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COURS DU MODULE DE GEOTECHNIQUE 1 L 1 GC OPTION : BTP 2020-2021 ENTP

COURS DE GEOTECHNIQUE

NIVEAU D’ETUDES : PREMIERE ANNEE EN LICENCE GENIE CIVIL


OPTION : BTP (L 1)

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PROGRAMME DE GEOTECHNIQUE 1 POUR LA


FORMATION EN LICENCE
INTRODUCTION A LA GEOTECHNIQUE

GENERALITES
- Les roches et les sols
- L’altération des roches et la genèse des sols

LES PARAMETRES PHYSIQUES DE LA DEFINITION DES SOLS

IDENTIFICATION DES SOLS


• La structure et le comportement
- la structure des sols
- le comportement des sols
• L’échantillonnage
- la reconnaissance des sols, sondages, coupes géotechniques et
prélèvements
- l’échantillonnage en laboratoire
• Les paramètres indépendants
- la détermination de la teneur en eau
- la détermination du poids volumique des grains solides
- la détermination de l’indice des vides
• La mesure de la teneur en eau
- les méthodes lentes de référence normalisées (méthode par étuvage)
- les méthodes rapides directes
- les méthodes rapides indirectes
• La granulométrie des sols
- analyse granulométrique par tamisage (sols grenus)
- analyse granulométrique par sédimentométrie (sols fins)
- la courbe granulométrique
- les paramètres de la granulométrie des sols
• Les essais propres aux sols grenus
- Equivalent de sable
- Mesures de masses volumiques apparentes et réelles
- L’indice de densité
• Les essais propres aux sols fins
- limites d’Atterberg et limite de retrait
- essais au bleu de méthylène
- teneur en matières organiques MO
- teneur en CACO3
• La désignation et la classification des sols
- classification USCS
- classification USHRB

CONTRAINTES ET DEFORMATIONS DANS LES SOLS : LOI DE TERZAGHI


• Généralités
• Contraintes totale et effective
- Contrainte totale
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- Pression interstitielle
- Sols saturés – contraintes effectives - principe
- Profil de contrainte effective verticale
• Exemples de calcul de contraintes verticales (contraintes géotechniques et
nappe au repos)
- Contraintes verticales
- Nappe à la surface du sol
- Sol submergé
- Sol immergé
• Contraintes horizontales
• Calcul des suppléments ou accroissement de contraintes dues aux
surcharges
- Cas d’une charge ponctuelle
- Cas de charges surfacique.
ELEMENTS DE GEOTECHNIQUE ROUTIERE
• Les essais d’identification
• Les essais de comportement

HYDRAULIQUE DES SOLS


• Hypothèse de base
- le sol est saturé
- l’eau est incompressible
- continuité de la phase liquide (les grains sont incompressibles)
- l’eau interstitielle est visqueuse (fluide de Newton)
- on tient compte de l’effet de la pesanteur
- les écoulements sont permanents (indépendants du temps)
- généralisation de la loi de DARCY en milieu homogène
• Définitions fondamentales
- charge hydraulique et perte de charge
- vitesse de l’eau dans les sols, vitesses de décharges et vitesse réelle
moyenne)
- gradient hydraulique
- écoulement linéaire, (loi de Darcy et notion de perméabilité)
- généralité de la loi de Darcy en milieu homogène
• Etude de réseau d’écoulement
- équation de Laplace en milieu isotrope
- équation d’écoulement en milieu anisotrope
- écoulements bidimensionnels en milieu isotrope et anisotrope
- écoulements tridimensionnels à symétrie de révolution (pompage en
régime permanent – formule de Dupuit)
- interaction fluide squelette (phénomène de Boulance et de renard
- protection des ouvrages contre la Boulance et le Renard)
• Mesure et calcul des perméabilités des sols
- en laboratoire (perméamètre à charge constante et perméamètre à
charges variables)
- in – situ (essais de pompage, essai LEFRANC, essai LUGEON)
- formules empiriques
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• Phénomènes capillaires dans les sols non saturés


- notions élémentaires de capillarité
- frange capillaire
- cohésion capillaire des sols grenus
- cohésion des sols fins (limons fins et argiles).

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INTRODUCTION A LA GEOTECHNIQUE
La géotechnique est une branche du génie civil qui concerne l’étude et la modification
du sol. On peut dire que c’est la branche la plus fondamentale du génie civil parce que
toute structure civile repose sur le sol.

Le sol, selon les ingénieurs civils, c’est toute accumulation non compact ou faiblement
compact de particules minérales issues de la dégradation des roches.

La géotechnique est divisée en deux branches principales à savoir : la mécanique


des sols et la conception des ouvrages géotechniques.

- La mécanique des sols se concentre sur le comportement du sol au travers de :


• l’identification (nature et classification) ;
• la caractérisation (mécanique, physique, hydraulique, paramètres de
compressibilités) ;
• la modélisation (loi physique, formulation mathématique du comportement).
- La conception des ouvrages géotechniques se concentre sur l’application de
la mécanique des sols pour la conception des ouvrages.

Figure 1 : Les remblais Figure 2 : Mur de soutènement Figure 3 : Stabilité des talus
(routes, chemins de fer)

Figure 4 : Fondations Figure 5 : Barrages en terre, digue Figure 6 : Amélioration des sols

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IM PORTANCE DE LA GEOTECHNIQUE

I. QU’EST-CE QUE LA GEOTECHNIQUE ?

« La géotechnique est l'étude de l'adaptation des ouvrages humains aux sols et roches
formant le terrain naturel.

Selon la norme XP P 94-010 (1996) donne une définition officielle de la géotechnique :


« Science qui étudie les sols sous tous les aspects qui intéressent l’ingénieur de génie
civil ».

Elle traite de l'interaction sol / structures, et fait appel à des bases de géologie,
de mécanique des sols, de mécanique des roches et de structures. En parallèle à
la mécanique des sols qui traite des matériaux meubles, la mécanique des
roches traite des matériaux rigides, et les géo-matériaux cimentés traitent d'une
catégorie de matériaux intermédiaires entre les sols et les roches.

Les études géotechniques ont pour principal objet les études de sol pour la construction
d'ouvrages (pavillons, immeubles, voiries, ouvrages d'art...), et notamment la définition
des fondations, mais aussi dans le cadre de diagnostics pour des ouvrages sinistrés.
Elles traitent également des phénomènes de mouvement de sol (glissement,
affaissement et autres), de déformation (tassements sous charges) et résistance
mécanique.

L’hydrogéologie, qui étudie les nappes aquifères souterraines en vue de leur


exploitation, est généralement considérée comme une discipline indépendante,
n’entrant pas dans le cadre de la géotechnique. Cependant on doit tenir compte des
effets de la présence et de la circulation de l’eau dans les sols qui sont pratiquement à
l’origine de tous les accidents dus à des ruptures de sols ou de roches. »

Les géotechniciens gèrent des équipes de forage, dépouillent des essais in situ et en
laboratoire de toutes sortes, ont des connaissances en géologie, hydrogéologie,
mécanique des sols et construction. Ils doivent synthétiser toutes ces connaissances
pour permettre de construire en toutes circonstances et ce au meilleur coût, car une
défaillance dans la connaissance du sol peut être une source de certains problèmes si
ce ne sont pas des problèmes certains. Les photos ci-dessous illustrent quelques
problèmes posés par le sol : soit parce qu’il n’a pas été bien étudié, soit parce qu’il n’a
pas été étudié (par négligence ou par ignorance). C’est donc un métier d’une grande
variété qui nécessite une curiosité et un esprit de synthèse.

Figure 7 : Rupture d’un barrage Figure 8 : Poinçonnement

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Figure 9 : Effondrement d’un ouvrage de soutènement Figure 10 : Glissement de terrain

Figure 11 : Tassement différentiel Figure 12 : Gonflement de sol

II. POURQUOI REALISER UNE ETUDE GEOTECHNIQUE AVANT UN PROJET


D’AMENAGEMENT ?

Lors d’un projet d’aménagement, tout constructeur doit (de manière à assurer la
pérennité des futurs ouvrages) prendre en compte la nature des formations
constituant le sous-sol du site où il est prévu de réaliser cet aménagement. Cette
prise en compte permet d’adapter le projet au site envisagé, de définir le système de
fondation de l’ouvrage avec le meilleur rapport sécurité/coût et de se garantir contre les
effets de la réalisation des travaux sur les constructions voisines.
Pour des raisons de compétence, la responsabilité des problèmes liés aux formations
composants le sous-sol est transféré à un spécialiste, le géotechnicien, dont la
mission porte généralement sur les points suivants :
• Définition du cadre géologique, hydrogéologique et topographique général d’un
site étudié et prise en compte des avoisinants du projet ;
• Définition des aléas existants vis-à-vis des risques naturels : détection des cavités,
stabilité générale d’un site (par rapport au glissement de terrain par exemple),
séismicité.
• Définitions des terrassements : faisabilité, réemploi des matériaux, tenus des talus
et parois des fouilles ;
• Définition de l’influence de circulations d’eaux souterraines, agressivité de l’eau
vis-à-vis des bétons ;

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• Définition de l’influence de la nature et de la répartition des formations


géologiques sur la réalisation des travaux et sur la conception de l’ouvrage :
détermination des sollicitations que sont capables de reprendre ces formations en
fonction des projets, définition des types de fondations à envisager et évaluation
des tassements sous ouvrages ;
• Définition de l’incidence sur l’environnement avoisinant le projet : stabilité des
pentes et des constructions voisines, nuisances liées aux futurs travaux.

