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Première partie : Les commerçants et les entreprenants

Le livre premier du nouvel Acte uniforme portant sur le droit commercial général détermine
le statut du commerçant et de l'entreprenant et donne dans son chapitre 1er la « définition
du commerçant et des actes de commerce. »

Aux termes des dispositions de l’article 2 dudit Acte uniforme : " est commerçant celui qui
fait de l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa profession".

Cette définition est nouvelle, mais elle ne bouleverse pas les principes déjà connus. En effet,
elle précise les actes dont l'accomplissement confère la qualité de commerçant. Il s’agit,
comme par le passé, des actes de commerce par nature. Elle ne fait plus référence à la
profession habituelle. Quant aux actes de commerce, il est procédé, pour certains, à leur
définition, pour d’autres, à leur énumération.

Toujours est-il que pour avoir la qualité de commerçant, il faut accomplir en toute
autonomie, comme par le passé, des actes de commerce par nature à titre de profession.
Aucune autre condition n'a été prescrite par la loi.

Par dérogation à la règle qui précède, il y a l’entreprenant qui peut exercer une activité
commerciale ; c’est-à-dire qui peut accomplir les actes de commerce par nature, mais qui
n'acquiert pas la qualité de commerçant tant qu'il demeure un très petit entrepreneur au plan
comptable et financier.

Aussi, convient-il, d’abord, de procéder à un examen des actes dont l'accomplissement


confère la qualité de commerçant, ensuite, d’analyser les conditions d'accomplissement de
ces actes, enfin, d'analyser les obligations à la charge de ceux qui s'adonnent a
l’accomplissement de ces actes à titre de profession.

Chapitre 1 : Les actes de commerce

La définition suivie de l'énumération des actes de commerce par nature ressort des
dispositions de l'article 3 de l’Acte uniforme portant sur le droit commercial général ; tandis
que l’énumération des actes de commerce par la forme ressort des dispositions de l'article
4 dudit acte uniforme.

À l’examen, on note que le nouvel Acte uniforme, hormis la définition de l'acte de


commerce par nature, n'a pas ajouté de nouveaux actes de commerce à ceux déjà connus
sous l’empire de l'ancien Acte Uniforme. Lequel Acte uniforme avait déjà étoffé la liste des
actes de commerce en y incluant certains actes ou certaines activités dont la commercialité
n’était pas admise auparavant ou qui étaient tout simplement inconnus.

Cette liste n'était cependant pas exhaustive. Le nouvel Acte uniforme n’a pas résolu le
problème de l'exhaustivité puisqu‘il énumère aussi bien les actes de commerce par nature,
que les actes de commerce par la forme en émettant des réserves.
Toutefois en définissant l’acte de commerce par nature, on peut se demander si l'acte
uniforme n'a pas voulu mettre un terme au débat sur la détermination d'un ou des critères
de l'acte de commerce.

Section 1 : Les différentes catégories d’actes de commerce

Traditionnellement, on distingue entre les actes qui sont commerciaux à raison de leur objet
et que l’on qualifie actes de commerce par nature et ceux qui sont commerciaux en raison
de leur seule forme et qu’on appelle aussi actes de commerce objectifs.

Il y a également les actes dont la commercialité résulte de la qualité de la personne qui les
accomplis. En la matière, à l’égard des commerçants, on retrouve ce qu'on appelle les actes
de commerce par accessoire.

Enfin, il y a les actes qui sont commerciaux pour l‘une des parties et non commerciaux pour
l'autre et qu'on appelle actes mixtes.

I- Les actes de commerce par nature

Il s’agit de ceux définis et prévus par l’article 3 de l’Acte uniforme relatif au droit
commercial général : « l’acte de commerce par nature est celui par lequel une personne
s'entremet dans la circulation des biens qu'elle produit ou achète, ou par lequel, elle fournit
des prestations de services avec l’intention d’en tirer un profit pécuniaire. »

Deux critères de l'acte de commerce par nature sont ainsi dégagés par l'acte uniforme : l’acte
d'entremise dans la circulation des biens et la fourniture de prestations de services.

Dans les deux cas, il s'agit d'en tirer un profit pécuniaire.

La définition susvisée devrait donc permettre de classer les actes de commerce par nature,
telle qu'énumérée par l’article 3 de l’acte uniforme portant sur le droit commercial général,
en deux grandes catégories. Mais cette classification, si elle est aisée pour certains actes, ne
l’est pas pour plusieurs autres.

Il en va ainsi, par exemple, pour les contrats entre commerçants, de même que pour les
actes, des sociétés commerciales qui n'ont pas une nature déterminée par avance. Il peut
s'agir de prestations de services ou d'actes d’entremise dans la circulation des biens. Il sera
donc retenu la catégorie des actes de commerce par nature en raison de leur auteur.

A- Les actes d’entremise dans la circulation des biens

On peut les classer en deux grandes catégories :

- Les actes d'entremise dans la circulation des biens achetés ;


- Les actes d’entremise dans la circulation des biens produits.
Il peut s’agir de biens corporels ou de biens incorporels.

1- Les actes d’entremise dans la circulation des biens achetés : L'achat en vue de la revente

2- Les actes d'entremise dans la circulation des biens produits

a- Les opérations de manufacture


b- Les industries extractives
c- L'édition
d- Les spectacles publics

B- La fourniture des prestations de service

En la matière, il s'agit soit d'exécuter des travaux au profit de la clientèle, soit de mettre des
choses à sa disposition temporairement. On peut citer les opérations financières et
assimilées, les services matériels et les opérations d'intermédiaire.

1- Les opérations financières et assimilées

a- Les opérations de banque et de change


b- Les opérations de bourse
c- Les opérations d'assurance

2- Les services matériels

a- Les opérations de location de meubles


b- Les opérations de transport
c- Les opérations de télécommunication

3- Les opérations d’intermédiation

a- Les opérations des intermédiaires de commerce


b- Les opérations des autres intermédiaires
c- Les opérations de transit

C- Les actes de commerce en raison de leur auteur

Il s'agit des actes accomplis par les sociétés commerciales et des contrats conclus par les
commerçants pour les besoins de leur commerce. Il peut s'agit d'acte d'entremise dans la
circulation de biens achetés ou produits ou de fourniture de services.

1- Les actes effectués par les sociétés commerciales

2- Les contrats entre commerçants

II- Les actes de commerce objectifs ou par la forme


Ils ont toujours le caractère commercial quel que soient l'objet et le but de l'acte, qu'il soit
fait habituellement par un commerçant ou à titre isole par un non commerçant. Il s‘agit :

- de la lettre de change ou traite, du billet à ordre, du warrant ;


- des sociétés commerciales par la forme.

A- La lettre de change, le billet à ordre et le warrant

Aux termes des dispositions de l'article 4 de l'acte uniforme, " ont notamment le caractère
d‘actes de commerce, par leur forme, la lettre de change, le billet à ordre et le warrant ".

La lettre, le change est un effet de commerce par lequel une personne appelée tireur donne
l'ordre à une autre appelée tiré de payer une certaine somme d'argent à une troisième
personne appelée bénéficiaire ou encore au porteur de la lettre de change.

Le billet à ordre est un titre par lequel une personne s'engage à payer une somme déterminée
à une date déterminée à un bénéficiaire ou à l'ordre de celui-ci.

Quant au warrant, il est un billet à ordre garanti par un nantissement.

Il résulte des dispositions du texte que toute personne même non commerçante et quelle
qu'en soit la cause qui signe une lettre de change un billet à ordre ou un warrant accompli
un acte de commerce et est tenue dans les conditions du droit commercial.

Cette règle a pour but de faciliter la circulation de ces effets.

Toutefois, le fait de signer habituellement ces effets pour honorer des engagements ne
saurait conférer la qualité de commerçant puisque non constitutif d'une profession. Au
demeurant, c’est l'accomplissement d’actes de commerce par nature à titre de profession
qui confère la qualité de commerçant.

B- Les sociétés commerciales par la forme

Aux termes des dispositions de l'article 6 alinéa 2 de l‘acte uniforme relatif au droit des
sociétés commerciales et du regroupement d'intérêt économique," Sont commerciales à
raison de leur forme et quel que soit leur objet, les sociétés en nom collectif, les sociétés en
commandite simple, les sociétés à responsabilité limitée (SARL) et les sociétés anonymes
(SA)".
Ainsi, une société à responsabilité limitée constituée pour exploiter une entreprise agricole
est commerciale par la forme.

III- Les actes de commerce par accessoire

Ce sont des actes de nature civile qui deviennent actes de commerce - parce qu'accomplis
par un commerçant dans l'exercice et pour les besoins de sa profession. Ainsi, l'achat d'un
véhicule par un commerçant pour son usage personnel est un acte civil.
Mais si l'achat est effectué pour les besoins du commerce, il devient un acte de commerce
par accessoire, si le contrat a été conclu avec une personne dont l’activité ne consiste pas
en la vente professionnelle de véhicules. En effet, si le contrat est conclu avec un
concessionnaire de ventes de véhicules, il sera commercial.

Il était admis que cette catégorie d'actes créée par la jurisprudence avait pour fondement
l'article 632 paragraphe 6 du code de commerce aux termes duquel " la loi répute actes de
commerce, toutes obligations entre négociants, marchands et banquiers".

En proclamant cette règle, disait-on, la loi a fait implicitement application de la règle selon
laquelle l'accessoire suit le principal ; et la jurisprudence a généralisé la portée d'application
de ce texte. Elle a ainsi posé une présomption de commercialité pour tous les actes
accomplis par un commerçant.

Cette analyse est encore valable et peut être déduite de l'acte uniforme dont l'article 3
dispose : " Ont le caractère d'actes de commerce par nature notamment... les contrats entre
commerçants pour les besoins de leur commerce ".

Mais pour qu'il en soit ainsi, il faudrait remplir les conditions suivantes :

- l‘auteur de l‘acte doit être un commerçant, c'est-à-dire qu'il doit accomplir des actes de
commerce par nature à titre de profession ;

- l’acte doit avoir été accompli à l’occasion et/ou pour les besoins du commerce.
Il s'agit cependant d'une présomption simple dont la preuve contraire peut être rapportée par
le commerçant. Il pourra démontrer qu'il s'agit d'un acte personnel. Celui-ci redevient, alors,
civil.

Cette théorie de l'accessoire concerne aussi les actes civils. Ainsi, des actes commerciaux
deviennent civils dès lors qu'ils sont l'accessoire d'une activité principale de nature civile.

Ainsi, le médecin exerçant une profession libérale qui achète pour revendre à ses patients
les médicaments qu’il prescrit, accomplit des actes civils par accessoire. Il en va de même
de l'artisan qui achèterait pour revendre à ses clients des accessoires nécessaires aux
produits commandés par ces derniers.

Il en va également du directeur d'établissement d'enseignement qui, tout en dispensant des


cours, achète pour les revendre, aux élèves, des fournitures scolaires.

Il accomplit des actes civils par accessoire : « L’enseignement constituant par nature, un
acte civil et une profession libérale, celui qui crée et dirige un institut d’enseignement“ dans
le but de dispenser à autrui, moyennant rémunération, une science, une formation technique,
une instruction qu’il possède personnellement, ne fait pas en principe, acte de commerce...
S’il assure en même temps aux personnes avec qui il contracte des prestations matérielles,
telles que fournitures scolaires, hébergement, nourriture, etc., caractérisant des actes de
commerce, puisqu'il a procédé dans ce but à des achats en vue de revendre, son activité
prend un caractère mixte... »
Cette commercialité par accessoire se retrouve aussi bien en matière contractuelle qu’en
matière extra-contractuelle.

A- Le domaine contractuel

Tous les contrats conclus par un commerçant, sont commerciaux s'ils le sont pour les
besoins de son commerce. Il en est ainsi des achats, des ventes de matériel, de fonds de
commerce, des contrats d'assurance, de transport, etc... Même le contrat de travail conclu
avec un salarié est commercial pour le commerçant.

De même, le commerçant qui donne ou prend à bail un immeuble pour les besoins de son
commerce, accomplit un acte de commerce.

Il s’agira d'une commercialité par accessoire si le contrat est conclu avec un non
commerçant et d’une commercialité par nature si le contrat est conclu avec un commerçant.

Au titre des garanties, le gage qui est le contrat par lequel un bien meuble est remis au
créancier ou à un tiers convenu entre les parties pour garantir le paiement d'une dette et qui
est de nature civile, devient commercial s'il garantit une dette commerciale.

Quant au cautionnement, en raison de sa gratuité, il demeure civil même s'il garantit une
dette commerciale.

Il devient commercial lorsqu'il intervient à titre professionnel. Par exemple lorsqu'il est
consenti par un banquier. De même, il devient commercial lorsque la caution est
personnellement intéressée à l'affaire à l'occasion de laquelle elle est intervenue.

Quant aux actes relatifs aux rapports de famille et aux actes à titre gratuit, ils ne sont jamais
commerciaux.

B- Le domaine extra-contractuel

La responsabilité délictuelle ou quasi-délictuelle que peut encourir un commerçant est


commerciale lorsqu'un préjudice causé à une tierce personne l'a été à l‘occasion de
l'exercice du commerce par le commerçant lui-même, un de ses préposés ou par le fait d'une
chose qu‘il a sous sa garde.

Il en va ainsi en cas de concurrence déloyale : « Le fait était fondé sur le quasi-délit de


concurrence déloyale... le fait qu’un gérant de SARL ne soit pas personnellement
commerçant ne peut pas le soustraire à la juridiction commerciale, dès lors que les faits
allégués contre lui se rattachent par un lien direct à la gestion de sa société dont il est Ie
mandataire », d'accident de la circulation : « les actes accomplis par un commerçant sont
réputés commerciaux et par conséquent, faits pour les besoins de son commerce, même
quand il s'agit d’un quasi-délit. »

En la matière, la juridiction compétente est, en principe, la juridiction commerciale. Les


questions touchant à la preuve et à la prescription relèvent du droit commercial.
La commercialité par accessoire s'applique également aux obligations résultant des quasi-
contrats (Cass. Civ. 5 février 1907 DP, 1, 429; Cass. Com. 17 avril 1967 D. 1967, 511 pour
la répétition de l’indu et pour l’obligation née de l'enrichissement sans cause : Cass. Com
21 avril 1955, bull. III, n°125).

IV- Les actes mixtes

L'acte, mixte est celui qui est commercial pour l'une des parties et civil pour l'autre. Ainsi,
en est-il de l'achat dans un magasin qui est commercial pour le vendeur et civil pour
l'acheteur, non commerçant.

Il en est de même du contrat de travail qui est commercial pour l'employeur commerçant et
civil pour les salariés. L'intérêt que présentent les actes mixtes réside dans la détermination
de leur régime juridique : Faut-il appliquer à ces actes, les règles du droit civil ou celles du
droit commercial ? La solution varie selon le domaine envisagé.

A- Le régime des actes mixtes en matière de preuve

Ce régime est fonction de la personne contre qui la preuve est faite :

- Si la preuve est faite par le non commerçant contre le commerçant, le principe de la liberté
de la preuve en matière commerciale est admis.

En revanche si c'est le commerçant qui fait preuve contre le non commerçant, les règles du
droit civil devront s'appliquer.

C'est-à-dire qu'il doit faire la preuve par écrit. Toutefois, « tout commencement de preuve
par écrit autorise le commerçant à prouver par tous moyens contre : un non-commerçant.
» (article 5 alinéa 2)

B- Le régime des actes mixtes en matière de mise en demeure

Le commerçant qui entend mettre le non commerçant en demeure doit le faire suivant les
modes du droit civil. Par contre le non commerçant peut mettre le commerçant en demeure
par tous moyens.

C- Le régime des actes mixtes en matière de solidarité

La solidarité ne se présume pas entre codébiteurs civils d'un commerçant. Par contre, elle
se présume entre, codébiteurs commerçants d'un créancier civil.

D- Le régime des actes mixtes en matière de procédure judiciaire

En cas de contestation entre un commerçant et un non commerçant relativement à un acte


de commerce, c’est le tribunal de commerce qui est, en principe, compétent pour connaître
du litige. Mais le non commerçant, lui, quand il est demandeur à le choix entre le Tribunal
de commerce et les Tribunaux de droit commun.
Section 2 : La détermination des critères généraux de l'acte de commerce

L‘acte de commerce par nature ayant été défini par l’acte uniforme portant sur le droit
commercial général, peut-on dire que les critères retenus sont les seuls qui caractérisent
l’acte de commerce par nature ? Quid alors de l’acte de commerce par la forme non défini
?

Rappelons que le code du commerce au lieu de définir l'acte de commerce avait procédé par
énumération. Mais celle-ci était incomplète parce qu'elle ne visait pas tous les actes de
commerce.

C’est dans ce contexte que la doctrine va chercher un critère général de l'acte de commerce
compte tenu des intérêts rattachés à cette notion. L’acte uniforme abrogé avait également
procédé par énumération sans définition de l'acte de commerce.

Avec le nouvel Acte uniforme, il y a une définition de l'acte de commerce par nature. Quant
à l'acte de commerce par la forme il y a une énumération qui n’est pas exhaustive à travers
l'adverbe "notamment".

L'acte uniforme a-t-il épuisé le débat sur la détermination d'un ou des critères de l'acte de
commerce ?

I- Les critères retenus

Deux critères sont retenus par l’Acte uniforme pour définir l’acte de commerce par nature
: la circulation des biens achetés ou produits et la fourniture des prestations de services.

Tous les deux actes sont sous-tendus par l’idée de réalisation d’un profit. On ne va donc pas
en faire un critère puisque la spéculation ne peut se détacher de la circulation des biens et
de la prestation de services.

A- Le critère de la circulation

L'acte de commerce par nature est l'acte d‘entremise dans la circulation des richesses depuis
la production jusqu'à la consommation dans le but de réaliser un profit. C'est ce que l'Acte
uniforme retient expressément.

Pour une large part, ce critère se révèle exact. Certes, il renvoie un peu trop clairement à
l’idée d'achat et de revente, mais, en l’état, même les biens produits figurent dans la
définition de l’acte de commerce par nature.

En conséquence, les critiques antérieures portant sur les activités agro-industrielles qui ne
répondaient pas toujours à l'idée de circulation des biens s'estompent.

B- La fourniture des prestations de service


Les prestations de service fournis dans un but de profit ont le caractère d’acte de commerce
par nature. L'Acte uniforme, en retenant les prestations de service effectuées
individuellement ou dans le cadre des activités d'une personne morale, comme étant des
actes de commerce par nature utilise un critère extensif pour appréhender le maximum
d’actes et d'activités possibles.

Car à la vérité, il y a très peu d'actes qui ne rentrent pas dans le cadre des prestations de
service.

C- L’acte de commerce par détermination de la loi ?

L’acte de commerce par la forme n’a pas été défini par l’acte uniforme. Devrait-on le
considérer qu'il s'agit là d’un acte de commerce par détermination de la loi ?

En attendant de trouver une réponse définitive à cette interrogation, on peut dire qu’il n'est
pas exclu que d'autres critères soient retenus comme le critère de l’entreprise par exemple
puisque l’énumération n’est pas exhaustive.

Mais quel est l'intérêt de la détermination de l’acte de commerce ?

II- Intérêts de la détermination de l'acte de commerce

On peut en relever 8 :

1- Faire des, actes de commerce par nature à titre de profession confère en principe la qualité
de commerçant, c'est pourquoi en la matière, la qualité exigée est plus stricte.

