Vous êtes sur la page 1sur 66

Université Mundiapolis

Licence fondamentale en Mangement et Gestion des entreprises 2020/2021

Projet de fin d’études sous le thème:

Les produits de la banque islamique:


La mourabaha et la finance islamique

Réalisé par : Encadré par :


Youssef Moutasim
Haytam Kourti Dr ….
Remerciements

Avant d’entamer la réalisation de ce projet, on va tenter


d’exprimer notre gratitude envers les personnes en qui on a
trouvé un soutien.
La première personne qu’on tient à remercier est
Dr.Youmni notre encadrant du projet de fin d’étude, sans lequel
ce travail n’aurait pu voir le jour ni même s’enrichir. Un
remerciement particulier pour ses efforts, sa disponibilité sa
générosité et pour avoir bien voulu partager ses connaissances
théoriques et acquis pratiques.
Nos remerciements vont aussi à toute l’équipe de l’université
Mundiapolis , or on remercie tous les collaborateurs de la
Fondation du Roi Abdul-Aziz Casablanca pour les études
islamiques et les sciences humaines grâce au bon accueil au sein
de la fondation et l’offre du maximum des informations et de
bibliographie possible toute la durée de notre visite.
Enfin, merci à tous nos proches qui nous ont soutenus et
encouragés au cours de notre parcours universitaire.

1
Dédicaces

Nous dédions ce modeste travail à tous les

personnes qui ont participé de prés ou de loin à

l’élaboration de ce travail, à nos professeurs et nos

maitres, à nos familles, à nos amis qu’on a connu tout

long de la période de notre étude universitaire.

2
Sommaire

Introduction générale 
Première Partie: Les produits de la banque islamique

Chapitre Ι: La banque islamique


Section 1: Historique et les services de la banque islamique
Section 2: comparaison des banques islamiques et classiques

Chapitre II: Les produits de la banque islamique au Maroc


Section 1: Définitions des produits de la banque islamique
Section 2: L’utilité des produits de la banque islamique

Deuxième Partie: La Mourabaha et la finance islamique.

Chapitre I: la Mourabaha et ses caractéristiques


Section 1: Présentation de la Mourabaha
Section 2: Les caractéristiques de la Mourabaha

Chapitre ΙΙ : la finance islamique


Section 1: l’historique de la finance islamique
Section 2: la répartition de la finance islamique dans le monde

Conclusion générale

3
Introduction générale

Dorénavant, tous les pays du monde utilisent comme intermédiaires de


financement les banques classiques qui se basent sur le crédit à intérêt.
Depuis les années 1960, il y’a naissance des banques islamiques en
Égypte sous l’impulsion du Docteur Ahmed Najjar, pour s’élargir par la
suite sur les autres pays du monde.

La finance islamique fonctionne à partir de la création des banques


islamiques qui introduisent des produits financiers islamiques destinés aux
investisseurs désireux d’obéir aux lois de la sharia qui régissent la vie
quotidienne des musulmans. Ces lois interdisent de verser ou de percevoir
un intérêt fixe et prohibent l’investissement dans des secteurs comme le
tabac et l’alcool, ces lois visent aussi à respecter la théorie du partage des
profits et des pertes.

Au Maroc, la finance islamique n’apparaît que dernièrement, Bank al


Maghreb a annoncé l’introduction des nouveaux produits conformes à la
sharia dés le mois d’octobre 2007, cette annonce a été faite par le wali du
Bank almaghrib Abdellatif Jouahri lors d’une conférence de presse tenue à
Rabat le 23 Mars 2007.

4
Les produits lancés au Maroc sont : la Mourabaha, Ijara, Moucharaka.
Ils sont parmi les techniques de financement islamique les plus
répondus dans le monde, ces produits autorisés au Maroc concernaient
uniquement le financement et non les dépôts.

La problématique qui se pose : est ce que ces produits alternatifs sont


bien acceptés par la population du monde et la population marocaine
actuellement et à quelle mesure ces produits vont arriver à prendre place à
coté des produits classiques ?

Ce travail fournit dans une première partie, une présentation des


produits de la banque islamique en donnant des définitions et des
caractéristiques concernant les banques islamiques et leurs produits.

La deuxième partie sera consacré à donner une présentation précise de


la Mourabaha comme produit de la banque islamique, ensuite une étude
sur la finance islamique. Au cours de ce projet on va présenter le sujet dans
le monde et dans le Maroc, précisément on va étudier les produits
alternatifs lancés au Maroc.

5
Première partie  :
Les produits de la banque islamique

6
Introduction

La première partie s’introduit par le concept de la banque islamique en


donnant son historique dans le monde islamique et ses services offerts, on
va aussi établir une comparaison entre les banques islamiques et classiques
pour arriver à définir les différents produits de la banque islamique au
Maroc et leurs caractéristiques.

Chapitre I : La banque islamique.

Pour éloigner l’ambigüité du terme de la banque islamique, ce


chapitre va traiter cette notion en donnant son historique, son
fonctionnement, enfin établir une comparaison entre les deux types des
banques islamiques et des banques classiques.

Section1 :L’historique et les services offerts par la banque


islamique.

 L’historique de la banque islamique1 :

Il est d’usage de dater la naissance des banques islamiques à l’orée des


années 1960, avec la création en Egypte, sous l’impulsion du Docteur
Ahmed Najjar, de banques d’épargne destinées à drainer le capital sur une

1
Source: extrait du livre : Les banques islamiques de Hamid Algabid, 1990 Chapitre2, page 82 et 83.

7
base populaire, fonctionnant sans intérêt sur la base du partage des pertes
et profits. Cette tradition est une partie justifiée par le rôle catalyseur que
cette expérience a joué pour le développement ultérieur de ce type de
banque comme on le verra ci-après.
Toutefois, cette tradition n’est pas, historiquement parlant, entièrement
fondée. Dès 1901 avaient été instituées, en Egypte également, des Caisses
d’épargne postales comprenant un service de dépôts sans dividendes,
mesure partielle certes mais effort réel dans le contexte de cette époque
pour respecter l’interdiction du ribâ.
De nombreux auteurs notent l’existence, bien avant la fin du siècle
dernier, d’institutions fonctionnant sans intérêt notamment au Pakistan, en
Iran et en Inde. Certaines de ces institutions utilisaient des fonds de la
Zakat destinés à secourir les indigents ;
Ces fonds n’étaient pas donnés mais prêtés, ce qui permettait d’accroître le
capital disponible.
De même Muhammad Hamidullah, cité par Maxime Rodinson, expose
qu’il s’est développé aux Indes depuis la fin du XIXe siècle, un
mouvement a pris la forme de sociétés coopératives de prêt « avec des
chiffres d’affaires annuels atteignant dans certains cas des nombres de
six».
Ces exemples montrent que, malgré les difficultés provoquées par un
système économique et bancaire dominant et qui leur était étranger,
particulièrement dans son esprit, de nombreux musulmans gardaient vivace
leur foi et ne transigeaient pas avec l’interdit de ribâ. Nous émettrons
même l’hypothèse que la rareté ou même l’absence de banques islamiques,
à cette époque et dans beaucoup de pays musulmans, étaient probablement
dues au sous-développement de ces pays et particulièrement à la faiblesse
de la partie monétarisée de l’économie. Il est d’ailleurs significatif à cet
égard que les exemples cités aient vu le jour en milieu rural et sous forme

8
de coopératives d’épargne et de crédit : la foi y était probablement plus
ferme qu’en milieu urbain et la modicité des revenus disponibles y rebutait
le système bancaire classique. Ce dernier ne pouvait y trouver son compte
et laissait ainsi la place à un « créneau »adapté aux besoins et aux moyens
de ce milieu en matière d’instruments financiers.
Pour l’heure, nous noterons qu’en fait, la majorité des musulmans, dans
leurs modestes transactions, n’avaient pas besoin d’un système bancaire
quel qu’il soit et le système bancaire « importé » n’en concernait qu’un
petit nombre ; il en était ainsi en particulier dans les pays musulmans au
sud du Sahara où la population autochtone ignorant le système bancaire du
colonisateur et ignore parfois encore maintenant les systèmes bancaires
mis en place à l’indépendance ; nous en donnerons comme exemple les
pratiques d’un peuple commerçant du Mali, les Sarakolés ou celles des
Alhazai du Niger, dont les transactions, souvent fructueuses, se déroulent
en dehors des circuits financiers modernes.
Ces considérations expliquent que les banques islamiques soient restées
à l’état de concept de façon à peu prés générale ou n’aient connu que
quelques expériences étroitement limitées au niveau local. La plupart des
musulmans, en situation de dominés, se trouvaient alors devant le cas de
nécessité absolue et ne disposaient pas de moyens suffisants pour « initier
un programme d’expérimentation pratique des banques islamiques à une
échelle qui aurait permis de trouver des solutions aux problèmes
économiques du monde contemporain et apporter ainsi un plus grand
bénéfice social au monde islamique ».
Les conditions pour ce faire ont commencé à être réunies avec
l’indépendance de beaucoup de pays musulmans et lorsque les importantes
ressources financières provenant de l’exploitation pétrolière ont pu être
dégagées. A ce moment là, monde musulman s’est trouvé prêt à rechercher

9
une voie lui permettant tout à la fois de s’engager dans la modernité et de
sauvegarder sa foi.

 les services offerts par la banque islamique2 :

Le compte courant

Les dépôts effectués sur ce compte sont mobilisables à vue par


chèque, transfert ou virement bancaire. Pour cette raison la banque
s’oblige à toujours garder un coefficient de liquidité très élevé pour ce type
de compte. Ces dépôts ne sont pas rémunérés et le solde doit toujours
rester positif. La banque ne prélève aucun frais pour la gestion de ces
comptes.
En contrepartie, elle place une partie de ces fonds et les bénéfices
reviendront aux actionnaires dont les capitaux garantissent totalement le
montant des dépôts sur ces comptes courants.

Le compte d’épargne
Crée pour inciter la petite épargne, il est mobilisable à vue aux
guichets à l’aide du livret d’épargne. Il ne fait généralement pas l’objet
d’une rémunération mais permet d’obtenir à partir d’un certain montant de
dépôt des crédits sans intérêt par exemple.
Comme le compte courant, le compte d’épargne (s’il n’est pas
rémunéré) est entièrement couvert par les capitaux de la banque.

