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Macroéconomie approfondie

(Paul Krugman)

Synthèse de la première partie


(Pr F. YAÏCI)

Le présent cours s’adresse aux étudiants de Master 1 en Méthodes quantitatives du


Département des Sciences Economiques de la Faculté des Sciences Economiques et
Commerciales et des Sciences de Gestion de l’Université Abderrahmane Mira de
Béjaïa et est dispensé par le Professeur Farid YAÏCI.

La synthèse de la première partie résume les neuf premiers chapitres (630 pages) de
la deuxième édition de l’ouvrage de Paul Krugman consacré à la Macroéconomie.

* Les graphiques ne figurent pas dans ce syllabus. Leurs références


sont indiquées dans le corps du texte. Ils étaient prévus, en période
normale de cours, d’être reproduits et expliqués directement en classe.

La synthèse contient aussi un échantillon d’exercices (vérification de connaissances).

* Les exercices des chapitres doivent être réalisés et envoyés dans ma


boîte e-mail (farid_yaici@yahoo.fr) selon le calendrier suivant : chap.1
(9 avril) ; chap.2 (16 avril) ; chap.3 (23 avril) ; chap.4 (30 avril) ; chap.5 (7
mai) chap.6 (14 mai) ; chap.8 (21 mai).

Le cours a pour objet :

- d’abord, d’approfondir les connaissances des étudiants sur les concepts, les
principes et les modèles de la macroéconomie ;

- ensuite, de se représenter une vue d’ensemble des problèmes économiques qui se


posent à une économie ;

- enfin, de fournir les outils d’analyse de ces problèmes en vue d’un diagnostic, d’une
interprétation et d’un éclairage des décideurs de politiques économiques.

En outre, les exercices accompagnant la synthèse sont destinés à vérifier les


connaissances des étudiants.
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Macroéconomie approfondie (Paul Krugman)
Synthèse de la première partie

Introduction : Quelques définitions

 Une économie est un système de coordination des activités productives d’une


société.

Une économie réussit dans la mesure où elle est capable de satisfaire les
besoins.

Les économies modernes fonctionnent comme des économies de marché, dans


lesquelles la production et la consommation sont le résultat de décisions
décentralisées prises par de nombreuses firmes et individus.

Il n’existe aucune autorité centrale, comme c’est le cas dans la planification,


indiquant aux agents quoi produire ou vers où le transporter.

Chaque producteur individuel fait ce qu’il pense être le plus profitable et


chaque consommateur achète ce qu’il choisit.

 La science économique est l’étude des économies, à l’échelle des individus


(microéconomie) et de la société dans son ensemble (macroéconomie).

 Une économie de marché est une économie dans laquelle les décisions de
production et de consommation sont prises par des producteurs et
consommateurs individuels.

L’alternative à une économie de marché est une économie planifiée, dans


laquelle une autorité centrale prend les décisions de production et de
consommation.

 La main invisible fait référence à la manière dont la poursuite individuelle de


l’intérêt personnel peut mener à des résultats favorables pour la société dans
son ensemble.

L’étude de la manière dont les individus prennent leurs décisions et de la


manière dont ces décisions interagissent est appelée la microéconomie.

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L’un des thèmes majeurs de la microéconomie est la recherche de la validité
de l’intuition d’Adam Smith, à savoir que des individus cherchant à satisfaire
leurs intérêts propres contribuent souvent à promouvoir les intérêts de toute
la société.

 La microéconomie est la branche de la science économique qui étudie


comment les individus prennent leurs décisions et comment ces décisions
interagissent.

Il est aussi important de comprendre quand et pourquoi la poursuite


individuelle des intérêts égoïstes peut mener à des comportements contre-
productifs.

En d’autres termes, il faut parfois que la main invisible devienne visible : l’Etat
doit intervenir pour corriger les imperfections du marché.

 Quand la poursuite individuelle de l’intérêt personnel mène à des résultats


défavorables pour la société dans son ensemble, il y a défaillance du marché.

L’analyse économique permet de diagnostiquer les cas de défaillance du


marché et souvent également de trouver des solutions à ce type de problème.

 Une récession est une phase de baisse de l’activité économique.

Les macro-économistes expliquent que les récessions et les politiques


gouvernementales s’emploient pour minimiser les dommages créés par les
fluctuations économiques.

 La macroéconomie est la branche de la science économique qui s’intéresse aux


alternances de hauts et de bas de l’activité économique.

Malgré les récessions occasionnelles, l’histoire des économies de marché sur le


long terme est faite davantage de hauts que de bas.

 La croissance économique est la capacité de l’économie à produire des biens


et des services.

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Chapitre 1 : Les principes de l’économie

Section 1 : Les principes qui sous-tendent les choix individuels

 Un choix individuel est une décision prise par un individu de faire quelque
chose, qui implique nécessairement une décision de ne pas faire d’autres
choses.

1.1. Principe 1 : les choix sont nécessaires car les ressources sont rares

 Une ressource est tout ce qui peut être utilisé afin de produire autre chose.

 Les ressources sont rares : les quantités disponibles ne sont pas suffisantes
pour satisfaire tous les usages productifs.

1.2. Principe 2 : le véritable coût d’une chose est son coût d’opportunité

 Le véritable coût d’un bien est son coût d’opportunité : ce à quoi vous devez
renoncer pour l’obtenir.

1.3. Principe 3 : « combien » est une décision à la marge

 Nous faisons un arbitrage quand nous comparons les coûts et les bénéfices
liés à une action.

 Les décisions concernant le fait de poursuivre une activité un peu plus loin ou
un peu moins loin sont des décisions marginales. On appelle l’étude de ces
décisions l’analyse marginaliste.

1.4. Principe 4 : les agents réagissent habituellement à des incitations, et exploitent


les occasions d’améliorer leur situation

 Une incitation est tout ce qui procure une récompense aux individus qui
modifient leur comportement.

Vérification de connaissances

Vous gagnez 30 000 USD par an en travaillant chez un consultant. Vous réfléchissez à une
offre d’emploi de la part d’un concurrent, qui promet de vous payer 33 000 USD. Lesquels de
ces éléments font partie du coût d’opportunité de la décision d’accepter cette offre d’emploi ?

