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Les règlements par effets de commerce

Toutes les opérations commerciales se traduisent en fin de compte par des mouvements de
fonds qui consacrent le règlement de ces opérations sur le plan financier.

Si l’entreprise dispose de liquidités suffisantes, c'est-à-dire de fond disponibles en caisse, en


banque ou aux chèques postaux, les règlements font appel sur le plan comptable aux comptes
de trésorerie : Caisse, Banque ou chèques postaux.

Dans le cas ou l’entreprise désirerait mobiliser des crédits, des effets de commerce sont créés,
ce qui entraine l’utilisation des comptes d’effets à recevoir ou d’effets à payer.

Pour comptabiliser ces règlements les comptes suivants sont prévus par le SYSCOA :

1682 Billets de fonds (à payer)

2713 Billets de fonds (à recevoir)

402 Fournisseurs (effet à payer)

482 Fournisseurs d’investissement, effet à payer

412 Clients, effets à recevoir

4852 Créances sur cessions d’immobilisations, effets à recevoir

415 Clients, effets escomptés non échus

512 Effets à l’encaissement

52 Banque

531 Chèques postaux

565 Escompte de crédit ordinaire

57 Caisse

631 Frais bancaire

645 Impôts et taxes indirects


673 Escomptes accordés

674 Autres intérêts

675 Escomptes des effets

771 Intérêts des prêts

773 Escomptes obtenus

775 Intérêts des créances commerciales

Section 1 : Création et circulation des effets 

1) Définitions des concepts:

Les effets de commerce, billet à ordre et lettre de change (traite) sont considérés,
principalement comme des instruments de mobilisation des créances et, partant, de crédit. Ils
sont utilisés aussi comme des instruments de paiement.

a)La lettre de change :


La lette de change, représente ci-dessous, est un écrit par le quel le créancier Diop (le tireur)
donne l’ordre à son débiteur SARR (le tiré) de payer à une date fixée au 15/01/06 (l’échéance)
une somme déterminée de 1 132 800 F à une personne désignée Ndiaye ( le bénéficiaire). Très
souvent, le tireur se désigne lui même comme bénéficiaire.

Maison Diop Dakar le 15 Janvier 2006 BPF CFA


1 132 700

150 allées du centenaire

Dakar

Au trente Avril 2006

Payer contre cette lettre de change,


La somme de Un million cent trente deux mille huit cents francs

A l’ordre de Paul Ndiaye.

Accepté SARR

Tiré

Ibrahima Sarr avenue Jean Jaures à thiès


Domiciliation

SGBS agence de Thiès, compte n°67 453


N° 124

Le billet à ordre, représenté ci-dessous, est un écrit par lequel une personne Diop (le
souscripteur) s’engage envers une autre personne Ndiaye (le bénéficiaire) à payer une somme
fixée à 1 964 700 F à une date prévue au 18/01/06 (l’échéance).

b) Le billet à ordre :
Le billet à ordre, représente ci-dessous est un écrit par lequel une personne Diop (le
souscripteur) s’engage envers une personne Ndiaye (le bénéficiaire) à payer une somme fixée
à 1 964 700 F à une date prévue au 18/01/06 (l’échéance).

Maison Diop Dakar le 18 Janvier 2006 BPF CFA


1 964 700

150 allées du centenaire

Dakar

Au trente Avril 2006

Contre ce billet, je paierai à l’ordre de Paul Ndiaye la somme de UN MILLION NEUF CENT
SOIXANTE QUATRE MILLE SEPT CENTS FRANCS
A l’ordre de Paul Ndiaye.

