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 Carrière: Professorat en Langue Française.

 Matière: Cultura de los Pueblos de Habla Francesa II.


 Professeur: Rodolfo A. Leguizamón.
 Année Scolaire: 2021

La Littérature Francophone.

Introduction :

Le Professeur de français, doit enseigner la langue au-delà des frontières physiques de la France,
voire, le pays d´origine de cette langue, d’autant plus qu´il y a aujourd´hui plus de 220 millions
de francophones dans le monde repartis dans les cinq continents.

Quel qu’en soit leur statut : langue maternelle, deuxième langue, langue officielle, langue co-
officielle, langue d’éducation ; ils ont choisi le français pour s’exprimer et pour exprimer leurs
sentiments, leurs émotions, leurs univers, ils l´ont adopté comme leur langue littéraire. De fait,
les orientations d’écriture vont donc impliquer une réflexion qui sous-tend toute l’œuvre, portant
sur la langue et sur le choix conscient ou inconscient du français.

Les ouvrages signés d’auteurs dits « francophones » offrent depuis les années 60 une richesse
langagière, un vocabulaire, une nouvelle vision de la syntaxe à la langue française. La langue
française n’est plus, grâce à eux, seulement française, elle est créolisée elle aussi. Ces écrivains
offrent au français son caractère de langue universelle.

Aujourd’hui, les écrivains d’expression française ont dépassé les questionnements liés à
l’indépendance de leur pays, à la colonisation, au lien avec la France. Ils sont, avant tout, des
écrivains qui ont deux audaces : ils n’ont jamais oublié le récit, l’histoire, ce qui a fait la
littérature, et ils ont un regard acéré sur le monde, la France, et la langue. On assiste donc à
l´émergence d’une « littérature monde » en français, une francophonie conçue en tant qu´un
vaste ensemble mondial, divers, où tous dialogueraient dans des rapports d’échange et d’égalité,
où la littérature francophone n’est plus perçue comme une littérature des marges.

Bernard Mouralis, professeur émérite de l’université de Cergy Pontoise, exprime que « …vouloir
rechercher dans les textes de ces auteurs la présence d’une spécificité africaine (…) -montre-,
l’intention louable d’espérer installer une discrimination positive ». Il explique : « …dans mes
enseignements au Michigan, je mélange tout. Je me moque des nationalités des écrivains. La
question que je me pose est la suivante : "Ce texte est-il écrit en français ou pas ?" Si oui, alors il
s’agit d’un texte francophone.

Dans le rôle de professeur, il faut considérer qu’un écrivain francophone est, sans aucun doute,
un dépositaire de cultures, d’un tourbillon d’univers, de quelqu´un qui brise les frontières, efface
les races, amoindrit la distance des continents pour ne plus établir que la fraternité par la langue
et l’univers. C’est quelqu´un qui nous rapproche des cultures dont les manifestations sont vécues
par le biais du français. Enseigner la langue française, c’est enseigner les cultures qu´elle
représente.
TRAVAIL FINAL :

Fondements :

La lecture d’une œuvre littéraire francophone permet avant tout aux lecteurs de s’amuser, mais
elle permet aussi à celui-ci de voyager, de connaître d’autres pays et cultures, de vivre des
émotions, de se questionner sur des enjeux de société, d’apprendre sur des événements
historiques, à travers les aventures que les personnages d’un récit vivent.
Dans l’idée de vous introduire dans l’univers passionnant de la littéraire francophone, je vous
propose, pour cette instance finale, la lecture et l’analyse du roman « Le Cœur à rire et à pleurer »
dont l’auteure est Maryse Condé, une écrivaine guadeloupéenne, d’origine Antillaise née à Pointe-
à-Pitre en Guadeloupe qui partage quelques scènes de son enfance vécue dans la Guadeloupe des
années cinquante.

