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UNIVERSITÉ DE UNIVERSITY OF

YAOUNDÉ I YAOUNDÉ I
ÉCOLE NATIONALE NATIONAL ADVANCED
SUPÉRIEURE SCHOOL OF
POLYTECHNIQUE ENGINEERING
DÉPARTEMENT DE GENIE DEPARTMENT OF CIVIL
CIVIL ENGINEERING

PROPOSITION D’UNE MÉTHODOLOGIE DE


PRISE EN COMPTE DES LOIS D’INTERFACE :
APPLICATION À L’ÉTUDE DE LA RÉPONSE
DYNAMIQUE DU BARRAGE DE LOM PANGAR

Mémoire de fin d’études présenté et soutenu par


GUEBEDIANG À MBA Claudia
En vue de l’obtention du
« Diplôme d’ingénieur de conception de génie civil »
Sous la direction de
Pr. MAMBA MPELE, Maitre de conférence
Devant le jury composé de
Président :
Rapporteur : Pr. MAMBA MPELE, Maître de conférence
Examinateur :

Année académique 2019-2020


Mémoire soutenu le 7 Octobre 2020

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DÉDICACES
 À mes parents M. et Mme MBA, pour leur soutien et leur amour ;
 À ma petite sœur Marie-Laure pour sa tendresse, mon grand-frère James pour son
soutien et pour l’exemple qui a constitué pour moi dès mon bas âge ;
 À mes amis Frank, Annick et Séraphine pour leur présence et leur affection.
REMERCIEMENTS
Je remercie l’Éternel mon Dieu, le maitre de l’univers, pour l’amour ineffable qu’il me
porte, pour les multiples grâces dont il me comble, pour ses bénédictions passées et à venir.
Mes sincères remerciements vont également à l’endroit :
Du Pr. …, pour l’honneur qu’il me fait en présidant ce jury ;
Du Pr. MAMBA MPELE, pour avoir suivi ce travail avec beaucoup d’intérêt. Merci
pour tous vos conseils, pour votre confiance et surtout pour votre grande disponibilité ;
Du Pr. …, pour avoir accepté d’examiner ce travail. Merci également pour toutes vos
remarques qui ont servi à améliorer le contenu de ce mémoire ;
De M. OKPWE MBARGA Placide Richard, pour m’avoir conseillé et encadré durant
la période de rédaction de ce mémoire ;
De tous mes enseignants de l’École Nationale Supérieure Polytechnique, qu’ils
trouvent ici l’expression de ma gratitude ;
De M. et Mme MBA, mes parents, pour leur amour et gentillesse ;
De M. TOMBI À MBA James et Mme LIBUEME À MBA Marie-Laure, mon frère
et ma sœur, pour leur soutien et leur affection ;
De M. BIDIAS NGUIMBIS Luc Frank, Mme MIMBOUI MENDOUGA Annick
Florine et Mme ABOUH MBAH Séraphine, mes amis, pour l’amitié qu’ils me témoignent
depuis plusieurs années ;
De tous mes camarades de la promotion 2020 génie civil, avec qui j’ai fait route durant
ce parcours ;
De tous ceux dont je n’ai cité les noms ici et qui, chaque jour, contribuent à mon
édification.

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GLOSSAIRE

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RÉSUMÉ

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ABSTRACT

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LISTE DES FIGURES
Figure 1. Cohésion et angle de frottement interne en condition drainée au non drainée..........15
Figure 2. Influence de la contrainte normale sur le comportement de l’interface sable dense-
acier (Hu et Pu 2004)................................................................................................................17
Figure 3. Contraction cumulative pour une interface gravier-acier lors d'une charge cyclique
sous la trajectoire de contrainte de CNC avec σn =400 kPa (Data from Hou (Hou 2008)).....18
Figure 4. Comportement cyclique d'une interface entre un sable meuble et une surface d'acier
rugueuse sous contrainte CNC avec σn =500 kPa et Dr=25%, a) déplacement normal -
déplacement tangentiel, et b) contrainte de cisaillement - déplacement tangentiel (Données de
Fakharian (Fakharian 1996)).....................................................................................................18
Figure 5. Définition de la rugosité relative (après Yasufuku & Ochiai 2005))........................19
Figure 6. Effect of surface roughness on the behavior of sand-steel interface in monotonic
CNL stress path with σn=200kPa and Dr=90%, a) shear stress- tangential displacement, and
b) normal displacement-tangential displacement (after Hu & Pu 2004)..................................19
Figure 7. L'effet du nombre de cycles et de la rugosité de surface sur le coefficient de
frottement d'interface (après Uesugi et al. 1989)......................................................................20
Figure 8. Relation entre la rugosité de la surface et la dureté de la surface sur le pic de
coefficient de frottement de l'interface (Frost et al. 2002)........................................................21
Figure 9 :Vue schématique de l'effet de la rigidité normale (K) sur le comportement de
l'interface structurelle du sol granulaire, a) déplacement normal contrainte-tangentiel, b. )
contrainte de cisaillement - déplacement tangentiel, et c) déplacement normal - déplacement
tangentiel...................................................................................................................................22
Figure 10. Une interface sable-acier avec K= 400 kPa/mm et Dr=84% sous charge cyclique
(données de Fakharian 1996)...................................................................................................22
Figure 11. Rupture des particules dans la zone d'interface entre le sol graveleux et l'acier
pendant une charge cyclique (après Zhang & Zhang 2009a)...................................................23
Figure 12. Schéma de l'effet de la relation entre la rupture des particules et la rugosité de
surface sur le comportement de l'interface sol-structure granulaire (d’après Yasufuku &
Ochiai 2005)..............................................................................................................................24
Figure 14. Écrouissage (a) isotrope (b) cinématique................................................................28
Figure 15. Chargement incrémentale et réponse incrémentale (Boulon 1991)........................32
Figure 16. Les paramètres de l'interpolation directionnelle......................................................33
Figure 17. Vue schématique des simulations de dilatation et de ramollissement et de la ligne
de transition de phase dans le modèle d'interface proposé (Saberi, 2016)...............................36
Figure 17. Vue schématique des différentes conditions aux limites dans l'étude expérimentale
de l'interface, a) Contrainte normale constante (CNC), b) Volume constant (VC), et c)
Rigidité normale constante (RNC)............................................................................................38
Figure 19. Droite intrinsèque....................................................................................................39
Figure 20. Bâti de consolidation...............................................................................................40
Figure 21. Machines de cisaillement avec boite prête pour l'essai...........................................40
Figure 21. Schéma de la boite de cisaillement..........................................................................41
Figure 23. Schéma de la grande boîte de Casagrande (A. Bernard et al., 2016)......................42
Figure 23. Schéma de principe de l’essai.................................................................................43
Figure 24. Vue de l’ACSA........................................................................................................44
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Figure 25. Les étapes de la préparation d’un essai avec l’ACSA.............................................44
Figure 26. Description de l'appareil triaxial..............................................................................48
Figure 27. Principe de l'essai triaxial........................................................................................49
Figure 28. Bilan des essais effectués au Laboratoire et de leurs conditions de réalisation......56