Le compte de participation ou compte d’investissement

2
Source : extrait du livre : les banques islamiques de Hamid Algabid, 1990 chapitre 2 pages 76 et 77.

10
Les dépôts sur ce type de compte ne sont pas sujets à une
rémunération fixe et ne sont pas couverts par les capitaux des actionnaires.
Un contrat est passé entre le déposant et la banque pour la gestion adéquate
des fonds par la banque. Les dépôts sont intégrés dans une masse de fonds
selon leur échéance (1, 3,6 ou 12 mois) et investis par la banque dans des
projets rentables. Les profits (ou les pertes) dégagés par ces opérations sont
ensuite partagés selon l’apport de chacun, un certain pourcentage fixé à
l’avance (environ 20 %) revenant à la banque pour les services
administratifs et financiers entièrement à sa charge. Toutes les banques
islamiques n’ont pas le même mode de détermination de ce partage.
Certaines intègrent la masse des fonds de participation à un pool général de
ressources donnant lieu en fin d’exercice à une répartition en fonction de
la masse de départ et d’autres traitent séparément les différents pools hors
bilan.
Evidemment, les fonds doivent être gérés conformément aux
principes islamiques et de manière à maximiser le rendement et à
minimiser les risques de perte du principal. Ils ne peuvent en aucun cas
servir à désintéresser les créanciers.
Le contrat de mudhâraba entre le déposant et la banque doit
obligatoirement contenir toutes les modalités de dénouement de l’opération
(échéance, pourcentage de chacun, objet du contrat, etc.)
Ainsi que les obligations et droits de chacune des parties. Des variantes
peuvent être spécifiées dans ce contrat. Par exemple le déposant peut
choisir entre un dépôt spécial pour un projet particulier ou un dépôt intégré
dans un pool d’investissement.

11
Section 2 : la comparaison entre les banques islamiques et
classiques  3:
Avant d’établir la comparaison entre les banques islamiques et
classiques, on va présenter les caractéristiques des deux banques:
La banque islamique est une institution financière qui reçoit des dépôts
et mène toutes les activités bancaires à l’exception de l’opération de prêt et
d’emprunt à intérêt. Alors ses opérations seront fondées sur le principe de
participation, ou celui de partage des pertes et des profits, ou sur d’autres
transactions non basées sur un taux d’intérêt fixe et prédéterminé ; c'est-à-
dire la banque confie des fonds à l’emprunteur qui en devient le
gestionnaire. S’il fait des profits, il partage ceux-ci avec la banque, par
contre s’il fait des pertes la banque ne rien lui réclamer. La banque perd
son prêt ou une partie et l’emprunteur perd son travail investi dans le projet
commun. Les banques islamiques sont donc des institutions financières
qui pratiquent l’activité bancaire et l’investissement selon les
enseignements de l’islam et les principes de la législation islamique. A
partir de ce concept, les banques islamiques ont des traits et des
caractéristiques qui les diffèrent des autres banques.
Les plus importants traits et caractéristiques sont les suivants :

Caractéristique idéologique de la banque islamique:

La base sur laquelle les banques islamiques sont fondées diffère


complètement de celle des banques traditionnelles. Les banques islamiques

3
Source : Extrait et modifié du livre : Les banques islamiques de Hamid Algabid 1990 chapitre 2 pages
74et 75.

12
ont une base idéologique qui émane du principe de la désignation d’un
successeur. Ce principe exige que Dieu seul soit le possesseur de l’argent,
et l’homme possède cet argent par procuration et il ne peut en disposer que
par la volonté de Dieu - le propriétaire initial - et selon ses ordres et ses
interdictions. Le sujet de la ‘ Caliphate’ signifie le développement du
monde qui s’effectue par la production et l’investissement, ce qui impose
aux banques islamiques un engagement de barrer de leurs activités toute
contravention de la législation.
En ce qui concerne le sujet de l’intérêt, toutes les orientations et les
opinions l’ont interdit et ont aboutis à un seul résultat qui dit que toute
augmentation conditionnée payé par le débiteur en plus du montant de base
du crédit ou du prêt à terme est interdite car l’usure est interdit par le
Coran sans prendre en considération l’origine de ce crédit ou du montant
de cette augmentation même si elle est minime. Alors que la banque
traditionnelle accomplit des bénéfices à partir de la différence du prix de
l’intérêt débiteur et de l‘intérêt créditeur en considérant qu’elle a mené un
commerce avec cet argent, ensuite elle pratique son activité sur le principe
de louer cet argent à travers un crédit. Le concept islamique considère que
l’argent n’a aucune fonction autre qu’un moyen d’échange, pour cela la
banque islamique refuse tout commerce avec cet argent ; ainsi elle ne
donne aucun crédit sur cet argent, ni l’utilise comme crédit mail elle
l’utilise pour stimuler l’activité économique par des investissements réels
et par des moyens de contribution et non pas par un moyen de crédit.

Ceci impose :
 Une différence entre la relation qui lie les banques islamiques à
leurs déposants et la relation qui lie les banques traditionnelles à leurs
déposants. Dans les banques islamiques cette relation est basée sur le
principe de la contribution avec le déposant dans les résultats des

13
opérations d’investissement pour employer ses ressources - le bénéfice ou
la perte.
Ceci signifie que la banque ne donne aucun engagement de donner un
revenu fixe et déterminé en avance ou la banque promet de rembourser les
dépôts en entier, ce qui est le cas des banques traditionnelles.
-Une différence entre la relation de la banque islamique avec ses clients
investisseurs et la relation de la banque traditionnelle avec ses clients. Les
banques traditionnelles, et afin d’employer leur ressources, utilisent
comme moyen principal le crédit traditionnel avec intérêt fixe.
- Alors que les banques islamiques refusent d’utiliser ce moyen et dépendent
pour employer leurs ressources sur les opérations d’investissements réels soit
indépendamment ou en participation avec des demandeurs de financement à
partir de différents moyens d’investissement.
Les banques islamiques sont soumises non seulement au contrôle bancaire
et financier mais aussi au contrôle de la législation islamique ce qui n’est pas le
cas des banques traditionnelles ; ceci constitue la différence fondamentale entre
les banques islamiques et les banques traditionnelles. Sans ce contrôle, les
banques islamiques deviennent comme toute autre banque traditionnelle au
monde qui n’a aucune caractéristique distinguée.

Caractéristique sociale des banques islamiques:

Les banques islamiques sont édifiées sur une base sociale de nature
spéciale qui est presque absente dans les banques traditionnelles.
L’activité sociale est considérée parmi les domaines non traditionnels
dans lesquels les banques islamiques ont eu un rôle éminent. Les banques
sociales cherchent à achever la solidarité sociale par la distribution de ces
investissements directs et indirects parmi les différents secteurs, et elles
préfèrent les projets qui satisferont les besoins financiers des pauvres.

14
Aussi, la banque islamique ne finance pas les activités qui nuisent à la
société car elle doit obéir aux dispositions de l’islam qui interdisent toute action
novice ou méchante.
Pour accomplir son rôle sociale la banque islamique a recourt à plusieurs
ressources financières qui comprennent l’argent de la zakat qui est dû soit de la
banque soit des contributeurs dans cette banque.

Caractéristique de croissance de la banque islamique:

L’une des caractéristiques essentielles et distinguées des banques


islamiques est leur contribution dans l’accomplissement des objectifs du
développement économique de la société et non pas seulement dans
l’augmentation du bénéfice comme est le cas de toutes les autres banques. Elles
doivent :
* Préserver le bien et l’intérêt de  la société en dirigeant les investissements vers
les domaines dans lesquels ils s’achèvent.
* Ne pas endommager la société.
Le rôle de la banque islamique ne se limite pas seulement à
l’accomplissement de l’intérêt des propriétaires de l’argent en gardant cet argent
et en le développant ni aux règles « du permis et de l’interdit » mais il le dépasse
pour inclure la conservation du droit de la société d’investir cet argent.

15
Tableau1- Bilan simplifié d’une banque islamique
Actif Passif
Trésorerie et opérations interbancaires Trésorerie et opérations interbancaires
 liquidités et réserves auprès de la  Banques et établissements financiers,
Banque Centrale, banques et mourabaha de court terme
établissements financiers, mourabaha interbancaire.
de court terme interbancaire. Dépôts
Financement d’actifs  Comptes-courants : dépôts sans
 Financements de type mourabaha. intérêt. Capital garanti.
 Financements de type istisnaa.  Mourabaha de court terme,
 Ijara. interbancaire et à la clientèle.
 Assalam.  Mourabaha syndiquée de long terme.

 Autres financements d’actifs.  Dépôts d’investissement de partage du


Investissements profit et de la perte moudharaba et

 Sukuks acquis. Moucharaka. Capital non garanti.

Participations  Réserve de péréquation (Profit

 Participation dans des Equalization Réserves).

investissements moudharaba.  Sukuks émis

 Participation dans des Autres passifs


investissements Moucharaka.  Fonds zakat : alimenté par l’aumône
 Participations dans les filiales légale perçue auprès des actionnaires,

Immobilisations des déposants et des employés.

 Propriétés. Fonds propres

 Equipements.
Autres actifs

16
Source : extrait du livre de : La finance Islamique à l’heure de la Mondialisation. Partie2,
chapitre3 ; les pages 83 et 84 :d’après l’auteur. Synthèse des bilans et comptes de résultats
d’Al Rajhi Bank (Arabie saoudite), de Tadhamon Islamic Bank (Yémen)

Tableau2 : Compte de résultat simplifié d’une banque islamique


Produits opérationnels
(_)
Charges opérationnels
(_)
Distribution aux dépôts d’investissement de partage du
profit et de perte
=
Revenu net des investissements
Commissions perçues sur services bancaires
(+)
Autres revenues opératoires
=
Revenus opératoires totaux ou produit net bancaire
(_)
Charges salariales
(_)
Location, dommages, dépréciations, amortissement
(_)
Autres dépenses administratives et rémunération du
comité directeur
=
Résultats nets

Source : extrait de la même source du tableau 1.

17
Dans le temps où le système bancaire classique définit le rôle d’une
banque dans la collecte des fonds et de les utiliser dans des opérations de
prêts, c'est-à-dire pour opérer l’intermédiation financière.
La banque classique tire ses revenus en jouant sur les taux d’intérêts
créditeur et débiteur, c'est-à-dire qu’elle fixe pour le déposant un taux
d’intérêt inferieur à celui appliqué à l’emprunteur. Son revenu résulte ainsi
de la différence. Elle transforme en générale les dépôts à court ou à moyen
terme en prêts à moyen ou à long terme et son rôle se limite à priori à cette
transformation. La réglementation bancaire lui interdit en particulier de se
livrer à des transactions commerciales, industrielles, agricoles ou de
services sauf pour obtenir le recouvrement de ses créances ou à titre
accessoire.

Conclusion de la comparaison entre les banques islamiques et les


banques classiques :
 Les institutions financières islamiques ont des aspects très spécifiques
par rapport à leurs homologues classiques, au niveau de l’organisation et
de la gestion. Aussi comme on a conclut de l’analyse des deux types de
banques, la finance islamique repose sur des principes différents de ceux
adoptés par sa concurrente classique ou les taux flottent selon des
conditions purement économiques. Donc à la différence du système
classique, la finance islamique se base sur des principes qui concernent
notamment, l’interdiction de l’usure, l’encouragement de la participation
aux bénéfices et aux pertes dans les investissements, la condamnation de la
thésaurisation et la valorisation du travail.

