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Par Evariste WEMBE TAFO

Cours de Métrologie
Sommaire

INTRODUCTION
I. Rôle et constitution
A.LES CHAINES DE MESURE:
II. Conditions imposées à la chaîne de mesure
1. Etendue de mesure :
2. Précision
3. Résolution
4. Rapidité
5. Environnement de mesure
III. Caractéristiques métrologiques des éléments de la chaîne
1. Incertitude apportée par un dispositif
2. Caractéristiques statiques:
3. Caractéristiques dynamiques:
4. Estimation de l’incertitude de mesure due à un dispositif
5. Traitement statistique des mesures :
6. Propagation des erreurs
7. Plus généralement:
B. LES CAPTEURS
I. Définition
II. Sensibilité du capteur :
lll. Conditionneur associé
1. Classification des capteurs :
2. Les capteurs passifs
3. Les capteurs actifs

Objectifs
En sciences, l’instrumentation est une technique de mise en œuvre d’instruments de
mesure. La métrologie au sens étymologique du terme se traduit par Science de la mesure.
La métrologie s’intéresse traditionnellement à la détermination de caractéristiques (appelées
grandeurs) qui peuvent être fondamentales comme par exemple une longueur, une masse,
un temps etc. ou dérivées des grandeurs fondamentales comme par exemple une surface,
une vitesse etc. Cependant, dans les domaines courants des essais, il existe de nombreuses
caractéristiques n’ayant qu’une relation indirecte avec ces grandeurs. C’est le cas, par
exemple, de la dureté, de la viscosité etc. qui peuvent poser des problèmes dans
l’interprétation. Mesurer une grandeur physique consiste à lui attribuer une valeur
quantitative en prenant pour référence une grandeur de même nature appelée unité.

Les résultats des mesures servent à prendre des décisions:


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– acceptation d’un produit (mesure de caractéristiques, de performances, conformité


à une exigence),
– réglage d’un instrument de mesure, validation d’un procédé,
– réglage d’un paramètre dans le cadre d’un contrôle d’un procédé de fabrication
– validation d’une hypothèse,
– protection de l’environnement,
– définition des conditions de sécurité d’un produit ou d’un système.
L’ensemble de ces décisions concourt à la qualité des produits ou des services: on peut
qualifier quantitativement la qualité d’un résultat de mesure grace à son incertitude.

INTRODUCTION
Une chaîne d’acquisition recueille les informations nécessaires à la connaissance et
au contrôle d’un procédé. Elle délivre ces informations sous une forme appropriée à leur
exploitation. La grandeur objet de la mesure est appelée le mesurande.
Dans sa structure de base, une chaîne d’acquisition doit pouvoir assurer les fonctions
suivantes:
-Extraction de l’information et traduction en signal électrique au moyen de capteurs et
conditionneurs.
-Traitement analogique du signal (amplification, filtrage…) destiné en particulier à en éviter la
dégradation par le bruit et les parasites.
-Sélection (parmi l’ensemble des signaux disponibles) du seul signal requis (à l’aide de
multiplexeur).
-Conversion du signal sous forme numérique adapté au calculateur chargé de l’exploiter, au
moyen de l’échantillonneur-bloqueur et du convertisseur analogique-numérique.
-Coordination des opérations précédentes (par un calculateur).

Exemple de structure d’une chaîne d’acquisition:


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A.LES CHAINES DE MESURE :

II. Conditions imposées à la chaîne de mesure


1. Etendue de mesure :
L’étendue de mesure (E.M.) est définie par les valeurs maximale Mmax et minimale
Mmin du mesurande à acquérir : E.M.=Mmax -Mmin
Ex : si Tmax = 700 °C et Tmin= 500 °C alors E.M. = 200 °C
(pour un capteur de température par exemple)
La donnée de l’E.M. est un des éléments déterminants du choix du capteur approprié.