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a) le temps supplémentaire passé à vous rendre sur votre lieu de travail

b) Les 30 000 USD de votre ancien emploi.

c) Le bureau plus spacieux de votre nouveau lieu de travail.

Section 2 : Les interactions : comment les économies fonctionnent ?

 Les interactions des choix - mes choix affectent vos choix, et vice versa - sont
une caractéristique de la plupart des choix économiques. Les résultats de ces
interactions sont souvent assez différents de ce que visaient les individus.

A titre d’exemple, un fermier américain qui sème une nouvelle variété de maïs plus
productive ne fait pas que cultiver davantage de maïs. Ce fermier affecte également
le marché du maïs par le biais de rendements plus élevés, avec des conséquences
ressenties par les autres fermiers, les consommateurs et au-delà.

Cinq principes économiques sous-tendent la question des interactions :

2.1. Principe 5 : il y a des gains à l’échange

 Dans une économie de marché, les individus font des échanges : ils
fournissent des biens et des services aux autres et reçoivent en retour des
biens et des services.

Les gains à l’échange proviennent en particulier de la division des tâches, que


les économistes appellent la spécialisation.

 Il y a des gains à l’échange : les individus peuvent obtenir davantage de ce


qu’ils désirent par l’échange que s’ils essayaient d’être autosuffisants. Cette
augmentation de la production est due à la spécialisation : chaque personne
se spécialise dans ce qu’elle sait faire de mieux.

2.2. Principe 6 : les marchés tendent vers l’équilibre

 Une situation économique est en équilibre quand aucun individu ne pourrait


améliorer sa situation en faisant quelque chose de différent.

 Puisque les gens réagissent aux incitations, les marchés tendent vers
l’équilibre.

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2.3. Principe 7 : les ressources devraient être utilisées aussi efficacement que
possible pour atteindre les buts de la société

 Une économie est efficace si elle saisit toutes les opportunités d’améliorer le
bien-être de certains sans détériorer la situation d’autres.

 L’équité signifie que tout le monde obtient sa juste part. Dans la mesure où les
agents peuvent être en désaccord à propos de ce qui est « juste », l’équité n’est
pas un concept aussi bien défini que l’efficacité.

2.4. Principe 8 : les marchés sont généralement efficaces

 Dans la mesure où les agents exploitent habituellement les gains à l’échange,


les marchés sont généralement efficaces.

2.5. Principe 9 : quand les marchés ne sont pas efficaces, l’intervention de la


puissance publique peut améliorer le bien-être de la société

 Quand les marchés ne sont pas efficaces, l’intervention de la puissance


publique peut améliorer le bien-être de la société.

Vérification de connaissances

Laquelle des deux propositions suivantes décrit une situation d’équilibre ? Expliquer votre
réponse pour l’une et pour l’autre.

a) Les restaurants situés en face de la cantine universitaire servent des repas meilleurs et
moins chers que ceux que l’on trouve à la cantine universitaire. La grande majorité des
étudiants continuent de manger à la cantine universitaire.

b) Vous prenez le métro pour aller au travail. Bien que prendre le bus soit moins cher, le trajet
dure plus longtemps. Vous êtes donc disposé à payer plus cher le métro pour gagner du
temps.

Section 3 : Les interactions à l’échelle de l’économie

Les trois principes des interactions à l’échelle de l’économie sont :

3.1. Principe 10 : la dépense d’une personne est le revenu d’une autre personne

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Dans une économie de marché, les gens gagnent leur vie en vendant des choses - y
compris leur travail - à d’autres personnes. Dans la mesure où la dépense d’une
personne est le revenu d’une autre personne, une réaction en chaîne des
modifications de comportements de dépense a des répercussions qui se diffusent
dans l’économie.

3.2. Principe 11 : les dépenses globales sont parfois en décalage avec les capacités
de production de l’économie

Les dépenses globales - le montant de biens et services que les consommateurs et les
entreprises veulent acheter - ne correspondent pas toujours au montant de biens et
services que l’économie est capable de produire. Les insuffisances de dépenses sont
responsables de la plupart, si ce n’est de toutes, les récessions économiques.

Les dépenses globales peuvent aussi être trop élevées. L’excès des dépenses par
rapport à l’offre provoque l’inflation, une augmentation des prix dans l’ensemble de
l’économie.

Ce principe nous commande de tenir compte à la fois des insuffisances (en période
de dépression) et des excès de dépenses (en situation d’inflation).

3.3. Principe 12 : les politiques gouvernementales peuvent modifier les dépenses

Les dépenses de l’Etat, les impôts et le contrôle de la monnaie, par leur variation,
sont les instruments de la politique macroéconomique.

Vérification de connaissances

Expliquez en quoi chacun des exemples suivants illustre l’un des trois principes des
interactions à l’échelle de l’économie.

a) La Maison Blanche demande au Congrès de voter des mesures d’augmentation temporaires


de dépenses et de réductions d’impôts au début de 2009, à un moment où l’emploi se dégradait
rapidement et le chômage explosait.

b) Les compagnies pétrolières investissent massivement dans des projets qui permettront
d’extraire du pétrole des sables bitumineux du Canada. Aux alentours des projets à
Edmonton, dans l’Alberta, les restaurants et les autres commerces sont en plein boom.

c) Au milieu des années 2000, l’Espagne, qui connaissait un boom immobilier important,
avait également le taux d’inflation le plus élevé en Europe.

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Chapitre 2 : Les modèles économiques : arbitrage et échange

Section 1 : Les modèles en économie : quelques exemples importants

 Un modèle est une représentation simplifiée d’une situation réelle utilisée


pour mieux comprendre ce genre de situation.

L’importance des modèles est qu’ils permettent aux économies de s’intéresser


aux effets d’un seul changement à la fois. En d’autres termes, ils nous
permettent de considérer les autres choses comme constantes, c’est-à-dire
toutes choses égales par ailleurs, et d’étudier comment un changement affecte
l’ensemble de l’économie.

 L’hypothèse toutes choses égales par ailleurs signifie que tous les autres
paramètres significatifs restent inchangés.

Mais, nous ne pouvons pas toujours trouver ou créer une version miniature
d’une économie. De plus, la valeur d’un programme informatique dépend
des données qu’il utilise.