2- La prescription des créances commerciales est de 5 ans alors qu'elle est de 30 ans pour
les créances civiles.

En effet, aux termes des dispositions de l'article 16 de l'Acte Uniforme relatif au droit
commercial général : « Les obligations nées à l’occasion de leur commerce entre
commerçants, ou entre commerçants et non-commerçants, se prescrivent par cinq ans si
elles ne sont soumises à des prescriptions plus courtes.

3- La mise en demeure du débiteur résulte, en matière commerciale de toute manifestation


de volonté du créancier, alors qu'en matière civile, il faut une citation en justice ou un acte
extra-judiciaire.

4- Pour les personnes physiques, les procédures collectives d’apurement du passif


(règlement préventif, redressement judiciaire et liquidation des biens) ne peuvent être
déclarées qu'à l’encontre des commerçants. Pour les personnes morales, cela concerne aussi
bien les commerçants que les personnes morales de droit privé non-commerçantes.

5- Les intérêts moratoires sont plus élevés en matière commerciale qu'en matière civile.
6- Pour certaines dettes commerciales comme celles résultant d'une lettre de change, d‘un
billet à ordre ou d'un chèque, le délai de grâce est écarté.

7- Dans les contrats civils, la solidarité ne se présume pas alors qu'elle se présume en matière
commerciale.

8- La preuve est libre en matière commerciale. En effet, les actes de commerce se prouvent
par tous moyens même par voie électronique à l’égard des commerçants. Même à l’égard
des non-commerçants, tout commencement de preuve par écrit autorise le commerçant à
prouver par tous moyens (article 5).

Alors qu'en matière civile, il faut un écrit dès lors que l'intérêt pécuniaire de l'affaire
excède 5000 F.

Les actes de commerce ainsi analysés, il convient de s‘intéresser à ceux qui les
accomplissent à titre de profession.

Chapitre 2 : L'exercice de la profession de commerçant et d’entreprenant

L’acte uniforme portant sur le droit commercial général ajoute à la profession de


commerçant qu’il a toujours régi, celle de l'entreprenant qui est un professionnel avec un
statut tout à fait particulier.

Sous chapitre 1- L’entreprenant

Aux termes des dispositions de l’article 30 alinéa 1er de l’Acte uniforme portant sur le droit
commercial général, : « L'entreprenant est, un entrepreneur individuel, personne physique
qui, sur simple déclaration prévue dans le présent Acte uniforme, exerce une activité
professionnelle civile, commerciale, artisanale ou agricole. »

L’acte uniforme réglemente de manière spéciale le statut d’un professionnel qui était
inconnu de notre droit commercial.

Les activités de ce professionnel font pourtant déjà l’objet de textes particuliers en ce


compris les Acte uniformes. Qu’est-ce qui caractérise donc ce professionnel et quelles sont
les obligations à sa charge ?

Première section - L’acquisition et la conservation du statut d'entreprenant

Il résulte des dispositions de l'article 30 de l’Acte uniforme portant sur le droit commercial
général que trois conditions sont à remplir pour acquérir le statut d’entreprenant : une
condition personnelle, une condition de déclaration d’activité et une condition financière et
comptable.
I- La condition personnelle

L’entreprenant est un professionnel, entrepreneur individuel, personne physique. Le statut


de professionnel implique l'exercice d’une activité d'où il tire les ressources nécessaires à
sa subsistance et à celle de sa famille. En prescrivant qu’il s'agit d’un entrepreneur
individuel, personne physique, on exclut ainsi les personnes morales de la catégorie des
entreprenants.

On note ainsi que ce n’est pas l’activité exercée qui détermine le statut de l’entreprenant.
Tout professionnel, personne physique, que son activité soit civile, commerciale, artisanale
ou agricole peut prétendre au statut d’entreprenant. Il faut néanmoins satisfaire aux deux
autres conditions prescrites par l’Acte uniforme.

II- La condition de déclaration d’activité

L'entreprenant est soumis à une obligation de déclaration de son activité professionnelle.


C'est une obligation préalable à l’exercice de son activité. Ainsi en dispose l'article 62 de
l'Acte uniforme relatif au droit commercial : « L'entreprenant déclare son activité... sans
frais, au greffe de la juridiction compétente ou à l'organe compétent dans l'État Partie, dans
le ressort duquel il exerce ».

Que doit-il déclarer et quels sont les effets de cette déclaration ?

A- Le contenu de la déclaration

B- Effets de la déclaration

III- La condition financière et comptable

Aux termes des dispositions » de l'article 30 alinéa 2 de l’Acte l’uniforme portant sur le
droit commercial général, « l’entreprenant conserve son statut si le chiffre d’affaires annuel
généré par son activité pendant deux exercices successifs n’excède pas les seuils fixés dans
l'Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises au
titre du système minimal de trésorerie. »

En ce qui concerne les commerçants et les artisans, ce chiffre d’affaires est, aux termes des
dispositions de l'alinéa 3 de l’article 30 susvisé, d'une part, celui de leurs activités de vente
de marchandises, d’objets, de fournitures et denrées ou de fourniture de logement et d’autre
part, celui de leurs activités de prestations de services et, en ce qui concerne les agriculteurs,
celui de leurs activités de production.

Les seuils fixés par l’article 13 de l’Acte uniforme portant organisation et harmonisation
des comptabilités des entreprises sont les suivants :

- Trente (30) millions de F CFA pour les entreprises de négoce,


- Vingt (20) millions de F CFA pour les entreprises artisanales et assimilées,
- Dix (10) millions de FCFA pour les entreprises de services.

Pour déterminer le chiffre d’affaires de celui qui fait à la fois du négoce et fournit des
services, il faut, en application de l'article 30 alinéa 3 de l'Acte uniforme relatif au droit
commercial général, cumuler les seuils susvisés.

Il résulte de ce qui précède que ce sont les très petits entrepreneurs individuels qui peuvent
avoir le statut d'entreprenant. Ils conservent ce statut tant que les seuils susvisés n'ont pas
été dépassés pendant deux années consécutives.

Cela signifie qu’en réalité, le professionnel qui se déclare entreprenant est cru sur sa simple
déclaration et conserve le statut d’entreprenant jusqu'à la fin de deux exercices successifs.
Après quoi, il reprend son véritable statut ou conserve celui d'entreprenant.

En conclusion, on peut dire que l’entreprenant peut exercer une activité commerciale ou
artisanale à titre de profession sans acquérir la qualité de commerçant ou d'artisan tant que
les conditions de déclaration d’activité puis financière et comptable sont remplies.

Deuxième section : Les obligations des entreprenants

Des obligations comptables pèsent sur l'entreprenant. Il doit les respecter tant qu'il conserve
son statut. En cas de perte de sa qualité d'entreprenant, il doit se conformer à la loi.

I- Les obligations comptables

L’entreprenant doit tenir au jour le jour un livre mentionnant chronologiquement d’une part,
l’origine et le montant de ses ressources, c’est-à-dire de ses entrées de fonds en distinguant
les règlements en espèces des autres modes de règlement, d’autre part la destination et le
montant de ses emplois, c’est-à-dire de ses dépenses.
Ce livre doit être conservé pendant cinq (5) ans au moins.

Si l'entreprenant exerce des activités de vente de marchandises, d’objets, de fournitures et


denrées ou de fourniture de logement, il doit outre le livre susvisé, tenir un registre,
récapitulé par année, présentant le détail des achats et précisant leur mode de règlement
ainsi que les références des pièces, justificatives qu'il doit conserver.

II- Les obligations en cas de perte du statut d’entreprenant

Lorsque l’entreprenant perd son statut suite au dépassement du seuil du chiffre d'affaires
fixé par la loi, il perd aussi le bénéfice de la législation spéciale issue de l’Acte uniforme.

Il est tenu dès le premier jour de l’année suivant celle du dépassement et avant la fin du
premier trimestre de cette année de se conformer aux textes régissant ses activités en qualité
d’entrepreneur individuel.
Ainsi s’il s’agit d'une activité commerciale, il doit se conformer aux obligations des
commerçants en procédant notamment à son immatriculation au registre du commerce et
du crédit mobilier.

Sous-chapitre 2- Le commerçant

Un principe domine l'exercice de l'activité commerciale : c'est celui de la liberté du


commerce et de l'industrie.

À L’origine, ce principe a été consacré en France, non pas par la déclaration des droits de
l‘homme et du citoyen de 1789, mais par la loi des 2 et 17 mars 1791 qui prescrivait qu’ «
il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier
qu’elle trouvera bon. »

La question s'était alors posée de savoir sur quel fondement juridique l'application de ce
principe se justifiait en Côte d'Ivoire. La Côte d’Ivoire avait proclamé son attachement à la
déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et à la déclaration universelle des
droits de l'homme de 1948, mais ces déclarations ne formulaient pas le principe de la liberté
du commerce et de l'industrie de façon expresse.

Aussi, certains auteurs comme le doyen Degni Segui ont-ils estimé qu'un certain nombre de
principes du droit public métropolitain, telle la liberté du commerce et de l‘industrie, sont
passés dans le patrimoine législatif et réglementaire de la Côte d'Ivoire. Par conséquent rien
ne s'oppose à ce que la loi des 2 et 17 mars 1791 s'applique en Côte d'Ivoire et qu'on puisse
la considérer comme le fondement textuel du principe de la liberté du commerce et de
l'industrie.

Mais de sérieuses réserves ont été émises par le professeur Assi Bénié dans sa thèse portant
sur la liberté du commerce et de l'industrie en Côte d'Ivoire. Selon lui, en vertu du principe
de la spécialité législative, on aurait dû rendre le texte applicable dans les territoires d'Outre-
Mer. Ce qui n'a jamais été fait. Par conséquent, il est difficile de soutenir que la loi des 2 et
17 mars 1791 est entrée dans l'ordre juridique ivoirien.

Il a fallu, selon lui, avoir recours à la jurisprudence notamment à une décision du Conseil
d'État en date du 20 décembre 1935 (Société des établissements Vezia R.D.P.1936 p.126)
qui a consacré un principe général de la liberté du commerce et de l'industrie pour soutenir
que ce principe s'applique dans les colonies même en l'absence de toute promulgation de la
loi de 1791.

En France, le Conseil constitutionnel a fini par décider, en 1982, que ce principe a une
valeur constitutionnelle qui s’enracine en tant qu’attribut de la liberté dans la déclaration de
1789 (C.C. 16 janvier 1982 Rev. Soc. 1982, P. 132).

Rien ne s’oppose à ce qu’en Côte d’Ivoire les mêmes motifs de décision existent puisqu'il
s'agit des mêmes textes de référence, la Côte d’Ivoire ayant, au, demeurant, proclamé son
attachement à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
Ce principe est donc applicable en Côte d'Ivoire et l'acte uniforme le consacre en ce qu’il
ne soumet l‘exercice de l'activité commerciale à aucune autorisation ni restriction
particulière.

Sa vocation est d‘ailleurs de consacrer la libéralisation afin de favoriser l'intégration


économique des États partis au traité OHADA.

Le corollaire de ce principe est le libre accès et la libre exploitation de l'activité


commerciale.

Ainsi, en Côte d'Ivoire, il n'existe pas de procédure générale d'agrément de l'activité


commerciale. Toute exploitation non expressément défendue est admise.

Sans doute aux termes de l'article 1er du décret N° 97-175 du 19 mars 1997 portant
institution de la carte de commerçant, « L’exercice de toute profession commerciale en Côte
d'Ivoire est subordonné à la détention d’une carte de commerçant délivrée par le Ministre
chargé du commerce. »

Ce texte semble subordonner l'accès à la profession commerciale à la détention d'une carte


de commerçant.

Mais ce texte, qui est un décret n'a pas pu avoir pour objet d'apporter une restriction au
principe de la liberté du commerce et de l'industrie qui a une valeur constitutionnelle. Il
s'agit tout simplement d'une disposition par laquelle l'administration entendait assurer un
contrôle de l'activité commerciale sur le territoire ivoirien en vue de l'assainissement de ce
secteur.

La valeur légale de ce principe de la liberté du commerce et de l‘industrie se manifeste par


les deux règles suivantes :

- Seule une loi peut interdire l'exercice d'une activité commerciale ou d'une industrie. Un
décret ou un arrêté ne peut, en prétextant assurer la police du commerce, interdire l'exercice
d'une activité commerciale.

- En cas d'interdiction légale, l'exploitant qui en est victime par la fermeture de son
établissement a droit à une indemnité pour le préjudice subi, si l'interdiction ne se justifie
pas par un motif d'ordre public.

En dépit du principe de la liberté du commerce et de l'industrie, il ne faut pas perdre de vue


que l'exercice de la profession commerciale comporte des dangers aussi bien pour celui qui
se livre au commerce que pour le public.

C'est pourquoi, non seulement, il a été édicté des conditions d'exercice de la profession,
mais aussi certaines obligations ont été mises à la charge des commerçants.

Section 1- Les conditions d’exercice de la profession commerciale


Certaines conditions sont relatives à l’accès à la profession commerciale, d'autres à la
capacité d'exercice de l’activité et d'autres, à la moralité.

I- L’accès à la profession commerciale

Aux termes des dispositions de l'article 2 de l'acte uniforme relatif au droit commercial
général, "Est commerçant celui qui fait de l'accomplissement d'actes de commerce par
nature sa profession“.

De cette définition, on a relevé que pour accéder à cette profession de commerçant, il faut
remplir les conditions suivantes :

- accomplir des actes de commerce par nature ;


- accomplir ces actes à titre de profession ;
- exercer la profession à titre indépendant.

Il convient de relever que la femme mariée était soumise à un régime particulier. Quant à la
profession commerciale, elle doit être distinguée de l’activité artisanale.

A- L'accomplissement d'actes de commerce par nature

B- L'accomplissement d'actes de commerce à titre de profession

C- L'exercice de la profession commerciale à titre indépendant

D- L’accès de la femme mariée à la profession commerciale

1- Une profession séparée de celle du mari


2- Les pouvoirs de la femme

E- La qualité de commerçant et celle de l'artisan

II- Les conditions de capacité

Compte tenu des risques que comporte la profession commerciale, des règles spéciales
tendant à protéger les incapables qui se livreraient à l'exercice d'une telle activité ont été
édictées.

En effet, aux termes des dispositions de l'article 6 de l‘acte uniforme portant sur le droit
commercial général "Nul ne peut accomplir des actes de commerce à titre de profession, s'il
n'est juridiquement capable d'exercer le commerce“.

Cette disposition concerne les mineurs et les majeurs incapables.

A- Les mineurs
B- Les majeurs incapables

III- Les conditions de moralité

Elles concernent les incompatibilités, les interdictions et les déchéances qui ont été édictées
en vue de protéger les tiers contre certaines personnes à la moralité douteuse.

A- Les incompatibilités

B- Les déchéances et les interdictions

Section 2 : Les obligations des commerçants

Elles sont nombreuses et incombent aux commerçants en raison de leur qualité de


commerçant. Autrement dit, ces obligations ne constituent nullement une condition d’accès
à la profession commerciale.

Les personnes visées sont d’abord commerçantes et sont, ensuite, tenues de ces obligations.

Certaines de ces obligations sont d'ordre fiscal, d'autres d'ordre social. Mais les obligations
qui concernent l‘activité privée des commerçants sont au nombre de 3 :

- L'immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier ;


- Les obligations comptables ;
- La loyale concurrence.

I- L'obligation d'immatriculation

L'immatriculation se fait au registre du commerce et du crédit mobilier.


Ce registre est réglementé par les articles 34 et suivants de l'acte uniforme portant sur le
droit commercial général.

Il s'agit d'un registre tenu, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire et en l’état, au greffe du
Tribunal de commerce d'Abidjan pour les commerçants situés dans le ressort de compétence
territoriale de ladite juridiction et du tribunal de première instance et des sections détachées
pour les juridictions hors du ressort de compétence territoriale du Tribunal de commerce,
destiné à recevoir les demandes d’immatriculation des commerçants et des entreprises
commerciales, les déclarations d’activité des entreprenants établis dans le ressort du
tribunal, les inscriptions modificatives, les demandes de radiation et à mettre à la disposition
de ceux qui en font la demande, les informations sur l'état, la capacité des assujettis, mais
aussi l'objet des entreprises.

Les affaires étant basées sur le crédit, il est important que ceux qui veulent accorder leur
confiance aux commerçants et aux entrepreneurs puissent le faire à partir d'informations
fiables. Le RCCM permet en effet de satisfaire aux exigences de sécurité, de célérité, de
transparence et de loyauté nécessaires au développement des activités économiques.

A- L'organisation du registre du commerce et du crédit mobilier

1- Le registre du commerce et du crédit mobilier

a- L‘immatriculation
b- L'objet du registre du commerce et du crédit mobilier
c- Les mentions du registre du commerce et du crédit
d- La tenue des registres

2- Le fichier national

3- Le fichier régional

B- Les effets de l’inscription au registre du commerce et du crédit

1- La valeur probante de l'immatriculation


2- L'opposabilité des faits et actes inscrits

C- Sanctions de l'immatriculation

II- Les obligations comptables

Le commerçant doit tenir des livres de commerce et établir les états financiers de synthèse.

A- L’obligation de tenue des livres de commerce

1- Les livres à tenir

a- Les livres obligatoires


b- Les livres facultatifs

2- Les règles de tenue des livres de commerce et sanctions

a- Les règles de tenue des livres


b- Sanctions de la tenue des livres de commerce
3- La valeur probante des documents comptables

a- Preuve contre le commerçant


b- Preuve au profit du commerçant
c- La représentation des livres de commerce en justice

III- L'obligation de loyale concurrence


En régime d'économie libérale, la concurrence constitue la loi du commerce en ce qu'elle
est le corollaire du principe de la liberté du commerce et de l'industrie.

Il est, en effet, sain que les commerçants se fassent concurrence pour s'attirer de la clientèle,
car cela permet au marché d'accueillir de meilleurs produits à des prix compétitifs.

Toutefois, la concurrence doit être loyale faute de quoi des sanctions pourraient être prises
à l'encontre de l’auteur de la concurrence déloyale.

A- Les manifestations de la concurrence déloyale

B- La protection contre la concurrence

1- L'action en concurrence déloyale

2- La protection conventionnelle contre la concurrence

a- Les clauses de non concurrence


b- Les clauses de non-rétablissement
c- Les conventions d'exclusivité

Section 3- Le bail à usage professionnel

Sous l'empire de l'Acte uniforme antérieurement applicable, on parlait de bail commercial


alors même qu’à cette époque déjà, ce contrat de bail dit commercial pouvait être conclu
par les artisans et par tout professionnel, non commerçant. Aussi, pour rester conforme à la
réalité pratique, s'agit-il, désormais, de bail à usage professionnel.

Le bail à usage professionnel est réglementé par les articles 101 et suivants de l'Acte
uniforme portant sur le droit commercial. À quelles conditions se conclut-il et quelles sont
les obligations qui en découlent ?

I- Conclusion du contrat de bail à usage professionnel

Le contrat de bail à usage professionnel peut être conclu par écrit ou verbalement. Aux
termes des dispositions de l’article 103 de l'Acte uniforme portant sur le droit commercial, «
Est réputé (c’est donc une présomption) bail à usage professionnel toute convention,
écrite ou non, entre une personne investie par la loi ou une convention du droit de donner
en location tout ou partie d'un immeuble compris dans le champ d'application du présent
titre (bail à usage professionnel) et une autre personne physique ou morale, permettant
à celle-ci, le preneur, d’exercer dans les lieux avec l’accord de celle-là, le bailleur, une
activité commerciale, industrielle, artisanale ou toute, autre activité professionnelle. »

Quels sont les immeubles qui entrent dans le champ d’application de l’Acte uniforme ?
Il s'agit des locaux ou immeubles à usage commercial, industriel artisanal ou à tout autre
usage professionnel.