2. Précision
A l’exclusion des grandeurs étalons, la valeur vraie m d’une grandeur physique ne
peut être déterminée exactement par la mesure.
L’expérimentateur dispose :
 d’une valeur mesurée M de la grandeur physique
 d’une estimation de l’incertitude :  M (à partir des différents éléments de la
chaîne)
D’où : M - M m  M+M ou m = M M
La précision de la chaîne est l’erreur relative p rapportée à l’étendue de mesure :
p=M/(Mmax-Mmin)
Elle permet de donner une valeur plus exacte de l’incertitude réelle M de la chaîne. On
applique à la chaîne des mesurandes de valeurs connues (étalons) et on relève les réponses
de la chaîne. La répartition statistique des résultats de mesure donne la réponse réelle et les
incertitudes associées.

3. Résolution
On désigne par résolution la relation:
Résolution=(Mmax-Mmin)/dMmin=E.M./dMmin
Avec dMmin: la plus petite variation mesurable de la valeur M mesurée.
La résolution spécifie le nombre de valeurs distinctes qu’il est possible d’associer au mesurande
dans l’étendue de mesure.

4. Rapidité
La rapidité caractérise l’aptitude d’un dispositif à répondre aux variations temporelles
du mesurande. La rapidité est spécifiée soit par la bande passante, soit par le temps de réponse
(voir plus loin). Par ailleurs; C’est la qualité d’un capteur à suivre les variations du mesurande.

5. Environnement de mesure
Les résultats de mesure peuvent être altérés (erronés) par des grandeurs dites
d’influence liées aux conditions de mesure: température, parasite ou perturbations
électromagnétiques, vibrations, humidité, rayonnements nucléaires, etc…
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Mesures de protection:
 minimiser leur influence par des protections adéquates: supports antivibratoires,
enceintes thermostatées, blindages antiparasites, etc…
 prendre en compte leur influence, lorsque cela est possible, afin de corriger en
conséquence le résultat de mesure.

III. Caractéristiques métrologiques des éléments de la chaîne


1. Incertitude apportée par un dispositif

-Relation théorique (ou nominale) : yn= Gn•x + y0n avec Gn : gain nominal du dispositif et y0n :
décalage nominal du zéro (souvent = 0)
-Relation réelle : y = Gn•x + y0n avec G : gain réel du dispositif et y0 : décalage réel du zéro
(souvent = 0)
L’incertitude, en valeur absolue, sur la grandeur de sortie y est l’écart : y = y– yn
Ce qui se traduit par : y = y – yn
y = (G-Gn)•x +(y0 – y0n)
y = G•x +y0 (1)
L’incertitude y sur la sortie y résulte donc de la combinaison de l’incertitude sur le gain G
et de l’incertitude sur le décalage du zéro y0
On peut donc écrire: y= yn +y
L’incertitude associée au dispositif k (capteur, conditionneur, amplificateur, filtre… ) est
définie, en valeur relative, par :
k = yk /(ymax - y0n)k  k  yk /(ymax)k (si y0n  ymax)
Les données « constructeur » permettent, dans les conditions réelles de fonctionnement:
- de connaître le gain nominal: Gn
- d’estimer l’incertitude associée k

2. Caractéristiques statiques :
On suppose que le signal d’entrée x est constant ou lentement variable.
a- Erreur de Gain nominal
On supposera également que le décalage du zéro est supposé négligeable (y0 0) (devant le
gain)
D’après (1) l’incertitude maximale y(Gn) engendrée, sur la grandeur de sortie y , par
l’incertitude sur le gain G est :
y(Gn) = G•xmax
y(Gn) = G•ymax / Gn car y = Gn•x (y0 0) xmax = ymax /G
y(Gn) = Gn•ymax avec Gn =(G –Gn)/Gn appelé erreur relative de gain ou erreur de gain
nominal
b- Erreur de linéarité
Soit yl l’écart maximal entre les points expérimentaux à partir desquels sont établies la
relation linéaire (1) et la droite ainsi définie.
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L’erreur de linéarité l est l’écart maximal rapporté à la pleine échelle de sortie, soit :
l= yl/ ymax

c- Dérives thermiques
La réponse d’un dispositif peut être influencée par la température (grandeur d’influence).
Une variation T = T – Tn entraîne une variation y de la sortie, à x entrée constant.