Cependant, quelle que soit sa forme, un bon modèle économique peut être
d’une aide précieuse à la compréhension.

Nous nous intéresserons, en premier lieu, à la frontière des possibilités de


production, un modèle qui aide les économistes à réfléchir aux arbitrages
auxquels une économie est confrontée. Nous passerons, en second lieu, aux
avantages comparatifs, un modèle qui clarifie le principe de gains à l’échange,
échange à la fois entre individus et entre pays. Nous examinerons, en
troisième lieu, le modèle de flux circulaires qui aide les économistes à
analyser les flux de monnaie, de biens et de services à travers une économie.

1.1. Les arbitrages : la frontière des possibilités de production (FPP)

 La frontière des possibilités de production illustre les arbitrages auxquels


est confrontée une économie qui ne produit que deux biens. Elle montre les
quantités maximums d’un bien qui peuvent être produites pour n’importe
quelle quantité donnée de l’autre.

Exemple : Supposons que l’économie des Etats-Unis soit composée d’une


seule entreprise, Boeing étant le seul employeur et les avions étant le seul

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produit. Il faudrait encore choisir le type d’avion produire, par exemple des
Dreamliners ou des Jets de petite taille. La question est quelle est la quantité
maximum de Jets que Boeing peut produire dans une année si 9 (ou 15 ou 30)
Dreamliners sont produits cette même année ?

Voir figure 2.1, page 49 (avec un coût d’opportunité constant).

La frontière des possibilités de production illustre les arbitrages auxquels est


confronté Boeing pour produire des Dreamliners et des Jets de petite taille.
Elle montre la quantité maximum d’un bien qui peut être produite étant
donnée la quantité produite de l’autre bien. Ici, le nombre maximum de
Dreamliners qui peuvent être fabriqués chaque année dépend de la quantité
de Jets de petite taille fabriqués chaque année dépend de la quantité de Jets
de petite taille fabriqués cette année, et vice versa. La production accessible
pour Boeing est délimitée par l’aire située sous ou sur la droite. La production
au point C est accessible mais pas efficace. Les points A et B sont accessibles
et efficaces, mais le point D n’est pas accessible.

1.1.1. L’efficacité

La frontière des possibilités de production est une bonne façon d’illustrer le concept
économique général d’efficacité. Une économie est efficace s’il n’existe pas
d’opportunités non exploitées, s’il n’est pas possible d’améliorer la situation de
certains individus sans détériorer celle d’autres.

L’efficacité requiert également que l’économie alloue ses ressources de manière à ce


que les consommateurs soient aussi bien satisfaits que possible. Si une économie y
parvient, on dit qu’elle efficace en matière d’allocation.

1.1.2. Le coût d’opportunité

La frontière des possibilités de production est également utile pour se souvenir du


point fondamental d’après lequel le véritable coût de tout bien n’est pas simplement
ce qu’il faut débourser pour l’acheter, mais également tout ce à quoi il faut renoncer
par ailleurs pour avoir ce bien, c’est-à-dire le coût d’opportunité.

Si, par exemple, Boeing décide de passer du point A au point B, elle produira 8 Jets
de plus mais 6 Dreamliners en moins. Le coût d’opportunité de ces 8 Jets est donc les
6 Dreamliners dont il faut abandonner la production pour produire 8 Jets
supplémentaires. Cela signifie que chaque Jet a un coût d’opportunité de 6/8 = 3/4
d’un Dreamliner.

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Le coût d’opportunité d’un Jet supplémentaire en termes de Dreamliners est toujours
le même, quel que soit le nombre de Jets et de Dreamliners produits dans l’exemple
illustré par la figure 2.1. C’est le résultat de l’hypothèse que, dans l’exemple, le coût
d’opportunité d’une unité supplémentaire d’un bien ne change pas quelle que soit la
combinaison productive, la frontière des possibilités de production étant une ligne
droite. Dans la figure 1, la frontière des possibilités de production a une pente
constante de - 3/4, impliquant que Boeing a un coût d’opportunité constant pour un
Jet égal à 3/4 de Dreamliner.

La figure 2.2 illustre une hypothèse différente, le cas où Boeing est confronté à un
coût d’opportunité croissant : plus elle produit de Jets, plus il est coûteux de produire
un Jet supplémentaire en termes de renoncement à produire des Dreamliners.

Voir figure 2.2, page 52 (avec un coût d’opportunité croissant).

La forme concave de la frontière des possibilités de production reflète le coût


d’opportunité croissant. Dans cet exemple, pour produire les 20 premiers Jets, Boeing
doit renoncer à produire 5 Dreamliners. Mais, pour produire 20 Jets supplémentaires,
Boeing doit renoncer à produire 25 Dreamliners supplémentaires.

En effet, à mesure que davantage d’un bien est produit, son coût d’opportunité
augmente normalement parce que les inputs appropriées ne sont pas plus
disponibles en quantité suffisante, et qu’il faut les remplacer par des inputs moins
bien adaptés.

1.1.3. La croissance économique

Comment l’économie dans son ensemble connaît une croissance ?

La réponse est illustrée par la figure 2.3, où nous avons tracé deux frontières de
possibilités de production hypothétiques pour l’économie.

Voir figure 2.3, page 54 (avec un coût d’opportunité croissant).

A titre d’exemple, si l’économie produit initialement au point A (25 Dreamliners et 20


Jets), la croissance économique signifie que l’économie pourrait se déplacer au point
E (30 Dreamliners et 25 Jets), témoignant d’une expansion des possibilités de
production de l’économie.

Il existe essentiellement deux sources de croissance : les facteurs de production et la


technologie.

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 Les facteurs de production sont les ressources utilisées pour produire des
biens et services.

 La technologie représente les moyens techniques pour produire des biens et


services.

1.2. Avantages comparatifs et gains à l’échange

Comment modéliser les gains à l’échange ?

Gardons l’exemple de l’avion et imaginons à nouveau que les Etats-Unis sont une
économie à une seule entreprise où tout le monde travaille pour Boeing à fabriquer
des avions. Mais, faisons maintenant l’hypothèse que les Etats-Unis peuvent
échanger avec le Brésil, une autre économie à une entreprise où tout le monde
travaille pour le fabricant d’avions brésilien Embraer, qui dans le monde réel est un
producteur de Jets de petite taille.

