; 3, Plagioclase; 4, Talc; 5, Cummingtonite; 6, Hornblende actinolitique;
7, Hornblende magnésienne; 8 à 10, Chlorite.
1, Orthopyroxene; 2, Clinopyroxene; 3, Plagioclase; 4, Talc; 5, Cummingtonite; 6, Actinolitic Hornblende; 7,
Magnesium hornblende; 8 to 10, Chlorite.

produits verts. En microscopie optique, de part et d'autre des fissures, la zone altérée ne
dépasse pas 2 mm. Depuis le gabbro sain jusqu'au plan de symétrie de la fissure, on
distingue un liseré interne incolore puis une bande externe verte.
A la limite roche saine/liseré incolore, la périphérie des orthopyroxènes et les bordures
des fissures internes de ces minéraux sont altérées en une bande de talc qui s'épaissit
jusqu'à pseudomorphoser totalement les grains à mesure que l'on se rapproche de la
fissure de la roche. Le talc possède parfois une apparence microcristalline ou forme
de fines fibres ou lattes, allongées parallèlement à une direction cristallographique de
l'orthopyroxène. En microscopie électronique par transmission à haute résolution
(METHR), le talc fibreux montre un très fin maclage polysynthétique et les clichés de
diffraction témoignent d'un désordre d'empilement des couches (fig. 1). Les deux types
de talc possèdent des compositions chimiques analogues avec une teneur moyenne en fer
importante, de l'ordre de 0,5 mole de Fe2+ par demi-maille élémentaire (tableau,
analyse 4). Cependant, certaines analyses de talc d'apparence microcristalline, comportent
des taux de silice anormalement élevés. La microdiffraction des rayons X sur microprélè-
vement [8] révèle la présence de quartz, mêlé au talc et probablement cause des teneurs
importantes en silice [10]. Une lamelle de 0,1 J-lm de largeur de serpentine alumineuse
(lizardite et antigorite) a été détectée, par METHR, en bordure d'un grain pseudomor-
phosé par du talc (fig. 1). Les clinopyroxènes et les plagioclases paraissent intacts.
En se rapprochant de la fissure, l'orthopyroxène peut être altéré en une amphibole
ferromagnésienne (tableau, analyse 5) située dans le domaine des cummingtonites
magnésiennes [10]. Cette amphibole forme parfois des gerbes dans le talc. De rares
cristaux d'augite sont partiellement pseudomorphosés en talc et les plagioclases sont
toujours exempts de toute altération.
A la limite liseré incolore/bande verte, les orthopyroxènes et les augites sont partielle-
ment à totalement altérés en amphiboles calciques vertes, représentées par des actinotes,
des hornblendes actinolitiques et des hornblendes magnésiennes (tableau, analyses 6 et
7). L'amphibole est soit en contact direct avec les reliques de pyroxène sain, soit isolée
par un liseré de talc. Des lamelles de chlorite, enracinées dans le talc ou entre les fibres
-Orthopyroxènes
Augites
+
*
Amphiboles calciques du gabbro K04
Amphiboles calciques du gabbroKOI
0 CummingtonitesdugabbroK04 Chlorites

Fig. 3. Évolution du chimisme des produits d'altérationdes pyroxènes en fonction du degré d'ouverture

- -
du milieu (1 à 3) dans les gabbros de Kolel. Diagramme Al Fe+ Mg Alcalins en cations.
Fig. 3. — Evolution of the chemical composition of alteration products of gabbro from Kolel,
-
in function of alteration system openness (1 to 3). Cationic diagram Al-Fe+Mg Alkaline elements.

d'amphiboles dans les grains de pyroxène, s'épanouissent dans les plagioclases [11] ou
sont coincées dans les joints entre deux plagioclases. Ces chlorites (tableau, analyse 8)
sont des chamosites magnésiennes ([12], [13]), avec un rapport moyen Fe/Fe+Mg égal à
0,35. La METHR montre en outre que des paquets de plans de chlorite sont intercalés
entre les plans de talc (fig. 2). Les microanalyses X indiquent également, pour ces
chlorites, une composition de chamosite magnésienne, mais avec une charge tétraédrique
plus faible (tableau, analyses 9 et 10).
Au sein de la zone verte, la texture du gabbro est estompée ou est gommée dans les
zones qui étaient constituées par plusieurs grains de pyroxènes juxtaposés. Des faisceaux
enchevêtrés de hornblende magnésienne remplacent les pyroxènes, sans en respecter les
contours initiaux et s'insinuent également dans les fissures transminérales des plagioclases.
Ceux-ci sont parfois altérés en micas blancs; la texture originelle du gabbro n'est alors
plus reconnaissable.
Dans les fissures elles-mêmes, de longues fibres de hornblende magnésienne se sont
développées parallèlement aux parois, en débordant dans les minéraux adjacents.

IV. ÉVOLUTION CHIMIQUE. OUVERTURE Le diagramme


DU MICROMILIEU D'ALTÉRATION. —
triangulaire (Mg+Fe2+)-(Ca+Na+K)-(A1) illustre l'évolution de la composition chimi-
que des produits de l'altération des pyroxènes en fonction de la distance par rapport aux
fissures de la roche (fig. 3). En allant du gabbro sain aux fissures, trois étapes se
dégagent:

(1) les produits d'altération (talc et cummingtonite) possèdent un chimisme proche
de celui de l'orthopyroxène parental;

(2) les amphiboles deviennent plus calciques et moins magnésiennes (actinotes) et
pseudomorphosent orthopyroxènes et augites;

(3) les amphiboles sont alumineuses, pauvres en Mg (hornblendes); chlorites et
serpentine alumineuse sont également formées.
L'accès des solutions aux microsites d'altération, estimé par la distance de la fissure à
la roche-cristal, module l'influence du minéral parental sur le chimisme des produits
secondaires. Dans un milieu confiné, seuls les orthopyroxènes sont altérés et les produits
formés (talc et amphibole magnésienne) possèdent un rapport Fe2+IFe2++Mg similaire
à celui du pyroxène sain. Des bilans chimiques basés sur des observations en METHR
des réactions pyroxène-talc et pyroxène-cummingtonite ([9], [14] et [15]), indiquent que
ces pseudomorphoses se résument à de simples hydroxylations. Le minéral parental
impose le chimisme des produits d'altération.
Dans un milieu plus ouvert, l'augite est à son tour altérée en actinote. Cette réaction
requiert principalement une évacuation de 50 des cations calcium de la structure du
pyroxène et un apport de magnésium. Pour l'orthopyroxène, la transformation en actinote
libère du magnésium et du fer.
Ces éléments, ainsi que l'aluminium provenant de la séricitisation des plagioclases,
vont, en bordure des fissures de la roche, contribuer au développement des hornblendes,
des chlorites et de la serpentine alumineuse. La composition chimique des produits
secondaires tend à s'homogénéiser, qu'ils proviennent des orthopyroxènes ferromagnésiens
ou des clinopyroxènes calciques. Elle est contrôlée par la nature de tous les minéraux
parentaux altérés, par l'intermédiaire des solutions.
L'importance du degré d'ouverture du milieu a déjà été bien montré pour le phénomène
assez analogue de serpentinisation des pyroxènes [9]. Elle permet également d'expliquer
les différences rencontrées dans la littérature lors de la description du phénomène d'ourali-
tisation. Selon la position de l'échantillon étudié par rapport aux voies de circulation
des fluides, à toutes échelles, et selon la nature de ces fluides (en relation avec la
composition initiale de la roche mère) la minéralogie et le chimisme de l'altération
pourront être différents, bien que le phénomène géologique soit toujours le même. Par

:
exemple, la présence de deux faciès dans la roche-mère des cuirasses ferrugineuses de
Diouga [16] peut s'expliquer ainsi le faciès à cummingtonite et pyroxène résulte d'une
ouralitisation partielle d'une roche basique riche en pyroxène et donc riche en magnésium
et pauvre en aluminium; le faciès à actinote-hornblende et plagioclases provient, quant à
lui, d'une ouralitisation d'un faciès plus feldspathique et donc plus alumineux. Dans le
cas de la pyroxénite de Koua Bocca [17], le talc est trouvé près des fractures fines et la
trèmolite en bordure des fractures plus ouvertes.

V. CONCLUSION. - 1.Par altération hydrothermale, l'exemple du gabbro de Kolel

:
nous présente une triple zonalité, depuis le gabbro sain jusqu'à la fissure. A. Une zonalité
dans l'ordre d'attaque des minéraux primaires s'altèrent successivement orthopyroxènes,
clinopyroxenes puis plagioclases. B. Une zonalité texturale les textures sont pseudomor-
:

:
phiques au départ, puis s'estompent et disparaissent. C. Une zonalité géochimique des
produits secondaires selon la séquence suivante talc, amphibole Mg, amphibole Mg-
Ca, et amphibole Ca-Al.
2. La variété des minéraux secondaires s'explique donc par une empreinte décroissante
des minéraux primaires au fur et à mesure que la circulation des fluides s'intensifie, celle-
ci dépendant de la proximité des fissures, de leur taille et de la porosité de la roche.
Loin des fissures, la circulation est réduite, l'altération est isochimique et isotexturale. A
proximité des fissures, les circulations sont plus intenses, les ions en solution mêlés, les
néoformations hétérochimiques, et les textures s'estompent puis disparaissent.
3. Ainsi l'ouralitisation, et la variété surprenante de ses minéraux secondaires, s'expli-
que aisément. Sous l'action d'une venue hydrothermale, la variété des faciès de l'ouralitisa-
tion est régléepar l'interférence entre la composition des minéraux primaires et l'ouverture
progressive du système, c'est-à-dire de l'accès des solutions aux microsites d'altération.
Note remise le 23 juillet 1990, acceptée le 26 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] G. ROSE, Mineralogish-geognostische Reise nach dem Ural, dem Altai und dem Kaspichen Meere, Sanders
Edit., Berlin, 1842, p. 347-378.
[2] T. A. OLIVIER, Amer. Miner., 36, 1951, p. 421-429.
[3] K. A. RODGERS, Geol. Mag., 110, 2,1973, p. 125-131.
[4] R. PIISPANEN et T. ALAPIETI, Bull. Geol. Soc. Finland,49, 1977, p. 39-46.
[5] D. K. BIRD, C. E. MANNING et N. M. ROSE, Amer. J. Sci.,288,1988, p. 405-457.
[6] J.-M. WACKERMANN, Thèse Sci., Univ. Strasbourg, 1975,373 p.
P] J.-C. PION, Sciences Géol., Mém. 57, 1979, 220 p.
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-
[9] M. LE GLEUHER, Thèse Univ., Univ. Aix Marseille-III, 1987, 127 p.
[10] B. E. LEAKE, Amer. Miner., 63,1978, p. 1023-1052.
[11] Y. NOACK, Thèse Sci., Univ. Poitiers, 1985, 156 p.
[12] P. BAYLISS, Can. Miner., 13, 1975, p. 178-180.
[13] S. W. BAILEY, Amer. Miner., 65,1980, p. 1-7.
[14] Y. NAKAJIMA et P. H. RIBBE, Contrib. Minerai. Petrol., 78, 1981, p. 230-259.
[15] D. R. VEBLEN et P. R. BUSECK, Amer. Miner., 65, 1980, p. 599-623.
[16] J.-P. AMBROSI et D. NAHON, Chem. Geol., 57, 1986, p. 371-393.
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M. L. G. et Y. N. : Géosciences des Environnements tropicaux, U.R.A.-C.N.R.S. n° 132, Case n°431,


-
Facultés des Sciences de Saint-Jérôme, Université Aix Marseille-III, 13397 Marseille Cedex 13;
M. L. G. : Geology Dept., Centre forAustralian Regolith Studies,
Australian National University, GPO Box 4, Canberra, Act 2601.

EXPLICATIONS DE LA PLANCHE

Ouralitisation d'un l'orthopyroxène vu par microscopie électronique haute résolution (METHR).


Uralitization of orthopyroxene observed by high resolution transmission electron microscopy (HRTEM).
Fig. 1. — (a) et (c) Alteration d'un pyroxène en talc et en serpentine en bordure d'un joint intercristallin, (b)
Cliché de microdiffraction d'une aire sélectionnée comportant du talc et de la serpentine. ATG, Antigorite;
ENS, Enstatite; LIZ, Lizardite; PL, Plagioclase; T, Talc.
Fig. 1. -(a) and (c) Alteration of pyroxene into talc and serpentine along an inter-crystattine joint. (b)
Microdiffraction pattern of a selected area withtalc and serpentine.
Fig. 2. - Feuillets de chlorite situés dans une plage de talc. Le cliché de microdiffraction montre
d'empilement important. CHL, Chlorite; T, Talc.
un désordre
2.
Fig. -Cidorite layers in a talc area. The microdiffraction pattern shows a strong stacking disorder.
PétrologielPetrology

Essai de caractérisation des granites limousins par l'étude


cristallochimique des biotites
Pascal PASTIER et Georges SABOURDY

-
Résumé L'étude des biotites des granites limousins à la microsonde électronique fait ressortir
trois ensembles qui correspondent aux granites calco-alcalins à l'ouest, aux leucogranites alumineux
au nord et aux monzogranites au centre. Pour ces derniers une polarité géochimique NE-SW est
mise en évidence. Elle correspond à une modification de la composition chimique des micas d'un
pôle magnésien vers un pôle ferrifère.

Attempt at characterizing limousin granites by the christallochemical study of their


biotites
Abstract — Electron microprobe analysis on biotite brings out three main groups which are respecti-
vely calcalkaline granites in the western part, aluminous leucogranites in the northern part and
monzogranites in the central part of Limousin. For this last group, a NE-SW geochemical polarity
was conspicuous. It corresponds to a change in the chemical composition of the micas from a
magnesian pole to a ferriferous pole.

Abridged English Version — In a preceding Note [1], we have shown the interest of chris-
tallochemical study of biotites for the identification and the characterization of the "La
Porcherie" granite intrusions. We have therefore extended the same type of study to the
central and northern post-metamorphic Limousin granites.
Many studies have been made on these granites, especially for geochemistry [2] and
geochronology [3]. In this paper, the massifs studied (Fig. 1) are: l'Aiguille[4], Aureil ([2],
[5], [6], [7]), Auriat ([5], [8], [9]), Les Cars ([10], [11]), Chadefaine [12], Cognac-la-Forêt
(formerly "Cognac-le-Froid") ([2],[13]), Les Courrières [14], Janailhac [11], Saint-
Mathieu/Saint-Saud ([2], [5], [10], [15]), Nexon ([10],[11]), Saint-Nicolas Courbefy ([10],
[12]), Piégut-Pluviers ([2], [10], [15]), La Porcherie ([1], [5], [16]), Roussines ([2], [10], [15]),
Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud ([2], [5], [6]). Most of them, which are biotite muscovite ±
monzogranites in the Streckeisen diagram [17], can also contain cordierite and/or alumina
silicates. Granodiorites with expressed hornblende exist too. Most of these granites are
blade-shaped intrusions more or less conformable to their metamorphic host rock. The
radiometric data show that they were emplaced between 340 and 300 Ma ago
(Table I). There is no obvious relationship between the granite type and the massif location
in the metamorphic series. Nevertheless, most of the intrusions took place near or in the
lithotectonic pile [18] mean discontinuities.
The major elements data have been plotted in the (K-(Na+Ca), Fe+Mg+Ti)[19] diagram
(Fig. 2). This diagram shows the great contrast between the evolution of the aluminous
leucogranites [20] (Cognac-la-Foret, Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud, Saint-Mathieu/Saint-
Saud and Roussines) and of all the others. In the latter, Auriat granite can be distinguished
by its potassic nature. We note that the data of the porphyraceous granite of La Porcherie
and of Aureil, Les Cars, Nexon, Saint-Nicolas Courbefy are well superposed.

Note présentée par Maurice ROQUES.

0764-4450/90/03110813 $2.00 0 Académie des Sciences


For each petrographical type, at least 15 micas have been studied. The analysis, realised
on the core of the crystals, involving 10 elements (K, Ca, Ba, Fe, Mn, Ti, Na, Si, Al, Mg),
has been done at the Clermont-Ferrand University C.R.M.P. Camebax electron microprobe,
with a 15.00kV acceleration. The structural formulas have been calculated on the basis of
22 oxygen and only the analysis with an anhydrous sum equal to 0.96±0.009 has been kept
(TableII). The results are presented in the (Mg,Altot)[21]and (MgO,FeOtot,
Al203)[22] diagrams (Figs. 3 and 4). For the Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud and Saint-
Mathieu/Saint-Saud massifs we also have used bibliographic data ([23], [24]).
To sum up, the employed method led us to determine precisely the typological characteris-
tics of Limousin granites and to find again, with further precision, the three magmatic
associations previously known.
The first one, in the western Limousin, corresponds to the Piégut-Pluviers granodiorite;
on diagrams (Figs. 3 and 4), its biotites clearly are in the calcalkaline series field. In contrast,
the second one relates to aluminous leucogranites. The third one is composed of all the
monzogranites which draw a quite obvious trend on the (MgO, FeOtot, Al203) diagram. It
essentially takes place in the Guéret type aluminopotassic suite but some items occur widely
in the calcalkaline field too.
The particularity of the monzogranites group is a common geochemical polarity from
North-East (Auriat massif) to South-West (Saint-Nicolas Courbefy massif). This polarity
corresponds to a change in the chemical composition of the micas from a magnesian pole to
a ferriferous pole. Even if all massifs do not observe the progression (ex. Chadefaine), this
tendency seems to be founded. However, we have to be careful about its magmatological
and geodynamical aspects. For all these monzogranites we could suggest an origin either
by differentiation from a unique magmatic source or by different melting stages from one
protolite. These hypotheses should be improved by further geochemical data and by a
methodical study of the enclaves.

INTRODUCTION. — Dans une Note précédente [1] nous avons montré l'intérêt de l'étude
de la composition des biotites pour la mise en évidence et la caractérisation des deux
lames constituant le massif granitique de La Porcherie. Ceci nous a amené à étendre ce
type d'approche aux granites post-métamorphes du Limousin central et septentrional.
Nous en présentons ici les premiers résultats.
I. Les données actuelles. — Les granites post-métamorphes du Limousin ont déjà fait
l'objet de nombreux travaux en particulier pour la géochimie[2] et pour la géo-
chronologie [3]. Notre étude concerne les massifs de (fig. 1) : l'Aiguille[4], Aureil ([2],
[5], [6], [7]), Auriat ([5], [8], [9]), Les Cars ([10], [11]), Chadefaine [12], Cognac-la-Forêt
(anciennement « Cognac-le-Froid ») ([2], [13]), Les Courrières [14], Janailhac [11], Saint-
Mathieu/Saint-Saud ([2], [5], [10], [15]), Nexon ([10], [11]), Saint-Nicolas Courbefy ([10],
[12]), Piégut-Pluviers ([2], [10], [15]), La Porcherie ([1], [5], [16]), Roussines ([2], [10],
[15]), Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud ([2], [5], [6]).
La plupart sont dans le diagramme de Streckeisen [17], des monzogranites à bio-
tite±muscovite dont certains contiennent de la cordiérite et/ou des silicates d'alumine. Il
existe également des granodiorites dans lesquelles la hornblende peut apparaître. La
majorité de ces granites se sont mis en place sous forme de lames, concordantes ou non,
avec leur encaissant métamorphique. L'âge radiométrique situe leur mise en place entre
340 et 300Ma (tableau I). Il n'apparaît pas de relation simple entre le type de granitoïde
Fig. 1. -
Carte géologique régionale avec les massifs étudiés (pour la typologie des biotites, cf. fig. 3).
1, Leucogranites alumineux avec biotites de type la; 2, Monzogranites avec biotites de typeIb à II; 3,
Granodiorites avec biotites de type II; 4, Diorites; 5, Accident ductile syn-métamorphe; 6, Accident ductile
post-métamorphe. A: L'Aiguille; B: Aureil; C: Auriat; D: Les Cars; E: Chadefaine; F: Cognac-la-Forêt;
: :
Les Courrières; H Janailhac; 1: Saint-Mathieu/Saint-Saud; J: Nexon; K: Saint-Nicolas Courbefy;
G

:
L : : :
Piégut-Pluviers; M La Porcherie; N Roussines; O Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud.
Fig. 1. — Regional geological map with studied granitoids (for biotite typology, cf. Fig. 3). 1, Aluminous
leucogranites with la
type biotites; 2, Monzogranites withlb to II type biotites; 3, Granodiorites with II type
biotites; 4, Diorites; 5, Ductile syn-metamorphic fault; 6, Ductilepost-metamorphicfault. A, L'Aiguille; B,
Aureil; C, Auriat; D, Les Cars; E, Chadefaine; F, Cognac-la-Forêt; G, Les Courrières; H, Janailhac; I, Saint-

U.I.G. : :: :
Mathieu/Saint-Saud; J, Nexon; K, Saint-Nicolas Courbefy; L, Piégut-Pluviers; M, La Porcherie; N, Roussines;
0, Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud. M.D. Micaschistes de la Dronne. U. T.P. Unité de Thiviers-Payzac.
Unité Inférieure des Gneiss. U.S.G. Unité Supérieure des Gneiss.

Fig. 2. - Caractéristiques chimiques des granites étudiés dans le diagramme (K-(Na + Ca), Fe + Mg + Ti).
Fig.2. — Chemical characteristics ofstudiedgranites on the (K-(Na+ Ca), Fe+ Mg+ Ti) diagram.
Fig. 3. - Position des biotites étudiées dans le diagramme Mg-Altot
(Nachit et coll., 1985).
Fig. 3. - Location ofstudiedbiotites on the Mg-totAl diagram (Nachit
et al., 1985).

Fig. 4. - Position
association :,
des biotites étudiées dans le diagramme Fe0tot-Mg0-Al203
alumino-potassique
Ia
(Chèvremont et coll 1987). 1,
type limousin; Ib, type Guéret. 11, association calco-alcaline.
III,
association monzonitique: III ferro-potassique; IIIb,
a, magnésio-potassique.
Fig. 4.- Location ofstudiedbiotites on the totFe0-MgO-Al203 (Chèvremont
et al., 1987).
series:III a,ferropotassic;
1, alumino-potassic
series: la,limousintype;1b,Guérettype. II,calcalkalineseries.
IIIb, magnesiopotassic.
III, monzonitic
Granodiorite
Monzogranite
_==_===Œ=^==== Bi+Mu Ma plancher
II
JANAILHAC SYLVESTRE GOUSSAUD Sil- RT
granite
Bi+/-Mu d-Al Monzo 315+/-8 U.I.G
U.S.G ST. ST. Rb/Sr la
II
Bi
?
I
+/-
Mu

Micaschistes
Micaschistes
COURRI-
ROUSSINES
ROUSSINES +/- Ma
granite RT
Bi+/-Mu granite Monzo Ib-Ia
Monzo U.I.G Sil. d'Al 305+/-6
Bi+Mu
ERES
? Ib
Rb/Sr A1203-FeOT-MgO)

LES
du
Ma Mon-
U.S.G
étudiés.
COGNAC granite Ma
RT Bi+Mu Monzo
granite

317+/-3
azite
Bi+Mu Monzo U.I.G plancher
la
granités.
Mu Rb-Sr la U/Pb
308
PORCHERIE
granites
LA
Ma
studied CHADEFAINE Mon-
Bi+/-Mu granite
granite Monzo 317+/-3 plancher
des Bi+Mu Monzo U.I.G Ib
Ib
of ? U/Pb

géochronologiques

characteristics

Granodiorite Ma
Granodiorite
Monzogranite
Ma? 77)
Bi+/-Mu
PLUVIERS
PIEGUT- Bi+/-Hb RT
315+/-14
du
U.S.G
II
du
320-290(Duthou Rb/Sr
Bi II
CARS

I et
TABLEAU
geochronological

Ma-; 77) Ma? 77)


plancher

LES COURBEKY
géochimiques granite NICOLAS Bi+/-Mu granite
Bi+Mu Monzo U.S.G Monzo U.I.G
320-290(Duthou ST. 320-290(Duthou Ib
Ib

and Ma? 77) U.S.G


minéralogiques,
geochemical
AURIAT Bi+/-Mu
Monzo
granite Ma
sur

G
Bi+Mu Monzo
granite

320-290(Duthou
azite
330 Rb/Sr
Bi
Iu Ib
du
Ib

U.S.G
NEXDN

Granodiorite Ma"
Monzogranite 77)
Cd+/- Mu Ma
Mineralogical, RT Bi+/-Mu LIMOUSINE
AUREIL granite limite
Caractéristiques + Mu Monzo 334+/-14 U.I.G 320-290(Duthou Micaschiste
Rb/Sr U.S.G Ib Bi II
Bi
Bi+/-

Gt

L'AIGUILLE MATHIEU Ma
Cd Au- SAUD RT
Mu granite limite Mu+Sil. granite
Monzo reil) U.I.G Bi+Hu d'Al Monzo 304+/-17 Ib-Ia
+/- U.S.G Ib Rb/Sr
+ (f
Bi
Bi
? ST.
ST. LA
DANS
ISOTOPIQUE
DE LA DE
ETUDIES LIMOUSINE A1203-FeOt-MgO) ETUDIES ISOTOPIQUE SERIE
DES DES
MINERALOGIE CLASSIFICATION
STRECKEISEN DANS MINERALOGIE STRECKEISEN
CLASSIFICATION
BIOTITES POSITION BIOTITES
Méthode (diag. Méthode (diag.
TYPOLOGIE TYPOLOGIE

POSITION
MASSIFS MASSIFS

SERIE
AGE AGE
|i
TABLEAU II
Analyses des biotites par faciès et par massif (x, moyenne; cr, écart-type).

FeOt
K20
Mollit

10.01
18.18
tr
0.05
0.26
imttmmmmtmmmt
i
9.75
19.34
bi
Biotites analysis by facies and by massif (x, average; standard deviation).