Ces dérives thermiques peuvent donc être classées en :


-Une dérive thermique du gain G :
-Une dérive thermique du décalage du zéro :

i. Incertitude maximale due à la dérive thermique du gain:


En réalité on a : G(T) = G(Tn)•(1+G.T) avec G : coefficient de température du gain
L’incertitude liée à la dérive thermique du gain est : yG(T) = G•x
L’incertitude maximale correspond à Tmax et à xmax soit:
yG(T) = G(Tn)• G Tmax•xmax
yG(T) = GTmax.ymax est l’incertitude maximale absolue
Pour l’incertitude maximale relative : en pourcentage de la pleine échelle on a :
G(T) = yG(T)/ymax
G(T) = GTmax
(Dépend du coefficient de température du gain du dispositif G et de la plage maximale
connue de température c.à.d. Tmax)
ii. Incertitude maximale due à la dérive thermique du décalage du zéro:
En valeur absolue : yz(T) = y0(Tmax) – y0(Tn)
yz(T) =(dy0/dT)•Tmax avec (dy0 /dT) = la sensibilité thermique du décalage (en mV.°C-1 par
exemple).
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En valeur relative : Rapportée à la pleine échelle l’incertitude due à la dérive thermique sur
le décalage du zéro est : z(T) = yz(T)/ymax
z(T) = (dz(T)/ dT)•Tmax
avec (dz(T) / dT) = la sensibilité thermique de l’incertitude (en % de l’E.M. :°C-1 par exemple).
Selon le cas le constructeur spécifie l’une ou l’autre des sensibilités.

3. Caractéristiques dynamiques:
On considère généralement deux types de variations du signal d’entrée : le signal
sinusoïdal et le signal échelon.
a- En régime sinusoïdal

Le gain en amplitude défini par: G = ymax / xmax varie avec la fréquence.


La plupart des dispositifs sont de type passe-bas. La variation relative de gain qui en découle
est : G/G(0) = [G(F) – G(0)]/G(0)
A la variation relative du gain correspond une incertitude maximale ymax. telle que :
ymax = GF •ymax
avec GF = [G(Fh)– G (0)]/G(0) appelé incertitude de bande passante.
(Fh : fréquence supérieure dans la bande passante à  près)

b-Pour un dispositif alimenté par un signal echelon


Signal échelon : x(t) = 0 si t < 0 s.
X(t) = X1 = constante si t > 0 s.
Lorsqu’un dispositif reçoit, en entrée, un signal de type échelon alors la grandeur de sortie
y(t) est telle que :
y(t) = Y1•F(t) où F(t) = 0 pour t < 0
F(t) 1 si t 
Y1: valeur finale de y(t)
Si l’on effectue la saisie de la grandeur de sortie y à l’instant t après application de l’échelon
d’entrée on commet une erreur d’établissement (par rapport à la valeur finale Y1) définie par:
e=(Y1 – y(t)) / Y1

4. Estimation de l’incertitude de mesure due à un dispositif


En tenant compte des incertitudes élémentaires (i) vues précédemment (auxquelles
on peut ajouter les incertitudes spécifiques d’hystérésis h et de quantification q d’un CAN) :

-L’incertitude maximale due au dispositif k est :


kmax = i de i = 1 à n (si n dispositifs)

-L’incertitude probable est définie par :


kprob = i² (somme quadratique des incertitudes élémentaires)

5. Traitement statistique des mesures :


Les erreurs entraînent une dispersion des résultats lors de mesures répétées. Leur
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traitement statistique permet :


 de connaître la valeur la plus probable de la grandeur mesurée,
 de fixer les limites de l'incertitude.
Lorsque la mesure d'une même grandeur X a été répétée n fois, donnant les résultats :
x1, x2... xn, la valeur moyenne est définie par :

Une indication de la dispersion de ces résultats est donnée par l'écart-type (en réalité ici il
s’agit de l’écart-type estimé car le nombre de mesures est fini):

Lorsque les erreurs accidentelles affectant les différentes mesures sont indépendantes, la
probabilité d'apparition des différents résultats satisfait habituellement à la loi normale dite
encore loi de Gauss:

Dans ce cas la valeur la plus probable est la valeur moyenne des mesures.

