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Gérard Fussman

Nouvelles inscriptions saka (II)


In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 73, 1984. pp. 31-46.

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Fussman Gérard. Nouvelles inscriptions saka (II). In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 73, 1984. pp. 31-46.

doi : 10.3406/befeo.1984.1629

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1984_num_73_1_1629
NOUVELLES INSCRIPTIONS SAKA (II)

PAR
Gérard FUSSMAN

Publiant il y a trois ans la première série de ces articles1, je ne pensais


pas devoir lui donner si tôt une suite. Mais le marché des antiquités de
Londres nous réserve encore des surprises, et l'on commence seulement
à mesurer le nombre et l'importance des antiquités qu'il a reçues ces
dernières années. Il est évident que dans les années 1970-1975 un site
gandharien très important a été trouvé au Pakistan, ou à la frontière
pakistano-afghane, que celui-ci est très soigneusement exploité par des
gens qui prennent bien garde d'abîmer leurs trouvailles, et que les plus
belles pièces finissent par arriver à Londres.Fort heureusement, beau
coup de collectionneurs sont assez éclairés et assez généreux pour en
permettre la publication : c'est à eux que nous devons de les connaître.
Mais, sur le plan historique, les dommages sont irréparables : voici que
depuis 1978 apparaissent des inscriptions que nous pouvons dater à un
an près, dont le formulaire et le contenu montrent qu'elles proviennent
d'un même site, que nous pouvons traduire à peu près exactement, mais
qui auraient pu livrer bien d'autres informations si elles avaient été
découvertes dans une fouille en règle : non seulement nous aurions pu
situer les toponymes qu'elles contiennent sur une carte, mais surtout
nous aurions pu dater très exactement les monuments et sculptures
qu'elles accompagnaient. Toute l'histoire de l'art du Gandhâra, et
singulièrement celle de ses débuts, aurait pu ainsi être établie sur des
bases solides et incontestables, chose qu'aucune fouille régulière n'a
jusqu'ici permis de réaliser!
La première série de Nouvelles inscriptions saka présentait trois
inscriptions relatives à la dynastie des roitelets d'Apraca datées dans
l'ère d'Azès I. Nous pouvons aujourd'hui leur adjoindre deux autres
textes, de même provenance et de contenu semblable. Il existe encore
au moins un autre document appartenant à la même série, un bol

(1) Gérard Fussman, «Nouvelles inscriptions saka : ère d'Eucratide, ère d'Azès, ère
vikrama, ère de Kaniska », BEFEO, LXVII, 1980, pp. 1-43, pi. I-IV. On trouvera au début
de cet article la liste des abréviations utilisées.
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d'argent inscrit que signale Sir H. Bailey1. Ces six documents forment
manifestement un ensemble, et dans ces conditions je prolonge la numér
otation adoptée dans le premier article de la série, qui, par un heureux
hasard, correspond aussi à l'ordre chronologique des inscriptions2.

1-3. Addenda aux inscriptions publiées en 1980.


L'inscription 1, ou reliquaire ď Indra varman, a déjà fait l'objet de
quatre éditions. L'édition princeps est celle donnée par Sir H. Bailey,
«Two kharosthï casket inscriptions from Avaca », JRAS, 1978, 1,
pp. 3-13. De cette première lecture dépendent les rééditions de G.
Fussman, « Nouvelles inscriptions saka... », BEFEO, LXVII, 1980,
pp. 1-43, pi. I-IV; B. N. Mukherjee, «An interesting kharoshthï
inscription », Journal of Ancient Indian History, University of Calcutta
XI, 1977-1978, pp. 93-114 (analysé par G. Fussman, op. cit., p. 43);
Richard Salomon, « The Avaca inscription and the origin of the Vikrama
era », Journal of the American Oriental Society, 102, 1, janvier-mars 1982,
pp. 59-68. Dépend aussi de l'article de H. Bailey le commentaire histo
rique de A. D. H. Bivar, « The Azes Era and the Indravarma Casket »,
South Asian Archaeology 1979, Papers from the fifth international
conference of the association of South Asian archaeologists in Western
Europe held in the Museum fur Indische Kunst der siaatlichen Museen
Preussischer Kulturbesitz Berlin, edited by Herbert Hártel, Berlin,
1981, pp. 369-376. Il est réconfortant de constater que tous ces auteurs
s'accordent sur le fait principal, à savoir que l'inscription du reliquaire
d'Indravarman prouve que l'ère vikrama est en fait l'ère d'Azès I. Pour
le reste, les lectures et interprétations sont assez différentes d'un article
à l'autre, mais je considère n'avoir pas à apporter de modification
importante à mon article de 1980. Quelques remarques valent cependant
la peine d'être faites :
P. 6, 3, 1. 2. Comme me le fait remarquer Sir H. Bailey, et comme
le confirment les inscriptions 4 et 5, ma lecture purva-kalisa est fausse ;
la pierre porte vurta-kalisa sans qu'il soit possible de dire si le í est une
égratignure ou non. Les deux formes sont de toute façon équivalentes et
le sens ne change selon que Ton lise purvakalisa ou vuriakalisa/vuria-
kal(a)sa.
P. 12, 1, 3 a. M. K. R. Norman me signale que iresathima- doit
s'expliquer comme pâli lesatihi. La même base te0 <traya- est attestée
en Ardhamâgadhï : R. Pischel, Grammaiik der Prakrit-Sprachen,
Strassburg, 1900, p. 312, §438. Il s'agit donc d'une forme parfaitement
régulière et j'avais tort de vouloir corriger le texte.
P. 13, 1, 3 e. Je continue à penser que l'étymologie Apraca > Ava-
ca> Bajaur est peu probable. M. G. Buddruss me rappelle que G.
Morgenstierne avait proposé une autre etymologie pour ce toponyme,
phonétiquement plus plausible : < vajra-kuta- (Norsk Tidsskrift for

(1) JRAS, 1978, p. 12 et JRAS, 1982, p. 150.


(2) J'utilise, comme à mon habitude, les signes conventionnels suivants : [ ] restitu
tion
; ( ) correction ; < > ajout ; X aksara disparu ; . lettre disparue.
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Sprogvidenskap, XVII, p. 320, repris par R. L. Turner, A Comparative
Dictionary of the Indo-Aryan Languages, London, 1966, n° 11205).
P. 19, 3, 5. J'avais tort d'écrire que l'expression padhavi-pradeše
<prthivï-pradese se voulait « solennelle et pompeuse ». Elle est en fait
très courante dans les textes de cette époque. Voir infra, 5, 1. 8 et 9 et
Lalita-vistara, edited by Dr. P. L. Vaidya, Buddhist Sanskrit Texts, n° 1,
Mithila Institute, Darbhanga, 1958, p. 102, 1. 3, etc.
P. 18, 2, 2 a. L'inscription de Senavarma1 a prouvé que Sir Harold
Bailey avait raison, contre moi, de dériver io <ayam.
P. 32, n. 1. Le titre devaputra est porté par un fils de Kujula Kad-
phisès, Sadaskana, connu par la même inscription de Senavarma (1. 8 g)1.
P. 36. Le vase inscrit d'Aï Khanum est désormais publié par
P. Bernard, BEFEO, LXVIII, 1980, pp. 24-27.