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LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1.Valeurs de l’angle de frottement sol-structure.........................................................13
Tableau 2 Synthèse des valeurs expérimentales sur l’épaisseur de la couche d’interface (Frih
2005) ........................................................................................................................................13
Tableau 3. . Influence des caractéristiques physiques sur l'angle de frottement interne d'un
matériau pulvérulent.................................................................................................................15
Tableau 4. Relations entre constantes élastiques (Leipholz, 1974)..........................................16
Tableau 5. Déformations à l'interface pour Fσij=0,................................................................26
Tableau 6. Modèle de Gennaro et Frank (2005).......................................................................29
Tableau 7. Présentation du Modèle de B. BENCHEIK et N. TALLAH..................................30
Tableau 8. Modèle de Saberi (2016).........................................................................................37
Tableau 9. Quelques dispositifs d’étude du frottement d’interfaces granulaires......................45

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SOMMAIRE

DÉDICACES..............................................................................................................................2
REMERCIEMENTS...................................................................................................................3
GLOSSAIRE...............................................................................................................................4
RÉSUMÉ....................................................................................................................................5
ABSTRACT................................................................................................................................6
LISTE DES FIGURES...............................................................................................................7
LISTE DES TABLEAUX...........................................................................................................9
SOMMAIRE.............................................................................................................................10
INTRODUCTION GÉNÉRALE..............................................................................................11
CHAPITRE I : ÉTAT DE L’ART DES LOIS D’INTERFACE SOL-STRUCTURE.............12
Introduction...........................................................................................................................12
1.1. Définition de l’interface sol-structure........................................................................12
1.2. Caractéristiques de l’interface et paramètres influençant son comportement............12
1.2.1. Caractérisation de l’interface..............................................................................12
1.2.2. Influence de certains paramètres.........................................................................16
1.3. Modèles constitutifs de l’interface.............................................................................25
1.3.1. Modèles élasto-plastiques...................................................................................25
1.4. Essais de caractérisation des interfaces......................................................................38
1.4.1. Les essais de cisaillement...................................................................................38
1.4.2. L’essai triaxial.....................................................................................................48
Conclusion............................................................................................................................50
CHAPITRE II : MÉTHOLOGIE DE PRISE EN COMPTE DES LOIS D’INTERFACE......51
CHAPITRE III : ÉTUDE DE CAS : APPLICATION À LA RÉPONSE DYNAMIQUE DU
BARRAGE DE LOM PANGAR..............................................................................................52
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES...............................................................53
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES..................................................................................54
ANNEXES................................................................................................................................56

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

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CHAPITRE I : ÉTAT DE L’ART DES LOIS D’INTERFACE
SOL-STRUCTURE
Introduction
Le comportement des interfaces entre les sols granulaires et les matériaux de
construction structuraux a et structures a un impact important sur le la réponse
comportement des ouvrages et infrastructures de génie civil. L'interface, en tant que
milieuqu’une zone de transition entre le massif de sol et la fondation des ouvrages, peut se
comporter sous l’effet d’une sollicitation, de façon complexe et très variée. C’est dans cette
zone que se produisent des fortes concentrations des contraintes de cisaillement qui par
ailleurs provoque l’écrasement des particules.
présenter différents comportements complexes sous des conditions de chargements
variées, y compris la localisation des contraintes et des déformations, le glissement et la
séparation, l’écrouissage, la dilatance, la contraction accumulative, la dégradation des
contraintes et la rupture des particules. Cerner le comportement omprendre la mécanique et la
modélisation de cette s zones intermédiaire ou d'interface grâce à des modèles mathématiques
est l’une d’étape les plus importante pour une conception et unel’analyse sûres et efficaces
des problèmes d’interaction sol-structures.
Diverses techniques expérimentales ont été employées pour étudier le comportement
des interfaces sous différents types de sollicitationschargements. Les résultats de ces études,
ont permis de mieux comprendre le comportement des de ces interfaces sol-structure et d’en
tenir compte dde proposer des lois de comportement des interfaces sols-structuresans le calcul
et la conception des ouvrages en génie civil. Le présent chapitre, a pour but de faire une
synthèse bibliographique de ces études.

1.1. Définition de l’interface sol-structures


Plytas (1985) appelle interface, la fine zone de transition dude sol siège de grands
changements de structure et de rupture de grains dus au cisaillement localisé intervenant au
contact d’une inclusion dans le sol qui est , sollicitée axialement. Boulon (1988) définit les
interfaces sol-structures comme étant de purs concepts. Ils sont, dit-il, constitués
principalement par une partie du sol au contact avec la structure, et secondairement, on y
trouves parfois, par quelques particules arrachées à la structure.
Hoteit (1990) définit l’interface comme étant une limite commune de deux systèmes
permettant des échanges entre ceux-ci. Hassan (1995) définit l’interface comme une frontière
commune à deux systèmes différents à travers laquelle des échanges ont lieu. Elle est
également décrite comme une discontinuité entre deux matériaux aux propriétés différentes
(Desai et Rigby 1995) ou, encore, comme une zone mince de sol "remanié" (perturbé) au
contact direct de la structure (Desai et Toth 1996 ; De Gennaro 1999 ; Karabatakis et
Hatzigogos 2002 ; Gaba et al., 2003). D’un point de vue géométrique, l’interface sol-structure
est définie comme la fine zone de sol qui se forme entre la surface de la structure et le volume
de sol l’entourant (De Gennaro 1999 ; Cai et Ugai 2002).