<r

0.10
0.42
x

9.62
19.20
bi+cd
<r

0.15
0.65
Aureil

9.77
19.89
0.52
bi+tu

0.41
0.25
0.11
<r x
bi+sill
tlttttttttlliuitmiltll

9.86
18.51
0.43
«
tricricritr
-—
0.23
0.06
0.07
Auriat

9.66
16.41
0.71
0.06
0.61
0.22
ChadtftiM

9.83
20.37
0.47
0.08
0.22
0.04
9.80
24.14
0.92
i
Cognic-li-ForltLHCourrièrH

0.06
0.40

0.06
9.93
18.43
0.61
q-

0.08
0.14
0.09
M 0.34 0.02 0.19 0.19 0.33 0.04
2.64 0.30 3.10 0.43
3.21 0.37 3.20 0.11 2.40 0.31 3.08 0.07 3.12 0.00 2.75 0.03
Ti02 3.24 0.12
0.17 0.12 0.11 0.00 0.16 0.01 0.03 0.00 0.04 0.04 0.11 0.02
Na20 0.09 0.02 0.07 0.02 0.02 0.02
0.75 35.39 0.01 36.80 0.38 36.04 0.28 34.97 0.12 36.41 0.10
Si02 37.36 0.11 35.88 0.55 36.34 0.45 35.64
0.01 19.69 0.29 18.61 0.65 18.12 0.14 19.52 0.23 18.52 0.23
A1203 17.02 0.10 18.95 0.38 19.05 0.81 19.49
I
0.59 8.41 0.12 9.71 0.23 8.24 0.25 3.91 0.15 9.20 0.03
tfgO 9.86 0.09 8.37 0.63 8.50 0.27 7.83
Fe 2.59600.0135
5.43550.02985.47360.0001
3.13890.0459 2.31560.0268
2.28410.0298 2.41540.0040 2.41570.1102 2.53340.0704 2.34790.0052 2.06140.0731
0.04300.0039 0.06780.0152 0.05560.0097 0.09050.0280 0.06130.0047 0.12110.0076 0.07760.0115
Un 0.04350.0026 0.01920.0192
0.2738 0.0311 0.3507 0.0092 0.3521 0.0013 0.31510.0020 0.30890.0359 0.3498 0.0475
Ti 0.3659 0.0144 0.3800 0.0318 0.3610 0.0088
5.41050.0118 5.46250.0024 5.42360.0317 5.36750.0054 5.52900.0661 5.49340.0105
Si 5.61120.0109
3.49720.0512 3.52030.0476 3.29610.1103 3.25550.0454 3.57620.0353 3.27900.0531
Al 3.01300.0214 3.40210.0781 3.37320.1052
1.90600.0828 1.7748 0.1059 1.9022 0.0304 2.17370.0553 1.87230.0451 0.9067 0.0331 2.0589 0.0002
Mg 2.20910.0158 1.9132 0.1513

;
I
2.53750.0024 2.57640.0317 2.63250.0054 2.47090.0660 2.50660.0105 2.56450.0298 2.52640.0001
flilv 2.30890.0110 2.58950.0118
0.83570.10770.92080.0195 0.88790.0422 0.82520.0443 0.74890.0350 1.01170.0056 0.7526 0.0530
Alvi 0.62420.0104 0.81260.0662
I K 1.9434 0.0089 1.9023 0.0087
1.91810.0117 1.8850 0.0025 1.8439 0.0072 1.8969 0.1093 1.9078 0.0467 1.8513 0.0154 1.9115 0.0269
0.03260.0005 0.04550.0045 0.00610.0014 0.00980.0098 0.03210.0047
Na 0.02660.0054 0.02700.0005 0.00640.0064 0.04880.0339
0.00330.00330.00470.0047 1 0.01720.0117 0.01000.0060 0.00240.0024 0.01200.0006
Ba 0.01390.0043 0.01050.0105

IWMM Nexonnais MMMM Piégut-PluviersHIWM La Porcherie Stltttl Roussines Saint-ftathieu Saint-Sylvestre


Janailhac
t. IIIIrDhvroide f. orain nven
I

I
x (j-
bil bi+tu
x
bil bi+M
<r x irx ex <r x <r x <r x
—————
<r X <r

9.89 0.03 9.50 0.14 9.50 0.07 7.57 0.38 6.15 0.07 8.15 0.41 9.79 0.06
K20 9.53 0.10 9.73 0.14
23.23 1.16 20.91 1.08 18.81 0.54 21.79 0.34 21.96 0.43 21.36 1.06 21.99 0.05
FeOt 23.59 0.79 21.15 0.28
0.22 0.04 0.32 0.05 0.29 0.00 0.41 0.03
M 0.63 0.09 0.66 0.24 0.56 0.12 0.22 0.22 0.41 0.07
0.23 2.17 0.14 2.36 0.31 2.30 0.43 1.85 0.25

l
Ti02 2.70 0.50 2.77 0.09 2.62 0.32 3.33 0.12 3.04
0.05 0.10 0.08 0.06 0.03 0.07 0.01 0.21 0.07 0.11 0.02 0.08 0.07
Na20 0.04 0.04 0.06 0.01 0.05
I
35.19 0.16 34.90 0.05 36.33 0.06 36.63 0.26 35.75 0.14 33.40 0.27
0.15 34.42 0.33 36.71 0.37
34.62 0.06
AISi02 17.54 0.56 18.32 0.64 18.14 0.37 15.69 0.03 18.90 0.59 22.83 0.72 19.90 20.04 0.43 19.48 0.41
0.65 9.54 0.68 8.38 0.42 5.14 0.02 7.36 0.19 5.59 0.46 4.85 0.65
ltgO 5.76 0.68 7.87 0.09 6.38

3.01890.1524 2.67870.1295 2.35600.0724 2.60630.1501 2.68600.0471 2.7245 0.1645 2.83000.0175


Fe 3.11460.1086 2.71680.0463
0.08590.0319 0.0729 0.0162 0.02860.0286 0.05160.0093 0.03150.0025 0.03400.0059 0.03750.0005 0.05280.0046
Un 0.08370.0119
I
0.30640.0374 0.38360.0123 0.40430.0343 0.24630.0217 0.32900.0346 0.27000.0490 0.21500.0294
Ti 0.31990.0592 0.32080.0110
5.40450.0446 5.42220.0033 5.56340.0062 5.48380.0284 5.45250.0215 5.47300.0239 5.37500.0190 5.6486 0.0358
Si 5.46420.0180
I
3.32090.0716 2.83110.0018 3.33520.1108 3.58190.0289 3.45600.03511 3.6875 0.1005 3.53320.0871
Al 3.26280.1083 3.31710.1042
1.47760.1494 2.17760.1619 1.87080.0893 1.38940.1576 1.5470 0.0215 1.30050.0995 1.11160.1450
Hg 1.35290.1509 1.80060.0154
I
2.57780.0033 2.43650.0062 2.51620.02B4 2.54750.0216 2.52700.0267 2.62500.0190 2.35140.0357
Ahv 2.53580.0180 2.59550.0446
0.72150.0597 0.74310.0683 0.39450.0080 0.81900.0824 1.03430.0074 0.8290 0.0054 1.06250.0815 1.18190.0513
Aivi 0.72700.1263
K 1.74910.0494 1.7980 0.0081 1.62300.0720 ,1.92190.0198
1.91890.0166 1.90550.0198 1.96030.0045 1.85580.0333 1.81480.0102
0.03070.0254 0.0160OiOO85 0.02950.0025 0.0270 0.006S 0.03350.0065 0.02160.0196
Na 0.01160.0116 0.0078 0.0078
0.01690.0006 0.01430.0143
I
0.01510.0084 0.00220.0022 0.02800.0033 0.00390.0039
Ba 1
et la position dans la série métamorphique. Les massifs ont cependant souvent profité
pour leur mise en place des principales discontinuités de la pile lithotectonique [18].
Nous avons reporté les données géochimiques pour les éléments majeurs dans le
diagramme (K-(Na+Ca), Fe+Mg+Ti)[19] (fig.2). Celui-ci montre bien l'opposition
des tendances évolutives des leucogranites alumineux [20] d'une part (Cognac-la-Forêt,
Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud, Saint-Mathieu/Saint-Saud et Roussines) et des autres
granites étudiés d'autre part. Dans ces derniers, le granite d'Auriat se distingue par son
caractère nettement potassique. On remarque également la très bonne superposition des
données concernant les granites d'Aureil, Nexon, Saint-Nicolas Courbefy, Les Cars et
du faciès porphyroïde de La Porcherie.
II. Les données sur les biotites. — Pour chaque faciès pétrographique, 15 micas au

650 analyses. Celles-ci ont porté sur 10 éléments :


moins ont été analysés, ce qui représente pour l'ensemble des roches étudiées un total de
K, Ca, Ba, Fe, Mn, Ti, Na, Si, Al,
Mg. Elles ont été réalisées sur le cœur des cristaux à la microsonde électronique Camebax
du C.R.M.P. de l'Université de Clermont-II sous une accélération de 15kV. Le calcul
des formules structurales a été fait sur la base de 22 atomes d'oxygène. Seules les analyses
dont le total anhydre est égal à 0,96±0,009 ont été retenues (tableau II).
Les résultats sont présentés dans les diagrammes (Mg,Altot)[21] et (MgO, FeOtot,
A1203) [22] (fig. 3 et 4). Pour les massifs de Saint-Sylvestre/Saint-Goussaud et Saint-
Mathieu/Saint-Saud nous avons complété nos propres données avec des analyses tirées
des travaux de M. Friedrich [23] et G. Monier[24].

III. DISCUSSION. — La méthode utilisée nous a donc conduit à préciser les caracté-
ristiques typologiques des granites du Limousin (fig. 1). Les nouvelles données obtenues
sur les biotites permettent de retrouver, en les précisant, les trois ensembles déjà connus.
Le premier correspond à la granodiorite de Piégut-Pluviers située dans l'ouest; sur les
diagrammes (fig. 3 et 4), ses biotites sont nettement dans le champ de la série calco-
alcaline. Le deuxième, au nord, concerne les leucogranites alumineux; le faciès à grain
fin du massif de La Porcherie[1] s'y rattache. Le troisième, dans le centre limousin, est
formé par l'ensemble des monzogranites et se traduit par un trend particulièrement net
dans le diagramme (MgO, FeOtot, A1203). Il se place pour l'essentiel dans le domaine de
la série alumino-potassique de type Guéret mais aussi déborde largement dans celui de
la série calco-alcaline. Ce caractère concerne le massif de Janailhac mais également les
faciès à biotite seule de Nexon et Les Cars et certains faciès à deux micas de ces mêmes
granites.
L'originalité de l'ensemble des monzogranites est de montrer une polarité géochimique
générale qui va du nord-est (massif d'Auriat) vers le sud-ouest (massif de Saint-Nicolas
Courbefy). Elle correspond à une modification de la composition chimique des micas
d'un pôle magnésien vers un pôle ferrifère et, même si tous les massifs ne suivent pas la
progression (ex. Chadefaine), cette tendance apparaît quand même fondée. Quant à son
interprétation magmatologique et géodynamique il convient de rester prudent. Pour tous
ces monzogranites on pourrait avancer l'idée d'une origine soit par différenciation à
partir d'une source magmatique unique soit par fusion à divers degrés d'un même
protolite. Ces hypothèses demanderaient à être étayées par des données géochimiques
complémentaires ainsi que par un examen systématique des enclaves.

Note remise le 28 février 1990, acceptée après révision le 16 août 1990.


RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[24] G. MONIER, Thèse d'État, Université d'Orléans, 1985,299 p.

Laboratoire de Géologie régionale et appliquée, Métallogénie,


Faculté des Sciences, Université de Limoges, 123, avenue Albert-Thomas, 87060 Limoges Cedex.
Pétrologie/Petrology

Les basaltes d'affinité tholéiitique de la marge


méditerranéenne française
Jean-Marie DAUTRIA et Jean-Michel LIOTARD

-
Résumé Sept échantillons de basalte dont la norme C.I.P.W. présente de l'hyperstène normatif,
voire du quartz, et qui proviennent de la marge méditerranéenne française (Provence, Languedoc)
ont fait l'objet d'une nouvelle étude pétrographique et géochimique. Jusqu'à présent considérées
comme résultant de processus d'assimilation de matériel crustal par un magma alcalin, ces laves
sont à considérer, d'après nos nouvelles données, comme des magmas transitionnels à tholéiitiques.
Ce type de volcanisme, d'âge mio-pliocène dans les régions d'Aix et de Toulon, est vraisemblablement
à associer à l'ouverture du bassin océanique provençal. Les tholéiites de la région d'Agde, qui
sont spatialement associées à un important volcanisme alcalin, correspondent probablement à une
augmentation locale du taux de fusion partielle de la source des basaltes alcalins.

The tholeiitic basalts from the French Mediterranean margin


-
Abstract New petrological and geochemical data have been carried out on seven hyperstene and
quartz normative basalts sampled along the French Mediterranean margin (Provence,
Languedoc). These lavas were up to now considered as alkali magmas contaminated by crustal
material. Our new data show that these basalts are really transitional to tholeiitic magma. The
Provincial tholeiites of Mio-Pliocene age are probably related to the Provence oceanic basin opening;
those of Quaternary age from Languedoc (which are spatially associated with alkali volcanism) may
resultfrom partial melting ofthe alkali basalt source to higher degrees.

Abridged English Version — The Hy normative basalts of the French Mediterranean mar-
gin are grouped into three districts of different ages: the Aix-en-Provence district (the Beaulieu
volcano, 18.2 Ma, samples BEAU) ([18], [10]), the Toulon district (the Rochers de l'Aigle
flows, 6.7-5.8 Ma, samples AG) ([11], [12]) and the Agde district (the Notre-Dame-du-Grau
flow, samples NDG; the Roques Hautes volcano, 0.6 Ma, sample RQH and the Mont Saint-
Loup volcano, 1.3 Ma, sample H10) [7] (Fig. 1). The norms range from 8.1 to 21.3% in
Hy and one sample is quartz normative (1%). The Agde and Aix-en-Provence districts are
associated with Ne normative basalts (e.g. sample BEAU 8520). All these Hy normative
basalts are weakly porphyritic and are characterized by augitic microphenocrysts (Ca35-42,
Mg50-46, Fe14-12) depleted in CaO (16.9-18.8%), Ti02 (0.43-0.96%) and Na20 (0.14-
0.52%) with respect to the regional alkali basalts and close compositional similarities with
the Hawaiian tholeiitic clinopyroxenes [17] (Fig. 2).
+
In a Na20 K20 vs Si02 diagram, these basalts plot on both sides of the boundary
between the alkali and tholeiitic fields (Fig. 3). Except for sample 8520 which displays
evidence for cumulation ([Mg] = 0.70), the basalts have all undergone low pressure differentia-
tion as indicated by their [Mg] values (0.59-0.65). The Rb, Ba, Th, Ta values are globally
lower than those of alkali basalts of the French Massif Central ([5], [20]) (e.g. Ta ranges
from 1.6 to 3.2 ppm in the analyzed samples while it ranges from 3.8 to 9.7 ppm in alkali
basalts)
The samples display enrichment of light rare earth elements (LREE) (e.g. La 19.4-
37.8 ppm) and fractionation of heavy rare earth elements (HREE) (Fig. 4). The La/Yb
ratio (Table) (10-19) is always lower than that of alkali lavas (>20) [20]. Samples 8521,
8842, 8839 and 8840 display very similar patterns of large ion lithophile elements (LILE)
(Fig. 5).

Note présentée par Jean WYART.

0764-4450/90/03110821 $2.00 © Académie des Sciences


As shown by the lack of a negative Ta anomaly, these basalts cannot be considered as
continental tholeiites but the P205/Ce, Sr/Ce and Th/La ratios (Table) clearly separate most
of the samples from alkali basalts. Two samples (8843, 8521) are enriched in LILE and
display Ta and K anomalies that are, respectively, positive and negative: these probably
represent magmas of transitional composition.
Earlier interpretations based on major element data ([4], [12]) attributed the origin of these
Hy normative basalts to the assimilation of quartz or of xenoliths of metamorphic schist by
an alkali basaltic magma. The LILE concentrations, the lack of positive K, Rb, Sr and Th
anomalies and the first isotopic data (on the Agde samples) [21] preclude such an hypothesis
of crustal contamination. Definitively these basalts must be considered as uncontaminated
magma of tholeiitic to transitional composition.
In Western Europe, no tholeiitic or transitional basalt of Neogene to Quaternary ages
has been reported except the Rhine graben tholeiites associated with the early stages of
rifting [24]. The presence of such tholeiitic lavas in southern France is probably associated
with the peculiar geodynamic history of the French Mediterranean margin which is dominated
by the Aquitanian-Burdigalian opening of the narrow oceanic Provincial basin [26]. The
Cenozoic volcanites of Toulon and Aix-en-Provence may be associated with the prolongation
within continent of a Mio-Pliocene axis of oceanic opening. This hypothesis is in agreement
with the oceanic paleogeotherm recently determined from peridotitic xenoliths of the Beaulieu
volcano [9]. Such an interpretation is not suitable for the tholeiitic basalts of Agde because
of their Quaternary age and the distance to the present oceanic crust (200 km) [26]. From
trace element (Figs. 4, 5) and isotopic data [21], a common source is proposed for the tholeii-
tic and alkali basalts of the Agde district, the first one corresponding to higher degrees of
partial melting.

Parmi les travaux de compilation réalisés sur le volcanisme récent en France [1] peu
de cas a été fait des rares pointements basaltiques de la côte méditerranéenne qui ont

:
des compositions normatives de tholéiites à olivine, voire de tholéiites à quartz. Ces
formations sont regroupées dans trois régions géographiques distinctes la région d'Agde
(Hérault), la région d'Aix-en-Provence (Bouches du Rhône) et celle de Toulon (Var) où
elles sont parfois associées à des laves alcalines (Adge, Aix).
I. CADRE GÉOLOGIQUE ET DONNÉES PÉTROGRAPHIQUES. — Sept échantillons provenant de
ces régions ont été étudiés (fig. 1, tableau).
Si le volcanisme quaternaire des environs immédiats d'Agde a fait l'objet de divers
travaux pétrographiques ([2], [3]), géochimiques ([4], [5]) et géophysiques [6], très peu de
données sont disponibles sur les pointements volcaniques situés à l'ouest du cap d'Agde
comme la coulée de Notre-Dame-du-Grau (Ech. NG) ou le petit complexe de Roques
Hautes (Ech. RQH). Quant au basalte H10, il provient du petit volcan du Mont Saint-
Loup, au sud d'Agde [4]. Dans la région aixoise, le complexe de Beaulieu [8] est constitué
de deux coulées de basalte superposées (BEAU 8520 et 8521). Les données radiochronolo-
giques indiquent un âge miocène de 18,2±0,5 Ma [10]. Enfin, l'arrière-pays toulonnais a
été le siège d'une activité volcanique au Messinien (6,7 à 5,8 Ma) [11]. Elle s'est manifestée
sous la forme de plusieurs coulées issues des Rochers de l'Aigle (Ech. AG 21 et 22).
Ces basaltes, quelle que soit leur provenance, sont très clairs et peu porphyriques.
Les phénocristaux sont représentés par de l'olivine Fo 82-83. Les clinopyroxènes ont
des dimensions plus réduites et se caractérisent par leur faible teneur en calcium
(Ca35 Mg50 Fe14 à Ca42 Mg46 Fel2). Ils sont par ailleurs appauvris en TiO2(0,43-
0,96 %) et Na20 (0,14-0,52%), enrichis en Cr203 (0,23-0,96%) par rapport aux pyroxènes
des basaltes alcalins ([13] à [16]). En revanche ils se rapprochent des pyroxènes d'affinité
tholéiitiques ([17], [18], [19]) (fig. 2). Quant à la mésostase elle est constituée de microcris-
taux d'olivine, de clinopyroxène, d'oxydes ferrotitanés et de plagioclase An 45-60.
Les teneurs en Si02 de ces laves évoluent entre 46,26 et 51,84% et celles en alcalins et
phosphore sont faibles (tableau). Par contre les teneurs en Ti02 sont peu différentes de
celles des basaltes alcalins. Dans un diagramme alcalins-silice les points représentatifs se
placent à la frontière des domaines tholéiitique et alcalin définis à Hawaii (fig. 3). Les
paramètres normatifs CIPW font apparaître, à l'exception de l'échantillon BEAU 8520,
des quantités d'hypersthéne comprises entre 8,1 et 21,3 %, ce qui nous autorise à parler
de basaltes transitionnels (Hy<10 %) et de tholéiites à olivine (Hy>10 %). Un seul
échantillon (AG8840) provenant de la région toulonnaise correspond à une tholéiite à
quartz (Qz=1,07). Ces basaltes ont par ailleurs subi une légère différenciation comme
en témoignent les rapports [Mg] variant de 0,65 à 0,59 [à l'exception de l'échantillon
BEAU 8520 légèrement cumulatifs ([Mg]=70)].

II. ÉLÉMENTS EN TRACE.



Les teneurs en éléments incompatibles, comme Rb, Ba,
Th, Ta, sont globalement inférieures à celles rencontrées dans les basaltes alcalins de
l'Escandorgue ou du Massif Central ([5], [20], [21]). Les teneurs en Ta par exemple
évoluent entre 1,6 et 3,2 ppm, alors que la gamme de variation des laves alcalines s'étend
de 3,8 à 9,7. De telles teneurs sont en revanche observées dans certaines tholéiites
d'ouverture océanique. Les concentrations en Terres Rares (T. R.) sont également infé-
rieures aux teneurs moyennes des basaltes alcalins ([20], [5]). Le lanthane reste compris
entre 19,4 et 37,8 ppm (exception faite de l'échantillon BEAU 8520 plus alcalin). Les
profils (fig. 4) montrent cependant un net enrichissement en T. R. légères et un appauvris-
sement en T. R. lourdes rappelant les basaltes alcalins. Le rapport La/Yb varie de 10 à
19 : il est globalement inférieur à celui des basaltes alcalins (>20).
L'affinité tholéiitique de ces laves est également attestée par certains rapports d'éléments
incompatibles comme P2O5/Ce, Sr/Ce, ou Th/La, ce dernier pouvant atteindre à Agde
des valeurs de 0,18 et 0,22 inconnues dans les basaltes alcalins. Cependant on n'observe
pas d'anomalie négative en Ta caractéristique des thoéliites continentales.
Les profils d'éléments incompatibles (fig. 5) font apparaître une grande similitude entre
les quatre échantillons 8521, 8839, 8840 et 8842 provenant des trois régions géographiques

:
étudiées. Par contre deux échantillons (8521 et 8843) sont plus enrichis en éléments
incompatibles et se rapprochent donc des laves alcalines ils correspondent, semble-t-il,
à des magmas de nature intermédiaire qui se caractérisent par l'apparition d'une anomalie
négative en K et d'une anomalie positive en Ta, anomalies qui sont bien marquées dans
le basalte alcalin BEAU 8520.

III. DISCUSSION ET CONCLUSION. — Les interprétations antérieures à partir des éléments


majeurs ([12], [4]) considéraient ces basaltes comme résultant d'un processus d'assimilation
de quartz et/ou de phyllades par un magma alcalin. Les teneurs en éléments les plus
incompatibles de ces laves vont à l'encontre d'une telle hypothèse. Par ailleurs l'absence
d'anomalie positive en K, Rb, Sr et Th (fig. 5) ainsi que les premières données isotopiques
obtenues sur les basaltes d'Agde (en particulier sur l'échantillon H10) [21] semblent
exclure toute intervention de matériel crustal dans la genèse de ces laves. L'origine de
leurs spécificités pétro-géochimiques est donc à rechercher soit au niveau des conditions
:
TABLEAU
Compositions chimiques des basaltes provenant de la région d'Aix-en-Provence (BEAU : Beaulieu, 8520
coulée inférieure, 8521 : coulée supérieure), de la région de Toulon (AG 21 et 22 Rochers de l'Aigle), et de
la région d'Agde (RQH : Roques Hautes, NG Notre-Dame-du-Grau, H10 : Mont Saint-Loup).
Chemical compositions ofthe basaltis from the Aix-en-Provence district (BEAU: Beaulieu, 8520: lower flow,
8521: upper flow), the Toulon district (AG 21 and 22: Rochers de l'Aigle) and the Agde district (RQH: Roques
Hautes, NG: Notre-Dame-du-Grau, H10: Mont Saint-Loup).
8520 8521 8839 8840 8842 8843 1188

Si0246,2649,9051,8451,0651,0651,065ljl
Ref. BEAU BEAU AG21 AG22 RQH NG HIO

AI~Og. 10,70 12,15 14,03 13,50 12,37 13,25 13,65

MnO.
FeZ03'
MgO.
11,26
0,16
12,37
11,37
0,13
9,50
11,21
0,14
7,21
10,78
0,11
7,05
11,23
0,14
9,00
10,67
0,14
7,92
10,40
0,13
8,35
CaO 9,00 7,95 8,20 8,20 8,84 8,36 8,24
NazO 2,89 3,22 3,41 3,25 3,28 3,53 3,50
KzO 0,98 0,95 1,04 0,90 0,90 1,56 1,32

PzOs.
TiOz'
L.O.I.
2,20
0,67
2,74
2,32
0,42
1,86
2,53
0,43
0,02
2,41
0,44
1,87
2,16
0,42
0,02
2,05
0,59
0,33
2,09
0,40
0,18
TOTAL.
Hy.
99,23 99,77 100,06 99,57 99,42 99,46 99,57
[Mg] 0,71 0,65 0,59 0,59 0,64 0,63 0,64

Li.
Qz

Sr.
Ne
-
-1,0
14
-
15,5
-
10
-
21,0
-
11
1,1
21,3
-
11
-
14,8
-
7
-8,1
9
-
-
10,7
-
6

Sc.
Rb 22 24 23 19 35 28
760 430 494 477 498 664 611
Ba 450 250 280 270 305 510 440
16,9 17,6 18,6 17,8 18,9 18,9 18,4
V - - 184 168 175 169 175
Cr - - 254 241 320 305 342
Co - - 42 41 47 44 44
Ni - - 140 172 218 219 218
Cu
Zn
- - 33 49 48 55 42
- - 120 115 109 107 101
La 44,95 22,15 19,38 20,17 21,1 37,81 23,5
Ce 72,26 37,97 42,72 42,54 42,18 71,92 44,2
Nd 44,24 26,49 24,33 23,66 20,25 31,31 19,00
Sm 10,01 6,93 6,19 6,32 5,18 6,69 4,53
Eu 2,57 2,02 2,08 2,1 1,76 2,09 1,5
Tb 1,09 0,95 0,92 0,93 0,82 0,92 0,67
Yb 2,20 2,09 1,69 1,67 1,67 1,98 1,44
Lu 0,31 0,29 0,24 0,24 0,23 0,29 0,22
Hf 4,4 3,9 4,3 4,2 3,4 4,4 4,1
Ta 3,0 1,6 2,2 2,2 2,1 3,2 2,8
Th
LajYb.
ThjLa.
5,2
20,4
0,116
2,6
10,6
0,117
3,4
11,5
0,175
3,4
12,1
0,168
3,3
12,6
0156
6,6
19,1
0,174
5,1
16,3
0,217
TajLa 0,067 0.072 0,113 0,109 0,099 0,085 0,119
PzOsjCe 93 111 101 103 99 82 90
SrjCe 10,5 11,3 11,6 11,2 11,8 9,2 13,8

de la fusion partielle mantellique ou bien encore au niveau de la nature même du matériel


source.
En définitive, d'après nos nouvelles données, ces rares échantillons de la marge méditer-
ranéenne française montrent des caractères minéralogiques, normatifs et géochimiques
permettant de les considérer comme des basaltes transitionnels et tholéiitiques. A l'excep-
tion des tholéiites émises au cours des phases précoces de rifting dans le graben du
Rhin [24], aucune lave néogène ou quaternaire de ce type n'a été signalée en Europe
occidentale. La présence de tels basaltes en bordure du bassin algéro-provençal est donc
à associer au contexte géodynamique spécifique de cette région.
Le cadre chronologique de la mise en place de ces laves s'étend depuis le Burdigalien
jusqu'au Quaternaire et le phénomène géodynamique majeur de cette période dans la
région considérée est représenté par l'ouverture du golfe du Lion entre 29 et 15 Ma ([25],
[26]). Les données géophysiques et structurales récentes attestent la présence d'une croûte
océanique à 200 km environ au large des côtes du Languedoc, beaucoup plus près du
rivage dans la région de Toulon ([26], [27], [28]).
En raison de leur position géographique et de leur âge, les pointements volcaniques
tertiaires de Toulon et de Beaulieu pourraient alors représenter les témoins du prolonge-
ment sur le continent d'un axe d'ouverture océanique mio-pliocène. Cette hypothèse
concernant le volcan de Beaulieu est en accord avec la paléo-géotherme (de type océani-
que) récemment établie à partir de l'étude des xénolites de péridotite rejetés par ce
volcan [9].
L'origine des laves tholéiitiques subactuelles de la région d'Agde pose plus de problème
car on ne peut invoquer, en raison de leur âge et de leur position, l'accrétion oligo-
miocène pour en rendre compte. Par ailleurs les basaltes alcalins sont largement prépondé-
rants dans ce secteur. La similitude des rapports isotopiques entre ces basaltes alcalins et
les laves tholéiitiques [21] implique une source commune pour ces deux types de magma.
En outre, la variation régulière des teneurs en éléments trace incompatibles anticorellée
avec celle en hypersthène normatif suggère une diminution progressive du taux de fusion
partielle depuis les tholéiites et un passage continu aux basaltes alcalins. Cette évolution
s'accompagne de variations des teneurs en K et Ta indiquant l'existence d'une phase
potassique (mica, amphibole?) au résidu, en proportion croissante lorsque l'on passe des
laves tholéiitiques aux alcalines. L'obtention du caractère tholéiitique des basaltes d'Agde
pourrait bien alors être liée à une simple augmentation locale du taux de fusion partielle.
Nous tenons à remercier M. le professeur C. Coulon qui a participé à l'échantillonnage des basaltes de la
région toulonnaise.
Note remise le 23 avril 1990, acceptée après révision le 25 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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Spec. Publ., 42, p. 313-345.

G.P.F.A./C.N.R.S.-C.G.G.,
Université Montpellier-II, place Eugène Bataillon, 34095, Montpellier Cedex 5.

EXPLICATIONS DE LA PLANCHE

Fig. 1. — : .--
Localisation des trois régions volcaniques faille majeure;
,-4' front de décollement sud majeur d'après Arthaud et coll. 1980 [29].
/,,- autre faille du paleozoïque;

Fig. 1. — Location ofthe three volcanic districts : "-- major fault of paleozoïc substratum; fault;
,--4' front ofthe southern major decollement from Arthaud et al. 1980 [29].
Fig. 2. — Compositions des clinopyroxènes. O : Beaulieu; : Toulon; * : Agde; Aire hachurée: clinopyroxène

:
des laves alcalines du Massif Central (d'après Maury, 1976 [14]; Boudon, 1979 [30]; Boivin, 1982 [15]). Aire
pointillée clinopyroxènes des laves tholéiitiques d'Hawaii (d'après Bas. Volc. St. Proj., 1981 [17]).
Fig. 2. — Composition of the clinopyroxenes. Hatched area : clinopyroxenes of alkali basalts from the Massif
Central (from Maury, 1976 [14]; Bourdon, 1979[30]; Boivin, 1982 [15]). Stippled area: clinopyroxenes of
tholeiitic basaltsfrom Hawaii (from Bas. Volc. St. Proj., 1981 [17]).
Fig. 3. - :
Diagramme alcalins-silice.0=8520; 0=8521; D=8839; M=8840;~0=1188; x =8842; "*=8843.
Aire entourée domaine des basaltes alcalins du Massif Central. Ligne (1) : limite des domaines tholéiitique
et alcalin d'après MacDonald et Katsura, 1964 [31]. Ligne (2) : limite des domaines alcalin et fortement
alcalin d'après Saggerson et Williams, 1964 [32].
Fig. 3. - Alkalinesvssilica diagram.«=8520; 0=8521; D=8839; =8840; 0=1188; x =8842; =8843.
Circled fîeld: alkali basalts from the Massif Central. Line (1): boundary between tholeiitic and alkali fields
from MacDonald and Katsura, 1964 [31]. Line (2): boundary between alkali and strongly alkali fields from
Saggerson and Williams, 1964 [32].
:
Fig. 4. — Profils de terres rares; mêmes symboles que sur la figure 3. Zone hachurée domaine des basaltes
alcalins du Massif Central d'après Villemant, 1979 [20]; Ghristi, 1985 [5] et Briot et al., 1990 [21]. Les valeurs
de normalisation sont celles de Nakamura, 1974 [33].
Fig. 4. — Rare earth element patterns. Symbols as in Figure 3. Hactched area: alkali basalts from the Massif
Central from Villemant, 1979 [20]; Ghristi, 1985 [5] and Briot et al. 1990 [21]. Normalizing values from
Nakamura 1974 [33].
Fig. 5. — Profils d'éléments incompatibles, mêmes symbolesque sur la figure 3. Les valeurs de normalisation
du manteau primitif sont celles de Sun et coll., 1989 [34].
Fig. 5. — Large ion lithophile element patterns, symbols as in Figure 3. Primitive mantle normalizing values
from Sun et al., 1989 [34],
Fig.1
Métallogénie/Ore deposits

Ages des formations filoniennes à fluorine-barytine-quartz


du district de Paulhaguet (Haute-Loire, Massif central
français)
Éric MARCOUX, Pierre PÉLISSON, Jean-Claude BAUBRON, Jean LHÉGU
et Jean-Claude TOURAY
Résumé Les datations K/Ar de six adulaires et trois illites d'origine hydrothermale révèlent
- 8
l'existence de deux épisodes hydrothermaux. Le premier, daté à 209± Ma (Hettangien), est
responsable de la mise en place des minéralisations à fluorine et barytine. Il s'étend sur l'ensemble
du Massif central. Le second, daté à 115 ±9 Ma (Barrémien) était inconnu jusqu'aujourd'hui. Il est
responsable des importantes silicifications qui conduisent aux « racines quartzeuses » limitant, en
profondeur, l'exploitation de ces filons.