Pour mener à bien cette mission, l’intervention du géotechnicien se divise généralement


en deux phases :
• Une phase d’investigations réalisée sur le site étudié et permettant d’obtenir
des informations relatives aux formations constituant le sous-
sol (homogénéité ou hétérogénéité du sous-sol, détermination des
caractéristiques géo-mécaniques des formations constituants le sous-sol,
présence de circulations d’eaux souterraines…). Différents moyens peuvent être
utilisés pour obtenir ces informations : reconnaissance géologique visuelle,
réalisation d’essais mécaniques en place (sondage par forage destructif avec ou
sans réalisation d’essais pressiométriques, sondage par forage carotté, sondage
au pénétromètre, etc..), essais en laboratoire géotechnique sur des matériaux
prélevés sur site…
• Une phase d’ingénierie permettant d’analyser les résultats des investigations, de
les synthétiser pour ne garder que les paramètres représentatifs et importants, de
modéliser à l’aide de ces paramètres le comportement du futur aménagement sur
le site d’implantation envisagé et d’étudier la faisabilité de solutions techniques
permettant l’adaptation spécifique d’un aménagement à son site.

Le géotechnicien résume souvent sa mission (investigations + ingénierie) au sein


d’un rapport d’étude géotechnique qui correspond à une mission bien définie (un
« contrat » entre le client et le géotechnicien). Ce rapport a pour objectif de présenter
aux constructeurs le cadre dans lequel ils vont réaliser leurs aménagements
(environnement du projet, géologie des sous-sols, eaux souterraines…) ainsi que les
solutions techniques pratiques, viables et économiques de manière à réaliser en
toute sécurité et à moindre coût l’aménagement projeté.

Selon le niveau d’avancement d’un projet d’aménagement (étude préliminaire,


phase avant-projet, phase projet, étude sur des ouvrages en cours de réalisation, étude
sur des ouvrages construits…) et l’ampleur du projet d’aménagement, l’implication
du géotechnicien, en termes de moyens et de responsabilités, n’est pas la même.
La norme NF P 94-500 est le document de référence définissant le cadre
règlementaire de travail du géotechnicien. Elle définit plusieurs types de missions
géotechniques permettant au géotechnicien d’adapter son intervention en fonction du
niveau d’avancement du projet et en fonction de la finalité recherchée par son étude.
Ces missions sont :
• G1 : Etude géotechnique préalable ;
• G2 : Etude géotechnique de conception ;
• G3 : Etude géotechnique de réalisation (étude et suivi géotechniques d’exécution)
• G4 : Etude géotechnique de réalisation (supervision géotechnique d’exécution) ;
• G5 : Diagnostic géotechnique.

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CHAPITRE 1 : GENERALITES DE LA GEOTECHNIQUE


I. DEFINITION

La géotechnique est une science appliquée qui rassemble les informations concernant
les sols. On peut la définir comme étant les techniques de construction sur les sols
et/ou avec le sol (fondations superficielles, fondations profondes, barrages en terre,
remblais, murs de soutènement etc.…). Elle est la partie de la géologie de l’ingénieur
qui étudie les propriétés des sols et des roches en fonction des projets de construction.
Elle étudie la résistance des terrains et recommande les méthodes appropriées pour la
construction.
La géotechnique fait appel à la mécanique des sols (MDS) : discipline issue de la
mécanique générale, elle est l’application des principes de base de la mécanique
(cinématique, dynamique, mécanique des fluides etc.) à l’état des sols. Elle nous
permet de mesurer les caractéristiques physiques et mécaniques des sols. Elle permet
d’examiner deux domaines statiquement :
𝟑
Les ( 𝟒 ) des sinistres proviennent des déformations par tassements successifs ;
𝟏
Le ( ) seulement étant imputable à un dépassement des contraintes par excès de
𝟒
charges ;
Les matériaux qui constituent la croûte terrestre ont fait l’objet d’une classification assez
arbitraire en deux catégories : les roches et les sols.
II. LES ROCHES
A- DEFINITIONS
Les roches sont les sols qui ne subissent pas de modifications notables en présence
d’eau. Ce sont, en général, des matériaux compacts, durs et résistants qui ne peuvent
être réduits en morceaux qu’à la suite de très gros efforts mécaniques. Comme
supports de fondations, ils sont pratiquement indéformables.
B- L’ALTERATION DES ROCHES ET LA GENESE DES SOLS
À l’air libre, la roche subit des phénomènes d’altération et des produits libérés subissent
un transport puis finissent par se déposer dans un bassin. Lorsque la dégradation de la
roche est chimique, provoquée par les intempéries naturelles, on parlera d’altération.

Après dégradation les particules solides et meubles appelées sols se déposent en


fonction de leur granulométrie (les matériaux les plus grossiers atteignent le fond avant
les fines particules). Cet ensemble subit une cimentation sous l’effet du climat, on
parlera de la genèse des sols.

Les sols meubles sont des sols résultant de l’altération physico-chimique des roches
en place ; leur compacité naturelle est en général faible. Ces terrains se sont
transformés en se décomposant en petites particules friables. Ils sont susceptibles de
déformation sous les fondations. C’est particulièrement ces sols, principalement les
sables, les graviers, les marnes, les silts, les argiles … qui sont analysés ci-dessous.

Roche → Sol

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III. LE SOL ET LE GENIE CIVIL


Le sol peut :
- supporter les ouvrages : fondations
- être supporté par un ouvrage : mur de soutènement, paroi moulée,…
- être un ouvrage : barrage, digue, plate-forme d’une chaussée, remblai,…
- …

Figure 13 : Fondations

Figure 14 : Barrage Figure 15 : Mur de soutènement

IV. LA RECONNAISSANCE GEOTECHNIQUE D’UN SOL

Dans tout projet de construction, le paramètre "sol" doit être pris en considération, soit
pour constater que ce paramètre ne pose pas ou peu de problèmes particuliers, soit
pour poser correctement les problèmes géotechniques et envisager les mesures
propres à les résoudre.
La reconnaissance géotechnique doit identifier de manière fiable la disposition et les
propriétés de tous les terrains concernés par l’ouvrage étudié ou affectés par les
travaux prévus.
Il convient de tenir compte d’un ou de plusieurs des éléments suivants lors de la
reconnaissance du terrain concerné par l’ouvrage ou les travaux :
- la stratigraphie géologique ;
- les paramètres d’identification de toutes les couches concernées (granulométrie,
poids volumique, consistance, teneur en matières organiques, …) ;
- les propriétés de résistance ;
- les propriétés de déformation ;
- la distribution des pressions interstitielles ;
- les conditions de perméabilité ;
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- les instabilités éventuelles du sous-sol ;


- la compactibilité du terrain ;
- l’agressivité éventuelle du terrain et de l’eau souterraine ;
- les possibilités d’amélioration du terrain.

Il convient normalement d’inclure, dans une reconnaissance les essais en place (in
situ), des forages et des essais en laboratoires. Une option de reconnaissance
géophysique est parfois envisageable. Une combinaison convenable des méthodes
de reconnaissance doit être utilisée pour identifier les caractéristiques géotechniques
du terrain concerné.
L’intérêt des essais de laboratoire (essais d’identification ou mécaniques) dans l’étude
ou le dimensionnement des différents ouvrages est donnée par le diagramme suivant
(fig. 16) :

La reconnaissance doit être réalisée au moins dans les formations qui ont été jugées
concernées par le projet et au-dessous desquelles le terrain n’aura pas d’incidence
sensible sur le comportement de l’ouvrage (site géotechnique).

V. LES SONDAGES

Les sondages géotechniques sont des investigations du sous-sol, réalisées avec ou


sans forage d’un trou, destinées à déterminer la nature et les caractéristiques
mécaniques, physiques et éventuellement chimiques de ses constituants afin de prévoir
son comportement lors de la réalisation de l’ouvrage. Ils permettent de reconnaître la
nature des terrains par extraction d’échantillons intacts ou remaniés servant pour
l’identification des sols et la détermination de leurs propriétés géotechniques. Les
sondages servent aussi à établir une coupe lithologique du sol.
L’intérêt majeur d’un sondage est de permettre un examen virtuel des couches
rencontrées et de prélever des échantillons remaniés pour la détermination des
paramètres d’identification ou intacts pour la réalisation d’essais mécaniques en
laboratoire. La technique de prélèvement de l’échantillon est fonction des

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caractéristiques qu’on cherche. On définit cinq classes de prélèvement qui traduisent


l’état nécessaire des échantillons prélevés pour que les caractéristiques géotechniques
que l’on recherche à déterminer y soient mesurables.
Les classes de prélèvements sont :
- Classe 1 : prélèvement qui permet de déterminer les caractéristiques de nature,
d’état et de comportement ainsi qu’une description complète du sol. L’échantillon
est intact.
- Classe 2 : prélèvement qui ne permet de déterminer que les caractéristiques de
nature, et d’état. La description du sol est possible.
- Classe 3 : prélèvement qui ne permet que de déterminer les caractéristiques de
nature et la teneur en eau ainsi qu’une description.
- Classe 4 : prélèvement qui ne permet que de déterminer les caractéristiques de
nature.
- Classe 5 : prélèvement incomplet.

Le tableau 1 suivant donne la possibilité d’exécuter quelques essais de laboratoire en


fonction de la classe du prélèvement.

Propriétés des sols / Classe de prélèvement 1 2 3 4 5

Séquence des couches ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Limites des couches (grossièrement) ♦ ♦ ♦ ♦

Limites des couches (finement) ♦

Granulométrie ♦ ♦ ♦ ♦

Limites d’Atterberg ♦ ♦ ♦ ♦

Teneur en matières organiques ♦ ♦ ♦

Teneur en eau ♦ ♦ ♦

Perméabilité ♦ ♦

Masse volumique apparente ♦ ♦

Compressibilité ♦

Résistance au cisaillement ♦

Tableau 1 : Essais en labo – description – en fonction de la classe de prélèvement

VI. LES ESSAIS IN SITU

Les essais in situ (ou en place) de géotechnique servent à déterminer des paramètres
de comportement mécanique du sol en place. Les essais in situ les plus courants sont :
- le pressiomètre Ménard (NFP 94-110-1) ;
- le pénétromètre statique (NFP 94-113) ;
- le pénétromètre dynamique (NFP 94-114 et NFP 94-115) ;
- l’essai de pénétration au carottier SPT Standard Penetration Test (NFP 94-116) ;
- le scissomètre de chantier (NFP 94-112).