Les locaux accessoires dépendants des locaux ou immeubles susvisés sont soumis au même
régime. Mais lorsque ces locaux accessoires appartiennent à des propriétaires différents, il
faut que la location ait été faite en vue de l'utilisation jointe que leur destinait le preneur et
que cette destination ait été connue du bailleur au moment de la conclusion du bail.

Les terrains nus sur lesquels ont été édifiés, avant ou après la conclusion du bail, des
constructions à usage industriel, commercial, artisanal ou à tout autre usage professionnel
à condition que ces constructions aient été élevées ou exploitées avec le consentement
exprès du propriétaire ou portées à sa connaissance et expressément agréées par lui.

Ces dispositions sont également applicables aux personnes morales de droit public à
caractère industriel ou commercial et aux sociétés à capitaux publics, qu'elles agissent en
qualité de bailleur ou de preneur.

II- Durée et vie du contrat

En cours de contrat, des événements peuvent survenir qu’il convient d'identifier et résoudre
les problèmes qui peuvent y être liés.

A- Occupation par le preneur

B- La cession et la sous-location

III- Obligations des parties

S'agissant d’un contrat synallagmatique, des obligations pèsent sur le bailleur et sur le
preneur. Le bailleur doit permettre une jouissance paisible des lieux au preneur qui devra,
lui, payer les loyers et faire les réparations d’entretien qui lui incombent.

A- Obligations du bailleur

B- Obligations du preneur

IV- Le renouvellement du bail

Compte tenu de l'importance du droit au bail, l'Acte uniforme a affirmé la propriété


commerciale au profit des commerçants, des industriels, des artisans et de tout
professionnel, c'est-à-dire le droit qu'ils ont au renouvellement de leurs baux arrivés à
expiration, faute de quoi, ils ont droit à une indemnité d'éviction.

A- Le droit au renouvellement du bail


B- Les conséquences du refus de renouvellement du bail

V- Sanction de l’inexécution des obligations

Comme pour tout contrat synallagmatique, chacune des parties est tenue de l'exécution des
obligations mises à sa charge.

Faute de quoi l'autre partie pourra solliciter la résiliation du contrat de bail.


Il faut néanmoins respecter la procédure prévue par la loi.

Celle-ci commence toujours par une mise en demeure, par voie d'huissier ou par tout moyen
permettant d'en établir la réception effective par le destinataire, adressée à la partie
défaillante d'avoir à respecter les clauses et conditions du bail.

Cette mise en demeure doit, à peine de nullité, indiquer clairement les clauses et conditions
du bail non respectées et indiquer qu’à défaut d‘exécution dans un délai d’un mois, le juge
des référés sera saisi aux fins de résiliation et d’expulsion du preneur et de tous occupants
de son chef.

Le contrat de bail peut prévoir une clause résolutoire de plein droit. Dans un tel cas, une
fois la procédure de mise en demeure observée, le juge des référés ne fera que constater la
résiliation du contrat de bail.

Les créanciers inscrits doivent être informés de la demande aux fins de résiliation du contrat
de bail.

En tout état de cause, il convient de préciser, en ce qui est de la compétence des juridictions
en matière de contentieux relatifs aux baux à usage professionnel, les dispositions de
l'article 132 de l’Acte uniforme portant sur le droit commercial général aux termes desquels
: « Sauf convention contraire des parties, les contestations découlant de l’application des
dispositions du titre I du présent livre (bail à usage professionnel) sont portées à la
requête de la partie la plus diligente, sauf dispositions contraires du présent livre devant
la juridiction compétente, statuant à bref délai (référé) dans le ressort de laquelle sont
situés les locaux donnés à bail. »

Section 4- Le fonds de commerce

Il est réglementé par les articles 135 à 168 de l‘acte uniforme portant sur le droit commercial
général.

Aux termes des dispositions de l'article 135 "Le fonds de commerce est constitué par un
ensemble de moyens qui permettent au commerçant d'attirer et de conserver une
clientèle".

Tout commerçant possède un fonds, lequel constitue une propriété cessible et transmissible.
Quelle est la nature juridique du fonds de Commerce et comment est-il composé ?
Sous-section 1- Nature juridique et composition du fonds de commerce

I- Composition du fonds de commerce

Le fonds de commerce est composé d’éléments mobiliers, corporels et incorporels.


Certains de ces éléments font partie nécessairement de la composition du fonds de
commerce et peuvent être qualifiés d’éléments principaux, à côté desquels il y a les éléments
secondaires.

A- Les éléments principaux du fonds de commerce

1- La clientèle et l'achalandage
2- Le nom commercial et/ou l’enseigne

B- Les éléments secondaires du fonds de commerce

1- Les éléments corporels

a- Les meubles servant à l'exploitation


b- Les marchandises en stock

2- Les éléments incorporels

a- Le droit au bail
b- Les licences d'exploitation
c- Les droits de propriété industrielle et commerciale

C- L' élément le plus important du fonds de commerce

II- Nature juridique du fonds de commerce

Le fonds de commerce constitue une universalité, c‘est-à-dire un tout soumit à un régime


juridique distinct du régime applicable aux éléments qui le composent.

Ainsi, le fonds de commerce en tant qu'entité peut faire l'objet de conventions différentes
de celles qui porteraient sur chacun des éléments le composant.

Dans le même sens, on peut relever que la composition du fonds peut varier. Par ex. il peut
ne plus avoir de droit au bail en cours d'exploitation par suite de l'acquisition de l'immeuble
servant à l'exploitation par le commerçant. Et pourtant, le fonds va demeurer en tant
qu'entité.

Mais le fonds de commerce ne constitue pas un patrimoine d'affectation, c'est-à-dire que


dans le patrimoine du commerçant, on ne peut pas dire qu'il y a une masse de biens unis,
distincte du reste du patrimoine et affectés aux créanciers dont le titre se rattache à
l'exploitation communale.

Le fonds de commerce est un élément comme un autre du patrimoine du commerçant.

Le fonds de commerce ne comprend que des éléments mobiliers. Ainsi est-il lu-même un
meuble(C.A.A. 29 mars 1994 Rev. lv. de Sc. Jur. 1995 N°5 p.139) soumis aux règles
applicables aux biens meubles notamment en matière de régime matrimonial ou de
succession.

Il s'agit d'un meuble incorporel, car la propriété du fonds de commerce est, en réalité, qu'un
droit de clientèle.

Sous-section 2- Les opérations juridiques sur le fonds de commerce

Les principales opérations juridiques pouvant porter sur le fonds de commerce sont :
- sa mise en location-gérance,
- sa cession,
- son nantissement.

I- La location-gérance du fonds de commerce

Généralement, le fonds de commerce est exploité par son propriétaire, commerçant ou


entreprenant, mais il peut en être autrement dans plusieurs hypothèses parmi lesquelles il y
a la gérance du fonds.

En effet, le propriétaire peut confier son fonds à un gérant salarié avec qui il est lié par un
contrat de travail. Certes, ce salarié dispose d'un certain pouvoir de représentation en ce
qu'il peut conclure des contrats pour le compte de son employeur, mais seul le propriétaire
est commerçant.

Le propriétaire peut aussi donner son fonds en location-gérance ou gérance libre.

Aux termes des dispositions de l'article 138 alinéa 3 de l'acte uniforme relatif au droit
commercial général, "La location-gérance est une convention par laquelle le propriétaire
du fonds de commerce, personne physique ou morale, en concède la location, en qualité
de bailleur à une personne physique ou morale, locataire-gérant, qui l'exploite à ses
risques et périls. L'entreprenant ne peut être partie à un contrat de location-gérance."

En la matière, il y a séparation de la propriété du fonds et son exploitation.


Le gérant libre exploite donc le fonds pour son compte à ses risques et périls moyennant
paiement d'un loyer ou d'une redevance souvent indexée sur le chiffre d'affaires.

Le locataire-gérant à la qualité de commerçant.


La location-gérance du fonds de commerce est réglementée par les articles 138 à 146 de
l'acte uniforme portant sur le droit commercial général.

A- Les conditions de la location-gérance

1- Conditions exigées du bail


2- Conditions exigées du locataire-gérant

B- La publicité du contrat de location-gérance

C- Les effets de la location-gérance

1- Les effets à l'égard des parties


2- Les effets à l'égard des tiers

II- La cession du fonds de commerce

Elle est réglementée par les articles 147 à 168 de l‘acte uniforme relatif au droit commercial
général.

La cession d'un fonds de commerce constitue-t-elle un acte de commerce ?


Il faut répondre à cette interrogation par l'affirmative. Quel est le fondement de cette
commercialité ?

Pour la Cour de cassation, il faut faire application de la théorie de la commercialité par


accessoire. Ainsi, il y a acte de commerce si le fonds est vendu par le commerçant qui
l'exploite à un autre commerçant en vue de son exploitation.

En effet, la vente du fonds de commerce n'étant pas prévue dans l'énumération des actes de
commerce par nature, il faut y voir un acte de commerce par application de la théorie de
l'accessoire puisque toute vente d'un fonds suppose nécessairement avoir été faite en vue de
son exploitation.

La cession du fonds de commerce est soumise aux règles de droit commun régissant la
vente. Mais l'importance économique du fonds de commerce a justifié une réglementation
issue de l'acte uniforme et de certains textes relatifs à l'exercice de certaines activités
commerciales.

A- Les conditions de cession du fonds de commerce

1- Les conditions tenant aux parties au contrat

2- Conditions tenant au fonds vendu et à son prix

3- Conditions tenant à la forme et à la publicité de la vente

a- forme de la vente
b- Publicité de la vente
b.1- Les modalités de la publicité
b.2- Les effets de la publicité

B- Effets de la cession du fonds de commerce

1- Obligations à la charge du vendeur

a- L'obligation de délivrance
b- L'obligation de garantie
2- Obligations à la charge de l'acheteur

3- Les garanties du vendeur de fonds de commerce

a- Le privilège du vendeur de fonds de commerce


b- L'action résolutoire

III- Le nantissement du fonds de commerce

Pour permettre à l'exploitant d'un fonds de commerce d'obtenir des fonds pour poursuivre
ou étendre son exploitation, les articles 162 et suivants de l‘acte uniforme portant
organisation des sûretés ont prévu la possibilité de l'affecter en garantie par voie de
nantissement.

Il s'agit d'une garantie offerte par l'exploitant à ses créanciers.


Un tel nantissement est d'ordre conventionnel.

À côté de ce nantissement conventionnel, l’art icle 164 a prévu la possibilité pour le juge
d'autoriser un créancier à prendre pour sûreté de sa créance une inscription de nantissement
sur un fonds de commerce. C'est le nantissement judiciaire.

Qu’il soit conventionnel ou judiciaire, le nantissement n’est opposable aux tiers qu’une fois
inscrite au RCCM.

A- Le nantissement conventionnel

1- La constitution du nantissement
2- Les droits du créancier nanti

B- Le nantissement judiciaire

Chapitre 3 : La vente commerciale

La vente commerciale peut être définie comme la convention par laquelle deux
commerçants, personnes physiques ou morales s’obligent l'un à livrer des marchandises et
l’autre à en payer le prix.
Elle est régie par les articles 234 et suivants de l'acte uniforme portant sur le droit
commercial général et par les règles de droit commun régissant la vente qui ne sont pas
contraires à l’Acte uniforme. Les dispositions régissant la vente commerciale régissent aussi
les contrats de fourniture de marchandises destinées à des activités de fabrication ou de
production.

La vente commerciale est celle qui a lieu entre commerçants. Ce faisant ne constitue pas
une vente commerciale celle faite aux consommateurs. Le consommateur étant celui qui
agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre de son activité professionnelle. Il y a dans ce
cas, achat pour un usage personnel, familial ou domestique.

De même ne constituent pas des ventes commerciales les ventes sur saisie, par autorité de
justice et les ventes aux enchères. Ainsi, les dispositions relatives à la vente commerciale
ne régissent pas de telles opérations.

Par ailleurs, les dispositions relatives à la vente commerciale ne régissent pas certaines
ventes soit parce que la réglementation résulte d’un texte particulier, soit en raison de la
particularité de la marchandise. Ainsi, en est-il des ventes de valeurs mobilières, d'effets de
commerce, de monnaies ou devises, les cessions de créances, les ventes de navires, de
bateaux, d'aéroglisseurs, d'aéronefs et d’électricité.

Enfin, lorsque la part prépondérante de celui qui fournit les marchandises consiste en une
fourniture de main d'œuvre ou de services, ce texte ne s’applique pas.
Comment se forme un tel contrat et quels en sont les effets ?

Section 1- La formation du contrat de vente commerciale


Le contrat de vente commerciale n’est soumis à aucun formalisme. Il peut être verbal ou
écrit. Il se prouve par tous moyens.

Comme pour tout contrat, la formation du contrat de vente commerciale nécessite la


rencontre des consentements des parties contractantes.

Il s’agit soit de la rencontre de l’offre et de l’acceptation, soit d'un comportement des parties
qui indique suffisamment leur accord. Consentements qui doivent être exempts de vices que
sont le dol, l’erreur et la violence.

Il convient de noter que le contrat peut être valablement conclu si les parties renvoient la
détermination d‘une clause à un accord ultérieur ou à la décision d'un tiers. Même à défaut
d’accord des parties sur cette clause ou en l’absence de décision du tiers, le contrat n’est
pas compromis dès lors que la clause est déterminable.

I- L’offre ou pollicitation

L’offre est la proposition ferme pure et simple de conclure un contrat déterminé à des
conditions déterminées.
L'offre doit être suffisamment précise parce que la seule acceptation doit suffire à former le
contrat de vente. La proposition doit donc traduire la volonté de son auteur d'être lié, en cas
d’acceptation. Ce faisant, elle doit indiquer les éléments essentiels du contrat de vente, c'est-
à-dire ceux sans lesquels il serait impossible de déterminer le type de convention envisagée.

Aux termes des dispositions de l’article 241 alinéa 2 de l'A.U. portant sur le droit
commercial général : « Une offre est suffisamment précise lorsqu'elle désigne les
marchandises, et, expressément ou implicitement, fixe la quantité et le prix ou donne les
indications permettant de les déterminer. »

L’offre doit être distinguée de l’invitation à entrer en pourparlers qui est une proposition
qui vise sérieusement à instaurer une négociation d'où naîtra peut-être un contrat (il en va
ainsi par exemple des contrats qui sont conclus intuitu-personae).
De même, une offre véritable ne doit pas être assortie de réserves, car elle pourrait s'analyser
en une invitation à entrer en pourparlers sauf lorsque l'offre est faite dans la limite des stocks
disponibles.

Comment l'offre se manifeste-t-elle et quelle est sa valeur juridique ?

A- Manifestation de l'offre

B- Valeur juridique de l’offre

II- L'acceptation

Il s’agit de toute déclaration ou de tout autre comportement du destinataire de l'offre


indiquant qu’il acquiesce à l’offre. Cette acceptation doit être conforme à l’offre, c’est-à-
dire pure et simple, et donc, non assortie de réserves.

En cas d’acceptation avec réserves, c’est-à-dire celle contenant des additions, des
limitations ou autres modifications altérant substantiellement les termes de l’offre, il y aura
refus de l’offre assortie de contre-proposition. S'il n’y a pas altération substantielle des
termes de l’offre, il s’agira d’une acceptation sauf désaccord de l'auteur de l’offre. Comment
se manifeste cette acceptation et à quelles conditions forme-t-elle le contrat ?

A- Manifestation de l'acceptation

B- Les conditions auxquelles l’acceptation forme le contrat

Section 2- Les effets du contrat de vente commerciale

Les effets du contrat concernent d’une part le transfert de propriété des marchandises,
d’autre part les obligations à la charge des parties contractantes.
I- Le transfert de propriété des marchandises

Le transfert de propriété des marchandises entraîne transfert des risques. Quelles sont les
modalités de ce transfert de propriété ?

A- Modalités du transfert de propriété

B- Le transfert des risques

II- Les obligations à la charge des parties contractantes

S’agissant d’un contrat synallagmatique, il y a des obligations aussi bien à la charge du


vendeur qu’à la charge de l'acheteur.

A- Les obligations à la charge du vendeur

1- L'obligation de livraison
a- Le lieu de livraison
b- La date de livraison
c- Modalités de la livraison
2- L’obligation de conformité
3- Les obligation de garantie

B- Les obligations à la charge de l’acheteur

1- L'obligation de paiement du prix


2- L’obligation de prise de livraison

Section 3- Sanctions de l’inexécution des obligations

En cas d’inexécution, d’exécution partielle ou de mauvaise exécution des obligations


contractuelles, les parties peuvent opter pour la rupture du contrat de vente ou opposer
l’exception d’inexécution.

En cas de préjudice causé par l’inexécution ou la mauvaise exécution, la victime peut mettre
en œuvre la responsabilité de l'autre partie et solliciter des dommages et intérêts.

I- La rupture du contrat de vente

Elle est prévue par les dispositions de l’article 281 de l'Acte uniforme portant sur le droit
commercial général. Elle peut résulter d’une décision de justice ou d'une décision
unilatérale de l'une ou de l'autre partie au contrat.

A- La rupture judiciaire du contrat


B- La rupture unilatérale du contrat de vente

II- L’exception d’inexécution

En principe dans les contrats synallagmatiques, les prestations promises par les contractants
doivent être exécutées comme prévu au contrat.

Ainsi, l’acheteur doit payer le prix en même temps qu'il prend livraison des marchandises.

Il en résulte que si l’un des contractants réclame l’exécution de ce qui lui est dû sans pourtant
payer ce qu'il doit, l’autre contractant peut refuser d’exécuter sa propre prestation en lui
opposant l'exception d’inexécution ou l’exceptio non adimpleti contractus.

Tel est le droit commun applicable. En la matière celui qui invoque l'exception
d'inexécution le fait sans décision préalable du juge. Ainsi, apparaît-elle comme une voie
de justice privée.

Mais l'acte uniforme a prévu que cette exception d’inexécution puisse être invoquée par
anticipation, sur la seule vraisemblance.

En effet aux termes des dispositions de l’article 282 de l’Acte uniforme portant sur le droit
commercial général, « Si le vendeur ne paraît pas en mesure d’exécuter dans les délais
convenus l’intégralité de son obligation de livraison des marchandises en raison d'une
insuffisance de ses capacités de fabrication ou d’une inadaptation de ses moyens de
production, l'acheteur peut obtenir de la juridiction compétente, statuant à bref délai,
l’autorisation de différer l’exécution de son obligation de payer... »

Pour éviter les abus toujours possibles, la mise en œuvre de cette exception d’inexécution
est subordonnée à une décision de justice. Les tribunaux peuvent même assortir leur
autorisation de l'obligation de consigner tout ou partie du prix de vente.

Cette possibilité est aussi offerte au vendeur. Ainsi aux termes des dispositions de l’article
285 de l’Acte uniforme portant sur le droit commercial général, « Si l’acheteur ne paraît
pas en mesure de payer l'intégralité du prix en raison de son insolvabilité ou de la
cessation de ses paiements ou encore de ses retards dans les échéances convenues, le
vendeur peut obtenir de la juridiction compétente, statuant à bref délai, l’autorisation de
différer l'exécution de ses obligations de livraison...».