Ages of fluorite-barite-quartz veins from the Paulhaguet district (Haute-Loire,


French Massif Central)
Abstract — K/Ar dating of hydrothermal K-feldspars and illites has shown two hydrothermal
episodes. The first, at 209±8 Ma (Hettangian), resulted influorite and barite deposition, as in other
parts of the Massif Central. The second, at 115±9 Ma(Barremian) and not known untill now, was
responsiblefor the extensive silicification forming the "quartz roots" which limit mining at depth.

Abridged English Version — The Paulhaguet district (Haute-Loire, Massif Central) is hos-
ted by the metamorphic "Haut-Allier series", locally intruded by the Velay and Margeride
Hercynian granitic plutons ([1] to [9]).
The different ore deposits of the district result from two metallogenic periods [10] :
— Late Hercynian
(about 240 Ma [11], [12]) with the deposition of arsenopyrite+gold
and berthierite+stibnite quartz lodes.
— Post Hercynian
(about 210 to 180 Ma [18], [22]) with the formation of fluorite-and/
or barite-rich veins. As described in similar deposits from other parts of the Massif
Central [14], typical mineral associations may be recognized in the different post-Hercynian
veins. From oldest to youngest, the relative chronology of these associations is as follows:
(I) Banded green and purple fluorite with minor chalcedony (type "Fvv") filling open
fractures several meters wide ([15], [16]) (e.g. Aurouze, Le Communal, la Tourette and Jax
old mines).
+
(II) Banded barite+quartz galena [17] (type "Ba-Qz-Pb/Rub"), commonly following (I)
without visible unconformity within multi-stage veins (e.g. Aurouze).
(III) Yellow fluorite+barite (type "Ba-Fj") following (I) or (II) or occurring alone (e.g.
Le Dérochade).
(IV) Complex silicified formations resulting from the partial or total silicification of the
former associations and mostly developed at depth as "quartz roots", which makes mining
uneconomic.
Hydrothermal illites and K-feldspars were used for radiometric dating by the K/Ar
method [18]. The illites, in places associated with interlayered illite/smectite (Table I) are
localized conformably with fluorite ribbons or form discordant veinlets related to late
silicification. The adularia is disseminated as thin conformable veneers within banded CaF2
or forms geodic crystals. The mean age of the K-feldspars belonging to the "Fvv" or the

Note présentée par Claude GUILLEMIN.

0764-4450/90/03110829$2.00 © Académie des Sciences


"Ba-Fj" type associations is 208±8Ma (Table II). In contrast, the adularia present in
silicified ores appears younger (116±4Ma at Le Communal-Rougier).
The ages of the illites associated with early fluorite from La Tourette (Table I) are
scattered around the age of an adularia sample from the same mine (respectively 212±5 Ma,
188±6Ma and 198±6Ma). On the other hand, authigenic illite from La Ribeyrette has
been dated at 113±13 Ma.
K/Ar dating indicates, in the Paulhaguet district, a polyphase hydrothermal history with
a first episode at about 210 Ma, corresponding to the deposition [14] of the successive
association (I), (II) and (III) in distension veins. Similar ages have been proposed at
Chaillac [19] as well as in other parts of the Massif Central [20] and a Triassic-Liassic phase
of fluorite and barite deposition in France is well documented, possibly in relation to the
geodynamic history of the North-Atlantic and Tethys ([21], [22], [23]).
A second stage, not known in fluorite veins until now, is Cretaceous (Barremian) in age
(115±9Ma). We propose that the corresponding hydrothermal activity is responsible
for the silicification leading to the formation of the "quartz roots" present at depth
([13], [15], [17]) in fluorite veins belonging to the distension type [14]. Remobilization pro-
cesses of this period have been reported in uranium deposits from Southern France
([24], [25]), and an alkaline magmatism is known in the Pyrenees [26]. Tentatively, anoma-
lous heat flows and hydrothermal circulations at about 110 Ma could have resulted, from
some distension process related to the rotation of Spain.
With the silicification of Triassic-Liassic fluorite and barite being related to a Cretaceous
hydrothermal event, two significant characters of distension veins from the Massif Central [14]
are at least partly of secondary origin. The first is the classically observed vertical zoning
with quartz-rich lower parts in mined veins; the second is the limited mineable depth, usually
less than 250 m [14]. This "two-stage model" suggests that one could find preserved areas
with more extended down-dips in areas where the Cretaceous event has been insigni-
ficant. Inversely outcropping silicified veins could indicate districts with enhanced Creta-
ceous hydrothermal circulations as well as zones of uplift and later erosion.

Le district de Paulhaguet est encaissé dans la série métamorphique du Haut-Ailier,


composée pour l'essentiel d'une unité autochtone de gneiss à biotite-sillimanite, en
contact anormal chevauchant avec une unité allochtone à anatexites riches en enclaves
granulitiques ([1] à [7]). Cette série est elle-même recoupée par les granitoïdes hercyniens
du Velay et de la Margeride ([8], [9]). Largement diversifié, ce district recèle de nombreuses
minéralisations qui peuvent être rapportées à deux principales périodes [10].
La période hercynienne à tardi-hercynienne est responsable de la mise en place vers 320-
300 Ma de filons de haute température à arsénopyrite-pyrite, bismuthinite et or natif
puis, vers 240 Ma [11], de filons à berthiérite-stibine dépendants du grand district adjacent
de Brioude-Massiac [12]. Certaines de ces formations forment des lentilles résiduelles
dans les filons fluo-barytiques tardifs (La Combe).
La période post-hercynienne permet l'installation de formations filoniennes complexes
à fluorine-barytine et/ou quartz, qui s'intègrent bien dans la typologie des filons fluo-
barytiques définie dans le Massif-Central ([13], [14]) et correspondent, sous l'angle géody-
»
namique, à des filons « en extension [14].
I. CHRONOLOGIE RELATIVE. L'existence de filons formés en plusieurs stades (La

Tourette, Aurouze) permet d'établir la succession chronologique relative des formations
mises en évidence [10]. A l'échelle du district, la succession suivante est observée:
(A) la formation à fluorine verte et violette rubanée (type « Fvv »), composée d'une
alternance de rubans millimétriques à pluri-décimétriques de fluorine, silice, phyllites et
parfois adulaire, constitue des filons parfois puissants de plusieurs mètres (Le Communal,
La Dreyt, dans le faisceau de Langeac [15], Aurouze, La Redonde, La Tourette, Jax,
Chavaniac-Lafayette) qui ont fait l'objet d'exploitation jusqu'à ces dernières années [16];
(B) la formation à barytine-quartz et galène rubanées [17] (type « Ba-Qz-Pb/rub »),
succède à la formation « Fvv » dont elle prolonge généralement le dépôt à la faveur de
réouvertures saccadées de faible amplitude (grand filon d'Aurouze). Le dépôt, finement
rubané, se termine alors par la cristallisation de barytine saccharoïde puis en lattes. Les
filons à barytine seule, habituellement peu puissants (Montlimard-secteur de Saint-Pal-
de-Sénouire) relèvent probablement de cette formation;
(C) la formation à fluorine jaune et barytine (type « Ba-Fj »), peu rubanée, à sulfures
rares, est rarement indépendante (La Dérochade). Elle peut soit composer le remplissage
final, post « Ba-Qz-Pb/rub », dans les grands filons formés en plusieurs stades (La
Tourette, Aurouze) soit recouper ou injecter la formation « Fvv » (La Ribeyrette);
(D) des formations siliceuses complexes, polytypes, toutes caractérisées par une silicifica-
tion progressive des rubanements fluorés et/ou barytiques ont été observées fréquemment,
presque systématiquement, dans les parties profondes des filons dont elles limitent
l'exploitation. Elles sont désignées [10] sous les noms de « Qz/Fvv » (Le Communal
Rougier), «Qz/Ba-Fj » (La Dérochade) ou « Qz/Ba-Qz-Pb/rub » (Aurouze) selon les
formations aux dépens desquelles elles se développent. Puissantes de plusieurs mètres
elles envahissent fluorine et barytine jusqu'à constituer des corps exclusivement siliceux
non rubanés, pauvres ou riches en sulfures (L'Estrade). La texture de ces « silicifiats »,
de même que la structure et la taille des grains de quartz les différencient aisément des
formations précédentes.
II. DATATION K/Ar DES SILICATES HYDROTHERMAUX. - Il s'agit de phyllites et de
feldspaths potassiques (usuellement qualifiés d'adulaires). Les phyllites se présentent en
remplissage de petites fractures intra-filoniennes, en filets parfois centimétriques concor-
dants avec le rubanement, ou aux épontes des filons minéralisés, principalement ceux à
fluorine verte et violette. Il s'agit de la lignée alumineuse plutôt que ferromagnésienne [18]
avec des illites 2M1,1M ou IMd dominantes et des interstratifiés illite-smectite
(tableau I).
L'adulaire est fréquent. Il a été observé dans le rubanement des filons « Fvv » et « Ba-
Fj » où il est contemporain de la fluorine (La Dreyt, Aurouze, Jax, La Tourette), en
petits cristaux géodiques dans les filons « Ba-Fj » (La Dérochade), ainsi qu'en association
avec le quartz et les sulfures des formations siliceuses tardives (Qz/Fvv) (Le Communal).

:
Les adulaires associés aux formations « Fvv » et « Ba-Fj » donnent des âges bien groupés
dans l'intervalle 195 à 225 Ma (tableau II). Par contre, l'adulaire associé à la formation
siliceuse « Qz/Fvv » du Communal est nettement plus jeune (116±4 Ma). Les phyllites
du filon de la Tourette fournissent des âges (respectivement 212±5 et 186±6 Ma) qui
encadrent celui de l'adulaire du même filon (198±6 Ma). La dispersion observée pourrait
provenir, dans l'échantillon le plus jeune, d'une imprécision plus grande que celle qui est
estimée, du fait de la faible proportion d'illite, ou encore d'un rajeunissement partiel lié
à la présence d'interstratifiés illite/smectite.
A la Ribeyrette, l'illite authigène donne un âge de 113± 13 Ma. Le faible pourcentage
illites/smectites suggère qu'un rajeunissement par altération est peu probable.
(Ma)
Age r6| 188
Mgo,13

193±6
188

182±6
>
1 ()
208±6
216±6
212

M2
113

cH126±4
110 (Ma)
Age
<M»>
198 212 )66 216
195
7)
±
±± îïîîl6
±
212

±7
225
225
6)
±
6
210

202±6
6
204

±
205
n2±4)[j
117


120±4
202
18H radiogénique
215 209 118
118

radiogénique Smectite=10%

Ar
40 86,3 89,1
86'3 95,6 92,1 65,1 86,5 (%) ™ ± 212
TPN
g-1 1,048
radiogénique
m*
Tn.,
TPN 66,9 77,7 95,3
93,0 94,2
94,2
208 85,1 93,3 76,4 85,2 88,2

40Ar 109 1,114


Alz,36
!'??8 2,570
2,470 1,047
0,827

moles

(%)
3,25 4,122 94,1 85,7
(%)
K v?* 4S 6,45 a*i
g-1
radiogénique

(%)'nAn4,647
10-9

63
Ar 1,060 4,788 3,594 4,457 1,517
01 40
4,398 '7°^
1,401 1,483

mineralization.

minéralisations. structurale
?'01 moles ,
l'illite
Formule mineralization
Nao ç; Mg Fe
minéralisations.
9,91
K^C?2 Si~
°'01
al3,45 A3'°8 (Fvv)
(OH)2 Ca puissance
58 formation 3,785
Na Cao Si3 (OH)2
de
KK''clT 0,06 '69 fe0,16
Na 3,690
1 with
Fp
AL,
FeO,05
010
KO,26 Ti,0,19
10
0 II
K2,86 12,10 9,35 11,85 7,00

:
TABLEAU with
aux
associated 30 TABLEAUaux

associées associated

la Ro=60%
60% 10 60 30% associés

=
argileuse rubanée
Minéralogie 10
Illite
= =
minerais de
R, RoR3 = 30% le
adulaire
concentré (Fvv)
de
Phyllites Adulaires

=
Adularias
Interstratifié
phase Interstratifié
Interstratifié Interstratifié Illite
= dans 15 100 90 (Fvv) 100 60
Clay 30 Kaolinite

vio-
Illite:

mite Type
de vio-

formation
etvio-
(Fvv)
ruba- à 30 vio- vio-
lette
(Fvv) jaune la vio-
et de puissance
tardive
et
formation (Fvv)
(Fvv)

et
(Fvv)
remplaçant
verterubanéedu et rubanée et
quartz verte

id. cm
verte Barytine-fluorine
rubanée verterubanée verte
rubanée verte(Qz/Fvv)

Localisation rubanée
de Phyllites
nement et de
Fluorine
lette
Type
Fracture
illite de Fluorine
lette Fluorine Fluorine
(Ba-Fj) fluorine
Type lette

4
Fluorine cm lette Quartz
lette

rubanée
1. 1. Tourette. Jax. e.
Tourette

1 Communal-Rougier.

Localisation
Tourette Localisation lette
lette
Tourette
lette croch.ad.

Ribeyrette

Aurouze
Dr~e'
La
La La La
La La Le
DISCUSSION ET CONCLUSIONS. -Paulhaguet
Les résultats de l'étude géochronologique suggèrent
de deux événements hydrothermaux
l'existence dans le district de post-
hercyniens majeurs à fluorine-barytine et/ou quartz.
Le premier se situe approximativement à l'Hettangien (moyenne des âges obtenus sur
±
adulaires et illites = 209 8 Ma,). Il correspond au dépôt dans des fractures en extension
des formations « Fvv », « Ba-Qz-Pb/Rb » et « Ba-Fj » probablement au cours d'un
même processus minéralisateur. Cette valeur moyenne correspond à l'âge Hettangien
proposé pour le gîte de barytine de Chaillac, Indre [19]. Elle est proche de l'âge moyen
de 194±7 Ma avancé pour une famille de filons à quartz et fluorine du Massif central [20],
dans laquelle certains filons à fluorine verte et violette donnent des âges très voisins de
ceux du secteur de Paulhaguet :
Le Châtenet, dans la Marche (204 Ma), et Vernay dans
le Beaujolais (197 Ma). Par ailleurs un adulaire du filon du Beix, Puy-de-Dôme, également
à fluorine verte et violette a fourni un âge de 213±6 Ma (Marcoux, inédit). Ces
nouvelles datations confirment donc l'existence vers 210 Ma d'un important évènement
hydrothermal de basse température. Ce dernier ne peut être rattaché à aucun phénomène
magmatique connu régionalement mais correspond à une période importante triasico-
liasique de rejeux de la fracturation, en liaison avec un phénomène thermique dans la
croûte superficielle ([20], [14]) dont l'origine est peut-être à rechercher dans les prémices
d'ouverture de l'Atlantique nord et/ou l'histoire de la Téthys ([21], [22], [23]).
Le second événement, à ce jour non signalé dans les filons fluo-barytiques du Massif
central est d'âge crétacé inférieur (moyenne des âges des illites et adulaires 115±9 Ma).
:

Nous proposons que cet épisode hydrothermal, détecté dans les formations silicifiées des
filons fluo-barytiques, soit justement celui qui a provoqué les silicifications et, en particu-
lier conduit aux enrichissements en quartz qui sont la cause de l'arrêt des exploitations
en profondeur. Des âges similaires (100 Ma et 108±5 Ma) ont été avancés pour des
phénomènes de remobilisation respectivement dans les gisements d'uranium des Pierres-
Plantées, Lozère [24], et de Lodève, Hérault [25], mais sans que l'on puisse discerner un
mécanisme global pour expliquer ces circulations hydrothermales. Les distensions NS à
NE-SW nord-pyrénéennes se manifestant lors des phases précoces de la rotation de
l'Espagne par rapport à la plaque européenne (120-100 Ma), peuvent cependant être
envisagées. Elles sont à l'origine d'un magmatisme alcalin daté entre 90 et 110 Ma [26].
La silicification provoquée par l'événement hydrothermal d'âge crétacé apporte des
données nouvelles sur l'origine et la signification exactes des «racines quartzeuses »,
observés dans les parties profondes des filons de fluorine et/ou barytine ([13], [14],
[15], [17]) et qui conduisent toujours à l'arrêt de l'exploitation. Cette caractéristique des
structures filoniennes en distension [14] résulte, selon nous, d'une silicification per ascen-
sum tardive.
Il y aurait donc eu superposition de deux épisodes hydrothermaux plutôt que variation
verticale, à un instant donné, des conditions physico-chimiques du dépôt.
Ainsi, la zonalité minéralogique verticale, comme le faible aval pendage des filons en
distension (moins de 250 m, [14]) sont, au moins pro parte, des caractères secondaires.
Cette remarque a deux conséquences pratiques.
Dans les zones préservées de l'épisode siliceux crétacé, il est envisageable de rencontrer
des filons de fluorine et barytine dépourvus de « racines quartzeuses » et dont la hauteur
exploitable serait donc supérieure à 250 m.
Inversement, la présence à l'affleurement de structures silicifiées peut résulter autant
d'une expression particulièrement intense de l'épisode siliceux crétacé que d'une érosion
spécialement forte des structures minéralisées. Dans ces deux derniers cas, la probabilité
de trouver en profondeur des réserves exploitables paraît très faible.
Note remise le 5 juillet 1990, acceptée le 25 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[2] J. MARCHAND, Thèse 3e cycle, Nantes, 1974, 207 p.
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[26] R. MONTIGNY, B. AzAMBRE, M. Rossy et R. THUIZAT, Tectonophysics, 129,1986, p. 257-273.

E. M., J.-C. B et J. L. : B.R.G.M., B.P. n° 6009, 45060 Orléans Cedex 2;


P. P. et J.-C. T. : Université d'Orléans, B.P. n° 6749, 45067 Orléans.
:
Position des principaux filons à fluorine-barytine-quartz mentionnés dans le texte 1, anatexites du socle allochtone; 2,
paragneiss et orthogneiss du socle autochtone; 3, granites hercyniens; 4, terrains Post-Paléozoïque; 5, Failles principales; 6,
Base de chevauchement.
Location ofmain fluorite-barite-quartz veins mentioned in the text: 1, anatexites (allochtonous basement); 2, paragneiss and
orthogneiss (autochtonous basement); 3, hercynian granites; 4, Post-Palaeozoïcformations; 5, Main faults; 6, Overthrust.
Géologie marine/Marine Geology

Japon ;
Les premiers forages de la croûte océanique de la Mer du
résultats préliminaires du Leg ODP127
Leg 127 Shipboard Scientific Party (KennethPISCIOTTO, Kensaku TAMAKI,
James ALLAN, Adrian CRAMP, David A. BARNES, Sam BOGGS, Laurent JOLIVET,
Karl A. MERTZ Jr, Ryuji TADA, Charlotte A. BRUNNER, Itaru KOIZUMI, Atiur RAHMAN,
Joann ALEXANDROVITCH, Lisa D. WHITE, Peter THY, Kathryn P. STEWART,
Shigeru YAMASHITA, Luigi VIGLIOTTI, Jobst J. M. WIPPEN, Hans-Jurgen BRUMSACK,
Richard W. MURRAY, Orest E. KAWKA, James MCEVOY, Shin'ichi KURAMOTO,
Marcus LANGSETH, David NOBES, Jeffrey A. MEREDITH et Ralph SHAAR)
Résumé — Les premiers forages de la croûte océanique de la mer du Japon ont été réalisés au
cours du Leg ODP 127. De manière surprenante, il n'existe pas, dans ce bassin marginal, de croûte
océanique typique mais une alternance de sédiments et de laves et sills de basaltes. Ces nouvelles
données permettent d'autre part de contraindre très précisément dans le temps l'évolution tectonique
de ce bassin marginal depuis l'ouverture Miocène inférieur et moyen jusqu'à la fermeture actuelle
et la naissance d'une zone de subduction. L'ouverture de la mer du Japon est strictement contempo-
raine de celle des principaux bassins marginaux de l'ouest Pacifique (bassin de Shikoku et Mer de
Chine méridionale).

First drilling of the oceanic crust in the Japan Sea; preliminary results of the ODP
Leg 127
Abstract- The first drilling of the oceanic crust in the Japan Sea was made during
Leg ODP 127. There is, surprisingly, no typical oceanic crust in this marginal basin, but, instead, a
thick alternation of sediments and basaltic lavaflows and sills. These new data constrain very precisely
the tectonic evolution of the basin from its opening during the Early and Middle Miocene until the
active closing and formation of a new subduction zone. The opening of the Japan Sea is strictly
contemporaneous with that of the major western Pacific marginal basins (Shikoku basin and South
China Sea).

Abridged English Version — Although the Japan Sea is the most studied marginal basin [1],
very little was known concerning the nature and age of its oceanic crust. Various models
were proposed ranging from classical back-arc spreading ([2], [3], [4]) to pull-apart opening
along intra-continental strike-slip faults ([5], [6], [7]). Furthermore, the probable existence
of a nascent subduction zone below northeast Japan focussed the attention of scientists during
the past few years ([8], [9], [10]). Deep sea drilling during ODP Leg 127 aimed to address
these problems.
After the first tentative to drill the oceanic basement of the Japan Sea 16 years ago [11],
Leg 127 was the first opportunity to reach the oceanic basement in the Japan and Yamato
basins to constrain the nature of the crust (oceanic or thinned continental crust for the
Yamato basin) and its age (Middle Miocene?).
Four sites were drilled (Figs. 1 and 2): sites 794 and 797 in the Yamato Basin, site 796
at the top of Okushiri ridge, and site 795 in the northernmost Japan Basin.

Oceanic basement: sites 794, 795 and 797 reached the acoustic basement. It is made
of massive lava and breccia at site 795. The sediments immediately underlying the lavas
are dated by the occurrence of fossils of the Early-Middle Miocene boundary. At sites 794-

Note presentee par Xavier LE PICHON.

0764-4450/90/03110837 $2.00 0 Academie des Sciences


795, the acoustic basement is made of an alternation of sediments and lava flows and sills
of tholeiitic composition. Interstratified sediments are sandstones and claystones rich in
volcanic and continent-derived detrital material. This occurrence is similar to what was
observed in the Guaymas basin in the Gulf of California [19]. Biostratigraphic ages of the
sediments range from 20 to 14 Ma. This shows that the Japan Sea was already opening in
Early Miocene time before the fast rotation of southwest Japan deduced from paleomagnetic
investigations ([17], [18]).

Age of convergence along the eastern margin: site 796 reveals a sudden disappearance
of turbidites at 1.8 Ma. This shows that this site could no longer be reached by turbidity
currents by this time. This suggests that the uplift of Okushiri Ridge above an active thrust
fault was initiated at this time. We now have a precise tectonic timing from the inception
of spreading to the beginning of subduction.

Record of the sedimentation history in a marginal basin. In the Early Miocene a
shallow basin formed, quickly subsiding and filled with deltaic deposits, while alkaline shallow
intrusions were emplaced. At the end of the Early Miocene and during the Middle Miocene
the basin quickly deepened and phosphate-bearing black shales were deposited, with the
ongoing magmatic activity. From the Late Miocene to the Early Pliocene cooler surface
water and well oxygenated deep water induced the deposition of diatomites in the whole
basin. The Opal A/CT diagenetic transition occurs within the diatomites and appears as a
energetic seismic reflector. Toward the end of the Pliocene the proportion of detrital clay
increased when the convergence began along the eastern margin. An important volcanic
component is recorded throughout as glass fragments diluted in the sediments. Discrete ash
beds are interstratified in the Early and Middle Miocene as well as in the Plio-
Quaternary. This temporal distribution is similar to that of the eastern side of the Japan
arc drilled during legs 57 and 87 ([21], [22]).
One of the major conclusions of this leg is that the Japan Sea opened at the same time
as the Shikoku basin and South China Sea ([23], [24], [25]). This has now to be explained
in terms of the distribution of forces through time along the Eurasia-Pacific plate boundary.

INTRODUCTION. —
On présente souvent le Japon comme l'exemple le plus typique de
transect fosse-arc-mer marginale et la Mer du Japon est sans aucun doute le bassin
marginal le plus étudié [1]. Pourtant on ne savait presque rien sur la croûte océanique
en Mer du Japon, ni sur sa nature, ni sur son âge, données indispensables à la compréhen-
sion du mécanisme de l'ouverture. De nombreux modèles ont été proposés, allant de
l'ouverture arriére-arc classique ([2], [3], [4]), au pull-apart le long de décrochements
intra-continentaux sans relation avec la subduction ([5], [6], [7]). En outre, la sismicité
superficielle et la possible naissance d'une zone de subduction le long de la marge
orientale font l'objet depuis quelques années de nombreux travaux à terre et en mer ([8],
[9], [10]). Le Leg ODP 127, a permis de forer pour la première fois la croûte océanique
en trois points et cette zone de déformation active en un point (fig. 1). Nous en décrivons
ici les premiers résultats ainsi que les premières conclusions.

LES OBJECTIFS DU LEG 127. - Le Leg ODP 127 était la deuxième tentative pour forer
le socle océanique de la Mer du Japon. La croûte océanique y est répartie dans trois
bassins principaux (fig. 1): le bassin du Japon au nord (plus de 3000 m), et les bassins
de Tsushima et Yamato, moins profonds (de 2000 à 2500 m). Il y a 16 ans, l'équipe du
LegDSDP 31 (sites 299 à 302) [11] dût renoncer à atteindre le socle acoustique. On
n'avait, d'autre part, jamais réussi à identifier les anomalies magnétiques, ni dans le
bassin de Yamato ni dans celui du Japon [12]. Les données de la sismique réfraction
révélant, dans le bassin de Yamato, la présence d'une croûte océanique d'épaisseur
anormale ([13], [14]). Seule une étude très récente d'une petite portion du bassin du Japon
avait révélé sans certitude, des anomalies Miocène Inférieur [15]. Les études géologiques
sur les marges du bassin permettaient de pencher également pour une ouverture Miocène
inférieur à moyen ([5], [16]). Les données du flux de chaleur et de la bathymétrie
sont compatibles avec un âge compris entre 30 et 15 Ma, le bassin du Japon étant
vraisemblablement plus ancien que celui de Yamato [1]. Certaines interprétations des
données paléomagnétiques conduisaient à ouvrir la Mer du Japon en moins d'un million
d'années au Miocène moyen par rotation brusque du Japon sud-ouest et du Japon nord-
est ([17], [18]). Ce schéma était en opposition avec les modèles d'ouverture en pull-apart
le long de décrochements dextres N-S actifs au cours du Miocène inférieur et moyen le
long des marges occidentale et orientale [5]. On restait donc sur une incertitude quant
au calendrier d'ouverture. L'observation en forage de la croûte océanique étant donc le
seul moyen de déterminer la nature de la croûte et de la dater. Sa datation en plusieurs
points éloignés les uns des autres était un moyen d'éprouver la cohérence des modèles
proposés, ouverture rapide en moins d'un million d'années ou étalée sur une plus longue
période.
La marge orientale de la Mer du Japon est le lieu de séismes de magnitude supérieure
à 7, assez fréquents et toujours associés à des tsunami violents [10]. Cette zone de
déformation compressive est aujourd'hui interprétée comme une zone de subduction
naissante le long de la limite de plaque Amérique-Eurasie [8]. La compression active
soulève des rides de socle océanique (ride d'Okushiri) par chevauchements intra-
océaniques [9] où on peut voir le démarrage de nappes ophiolitiques.
:
Les objectifs principaux du Leg 127 étaient de 1° déterminer la nature de la croûte
dans les bassins de Yamato et du Japon, T préciser la période d'ouverture, 3° dater le
début de la fermeture le long de la marge est, 4° connaître l'histoire précocedu bassin
en termes d'environnement de dépôt et taux de subsidence. Le choix des sites de forage
fut réalisé en tenant compte de l'expérience du Leg DSDP31 : éviter les domaines à
sédimentation turbiditique Plio-Quaternaire intense, riches en méthane biogénique et
hydrocarbures thermogéniques.
:
Quatre sites furent forés avec succès les sites 794 et 797 situés respectivement au
centre et sur la bordure du bassin de Yamato, le site 796 implanté au sommet de la ride
d'Okushiri et le site 795 dans la partie nord du bassin du Japon.