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CHAPITRE 2 : PARAMETRES PHYSIQUES DE LA DEFINITION


DES SOLS
Les sols sont généralement le résultat de la dégradation mécanique ou chimique des
roches de l’écorce terrestre. Certains sols particuliers qu’on dit organiques peuvent
contenir après leur genèse des débris végétaux ou animaux en plus ou moins grande
quantité. Ainsi la tourbe est presque uniquement composée de débris végétaux. Un sol
est avant tout un mélange d’éléments solides (grains) constituant le squelette du sol,
d’eau pouvant circuler ou non entre les particules, et d’air ou de gaz.

Les grains d’un sol ne sont pas liés par un ciment comme c’est le cas dans le béton
mais ils peuvent être soumis à des forces d’attraction inter-granulaires diverses. Quand
c’est le cas d’un sol constitué de grains minéraux à peu près identiques nous
distinguerons :
Le sol cohérent de diamètre < 20 𝝁𝒎.
Le sol pulvérulent de diamètre > 20 𝝁𝒎 (0,02 mm).

Avant d’analyser le comportement d’un sol quelconque sous l’application d’une charge
(fondations d’ouvrages de génie-civil, routes etc…). Il est nécessaire de définir certains
paramètres qui se rapportent aux diverses proportions dans lesquelles se trouvent le
squelette, l’eau et l’air.
A cet effet, nous considérons la représentation suivante d’un sol dans laquelle les trois
phrases seraient séparées, appelée diagramme de phases du sol :

Les volumes des différentes phrases sont indiqués à droite et les poids à gauche. Les
notations conventionnelles sont les suivantes :
• 𝑾𝒔 : poids des grains solides ;
• 𝑾𝒘 : poids de l’eau ;
• 𝑾 : poids total du sol ;
• VS : volume des grains solides ;
• VV : volume des vides entre les grains ;
• VW : volume de l’eau ;
• Va : volume de l’air ;
• V : volume total ;

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Avec les relations 𝑾 = 𝑾𝒔 + 𝑾𝒘 ; V = Vv+Vs ; V = Vs+Va +Vw .


On définit également les poids volumiques qui avec les poids et les volumes constituent
les paramètres dimensionnels :
Poids volumique du sol : encore appelé poids volumique apparent ou humide,
𝑾
c’est le poids de l’unité de volume de ce sol ɣ=
𝑽
NB : Au laboratoire et par convention 𝑊𝑠 sera le poids du sol après un séjour de 24 h
dans l’étuve à 105°C.
𝑾𝒔
Poids volumique des grains solides : ɣ𝒔 = 𝑽𝒔

𝑾𝒔
Poids volumique du sol sec : ɣ𝒅 = 𝑽

𝑾𝒘
Poids volumique de l’eau : ɣ𝒘 = 𝑽𝒘

Poids volumique déjaugé : ɣ′

Lorsque le sol est entièrement immergé on a : ɣ′ = ɣ𝒔𝒂𝒕 − ɣ𝒘

Les paramètres sans dimension qui indiquent dans quelles proportions sont les
différentes phrases d’un sol sont des paramètres très importants et essentiellement
variables. Ils caractérisent l’état dans lequel se trouve un sol. Cas paramètres sont : la
teneur en eau, l’indice des vides, le degré de saturation et la porosité.

A- LA TENEUR EN EAU : ω

C’est le poids d’eau contenue dans le volume V rapporté à l’unité de poids des grains
solides contenus dans le volume V. Elle est déterminée, comme étant le rapport du
poids de l’eau au poids des grains solides d’un certain volume de sol : elle s’exprime en
pourcentage :
𝒘𝒘
𝝎=
𝒘𝒔
Il est à remarquer que cette teneur en eau peut dépasser 100% et en aucun cas être
au-delà de la teneur en eau à saturation 𝝎𝒔𝒂𝒕.

Ordre de grandeur de 0 % à plus de 500 %.

B- L’INDICE DES VIDES : e

C’est le volume des vides contenus dans un échantillon donné ramené au volume des
grains solides de l’échantillon. Il permet de savoir si les vides sont importants ou non
c'est-à-dire si le sol est dans un état lâche ou serré. Il est défini comme étant le rapport
du volume des vides au volume des grains solides :
𝑽𝑽
𝒆= 𝑽𝑺
L’indice des vides peut être supérieur à 1.

Ordre de grandeur : 0.4 à 1 pour les sables, 0.3 à 4 pour les argiles.

C- LE DEGRE DE SATURATION : SR

C’est le volume occupé par l’eau ramené au volume total des vides. Il indique dans
quelle proportion les vides sont remplis par l’eau. Il est défini comme étant le rapport du
volume de l’eau au volume des vides. Il s’exprime en pourcentage :
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𝑽𝒘 𝝎
𝑺𝒓 = 𝒙𝟏𝟎𝟎 𝑺𝒓 = 𝝎
𝑽𝑽 𝒔𝒂𝒕
Lorsque le sol est sec 𝑺𝒓 = 0% ; à l’état saturé 𝑺𝒓 = 100%.
Il ne peut en aucun cas être supérieur à 100%.

D- LA POROSITE : n

Elle est définie comme étant le volume des vides contenus dans un échantillon donné
ramené au volume total de l’échantillon, elle représente le rapport du volume des vides
au volume total. Sa signification est analogue à celle de l’indice des vides :
𝑽
𝒏= 𝑽
𝑽
La porosité est toujours inférieure à 1.
Ordre de grandeur : 0.3 à 0.5 pour les sables, 0.2 à 0.8 pour les argiles.
𝒆
Elle est liée à l’indice des vides par le rapport : 𝒏 = 𝟏+𝒆

On déduit la compacité C du sol qui représente le rapport des grains de sol et le


volume total du sol (y compris les vides).

𝑽𝒔
𝑪= = 𝟏−𝒏
𝑽
E- RELATION ENTRE LES PARAMETRES

Tous les paramètres précédemment définis ne sont pas indépendants et il arrive


souvent qu’il soit nécessaire de déterminer les relations existantes entre certains
d’entre eux. Les relations les plus importantes sont :
𝒆
𝒏 = 𝟏+𝒆 ;
𝟏+𝝎
𝜸= 𝟏+𝒆
. 𝜸𝒔 ;
𝜸𝒅 = (𝟏 − 𝒏)𝜸𝒔 ;
𝜸𝒔 − 𝜸𝒘
𝜸′ = 𝜸𝒅 . .
𝜸𝒔
Il est très pratique d’utiliser le schéma de la représentation d’un sol pour déterminer ces
relations.
A titre d’exemple, cela est fait à la figure suivante :

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Prenons : Vs = 1 ;
Il vient : w W = ω.Ɣs ;
𝑾𝒘 𝑾𝒘
Nous connaissons : 𝝎 = =
𝑾𝒔 𝜸𝒔
Donc : 𝑾𝒘 = 𝝎. 𝜸𝒔
𝑾 = 𝑾𝒘 + 𝑾𝒔 = 𝝎. 𝜸𝒔 + 𝑽𝒔. 𝜸𝒔 = (𝝎 + 𝟏)𝜸𝒔
𝑽𝒗
De même : 𝒆 = 𝑽𝒔 donc 𝑽𝒗 = 𝒆. 𝑽𝒔 = 𝒆.
𝑾 𝝎+𝟏
Le poids volumique total est alors : ɣ = = × 𝜸𝒔 .
𝑽 𝟏+𝒆

Tableau 2 : Relations entre les paramètres

F- DENSITE ET COMPACITE DU SOL

On définit aussi l’indice de densité 𝑰𝑫 ou indice densité relative 𝑫𝒓 qui représente l’état
dans lequel se trouve un sol sableux par rapport aux états extrêmes.
𝒆𝒎𝒂𝒙 − 𝒆
𝑰𝑫 = × 𝟏𝟎𝟎
𝒆𝒎𝒂𝒙 − 𝒆𝒎𝒊𝒏

Avec :
𝒆𝒎𝒂𝒙 : correspondant à une compacité minimale
𝒆𝒎𝒊𝒏 : correspondant à une compacité maximale
e : indice des vides du sol.
Le qualificatif de l’état du sol en fonction de l’indice de densité est donné par le tableau
3 (NF EN ISO 14688-2).

Indice de densité (%) Etat du sol


𝑰𝑫 ≤ 𝟏𝟓 Très lâche
𝟏𝟓 < 𝑰𝑫 ≤ 𝟑𝟓 Lâche
𝟑𝟓 < 𝑰𝑫 ≤ 𝟔𝟓 Moyennement dense
𝟔𝟓 < 𝑰𝑫 ≤ 𝟖𝟓 Dense
𝑰𝑫 > 𝟖𝟓 Très dense
Tableau 3 : qualificatif de compacité du sol en fonction de 𝑰𝑫

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La masse volumique sèche 𝜌𝑑 renseigne aussi sur l’état de densité du sol. Le tableau
suivant donne le qualificatif en fonction de la masse volumique (pour un sol évolutif,
ayant 𝜌𝑠 proche de 2.7𝑔/𝑐𝑚³).