18
 Les Banques Islamiques au Maroc4 :
Le Maroc n’a été connu l’utilisation de la finance islamique que
dernièrement exactement en 2007, lors de l’autorisation de Bank almaghrib
de la commercialisation des produits alternatifs qu’on va citer d’une
manière détaillée au cours de l’analyse du deuxième chapitre après avoir
déclaré publiquement le refus formel de toute implantation d’institution
financière islamique au Maroc cette déclaration était adressée dans le
discours de 05/07/2006, au secteur bancaire lors des travaux du Conseil de
la monnaie et de l’épargne tenu à Casablanca par Mr. Abdellatif Jouahri
Wali de Bank Al Maghreb. La banque qui a la position du leader au Maroc
était Attijari Wafa Bank, c’est celui qui avait ouvert ce marché, le reste des
établissements s’est montré au début un peu hésitant et discret en ce qui
concerne ses réalisations dans ce domaine. Concurrence l’oblige, peut être
que ces établissements avaient attendu la réaction de la clientèle à ces
produits tant attendus. Ainsi cette banque qui est le leader dans le pays par
sa lettre du 09/10/2007, adressée aux différents responsables, était le
premier à avoir mis sur le marché deux formules bien ficelées, qui
sont«Miftah Al Kheir», dérivée de Mourabaha pour l’acquisition des biens
immobiliers et «Miftah Al Fath» dérivée de Ijara pour la location
d’immeubles avec option d’achat.
Après avoir la position dominante d’Attijari Wafa Bank, plusieurs
banques décident la commercialisation des produits alternatifs, parmi ces
banques on peut citer le Groupe Banques Populaires, la BMCE et la
BMCI.

4
Source : Mémoire dirigé par Pr : Youssef Alif réalisé par : Zakariaa Ouriqua mastère spécialisé en
Management Financier International 2007/2008.

19
Chapitre II : Les produits de la banque islamique au Maroc.
On va commencer l’analyse de ce chapitre par la présentation de
l’ensemble des produits alternatifs lancés au Maroc, sachant que notre pays
n’a pas encore crée aucune établissement financière purement islamique
c’est pour cela on a que trois modes de financement islamique installés
dans quelques banques pour se commercialiser à coté des produits
classiques, or on va citer l’utilité de chaque mode de financement
islamique utilisé au Maroc.
Section1 : Définitions de produits de la banque islamique au
Maroc.
Au Maroc, le concept de la banque islamique est entrain d’émerger
très faiblement malgré le changement de la réglementation opéré par Bank
Al Maghreb (Banque Centrale du Maroc).
Cette dernière, après avoir longtemps refusé les produits bancaires dits
islamiques, a autorisé le 20 mars 2007 l’offre de Produits alternatifs :
Mourabaha (achat et revente d’un bien avec un surprix), ijara (leasing)
et la Moucharaka (financement participatif). Les banques marocaines ont
donc officiellement la possibilité de commercialiser ces produits.
Attijari Wafa Bank, BMCE Bank et la Banque Populaire ont ainsi
lancé des produits bancaires qui répondent aux spécifiés et aux règles de la
Charia5.

5
Source : livre de: La finance islamique à l’heure de la mondialisation de Dhafer Saidane, édition18(2009) ;
partieI chapitre1, page 38

20
Ces produits alternatifs peuvent être présentés comme suite :
Mourabaha : financement bancaire avec bénéfice
Le mot mourabaha vient du mot arabe ribh signifiant gain ou bénéfice.
Il s’agit d’un contrat d’achat et de revente avec une marge bénéficiaire
convenue à l’avance. C’est l’instrument le plus utilisé dans le financement
islamique. Il représente 70 % du total des financements.

Conditions de conformité à la charia6 : (Mourabaha)


1. L’objet du contrat Mourabaha doit être conforme aux prescriptions de la
charia (pas de financement de produits prohibés par I ‘Islam).
2. Acquisition préalable des marchandises par la Banque. En effet, le
principe de base de la Mourabaha est que la marge bénéficiaire revenant à
la Banque ne se justifie que par le caractère commercial et non financier de
la transaction (l’achat et la revente doivent être réels non fictifs). A cet
égard, il y a lieu de rappeler que si la Mourabaha, telle que pratiquée par
les Banques Islamiques, est une opération de vente à terme, l’opération de
crédit n’est qu’un accessoire à l’opération commerciale, laquelle constitue
la seule justification de la rémunération perçue par la Banque même si le
paiement différé entre en ligne de compte dans la différence de prix.

3. Le prix de revient, la marge bénéficiaire de la Banque et le délai de


paiement doivent être préalablement connus et acceptés par les deux
parties.
4. En cas de retard dans le paiement des échéances, la Banque peut
appliquer au client défaillant des pénalités de retard qui seront logées dans
un compte spécial « Produits à Liquider ». Mais à aucun moment elle ne

6
Source : http://www.entreprendre.ma/Produits-de-la-banque-islamique_a359.html

21
peut réviser en hausse sa marge bénéficiaire en contrepartie du
dépassement de délai. En outre, en cas de mauvaise foi du client, la
Banque est en droit de réclamer, en sus des pénalités, un dédommagement
des échéances non honorées. Auquel cas, il conviendrait d’évaluer le
préjudice par rapport à des critères objectifs propres à la Banque et éviter
toute référence aux taux d’intérêts.
Après la réalisation du contrat Mourabaha, la marchandise devient la
propriété exclusive et définitive de l’acheteur final et le demeurera quels
que soient les incidents qui peuvent survenir par la suite.
Toutefois, la Banque peut prendre un gage sur les marchandises
vendues en garantie du paiement des prix de vente et mettre en jeu ce gage
le cas échéant. De même, elle peut tenir compte des cas de mévente du
client et accorder à ce dernier un rééchelonnement de son échéancier sans
que ce la n’entraîne une majoration de prix.

Ijara : financement bancaire par crédit bail.


Le contrat ijara, du mot arabe oujra,loyer, est un contrat de leasing ou
de crédit bail par lequel une banque acquiert un bien nécessaire à la
réalisation d’un projet et le loue à une entreprise pour un montant et une
échéance déterminés. Le propriétaire du bien, c'est-à-dire la banque,
supporte tous les risques liés à la propriété. La durée de location varie
selon la nature de l’objet et les besoins du client. A la fin du contrat de la
banque doit récupérer le bien afin de le mettre à la disposition d’un autre
client. Le contrat ijara peut conduire cependant au tamlik (propriété). Dans
ce dernier cas, le locataire peut acquérir la propriété du bien par
amortissements. Le bien peut donc être vendu à un prix négociable, ce qui
entraine la vente du contrat Ijara.

22
On se base sur un schéma simplifié pour éclaircir la démarche du mode
de financement Ijara :

Schéma simplifié représente l’Ijara7  :

Conditions de conformité à la Charia8 (Ijara) :


1. L’objet de la location (l’utilisation du bien loué) doit être connue et
acceptée par les deux parties.

2. La location doit porter sur des biens durables, c’est à dire non
destructibles du fait de la jouissance ou de l’utilisation.

7
Source : http://www.apsf.org.ma/SITE%20PRIVE/Guide%20Pratique%20Ijara_
%20Moucharaka_mourab.pdf.

8
Source : site internet : http://www.entreprendre.ma/Produits-de-la-banque-islamique_a359.html

23
3. Le bien loué de même que les accessoires nécessaires à son usage,
doivent être remis à l’utilisateur en état de servir à l’utilisation à laquelle
ledit bien est destiné.

4. La durée de location, le délai de paiement, le montant du loyer et la


périodicité doivent être déterminés et connus à la conclusion du contrat de
leasing.

5. Le loyer peut être payé d’avance, à terme ou par tranches selon la


convention des parties.

6. Les deux parties peuvent convenir d’un commun accord d’une


révision du loyer, de la durée de location et de toutes autres clauses du
contrat.

7. La destruction ou la dégradation du bien loué d’un fait indépendant de


la volonté de l’utilisateur n’engage la responsabilité de ce dernier que s’il
est établi et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour la conservation
du bien avec le soin d’un bon père de famille.

8. Sauf convention contraire, il incombe à la Banque d’effectuer tous


travaux d’entretien et de réparation nécessaires au maintien du bien loué
dans un état de servir à l’usage auquel il est destiné. De même, elle
supporte toutes les charges locatives antérieures au contrat de location.
L’utilisateur assure quant à lui l’entretien d’usage du bien loué, de même
que l’ensemble des charges locatives nées à compter de la date de location.

24
Le bien loué peut faire l’objet d’une sous-location, sauf convention
contraire. De même, la Banque peut louer un bien acquis à son propre
vendeur, à condition que la vente soit réelle et non fictive.

Moucharaka : participation du banquier comme partenaire


associé9

Le mot Moucharaka vient du mot arabe chirka ou charika qui signifie


association ou société. Il s’agit d’un contrat de prise de participation ou de
joint-venture de deux ou de plusieurs parties dans le capital et la gestion
d’une même affaire. Ce contrat implique plusieurs apporteurs de fonds.
L’entrepreneur fait également un apport en capital.

Pour simplifier, on peut dire que la banque et son client œuvrent


ensemble dans le cadre d’un projet. Il s’agit d’un partenariat avec partage
des pertes et des profits avec le client. Le droit de propriété est
proportionnel à la contribution de chaque partie. La banque fournit le fonds
de roulement.
Les titres de participations vendues aux investisseurs fournissent le
financement. La moucharaka est également utilisée par les banques
islamiques pour l’achat de biens immobiliers.

9
Source : extrait du livre de : la finance islamique à l’heure de la mondialisation de Dhafer Saidane. Edition18 ;
(2009) Partie II chapitre3, page73.

25
On distingue deux types de Moucharaka10 :
Moucharaka définitive ou continue :
Le but pour le partenaire étant de rester impliqué dans le projet de façon
définitive. Le pourvoyeur de fonds qui peut être la banque est directement
impliqué dans la gestion du projet.

Moucharaka dégressive :
Les apporteurs de fonds ont l’intention de se retirer du projet.
L’entrepreneur remboursera selon un échéancier prédéterminé les apports
des autres parties.
En pratique, cette forme permet aux entrepreneurs d’acquérir
progressivement la part de la banque une fois le projet en mesure de
générer un cash-flow suffisant (les entrepreneurs deviennent ainsi
autonomes et indépendants de la banque). Elle permet même à la banque
de récupérer ses fonds qu’elle utilisera pour financer d’autres projets;
diversifiant ainsi ses placements et minimisant ses risques.

10
Source : extrait du livre: comprendre la finance islamique de Tarik Bengarai (2010) imprimé en France. Les
pages 96et97.