LE SOCLE OCÉANIQUE.
constitué au
- Le socle acoustique fut foré aux sites 794, 795 et 797. Il est
site 795 de coulées massives bréchifiées de basaltes calco-alcalins
ou et
d'andésites basaltiques. Les sédiments les recouvrant sont datés de la limite Miocène
inférieur-moyen. Aux sites 797 et 794, le « socle » acoustique est formé d'une alternance
de sédiments et de coulées et sills de basalte très fin et de dolérite de composition
tholéiitique ou riche en aluminium. Les sédiments interstratifiés sont des grès et des
pélites riches en apport volcaniques et continentaux déposés dans un environnement
deltaïque à taux d'accumulation élevé au cours du Miocène inférieur. L'épaisseur
anormale de la croûte océanique ainsi que l'absence d'un réseau d'anomalies magnétiques
bien organisé sont sans doute les conséquences directes de ce mode de mise en place du
matériel volcanique océanique comparable à ce qui a été décrit dans le bassin de Guaymas
dans le Golfe de Californie [19]. Les âges de la mise en place, d'après les premiers
résultats biostratigraphiques, s'échelonnent entre 14 et 20 Ma, ce qui confirme donc les
données du flux de chaleur et de la bathymétrie ainsi que celles de la géologie des marges,
et infirme le calendrier déduit des données paléomagnétiques.
L'ÂGE DE LA CONVERGENCE LE LONG DE LA MARGE ORIENTALE. Le site 796 était implanté

sur le sommet de la ride Okushiri. Le but était de dater le début du soulèvement de
cette ride et, donc, le début du fonctionnement de la faille inverse active responsable de
ce soulèvement. La disparition brutale des apports turbiditiques à 1,8 Ma montre que le
site 796 n'était plus en position de recevoir les apports détritiques en provenance du
Japon à cette période. On interprète ce changement comme l'indice du soulèvement de
la ride. Les études ultérieures permettront de relier le taux de soulèvement de cette ride
(0,7 mm/an) au taux de convergence le long de cette limite de plaque naissante. On
dispose donc aujourd'hui d'un calendrier précis de l'évolution du bassin, de l'ouverture
(du Miocène inférieur à la fin du Miocène moyen), au début de la compression à
7-8 Ma [20] et à l'initiation de la convergence à 1,8 Ma.
HISTOIRE DE LA SÉDIMENTATION DANS UN BASSIN MARGINAL. — La série sédimentaire des
quatre sites raconte de manière précise l'histoire du bassin en terme d'environnement de
dépôt. Au cours du Miocène inférieur, on enregistre la formation d'un bassin peu
profond, subsidant rapidement et recevant des apports deltaïques, alors que des laves et
intrusions alcalines se mettent en place. A la fin du Miocène inférieur et au Miocène
moyen le bassin s'approfondit rapidement de 500 à 1500 m, des argiles noires à phospha-
tes et plus ou moins riches en calcaire se déposent tandis que l'activité volcanique sous-
marine se poursuit. Les assemblages de microfossiles, les structures des sédiments et leur
composition indique des eaux de surface froides, et des eaux profondes pauvres en
oxygènes. Du Miocène supérieur au Pliocène inférieur des eaux de surface plus froides
et des eaux profondes plus riches en oxygène déposent des sédiments hémipélagiques à
diatomées, très uniformes dans l'ensemble du bassin. C'est au sein de ces dépôts siliceux
que se situe la transition diagénétique opal A/CT. Cette transformation, qui dépend
fortement de la température, se marque ici de manière exceptionnellement claire en forage
et sur les profils sismiques. L'étude systématique de sa répartition dans le bassin fournit
des indications importantes sur le régime thermique. A la fin du Pliocène la proportion

EXPLICATIONS DES PLANCHES

Planche I
Fig. 1. — Carte tectonique de la Mer du Japon et localisation des sites de forage du Leg ODP127 (gros points
noirs) et du Leg DSDP31 (étoiles). 1 : blocs continentaux riftés, 2 : domaines à croûte continentale amincie,
3 : domaine à croûte océanique, 4 : bassins en échelon de la marge orientale, 5 : chevauchements et failles
:
inverses cénozoïques à terre, 6 axes de plis cénozoïques à terre, 7 : failles inverses actives en mer le long de
:
la marge orientale, 8 : décrochements, 9 : failles normales, 10 subduction de la plaque Pacifique, 11 :
subduction de la plaque Philippine.
Fig. 1. — Tectonic map of the Japan Sea and location of drilling sites of ODP Leg 127 (large black dots) and
DSDPLeg 31 (black stars). 1: rifted continental block, 2: thinned continental crust, 3: oceanic crust, 4: en
echelon basins on the eastern margin, 5: cenozoic thrusts onland, 6: cenozoic fold axes onland, 7: active reverse
faults on the eastern margin, 8: strike-slip faults, 9: normal faults, 10: Pacificplate subduction, 11: Philippine
Sea plate subduction.
Planche II
Fig. 2. - Corrélations lithologiques entre les quatre sites de forages du Leg ODP 127.
Fig. 2. —
Lithologic correlations between the four drilling sites ofODP Leg 127.

d'argiles détritiques augmente alors que la déformation compressive s'installe le long de


la marge orientale. Des oscillations climatiques contrastées conduisent au dépôt de
sédiments avec des rythmes clairs et sombres.
Une composante volcanique importante est observée dans tous les niveaux sous forme
de cendres diluées dans les sédiments. Mais des niveaux de cendres volcaniques bien
différenciés sont interstratifiés seulement dans le Miocène inférieur à moyen, et dans le
Plio-Quaternaire. Cette répartition temporelle est semblable à celle observée dans les
forages des Legs DSDP57 et 87 sur le mur interne de la fosse du Japon ([21], [22]).
CONCLUSION. Les premiers résultats du Leg 127 en Mer du Japon permettent déjà

de reconstituer l'histoire du bassin de manière précise sur le plan sédimentologique et
fournissent le premier calendrier indubitable de l'ouverture. Outre l'évident intérêt de ces
données sur le plan des paleoenvironnements de dépôts dans un domaine plus ou moins
fermé en contexte de marge active, ces résultats et ceux du Leg 128 permettront dans le
futur immédiat de proposer des modèles tectoniques et cinématiques précisément position-
nés dans le temps. Sur le plan tectonique un fait majeur doit maintenant être expliqué
les grands bassins marginaux de l'ouest Pacifique, aussi bien les bassins de la marge
:
eurasiatique comme la mer du Japon ou la Mer de Chine méridionale ([23], [24]) que les
bassins intraocéaniques comme le bassin de Shikoku [25] se sont ouverts en même temps.
Il y a donc à l'origine de ces ouvertures une composante commune qui ne peut être que
la subduction Pacifique. On doit donc chercher des modèles qui prennent en compte
aussi bien la déformation intracontinentale que la subduction.

Note remise le 12 février 1990, acceptée le 25 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] K. TAMAKI, Bull. Geol. Surv. Jpn., 39, 1988, p. 269-365.


[2] D. E. KARIG, J. Geophys. Res., 76, 1971, p. 2542-2561.
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[24] A. BRIAIS, Thèse de Doctorat, Université Paris-VI, 1989, 239 p.
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Département de Géologie, École normale supérieure,U.R.A. C.N.R.S. n° 1316,


24, rue Lhomond, 75231 Paris Cedex 05.
Géologie/Geology

L'orthogneiss œillé de l'Arc de Fix : un nouveau témoin


d'âge cambrien d'un magmatisme hyper alumineux
dans le Massif Central français
Khalid R'KHA CHAHAM, Jean-Pierre COUTURIÉ, Jean-Louis DUTHOU, Angel FERNANDEZ
et Georges VITEL
-
Résumé Situés sur la bordure occidentale du grand dôme anatectique du Velay (Carbonifère
supérieur), les gneiss œillés de l'Arc de Fix appartiennent à la série métamorphique à biotite et
±
sillimanite du Haut-Ailier. Un âge Rb/Sr de 528 9 Ma a été obtenu sur les faciès non anatectiques
et les moins déformés. Les gneiss œillés et les leptynites associées dérivent d'un ancien granite
porphyroïde et de leucogranites. Ce magmatisme cambrien, de caractère hyperalumineux et d'origine
basicrustale présumée, pourrait être rattaché à la fin de la compression cadomienne.

The Fix augen gneiss (French Massif Central): new evidence for the lower cambrian
per aluminous magmatism
Abstract - Associated with biotite sillimanite paragneisses, the crescent-shaped Fix augen gneiss lies
at the western boundary of the late carboniferous Velay granite dome. Its protolith, a peraluminous
±
porphyritic granite, is dated at 528 9 Ma by Rb/Sr method. This crustal magmatism could be
related to a compressional event during the eocambrian period.

Abridged English Version — The Fix augen gneiss ([I], [2]) is located in the southeastern
part of the French Massif Central at the western and southern boundaries of the migmatic
Velay granite (Fig. 1). It is exposed as a crescent shaped strip around this granite, but the
contact between these units is often covered by the tertiary and quaternary volcanism of the
Deves. The augen gneiss is also intruded by the granites of Chambon-te-Chateau et Saint-
Christophe-d'Allier. It corresponds to a 5 km thick laccolith intercalated in two-mica mica-
schists and biotite sillimanite paragneisses (Senouire series).
All these metamorphic rocks are locally affected by a retrograde phase, related to thermal
events: intrusion of granites ([3], [4]) such as the 323 Ma [5] Margeride pluton, and, or
emplacement of the migmatitic Velay dome (300 Ma). The anatexis mainly affected the
eastern part of the Arc de Fix (Fig. 1) around the Velay dome.
The main facies is a two-mica augen gneiss, containing numerous Carlsbadtwinned ortho-
clase megacrysts (2-5 cm long) with abundant myrmekites, ribboned quartz, oligoclase, biotite
and muscovite [1]. Accessory minerals are: sillimanite, ilmenite, apatite, rutile and zircon.
The presence of granodioritic microgranular enclaves confirms the already proposed meta-
igneous origin of this formation ([6], [7]). It corresponds to a peraluminous monzogranite
(A/CNK= 1.1 to 1.3, Si02=68 to 73%). More silicic (Si02: 73 to 78%) leptynitic gneisses
are also present. These are considered as more evolved granites, associated with the porphyr-
tic main facies.
The emplacement age of this orthogneiss is disputed: Cambrian (Bernard Griffiths unpubli-
shed, cf. [18]) or Lower Devonian ([6], [9]); so a Rb/Sr study has been performed on the
main augen gneiss facies.
±
A six-point whole-rock isochron (Rb/Sr) yields an age of 528 9 Ma (2 CT), with an initial
isotopic ratio: Sr,=0.7068±7 (Fig. 2 and Table). Five remaining samples lie outside this
isochron. They correspond to mylonitic (Fl, F2, N2) or anatectic (P, V) facies.

Note presentee par Maurice ROQUES.

0764-4450/90/03110845 $2.00 © Academie des Sciences


This lower Cambrian age is interpreted as the emplacement age of the granitic
protolith. The Sri value is in agreement with a crustal origin for this magma. The Arc
de Fix metagranite belong to the dated cambrian magmatism identified elsewhere in the
French Massif Central [8] and in the Armorican Massif of Brittany [10].
Tentatively this magmatism can be related to the crustal thickening at the end of the
compressional event, as in Brittany.
After its magmatic emplacement, the geological evolution of the Arc de Fix could be
resumed as follow: the main metamorphic and deformation phase could occur during middle
Devonian (380 Ma) as in western Massif Central, and/or be related to the thrusting of the
Haut Allier of lower Carboniferous age by analogy with the Marvejols thrust [16]. This
later event is well preserved in the southern part where the foliation is horizontal. The
curvature, the structural tilting, and the anatexis of the eastern part are related to the diapiric
ascent of the late Carbonierous (300 Ma) migmatic Velay dome [17].

Au sein de la chaîne varisque d'Europe de l'Ouest, le Massif Central français constitue


un secteur privilégié pour l'étude des nombreux événements magmatiques qui s'y sont
succédés. On y trouve en particulier des gneiss œillés qui sont de bons marqueurs de
l'histoire géodynamique et tectonométamorphique. L'étude de la partie Nord de l'un
d'entre eux, l'Arc de Fix, est en cours [1]. Afin de préciser son âge, une étude géochrono-
logique, dont nous présentons les résultats, a été réalisée.
I. CADRE GÉOLOGIQUE. — L'Arc de Fix [2], du nom de la localité de Fix-Saint-Geneys
en Haute-Loire, appartient à une ceinture de gneiss œillés, qui s'étend depuis la Chaise-
Dieu au Nord jusqu'à Vals-les-Bains au Sud, sur les bordures occidentale et méridionale
du massif granito-migmatique du Velay (fig. 1). La partie située au nord de Langogne,
sur laquelle porte principalement cette étude, forme une bande incurvée, large en moyenne
de 5 km. Elle est partiellement recouverte par les basaltes plio-quaternaires du Devès et
interrompue par les intruisons granitiques de Chambon-le-Château et de Saint-
Christophe-d'Allier. A l'Ouest d'Alleyras, les formations œillées réapparaissent au cœur
d'un dôme anticlinal gneissique.
Cette unité forme une lame fortement pentée vers l'Ouest et intercalée dans les
micaschistes à deux micas et les paragneiss à biotite et sillimanite de la Sénouire. Toutes
ces roches, qui appartiennent à la série autochtone du Haut-Ailier, montrent localement
des traces de rétromorphose imputables à l'influence thermique des granites intrusifs
et/ou de l'anatéxie vellave. Différents granites recoupent en effet les gneiss œillés. Il s'agit,
du Nord au Sud :
du leucogranite des Guillaumanches;

— du granite porphyroïde de la Chaise-Dieu et de ses annexes orientales de Bonneval
et d'Almance ([3], [4]);

des granites porphyroïdes de la Margeride, daté à 323 Ma [5], et de Chambon-le-
Château;

du leucogranite de Saint-Christophe-d'Allier.
Du côté oriental de l'arc, l'anatexie vellave affecte progressivement les gneiss œillés,
ainsi que les granites d'Almance et de Bonneval. Cette migmatisation, assez hétérogène,
se traduit par le développement irrégulier de mobilisats leucocrates et, par une désorgani-
sation de la foliation gneissique. Des filons et des poches d'aplite et de pegmatite à
grenat ou tourmaline s'observent par endroits, ainsi que de petits stocks granitiques.
Fig. 1. — Carte géologique simplifiée de la
région étudiée et (*) situation des prélève-
ments (voir texte). 1, terrains volcaniques;
2, leucogranites; 3, granite du Velay; 4,
granite de la Margeride; 5, granite de la
Chaise-Dieu; 6, granite rubané à biotite;
7, gneiss; 8, groupe leptyno-amphibolique;
9, leptynite; 10, orthogneiss de Fix; 11,
métapélites; 12, chevauchement; 13, faille;
14, point de prélèvement.
Fig. 1. — Geological sketch map and (*)
localization of the analysed samples (see
text).
2. -
Fig. Diagramme isochrone. L'isochrone (6 points) est calculée selon York (1969).
Les erreurs sur l'âge et le Sri sont à 95
2.
Fig. —
Rb-Sr evolution diagram. The isochron (6points) is computedfollowing York (1969).
The errors on age and intercept are quoted at the 95% confidence level.

II. PÉTROGRAPHIE ET GÉOCHIMIE. Les gneiss, à structure rubano-œillée dominante,



sont caractérisés par l'abondance des cristaux amygdalaires et pluricentimétriques
d'orthose maclée, avec présence de myrmékite. Ils renferment en outre quartz, oligoclase
(an 21-25), biotite (Fe/Fe+Mg: 0,60-0,70), muscovite, apatite, ilménite, rutile et zircon;
:
de la sillimanite relictuelle est également présente. Des leptynites sont souvent associées
aux gneiss œillés, leur texture est granoblastique et isogranulaire. Elles renferment les
mêmes minéraux, avec en plus du grenat almandin.
La composition chimique des roches totales (A/CNK :
1,1-1,3) et celle des biotites,
ainsi que la typologie du zircon [1], s'accordent pour préciser qu'il s'agit d'anciens granites
de type hyperalumineux. Les gneiss œillés (SiOz : 68 à 73 %) dérivent de monzogranites
porphyroïdes. Les leptynites (SiOz : 74 à 78 %) représentent des roches plus différenciées
de type leucogranite.
L'origine granitique de ces gneiss œillés, déjà proposée ([6], [7]), est également confirmée
par la présente de rares enclaves microgrenues, très déformées, de composition granodiori-
tique. Par ses caractéristiques générales, cette roche rappelle certains orthogneiss d'âge
Cambrien [8], connus dans d'autres secteurs du Massif Central. Des résultats préliminaires
(Bernard Griffiths, inédit, cf. [18]) accréditent cette hypothèse. Cependant, pour d'autres
auteurs ([6], [9]), cette formation correspondrait à un granite syncinématique d'âge hercy-
nien; une étude géochronologique par la méthode Rb/Sr sur roches totales paraissait
donc nécessaire.
III. GÉOCHRONOLOGIE: RÉSULTATS ET INTERPRÉTATION. — L'échantillonnage a été réalisé
sur des types variés de gneiss œillés répartis en différents points de l'Arc de Fix (fig. 1).
TABLEAU

Résultats analytiques. Rb et Sr ont été dosés par fluorescence X. La composition isotopique du Sr a été
déterminée sur spectromètre de masse VG 54E en double collection. Le standard SRM 987 a donné la valeur
moyenne de 0,71025±2 (2a). La précision sur les rapports 87Rb/86Sr est de 1,5 %, et l'incertitude sur le
rapport 87Sr/86Sr de 0,07 0/00.
Sr isotopic analyses were performed on a fully automated

J.
Analytical results. Rb and Sr analysed by XRF.
VG54Emassspectrometer in the double collection mode with normalization to 86Sr/88Sr=0.1194. TheNBS
salt SRM987 gave a mean value of0.71025±2 (2a). The 87Rb/86Sr ratios are precise to 1.5% and the
uncertaintyofSr isotopic composition is 0.07°/oo.
Échantillon Rb(lig/g) Sr(gg/g) 87Rb/86Sr 87Sr/86Sr

SD2 135,2 200,5 1,95 0,72164

Fl.
SDI 141,2 193,2 2,12 0,72293
N4 173,1 160,4 3,13 0,73023
N3 146,0 116,7 3,63 0,73405

F2.
163,5 101,0 4,70 0,74274
NI 160,5 93,2 5,00 0,74454
153,5 174,4 2,55 0,72432
N2 212,9 111,1 5,56 0,74181
169,3 175,1 2,80 0,72603
P 224,0 73,1 8,92 0,76874
L 169,5 106,0 4,64 0,73905
V 216,3 45,0 14,1 0,82223

:
La faciès normal (7 chantillons), largement rubané, riche en mégacristaux de feldspaths
potassiques peu déformés, a été prélevé dans la carrière de Josat (J), près du barrage
de Naussac (NI, N3, N4), le long de la D40 à 2 km au sud de Saint-Didier-sur-Allier
(SD1-, SD2), et au nord de Luc (L) près du pont sur l'Allier. Trois échantillons,

:
caractérisés par une mylonitisation plus intense (matrice finement cristallisée, quartz en
rubans, MFK granulés et étirés en fuseaux allongés) ont été récoltés le long de la N102
à l'ouest de Fix (FI et F2) et près du barrage de Naussac (N2). Deux prélèvements
proviennent de faciès anatectiques, l'un à la sortie sud de Veyrreroles(V), au cœur du
dôme d'Alleyras, l'autre au sud de Pradelles (P) dans la tranchée de la N106 présente
un faciès nébulitique en relation avec l'anatéxie vellave.
Parmi les 7 échantillons du faciès normal, 6 déterminent une isochrone T=528 ± 9 Ma
(2a), Sr, = 0,7068±7 (2cr) (tableau et fig.2). L'échantillon (L) ne s'inscrit pas sur
:
cette droite, sans qu'aucune particularité pétrographique ne le caractérise. Les autres
échantillons qui ne s'alignent pas sur l'isochrone appartiennent, soit au faciès fortement
mylonitique (FI, F2, N2), soit au faciès anatectique (P, V).
Nous interprétons l'âge cambrien obtenu comme celui de la mise en place du protolithe
granitique. La valeur du strontium initial (0,7068) est compatible avec l'origine crustale
de ce magmatisme hyperalumineux.
IV. CONCLUSIONS. — Par son âge, le magmatisme hyperalumineux de l'Arc de Fix se
rattache à l'ensemble des orthogneiss qui se sont mis en place au Cambrien dans les
zones internes de la chaîne varisque, aussi bien dans le Massif Central [8] que dans le
Massif Armoricain [10]. Ce magma résulte probablement de la fusion de la croûte
inférieure, impliquant à la fois du matériel méta-igné [11] et la participation d'une
composante métasédimentaire [12]. Enfin, ce magmatisme hyper-alumineux peut, à titre
d'hypothèse, être corrélé avec l'épaississement crustal lié à la fin de la compression
cadomienne, comme en Bretagne [13].
L'orthogneissification pourrait avoir débuté au Dévonien moyen (380 Ma), comme en
Limousin où elle est contemporaine du métamorphisme barrovien ([14], [15]) ou être liée
au chevauchement du Haut-Ailier, d'âge carbonifère inférieur par analogie avec celui de
Marjevols [16]. L'empreinte de ce chevauchement est conservée dans la région sud où
s'observe une foliation sub-horizontale. La courbure en arc et le redressement des
structures, ainsi que l'anatéxie de la région orientale sont à relier à la montée du dôme
granito-migmatique du Velay au Carbonifère supérieur, vers 300 Ma [17].
Note remise le 26 juin 1989, acceptée après révision le 5 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[17] M. CAEN-VACHETTE, J.-P. COUTURIÉ et J. DIDIER, C. R. Acad. Sci. Paris, 294, série II, 1982,
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[18] J. KORNPROBST, R. BOUILLET, J.-P. COUTURIÉ et J. FERAUD, Notice de la feuille de Cayres à 1/50000,
B.R.G.M., 1978, 22 p.

K. R. C. et J.-P. C. Université Blaise-Pascal, Département de Géologie,


:

5, rue Kessler, 63038 Clermont-Ferrand Cedex;


J.-L. D. : Université Blaise-Pascal, Département de Géologie,
U.R.A. n° 10, C.N.R.S., 5, rue Kessler, 63038 Clermont-Ferrand Cedex;
A. F. Université de Limoges, Département de Géologie,
123, rue A.-Thomas, 87060 Limoges Cedex;
G. V. : Université de Saint-Étienne, Département de Géologie,
23, rue du Docteur P.-Michelon, 42023 Saint-Étienne Cedex.
Géologie/Geology

La limite Pliocène-Pléistocène précisions


magnétostratigraphiques et climatiques par l'étude sériée de
:
la coupe-type de Vrica (Crotone, Italie)
Nathalie COMBOURIEU-NEBOUT, François SEMAH et Tony DJUBIANTONO

Résumé — L'étude pollinique de la section marine de Vrica, coupe-type de la limite Pliocène-


Pléistocène dont l'étalonnage chronologique est précisé par une nouvelle étude paléomagnétique,
révèle une compétition entre forêt mésophile et steppe à Artemisia. Elle comprend un long intergla-
ciaire suivi de nombreuses oscillations climatiques. La limite Pliocène-Pléistocène coïncide avec le
début d'une phase glaciaire.

The Pliocene-Pleistocene boundary: precise magnetostratigraphic and climatic


information according to a detailed analysis of the Vrica stratotype (Crotone,
Italy)
Abstract — The Pliocene-Pleistocene boundary has now a suitable bio- and chronostratigraphic status
in the Vrica marine section. A new paleomagnetic study allows us to correct the chronostratigraphy
of this section. Pollen analysis reveals the competition between the mesophilous forest and the cool-
xeric open associations (with Artemisia). Several climatic fluctuations follow a long interglacial
period. The Pliocene-Pleistocene boundary coincides with the beginning of a glacial period.

Abridged English Version — The concept of the basement of the Pliocene-Pleistocene boun-
dary has considerably evolved since its first definition at the 18th International Geological
Congress (London, 1948) ([I] to [4]). In the Crotone basin outcrops the marine section of
Vrica which has been chosen as the new stratotype of the Pliocene-Pleistocene boundary at
the 27th International Geological Congress (Moscow, 1984) (Fig. 1). This composite marly
section, about 250 m thick, contains several laminites and laminited layers, three sands and
a volcanic ash which constitute many marker beds ([5] to [9]) (Fig. 2).
Thanks to numerous stratigraphic investigations, successive classic bio-events of the Upper
Pliocene and the Lower Pleistocene have been evidenced: planctonic foraminifers, last occur-
rence of Globigerinoides obliquus extremus; benthic foraminifers, first occurrence ofHyalinea
baltica; nannofossils, last occurrences of Discoaster brouxveri and Calcidiscus macintyrei, first
occurrences of Gephyrocapsa oceanica, G. caribeanica and Gephyrocapsa > 5,5 fim ([5] to [7],
[10] to [13]) (Fig.2).
Three normal events (Nl, N2 and N3) have already been recorded in the Vrica
section [14]. According to the biostratigraphy, the first two normal events have been pre-
viously considered as the Olduvai (1.89 to 1.66 Ma) while the third would be an intermediate
one between Olduvai and Jaramillo ([14], [15]). Our magnetostratigraphic measurements
confirm the polarity of the three normal events N1, N2 and N3. Moreover our detailed
I
study has permitted a rise of the lower boundary of N eight meters higher than before
(Fig.3).
The Pliocene-Pleistocene boundary which has been traced just above the laminite e (the
fifth laminite of the Vrica section), between the top of the Olduvai and some bio-datums, is
dated at about 1.64Ma ([5], [6], [8], [14], [15]) (Fig. 2).

Note presentee par Georges MILLOT.

0764-4450/90/03110851 $2.00 © Academie des Sciences


The detailed pollen analyses of 60 marly samples has permitted construction of a synthetic
pollen diagram in which the 125 taxa recognized have been grouped according to the ecologi-
cal significance of their actual representives (Fig. 2). The first three groups represent the
subtropical to warm temperate forest: Taxodiaceae, Engelhardtia, Palmae,. (group 1);
Cathaya (group 2); Quercus, Carya, Ulmus-Zelkova,Carpinus,. (group 3). Because of its
large geographical distribution Pinus (group 4) has no climatic significance; neither have
certain other taxa (group 8). Tsuga (group 5), Cedrus (group 6), Abies and Picea (group 7)
could be considered as cold temperate or altitudinal elements. The mediterranean xerophytes
are represented in group 9. Herbaceous plants (group 10) including Artemisia and Ephedra
(group 11) constitute the cool and xeric open vegetation. The evolution of these eleven
assemblages has permitted us to retrace the history of the vegetation. So, while the open
association enriched itself in Artemisia, the forest suffered important modifications with the
successive abundance of Cathaya, Quercus, Carya and Tsuga. A long forest phase is eviden-
ced from the laminite a to the laminite e followed by the repetitive increases in herbaceous
plants (especially Artemisia) while the forest elements, progressively enriched in altitudinal
trees, decreased regularly (Fig. 2).
The competition between the forest and the cool, xeric open association expresses climatic
variations (temperature and moisture). It has been demonstrated for a long time that, in
the Mediterranean region, the development of steppic elements could be correlated with
cooler and dry period ([16] to [20]). The Vrica section would begin at the end of the oldest
one (Praetiglian stage of Northern Europe) which has already been evidenced in the
underlying Semaforo section [4]. It would contain a long interglacial (Tiglian stage of
Northern Europe) followed at about 1.64 Ma by a cooler period (Eburonian stage of Northern
Europe) and then strong and rapid climatic fluctuations. The numerous and frequent clima-
tic oscillations whose cyclicity corresponds with those of d1sO variations as much in the
Mediterranean as in the Atlantic Ocean ([21] to [23]) do not permit a precise cutting in
climatic phases by reference to the classic climatic zonation used for the Mediterranean
pollinic records [2]. Nevertheless, it could be demonstrated now that the Pliocene-Pleistocene
boundary coincides with the beginning of a glacial period which could be correlated to the
beginning of the Eburonian stage of Northern Europe [24].

