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LE COTONNIER

Famille : Malvacée
Nom latin : Gossypium

1. BUTS DE LA CULTURE

Le cotonnier est cultivé :


- Pour ses graines qui portent les fibres en longues soies servant à la
fabrication de tissus, des couvertures, de coton hydrophile en pharmacie,
des explosifs (fuchicoton, nitrocellulose), de l'huile alimentaire après
élimination du gossypol, de tourteaux (alimentation du bétail), de farines comestibles (riches
en protéines)
- Pour les coques servant de combustibles, ou servant également à la fabrication de charbon,
de colorant, de pâte à papier…
- Pour le duvet ou binter, pois très courts se trouvant à la surface des graines et servant à
différents usages : fabrication de vernis, de Celluloïds, de fibres de disques, de feutres, de
rembourrages, du simili-cuir……

2. BOTANIQUE
Le cotonnier, du genre gessypium a un nombre chromosomique de base n = 13 mais les
premières études cytologiques ont permis de le classer en deux grands groupes :
- Les espèces diploïdes avec 2n = 26, cultivées surtout dans le vieux monde et comprenant
notamment :
" Le genre Herbaceum (à petites capsules rondes, à feuilles aux lobes arrondis et à bractées
aux dents êu marquées)
" Le genre Arboreum (à capsules allongées, à feuilles aux lobes profondément marqués)
- Les espèces tétraphoïdes cultivées du nouveau monde avec 2n = 52 :
" Le genre Barbadense (capsules allongées, fortement frustulées, feuilles lisses, fleur à
colonne staminale longues stigmate dépassant largement les étamines, taches rouges à la
base des pétales jaunes)
" Le genre Hirsutum (capsules plutôt rondes et lisses, fleur à colonne staminale courte,
stigmate au niveau des étamines, pétales de blanc à crème, feuilles velues à très velues)
Il existe également des espèces sauvages, dépourvues de lins mais qui peuvent être
exploitées pour les améliorations des cotonniers cultivés telles que la résistance des fibres, sa
longueur, sa finesse et les caractères de résistance à certaines maladies, à la sécheresse…
2.1. Caractères et cycle :
Le cotonnier cultivé est une plante arbustive pluriannuelle. Son système radicule se présente
une racine pivotante et ramifiée pouvant atteindre jusqu'à 3 m dans le sol. Les formes, la
pilosité, la couleur et la grandeur du feuillage varient suivant l'espèce et le cultivar. Il en est
de même de la forme et la grosseur des capsules qui ont de 3 à 5 loges avec des graines
vêtues ou nues selon qu'elles sont ou non recouvertes de poils courts non enlevés par
l'égrenage
Les cinq (05) phases du cycle du cotonnier comprennent :
- Phase de la levée : 6 - 10 jours à 30 jours (de la germination à l'étalement des cotylédons)
- Phase " plantule " 20-25 jours à 35 jours (de l'étalement des cotylédons au stade 3 - 4
feuilles)
- Phase de préfloraison : 30 - 35 jours (du stade 3 - 4 feuilles au début de la floraison)
- Phase de la floraison : 50 - 70 jours
- Phase de la maturation des capsules : 50 - 80 jours
La durée totale du cycle végétatif du cotonnier varie de 166 jours à 205 jours selon les
conditions du milieu
2.2. Principaux cotons cultivés :
Les croisements intervariétaux créent une perpétuelle évolution aboutissant à des
améliorations successives. La plus intéressante de ces améliorations concerne les qualités de
fibre et en particulier la longueur des soies
Les espèces à courtes soies (Q. arboreaum et G. herbaceum) sont surtout cultivées en Inde,
au Pakistan et en Chine pour la fabrication de pansements, ouate.
Les espèces à moyennes soies (G. Hirsutum) intéressent les grands pays cotonniers qui
possèdent des services d'amélioration cotonnière tels les USA, Russie, Chine, Inde…
Les variétés à longues soies (G. Barbadense) sont surtout cultivées en Egypte et servent aux
usages de filature et tissage de haute qualité n raison de leur finesse et résistance