Dans notre exemple, les deux seuls biens produits sont des avions gros-porteurs et
de petits Jets. Les deux pays pourraient produire les deux types d’avions. Mais,
comme nous le verrons bientôt, ils peuvent faire des gains en produisant des choses
différents et en commerçant entre eux. Pour les besoins de l’exemple, reprenons le
cas simple d’une frontière de possibilités de production représentée par une ligne
droite. Les possibilités de production des Etats-Unis sont représentées par la frontière
des possibilités de production au graphique (a) de la figure 2.4 et où le coût
d’opportunité constant d’un Jet est de 3/4 d’un avion gros gros-porteur.

Le graphique (b) de la figure 2.4 montre les possibilités de production du Brésil. La


frontière des possibilités de production est une droite, impliquant un coût
d’opportunité constant d’un Jet d’1/3 d’un avion gros porteur. Le Brésil peut
produire autant de n’importe quel bien que les Etats-Unis : au mieux il peut produire
30 Jets ou 10 avions gros-porteurs. Mais, il produit les Jets dans de meilleures
conditions que les Etats-Unis.

Voir figure 2.4, page 57 (avec coût d’opportunité constant).

Tableau 2.1 : les coûts d’opportunité des Etats-Unis et du Brésil en termes de Jets et
d’avion gros-porteurs
Coût d’opportunité des Etats- Coût d’opportunité du Brésil
Unis
Un Jet 3/4 d’avion gros-porteur 1/3 d’avion gros-porteur
Un gros-porteur 4/3 de Jet 3 Jets

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En l’absence d’échange, les Etats-Unis produisent et consomment 16 Jets et 18 avions
gros-porteurs par an, tandis que le Brésil produit et consomme 6 Jets et 8 avions gros
porteurs par an.

Est-ce la meilleure solution ? Non. Etant donné que les deux pays ont des coûts
d’opportunité différents, ils peuvent passer un accord leur permettant d’améliorer
leur situation respective : les Etats-Unis se spécialisent dans la production d’avions
gros-porteurs, en fabriquant 30 par an et en vendant 10 au Brésil. Parallèlement, le
Brésil se spécialise dans la production de Jets, en fabrique 30 par an, et en vend 20
aux Etats-Unis.

Tableau 2.2, page 58 : comment les Etats-Unis et le Brésil gagnent à l’échange ?

Sans échange Avec échange Gains à


Production Consommation Production Consommation l’échange
Etats- Jets 16 16 0 20 +4
Unis Avions
gros- 18 18 30 20 +2
porteurs
Brésil Jets 6 6 30 10 +4
Avions
gros- 8 8 0 10 +2
porteurs

En se spécialisant et en échangeant, les Etats-Unis et le Brésil peuvent produire et


consommer davantage des deux biens.

Voir figure 2.5, page 59 : avantage comparatif et gain à l’échange.

1.3. Avantages comparatifs, avantages absolus et transactions

 Un pays a un avantage comparatif dans la production d’un bien ou d’un


service si le coût d’opportunité de la production de ce bien est plus faible pour
ce pays que pour d’autres.

 Un pays a un avantage absolu dans la production d’un bien ou d’un service


s’il peut produire davantage par travailleur que les autres pays.

 L’échange prend la forme de troc quand les individus échangent directement


des biens et des services qu’ils ont contre des biens et des services qu’ils
désirent.

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 Le diagramme en flux circulaires est un modèle représentant les transactions
dans une économie par des flux en forme de cercle.

Voir figure 2.6, page 65.

 Un ménage est une personne ou un groupe de personnes qui partagent leurs


revenus.

 Une firme est une organisation qui produit des biens et des services dans le
but de les vendre.

 Les firmes vendent les biens et les services qu’elles produisent aux ménages
sur des marchés de biens et services.

 Les firmes achètent les ressources dont elles ont besoin pour produire sur des
marchés de facteurs.

 La répartition du revenu d’une économie est la manière dont le revenu total


est distribué entre les propriétaires des différents facteurs de production.

Vérification de connaissances

Vrai ou faux ? Justifier votre réponse.

a) Une augmentation de ressources disponibles pour Boeing pour la production de


Dreamliners et de Jets ne modifie pas sa frontière des possibilités de production.

b) Une évolution technologique qui permet à Boeing d’acheter davantage de Jets pour
n’importe quelle quantité de Dreamliners fabriquée entraîne une modification de sa
frontière de possibilités de production.

c) La frontière des possibilités de production est utile car elle illustre la quantité d’un bien
à laquelle une économie doit renoncer pour obtenir davantage d’un autre bien, quel que
soit le niveau d’efficacité dans l’usage des ressources.

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Chapitre 3 : L’offre et la demande

Section 1 : L’offre et la demande : un modèle de marché concurrentiel

 Un marché concurrentiel est un marché sur le lequel il y a de nombreux


acheteurs et vendeurs du même bien ou service, aucun d’eux n’étant en
mesure d’influencer le prix auquel le bien ou service est vendu.

 Le modèle de l’offre et de la demande est un modèle qui décrit le


fonctionnement d’un marché concurrentiel.

1.1. La courbe de demande

De manière générale, la quantité de tout bien ou service que les gens veulent acheter
dépend du prix. Plus le prix est élevé, moins les gens veulent acheter de ce bien ou de
ce service ; inversement plus le prix est faible, plus ils veulent en acheter.

1.2. La demande prévisionnelle et la courbe de demande

 Une demande prévisionnelle est un tableau indiquant les quantités d’un bien
ou d’un service que les consommateurs voudront acheter à différents prix.

 La quantité demandée est le montant effectif d’un bien ou service que les
consommateurs souhaitent acheter à un prix spécifique.

 Une courbe de demande est une représentation graphique de la demande


prévisionnelle. Elle représente la relation entre les quantités demandées et le
prix.

Voir figure 3.1, page 114.

 La loi de la demande stipule que, toutes choses égales par ailleurs, une
augmentation du prix d’un bien ou service entraîne une diminution de la
quantité demandée de ce bien ou service.