INTRODUCTION. - Depuis le 18e Congrès géologique international (Londres, 1948) le

:
concept de la limite Pliocène-Pléistocène (Tertiaire-Quaternaire) a considérablement évo-
lué. A cette époque, la définition reposait sur deux critères essentiels d'une part, elle
correspondait aux premières indications de détérioration climatique (arrivée en Méditerra-
née des «first cold guests » Arctica islandica et Hyalinea baltica), d'autre part, elle
marquait le début du Calabrien. Grâce à l'étalonnage biostratigraphique de nombreuses
sections marines, il est apparu que seule l'arrivée en Méditerranée d'Artica islandica
devait être prise en considération et qu'il convenait de chercher comment cet événement
se concrétisait dans les sections marines pélagiques [1]. De plus, il a été établi que
les cycles glaciaire-interglaciaire de l'hémisphère Nord débutèrent bien avant la limite
conventionnelle ([2] à [4]). A la coupe de Le Castella, discontinue, fut préférée la section

:
de Vrica située au sud de Crotone (fig. 1) comme coupe-type de la limite Pliocène-
Pléistocène (27e Congrès géologique international Moscou, 1984). La nouvelle définition
de la limite, exempte de tout critère climatique, se réfère exclusivement à des repères bio-
et chronostratigraphiques.
I. STRATIGRAPHIE. —
D'une puissance de 250 m environ, la section composite de Vrica
est constituée d'argiles grises au sein desquelles s'intercalent 17 laminites ou marnes litées,
trois niveaux sableux et un niveau de cendre volcanique qui constituent autant de couches
repères ([5] à [9]) (fig. 1).
1.Biostratigraphie. — De nombreuses études biostratigraphiques furent réalisées sur
ces sédiments. Ainsi ont été reconnus les changements qui caractérisent la fin du Pliocène
et le début du Pléistocène inférieur ([5] à [7]) ([10] à [13]) (fig. 2)

:
:

foraminifères planctoniques disparition de Globigerinoides obliquus extremus;

:
— :


foraminifères benthiques apparition de Hyalinea baltica;

nannofossiles disparition de Discoaster brouweri puis de Calcidiscus macintyrei
apparition de Gephyrocapsa oceanica, G. caribeanica et des Gephyrocapsa >5,5 Jlm.
2. Magnétostratigraphie. -
La magnétostratigraphie a permis de définir chronologique-
ment avec précision la limite Pliocène-Pléistocène. Malgré le rejet de 50 des échantillons
étudiés à cause d'une trop grande dispersion des résultats, trois épisodes de polarité
normale aux limites peu précises ont été mis en évidence [14].
Sur la base des données biostratigraphiques (extinction de Discoaster brouweri au-
dessous de NI et apparition de Gephyrocapsa oceanica au-dessus de N2), les deux premiers
de ces épisodes, NI et N2, ont été rapportés à l'événement Olduvai tandis que le
troisième, N3, fut considéré comme un épisode non répertorié entre les événements
Olduvai et Jaramillo [14]. La limite Pliocène-Pléistocène, placée au sommet de la laminite
e([6], [8]) dans la section de Vrica, est tracée peu après l'Olduvai (de —1,89 à
- 1,66 Ma [15]) et avant des repères biostratigraphiques (fig. 2). Son âge est évalué à
-1,64 Ma [8].
Notre analyse qui confirme les épisodes de polarité normale permet de préciser la
limite inférieure de l'épisode NI par l'étude d'un échantillonnage serré (tous les 2 m).
L'aimantation rémanente de chaque échantillon a été mesurée après soumission à un
champ magnétique compensé puis à une démagnétisation thermique à 130, 156, 184, 208,
288, 332 et 400°C qui a pour but d'éliminer la composante visqueuse secondaire.
L'évolution de chaque échantillon au cours de la démagnétisation a été suivie pour
déterminer la polarité. On a utilisé la distance angulaire par rapport au dipôle actuel (0
pour une aimantation directe, 180 pour une aimantation inverse). Par cette méthode, en

que de la base de l'épisode NI (base de l'Olduvai


8 m (fig. 2 et 3).
:
particulier par la multiplication des échantillons, nous précisons la position stratigraphi-
—1,89 Ma) qui est donc à relever de

II. PALYNOLOGIE. Bien plus détaillée que les précédentes ([5], [6]) notre analyse

palynologique porte sur 60 échantillons marneux prélevés dans la section de Vrica. Il a
été montré par ailleurs que le contenu pollinique évoluait parallèlement dans les niveaux
laminés ([4], [9]).
Les 125 taxons déterminés ont été classés selon leurs affinités écologiques en 11 groupes

:
servant à la réalisation du diagramme pollinique synthétique (fig. 2). Les trois premiers
ensembles réunissent les éléments les plus thermophiles et hygrophiles groupe 1, Taxo-

;
diaceae non marécageuses, Engelhardtia,Palmae,.; groupe 2 Cathaya, Gymnosperme
:

qui, aujourd'hui, ne vit plus qu'en Chine groupe 3 Quercus, Carya, Ulmus-Zelkova,
:

Carpinus,. Le groupe 4 inclut Pinus et les Abietaceae indéterminables. Les quatre arbres
suivants, Tsuga (groupe 5), Cedrus (groupe 6), Abies et Picea (groupe 7), peuvent être
considérés comme des éléments d'altitude moins thermophiles que les précédents. Le
groupe 8 comprend les grains indéterminés, indéterminables et les taxons non classés. Le
groupe 9 est constitué par les xérophytes méditerranéennes dont Olea, Phillyrea,
Pistacia, Le groupe 10 réunit les plantes de végétation ouverte incluant les éléments
steppiques Artemisia et Ephedra (groupe 11).
La large représentation de Pinus tout au long de la section est normale pour un
sédiment marin. Cette sur-représentation masque en partie les variations des autres
groupes qui sont valorisées en excluant Pinus (fig. 2).
La partie inférieure de la série jusqu'à l'échantillon 20 est caractérisée par des pourcen-
tages élevés en éléments d'altitude (groupes 5, 6, 7) et en herbacées (groupe 10) alternant
avec des poussées à Quercus (groupe 3) et Cathaya (groupe 2) dans les derniers échantil-
lons. Après l'échantillon 20, les herbacées régressent et Cathaya se développe fortement
jusqu'à la laminite e, accompagné par les Taxodiaceae (groupe 1). Au-dessus, les herba-
cées et surtout Artemisia augmentent malgré un dernier sursaut de Cathaya
(échantillon 37). La partie supérieure de la section, au-dessus de la laminite h, est régie
par de fortes oscillations des pourcentages d'Artemisia et une diminution régulière des
éléments forestiers dominés par Quercus puis par Carya accompagné par Tsuga qui
réalise de forts pourcentages dans le sommet de la section.
Ces analyses évoquent une végétation complexe essentiellement organisée selon l'alti-
tude. Il existait une concurrence continue entre les formations ouvertes et les ensembles
forestiers qui subissaient eux-mêmes de profonds changements (Cathaya relayé par
Quercus puis par Carya et Tsuga). Une longue phase forestière est mise en évidence de
la laminite a à la laminite e. Ensuite, les groupements ouverts à Artemisia se développent
aux dépens d'un ensemble forestier enrichi en éléments d'altitude.
La compétition entre les deux types de formations végétales témoigne des modifications
du climat. Si la partie inférieure de la série traduit des températures fraîches associées à
des précipitations variables (alternances entre les formations ouvertes à Artemisia et
forestières d'altitude), le développement progressif de Cathaya dénote un réchauffement
accompagné de plus fortes précipitations. Au-dessus de la laminite e, un nouveau refroidis-
sement intervient associé à des conditions plus xériques (essor d'Artemisia). Le retrait
progressif des éléments forestiers les plus thermophiles au-dessus de la laminite h reflète
une baisse régulière de la température jusqu'au sommet de la section, refroidissement
confirmé ensuite par le développement de Tsuga.
Les analyses réalisées sur le pourtour NW méditerranéen ont conduit J.-P. Suc [2] à
construire une zonation reposant sur la signification climatique de la succession d'ensem-
bles polliniques. Grâce aux données chronostratigraphiques et sur la base des correspon-
dances entre les phases à végétation ouverte prépondérante associées aux périodes glaciai-
res et entre les phases à végétation forestière prédominante associées aux périodes
interglaciaires, une corrélation a été établie entre la zonation méditerranéenne et les
étages climatiques de l'Europe du Nord ([16], [17]). Cette dernière s'appuie sur les
analogies, pour chacun des deux domaines, des formations ouvertes des dernier et premier
glaciaire ([16], [18]). Dans les diagrammes polliniques ces périodes se caractérisent, au
Nord, par le développement des éléments de la toundra (Graminae, Cyperaceae et à un
degré moindre Ericaceae), au Sud, par l'extension des éléments steppiques (Amaranthac-
eae-Chenopodiaceae, Artemisia et à un degré moindre Ephedra). Des études récentes, en
Italie [19] et en Mer Tyrrhenienne [20], sur le dernier cycle climatique confirment pour
la région étudiée le développement de ces taxons au Wùrm. En Europe méridionale, le
glien, calé chronologiquement en Mer Méditerranéenne :
plus ancien développement des formations steppiques à Artemisia correspond au Praeti-
vers sa base, par l'apparition
de Neogloboquadrina atlantica, vers son sommet, par celle de Globorotalia inflata et
répertorié sous le nom de zone P III. La section de Semaforo, sous-jacente à celle de
Vrica, correspond à cette phase [4]. Les données bio- et chronostratigraphiques et pollini-
ques sur la section de Vrica permettent d'attribuer la base de la section à la transition
entre le Praetiglien et le Tiglien. Cette période se caractérise par plusieurs oscillations,
de faible amplitude pour la partie inférieure (échantillons 1 à 15), puis plus fortes. Le
Tiglien, étage climatique d'Europe du Nord à dominance chaude, serait bien marqué de
la laminite a à la laminite e. Au-dessus de ce niveau, le développement des formations
steppiques indique une phase glaciaire (début de l'Eburonien d'Europe du Nord) [9]. A
partir de ce niveau, les fluctuations sont marquées par une importance accrue d'Artemisia
et par la régression progressive des Gymnospermes thermophiles (Taxodiaceae, Cathaya)
compensée par le développement de celles d'altitude (Cedrus, Tsuga).
Cet enregistrement pollinique continu entre ca — 2 et — 1 Ma révèle des cyclicités
comparables à celles que fournit l'étude des variations de composition isotopique de
l'Oxygène en Méditerranée [21] comme en Atlantique Nord ([22], [23]). Les multiples
oscillations observées nous empêchent de placer avec précision les limites de la zonation
climatique définie par J.-P. Suc [2]. La limite conventionnelle Pliocène-Pléistocène, tracée
au sommet de l'événement direct Olduvai, intervient peu avant le début d'une phase
glaciaire qui, en vertu des données magnétostratigraphiques, se situerait à la base de
l'étage climatique Eburonien d'Europe du Nord [24].
CONCLUSION. -
L'étude magnétostratigraphique et palynologique détaillée de la section
de Vrica apporte des précisions intéressantes sur la limite Pliocène-Pléistocène, définie
bio- et chronostratigraphiquement sur ce site lors du 27e Congrès géologique international
(Moscou, 1984).
Les trois épisodes paléomagnétiques directs déjà reconnus au sein de la section ont été
confirmés. La limite inférieure du premier (-1,89 Ma), rapporté à l'Olduvai, a pu être
remontée de 8 m dans la section.
La compétition entre formations forestières mésophiles et steppes de climat frais et sec
traduit de grandes variations climatiques. La section débute à la fin du Premier Glaciaire
(Praetiglien) suivi par un long interglaciaire (Tiglien) encore Pliocène. La limite conven-
-
tionnelle Pliocène-Pléistocène (ici définie au sommet de la laminite e, 1,64 Ma), coïncide
avec le début d'une phase glaciaire (Eburonien). Le témoignage continu que livre cette
section renseigne très efficacement sur la mise en place et la complexité des premiers
cycles glaciaire-interglaciaire de l'hémisphère Nord.

Ces travaux constituent la contribution n° 67 dans le cadre du programme du C.N.R.S.-I.N.S.U. Dynamique


et Bilan de la Terre, thème « Message sédimentaire et paléobiologique ».
Note remise le 2juillet 1990, acceptée le 25 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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Prog. Hole 653A et 654 (sous presse).
[22] M. E. RAYMO, W. F. RUDDIMAN, J. BACKMAN, B. M. CLEMENT et D. J. MARTINSON, Paleoceanography,
2, n° 4, 1989, p. 413-446.
[23] W. F. RUDDIMAN, M. E. RAYMO, D. J. MARTINSON, B. M. CLEMENT et J. BACKMAN, Paleoceanography,
2, n° 4, 1989, p. 353-412.
[24] W. H. ZAGWIJN, Geol. in Minjbow, 64,1985, p. 17-24.

N. C.-N. : Laboratoire de Palynologie, Institut des Sciences de l'Évolution,


Université des Sciences et Techniques du Languedoc, 34095 Montpellier Cedex 5;
F. S. : Institut de Paléontologie humaine, 1, rue René-Panhard, 75013 Paris
et Laboratoire de Géomagnétisme, 94107 Saint-Maur;
T. D. : Pusat Penelitian Arkeologiu Nasional,
Jl Raya Condet Pejaten 4, PO Box 192 KBY, Jakarta Selatan, Indonésie.

EXPLICATIONS DE LA PLANCHE

Fig. 1. — Carte de localisation.


Fig. 1. — Locationmap.
Fig. 2. —
Magnétostratigraphie : place de la limite inférieure de l'épisode paléomagnétique direct NI.
Fig. 2. — Magnetostratigraphy: location ofthe lower boundary ofthe normal event NI.
Fig. 3. — Lithologie, biostratigraphie, chronostratigraphie et
diagrammes polliniques de la section de Vrica (la
signification des groupes polliniques est donnée dans le texte).
Fig. 3. — Lithology, biostratigraphy, chronostratigraphy andsyntheticpollen diagrams ofthe Vrica section (the
composition of each pollen group is explained in the text).
s
MER

-I
I"
ROTONE
^7+90°0°-90°
TIRRHENIENNE

MAGNETISME

marnes
"Nés
p

LITHOLOGIEFORAMINIFERES

S laminites
MER

cendre vokmique
w

NANNOFOSSILES
I0NIENNE
PALEO-
s'5
Tauxe et al. (1983)

Mesures paleomagnétiques

ŒJ
l^>I Gr.1
Gr.7 rn Gr.8
o
5
u

DIAGRAMMES POLLINIQUES

ËË3
lIlIIUIIJ
Gr.3
Gr.9
O.

EEB Gr.4
Sémah etDjubiantono

Mesures paleomagnétiques

par rapport au dipôle actuel

0
90°
————————————————

pourcentages calculés sur la somme totale des grains de pollens poun:entagescaicuMsenexduan.


gg Gr.2
Gr.10 H>1 Gr.11
Gr.5 [ffl
180°
'C
(2

de la somme de base
Gr.6
J
Tectonique/Tectonics

:
Sismicité permanente dans les Pyrénées centrales
et orientales une première image donnée par 1 année
d'observations
Louis MARTEL, Jacques-D. NJIKE-KASSALA, Marcel VADELL et Annie SOURIAU

-
Résumé La chaîne pyrénéenne, qui marque la limite en compression entre les plaques Eurasie
et Ibérie, présente une tectonique active marquée par des mouvements de surrection récents et une
activité sismique permanente, avec des événements de magnitude modérée. Une image détaillée de
cette sismicité permanente a pu être obtenue dans la partie occidentale depuis une dizaine d'années
grâce à un réseau sismologique approprié. Depuis la fin de 1988, un réseau sismologique expérimental
de sept stations avec transmission par le satellite METEOSAT fonctionne dans la partie orientale
de la chaîne, donnant ainsi une première image de la sismicité permanente de faible magnitude qui
ne pouvait être obtenue auparavant.
Sur 1 année d'observations, la sismicité apparaît, dans l'ensemble, faible et diffuse. La localisation
des foyers sismiques présente peu de relation avec les principales failles connues. En particulier, la
faille Nord-Pyrénéenne, qui constitue l'accident majeur s'étendant tout le long de la chaîne, ne
présente pas dans sa partie orientale l'activité permanente qu'elle présente dans sa partie occidentale.
Le Massif du Canigou apparaît peu sismique, malgré une surrection moyenne de 0,7 mm par an.
Par contre, une activité plus importante est observée en bordure des Massifs Nord-Pyrénéens, eux
aussi en surrection rapide, et dans la zone axiale centrale. Ces résultats font clairement apparaître
des différences dans la distribution spatio-temporelle de la sismicité pour les parties Est et Ouest de
la chaîne, probablement en relation avec des mécanismes tectoniques différents.

Permanent seismicity in central and eastern Pyrenees: first results


from one year's data
Abstract — The Pyrenean range, which results from the compressive deformation at the Eurasian and
Iberian plate boundary, exhibits a permanent seismic activity with events of moderate magnitude. This
seismicity is accurately known in the Western Pyrenees, where a specific network has been set up 11
years ago. In the Eastern and Central Pyrenees, an experimental seismic network of seven stations
with transmissions through the satellite METEOSAT has been operating since the end of 1988. It
has provided a preliminary image of the low magnitude permanent seismic activity in that region.
From one year's data, the seismic activity appears rather poor and diffuse compared with that in
the Western Pyrenees, and the seismic epicenters are poorly related to the fault locations. The North
Pyrenean Fault, which is the major accident delineating the plate boundary, does not exhibit in its
eastern part a permanent seismic activity as in its western part. On the other hand, no significant
seismicity is observed in the Canigou Massifdespite an elevation rate of0.7mm/year with respect to
the northern plain. The main seismic activity is observed at the border ofthe North Pyrenean Massifs,
and in the central part ofthe axial zone near Andorra and the Bigorre, where afast elevation rate is
also observed. These results reveal important variations in earthquake occurrence and distribution
between the Eastern and Western Pyrenees, probably related to different tectonic processes.

Abridged English Version The Pyrenees are a linear range resulting from shear and

compressive relative motions between the Iberian and Eurasian plates. The limit between
the two plates, located along the North Pyrenean fault (FNP), corresponds to a jump in the
Moho of nearly 15km in Central Pyrenees, with a thicker crust to the South [8]. The FNP
delineates to the North the Paleozoic Axial Zone. On both sides of this zone are large
Mezozoic units detached from the axial zone (Pig. 1).
Historical and instrumental seismicity [2] shows that the seismic activity is located mainly
along the Northern border of the range, with a higher activity along the western part of the
FNP. In the Western Pyrenees, the seismic activity has been studied for a decade thanks
to a specific network (Arette network) ([3], [4]). In central and Eastern Pyrenees, the main

Note presentee par Jean-Louis LE MOUEL.

0764-4450/90/03110859 $2.00 0 Academie des Sciences


events only have been located from the data of remote stations [5], for the two periods 1962-
1976 and 1977-1983. The epicenter locations do not exhibit clear patterns, except a seismic
crisis near Andorra, and two clusters of events along a short segment of the FNP and
between the Tet and Tech faults. Only few events are located on these faults, which are
considered as the major faults in Eastern Pyrenees. Note, however, that a low magnitude
permanent activity would not have been detected by the existing stations.
Since the end of 1988, a seismic network of seven stations has been set up in the Central
and Eastern Pyrenees. The data are transmitted through the satellite METEOSAT to the
Observatoire Midi-Pyrenees in Toulouse [6]. After I year's recording, a preliminary image
of the low magnitude permanent activity in that region has been obtained.
The crustal P-velocity model used for hypocenter location is deduced from the results of
several long-range seismic profiles ([7], [8], [9]), as well as from a vertical reflection seismic
profile across the Central Pyrenees [10]. The S-velocity model has been deduced from
the P model by determining the velocity ratio Vp/Vs with the Wadati method[11]. This
ratio (Vp/Vs =1.75) is significantly lower than that obtained in the Western Pyrenees
(Vp/Vs =1.80[4]), where magmatic inclusions are supposed to be present in the crust [13],
but it is higher than the value obtained for the Hercynian stable structures of the Massif
Central (Vp/Vs=1.70[12]).
For the year 1989, about 80 earthquakes have been located. Data include the P and S
arrival times provided by the seven stations of the network, the stations of the Servei Geologic
de Catalunya and one station of the French Atomic Energy Commission (Fig. 2). The
epicenter location accuracy is better than I km for events located inside the network. Depths
of events are not well constrained, but they do not exceed 10km. Magnitudes range from
1.2 to 3.2, except one earthquake of magnitude 4.2 in Bigorre.
The time interval considered is much too short to have an image of the mean seismicity
of the region. However, some interesting features may be observed. First, the epicenter's
geographic distribution appears very scattered and exhibits few similarities with that obtained
for the period 1962-1976, for earthquakes of generally higher magnitudes. Also, the events
are rarely located along the major faults (North Pyrenean Fault, Tet and Tech faults). The
highest activity is observed near the North-Pyrenean Massifs and in the Paleozoic Axial Zone
near Andorra and the Bigorre.
Vertical deformations in the Pyrenees have been obtained from comparisons of levellings
carried out at about 60-year intervals [17]. They have revealed an elevation rate of0.7mm/yr
of the Canigou Massif and a subsidence rate of0.4mm/yr of the Perpignan Basin. Curiously,
no permanent seismicity is observed in the Canigou. This suggests that ductile deformation
may play an important role in the tectonic processes at the origin of this range. In contrast,
the high elevation rate observed in the Bigorre(-0.8mmfyr) may be related to a significant
seismic activity.
It is also interesting to compare the activity in the Eastern and in the Western parts of
Pyrenees, even if the networks used to map the seismicity in these two regions have very
different geometries [14]. Two prominent features are: first a much higher seismic activity
in the Western part, second a concentration of this seismicity in a narrow East-West oriented
strip. East of the Bigorre fault (0.2°E), the earthquake distribution becomes more diffuse
and stretches over a wide domain in latitude. This suggests that the Bigorre fault delineates
two regions where the deformation processes are different. Several years of seismicity analy-
sis would, however, be necessary to come to a better understanding of the tectonic processes
at the origin of the Pyrenean range.
INTRODUCTION. - Les Pyrénées forment une chaîne linéaire résultant des déplacements
différentiels des plaques Ibérie et Eurasie, la limite entre ces deux plaques étant marquée
par la Faille Nord-Pyrénéenne(FNP), un accident majeur qui s'étend tout au long de la
chaîne et correspond à un saut de 10-15 km du Moho (fig. 1). La FNP borde au Nord
les massifs paléozoïques de la Zone Primaire Axiale. De part et d'autre de ces massifs se
trouvent des terrains secondaires plus ou moins plissés et métamorphisés formant, au
nord de la FNP, la Zone Nord-Pyrénéenne qui chevauche les terrains tertiaires de la
Zone Sous-Pyrénéenne[1].
La sismicité historique et instrumentale [2] fait apparaître une activité sismique le long
de la bordure Nord de la chaîne, avec une forte concentration dans la partie Ouest, et
une activité diffuse dans la partie Est, où un seul événement majeur a été reporté au
cours du dernier millénaire. Dans la partie occidentale, un séisme destructeur a motivé
l'installation d'un réseau sismologique (réseau d'Arette) dont les données ont permis une
cartographie fine de la forte sismicité permanente de cette région ([3], [4]). Dans la partie
orientale, les quelques stations existantes ne permettaient ni des localisations précises, ni
la détection d'une éventuelle activité permanente de faible magnitude. Les principaux
événements sont cartographiés dans une étude de Olivera et coll. [5] pour les périodes
1962-1976 et 1977-1983. La seule activité significative pendant la première période est
une crise sismique dans la région d'Andorre alors que pour la deuxième période, la
sismicité est localisée sur un court segment de la FNP et entre les failles de la Têt et du
Tech. Mais peu d'événements marquent ces deux failles, pourtant reconnues comme des
accidents majeurs.
Depuis la fin de 1988, un réseau sismologique de sept stations a étéinstallé dans les
Pyrénées centrales et orientales, sous l'impulsion de l'Institut national des Sciences de
l'Univers (fig. 2). Les informations sont centralisées à l'Observatoire Midi-Pyrénées à
Toulouse grâce à des télétransmissions par le satellite METEOSAT [6]. Ce réseau a
permis une première cartographie de la sismicité permanente de faible magnitude dans
cette région.
LOCALISATION DES ÉptCENTRES. — La localisation d'un foyer sismique repose sur la
connaissance d'un modèle de vitesses de propagation des ondes P et S dans la croûte et
sous le Moho. Pour les ondes P, des modèles de vitesse ont été obtenus le long de
plusieurs profils sismiques à l'aide de sources explosives ([7], [8], [9]) ainsi que le long
d'un profil ECORS (sismique réflexion verticale) traversant les Pyrénées centrales [10].
Un modèle moyen pour les ondes S en a été déduit en déterminant, par la méthode de
Wadati, le rapport des vitesses sismiques Vp/V, supposé constant dans la région
étudiée[11]. Le rapport obtenu (Vp/Vs~1,75) est supérieur à celui obtenu dans les zones
cristallines stables du Massif Central (Vp/Vs=1,70[12]), mais n'atteint pas la valeur
=
fortement anormale (Vp/Vs 1,80) obtenue dans les Pyrénées occidentales [4] et attribuée
à la présence d'intrusions magmatiques dans la croûte [13].
Pour l'année 1989, environ 150 événements ont été localisés grâce aux sept stations du
réseau, aux stations du Service géologique de Catalogne et à une station du Laboratoire
de Détection géophysique du Commissariat à l'Énergie atomique (fig.2). Environ
70 événements ont été reconnus d'origine artificielle (tirs de carrière, construction de
routes) et ont été éliminés de la figure 2. A cause du petit nombre de stations enregistrant
chaque événement, les profondeurs des foyers n'ont pu être déterminées. Elles ne
dépassent pas une dizaine de kilomètres. De même, les magnitudes ne sont pas reportées,
elles varient de 1,2 à 3,2, exception faite d'un séisme en Bigorre (6 janvier 1990), de
Fig. 1. -
:
::
Principaux traits structuraux des Pyrénées. FNP
:
Faille Nord-Pyrénéenne; FB: faille de Bigorre;
MNP: Massifs Nord-Pyrénéens; C Massifdu Canigou; P Bassin de Perpignan. Étoile Réseau sismologique
d'Arette.
Fig. 1. - :
Main Structural features of the Pyrenees. FNP North Pyrenean Fault; FB: Bigorre fault; MNP:
North Pyrenean Massifs; C: Canigou Massif; P: Perpignan Basin. A: Arette seismic network.

magnitude 4,2. Les erreurs de localisation, estimées en tenant compte de possibles


variations latérales de la structure crustale, ne dépassent pas 1 km pour les épicentres
situés à l'intérieur du réseau.
Bien que les événements d'une seule année ne soient pas représentatifs de la sismicité
moyenne, quelques caractèresintéressants se dégagent de la carte de sismicité obtenue.
Tout d'abord, la distribution de la sismicité apparaît très diffuse et présentepeu de
caractères communs avec celle obtenue pour la période 1962-1983, pour des séismes de
magnitudes généralement plus élevées (M >2,5) [5]. Les épicentres ne coïncident que
rarement avec les grands accidents connus, comme la faille Nord-Pyrénéenne etles failles
de la Têt et du Tech. Quelques séismes ont été détectés sur lepourtour méditerranéen,
ceux de Catalogne pouvant être mis en relation avec le système de failles de Penedes
Vallès. Une plus forte concentration de séismes apparaît en bordure des Massifs Nord-
Pyrénéens, ainsi que dans les massifs palézoïques axiaux au niveau d'Andorre et en
Bigorre. Par contre, le massif du Canigou ne présente qu'une très faible séismicité pendant
la période considérée.
DIscUSSION. — La sismicité présentée dans les études antérieures souffre d'erreurs de
localisation pouvant atteindre 10 km [14], par suite du nombre trop restreint de stations.
La figure 2 donne une image beaucoup plus précise, mais sur un intervalle de temps très
limité. Peu de solutions focales sont connues pour l'ensemble de ces données ([5], [15]-
[16]). Il est donc impossible, actuellement, de contraindre les modèles tectoniques à partir
de la sismicité.
Il est cependant intéressant de comparer la sismicité aux mesures de déformations
verticales, obtenues à partir de nivellement réalisés à une soixantaine d'années d'inter-
Fig. 2. —
Épicentres localisés pour l'année 1989.
Fig. 2. - Seismicityfor theyear 1989.

valle[17]. Ceux-ci ont mis en évidence une surrection rapide du massif du Canigou
(0,7mm/an par rapport au Bassin Aquitain), tandis que le bassin de Perpignan voisin
est en subsidence rapide (-
0,4mm/an avec la même référence). Ces mouvements relatifs
rapides sans sismicité permanente suggèrent que les déformations par fluage jouent un
rôle important. Au contraire, pour les Massifs Nord-Pyrénéens et la Bigorre, eux aussi
en surrection (0,8mm/an en Bigorre), une sismicité plus importante est observée. Une
comparaison de la sismicité obtenue dans les parties orientale et occidentale des Pyrénées
est également intéressante, même si les conditions d'établissement des cartes de sismicité
sont très différentes [14]. Deux caractères très nets sont d'une part que l'activité sismique
est beaucoup plus importante dans la partie occidentale, d'autre part que la sismicité y
est principalement concentrée suivant une bande d'orientation Est-Ouest assez étroite
(10km) au voisinage de la FNP. A l'Est du méridien 0,2°E, ce qui correspond approxima-
tivement à la Faille de Bigorre, la sismicité devient beaucoup plus faible et beaucoup
plus diffuse, elle est distribuée sur l'ensemble de la zone Nord-Pyrénéenne et de la Zone
Paléozoïque axiale. Ceci suggère que la Faille de Bigorre marque un changement dans
le mode de déformation tectonique ou dans les propriétés rhéologiques crustales et
mantéliques.
Dans la partie orientale des Pyrénées, l'identification des failles actives va nécessiter
de nombreuses années de collecte de données, mais une meilleure connaissance de la
sismicité apparaît indispensable pour la compréhension et la modélisation des phénomènes
géodynamiques à l'origine de la chaîne Pyrénéenne.
Le réseau sismologique a pu être mis en place grâce au financement de trois stations par le Conseil général
de l'Ariège. Les auteurs remercient G. Poupinet pour sa contribution au développement du réseau, et C. Olivera,
M. Daignières, J. Gagnepain-Beyneix et J. L. Bouchez pour d'intéressantes discussions scientifiques.
Note remise le 6 juillet 1990, acceptée le 16 août 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[17] J. FOURNIQUET et N. LENÔTRE, Document B.R.G.M., n° 103, 1987.

Observatoire Midi-Pyrénées, U.P.R. 234, G.R.G.S.,


14, avenue Édouard-Belin, 31400 Toulouse.
Tectonique/Tectonics

Fracturation tardi-hercynienne et détritisme associé


chronologie des événements dans les massifs granitiques
:
cévenols décrochés par la faille de Villefort (Mont Lozère
et Borne, Massif Central, France)
Jean-Paul DEROIN, Jean-François BECQ-GIRAUDON et André E. PROST

-
Résumé A partir d'observations tectoniques de terrain et d'une cartographie détaillée, on établit
la chronologie relative des événements tardi-hercyniens ayant affecté les intrusions granitiques
des Cévennes septentrionales. Elle comprend trois phases dont la manifestation principale est le
décrochement. Au sud du massif du Mont Lozère (région du Pont-de-Montvert), des dépôts
arkosiques sont basculés par le jeu d'une faille WNW-ESE alors que la couverture mésozoïque est
simplement affectée en jeu normal. Un âge stéphanien à autunien est proposé pour ces dépôts
arkosiques.

Late Hercynian fracturing and associated sedimentary deposits. Chronology of


the tectonic events in the Mont Lozere and La Borne (Massif Central, France)
Abstract — Micro-tectonic measures and detailed mapping allow establishment ofthe relative chrono-
logy of Late Hercynian events in the crystalline rocks of northern Cevennes. A succession of three
phases characterized by strike-slip faulting is described. In the southern part of the Lozere batholith
(Le Pont-de-Montvert), arkosic deposits are tilted by a WNW-ESE fault, whereas the Mesozoic series
is simply affected by normal faults. This formation is probably Stephanian-Autunian in age.

Abridged English Version — In the north of the Cevennes (Fig. 1), Mont Lozere is a
granitic batholith [1] intrusive within epi- to mesozonal metamorphic series [2]. Three main
calc-alkaline granite facies have been recognized [3], one of which is a porphyritic facies
similar to the one observed within the La Borne Massif. The radiochronometric ages date
the last intrusion at about 280-285 Ma [4] and granitisation took place well after the major
phase of synmetamorphic folding [5]. The existence of Late Hercynian faults has been
demonstrated [6], particularly the Orcieres fault [7 a] and the Villefort fault [8]; their structu-
ral influence is felt well beyond the Variscan cycle [9]. The tectoglyph analysis shows three
successive deformation phases [10]: (1) An initial ductile phase, responsible for N-S and
E-W fractures, right and left transcurrent respectively, and evidenced in the anatectic zone
of the Tanargue where it represents the end of the synmetamorphic regime [5 b]; (2) a
ductile-brittle N-S to NNW-SSE phase, which is shown by the sinistral lateral motion of the
Villefort fault and its N-S satellites, and characterized by phyllonites [12]; (3) a brittle phase,
expressed in the dextral lateral motion of WNW-ESE trending fractures associated with
cataclasis; en echelon faulting is attributed to this phase [13]. A WNW-ESE to W-E brittle
phase characterizes the dextral wrenching of the great longitudinal faults which mark the
borders of the massif. These faults show a Pyrenean reactivation but cannot be definitely
attributed to the Late-Hercynian tectonics.
In the area of Le Pont-de-Montvert (Lozere Dept.) one observes three remnants of coarse
grained arkosic deposits (La Cham du Pont, Peyroche, La Cham de Finialette) [14] overlying
the peneplaned surface of the granites (Fig. 2). Cross-bedded and fining-upwards sediments,
typical of fluviatile deposits, mainly yield angular quartzose elements together with kaolinized
feldspars in an argillaceous matrix. Presence of elements of schist and black microquartzite,

Note presentee par jean AUBOUIN.