Objectifs :

 Découvrir des univers littéraires en explorant un récit d’aventures dans une ambiance autre que
la France.
 Se construire de nouveaux repères culturels.
 Éveiller le respect et la tolérance envers de cultures différentes.

Afin de créer votre présentation en format power point, analysez le conte « Le Cœur à rire et à
pleurer » de Maryse Condé en tenant compte des thèmes suivants. Illustrez-les avec des extraits
tirés du livre.

 L’interdiction d’utiliser le créole.


 Le mépris de celui qui était plus noir et moins instruit que soi.
 Les préjugés sociaux.
 La franchise assassine.
 La rébellion.
 L’esprit critique.
 La soif de connaissance
 La fuite (évasion) dans un monde imaginaire.
 La question raciale.
 La famille et les rapports passionnels avec sa mère.
Au cas où vous en trouvez d’autres thèmes intéressants, introduisez-les dans votre travail.
Pour vous guider et pour appuyer vos réflexions, vous devez faire une recherche sur les points
suivants :

 Biographie de l’écrivaine. Lieu d’origine et lieu de résidence : caractéristiques déterminantes.


 L’ambiance socio-culturelle : son entourage, ses activités, ses rapports familiaux : membres,
liens.
 La colonisation française en Amérique.
 Origine de la langue française et le statut : langue maternelle, langue officielle, langue de
scolarisation / Coexistence d'autres langues
 Variantes régionales.
 N/B : Pour la clôture n’oubliez pas d’y ajouter une réflexion finale personnelle.

Critères d'évaluation.
 Maîtrise du contenu du sujet.
 Utilisation de ressources visuelles sélectionnées (photographies, tableaux, schémas) et/ou
technologiques pour enrichir la présentation.
 Organisation textuelle et séquence. Cohérence et cohésion.
 Ressources bibliographiques usitées.
 Richesse et variété du vocabulaire spécifique concernant la discipline.
 Capacité à se débrouiller et relier des concepts acquis dans tous les disciplines.
Livre de lecture obligatoire :

Dans Le cœur à rire et à pleurer, Maryse Condé présente dix-sept souvenirs de son enfance qui
mènent de l’histoire de sa famille et sa naissance à son entrée dans la vie adulte.
Chaque souvenir correspond à un chapitre avec un titre

CHAPITRE 1 : « Portrait de famille» 11-17


CHAPITRE 2 : « Ma naissance » 19-27
CHAPITRE 3 : « Luttes de classes» 29-35
CHAPITRE 4 : « Le cœur à rire et à pleurer- Yvelise »37-44

CHAPITRE 5 : « Leçon d’histoire » 45-52


CHAPITRE 6 : « Mabo Julie » 53-60
CHAPITRE 9 : « The bluest eye »61-67
CHAPITRE 8 : « Paradis perdu »69-76

CHAPITRE 9 : « Bonne fête, maman ! » 77-84


CHAPITRE 10 : « La plus belle femme du monde »87-94
CHAPITRE 11 : « Les mots interdits »95-102
CHAPITRE 12 : « Gros plan » 103-111

CHAPITRE 13 : « Chemin d’école »113-120


CHAPITRE 14 : « Vacances en forêt »121-126
CHAPITRE 15 : « À nous liberté ?» 129-136
CHAPITRE 16 : « La maîtresse et Marguerite » 137-145
CHAPITRE 17 : « Olnel ou la vraie vie » 147-155
Information complémentaire à retenir :

L’univers antillais
Histoire

1493
Christophe Colomb arrive à la Guadeloupe, c’est lui qui lui donne ce nom (Santa Maria de
Guadalupe de Estremadura). Les Indiens Caraïbes qui y vivent sont peu à peu tués ou meurent de
maladies.

XVIIe siècle
Les Français prennent possession de l’archipel et font venir des esclaves pour cultiver la canne à
sucre. Le système des plantations se développe.

XVIIIe siècle, début XIXe siècle


La Guadeloupe est plusieurs fois conquise par les Anglais.