1.3. Les déplacements de la courbe de demande

 Un déplacement de la courbe de demande est un changement de la quantité


demandée pour tout prix donné, représenté par un déplacement de la courbe
de demande initiale vers une nouvelle position indiquée par une nouvelle
courbe.
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Voir figure 3.2, page 115.

 Un déplacement le long de la courbe de demande est une modification de la


quantité demandée d’un bien qui résulte d’un changement du prix de ce bien.

Voir figure 3.3, page 117.

1.4. L’interprétation des déplacements de la courbe

Un évènement qui augmente la demande déplace la courbe de demande vers la


droite, reflétant une augmentation de la quantité demandée pour tout prix donné. Un
évènement qui diminue la demande déplace la courbe de demande vers la gauche,
reflétant une diminution de la quantité demandée pour tout prix donné.

Voir figure 3.4, page 119.

Le tableau 3.1, pages 124, 125 et 126, donne une vue d’ensemble des facteurs qui
déplacent la demande.

Section 2 : La courbe d’offre

 La quantité offerte est la quantité d’un bien ou d’un service que les
producteurs sont disposés à vendre à un prix spécifique.

2.1. L’offre prévisionnelle et la courbe d’offre

 Une offre prévisionnelle indique quelle quantité d’un bien ou d’un service les
producteurs offriront à des prix différents.

 Une courbe d’offre indique la relation entre la quantité offerte et le prix.

Voir figure 3.6, page 130.

2.2. Les déplacements de la courbe d’offre

 Un déplacement de la courbe d’offre est un changement de la quantité offerte


d’un bien ou d’un service pour tout prix donné. Il est représenté par le
mouvement de la courbe d’offre initiale vers une nouvelle position, indiquée
par une nouvelle courbe d’offre.

Voir figure 3.7, page 131.

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 Un déplacement le long de la courbe d’offre est une modification de la
quantité offerte d’un bien qui résulte d’un changement du prix de ce bien.

Voir figure 3.8, page 132.

2.3. L’interprétation des déplacements de la courbe d’offre


Tout évènement qui augmente l’offre déplace la courbe d’offre vers la droite,
reflétant une augmentation de la quantité offerte pour tout prix donné. Tout
évènement qui diminue l’offre déplace la courbe d’offre vers la gauche, reflétant une
diminution de la quantité offerte pour tout prix donné.

Voir figure 3.9, page 133.

Le tableau 3.2 des figures, pages 137, 138 et 139, donne une vue d’ensemble des
facteurs qui déplacent l’offre.

Section 3 : L’offre, la demande et l’équilibre

 Un marché concurrentiel est à l’équilibre quand le prix a atteint un niveau


auquel la quantité demandée du bien est égale à la quantité offerte de ce bien.
Le prix correspondant est le prix d’équilibre. La quantité de bien achetée et
vendue à ce prix est la quantité d’équilibre.

3.1. La détermination du prix et de la quantité d’équilibre

La manière la plus simple de déterminer le prix et la quantité d’équilibre sur un


marché est de mettre la courbe d’offre et la courbe de demande sur le même
diagramme. Puisque la courbe d’offre indique la quantité offerte pour tout prix
donné et que la courbe de demande indique la quantité demandée pour tout prix
donné, le prix auquel les deux courbes se croisent est le prix d’équilibre : le prix
auquel la quantité offerte est égale à la quantité demandée.

Voir figure 3.11, page 143.

3.2. Les variations de prix de marché

Un prix supérieur à son niveau d’équilibre crée un surplus.

 Il y a surplus d’un bien quand la quantité offerte excède la quantité


demandée. Les surplus correspondent à des situations où le prix est au-dessus
de son niveau d’équilibre.

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Voir figure 3.12, page 145.

Un prix inférieur à son niveau d’équilibre crée une pénurie.

 Il y a pénurie d’un bien quand la quantité demandée excède la quantité


offerte. Les pénuries correspondent à des situations où le prix est en dessous
de son niveau d’équilibre.

Voir figure 3.13, page 146.

Section 4 : Les modifications de l’offre et de la demande

4.1. Ce qui arrive quand la courbe de demande se déplace (Voir figure 3.14, page
149)

4.2. Ce qui arrive quand la courbe d’offre se déplace (Voir figure 3.15, page 151)

4.3. Des déplacements simultanés de l’offre et de la demande (Voir figure 3.16,


page 153)

Vérification de connaissances

Dans chacun des exemples suivants, déterminez (i) le marché en question ; (ii) s’il est
question d’un déplacement de la demande ou de l’offre, la direction du déplacement, et ce qui
implique le déplacement ; (iii) l’effet du déplacement sur le prix d’équilibre et la quantité
d’équilibre.
a) A mesure que le prix de l’essence diminuait aux Etats-Unis dans les années 1990,
davantage de personnes achetaient de grosses voitures.
b) Puisque l’innovation technologique a diminué le coût du papier recyclé, celui-ci est utilisé
plus fréquemment.
c) Quand une chaîne câblée propose des vidéos à la demande meilleur marché, les salles de
cinéma ont davantage de mal à vendre leurs billets.

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Chapitre 4 : La macroéconomie : une vue d’ensemble

Section 1 : La nature de la macroéconomie : théorie et politiques

La microéconomie s’intéresse aux décisions prises par les individus et les firmes et
aux conséquences de ces décisions.

La macroéconomie s’intéresse au comportement d’ensemble de l’économie.

L’effet combiné des décisions individuelles peut avoir des conséquences non voulues
et déboucher sur des résultats macroéconomiques pires ou meilleurs pour tout le
monde.

Avant les années 1930, les économistes avaient tendance à considérer l’économie
comme autorégulatrice. Après la Grande Dépression, l’analyse keynésienne apporta
une justification à l’intervention publique par le biais de la politique monétaire et de
la politique budgétaire pour venir en aide à une économie déprimée.

 Dans une économie autorégulatrice, les problèmes tels que le chômage sont
résolus sans intervention publique, par l’action de la main invisible.

 Selon l’analyse keynésienne, les récessions économiques sont causées par une
dépense inadéquate, et elles peuvent être atténuées par l’intervention
publique.