Indice de densité (%) Etat du sol


𝑰𝑫 ≤ 𝟏𝟓 Très lâche
𝟏𝟓 < 𝑰𝑫 ≤ 𝟑𝟓 Lâche
𝟑𝟓 < 𝑰𝑫 ≤ 𝟔𝟓 Moyennement dense
𝟔𝟓 < 𝑰𝑫 ≤ 𝟖𝟓 Dense
𝑰𝑫 > 𝟖𝟓 Très dense
Tableau 4 : qualificatif de densité du sol en fonction de 𝜌𝑑 (Norme XP P 94-011)

G- IMPORTANCE DES PARAMETRES SANS DIMENSION

Parmi tous les paramètres définis précédemment, les paramètres sans dimension sont
incontestablement les plus importants car ils définissent en effet l’état du sol c'est-à-dire
l’état de compressibilité (lâche ou serré) dans lequel se trouve le squelette ainsi que les
quantités d’eau et d’air que contient le sol.
Comme nous le verrons au chapitre suivant, un sol grenu a un comportement qui
dépend presque uniquement de son état de compacité (lâche ou serré) alors qu’un sol
fin à un comportement qui est avant tout fonction de sa teneur en eau
Le poids volumique des grains solides (en dehors des particules organiques) varie dans
des limites assez faibles : 𝟐𝟔 𝒌𝑵/𝒎³ < 𝜸𝒔 < 𝟐𝟖 𝒌𝑵/𝒎³
On retiendra donc que la masse volumique des particules solides pour les sables est de
2.6 à 2.7 𝑔/𝑐𝑚³ ; pour l’argile de 2.65 à 2.8 𝑔/𝑐𝑚³.
On peut donc le considérer comme constant et dans ce cas connaissant le poids
volumique de l’eau (ɣw = 10 kN/m 3), les paramètres invariables et indépendants d’un sol
se réduisent à deux :
- L’indice des vides : e.
- La teneur en eau : 𝝎.

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CHAPITRE 3 : IDENTIFICATION DES SOLS


Le sol est constitué d’un ensemble de particules entourées de vides. C’est un
complexe de trois éléments : solide, liquide et gaz. Les particules solides sont des
grains de différents minéraux. Le liquide est généralement l’eau et le gaz est
généralement l’air ou la vapeur d’eau.
Le sol est un matériau hétérogène, de comportement non linéaire et irréversible. Il
garde en mémoire tout ce qui lui arrive. C’est un matériau anisotrope.
I. LA STRUCTURE ET LE COMPORTEMENT
A- LA STRUCTURE

La structure du sol est le mode d’assemblage des particules qui le composent. Elle
conditionne une propriété, la porosité qui est un facteur important de la perméabilité.
Suivant la dimension des particules, il convient de distinguer deux catégories de sol qui
présentent des structures très différentes :
Les sols cohérents : D < 20 𝝁𝒎.
Les sols pulvérulents : D > 20 𝝁𝒎 (0,02 mm).
Les sols réels sont des mélanges de matériaux pulvérulents et cohérents. On précise
aussi la distinction entre les sols grenus et les sols fins.
Les sols fins : si plus de 50% en poids des grains ont un Ø < 80 𝝁𝒎.
Les sols pulvérulents : si plus de 50% en poids des grains ont un Ø > 80 𝝁𝒎
(0,08 mm).
Leurs caractéristiques sont résumées dans le tableau suivant :

Sols Pulvérulents ou grenus ou Cohérents ou fins


granulaires
Particules Grains Particules très fines
Forme régulière Forme irrégulière (grande surface
spécifique)
Altération physico-mécanique Altération physico-chimique
Liaison particule- Faible ou nulle. Eau libre. Forte. Eau liée. Existence d’une
couche d’eau absorbée
Eau
Pas d’influence : Influence :
De la nature minéralogique des De la nature minéralogique des
particules ; particules ;
Des électrolytes de l’eau libre Des électrolytes de l’eau libre
Force de liaison Force de pesanteur Forces de pesanteur
prépondérante Forces d’attraction moléculaire et
électrostatique prépondérantes à
courte distance
Tableau 5 : Caractéristiques des sols

B- COMPORTEMENT

Les comportements d’un sol grenu et d’un sol fin sont très différents.
Les sols pulvérulents (sables, graviers, cailloux, blocs, etc…) sont constitués
essentiellement de silices (quartz), de calcaire ou d’autre matériaux inertes. Ils ont une

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perméabilité très élevée. Leurs propriétés (essentiellement amplitudes de tassement)


dépendent de la dimension des grains et de leur état de compacité.
Les sols fins sont essentiellement constitués d’argiles au sens minéralogique du terme.
Leur comportement est fonction de la teneur en eau et de la structure c’est-à-dire la
manière dont les particules sont disposées et orientées les unes par rapport aux autres.
Ces sols subissent sous les charges qui leur sont appliquées des déformations
importantes qui ne sont pas instantanées, mais peuvent durer des mois, voire des
années. Ils ont une capacité portante souvent faible pour supporter les charges prévues
dans les projets.

II. L’ECHANTILLONNAGE
A- LA RECONNAISSANCE DES SOLS, SONDAGES, COUPES
GEOTECHNIQUES ET PRELEVEMENT

La fondation de tout ouvrage : ponts, barrages, usines, immeubles etc. nécessite la


connaissance de la nature du sous-sol. Plus l’ouvrage est important et plus cette
connaissance doit se développer en profondeur. Les cartes géologiques fournissent
une première indication. Elles sont très insuffisantes car elles ne donnent aucun
renseignement sur les caractéristiques mécaniques des terrains, les seules qui soient
intéressantes pour le calcul d’une fondation.
Il faut donc avant tous travaux, procéder à une reconnaissance du sol, celle-ci doit
fournir :
La nature des différentes couches : sables, argiles, roches etc.
Des échantillons intacts des couches caractéristiques pour étude en
laboratoire.
Pour cela il est nécessaire de procéder à un sondage qui consiste à effectuer des
fouilles ou des forages de petite section, avec prise d’échantillons.
La fouille ainsi réalisée présentée en coupe verticale avec les caractéristiques de
chaque couche de sol est la coupe géotechnique.
Au cours du prélèvement pour éviter que le sol soit remanié, plusieurs procédés sont
conseillés :
Prélèvement dans un puits.
Forage à la tarière etc.

Figure 16 : Outils de prélèvement

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Figure 17 : Exemples de sondeuses

Figure 18 : Tarière manuelle

Figure 19 : Boites de prélèvement

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Figure 20 : Prélèvement de carottes

B- L’ECHANTILLONNAGE EN LABORATOIRE

Au laboratoire nous recevons une quantité Q de matériau, l’essai doit être fait sur une
quantité plus faible q. Comment séparer cette quantité q représentative de Q ?
Deux procédés de base assez satisfaisants sont utilisés :
Par quartage ;
A l’aide d’échantillonneurs.
1. Préparation de l’échantillon
Il faut sécher partiellement un échantillon trop mouillé. Mais une température trop
élevée pourrait modifier la nature physique ou chimique du corps étudié. Donc :
Ne pas sécher à l’alcool ;
Le mieux est le séchage à l’air mais c’est long ;
S’il faut chauffer, un thermostat est nécessaire pour ne pas dépasser 60°C s’il
s’agit d’un corps contenant de l’argile, ou 102° à 103° pour un corps non argileux ;
Un échantillon trop sec conduirait à perte d’éléments fins : il faut l’humecter.
Il faut aussi briser les éventuelles mottes ou simili-cailloux, mais attention à ne pas
briser les éléments qui les composent.

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2. Le quartage

Comme le nom l’indique, on divise l’échantillon en 4 quarts parties égales.


Placer l’échantillon bien homogénéisé dans un bac métallique à bords peu élevés (de
préférence), et l’étaler. A l’aide d’une truelle, partager d’abord en deux moitiés (1), puis
en quatre quarts (2), sensiblement égaux. Eliminer les fractions A et D et réunir les
fractions opposées B et C : on a ainsi la moitié de l’échantillon primitif.

Si cette quantité (𝟏/𝟐) est trop importante, la partager encore suivant le même
processus. On obtiendrait alors un échantillon représentatif égal au 1/4 de la quantité
primitive.
Et ainsi de suite les fractions trouvées (½, ¼, 1/8) permettant par addition d’obtenir
toute quantité utile à un essai.

3. Emploi d’échantillonneurs

Cet appareil de laboratoire permet de diviser facilement en deux parties représentatives


la totalité d’un échantillon initial. Des cloisons transversales constituent une succession
d’entonnoirs dont les ouvertures sont dirigées d’un côté et de l’autre. Le matériau à
étudier, versé dans l’échantillonneur à l’aide d’une pelle spéciale est recueilli dans 2
petits bacs.
Chaque moitié, représentative de l’ensemble peut être encore partagée en 2, puis
encore en 2 etc…

4. Choix du procédé

Ces deux procédés peuvent être utilisés séparément ou conjointement, en fonction des
quantités à séparer et de la grosseur maximale des grains.

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III. LES PARAMETRES D’UN SOL

Pour identifier un sol, on définit des paramètres, dits d’identification, qui sont issus
d’essais ou d’analyses conventionnels normalisés effectués sur des prélèvements
d’échantillons. Les paramètres sont répartis selon les types suivants :

Paramètre de nature : Paramètre intrinsèque qui ne varie pas ou peu, ni dans le


temps, ni au cours des différentes manipulations que subit le sol au cours de sa mise
en œuvre comportant :
• La granularité ;
• Les limites d’Atterberg ;
• La plasticité ;
• Les constituants minéraux et organiques : carbonates, matières organiques, …
• L’activité argileuse ;
• La masse volumique des particules solides ;
• Les indices des vides maxi et mini ;
• L’équivalent de sable.

Paramètre d’état : Paramètre qui ne dépend pas du sol mais qui est fonction de
l'environnement dans lequel il se trouve et des manipulations auxquelles il a été soumis
comportant :
• Les teneurs en eau naturelle et de saturation ;
• La masse volumique humide ;
• L’indice des vides
• La porosité ;

Il existe d’autres paramètres permettant de caractériser complètement un sol. Ce sont


notamment les paramètres de comportement mécanique (résistance, déformabilité) et
du comportement hydraulique (perméabilité). Ils seront décrits dans les chapitres
ultérieurs.