1.2. Caractéristiques de l’interface et paramètres influençant son


comportement
1.2.1. Caractérisation de l’interface
Parmi les caractéristiques de l’interface, nous citons :

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1.2.1.1. Le coefficient de frottement μ
Le coefficient de frottement apparent (Lerat 1996, Alimi et al. 1977) μ¿ est défini par :
τ
μ¿ = max (1.1)
σn0
Où τ max est le cisaillement maximale ;
σ n0 la contrainte normale initiale.
Ce coefficient de frottement apparent peut être fortement supérieur au coefficient de
frottement réel μdonné par la relation (1.2):
τ max τ
μ= = max (1.2)
σ n 0+ ∆ σ (τ max ) σ (τ max )
Où ∆ σ (τ max ) est l’accroissement de la contrainte normale. Ceci est dû
au phénomène de dilatance empêchée généré au sein de l’interface
(Schlosser et Guilloux 1981).

1.2.1.2. L’angle de frottement sol-structure δ’


Parmi les facteurs qui ont une influence sur la valeur de l’angle de frottement sol-
structure δ', Schlosser (1991) cite :la rugosité de la structure, l’angle de frottement interne du
sol φ', le tassement relatif entre la structure et le sol.
La mesure du coefficient de frottement réel sol-structure (μ) détermine immédiatement
la valeur absolue de l’angle δ' (δ ' =tan −1 (μ) ). L’angle δ' peut varier entre 0 et φ'.

Tableau 1.Valeurs de l’angle de frottement sol-structure

Mestat et Prat (1999) Lisse δ ' =0


surface peu rugueuse δ ' =1/3 φ '
surface rugueuse δ ' =2/3 φ '
Brumund et Leonards δ ' ≥ φ ', si la taille des aspérités de la surface de la structure est
(1973) ; Bolton (1991) supérieure au diamètre moyen des grains du sol "D50"
Leland et Kraft (1990) Pieu en acier -sable silteux, δ ' =0,7 φ '
Pieu en acier-sable calcaire δ ' =0,6 φ '
Moormann (2002) sol-béton rugueux, δ ' =1/3 φ '
Eurocode 7 (2004) Interfaces sol-béton pour ouvrages de δ ' =2/3 φ '
soutènement préfabriqués
Interfaces sol-béton pour ouvrages de δ ' =φ '
soutènement est en béton coulé en
place.

1.2.1.3. L’épaisseur d’interface


La couche d’interface peut être visualisée au cours des essais au laboratoire à l’aide
des photographies, radiographies, etc. L’épaisseur de la couche d’interface, qui se forme dans
un milieu granulaire au contact avec un élément de structure, dépend essentiellement de la
taille des grains, de la densité du matériau, de la rugosité de l’interface et des conditions aux
limites extérieures. Unterreiner (1994) affirme que l’épaisseur d’une couche d’interface n’est
pas une caractéristique intrinsèque au sol et à l’interface, mais plutôt le résultat du problème
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aux limites étudié pour une géométrie donnée. Hassan (1995) a constaté que l’épaisseur de la
couche d’interface diminue avec la densité. Lerat (1996) a observé la couche d’interface en
faisant simultanément des prises photographiques et vidéo. Il a montré clairement que
l’épaisseur de la couche d’interface augmente pour des rugosités élevées.
Plusieurs autres auteurs (Tableau 2) ont observé l’épaisseur de la couche d’interface
pour différents types d’essais, de sol et de rugosité de structure. Ces études sont résumées
dans le Tableau 2 (Frih 2005). L’épaisseur varie de 0-1D50 à 40D50.

Tableau 2 Synthèse des valeurs expérimentales sur l’épaisseur de la couche d’interface (Frih 2005) .

Conditions d’essai Épaisseur de la


couche
Source
État de d’interface en
Appareil État de rugosité fonction de D50
compacité
Cisaillement Lisse Lâche à dense 0-1 Yoshimi et
direct annulaire Rugueux (Dr=40-90%) 5-8 Kishida (1981)
Cisaillement Lisse Dense 0-1 Uesugi et al.
simple plan rugueux (Dr=90%) 5 (1988)
Cisaillement Lisse 0-1
Moyen à dense Hoteit (1990)
direct rugueux 5-15
Silo en Lisse Lâche à dense 10
Tejchman et
déformation Très rugueux Lâche 40
Wei (1995)
plane Très rugueux dense 30-40
Lisse Lâche à dense 0-1
Cisaillement
Rugueux Lâche 6-7 Hassan (1995)
direct plan
rugueux dense 4-5
Cisaillement Lisse Lâche à dense 0-1
Lerat (1996)
simple annulaire rugueux Lâche à dense 6-8
Cisaillement Chambon et al.
rugueux Dense à lâche 6-7
simple annulaire (2004)

1.2.1.4. L’angle de frottement interne du sol φ 'et la cohésion du sol c '


La cohésion d’un sol est la propriété qui lui permet de s’opposer au glissement des
grains qui le composent et de résister à un effort de cisaillement, c’est-à-dire de s’opposer au
glissement d’une couche de ce sol.
L’angle de frottement interne correspond à l’angle formé naturellement par un
matériau mis en tas, par rapport à l’horizontale. Il dépend du type de sol et plus
particulièrement de l’émoussé de ses grains : plus ces derniers sont anguleux, plus l’angle de
frottement interne sera élevé. Ainsi, cet angle sera nettement plus élevé dans le cas de graviers
que pour un sol à forte teneur en argiles. Il dépend également l’état de compacité du matériau,
de la grosseur des grains et leur répartition granulaire.

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Tableau 3. . Influence des caractéristiques physiques sur l'angle de frottement interne d'un matériau pulvérulent

La cohésion et l’angle de frottement interne d’un sol sont déterminés à partir d’un
essai de cisaillement simple ou d’un essai triaxial sur un matériau consolidé et/ou drainé. Les
paramètres intrinsèques d’un sol sont obtenus en condition drainée.