 La politique monétaire repose sur les variations de la quantité de monnaie


pour modifier les taux d’intérêt et influencer la dépense globale.

 La politique budgétaire repose sur la modification des dépenses publiques et


des impôts pour influencer la dépense globale.

Section 2 : Le cycle d’activité

La figure 6.3, page 285, est une représentation stylisée du cycle d’activité, c’est-à-dire
de la manière dont l’économie évolue dans le temps.

Les ordonnées mesurent soit l’emploi, soit la production totale de l’économie. Les
périodes au cours desquelles ces deux variables sont à la baisse sont des récessions ;
les périodes où elles sont à la hausse sont des expansions. Le point où l’économie

18
bascule dans la récession est un pic d’activité ; le point où elle reprend le chemin de
l’expansion est un creux d’activité.

 Les récessions, ou contractions de l’activité, sont des périodes de baisse de


l’activité économique où la production et l’emploi diminuent.

 Les expansions, ou reprises d’activité, sont des périodes de hausse de


l’activité économique où la production et l’emploi augmentent.

 Le cycle d’activité est l’alternance à court terme de récessions et d’expansions.

 Le point auquel l’économie passe de l’expansion à la récession est un pic


d’activité.

 Le point auquel l’économie passe de la récession à l’expansion est un creux


d’activité.

 Le cycle d’activité est une caractéristique récurrente de l’économie.

Section 3 : La croissance économique à long terme

 La croissance économique à long terme est la tendance à l’augmentation


soutenue de la production de l’économie dans le temps.

La figure 6.6, page 293, indique les fruits de la croissance à long terme aux Etats-
Unis.

Les américains ont accès à beaucoup plus de biens matériels grâce à la croissance
économique à long terme.

La figure 6.7, page 294, montre la croissance sur une perspective de long terme.
Sur le long terme, la croissance du PIB réel par habitant masque les hauts et les bas
du cycle d’activité. Mise à part la récession qui marqua le début de la Grande
Dépression, les récessions sont presque invisibles.

Section 4 : Inflation et déflation

 L’inflation est l’augmentation du niveau général des prix.

 La déflation est la diminution générale des prix.

19
 L’économie connaît une stabilité des prix quand le niveau général des prix
varie peu ou pas du tout.

Section 5 : Les déséquilibres internationaux

 Une économie ouverte est une économie qui échange des biens et des services
avec d’autres pays.

 Un pays est en excédent commercial lorsque la valeur des biens et services


achetés à l’étranger est inférieure à la valeur des biens et services vendus à
l’étranger.

 Un pays est en déficit commercial lorsque la valeur des biens et services


achetés à l’étranger est supérieure à la valeur des biens et services vendus à
l’étranger.

* La définition concerne les Etats-Unis ; celle du FMI se limite aux biens.

Vérification de connaissances

1. Lesquelles parmi les questions suivantes relèvent de l’analyse macroéconomique ou


microéconomique ?
a) Comment évoluent les pourboires de Mme Baker lorsqu’une grande usine située à côté du
restaurant où elle travaille ferme ses portes ?
b) Comment évoluent les dépenses de consommation quand l’économie est en récession ?
c) Comment évolue le prix des oranges quand une gelée tardive endommage les plantations
d’orangers en Floride ?
d) Comment évoluent les salaires dans une usine lorsque les travailleurs se syndicalisent ?
e) Comment évoluent les exportations d’un pays lorsque sa monnaie devient moins chère en
termes d’autres devises ?
f) Quelle est la relation entre le chômage d’un pays et son taux d’inflation ?

2. Lorsqu’une personne épargne, la richesse de cette personne augmente, ce qui signifie qu’elle
pourra consommer davantage à l’avenir. Mais, si tout le monde épargne, le revenu de chacun
diminue, ce qui signifie que tout le monde doit consommer moins aujourd’hui. Expliquez cette
contradiction apparente.

20
Chapitre 5 : Comptabilité nationale, PIB et IPC

Section 1 : La comptabilité nationale

 Les comptes nationaux des revenus et de la production, ou comptabilité


nationale recensent les flux monétaires entre différents secteurs de
l’économie.

Voir diagramme des flux circulaires étendu, page 312.

 Les dépenses de consommation sont les dépenses des ménages en biens et


services.

 Une action est une part de propriété d’une entreprise détenue par un
actionnaire.

 Une obligation est un titre de créance qui rapporte un intérêt.

 Les revenus de transfert sont des paiements effectués par l’Etat à des
individus sans contrepartie sous forme de biens et services.

 Le revenu disponible, égal à la somme des revenus et des revenus de transfert


moins les impôts, est le montant total de revenus dont disposent les ménages
pour les dépenses de consommation et l’épargne.

 L’épargne privée, égale au revenu disponible moins les dépenses de


consommation, est la part du revenu disponible qui n’est pas dépensée en
consommation.

 Les marchés bancaires, d’actions et d’obligations, qui canalisent l’épargne


privée et les prêts de l’étranger vers les dépenses d’investissement, les
emprunts étatiques et les emprunts étrangers, sont appelés marchés
financiers.

 Les emprunts d’Etat représentent le montant des fonds empruntés par l’Etat
sur les marchés financiers.

 Les achats de biens et services par l’Etat sont les dépenses gouvernementales
en biens et services.

21
 Les biens et services vendus à des résidents d’autres pays sont les
exportations ; les biens et services achetés à des résidents d’autres pays sont
les importations.

 Les stocks sont des biens et des matières premières détenues pour faciliter les
activités des entreprises.

 Les dépenses d’investissement sont les dépenses en capital physique


productif, telles que machines et les infrastructures, et en variation des stocks.

Section 2. Le produit intérieur brut

 Les biens et services finaux sont les biens et services vendus à l’utilisateur
final.

 Les biens et services intermédiaires sont les biens et services achetés par une
firme à une autre firme - qui sont des inputs pour la production des biens et
services finaux.

 Le Produit intérieur brut, ou PIB, est la valeur totale de tous les biens et
services finaux produits dans l’économie au cours d’une année donnée.

 La dépense globale, la somme des dépenses des consommateurs, des


dépenses d’investissement, des achats de biens et services par l’Etat, et des
exportations moins les importations, est la dépenses totale dans les biens et
services finaux produits dans l’économie.

