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TRAVAIL DE MECANIQUE

CHAP I. DUALITE ONDE-PARTICULE

I.1 Intoduction

En physique, la dualité onde-corpuscule ou onde-particule est un principe selon lequel tous les objets physiques
peuvent présenter parfois des propriétés d'ondes et parfois des propriétés de corpuscules. La manifestation de ces
propriétés ne dépend pas seulement de l'objet étudié isolément, mais aussi de tout l'appareillage de mesure utilisé. Ce
concept fait partie des fondements de la mécanique quantique. Le cas d'école est celui de la lumière, qui présente deux
aspects complémentaires selon les conditions d'expérience : elle apparait soit ondulatoire, d’où le concept de longueur
d’onde, soit corpusculaire, d'où le concept de photons.

Cette dualité démontre en réalité l'inadéquation - ou plus exactement l'incomplétude - de chacune des conceptions
classiques de « corpuscules » ou d'« ondes » pour décrire le comportement des objets quantiques. L'idée de la dualité
prend ses racines dans un débat remontant aussi loin que le XVII e siècle, quand s'affrontaient les théories concurrentes
de Christian Huygens, qui considérait que la lumière était composée d'ondes, et celle de Isaac Newton, qui considérait
la lumière comme un flot de corpuscules. La
dualité onde-corpuscule est introduite en 1909 par Albert Einstein pour la lumière.
À la suite des travaux d'Einstein, de Louis de Broglie et de bien d'autres, les théories scientifiques
modernes accordent à tous les objets une double nature d'onde et de corpuscule, bien que ce
phénomène ne soit perceptible qu'à l'échelle de l'atome.

L'électrodynamique quantique donne à la lumière un aspect corpusculaire, et montre par des propriétés
probabilistes que les photons peuvent avoir un comportement ondulatoire.

I.2 Développement

La dualité onde-corpuscule vient du fait que les analogies classiques de l'onde (associée à une vague sur l'eau) et du
corpuscule (associé à une bille) sont incompatibles : intuitivement et ontologiquement, elles ne peuvent caractériser un
même objet.
Le phénomène d'une onde sur l'eau peut certes être considéré compatible avec le caractère corpusculaire des molécules
composant l'eau; néanmoins il s'agit là d'un phénomène d'échelle, le caractère ondulatoire observé sur l'eau découlant
de la quantité de molécules d'eau composant le milieu, et non de chaque molécule.

Or au début de la physique quantique, les expériences montraient pourtant que les phénomènes observés présentaient
bel et bien intrinsèquement ces deux propriétés apparemment opposées.

Propriétés macroscopiques des ondes


et corpuscules
Corpuscle O
n
d
e
Position ou localisée, délocalisée, d'extension infinie dans le temps et
interaction d'extension l'espace
définie
Propagation trajectoire continue, avec diffusion en même temps dans toutes les directions
une vitesse définie et (son "moment" virtuel n'est pas directement
observable observable)
Dénombrabilit l'objet est dénombrable, l'objet est indénombrable et inséparable en objets
é et et séparable en objets distincts.
séparabilité distincts.
I.2.1 La métaphore du cylindre

La métaphore du cylindre est l'exemple d'un objet ayant des propriétés apparemment inconciliables. Il serait à première
vue déroutant d'affirmer qu'un objet ait à la fois les propriétés d'un cercle et d'un rectangle : sur un plan, un objet est
soit un cercle, soit un rectangle.

Mais si l'on considère un cylindre : une projection suivant l'axe du cylindre donne un cercle, et une projection
perpendiculairement à cet axe donne un rectangle.

De la même manière, « onde » et « corpuscule » sont des manières de voir les choses et non les choses en elles-
mêmes. Le terme de dualité est alors assez "contradictoire", signifiant qu'il existe deux choses différentes alors qu'il
s'agit bien de l'unification de deux domaines de la physique : les ondes et l'aspect corpusculaire.

Notons par ailleurs que dans la description mathématique de la physique quantique, le résultat de la mesure est
similaire à une projection géométrique (notion d'observable : l'état de l'objet est décrit par des nombres que l'on peut
voir comme des coordonnées dans une base vectorielle, et en géométrie euclidienne, les coordonnées sont la
projection de l'objet sur les axes de référence).