Cette procédure intervient dans les mêmes conditions que celle offerte à l’acheteur.

III- Les dommages et intérêts résultant de l'inexécution

Les dommages et intérêts dus correspondent, non seulement, à la perte subie, mais
également au gain manqué.
Ainsi en cas de retard dans la livraison des marchandises, ou de livraison de marchandises
non conformes, l'acheteur peut réclamer des dommages et intérêts au vendeur qui a obtenu
des délais supplémentaires d'exécution de ses obligations et qui ne les a pas respectés.

Il en va de même du vendeur qui peut réclamer des dommages et intérêts s’il a accordé un
délai supplémentaire d'exécution à l'acheteur et que l'obligation n’a pas été exécutée pendant
cette période.

Il importe cependant que celui qui invoque l'inexécution pour réclamer des dommages et
intérêts prenne toutes les mesures raisonnables pour atténuer et sa perte et le gain qu’il
manque.

Faute de quoi la partie poursuivie peut se prévaloir de sa négligence pour obtenir réduction
des dommages et intérêts jusqu’à concurrence de ce qui aurait pu être évité.

En cas de retard dans le paiement de sommes d’argent, celui à qui ces sommes sont dues a
droit, non seulement, à des intérêts calculés au taux légal dès mise en demeure, mais
également à des dommages et intérêts pour le préjudice que ce retard de paiement lui cause.

L' obligation à la charge des parties est de résultat. C’est pourquoi pour pouvoir s'exonérer
de sa responsabilité afin de ne pas avoir à payer des dommages et intérêts, la partie
poursuivie doit prouver que l’inexécution est due à un empêchement indépendant de sa
volonté, tel que notamment le fait d'un tiers ou un cas de force majeure.

Deuxième partie : Les sociétés commerciales

Elles sont réglementées, spécifiquement, par l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d'intérêt économique qui, dans son article 1er, détermine
son champ d’application ainsi qu'il suit : "Toute société commerciale, y compris celle dans
laquelle un Etat ou une personne morale de droit public est associé, dont le siège social est
situé sur le territoire de l'un des Etats parties au traité relatif à l’harmonisation du droit des
affaires en Afrique... est soumise aux dispositions du présent acte uniforme".

Il résulte de ce qui précède qu'en dehors des sociétés commerciales constituées par des
personnes privées, cet acte uniforme régit également :

- Les sociétés d'État réglementées, en Côte d'Ivoire, par la loi n° 97-519 du 4 septembre
1997 portant définition et organisation des sociétés d'État ; aux termes de l'article 4 alinéa
1er de cette loi, "la société d'État est une personne morale de droit privé commerciale par
sa forme" ; ainsi aux termes de l'article 3 al. 2 de cette loi, "... La société d'État est régie par
les dispositions législatives et réglementaires applicables aux sociétés commerciales en ce
que ces dispositions ne sont pas contraires à la loi N° 97-519".

Précisons que la société d'État est celle dont le capital est entièrement constitué par des
participations de l'État, et, le cas échéant, d'une ou plusieurs personnes morales de droit
public ivoiriennes.
- Les sociétés à participation financière publique réglementées, en Côte d'Ivoire, par la loi
N° 97-520 du 4 septembre 1997 qui sont obligatoirement des sociétés anonymes régies
également par les dispositions d'ordre général, applicables aux sociétés commerciales.

Précisons que, au sens de la loi n° 97-520, "une société à participation financière publique
est une société commerciale dont le capital est partiellement et directement détenu par l'État,
une personne morale de droit public ou une société d'État ;

Est également considérée comme société à participation financière publique toute société
dont la majorité du capital est détenue par une société à participation financière publique
majoritaire”.

- Les sociétés d’assurance régies par le code CIMA ;

- Les banques régies par la loi bancaire.

Sur cette question de l‘application de l’acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales et du groupement d'intérêt économique, l’avis de la Cour Commune de justice
et d'arbitrage a été sollicité par la République de Côte d'Ivoire par lettre en date du 11
octobre 2001.

La question était ainsi libellée : l’article 916 alinéa 1er dispose que le présent acte uniforme
n'abroge pas les dispositions législatives auxquelles sont assujetties les sociétés soumises à
un régime particulier : cette disposition signifie-t-elle que les sociétés autrefois soumises à
un régime particulier (sociétés d'état ou nationales, sociétés d'économie mixte, coopératives,
mutuelles, sociétés de banques, d’assurance) restent soumises, d’une part au droit commun
porté par l’acte uniforme sur les sociétés commerciales et, d'autre part, par les règles
particulières et/ou dérogatoires du régime particulier ?

Voici l'avis de la CCJA : « Les dispositions de l’acte uniforme... étant d’ordre public, et
s'appliquant à toutes les sociétés commerciales à raison de leur forme et quel que soit leur
objet, régissent les sociétés soumises à un régime particulier entrant dans le cadre juridique
ainsi défini toutefois, à l’égard de ces sociétés, l’article 916 alinéa 1 laisse également
subsister les dispositions législatives spécifiques auxquelles lesdites sociétés sont soumises.
»

Qu’est-ce, donc qu’une disposition législative spécifique ?

Aucune indication n’a été fournie, ni par l’acte uniforme, ni par la CCJA. D'où la difficulté
qu’il y a à trouver une réponse définitive et satisfaisante à cette question.

Ainsi, pour certains auteurs, « l’A.U. constitue le droit commun ; les régimes particuliers
ne s’appliquent que dans la mesure où ils ne sont pas contraires à L'acte uniforme.» (
commentateurs de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du GIE, in
OHADA traités et actes uniformes commentés, Juriscope 2002).
Une telle approche est hautement contestable et contraire à l'avis de la CCJA. En effet, si
les régimes particuliers ne s'appliquent que dans la mesure où ils ne sont pas contraires à
l'acte uniforme, c’est-à-dire dans la mesure où ils sont conformes audit acte, alors les
dispositions législatives spécifiques ne pourraient jamais s'appliquer, car, à la vérité, ils ne
sont spécifiques que parce que dérogatoires au régime de droit commun porté par l’acte
uniforme.

Au demeurant, en analysant l’alinéa 2 de l’article 916, on se rend compte que ne seront


mises en harmonie que les clauses des statuts de ces sociétés, contraires aux dispositions de
l’A.U et non prévues par le régime particulier desdites sociétés.

Il en résulte que même contraires, elles demeurent applicables dès lors qu’elles expriment
le statut particulier de ces sociétés. On pourrait donc penser que la disposition législative
spécifique est celle qui n'a pas été prévue par l'AU, ou du moins qui ressort du seul texte de
loi réglementant la société à statut particulier.

Il convient d’indiquer que, dans un avis sollicité par, la République du Sénégal, par requête
en date du 6 décembre 1999, la CCJA lavait laissé subsister une ambiguïté au sujet des
dispositions législatives, régissant les sociétés à statut particulier qui subsistent. En effet, en
sa séance du 26 avril 2000, elle émet l'avis suivant : « ... Les seules dérogations admises
sont celles prévues par l'Acte uniforme lui-même qui renvoie à cet égard aux dispositions
législatives nationales auxquelles lesdites sociétés sont soumises. »

Si cet avis avait été maintenu, il y aurait eu quelques difficultés à l’application des actes
uniformes aux sociétés à statut particulier, dès lors que cet avis semble dire que toutes les
dispositions nationales avaient vocation à s’appliquer.

En tout état de cause, la Cour précise qu’il s'agit des commerciales à raison de leur forme
et quel que soit leur objet. Ce qui exclut les associations, les mutuelles, les coopératives,
etc.

Or, nous savons que les sociétés à participation financière publique sont des sociétés
anonymes. De même, les sociétés d'État sont des personnes morales de droit privé,
commerciales par leur forme.

Il en va de même des banques et des compagnies assurances (en dehors des mutuelles) qui
ne peuvent être constituées que sous forme de société anonyme.

Les dispositions de l'article 916 alinéa 1er permettent de concilier les dispositions de l'article
3 al.1 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales avec l'existence des
sociétés commerciales à statut particulier.

En effet, aux termes des dispositions de l’article 3 alinéa susvisé : "Toutes personnes, quelle
que soit leur nationalité, désirant exercer en société, une activité commerciale sur le
territoire de l'un, des États parties, doivent choisir l'une des formes de société qui convient
à l'activité envisagée, parmi celles prévues par le présent acte uniforme".
Il en résulte que les sociétés à régime particulier sont tout à fait régulières dès lors que les
dispositions légales les régissant ne sont pas abrogées par l'acte uniforme. Au demeurant,
aux termes des dispositions de l’article 21 de L‘Acte uniforme, « Lorsque l’activité exercée
par la société est réglementée, la société doit se conformer aux règles particulières
auxquelles ladite activité est soumise. »

Cette autre disposition prouve, à l'évidence, que d’autres textes de loi peuvent s'appliquer
aux sociétés commerciales et à leurs activités en marge de l’Acte uniforme.

Le regroupement des personnes en société s’est, depuis toujours, justifié par les raisons
suivantes :

1- On considérait que les ressources d'un individu étaient insuffisantes pour entreprendre
une activité présentant une certaine envergure. Le regroupement devrait donc permettre de
réunir des moyens matériels et financiers plus importants de même que des compétences
variées et complémentaires.

Par ailleurs, disait-on, la société permet d'obtenir des crédits puisqu'elle constitue un
élément de garantie suffisant.

2- Au plan de la responsabilité, la société ayant un patrimoine propre permet de supporter


plus efficacement les difficultés inhérentes à l'exploitation de l'activité commerciale, alors
que s'agissant du commerçant personne physique, en l‘absence d'un patrimoine
d'affectation, il a une responsabilité indéfinie et exclusive sur tous ses biens.

3- La société a, en principe, une durée de vie plus longue que celle du commerçant personne
physique. Ce qui permet des expansions importantes dans l'espace.

4- La société garantit mieux les droits des tiers avec qui elle est appelée à entrer en relation,
car, non seulement, relativement à son existence, une publicité est organisée mais en plus,
elle doit se soumettre à des règles de fonctionnement qui prennent en compte les intérêts de
ceux-ci, à savoir l'exigence d'un capital social minimum, l'établissement des comptes à la
fin de chaque exercice, la tenue d'assemblées générales, etc.

Aujourd'hui encore ces analyses se justifient. Cependant, il convient de nuancer le propos


s'agissant de la réunion des fonds et du patrimoine d'affectation. En effet, l'acte uniforme
relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique autorise
la constitution de sociétés commerciales par une seule personne.

Ce qui signifie que cette personne va affecter une partie de son patrimoine à l'exercice de
cette activité. Par ailleurs avec le souci de l'intégration et l'appel aux bailleurs de fonds
étrangers suffisamment nantis, il n'est plus nécessaire de se mettre à plusieurs pour affecter
des capitaux importants à l'exercice de l'activité commerciale.

Il y a plusieurs types de sociétés commerciales. En effet aux termes de l'article 6 de l'acte


uniforme, "Le caractère commercial d'une société est déterminé par sa forme ou par son
objet.
Sont commerciales à raison de leur forme et quel que soit leur objet, les sociétés en nom-
collectif, les sociétés en commandite simple les sociétés à responsabilité limitée et les
sociétés anonymes.

À côté de celles-ci, nous pouvons citer la société en participation conservée par l'acte
uniforme et la société de fait qui a été l'objet d'une réglementation.

Cette diversité dans la forme des sociétés répond à la diversité les situations qu'il est possible
de rencontrer, à savoir de petites entreprises familiales ou de grandes unités industrielles
qui peuvent emprunter l'une ou l'autre de ces formes. Les sociétés commerciales et les
groupements d’intérêt économique constitués avant l’entrée en vigueur de l’acte uniforme
ont disposé d’un délai de deux (2) ans pour mettre leurs statuts, en harmonie avec les
dispositions de l’acte uniforme.

Quant aux sociétés en commandite par actions supprimées par l'acte uniforme, elles
devaient, dans le même délai, se transformer en sociétés anonymes. Ce délai de deux (2)
ans commencé à courir du jour de l’entrée en vigueur de l'acte uniforme.

Or l'acte uniforme est entré en vigueur depuis le 1er janvier 1998. En conséquence, les
sociétés et les groupements avaient jusqu'au 31 décembre 1999 pour se conformer à la loi.

En quoi cette mise en conformité consiste-t-elle ?

Titre I- Les règles communes aux sociétés commerciales

Chapitre 1 : La notion de société commerciale

Section préliminaire : Définition et approche de la société commerciale


I- Définition

II- La société commerciale : un contrat ?

III- Approche nouvelle de la société commerciale

Section 1 : L'acte créateur de la société commerciale

I- Les conditions de validité de l'acte créateur de la société

A- Les conditions de fond

1- Le consentement
2- La capacité
3- L'objet et la cause

B- Les conditions de forme et de publicité


1- La nécessité de l'écrit
2- La publicité de la société

C- Le régime des sanctions de la constitution de la société

II- Les éléments spécifiques à la société commerciale

Ils sont au nombre de 3 :


- les apports ;
- la vocation aux bénéfices et aux pertes ;
- l'affectio societatis.

A- Les apports

1- La nécessité de faire l'apport


2- Les différents types d'apports
3- Le capital social

B- La vocation des associés aux bénéfices et aux pertes

1- La répartition des bénéfices et des pertes


2- L'interdiction des clauses léonines

C- L'affectio societatis

Section 2 : La personne morale résultant de l'acte créateur de la société

À l‘exception de la société en participation, de la société de fait et de la société créée de


fait, toutes les sociétés commerciales sont dotées de la personnalité morale, c'est-à-dire
qu'au plan juridique, l'acte créateur de la société donne naissance à un être juridique distinct
de la personne des associés. Cette personne morale à une vie marquée par la naissance, les
attributs de la personnalité.

I- Naissance de la personne morale

Jusqu'à l'acte uniforme relatif aux sociétés commerciales et au groupement d'intérêt


économique, en droit ivoirien, la personnalité morale naissait lors de la constitution de la
société et précisément dès la signature des statuts par les associes. Et cela, conformément à
l'article 1843 du Code civil aux termes duquel "la société commence à l'instant même du
contrat s'il ne désigne une autre époque."

Les formalités de publicité intervenaient donc après la naissance de la société dotée de la


personnalité morale contrairement à la solution française pour laquelle c'est
l'immatriculation qui confère la personnalité morale à la société.

La nature de cette personnalité morale avait été discutée en droit. Ce débat ne présente plus
qu'un intérêt historique. Il convient, cependant, de préciser que pour certains auteurs la
personnalité morale était une fiction juridique. En effet disaient-ils, les êtres humains sont
seuls des personnes. La personnalité morale ne serait donc qu'un mécanisme destiné à
donner aux groupements les droits reconnus aux personnes. Cette personnalité morale serait
ainsi concédée par la loi.

Pour d'autres, la personnalité des sociétés répondait à une réalité, car tout groupement
susceptible d'avoir une volonté propre ou, d'exercer une activité distincte est un sujet de
droit qui a une personnalité.

Ce fut le fameux débat entre la théorie de la réalité et la théorie de la fiction.

La théorie de la réalité avait été consacrée par la jurisprudence lorsqu'elle a affirmé que "la
personnalité civile n'est pas une création de la loi, elle appartient en principe à tout
groupement pourvu d'une possibilité d'expression collective pour la défense d'intérêts
licites, dignes par la suite d'être juridiquement reconnus et protégés. "

À la faveur de l'adoption des actes uniformes, la solution française a été reprise. En effet,
aux termes de l'article 98 de l'acte uniforme relatif aux sociétés commerciales ; "Toute
société jouit de la personnalité juridique à compter de son immatriculation au registre du
commerce et du crédit mobilier", à moins que le présent acte uniforme en décide autrement.
Est ainsi affirmée la théorie de la fiction.

Il ne faut pas oublier qu‘il y a une différence fondamentale entre la personnalité de la société
et celle des individus. La société n'a pas d'âme, elle ne connaît pas les sentiments affectifs,
elle est mue par le seul intérêt, elle n'a qu‘un but, la recherche de bénéfices.

D‘ailleurs alors que la personnalité juridique des hommes a une vocation générale, celle des
sociétés est soumise au principe de spécialité, c'est-à-dire qu'une société ne peut accomplir
que les activités commerciales pour lesquelles elle a été créée.

A- L'immatriculation de la société

B- Actes accomplis avant la naissance de la personne morale

II- Les attributs de la personne morale

Dire qu'une société à la personnalité morale signifie qu‘elle a des attributs comparables à
ceux des personnes physiques. La société commerciale a ainsi, en principe, le statut
juridique du commerçant, c'est-à-dire qu'elle a un nom, un domicile, un patrimoine, une
nationalité et la pleine capacité juridique.

A- Le nom

B- Le domicile

C- Le patrimoine
D- La nationalité de la société

E- La capacité juridique de la société

Chapitre 2 : Le fonctionnement de la société

Section 1 : L'organisation de la vie sociale

I- La gestion de la société

A- Les organes de gestion

B- Nature et étendue des pouvoirs des dirigeants

II- Les droits propres des associés

Les associés non gérants ont des droits propres résultant de l’acte créateur de la société ou
de l'acte uniforme qu'ils mettent en œuvre en cours de vie sociale à travers les décisions
qu'ils prennent au cours des assemblées générales ordinaires ou extraordinaires.

Ils ont ainsi le droit de nommer les organes dirigeants de la société et souvent celui de les
révoquer. Ils ont le droit d'ester en justice pour attaquer les actes irréguliers accomplis par
les organes sociaux.

Ils ont le droit de contrôler la gestion de la société. Ce faisant, ils ont le droit à l’information
relativement à cette gestion.

L‘acte uniforme a considérablement renforcé ce droit en instituant une procédure d'alerte


qui peut être mise en œuvre par les associés.

En effet, que ce soit dans les sociétés anonymes ou dans les autres types de société, associés
ou actionnaires ont le droit, deux fois par exercice de poser des questions écrites aux
dirigeants sur tout fait de nature à compromettre la continuité de l'exploitation.

Cette procédure constitue une innovation fondamentale dans le droit des affaires par son
ampleur et son audace.

Audacieuse, car le plus petit des actionnaires pourra se permettre d'user de cette procédure
en écrivant au P.D.G d'une entreprise pour l‘interroger sur un acte ou un fait de nature à
compromettre la continuité de l'exploitation, et celui-ci a l'obligation de lui répondre.

Grande ampleur, car cette procédure connue en droit français était réservée aux seuls
commissaires aux comptes, avec l‘acte uniforme, elle peut être mise en œuvre aussi bien
par les commissaires aux comptes que par les associés. L'acte uniforme tend ainsi à redonner
un contenu réel aux pouvoirs que les associés tiennent de la loi.
Dans le même sens, il a été institué la possibilité pour les associés de solliciter une expertise
de gestion. Celle-ci sera demandée au juge par un ou plusieurs associés représentant le
cinquième du capital social et portera sur une ou plusieurs opérations dont la conformité
avec l’intérêt général est douteuse. Les frais de cette expertise sont à la charge de la société.

Ils ont le droit aux bénéfices et plus généralement, ils ont le droit de participer à la vie de la
société à travers les Assemblées Générales qui statuent suivant des conditions de quorum et
de majorité selon le type de société et le type d’A.G.

En la matière, les décisions prises par la majorité doivent être conformes à l‘intérêt de la
société. De même, la minorité ne doit pas constituer un blocage au bon fonctionnement de
la société.