 Une troisième manière de calculer le PIB est d’additionner le revenu total des
facteurs versé par les firmes aux ménages dans l’économie.

Ainsi, il existe trois méthodes de calcul du PIB :

 Optique production :

 en additionnant la valeur totale de tous les biens et services finaux produits ;

 La valeur ajoutée d’un producteur est la valeur de ses ventes moins la valeur
de ses achats d’inputs.

22
 Optique dépenses :

 en additionnant les dépenses dans tous les biens et services produits


nationalement ;

 PIB = C + I + G + X – M

 X - M = Exportations nettes = Différence entre la valeur des exportations et la


valeur des importations

 Optique revenus :

 en additionnant les revenus de facteurs versés par les firmes aux ménages
dans l’économie.

 Tout ce qui est dépensé en biens et services produits nationalement génère un


revenu des facteurs pour les ménages, le fonctionnement se faisant en circuit.

Produit agrégé, PIB réel et PIB nominal

 Le produit agrégé est la quantité totale de biens et services finaux que


l’économie produit.

 Le PIB réel est la valeur totale de tous les biens et services finaux produits
dans l’économie au cours d’une année donnée, calculée en utilisant les prix
d’une année de base choisie.

 Le PIB nominal est la valeur de tous les biens et services finaux produits dans
l’économie au cours d’une année donnée, calculée en utilisant les prix
courants de l’année de production.

 Le PIB par habitant est le PIB divisé par la taille de la population ; il est
équivalent au PIB moyen par personne.

Section 3 : Les indices de prix et le niveau général des prix

 Un indice des prix mesure le coût d’achat d’un panier de biens donné pour
une année donnée, ce coût étant normalisé de manière à être égal à 100 à
l’année de base choisie.

23
Indice des prix Coût du panier de bien à une année donnée
à une année = -------------------------------------------------------------- * 100
de base donnée Coût du panier de biens à l’année de base

 Le taux d’inflation est le pourcentage de variation annuelle d’un indice de


prix, généralement l’indice des prix à la consommation.

Taux Indice des prix de l’année 2 – Indice des prix de l’année 1


d’inflation = ------------------------------------------------------------------------------ * 100
Indice des prix de l’année 1

 L’indice des prix à la consommation, ou IPC, mesure le coût d’un panier de


biens pour une famille représentative.

 L’indice des prix à la production, ou IPP, mesure les variations des prix des
biens achetés par les producteurs.

 Le déflateur du PIB, pour une année donnée, est 100 fois le ratio du PIB
nominal et du PIB réel de cette année.

Vérification de connaissances

1. Supposez qu’il n’y ait que deux biens dans l’économie, des frites et des nuggets de poulet.
En 2011, 1 000 000 de parts de frites furent vendues au prix de 0,40 $ chacune et 800 000
nuggets au prix de 0,60 $ chacun. Entre 2011 et 2012, le prix des frites a augmenté de 25 %
et le nombre de parts servies diminua de 10 % ; le prix des nuggets diminua de 15 % et la
quantité vendue augmenta de 5 %.

a) Calculez le PIB nominal en 2011 et 2012. Calculez le PIB nominal à partir des prix de
2011.

b) En quoi une estimation de la croissance reposant sur le PIB nominal serait-elle faussée ?

2. Entre 2005 et 2010, le prix des équipements électroniques a énormément diminué et le prix
du logement a énormément augmenté. Quelles sont les implications de ces faits pour décider
d’utiliser 2005 ou 2010 comme année de base pour calculer le PIB réel de 2012 ?

24
Chapitre 6 : Le chômage et l’inflation

Section 1 : Le taux de chômage

 L’emploi est le nombre de personnes actuellement employées dans


l’économie, que ce soit à temps plein ou à temps partiel.

 Le chômage est le nombre de personnes actuellement sans emploi et


activement à la recherche d’un travail.

 La population active est la somme de l’emploi et du chômage.

La population active d’un pays est l’ensemble des personnes employées et au


chômage, c’est-à-dire les personnes qui travaillent et celles qui sont
actuellement à la recherche d’un emploi.

 Le taux de participation est le pourcentage de la population âgée de plus de


16 ans faisant partie de la population active.

Population active
Taux de participation = ------------------------------------------------ * 100
Population âgée de 16 ans et plus

 Le taux de chômage est le pourcentage du nombre total de personnes dans la


population active sans emploi.

Nombre de travailleurs sans emploi


Taux de chômage = ---------------------------------------------------- * 100
Population active

Section 2 : Le taux de chômage naturel

 Les travailleurs qui passent du temps à chercher un emploi sont en recherche


d’emploi.

 Le chômage frictionnel est le chômage dû au temps que les travailleurs


passent à chercher un emploi.

25
 Le chômage structurel est le chômage qui résulte du fait qu’il y a davantage
de personnes cherchant un emploi sur le marché du travail que d’emplois
disponibles au salaire courant.

Quand l’Etat fixe un salaire minimum WP qui excède l’équilibre de marché


WE, le nombre de travailleurs disposés à travailler à ce salaire minimum, Q Q,
est plus important que le nombre de travailleurs demandés pour ce salaire,
QD. Ce surplus de travail est considéré comme du chômage structurel.

Voir figure 8.9, page 370.

 Les salaires d’efficience sont des salaires que les employeurs fixent au-dessus
du salaire d’équilibre pour inciter les employés à être plus performants.

 Le taux de chômage naturel est le chômage généré par les effets du chômage
frictionnel et structurel.

 Le chômage cyclique est la mesure dans laquelle le taux de chômage courant


s’écarte du taux naturel.

Section 3 : Inflation et déflation

 Le salaire réel est le salaire divisé par le niveau des prix.

 Le revenu réel est le revenu divisé par le niveau des prix.

Indice des prix à l’année 2 - Indice des prix à l’année 1


Taux d’inflation = --------------------------------------------------------------------------- *100
Indice des prix à l’année 1

 Le taux d’intérêt est le prix, calculé comme un pourcentage du montant


emprunté, que fait payer un prêteur à un emprunteur pour l’utilisation de
son épargne pendant un an.