DIOP

Domiciliation

BICIS Dakar, compte n°67 453


N° 24

2) Création des effets de commerce :

Du point de vue comptable les effets de commerce sont :

-          Des « effets à recevoir » pour le bénéficiaire à imputer au débit d’un compte de créance
« 412 ».
-          Des « effets à payer » pour le tiré ou le souscripteur imputables au crédit d’un compte de
dette « 402 ».

a) Ecriture à passer dans le journal du bénéficiaire :


Le bénéficiaire de l’effet vire la créance ordinaire imputée au compte « 411 » dans un compte
de créance particulier « 412 ». Dans l’exemple précédent Ndiaye est bénéficiaire des deux
effets :

15/01

412 Clients, effet à recevoir 1 132 800

411 Client Diop 1 132 800

Sa lettre de change 124

18 /01

412 Clients effets à recevoir 1 964 700


411 1 964 700
Client Diop

Son billet d’ordre n°24

b) Ecriture chez le tiré ou chez le souscripteur :

Le tiré de la lettre de change (SARR) et le souscripteur du billet à ordre (Diop) expriment


l’engagement de payer en virant leur dette ordinaire imputée au compte « 4011 » dans un
compte de dette particulier « 402 ».

Chez SARR :

15/01

401 Fournisseur Diop 1 132 800

402 Fournisseur effet à payer 1 132 800

Sa lettre de change 124

Chez le souscripteur de billet Diop :

15/01

401 Fournisseur Ndiaye 1 964 700

402 Fournisseurs effets à payer 1 964 700

Son billet à ordre

c) Ecritures à passer chez le tireur non bénéficiaire de la lettre de change


Si le tireur de la lettre de change n’est pas le bénéficiaire il débite le compte de son
fournisseur en contre partie du compte de son client. C’est le cas de Diop qui tire une lettre de
change en demandant à son client Sarr de régler directement son fournisseur Ndiaye.
15/01

401 Fournisseur Ndiaye 1 132 800

411 Clients SARR 1 132 800

Ma lettre de change 124

3) Endossement des effets de commerce :

Avant l’échéance le bénéficiaire d’un effet de commerce peut le transmettre à l’un de ses
créanciers : ce transfert de propriété se fait par endossement, mention portée au dos de l’effet
et indiquant le nom de nouveau bénéficiaire.

Seuls les bénéficiaires, anciens et nouveaux sont concernés par l’endossement des effets de
commerce.

Reprenons l’exemple précédent et supposons que le 25 Janvier le billet à ordre n°24 est
endossé par Ndiaye à l’ordre des Etablissement SECK son fournisseur en marchandises.

Ndiaye l’endosseur, ancien bénéficiaire, constate l’entrée d’un effet qui éteint la dette envers
son fournisseur Seck, nouveau bénéficiaire.

25/01

401 Fournisseur Seck 1964 700

412 Clients effet à recevoir 1 964 700

Mon endossement billet à ordre n°24 de Diop

Seck l’endossataire, nouveau bénéficiaire, constate l’entrée d’un effet de commerce et le


recouvrement d’une partie de sa créance sur son client Ndiaye :

22 /12
412 1 964 700
Clients effets à recevoir

411 Client Ndiaye 1 964 700

Son endossement n°24

4) Remise à l’escompte ou négociation d’un effet de commerce :

Le bénéficiaire d’un effet de commerce qui veut percevoir son montant avant l’échéance peut
le vendre à la banque : on dit qu’il le remet à l’escompte ou qu’il le négocie. Pour cela l’effet
est endossé au profit du banquier accompagné d’un bordereau de remise à l’escompte.

Le banquier qui escompte l’effet en devient propriétaire et crédite le compte de son client de
la valeur actuelle du bordereau d’escompte (valeur nominale moins les agios). Il lui adresse
un bordereau d’escompte avec un avis de crédit.

Les agios retenus par le banquier se décomposent comme suit :

-          un escompte intérêt de fond avancés, proportionnel à la valeur nominale, au taux d’escompte
et au nombre de jour restant à courir jusqu'à l’échéance ;
-          une commission d’endos dont le mode de calcul est identique à celui de l’escompte
-          des commissions fixes ou proportionnelles à la valeur nominale de l’effet, avec minima ou
maxima ; ces commissions constituent le remboursement des frais engagés par le banquier.
-          une taxe sur les opérations bancaires (TOB) taux normal 17% par exemple sur les agios hors
taxes.

a) Remise à l’escompte :

Le jour de la remise à l’escompte il convient de constater la sortie de l’effet en l’imputant au


débit du compte « 415 client effets escomptés non échus ».