Figure 1. Cohésion et angle de frottement interne en condition drainée au non drainée

1.2.1.5. L’angle de dilatance Ψ


Le phénomène de dilatance d'un sol décrit la variation de volume que l'on observe
dans les matériaux granulaires lorsqu'ils sont soumis à un cisaillement. Pour un sol donné,
l’angle de dilatance dépend du niveau de pression moyenne (lors d’un essai pressiométrique)
et de la densité. À partir d’une analyse des essais de laboratoire réalisés sur de nombreux
sables, Bolton (1986) a montré que les angles de frottement (φ) et de la dilatance (Ψ ) sont liés
par la relation :
Ψ =1,25 ( φ−φcrit ) (1.3)
Le paramètre φ crit désigne l’angle de frottement critique. Il correspond à l’angle
mesuré lors d’un essai pressiométrique drainé sur un échantillon dont le taux de dilatance
dans la phase plastique est nul. Il peut être déterminé à partir des essais drainés réalisés à
différentes densités. En reportant les résultats dans le plan (taux de dilatance-angle de
frottement), l'angle critique est égal à l’angle de frottement obtenu pour une dilatance nulle.

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1.2.1.6. Module de Young E du matériau et le Coefficient de Poissonv du matériau
Le module de Young, module d’élasticité (longitudinale) ou module de traction est la
constante qui relie la contrainte de traction (ou de compression) et le début de la déformation
d'un matériau élastique isotrope.
Le coefficient de Poisson (aussi appelé coefficient principal de Poisson) permet de
caractériser la contraction de la matière perpendiculairement à la direction de l'effort appliqué.
E et v sont des paramètres qui caractérisent le comportement élastique linéaire isotrope
d’un sol ou d’une interface sol-structure. Ils peuvent être déterminés par des essais
pressiométriques.
Le module d’Young et le coefficient de Poisson v sont utilisés pour calculer :Il existe
plusieurs paramètres représentant l’élasticité linéaire isotrope à savoir :
 Le module de cisaillement G et les coefficients de Lamé μ et λ ;le module de
cisaillement .G=μ qui correspond à un paramètre de Lamé
 Le module volumique K le module volumique.
 λ un paramètre de Lamé
Lorsque ces modules ou coefficients sont déterminés à partir des essais dynamiques on
parle des modules ou des coefficients dynamiques.
Les relations entre ces différents paramètres utilisés sont résumées dans le tableau
suivant :
Tableau 4. Relations entre constantes élastiques (Leipholz, 1974)

Module de
cisaillement Module de Module Coefficient Paramètre de
Young E volumique K de Poissonv Lamé λ
G=μ
¿ E−2 G G ( E−2G )
G, E G E 9 G−3 E 2G 3 G−E
9 GK 3 K −2G 2G
G, K G K K−
3K +G 2 ( 3 K +G ) 3
G ( 3 λ+ 2G ) 2G λ
G, λ G λ+ λ
λ+ G 3 2 ( λ+ G )
2G ( 1+ν ) 2Gν
G, ν G 2 G ( 1+ ν ) ν
3 ( 1−2 ν ) 1−2 ν
3 KE 3 K −E K ( 9 K −3 E )
E, K E K
9 K−E 6K 9 K−E
E E νE
E, ν E ν
2(1+ν ) 3(1−2 ν ) ( 1+ ν ) (1−2 ν)
3(K− λ) 9 K (K− λ) λ
K, λ K λ
2 3 K −λ 3 K −λ
3 K (1−2 ν ) 3 Kν
K, ν 3 K ( 1−2 ν ) K ν
2(1+ ν) 1+ ν

En définitive la résistance au cisaillement, d’une interface sol structure peut être décritre par :

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1.2.2. Influence de certains paramètres sur la résistance au cisaillement des interfaces
Les paramètres essentiels qui influencent la résistance aux cisaillement réponse des
systèmes d'interfaces sol granulaire - structure, notamment la contrainte normale, la densité
relative du sol, la rigidité normale, la rugosité et la dureté de la surface structurelle et la
rupture des particules sont examinés et leurs effets sur la resistance au cisaillement sous
charge cyclique ou monotone et la dilatance de l’interface sol-structures.
les relations contrainte-déplacement sous charge monotones et cycliques et sur le
comportement volumétrique (c'est-à-dire la dilatation et la contraction cumulative) sont
étudiés.
1.2.2.1 Influence de certains paramètres sur la résistance au cisaillement de l’interface

1.2.2.1. Influence de la contrainte normale


L’effet de la contrainte normale sur la résistance au cisaillement a été étudié par
plusieurs auteurs comme : Hassan (1995), Lerat(1996), Evgin et al(1996), De Gennaro (1999)
Reddy et al. (2000), Ghionna et Mortara(2002), Hu et Pu (2004), Frih (2005), Dumitrescu
(2005). Les résultats qu’ils obtiennent indiquent que la résistance au cisaillement des
interfaces augmentent lorsque la contrainte normale croit (Figure 2b)
La plupart des auteurs (Hassan 1995 ; Lerat 1996 ; Evgin et Fakharian 1996 ; De
Gennaro 1999 ; Reddy et al. 2000 ; Ghionna et Mortara 2002 ; Hu et Pu 2004 ; Frih 2005 ;
Dumitrescu 2005) constatent que la résistance au cisaillement augmente proportionnellement
à l’augmentation de la contrainte normale imposée. Quant aux variations volumiques, les
observations expérimentales montrent une contractante plus forte quand la contrainte normale
initiale est élevée et une dilatance plus prononcée pour les contraintes normales les plus
faibles (Figure 2a). Pour une contrainte normale plus grande, la valeur de pic du coefficient de
frottement apparent diminue et un déplacement tangentiel relatif plus important est requis
pour mobiliser le pic de la contrainte de cisaillement (Fakharian et Evgin 1996). En revanche,
la valeur résiduelle n’est pas influencée par la contrainte normale imposée (état souvent
qualifié de "critique" ou à "volume constant").