26
Pour avoir une idée plus précise sur le processus du mode de
financement moucharaka on présente le schéma simplifié suivant :

Schéma simplifié de la moucharaka11

Conditions de conformité à la Charia12: (Moucharaka)


11
Source : http://www.apsf.org.ma/SITE%20PRIVE/Guide%20Pratique%20Ijara_
%20Moucharaka_mourab.pdf.

12
Source : site internet : http://www.entreprendre.ma/Produits-de-la-banque-islamique_a359.html

27
1. L’apport de chaque partie doit être disponible au moment de la
réalisation de l’opération objet du financement. Toutefois, la Charia
autorise la Moucharaka dans des opérations bénéficiant de différés de
paiement à condition que chacune des deux parties assume une partie de
l’engagement vis à vis des fournisseurs.
L’apport de la Banque Islamique dans cette forme de Moucharaka,
consiste généralement en l’émission d’une garantie bancaire (aval, crédit
documentaire, lettre de garantie, caution sur marché etc. ...).
2. Chacune des deux parties doit accepter le principe de la participation
aux pertes et profits de l’entreprise financée. Toute convention visant à
garantir à l’une des parties la récupération de son concours
indépendamment des résultats de l’opération est nulle et non avenue. A cet
égard, la Banque n’a le droit de réclamer le remboursement de son apport
que dans les cas de violation par son partenaire d’une clause quelconque
du contrat Moucharaka, de négligences graves dans la gestion de l’affaire
(par référence aux règles usitées en la matière), et des cas de mauvaise foi,
dissimulation, abus de confiance et autres
actes similaires.
3. La Banque peut requérir de son partenaire la constitution de garanties
mais elle ne peut les faire jouer que dans l’un des cas des actes
susmentionnés.
4. La clé de répartition des bénéfices entre les deux parties doit être
explicitement arrêtée lors de la conclusion du contrat afin d’éviter toute
cause de litige. Si la part de chaque partie dans les bénéfices est librement
négociable, le partage des pertes éventuelles doit se faire dans les mêmes
proportions de partage des bénéfices conformément aux principes, le gain
en contrepartie de la perte.
5. Le partage des profits ne peut avoir lieu qu’après réalisation effective
des bénéfices (pas d’anticipation sur les résultats). Des avances peuvent

28
être néanmoins prélevées d’un commun accord entre les parties
concernées, à charge de régularisation à la clôture de la Moucharaka ou de
l’exercice selon le cas.
6. Les biens et prestations, objet de la Moucharaka, doivent être
conformes aux prescriptions de l’Islam (licites).

Section2 : L’utilité des produits de la banque islamique13

Dans cette section on va définit l’utilité de chaque mode de financement


islamique, en insistant sur les deux produits alternatifs: Ijara et
Moucharaka car le troisième produit Mourabaha va se présenter au niveau
de la deuxième partie d’une manière précise, alors c’est suffisant de donner
seulement une idée plus ou moins générale sur l’utilité du mode de
financement Mourabaha.

 Utilité du mode de financement (Mourabaha):


La Mourabaha est un mode de financement qui permet aux banques
islamiques de financer, dans le respect de leurs principes, aussi bien les
besoins d’exploitation de leur clientèle (stocks, matières, produits
intermédiaires) que leur investissement.

 Utilité du mode de financement(Ijara) :


Ijara est une technique de financement des investissements (mobilier
et immobiliers) relativement récente. A ce titre, il peut être classé parmi les

13
Source : http://www.entreprendre.ma/Produits-de-la-banque-islamique_a359.html

29
formes de crédit à long et moyen terme. La conformité avec les principes
de la Shari’a en fait une formule privilégiée utilisée par les Banques
Islamiques dans le financement des investissements de leurs relations.
Le second avantage de ce mode de financement a trait à la solidité de la
garantie que procure à la Banque son statut de propriétaire légal du bien
loué. Pour les opérateurs économiques, les avantages du leasing sont
multiples. D’une part, il leur permet de rénover leurs équipements désuets
ou obsolètes et bénéficier ainsi des derniers développements
technologiques.
D’autre part, il offre l’avantage de leur éviter une immobilisation à
long ou moyen terme d’une partie de leurs ressources dans le cas d’une
acquisition autofinancée ou même financée par un crédit d’investissement.
En effet, les charges annuelles, dans le cadre d’un financement se
limitent aux seuls loyers dus sur la période, ce qui est très apprécié par les
entreprises qui ont des difficultés à équilibrer leur situation financière.
Les entreprises qui optent pour ce mode de financement peuvent tirer
profit, sur le plan fiscal de la différence positive entre le montant des
loyers annuels et celui des amortissements qu’elles auraient dû
comptabiliser sur leurs propres fonds si le bien avait fait l’objet d’une
acquisition.
Enfin, la marge de manœuvre laissée à l’utilisation quant à l’option
finale (achat-restitution-relocation), lui permet de décider au moment
opportun du choix le plus indiqué en fonction de la situation et des besoins
de son entreprise.

 Utilité du mode de financement (Moucharaka) :


La rémunération de la Banque loin de constituer une charge financière
fixe, est une contribution variable directement liée au résultat
d’exploitation. Le financement de Moucharaka, par sa souplesse et sa

30
vocation participative présente plusieurs avantages et pour la Banque
Islamique et pour les opérateurs économiques. Pour la Banque Islamique,
cette formule offre des opportunités de placement à long et/ou moyen
terme de ses ressources. Il peut constituer de la sorte une source de
revenus réguliers et consistants susceptibles de lui permettre d’assurer à
ses déposants et à ses actionnaires un taux de rémunération assez
intéressant. Outre le financement à caractère ponctuel d’opérations
commerciales à court terme (notamment de revente en l’état ou d’import-
export) et les prises de participation, la Moucharaka se présente aussi
comme une forme de crédit à long et moyen terme.
A ce titre, elle constitue le mode de financement le plus adapté au
besoin des cycles de création et de développement des entreprises aussi
bien pour ce qui est de la constitution et/ou augmentation du capital que
l’acquisition et/ou la rénovation des équipements.
Aussi, la Moucharaka est-elle très sollicitée par les promoteurs pour la
création petites et moyennes entreprises sous diverses formes (SARL,
SNA, SCP…).
Pour les opérateurs économiques (partenaires), le principe de partage du
risque fait de la Moucharaka une source de financement En cas de résultat
déficitaire, non seulement la Banque ne peut prétendre à une quelconque
rémunération, mais elle est aussi tenue d’assumer sa quotte part dans la
perte en sa qualité d’associé. C’est dire toute l’importance de l’étude du
risque et de rentabilité des projets et opérations proposés pour ce type de
financement.
La Moucharaka de type dégressif permet aux Banques Islamiques
d’accorder aux titulaires de marchés publics (ou autres), des avances sur
marchés moyennant un partage de la marge dégagée sur les coûts de
réalisation. Les paiements se feront au vu de situations de travaux
appuyées de toutes les pièces justificatives probantes. Le prélèvement se

31
fera sur les versements effectués par le maître de l’ouvrage via le
comptable payeur, en vertu des clauses de l’acte de nantissement de
marché à requérir systématiquement dans ce genre d’opérations.
Néanmoins, il y a lieu de tenir compte des prescriptions de la Charia en la
matière.
Les concours par Moucharaka répondent aussi aux besoins de
financement des petites entités du secteur de l’artisanat, de l’hôtellerie, de
la restauration et autres types d’activités qui, en dépit de leur faiblesse en
matière de garanties et de ressources financières, présentent en contrepartie
un intérêt culturel certain. Ces secteurs bénéficient le plus souvent
d’avantages fiscaux et d’une demande stable et fidèle qui compensent
largement les inconvénients précités. Certains pays de vieille tradition
bancaire ont favorisé le développement de banques spécialisées dans le
financement de ce type d’activités et fonctionnant de façon participative
(les banques populaires).

Conclusion

Au cours de cette partie, on a établi l’historique de la banque


islamique, par la présentation de la date de création de la première banque
islamique en Égypte dans les années 1960, et les services offerts par ces
banques soit le service est sous forme du compte courant sur lequel les
dépôts effectués sont mobilisables à vue, par chèque, transfert ou virement
bancaire. Soit le service offert est sous forme du compte d’épargne qui
permet d’obtenir à partir d’un certain montant de dépôts des crédits. Enfin
le service offert est sous forme du compte d’investissement dans lequel les
dépôts sont intégrés dans une masse de fond selon leur échéance et investi
par les banques dans des projets rentables. Pour passer à étudier le

32
fonctionnement et les caractéristiques des banques islamiques à partir de la
comparaison faite entre les banques islamiques et classiques, la différence
apparaît clairement dans la manière de financement dans les deux types de
banques : l’utilisation de l’usure dans le mode de financement classique et
l’inverse pour les banques islamiques qui interdisent la pratique du riba.

En arrivant à définir les différents produits alternatifs lancés au


Maroc en 2007, après avoir l’autorisation du Wali de Bank Al-Maghreb
pour ce lancement des produits :( La Mourabaha, Ijara et La moucharaka),
le mode de financement La Mourabaha qu’on va détailler dans la deuxième
partie, ensuite on a cité l’ensemble des utilités de chaque mode de
financement.

33
Deuxième partie  :
La Mourabaha et la finance islamique

34
Introduction

Dans la deuxième partie, on va insister d’une manière claire et


importante sur la forme de financement la Mourabaha comme produit
principale et le plus utilisé dans la banque islamique au Maroc, or on va
présenter des schémas simplifiés pour avoir une idée précise sur la
méthode de déroulement des opérations basées sur la Mourabaha, aussi
cette partie va présenter la place da la Mourabaha dans la finance islamique
au Maroc.

Chapitre I : La Mourabaha : La présentation et les caractéristiques.

Au cours de ce chapitre, on va présenter le mode de financement le


plus utilisé dans les banques islamiques: « Mourabaha », son origine et
ses caractéristiques.

Section 1 : Présentation de la Mourabaha.

 Définitions :

Le terme Mourabaha est drivé du mot ‘Ribh’ qui veut dire en


jurisprudence islamique : bénéfice, ce sens désigne la vente au prix de
revient majoré d’une marge bénéficiaire.14
Ainsi on peut introduire une définition plus large de la
Mourabaha comme étant un contrat par lequel un établissement de crédit
acquiert à la demande d’un client, un bien meuble et immeuble en vue de
le lui revendre à son cout d’acquisition plus une numération convenue
d’avance.les parties au contrat Mourabaha sont le client donneur d’ordre,
l’établissement de crédit et le vendeur.
14
Source : Sidi Mohamed : cadre de la banque al-Baraka mauritanienne islamique, séminaire N°37.