18/01

415 Clients effets escomptés 1 132 800

412 Client effet à recevoir 1 132 800


m/remise effet n°124

b) Réception de l’avis de crédit :

Lors de la réception de l’avis de crédit le bénéficiaire constate l’augmentation de son avoir en


banque égal au nominal de l’effet diminué des agios retenus par le banquier imputés au
compte « 675 ». En contrepartie il convient de constater l’engagement de l’entreprise de se
substituer au débiteur défaillant en créditant un compte de dette « 565 » :

8/1

521 Banque 1 040 643

675 Escompte des effets de commerce 92 157

565 Escompte de crédit ordinaire 1 132 800

Avis de crédit bordereau


d’escompte

c) Extinction de la créance après l’échéance :


Les comptes « 415 » et « 565 » seront soldés l’un par l’autre après règlement de l’effet échu
par le tiré SARR le 30 avril :

30/04

565 Escompte de crédit ordinaire 1132 800

415 Client effets escomptés non echus 1 132 800

Règlement effet échu par le débiteur

Section 2 : Règlement des effets à l’échéance


Le bénéficiaire d’un effet de commerce peut :

-          encaisser directement un effet non domicilié, c'est-à-dire non payable dans une banque ou un
centre de chèques postaux, en se présentant au domicile de celui qui doit payer (tiré de la
lettre de change ou souscripteur du billet à ordre).
-          remettre l’effet domicilié à l’encaissement à son banquier ou au centre de chèques postaux
qui se chargeront de l’encaisser et porteront le net en compte après déduction des frais
d’encaissement.

1) Encaissement direct :

Le 2/1 l’entreprise FALL souscrit un billet n°74 de 75 000 à l’ordre de son fournisseur
Gassama. Cet effet n’est pas domicilié.

Le 2/3 le bénéficiaire Gassama se présente au domicile de Fall qui lui remet en paiement un
chèque de 75 000 F tiré sur la BICIS ; ce chèque est immédiatement remis à l’encaissement à
la SGBS.

a) Journalisation chez le bénéficiaire Gassama :

2/1

412 Clients effets à recevoir 75 000

411 Client Fall 75 000

Sa souscription

2/3

521 Banque 75 000

412 Client effet à recevoir 75 000

Remise chèque reçu en règlement


effet échu
b) Chez le souscripteur Fall :

A l’échéance le souscripteur constate la dépense destinée à régler l’effet à payer échu : le


compte « 402 » est débité pour solde :

2/1

4011 Fournisseur gassama 75 000

402 Fournisseur effet à payer 75 000

Ma souscription

2/3

402 Frs Effet à payer 75 000

521 BICIS 75 000

Règlement billet à ordre échu

2) Remise à l’encaissement d’effets domiciliés

Le 20/02 l’entreprise Gassama remet à l’encaissement à la BICIS une lettre de change de


200 000 F au 28/2 tirée sur son client SENGHOR. Cette lettre de change est domiciliée au
crédit Lyonnais Sénégal.

Le 2/3 la BICIS adresse à Gassama un avis de crédit : Encaissement effet au 28/2 ;


commissions 2% et 8 500 F TOB 17%.

a) Ecritures chez Gassama :

Quelques jours avant l’échéance, Gassama bénéficiaire de la lettre de change, la remet à


l’encaissement à son banquier, la BICIS. Le jour de la remise il constate la sortie de l’effet en
utilisant un compte d’attente « 512 effets à l’encaissement »qui sera soldé lors de la réception
de l’avis de crédit. Le banquier retient des frais d’encaissement comprenant :

-          Des commissions fixes ou proportionnelles au nominal de l’effet


-          Une taxe sur les opérations bancaires (TOB) dont le taux normal est de 17%.