1848
L’esclavage est aboli suite à une campagne de Victor Schoelcher.
À partir de là se développe une immigration indienne importante pour remplacer les esclaves
dans les champs.

1946
La Guadeloupe devient un département français.

1958
Par référendum, les Guadeloupéens choisissent l’intégration à la France plutôt que
l’indépendance l’esclavage.

Depuis 1946, la Guadeloupe est ce que l’on appelle un Département d’Outre-Mer. Les DOMTOM
(Départements et Territoires d’Outre-Mer) sont un héritage de l’histoire coloniale de la France.
Tandis que la plupart des colonies françaises sont devenues indépendantes au cours du XXe
siècle, quelques régions sont restées rattachées à la France, mais sans plus en être des colonies.
Elles bénéficient d’un statut un peu particulier. Les Départements d’Outre-Mer sont soumis aux
lois françaises, mais ils ont droit à certaines adaptations en fonction de leur position
géographique spécifique. Ainsi, les DOM bénéficient d’un peu plus d’autonomie que les autres
départements français. Depuis 2003, les DOM-TOM sont devenus les DROM (Département et
Région d’Outremer) ou DOM-ROM et les COM (Collectivités d’Outre-mer).

▪ Métropole (n.f.) : État auquel se rattache une colonie, un département ou un territoire


d’Outremer.

▪ Métropolitain (n.m.) : Habitant de la métropole ou qui en vient pour s’installer aux Antilles.

Géographie
La Guadeloupe est un archipel d’îles situées dans les Petites Antilles, dans la mer Caraïbe, à
environ 6200 kilomètres de la France métropolitaine. Basse-Terre et Grande-Terre qui sont
reliées par une mince bande de terre forment une sorte de zone continentale à laquelle sont
rattachées les autres îles plus petites.
Maryse Condé est née à Pointe-à-Pitre, la « capitale » de Grande-Terre et la seule souspréfecture
de la Guadeloupe.
La société guadeloupéenne.

Le métissage et la couleur de peau.


Aux Antilles, il existe de nombreux termes pour désigner les différentes nuances de couleur de
peau. Si certaines de ces dénominations peuvent sembler péjoratives (insultes) en France
métropolitaine, ce n’est pas forcément le cas aux Antilles.

▪ Béké (n.m.) : Aux Antilles, Blanc descendant des premiers colons.


▪ Blanc-Pays (n.m.) : Blanc né aux Antilles et intégré à la société antillaise.
▪ Mulâtre (n.m.) : Personne née d’un parent noir et d’un parent blanc ou de deux parents
mulâtres. Terme aujourd’hui très peu utilisé en France métropolitaine.
▪ Chabin (n.m.) : Aux Antilles, individu métis avec des cheveux blonds ou roux, des yeux bleus ou
verts et parfois des taches de rousseur.
▪ Capresse (n.f.) : Femme née du métissage entre un(e) mulâtre et un(e) noir(e).
▪ Kooli ou Couli (n.m.) : Aux Antilles personne d’origine indienne.
▪ Nègre (n.m.) : Personne noire. Parfois le terme est simplement utilisé pour dire « homme » (en
métropole, le terme est considéré comme une insulte).
▪ Kongo (n.m.) : Personne à la peau très noire.

La famille

Aux Antilles, la famille est souvent matrifocale, c’est-à-dire dominée par les femmes (mère et
famille maternelle). Beaucoup d’enfants naissent hors mariage, les familles recomposées sont
nombreuses et il n’est pas rare que les pères soient complètement absents. (Il y a plusieurs
explications à ce phénomène, notamment liées à l’histoire de l’esclavage.)
Dans Le cœur à rire et à pleurer, Maryse Condé évoque à plusieurs reprises ce thème de
l’infidélité et des maternités hors mariage (« récolter un ventre à crédit », « fille-mère », « donner
un ventre »). Dans le milieu bourgeois où elle grandit, c’est bien entendu un sujet de scandale.