(a) (b)

Figure 2. Influence de la contrainte normale sur le comportement de l’interface sable dense-acier (Hu et Pu 2004)

1.2.2.2. Influence de la densité relative de l’échantillon I d


L’effet de la densité du sable sur le comportement de l’interface est bien connu. Les
valeurs de résistance au cisaillement augmentent pour les échantillons avec sables plus denses
en conséquence de la dilatance, phénomène d’enchevêtrement et de désenchevêtrement des
grains lors du cisaillement d’interface (Wernick 1978 ; Tejchman et Wu 1995). Les courbes
de cisaillement pour les échantillons lâches montrent l’absence d’un pic prononcé. Ce dernier,
présent dans les échantillons denses, est suivi par un radoucissement progressif et une

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stabilisation de la valeur de cisaillement résiduel. Du point de vue volumique, la courbe du
déplacement normal des échantillons denses est caractérisée par une phase contractante très
courte suivie par une phase dilatante et enfin une stabilisation (Tabucanon et Airey 1992 ;
Fakharian et Evgin 1996) et éventuellement une deuxième phase contractante (Lerat 1996 ;
Frih 2005 ; Dumitrescu 2005. Par contre, la courbe des échantillons lâches se caractérise par
une seule longue phase de contractance globale ; la diminution du volume est continue et
proportionnelle à la distance de cisaillement et à la baisse de l’indice de densité I d.

Interface dense

Interface lâche

Interface dense

0
1
Interface lâche

V
Figure 3.Effet de la densité sur la résistance au cisaillement de l’interface

L'une des caractéristiques importantes des interfaces sol granulaire - structure est la
contraction accumulée pendant la charge cyclique (Navayogarajah et al. 1992; Fakharian
1996; Fakharian & Evgin 1997; Shahrour & Rezaie 1997; DeJong et al. 2003; Mortara et al.
2002; Dejong et al. 2006; Zhang & Zhang 2006b; Mortara et al. 2007; Mortara 2008; DeJong
& Westgate 2009; Zhang et al. 2011). Ce phénomène est expliqué par la Figure 43 pour une
interface dilatatrice entre un sol graveleux dense et un matériau en acier soumis à des cycles
de cisaillement. Le taux de contraction lors de l'inversion de charge est plus élevé que le taux
de dilatation suivant, et il entraîne par conséquent une contraction cumulative lors du
chargement cyclique au sein des interfaces. Cette contraction accumulée est stabilisée après
un certain nombre de cycles de cisaillement et l'interface se densifie. Le même phénomène se
produit dans les zones d'interface avec des densités relatives ( I d) différentes (allant de lâche à
dense). Cependant, dans les interfaces à plus faible densité relative ( I d), la tendance à la
dilatation des portions DE et FG est réduite. Les interfaces avec des densités relatives plus
faibles ( I d) sont plus densifiées pendant la charge cyclique et subissent donc plus de
contraction que les interfaces avec des I d plus grandes (Fakharian 1996 ; Fakharian & Evgin
1997 ; Shahrour & Rezaie 1997). Dans les interfaces sol granulaire - structure, à mesure que
le nombre de cycles augmente, l'amplitude de la déformation par cisaillement dans le sol
granulaire diminue et l'amplitude de glissement augmente (Fakharian 1996 ; Fakharian &
Evgin 1997).

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Figure 43. Contraction cumulative pour une interface gravier-acier lors d'une charge cyclique sous la trajectoire de
contrainte de CNC avec σn =400 kPa (Data from Hou (Hou 2008))

D'après des observations en laboratoire (Desai et al. 1985 ; Fakharian 1996 ; Shahrour
& Rezaie 1997), les cycles de cisaillement induisent un durcissement cyclique qui est une
augmentation de la contrainte de cisaillement maximale pour les interfaces lâches. Cependant,
il peut induire un ramollissement cyclique, c'est-à-dire une diminution de la contrainte de
cisaillement maximale, pour les interfaces denses en fonction de l'amplitude du déplacement
tangentiel (Desai et al. 1985 ; Fakharian 1996). Un exemple de durcissement cyclique est
illustré dans la Figure 45.b pour une interface entre un sol sableux et un matériau en acier.
Comme on peut le voir sur la Figure 45.b, la résistance au cisaillement mobilisé dans
l'interface sol granulaire-structure est stabilisée après un certain nombre de cycles, ce qui est
dû à la stabilisation dans la contraction des sols granulaires (Desai et al. 1985 ; Uesugi et al.
1989 ; Uesugi et al. 1990 ; Fakharian 1996 ; Shahrour & Rezaie 1997).

Figure 45. Comportement cyclique d'une interface entre un sable meuble et une surface d'acier rugueuse sous contrainte
CNC avec σn =500 kPa et Dr=25%, a) déplacement normal - déplacement tangentiel, et b) contrainte de cisaillement -
déplacement tangentiel (Données de Fakharian (Fakharian 1996)).

1.2.2.3. Influence de la rugosité et de la dureté de la surface


L’état de surface de la structure influe énormément sur le comportement de l’interface.
La plupart des auteurs utilisent le concept de rugosité normalisée définie par :
R (L=D50 )
Rn = max (1.4)
D50
Où le terme Rmax est défini par Uesugi et Kishida (1986) comme étant la profondeur des
aspérités sur une longueur L égale à D50.
Unterreiner (1994) a classé les surfaces des structures suivant l’échelle de rugosité
notée R p. L’interface est dite lisse lorsque R p ≈ 0; elle est rugueuse pour :

P a g e 19 | 59
D 50 D 50
< Rp< et très rugueuse quand R p > D 50
10 2
R p étant la différence entre le point le plus bas et le point le plus haut sur une surface de 2,5
mm de long.
Un autre paramètre largement utilisé pour quantifier la rugosité de la surface est la
rugosité moyenne (Ra) qui est définie comme :
L
1
Ra = ∫| z|dx (1.5)
L0
où L est la longueur de l'échantillon et z est la hauteur absolue des aspérités par rapport à la
ligne moyenne (Thomas 1999).

Figure 56. Définition de la rugosité relative (après Yasufuku & Ochiai 2005))

L'effet de la rugosité de surface sur les relations contrainte - déplacement et le


comportement volumétrique de l'interface sol granulaire - structure a été étudié par Uesugi et
al. (1988 ; 1989), Fakharian (1996), Shahrour et Rezaie (1997), Frost et al. (2002), Hu et Pu
(2004), Zhang et Zhang (2006b), Dejong et Westgate (2009) et Koval et al. (2011). Sur la
base d'observations expérimentales (Uesugi & Kishida 1986b ; Fakharian 1996 ; Shahrour &
Rezaie 1997 ; Frost et al. 2002 ; Hu & Pu 2004), le comportement d'une interface sol
granulaire - structure peut être expliqué par un comportement plastique parfaitement élastique
pour des interfaces lisses avec une rugosité normalisée ( Rn ) inférieure à une certaine valeur
(i.e. rugosité normalisée critique Rn−cr ), et un comportement de durcissement/ramollissement
post-crête pour les interfaces rugueuses avec Rn supérieur à Rn-cr.