4. Le reliquaire du Bhagamoya.
Je désigne ainsi une inscription que vient de publier Sir H. Bailey,
« Two kharosthï inscriptions », JRAS, 1982, 2 « II, The inscription of
Bhagamoya, King of Apaca », pp. 150-155, pi. IV-VIII ». Je pense qu'il
n'y a jamais eu de roitelet ď Apaca portant le nom de Bhagamoya, mais
j'adopte un sous-titre voisin de celui adopté par Sir Harold pour n'intro
duirepas de confusion supplémentaire dans l'esprit du lecteur.
Le propriétaire londonien de cet objet me l'a montré et m'en a donné
des photographies en novembre 1981. Sachant que Sir Harold Bailey
se préparait à en éditer l'inscription, je m'abstins d'en donner immédia
tementle texte au BEFEO. Je me contentai de le communiquer à
Sir Harold et d'attendre la parution de son article, dont il avait eu la
générosité de m'envoyer le manuscrit. Mes lectures ont été faites sur la
pierre. J'ai disposé du même jeu de photographies que Sir Harold, mais
j'en donne ici un choix légèrement différent (pi. I-IV).
Sir Harold propose de ce texte la translittération et la traduction
suivantes :
1 savalsaraye sata-sasataiimaye maharajasa ayasa vuria-kalasa šavanasa
masasa divasaye catu-višaye 10 10 4 sairolekena mairavena subhuiika-
pulrena apaca-raja bhagamoyena bhagavato šakamuni
2 sarva-dhaiuve pratilhavita apratithavila-purvami pradešami 'athayi-
gramammi kaêaviyana chadralana panari-grahammi sarva-budha pujayita
sarva-pracega-sabudharahamta-savaka pujayito
3 pujaraha p<u>yayita *ima dhatuvi ma pratithaviti sadha bharyayi
daviliye putrehi ca ' idravananena menamhena misa mata-pita pujayita
bhrada 'imdasena vikaro vijayamiiro 3akhoia-raja
4 gro-nada-gamdha-vepami pujayide sulunakaja putra sarva-p <u>ja-
veham pujavita 4mi dhaiu praminovati patolaši šaka-khaka-mohi
« In the year seventy-seventh of the Great King Aya of past time on
the day twenty-four 24 of the month Šravana, by the army-commander,

(1) G. Fussman, « Documents épigraphiques kouchans (III) : L'inscription kharosthï


de Senavarma, roi d'Odi : une nouvelle lecture », BEFEO, LXXI, 1982, p. 4, 1. 1 с
34 GÉRARD FUSSMAN

intendant, son of Subhutika, the King of Apaca, Bhagamoya, were


deposited all relics of the Lord Sâkyamuni in a place not previously
deposited in, in the shrine of the Kâsyapïya zealots in Athayi village.
All Buddhas are honoured (with prë/â-worship) ; all pratyeka-
sambuddhas, Arhants, and Šravakas. The honour-worthy are honoured.
These relics were deposited by me together with the wife Davilï and with
sons Indravarnana, Menamha also. Mother and father are honoured.
The brother Indrasena, the kinsman Vijayamitra, King of Akhota, are
honoured with pujá with the dispersal of heavy nard perfumed oil. The
sons of dependents are honoured in all approved рп/ô-worship. This relic
ends penal acts, the šanká-dovibt, the kânksâ-douht and то/ш-delusions. »
Dès l'abord, il me parut que cette traduction ne pouvait être acceptée-
Non seulement la fin en est curieuse, mais elle fait de Vijayamitra, dont
nous savons par deux inscriptions (reliquaire du Bajaur dit de Ménandre,
inscription saka 1) qu'il régnait sur l'Apraca, un souverain d'Akhota. Sur
l'Apraca règne désormais un autre roitelet, Bhagamoya fils de Subhutika,
qui pousse la générosité jusqu'à offrir ce reliquaire en l'honneur d'un
autre roi, Vijayamitra, roi d'Akhota. Or il suffit de corriger très légèr
ement le texte et de lire (ks)atrevena au lieu de matrevena que porte la
pierre pour obtenir un sens satisfaisant. C'est pourquoi je juge utile de
rééditer cette inscription, bien que la fin m'en paraisse encore obscure.