6. Propagation des erreurs


a- Calcul de l’incertitude absolue
On considère une fonction à 2 variables f(x,y). La différentielle de f(x,y) est:

On approxime df f et d’après l’inégalité triangulaire on a :

enfin, on choisit la borne supérieure comme estimation la plus pessimiste (c'est-à-dire la plus
honnête) de l'erreur sur f(on remplace le  par =)

b- Calcul de l’incertitude relative


 Soit par le calcul de l’incertitude absolue et faire f/f
 Soit par un calcul direct en utilisant la différentielle logarithmique
d(ln f) = df/f, ou encore [ln f(x)]’ = f’(x) / f(x), qui permet d'en déduire facilement f/f. Cette
méthode ne marche que si l'expression de f(x; y) ne fait pas intervenir de sin; cos; exp; ln. . .
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On suivra en pratique la méthode suivante :


a) on calcule ln f en fonction de ln x et ln y (´éventuellement après avoir effectué un
développement limité),
b) on remplace tous les logarithmes par les différentielles dx/x, dy/y correspondantes (les
constantes disparaissent, puisqu'elles ne sont pas affectées d'une erreur),
c) on passe aux valeurs absolues des incertitudes relatives x/x, y/y en utilisant l'inégalité
triangulaire,
d) enfin, on choisit la borne supérieure comme estimation la plus pessimiste.
Exemple :

7. Plus généralement:
 Addition : si s = b+c alors s = b + c
 Soustraction : si s = b-c alors s = b + c
 Multiplication : si m = b•c alors m/m = (b/b) + (c/c)
 Division : si d = b/c alors d/d = (b/b) + (c/c)
 Puissance : si P=a alors P/P = •a/a

B. LES CAPTEURS
I. Définition
Un capteur est l’élément qui va permettre sous l’effet du mesurande d’en délivrer une
image exploitable (signal électrique par exemple). On parle aussi de transducteur, la grandeur
physique d’entrée (le mesurande) étant transformée en une autre grandeur physique de sortie
ou en un signal électrique.
Un capteur (ou transducteur) est un dispositif qui transforme la grandeur physique
d’entrée (le mesurande) en une autre grandeur physique de sortie.
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Figure 1: principe d’un capteur

Généralement, on obtient une grandeur de sortie du type électrique. Elle peut être soit: - une
charge (q), - une tension (v), - un courant (i), - une impédance (R, L, C).

II. Sensibilité du capteur


Soit x la grandeur à mesurer et y le signal fourni par l'appareil de mesure. À toutes
valeurs de x, appartenant à l'étendue de mesure, correspond une valeur de y.
y = f(x)
La sensibilité autour d'une valeur de x est le quotient S :
S = dy/dx
Si la fonction est linéaire, la sensibilité de l'appareil est constante :
S = y / x
Lorsque x et y sont de même nature, la sensibilité est alors sans dimension et peut
être appelé gain. Il s'exprime généralement en dB.
gain(dB) = 20 x log (m)
REMARQUES :
-La sensibilité S permet de mesurer l’influence d’un changement de la valeur d’entrée sur la
valeur de sortie.
-Un bon instrument devra avoir une assez grande sensibilité.
-Lorsque la sensibilité est constante la réponse de l’instrument est linéaire. Ce type
d’instrument sera particulièrement recherché en raison de sa facilité d’utilisation.
-La sensibilité devra être aussi indépendante que possible de la fréquence de variation de la
grandeur mesurée, du temps et d’autres grandeurs d’influence.

lll. Conditionneur associé


Le conditionnement de la mesure consiste à rendre exploitable la mesure issue du
capteur. L’association capteur-conditionneur détermine le signal électrique et ses
caractéristiques. On effectue une adaptation de la source du signal à la chaîne de mesure
complète.