IV. LES PARAMETRES INDEPENDANTS

Dans le chapitre précédent il a été montré que les paramètres indépendants d’un sol
sont au nombre de trois :
La teneur en eau : 𝝎 ;
Le poids volumique des grains solides : ɣs ;
L’indice des vides : e.
Les mesures se font généralement au laboratoire.
A- DETERMINATION DE LA TENEUR EN EAU : 𝝎

La teneur en eau se détermine par deux pesées, une avant et une après passage à
l’étuve à 105°C, ce qui donne d’une part 𝑾𝒔 + 𝑾𝒘et d’autre part 𝑾𝒘.

𝑾𝒘 𝑾𝒘
𝝎(%) = × 𝟏𝟎𝟎 = × 𝟏𝟎𝟎
𝑾𝒔 𝑾 − 𝑾𝒘
B- DETERMINATIONS DU POIDS VOLUMIQUE DES GRAINS SOLIDES : ɣs

Cette mesure se fait dans un appareil appelé pycnomètre.

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Un poids comme 𝑾𝒔 de sol séché passage à l’étuve ( 𝑾𝒘= 0) est introduit dans un
récipient contenant de l’eau distillée. On repère le volume d’eau déplacée par le sol. Le
poids volumique ɣs est le rapport de poids 𝑾𝒔 au volume Vs.
𝑾𝒔
𝜸𝒔 =
𝑽𝒔
Le poids volumique de quartz étant 26,7 KN/m3, pour la majorité des sols on a :
26 KN/m3 ≤ ɣs ≤ 28 KN/m3 ;
On peut obtenir des valeurs plus faibles si le sol a une teneur en matière organique
élevée.

C- DETERMINATION DE L’INDICE DES VIDES : e

C’est une mesure délicate. Il faut déterminer le volume total V de l’échantillon le poids
𝑾𝒔 des grains solides et connaissant alors le poids volumique de ces grains.
𝑽𝒗 𝑽 𝑽. 𝜸𝒔
𝒆= = −𝟏= −𝟏
𝑽𝒔 𝑽𝑺 𝑾𝒔

V. LA MESURE DE LA TENEUR EN EAU

Elle est déterminée soit par étuvage (NF P 94-050), soit par la méthode du four à micro-
onde (NF P 94-049-1), soit à la plaque chauffante (NF P 94-049-2), soit par séchage
avec complément d’une substance chimique.

A- LA METHODE LENTE DE REFERENCE NORMALISEE (METHODE PAR


ETUVAGE) (NF P 94-050)

Etuve

- Prélever un échantillon de sol représentatif ;


- Placer le prélèvement sur un verre de montre ou dans un bêcher de poids T ;
- Peser immédiatement, soit 𝑾 ;
- Mettre à l’étuve à 105°c jusqu'à dessiccation complète et poids stable
(environ 24h) ;

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- Peser l’échantillon sec immédiatement à la sortie de l’étuve ou après


refroidissement dans un dessiccateur, soit 𝑾𝒅 ;
- En déduire la teneur en eau 𝝎 de l’échantillon :

(𝑾 − 𝑻) − (𝑾𝒅 − 𝑻)
𝝎(%) = × 𝟏𝟎𝟎
(𝑾𝒅 − 𝑻)
𝝎 ∶ Teneur en eau (exprimée en %) ;
T : poids de la tare ;
𝑾 : poids de l’échantillon humide, y compris la tare ;
𝑾𝒅 : poids de l’échantillon sec, y compris la tare.

B- LES METHODES RAPIDES

Il y a deux possibilités :
- Sécher complètement le granulat (méthode rapide directe) ;
- Faire entrer l’eau qu’il contient dans une réaction chimique (méthode rapide
indirecte).
a) Flambage à l’alcool à brûler (Méthode directe)
C’est le procédé couramment dit « de poêle à frire »
- Peser l’échantillon humide, soit M h ;
- Le placer dans un récipient métallique plat et l’arroser d’alcool à brûler (½ litre
pour 2 kg de sable, jamais d’essence, beaucoup trop dangereuse) ;
- Allumer et agiter avec une tige métallique ;
- Quand l’alcool est éteint, laisser refroidir, remettre ½ litre d’alcool, allumer à
nouveau et agiter ;
- Quand l’alcool s’éteint, l’agrégat est sec (chauffer une 3 ème fois si c’est
nécessaire) ;
- Peser l’échantillon sec soit Ms.
𝑀ℎ−𝑀𝑠
D’où : 𝜔(%) = × 100
𝑀𝑠

b) Emploi du carbure de calcium (Méthode indirecte)


On sait que le carbure de calcium réagit avec l’eau pour donner de l’acétylène :

C2Ca + H 20 →C 2H 2↑+ CaO


D’où le processus suivant avec un appareil tel que le speedy (appareil pour la mesure
rapide de la teneur en eau) :
- Placer une quantité bien déterminée d’agrégat humide dans l’appareil (une
balance préréglée et fournie avec l’appareil, permet cette pesée simplement et sans
erreur) ;

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- Mettre un peu de carbure de calcium (3 mesures) dans le couvercle de


l’appareil. Bien fermer en ayant soin d’éviter que le carbure vienne au contact du sable
humide avant que l’appareil ne soit parfaitement bouché ;
- Retourner l’appareil et l’agiter pour que le sable mouillé et le carbure se
mélangent dans le récipient étanche ;
- Il se dégage de l’acétylène en quantité d’autant plus grande qu’il y avait plus
d’eau dans l’agrégat. La pression créée dans l’appareil croît avec la teneur en eau.
- Un manomètre, commandé par la pression interne, est gradué directement en
pourcentages et donne ainsi la teneur en eau par simple lecture.
VI. LA GRANULOMETRIE DES SOLS
A- GENERALITES

Pour de nombreux travaux de construction et pour l’exécution de nombreux essais, il


est nécessaire de connaître certaines caractéristiques des matériaux utilisés,
caractéristiques qui représentent :
- Les dimensions
- La forme
- La masse volumique
- La porosité
- La teneur en impuretés de l’échantillon qui a été prélevé.

L’analyse granulométrique est la première de ces recherches. Elle caractérise les


granulats en déterminant la grosseur des grains qui les constituent et les pourcentages
des grains de chaque grosseur.

La granularité constitue la base fondamentale de dénomination des sols minéraux en


utilisant des fractions granulaires afin de distinguer le comportement mécanique des
sols. Les particules qui composent un sol sont de dimensions très variées et n'ont pas
toutes la même forme. Les grains peuvent être (fig. 21) :
sphériques ou cubiques : grains de sable en général.
en plaquettes : qui sont essentiellement dans les sols fins cohérents (argiles).
les particules en aiguilles (ou bâtonnets) : peu fréquents.
A noter qu’il faut éviter la confusion entre la granulométrie qui s’intéresse à la
détermination de la dimension des grains et la granularité qui concerne la distribution
dimensionnelle des grains d’un granulat.

1 mm 1 µm

Figure 21
Par exemple, cent grammes de sable fin contiennent près de 10 7 grains. Cent
grammes d’argile peuvent en contenir 10 plaquettes.
11

On détermine la taille d'un granulat en laboratoire (le détail de la pratique des essais
sera vu en travaux pratiques) :
Par tamisage (fig. 22)

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- Méthode par tamisage à sec après lavage (NF P 94-056) pour des grains de
dimension > 80 µm
- Analyse granulométrique tamisage par voie humide (XP P 94-041).

Figure 22
Par sédimentation (fig. 23) pour des grains 1 µm < ф < 80 µm (NF P 94-057).
Cet essai donne la répartition suivant un diamètre équivalent (en µm) en se
basant sur la loi de Stokes.

Figure 23
On appelle granulat un ensemble de grains minéraux, de dimensions comprises entre 0
et 125 mm, de provenance naturelle ou artificielle, destinés à la confection :
• des mortiers, des bétons,
• des couches de fondation, des couches de base et de roulement des chaussées,
• et des assises et des ballasts de voies ferrées.
Les granulats sont appelés fillers, sablons, sables, gravillons, graves ou ballast suivant
leurs dimensions.

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B- L’ANALYSE GRANULOMETRIQUE PAR TAMISAGE (VOIE SECHE)


1. Objectif

L'analyse granulométrique consiste à déterminer la distribution dimensionnelle des


grains constituant un granulat dont les dimensions sont comprises entre 0,063 et 125
mm.
On appelle :
• REFUS sur un tamis : la quantité de matériau qui est retenue sur le tamis.
• TAMISAT (ou passant) : la quantité de matériau qui passe à travers le tamis.

2. Principe de l’essai

• L'essai consiste à fractionner au moyen d’une série de tamis un matériau en utilisant


plusieurs classes granulaires de tailles décroissantes.

• Les masses des différents refus et tamisats sont rapportées à la masse initiale du
matériau. Les pourcentages ainsi obtenus sont exploités sous forme graphique.