Le texte est gravé sur la moitié inférieure d'un reliquaire, que son
propriétaire se réserve de publier (pi. I, 1 et 2). Le couvercle, que j'ai vu,
n'est pas inscrit. Le flanc de ce reliquaire porte une inscription longue
de 5 lignes. Les trois premières lignes font le tour du reliquaire. La qua
trième est incomplète et finit sous le ima de la 1. 3 (pi. II, 3). La cinquième
ligne est gravée à la base du reliquaire, et la graphie en est particulièr
ement mal soignée. Notre collègue A. D. H. Bivar a remarqué sur la base
non dressée du reliquaire une série de signes qui paraissent bien être des
aksara kharosthï; ni Sir Harold ni moi-même n'avons pu les déchiffrer.
Le sens est d'ailleurs complet à la fin de la 1. 5 telle que je l'interprète.
Le début des lignes est marqué par une étoile à cinq branches gravée
sur la marge, au-dessus du premier aksara de la 1. 1 (pi. II, 3). La 1. 1 se
referme sur elle-même; il y a un blanc à la fin de la 1. 2 et de la 1. 3, un
blanc beaucoup plus grand à la fin de la 1. 4. Le début de la 1. 5 n'est pas
signalé ; il m'a semblé qu'il se trouvait tout de suite à l'aplomb de la fin
de la 1. 4.
La gravure est très peu profonde et peu soignée, surtout à la fin.
Les signes de voyelle sont parfois à peine esquissés. La haste gauche des
ya se relève au point qu'il faut parfois lire va. Les ta et les da se terminent
parfois par une « queue » à droite, que Sir Harold signale en soulignant
les aksara en question; selon lui (p. 152), il s'agit d'un signe diacritique
indiquant que la prononciation était fricative. L'interprétation est tout
à fait possible, mais j'ai plutôt eu l'impression qu'il s'agissait d'une
fioriture ou d'une glissade de l'instrument de gravure. Je note pourtant
les aksara en question comme s'il s'agissait de fricatives (t, a). Dans
NOUVELLES INSCRIPTIONS SAKA (II) 35
l'ensemble, les quatre premières lignes ne présentent pourtant pas de
vraie difficulté de lecture, et sauf pour quelques aksara très cursifs, ma
translittération ne diffère guère de celle de Sir Harold. Les différences
portent plutôt sur le début des lignes, la coupe des mots et leur groupe
ment,qui conditionne leur interprétation. Pour la dernière ligne, que je
comprends mal, les différences sont plus importantes. Je ne sépare pas
les voyelles en hiatus par une apostrophe, et j'introduis dans le texte
des barres obliques qui n'y sont pas pour en indiquer la ponctuation.
1 Savatsaraye sata-sasataiimaye maharajasa Ayasa vurla-kalasa Šava-
nasa masasa divasaye caiuvisaye 20 4 Šatrolikena (ks)atrevena Stt-
bhatika-pulrena Apaca-raja-bhagamoyena Bhagavalo Šakamuni <sa>
2 dhaiuve praiiihavita apraiiihavita-purvami pradešami Athayi gramam-
mi kašaviyana chadraiana parigrahammi \ Sarva Budha pujayila \
Sarva pracega-sabudharahamta-savaka pujayila \ Sarva
3 pujaraha p<u>yayita / Ima dhai(u)vi ma [p]raiithaviti sadha
bharyayi [X]viliye putrehi ca Idra[sa 4]nena Menamdrena ca / Maia-pita
[p]ajayita / Bhrada Imdasene vakaro
4 Vijayamitro A[p]aca-raja
5 šabha X X jahigro gamdharekami pujavi(da) j Suiuna Kaji-putra /
Sarva p<u>jaraham pujavita j imi dhatu pra(i)ithavali Palralaši //
« 1 En l'an soixante-dix-septième du Roi Azès dont le temps est passé,
pendant le mois de Šravana, au vingt-quatrième jour 24, par Šatrolika,
le ksatrapa, fils de Subhutika, Bhagamoya du roi d'Apraca, des reliques
du Bienheureux Sàkyamuni
2 ont été déposées dans un endroit où il n'y avait pas de fondation
auparavant, dans le village Huitième, pour appartenir aux respectables
Kâsyapïya. Tous les Buddhas sont honorés. Tous les Buddha-pour-soi,
les parfaits Buddhas, les arhanl, les auditeurs sont honorés. Tous
3 ceux qui sont dignes d'honneur son honorés. Ces reliques par moi ont
été déposées avec mon épouse [X]vilï et mes enfants Indrasena et
Menandra. Mon père et ma mère sont honorés. Mon frère Indrasena,
le héros ( ?), <et>
4 Vijayamitra le roi d'Apraca
5 X X X X X en premier lieu ( ?) sont honorés (dans le Gandhâra ?).
Sutunâ, fille de Kaji <l'est aussi >. Tout ce qui est digne d'honneur est
honoré. Ces reliques, Patralasi les dépose. »
L'essentiel du texte, sur le plan historique, est contenu dans sa
ligne 1. Ces reliques ont été déposées en l'an 77 de l'ère d'Azès I, dont
on sait qu'elle est identique à l'ère vikrama. L'inscription date donc du
mois d'août de l'an 20 de n.è., au moment où Vijayamitra est encore
souverain du petit royaume d'Apraca, dont on ne sait toujours pas où
il se situait. Je n'ai donc rien à ajouter d'essentiel au commentaire que
j'ai donné en 1980 des inscriptions 1-3, ni en ce qui concerne la chronol
ogie,relative ou absolue, ni sur l'existence de ksatrapa, ni sur le rôle
des frères et sœurs dans cette société, ni sur l'onomastique. Quelques
précisions sont cependant nécessaires.
36 GÉRARD FUSSMAN
Le statut linguistique de ce texte est à peu près le même que celui
des inscriptions 1-3. J'ajouterai seulement que la graphie -i là où l'on
attendrait -e et inversement s'explique davantage par la négligence du
graveur (un i est seulement un e trop prolongé) que par la faiblesse des
voyelles finales. Seul [p]raiiihaviii, 1. 3, semble témoigner de cette
faiblesse.
Ligne 1 : Gomme le note Sir Harold, il semble y avoir un sa de trop
dans sata-sasalalimaye. La lecture vuria-kalasa est absolument sûre.
Elle est déjà attestée par l'inscription 3, où je n'avais pas osé la recon
naître, et l'inscription 5 en fournit un autre exemple. L'étymologie est
claire : <vj;tta-kà~lasya, « dont le temps est passé », « du temps passé ».
Si l'on suit mon raisonnement de 1980 (p. 31), cela implique que l'inscrip
tion a été gravée sous Azès IL En 20 de n.è., Azès II serait donc encore
vivant et il faudrait l'ajouter à la liste des souverains (Jihonika, Kujula
Kadphisès, Gondophernès) qui se disputent l'Inde du Nord-Ouest en
cette année1.
La correction (ks)alrevena, qui me permet de rétablir la cohérence
historique des inscriptions 1-4, est le point essentiel de mon interpré
tation; si on la refuse, toute mon argumentation s'écroule. Mais elle se
justifie aisément : elle permet de retrouver des éléments connus dans un
texte qui autrement demeurerait très mystérieux; elle est graphique
ment minime (il suffît de rajouter un petit trait vertical sous le ma) ; la
forme ksatrava- est attestée en 3, 10-11; les inscriptions 1 et 3 four
nissent des exemples tout à fait comparables de palatalisation vocalique
(1, 3 d, °peksena; 3,3, neksetrena). Il me paraît donc aisé de faire de
Šatrolika un ksatrapa. La première partie de son nom, comme le note
Sir Harold (qui en fait un titre militaire), semble contenir une base
apparentée à skr. šatru-, « ennemi ». Son père était Subhutika, que
Sir Harold rapproche de skt. bhukti-, « richesse ». Le nom voudrait dire
« très riche ». Cette etymologie est en principe la seule possible, car la
seule qui permette d'expliquer la conservation du -t- <-ti- <-kt-. Mais
Subhuti est un nom bouddhique fort connu, qu'on ne s'étonnerait pas
de retrouver dans ce texte. Si Šatrolika est un ksatrapa, il n'est pas roi
d'Apraca et Apaca-raja devient premier terme de composé. Bhagamoya-
paraît être un titre, pour lequel je ne veux pas proposer d'étymologie.
Car, si on y voit un mot iranien, le premier élément en est baga-, « dieu » ;
si on y voit un mot indien, comme tend à l'indiquer l'initiale aspirée,
ce premier élément peut dériver de bhaga-, « bonheur », de bhâga- « por
tion », de bhâgya-, « prospérité, chance », ou même de bhoga-, « fief,
jâgïr ». Le second élément n'est pas clair.
Šakamuni <sa> est le seul mot du texte qui présente un n dental.
Partout ailleurs, la nasale est rétroflexe. Il faut rétablir un <sa > à la
fin du mot pour obtenir un génitif moyen-indien correct. La raison de
l'omission de cet aksara est claire : la ligne 1 fait le tour complet du
reliquaire et sa fin en rejoint le début; or le début commence lui-même
par un sa.