Métaphore du cylindre : objet ayant à la fois les propriétés d'un cercle et d'un rectangle

C’est l’absence d’équivalent macroscopique sur quoi nous pourrions nous référer qui nous force à penser les objets
quantiques comme possédant des attributs contradictoires. Il serait inexact de dire que la lumière (comme tout autre
système quantique d’ailleurs) est à la fois une onde et un corpuscule, elle n’est ni l’un, ni l’autre. Le manque d'un
vocabulaire adéquat et l'impossibilité de se faire une représentation mentale intuitive des phénomènes à petite
échelle nous font voir ces objets comme ayant une nature, par elle-même, antinomique.

Pour lever cet apparent paradoxe et insister sur l'imperfection de nos concepts classiques d'onde et de corpuscule, les
physiciens Jean-Marc Lévy- Leblond et Françoise Balibar ont proposé d'utiliser le terme de « quanton » pour parler
d'un objet quantique. Un quanton n'est ni une onde, ni un corpuscule, mais peut présenter les deux aspects selon le
principe de complémentarité de Bohr.

La gnoséologie cartésienne utilise cette idée pour démontrer que nos sens nous trompent. Descartes prend cet
exemple : « Comme aussi une tour carrée, étant vue de loin, paraît ronde5. » Descartes utilise la même métaphore : des
objets ou des formes géométriques différents ayant les propriétés de l'un et de l'autre (mais ils ne sont ni l'un, ni
l'autre).

I.2.2Histoire
La dualité onde-corpuscule s'est imposée au terme d'une longue histoire où les aspects purement ondulatoires et
corpusculaires ont été tour à tour privilégiés. Ces aspects ont tout d'abord été mis en évidence avec les théories de la
lumière, avant d'être étendus — au XXe siècle — à tous les objets physiques.

La première théorie complète de la lumière a été établie par le physicien néerlandais Christian Huygens au XVIIe siècle.
Il proposait une théorie ondulatoire de la lumière et a en particulier démontré que les ondes lumineuses pouvaient
interférer de manière à former un front d'onde se propageant en ligne droite. Toutefois, sa théorie possédait certaines
limitations en d'autres domaines et fut bientôt éclipsée par la théorie corpusculaire de la lumière établie à la même
époque par Isaac Newton.
Newton proposait une lumière constituée de corpuscules, expliquant ainsi simplement les phénomènes de réflexion
optique. Au prix de complications considérables, cette théorie pouvait également expliquer les phénomènes de
réfraction à travers une lentille, et de dispersion d'un faisceau lumineux à travers un prisme.
Bénéficiant de l'immense prestige de Newton, cette théorie ne fut guère remise en question pendant plus d'un siècle

Au début du XIXe siècle, les expériences de diffraction faites par Thomas Young (fentes de Young) et Augustin Fresnel
(miroirs de Fresnel) ont démontré la pertinence des théories de Christian Huygens : ces expériences prouvèrent que
quand la lumière est envoyée sur un réseau de diffraction, on observe un motif d'interférence caractéristique, très
semblable aux motifs résultant de l'interférence d'ondulations sur l'eau; la longueur d'onde de la lumière peut être
calculée à partir de tels motifs.
Le point de vue ondulatoire n'a pas remplacé immédiatement le point de vue corpusculaire, mais s'est imposé peu à
peu à la communauté scientifique au cours du XIXe siècle, surtout grâce à l'explication en 1821 par Augustin Fresnel du
phénomène de polarisation de la lumière que ne pouvait expliquer l'autre approche, puis à la suite de l'expérience
menée en 1850 par Léon Foucault sur la vitesse de propagation de la lumière. Ces équations furent vérifiées par
maintes expériences et le point de vue de Huygens devint largement admis.

James Maxwell, dans la seconde moitié du XIXe siècle, expliqua la lumière en tant que propagation d'ondes de
perturbations électromagnétiques avec ses équations de Maxwell.

En 1905, Albert Einstein réintroduisit l'idée que la lumière pouvait avoir une nature corpusculaire : il expliqua l'effet de seuil de
l'effet photoélectrique en postulant l'existence de quanta d'énergie lumineuse. Einstein admit que la fréquence ν (nu) de

cette lumière est liée à l'énergie E des photons par la relation de Planck :

où h est la constante de Planck (6,626×10-34J s).