3. Matériel utilisé
Ce sont :
- Les tamis dans lesquels l’organe de séparation est constitué d’une toile métallique
ou d’une tôle perforée définissant des trous carrés.
- Les passoires dans lesquelles une tôle perforée définit des trous circulaires. Elles ne
sont plus admises depuis décembre 1973. Mais dans la pratique ces passoires
existeront encore pendant de nombreuses années ; il est donc nécessaire de connaître
leurs caractéristiques essentielles et l’incidence de leur utilisation sur divers essais et
calculs.
Il existe une correspondance entre les diamètres des ouvertures d’une passoire (D) et
le côté de la maille du tamis équivalent (d) : c’est la formule de Féret :
D = 1,25d.
Un nombre entier M est associé à chaque tamis ou passoire, c’est un module. Il est
l’entier naturel le plus proche de 10 log[𝑫(𝝁. 𝒎)] + 𝟏 . On obtient :
Modules 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
Mailles (mm) 0.08 0.10 0.125 0.16 0.20 0.25 0.315 0.40 0.50 0.63 0.80
Modules 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41
Mailles (mm) 1.0 1.25 1.60 2.0 2.5 3.15 4.0 5.0 6.3 8 10
Modules 42 43 44 45 46 47 48 49 50
Mailles (mm) 12.5 16 20 25 31.5 40 50 63 80

La norme actuelle en mai 1996 (933-2) préconise pour l’analyse granulométrique la


série de tamis soulignés en gras dans la progression suivante :

Tamis (mm) 0.063 0,125 0,25 0,50 1 2


Tamis (mm) 4 8 16 31.5 63 125

Les dimensions de mailles et le nombre de tamis sont choisis en fonction de la nature


de l’échantillon et de la précision attendue.
- Bacs à matériaux (60 x 40 x 12 cm) ;

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- 2 balances de portée de 5 kg et de 30 kg ;
- 1 étuve (60 à 105°C) ;
- Des brosses métalliques et pinceaux ;
- Des pelles à mains, truelles et accessoires courants de laboratoire.
4. Préparation de l’échantillon

Après prélèvement, l’échantillon ramené au laboratoire, sera séché à l’étuve à une


température de 110 ±5°C jusqu'à une masse constante. Dans la pratique, on utilise un
four de séchage. On procède par la suite au quartage pour prélever la quantité
nécessaire à l’analyse.
La masse de matériau sec à préparer sera telle que : M ≥ 0,2D avec M, la masse de
l’échantillon en kg et D le diamètre du plus gros granulat exprimé en mm.
Cette masse représente un nombre rond pour faciliter les calculs.
Dans la pratique :
• 2000 g pour un sable ;
• 5000 g pour un gravillon ;
• 10.000 g pour un gravier ;
• 20.000 g pour des cailloux ;
La prise d’essai après quartage est supposée une masse M 1.
On réalise ensuite un tamisage par lavage afin de séparer les éléments de dimension
inférieure à 0,063 mm. Cette manipulation est réalisée après une période de trempage
de 24h afin de favoriser la séparation de l’ensemble des grains. Au cours du lavage s’il
y a lieu de protéger le tamis de 0,063 mm par un tamis d’ouverture plus grande (1 ou 2
mm par exemple) placé au-dessus. Le lavage est poursuivi jusqu’à ce que l’eau
passant au travers du tamis de 0,063 mm soit claire.
L’échantillon ainsi préparé est encore séché à 110°± 5°C. Après refroidissement il est
pesé à une masse M 2.
Le tamisage à sec peut alors commencer.
5. Processus
• Emboiter les tamis utilisés les uns sur les autres, les dimensions croissant de bas
en haut en disposant en-dessous un récipient à fond plein pour recueillir les éléments
fins et au-dessus un couvercle pour éviter la dispersion des poussières.

Figure 24

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• Verser le granulat sur le tamis supérieur, mettre le couvercle et imprimer à


l’ensemble une série de secousses. On commencera ainsi à répartir ce granulat sur les
différents tamis. Mais cette répartition ne sera pas complète et il faudra reprendre
chaque tamis séparément ;
• Pendre le tamis supérieur seul, avec son contenu. Au-dessus d’un plateau propre,
l’agiter horizontalement en le tenant d’une main et en le frappant contre l’autre main
(120 coups par minute environs). A tous les 40 coups il faut imprimer au tamis une
rotation d’un quart de tour et poursuivre l’agitation dans la nouvelle direction. On
cessera cette agitation lorsqu’en une minute il y a plus de passant ;
• Le retenu (refus) sera pesé (à 0,1% près) et le passant (tamisat) est ajouté sur la
balance aux refus précédents ; on recommencera la même opération jusqu’au dernier
tamis ;
• La somme des refus cumulés mesurés sur les différents tamis et du tamisat sur le
fond (fillers) doit coïncider avec le poids de l’échantillon introduit en tête de la colonne.
La perte éventuelle de matériaux pendant l’opération de tamisage ne doit pas excéder
plus de 2% du poids total de l’échantillon de départ.
Les résultats des refus sont exprimés en pourcentage de la masse sèche M 2 de départ.
Ils peuvent être présentés selon l’exemple suivant :

Tamis en Refus partiels Refus cumulés Refus cumulés Tamisats


(mm) Ri Ri en gramme Rn en gramme en % Réf M 2 cumulés en %

4 41 41 2.05 97.95
2 162 203 10.15 89.85
1 494 697 34.87 65.13
0.5 705 1402 70.14 29.86
0.25 396 1798 89.95 10.05
0.125 159 1957 97.90 2.10
0.063 25 1982 99.15 0.85
Fond 17 - - -

Masse totale de l’échantillon après analyse = 1982 + 17 = 1999 g.


Le pourcentage de fines passant à travers le tamis de 0,063 mm est égal à :

(𝑴𝟏 − 𝑴𝟐) + 𝑷
𝒇= × 𝟏𝟎𝟎
𝑴𝟏
M 1 : masse de la prise d’essai en kg ;
M 2 : masse séchée de refus sur le tamis 0,063 mm, en kg.
P : masse du tamisat restant dans le fond après tamisage en Kg.
6. Notions de classes granulaires

On trie les granulats par dimension au moyen de tamis (mailles carrées) et de passoires
(trous circulaires) et on désigne une classe de granulats par un ou deux chiffres.
Un granulat est caractérisé du point de vue granulaire par sa classe d/D.
Le premier désigne le diamètre minimum des grains d et le deuxième le
diamètre maximum D.
Lorsque d est inférieur à 0.5 mm, le granulat est désigné 0/D.
Si un seul chiffre est donné, c'est celui du diamètre maximum D exprimé en mm.

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Il existe cinq classes granulaires principales caractérisées par les dimensions


extrêmes d et D des granulats rencontrées (Norme NFP18-101) :
• Les fines 0/D avec D ≤ 0,08 mm,
• Les sables 0/D avec D ≤ 6,3 mm,
• Les gravillons d/D avec d ≥ 2 mm et D ≤ 31,5 mm,
• Les cailloux d/D avec d ≥ 20 mm et D ≤ 80mm,
• Les graves d/D avec d ≥ 6,3 mm et D ≤ 80 mm.

Il peut être utile dans certains cas d’écrire la classification suivante :

Classes granulaires des granulats


Appelation Dimension de la maille
des tamis en (mm)
Gros 50 à 80
Pierres concassées et Moyens 31.5 à 50
cailloux Petits 20 à 31.5
Gros 12.5 à 20
Gravillons Moyens 8 à 12.5
Petits 5à8
Gros 1.25 à 5
Sable Moyens 0.315 à 1.25
Petits 0.08 à 0.315
Fines, farines et fillers Inférieur à 0.08
Le granulat est dit de classe d/D lorsqu’il satisfait aux conditions suivantes :
Le refus sur le tamis D est compris entre :
• 1 et 15% si D > 1.56 d,
• 1 et 20% si D ≤1.56 d.
Le tamisat au tamis d est compris entre :
• 1 et 15% si D > 1.56 d,
• 1 et 20% si D ≤ 1.56 d.
Le refus sur le tamis 1.56 D est nul.
Le tamisat au tamis 0.63 d < 3% ; toutefois pour D ≤ 5 mm, cette limite est portée
à 5%.
C- L’ANALYSE GRANULOMETRIQUE PAR SEDIMENTATION
(SEDIMENTOMETRIE)
1. But de l’essai

L’analyse granulométrique par sédimentométrie s’adresse à des échantillons de sol ne


contenant que des éléments de diamètre inférieur à 100 𝝁𝒎, c’est-à-dire ce qui est
désigné sous l’appellation de sols fins.
Elle complète l’analyse granulométrie par tamisage qui est limitée aux grains de
diamètre supérieur à 0.063 mm.
Elle permet de tracer la courbe granulométrique des éléments fins jusqu'à un diamètre
d’environ 2 𝝁𝒎.

2. Matériel utilisé
Ce sont :

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- Une enceinte thermostatée ;


- Un densimètre ;
- Deux éprouvettes de 2 litres ;
- Un agitateur normalisé ;
- Un agitateur mécanique (environ 10 000 tr /mn) ;
- Une solution défloquant dosée à 5% d’hexamétaphosphate de sodium ;
- Un thermomètre au 1/10 de 0°C, un chronomètre à la seconde, un tamis de 100 𝝁m ;
- Un mortier avec pilon muni d’une extrémité en caoutchouc.
L’ensemble des matériels spécifiques à cet essai sont décrits très précisément dans la
norme NF P94 –057.

Figure 25
3. Préparation de l’échantillon

La sédimentométrie s’effectue sur un échantillon de 40 g de particules sèches


prélevées dans le tamisat à 80 𝝁𝒎 lors de la granulométrie par voie humide du sol
étudié. Pour ce faire, le tamisat à 80 𝝁𝒎 et les eaux de lavage sont mis à décanter dans
un bac. L’eau surnageante est siphonnée avec précaution quand elle est claire, puis le
tout est mis à l’étuve jusqu’à séchage à poids constant. Le tamisat séché est désagrégé
avec un pilon en caoutchouc puis homogénéisé.
Le matériau ainsi préparé et sec, est mis à imbiber dans l’éprouvette d’essai avec 500
cm3 de solution défloculante composée de 440 cm3 d’eau distillée ou déminéralisée et
60 cm3 d’une solution à 5% d’hexamétaphosphate de sodium (préparée et conservée à
l’abri de la lumière depuis moins d’un mois). Ce traitement a pour but d’éviter la
floculation des grains argileux pendant la sédimentation.
Après imbibition dans la solution défloculante pendant 15h environ, la prise d’essai est
soumise pendant 3 mn minimum à l’action de l’agitateur à une vitesse de 10 000 tr/mn.
La suspension dispersée, ainsi que les eaux de rinçage de l’agitateur et de son
récipient, sont alors immédiatement versées dans l’éprouvette d’essai, dont le volume
est complété à 2 litres avec l’eau distillée ou déminéralisée.
L’éprouvette d’essai ainsi préparée, ainsi qu’une éprouvette de 2 litres contenant 1940
cm3 d’eau distillée et 600°C de solution à 5% d’hexamétaphosphate de sodium, sont
placée dans un bac thermostaté à 20°C. Lorsque la température à l’intérieur des
éprouvettes est stabilisée à 20°C, l’essai peut commencer.