(1) Voir le tableau chronologique que j'ai donné BEFEO, LXVII, 1980, p. 43.
NOUVELLES INSCRIPTIONS SÁKA (II) 37
Ligne 2 : L'expression apratithavita-purvami pradešami se retrouve
en 1, 4 b (apradiihavitaprave padeše) ; 3, 5 (apratislavitapruve padhavi-
pradeše) et 5, 7-9 (apradilhavidapruvami pathavipradešami).
C'est donc un cliché littéraire, auquel il ne faut pas attacher trop d'impor
tance.Voir pp. 43 et 46.
Aihayi gramammi se retrouve en 6, 7. La traduction littérale est
« village huitième ». Ce toponyme fait immanquablement penser à
Hasht Nagar (Huit villes), nom moderne de l'ancienne Puskalâvatï, d'où
provient une très célèbre statue inscrite1. L'ignorance où nous sommes
de l'endroit où ce reliquaire a été trouvé empêche malheureusement
d'identifier le toponyme moderne avec le toponyme ancien. Et pourt
ant...
La mention de la secte des Kâsyapïya2 devrait être suivie d'un
formulaire bien connu : les inscriptions kharosthï abondent en effet en
formules du genre acaryana sarvastivadana parigrahammi, acaryana
mahasamghighana parigraha... Bien que les deux premiers aksara soient
faiblement tracés (pi. III, 6), j'arrive en effet à lire parigrahammi, « dans
l'acceptance de, pour être accepté par ». Mais le mot précédent est
clairement chadratana, pour lequel Sir Harold propose « <*chandra-,
« zealous » + ágata- as in Pali chandâgaia ». Je préfère chercher un mot
synonyme ďácarya-. Il existe un mot skt. châltra, pâ. chalta-, « élève »,
sur lequel a été refait chattra-, « maître », qui fournit le sens souhaité
et ne pose aucun problème phonétique. Seul est à expliquer le ta. On
peut poser un dénominatif * chaitrayaii d'où l'adjectif verbal *chattraia-t
«protégé par un parasol, maître», ou un thème chattravant->. *chatra-
vaia >* chatrola- (écrit chadrala-1).
Ligne 3 : II est difficile de dire s'il faut corriger Ima dhaiuvi ma
pratithaviti en Ime dhatuve me praiiihaviia. Le x final de °thaviti peut
difficilement être une erreur de graphie : il témoigne d'une confusion
phonique entre -H et -la ou -le. Je m'abstiens donc de toute correction.
Mais je noterais que le reliquaire porte dhatiravi pour dhai(a)vi et qu'il
manque le crochet droit du pa de pralithaviii.
Bharyayi est clairement pour bharyaye. Il s'explique comme °lhaviti.
Je ne transcris pas le premier aksara de [X]viliye : c'est un simple trait
qui peut se lire de bien des façons. Le nom des fils est mal lisible. Je
réunis les aksara que Sir Harold lit vana pour obtenir un sa maladroit
(pi. III, 6), ce qui permet d'obtenir un nom compréhensible : Idrasana,
Indrasena. Je lis ensuite Menamdrena ca. Le dre ressemble beaucoup à
un he, mais c'est parce qu'il est de forme anguleuse. Quant au ca, il a
une boucle au bas qui l'a fait lire misa par Sir Harold. Mais il s'agit d'une
fioriture. Ce Ménandre s'ajoute à la liste des noms grecs connus, à cette
époque, dans l'Inde du Nord-Ouest.
Sir Harold a lui-même évoqué les problèmes que pose la lecture
vikaro ou vakaro. Le mot est susceptible de bien des interprétations, de
vakra->vak°ra->vakaro, «fourbe» à vâgara-, prononcé *vaaro et écrit

(1) Konow, Cil, pp. 117-119.


(2) Sur les Kâsyapïya, voir André Bareau, Les sectes bouddhiques du petit véhicule,
Publications de l'EFEO, vol. XXXVIII, Saigon, 1955, pp. 200-203.
38 GÉRARD FUSSMAN
vakaro « héros ». Je préfère cette dernière interprétation, mais d'autres
sont possibles. Ma traduction suppose une asyndète entre la fin de la 1. 3
et le début de la 1. 4, Imdasene et Vijayamitro étant tous deux sujets de
pujavi(da). Apacaraja est clair bien que le pa soit mal formé (pi. II, 4).
Ligne 5 : Les deux premiers aksara me semblent clairement šabha.
Ensuite il y a de la place pour deux aksara, mais je ne puis ni ne veux lire
les quelques égratignures que porte la pierre en cet endroit (pi. II, 4).
On lit ensuite sûrement jahigro, qui peut correspondre àjahi + <a>gro
ou à un adjectif adhiko >ahigo, d'où ma traduction « en premier lieu ( ?) ».
Après gro je ne vois aucune trace de nada que lit Sir Harold. On passe
tout de suite à gamdharekami que je ne puis résister à l'envie de dériver
de Gandhâra, bien que la finale fasse problème. Pajavi(da) est clair
ement écrit pujavinu (pi. III, 5). Le vi n'est sans doute qu'un yi dont la
haste gauche est trop redressée.
Je fais de Suiuna Kajipuira un féminin parce que je crois qu'il s'agit
de la même personne que Rukhuna Kaajipuirae en 1, 4 d. Ce mot
n'apparaît pas clairement sur les photos publiées du reliquaire d'Indra-
varman. Il faudrait vérifier sur l'objet lui-même, qui aurait été déposé
au Fitz-Williams Museum de Cambridge par son actuel propriétaire,
M. Samuel Eilenberg. Ici, en tout cas, les deux lectures sont possibles
Suiuna ou, plus maladroitement, Rukhuna.
Patralasi, que je préfère à Patolasi, est sans doute la personne
chargée par Šatrolika de faire le dépôt. On trouve une mention semblable
dans l'inscription de Senavarma, roi d'Odi, 1. 13 f1. Le verbe désignant
cette action est lu prominovali par Sir Harold, qui lui donne le sens de
« diminue ». Je vois clairement pramithavati (p. II, 3) qu'il est facile de
corriger en pra(i)iihavati : le mi est en fait un H anguleux, dont le i ne se
prolonge pas assez bas.

5. Reliquaire (en Vhonneur de ?^ Kopšakasa.


Je désigne ainsi une inscription dont je dois la connaissance à
S. Eilenberg, qui l'avait vue passer chez Spink's. M. A. Gardner, de
la maison Spink & Son Ltd., voulut bien transmettre au nouveau
propriétaire de cet objet la demande que je lui faisais de le publier. C'est
ainsi que je reçus de M. Horiuchi, de Tokyo, le jeu de photographies
que l'on peut voir pi. V. Les photographies des pi. IV, 7 et VI, 10 sont
les clichés 19/64500 et 19/64501 de Raymond Fortt Studios Ltd.,, pris
à la demande de Spink's.
J'ai hésité à publier cette inscription : je n'en ai vu que des photo
graphies, qui me permettent pas une lecture sûre de la première partie
du texte (lignes 1-9); surtout je n'ai pas réussi à comprendre la fin de la
seconde partie (lignes 14-16), dont l'écriture présente des signes mani
festement déformés et dont la syntaxe paraît aberrante. Je me suis
pourtant décidé à en proposer une interprétation, parce que cette
inscription fait partie du même groupe que les inscriptions 1-4 et parce
que je pourrai ainsi mettre en garde contre les interprétations aventu-

(1) BEFEO, LXXI, 1982, p. 5.