Faut de quoi, il y aurait abus de majorité ou de minorité pouvant engager la responsabilité


de leurs auteurs.

Ces notions ont été clairement définies par l'acte uniforme relatif aux sociétés
commerciales. En effet aux termes de son article 130 alinéa 2 : "il y a abus de majorité
lorsque les associés majoritaires ont voté une décision dans leur seul intérêt, contrairement
aux intérêts des associés minoritaires, et que cette décision ne puisse être justifiée par
l'intérêt de la société".

Quant à l'alinéa 2 de l'article 131, il dispose : "Il y a abus de minorité lorsque, en exerçant
leur vote, les associés minoritaires s'opposent à ce que des décisions soient prises, alors
qu'elles sont nécessitées par l'intérêt de la société et qu'ils ne peuvent justifier d'un intérêt
légitime."

Section 2 : L'exercice social

Il s'agit d‘une période d'une année au cours de laquelle la société doit être gérée au quotidien
et faire face à tous les problèmes qui peuvent se poser à elle, à l'issue de cette période, les
résultats financiers sont évalués. Cette période part du 1er janvier au 31 décembre de l'année
en cours.

Au cours de l'exercice, les statuts peuvent subir des modifications, de même qu’il peut
s‘effectuer des changements dans les personnes des associés. Par ailleurs, il faut affecter les
résultats de l'exercice et faire face aux charges fiscales.

I- Modifications des statuts

Elles ne sont permises que si elles n'accroissent pas les engagements des associés, à moins,
bien entendu, d'un accord de ceux-ci. Les conditions de modification varient suivant le type
de société.

II- Transmission des droits sociaux


Il s‘agit des changements dans les personnes des associés. En la matière, il faut distinguer
entre les sociétés par actions et les sociétés dont les titres sont représentés par des parts
sociales.

Dans les sociétés par actions, les droits sociaux représentés par des actions sont négociables
et donc librement transmissibles.

Dans les autres sociétés, la transmission des droits sociaux est soumise à des conditions plus
strictes, variant selon chaque société.

III- L'affectation des résultats

Elle relève des pouvoirs des associés après qu'ils aient approuvé les états financiers de
synthèse annuels. Ainsi, en cas de bénéfices, les associés peuvent décider de sa distribution
ou de sa mise en réserve après, bien entendu avoir constitué les dotations nécessaires à la
réserve légale et aux réserves statutaires.

IV- Les charges fiscales

Indépendamment des droits d'enregistrement acquittés lors de la constitution de la société,


doivent être payés en cours de vie sociale, la taxe sur la valeur ajoutée, l‘impôt sur les
bénéfices industriels et commerciaux, l'impôt sur le revenu des valeurs mobilières (en cas
de distribution de bénéfices).

Enfin, pour les sociétés de capitaux, en cas de dissolution, il faut acquitter un certain nombre
de charges fiscales liées à la liquidation.

Section 3- La dissolution des sociétés

Plusieurs raisons peuvent justifier la dissolution d'une société entraînant, en principe, la


disparition de la personne morale. Cette disparition n'est pourtant pas complète puisque la
personne morale survit pour les besoins de la liquidation.

I- Causes de dissolution de la société

Les causes communes de dissolution des sociétés commerciales sont d'ordre légal, d'ordre
statutaire, d'ordre volontaire et enfin d'ordre judiciaire.

A- La dissolution légale

B- La dissolution statutaire

C- La dissolution volontaire
D- Dissolution judiciaire

II- Effets de la dissolution

La dissolution doit faire l'objet d'un avis de publication dans un journal d'annonces légales.
Elle n'a d'effet à l‘égard des tiers qu'à compter de sa publication au registre du commerce et
du crédit mobilier.

Les effets varient selon qu'il s'agit d'une société pluripersonnelle ou d'une société
unipersonnelle.

A- À l'égard des sociétés pluripersonnelles

1- La liquidation
2- Les opérations de partage

B- À l'égard des sociétés unipersonnelles

Titre II- Les sociétés de personnes

Ce sont des sociétés dans lesquelles la considération de la personne ou intuitu personea est
déterminante. Ainsi, l'entrée dans ce type de société, n'est pas permise à n'importe qui.

Les sociétés de personnes réglementées par l'acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales sont au nombre de 4. Il s'agit de :

- La société en nom collectif ;


- La société en commandite simple ;
- La société en participation ;
- La société de fait.

La responsabilité des associés n'étant pas limitée dans ces sociétés, aucune d'entre elles ne
peut être unipersonnelle.

Chapitre 1 : La société en nom collectif (SNC)

Aux termes des dispositions de l'article 270 de l'acte uniforme, " la société en nom collectif
est celle dans laquelle tous les associés sont commerçants et répondent indéfiniment et
solidairement des dettes sociales".

La société en nom collectif est la société de personnes par excellence. Elle n'est constituée
qu'en considération de la personne des associés, c'est pourquoi tout événement qui affecte
la personne d'un des associés entraîne, en principe, la dissolution de la société.
Tous les associés ayant la qualité de commerçant, la capacité exigée pour être associé dans
une S.N.C est donc la capacité commerciale.

Enfin, chacun des associés est tenu solidairement et indéfiniment des dettes sociales, c'est-
à-dire que chaque associé est tenu de toutes les dettes de la société sur son patrimoine propre
au cas où celle-ci n'arrive pas à faire face à ses engagements vis-à-vis de ses créanciers.

Telles sont les caractéristiques de la société en nom collectif qu'on rencontre aussi bien lors
de sa constitution, de son fonctionnement, que de sa dissolution.

Section 1 : La constitution de la S.N.C

Il y a des conditions générales de constitution puis des conditions tenant au contrat de


société.

I- Conditions générales de constitution

Ce sont celles exigées dans la formation de tout contrat de société à savoir : le consentement,
la capacité, l'objectif et la cause de même que les conditions de forme et de publicité.

Mais, en la matière, il est interdit à deux époux d'être associés dans la même société en nom
collectif.

A- Le consentement

B- La capacité

C- L'objet et la cause

D- Les conditions de forme et de publicité

E- L'interdiction des sociétés entre époux

II- Conditions tenant au contrat de société

Elles sont relatives à la dénomination sociale, aux apports, à l'affectio sociétatis et à la


vocation aux bénéfices et aux pertes.

A- La dénomination sociale

B- Les rapports

C- L'affectio societatis

D- La vocation aux bénéfices et aux pertes


Section 2 : Le fonctionnement de la société en nom collectif

Il est relatif à la gérance et aux droits des associés.

I- La gérance de la société en nom collectif

En principe, tous les associés ayant pouvoir d'engager la société sont gérants. Chacun peut
donc faire tous les actes nécessaires à l’administration de la société. On dit que tous les
associés ont la signature sociale.

À la vérité, une telle gestion n'est pas du tout commode. Aussi, dans la pratique, désigne-t-
on un ou plusieurs gérants chargés d'administrer la société.

Comment sont désignés et révoqués les gérants ? Quelle est l'étendue de leurs pouvoirs
?

A- Désignation et révocation des gérants

1- Désignation des gérants


2- La révocation des gérants

B- Les pouvoirs des gérants

1- Pouvoir à l'égard des tiers


2- Pouvoirs vis-à-vis des autres associés

C- La responsabilité des gérants

II- Les droits des associés

A- Les droits liés à la gestion de la société

B- La préservation des intérêts en cas de cession des parts sociales

Section 3 : La dissolution de la société en nom collectif

En dehors des causes communes de dissolution à toutes les sociétés, il y a des causes
spéciales de dissolution des S.N.C touchant à l'intuitu personae.

Cependant, des clauses statutaires peuvent écarter la dissolution pour permettre la


continuation de la société.
I- Causes de dissolution de la S.N.C

Il faut distinguer la cause de dissolution tenant au décès d'un associé qui fait l'objet d'une
disposition particulière des autres causes de dissolution.

A- La dissolution tenant au décès d'un associé

1- La clause de continuation avec les associés survivants


2- La clause de continuation avec tous les héritiers
3- La clause de continuation avec certains héritiers

B- Les autres causes de dissolution

II- Effets de la dissolution

Il s'agit de liquider la société, c'est-à-dire de réaliser toutes les opérations destinées à régler
le passif de la société dissoute, à recouvrer et éventuellement à réaliser l'actif de la société,
enfin, à établir les comptes entre les associés.

En cas d'actif social supérieur au passif, le boni de liquidation sera partagé conformément
au pacte social ou proportionnellement aux apports.

En revanche, si le passif est supérieur à l'actif, les associés étant solidairement et


indéfiniment tenus des dettes sociales, chacun d'eux pourra être poursuivi pour régler la
totalité de ce passif, à charge pour lui de se retourner contre les autres, pour leur part
contributive.

Chapitre 2 : La société en commandite simple

C'est un type de société de personnes qui regroupe deux catégories d'associés : d'une part le
ou les commandites qui sont des commerçants tenus indéfiniment et solidairement des
dettes sociales comme le sont les associés d’une S.N.C. D'autre part, le ou les
commanditaires qui n'ont pas la qualité de commerçants et qui ne sont tenus des dettes
sociales que proportionnellement à leurs apports.

La commandite simple obéit aux règles générales qui gouvernent les sociétés de personnes
quant à sa constitution, à son fonctionnement et à sa dissolution.

Toutefois, des caractéristiques existent qui tiennent compte de la dualité d'associés


composant ladite sociétés.

Section 1 : La constitution de la société en commandite simple

La situation propre du commandité de “même que celle du commanditaire vont avoir des
conséquences au sujet de la capacité, de la dénomination sociale et des apports, c'est-à-dire
relativement au contrat de société ; quant aux règles de publicité, elles ne varient pas par
rapport à la S.N.C.

I- Le contrat de société

Les éléments de ce contrat ont les mêmes caractéristiques que ceux de la S.N.C a part
quelques particularités qu'il convient de relever.

A- Les parties au contrat

B- La dénomination sociale

C- Les rapport

D- La vocation aux bénéfices et aux pertes

II- La publicité

Ce sont les mêmes formalités que celles qu'il faut accomplir pour une S.N.C, à savoir la
publication dans un journal d'annonces légales et l'immatriculation au registre du commerce
et du crédit mobilier.

Il n’est pas exigé que les noms des commanditaires figurent dans l'extrait publié dans les
journaux.

Section 2 : Le fonctionnement de la société en commandite simple

La gestion de la société incombe aux seuls commandités. Les commanditaires en sont, en


effet, exclus. En ce qui concerne la cession des parts, elle emprunte le régime dualiste
commandité commanditaire.

I- Gestion de la société

Ce sont le ou les commandités qui assurent la gérance de la société selon les règles
applicables aux gérants des S.N.C. Les règles relatives à l'utilisation de la signature sociale
leur sont applicables. Ainsi, un acte correspondant à une activité personnelle du
commandité n'engage pas la société.

En ce qui concerne les commanditaires, aux termes de l'article 299 de l‘acte uniforme,
"l'associé ou les associés commanditaires ne peuvent faire aucun acte de gestion, même en
vertu d‘une procuration". Ceci pour éviter que l‘intervention d'un commanditaire crée la
confusion entre lui qui ne répond pas du passif social au-delà de son apport et le ou les
commandités qui en sont tenus personnellement.
Déjà, la jurisprudence faisait une distinction (laquelle est reprise par l'acte uniforme) entre
les actes de gestion externe qui mettent le commanditaire en relation avec les tiers, lesquels
actes lui sont interdits, et les actes de gestion externe qui lui sont autorisés ainsi en va-t-il
des avis, des conseils, des actes de contrôle et de surveillance.

Si le commanditaire accomplit des actes de gestion externe, il sera tenu solidairement avec
les commandités des dettes et engagements résultant des actes prohibés. Et suivant
l'importance de ces actes, il pourra être tenu solidairement vis-à-vis des tiers de tous les
engagements de la société ou pour quelques-uns d'entre eux.

En tant qu'associé, le commanditaire doit avoir ses droits préservés. Ainsi, son
consentement est nécessaire pour tous les actes graves, excédant les pouvoirs des gérants et
qui peuvent porter atteinte à ses intérêts. Il a un pouvoir de contrôle des opérations de
gestion. Il a un droit à l'information par communication des documents comptables, et cela,
deux fois par an.

Le commandité est dans la situation d'un gérant statutaire. Il ne peut être révoqué que pour
justes motifs. S'il est seul, sa révocation risque d'entraîner la dissolution de la société sauf
remplacement par un nouvel associé commandité ou transformation de la société.

La responsabilité du commandité pour ses fautes de gestion obéit aux mêmes règles que
celle du gérant d'une société en nom collectif.

Section 3 : La dissolution de la société

I- Causes de dissolution

Indépendamment des causes générales de dissolution propres à toutes les sociétés, le décès,
l'incapacité, la faillite ou l'interdiction d'un commandité entraînent la dissolution de la
société dans les mêmes conditions que pour la S.N.C. Sauf clause de continuation prévue
par les statuts.

En revanche, le décès, l'incapacité, la faillite ou l'interdiction d‘un commanditaire


n'entraînent pas la dissolution de la société.

II- Effets de la dissolution

Pour la liquidation, le boni sera reparti entre tous les associés.

Quant aux pertes, leur répartition est prévue par les statuts, mais en tenant compte de la
limitation de responsabilité des commanditaires. En effet, lorsque l'actif social a été
entièrement utilisé, les commanditaires ne contribuent plus aux pertes. Ce qui reste encore
dû sera supporté par les commandités comme dans la S.N.C.

Chapitre 3 : La société en participation


Elle était réglementée par les articles 47 et suivants du code de commerce sous la
dénomination "d'association commerciale en participation".

Le terme association ne devait toutefois pas faire illusion, car l'association en participation
était une véritable société qui impliquait des associés, des apports, la vocation aux bénéfices
comme aux pertes et enfin l'affectio societatis.

Ces sans doute pour cela que l'acte uniforme l'a dénommée société en participation.

Ce qui caractérise la société en participation, c'est qu'elle est occulte. Son existence ne se
révèle pas aux tiers, elle n'est donc pas sujette aux formalités de publicité prescrites pour
les autres sociétés, ni à aucune autre formalité. N'ayant pas de morale, elle ne dispose
d'aucun des attributs attachés à la personnalité juridique.

Ces caractères propres à la société en participation vont apparaître aussi bien lors de sa
constitution, lors de son fonctionnement que lors de sa dissolution.

Section 1 : La constitution de la société en participation

Le contrat de société se forme librement sans aucune formalité.

I- Le contrat de société

Le principe est la liberté de constitution, mais dans le respect des prescriptions impératives
de l'acte uniforme.

En effet aux termes de l’article 855 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales " les associations conviennent librement de l'objet, de la durée, des
conditionnements de fonctionnement, des droits des sociétés, de la fin de la société en
participation sous réserve de ne pas déroger aux règles impératives des dispositions
communes aux sociétés, exception faite de celles qui sont relatives à la personnalité
morale".

Cela signifie que l'écrit est obligatoire, contrairement à la situation antérieure, autrement,
on la qualifierait de société créée de fait.

L'acte uniforme n'a pas prévu que les sociétés en participation seraient constituées pour les
entreprises momentanées ou de caractère urgent comme c'était le cas auparavant.

II- La capacité requise pour être associé

L'associé d'une société en participation n‘a pas la qualité de commerçant du seul fait de sa
participation, "il acquiert la qualité de commerçant lorsqu‘il se livre à des opérations
commerciales. C'est dans ces cas là qu'il doit avoir la capacité pour faire des actes de
commerce.

III- Les apports

La société en participation n'ayant pas la personnalité morale, les apports ne peuvent lui être
transférés. Mais comme il ne peut exister de société sans apports, le régime des apports dans
une société en participation se présente comme suit :

- s'il s’agit d'un apport en nature, chaque "associé pourra conserver la propriété de son
apport. Il a seulement l'obligation de le mettre à la disposition de la société pour la
satisfaction de l'objet social.

- s'il s'agit d'un apport en numéraire, l‘associé va le remettre au gérant qui en devient alors
propriétaire. Mais il est tenu d'affecter cet apport à l'objet social sous peine de poursuite
pour abus de confiance.

- Par convention, les apports peuvent devenir copropriété des associés ;

- Enfin s'agissant d'une société de personnes, l'associé qui le désire peut faire un apport en
industrie.

IV- La vocation aux bénéfices et aux pertes

Chaque associé doit avoir vocation aux bénéfices et aux pertes. Les clauses léonines sont
prohibées.

Si la société est constituée pour une seule opération, le partage des bénéfices se fera à la fin
de l'opération. En revanche, ce sera à la fin de chaque exercice si l'exploitation est de longue
durée. Le partage des bénéfices est réglé librement par la convention des parties. Il en va de
même des pertes.

Section 2 : Le fonctionnement de la société en participation

Les particularités du fonctionnement de la société en participation tiennent à son caractère


occulte. Et cela se traduit dans la gestion ainsi que dans la cession des parts sociales.

I- La gestion de la société en participation

Les règles de gestion n'interviennent que dans les rapports entre associés. Et à moins qu'une
organisation n'ait été prévue, les rapports entre associés sont régis par les dispositions
applicables aux sociétés en nom collectif. Généralement, un gérant est désigné pour assurer
l'exploitation commerciale. Les autres associés sont inconnus à l'égard des tiers en tant
qu'associé.
Celui qui exploite l'affaire, le fait en son nom personnel, mais dans l'intérêt de tous en
respectant les règles convenues à travers les statuts.

Le statut du gérant est le même que celui du gérant d‘une S.N.C.

À l'égard des tiers, l'article 861 al. 1 de l'acte uniforme dispose : " Chaque associé contracte
avec les tiers en son nom personnel" ce qui veut dire que les créanciers n'ont aucun lien
juridique ni avec la société, ni avec les autres associés. Ils n'ont d'action en justice que contre
celui avec qui ils ont traité, c'est-à-dire généralement le gérant.

Mais si les associés concouraient à l'activité, ils deviendraient codébiteurs solidaires


conformément à l'article 861 al 2.

Il en va de même de l'associé qui, par son immixtion dans les affaires, a laissé croire au
cocontractant qu'il entendait s'engager à son égard.

Puisque la société n'a pas la personnalité morale, on ne peut agir en justice en son nom. De
même, elle ne peut être assignée devant le Tribunal d'un lieu où elle serait établie, car elle
n'a pas de siège social. De même, les associés autres que le gérant ainsi que la société ne
peuvent faire l’objet d’une mesure collective d’apurement du passif.

II- La cession des parts sociales

S'agissant d'une société de personne, il ne peut être émis de titres cessibles ou négociables
au profit des associés. Autrement dit, la cession des parts n'est pas libre. Elle se fait avec le
consentement des autres associés.

Section 3 : La dissolution de la société en participation

I- Causes de dissolution

Ce sont d‘abord les causes de dissolution communes à toutes les sociétés. Si aucune durée
n'a été stipulée, la dissolution est possible par la volonté unilatérale de chacun des associés
à condition que la décision ne soit pas prise de façon intempestive et à contre temps, c'est-
à-dire de mauvaise foi.

La dissolution peut, ensuite, intervenir pour justes motifs, notamment, en cas de


mésintelligence entre les associés.

Enfin, s'agissant d'une société de personne, le décès, l'incapacité, la faillite ou l'interdiction


d'un associé entraînent de plein droit la dissolution de la société sauf clause contraire des
statuts prévoyant la continuation de la société.