4. Calcul du diamètre D des particules

Ce calcul s’effectue en utilisant la loi de stockes qui donne la vitesse de chute des
particules sphériques dans un liquide. Celles-ci sont soumises à la force de pesanteur
verticale et descendante et à la poussée d’Archimède, verticale et ascendante. La
chute de ces particules se fait à la vitesse constante et s’exprime par la relation
suivante :

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𝑽𝟏
𝑫² = 𝟏𝟖 ƞ .
(ɣ𝑺 − ɣ𝑾 )
• V1 : vitesse limite de chute des grains. Celle-ci s’exprime par le quotient de la
hauteur de chute Hr, exprimée en mètres par le temps de chute t exprimé en secondes ;
• ɳ : viscosité dynamique de la solution. Celle-ci est fonction de la température (voir
tableau suivant) :

Températures en ℃ Viscosité dynamique 10-3 pascal


10 1.307
11 1.271
12 1.235
13 1.202
14 1.169
15 1.139
16 1.109
17 1.081
18 1.053
19 1.027
20 1.002
21 0.9779
22 0.9548
23 0.9325
24 0.9111
25 0.8904
26 0.8705
27 0.8513
28 0.8327
29 0.8148
30 0.7975
31 0.7808
• ɣw : poids volumique de l’eau : 10 kN/m3 ;
• ɣs : poids volumique des grains solides (valeur moyenne : 26.5 kN/m3) ;
• D : diamètre de la particule en mètres.
Ceci peut s’écrire pour un liquide et un solide donnés :

𝑯𝒓 𝟏𝟖ƞ
𝑫 = 𝒌√ ; Avec 𝒌² =
𝒕 (ɣ 𝑺−ɣ 𝑾 )

Remarque : Le diamètre déterminé D par application de la loi de stockes est un


diamètre de particule sphérique. Pour les grains ayant à priori une forme quelconque, le
diamètre calculé est dit équivalent c'est-à-dire qu’il correspond à la chute d’une
particule sphérique qui aurait le diamètre déterminé ci-dessus.
5. Calculs des tamisats cumulés

On exprime le pourcentage p des grains de diamètre inférieur à D qui sont encore en


suspension à l’instant t par :
𝑉. ɣ𝑺 . 𝑅. ɣ𝑾
𝑝=
10𝑊(ɣ𝑺 − ɣ𝑾 )

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p : pourcentage des particules de diamètre inférieur ou égal à D par rapport à la


masse de la prise d’essai à l’état sec ;
V : volume de la suspension (en m3) ;
W : poids du sol mis en suspension et prélevé sur le tamisat à 𝟖𝟎 𝝁𝒎 (en N) ;
ɣ𝑺 : poids volumique des particules solides. Lorsque celui-ci n’est pas connu avec
précision ; On prend la valeur conventionnelle de 26,5 103 N/m3 et ceci est indiqué sur
la feuille d’essai (dans le cas contraire, utiliser le poids volumique déterminé au
pycnomètre) ;
ɣ𝑾 : poids volumique de l’eau 10 .103 N/m3 ;
R : lecture du densimètre.
6. Modèle de feuille de calculs

ANALYSE GRANULOMETRIQUE PAR SEDIMENTOMETRIE

Date :

Chantier :

Origine de l’échantillon :

Pourcentage des éléments fins analysés par rapport à l’échantillon total 0/D :

p=

Temps Lecture Température % de grains < D Tamisat par


𝑯
des 𝑫 = 𝑲√ 𝒓 rapport à
R 𝒕 p=
lectures l’échantillon
total : Pp

30 s
1 mn
2 mn
5 mn
10 mn
20 mn
40 mn
80 mn
4h
24 h

Tous les calculs doivent être effectués en unités cohérentes.


Exemple :

− Calcul de D :

Hr = 16,8 mm. Soit 0,0168 m ;

R = 8 ; t = 30 s ; θ = 20°C ; K = 1,0045.10-3 ; Avec ɳ = 1,002.10-3.

𝑯𝒓 𝟎,𝟏𝟔𝟖
D = k√ = 1,0045.10-3 √ = 7,5.10-5 m ou 75 μm.
𝒕 𝟑𝟎

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− Calcul de p :

R = 8; V = 1000 cm3 = 10-3 m3; ƔS = 26,5.10-3 N/ m3; Ɣw = 10.10-3 N/ m3;

W = 40 g = 40.10-2N;

Ɣ𝒔.Ɣ𝒘 .𝑽.𝑹 𝟐𝟔,𝟓 𝑿 𝟏𝟎 𝑿 𝟏𝟎 𝟔 𝟏𝟎 −𝟑 𝟖


P= ; P= . 𝟒𝟎.𝟏𝟎−𝟐 . 𝟏𝟎 ; P = 32 %
(Ɣ𝒔−Ɣ𝒘 )𝑾.𝟏𝟎 𝟏𝟔,𝟓 𝑿 𝟏𝟎 𝟑

D- LA COURBE GRANULOMETRIQUE

Sur une feuille semi-logarithmique, les pourcentages des tamisats cumulés sont
représentés sous la forme d’une courbe granulométrique en portant les ouvertures des
tamis en abscisse, sur une échelle logarithmique et les pourcentages des tamisats en
ordonnées sur une échelle arithmétique.
A chaque pourcentage convient un diamètre, ce qui permet de placer plusieurs points
caractéristiques de la courbe dans ce repère orthonormé. La ligne brisée qui joint ces
différents points représente la courbe granulométrique. La courbe est tracée de
manière continue et peut ne pas passer rigoureusement par tous les points.
La forme de la courbe granulométrique obtenue renseigne immédiatement :
les dimensions d et D du granulat,
la plus ou moins grande proportion d’éléments fins,
la continuité ou la discontinuité de la granularité.
Ainsi à travers la figure suivante, on peut dire que :

Figure 26
- La courbe 1 en forme douce provient d’un granulat courant. C’est un sol qui contient
des grains de tous les diamètres des tamis d’essai (granularité continue) ;
- La courbe 2 convexe vers le haut. C’est un granulat riche en éléments fins ;
- La courbe 3 concave vers le haut. C’est un granulat pauvre en éléments fins ;
- La courbe 4 présente un palier : il manque les éléments (absence de grains) qui
donneraient un refus sur certains tamis (granularité discontinue).
On dit que la courbe granulométrique d’un granulat est continue ou que sa granularité
est continue, si entre deux granulats élémentaires consécutifs présents dans le
granulat, il manque au plus trois granulats élémentaires. Il y a discontinuité si l’absence
porte sur plus de trois granulats élémentaires.

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La dénomination d’un sol à partir du résultat de l’analyse granulométrique est


résumée dans le tableau (Norme NF EN ISO 14688-1) ci-après :

E- LES PARAMETRES DE LA GRANULOMETRIQUE DES SOLS


1. Module de finesse

Les sables doivent présenter une granulométrie telle que les éléments fins ne soient ni
en excès, ni en trop faible proportion.
Le caractère plus au moins fin d’un sable peut être qualifié par le calcul de son module
de finesse. Le module de finesse est d'autant plus petit que le granulat est riche en
éléments fins.

-Norme Française [NFP 18-540]


e
Le module de finesse est égal au 1/100 de la somme des refus cumulés exprimée
en pourcentages sur les tamis de la série suivante : 0,16 - 0,315 - 0,63 - 1,25 - 2,5 -
5 mm.
𝟏
MF = 𝟏𝟎𝟎 ∑ 𝑹𝒆𝒇𝒖𝒔 𝒄𝒖𝒎𝒖𝒍é𝒔 𝒆𝒏 % 𝒅𝒆𝒔 𝒕𝒂𝒎𝒊𝒔 {𝟎, 𝟏𝟔 − 𝟎, 𝟑𝟏𝟓 − 𝟎, 𝟔𝟑 − 𝟏, 𝟐𝟓 − 𝟐, 𝟓 − 𝟓}

- Norme Européenne [EN 12620]


𝟏
MF = ∑ 𝑹𝒆𝒇𝒖𝒔 𝒄𝒖𝒎𝒖𝒍é𝒔 𝒆𝒏 % 𝒅𝒆𝒔 𝒕𝒂𝒎𝒊𝒔 {𝟎, 𝟏𝟐𝟓 − 𝟎, 𝟐𝟓 − 𝟎, 𝟓 − 𝟏 − 𝟐 − 𝟒}
𝟏𝟎𝟎

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Ce paramètre est en particulier utilisé dans les calculs de composition des bétons. Ainsi
il est recommandé pour un sable de confection d’un béton, un module de finesse voisin
de 2,5. Il a été imaginé par l’ingénieur Américain Abrams et apparaît sensiblement égal
à l’aire de la surface comprise entre la courbe granulométrique et la parallèle
d’ordonnée 100 à l’axe des abscisses.