NOUVELLES INSCRIPTIONS SÁKA (II) 39
reuses que la lecture de la ligne 16 ne manquera pas de susciter. Aux
conventions typographiques que j'emploie d'ordinaire, s'ajoute, pour
ce texte difficile, l'impression en romain des aksara déformés, ou de forme
non reconnaissable.
La première partie de l'inscription est gravée sur le couvercle d'un
reliquaire dont la circonférence est ornée de pétales de lotus imbriqués
(pi. IV, 7). Il est fort possible que ce couvercle n'ait pas été prévu pour
porter une inscription, et qu'il ait été retaillé par la suite, afin d'offrir
une surface approximativement plane où le texte de dédicace pourrait
être inscrit. Ainsi s'expliquerait le fait que les pétales aient par endroits
presque disparu et que la surface soit rugueuse. Mais il faudrait voir
l'objet pour en dire plus.
La seconde partie de l'inscription est gravée sur une surface cir
culaire dépourvue de rainure ou de rebord (pi. V, 9 et VI, 10) ; ce n'est
donc pas l'intérieur du couvercle. Il s'agit probablement de la base du
reliquaire. L'écriture en est plus profonde, et plus élégante, mais certains
signes ne correspondent à aucun aksara kharosthï connu, et leur trans
litération (en romain) se fonde sur de vagues analogies de forme qui ne
me convainquent pas moi-même.
A 1 Samvalsarae ireasiti ma-
2 -harajasa Ayasa vuria-kalasa Asa-
3 -dhasa masasa diasaye pamcamaye 4 1
4 aihami В A PA Saridha Parida Dhramila-pu
5 -ira, Sabhakae Kamukapuire, Dasadija-
6 p<u>[tre] Saarena nama šarira pradi-
7 -thavedi Aihayi gramami apraditha-
8 vida-pruvami pathavi-
9 pradesami j
В 10 Bhagavato Šakamun(i)sa
11 BOSIuemío te dhaduve šila-pari-
12 -bhavida sama(s)i-paribhavemtu praňa-
13 -paribhavida to dhaduve nisehide /
14 amtra ca aparimana-dadu KHAPAmo iDA
15 logo ce vamsana prairamo ido
16 rasadhe Kopsakase maharlja J tu
17 dadhuve pratitheveti
18 Tramane /
« A En l'an quatre-vingt-trois du Roi Azès dont le temps est passé,
pendant le mois d'Âsâdha, au cinquième jour 5, huitième <tithi>,
(pendant la quinzaine sombre?), Saridha Parida ( ?), fils de Dhramila;
Sabhakaa (?) fils de Kamuka; le fils de Dasadija, Saarena (?) quant au
nom, déposent des reliques corporelles, dans le village Huitième, dans
un endroit de la terre où il n'y avait pas de fondation auparavant.
В Ces reliques du bienheureux Šákyamuni, possesseur de l'Éveil,
parfumées de moralité, parfumées de concentration, parfumées de
discernement, ces reliques sont (données ?). Et à l'intérieur ( ?), ce
don (?) incommensurable... les gens ici-bas (?)... le roi (?) Kopšakasa.
Ces reliques, Tramana ( ?) les dépose. »
40 GÉRARD FUSSMAN
Interprétation probable : En juillet de l'an 26 de n.è., trois personnages
dont on donne le nom. et le patronyme déposent des reliques corporelles
du Buddha dans le village Huitième. Ces reliques sont qualifiées par une
série d'épithètes traditionnelles. Ce don a été fait (pour le bien des gens
ici bas <?> et en l'honneur <?> du roi <?> Kopšakasa ?). La
personne chargée de faire matériellement le dépôt, Tramana (ou Sra-
mana ?), signe l'inscription.
Paléographie : Toutes les nasales sont notées par le signe de la nasale
rétroflexe (na), comme dans l'inscription de Senavarma; il s'agit
simplement d'un fait de graphie dont il n'y a pas de conclusion à tirer sur
le plan linguistique1. Ya et sa se distinguent facilement : les ya sont de
forme triangulaire (1. 2 ayasa), les sa ont la tête plate (1. 1 asiii). La
distinction entre la et da est dans l'ensemble assez facile à faire : les ta
sont de forme nettement plus anguleuse (1. 1 treašiti) que les da (1. 3
diasaye). La première partie de l'inscription (1. 1-9) ne présente pas
de difficultés intrinsèques de lecture : lorsqu'il y a hésitation, elle est due
à la rugosité de la surface et à la mauvaise qualité de la photographie.
Je pense que, si j'avais pu voir le reliquaire, j'aurais pu en donner une
translittération sûre en tous points. On notera, comme dans les inscrip
tions1-4, un mélange de formes caractéristiques des époques de tran
sition2 : sa à tête ouverte (1. 2 °rajasa), de forme anguleuse à tête semi-
ouverte (1. 2 °kalasa), ou gravé en deux parties (tête et haste) non
jointives (1. 2 ayasa). Il suffit qu'il manque sur cette dernière forme la
haste verticale de gauche pour qu'on lise da au lieu de sa. C'est appa
remment ainsi que s'explique 1. 12 la graphie samadi à corriger en sama-
(sji <samadhi-.
La seconde partie de l'inscription pose des problèmes de lecture
particulièrement difficiles, malgré son parfait état de conservation. En
disant cela, je ne pense pas seulement aux aksara de forme inconnue,
que j'ai transcrits en romain, et que je commenterai chaque fois à leur
place. Car beaucoup d'aksara sont de forme soit très cursive, soit très
déformée, et la lecture en est possible seulement lorsque l'on a reconnu
le mot qu'ils notent; lorsqu'il s'agit d'une formule bien attestée, la lecture
en est alors assurée (1. 10-13) ; lorsque le sens n'est pas clair, la lecture est
beaucoup plus douteuse (1. 14-16). Donnons quelques exemples : 1. 11 et
12 apparaissent des ve avec une boucle au bas que je me sens obligé de
transcrire vem\ mais une comparaison de 1. 15 vamsana, où le vam pré
sente la forme attendue, et de 1. 12 °paribhavemiu montre que la boucle
au bas du vem n'est sans doute qu'un ornement, et qu'en tout cas il
n'en faut pas faire obligatoirement un indice linguistique et conclure
par exemple, sans autre forme de procès, à la nasalisation des voyelles
longues. L. 11, le du de dhaduve est de forme tellement cursive qu'il n'en
est plus reconnaissable ; mais l'on attend en cet endroit un mot corre
spondant à skt. dhâta- et, en lisant du la haste verticale avec crochet au
bas à gauche, on obtient le mot attendu sans faire violence à la graphie.

(1) BEFEO, LXXI, 1982, p. 3, note 1.