Figure 67. Effect of surface roughness on the behavior of sand-steel interface in monotonic CNL stress path with σn=200kPa
and Dr=90%, a) shear stress- tangential displacement, and b) normal displacement-tangential displacement (after Hu & Pu
2004).

Lorsque la rugosité normalisée ( Rn) augmente, la zone de cisaillement se forme, la


résistance maximale au cisaillement (τ p) et la résistance résiduelle au cisaillement (τ res)
augmentent et un comportement d'adoucissement après le pic peut être observé dans la zone
d'interface (pour Rn > Rn −cr) (Hu & Pu 2004 ;

P a g e 20 | 59
DeJong & Westgate 2009). Sur les surfaces rugueuses, à mesure que la rugosité de la
surface augmente, la résistance maximale au cisaillement (τ p) et le coefficient de frottement
maximal (φ p) augmentent, tandis que la résistance résiduelle au cisaillement (τ res) et le
coefficient de frottement résiduel (φ res)) restent à peu près inchangés. En augmentant la
rugosité de surface, la tendance à la dilatation est accrue (Figure 67-b) pour les interfaces sol
granulaire - structure lâche et dense (Fakharian 1996 ; Hu & Pu 2004 ; Zhang & Zhang 2006b
; DeJong & Westgate 2009).
En comportement cyclique, la relation contrainte de cisaillement-déplacement
tangentiel pour les interfaces lisses et rugueuses peut subir un ramollissement et un
durcissement cyclique. Cependant, comme la contrainte de cisaillement maximale diminue
pour les surfaces lisses et que la relation contrainte-déplacement est comme le comportement
plastique élastique-parfait, les formes des cycles sont différentes dans les surfaces lisses
(Mortara et al. 2007). Des observations expérimentales sur le comportement cyclique de
l'interface sol-structure granulaire avec différentes rugosités de surface (Shahrour & Rezaie
1997 ; Mortara et al. 2007 ; Mortara et al. 2010) montrent que les interfaces lisses avec les
sols granulaires subissent une contraction à chaque inversion de charge, suivie d'une phase de
déplacement normal presque stable dans le plan de déplacement normal-déplacement
tangentiel. Elle connaît également une contraction cumulative globale moindre et une
tendance moindre à la dilatation à chaque cycle par rapport aux zones d'interface en contact
avec des surfaces rugueuses (Shahrour & Rezaie 1997 ; Mortara et al. 2007).
D'après les essais de cisaillement d'interface cyclique effectués par Uesugi et al.
(1989 ; 1990), le coefficient de frottement résiduel de l'interface entre les sols granulaires
denses et la structure subit un changement insignifiant lorsque la rugosité de surface augmente
pendant la charge cyclique. En outre, sous charge cyclique, le coefficient de frottement pour
une interface avec une rugosité de surface différente approche une valeur unique après un
certain nombre de cycles (Uesugi et al. 1989). Cette valeur est proche du coefficient de
frottement résiduel de la masse de sol granulaire adjacente.

Figure 78. L'effet du nombre de cycles et de la rugosité de surface sur le coefficient de frottement d'interface (après Uesugi
et al. 1989).

Plus la rugosité de la surface augmente, plus le taux de dégradation cyclique des


contraintes dans les tests de RNC et de VC augmente. Cela peut être dû à une densification
accrue de l'interface avec une rugosité de surface plus élevée pendant la charge cyclique par
rapport aux surfaces lisses.
Frost et al. (2002 ; 2004), en utilisant des tests expérimentaux et des études
numériques par la méthode des éléments discrets (DEM), ont montré l'interrelation entre la
rugosité et la dureté de la surface sur le coefficient de frottement d'interface. Comme on peut
l'observer sur la Figure 89, le pic du coefficient de frottement d'interface augmente en
augmentant la rugosité de surface jusqu'à une certaine valeur où elle se stabilise. Cette

P a g e 21 | 59
relation bilinéaire entre la rugosité de surface et le coefficient de frottement est en accord avec
certaines études précédentes (par exemple Uesugi & Kishida 1986a ; Uesugi et al. 1988 ;
Uesugi et al. 1989). Une réduction de la dureté de surface dans les cas de faible rugosité de
surface entraîne une augmentation du coefficient de frottement de pointe d'interface. La
Figure 8 9 montre clairement que l'effet de la relation entre la rugosité de la surface et la
dureté sur le coefficient de frottement de pointe d'interface est très prononcé dans les cas de
faible rugosité de surface et de dureté élevée. En augmentant la rugosité de la surface, l'effet
de la dureté de la surface sur le coefficient de frottement de pointe de l'interface est réduit.
Après une certaine valeur de rugosité de surface, dite rugosité critique, la rugosité et la dureté
de surface n'ont pas d'effet significatif sur le coefficient de frottement de pointe d'interface.
Cela est dû à la similitude du coefficient de frottement à la fois à l'interface et à la masse de
sol adjacente dans la condition de rugosité de surface élevée. Un mécanisme similaire peut
être observé pour le coefficient de frottement résiduel à l'interface.

Figure 8. Relation entre la rugosité de la surface et la dureté de la surface sur le pic de coefficient de frottement de
l'interface (Frost et al. 2002).