1. Classification des capteurs :


Les capteurs passifs
Les capteurs dont la grandeur de sortie est une impédance (R, L ou C) sont appelés
«capteurs passifs »
 Capteurs résistifs :
Les capteurs résistifs sont des résistances pures. Le mesurande agit sur les paramètres
internes du capteur (dimensions géométriques, conductivité (densité de charges électriques,
mobilités des porteurs de charges)) et provoque une variation de la résistance du capteur.
 Capteurs inductifs :
Un ou plusieurs enroulements de mesure sont traversés par un flux d’induction
magnétique dont le mesurande provoque la variation. La variation d’inductance qui en
découle renseigne sur le mesurande.
 Capteurs capacitifs
Ce sont des condensateurs. Le mesurande agit sur la permittivité r relative du
diélectrique ou sur les paramètres dimensionnels et provoque une variation de la capacité
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du capteur.
Exemple : C = r. 0.S/e (pour condensateur plan) avec :
S : aire des armatures en regard et
e : distance entre les armatures
Le tableau ci-dessous résume, en fonction du mesurande, les effets utilisés pour
réaliser la mesure.
MESURANDE EFFET UTILISE MATERIAUX
(Grandeur de sortie)
Température Résistivité Platine, nickel, cuivre,Semi-
conducteurs
Très basse température Cste diélectrique Verre
Flux optique Résistivité Semi-conducteurs
Déformation Résistivité Alliages nickel
Perméabilité Alliages ferromagnétiques
Position Résistivité Magnétorésistances:
Bismuth, antimoine d’indium
Humidité Résistivité Chlorure de lithium

Les capteurs actifs


Ce sont les capteurs pour lesquels, la sortie du capteur est équivalente à un
générateur. C’est un dipôle actif qui peut être du type courant, tension ou charge.
 Capteurs générateurs de force électromotrice : thermocouple
Création d’une f.é.m entre deux conducteurs électriques soudés entre eux : effet Seebeck

Figure: Thermoélectricité
C’est le principe de tout thermocouple. C’est un circuit constitué de deux conducteurs
de nature chimique différente et dont les jonctions sont à des températures différentes T1 et
T2. Il apparaît aux bornes de ce circuit une tension (force électromotrice) liée à la différence
de température (T1-T2).

 Capteurs générateurs de courant: photodiode


Un rayonnement lumineux incident produit un courant électrique Id (par effet photoélectrique).
Sous l’influence d’un rayonnement lumineux, le matériau libère des charges électriques et
celles-ci en fonction du rayonnement.

Figure: Photoélectricité

 Capteurs générateurs de charges électriques: piézoélectrique, pyroélectrique


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Charges Q tension v = Q/C0 (avec C0 capacité du condensateur ainsi formé)


Piézoélectrique : une force appliquée génère une tension aux bornes d’un matériau isolant
(effet condensateur) par création de charges superficielles.
l’application d’une force sur ce type de matériau engendre l’apparition de charges
électriques crées par la déformation du matériau. C’est un phénomène réversible.

Figure: Piézoélectricité
Pyroélectrique : une variation de température du matériau isolant entraîne une tension (par
création de charges superficielles).
Certains cristaux présentent une polarisation électrique proportionnelle à leur
température. Ainsi, en absorbant un flux de rayonnement, le cristal pyroélectrique va
s’échauffer et ainsi sa polarisation va se modifier entraînant une variation de tension
détectable.

Figure: Pyroélectricité

Dans ce cas des capteurs actifs, les principes physiques mis en jeu sont présentés ci-
dessous.

MESURANDE EFFET UTILISE GRANDEUR DE SORTIE


Température Thermoélectricité Tension
(thermocouple)
Flux optique Photoémission Courant
Pyroélectricité Charge
Force, pression, accélération Piézoélectricité Charge
Position Effet Hall Tension
Vitesse Induction Tension

2. Les capteurs passifs


Ce capteur donne une image du mesurande par l’intermédiaire d’une impédance. On
associe donc toujours une source externe de tension ou de courant au capteur.
Deux grands principes de conditionneurs peuvent être employés:
-Montage en pont: on récupère alors une tension proportionnelle au mesurande.
-Montage oscillant: la fréquence du signal de sortie est modulée par le mesurande.

a-Montage potentiométrique
-Cas des résistances
On utilise un simple pont diviseur alimenté par une source de tension continue Ve.
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L’impédance interne de la source (Rs) et l’impédance de l’appareil de mesure (Rd) doivent être
prises en compte. Le capteur est modélisé par la résistance Rc.