35
Le règlement par le client donneur d’ordre se fait en un ou plusieurs
versements pendant une période convenue d’avance.15

 L’origine de la Mourabaha 16 :


En droit musulman :
Le contrat de vente à terme avec un prix supérieur au prix actuel est
valide et licite en islam à des conditions : que la personne reçoive la
marchandise et que cela soit dans les choses qui admettent le retard en
islam : pas de vente à terme pour l’or (contre l’or), l’argent (contre
l’argent), les monnaies (contre les monnaies), ni la nourriture en échange
de la nourriture. Il faut fixer dans le contrat les prix et les échéances. Enfin
il est illicite de demander dans le contrat des intérêts pour les retards (par
rapport à la date d’échéance fixée).
Donc si une personne A vend à terme par exemple un portable à
une personne B, A donne ce portable à B et lui demande le paiement de
110 euro dans six mois (par exemple) : les parties contractantes se mettent
d’accord donc sur le prix et les échéances : oui c’est licite.
Al-Hafiz Ibn Hajar a cité qu’il y a unanimité sur la licéité de cela :
comme celui qui va vendre sa marchandise maintenant (comptant) à 100
ou à terme à 110. Le prophète lui-même avait acheté de la nourriture à sa
famille et retardait le paiement à une échéance. Dans la Sunna aussi : la
mère des croyants Aicha raconte que le prophète avait acheté d’un juif des
produits alimentaires pour un délai et a laissé comme caution son bouclier
… (Rapporté par Al-Bokhari) dans le livre de « Ar-rahn »
Il est permis d’augmenter le prix à payer à terme par rapport au prix
actuel comme il est permis de fixer à une marchandise licite un prix à
15

Source : Mémoire dirigé par Pr : Youssef Alif réalisé par : Zakariaa Ouriqua mastère spécialisé en Management
Financier International 2007/2008.
16
Source : extrait du livre : Comprendre la finance islamique de Tarik Bengarai, page 87 et 88.

36
payer comptant et un prix à payer selon des échéances fixées. Mais la
vente n’est valide que si les deux contractants décident de rendre effective
séance tenante ou à terme.
Si la vente est établie dans l’hésitation entre un paiement comptant et un
paiement à terme, puisque aucun accord définitif n’a été conclu sur la base
d’un prix déterminé, cela n’est pas conforme à la Sharia.
Si le débiteur accuse un retard dans les paiements, il n’est pas permis
d’augmenter le prix, qu’il y ait une condition le stipulant ou pas. Mais il est
permis au vendeur de formuler une condition portant sur l’anticipation de
règlements non échus, en cas de retard dans certains paiements dus, avec le
consentement du débiteur exprimé au moment de la conclusion du contrat.
Le vendeur n’a pas le droit de conserver l’article vendu après la vente,
mais il peut formuler la condition de disposer d’un gage pour garantir
l’acquittement de son droit de récupérer la totalité des sommes dues. Tout
cela va se présenter clairement dans la comparaison établie entre la
Mourabaha et crédit à intérêt au cours de la deuxième section.

Section 2 : Caractéristiques de la Mourabaha :

 Comparaison de la Mourabaha et crédit à intérêt :


Pour conclure la différence entre la Mourabaha et crédit à intérêt on va
utiliser le tableau 4 ci-dessous qui présente la relation client-banque, son
but et son objet, or le rendement de la banque et les garanties en cas de
retard ou non paiement dans les deux modes de financement soit la
Mourabaha ou Crédit à intérêt.

37
Tableau 4 : Comparaison de la Mourabaha et crédit à intérêt
Crédit à l’intérêt Mourabaha
Relation clients-banque Relation débiteur-créancier Relation débiteur
créancier
But de l’opération Peu importe l’objet Elément important
Objet de la relation Crédit d’argent liquide pour Existence d’un
clients-banque la plupart des cas sauf équipement ou d’une
quelques financements à marchandise en
destination connue possession de la
banque
Rendement de la banque Intérêt fixé en fonction du Marge fixé en
montant et de sa durée commun
(moussawama). La
conjoncture est prise
en compte dans la
fixation de cette
marge
Retard ou non-paiement à Des intérêts de retard Deux cas de non-
terme échu s’ajoutent à la dette paiement :- cas de
force majeure
(déconfiture, faillite).
Il faut accorder un
délai au débiteur qui
se trouve dans la
gêne ;
- mauvaise volonté.
La banque mettra tout
en œuvre pour faire
respecter ses droits
Garanties Elément fondamental Garanties exigées en
fonction de la
capacité du client. La
moralité du client est
déterminante

Source : Mabid Ali Al-Jahri et Munawar Iqbal, Banques islamiques : réponses à des questions
fréquemment posée, Institut Islamique de Recherche et de Formation, Banque Islamique de
Développement, document périodique n°4, 2001

38
Pour avoir une idée plus claire sur la manière d’application de la
Mourabaha on va présenter ce schéma simplifiant des opérations entre les
différents acteurs ou les parties prenantes dans ce mode de financement :

Schéma simplifié de la Mourabaha17

Explication de relations entre les parties du contrat Mourabaha :

17
Source : http://www.apsf.org.ma/SITE%20PRIVE/Guide%20Pratique%20Ijara_
%20Moucharaka_mourab.pdf.

39
1 - Le client choisit le bien à financer :
Demande un devis ou une facture proforma et constitue le dossier de
financement Mourabaha.

2- Demande de financement du client :


Le client formule sa demande de financement à la banque en fournissant
un dossier constitué du devis en plus de tous les justificatifs nécessaires.

3 - 4 : Acquisition par la banque du bien désigné et revente au


client :
Via le contrat Mourabaha tripartite (client, banque et vendeur), la
banque acquiert le bien auprès du vendeur et le revend au client.
Le prix de revente au client comprend :
- Le prix d’acquisition.
- Les frais, droits et taxes.
- La rémunération de la banque.

5 - 6 : Livraison du bien au client :


La livraison se fait directement du fournisseur au client, elle est
matérialisée par la signature d’un procès verbal de réception : (document
attestant la réception du bien et la vérification de sa conformité avec la
commande).

7- 8 : Le règlement du client à la banque :


Le règlement du client se fait en un ou plusieurs versements pendant une
durée convenue à l’avance.

 La Mourabaha alternative au prêt immobilier ou mobilier à intérêt

40
Cette technique consiste en l’achat par la banque islamique d’un
actif qu’elle revend à terme à ses clients avec une marge préétablie. Le
remboursement peut s’effectuer en une fois ou selon un échéancier fixé
lors de la conclusion du contrat. Il est essentiel que la banque soit
propriétaire de l’actif avant de le revendre. La marge doit être acceptée par
les deux parties signataires du contrat. Il est à noter que pour ce type de
financement deux contrats distincts sont signés. (Achat/Vente)
En pratique, la banque islamique dans le cadre du contrat
murabaha, a tout intérêt à vouloir se protéger du risque que le client
n’honore pas ses engagements (impayés) en exigeant un rahn (caution )
et/ou Kafala (garantie), et elle peut proposer à son client des formules de
takaful (assurance mutuelle islamique ) . La banque islamique doit aussi
accorder des délais supplémentaires (non facturés) pour un client en
difficulté temporaire de paiement à l’échéance comme nous l’avons vu
dans le chapitre précédent.
Ibn Rushd dit : «  l’ensemble des savants est unanime : les ventes
sont de deux catégories : musawama et murabaha. Dans la murabaha, le
vendeur cite à l’acheteur le prix d’achat initial la marchandise et lui
conditionne une marge bénéficiaire…»
Le contrat murabaha est une alternative au prêt à intérêt destiné à
l’acquisition. Dans le cas classique où l’organisme de crédit accorde un
prêt à intérêt à son client pour que celui-ci achète une voiture par exemple,
le client prend possession de la somme prêtée et la dépense pour acheter ce
dont il a besoin. Puis il rembourse au fur et à mesure la somme qu’il a
emprunté, plus les intérêts. Si la voiture coûte 10 000 euro et que le client a
pu bénéficier d’un prêt de ce montant, il remboursera par exemple 15 000
euro sur cinq ans. Dans le cas de la murabaha, le client adresse une
demande à la banque islamique concernant la voiture qu’il désire acheter.
Si la banque islamique accepte sa demande, elle considère celle-ci comme

41
étant une promesse d’achat de la part de son client, elle achète la voiture
puis la revend au client avec un bénéfice, le tout étant payable par
échéances (tout est écrit dans le contrat entre les deux parties).
On pourrait dire : ‘Le résultat est le même : ici aussi, pour une
voiture que l’organisme achètera au prix de 10 000 euro, le client la paiera
15 000 euro sur cinq ans par exemple’. Mais en fait non, il y a des
différences.
1) Dans le cas de la murabaha, si la marchandise livrée ne
correspond pas aux caractéristiques énoncées, alors ce sera
l’organisme banque islamique qui fera les démarches pour que le
fournisseur reprenne son bien.
2) De même, si la marchandise connaît des problèmes
d’acheminement, ce sera cet organisme qui se chargera de
relancer le fournisseur ou le transporteur.
3) Et si cet organisme a déjà pris possession de cette marchandise et
que celle-ci a été détruite par un incendie avant qu’elle le
remettre à son client, la destruction se fera aux dépens de
l’organisme.
4) Enfin, en cas de retard dans le paiement du prix convenu par son
client, cet organisme ne pourra pas majorer ses échéances
d’indemnités.
Quatre points qui font la différence entre le recours à la murabaha et le
recours au prêt à intérêt, quatre points qui découlent tous de la même
différence de forme juridique entre les deux transactions : dans la
murabaha, c’est la banque islamique qui achète la marchandise, et toutes
les règles concernant l’acheteur s’appliquent à lui. Aussi, entre le moment
où l’organisme a acheté puis a réceptionné la marchandise et le moment où
le client en prend possession après l’avoir achetée, l’organisme est
entièrement responsable de cette marchandise.