1.2.2.4. Influence de la rigidité normale


En augmentant la rigidité normale (K), la contrainte normale (σ n) augmente sur la zone
d'interface (Figure 910-a) et, par conséquent, il en résulte une plus grande résistance au
cisaillement mobilisé (Figure 9-b) et une moindre dilatation (Figure 910-c) (Fakharian, 1996 ;
Evgin & Fakharian, 1996 ; DeJong & Westgate, 2009). Comme on peut l'observer sur la
Figure 910, les tests CNC et VC sont deux limites supérieures ou inférieures pour les tests
d'interface avec une rigidité normale constante (RNC) (D'Aguiar et al., 2011). Le déplacement
normal dans les essais d'interface sol granulaire - structure n'est pas autorisé avec un chemin
de contrainte VC, comme on peut le voir sur la Figure 910-c. Cependant, du point de vue du
comportement à micro-échelle de l'interface sol-structure granulaire (DeJong & Westgate
2009), le déplacement normal nul dans un spécimen dans un essai d'interface peut être causé
par la combinaison de la dilatation directement au contact de la surface structurelle et de la
contraction du sol adjacent.

P a g e 22 | 59
Figure 9 10 :Vue schématique de l'effet de la rigidité normale (K) sur le comportement de l'interface structurelle du sol
granulaire, a) déplacement normal contrainte-tangentiel, b. ) contrainte de cisaillement - déplacement tangentiel, et c)
déplacement normal - déplacement tangentiel.

L'un des phénomènes critiques qui se produit dans l'interface sol granulaire - structure
granulaire est la dégradation par contrainte cyclique qui peut être observée pendant le
comportement des interfaces dans des conditions de contrainte cyclique du RNC et du VC.
Sur la base d'observations expérimentales (Ooi & Carter 1987 ; Tabucanon et al. 1995 ;
Fakharian 1996 ; Evgin & Fakharian 1996 ; Fakharian & Evgin 1997 ; Shahrour & a Rezaie
1997 ; Mortara et al. 2002 ; Zhang & Zhang 2006b ; Mortara et al. 2007 ; Mortara 2008 ; Di
Donna et al. 2015), pendant la charge cyclique, la zone d'interface entre les sols granulaires et
les matériaux structurels se contracte de manière cumulative pour les tests de RNC et a
tendance à se contracter pour les tests de VC, ce qui entraîne une dégradation sous contrainte
normale (σ n) et sous contrainte de cisaillement (τ). Cette dégradation par contrainte cyclique
est illustrée à la Figure 10 11 pour une interface sable-acier dense dans le cadre d'un essai
RNC cyclique. Comme le montre la Figure 1011, les contraintes normales et de cisaillement
diminuent de manière significative en augmentant le nombre de cycles, puis se stabilisent
après un certain nombre de cycles de cisaillement. Les trajectoires des contraintes dans le plan
des contraintes normales (σ n) et des contraintes de cisaillement (τ) touchent l'enveloppe de la
résistance maximale au cisaillement, puis se stabilisent sur l'enveloppe de la résistance
résiduelle au cisaillement. Comme on peut le voir sur la Figure 1011, dans l'interface sol
granulaire - structure, les points de transformation de phase dans chaque cycle sont situés sur
l'enveloppe de transformation de phase qui est une ligne droite passant par l'origine dans le
plan de contrainte et qui distingue le comportement de contraction de la dilatation (Lade &
Ibsen 1997 ; Bakmar et al. 2008). Fakharian (1996) et Mortara et al. (2007) ont révélé qu'en
augmentant la rigidité normale (K), le taux de dégradation du stress est également augmenté.
En outre, une augmentation de la rigidité normale (K) entraîne une augmentation de la
dégradation post-cyclique du stress. En d'autres termes, la différence entre la contrainte ultime
monotone et la contrainte ultime post-cyclique augmente en augmentant la rigidité normale
(K) (Mortara et al. 2007).

P a g e 23 | 59
Figure 1011. Une interface sable-acier avec K= 400 kPa/mm et Dr=84% sous charge cyclique (données de Fakharian
1996).

1.2.2.5. Influence de la rupture de particules


La rupture des particules granulaires du sol est un phénomène important dans le
comportement à la fois monotone et cyclique des systèmes d'interface sol-structure. La
rupture des particules affecte la résistance, la compressibilité, le comportement volumétrique
et la perméabilité des sols (Lade et al. 1996 ; Zeghal & Edil 2002 ; Kikumoto et al. 2010). Des
facteurs tels que la minéralogie, la taille, la forme et l'angularité des grains, la distribution de
la taille des grains, la trajectoire et le niveau des contraintes ont été identifiés comme jouant
un rôle important dans l'agrégation des casses de particules (Lade et al. 1996 ; Jensen et al.
2001 ; Yasufuku & Ochiai 2005 ; Daouadji & Hicher 2010). Lorsque les particules
commencent à se briser, les vides entre les grains sont remplis par les particules broyées et la
distribution de la taille des grains change. D'après les observations expérimentales de Hicher
et al. en 1995 (citées dans Daouadji et al. (Daouadji et al. 2001), les sols granulaires mal
gradués présentent plus de casses de particules que les sols bien gradués. Cela est dû à leur
densité relative plus faible et à un nombre de contacts moins important entre les particules
(Lade et al. 1996 ; Daouadji & Hicher 2010). En outre, plus la taille des particules dans les
sols granulaires augmente, plus le nombre de casses de particules augmente également ; on
sait que les particules plus grosses possèdent des défauts internes importants qui les rendent
plus susceptibles de se casser sous l'effet d'une contrainte (Lade et al. 1996 ; Yasufuku &
Ochiai 2005).

Figure 1112. Rupture des particules dans la zone d'interface entre le sol graveleux et l'acier pendant une charge cyclique
(après Zhang & Zhang 2009a).

σ 'n
Yasufuku et Ochiai (2005) ont proposé un paramètre pour quantifier le degré de
σ sf
cassabilité des sols granulaires. σ ' n est la contrainte effective normale et σ sf est la résistance à
la fragmentation des particules, qui est la résistance des particules à la taille moyenne
effective des grains (D50). Dans cette définition, la cassabilité des grains du sol est une

P a g e 24 | 59
σ 'n
fonction croissante du rapport . Yasufuku et Ochiai (2005), en utilisant les données des
σ sf
essais de cisaillement annulaire de l'interface sol granulaire - structure, ont révélé l'effet de
l'interaction entre la rugosité de surface et la rupture des particules sur l'angle de frottement de
l'interface. Cette interaction est illustrée de manière schématique à la Figure 12.13

Figure 1312. Schéma de l'effet de la relation entre la rupture des particules et la rugosité de surface sur le comportement de
l'interface sol-structure granulaire (d’après Yasufuku & Ochiai 2005).