(2) BEFEO, LXVII, 1980, pp. 7-8.
NOUVELLES INSCRIPTIONS SAKA (II) 41
Le même mot dhaduve apparaît de nouveau 1. 13 et 1. 17; 1. 13, le du est
de forme à peu près usuelle, mais le dha est très maladroit; 1. 17 le dha
est tout aussi maladroit, et le du devrait se lire vam\
L. 12 apparaît un mot samadi dans une formule qui devrait comporter
le mot samadhi. Il est difficile de postuler, dans un texte aussi ancien, une
perte de l'aspiration qui expliquerait que dh>d. En fait, nous sommes
en présence d'un phénomène bien connu : skt. -dh-, en position inter-
vocalique, a été spirantisé; il n'y a pas dans les syllabaires indiens de
signe permettant de noter un ôh, prononcé sans doute comme zh, ou z.
Certains graveurs s'en tiraient en utilisant le signe kharosthï correspon
dant au sa sanskrit : à cette époque, le sa intervocalique devait se pro
noncer za. On attendrait donc ici la forme samasi, fréquemment attes
tée1. La forme samadi n'en est qu'une graphie maladroite [supra, p. 40).
L. 13, la lecture °paribhavida est certaine, parce que le mot est répété
trois fois dans la formule, et bien connu dans cet emploi. Mais le pa est
gravé en deux parties non jointives, au point que l'on peut être tenté
de lire do et qu'au premier abord on ne songe certes pas à le prendre pour
un pa; le da comporte en haut à droite un crochet arrière tout à fait
inexplicable. J'ai transcrit to la syllabe suivante, mais se serait tout
aussi possible; la seule raison de mon choix est que io est une forme
acceptable du démonstratif (encore que la désinence fasse problème) et
que se ne serait pas explicable. L. 16, je crois lire une séquence rasadhe,
qui n'offre pas de sens. Si je compare le dhe aux dha des lignes précédentes
et de la ligne suivante, ainsi qu'au ce de la 1. 15, je ne puis exclure qu'il
faille lire rasace. Mais comme rasace ne semble pas offrir plus de sens que
rasadhe, je suis dans l'impossibilité de choisir entre ces deux trans
litérations. On verra plus loin que la syntaxe de cette partie du texte
m'échappe entièrement. C'est peut-être dû à ma connaissance imparfaite
de la gândhârï; mais je ne puis exclure le fait que la face В ait été gravée
par une autre main que les 1. 1-9, et par un graveur qui ne comprenait
pas très bien ce qu'il faisait, qui ajoutait des signes, en oubliait d'autres,
et en reproduisait approximativement quelques-uns.
Statut linguistique du texte : le commentaire que j'ai donné des inscrip
tions1-32 pourrait s'appliquer sans grand changement à ce texte. En
particulier la conservation des occlusives sourdes à laquelle pourraient
faire croire des formes comme ašiti ou Bhagavalo reste une illusion : non
seulement il y a autant de formes où -t- >-d- (°thavedi, dhaduve, apradi0),
mais 1. 15 loýo est écrit avec un digne diacritique qui laisse supposer que
-k- >-g- >-y- écrit ý3. Le même signe diacritique se voit au-dessous du ve
de °theveti (1. 17) ; or une forme comme 1. 2 diasaye< divase montre qu'à
cette date le va en position intervocalique a disparu, ou est en voie de
disparition quasi-totale. Il faut donc supposer que dans logo comme
dans °iheveti, la consonne marquée d'un signe diacritique a quasiment
disparu et qu'il en est de même des autres occlusives sourdes du skt.

(1) Inscription de Senavarma, 1. 7 b ; commentaire BEFEO, LXXI, 1982, p. 14, n. 1,


qui renvoie à l'étude essentielle de J. Brough, Gdhpd., p. 94, § 43.
(2) BEFEO, LXVII, 1980, pp. 9-12.
(3) Brough, Gdhpd., p. 86, § 31 et pp. 94-95.
42 GÉRARD FUSSMAN
quand elles étaient en position intervocalique : des formes comme asiii
ou pradešami sont donc des graphies archaïsantes.
On notera que la face A du texte présente des nominatifs masculins
singuliers en -a ou -e, jamais en -o ni -u; par contre la face В présente des
nominatifs masculins singuliers en -a ou -o ou -u, jamais en -e dans les
formes dont l'analyse est sûre. Gela renforce l'impression que les deux
parties du texte ne sont pas de la même main. Les particularités gra
phiques de cette face В sont telles que je préfère m'abstenir de tout
commentaire sur l'équivalence paribhavemtu/paribhavida. La lecture
du mot bosivemto est trop douteuse pour que j'insiste sur un processus
d'évolution qui ferait évoluer (bodhi)maiah en (bosi)vemio.
Justification des interprétations proposées : Les trois premières lignes
du texte n'appellent pas de commentaire particulier : c'est un formulaire
que les inscriptions 1-4 nous ont appris à connaître et interpréter. On
notera simplement que asiii est un nombre cardinal, et ne présente pas
le suffixe d'ordinal d'attendu, et que diasaye atteste la quasi-disparition
du va intervocalique. La désinence de locatif masculin est ici en -aejaye
(avec ya-sruti), et il faut la comparer avec les locatifs masculins singuliers
en -mi des 1. 7-9. Mais il est difficile d'en tirer une conclusion linguistique
car ces désinences apparaissent dans des formules toutes faites, emprunt
ées, et qui ne représentent pas le dialecte réellement parlé dans la
région.
L. 4 apparaît la mention du tithi : alhami< asiamï. Suivent deux
syllabes dont la première paraît être un ba (barré ?) ; la deuxième pourrait
être un sa dont le haut serait effacé; mais la séquence n'offrirait aucun
sens. C'est pourquoi je propose d'y reconnaître un pa cursif et de lire
ba pa abréviation de bahule pakse, « dans la quinzaine noire ». Le mois
à'Âsâdha serait donc ici purnimânta, « commençant avec la quinzaine
noire »x. Ceci reste hypothétique tant qu'un spécialiste de la kharosthï
n'aura pas vu la pierre. Mais la mention assurée du tithi en même temps
que du jour (divasa-) montre que, contrairement à ce qu'écrit M. Pin-
gree2, il n'y avait pas d'obstacle réel à l'utilisation simultanée de ces
deux modes de comput. Il serait d'ailleurs intéressant qu'un spécialiste
des calendriers utilise la date très complète ici indiquée.
Les lignes 4-6 présentent des aksara dont la lecture n'est pas toujours
assurée {Saridha en particulier), mais il s'agit de noms propres et les
incertitudes de lecture ne concernent que l'onomastique : le sens du texte
n'en souffre guère. Un seul de ces noms propres évoque un rapproche
ment : Dhramila, dont la lecture est sûre, est un mot formé sur dharma-.
L. 6 le и de p<u>tre semble n'avoir jamais été gravé et le ire est à
demi-effacé ou gravé sur un ancien pétale de lotus mal aplani; mais la
restitution est presque certaine. La difficulté porte sur la syntaxe.
D'ordinaire, dans les inscriptions kharosthï, il y a un seul donateur; il
est parfois mentionné qu'il associe à son acte d'autres personnes, ou qu'il

(1) D. C. Sircar, Indian epigraphy, Calcutta, 1965, p. 220 et 224.