3. ÉCOLOGIE
3.1. Besoins en chaleur :
C'est une plante originaire des pays chauds et la température minimum en début de
germination est de 12°-13°C pour l'espèce G. Barbadense et 14°-15° pour hirsutum. En
dessous de 4°C la plante dépérit.
3.2. Besoins en eau :
Malgré un besoin en eau assez raisonnable de 700 mm durant son cycle, la répartition de
celle-ci est extrêmement importante selon la phase de développement considéré. Le tableau
ci-après explique ce fait :

Phases de développement Jours après semis Consommation d'eau en mm par jour


- De la levée au 1er bouton 10 à 45 jours 1 à 2,5
- Du 1er bouton à la 1ère fleur 45 à 75 jours 2,5 à 6
- Maximum de la floraison 75 à 120 jours 6 à 10
- Fructification Après 120 jours 4 à 5,5

3.3. Besoins en lumière :


L'ensoleillement est très important pour le cotonnier surtout en phase de fructification
3.4. Besoins en sols
Le cotonnier est une plante exigeante. En effet il demande des sols homogènes, profonds,
perméables, frais dans le sous-sol et riches en matières nutritives. Il préfère les limons argilo-
sableaux ou sablo-argileux. Les terres trops humides ne conviennent pas. Le pH optimum se
situe entre 6 et 7. Il peut cependant s'acommoder de sols salins à concentration inférieure à
2%.
4. VARIÉTÉS
Les deux variétés les plus couramment cultivées dans le monde sont :
- Celles du genre G. hirsutum englobant 4 types : Deltapine -Stonville - Coker 100 et ACALA
- Celles du genre barbadense comprenant Ash mouni, Giza 66 (sous moyennes) giga 47,
Dendera, Giza 67 (sous longues)
Menoufi, Giza 45, Giza 68 et Karnak (soies extra-longues)
- Et accessoirement celles du genre G. arboreum et G. herbaceum (courtes soies)
5. TECHNIQUES CULTURALES
Le cotonnier est une plante pluriannuelle cultivée en plante annuelle. Ce principe a été
adopté dans le but de diminuer les risques d'attaques d'ennemis et autres maladies ainsi
qu'une baisse probable de rendement par appauvrissement du sol. D'ailleurs, on le cultive
souvent en tête d'assolement : coton - sorgho - jachère pour des raisons pratiques
(rémanence ou arrière-effet des engrais).
En raison d'une fumure bien adaptée donc sans baisse de rendement, certains pays le
cultivent en continue et ce, depuis des décennies.
5.1. Préparation du sol :
Le cotonnier recherche les terres profondément ameublies et rassises, d'où le rendement
assez élevé en culture mécanisé. De ce fait, le labour doit être profond.
5.2. Semis :
L'époque des semis est étroitement liée au régime des pluies et aux conditions parasitaires.
Ainsi elle est déterminée de façon à avoir une récolte en saison sèche. La quantité utilisée
varie de 15 à 50 Kg à l'ha. Le semis peut se faire à la main ou mécaniquement et disposé en
poquets ou en ligne, à plat ou sur billon. La densité varie suivant la variété, l'espèce, la
richesse du sol, l'emploi de moyens mécaniques ou non. Elle se situe entre 25.000 et 100.000
plants à l'ha. Pour la facilité de l'entretien on adopte presque partout l'espacement de 80 cm
à 1 m entre les lignes de cotonniers en faisant varier entre les plants.
5.3. Entretiens :
En cas de conditions défavorables de levées, le cultivateur est obligé de ressemer les plants
manquants le plus tôt possible. Dans le cas opposé un démariage doit être fait 15 à 30 jours
après le semis et à 1 ou 2 plants suivant la densité choisie.
Le premier sarclage a lieu au moment du démariage et est associé à un buttage des plants. Le
second a lieu en début de floraison. L'entretien devrait se terminer à cette époque d'abord
pour ne pas bousculer la fleur et ensuite parce que la végétation de cotonnier est telle que le
sol est plus ou moins couvert.
5.4. Fumure :