42
Il faut faire attention dans le contrat murabaha, la banque islamique
achète et prend possession de la marchandise (voiture, maison) et vendra
ensuite cette marchandise au client moyennant des échéances (sommes
réparties sur des échéances) et une marge bénéficiaire consenties entre les
deux parties contractantes.
Dans le contrat du prêt immobilier ou mobilier classique la banque (non
islamique) vent du crédit (et non la marchandise) : c’est-à-dire elle prête au
client une somme d’argent qu’il rendra plus tard majorée d’intérêts,
exemple : elle lui vend 100 000 euro contre par exemple 150 000 euro dans
10 ans. C’est là du riba interdit par l’islam, et c’est la grande différence
entre les deux contrats.
Extrait du rapport du Sénat français du 14 mai 2008 concernant la
finance islamique :
«  S’agissant du financement d’actifs (mobiliers, immobiliers, Trade
finance, location de flotte de véhicule…), il existe deux idéaux-types
contractuels : la murabaha et l’Ijara. La murabaha représente une simple
opération d’achat et de revente. Mais alors que, dans notre système
classique, l’acheteur final s’approvisionne auprès du vendeur sur la base
d’un crédit obtenu auprès d’une banque et dont il doit rembourser les
intérêts, dans ce type d’opération, le vendeur cédera son produit à un
financier pour une somme X, lequel le revendra à un acheteur final pour un
montant supérieur à X, payable à terme, la marge correspondant
économiquement à l’intérêt. Dans ce système, il existe un double cession,
avec un financier propriétaire du bien financé. »

43
 La marge payée du Mourabaha devient déductible des
impôts18 :
La direction générale des impôts (DGI) a envoyé, fin janvier, une note
explicative aux banques pour leur expliquer les nouvelles modalités
pratiques de calcul de la TVA appliquée aux crédits Mourabaha dont le
taux, rappelons-le, avait été ramené de 20 à 10% à l’occasion de la Loi de
finances 2010.
Mourabaha fait partie des produits islamiques commercialisés par les
banques et s’apparente à une vente à tempérament adossée à un crédit
affecté. Elle repose sur un contrat par lequel un établissement de crédit
acquiert à la demande d’un client un bien meuble et immeuble en vue de le
lui revendre à son coût d’acquisition majoré d’une rémunération avec
paiement fractionné sur plusieurs échéances.
Le traitement fiscal qui rendait ce produit trop cher par rapport aux
autres produits a été largement revu et corrigé. Ainsi, à partir du 1er janvier
2010, les personnes qui auront conclu, par exemple, un contrat Mourabaha
pour l’acquisition d’un logement à titre d’habitation principale bénéficient
du même avantage prévu pour la voie «classique».
Selon la note de la DGI, le crédit Mourabaha ne supportera plus la TVA
sur le montant total du crédit, mais uniquement sur le profit réalisé par la
banque. Le taux est fixé à 10% au lieu de 20%. «Ce qui rendra ce produit
au moins aussi compétitif pour le client que les autres crédits classiques»,
explique-t-on auprès de Bank Al-Maghreb (BAM).
La note de la DGI prévoit également la possibilité pour les banques
d’étaler l’imposition de leur marge bénéficiaire sur toute la durée du crédit.
Dans l’ancien régime, elles étaient contraintes de payer intégralement
l’impôt au début du contrat, avant même de percevoir le bénéfice sur
lequel il est prélevé.
Le troisième volet concerne les droits d’enregistrement.
18
www.lavieeco.com/news/economie/produits-alternatifs: article de Naoufal Belghazi 08/02/2010.

44
Sous l’ancien régime, les parties au contrat Mourabaha devaient payer
lors du changement de propriétaire du bien (de la banque acquéreur initial
au propriétaire final). «Désormais, le client ne payera qu’une seule fois ces
droits d’enregistrement, ce qui réduira à l’évidence le coût global de
l’acquisition», commente le responsable marketing d’une banque de la
place. En matière d’impôt sur le revenu (IR), la nouvelle réglementation
permet au contribuable ayant conclu un contrat Mourabaha pour l’achat
d’un logement destiné à son habitation principale la déduction de la
rémunération convenue d’avance avec sa banque, dans la limite de 10% de
son revenu global imposable.

 Les défis de la Mourabaha19 :


Malgré le fait que ce soit la technique la plus répandue, le Mourabaha
rencontre de nombreuses critiques :
– les promesses d’achat et de vente seraient illicites dans la mesure où
elles imposent des obligations incontrôlables puisque l’acheteur promet
d’acheter un bien qu’il n’a pas encore vu et que le vendeur promet de
vendre un bien qu’il ne possède pas encore ;
– si le prix différé est plus élevé que le prix au comptant, cela reviendrait
à la rémunération d’un prêt, pratique entachée de riba;
– en pratique, des pénalités sont facturées en cas de retard de paiement
alors que le débiteur devrait en être exonéré ;
– en définitive, le Mourabaha serait un contournement de la charia car il
s’agirait d’un crédit déguisé : montant et échéance sont fixés à l’avance et
la marge est certaine au défaut de paiement près.

À ces critiques s’ajoutent les dissensions sur la pratique du double


Mourabaha qui est une opération largement pratiquée par les banques
19
Source : livre : Finance Islamique une illustration de la finance éthique de François Guéranger chapitre 8 page
221.

45
islamiques, au moins d’après ce que l’on en voit en Occident.
Elle fait l’objet d’une controverse doctrinale. On peut la résumer de la
manière ci-dessous.
Sur proposition d’un client, une banque achète une marchandise pour
la revendre à ce client moyennant un paiement comptant du prix (Premier
Mourabaha).
Le client cède alors immédiatement ladite marchandise à la même
banque mais le paiement se fera à une échéance ultérieure et le prix de la
marchandise sera plus élevé (second Mourabaha).
De cette manière, économiquement parlant, le client perçoit à terme un
montant plus élevé que celui qu’il a versé au comptant en échange d’une
immobilisation de ses fonds pendant une certaine période.
Certains voient dans cette double opération de vente au comptant puis à
crédit un placement à terme de trésorerie rémunéré par un intérêt.

46
Chapitre II : La finance islamique.
Ce chapitre est réparti en deux sections pour traiter la notion de la
finance islamique, son historique et son apparition dans les pays du monde
quelques soient musulmans ou non, en plus on va citer les banques
islamiques dans le monde.

Section1 : l’historique de la finance islamique :


On peut associer les premières formes d’une finance islamique avec
l’âge d’or de l’Islam entre le ѴIII siècle et le XIѴ siècle. Dans un contexte
politico-religieux favorable, le monde arabo-musulman dominait le savoir
et était à son apogée. Cette finance évoquait davantage une économie
monétaire vigoureuse. Elle semble également centrée autour de la finance
publique des khoulafa20 . En réalité, le démarrage de la finance islamique
telle que nous l’entendons aujourd’hui a été tardif. Il remonte aux années
1970.
Les premières traces de la finance islamique
La finance islamique, sous sa forme actuelle, n’existait pas
véritablement aux premiers temps de l’islam, c’est-à-dire à l’époque du
prophète Mouhamad. Il y avait plutôt des contrats et des transactions régis
par les règles du Coran et les pratiques du Prophète. Aussi loin que l’on
puisse remonter dans l’histoire, les premières traces d’une finance
organisée en pays d’Islam datent probablement des premiers khoulafa. Il
s’agissait davantage d’une finance prenant ses sources dans l’instauration
des premiers systèmes comptables.
D’après plusieurs traces d’un système comptable et financier en terre
d’Islam remontent donc aux khoulafa. Il s’agissait d’une gestion
budgétaire des deniers d’un état naissant. Le deuxième khalif, Omar Ibn El
Khatab, qui a gouverné de 634 à 644, aurait même demandé expressément

20
Calife ou khalifa en arabe (khoulafa au pluriel), signifie « successeur », sous-entendu du prophète Mouhamad.

47
à son gouverneur en Syrie : « Envoi chez [à Médine] un expert grec pour
mettre en ordre les comptes de nos revenus.»
Durant la période des khoulafa, l’expansion territoriale de l’Islam et
des institutions islamiques a exigé une gestion rigoureuse des comptes de
l’Etat. Il s’agissait en particulier de canaliser efficacement la collecte de la
zakat. Cette taxe est obligatoire pour tout musulman. Elle est réclamée au-
delà d’un certain revenu. Les fonds, produits de cette collecte, sont
acheminés vers le Beit-El-Mel-El-Mouslimine ou Trésor public. Rappelons
par ailleurs, l’obligation inscrite dans le coran d’enregistrer les dettes entre
croyants (montant, «échéance…), Sourate 2 – El Baqarah (la génisse).
Versets 282 et 283. La conjugaison de ces éléments commerciaux (gestion
privée) et fiscaux (gestion publique) a donc été de nature à faire émerger
un système comptable et financier en terre d’islam.
Dans son article de 1969, du Journal of Economic History. Subhi
Labib rappelle aussi que pendant l’âge d’or de l’islam, on pouvait détecter
dans les territoires des khoulafa, du VIII au XII siècle, les premières
formes de capitalisme et d’économie de marché. L’auteur parle de «
capitalisme islamique». Une économie monétaire est donc née. Elle est
basée sur une monnaie forte et stable : le dinar.
De nombreuses innovations financières firent alors leur apparition :
chèques, contrats, lettres de change, opération de transferts internationaux
de fonds, opérations de partenariats, comptes d’épargne, change … Toutes
ces techniques ont été par la suite, à partir du XIII, transférées à l’Europe
médiévale.
Il est intéressant de noter que c’est durant cet Age d’or que le riba ou
usure était interprété d’une manière inédite et qu’il a été à l’origine d’une
innovation financière. Le riba était limité uniquement aux produits signalés
dans lé célèbre hadith des « six produits » du Prophète Mouhamad rapporté
par El Boukhari (810-870). Que dit ce hadith ? : « Du blé pour du blé à

48
part égale et de main à main ; le surplus étant de l’usure. De l’orge pour de
l’orge part égale et de main à main, le surplus étant de l’usure. Des dattes
pour des dattes à part égale et de main à main, le surplus étant de l’usure.
Du sel pour du sel à part égale et de main à main ; le surplus étant de
l’usure. De l’argent pour de l’argent à part égale et de main à main, le
surplus étant de l’usure. De l’or pour de l’or à part égale, de main à main,
le surplus étant de l’usure.»
(Les pays qui pratiquent la finance islamique se situent principalement
dans les pays de Golf et d’Asie et dans une proportion moindre, au
Maghreb et en Afrique. Depuis quelques années, ces pays évoluent vers
l’adoption de normes permettant une reconnaissance internationale de leur
mode de fonctionnement)21.