(2) David Pingree, « A Note on the Calendars used in Early Indian Inscriptions », JAOS,
102, 2, 1982, pp. 356 et 358. Dans cet article, D. Pingree croit encore que ayasa < skt.
âdyasya et désigne un mois intercalaire. Il s'agit en fait de l'ère d'Azès.
NOUVELLES INSCRIPTIONS SÁKA (II) 43
s'associe à d'autres personnes pour faire cet acte. La formule usuelle est
en ce cas : nominatif du nom du donateur principal suivi du nom des
donateurs secondaires précédé de sa0 ou de sadhajsaha1. La multiplicité
des sa dans ce texte, la curieuse désinence -ae de bhakae (si la lecture est
bonne ; il est clair en tout cas qu'on ne peut lire bharyae « avec son
épouse »), l'apparent singulier pradithavedi pourraient faire penser que
c'est la formule employée dans ce texte. Mais d'autres éléments m'em
pêchent d'adopter cette solution : le premier sa de Saridha ne peut être
un sa0 = « avec »; le da entre Kapukapulre et sadija ne se comprendrait
pas; la raison de l'alternance -aj-e- dans les nominatifs ne s'expliquerait
pas. C'est pourquoi j'ai divisé ces noms en trois groupes représentant
trois donateurs placés sur le même plan. Mais les difficultés demeurent :
le premier des donateurs a deux noms et un patronyme; le patronyme
du troisième est placé avant son nom, lui-même précisé par nama < skt.
nâma. La raison d'être de ces variations m'échappe2. Il me paraît certain
en tout cas que les lignes 4-6 donnent le nom des donateurs de reliques,
ce qui va avoir des conséquences pour l'interprétation des lignes 16-17.
La formule des lignes 7-9 a été commentée plus haut, p. 37. J'ajoute
que l'examen des dates de 4 et 5, dont on est sûr qu'elles proviennent
toutes deux du même endroit (le village Huitième), montre qu'il ne faut
guère attacher d'importance à l'expression apraditha-pruvami pathavi-
pradešami, « dans un endroit de la terre où il n'y avait pas de fondation
auparavant ». Car dans ce village Huitième, il y avait déjà une fondation,
celle faite par Šatrolika en 77 d'Azès, six ans avant la dédicace 5, de
l'an 83. C'est donc une formule toute faite, sur laquelle j'avais peut-être
tort de trop insister dans mon commentaire de l'inscription l3.
Les lignes 10-13 reprennent une formule qui figure ligne 7 a-b de
l'inscription de Senavarma et que j'ai commentée à cette occasion4 :
ima dhadu šila-paribhavita samasi-praňa-vimtíti-ňaya-deša<na>-pari-
bhavita, « ces reliques parfumées de moralité, parfumées de l'enseign
ement du chemin qui mène à la délivrance par la concentration (sama-
dhi-) et le discernement (prajnà-) ». Ce sont des qualificatifs tradition
nels : ces reliques sont considérées non comme des objets magiques,
capables de réaliser des miracles, mais comme capables d'inspirer à qui
les honore une prise de conscience qui le mènera à la délivrance par la
pratique d'une conduite morale (sïla-), de techniques de concentration
et de purification de la pensée (samâdhi-) et la compréhension parfaite
des enseignements du bouddhisme (prajňá-). Le mot désignant les re
liques est ici dhâtu-, au pluriel (dhaditve), bien que la désinence du
démonstratif to 1. 13 (supra, p. 41) et même le -e de dhadave paraissent
indiquer un singulier. Car, dans le sens de « reliques », dhâiu- est ord
inairement au pluriel, et interpréter dhaduve comme un singulier impli
querait une thématisation en -a qui n'est ni attestée, ni vraisemblable
pour un mot aussi fréquent. Sama(s)i et paribhavemlu ont été commen-

(1) Konow, Cil, p. 48 et p. 150.


(2) Voir une formule à plusieurs donateurs du même genre dans Konow, С II, p. 141.
(3) BEFEO, LXVII, 1980, p. 14.
(4) BEFEO, LXXI, 1982, pp. 24-25.
44 GÉRARD FUSSMAN
tés plus haut (pp. 41-42). L. 10, le texte porte Šakamunosa po\iT°mun(i)-
sa : c'est une très légère erreur de gravure, la partie supérieure du i
n'ayant pas été gravée, ce qui lui donne l'apparence d'un o. Les deux
premiers aksara de la 1. 11 sont en réalité illisibles. Le premier évoque
vaguement un bo très anguleux et déformé; le second comporte un i et
avec de la bonne volonté, on peut le considérer comme un si très cursif
et très mal écrit. Je lis donc bosivemto <bodhivato < skt. bodhimatah,
« possesseur de la bodhi ». Mais je serais très heureux que quelqu'un
propose une lecture meilleure.
L. 13 nisehide est manifestement un adjectif verbal terminant la
phrase. Phonétiquement, il ne peut guère correspondre qu'à skt. nise-
dhita- ou *nis-sedhila-\ nisedhita- signifierait «empêché, défendu », sens
qui ne convient guère ici; * nis-sedhita- signifierait* offert, généreusement
donné », mais le mot est védique uniquement (nis-sidh-). Le contexte
impose de choisir le sens d'« offert », mais la réapparition du très rare
nih-sidh- est surprenante et fait que l'interprétation ne peut être tenue
pour entièrement assurée. Apparemment, il n'y a pas d'instrumental
pour indiquer qui a « donné » ces reliques. Si В vient à la suite de A,
l'absence de cet instrumental s'explique fort bien, puisque les donateurs
sont mentionnés en A. Si В est un texte postérieur à A, comme bien des
indices tendent à le faire croire {supra, p. 42), c'est simplement une
maladresse de plus dans un texte qui en comporte beaucoup.
Les lignes 14-16 me paraissent intraduisibles en l'état actuel des
choses. Le début de la 1. 14 est assez simple : amtra, que l'on pourrait
aussi transcrire amha, correspond soit à skt. antar, «à l'intérieur», soit
à skt. atra, « ici », avec nasalisation adventice mal explicable. C'est
pourquoi j'ai choisi la traduction «à l'intérieur» en pensant «à l'inté
rieur du reliquaire » ou « à l'intérieur du stupa », mais cela reste douteux
puisque je ne comprends pas la suite de la phrase.
Aparimana-dadu semble correspondre phonétiquement à skt. a-pavi-
mâna-dattam, « chose donnée (d'une importance) incommensurable ».
Le sens convient bien pour des reliques du Buddha, et la traduction
peut donc être adoptée. Mais ensuite viennent deux signes que je transc
riskhapa sous toutes réserves, car leur tracé n'est pas celui qu'on
attendrait, et parce que cette translittération n'offre aucun sens. Vient
ensuite une séquence mo i suivie d'une espèce d'accent qui, en principe
n'existe pas en kharosthï. Je ne puis m'empêcher de rapprocher cette
séquence de celle qu'on lit au-dessous, à la fin de la 1. 15 mo ido, avec un
do de forme inhabituelle. J'écris donc mo i[da] ce qui me permet de
reconnaître une séquence ida logo, « le monde ici-bas » (ayant lokah)
que l'on trouve souvent dans ce type de texte, où l'on oppose assez
facilement les bienfaits dans ce monde ici-bas (santé, etc.) aux bienfaits
dans l'au-delà (bonne renaissance, etc.)1. Mais la séquence reste en l'air :
je ne sais quoi faire de khapamo; ni de ce qui est probablement une
graphie maladroite de ca, « et »; ni de vamsana qui, dans un dialecte où
s est conservé, ne peut être le génitif pluriel de vamša-, « roseau, famille »;