II- De la liquidation
En la matière, on ne peut pas parler véritablement de liquidation puisque la société n'a pas
de personnalité morale et qu'il n'y a pas de patrimoine social à répartir. Il s'agira d'établir
les comptes entre les associés. Chaque associé reprend ses apports en nature.

En cas de bénéfices, ceux-ci seront répartis proportionnellement aux apports. En cas de


pertes, celles-ci seront supportées dans les mêmes proportions, chacun des associés étant
tenu d'y contribuer sur tous ses biens.

Chapitre 4- La société de fait et la société créée de fait

À travers l’acte uniforme, la société de fait reçoit une consécration législative. En effet, la
société de fait était connue dans notre droit des sociétés par décision jurisprudentielle. Mais
en la matière, il subsistait de nombreuses ambiguïtés quant à la terminologie utilisée au
regard des situations à analyser.

Les principales applications concernaient, essentiellement, les concubins notamment


lorsque la vie en commun se double de l'exercice en commun d'une activité lucrative,
hypothèse fréquente en Afrique avec les mariages traditionnels qui consacrent plusieurs
activités communes et qui, pourtant se soldent souvent par la répudiation sans aucune
formalité.

Ensuite, il y a les sociétés annulées qui doivent être liquidées.

Pour résoudre ces problèmes, alors que la jurisprudence utilise la notion de société de fait,
la doctrine recommandait qu'il soit distingué entre sociétés de fait et société créée de fait.

Dans le premier cas, il y aurait société de fait, les parties s'étant comportées comme des
associés sans avoir créé, entre elles, une société. Dans le second cas, il y aurait société créée
de fait puisque les parties ont véritablement entendu constituer une société. Mais, elle a été
annulée pour irrégularité de constitution.

Le régime juridique était différent. En effet, la société de fait était considérée comme une
société en nom collectif et traitée comme telle. Quant à la société créée de fait, elle était
liquidée conformément aux statuts, dans les rapports entre associés, tandis que dans les tiers
ont une option entre la nullité et la validité.

L'acte uniforme a conservé les deux terminologies, mais leur a conféré un contenu différent.
Le régime juridique est cependant identique.

Section 1 : L'existence de la société de fait et de la société créée de fait

L'étude de l'ensemble des actes uniformes relatifs au droit des sociétés commerciales nous
amène à distinguer entre la société de fait et la société créée de fait même si le livre 6, n'est
consacré qu'à la société de fait.
I- L'existence de la société de fait

Une société constituée peut être qualifiée de fait tout comme peut exister une société de fait
n'ayant jamais été constituée comme telle.

A- La société constituée qualifiée de fait

B- La société de fait non constituée

II- L'existence de la société créée de fait

C‘est l'article 115 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales qui prévoit
la société créée de fait. il y a société créée de fait lorsque la société a été constituée sans
faire l'objet d'un écrit et qu'ainsi elle ne peut être immatriculée.

Le défaut d'écrit n'est donc pas une cause de nullité de la société comme le droit applicable
antérieurement le prévoyait. Il aboutit à un autre type de société réglementé par l'acte
uniforme.

Section 2- Le régime juridique de la société de fait et de la société créée de fait

Les deux sociétés ont le même régime juridique. En effet, aux termes de l'alinéa 2 de l'article
115, "La société créée de fait est régie par les dispositions des articles 864 et suivants du
présent acte uniforme”. Lesquels articles réglementent la société de fait, notamment le
régime de la preuve et celui de son organisation et de son fonctionnement.

I- Le régime de la preuve

L‘existence de la société de fait ou de la société créée de fait peut être prouvée par tout
moyen. Il en va ainsi essentiellement lorsque la société n'a pas fait l'objet d‘une constitution
ou alors lorsqu'il n'existe aucun écrit la constatant.

Les activités exercées vont faciliter cette preuve. C'est sans doute pour cela que la juridiction
compétente pour connaître de l'existence d'une société de fait est celle du lieu principal de
son activité.

Cette preuve pourra être faite par tout intéressé qui devra apporter l'identité ou la
dénomination sociale de la société.

II- Les règles applicables au fonctionnement de la société


Aux termes de l'article 868 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales, "Lorsque l'existence d'une société de fait est reconnue par le juge, les
règles de la société en nom collectif sont applicables aux associés".

L'acte uniforme fait état de règles applicables aux associés. Ce faisant, qu'il s'agisse des
rapports entre associés que des rapports avec les tiers, les règles de la société en nom
collectif sont applicables.

Titre III : La société à responsabilité limitée (S.A.R.L)

Elle a été instituée et organisée en Côte d'Ivoire par le décret du 19 novembre 1928
reproduisant dans son ensemble la loi du 7 mai 1925 instituant les sociétés à responsabilité
limitée en France.

Ce décret du 19 novembre 1928 lui-même a été pris en vertu, d'une loi française du 13
janvier 1927 qui prescrivait la publication de règlements d'administration publique destinés
à déterminer les conditions d'application de la loi du 7 mars 1925 dans les colonies.

Désormais, c'est l'acte uniforme relatif aux sociétés commerciales en ses articles 309 et
suivants qui la réglemente spécifiquement.

La S.A.R.L est une société commerciale dans laquelle les associés ne sont responsables des
dettes sociales qu'à concurrence du montant de leurs apports. Elle a dit-on, un caractère
hybride puisque la limitation de la responsabilité aux apports fait penser aux sociétés de
capitaux, tandis que l'intuitu personae dans ce type de société fait penser aux sociétés de
personnes.

La constitution de la S.A.R.L n'est soumise à aucune formalité particulière. Au moins deux


personnes pouvaient la constituer et puisque le capital social minimum exigé par la loi était
dans les possibilités financières de presque tout le monde, elle va s‘avérer être la société qui
convient aux PME et PMI, aussi, est-elle très répandue en Côte d'Ivoire.

L'acte uniforme prévoit qu'une seule personne peut la constituer, et malgré l‘augmentation
du capital social minimum, celui-ci est encore dans les possibilités financières des petits
opérateurs économiques.

Elle peut être constituée pour l'exploitation de toute activité, qu'elle soit de nature civile ou
commerciale. Mais quelque soit l'objet, la S.A.R.L est commerciale par la forme.

Ces caractères vont marquer la S.A.R.L aussi bien lors de sa constitution, lors de son
fonctionnement que lors de sa dissolution.

Chapitre 1 : La constitution de la S.A.R.L


Elle doit remplir les conditions de fond et de forme de constitution de toutes sociétés
commerciales à savoir, l'expression du consentement du ou des associés, l'écrit de la
publicité.

À ces conditions, générales, il faut ajouter des conditions particulières concernant les parties
à l'acte créateur de la société, l'objet de la société, les apports, le capital social de même que
la dénomination sociale.

Section 1 : Les parties à l'acte créateur de la société

La S.A.R.L se forme soit par le contrat que signent les associés, soit par l'acte de volonté de
l‘associé unique.

En effet aux termes de l'article 309 al. 2 de l'acte uniforme, "Elle peut être constituée par
une personne physique ou morale ou entre deux ou plusieurs personnes physiques ou
morales."

Le ou Les associés donnent leur consentement en signant l'acte constitutif de la société et


tous, doivent, à peine de nullité intervenir à l'acte en personne. En cas de mandat, le
mandataire doit être muni d'un pouvoir spécial.

S'il y a nullité dans ce cas, les premiers gérants et les associés auxquels elle est imputable
sont solidairement responsables envers les autres associés et les tiers des dommages qui en
résultent. Cette action en responsabilité se prescrit par 3 ans à compter du jour où la décision
d'annulation est passée en force de chose jugée.

Le contrat est conclu intuitu personae. Il n'y a, certes, aucune solidarité entre les associés,
mais la considération de la personne est très importante lors de la conclusion du contrat.

Cependant, l'erreur sur la personne n'est pas une cause de nullité du contrat de société.

I- Capacité pour être associé dans une S.A.R.L

Les associés n'ayant pas la qualité de commerçant, il n'est pas nécessaire d‘avoir la capacité
exigée pour faire le commerce pour entrer dans une S.A.R.L. Ainsi un mineur et un majeur
incapable peuvent, en principe, être associés dans une S.A.R.L. Sans doute la constitution
d'une société est un acte de commerce.

Mais, non seulement, l'acte se fera en représentation, mais, la responsabilité étant limitée
aux apports, il n‘y a aucun risque de violation des règles protectrices des intérêts des
incapables.

Mais un problème s'était posé à propos de l'entrée d'un mineur dans une S.A.R.L en cas
d'apport en nature. En effet, sous l'empire de la loi antérieure, aux termes de l'article 8 de la
loi du 7 mars 1925,"l'acte de société doit contenir l'évaluation des apports en nature. Les
associés sont solidairement responsables vis-à-vis des tiers de la valeur attribuée au
moment, de la constitution de la société aux apports en nature...”

L'action en responsabilité en résultant... se prescrit par 10 ans à partir de la constitution de


la société.

Par application de ce texte, la jurisprudence a soutenu, eu égard à la responsabilité solidaire,


que le mineur ne pouvait entrer dans une S.A.R.L dans laquelle il y a des apports en nature
que 10 ans après la constitution ou l'augmentation de capital.

Mais elle avait introduit une exception, concernant l'entrée du mineur en cas d'apport en
nature, dans l‘hypothèse où l'évaluation de cet apport, faite par un expert, avait une valeur
au moins égale à la valeur attribuée par l'acte, on peut dire que, dans le principe, ces
solutions demeurent applicables encore aujourd'hui. En effet, aux tenues de l'article 312 al.
5 de l'acte uniforme, "À défaut d‘évaluation faite par un commissaire aux apports ou est
passé outre à cette évaluation, les associés sont indéfiniment et solidairement
responsables de l‘évaluation faite des apports en nature...pendant une période de 5 ans."

Aujourd'hui, il faut que l'évaluation soit faite par un commissaire aux apports. Cependant,
cela n'est obligatoire que si la valeur de l‘apport excède 5.000.000 F. Dans tous les cas, ces
analyses et ces textes ne font, en réalité que confirmer le principe de l'interdiction de l'entrée
du mineur dans la SARL en cas d'apport en nature.

II- L'entrée de deux époux dans une S.A.R.L

La Cour de cassation avait décidé que deux époux ne pouvaient pas être associés dans une
S.A.R.L (Req. 15 février 1937 D 1938-1-13) puisque cela risquait de violer le principe de
l'imputabilité des conventions matrimoniales, c'est-à-dire qu'en constituant une société, les
époux pouvaient créer entre eux une communauté d'intérêts pouvant faire échec au régime
établi par la loi.

Cette solution a été vivement critiquée. Les juridictions inférieures allaient donc s'en
démarquer et admettre la validité des S.A.R.L constituées entre époux.

Aujourd'hui, il faut bien convenir, et telle est la solution de l'acte uniforme qui n'interdit les
sociétés entre époux que lorsque la responsabilité à est indéfinie ou solidaire, que la S.A.R.L
entre époux est admise, car la responsabilité limitée empêche une atteinte aux règles du
régime matrimonial.

Section 2 : Dénomination et objet de la société

I- L'objet de la société

En principe, la S.A.R.L peut être constituée pour une activité quelconque, à savoir : activité
commerciale, industrielle, agricole, etc. Mais, que l'objet social soit civil, commercial ou
industriel, la société sera commerciale par la forme et soumise aux lois et usages du
commerce.

Il y avait toutefois, une restriction apportée à l'adoption de cette forme de société sous
l’empire de la loi antérieure. En effet, aux termes de l'article 2 al. 2 de la loi du 7 mars
1925 "les sociétés d‘assurance, de capitalisation et d'épargne ne peuvent adopter cette
forme".

Cette interdiction qui se justifie par l'existence de dispositions législatives spéciales


réglementant ces différentes activités est encore valable. En matière d'assurance par ex. c'est
par application de l'article 301 du code CIMA.

II- La dénomination de la S.A.R.L

L'article 11 de la loi du 7 mars 1925 disposait : "La S.A.R.L est, soit qualifiée par la
désignation de l'objet de son entreprise, soit désignée sous une raison sociale comprenant
les noms d'un ou de plusieurs associés."

Cette disposition introduisait une confusion dans la nature de la S.A.R.L. En effet, la raison
sociale servait à désigner les sociétés de personnes, et les associés dont les noms figurent
dans la raison sociale sont personnellement et indéfiniment responsables des dettes sociales.
Or tel n'est pas le, cas dans les S.A.R.L.

En réalité pour la S.A.R.L, il s'agit d‘une dénomination sociale. Et c'est bien ce que retient
l'acte uniforme en son article 310 : "Elle est désignée par une dénomination sociale qui doit
être immédiatement suivie ou précédée en caractères lisibles des mots société à
responsabilité limitée ou du sigle S.A.R.L.

Section 3 - Les apports et le capital social

I- La constitution du capital social

La responsabilité des associés étant limitée au montant de leurs apports, l'apport en industrie
n'est pas admis dans la S.A.R.L. De plus, les apports devant être libérés au moment de la
constitution de la société, il serait impossible de libérer, à ce moment-là, l'apport en
industrie.

Reste les apports en nature et les apports en numéraire. L'acte uniforme n‘ayant rien prévu
de contraire à ce qui existait. On doit dire que les S.A.R.L ne peuvent être définitivement
constituées qu'après que toutes les parts ont été réparties entre les associés dans l'acte de
société et qu‘elles ont été intégralement libérées.

Désormais, les fonds provenant de la libération doivent être déposés en banque, contre
récépissé ou en l'étude d'un notaire.
Cette libération et ce dépôt de fonds doivent être constatés par un notaire au moyen d'une
déclaration notariée de souscription et de versement (DNSV) avec indication de toutes les
informations relatives à la constitution de la société.

L'ensemble des apports forme le capital social qui, aux termes de l'article 311 de l'acte
uniforme doit être de 1.000.000 F au moins.

Le capital social constituant le gage commun des créanciers, une société ne sera crédible
aux yeux des tiers que si son capital social est consistant. C'est pourquoi l'acte uniforme à
revalorisé le montant dérisoire de 250 000 F qui était exigé antérieurement.

Le capital social est divisé en parts sociales d'une valeur nominale égale. Laquelle ne peut
être inférieure à 5 000 F. Et ce sont ces parts qui seront réparties entre les associés. C'est ce
qu'on appelle la souscription, sur la base de quoi chacun va faire son apport en nature ou en
numéraire. Ce qu'on appelle la libération.

II- L’évaluation des apports en nature

A- Mode d'évaluation

B- La garantie de l'évaluation

Chapitre 2 : Le fonctionnement de la S.A.R.L

Il tient à l'administration de la société, notamment à la gestion et à la vie sociale.

Section 1 : L'administration de la S.A.R.L

Aux termes de l'article 323 al.1 de l'acte uniforme, "la société à responsabilité limitée est
gérée par une ou plusieurs personnes physiques associées ou non." Les fonctions de gérant
peuvent être gratuites ou rémunérées. La rémunération est fixée statutairement ou en
assemblée générale.

I- Nomination et révocation des gérants

A- La nomination

B- La révocation des gérants

II- Les pouvoirs des gérants

La loi confère aux gérants des S.A.R.L, des pouvoirs très étendus, des limitations existent
toutefois, mais qui ne sont pas opposables aux tiers. Comme corollaire à des pouvoirs aussi
étendus, les gérants ont une responsabilité très grande. Soit envers la société, soit envers les
tiers.

A- Détermination de pouvoirs du gérant

1- Les conventions réglementées


2- Les conventions interdites

B- Les limitations statutaires des pouvoirs des gérants

C- La responsabilité des gérants

Section 2- La vie sociale

En cours de vie sociale, les associés ont le droit de participer à l'administration de la société
à travers les assemblées générales ou, à défaut, par les décisions qu‘ils prennent chacun en
ce qui le concerne.

Au cours de la même période, doivent être résolus les problèmes de cession et de


transmission des parts sociales.

I- Les prérogatives des associés

Les associés ont d'abord le droit d'être informés de la vie de la société et de participer à la
partition des bénéfices. Ensuite, ils interviennent dans la prise des décisions, en principe, en
assemblée générale. Ils peuvent mettre en œuvre la procédure d’alerte et solliciter l'expertise
de gestion.

Les conventions conclues avec la société sont réglementées dans les mêmes conditions que
celles conclues avec les gérants.

Les conventions interdites aux gérants leur sont également interdites. Aussi, n’ont-ils pas le
droit, eux et leurs conjoints, descendants et ascendants ainsi qu'à toute personne interposée,
de contracter sous quelque forme que ce soit, des emprunts auprès de la société de se faire
consentir par elle un découvert en compte-courant ou autrement, ainsi que de se faire,
cautionner ou avaliser par elle, leurs engagements envers les tiers.

A- Le droit à l'information des associés

B- La répartition des bénéfices

C- Les pouvoirs de décision

1- Les consultations écrites

2- Les assemblées générales


a- Les assemblées générales ordinaires
b- Les assemblées générales extraordinaires

3- Les pouvoirs dans les sociétés à responsabilité limitée unipersonnelles

4- Le contrôle externe de la société

a- La nomination des commissaires aux comptes


b- Les attributions des commissaires aux comptes
c- Responsabilité du ou des commissaires aux comptes

II- La cession des parts sociales

Elle est réglementée par les articles 317, 320 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales qui en fixent les conditions de fond et les conditions de forme.

A- Les conditions de fond de la cession

Elles varient suivant que la cession est faite à un tiers étranger à la société ou à un associé.

1- La cession à un associé
2- La cession à un acte étranger à la société

B- Les conditions de forme

1- L'exigence de l'écrit
2- L'exigence des formalités de publicité

C- Les effets de la cession des parts

III- La transmission des parts

La S.A.R.L n'est pas dissoute par le décès de l'un des associés et en principe, les parts
devraient être librement transmises aux héritiers. Mais, les associés ne connaissant pas
toujours les héritiers, peuvent prévoir des clauses d'agrément des ou de certains héritiers ex.
l'aîné des enfants.

Quelle est la portée de la clause autorisant la continuation de la société avec certains


héritiers du défunt à l'exclusion de certains autres ?

Pour la jurisprudence, il s'agit certes d'un pacte sur succession future, mais il est
exceptionnellement autorisé par l'article 1868 du code civil, lequel permet de façon générale
aux survivants de racheter les parts sociales du défunt dans les conditions prévues aux
statuts (voir article 290 de l’A.U.).
Section 3 : La dissolution de la S.A.R.L

I- Causes de dissolution

Il s‘agit essentiellement des causes de dissolution communes à toutes les sociétés prévues
par l'article 200 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales.

À côté de celles-ci, la S.A.R.L peut être dissoute lorsqu‘il y a réduction du capital social
au-dessous du minimum légal. Une telle perte, est le signe que la société éprouve des
difficultés.

Mais, la dissolution, dans un tel cas, ne pourra intervenir qu'à la suite d'une mise en demeure
d'avoir à régulariser la situation demeurée infructueuse.

Les causes de dissolution propres aux sociétés de personnes ne se retrouvent pas dans la
S.A.R.L. Ainsi la société n'est pas dissoute par l'incapacité, l'interdiction la faillite, ou la
mort d'un des associés.

II- Effets de la dissolution

En cas de dissolution de la société, le partage de l'actif social se fait proportionnellement


aux apports sauf clause contraire des statuts, pour vu que ces clauses ne soient pas léonines.

S'il y a des pertes, la responsabilité des associés sera limitée au montant de leurs apports.

