Vous êtes sur la page 1sur 3

L’environnement

L’environnement de l’Homme est essentiel à sa force de vivre. L’être humain


dispose de ressources et d’aides extérieures auxquelles se raccrocher. Surtout,
il se construit un monde qui lui est familier

I. Les liens :
L’attachement de l’Homme à son entourage, à son foyer, ou même à des
objets procure de la force. Il s’agit d’une puissante raison de vivre. Le
quotidien gravite autour de cet environnement. Coupé de ces liens, la
force de vivre perd ses sources les plus fiables.

1. Un objet ou un foyer peut être source d’énergie :


 Les souvenirs de Léopoldine évoqués par Hugo le ramènent
jusqu’à des détails matériels. Il déplore aussi que l’Homme
qui bâtit son foyer, source de sa joie de vivre, s’en voit
dépossédé par le destin : « Oh ! la belle petite robe » IV-VI
« Dès qu’il possède un bien, le sort le lui retire »

 Pour les victimes déplacées de Tchernobyl, l’abandon d’un


foyer et des biens matériels signifie la perte d’un héritage et
d’un patrimoine culturel immenses. Les conséquences sur la
force de vivre en sont désastreuses
« On disait adieu à son foyer comme à un homme » p. 76

 Selon Nietzsche, si les habitudes sont indispensables,


l’attachement durable est un frein à la force de vivre. Tandis
que le changement permet de mieux se connaître et
d’identifier ses besoins, de suivre les pulsions fluctuantes de
sa volonté
2. L’attachement à ses proches est probablement l’une des plus
puissantes ressources de la force de vivre. L’apport affectif de
l’amitié et de l’amour constitue un barrage au malheur et permet
de se relayer dans les combats du quotidien. Par ailleurs,
l’entourage permet de se changer les idées, de donner du piment
à la vie et d’être stimulé.
 Outre les poèmes adressés à Léopoldine qui était le sel de sa
vie, Hugo dédie plusieurs poèmes à sa famille et à ses amis
qui l’ont soutenu dans l’adversité
[…] Mère, fille, et vous, fils, vous, ami, vous encore » V-VI

 Les veuves des « voix solitaires » doivent la vie à leurs


enfants. Avoir quelqu’un de qui s’occuper, perpétuer la vie
malgré le malheur, c’est se donner des raisons d’avance :
« Maintenant, j’ai quelqu’un pour qui vivre et respirer » p.29
 Nietzsche remet en cause toute forme d’attachement qui
pourrait détourner l’Homme de son chemin personnel.
Toutefois, il décrit la difficulté de se séparer de ses amis. Il
concède même que les amis puissent se soutenir dans
l’adversité. Mais loin de les apitoyer, il s’agit de les
encourager

I. L’Homme, force de destruction, apparaît comme le responsable


du malheur

 La force de destruction de l’Homme, issue de sa haine dans


le cas de la guerre, de son inconscience dans le cas de
Tchernobyl, suscite un large désespoir parmi la
communauté biélorusse : 
« Je n’ai pas peur de Dieu, j’ai peur de l’homme » p. 65
« il n’y a rien de plus horrible que l’homme
« Je n’ai pas peur de Dieu, j’ai peur de l’homme » p. 65

 Quand Hugo se pencha sur la nature humaine, il s’exposait à


n’y voir qu’une profonde misère :
« Puis je me suis penché sur l’homme, autre alphabet. Le
mal m’est apparu » V-III

II. La fuite du monde et le retour à la nature permettent d’écarter


certains obstacles à la force de vivre. Parce qu’elle est sujette à
l’anéantissement des autres hommes, elle peut se préserver par
une forme d’isolement.
 Hugo est d’autant plus apaisé par la nature qu’il s’éloigne
ainsi du Mal humain. Les « contemplations » sont ainsi des
contemplations de la nature, sa vision apaisante, l’isolement
qu’elle procure permettent à Hugo d’oublier la plupart de
ses souffrances et lui donnent une force de vivre .
« Elle vous fait oublier que quelque chose existe » p177
« Ô triste humanité, je fuis dans la nature ! » V-XI
 En dépit du danger, la zone d’exclusion de Tchernobyl est
devenue un refuge. Les colons y vivent loin des autres
hommes. Ils s’y sentent mieux car c’est l’Homme le criminel,
et non l’atome : « Je me suis enfui du monde […] Ici, c’est la
liberté » p. 71
 Nietzsche évoque la nécessite d’avoir des espaces propices à
la méditation dans nos villes. Face au tumulte des grandes
villes, il lui semble nécessaire d’avoir des « lieux calmes et
vastes » où les hommes peuvent ressentir leur force vitale, «
être traduits en pierre et en plante » (§ 280)« Vis caché afin
de pouvoir vivre pour toi ! § 338

Vous aimerez peut-être aussi