0764-4450/90/03110865 $2.00 (b Académie des Sciences


typical of the epizonal series of central Cevennes, and at present cropping out in the Bouges
mountain, indicates that part of the detrital sediment could have originated in the
south. Nevertheless, the possibility of the presence, at the time of deposition, of an uneroded
metamorphic cover on the batholith, which could have provided the clasts, cannot be altoge-
ther ruled out. The direction of the different fractures which limit the present three arkosic
remnants belong to three regionally known families and whose crossing, over few square
kilometres, warrants a good analysis of their mutual relations: (1) A N-Strendingfault (Le
Pont-de-Montvert Fault), satellite of the Villefort Fault [15], whose sinistral motion is expres-
a
sed within the different granitic facies making up the Mont Lozere; (2) N.120-N.300°
fault (Le Peyrou Fault), well expressed in the hydrographic network [16], dextrally offset
the former; this dextral motion is also stressed by the offset of great phyllonitic N-S veins,
which can be seen in the bedrock of the Tarn river at Le Pont-de-Montvert; (3) an E-W
fault (South Lozere Fault) which is the south Lozere great limiting fault, southern equivalent
of the Orcieres Fault; this meridional accident has moved dextrally and is part of the great
framework of E-W trending faults of the Cevennes such as the Le Vigan Fault [11]; it
a
exhibits here N.070-N.2500 trending fracturation due to its dextral motion. Thus, one
regionally recognizes, and more precisely in the area of Le Pont-de-Montvert, tilted detritic
series which contrast with Mesozoic tabular deposits ([14], [17-23]). The age of those
formations is therefore likely to be Upper Palaeozoic. The reconstitution of the Late Hercy-
nian tectonic phase succession has warranted the integration, within the regional geodynamic
scheme, of those deposits. They therefore represent the remnants of a wider sedimentary
basin, local result of the destruction of the Variscan orogen. The observations made on the
basin of Le Pont-de-Montvert, and reported in this paper, indicate a deformation induced
by a compressive stress field which lasted until Mid Permian times and which has been
suggested [24] and described elsewhere [25]. The relictual deposits of the southern side of
the Mont Lozere thus turn out to be Stephanian to Autunian in age.

INTRODUCTION. — Dans le Nord des Cévennes (fig. 1), le Mont Lozère représente un
batholite circonscrit [1] intrusif dans des séries métamorphiques épi- à mésozonales [2].
Trois faciès principaux de granites calco-alcalins, dont un faciès porphyroïde proche de
celui que l'on retrouve dans le massif de la Borne, ont été reconnus [3]. Les âges
radiochronométriques montrent que les dernières intrusions se sont mises en place vers
280-285 Ma [4]; en tout cas, la granitisation est nettement postérieure à la phase de
plissement majeur synmétamorphe [5]. L'existence de failles tardi-hercyniennes a été
reconnue [6], notamment la faille d'Orcières [7 a] et la faille de Villefort [8]; leur rôle
structural se prolonge bien au-delà du cycle varisque [9].
FRACTURATION TARDI-HERCYNIENNE. —
L'analyse détaillée de la fracturation sur le
terrain [10] permet d'établir la chronologie relative des principaux événements de la
tectonique tardi-hercynienne au sud du Mont Lozère. Celle-ci, bien établie au sud des
Cévennes [11], est ici surtout représentée par un régime cisaillant marqué essentiellement
dans les granitoïdes et peu apparent au sein des unités métamorphiques moins compé-
tentes (fig. 1). La lecture des tectoglyphes montre trois phases de déformation successives
(1) Une phase initiale en régime ductile accompagnée du jeu senestre de failles E-W et
:
dextre de failles N-S, avérée dans la zone d'anatexie du Tanargue où elle représente la
fin du régime synmétamorphe [5 b]; (2) une phase ductile-fragile N-S à NNW-SSE, se
traduisant par le décrochement senestre de la grande faille de Villefort et de ses satellites
subméridiens, marqué par des phyllonites [12]; (3) une phase fragile exprimée par le jeu
en décrochement dextre de fractures de direction WNW-ESE, associé à une cataclase;
on note que des structures en échelon sont attribuées à cette phase [13]. Une dernière
phase, fragile, WNW-ESE à W-E est caractérisée par le décrochement dextre des grands
accidents longitudinaux de bordure. Les plans de failles associés à ce jeu montrent une
réactivation cénozoïque bien établie par la superposition de stries verticales (pyrénéennes
s.l.) à des stries horizontales attribuables au Tardi-Hercynien ([7], [11]), mais sans argu-
ments sur notre terrain. La succession tardi-hercynienne, quant à elle, montre une
évolution cohérente et progressive accompagnant la remontée du bâti structural.

DÉPÔTS DÉTRITIQUES AU SUD DU MONT LOZÈRE. —


Il subsiste, dans la région du Pont-
de-Montvert (Lozère), trois zones de dépôts d'arkoses grossières (La Cham du Pont,
Peyroche, La Cham de Finialette) [14] en placage sur la surface pénéplanée des granites.
Les dépôts de Peyroche et de la Cham de Finialette sont limités par failles sur leur
bordure nord. L'ensemble de ces affleurements relictuels (fig. 2) est ici réinterprété en
termes de dépôts tardi-hercyniens dont l'aire actuelle d'affleurement est étroitement
limitée par trois systèmes de failles.
La composition des sédiments présentant des stratifications obliques et du granoclasse-
ment, caractéristiques de séquences fluviatiles, montre principalement des éléments
quartzeux anguleux et des feldspaths plus ou moins kaolinisés, dans une matrice argileuse.
La présence de fragments de schistes et de microquartzite noir de la série épizonale des
Cévennes centrales, connue à l'heure actuelle dans la Montagne de Bougés, indique
qu'une partie des apports détritiques a pu provenir du sud. On ne peut toutefois pas
exclure la présence, à l'époque, d'une couverture métamorphique non érodée sur le
batholite, et qui aurait fourni les éléments figurés.
Les dépôts sont nécessairement postérieurs à la mise en place des granites datée de la
fin du Stéphanien — début de l'Autunien (285 Ma). Les relations de terrain montrent que
l'érosion avait dégagé une partie du granite intrusif dans la série métamorphique; de plus
la présence de faciès aplitiques et pegmatitiques, marqueurs du sommet des batholites,
indique que le processus d'érosion était peu avancé au moment des dépôts.

CONTEXTE MORPHO-STRUCTURAL DES ARKOSES. —


Les directions des fractures qui limitent
l'ensemble des trois témoins arkosiques correspondent aux trois systèmes observés régio-

:
nalement, dont le recoupement sur quelques kilomètres carrés, permet l'analyse de leurs
relations mutuelles (1) Unefaille subméridienne, satellite de la faille de Villefort [15],
dont le jeu en décrochement senestre s'exprime au sein des différents faciès granitiques
constituant le Mont Lozère; (2) une faille N. 120-N.300°, bien marquée dans le réseau
hydrographique, affectant la précédente en jeu décrochant dextre; ce jeu dextre est
également souligné par le décalage de phyllonites N-S, observables notamment dans le
lit du Tarn, au Pont-de-Montvert; (3) une failleE-W qui correspond à la grande faille
de bordure sud-lozérienne, pendant méridional de la faille d'Orcières; cet accident méridio-
nal a joué en décrochement dextre et participe au réseau de grandes failles E-W des
Cévennes telles que la faille du Vigan; il présente ici un accident WSW-ENE, en relais,
associé à son jeu dextre.
Les accidents WNW-ESE, N-S et E-W sont nommés respectivement du Peyrou, du
Pont-de-Montvert et Sud-Lozère (fig. 2). Leurs pendages sont forts, mais rarement
verticaux, et les vergences observées sur le terrain sont respectivement sud-ouest, est
et nord. Cette disposition permet ici la préservation des sédiments. La structuration
pyrénéenne [16] est responsable de l'exhaussement relatif des affleurements de Peyroche
et de la Cham de Finialette par rapport à ceux de la Cham du Pont. La différence
(
d'altitude est accentuée par le pendage sud de la surface de pénéplanation =mur du
dépôt d'arkoses). On ne peut toutefois pas accéder au mécanisme de formation des
dépôts compte tenu de la rareté des affleurements et de l'exiguïté du bassin.

RÉVISION DE L'ÂGE DES ARKOSES ET CONCLUSION. —


En l'absence de tout élément de
datation, les auteurs ont attribué un âge triasique [14 a] à hettangien [2] aux dépôts de
la Cham du Pont, voire cénozoïque [14 b] pour ceux de Peyroche et de la Cham de
Finialette. Ces dépots ne peuvent avoir un âge tertiaire puisque la découverte de fragments
centimétriques de micaschistes dans le conglomérat polygénique de Peyroche rend cadu-
que l'hypothèse d'un dépôt in situ des sédiments à cette époque. D'autre part, les
sédiments du Trias connus régionalement sont parfois arkosiques; mais ils sont souvent
gypseux, argileux ou carbonatés, à la base, sur la bordure cévenole [17]; à l'ouest, par
exemple dans la région de Meyrueis au sud de Florac, les formations basales sont des
grès tendres à intercalations dolomitiques et argiles rouges. Enfin, sur le massif de la
Borne, à la Garde-Guérin par exemple, la zone d'épandage continental comporte des
arkoses à matrice argileuse associées à des siltites verdâtres. Ces sédiments triasiques ne
sont pas tectoniquement guidés et sont conservés en lambeaux au prix des rejeux
postérieurs des failles (cf. Cham de Montselgues, fig. 1). Le bassin du Pont-de-Montvert
apparaît, 'au contraire, comme une cuvette orientée dans la direction des failles WNW-
ESE (fig. 2). Or le démantèlement de l'orogène hercynien est prouvé dès le Stéphanien
par les bassins carbonifères de Sumène[11] et de la Grand'Combe[18]. La datation
palynologique des dépôts les plus récents (couche Blachère) de ce dernier bassin a
montré l'existence de la base de l'Autunien [19] dans la série autochtone sur laquelle est
charrié [20] un ensemble de termes stéphaniens, suivant des plans de chevauchement
orientés NW-SE, mis en place lors de la phase fragile (cf. supra); ces chevauchements
ont été remis en cause [21] sans toutefois nier l'existence même de la phase de compression.
Cette dernière ne semble pas postérieure à la fin du Permien, puisque celle-ci est marquée
par un contexte tectonique purement distensif [22]. D'autre part, du côté de Largentière,
du Permien indifférencié est connu au sud-ouest de Sanilhac [23] sous la forme de
conglomérats remaniant le socle immédiatement voisin; il est en contact par failles avec
ce socle et l'ensemble est recouvert en discordance par le Trias inférieur non plissé. Ce
dispositif évoque celui de la Cham du Pont. On distingue alors deux surfaces d'érosion
l'une immédiatement postérieure à la mise en place des granites calco-alcalins, l'autre
:
située entre cette première surface et la base du Trias.
On reconnaît ainsi régionalement, et en particulier dans le secteur du Pont-de-Montvert,
des terrains détritiques basculés jusqu'à 70° contrastant avec le Mésozoïque tabulaire,
comme on peut le constater dans le causse des Bondons où le prolongement de l'accident
du Peyrou se manifeste simplement par un rejeu normal, vraisemblablement pyrénéen
(fig. 2). L'âge de ces dépôts est donc nécessairement anté-triasique. La reconstitution de
la succession des phases tectoniques tardi-hercyniennes a permis d'intégrer dans le schéma
géodynamique régional ces dépôts d'arkoses de la Cham du Pont, de Peyroche et de la
Cham de Finialette. Ces derniers correspondent alors à des témoins d'un bassin plus
vaste constitué au cours du démantèlement de la chaîne varisque. Les observations
effectuées sur la Cham du Pont et rapportées dans cette Note indiquent une déformation
en régime compressif, dont la persistance jusqu'au milieu du Permien a été suggérée [24]
etdécrite [25] par ailleurs. Les dépots relictuels du bassin du Pont-de-Montvert appa-
raissent alors d'âge stéphanien à autunien.
Note remise le 4 mai 1990, acceptée après révision le 8 août 1990.

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[15] (a) J. PELLET, C. R.Acad. Sci. Paris, 260, 1965, p. 3724-3727; (b) J. COGNE, B. GEZE, J. GOGUEL,
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J.-P. D. : Service géologique national, Dépt. Télédétection,


B.R.G.M., B.P. n° 6009, 45060 Orléans Cedex 2 et Département de Géotectonique,
Université Pierre-et-Marie-Curie, 75252 Paris Cedex 05;
J.-F. B.-G. : Service géologique national, Dépt. Géologie,
B.R.G.M., B.P. n° 6009, 45060 Orléans Cedex 2;
A. E. P. : Département des Sciences de la Terre, Laboratoire de Géologie structurale,
Université d'Orléans, B.P. n° 6759, 45067 Orléans Cedex 2.
EXPLICATIONS DE LA PLANCHE

Fig. 1. —Carte géologique des Cévennes et schéma tectonique dans le secteur du Mont Lozère et de la Borne.
1, Terrains post-triasiques; 2, Trias indifférencié; 3, Dépôts arkosiques d'âge paléozoïque supérieur; 4, Granite

phiques indifférenciées; 8, Principaux décrochements tardi-hercyniens; 9, Pendages. Toponymie


F, Florac; G, Génolhac; L, La Garde-Guérin; La, Largentière; LB, Les Bondons; LV, Le Vigan;
:
du Bougés; 5, Granite des Signaux; 6, Granite porphyroïde du Lozère et de la Borne; 7, Séries métamor-
A, Alès,

M, Montselgues; P, Le Pont-de-Montvert; V, Villefort; cp, La Cham du Pont; f, Cham de Finialette;


p, Peyroche; FO, Faille d'Orcières; FV, Faille de Villefort.
Fig. 1. — Geological map of the Cévennes and structural scheme of the area of Mont Lozère and La
Borne. 1; Post-triassic formations; 2, undifferentiated Triassic; 3, Upper Palaeozoic arkosic deposits; 4,
Bouges Granite; 5, Les Signaux Granite; 6, Porphyritic Granite ofthe Lozère and the Borne; 7, Undifferentiated
metamorphic series; 8, Main Late Hercynian strike-slip faultings; 9, Dip. Main towns: A, Ales; F, Florac;
G, Génolhac; L, La Garde-Guérin; La, Largentiere; LB, Les Bondons; LV, Le Vigan; M, Montselgues; P, Le
Pont-de-Montvert; V, Villefort; cp, La Cham du Pont; f, p,
Cham de Finialette; Peyroche; FO, Orcieres Fault;
FV, Villefort Fault.
Fig. 2. - Carte géologique détaillée du bassin arkosique du Pont-de-Montvert. Memes figures.
Fig. 2. —
Detailed geological map ofthe arkosic basin ofLe Pont-de-Montvert. Same legend as Figure 1.
Volcanologie/Volcanology

Evaluation des risques volcaniques au Galunggung (Java,


Indonesie) : apports de l'éruption de 1982-1983
Marie-Christine GERBE, Jean-Marcel MOREL et Alain GOURGAUD

Resume —
La morphologie actuelle (caldera en fer a cheval), la nature des depots recents et
l'installation depuis 1982 d'un lac dans le cratere sont autant de facteurs motivant une evaluation
des risques au Galunggung. Outre ceux directement liés a une eruption (nuees ardentes, deferlantes,
retombees) les risques de lahars « chauds » ou « froids » représentent un danger majeur. L'influence
de l'eau en cours d'eruption, qui provoque la formation de panaches pouvant atteindre plus de 20 km
de haut accentue le risque volcanique (incidents aériens). La cartographie des zones susceptibles d'etre
affectées par différents types de risques volcaniques (fig. 1) est indispensable a la mise en place des
plans de protection de la population.

Volcanic hazards assessment of the Galunggung volcano (Java, Indonesia):


contribution of the 1982-1983 eruption
Abstract — The present morphology (horse shoe-shaped caldera), the nature of recent deposits and
the presence of a crater-lake are important factors which justify the assessment of volcanic hazards at
Galunggung volcano. In addition to nuées ardentes, pyroclastic surges and ash falls, the recurrence
of "hot" or "cold" lahars represents the major danger. The abundance of water may increase the
explosive character of eruptions which may involve ash columns 20 km high thus increasing volcanic
hazards (jet plane incidents). The mapping of the different volcanic hazards (Fig. 1) is useful to
prepare mitigation plans.

Abridged English Version — The Galunggung volcano is located in West Java (Fig. 1). Its
horse shoe-shaped crater opens to the south-east. This crater was formed by a major collapse
of the southeastern flank a few thousand years ago and the debris-avalanche deposits are
well exposed on the Tasikmalaya plain ([1], [2], [3]). Recorded historic activity (1822, 1894,
1918, 1982) has been confined in the avalanche caldera. The 1822 eruption was characteri-
zed by pyroclastic flows whose deposits are 10 to 15m thick in a 10 km area from the vent
(4,000 victims in 1822 [4]) and ended by a lava dome extrusion. The 1894 eruption emitted
high ash columns and lahars. The 1918 eruption consisted of the formation of a lava dome
in the 1894 crater. The 1982-1983 eruption is particular because of the diversity of the
eruptive styles [5]. Three phases are distinguished: phase 1: an ash and scoria flow episode
generating ash columns, pyroclastic flows and lahars; phase 2: a phreatomagmatic activity
excavating a wide maar crater ([6], [7]); phase 3: a strombolian activity building a scoria
cone.
VOLCANIC HAZARDS RESULTING FROM ERUPTIONS. — Eruptive styles. — Considering the histo-
rical activity and the 1982-1983 eruption, 3 main eruptive styles may occur, generating
(a) pyroclastic flows which are channeled in two principal river valleys, can flow 10 km
downhill, threatening villages and commonly evolve downstream into lahars; (b) pyroclastic
surges generated during phreatomagmatic events which are responsible for great damage
(5 km from the vent); (c) ash falls which represent nuisance for agriculture (Fig. 1).
Groundwater influence. — During the phase 2 of the 1982-1983 eruption, the explosivity
increased considerably (jet plane incidents). Since the magma composition has evolved from
andesite (phase 1) to basalt [8], this phenomenon is most simply explained by an increasing
groundwater/magma ratio. A typology and a counting of the xenolitic and juvenile grains

Note presentee par Maurice ROQUES.

0764-4450/90/03110873 $2.00 C) Academie des Sciences


have been made for the entire sequence of 1982-1983 pyroclastic deposits. The evolution of
the xenolith/juvenile magma ratio announces the phreatomagmatic activity and the strombolian
activity. Such a work may be done on ash fall deposits during the course of eruption and
may be used to anticipate the volcanic hazards.
"Hot" lahars. — A 70 m deep lake now partially fills the crater and its level is increasing
(about 5 m/year). Its present volume is 7.5 Mm3 and its maximum volume could reach
40 Mm3, would the crater be filled to the top. In the case of an intracrateric eruption,
"hot" lahars could affect Tasikmalaya (>100,000 inh.) following a pattern similar (Figs. I
and 3) to that of the 1919 eruption of the Kelut volcano (East Java) [10].
VOLCANIC HAZARDS WITHOUT ERUPTION. — "cold" lahars. — The northeastern crater edge
is low and the increase of the lake level can involve the reworking of the tuff ring deposits
and create lahars. The landslide of a part of the vertical 1,000 m wall of the avalanche
caldera inside the lake can trigger a small tsunami which would cause a lahar [10]. These
two events would affect the area located a few kilometers from the vent.
"degassing hazard". — As Monoun and Nyos lakes (Cameroun) [11], the Galunggung lake
is located in a maar crater. Due to the shallowness of the lake (70 m versus 200 m at Nyos
Lake) and to the proximity of the last eruption, the degassing hazard is not a major danger
at Galunggung. However, the Volcanological Survey of Indonesia assumes a regular survey
of the crater lake.
CONCLUSION. —
In the case of an eruption, the major volcanic hazards are lahars. Their
formation and their extension will directly depend on the volume of mobilized water. So
it would be useful to survey the water level and to create an artificial outflow.

INTRODUCTION. —
Le volcan Galunggung (2168 m d'altitude) est situé à une centaine
de kilomètres au sud-est de la ville de Bandung (fig. 1) dans l'ouest de l'île de Java
(108°E, 7,5°S). Il présente une caldera en fer à cheval de 5 km de long sur 2 km de large
bordée de parois abruptes de plusieurs centaines de mètres de haut, et ouverte vers le
sud-est sur la plaine de Tasikmalaya (fig. 1).
Le Galunggung préhistorique était un cône symétrique dont les centres éruptifs se
situent au nord-ouest de l'actuel cratère en fer à cheval dans lequel sont concentrées les
éruptions historiques connues. La formation de cette structure en fer à cheval semble
s'expliquer par la migration progressive des conduits magmatiques sur le flanc sud-est
du volcan, ce qui a abouti à un événement cataclysmique de type « Mont St Helens »
[1]. Cette éruption latérale a échancré profondément le flanc sud-est du volcan et engendré
une avalanche de débris dont les restes forment les 3 600 collines ou « hummocks »
ponctuant la plaine jusqu'à la ville de Tasikmalaya (fig. 1) sur une surface de 175 km2
[2]. L'âge maximal de cet événement est de 23 100 B.P. [3].

ACTIVITÉS HISTORIQUES CONNUES. — e Le 8 octobre 1822, se produisent de fortes


explosions et des nuées ardentes dont les produits ensevelissent sous un dépôt de 10 à
15 m d'épaisseur les villages situés dans un rayon de 10 km au sud-est du cratère. Ces
écoulements pyroclastiques à haute température sont suivis de lahars dévastateurs. Le
12 octobre, après plusieurs jours de calme, un regain d'activité provoque de nouvelles
nuées ardentes meurtrières (4000 victimes [4]). mois plus tard, l'activité se termine par
1

l'extrusion d'un dôme de lave dans le cratère.


Fig. - Carte d'évaluation des risques volcaniques au Galunggung indiquant les zones affectées en cas de
;
1. :
1, déferlantes pyroclastiques associées phréatomagmatisme; 2, nuées ardentes de cendres et scories; 3,
» au
»
Lahars « chauds résultant d'éruptions intracratériques 4, Lahars « saisonniers provenant de la remobili-

; ;
ou lahariques est le plus important. Abrév. : B Bandung G : Garut Gg Galunggung J Jakarta T
Tasikmalaya.
;
sation de dépôts de retombées lors de la saison des pluies; 5, retombées aériennes (voir carte en médaillon).
;
Les zones recouvertes de pointillés sont celles où le risque dû à la canalisation des écoulements pyroclastiques

; ;
Fig. 1. — Map ofvolcanic hazards at Galunggung volcano indicating zones ofprobable destruction in case of 1,
pyroclastic surges associated with phreatomagmatic activity 2, Ash and scoria pyroclastic flows; 3, "hot"
lahars resulting from intracrateric éruptions 4, "seasonal" lahars resulting from reworking ofashfall deposits

hazardbecause of ;
during the rainy season 5, Ash fall deposits (see insert map). Stippled pattern indicates zones of maximum
channeledpyroclastic flows or lahars. Abbrev.: B: Bandung; G: Garut; Gg: Galunggung ;
J: Jakarta; T: Tasikmalaya.

e Le octobre 1894 et les jours suivants, de fortes explosions pulvérisent totalement


17
le dôme de 1822. Les produits éruptifs consistent essentiellement en retombées aériennes
cendreuses qui atteignent Bandung à l'Ouest et Tasikmalaya à l'Est. De nombreux lahars
dévalent les vallées. L'éruption aboutit à la formation d'un nouveau cratère dans lequel
s'installe un lac acide.
e Le 7 juillet 1918, des émissions peu importantes de cendres accompagnent de faibles
explosions. Quelques jours plus tard, un nouveau dôme de lave, Gunung Jadi, de 500 m
de diamètre et 85 m de haut [5], bourgeonne dans le lac.
ÉRUPTION DE 1982-1983.

Trois phases successives peuvent être distinguées sur la
base des dynamismes éruptifs ([5], [6], [7]) :

e Phase 1 Elle engendre des panaches cendreux jusqu'à 6 km de


(5 avril à mi-mai). —
hauteur et des coulées pyroclastiques de cendres et scories, qui sont canalisées dans les
vallées et parcourent jusqu'à 5 km.
e Phase 2 (mi-mai à octobre). — Elle est caractérisée par les explosions les plus
violentes qui détruisent jusqu'à 80 du dôme de lave de 1918 et engendrent des panaches
Fig. 2. - Hauteur des panaches éruptifs au cours de l'éruption de 1982-1983
et dates des incidents aériens (d'après Katili Sudradjat, 1984, modifié).
et
Fig. 2. — Diagram showing the height of ash columns throughout the 1982-1983
eruption and the occurrence ofjet plane incidents (modified from Katili and Sudradjat, 1984).

éruptifs atteignant 20 km d'altitude. Les explosions creusent un cratère de maar de 800 m


de diamètre et construisent un anneau de tuf de 40 m de hauteur.
e Phase 3 (novembre à janvier). — Elle consiste en une activité strombolienne rythmi-
que qui produit un cône de scories et une petite coulée à l'intérieur du cratère de maar.
RISQUES VOLCANIQUES LIÉS AUX ÉRUPTIONS. — 1. Les dynamismes éruptifs. — L'activité
récente est localisée à l'intérieur de la caldera en fer à cheval. Cette morphologie impose
un caractère dirigé vers le SE à toutes les éruptions. La plaine de Tasikmalaya qui
compte plusieurs centaines de milliers d'habitants se trouve ainsi directement concernée.
Les dynamismes les plus courants sont à l'origine (a) d'écoulements pyroclastiques de
cendres et scories, (b) de déferlantes associées au phréatomagmatisme, (c) de retombées
aériennes.
(a) Les écoulements pyroclastiques sont canalisés dans les deux vallées principales
(Cibanjaran et Cikunir) et peuvent parcourir jusqu'à 10 km, menaçant de nombreux
villages. L'évolution de ces écoulements sous forme de lahars peut étendre le risque à
des zones plus éloignées (fig. 1).
(b) Lors de l'éruption de 1982-1983, l'existence de dynamismes phréatomagmatiques
engendrant des déferlantes pyroclastiques a été reconnue pour la première fois. Ces
dernières ont parcouru environ 5 km et détruit quelques villages (fig. 1).
(c) Les retombées aériennes associées aux dynamismes précédents peuvent représenter
des dépôts d'une dizaine de centimètres jusqu'à 15 à 20 km du volcan, causant des dégâts
importants en particulier à l'agriculture.
2. Influence de l'eau sur l'évolution des dynamismes éruptifs au cours de l'éruption de
1982-1983. — Lors de l'éruption de 1982-1983, le passage de la phase 1 à la phase 2 est
marqué par une recrudescence de l'explosivité. Il a été montré [7] que ce phénomène
était à rattacher à l'intervention de l'eau superficielle en contact avec le magma et non à
la variation du chimisme de celui-ci [8] (andésite en phase 1 et basalte en phase 2).
L'augmentation de l'explosivité engendre une modification du rapport magma juvénile/xé-
nolites dans les dépôts.
Fig. 3. - Corrélations entre le
volume (Y) d'eau mobilisée (mil-
lions de m3) et la distance parcou-
rue (X) par les lahars récents du
Kelut (Hadikusumo, 1971).
Fig.3. — Corrélation between volume
(Y) ofmobilized water (millions of
m3) and travel distance (X) for the
recent Kelut lahars (Hadikusumo,
1971).

-
Un comptage effectué sur la fraction 1CJ)(0,5 1 mm) des parties médiane et sommitale
des dépôts de nuées ardentes (phase 1) montre que le pourcentage de xénolites varie de
5 à 16%, annonçant ainsi le changement de dynamisme entre les phases 1 et 2. A
l'inverse, le pourcentage de xénolites varie de 25 dans la partie médiane des dépôts
phréatomagmatiques (phase 2) à 5 dans leur partie sommitale, indiquant le passage
du dynamisme phréatomagmatique à une activité strombolienne. Ces résultats montrent
que l'évolution du rapport magma juvénile/xénolites peut être un bon marqueur du
changement de dynamisme. Une telle étude effectuée en cours d'éruption sur des retombées
aériennes pourrait être utilisée dans un but prévisionel à court terme.
La prévision d'un dynamisme phréatomagmatique (phase 2) paraît d'autant plus impor-
tante que des incidents aériens ont été provoqués par le passage des avions dans le
panache chargé en eau et en particules très fines [9].
3. Les lahars « chauds ». — Le cratère de maar est rempli par un lac d'environ 70 m
de profondeur dont le niveau est en constante augmentation. L'élévation du niveau d'eau
a été estimé à 5 m par an entre 1984 et 1988. La paroi est du cratère est constituée par
les restes du dôme de 1918 qui forment au maximum 50 m au-dessus du niveau actuel
du lac et qui sont surmontés parles tephra de l'anneau de tuf (20 à 40 m d'épaisseur).
Le volume du lac est actuellement d'environ 7,5 Mm3 mais pourrait atteindre 40 Mm3
dans le cas d'un remplissage total du cratère. Le volume des dépôts remobilisables à
l'intérieur de la caldera est estimé à environ 14 Mm3. Les pentes du volcan sont de 10°
pour les 5 premiers kilomètres, de 5° entre 5 et 10 km du cratère et <2° plus loin. Les
vallées de la Cibanjaran et de la Cikunir sont particulièrement encaissées dans leur partie
amont.
Cette situation est semblable à celle du Kelut, volcan de l'est-Java, qui est célèbre
pour ses lahars meurtriers. Au Galunggung, une éruption intracratérique qui mobiliserait
la totalité de l'eau du lac provoquerait des dommages considérables comme au Kelut en
1919 [10] où les lahars avaient parcouru 38 km (fig. 3) et fait 5100 victimes. Dans le cas
du Galunggung, de tels événements affecteraient la ville de Tasikmalaya (fig. 1) située à
17 km du cratère (plus de 100000 habitants).
RISQUES EN DEHORS DES PÉRIODES ÉRUPTIVES. — Les lahars « froids ». — Outre les
1.
lahars saisonniers dûs aux fortes précipitations pendant la saison des pluies, plusieurs
»
cas de lahars « froids peuvent être envisagés. Ces lahars affecteraient une zone de
quelques kilomètres à partir du cratère mais ne menaceraient pas directement la ville de
Tasikmalaya.
e Dans la partie nord-est du cratère, les formations du dôme sont peu épaisses et une
faible élévation du niveau du lac mettrait en contact l'eau et les dépôts phréatomagmati-
ques, facilement remobilisables sous forme de lahars. On peut envisager une telle hypo-
thèse avant la fin du siècle si le rythme de remplissage du lac reste le même.
w Le rempart nord-ouest de la caldera constitue une paroi verticale surplombant le
lac de 1000 à 1200 m. Un effondrement d'un panneau de ce gigantesque mur produirait
un débordement partiel du lac. Un tel événement a eu lieu en 1970 au Kelut [10].
2. Dégazage. — Les événements survenus aux lacs Monoun en 1984 et Nyos en 1986
(Cameroun) ont montré qu'un lac occupant un cratère de maar présente un risque de
dégazage en C02 [11]. Cette éventualité peut donc être envisagée pour le Galunggung.
Les événements mentionnés précédemment se sont produits dans des lacs profonds (100
à 200 m) occupant des cratères formés lors d'éruptions datant de plusieurs centaines
d'années pendant lesquelles une importante accumulation de gaz a pu s'effectuer. Un
risque similaire ne semble pas imminent au Galunggung du fait de la faible profondeur
du lac actuel et de la proximité dans le temps de la dernière éruption. Un relevé régulier
des paramètres physico-chimiques des eaux du lac est effectué par le V.S.I. (Volcanological
Survey of Indonesia). Si elle est poursuivie à long terme, cette surveillance permettra de
déceler efficacement l'éventualité d'un tel risque.
CONCLUSIONS. Dans le cas d'une éruption, outre les risques liés à la mise en

place des produits pyroclastiques (nuées ardentes, déferlantes, retombées), les lahars
représentent le danger majeur. En effet leur formation et leur extension sont directement
liées à l'augmentation du volume du lac intracratérique. D'où la nécessité d'une sur-
veillance régulière, assurée par le V.S.I., voire d'abaisser artificiellement le niveau du lac
en créant un déversoir comme au Kelut. Concernant les lahars de faible extension, un
réseau de digues protectrices a été mis en place rapidement après l'éruption de 1982-
1983. En cas d'éruption majeure avec vidange du lac, ces digues seraient insuffisantes et
la ville de Tasikmalaya serait menacée. La densité de population aux abords du volcan
est très forte aussi le V.S.I. a-t-il organisé un plan d'évacuation de la population en cas
de crise.
Note remise le 7 mars 1990, acceptée après révision le 20 juillet 1990.

