Vous êtes sur la page 1sur 22

République Algérienne démocratique et populaire

Ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique


Université Kasdi Merbah-Ouargla-
Faculté de médecine

BIOCHIMIE
1ere année médecine

VIII. Intégration du métabolisme


tissulaire
présenté par : SMILI H.

Année universitaire 2019-2020 1


I. Interconnexion des voies métaboliques
• Voies métaboliques essentielles
• Carrefours métaboliques
• Motifs récurrents de la régulation métabolique
II. Profil métabolique des différents organes
• Le cerveau
• Le muscle
• Le myocarde
• Le tissu adipeux
• Le foie
III. Les réserves énergétiques
• Le glucose
• Les acides gras
• Les acides aminés
IV. Le métabolisme en fonction du cycle alimentation-jeûne et de l’activité musculaire

UKMO, SMILI H., 2020 2


Introduction
• Toute cellule est le siège de milliers de réactions chimiques qui mettent en jeu des transferts de
matière et/ou d'énergie.
• Cet ensemble de réactions biochimiques nécessaires au maintien de la vie s'appelle le métabolisme.
Le métabolisme comprend 2 types de processus: Anabolisme et Catabolisme.

- Anabolisme: c'est l'ensemble des réactions de synthèse de


macromolécules à partir de molécules plus petites.
- Catabolisme: c'est l'ensemble des réactions de dégradation
de structures complexes en substances plus simples.

• Les réactions forment un réseau de voies métaboliques le long desquelles les molécules, que l'on
appelle des métabolites, sont transformées.
• Un métabolite: est molécule biologique synthétisée lors d'une réaction biochimique précise. Chaque
métabolite est issu d'un (ou plusieurs) précurseur(s) et est le précurseur d'un (ou plusieurs)
métabolite(s).

3
UKMO, SMILI H., 2020
Anabolisme Catabolisme

Photosynthèse
(chez les végétaux uniquement)

UKMO, SMILI H., 2020 4


Une voie métabolique est un ensemble
de réactions chimiques se déroulant dans
une cellule vivante et catalysées par une
série d’enzymes, possédant son propre
mécanisme de régulation. Chaque
réaction constitue une étape d’un
processus anabolique ou catabolique.

UKMO, SMILI H., 2020 5 11


I. Interconnexion des voies métaboliques

• la plupart des cellules (organismes) possèdent le


même ensemble de voies métaboliques de base
(exemple typique : la glycolyse). Cependant, les
cellules (organismes) peuvent se distinguer par des
voies métaboliques qui leur sont propres.

• Dans les voies métaboliques représentées dans la


figures, les points représentent les métabolites
(molécules) et les lignes les reliant sont les
transformations d’énergie et de matière (réactions).

• Les voies métaboliques sont inter-reliées,


strictement régulées et adaptées.

UKMO, SMILI H., 2020 6


I.1. Voies métaboliques essentielles

La coordination entre les trois métabolites (polysaccarides, lipides et protéines) est appelée :
intégration du métabolisme.
UKMO, SMILI H., 2020 7
Principales voies cataboliques

• Les voies cataboliques convergent toutes vers la production d’énergie (ATP), de pouvoir réducteur et
des métabolites élémentaires pour les biosynthèses.
• Certaines voies sont donc le point de convergence de nombreuses réactions métaboliques (cycle de
Krebs, chaîne respiratoire mitochondriale). UKMO, SMILI H., 2020 8
Principales voies anaboliques

• Les voies anaboliques sont divergentes : les biomolécules sont synthétisées à partir d’un groupe
relativement restreint de métabolites élémentaires.

UKMO, SMILI H., 2020 9


I.2. Carrefours métaboliques

• Certaines molécules sont utilisées dans plusieurs réactions différentes, d’où la notion de carrefour
métabolique.
• Un carrefour métabolique est une molécule qui peut être le substrat de plusieurs enzymes
appartenant à des voies métaboliques différentes.
UKMO, SMILI H., 2020 10
• Les trois principaux carrefours métaboliques: glucose-6-phosphate, pyruvate, acétyl-CoA.

UKMO, SMILI H., 2020 11


I.3. Quelques éléments de régulation du métabolisme

• L’environnement cellulaire change en permanence. Les réactions du métabolisme doivent donc


s’adapter et être finement régulées pour:
- Maintenir le plus possible des conditions de vie constantes (Homéostasie)
- Coordonner les voies métaboliques
- Répondre à des signaux intrinsèques ou extrinsèques.

• Les voies métaboliques opposées sont soumises à des régulations réciproques (glycolyse/néoglucogenèse).