(1) Voyez par exemple la fin des édits sur rocher XI et XIII d'Asoka.
NOUVELLES INSCRIPTIONS SAKA (II) 45
ni de prairamo que je ne vois pas le moyen de rattacher à prathamah,
«premier»; ni de rasadhe ou rasace.
Ligne 16 se lit très clairement une séquence Kopšakase maharaja
avec un signe bizarre au-dessus du ra, qui pourrait faire songer à un i.
L'ajout de ce signe n'est pas une inadvertance, mais je n'en vois pas la
raison. Le rôle de ce « roi Kopsakasa » est impossible à déterminer. Je
ne puis en faire le sujet de pratitheveti, car tramane resterait en l'air, et
parce que les donateurs des reliques sont énumérés dans la première
partie du texte. On peut certes penser que A et В non seulement ont été
écrits par des mains différentes, mais sont en outre deux textes diffé
rents. Le reliquaire aurait été réutilisé à une date postérieure, comme
cela s'est fait pour le reliquaire de Bajaur qui porte les noms de Ménandre
et Vijayamitra1. Adopter cette solution permettrait d'expliquer les
différences de graphie entre les deux parties du texte. Mais on se trouver
ait devant une situation doublement exceptionnelle : le texte A indiquer
ait la date, le lieu, le(s) donateur(s), mais pas les personnes en l'honneur
de qui a été faite la donation; le texte В lui ne comprendrait ni date,
ni indication de lieu et commencerait abruptement par un éloge des
reliques. D'autre part, 1. 11, le démonstratif te de te dhaduve semble
renvoyer au sarira de la ligne 6. Il me paraît donc de meilleure méthode
de prendre A et В pour un même texte, écrit par deux personnes pour des
raisons que je ne connais pas. En ce cas le « roi Kopsakasa » ne saurait
être le donateur des reliques, sauf à supposer une contradiction entre A
et B. Sa mention dans le texte apparaît à un endroit où sont d'ordinaire
nommées les personnes « en l'honneur » de qui le don est fait. C'est
l'interprétation que je choisis, en supposant que le graveur a oublié
plusieurs syllabes ou mots. En tout cas, je ne vois aucun moyen de
restituer une syntaxe cohérente des lignes 14-16.
L'inscription se termine, comme l'inscription 4 {supra, p. 38) par la
mention du personnage chargée du soin matériel de faire le dépôt.
L'initiale du nom n'est pas claire : on peut lire tramane, moins facilement
šamane.
Commentaire historique : l'intérêt essentiel du texte est de former avec
les inscriptions 1-4 un ensemble confirmant l'existence d'une ère d'Azès
correspondant à l'ère vikrama. Cet ensemble témoigne aussi de l'existence
de formulaires utilisés tels quels par des rédacteurs de dédicaces, qui
apparaissent ainsi comme des textes en grande partie artificiels, des
assemblages de phrases toutes faites qu'il faut analyser soigneusement
avant de pouvoir juger de la situation linguistique réelle.
Quant au roi Kopsakasa, dont le nom apparaît ici pour la première
fois, je ne sais ce qu'il faut en dire. Son titre de maharaja en fait un
personnage plus important que le raja d'Apraca de l'inscription 1 ou le
raja d'Odi Senavarma2. Rien ne permet de voir dans Kopsakasa une
forme apparentée aux diverses variantes attestées du nom Kadphisès3 :

(1) Sten Konow, « Note on the Bajaur inscription of Menandros », Epigraphia Indica,
XXVII, pp. 52-58.
(2) BEFEO, LXXI, 1982, pp. 1-47.
(3) Liste des formes dans H. Humbach, Baktrische Sprachdenkmâler, Wiesbaden, 1966, I,
p. 40.
46 GÉRARD FUSSMAN
il n'y a pas grand chose de commun entre Kopšakasa et des formes
comme Kaphsasa, Kadaphasa, Kathpišasa. Par ailleurs Kadphisès
n'apparaît jamais seul; il est précédé d'un autre nom, Kujula ou Wima.
Rien de tel n'apparaît ici.
L'usage continué du comput d'Azès paraît plutôt indiquer que ce
maharaja Kopšakasa appartenait à la dynastie saka. C'est un des nom
breux potentats à se mêler à la lutte pour la possession du Panjâb que
se livrent dans les années 20-30 de n.è. Jihonika, Kujula Kadphisès,
Gondophernès et peut-être d'autres aventuriers ou chefs de bande dont
le nom n'est pas (encore ?) connu.
Strasbourg, décembre 1982.
Université de Strasbourg II.
ERA 094 du CNRS.

Addenda: M. Richard Salomon m'a communiqué les épreuves d'un


article en cours de parution : R. Salomon et Gr. Schopen, « The Indra-
varman (Avaca) Casket Inscription Reconsidered : Further Evidence
for Canonical Passages in Buddhist Inscriptions », Journal of the Inter
national Association of Buddhist Studies, VII, 1 (1984). Cette réédition
de l'inscription saka 1 tient compte de toutes les interprétations jusqu'ici
proposées (voir p. 32). La traduction proposée par MM. Salomon et
Schopen diffère de la mienne sur des points mineurs que je n'ai pas
la place de discuter ici. Les deux auteurs ont réussi à démontrer que
la phrase 1, 4 a-e est une citation de sutra : le mérite brahmique (brâhma
punya) permet de vivre dans les cieux pendant un kalpa ; il y a quatre
façons de l'obtenir dont la première consiste à fonder un stupa là où
il n'y en avait pas et à y déposer des reliques (Kosa, IV, 124 = La
Vallée Poussin, III, p. 250).
M. R. Salomon a réédité l'inscription du Bhagamoya (saka 4)
d'après l'article de B. : « The Bhagamoya Relic Bowl Inscription »,
Indo-Iranian Journal, 27 (1984), pp. 107-120. Si la transcription ne
diffère de la mienne que par des points de détail (sauf en ce qui concerne
la 1. 5 dont une partie est réellement illisible), la traduction en est très
différente bien que M. Salomon lise ksatravena 1. 1 et soit prêt à lire
Menamdrena 1. 3. Mais il fait de êatrol(e)kena un nom de circonscription
administrative et considère que Bhagamoya est roi d'Apraca. Le
donateur Bhagamoya serait ainsi, à la fois, roi d'Apraca et ksairapa
de Šatroleka (ou Šatrola ?). C'est syntaxiquement difficile et cela ne
correspond pas à ce que l'on sait des titulatures saka : un ksairapa
n'est par un roi(telet), mais un personnage subordonné. M. Salomon
propose d'interpréter chadratana, 1. 5, comme un toponyme.

Planche I

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1. — Reliquaire du Bhagamoya. L. 1 on lit putrena Apraca-rajabhagamoyena.

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2. — Le même, vu de dessous.
Planche II

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3. — Reliquaire du Bhagamoya : début des lignes 1-4.

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4 — Reliquaire du Bhagamoya, suite.


Planche III

5. — Reliquaire du Bhagamoya, suite.

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6. — Reliquaire du Bhagamoya, suite. Ligne 1 on voit le chiffre 20 4, suivi de Šatrolikena.
Planche IV

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6. — Reliquaire du Bhagamoya, autre vue de la partie représentée en I, 1.

7. — Reliquaire pour Kopáakasa : vue d'ensemble avec deux autres boîtes (qui devaient
se trouver à l'intérieur de la grande ?).
Planche V

8. — Reliquaire pour Kopáakasa, face A.

9. — Reliquaire pour Kopšakasa, face В.


Planche VI

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- —■ Reliquaire pour Kopšakasa, autre vue de la face B.

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