Cette relation prit le nom de relation de Planck-Einstein.

Cette vision fut contestée très longtemps[réf. nécessaire], en particulier parce qu'elle ne s'accorde pas facilement avec
les comportements spécifiquement ondulatoires tels que la diffraction.

En 1924, dans sa thèse6, Louis de Broglie affirma que toute matière (et pas seulement la lumière) a une nature ondulatoire.
Il associa la quantité de mouvement p d'une particule à une longueur d'onde λ, appelée longueur d'onde de de Broglie :

C'est une généralisation de la relation de Planck-Einstein indiquée ci-dessus, car la quantité de mouvement (ou
l'impulsion) d'un photon est donnée par :

p=

où c est la vitesse de la lumière dans le vide, et (si on remplace p et dans l'équation de de Broglie, on retrouve la
relation de Planck-Einstein.
La formule exprimée par de Broglie fut confirmée trois ans après par Clinton J. Davisson et Lester H. Germer. Ceux-ci
dirigèrent un faisceau d'électrons, qui contrairement aux photons ont une masse, vers un réseau de diffraction cristallin
: les motifs d'interférence attendus purent ainsi être observés.

Des expériences semblables ont été entreprises depuis avec des protons et même avec des molécules entières, avec
notamment l'expérience d'Estermann et Otto Stern en 1929, et la formule a été confirmée dans tous les cas.

De Broglie reçut en 1929 le prix Nobel de physique pour son hypothèse, qui influença profondément la physique de
cette époque.
En 1999, des chercheurs de l'Université de Vienne ont fait diffracter du fullerène (molécule C60). Dans cette expérience,
la longueur d'onde de de Broglie était de 2,5 pm alors que la molécule a un diamètre d'environ 1 nm, soit 400 fois
supérieur. C'était alors l'objet physique le plus complexe qui montrait un comportement ondulatoire.

I.2.3 Électrodynamique quantique

Avec un photomultiplicateur il est possible de détecter un photon isolé, et un photon de même couleur produit
toujours dans cet appareil un événement de même intensité8. Plus généralement, tous les appareils que l'on a
fabriqués pour la détection de faibles intensités lumineuses amènent à la même conclusion : la lumière est faite de
particules, alors que toutes ses manifestations dans la vie quotidienne semblent dues à des phénomènes ondulatoires9.

L'expérience qui intriguait déjà Isaac Newton est celle de la réflexion de la lumière sur la surface d'un objet en verre :
il y a toujours 4 % des rayons ou des photons qui sont réfléchis (les autres 96 % le traversent) 10. Si au lieu d'une
surface on compte les réflexions sur une plaque de verre composée de deux surfaces parfaitement parallèles, on
s'attend à un résultat de 8 % (le double du résultat obtenu avec une surface simple) ; mais, l'expérience montre un
phénomène qui ressemble à une interférence : en augmentant progressivement l'épaisseur de la plaque, la réflexion
de la lumière varie de manière cyclique entre 0 et 16 %11. Ce phénomène a pu être expliqué par une théorie
ondulatoire qui prédisait que l'intensité détectée baisserait avec celle de la lumière émise, ce qui a tenu jusqu'au
moment où les photomultiplicateurs ont été capables de détecter des photons uniques : l'intensité détectée ne
baissait pas avec la diminution de la lumière émise. Les physiciens ont alors accepté la dualité onde-corpuscule
comme un fait12.

L'électrodynamique quantique a résolu ce paradoxe, sans pour autant l'expliquer, en considérant que le verre (ou
toute autre matière translucide) réfléchit les photons selon une probabilité donnée. À partir de ce postulat, la théorie
est capable d'expliquer tous les phénomènes lumineux que l'on
croyait ondulatoires.

I.2.4 Mise en évidence de la dualité

Une des manières les plus claires de mettre en évidence la dualité onde-corpuscule est l'expérience des fentes de
Young. Cette expérience est connue depuis le XIX e siècle, où elle a d'abord mis clairement en évidence l'aspect
ondulatoire de la lumière. Modifiée de manière adéquate, elle peut démontrer de manière spectaculaire la dualité
onde-corpuscule, non seulement de la lumière mais aussi de tout autre objet quantique. Dans la description qui
suit, il sera question de lumière et de photons mais il ne faut pas perdre de vue qu'elle est également applicable - du
moins en principe - à tout autre corpuscule (par exemple des électrons), et même à des atomes et à des molécules.