Titre IV- La société anonyme

C'est la société de capitaux par excellence. Avec la suppression de la société en commandite


par actions, la société anonyme est, aujourd'hui, la seule société par actions.

Elle est réglementée spécifiquement par les articles 385 et suivants de l'acte uniforme relatif
au droit des sociétés commerciales et du groupement d‘intérêt économique.
La société anonyme se définit comme une société commerciale dans laquelle les associés
appelés actionnaires ne sont responsables qu'à concurrence de leurs apports et dont les droits
d'associés sont présentés par des actions. C'est d'ailleurs, pour cela qu'ils sont qualifiés
d'actionnaires.

Les sociétés anonymes sont présentées dans tous les secteurs importants de la vie
économique. Il y en a qui sont du type moyen au plan économique. Tandis que d‘autres sont
gigantesques, car couvrant plusieurs États avec des milliers d'actionnaires. Elle est
commerciale par la forme quel que soit son objet.

L’acception de la société anonyme constituée avec plusieurs actionnaires dans le but de


permettre une concentration des capitaux en vue de financer des activités d'une certaine
envergure est battue en brèche sur, au moins, un point.
Il s‘agit du fait que désormais, une seule personne peut constituer une société anonyme au
lieu d'un minimum de 7 actionnaires, comme initialement exigé.

Ce faisant, alors que la procédure qui devait aboutir à la constitution de la société anonyme
était très complexe, l‘acte uniforme va la simplifier quelque peu. Quant à son
fonctionnement, il demeure toujours caractéristique de la société anonyme dans sa mise en
œuvre.

Chapitre 1 : La constitution de la société anonyme

Elle suppose qu'une ou plusieurs personnes prennent l'initiative de constituer la société et


accomplissent les formalités qu'il faut pour que naisse la personne morale.

Ces personnes sont appelées fondateurs et elles vont se charger de rechercher les
actionnaires qui vont apporter leurs capitaux dans la vue de constituer le capital social. Telle
est, d'ailleurs, la particularité digne d'intérêt que présente la constitution de la société
anonyme étant donné que les conditions de fond et de forme de sa constitution sont les
mêmes que pour toutes les sociétés commerciales.

Il faut relever que, désormais, une seule personne peut constituer une société anonyme. Au
plan du principe, la société anonyme unipersonnelle, en tant que société, se conçoit au
regard de la conception nouvelle de la société commerciale. Mais, au plan du
fonctionnement, il s'agit véritablement d'une entreprise individuelle.

Section 1 : formation du capital

Il faut distinguer selon que la société est constituée avec apport en nature et stipulation
d'avantages particuliers ou non.

I- La constitution par apport en numéraire et sans stipulation d‘avantages


particuliers

C'est la procédure la plus simple de constitution d'une société anonyme. En effet, il n'y a
aucun problème d'évaluation relativement à quelque apport en nature ou avantage
particulier que ce soit.

Les futurs actionnaires souscrivent les actions et leurs apports vont constituer le capital
social. Cela devra se faire dans le respect des prescriptions de l'acte uniforme pour assurer
la régularité des opérations.

A- La souscription des actions

1- Les conditions de la souscription


a- Les parties à la souscription
b- La forme de la souscription
c- L'obligation de souscription intégrale du capital

2- Nature et effets de la souscription

B- La libération des actions

1- L'obligation de libération des actions


2- Le dépôt des fonds
3- Le constat du dépôt des fonds

II- La constitution avec apport en nature et/ou stipulation d'avantages


particuliers

L'avantage particulier rompt l'égalité entre actionnaires en accordant à certains d'entre eux,
en leur qualité d'actionnaire, un droit sur les bénéfices ou sur l'actif. L’avantage est attribué
par les statuts en rémunération de services rendus lors de la constitution de la société. Les
dividendes de celui qui en bénéficie seront, par exemple, plus importants que pour les
autres.

Dans des hypothèses, en plus des autres formalités de constitution, se pose surtout le
problème de l'évaluation des apports en nature et ou d'avantages particuliers.

A- L'évaluation des apports en nature et des avantages particuliers

1- Nomination du commissaire aux apports


2- Mission du commissaire aux apports

B- Le régime de l'apport en nature

1- La libération de l'apport en nature


2- La négociabilité des actions d'apport

Section 2- Les formalités finales de constitution

Elles se résument en la signature des statuts, en la tenue de l'assemblée générale constitutive,


formalités qui n'ont lieu qu'une fois qu'a été établie la déclaration notariée de souscription
et de versement, en l'immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier et enfin
dans le retrait de fonds en dépôt.

I- La signature des statuts

Les statuts qui constituent le contrat de société en cas de pluralité d'associés, ou l'acte de
volonté d'une seule personne en cas d'associé unique sont rédigés par écrit qui peut être
notarié ou sous seing privé (avec des garanties d'authenticité) dans le respect des
prescriptions de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales.

La signature des statuts par les souscripteurs eux-mêmes ou par leurs mandataires
n'intervient qu'après la déclaration notariée de souscription et de versement.

Cette déclaration qui atteste de la régularité de la formation du capital social, traduit, en


même temps, la ferme volonté des futurs actionnaires de constituer la société.

La signature des statuts qui consacre la constitution de la société conformément à l'article


101 alinéa 1 de l'acte uniforme est la confirmation de cette volonté.

II- L'assemblée constitutive

L'assemblée constitutive est la première grande assemblée d'actionnaires dans la vie de toute
société anonyme. C'est elle qui, en adoptant les statuts et en nommant les premiers
administrateurs, finalise les formalités de constitution et permet d'amorcer la constitution
définitive de la société dans la vue de son fonctionnement.

Ce faisant son importance n'échappe à personne. C'est pourquoi elle a fait l'objet d'une
réglementation spécifique aussi bien dans sa tenue que dans ses attributions.

A- La tenue de l'assemblée générale constitutive

B- Attributions de l'Assemblée Générale constitutive

III- Les formalités de publicité de la société

Il y a d'une part, l’insertion d'un avis ou d'un extrait des statuts dans un journal d'annonces
légales, d‘autre part, il y a l'immatriculation de la société au registre du commerce et du
crédit mobilier de la juridiction du lieu du siège social.

Celle-ci doit intervenir dans le délai d'un mois à compter de la constitution de la société. Si
cela n'est pas fait dans le délai de 6 mois, tout souscripteur peut obtenir, par décision du
Tribunal, que les fonds soient retirés et distribués à tous les souscripteurs.

À partir de l'immatriculation, la société acquiert la personnalité juridique et à, ainsi, la pleine


capacité juridique.

Ce faisant les personnes chargées de l'administration de la société peuvent procéder au


retrait des fonds.

IV- Le retrait des fonds


La société étant définitivement constituée, elle doit, immédiatement, commencer ses
activités. Elle a donc besoin de fonds, c'est pourquoi ceux qui sont chargés de sa gestion
sont habilités à solliciter le retrait des fonds en dépôt auprès du Notaire ou de l’établissement
bancaire choisi sur présentation au dépositaire du certificat du greffier attestant
immatriculation de la société au registre du commerce et du crédit mobilier.

La société peut, enfin, fonctionner.

Chapitre 2 : Le fonctionnement de la société anonyme

Il s'agit de son administration, des droits qu'ont les actionnaires dans la vie sociale.

Section 1- L'administration de la société anonyme

Traditionnellement, la société anonyme était administrée par un conseil d‘administration


qui est une formation collégiale. Traditionnellement, la société anonyme était administrée
par un conseil d‘administration qui est une formation collégiale.

Avec l'acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales qui a supprimé cette
exigence de 7 actionnaires et qui admet qu'une seule personne puisse constituer une société
anonyme, la constitution d'un collège va s‘avérer parfois impossible. C'est pourquoi, il y a
désormais deux modes d'administration de la société anonyme :

- La société anonyme avec conseil d'administration ;

- La société anonyme avec administrateur Général.

Le mode choisi doit être exprimé de manière non équivoque dans les statuts.

Bien entendu, en cours de vie sociale, l'assemblée Générale extraordinaire peut changer le
mode d'administration de la société.

Sous-section 1 : La société anonyme avec conseil d’administration

Le conseil d'administration est l'organe chargé de l'administration de la société. Il est


composé par les administrateurs qui vont nommer les dirigeants sociaux.

I- L'administrateur

Comment sont nommés et révoqués les administrateurs ? Comment sont-ils rémunérés ?

A- Nomination des administrateurs

B- La révocation des administrateurs


C- La rémunération

II- Le conseil d'administration

Comment fonctionne-t-il et quelles sont ses attributions ?


A- Le fonctionnement
B- Les pouvoirs du conseil d'administration
1- Étendue des pouvoirs
2- Limites aux pouvoirs du conseil d'administration

III- La direction générale de la S.A

Elle est assurée soit par un Président Directeur Général soit par un Président du conseil
d'administration et un directeur général. À ce sujet la CAA a été ferme dans une décision
rendue le 26 juillet 2002 : « Suivant l’acte d’appel produit au débat, c’est le directeur du
risque et du crédit qui a initié l’action au nom et pour le compte de la B.

Sur ce chapitre, les articles 465 et 487 de l'acte uniforme sur les sociétés commerciales et
le groupement d’intérêt économique stipulent que le Président directeur Général ou le
Directeur Général, assurent la direction générale de la société anonyme et représentent
celle-ci dans ses rapports avec les tiers.

Il s’infère de ce qui précède que le Directeur du risque et du crédit n’a pas qualité pour ester
en justice contre des tiers au nom et pour le compte de la B. »

A- Le Président du conseil d'administration et le Directeur Général

1- Le Président du conseil d'administration

a- Nomination du président
b- La révocation
c- Les pouvoirs du Président
d- Rémunération

2- Le Directeur Général

B- Le Président Directeur Général et le Directeur Général Adjoint

1- Le Président Directeur Général

a- La nomination
b- La révocation
c- La rémunération
d- Les pouvoirs
2- Le Directeur Général adjoint

IV- Convention avec la SA

Certaines conventions sont réglementées alors que d'autres sont interdites.

A- Les convenions réglementées

B- Les conventions interdites

Sous-section 2- La société anonyme avec administrateur général

Au cas où la société anonyme a été constituée par au plus, 3 personnes, elle peut ne pas
constituer un conseil d'administration. Dans ce cas, il sera nommé un administrateur général
qui exercera les fonctions d'administration et de direction de la société.

Cette faculté de choix n'est même pas laissée à celui qui constitue tout seul une société
anonyme.

Il n'a que le mode d'administration avec administrateur Général. On notera que la société
fonctionnera comme une entreprise individuelle.

Dans l'exercice de ses fonctions, l‘administrateur Général peut obtenir de se faire assister
par un administrateur Général adjoint.

Lorsque la société anonyme ne comprend qu'un seul actionnaire, il représente les


assemblées générales.

Par conséquent, pour toutes les questions relevant de la compétence des assemblées
générales, il faut penser à l'actionnaire unique. La confusion des compétences est totale
lorsqu'il se nomme lui-même administrateur Général. Mais tels sont les principes dans la
conception de la société.

I- Nomination de l'Administrateur Général

Le premier administrateur est désigné dans les statuts ou par l'assemblée générale
constitutive pour un mandat qui ne peut excéder deux ans.

En cours de vie sociale, il sera nommé par l'assemblée Générale ordinaire parmi les
actionnaires ou non. Dans ce cas, son mandat ne peut excéder 6 ans.

Le régime du cumul de mandat est identique à celui d‘un Président Directeur Général et à
celui d'un Président du conseil d'administration.
II - Révocation

L'Administrateur Général est révocable ad nutum par l'Assemblée Générale. Toute clause
contraire est réputée non écrite.

En conséquence, si l'Administrateur Général est actionnaire unique et en même temps,


assemblée Générale, il n'y aura jamais de révocation.

III- Pouvoirs de l'Administrateur Général

Ils sont prévus par l'article 498 de l‘acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales.

- Il assure l'administration et la direction Générale de la société et la représente dans ses


rapports avec les tiers ;

Il convoque et préside les assemblées générales ;

- Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir, en toutes circonstances, au nom de
la société.

En ce qui concerne les limitations, légales et statutaires des pouvoirs de l‘administrateur


général, elles ont le même régime que celui d'un Président Directeur Général.

V- Rémunération

L'administrateur Général peut conclure un contrat de travail avec la société et être rémunéré
en conséquence, à condition que cela corresponde à un emploi effectif et que cela soit
autorisé par l'assemblée générale.

Il y a de soi que si l'administrateur général est en même temps actionnaire unique, il


s'autorisera toujours la conclusion, d'un contrat de travail puisqu'il y a une rémunération à
ce titre.

En dehors de cela, l'assemblée générale peut lui allouer une indemnité annuelle fixe de
fonction en rémunération de ses activités.

Elle peut lui allouer également des rémunérations exceptionnelles pour les missions et les
représentations ou autoriser le remboursement des frais de voyages, de déplacements et les
dépenses engagées dans l'intérêt de la société.

Elle peut également lui allouer des avantages.

En la matière, les risques de dérapage sont importants puisque l'administrateur général peut
être l'actionnaire unique. C'est pourquoi la loi interdit toute autre rémunération en dehors
de ce qu'elle-même a prévu.
Mais, quelle peut être la portée d'une telle disposition si l'actionnaire unique est face à lui-
même et que, surtout, le contenu des avantages n’a pas été détermine par la loi ?

V- Convention avec la société

Certaines conventions sont réglementées alors que d'autres sont interdites.

A- Les conventions réglementées

B- Les conventions interdites

Sous-section 3 : Les responsabilités encourues dans la gestion de la société

Une mauvaise administration de la société peut occasionner des préjudices considérables


aussi bien pour les tiers, les associés que pour la société en tant que personne morale. Ce
faisant, le législateur a prévu des sanctions pour les fautes que pourraient commettre les
dirigeants de la société, aussi bien au plan civil qu'au plan pénal.

I- La responsabilité civile

Indépendamment de la responsabilité éventuelle de la société, les administrateurs et autres


dirigeants sociaux sont responsables individuellement ou solidairement des dommages
causés par leurs fautes.

Il en est ainsi en cas de :

- Commission d'un fait constitutif d‘un délit pénal ; dans ce cas, la réparation du dommage
pourra être demandée devant les Tribunaux répressifs ;

- Violation des dispositions légales ou statutaires ;

- Mauvaise administration de la société par imprudence ou négligence ; laquelle consisterait,


par exemple, dans le défaut de surveillance de la direction de la société.

- Liquidation de la société.

Lorsque les dirigeants causent un préjudice à un tiers, ou à un associé personnellement,


celui-ci dispose d'une action individuelle pour faire sanctionner son droit lésé.

Par contre si le préjudice est causé à la société elle-même, l'action sociale sera intentée par
les représentants de la société. A côté de cette action sociale réservée aux dirigeants, il y a
une action sociale qui peut être exercée par un ou plusieurs actionnaires : ce qu'on a qualifié
d'action sociale ut singuli.

A- L'action individuelle
B- L'action sociale

1- L‘action sociale intentée par la société


2- L'action sociale intentée par un ou plusieurs actionnaires
3- Les conditions de l'action sociale

II- La responsabilité pénale des dirigeants sociaux

La loi sanctionne les délits relatifs à l'administration de la société, ceux relatifs au bilan et
aux dividendes, à la tenue des assemblées générales, au mouvement du capital social, à la
dissolution de la société. Ainsi, encourent une sanction pénale :

- Les dirigeants sociaux qui, de mauvaise foi, font des biens ou du crédit de la société un
usage qu'ils savaient contraire à l‘intérêt de celle-ci, à des fins personnelles, matérielles ou
morales, ou pour favoriser une autre personne morale dans laquelle ils étaient intéressés
directement ou indirectement.

- Les dirigeants sociaux qui, en l‘absence d'inventaire ou au moyen d'inventaire frauduleux


auront, sciemment, opéré entre les actionnaires la répartition de dividendes fictifs.

- Les dirigeants sociaux qui auront présenté de faux états financiers et comptables pour
dissimuler la véritable situation de la société.

- Les dirigeants sociaux qui n'auront pas provoqué la désignation des commissaires aux
comptes de la société ou ne les auront pas convoqués aux assemblées générales.

- Les dirigeants sociaux qui, lors d'une augmentation de capital auront émis des actions ou
des coupures d'actions sans respecter les prescriptions impératives de l'acte uniforme.

- Les dirigeants sociaux qui, sciemment, auront procédé à une réduction de capital :

 sans respecter l'égalité entre les actionnaires ;

 sans avoir communiqué le projet de réduction aux commissaires aux comptes 45


jours avant la tenue de l'assemblée générale appelée à statuer sur la question.

- Les dirigeants sociaux qui, sciemment auront empêché un actionnaire de participer à une
assemblée générale.

- Les dirigeants sociaux qui n'auront pas communiqué à qui de droit les pertes ayant
provoqué la réduction des capitaux propres en deçà de la moitié du capital social.

- Les dirigeants sociaux qui n'auront pas respecté les formalités prescrites en cas d'appel
public à l’épargne.
III- La responsabilité en cas de redressement judiciaire, de liquidation des
biens

Aux termes des articles 180 et suivants de l'acte uniforme relatif aux procédures collectives
d'apurement du passif, la responsabilité des dirigeants en cas de procédure collective
d'apurement du passif est très lourde.

En effet, dans l’hypothèse d’un règlement judiciaire ou d'une liquidation des biens, lorsque
la procédure fait apparaître une insuffisance d’actif, le juge peut décider que les dettes de la
société seront supportées par les dirigeants en cas de faute de gestion ayant contribué à cette
insuffisance d’actif.

De même sera déclaré personnellement en règlement judiciaire ou en liquidation des biens


le dirigeant qui a :

- exercé une activité commerciale personnelle, soit par personne interposée, soit sous le
couvert de la personne morale masquant ses agissements ;

- disposé du crédit ou des biens de la société comme des siens propres ;

- poursuivi abusivement, dans son intérêt personnel, une exploitation déficitaire qui ne
pouvait conduire qu'à la cessation des paiements.

À toute époque de la procédure, la faillite personnelle de tout dirigeant peut être prononcée
notamment lorsque :

- sous le couvert de la société masquant ses agissements, il a fait dans son intérêt personnel
des actes de commerce et disposé, en fait des capitaux sociaux comme des siens propres.

- Il a soustrait la comptabilité de l’entreprise, détourné ou dissimulé une partie de l’actif ou


reconnu frauduleusement des dettes qui n’existaient pas ;

- Par le dol, il a obtenu, pour lui-même ou pour la société un concordat annulé par la suite ;

- Il a usé du crédit ou des biens de la société comme des siens propres ;

- Il a commis des actes de mauvaise foi ou des imprudences inexcusables ou a enfreint


gravement les règles et usages du commerce.

Par ailleurs en cas de commission d’actes de mauvaise foi ayant consisté par exemple:

- à consommer de fortes sommes en effectuant des opérations de pur hasard ou des


opérations fictives.

- à faire des achats pour revendre au-dessous du cours dans l'intention de retarder la
constatation de la cessation de paiement de la société, ou, dans la même intention, à
employer, des moyens ruineux afin de se procurer des fonds.
- à poursuivre abusivement une exploitation déficitaire qui ne pouvait conduire la société
qu'à la cessation des paiements ;

- à tenir irrégulièrement les livres de commerce ;

- à souscrire des engagements trop importants sans contre-partie eu égard à la situation de


la société, les dirigeants sociaux seront poursuivis pour banqueroute par application des
articles 227 et suivants de l'acte uniforme relatif aux procédures collectives.