Figure: modèle du montage potentiométrique


En négligeant Rs et Rd, on obtient:

La relation qui lie la tension de sortie (Vm) au paramètre image du mesurande (Rc)
n’est pas linéaire. La sensibilité du montage n’est donc pas constante. On peut néanmoins faire
une étude en petites variations du mesurande (étude petit signaux). Ainsi si l’on se place aux
petites variations ∆R < Rc + R1:

Alors on obtient:

C’est une relation linéaire d’où on peut directement extraire la sensibilité du capteur
∆Vm/∆Rc. Cette sensibilité est maximum pour R1=Rco soit:

Remarque: Cas d’une alimentation en courant:

Figure: Capteur alimenté en courant

L’utilisation d’une source de courant I rend le montage directement linéaire si l’on


néglige l’impédance interne de la source, c’est à dire:

∆Vm = I.∆Rc

-Cas des impédances complexes (Zc)


Le capteur est capacitif (détecteur de niveau par exemple) ou inductif (détecteur de
position). On utilise alors une source d’alimentation sinusoïdale associée à pont diviseur.
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Figure: Montage en pont dans le cas d’impédances complexes

En supposant R1 < lZcl , on obtient aux petites variations :

De même en utilisant une source de courant I :


∆Vm = I.∆Zc

b- Montage en pont
L’utilisation d’un montage potentiométrique présente le défaut d’avoir en sortie la
présence d’une tension continu, et ceci en l’absence de variations du mesurande. L’emploi
d’un montage en pont présente l’avantage de s’affranchir de cette tension continue.

Figure: montage en pont

On obtient une tension de mesure encore appelée tension déséquilibre du pont:

Si on veut une tension nulle en l’absence d’évolution du mesurande (cas stable Rc=Rco), on
trouve la condition d’équilibre d’un pont de Wheatstone:
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Cas RC=R1=R3=R4=R :
Ceci correspond à une sensibilité maximum pour le cas du diviseur potentiométrique,
et l’on suppose que le mesurande évolue autour d’une valeur Rco : RC = Rco + ∆R , avec Rco=R.
On obtient alors pour:

Soit

On peut alors tracer l’évolution de la tension de déséquilibre en fonction du rapport


∆R/R :

Figure: Valeur de la tension de décalage du pont de Wheatstone

Calcul pour de très faibles variations de Rc :


En faisant une étude autour du voisinage de zéro (∆R/R <<1), on peut linéariser la
relation entre Vm et ∆R:
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Figure: Evolution de la tension de déséquilibre du pont pour de très faibles variations


de Rc
On obtient ainsi une mesure avec une sensibilité constante autour du point d’équilibre.

c- Montage oscillant
Un circuit oscillant (LC) présente une fréquence de résonance Fo telle que:

Si on insère un capteur capacitif ou inductif dans un tel circuit, ses variations entraîneront une
variation ∆f de la fréquence d’oscillation du circuit. En supposant des petites variations on
obtient une évolution:

Dans le cas d’un capteur capacitif, on peut utiliser un oscillateur à relaxation:


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Figure: Schéma électrique d’un montage astable à circuit R-C.

La période des oscillations est directement reliée à la valeur de la capacité par la


relation:

3. Les capteurs actifs


Le capteur se comporte comme une source.

a- Capteur source de tension:


On peut adopter le modèle suivant pour la sortie du capteur auquel on vient connecter
une impédance correspondant à l’impédance d’entrée du conditionneur.

Figure: modèle du capteur source de tension

On utilisera des dispositifs à forte impédance d’entrée de manière à obtenir une


tension en sortie du conditionneur aussi proche que la tension en sortie du capteur. On pourra
utiliser un montage suiveur (inverseur ou non), ou un amplificateur différentiel plus
classiquement appelé amplificateur d’instrumentation (Voir ci-dessous).

Figure: exemple de conditionneur

b- Capteur source de courant:


Dans ce cas, le capteur peut se modéliser par une source de courant avec une
impédance en parallèle.
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Figure: Modèle du capteur type source de courant Figure: convertisseur courant-tension

On fait appel dans ce cas à un convertisseur courant-tension de manière à obtenir une


tension proportionnelle au courant de sortie du capteur.

c- Capteur source de charge


Le capteur en tant que générateur présente une impédance interne capacitive. C’est le
cas d’un cristal piézo-électrique. Il faut faire attention dans le cas où l’on vient brancher une
impédance équivalente résistive à ses bornes. Cette résistance peut engendrer une décharge
trop rapide de la capacité empêchant toute mesure.

Figure: modèle du capteur type source de charge

Dans ce cas, il est préférable d’utiliser un amplificateur de charge dont le principe est présenté
ci-dessous.

Figure: amplificateur de charge