• Les motifs récurrents de la régulation sont:


- Disponibilité des substrats;
- Taux d’enzyme et son activité à travers la régulation allostérique et covalente;
- Spécialisation métabolique des organes.

UKMO, SMILI H., 2020 12


1. Les réactions irréversibles du point de 2. La quantité d'enzymes synthétisées
vue énergétique Contrôle de la quantité des catalyseurs de réaction
Concentration physiologique des métabolites (d'enzymes) à travers :
régit le sens dans lequel elle se déroule. - Le niveau de transcription des gènes
- La régulation post-transcriptionnelle
- La régulation traductionnelle

5. Accessibilité des substrats


- Compartimentation des voies métaboliques Modes de régulation du
opposées. métabolisme
- Transfert de substrats d’un compartiment à
un autre.

4. Les signaux extracellulaires 3. L'activité des enzymes


Modifient le flux des voies métaboliques grâce Régule le flux global des voies métaboliques:
à des stimuli agissant sur des récepteurs et qui - Les modifications post-traductionnelles
déclenchent, généralement, - Les inhibiteurs des enzymes.
une cascade d'évènements de signalisation - Les effecteurs allostériques
(hormones ou autres). UKMO, SMILI H., 2020 13
II. Profil métabolique des différents organes
II.1. Le cerveau
• Le glucose est le principal substrat de la cellule nerveuse:
99% de l’ATP produit au repos provient de l’oxydation du
glucose (glucodépendant). Le cerveau consomme environ
120 g de glucose par jour.
• Lors du jeûne, les corps cétoniques remplacent partiellement
le glucose comme substrats énergétiques (jusqu’à 60% du
métabolisme énergétique).
Métabolisme du cerveau en phase de jeûne.
II.2. Le muscle
• Possède ses propres réserves d’énergie (75% du glycogène du corps).
• Principaux substrats énergétiques:
Glucose En période postprandiale utilisation et stockage.
Lors d’un exercice (forte intensité & courte durée):
glycolyse anaérobique.
Acides gras Au repos c’est le substrat préférentiel (satisfait≈85%
des besoins) Muscle en phase post-prandiale
Corps cétoniques Lors du jeûne pour l’épargne du glucose (aa aussi).
UKMO, SMILI H., 2020 14
II.3. Le myocarde
• Les acides gras sont la principale source d’énergie en plus des corps
cétoniques, le lactate et à moindre degré le glucose.
• Absence de réserves énergétiques en glycogène et fonctionne
presque exclusivement en aérobiose (contrairement au muscle).

II.4. Le tissu adipeux


• Lieu de stockage des triglycérides (réservoir d’énergie
métabolique).
• En période postprandiale, le tissu adipeux utilise le glucose
d’origine alimentaire (synthèse des triglycérides).
• Lorsque le glucose est insuffisant, il consomme préférentiellement
les acides gras. Métabolisme du tissu adipeux.

UKMO, SMILI H., 2020 15


II.5. Le foie
• Les substrats énergétiques du foie sont: en période post-prandiale, il utilise d’abord le glucose d’origine
alimentaire, sinon il consomme de préférence les acides gras mais aussi les α-cétoacides issus de la
dégradation des acides aminés.
• il joue un rôle central dans le métabolisme et assure l’apport énergétique aux différents organes:
- la régulation de l’homéostasie du glucose à travers la mobilisation rapide du glycogène et la
néoglucogénèse.
- la régulation du métabolisme des lipides, lorsque l’énergie est abondante les acides gras sont
synthétisés, estérifiés puis adressés au tissu adipeux. Lors du jeûne il converti les acides gras en corps
cétoniques.
Métabolisme du glucose, des acides gras et des acides aminés dans le foie.

25
UKMO, SMILI H., 2020 16
III. Les réserves énergétiques
III.1. Le glucose
• Stocké sous forme de glycogène dans le foie (150g) et le muscle (300g).
• Le glycogène hépatique constitue une autonomie énergétique limitée de 24h.
III.2. Les acides gras
• Stockés sous forme de triglycérides dans le foie et surtout dans le tissu adipeux (plus de 10% du
poids corporel).
• Les réserves énergétiques lipidiques sont quasiment illimitées.
III.3. Les acides aminés
Les protéines musculaires ne sont pas des réserves énergétiques mais lors du jeûne prolongé, la
protéolyse musculaire produit des acides aminés qui sont utilisés à des fin énergétiques.
IV. Le métabolisme en fonction du cycle alimentation-jeûne et de l’activité musculaire
• On distingue 3 situations métaboliques différentes:
- Période post-prandiale: ce sont les 4 heures suivant un repas;
- Période de jeûne: succède à l’état post-absorptif (durée entre deux repas, la plus longue est de
12h) et correspond à un jeûne court de 1 à 3-5 jours ou un jeûne long à partir de 5-7 jours.
- Période d’activité musculaire.
UKMO, SMILI H., 2020 17
Toutes les adaptations métaboliques ont pour objectif le maintien de l’homéostasie du glucose. Dans les
deux dernières situations, le glucose est réservé au tissus gluco-dépendants. Alors que les autres
carburants (acides gras et corps cétoniques) sont proposés aux tissus moins exigeants quant à la nature du
substrat énergétique.
IV.1. En période postprandiale
- Le glucose est la principale source d’énergie
utilisée par la plupart des tissus;
- Synthèse des molécules structurales et
fonctionnelles;
- L’excès de glucides est stocké en glycogène
(foie et les muscles).
- Lipogenèse dans le foie et le tissu adipeux
- Synthèse des protéines (muscle).