Lorsque MF est compris entre :


• 1.8 et 2.2 : le sable est à majorité de grains fins,
• 2.2 et 2.8 : on est en présence d’un sable préférentiel,
• 2.8 et 3.3 : le sable est un peu grossier. Il donnera des bétons résistants mais moins
maniables.
Ces valeurs extrêmes sont de : 0 (pour un filler passant entièrement à travers le
tamis de 0,16mm) à 10 (pour un moellon ne passant pas du tout à 80mm).
Il caractérise bien les granulats, et on l’emploie dans des études très variées.

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Figure 27
Operations et transformations granulaires : si nécessaires ?

Il n’est pas rare d’avoir un sable disponible présentant un « MF » non satisfaisant. Une
façon de le rendre convenable consiste à le mélanger à un autre sable de telle sorte
que la combinaison des deux « MF » permette l’obtention du « MF » escompté.
On utilise pour cela la méthode d’ABRAMS. C’est une règle de mélange de granulats
basée sur l’obtention d’un module de finesse global à partir de la connaissance des
modules de finesse des granulats à mélanger.
On dispose de deux sables « S1 » et « S2 » de module de finesse respectif « MF1 » et «
MF2 ». On désire obtenir un mélange granulaire « S » de module de finesse « MF ».
Les pourcentages de « S1 » et « S2 » nécessaires pour obtenir le mélange « S » sont
tels que :
𝑴𝑭− 𝑴𝑭𝟐 𝑴𝑭𝟏 − 𝑴𝑭
𝑺𝟏 % = × 𝟏𝟎𝟎 et 𝑺𝟐 % = × 𝟏𝟎𝟎
𝑴𝑭𝟏 − 𝑴𝑭𝟐 𝑴𝑭𝟏 − 𝑴𝑭𝟐

2. Le coefficient d’uniformité

C’est un paramètre qui caractérise la courbe granulométrique. Encore appelé coefficient


de HAZEN il est défini par :

𝑫𝟔𝟎
𝑪𝒖 =
𝑫𝟏𝟎

Figure 28

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L’écriture Dy signifie le diamètre correspond à y% de passants. De tel diamètre est


nommé diamètre effectif.
Ainsi D60 est le diamètre correspondant à 60% des passants. Il peut être défini
graphiquement à travers la courbe granulométrique par projections ou analytiquement
par l’interpolation mathématique.
L’appellation courante coefficient d’uniformité est contraire à la logique car plus cette
valeur est faible, plus le sol est uniforme.
Pour un sol comportant des grains d’une seule grosseur, CU = 1
On peut dire d’un sol :
A granulométrie très serrée (uniforme) si CU ≤ 2 ;
A granulométrie serrée si 2 < C U ≤ 5 ;
A granulométrie semi-étalée si 5 < CU ≤ 20 ;
A granulométrie étalée (variée) si 20 < CU ≤ 200
A granulométrie très étalée si C U > 200.
3. Le coefficient de courbure C C

Il intervient également dans la classification unifiée des sols. Il est défini par :
𝐷30 2
𝐶𝑐 =
𝐷10 × 𝐷60
Lorsque le coefficient de courbure est compris de 1 à 3, il s’agit d’un sol à granulométrie
bien étalée.
L’étalement de la granulométrie est précisé par les facteurs CU et C C pour une division
granulométrique donnée conformément au tableau ci-après (Norme XP P 94 - 011) :

Tableau 6 : qualificatif de la granularité

Division granulométrique Qualificatif Cu Cc

Grave Bien gradué Cu > 4 et 1 < Cc < 3


2 mm – 63 mm Mal gradué Cu < 4 ou Cc < 1 ou Cc > 3
Sable Bien gradué Cu > 6 et 1 < Cc < 3
0.063 mm – 2 mm Mal gradué Cu < 6 ou Cc < 1 ou Cc > 3

La norme NF EN ISO 14688-2 donne le tableau de classification suivant :

Tableau 6-bis : qualificatif de la granularité

Forme de la courbe Cu Cc
granulométrique
Bien graduée > 15 1 < Cc < 3
Moyennement gradué 6 à 15 <1
Mal gradué <6 <1
Discontinue Généralement élevé Variable (généralement < 0.5)

Exemple
Les résultats de l’analyse granulométrique sur un échantillon de sable de masse M = 1
kg sont consignés dans le tableau ci-après :

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Tamis (mm) 5 2.5 1.25 0.63 0.315 0.16 0.08 Fond


Refus partiels (g) 0 161 136 177 304 152 54 7.5
1- Calculer le pourcentage de perte de l’essai ; quelle observation peut-on faire ?
• Masse totale de l’échantillon après analyse = 984 + 7.5 = 991.5 g.
• La perte est de :
( 𝟏𝟎𝟎𝟎−𝟗𝟗𝟏.𝟓 )
𝒑= × 𝟏𝟎𝟎 = 𝟎. 𝟖𝟓 % < 𝟐 % alors le résultat de tamisage est
𝟏𝟎𝟎𝟎
acceptable. L’essai est donc réalisé dans de bonnes conditions.
2- Compléter le tableau ci-dessus. Tracer la courbe granulométrique

Tamis en Refus partiels Refus cumulés Refus cumulés Tamisats


(mm) (g) (g) en % cumulés en %

5 0 0 0 100
2.5 161 161 16.10 83.90
1.25 136 297 29.70 70.30
0.63 177 474 47.40 52.60
0.315 304 778 77.80 22.20
0.16 152 930 93.00 7
0.08 54 984 98.40 1.60
Fond 7.5 - - -

Tracé de courbe granulométrique du sable, on obtient :

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3- Quelle est la classe granulaire du sable ?

Puisqu’il s’agit du sable alors adoptons une classe granulaire 0/D et vérifions les
conditions suivantes avec d = 0.08 mm et D = 5 mm :
Le refus sur le tamis D est compris entre :
• 1 et 15% si D > 1.56 d
Le tamisat au tamis d est compris entre :
• 1 et 15% si D > 1.56 d
Le refus sur le tamis 1.56 D est nul.
Le tamisat au tamis 0.63 d < 5%.

Le granulat est dit de classe 0/5.

4- Calculer les coefficients de courbure et d’uniformité du sable.

Il faut tout d’abord déterminer les D 10, D 30 et D 60 correspondants respectivement à 10%,


30% et 60% de passant soit graphiquement, soit par interpolation.

Par interpolation on a :

Pour D 10

Log (0.315) → 22.20 % (1)

Log (D10) → 10 % (2)

Log (0.16) →7 % (3)


0.315
( 1) −(2) 𝑙𝑜𝑔 22 −10
𝐷10
De ( 1) − (3)
, on peut écrire : 0.315 = , soit D 10 = 0.183 mm
𝑙𝑜𝑔 22 −7
0 .16

Pour D 30

Log (0.63) → 52.60 % (1)

Log (D30) → 30 % (2)

Log (0.315) → 22.20 % (3)


0.63
( 1) −(2) 𝑙𝑜𝑔 52.60 −30
𝐷30
De ( 1) − (3)
, on peut écrire : 0 .63 = , soit D 30 = 0.376 mm
𝑙𝑜𝑔 52.60 −22.20
0.315

Pour D 60

Log (1.25) → 70.30 % (1)

Log (D60) → 60 % (2)

Log (0.63) → 52.60 % (3)


1.25
( 1) −(2) 𝑙𝑜𝑔 70 .30 −60
𝐷60
De ( 1) − (3)
, on peut écrire : : 1.25 = , soit D 60 = 0.839 mm
𝑙𝑜𝑔 70.30 −52.60
0.63

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Par application, on a : Cu = 4,58 ; Cc = 0,92.

5- Donner une dénomination à ce sol selon la classification des L.P.C.


𝐶𝑢 < 6 ou 𝐶𝑐 < 1 alors le sable est mal gradué.
6- Définir le module de finesse, puis le calculer. Interpréter le résultat obtenu du
point de vue matériau.
1
MF = 100 ∑ 𝑅𝑒𝑓𝑢𝑠 𝑐𝑢𝑚𝑢𝑙é𝑠 𝑒𝑛 % 𝑑𝑒𝑠 𝑡𝑎𝑚𝑖𝑠 {0,16 − 0,315 − 0,63 − 1,25 − 2,5 − 5}

Sable : Mf = 2,64

Comme 2,3 < Mf < 2,8 on conclut donc que c’est un sable préférentiel pour le béton.

CONCLUSION

Les propriétés physiques et mécaniques du béton dépendent de beaucoup de facteurs.


Généralement on souhaite obtenir un béton résistant, étanche et durable. Pour
atteindre ce but, il faut :
Que le béton à l’état frais soit facile à mettre en œuvre et à compacter (pour
réduire la porosité).
Un maximum de granulats par unité de volume de béton (pour réduire la quantité
de pâte liante nécessaire pour remplir les vides, tous les vides devant être
remplis de pâte liante).
Un minimum de surface spécifique (pour réduire la quantité d’eau de gâchage et
obtenir un rapport C/E plus élevé).
Il faut choisir Dmax aussi grand que le permet la dimension minimum de la pièce
à bétonner et l’encombrement des granulats.
La proportion de chaque dimension des grains doit être choisie de façon à
remplir les vides laissés par les grains des dimensions supérieures.
Il faut réduire la teneur en éléments fins au minimum requis pour obtenir une
bonne maniabilité et une bonne compacité.
Les courbes granulométriques apporteront quelques éléments de réponses à ces
conditions.
La condition essentielle pour obtenir le moins de vides possibles (meilleure compacité)
dans un mélange de sable et gravillon est de 35% de sable 0 / 5 et 65% de gravillons 5
/ 20.
Nous remarquons que l’essai granulométrie est très important car il permet de
caractériser les granulats (sable et gravier) dont les choix sont imposés par des
cahiers de prescription de charges dans la confection des bétons et des mortiers au
cours de la réalisation des différents chantiers d’ouvrage de génie civil.

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