 La finance islamique22 :
L’appellation de la finance islamique vient à la suite de la nouveauté
du sujet. La majorité ce sont des musulmans qui travaillent sur ces
questions, ceux qui pensent à une finance plus juste. Certains peuvent
penser que le fait de lancer des produits islamiques est communautariste,
ce n’est pas vrai vu que le commerce de ces produits est ouvert à tous et
que cette équité que les musulmans croyants recherchent à profiter à tous
et pas seulement aux musulmans.
La finance islamique est très proche de la finance éthique sur laquelle
la majorité est d’accord : les investisseurs sont responsables de ce qu’on
fait de leur argent.
Elle est fondée sur l’interdiction par l’islam de l’usure, il ne s’agit pas
seulement de l’usure au sens usuel de terme que nous lui connaissons, mais
aussi de l’application à toutes formes de financement d’un taux d’intérêt

21
Source : livre de Dhafer saidane, La finance islamique à l’heure de la Mondialisation, chapitre1, page 33.
22
Source : Thèse de Master en Audit et contrôle de gestion de Mlle Hakima Elmostali sous le thème : « les
produits alternatifs en mal décollage »

49
prédéterminé et fixe. Dans la religion musulmane riba signifie
indifféremment usure et intérêt, la finance islamique peut être définie
comme l’ensemble des modes de financement qui ont été adopté par les
musulmans pour respecter l’interdiction simultanément de l’usure
proprement dite et de l’intérêt au sens conventionnel du terme.
 La finance islamique au pays du Maghreb  23:
Le faible développement de la finance islamique dans les pays du
Maghreb peut paraître surprenant. Pourtant le potentiel et le gisement de
clientèle existant.
En effet, la population est très sensible à l’argument religieux en matière
d’épargne et de financement. De plus la population est encore sous-
bancarisée.
« Le taux de bancarisation n’est que 25% au Maroc, 20% en Algérie et
environ 33% en Tunisie »24 . L’articulation entre la finance islamique et la
banque de détail au Maghreb est donc manifeste.
Certaines banques islamiques du Golfe pourraient parfaitement
envisager une diversification géographique et ainsi pénétrer le marché
bancaire de la banque de détail du Maghreb.
Dans la sous section qui suit on va donner une idée sur le
développement de la finance islamique précisément en ce qui concerne le
Maroc.

 La finance islamique au Maroc  25:

23
Source : livre de Dhafer saidane, La finance islamique à l’heure de la Mondialisation, chapitreI, page 37.
24
Le taux de bancarisation mesure le nombre de personnes détenant un compte bancaire. Didier planche (2007),
« les banques du Maghreb en pleine effervescence », Banque et Finance.(extrait de la source23).
25
Source : http://www.yabiladi.com/articles/details/11403/population-marocaine-favorable-finance-
islamique.html

50
Les résultats de la dernière étude menée par le bureau international de
consulting en finance islamique, le cabinet français IFAAS, révèlent
qu’une très large proportion de la population marocaine se dit favorable à
l’introduction de la finance islamique dans le royaume. M. Boubker Ajdir,
directeur de projets chez IFAAS, discute les opportunités et enjeux majeurs
de son développement. 
La mise en place d'un système de finance islamique au Maroc soulève
de nombreux enjeux, parmi lesquels la compétitivité et la transparence de
l'offre du secteur bancaire comme il s’annonçait fin mai, le bureau
international de consulting en finance islamique IFAAS (Islamic Finance
Advisory & Assurance Services) lançait début juin au Maroc une étude
indépendante visant à identifier les opportunités offertes par le royaume en
matière de finance islamique,  et surtout, à mesurer l’intérêt de la
population marocaine vis-à-vis des produits financiers conformes à la
Charia. Aujourd’hui close, l’enquête livre ses premiers résultats.
Principal constat du rapport : l’intérêt majeur de la population
marocaine vis-à-vis de la finance islamique. En effet, selon les résultats de
l’étude IFAAS, 94% des marocains se disent intéressés par l’idée
d’épargner leurs avoirs dans des banques vertes. Comme le fait remarquer
M. Boubker Ajdir, directeur de projets (DP) au sein de l’IFAAS, au journal
l’Economiste : « ce chiffre montre tout le potentiel d’épargne qui échappe
totalement au circuit bancaire traditionnel, souvent pour des raisons de
convictions éthiques et religieuses ».
En ce sens, M. Ajdir ajoute que « la prédisposition à souscrire aux
produits islamiques pourrait être rapide si les conditions sont réunies ». Et
pour cause, le rapport de l’étude révèle en effet que près de 70% des
personnes sondées se disent attirées par les produits d’épargnes portant
l'estampille islamique et, 88%, intéressées par les produits financiers
conformes aux préceptes religieux. Seulement, comme le rappelle le DP

51
d’IFAAS, « des conditions doivent être réunies » pour révéler ce potentiel,
parmi lesquelles la mise-à-niveau de la compétitivité, de la tarification et
de l’innovation en termes de marketing et de commercialisation du secteur
bancaire islamique.  « L’innovation doit […] être au centre des
préoccupations des banques afin de concevoir les produits adéquats
répondant aux besoins de la clientèle et contribuant à la croissance
économique du pays » prévient-il.

Renforcer l’attractivité de la « Charia Compliance »

Par « produits adéquats », M. Ajdir entend des produits personnalisés


calibrés sur les profils d’épargne de chaque client : « Les financiers
devront identifier les bons pools d’actifs sous-jacents qui offriront une
performance intéressante et qui se marieront avec les critères de montant et
de durée d’immobilisation des dépôts de la clientèle » préconise-t-il.
L’idée du jeune directeur parait opportune dans la mesure où l’étude
IFAAS démontre bien une prédisposition des consommateurs à souscrire
aux produits islamiques, notamment en termes de prix, de capacité
d’épargne régulière et de sensibilité aux aspects liés à la dimension
religieuse.

Si elle se traduit dans les faits, l’introduction de la finance islamique ne


manquera pas de rehausser le taux de bancarisation au Maroc.

Section 2 : la répartition de la finance islamique dans le monde.

La finance islamique est un système élaboré à partir de principes


religieux et moraux universels qui connaissent un grand essor en Asie et

52
désormais en occident, elle est une composante de la finance éthique une
finance qui n’obéit à la seule loi du profit mais qui répond à des critères tel
que le développement durable, l’environnement et la gouvernance.

Cette finance n’est pas pratiquée seulement dans les pays musulmans
mais aussi dans les pays non musulmans, pour cela on a extrait un tableau
qui présente l’ensemble des banques islamiques dans le monde à partir la
base des données spécialisée Bankscope.

Le tableau qui suit récapitule les 95 banques déclarées purement islamiques


dans le monde tel qu’elles sont repérées par pays dans la base de données
spécialisée Bankscope.

Tableau 5 : Les banques islamiques dans le monde


Nom de la banque Total du ROE Rang Rang
bilan (en %) national mondial
(millions

53
dollars)
ARABIE 1. Al Rajhi Bank 28 093 43,4 3 556
SAOUDITE 2. Islamic Development 9 164 2,6
3. Bank AlBilad 3 012 6,0 11 2 365
1. Albaraka Banking 7 626 12,6 5 1 384
Group BSC
2. Arcapita Bank BSC 3 806 28,2 10 2 096
3. Shamil Bank of 1 693 16,9 13 3 256
Bahrain
4. Gulf Finance House 1 501 41,5 14 3 472
EC
5. Bahrain Islamic Bank 1 161 20,1 15 3 955
BSC
6. Kuwait Finance House 1 072 26,7 16 4 112
7. Albaraka Islamic 1 045 3,4 17 4165
Bank BSC
BAHRAIN 8. ABC Islamic Bank 823 6,8 20 4 732
(EC)
9. Al-Salam Bank- 500 12,0 22 6 146
Bahrain BSC
10. Al Amin Bank 431 2,6 24 6 625
11. Unicorn Investment 293 17,1 25 8 004
Bank BSC
12. Khaleeji Commercial 256 20,9 26 8 514
Bank
13. Capivest 195 12,0 27 9 569
14. Islamic Investment 182 5,4
Company of the Gulf
15. Investors Bank BSC 148 9,1 30 10 743
16.IIB-International 95 24,1 31 12 620
Investment Bank BSC
17. VCBANK-Vanture 91 13,3 33 12 791
Capital Bank (c)
18. Arab Islamic Bank 82 0,7
EC
19. Citi Islamic Bank EC 14 23,3
1. Oriental Bank Ltd 384 32,8
BANGLADESH 2. Shahjalal Islamic 309 47,6 28 7788
Bank Brunei bhd

54
Nom de la banque Total ROE Rang Rang
du en national mondial
bilan (%)

BRUNEI 1.Bank Islam Brunei Darussalam 2 910 5,5 1 2 428


Berhad

2.Islamic Bank of Brunei bhd 1 435 11,3


1. Faisal Islamic Bank of Egypt 3 363 16,6 10 2 228

EGYPTE 2.Egyptian Saudi Finance Bank 1 287 0,8 18 3 736


3.Islamic Inter.Bank for Invest & Dev 795 0,0
1.Dubai Islamic Bank plc 17 545 26,0 4 786
2.Abu Dhabi Islamic Bank 9 882 27,4 7 1 174
EMIRATS 3.Emirates Islamic Bank PJSC 2 852 10 2 464
4.Sharjah Islamic Bank 2 081 14 2 895
5.Dubai Bank 1 514 19 3 456
6.Amlak Finance PJSC 1 371 7,6 20 3 633
7.Tamweel PJSC 888 73,2 24 4 528
GAMBIE 1.Arab Gambian Islamic Bank 18 -9,1 4 16 843
ILES 2. Al-Tawfeek Company for 574 1,7
CAYMANS Inves.Funds
INDONESIE 1.Bank Syariah Mandiri 1 059 9,9 25 4 136
2.Bank Syariah Muamalat Indonesia 928 14,à 28 4 427
Tbk
1.Bank Saderat Iran 27 872 18,1 2 560
2.Bank Mellat 25 985 3,8 3 589
3.Bank Tejarat 22 490 12,2 4 648
IRAN
4.Bank Sepah 16 732 2,7 5 808
5.Argricultural Bank of Iran-Bank 13 130 4,6 6 954
Keshavarzi
6.Bank Maskan 9 887 14,8 7 1 173

Nom de la banque Total du ROE Rang Rang

55
bilan (en%) national mondial
(millions
dollars)
IRAQ 1.Kurdistan Inter.Bank for 93 1,2 2 12 678
Invest and Dev
JORDANIE 1.Islamic International Arab 811 13,6 12 4 773
Bank
2.Jordan Islamic Bank for 2 063 17,0 6 2 914
Finance and Invest
1.Kuwait Finance House 21 836 25,1 2 665
2.Investment Dar Co (The) 3 669 34,2 9 2 134
KOEIT 3.A’Ayan Leasing & Investment 1 642 18,3 14 3 300
Company
4.First Investment Company 482 36,7 19 6 245
KSCC
5. International Investor 367 24,2 21 7 180
Company. KSC
LIBAN 1.Arab Finance House Holding 74 2,7
SAL
1.Arab Finance House Holding 5 526 56,5 20 1 679
2.Bank Islam Malaysia Berhad 3 809 11,7 21 2 094
3.Amslamic Bank Berhad 2 703 9,2 22 2 547
4.RHB Islamic Bank Berhad 2 291 14,2 27 2 771
MALAISE 5.Hong Leong Islamic Bank 1 802 10,0 30 3 150
Berhad
6.Eoncap Islamic Bank Berhad 1 454 2,8 33 3 521
7.Affin Islamic Bank Berhad 1 105 14,9 39 4 041
8.CIMB Islamic Bank Berhad 713 1,3 47 5 112
9.Public Islamic Bank Berhad 440 24,7
10.Al Rajhi Banking & 83 -33,4 58 13 168
Investment Corpo
MAURITANIE 1. Banque Al Wava 92 7,1 4 12 749
Mauritanienne Islamique
1.Meezan Bank Limited 772 16,1 17 4 882
2.Albaraka Islamic Bank BSC 310 6,3 23 7 780
PAKISTAN 3.Dubai Islamic Bank Pakistan 138 -20,5 28 11 026
Limited
4.Banklslami Pakistan Limited 66 -0,5 36 13 952
5.First Dawood Islamic Bank 44 37 15 182
6.Emirates Global Islamic Bank 40 -9,2 38 15 465
Limited