Figure 1 : Schéma de l'expérience


Figure 2 : figure d'interférence observée

L'expérience consiste à éclairer par une source lumineuse un écran percé de deux fentes très fines et très rapprochées.
Ces deux fentes se comportent comme deux sources secondaires d'émission lumineuse. Une plaque photographique
placée derrière l'écran enregistre la lumière issue des deux fentes (⇐ voir figure 1)
Ces deux sources interfèrent et forment sur la plaque photographique ce que l'on appelle une figure d'interférence
(voir figure 2 ⇒). Cette figure est caractéristique d'un comportement ondulatoire de la lumière (voir l'article
interférence). Si l'expérience en reste à ce niveau, l'aspect corpusculaire n'apparaît pas.

En fait, il est possible de diminuer l'intensité lumineuse de la source primaire de manière que la lumière soit émise
photon par photon. Le comportement de la lumière devient alors inexplicable sans faire appel à la dualité onde-
corpuscule.

En effet, si on remplace la source lumineuse par un canon qui tire des micro-billes à travers les deux fentes (par
exemple), donc de "vrais" corpuscules, on n'obtient aucune figure d'interférence, mais simplement une zone plus
dense, en face des fentes (figure 3)

Figure 3 : expérience avec de « vraies » particules, par exemple des micro-billes. Fig 4 : figure d'interférence
constituée petit à
petit

Or, dans le cas des photons, on retrouve la figure d'interférence reconstituée petit à petit, à mesure que les photons
apparaissent sur la plaque photographique (figure 4 ) On retrouve donc une figure d'interférence, caractéristique des
ondes, en même temps qu'un aspect corpusculaire des impacts sur la plaque photographique.
L'interprétation de cette expérience est difficile, car si on considère la lumière comme une onde, alors les points
d'impacts sur la plaque photographique sont inexplicables; on devrait voir dans ce cas très faiblement, dès les premiers
instants, la figure d'interférence des figures 2, puis de plus en plus intenses. Au contraire, si on considère la lumière
comme étant exclusivement composée de corpuscules, alors les impacts sur la plaque photographique s'expliquent
aisément, mais la figure d'interférence ne s'explique pas : comment et pourquoi certaines zones seraient privilégiées et
d'autres interdites à ces corpuscules ?
Force est donc de constater la dualité onde-corpuscule des photons (ou de tout autre objet quantique), qui présentent
simultanément les deux aspects.

I.2.5 Conclusion
En mécanique quantique, la dualité onde-corpuscule est expliquée comme ceci : tout système quantique et donc toute
particule est décrit par une fonction d'onde qui représente la densité de probabilitén 1 de toute variable mesurable
(nommée aussi observable). La position d'une particule est un exemple d'une de ces variables. Donc, avant qu'une
observation soit faite, la position de la particule est décrite en termes d'ondes de probabilité.
Les deux fentes peuvent être considérées comme deux sources secondaires pour ces ondes de probabilité : les deux
ondes se propagent à partir de celles-ci et interfèrent (voir schéma ci-dessous).
Sur la plaque photographique, il se produit ce que l'on appelle une réduction du paquet d'onde, ou
une décohérence de la fonction d'onde : le photon se matérialise, avec une probabilité donnée par la fonction
d'onde : élevée à certains endroits (frange brillante), faible ou nulle à d'autres (franges sombres).
Cette expérience illustre également une caractéristique essentielle de la mécanique quantique : avant qu'une
observation (ou mesure) soit faite, la position d'une particule est décrite en termes d'ondes de probabilité, mais après
l'observation (ou mesure) de la particule, elle est décrite par une valeur précise. Ce phénomène se comprend par
les inégalités d'Heisenberg, mais s'interprète comme le fait que soit l'on décrit l'objet d'un point de vue particulaire soit
d'un point de vue ondulatoire. Il faut faire un choix que la méthode expérimentale va déterminer, par la mesure 14.
La manière de conceptualiser le processus de la mesure est l'une des grandes questions ouvertes de la mécanique
quantique. L'interprétation standard est l'interprétation de Copenhague, mais la théorie de la décohérence est aussi de
plus en plus considérée par la communauté scientifique. Voir l'article Problème de la mesure quantique pour une
discussion approfondie.