Dans l’exemple ci dessus le décompte des frais de recouvrement se fera comme suit :

Commission proportionnelle 200 000 * 0,02 4000


au nominal
Commission fixe 8500
Frais encaissement HT 12500
TOB 12500 * 0,17 2125
Frais d’encaissement TTC 14625

Ces frais d’encaissement seront imputé au débit du compte « 631 » le banquier portera en
compte le net de la remise soit : 200 000 – 14 625 :185 375

20/2

512 Effets à l’encaissement 200 000

412 Clients effet à recevoir 200 000

Remise à effet

2/3

521 Banque

631 Frais bancaire

512 Effets à l’encaissement


b) Ecritures chez Senghor le souscripteur :
Quelques jours après l’échéance le souscripteur reçoit de sa banque, le CLS, un avis de débit
pour domiciliation échue : il constate la dépense destinée à régler l’effet échu et solde le
compte « 402 ».

3/3

402 Frs effet à payer 200 000

521 Banque 200 000

Avis de débit CLS pour domiciliation échue

Section 3 : Renouvellement d’effets et avance de fonds :


Il peut arriver ne puisse honorer son engagement, sa trésorerie étant insuffisante. Il peut :

-          demander une prorogation d’échéance : annulation de l’effet et remplacement par un autre à
échéance plus lointaine :
-          demander une avance de fond si la prorogation est devenue impossible, l’effet ayant été
endossé négocié.

1° Le renouvellement de l’effet de commerce :


Lorsque l’effet se trouve encore dans le portefeuille du créancier, celui qui peut accepter
d’accorder à son débiteur un délai supplémentaire, c'est-à-dire une prorogation d’échéance.

Le créancier peut :

-          soit modifier la date d’échéance sur le document en approuvant par une signature la mention
nouvelle
-          soit annuler l’effet et en créer un autre à échéance plus lointaine d’un montant généralement
supérieur.

2° Avances de fond consenties par créancier à son client :


Si l’effet a été endossé et ne peut être réclamé par le créancier, ce dernier peut consentir à son
client une avance de fond lui permettant d’honorer l’échéance.
Le plus souvent le créancier tire sur son débiteur une nouvelle traite à échéance plus lointaine
d’un montant égal à l’avance de fond majoré des intérêts de retard.

Section 4 : Effets revenus impayés apres l’échéance

La loi détermine comment s’effectuent les recours faute de paiement d’un effet de commerce :

-          le bénéficiaire peut faire dresser protêt faute de paiement par un huissier ; il en est dispensé si
l’effet porte la mention « sans frais » ou « sans protêt ».
-          le porteur de l’effet impayé doit aviser son endosseur du non paiement dans les 4 jours
ouvrables qui suivent le protêt ; chaque endosseur est tenu d’aviser l’endosseur précédent
dans les 2 jours ouvrable qui suivent la réception de l’avis.
-          le tireur aura été avisé par l’officier ministériel dans les 2 jours qui suivent le protêt.
-          tous ceux qui ont tiré, accepté, endossé ou avalisé une lettre de change, sont tenus
solidairement envers le porteur.
-          le porteur peut demander à celui contre lequel il exerce son recours :
o   Le montant de la lettre change
o   Les intérêts de retard au taux légal à partir de l’échéance
o   Les frais du protêt, ceux des avis donnés ainsi que les autres frais
-          le porteur d’un effet impayé à l’échéance peut être :
o   Le tireur de l’effet
o   Un endossataire (Banquiers, centre de chèques postaux …)

Nous avons les différents cas suivant :

-          l’effet a été présenté au paiement par le bénéficiaire.


-          l’effet a été remis à l’encaissement en banque ou aux chèques postaux.
-          l’effet impayé avait été préalablement escompté auprès de sa banque par le bénéficiaire.