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Université Blaise-Pascal, Département de Géologie, 5, rue Kessler, 63038 Clermont-Ferrand Cedex.


PaléontologiPaleontology

Comparaison morphologique de l'épiphyse proximale


du fémur chez quelques primates simiiformes :
résultats préliminaires
Anne-Marie BACON

Résumé — L'étude de la fosse intertrochantérienne, dépression plus ou moins profonde localisée


sur la face interne du grand trochanter est réalisée chez certains primates simiiformes actuels.
L'analyse morphofonctionnelle révèle une étroite corrélation entre une fosse profonde et large et
une grande mobilité de l'articulation coxo-fémorale (Alouatta, Nasalis, Hylobates). Les specimens
fossiles de Hadar observés AI 288-lap et AI 333-3 se rapprochent tous deux de la morphologie
humaine pour ce caractère.

Morphological comparison of proximal epiphysis of the femur in some simiiform


primates: preliminary results
Abstract — The studyofthe intertrochanteric fossa, a more or less deep depression, located on the
internal side of the great trochanter is realized in some extant simiiform primates. The morpho-
functional analysis reveals a close correlation between a deep fossa and a great mobility of the coxo-
femoraljoint (Alouatta, Nasalis, Hylobates). The morphology exhibited by plio-Pleistocene hominids
from Hadar, AL 288-lap et AL 333-3 resembles that of modern man.

Abridged English Version — A comparative study of the proximal epiphysis of the femur
in Simiiformes is conducted with bone sections. This method permits the determination
of the morphological evolution of the fossa trochanterica which few studies have hitherto
mentioned.
31 Ceboidea have been studied: 6 Cebus capucinus, 5 Aotus trivirgatus, 9 Saimiri oerstedii,
5 Atelesgeoffroyi and 6 Alouatta palliata. 21 Cercopithecoidea: 4 Nasalis larvatus, 10 Colobus
badius preussi, 7 Cercocebus torquatus. 83 Hominoidea: 30 Hylobates carpenteri, 4 Pongo
pygmaeus, 14 Pan troglodytes, 12 Gorilla gorilla and 23 Homo sapiens sapiens. These collec-
tions are housed in the Anthropologishes Institut und Museum der Universitat Zurich, in
the Powell Cotton Museum of Birchington on Sea, and in the Museum national d'Histoire
naturelle in Paris (Laboratoired'Anatomie comparee).
The bone sections of the femur were drawn where the fossa is deepest and largest, with
a parallelograph. All sections were perpendicular to the diaphyseal axis. Then, a quantita-
tive study was conducted on the basis of the depth and width of the fossa. First, two
parallel straight lines, tangential to the sides of the depression were traced. The axis A is
perpendicular to these lines and delimit the extension of the fossa on to the femoral
neck. The mid-perpendicular axis to axis A (axis B) forms the longitudinal axis of the
fossa. The maximal depth of the fossa (along axis B) and the maximal width (along axis A)
are the two parameters of this study. This analysis facilitates comparison of the femoral
epiphyses and complements qualitative data collected previously by other researchers ([I], [2]).
Internal structure of the great trochanter presents variable outlines (Fig. 2). Deep and
narrow in the small platyrrhines (Aotus and Saimiri), the fossa is less deep in the majority
of middle-sized primates (Cebus, Ateles, Alouatta, Nasalis, Colobus, Cercocebus, Hylobates, and
Pan) and very faint in the hominoids Pongo, Gorilla and Homo.

Note présentée par Yves COPPENS.

0764-4450/90/03110879 $2.00 (6 Académie des Sciences


The quantitative analysis of Figure 3 reveals a great intraspecific variation. The tendons
converging to this depression submit the bone to different stresses. The tendon common
to m. obturatorius internus and Mm. gemelli is involved in abduction and lateral rotation. The
m. obturatorius externus, the tendon of which is attached more distally in the fossa, permits
the adduction of the hindlimb and its lateral rotation ([3], [4]). The narrowness of the fossa
in Aotus trivirgatus and Saimiri oerstedii creates a powerful tendinous stabilization, linked
with rapid movements. These small primates are agile and active arboreal quadrupeds,
which run, walk and leap ([3], [5], [7]).
The Atelinae Ateles geoffroyi and Alouatta palliata exhibit a large fossa indicating developed
tendons which facilitate movements of abduction and rotation of the thigh. This character
has been observed in Alouatta seniculus [8], linked with extreme femoral movements ([3], [9]).
The specimens attributed to Cebus capucinus show minimal values among the platyrrhines
studied (Fig. 3). The fossa permits movements freer and more diversifed than those suggest-
ed in Aotus and Saimiri ([3], [10]).
The cercopithecoid Nasalis larvatus presents a tronchanteric fossa, with the same width as
in Alouatta. They share arboreal quadrupedal ism locomotion. Colobus badius preussi, whose
fossa is less deep (Fig. 3) uses suspended locomotion less frequently than N. larvatus.
In terrestrial quadrupeds, such as Cercocebus torquatus, the trochanteric fossa is less develop-
ed, which indicates a weak tendinous and muscular structure.
Evolution in Hominoids tends toward a diminution of the depth of the fossa (Fig. 2) most
pronounced in the great apes. The fossa is still developed in Hylobates, and Pan; it is wide
and less excavated in Pongo, Gorilla and Homo. In the latter genus, the fossa receives the
single insertion of the tendon of the m. obturatoriusexternus ([15], [16]). These muscles are
a
little involved in walking and play role in the stabilization of the hip in bipedal posture.
The two Plio-Pleistocene fossil proximal femora Al 288-lap and Al 333-3 from Hadar in
which the fossa is visible and well preserved differ little from the morphology of modern
man. The ratio of the depth of the fossa to length of the femur has been computed. High
indices appear in arboreal primates sharing a great variety of movements and suspended
locomotion. The Atelinae A. geofJroyi, A. palliata are comparable with the Colobinae N.
larvatus and the arboreal Hominoidea H. lar carpenteri,P.satyrus. This parallelism is the
result of a great mobility of the hip. The genera Pongo, Gorilla and Homo present the
lower indices, linked with a reduction of the power of pelvic muscles to the advantage of
the gluteal muscles. Fossil Hominids fall within human values.

INTRODUCTION. —
Une étude comparative de l'épiphyse proximale du fémur chez les
primates simiiformes a été réalisée à partir de tracés des contours osseux. Cette méthode
permet de cerner de manière originale et quantitative l'évolution morphologique de la
fossa trochanterica à laquelle peu de travaux font référence jusqu'à présent. Il a été jugé
intéressant d'introduire dans cette analyse les fémurs de deux Hominidae plio-pléistocènes,
AL 288-lap et AL 333-3 afin de les comparer aux Hominoidea actuels. Ces données
concernant cet article sont les premiers résultats d'un travail sur la morphologie fonction-
nelle du membre inférieur.

MATÉRIEL ET MÉTHODE. —
Schémas et mesures sur les primates non humains ont été
effectués exclusivement sur des animaux sauvages de sexe et d'origine connus. Ils provien-
nent des collections de l'Anthropologisches Institut und Museum de l'Université de
Zurich, du Powell Cotton Museum de Birchington on Sea et du Muséum national
d'Histoire naturelle à Paris (Laboratoire d'Anatomie comparée).
Les moulages des pièces fossiles plio-pléistocènes disponibles au Laboratoire d'Anthro-
pologie du Muséum sont le fémur de « Lucie » AL 288-lap et l'extrémité proximale
fémorale AL 333-3.
La composition du matériel est la suivante :
29 Ceboidea 6 Cebus capucinus (6 mâles), 5 Aotus trivirgatus (2 mâles, 3 femelles),
:

7 Saimiri oerstedii (6 mâles, 1 femelle); 5 Aîeles geoffroyi (2 mâles, 3 femelles), 6 Alouatta


palliata (5 mâles, 1 femelle).
21 Cercopithecoidea : 4 Nasalis larvatus (2 mâles, 2 femelles), 10 Colobus badiuspreussi
(5 mâles, 5 femelles), 7 Cercocebus torquatus (4 mâles, 3 femelles).
83 Hominoidea : 30 Hylobates lar carpenteri (17 mâles, 13 femelles), 4 Pongopygmaeus
(2 mâles, 2 femelles), 14 Pan troglodytes (7 mâles, 7 femelles), 12 Gorilla gorilla (7 mâles,
5 femelles), 23 Homo sapiens sapiens (sexe non connu).
Les dessins des contours osseux ont été obtenus à l'aide d'un parallélographe.
Le fémur est orienté verticalement à l'aide d'un support d'os. Chaque section, perpendi-
culaire à l'axe diaphysaire, a été relevée au niveau de la fosse, dans son expression la
plus large et la plus profonde (fig. 1 a). Deux axes de référence (A et B) ont été reportés
pour toutes les sections des spécimens étudiés (fig. 1 b).
Dans un premier temps, les deux droites, tangentes aux bords de la fosse et parallèles
entre elles furent tracées. Le premier axe (axe A), perpendiculaire à ces droites suit
l'ouverture de la fosse et délimite son extension sur le col fémoral. La médiatrice de
l'axe A constitue l'axe longitudinal de la fosse ou axe B. La profondeur maximale (suivant
l'axe B) et la largeur maximale (suivant l'axe A) forment les deux paramètres de cette
étude.
RÉSULTATS. —
L'analyse morphologique des différents tracés facilite la comparaison
des épiphyses fémorales et complètent les données recueillies par d'autres auteurs ([1], [2]).

La majorité des primates étudiés offrent des schémas osseux comparables. Les
contours comprennent la tête fémorale (caputfemoris), le col (collumfemoris) en continuité
avec la fosse intertrochantérienne (fossa trochanterica), et le grand trochanter (trochanter
major) dont il est possible d'apprécier l'extension antéro-latérale (fig. 1 b).
Une exception est à signaler toutefois, parmi les Hominoidea (fig. 2), où l'espèce
Pongo pygmaeus présente un tracé osseux limité médialement à une partie du col fémoral,
sans tête apparente sur le schéma. Cette différence s'explique par un col très long associé
à un angle cervico-diaphysaire élevé. Une forte abduction du membre inférieur sur le
tronc serait à l'origine de cette forme singulière.

La figure 3
:
représente l'indice Profondeur/Largeur de la fosse.
Cette analyse révèle une forte variabilité morphologique de la fosse chez les individus
d'une même espèce. En effet, les tendons convergeant vers cette dépression soumettent
l'os à des tensions différentes. Le tendon commun à l'obturateur interne (m. obturatorius
internus ) et aux jumeaux (Mm. gemelli) entre en jeu lors de mouvements variés d'abduc-
tion et de rotation externe. L'obturateur externe (m. obturatorius externus) dont le tendon
s'insère plus distalement dans la fosse présente une composante d'adduction du membre
inférieur et de rotation externe sur hanche fléchie ([3], [4]). Ce groupe fonctionnel participe
également à la stabilisation de la hanche à des degrés divers.
(1) Les Ceboidea. — Les espèces Aotus trivirgatus et Saimiri oerstedii ont une fosse
profonde et étroite. Cet aspect est accentué médialement par la présence d'une crête
saillante, a la base du col ou vient s'insérer un puissant ligament ischiofemoral. Cette
crête, visible en section (fig. 2) augmenterait l'angle d'insertion du m. obturatorius internus
et favoriserait la rotation externe ([2], [5], [6]). On peut penser que l'étroitesse de la fosse
engendre également une stabilisation des tendons plus poussée chez ces individus. Elle
pourrait être associée également à des mouvements rapides. Ces petits primates sont en
effet des quadrupèdes arboricoles agiles et très actifs, coureurs, marcheurs, grimpeurs et
sauteurs ([3], [7]).
Les Atelinae, Ateles geoffroyi et Alouatta palliata ont une fosse qui s'élargit, carrée en
section. La crête, à la base du col est peu développée, voire plate. Cette fosse importante
atteste de tendons bien développés qui facilitent les mouvements d'abduction de la cuisse.
Ce caractère a été également observé chez Alouatta seniculus [8] en rapport avec des
mouvements fémoraux d'amplitude maximale.
De plus, ces muscles sont de puissants rotateurs externes ([3], [9]). Caractère adaptatif
à la quadrupédie arboricole, une importante rotation permet au corps de pivoter latérale-
ment au niveau de la hanche, au cours de la marche.
Les spécimens attribués à l'espèce Cebus capucinus montrent les valeurs minimales
pour les Platyrrhiniens étudiés (fig. 3). La fosse aurait tendance à être plus large que
profonde, permettant aux tendons des mouvements plus libres et plus variés que ceux
suggérés chez Aotus et Saimiri ([3], [10]). Les capucins associent à une quadrupédie
terrestre occasionnelle, une marche et un grimper arboricoles actifs, ainsi que des sauts
de grande amplitude [11].
(2) Les Cercopithecoidea. — Parmi les Cercopithecoidea décrits, Nasalis larvatus pos-
sède une fossa trochanterica assez profonde (identique à Alouatta palliata), témoignant
de l'insertion de tendons puissants et d'une forte rotation externe de la hanche. Colobus
badius présente, par contre, une fosse plus faiblement creusée. Les deux genres sont des
quadrupèdes arboricoles qui peuvent se suspendre, toutefois moins fréquemment chez la
dernière espèce ([11], [12], [13]). Cercocebus torquatus présente une fosse trochantérienne
peu développée (fig. 3) suggérant un renforcement tendineux et musculaire de moindre
importance. Grand [9] avait précédemment noté ce caractère chez d'autres primates

EXPLICATIONS DES PLANCHES

Planche I
Fig. 1. :

diaphysaire.
Chaque section osseuse a été réalisée sur
a fémur proximal, perpendiculairement à l'axe
le
Contour de la section osseuse et morphologie de lafossa trochanteria. Axe A Axe délimitant
b : :
l'ouverture de la fosse. Axe B : Axe longitudinal de la fosse, perpendiculaire à l'axe A.
Fig. 1. — a: Each bone section is realized on proximal femur, perpendiculary to the diaphyseal axis. b: Bone
section and morphology of the fossa trochanterica. Axis A: axis which délimités the opening of the
fossa.Axis B: longitudinal axis ofthe fossa, perpendicular to axis A.
Fig. 2. — Relevé des sections osseuses de l'épiphyse proximale de fémurs droits chez les primates simiiformes.
1. Aotus trivirgatus, 2.Saimiri oerstedii, 3. Cebus capucinus, 4. Ateles geoffroyi, 5. Alouattapalliata, 6. Nasalis
larvatus, 7. Colobus badiuspreussi, 8. Cercocebus torquatus, 9. Hylobates lar carpenteri, 10. Pongopygmaeus,
11. Pan satyrus, 12. Gorilla gorilla, 13. Homo sapiens sapiens, 14. AL 333-3 15.AL 288-1.
Fig. 2. — Bone sections of the proximal epiphyseal of right femurs in simiiform primates. 1. Aotus trivirgatus,
2. Saimiri oerstedii, 3. Cebus capucinus, 4. Ateles geoffroyi, 5, Alouatta palliatta, 6. Nasalis larvatus, 7.
Colobus badius preussi, 8. Cercocebus torquatus, 9. Hylobates lar carpenteri, 10. Pongo pygmaeus, 11. Pan
satyrus, 12. Gorilla gorilla, 13. Homo sapiens sapiens, 14. AL 333-3 15. AL 288-1.
Fig.2.
Fig.4.
Planche II

Fig. 3. —
Variation de l'indice Profondeur/Largeur de lafossa trochanterica chez les primates simiiformes.
Fig. 3. -Variation ofthe index depth/width ofthe fossa trochanteria in Simiiformprimates.
Fig. 4. — Variation de l'indice Profondeur de la fossa trochanterica/Longueur du fémur chez les primates
simiiformes étudiés.
Fig.4. — Variation oftheindex depth ofthe fossa trochanterica/lenght ofthe femur in studiedsimiiform primates.

quadrupèdes terrestres (macaque et babouin), et l'avait corrélé avec une rotation latérale
de la hanche moins prononcée.
(3) Les Hominoidea. -Les Hominoidea montrent une tendance vers une diminution
de profondeur de la fosse. Le genre Hylobates conserve encore une fosse profonde. Les
tendons s'y insérant sont puissants et autorisent une forte rotation externe. Il faut noter
également une stabilisation possible des tendons, suggérée par l'étroitesse de l'ouverture
de la fosse. Lors des mouvements rapides (pendant la brachiation), leurs membres
inférieurs restent repliés sur le tronc ([11], [14]). Chez Pan, la fosse est morphologiquement
différente avec une dépression profonde et localisée. Par contre, on note chez les genres
de grande taille Pongo et Gorilla une fosse large et peu creusée. On constate un renforce-
ment du grand trochanter antéro-latéralement (fig. 2), en relation avec une prédominance
des muscles glutéaux liés à l'extension de la cuisse, et à la rotation latérale (Pan, Gorilla).
Chez l'homme, la fosse (fossette digitale), d'allure ponctiforme, reste peu exprimée. Il
s'y insère uniquement le tendon du m. obturatorius externus; le tendon commun aux
m. obturatorius internus et Mm. gemelli étant situé antéro-supérieurement à cette fosse
sur le bord médial du grand trochanter ([15], [16]). Ces muscles ont un rôle de stabilisateur
de l'articulation de la hanche en station bipède.
(4) Les Hominidae fossiles. — Les deux extrémités proximales AL 288-lap et AL 333-
3, bien connues ([17] à [21]), ont fait l'objet d'une étude comparable. Une première
approche descriptive de la fosse trochantérienne chez ces individus fossiles montre peu
de divergences avec l'homme moderne. En effet, ces pièces présentent une fosse peu
profonde et étroite où vient s'insérer l'unique tendon du m. obturatorius externus. Cette
structure ne ressemble pas à celle des grands singes Hylobates, Pongo, Pan et Gorilla,
chez lesquels la face interne du grand trochanter reçoit les deux tendons dans une même
fosse qui s'étend proximo-distalement. Toutefois, chez l'Hominidé de petite taille (AL 288-
lap), la distinction des deux aires d'insertion est moins nette. Ces dernières semblent se
prolonger dans une même fosse, oblique antéro-postérieurement. Les proportions de la
fosse pour AL 333-3 et AL 288-lap sont reportées sur la figure 3. Les valeurs s'inscrivent
toutes deux dans l'intervalle de variation de l'homme moderne.
(5) Discussion. — La profondeur de la fosse a été rapportée à la longueur fémorale
(fig. 4). Les indices les plus élevés apparaissent chez les primates arboricoles montrant
une grande variété de mouvements liés à la locomotion suspendue. Nous pouvons

et des Hominoidea arboricoles :


rapprocher les Atelinae Ateles geoffroyi et Alouattapalliata du Colobinae Nasalis larvatus
Hylobates lar carpenteri et Pan troglodytes qui ont
développé une fosse trochantérienne comparable. Ce parallélisme résulte d'une plus
grande mobilité de la hanche.
Les deux genres Pongo et Gorilla se détachent de ce schéma par une fosse relativement
peu développée. Chez ces grands singes, des modèles locomoteurs différents ont conduit
à une fosse de morphologie peu profonde. Gorilla s'est adapté à la semi-terrestrialité,
tandis que Pongo est hautement arboricole. Chez le genre Pongo, une fosse plate et
ouverte, un long col fémoral et un angle cervico-diaphysaire élevé engendrent des mouve-
ments de la hanche très libres. Chez Gorilla, une fosse peu creusée permet également des
mouvements plus amples, lors des activités de grimper. Le genre Homo, bien que tombant
dans l'intervalle de variation des genres précédents est unique par sa morphologie
fossette digitale recevant le m. obturatorius externus seul. On assiste chez ces individus à
la :
un redressement du bassin, qui modifie la musculature de la région ischio-fémorale. On
a ainsi une réduction de la puissance des muscles pelviens profonds :
obturateurs et
jumeaux devenant minces et étroits au profit de puissants muscles glutéaux, extenseurs
de la cuisse. Pour les spécimens fossiles, les indices ont été calculés d'après les estimations
des longueurs fémorales établies précédemment par d'autres auteurs. Elles sont de 280 mm
pour le fémur de l'individu AL288-lap (22) et de 386 mm pour AL 333-3 [19]. Ces
hominidés se placent dans l'intervalle des valeurs humaines (fig. 4). Ainsi, les données
absolues et relatives sur lafossatrochanteria ne permettent pas d'isoler, pour ce caractère,
les individus Plio-Pléistocènes de l'homme moderne.
CONCLUSION. —
Le redressement du tronc, associé à une réorganisation de la muscula-
ture du bassin, peut être observé chez les Hominidés actuels et fossiles les obturateurs
et les jumeaux deviennent moins puissants. Ces individus se sont adaptés à la bipédie
:
terrestre de différentes façons. L'homme moderne pratique une bipédie terrestre exclusive
dont le fossile AL 333-3 présente les caractéristiques. Elle est par contre occasionnelle et
de nature différente (associée à un comportement arboricole encore présent) chez AL 288-
lap.
Je remercie Mme C. Tardieu et Mlle B. Senut pour l'aide qu'elles m'ont apportée lors de la réalisation de ce
manuscrit ainsi que le Professeur A. Langaney (Paris), P. Schmid (Zurich) et D. Howlett (Birchington on Sea)
qui m'ont facilité l'accès aux collections.
La visite des musées étrangers a été possible grâce au financement du British Council et de la Chaire de
Paléoanthropologie et Préhistoire du Collège de France (U.A. 49). Je tiens, tout particulièrement à exprimer
ma gratitude au professeur Y. Coppens pour son soutien.
Note remise le 25 juin 1990, acceptée le 18 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] T. HARRISON, J. Hum. Evol., 16, 1987, p. 41-80.


[2] S. FORD, J. Hum. Evol., 17, 1988, p. 155-192.
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[22] D. C. JOHANSON, C. 0. LOVEJOY, W. H. KIMBEL, T. D. WHITE, S. C. WARD, M. E. BUSH, B. M.
LATIMER et Y. COPPENS, Am. J. Phys. Anthropol, 57, 1982, p. 403-452.

Université Paris- VI, Laboratoire de Paléontologie des Vertébrés et Paléontologie humaine,


Tour n° 25, 4, place Jussieu, 75252 Paris Cedex 05.
Paléontologie/Paleontology

Découverte d'une molaire éléphantine dans le Pliocène


de la région d'Ishasha, Parc national des Virunga,
sud du lac Édouard, Province du Kivu, Zaïre
Mireille VANOVERSTRAETEN, Jean VAN GYSEL, Pascal TASSY, Brigitte SENUT
et Martin PICKFORD
Résumé — Lors d'une mission d'études en vue de l'aménagement des plaines des rivières Rwindi
et Rutshuru dans le Parc national des Virunga au Kivu (Zaïre), des coupes géologiques ont été
levées afin de préciser la répartition des formations superficielles. L'une d'elles, située au nord du
poste frontière d'lshasha le long de la rivière du même nom, est décrite ici. Deux d'entre nous (M.
V. et J. V. G.) y ont repéré un horizon d'origine probablement volcanique qui a livré des mammifères
fossiles parmi lesquels une molaire attribuée à Mammuthus subplanifrons. La présence de ce probosci-
dien suggère un âge Pliocène ancien pour le niveau fossilifère.

Discovery of an elephantine molar in the Pliocene of Ishasha,


Virunga National Park, South of lake Edward, Kivu Province, Zaire
Abstract — During a park management studyofthe Rwindi-Rutshuru Plains in the Virunga National
Park, Kivu Province (Zaire), several geological sections were measured to delimit the extent of the
superficial formations. One ofthem, close to the Ishasha border post on the river bank of the Ishasha
river is described here. In this section a level of possibly volcanic origin was identified by two ofus
(M. V. et J. V. G.), with yielded fossil mammals, including a molar allocated to Mammuthus
subplanifrons. A lower Pliocene age is estimatedfor this level.

Abridged English Version — While undertaking a soil inventory of the Virunga National
Park, as part of a joint Belgian-Zairean project, stratigraphic sections were measured in several
places, one of which contained a fossiliferous horizon which yielded proboscidean
remains([1]-[5]).
Sediments in the Lake Edward basin began accumulating during the upper Miocene [8]
although previously it was suggested that deposition began during the lower Miocene ([6]-
[7]). In the Ishasha region (Fig. 1), the sediments consist of lacustrine and fluviatile deposits
up to 1,500 m thick [9]. The main formations are as follows:
- fluviolacustrine deposits of Rwindi containing molluscs [10];
- deltaic sediments of Rutshuru which contain molluscs [11] and fish (Van Neer, pers.
comm.);

Recent lacustrine deposits with algal crusts (Kunyu, lower Ishasha);

Ancient lacustrine sediments (upper and middle Ishasha) belonging to the Kaiso Group
of Uganda. This unit yielded the fossil described herein.
The Ishasha section which is 23.2 m thick, is located several kilometers north of the
frontier post at Ishasha, on the west bank of the Ishasha River. The lithology is dominated
by clays, sands and ironstones, with rusty patches, ferruginous concretions and nodules, and
patchy concentrations of white gypsum [12]. In the lower part of the section, abundant
augite associated with Kivu volcanism occurs. In one of these levels, large mammal remains
are found.
The specimen found at Ishasha is a portion of a left lower third molar, identified tentatively
as Mammuthus subplanifrons (Osborn, 1928). It consists of three complete lophs with a part
of a fourth. The molar is very wide (109.6 mm), the lamellar frequency is low (LF=3.2)

Note presentee par Yves COPPENS.

0764-4450/90/03110887 $2.00 iC) Academie des Sciences


and the space between the lophs is 31.3 to 33 mm. The enamel is thick (3.7 mm) and its
height, measured at the least worn loph, is 54 mm, which suggests that in the unworn state,
the original height would have been about 60 mm, giving a height index close to 60. Such
an index denotes a low crowned tooth. Wear on the posterior loph underlines the continuity
of the tubercules (seven in number) and the persistent nature of the valleys which separate
them. Cement occurs in the interloph valleys.
The morphological and metric data of this tooth are compatible with its identification as
Mammuthus subplanifrons as defined by Maglio [13], even though it falls at the upper limit
of variation. Its morphology is close to that of an upper third molar from Kanam East
(Kenya) described by Maclnnes under the name "Archidiskodon planifrons nyanzae" [14]; in
contrast, the central conule (loxodont sinus) between the lophs does not occur in the Ishasha
specimen and the upper molar from Kanam, although it occurs in the lower molar from the
latter site. The regularity of the lophs and the low crown recall the molars of Stegodon
kaisensis Hopwood, 1939, a species described from the Kaiso Group in Uganda. However,
the lophs of the Ishasha fossil are asymmetric and the cingulum is thickened on the buccal
side, two traits which bestow to the tooth a "mastodontine" aspect, resembling that seen in
Primelephas gomphotheroides Maglio, 1970 ([13], [15]). Cooke and Coryndon [16] mentioned
the cingular swelling in a specimen from Nyawiega, which was re-identified by Maglio as
Primelephas cf. gomphotheroides [13]. The Ishasha tooth differs from P. gomphotheroides by
its larger size and its thinner enamel. Finally, compression of the lophs in their upper third
leads to development of a pillar-like morphology not found in stegodonts.
M. subplanifrons has been described on the basis of fragmentary remains from Uganda [16]
and Kenya [14] aged between 4 and 4.5 Ma. The Ishasha tooth most likely indicates a
similar lower Pliocene age for the Ishasha deposits. The site appears to be clearly older
than those of Nyabusosi and Kaiso Village in Uganda ([8], [16], [17]) as well as the Lusso
Beds in Zaire [18] which have yielded Elephas recki. It should be pointed out, however,
that M. subplanifrons was first described on the basis of material from South Africa, and
that the identification of the same species in East Africa is conjectural. East African speci-
mens labelled M. subplanifrons are highly variable, and nothing in their molar morphology
ensures this generic identification. Only the association of these teeth with helicoidal tusks
would be of diagnostic help [19]. Caution should be used when employing the binome
Mammuthus subplanifrons; this taxon remains problematic [20].