CHAP II. ÉQUATION DE SCHRÖDINGER

II.1 Introduction

L'équation de Schrödinger, conçue par le physicien autrichien Erwin Schrödinger en 1925, est une équation fondamentale en mécanique
quantique. Elle décrit l'évolution dans le temps d'une particule massive non relativiste, et remplit ainsi le même rôle que la relation fondamentale de
la dynamique en mécanique classique.

II.2 Développemnt

e
Au début du XX siècle, il était devenu clair que la lumière présentait une dualité onde-corpuscule, c'est-à-dire qu'elle pouvait se manifester, selon
les circonstances, soit comme une particule, le photon, soit comme une onde électromagnétique. Louis de Broglie proposa de généraliser cette
dualité à toutes les particules connues bien que cette hypothèse eût pour conséquence paradoxale la production d'interférences par les électrons
— à l'instar de la lumière — ce qui fut vérifié ultérieurement par l'expérience de Davisson-Germer. Par analogie avec le photon, Louis de
Broglie associe ainsi à chaque particule libre d'énergie E et de quantité de mouvement p une fréquence et ,
une longueur d’onde

Dans les deux expressions ci-dessus, la lettre h désigne la constante de Planck. L'équation de Schrödinger
établie par le physicien Erwin Schrödinger en 1925, est une équation fonctionnelle dont l'inconnue est une fonction, la fonction d'onde, ce qui
généralise l'approche de Louis de Broglie ci-dessus aux particules massives

non relativistes soumises à une force dérivant d'un potentiel V(r), dont l'énergie mécanique totale est classiquement :

Le succès de l'équation, déduite de cette extension par utilisation du principe de correspondance, fut immédiat quant à l'évaluation des niveaux
quantifiés d'énergie de l'électron dans l'atome d'hydrogène, car elle permit d'expliquer les raies d'émission de l'hydrogène : séries de Lyman,
Balmer, Brackett, Paschen, etc.

L'interprétation physique communément admise de la fonction d'onde de Schrödinger ne fut donnée qu'en 1926 par Max Born. En raison du
caractère probabiliste qu'elle introduisait, la mécanique ondulatoire de Schrödinger suscita initialement de la méfiance chez quelques
physiciens de renom comme Albert Einstein, pour qui « Dieu ne joue pas aux dés ».

II.2.1 Formulation moderne

L'évolution temporelle de est décrite par l'équation de Schrödinger :

est l'unité imaginaire : ;

-34 2
constante de Dirac : ; h est la constante de Planck = 6,62607004 × 10 m kg / s

est l'hamiltonien, dépendant du temps en général, l'observable correspondant à l'énergie totale du système ;

est l'observable position ; est


l'observable impulsion.

Contrairement aux équations de Maxwell gérant l'évolution des ondes électromagnétiques, l'équation de Schrödinger est non relativiste. Cette
équation est un postulat. Elle a été supposée correcte après que Davisson et Germer ont confirmé expérimentalement l'hypothèse de Louis de
Broglie.
II.2.2 Équation indépendante du temps
Dans certains problèmes, il est possible de considérer des phénomènes indépendants du temps. L'énergie n'est
alors plus une dérivée de la fonction d'onde, mais une constante. On a alors :

Ce que l’on écrit de manière plus condensée comme suit :

ou encore :

gardant à l'esprit que E est un nombre, et pas un opérateur comme dans la formulation générale de l'équation.

II.2.3 Interprétations
Dès que Schrödinger eut abouti à ce résultat, il se posa la question du problème inverse : puisque toute particule,
peut être traitée comme une onde — peut-on retrouver la particule à partir d'une fonction d'onde solution de son
équation ? Cela amène à se demander : qu'est ce qu'est la fonction d'onde ? Est-ce un objet physique, ou bien un
simple intermédiaire de calcul ?
Le fait est, que la fonction d'onde est une fonction complexe. Schrödinger proposa une explication, rapidement
montrée incorrecte. C’est finalement Max Born qui fournit en 1926 l'interprétation aujourd’hui majoritairement
acceptée : la fonction d'onde elle-même n'a pas de réalité physique, mais le module de son carré,

est une densité de probabilité, sous-entendu une densité de probabilité de trouver la particule. On dit aussi
une densité de probabilité de présence, mais cela pourrait induire en erreur.