 Le taux d’intérêt nominal est le taux d’intérêt exprimé en unités


monétaires.

 Le taux d’intérêt réel est le taux d’intérêt nominal moins le taux


d’inflation.

 La désinflation est le processus de diminution du taux d’inflation.


26
Vérification de connaissances

La population active d’un pays est la somme du nombre de travailleurs employés et au


chômage. Le tableau suivant fournit des données sur la taille de la population active et le
nombre de chômeurs pour différentes régions des Etats-Unis.

Régions Population active (milliers) Chômeurs (milliers)


Mai 2010 Mai 2011 Mai 2010 Mai 2011
Nord-Est 28 303,7 28 201,9 2 482,7 2 254,1
Sud 55 223,5 55 544,1 5 126,3 4 896,6
Midwest 34 520,2 34 430,0 3 305,7 2 803,7
Ouest 35 827,2 35 613,0 3 954,0 3 664,4
Source : Bureau of Labor Statistics.

a) Calculez le nombre de travailleurs employés dans chaque région en mai 2010 et mai 2011.
A partir de vos réponses, calculez la variation du nombre total de travailleurs employés entre
mai 2010 et mai 2011.

b) Pour chaque région, calculez la croissance de la population active de mai 2010 à mai 2011.

c) Calculez les taux de chômage pour les différentes régions du pays en mai 2010 et mai 2011.

d) Que pouvez-vous en déduire concernant l’augmentation des taux de chômage sur cette
période ? Résulte-t-il d’une perte nette du nombre d’emplois ou d’une augmentation
importante du nombre de personnes cherchant un emploi.

27
Chapitre 7 : La croissance économique à long terme

Section 1 : La croissance à long terme et le PIB réel par habitant

 La croissance à long terme est mesurée par l’augmentation du PIB réel par
habitant. Sa mesure a évolué dans le temps et elle varie selon les pays.

 La Règle des 70 stipule combien d’années de croissance il faut pour doubler le


PIB réel par habitant à un taux de croissance donné.

 La Règle des 70 nous dit que le temps qu’il faut pour doubler une variable qui
croît graduellement dans le temps est approximativement 70 divisés par le
taux de croissance annuel de cette variable.

Nombre d’années pour 70


que la variable double = ------------------------------------------ * 100
Taux de croissance annuel
de la variable

A titre d’exemple, les Etats-Unis ont réussi à produire presque six fois plus par
personne en 2010 par rapport à 1900. De 1900 à 2010, le PIB réel par habitant aux
Etats-Unis a augmenté en moyenne de 1,9 % chaque année.

Section 2 : Les sources de la croissance à long terme

 La productivité est la clé de la croissance à long terme. Elle dépend du capital


physique, du capital humain et du progrès technologique.

 La productivité du travail, souvent appelée simplement productivité, est la


production par travailleur.

 Le capital physique consiste en ressources issues du travail humain telles que


des bâtiments et des machines.

 Le capital humain est l’amélioration du travail due à l’éducation et au savoir


incorporés dans la population active.

 La technologie est l’ensemble des moyens techniques pour la production des


biens et des services.

28
Section 3 : La mesure de la croissance : la fonction de production agrégée

Toutes choses égales par ailleurs, la productivité est plus élevée quand les
travailleurs sont dotés de davantage de capital physique, de davantage de capital
humain, et d’une meilleure technologie, ou de toute combinaison de ces trois
éléments.

Pour chiffrer les effets de la productivité, les économistes utilisent des estimations de
la fonction de production agrégée, qui indique en quoi la productivité dépend des
quantités de capital physique et de capital humain par travailleur, de même que de
l’état de la technologie.

 La fonction de production agrégée est une fonction hypothétique qui indique


en quoi la productivité (le PIB réel par travailleur) dépend des quantités de
capital physique et de capital humain par travailleur, ainsi que de l’état de la
technologie.

 Une fonction de production agrégée indique des rendements décroissants du


capital physique lorsque, pour un montant donné de capital humain et un
état donné de la technologie, chaque augmentation successive des quantités de
capital physique entraîne une augmentation plus faible de la productivité.

 La mesure des contributions à la croissance mesure la contribution de chaque


déterminant important de la fonction de production agrégée à la croissance
économique.

 La productivité totale des facteurs est le montant de produit qui peut être
obtenu avec un montant donné d’inputs.

Voir figure 9.5, page 416.

 Les ressources naturelles sont moins importantes aujourd’hui que le capital


physique et humain comme déterminant de la croissance de la productivité
dans la plupart des économies.

Section 4 : Pourquoi les taux de croissance diffèrent ?

L’explication de la différence de taux de croissance entre les pays et selon les


différentes périodes réside dans les facteurs suivants :

 l’épargne et les dépenses d’investissement (y compris dans les infrastructures)


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 l’éducation

 la recherche-développement, ou RD : c’est une dépense destinée à créer et


mettre en œuvre de nouvelles technologies

 le rôle de la puissance publique dans la promotion de la croissance


économique en subventionnant chacun des éléments précédents mais aussi en
maintenant et en protégeant les éléments suivants :

- un système financier efficace

- les droits de propriété (y compris la propriété intellectuelle)

- la stabilité politique et la bonne gouvernance

Vérification des connaissances

Le tableau suivant indique le taux de croissance annuel moyen du PIB réel par habitant pour
l’Argentine, le Ghana et la Corée du Sud au cours des décennies passées.

Année Taux de croissance annuel moyen du PIB réel par habitant


Argentine Ghana Corée du Sud
1960-1970 2,53 % 15,54 % 7,50 %
1970-1980 1,12 % 0,85 % 7,62 %
1980-1990 - 2,50 % 0,10 % 11,33 %
1990-2000 3,83 % 2,08 % 6,37 %

a) Pour chaque décennie et pour chaque pays, calculez lorsque c’est possible le temps qu’il
faudrait pour ce pays pour doubler le PIB réel par habitant à partir de la Règle des 70.

b) Supposez que le taux de croissance annuel moyen de chaque pays sur la période 1990-2000
se maintienne indéfiniment à l’avenir. A partir de 2000, calculez lorsque c’est possible l’année
à laquelle un pays aura doublé son PIB réel par habitant à partir de la Règle des 70.

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