Elle servira à corriger les carences naturelles du sol ou les déficiences provoquées par des
cultures intensives.
L'élément essentiel est l'azote pour presque tous les types de sols servant à la culture
cotonnière.
Les éléments P K et S sont utiles suivant les régions et le bore est apporté en proportion
modeste.
Si les débris végétaux ne sont pas restitués aux sols, une fumure de compensation doit
comprendre au moins par hectare (50 N - 20 P205 - 30 K20 et 3S). Toutefois, des
expérimentations sont conduites par l'IRCT et diffusées par des services de régularisation
pour le cas de quantités à utiliser dans le cadre d'une culture intensive.
5.5. Irrigation
Deux types sont applicables au cotonnier :
- L'apport complémentaire à certaines époques de son développement
- L'irrigation continue en culture sans pluie
A partir de besoins en eau (signalé en 3.2.) et de la capacité de rétention du sol il est facile de
déterminer la cadence des irrigations afin d'éviter la chute des fleurs et jeunes capsules.
Cet apport d'eau peut être fait soit par gravitation dans des canaux en terre ou en ciment
(travaux de nivellement importants) soit par aspersion (installation coûteuse de tuyaux à eau
sous pression mais juste calcul du volume à utiliser)
5.6. Récolte :
Dans de nombreuses régions du globe, elle se fait manuellement. Un ouvrier arrive à récolter
20 à 50 kg de coton-graine par jour. Dans d'autres pays comme les USA, le Nicaragua, l'URSS,
l'Australie et l'Israël, la récolte se fait mécaniquement car la main d'œuvre est rare et chère.
Le cotton stripper récolte 1.400 kg/heure de coton-graine mais le coton est déprécié car la
récolte se fait en une seule fois et le produit est chargé d'une grande quantité d'impuretés
(feuilles, capsules vertes ou malades, branches…)
Le cotton picker récolte uniquement les capsules mûres et permet d'envisager deux passages
sur le même champ. La récolte est de 700 Kg/heure.
Le cotton combine est une sorte de moissonneuse étant donnée que les cotonniers sont
coupés et séparés du coton-graine. C'est une machine d'invention récente.
5.7. Rendements :
Ils sont très variables suivant le pays, le sol, la pluviométrie mais la tendance générale est
dans l'augmentation liée à une intensification culturale (emploi d'engrais et d'insecticides de
plus en plus courant). Actuellement en Afrique francophone le rendement dépasse la tonne à
l'ha. Les rendements records sont signalés en cultures intensives en Israël, Californie et
Amérique Centrale avec 3 à 4,5 t/ha de coton graine
La partie commercialisable qui rentre dans 85% de la valeur de la récolte est la fibre
Toutes les nouvelles variétés mondiales du genre G. hirsutum donnent plus de 35 Kg de fibre
par 100 kg de récolte. Dans les sélections IRCT africaines, rares sont celles ayant moins de
38% de fibre.

6. MALADIES ET ENNEMIS :
Les méthodes de traitements sont de deux types :
- Avertissement basé sur les comptages et l'évolution prévisible des pullulations
- Programme préalable avec des traitements à date préétablie grâce aux expériences sur
l'évolution probable des ravageurs
La combinaison des deux est la plus utilisée pour tenir compte du seuil de rentabilité :
potentiel productif/prix de traitement. Le matériel utilisé est généralement du type porté à
dos d'homme (poudreur, pulvérisateur et atomiseur) ou à dos d'animaux, du matériel tracté
(pulvérisateur à gros débit) ou par avion
L'efficacité des traitements est liée à l'intensité de la pullulation des ravageurs et à l'étendue
de la zone traitée. De plus chaque insecticide a une action sur certains ravageurs d'où
l'emploi de mélanges commerciaux ou décidés par les utilisateurs afin d'éviter les frais
superflus d'épandages