Dans le cadre du projet belgo-zaïrois « Aménagement des Parcs nationaux du Zaïre »,


des recherches ont été effectuées dans le Parc national des Virunga de 1977 à 1982. Pour
établir un plan directeur de cet aménagement particulier (1/100000-140000ha), .un
inventaire des sols, une cartographie des végétations et une étude sur les grands herbivores
(densité notamment) ont été réalisés [1].
L'étude des sols a été menée en respectant les étapes de la méthode morphopédologique
qui sont l'inventaire lithologique, l'analyse des formes et des formations associées et
l'établissement de bilans dynamiques ([2] à [5]). La description de coupes géologiques,
l'étude de toposéquences et la photo-interprétation ont été exploitées. Toutefois, malgré
la tectonique active dans la région, les sections sont relativement peu nombreuses car les
dépôts sont souvent masqués par la végétation.
STRATIGRAPHIE DE LA RÉGION D'ISHASHA. — La séquence stratigraphique dans le bassin du
Lac Édouard considérée lontemps comme s'étendant du Miocène inférieur au Quaternaire
Fig. 1. - Localisation du site
fossilifère d'lshasha, Zaïre.
Fig. 1. — Location of the
fossiliferous site of Ishasha, Zaire.

([6], [7]), nedébute en fait qu'au Miocène supérieur [8]. Dans la région d'Ishasha (jig. 1),
les sédiments sont constitués de niveaux lacustres et fluviatiles intercalés dont la puissance
est estimée, par des mesures géophysiques, à 1500 m au moins [9].
Les principales formations reconnues sont d'ouest en est :

les formations fluviolacustres de la Rwindi contenant des mollusques [10];

les formations deltaïques de la Rutshuru contenant des mollusques [11] et des
poissons [Van Neer, comm. pers.];

les formations lacustres récentes avec encroûtements alguaires, visibles à la faveur
des rejets de faille près du lac (Kunyu, basse Ishasha);

les formations lacustres anciennes (moyenne et haute Ishasha), assimilées au Kaiso
Group de l'Ouganda. C'est dans ces formations qu'un niveau fossilifère a été identifié.
La coupe sur l'lshasha. — Cette coupe haute de 23,2 m (fig. 2) est visible à quelques
kilomètres au nord du poste frontière d'Ishasha, sur la rive ouest de la rivière du même
nom.
La lithologie y est dominée par des formations meubles (argiles, limons et sables), avec
localement des taches de rouille, des concrétions et nodules ferrugineux et des accumula-
tions gypseuses blanches discontinues [12].
L'analyse minéralogique de la fraction sableuse a révélé, dans la partie inférieure de la
coupe, l'abondance d'augite associée au volcanisme du Kivu. C'est dans un de ces niveaux
inférieurs que l'on trouve des restes de grands mammifères.
Fig. 2. - Coupe stratigraphique sur la rivière lshasha,
Zaïre.
Fig. 2. —
Stratigraphic section on the Ishasha river,
Zaire.

DESCRIPTION DE LA PIÈCE FOSSILE. — Le spécimen découvert à Ishasha est une portion


de M3 gauche rapportée avec circonspection à Mammuthus subplanifrons (Osborn, 1928).
Il est composé de trois lames entièrement préservées et d'une partie seulement d'une
quatrième. La molaire est très large, la largeur maximale est de 109,6 mm. La fréquence
laminaire est faible (LF=3,2). L'espace entre les lames est de 31,3 à 33 mm. L'émail est
épais (e=3,7 mm). La hauteur de la dent prise sur la lame la moins usée est de 54 mm
en l'état, de telle sorte qu'on peut estimer la hauteur maximale à 60 mm environ; soit un
indice de hauteur (L= 100/l) proche de 60. Un tel indice est celui d'une couronne basse.
L'usure de la lame postérieure souligne la continuité des tubercules — au nombre de 7
— et
la persistance des sillons qui les séparent. Le cément est préservé au fond des
espaces interlaminaires.
DISCUSSION. — Les données morphologiques et biométriques sont compatibles avec
l'attribution du spécimen à l'espèce Mammuthus subplanifrons telle qu'elle a été redéfinie
par Maglio [13] : une espèce aux molaires larges et basses décrite d'abord en Afrique du
Sud puis en Afrique de l'Est. La forte largeur de la molaire d'Ishasha se situe notamment
à la limite supérieure de la variation reconnue par Maglio. Les traits morphologiques
s'accordent bien avec ceux de la M3 de Kanam Est (Kenya) décrite d'abord par Maclnnes
3. -
Fig.
:
occlusale;B vue buccale; :
C
:
Molaireclcphantine;A vue
vue lin-
guale.
Fig. 3. — Elephantine molar; A: occlusal
view; B: buccal view; C: lingual view.

sous le nom de « Archidiskodon planifions nyanzae » [14]; en revanche on n'observe pas


de conule central (=sinus loxodonte) entre les lames à l'inverse de la M3 du même site.
La régularité des lames, la brachyodontie de la couronne ne sont pas sans rappeler les

:
molaires de Stegodon kaisensis Hopwood, 1939, une espèce décrite en Ouganda dans le
Groupe de Kaiso. Les lames du spécimen d'Ishasha sont dissymétriques l'inclinaison
du bord buccal est plus accentuée que du côté lingual. Le cingulum est épaissi du côté
buccal. Ces deux traits confèrent à la dent un cachet « mastodontin » qui rappelle aussi
l'espèce d'éléphantidé primitif Primelephas gomphotheroides Maglio, 1970 du Miocène
supérieur du Kenya ([13], [15]). L'épaississement cingulaire est signalé par Cooke et
Coryndon [16] sur une portion de molaire de M. subplanifrons découverte à Nyawiega
(Kaiso) et rapportée à Primelephas cf. gomphotheroides par Maglio [13]. Mais, par sa
plus grande largeur et son émail plus mince, la dent d'Ishasha se distingue de P.
gomphotheroides. Enfin, la compression des lames au tiers supérieur leur donne une
morphologie en pilier qui n'est pas de type stégodonte.
En Afrique de l'Est, M. subplanifrons a été décrit sur des restes dentaires fragmentaires
en Ouganda dans la Formation de Kaiso [16] et au Kenya à Kanam Est [14], c'est-à-
dire entre 4 et 5 Ma.Stegodon kaisensis est en Ouganda une espèce contemporaine. La
dent du Zaïre indique vraisemblablement un âge Pliocène ancien pour le site d'Ishasha
et supporte une corrélation avec le Kaiso Group en Ouganda. L'âge du gisement apparaît
donc plus ancien que celui de Nyabusosi et de Kaiso Village en Ouganda ([8], [16], [17])
ainsi que celui des couches de Lusso au Zaïre [18] qui ont livré Elephas recki. Mais il
convient de souligner que M. subplanifrons a d'abord été décrit en Afrique du Sud et
que l'appartenance à une même espèce des restes d'Afrique orientale et d'Afrique australe
est conjecturale. Même en restreignant l'étude au seul matériel est-africain, il est indéniable
que les molaires et fragments de
molaires attribuées à M.subplanifrons sont fort variables
et que les traits relevés surces molaires n'attestent nullement leur appartenance au genre
Mammuthus. Seules des défenses hélicoïdales associées à de telles dents offrent un critère
diagnostique [19]. L'utilisation du binôme Mammuthus subplanifrons ne doit donc pas
faire illusion. Ce taxon reste problématique [20].
Nous remercions l'Institut zaïrois pour la Conservation de la Nature (I.Z.C.N.) et l'Administration générale
de la Coopération au Développement (A.G.C.D.) en Belgique qui nous ont accordé le soutien logistique
nécessaire; la Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux, spécialement le Département des Sciences du
Milieu (D. Lacroix et L. Bock); le personnel de l'I.Z.C.N. au Parc national des Virunga. Enfin, nous remercions
M. Colyn et W. Van Neer pour leurs conseils scientifiques.
Note remise le 2 juillet 1990, acceptée le 17 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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[2]G. GAUCHER, Traité de Pédologie agricole, Dunod, Paris, 1968, 578 p.
[3] G. GAUCHER, Agron. Trop., XXIX, 2-3,1974, p. 133-140.
[4] J. KILIAN. Agron. Trop., XXIX. 2-3, 1974, p. 141-153.
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presse).
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[14] D. G. MACINNES, Trans. Zool. Soc. London, 25,1942, p. 33-106.
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Museum ofNatural History, 1, 1990, p. 171-187.
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[20] Y. COPPENS, V. J. MAGUO, C. T. MADDEN et M. BEDEN, in Evolution of African Mammals, Harvard
University Press, 1978, p. 336-357.

M. V. : Unité de la Science du Sol, Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux.


27, avenue Maréchal-Juin, 5800 Gembloux, Belgique;
J. V. G. : 68, rue Gérard, 1040 Bruxelles, Belgique;
P. T. : Laboratoire de Paléontologie des Vertébrés et de Paléontologie humaine et U.R.A. n* 12 au C.N.R.S.,
Université Pierre-et-Marie-Curie, 4, place Jussieu, 75285 Paris Cedex;
B. S. : Laboratoire d'Anthropologie et Institut de Paléontologie du Muséum national d'Histoire NJlWelle.
U.R.A., n* 49, au C.N.R.S., 8, rue Buffon, 75005 Paris;
M. P. : Chaire de Paléoanthropologie et de Préhistoire du Collège de France,
Institut de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle, 8, rue Buffon, 75005 Paris.
Palynologie/Palynology

Signal de la pluviosité dans les données polliniques actuelles


du Togo
Françoise CHALIÉ, Théré Menouko EDORH, Raymonde BONNEFILLE, Joël GUIOT
et Jean-Claude ROELAND
Résumé — Une calibration de la relation pollen-pluviosité moyenne annuelle est obtenue sur des
données actuelles du Togo (Afrique occidentale). Après sélection, la matrice de données utilisée
comprend 103 spectres et 46 taxons. L'équation est calibrée par régression multiple entre la pluviosité
moyenne annuelle et les composantes principales des taxons. La forte corrélation entre valeurs
estimées et mesurées sur un ensemble de données indépendantes indique la validité de l'équation
proposée. Les résultats d'une analyse factorielle mettent en évidence la limite phytogéographique
entre la zone soudanienne et celle de transition guinéo-congolaise/soudanienne à 8°N.

Rainfall signal in modern pollen data from Togo


Abstract — A calibration of the relationship between pollen and mean annual rainfall is obtainedfor
modern pollen data from Togo (West Africa). After several selections, the data set includes 103
spectra and 46 taxa. The equation is calibrated by a multiple regression between the amount of
rainfall and the principal components of the taxa. The validity of the equation is attested by high
correlation coefficients between estimated and measured values on an independent verification data
set. The results of a factorial analysis emphasize the phytogeographical limit at 8°N between the
Sudanian zone and the Guinea-Congolia/Sudania transition zone.

Abridged English Version — In Eastern Africa, recent studies have demonstrated the availa-
bility of modern pollen data [1] to obtain quantitative estimates of climatic parameters for
the last 40,000 years ([2], [3], [4]). The aim of this paper is to calibrate the relationship
between modern pollen and mean annual rainfall on modern data from Togo [5] in order to
apply the same statistical method to West Africa.
The vegetation of Togo [6] belongs to the Sudanian zone, North of 8°N, covered with
sudanian woodland and submitted to a tropical climate [7]. South of 8°N, the Guinea-
Congolia/Sudania regional transition zone is occupied by a forest-savanna mosaic under a
subequatorial climate. According to the altitude, the mean annual rainfall ranges from 800
to 1,700 mm. The pollen sampling is representative of the phytogeographic zoning and the
rainfall distribution of Togo (Fig. 1).
The initial pollen data set [5] consists of 121 spectra, including pollen counts for 202
taxa. Selection methods are used to extract the data most representative of the climate. At
first, taxa of plants reflecting local conditions of the environment (spores, aquatic plants,
mangrove,.) are removed from the data set, followed by taxa known under frequencies
lower than 1%. A factorial analysis eliminates the outliers: 8 taxa and I spectrum for which
the absolute contribution is lower than 0.5 for the first 6 factorial axes. The final pollen
data matrix is composed of 103 spectra and 46 pollen taxa. We use an interpolation method
to calculate the annual rainfall at the pollen sampling sites [10] from data of the 32 available
meteorological stations [9] (Table I).
Pollen frequencies are transformed into a logarithmic form, in order to minimize the effect
of great variations in the higher percentages. The calibration is computed with a multiple
regression [11] between the mean annual rainfall values and selected principal components
for 46 taxa, at each site, using half of the whole data set (calibration set). The equation is

Note presentee par Yves COPPENS.

0764-4450/90/03110893 $2.00 0 Academie des Sciences


then applied to the second half, as an independentverification. Each of the two sets includes
pollen spectra from the main vegetation types of Togo. Figure 2 illustrates estimated values
of mean annual rainfall obtained by the regression method versus values from the meteorologi-
cal stations measured or interpolated. The correlation coefficients between estimated and
measured values is 0.93 for the calibration data set and 0.60 for the verification one, which
is significant at a 0.99 confidence level (Table II). Two overestimated values are explained
by the allochtonous pollen content in river samples. Three of the underestimated values
result from pollen sampling on dry soil vegetation. From 1,000 to 1,100 mm, the measured
rainfall values are overestimated on both the verification and the calibration data sets. This
indicates that such overestimation must be attached to the data themselves and does not
imply the non-validity of the regression equation. Bootstrap method [12] is used to check
such validity. The procedure of calibration and verification is repeated on 50 pollen data
sets randomly drawn. Averaged multiple correlation coefficients: 0.87±0.03 for the calibra-
tion data set and 0.61±0.08 on the verification one, are highly significant. Table III
includes the standardized regression coefficients, averaged on the 50 calibrations and their
standard deviation.
Results of the factorial analysis undertaken on the modern data set can be represented as
a function of the longitude and latitude for each various spectra. The spatial distribution
of the absolute contribution of the spectra to the first factorial axis shows the limit between
the two distinct vegetation zones of Togo: the sudanian woodland North of 8°N and the
forest-savanna mosaic South of 8°N.

INTRODUCTION. —
L'analyse pollinique d'échantillons de sol de différents écosystèmes
végétaux donne une image simplifiée de la composition de la couverture végétale. En
Afrique de l'Est, de telles données polliniques contiennent suffisamment d'information [1]
pour reconstituer, par des méthodes statistiques appropriées [2], les température et pluvio-
sité au cours d'époques passées ([3], [4]). Nous envisageons ici l'extension de cette
méthodologie à d'autres régions d'Afrique. La spécificité de la flore d'Afrique de l'Ouest
implique que la démarche soit reprise à partir des premiers stades. Les données utilisées
ici proviennent d'un travail précédent sur la pluie pollinique actuelle du Togo [5].
Le Togo est situé entre 6 et lIoN, 0 et 2°E; l'altitude ne dépasse pas 900 m. Il s'étend
sur deux zones phytogéographiques [6] (fig. 1). Au Nord du 8e parallèle, c'est le centre
régional d'endémisme soudanien, qui comprend au Nord, la forêt claire indifférenciée,
au Sud, la forêt claire à Isoberlinia. Au Sud du 8e parallèle, s'étend la zone de transition
régionale guinéo-congolaise/soudanienne. On y distingue trois ensembles de végétation
la mosaïque de forêt ombrophile et savane à basse altitude, la forêt ombrophile sur les
:
Monts Togo et la mangrove sur la région côtière.
La température moyenne annuelle est de l'ordre de 26 à 28°C sur tout le Togo [7]. La
pluviosité moyenne annuelle varie de 800 mm à plus de 1700 mm sur les reliefs. Le
caractère saisonnier de la distribution des pluies est un facteur important pour la
répartition des écosystèmes végétaux [8]. Il n'est pas pris en compte dans ce travail, mais
sera envisagé ultérieurement. Le climat est de type subéquatorial, caractérisé par deux
saisons sèches au Sud du 8e parallèle, et tropical, avec une seule saison sèche au Nord.
I. LES DONNÉES. — Les données polliniques actuelles utilisées [5]
Données polliniques. —
comprennent des comptages quantitatifs ou spectres polliniques incluant 202 taxons,
pour 121 échantillons de surface de sol et de vase. L'échantillonnage donne une bonne
représentation des ensembles phytogéographiques et des écosystèmes du Togo (fig. 1).
Avant le traitement statistique, plusieurs sélections sont nécessaires. Une première

:
étape consiste à éliminer a priori les taxons dont l'écologie montre qu'ils n'apportent pas
d'information climatique ceux de plantes aquatiques et péri-aquatiques (Cyperaceae,

)
Typha, Hydrocharitaceae, Polygonum,.), ceux de la mangrove (Avicennia, Rhizophora),
les spores (Pteridophyta,. et ceux de plantes introduites ou cultivées (Tectona grandis,
Citrus, Coffea,.). 30 taxons sont ainsi éliminés. Les pourcentages sont recalculés après
ces exclusions et seuls les spectres dont la nouvelle somme pollinique est supérieure à
200 sont utilisés par la suite. Il reste alors 104 spectres et 172 taxons. Une deuxième
:
sélection consiste d'abord à éliminer les taxons dont la fréquence est toujours faible le
seuil d'élimination, choisi à 1 %, est plus faible que celui utilisé en Afrique de l'Est [1].
Ensuite, les taxons présents dans moins de 10 des spectres ne sont pas pris en compte.
Une analyse factorielle des correspondances (A.F.C.) sur la matrice de 104 spectres
et 54 taxons polliniques est effectuée sur les 6 premiers facteurs qui représentent 45 de
la variance. Les 8 taxons et le spectre dont la contribution absolue est inférieure à 0,5
sur ces 6 premiers axes factoriels sont éliminés. La matrice finale comprend 103 spectres
et 46 taxons polliniques répartis entre 30 taxons arborescents, 10 taxons herbacés et
6 taxons indifférenciés.
Données météorologiques actuelles. — Nous utilisons les « normales » (moyennes sur
30 ans) des précipitations moyennes annuelles pour 32 stations [9]. La répartition de la
pluviosité montre qu'au Sud et au Nord des Monts Togo, les variations suivent un
gradient latitudinal. Le relief induit une répartition altitudinale et l'orientation SW-NE
des isohyètes (fig. 1). Le calcul de la pluviosité aux sites de prélèvement des échantillons
palynologiquesa nécessité une interpolation sur les stations météorologiques [10]. Pour
le Togo, le rayon d'interpolation choisi est de O-SO' au Sud, de 1°20' au Nord, en raison
de la densité plus faible du réseau météorologique. La bonne qualité de l'interpolation
est indiquée par les valeurs élevées des coefficients de corrélation 0,87 et 0,75 (tableau I).
La répartition spatiale des spectres polliniques actuels montre que la base de données est
uniformément répartie entre 800 et 1700 mm et peut donc permettre une calibration de
la relation pollen-climat dans cet intervalle.
-
II. CALIBRATION ET VALIDATION DE L'ÉQUATION DE RÉGRESSION MULTIPLE. Les fréquences
polliniques sont transformées sous forme logarithmique, pour atténuer l'effet des varia-
tions des forts pourcentages qui occultent celles des faibles pourcentages [1]. Nous
utilisons une régression orthogonalisée [11] entre les précipitations annuelles et les compo-

:
santes principales des 46 taxons. Seules, les composantes les plus significatives sont
retenues comme variables explicatives les 32 premières expliquent plus de 95 de la
variance totale. Pour calculer et vérifier l'équation de régression, il est nécessaire de
diviser le nombre total des spectres en deux ensembles, chacun contenant une bonne
représentation des différentes associations végétales du Togo. Les moyennes des pluviosi-
tés interpolées de chacun de ces ensembles différent d'environ 100mm. Le premier
ensemble (dit «de calibration »), sert à calculer l'équation de régression; cette équation
«
est ensuite appliquée au deuxième ensemble (dit de vérification indépendante »), afin
de vérifier la fiabilité de la calibration. Les pluviosités sont estimées par application de
l'équation de régression aux données polliniques. Les pluviosités ainsi reconstituées sont
représentées en fonction des pluviosités mesurées (fig. 2). Les coefficients de corrélation
entre valeurs estimées (à partir des données polliniques) et valeurs interpolées (à partir
TABLEAU 1

Validation de l'interpolation météorologique.


Validation ofmeteorological interpolation.

0°50'
1°20'1265
R.I. Pmm

1265
Pmm

1281
1273
252
237
S

-
227
213
§ r
0,87
0,75
e
156mm
118mm
N
26
32
R.I. = rayon d'interpolation; Pmm = moyenne des pluviosités mesurées; Pmm =moyenne des pluviosités interpo-
lées; S=écart-type mesuré; S=écart-type interpolé; r=coefficient de corrélation entre valeurs interpolées et
valeurs mesurées; e=écart-type des erreurs d'interpolation; N=nombre de stations.
of
R.I.=radius interpolation; Pmm = average of measuedrainfall; P",m = average of computedrainfall; S=measu-
r
redstandarddeviation; S=computedstandarddeviation; =correlationcoefficient between computedandinterpola-
e
tedvalues; =standard deviation of interpolation errors; N=numberofstations.

TABLEAU II
Comparaison entre valeurs mesurées et estimées de P (mm)
sur les ensembles de calibration (A) et de vérification indépendante (B).
Comparison between measured and computed values ofP(mm)
on the calibration data set (A) and on the independent verification data set (B).
A B

S
Pmm
S
mesuré.
estimée
estimé.
Coeff. cor.-
Pmmmesurée1202
1277 216

195
0,93
1307
221

230
0,60

du réseau météorologique) des pluviosités annuelles sont 0,93 sur l'ensemble de calibra-
tion, 0,60 sur l'ensemble de vérification. Ils sont significatifs au niveau de confiance 99
(tableau II).
Discussion des résultats. — Les valeurs estimées de pluviosité qui s'écartent de plus
de 200 mm des valeurs réelles correspondent à des spectres liés à des échantillons particu-
liers. Trois des sous-estimations obtenues extrêmes correspondent à des végétations sur
substrat rocheux plus arides que les conditions climatiques naturelles (échantillons 94,
96 et 97 [5]). Deuxdes surestimations sont attribuées à des vases de rivières (échantillons
18 et 23 [5]) qui contiennent un mélange de pollen allochtone issu de végétations plus
humides à l'amont. Il faut aussi noter que pour des valeurs mesurées autour de 1000 mm,
nous obtenons des valeurs estimées qui s'étalent entre 1000 et 1400 mm. Cette surestima-
tion affecte les deux ensembles de vérification et de calibration. La cause probable en est
donc incluse dans les données polliniques elles-même. La distribution saisonnière, non
prise en compte ici, pourrait en être responsable; à pluviosité égale, une saison sèche
plus longue accroît l'aridité. La qualité de la calibration n'est donc pas remise en cause.
Pour vérifier de façon exhaustive la qualité de ces résultats, c'est-à-dire la stabilité de
l'équation de régression, nous utilisons la méthode Bootstrap [12]. Deux ensembles de
calibration et de vérification indépendante sont déterminés un grand nombre de fois par
tirage au sort. La calibration, calculée sur chaque premier ensemble, est appliquée au
second. Cette procédure est réitérée 50 fois, après quoi les résultats sont stabilisés. Le
coefficient de corrélation multiple, moyenné sur les 50 simulations, est de 0,87 sur l'en-
semble de calibration et de 0,61 sur l'ensemble de vérification; les écart-types respectifs
sont de 0,03 et 0,08. Chaque spectre étant alternativement attribué à l'ensemble de
TABLEAU III
Coefficients de régression standardisés pour les principaux taxons polliniques sélectionnés (a> S a),
calculés selon la méthode Bootstrap.
Standardizedregressioncoefficients forprincipalselectedpollen taxa (a>Sa),
calculated after Bootstrap method.

Arbres Herbacés
Variable Variable
»
« taxon pollinique
a Sa »
« taxon pollinique a Sa
Tetorchidium. 0,19* 0,06 Tubulifloreae. 0,09
Pycnanthus0,17*
0,05
0,05 T. Spermacoce. 0,06 0,06
Phaulopsis.
Isober/inia
0,15*
0,12*
0,05
0,06
Cheno./Amaranth.
Lepidagathis—0,10
0,06 0,06
0,07
T. Combretum molle. 0,11 0,06
Hymenocardia. 0,09* 0,04
Moraceae.
Ficus.
0,09 0,06 Indifférenciés
Uapaca 0,09 0,07 Variable

Parkia. toxicaria.
0,07
0,07
0,05
0,05
Rubiaceae0,16*
»
« taxon pollinique a Sa

Bridelia.
Antiaris

Combretaceae/Melastom. 0,08

0,07
0,06
0,06
0,05
0,06
Canthium.
Papilionoideae 0,06
0,12*
-
0,06
0,05
0,05
T. Mallotus oppositifolius. -
0,11 0,06 Euphorbia T. hirta—0,08 0,06
T. Borassus—0,14* 0,06
T =type pollinique.
a
a= coefficient de régression standardisé, moyenné sur 50 calibrations. S = écart-type.
*=coefficient significatif au niveau de confiance 0,95 (de valeur supérieure à 2 fois l'écart-type).

calibration, puis à celui de vérification, les corrélations obtenues sont hautement significa-
tives.
Pour chacun des taxons polliniques, les coefficients de régression standardisés sont
moyennés et leur écart-type est calculé sur les 50 calibrations. Huit d'entre eux ont un
coefficient significatif au seuil de confiance 95 Une corrélation positive entre pluviosité
et pollen est trouvée pour Tetrorchidium, Pycnanthus, Rubiaceae, Phaulopsis, Canthium,
Isoberlinia et Hymenocardia, et négative pour Borassus (tableau III).
III. DISTINCTION DES ZONES PHYTOGÉOGRAPHIQUES. -
Les résultats de l'analyse factorielle
des correspondances effectuée sur l'ensemble des spectres polliniques actuels peuvent être
représentés en fonction de la position en longitude et en latitude de chaque spectre. La
distribution spatiale du premier facteur, qui représente 10,5% de la variance totale,
montre une opposition très nette en fonction de la latitude, avec une limite marquée
autour de 8°N (fig. 3 A). Huit taxons polliniques définissent le plus fortement cette
opposition (fig. 3 B). Ils ne correspondent pas exactement aux marqueurs botaniques [5],
mais fournissent cependant un résultat statistique très significatif. En effet, d'une manière
tout à fait indépendante des observations botaniques, cette méthode permet de retrouver
la position latitudinale d'une limite entre deux territoires phytogéographiques distincts.
Les spectres de la zone soudanienne au nord et ceux de la zone guinéo-congolaise au
sud, sont nettement séparés par l'analyse factorielle et la répartition spatiale du premier
facteur.
CONCLUSION. -
Dans les régions de mosaïque forêt-savane d'Afrique de l'Ouest, il est
possible, avec les données polliniques modernes, d'obtenir par régression multiple, une
quantification valable de la pluviosité moyenne annuelle. Soulignons l'intérêt de la
méthode statistique qui a permis de retrouver une limite phytogéographique bien connue
des botanistes et cartographiée à l'échelle du continent africain.
Nos remerciements s'adressent à A. Pons qui a initié et encouragé les recherches polliniques au Togo, à
M. Leroux, A. B. Ergo et F. Maes pour les données météorologiques et à M. Roux pour le logiciel Biomeco
permettant la réalisation des A.F.C. Le premier auteur a bénéficié d'une bourse du M.R.T. Ce travail a été
réalisé avec le financement du P.N.E.D.C. et le soutien de l'équipe de Palynologie tropicale L.G.Q., C.N.R.S.
Note remise le 19 mars 1990, acceptée après révision le 18 juillet 1990.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] J.-C. ROELAND, J. GUIOT et R. BONNEFILLE, C. R. Acad. Sci. Paris, 307, série II, 1988, p. 1735-1740.
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[3] J.-C. ROELAND, Pollen et reconstitution paléoclimatique quantitative en Afrique Centre-orientale, Thèse
de Doctorat, Paris-VI, 1990.
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1986, 124 p.
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[7] J. F. GRIFFITHS, Climate of Africa, Amsterdam, 1972, 604 p.
[8] J. L. TROCHAIN, Écologie végétale de la zone intertropicale non désertique, Toulouse, Université P. Sabatier,
468 p.
[9] Les données météorologiques utilisées sont extraites de M. LEROUX, Climatologie dynamique de l'Ouest
africain, Paris, 1972, 633 p.; O.M.M., Normales climatologiques (CLINO) relatives aux stations CLIMAT et
CLIMATSHIP pour la période 1931-1960, Genève; ORSTOM, Précipitationsjournalières de l'origine des stations
à 1965, République du Togo, Paris, 1979.
[10] J. GUIOT, Quaternary Research, 28, 1987, p. 100-118.
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F. C., R. B. et J.-C. R. Géologie du Quaternaire, C.N.R.S., Luminy,


13288 Marseille Cedex 09;
T. M. E. : Université du Bénin au Togo, B.P. n° 1621, Lomé, Togo;
J. G. : Botanique historique et Palynologie, U.A. n° 1152,
Saint-Jérôme, 13397 Marseille Cedex 13.
Fig.2

Fig.1

Fig.3
Fig. 1. — Localisation des échantillons polliniques modernes au Togo (d'après Edorh, 1986).
Isohyètes reconstitués en millimètres.
Fig. 1. — Location map ofmodernpollen samples from Togo (after Edorh, 1986).
Reconstructed isohyets P(mm).
Fig. 2. —Estimation de la pluviosité moyenne annuelle (P) d'après les données polliniques actuelles.
Fig. 2. — Mean annual rainfall estimatesfrom modern pollen data: estimated values versus measured ones.
Fig. 3. — Distribution spatiale de la contribution absolue (C.A.) des assemblages (A)
et des taxons (B) polliniques au premier facteur de l'analyse factorielle des correspondances.
Fig. 3. — Spatial distributionofthe absolute contribution (C.A.) of pollen spectra (A)
and taxa (B)for the Istfactor ofthe factorial analysis.

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