Cela signifie que la probabilité de trouver la particule dans un petit volume d³τ est donnée par :

Si on considère une particule, elle se trouve nécessairement quelque part, donc la probabilité de la trouver sur tout l'espace est 100%. Cela impose
que la densité de probabilité vérifie une relation dite de normalisation :

Erwin Schrödinger ne se réconcilia jamais avec cette interprétation statistique. Beaucoup de scientifiques d'alors réagirent de même, convaincus
comme on est en droit de l'être que la description en termes de probabilités ne reflète que notre méconnaissance des véritables mécanismes, encore à
découvrir. Cette dernière vision, appelée théorie à variables cachées, a été montrée fausse par des travaux ultérieurs et la célèbre expérience d'Alain
Aspect. La conséquence en est que la nature est probabiliste — ce qui ne viole en aucun cas le déterminisme de la physique.

Pire encore, on ne peut pas calculer la densité de probabilité sans passer par la fonction d'onde — on peut alors qualifier Ψ d’amplitude de
probabilité (par analogie avec l'amplitude de la lumière).

Les développements ultérieurs de la théorie révèleront encore de nombreux « paradoxes » aujourd’hui vérifiés par l'expérience.

II.2.4 Résolution de l'équation

L'équation de Schrödinger étant une équation vectorielle on peut la réécrire de façon équivalente dans une base particulière de l'espace des états.
Si on choisit par exemple la base correspondant à la représentation de position définie par

alors la fonction d'onde satisfait à l'équation suivante

où est le laplacien scalaire. En effet l'observable position ne dépend pas du temps, donc ses états propres n'en
dépendent pas non plus :

Sous cette forme on voit que l'équation de Schrödinger est une équation aux dérivées partielles faisant intervenir des opérateurs linéaires, ce qui
permet d'écrire la solution générique comme la somme des solutions particulières. L'équation est dans la grande majorité des cas trop compliquée
pour admettre une solution analytique, de sorte que sa résolution est approchée ou numérique.

II.2.5 CONCLUSION
L'équation de Schrödinger décrit l'évolution des ondes-particules, on peut donc répondre à un problème en la
résolvant. Seulement voilà, ce n’est pas une tâche aisée, lorsqu'elle est seulement possible. En effet, il n'existe
pas tellement de solutions exactes — on dit analytiques — à cette équation.
Cela ne veut pas dire que tout autre problème est inaccessible ! Seulement, ils ne sont pas
solubles exactement. Bien souvent, une approximation, même mauvaise, est amplement suffisante pour les
applications considérées. Obtenir une telle approximation peut se faire par différentes approches, comme la
théorie des perturbations.
Il est à noter que ces cas non-analytiques ne sont pas résolubles exactement, et que cela est démontré : il ne
s'agit pas d'une difficulté mathématique, ou d'un travail à effectuer. On trouve des problèmes analogues sur
le plan mathématique (mais de nature bien différente) en cherchant le mouvement de trois corps célestes en
attraction mutuelle.

BIBLIOGRAPHIE

1. QUENTIN GLORIEUX, Mécanique quantique, UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE, Sorbone, 2015-2016
http://www.lkb.upmc.fr/quantumoptics/wp-content/uploads/sites/23/2015/12/CM2_web.pdf
2. Alice SINATRA, Introduction `a la mécanique quantique, septembre 2008
http://www.phys.ens.fr/~sinatra/cours.pdf
3. Pierre Labastie, MÉCANIQUE QUANTIQUE, L3 physique fondamentale, premier semestre 2010–11
http://www.lcar.ups-tlse.fr/IMG/pdf/Poly-2.pdf
4. Dualité Onde-corpuscule, https://fr.wikipedia.org/wiki/Dualit%C3%A9_onde-corpuscule
5. Equation de Schrödinger, https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_de_Schr%C3%B6dinger

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