En plus, ils seront déchus du droit de gérer ou d'administrer une société.

Section 2 : Les droits des actionnaires

Dans le sens de leur préservation, les droits des actionnaires s'exercent soit directement par
eux-mêmes, soit indirectement à travers un contrôle externe.

Sous-section 1 : L'exercice direct de leurs droits par les actionnaires

Cela va se faire à travers les décisions prises au cours des assemblées générales ou à travers
les initiatives individuelles qu'autorise l'acte uniforme.

I- Les assemblées générales

Dans la société anonyme, il y a 4 types d'assemblées générales :

- L'assemblée générale constitutive qui se réunit lors de la constitution de la société.

- L'assemblée générale ordinaire qui se réunit obligatoirement chaque année.

- L'assemblée générale extraordinaire qui se réunit en cas de modification des statuts de la


société.

Mais, il se peut qu'au cours de l'exercice, les dirigeants aient besoin de l'avis des
actionnaires, dans ce cas l'assemblée générale ordinaire sera réunie extraordinairement

- Les assemblées spéciales.

A- L'Assemblée générale ordinaire

1- Convocation à l'Assemblée Générale ordinaire


2- Tenue de l'Assemblée Générale Ordinaire
3- Attributions de l'Assemblée Générale Ordinaire
4- La prise des décisions
B- L'assemblée Générale extraordinaire

1- Attributions de l'Assemblée Générale extraordinaire


2- La prise des décisions

C- L'assemblée spéciale

1- Attributions
2- Tenue de l'Assemblée spéciale

D- Des Assemblées Générales dans les sociétés unipersonnelles

II- Les droits à l'information et à la communication des pièces

Les actionnaires ayant le droit de contrôler la gestion de la société, ils ont un droit à
l'information relativement à cette gestion. De même, ils ont un droit à la communication des
pièces relatives à cette gestion.

A- Le droit à l'information

B- Le droit à la communication des pièces

1- Pour les assemblées générales ordinaires

2- Pour les autres assemblées

Sous-section 2 : L'exercice indirect de leurs droits : le contrôle externe de la


société

Le contrôle externe de la société est, principalement, l'œuvre du ou des commissaires aux


comptes.

Cette mission a été dévolue à des spécialistes afin de renforcer le contrôle effectué par les
actionnaires eux-mêmes directement.

De même, lorsque les circonstances le commandent, notamment en cas d'investigation


dépassant le cadre des missions des commissaires aux comptes ou alors en cas
d'insatisfaction à propos du rapport du commissaire aux comptes au regard des résultats,
l'acte uniforme ouvre la possibilité de faire une expertise de gestion.

I- Le contrôle par le commissaire aux comptes

Pour permettre aux commissaires aux comptes d'accomplir leur mission avec les garanties
de compétence et d'indépendance, l'acte uniforme a édicté des dispositions qui font des
commissaires aux comptes, non pas de simples mandataires des actionnaires, mais un
véritable organe investit d'une mission légale de surveillance.

Cela va transparaître dans les conditions de leur nomination, de leur révocation et dans les
responsabilités qu'ils vont, encourir dans leur mission.

A- Nomination des commissaires aux comptes

B- Révocation du commissaire

C- Attributions du commissaire aux comptes

D- Rémunération du commissaire aux comptes

E- Responsabilités des commissaires aux comptes

1- La responsabilité
2- La responsabilité pénale

II- L’expertise de gestion

Parmi les moyens mis à la disposition des actionnaires pour préservation de leurs intérêts,
figure la possibilité d'avoir recours à une expertise de gestion.

Celle-ci sera demandée au Tribunal par les actionnaires à condition qu'ils représentent au
moins le cinquième du capital social.

Une fois l'expert désigné par le juge, celui-ci aura pour mission de présenter un rapport sur
une ou plusieurs opérations de gestion dont la conformité avec l'intérêt social est douteuse.

- Il s'agit d‘une ou de quelques opérations, car la mission de l'expert nommé par le juge ne
doit pas se confondre avec la mission permanente légale conférée au commissaire aux
comptes.

- Les honoraires des experts sont à la charge de la société.

Section 3 : La vie sociale

La vie d'une société se déroule conformément aux prescriptions légales et statutaires. Elle
est divisée en exercices sociaux.

Il s'agit d‘une ou de quelques opérations, car la mission de l'expert nommé par le juge ne
doit pas se confondre avec la mission permanente légale conférée au commissaire aux
comptes.
La vie étant faite de mouvements, il est parfois nécessaire de modifier les statuts pour les
adapter aux projets en rapport avec l'évolution positive ou négative de la société.

I- L'affectation des résultats de l'exercice

À la fin de chaque exercice, les dirigeants sociaux arrêtent les états financiers de synthèse
et établissent un rapport annuel de gestion à l'assemblée générale ordinaire.

L'assemblée décide alors de l'affectation des résultats. Il s'agit de la répartition des bénéfices
s'il en existe et de la dotation nécessaire aux réserves.

A- Les bénéfices

B- Les réserves

1- Les réserves légales


2- Les réserves statutaires
3- Les réserves libres ou facultatives
4- Les réserves temporaires

C- Les dividendes

1- Notion de dividende
2- Modalités de répartition des dividendes
3- Sanctions encas de distribution de dividendes fictifs

II- Modification du capital social

La société ayant une durée de vie, parfois, très longue, est amenée à subir les aléas liés à
l'exercice de son activité.

Ainsi, selon qu'elle fait de très bonnes ou de très mauvaises affaires, elle peut être amenée
à une modification de son capital qui, pourtant, et par principe, est intangible, car constituant
le gage des créanciers sociaux.

A- L'augmentation du capital

1- L'augmentation par émissions d'actions nouvelles

a- Procédure
b- Le contenu de l'augmentation
b.1- Par apports en numéraire
b.2- Par apports en nature
b.3- Par compensation
c- L'incorporation de réserves, bénéfices ou primes d'émission
d- La sauvegarde des droits des actionnaires préexistants
d.1- La prime démission
d.2- Le droit préférentiel de souscription

2- L'augmentation par majoration du montant des actions

a- Conditions
b- Modalités

B- La réduction du capital social

1- Conditions de forme
2- Procédés de réduction
3- La protection des créanciers

III- La dissolution de la société anonyme

Une fois la dissolution prononcée, la société devra être liquidée sauf si elle est
unipersonnelle.

A- Les causes de dissolution

B- Effets de la dissolution

Titre V- Liens de droit entre sociétés commerciales et restructuration des


entreprises

Parce que le monde des affaires est en perpétuel mouvement en fonction des intérêts de ses
acteurs et des évolutions nécessitées par les marchés, la vie d’une société implique, non
seulement, une constante adaptation nécessaire à la vie des affaires, mais aussi des choix
stratégiques pour pouvoir soutenir la concurrence.

Ainsi, selon qu’elle fait de bonnes ou de mauvaises affaires, une société est amenée soit à
tisser des relations avec les autres sociétés pour former des groupes permettant de mettre en
œuvre une certaine politique commerciale, soit à se transformer pour faire face à des
exigences d’ordre juridique, économique ou financier, soit à se restructurer par fusion,
scission ou apport partiel d'actif.

Chapitre 1 : Les groupes de sociétés

Aux termes des dispositions de l’article 173 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales, « un groupe de sociétés est l'ensemble formé par des sociétés unies entre
elles par des liens divers qui permettent à l'une d’elles de contrôler les autres. »
Le contrôle d’une société par une autre signifie que la 1ère détient effectivement le pouvoir
de décision au sein de la seconde société, c‘est-à-dire qu’elle détient directement ou
indirectement plus de la moitié des droits de vote de cette société.

Plusieurs raisons peuvent justifier ces groupes de société :

- il peut s’agir de ce qu’on a appelé une « concentration verticale », c‘est-à-dire le processus


qui permet de parvenir, à travers, plusieurs sociétés d'un même groupe, à la fabrication d’un
produit depuis la production des matières premières jusqu'à la commercialisation.

- il peut s’agir également de ce qu'on a appelé la « concentration horizontale », c’est-à-dire


la recherche d’une situation de monopole pour un ou des produits donnés.

On peut envisager deux hypothèses en matière de constitution de groupes de sociétés :


- la création par une ou plusieurs sociétés mères d’une ou de plusieurs filiales ;

- la prise de participation dans le capital d’une autre société.

Section 1 : La ou les sociétés mères et la ou les filiales

Comment ces sociétés mères et ces filiales se constituent-elles ? Et comment fonctionnent-


elles ?

La constitution des sociétés mères et des filiales.

Aux termes des dispositions de l’article 179 de l'acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales, « une société est société mère d'une autre société quand elle possède dans la
seconde plus de la moitié du capital. La seconde société est la filiale de la première. »

Il ressort de cette disposition que le lien d'affiliation s'établit dès lors qu’une société détient
la majorité absolue dans une autre société. Ce faisant, plus aucune autre société ne peut
prétendre assurer un contrôle équivalent de cette société.

Cela permet de distinguer cette situation d’avec la filiale commune de plusieurs sociétés.
En effet, aux termes des dispositions de l’article 180 alinéa 1 de l’acte uniforme, « une
société est une filiale commune de plusieurs sociétés mères lorsque son capital est possédé
par lesdites sociétés mères... » Et que celles-ci participent à la gestion de cette filiale
commune et qu'aucune décision extraordinaire ne peut se prendre sans les sociétés mères
eu égard à la portion de capital possédé par l'une ou par l'autre.

Mais, il faut convenir que, dans tous les cas, que ce soit pour la filiale à plus de 50 % du
capital ou la filiale commune, il existe des contraintes qui s’imposent aux sociétés mères
puisque d’autres associés ont des droits à faire valoir, c’est pourquoi dans la pratique et de
plus en plus, il y a des filiales à 100 %. Dans ce cas, une société crée ab initio une autre
société dans laquelle elle détient la totalité du capital. Dès lors, la gestion et le contrôle de
la filiale sont plus aisés.
Le fonctionnement des sociétés mères et des filiales.

Le groupe mère finale n'a pas de personnalité juridique. Il ne peut donc agir es-qualité
n’ayant pas la capacité juridique. Il s'agit donc d’une situation de fait, la société mère et la
filiale ayant, chacune la personnalité juridique. Autrement dit, au plan juridique, il s'agit de
deux sociétés distinctes. La société mère et la filiale doivent être considérées comme des
tiers les unes par rapport aux autres.

Ainsi, les droits et obligations qui naissent à l'occasion de l’activité de la filiale ou qui
résultent de son existence ne sont nullement compris, en principe, dans le patrimoine de la
société mère (sauf pour les filiales à 100 % en cas de cautionnement de la filiale par la
société mère).

C'est ce qui distingue la filiale de la succursale qui, aux termes des dispositions de l'article
116 de l'acte uniforme, « est un établissement commercial ou industriel ou de prestations de
services, appartenant à une société ou à une personne physique et doté d'une certaine
autonomie de gestion. »

La succursale n'a pas de personnalité juridique autonome distincte de celle de la société ou


de la personne physique propriétaires.

Cependant au plan comptable et fiscal les résultats du groupe sont souvent pris en compte
dans des comptes consolidés, c’est-à-dire un compte qui récapitule dans un document
unique les comptes de la société mère et de la filiale.

Le fisc tend ainsi à imposer les résultats de la société mère et de la filiale.

En la matière, on peut donc dire que si au plan juridique, les sociétés mères et les filiales
sont indépendantes, au plan économique, elles sont soumises à une unité de décision.

Section 2 : La prise de participation dans une autre société

Quelles sont les conditions de cette prise de participation et quelles en sont les sanctions ?

I- Les conditions de la prise de participation

Autant une société commerciale peut être, ab initio, créée avec une personne morale comme
associée, autant, il est loisible à une personne morale d’accéder à une autre société en
acquérant les parts ou les actions de cette société.

Aux termes des dispositions de l'article 176 de l’acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales, « lorsqu'une société possède dans une autre société une fraction de capital
égale ou supérieure à 10 %, la première est considérée, pour l’application du présent acte
uniforme, comme ayant une participation dans la seconde. »
Qu’il s'agisse des sociétés de personnes ou des sociétés de capitaux, la participation dans le
capital d'une société de même forme ou de forme différente est permise.
Cependant, des conditions sont édictées par l’acte uniforme, s'agissant des participations
réciproques ou encore participation croisées.

Il y a participations réciproques ou croisées lorsqu’une société a une participation dans une


autre, alors que cette dernière a, elle-même, une participation dans la première.

Quelles sont ces conditions fixées par l'acte uniforme ? Il faut distinguer entre la situation
des sociétés anonymes et des sociétés à responsabilité des autres types de société.
En ce qui concerne les S.A et les S.A.R.L, elles ne peuvent, en principe posséder d'actions
ou de parts sociales d'une autre société si celle-ci détient une fraction de leur capital
supérieure à 10 %.

Pour une société en nom collectif par exemple, si une S.A. ou une S.A.R.L détient plus de
10 % de son capital. Il lui est interdit de détenir des actions ou des parts de cette société.

Par contre si la part détenue par la S.A ou la S.A.R.L est égale ou inférieure à 10 %, elle
peut accéder au capital de cette S.A ou de cette S.A.R.L, mais il lui est interdit de détenir
plus de 10% du capital.

Pourquoi en est-il ainsi ? La réponse nous est fournie par Yves GUYON. En effet, dit-il,
cela « provoque la diminution ou même la disparition de l’actif réel des deux sociétés
puisque l’actif de chacune d'elles se trouve dans la mesure de la participation réciproque,
indirectement représenté par ses propres actions et par suite totalement ou partiellement
fictif.

Les sociétés pourraient notamment augmenter leur capital sans accroissement


correspondant de leur actif ». (Ainsi si une société A, souscrit 2 millions du capital émis par
la société B, et qu’à l'aide de ces fonds, la société B souscrit 2 millions lors d’une
augmentation de capital de A, les deux opérations se réalisent par un jeu d’écriture, sans
entrée de valeurs dans l'actif de ces deux sociétés).

Comment sont sanctionnées les participations réciproques ?

II- Les sanctions de la prise de participation

En ce qui concerne les S.A. et les S.A.R.L. au cas où les participations réciproques sont au-
delà de ce qui est prescrit par la loi, les parties doivent s'entendre pour régulariser la
situation, autrement dit une des sociétés devrait céder ses parts ou ses actions.
À défaut d'entente entre les parties, la loi fait obligation à la société qui détient la fraction
la plus faible du capital de l'autre de céder ses actions ou ses parts.

Mais si les participations réciproques sont de même importance, chacune des sociétés doit
réduire la sienne de telle sorte qu'elle n’excède pas 10 % du capital de l’autre. On pourrait
donc dire qu’il peut y avoir participation réciproque à moins de 10 %.
Jusqu’à leur cession effective, les actions ou les parts sociales à céder sont privées du droit
de vote et du paiement des dividendes qui y sont attachés.
En ce qui concerne la S.N.C par exemple, elle doit céder les actions ou les parts de la S.A
ou de la S.A.R.L qu’elle détient le lorsque les participations réciproques sont au-delà de ce
qui est prescrit par la loi. Jusqu'à leur cession effective, les actions ou les parts sociales à
céder sont privées du droit de vote et du paiement des dividendes qui y sont attachés.

Chapitre 2 : La restructuration des sociétés commerciales

La restructuration d’une société commerciale peut se faire soit par la transformation de


celle-ci en une société d'une autre forme, soit en sa fusion avec une ou d’autres sociétés
commerciales, soit en sa scission, soit en un apport partiel d'actif.

Les choix opérés sont généralement fonction de la situation économique ou financière de la


société, des options stratégiques. Mais, il peut aussi arriver que la restructuration s’impose
aux associés ou aux actionnaires.

Section 1: La transformation de la société commerciale

Que signifie transformer une société et quelles sont les conséquences que cela implique ?

I- Le processus de transformation

Aux termes des dispositions de l’article 181 alinéa 1 de l'acte uniforme relatif au droit des
sociétés commerciales, « la transformation de la société est l’opération par laquelle une
société change de forme juridique par décision des associés. »

En dehors des hypothèses de transformation volontaire pour des raisons économiques,


financières ou stratégiques, nous avons des cas dans lesquels la loi impose la transformation
de la société en une société d'une autre forme.

Ainsi aux termes des dispositions de l‘article 908 alinéa 2 de l’acte uniforme, « les sociétés
en commandite par actions existant régulièrement dans l'un des états parties devront être
transformées, dans ce même délai de deux ans, en sociétés anonymes sous peines d’être
dissoutes de plein droit à l’expiration de ce délai. »

De même, aux termes des dispositions de l'article 914 du même acte, les S.A. et les S.A.R.L
dont le capital social n’aura pas été augmenté au minimum prévu par l’acte devront
prononcer leur dissolution ou se transformer en société d'une autre forme pour laquelle il
n'est pas exigé un capital minimal supérieur au capital existant.

De même, si deux époux ou un mineur par suite de succession se retrouvent dans la même
SNC celle-ci devra se transformer en société en commandite simple afin que l'un des époux
ou le mineur soit commanditaire.

Comment se prend la décision de transformation ?


A- La prise de la décision de transformation

B- Effets de la transformation

1- Au plan de l’existence de la nouvelle société


2- Au plan du fonctionnement de la nouvelle société
a- Les organes de gestion et de contrôle
b- Les comptes sociaux

Section 2- Fusion, scission et apport partiel d’actif

Il s'agit d'opération dont certaines aboutissent à la disparition d'une société. C'est le cas des
fusions et des scissions. Tandis que pour d'autres la société subsiste. C'est le cas de l'apport
partiel d'actif.

II- Fusion et scission des sociétés commerciales

La fusion est l'opération par laquelle deux sociétés se réunissent pour n’en former qu’une
seule soit par création d'une société nouvelle, soit par absorption de l'une par l’autre.

Cette opération est possible même pour une société en liquidation qui peut être absorbée ou
qui peut participer à la constitution d'une société nouvelle par voie de fusion.

Quant à la scission, elle est l’opération par laquelle le patrimoine d’une société est partagée
entre plusieurs sociétés existantes ou nouvelles ou alors transmise à des sociétés existantes
nouvelles.

Quelle est la procédure à mettre en œuvre pour réaliser ces opérations et quels en sont les
effets ?

A- Procédure de fusion et de scission

B- Effets de la fusion ou de la scission

1- La préservation des droits des associés


2- La dévolution des pouvoirs dans la nouvelle société

III- L'apport partiel d'actif

Aux termes des dispositions de l’article 195 de l’acte uniforme relatif au droit des sociétés
commerciales : « l'apport partiel d'actif est l'opération par laquelle une société fait apport
d’une branche autonome d'activité à une société préexistante ou à créer »
Cette opération peut intervenir entre sociétés de même forme ou entre sociétés de forme
différentes.

Dans la pratique, cette opération se conçoit dans les filiales constituées pour poursuivre une
activité autonome dont la société mère entend se dégager.

Elle est décidée, en principe, dans les mêmes conditions que pour la fusion ou la scission et
obéit aux mêmes conditions de validité.

A- Conditions de réalisation de l'apport partiel d’actif

B- Procédure de réalisation de l'apport partiel d'actif

C- Effets de l'apport partiel d'actif

Ainsi, prend fin la deuxième partie de ce cours de droit commercial qui a porté sur les
sociétés commerciales. Vous êtes libre de consulter aussi l'introduction ou la première
partie (Les commerçants et les entreprenants) de ce cours de droit commercial.

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