7. TECHNOLOGIE DE LA FIBRE
7.1. Composition de la fibre :
- Cellulose : 9,40%
- Protéine : 1,3
- Substances pectiques : 1,2
- Cendres : 1,2
- Acides organiques et alcool : 1,6
- Sucres totaux : 0,3
- Divers : 0,4
7.2. Caractéristiques :
7.2.1. Longueur :
Ce caractère variétal est héréditaire et la longueur s'exprime en pouces et fractions de
pouces, soit par juilling (se mesure à la main, à vue d'œil en 1/32 de pouce) soit par halo ou
papillon (poils peignés autour de la graine et mesurés suivant respectivement 5 ou 2
directions).
7.2.2. Ténacité :
La résistance duf il en dépend. Le dynamètre de rupture d'un faisceau de fibre est le plus
employé dans le commerce (Pressley strength tester) avec des valeurs données en mesure
conventionnelle 1.000 PSI (1.000 livres par pouce carré de contrainte). Le stélomètre permet
de mesurer l'élasticité maximum avant rupture
7.2.3. Maturité :
Est fonction du degré de remplissage du lumen original de la fibre. Par le comptage on
dénombre plus de 75% de fibres mûres si le coton est de très bonne maturité et moins de
50% pour le coton de maturité insuffisante.
7.2.4. Finesse :
Se mesure au fibronaire et micronaire en donnant un indice d'autant plus élevée que la fibre
est grosse (3,5 pour une fibre très fine et plus de 5 pour les fibres grossières
7.2.5. Coloration :
S'apprécie par comparaison avec standards ou par photocalorimétrie (Nickerson)
7.2.6. Nepposité :
Nep : bouton : agglomération de fibres mortes
S'exprime par le nombre de neps au mètre carré de voile de cadre
240 : nepposité faible
240 à 465 : nepposité moyenne
465 à 705 : nepposité élevée
>705 : nepposité très élevée
7.3. Préparation et classement
7.3.1. Égrenage :
Consiste à séparer la fiche de la graine dans les meilleures conditions (élimination de grosses
impuretés, humidification ou dessiccation pour que la fibre ait environ 7% d'humidité.
Deux types d'appareils sont généralement utilisés :
- Égreneuse à rouleaux réservée en général à l'égrenage des variétés à soies longues ou extra-
longues ayant plus de 32-33 mm (11/4 ") avec un débit de 30 à 40 kg de fibre à l'heure.
- Egreneuse à scies : dont le débit industriel (qui n'abîme pas la fibre) est de 12 kg de fibre par
scie et par heure avec un nombre de scies allant de 128 à 224
7.3.2. Conditionnement
Après égrenage, la fibre est pressée dans des presses hydrauliques afin d'augmenter la
densité et rendre le transport plus facile et moins onéreux. Les balles sont pressées à 912,
385 ou 580 kg au m³ et pèsent de 220 à 230 Kg chacune
7.3.3. Classement
Permet de déterminer la longueur et le grade auxquels correspond la balle. Le meilleur grade
est du type blanc (white) avec peu d'impuretés et le moins bon du type le plus gris (gray)
chargé d'impuretés (good ordinary).
7.4. La graine
Le rapport graine = 55 à 67% caractérise le groupe hirsutum et de 60 à 68% pour le groupe
barbadense.
La composition de la graine est la suivante :
- Coque : 20 à 30%
- Linters : 0 à 15%
- Tourteaux : 42 à 44%
- Huile : 16 à 20%
- Déchets divers : 4 à 6%
L'huile de coton est couramment utilisée en alimentation humaine. La margarinerie et la
savonnerie après avoir été raffiné pour la décoloration, l'élimination des glycérides et le
gossypol.
Les tourteaux servent dans l'alimentation du bétail et la fabrication d'engrais

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