C’est l’augmentation du rapport insuline/glucagon


qui régule ces mécanismes.

18
UKMO, SMILI H., 2020
IV.2. En période de jeûne
• Le taux de glucose sanguin commence à diminuer plusieurs heures après un repas. Ce qui conduit à une
diminution du rapport insuline/glucagon. Le niveau normal de la glycémie est maintenu grâce à :
- Glycogénolyse hépatique;
- Lipolyse du tissu adipeux.
- Gluconéogenèse hépatique (en particulier à partir du
glycérol);
• Lors du jeûne court (au-delà d’un jour) les réserves
en glycogène s’épuisent, la lipolyse du tissu
adipeux s’amplifie, la gluconéogenèse à partir du
glycérol et des acides aminés (produits par la
protéolyse musculaire déclenchée par le cortisol)
fourni du glucose au cerveau.
• La cétogenèse se met en marche à partir des acides
gras lipolytiques. les corps cétoniques couvrant une
part croissante des besoins énergétiques du cerveau,
le muscle et surtout du myocarde au cours du jeûne
long. 19
26
UKMO, SMILI H., 2020
Concentrations plasmatiques des carburants métaboliques (mmol/L) après un repas et à jeun.

Après un repas 40h de jeûne 7 jr de jeûne


Glucose 5,5 3,6 3,5
Acides gras libres 0,30 1,15 1,19
Corps cétoniques Négligeable 2,9 4,5

(Dans Traité de Nutrition Artificielle de l’Adulte, 2007)

UKMO, SMILI H., 2020 20


IV. 3. En période d’activité musculaire
L’adaptation métabolique est déclenchée par l’adrénaline et la noradrénaline secrétées en réponse à la
diminution de la glycémie.
Activité musculaire de forte intensité et de courte durée (sprint):
Les muscles ne consomment que du glucose en anaérobiose issue de
leur propre glycogénolyse et celle du foie. En plus de l’hydrolyse de la
créatine phosphate.
La néoglucogénèse hépatique convertit le lactate issu de la glycolyse
musculaire en glucose remis à la disposition du muscle (cycle de Cori =
lactate-pyruvate).
Activité musculaire d’intensité moyenne et de longue durée
(marathon):
• Les muscles consomment en aérobiose:
Coopération muscle-foie
- Le glucose issu de leur propre glycogénolyse
- Les acides gras d’origine lipolytique
- Les acides aminés de la protéolyse déclenchée par le cortisol. L’alanine libérée par le muscle est substrat
de la néoglucogenèse hépatique (cycle de Felig alanine –pyruvate).
• Contrairement au jeûne prolongé la cétogenèse n’est pas mobilisée. UKMO, SMILI H., 2020 21
Hormones impliquées dans l’homéostasie glucidique
Hormone Variation Actions principales Sites d’action
Insuline Augmente Captation cellulaire du glucose Muscle, tissu adipeux.
Synthèse de glycogène Foie, muscle
Synthèse protéique Foie, muscle
Synthèse des acides gras et des triglycérides Foie, tissu adipeux
Diminue Néoglucogénèse Foie
Glycogénolyse Foie, muscle
Cétogenèse Foie
Lipolyse Tissu adipeux
Protéolyse Muscle
Glucagon Augmente Glycogénolyse Foie
Néoglucogenèse Foie
Cétogenèse Foie
Lipolyse Tissu adipeux
Adrénaline Augmente Glycogénolyse Foie, muscle
Lipolyse Tissu adipeux
Hormone de croissance Augmente Glycogénolyse Foie
Lipolyse Tissu adipeux
Cortisol Augmente Néoglucogenèse Foie
Protéolyse Muscle
Diminue Utilisation tissulaire du glucose Foie, muscle, tissu adipeux

UKMO, SMILI H., 2020 22

Vous aimerez peut-être aussi