Nom de la Banque Total du ROE Rang Rang

56
bilan (en%) national mondi
(millions al
dollars)
1. Qatar Islamic Bank SAQ 5861 29,4 4 1607
Qatar 2. Qatar International Islamic 2307 6 2764
Bank
3. Masraf Finance 1188 2,8 8 3899
Company(QSC)
4. First Finance Company(QSC) 331 24,0 9 7532
Royaume-Uni 1. Islamic Bank of Britain Plc 232 -24,3 270 8880
Réussie 1. Badr-forte Bank 26
1. Tadamon Islamic Bank 408 44,8 3 6825
2. Al Baraka Bank Sudan 257 12,0 6 8493
3. Islamic Co-operative 218 18,4 8 9135
Soudain Development Bank
4. Sudanese Islamic Bank 154 8,9 10 10569
5. Faisal Islamic Bank(Soudan) 116 16,2
6. United Capital Bank 96 -2,3 12 12545
7. Al Shamal Islamic Bank 81 -56,8
Ter. 1. Arab Islamic Bank 187 17,6 2 9749
Palestiniens
Tunisie 1. Bank Ettamouil Saoudi 352 13,1 12 7326
Tounsi
1. Bank Asya-Asya Katilim 3039 32,5 15 2356
Bankasi AS
Turquie 2. Turkiye Finans Katilim 2918 42,3 18 2419
Bankasai AS
3. Kuwait Turkish Participation 2095 16,0 19 2886
Bank Inc.
4. Albaraka Turk Participation 1768 32,4 22 3182
Bank
1. Tadhamon International 973 18,3 1 4406
Yémen Islamic Bank
2. Saba Islamic Bank 354 15,9 4 7294
3. Islamic BK of Yemen For Fin 98 0,0 8 12460
and Investissement
4. Shamil Bank of Yemen and 74 10,8 9 13613
Bahrain

Source : Bankscope, 2007. Extrait du livre : La finance Islamique à l’heure de la mondialisation de Dhafer
Saidane, chapitre 1 les pages : 29, 30,31et 32.

Conclusion

Tout au long de la réalisation de cette partie on a étudié le mode de


financement la Mourabaha qui est considéré le produit le plus utilisé dans les

57
banques islamiques, or on a définit les différents caractéristiques de la
Mourabaha par la comparaison entre cette dernière et le crédit à intérêt en
comparant la relation entre le client et la banque, l’importance de l’opération
entre les deux et l’objet de cette relation, les conséquences en cas de retard ou
non paiement à terme échu enfin, les garanties disponibles dans les deux modes
de financement.
Par la suite on a arrivé à l’élaboration d’un schéma simplifié qui donne une
idée claire et plus proche à la réalité, en plus une présentation de l’origine de la
Mourabaha en droit musulman. Or on a jeté la lumière sur la Mourabaha au
niveau fiscal, dernièrement il y’a une modification de calcul de la TVA appliqué
aux crédits Mourabaha dont le taux était de 20% est devient 10% à l’occasion de
la loi des finances 2010. La Mourabaha comme produit alternatif est sous
l’influence de plusieurs défis même si elle est le mode le plus utilisé.
Dans le deuxième chapitre de cette partie apparaît la notion de la finance
islamique qui se caractérise par un démarrage tardif qui commence dans les
années 1970, l’appellation de la finance islamique vient à la suite que la plupart
des utilisateurs de ce mode ce sont des musulmans, elle se caractérise aussi du
faible développement dans les pays du Maghreb, ce qui concerne le cas du
Maroc l’étude menée par le bureau international de consulting en finance
islamique conclue que une large proportion de la population marocaine se dit
favorable à l’introduction de la finance islamique dans le royaume. Pour arriver
finalement à présenter l’ensemble des banques islamiques dans le monde qui
sont 95 banques.

Conclusion générale

58
Notre étude qui avait ciblé la recherche et l’analyse des termes liés aux
banques islamiques pour pouvoir enlever l’ambigüité sur ce concept dans le
monde et au Maroc. Cette étude commence par la présentation de l’historique
des institutions financières islamiques qui ont connu naissance après avoir été
seulement l’utilisation de la finance classique qui était longtemps dominante, les
banques islamiques arrive pour avoir la position compétitive à cotés des banques
classiques.

Les banques islamiques offrent différents formes de services ; compte


courant sur lequel les dépôts effectués sont mobilisables à vue, par chèque,
transfert ou virement bancaire. Compte d’épargne qui permet d’obtenir à partir
d’un certain montant de dépôts des crédits, enfin le compte d’investissement
dans lequel les dépôts sont intégrés dans une masse de fond selon leur échéance
et investi par les banques dans des projets rentables. Pour passer à étudier la
manière avec laquelle fonctionnent les banques islamiques en donnant une
comparaison entre les banques classiques et islamique à ce moment de cette
comparaison on a constaté que la tache ne sera pas facile sur ce point.

La différence entre les deux formes d’institutions financières apparaît au


niveau de l’utilisation de l’usure (riba) dans le système bancaire classique, en
revanche l’usure ou toute forme d’intérêt prédéterminé et fixe ; est interdit
définitivement par la législation islamique.

Les banques islamiques se basent en matière de son fonctionnement sur


l’interdiction de déterminer un intérêt en avance, c’est pour cela elles lancent
des produits alternatifs conformes à la Charia.

Au cours de notre recherche, on est seulement étudier les produits de la


banque islamique au Maroc, qui sont lancés en 2007 après avoir l’autorisation

59
du Wali de Bank Al Maghreb dans un nombre limité des banques classiques
pour se commercialiser à coté des produits classiques, ces nouveaux produits
lancés sont : la Mourabaha, l’Ijara, la Moucharaka.

Mourabaha  : C’est un contrat d’achat et de revente avec une marge


bénéficiaire convenue à l’avance. C’est l’instrument le plus utilisé dans le
financement islamique.
Ijara  : C’est un contrat de leasing ou de crédit bail par lequel une banque
acquiert un bien nécessaire à la réalisation d’un projet et le loue à une
entreprise pour un montant et une échéance déterminés.
Moucharaka  : Il s’agit d’un contrat de prise de participation ou de deux
ou de plusieurs parties dans le capital et la gestion d’une même affaire.

Dans la deuxième partie on a insisté sur le concept du Mourabaha son


origine en droit musulman, on a aussi présenté le crédit à intérêt qui se considère
comme le contraire de la Mourabaha en faisant une comparaison entre les deux.
En plus, fiscalement la Mourabaha est devenue déductible des impôts de 20% à
10% dans la loi de finance 2010, cette diminution d’impôt encourage les clients
à rendre cette forme de financement plus compétitive dans le futur.

Malgré le fait que ce soit la technique la plus répandue, la Mourabaha


rencontre de nombreuses critiques, si l’acheteur promet d’acheter un bien qu’il
n’a pas encore vu, ou le vendeur promet de vendre un bien qui ne possède pas
encore, dans ce cas les promesses sont illicites. Si le prix différé est plus élevé
que le prix au comptant il existe plusieurs défis sont cités précédemment.

Enfin, on a étudié le concept de la finance islamique en donnant sa


définition, son historique ses premières traces.

60
La finance islamique au Maroc est dite favorable par la population
marocaine, pour citer par la suite les différentes banques et leur répartition dans
le monde au niveau des pays musulmans et même les non musulmans en 95
banques islamiques.

Bibliographie
Les ouvrages :

61
- Dhafer Saïdane, « La finance Islamiques à l’heure de la
mondialisation », Achevé d’imprimé en Janvier 2009, Edition18,
N° d’impression 2009-01 .0105.

- François Guéranger, «finance islamique : Une illustration de la


finance éthique », imprimé en France à Paris en 2009.

- Hamid Algabid, « Les Banques Islamiques », Composé par


économica, 49 rue Hericart 75015 Paris. Imprimé en France-
Jouve18, rue Saint Denis 75001 Paris. N°12641 – Dépôt légal ; Mars
1990.

- Tarik Bengarai, « Comprendre la finance islamique : Principe,


Pratique, Ethique », Dépôt légal Mars 2010. Imprimé en France.

Mémoires :

62
- Mémoire réalisé par Mr.Zakariaa Ouriqua, dirigé par Prof Youssef
Alif, Mastère spécialisé en Management Financier Internationale
Année 2007/2008. «La commercialisation des produits islamiques
dits alternatifs, par les banques marocaines ; la problématique et les
enjeux».

- Mémoire réalisé par Mlle. Hakima Elmostali, dirigé par M. Khalid


Essakali et M. Abdelmounaim, Mastère Audit et Contrôle de gestion,
Année 2009/2010, sous le thème : «les produits alternatifs en mal
décollage»

63
Webiographie

 http://www.apsf.org.ma/SITE%20PRIVE/Guide%20Pratique%20Ijara_
%20Moucharaka_mourab.pdf.

http://www.lavieeco.com/news/economie/produits-bancaires-alternatifs-la-
marge-payee-sur-mourabaha-devient-deductible-des-impots-15763.html

http://www.entreprendre.ma/Produits-de-la-banque-islamique_a359.html

http://www.yabiladi.com/articles/details/11403/population-marocaine-favorable-
finance-islamique.html

Table des matières

64
Introduction générale :……………………………………….4
Première Partie: Les produits de la banque islamique…......6

Chapitre Ι: La banque islamique…………………………………....7


Section 1: Historique et les services de la banque islamique………......7
Section 2: comparaison des banques islamiques et classiques……….12

Chapitre II: Les produits de la banque islamique au Maroc…..20


Section 1: Définitions des produits de la banque islamique………….20
Section 2: L’utilité des produits de la banque islamique……………..29

Deuxième Partie: La Mourabaha et la finance islamique...34

Chapitre I: la Mourabaha et ses caractéristiques………………...35


Section 1: Présentation de la Mourabaha…………………………….35
Section 2: Les caractéristiques de la Mourabaha…………………….37

Chapitre ΙΙ : la finance islamique……………………………….47


Section 1: l’historique de la finance islamique ……………………...47
Section 2: la répartition de la finance islamique dans
le monde……………………………………………………………..53

Conclusion générale: ……………………………………...59

Bibliographie:……………………………………………...62
Webiographie:……………………………………………..64

65

Vous aimerez peut-être aussi