Comme on peut l'observer sur cette figure, le comportement des sols granulaires à
faibles particules cassables en contact avec des surfaces structurelles lisses est proche de
l'élasticité parfaitement plastique, ce qui a été confirmé dans d'autres études (par exemple
Uesugi & Kishida 1986b ; Fakharian 1996 ; Shahrour & Rezaie 1997 ; Frost et al. 2002 ; Hu
& Pu 2004). Avec une augmentation de la cassabilité des sols granulaires, l'angle de
frottement résiduel mobilisé à l'interface augmente jusqu'à l'angle de frottement interne de la
masse de sol adjacente. Ce phénomène est en accord avec les observations de Uesugi et al.
(1989). Dans les surfaces lisses, lors de la rupture des particules, les particules brisées
remplissent les vides entre les grains plus gros. Il peut en résulter une augmentation de la
rugosité relative et donc une augmentation de l'angle de frottement résiduel de l'interface.
Comme on peut l'observer sur la Figure 1213, en augmentant la rugosité relative de la surface,
on observe un comportement de ramollissement et les angles de frottement d'interface
maximale et résiduelle augmentent. Cependant, les angles de frottement d'interface sont
similaires à l'angle de frottement interne des sols adjacents, ce qui a été confirmé dans d'autres
études (par exemple Uesugi & Kishida 1986a ; Uesugi et al. 1988 ; Uesugi et al. 1989 ; Koval
et al. 2011). Ainsi, la rupture des particules n'a pas d'effet significatif sur l'angle de frottement
des interfaces avec les surfaces rugueuses.
La rupture des particules a également un effet considérable sur le comportement
volumétrique des interfaces granulaires de la structure du sol. Sur la base d'observations
expérimentales (DeJong et al. 2003 ; Dejong et al. 2006 ; DeJong & Westgate 2009), la
rupture des particules réduit la dilatation normale dans les zones d'interface car il faut moins
de travail pour rompre les particules que pour les réarranger. De plus, lors d'une charge
cyclique, la rupture des particules réduit l’indice des vides (e) du sol et augmente la
contraction accumulée, ce qui est une caractéristique essentielle des systèmes d'interface sol-
structure granulaire. Ainsi, plus la contraction accumulée est importante, plus le taux de

P a g e 25 | 59
dégradation des contraintes dans les interfaces à rigidité normale non nulle est élevé (K≠0)
(DeJong et al. 2003 ; Dejong et al. 2006 ; Zhang & Zhang, 2006b).

1.3. Modèles constitutifs de l’interface


Afin de simuler le comportement des interfaces, des plusieurs types de modélisations
ont été mises sur piedproposés : des modèles élastiques linéaires, élastiques non linéaires, des
modèles élasto-plastiques bidimensionnels ou tridimensionnels.
Certains auteurs (Beer, 1985 ; Bhatia et Bakeer, 1989 ; Yuan et Chua, 1992) ont utilisé
des modèles élastiques linéaires. Par définition, un matériau est dit élastique, si après avoir été
déformé par une sollicitation, il retrouve son l'état initial, lorsque cette sollicitation cesse
d'être appliquée (Timoshenko, 1934). Pour le matériau élastique, l'état de contrainte ne
dépend que de l'état de déformation (et vice versa). La relation contrainte-déformation, pour
un matériau élastique linéaire, se met sous la forme générale suivante :
σ ij =C ijkl ε kl +σ ij0 (1.6)
Où σ ij0 représente le tenseur des contraintes initiales correspondant à un état initial de
déformation nulle (ε kl=0 ) et C ijkl le tenseur décrivant le comportement physique du matériau.
Cette relation unique traduit l'indépendance du comportement du matériau vis-à-vis de
l'histoire des chargements auxquels il a été soumis. Si l’on suppose que l’état de contrainte
initial est nul (σ ij0=0), l’équation ci-dessus devient :
σ i j=C ijkl ε kl (1.7)
L’équation ci-dessus correspond à l’équation générale de Hooke dans laquelle σ ij et ε kl
sont des tenseurs du deuxième ordre et C ijkl un tenseur du quatrième ordre.
Ces modèles ne sont pas représentatifs de la réalité car ils ne reproduisent pas des
phénomènes tels que l’écrouissage, l’endommagement, la dilatance et la contractance, qui
affectent l’interface lors d’un cisaillement.
Le matériau d’interface a également été supposé élastique non linéaire. Les modèles
élastiques non linéaires sont divisés en plusieurs catégories :
 Les modèles hyper-élastiques : Ce type de formulation est utilisé pour décrire
mathématiquement un comportement élastique réversible et indépendant du chemin de
chargement (Molenkamp, 1988 ; Huang et Gibson, 1993).
 Les modèles hypo-élastiques : Ce type de formulation est utilisé pour décrire
mathématiquement le comportement des matériaux, dans le cas où l'état de contrainte
dépend de l'état actuel de déformation et du chemin de chargement, ainsi l’incrément
de contrainte dépend non seulement de l’incrément de déformation, mais également de
la contrainte elle-même (Duncan et Chang, 1970 ; Bardet, 1990 ; Prévost et Keane,
1990)
Les modèles hyperboliques : ces modèles sont mathématiquement basés sur une
représentation de la relation contrainte-déformation à partir d'une courbe hyperbolique
ou parabolique (Kondner, 1963 ; Hansen, 1963 ; Clough et Duncan, 1971 ; Hardin et
Dernvich, 1972).
Les modèles d'élasticité non linéaire ne sont pas capables de simuler la dilatation
normale sous une charge de cisaillement.

P a g e 26 | 59
1.3.1. Modèles élasto-plastiques
1.3.1.1. Présentation générale
Le comportement élasto-plastique est caractérisé par l’apparition de déformations
élastiques et de déformations irréversibles. La décomposition usuelle mais qui n’est pas
forcément la seule est la suivante :
ε =ε e + ε p (1.8)
Avec ε les déformations totales , ε e les deformations élastiques et ε p les déformations
plastiques. Le comportement élastique est décrit à l’aide des modèles élastiques linéaires ou
non linéaires précédemment évoqués.
Les modèles élasto-plastiques sont basés sur 3 notions fondamentales :
 La surface de charge, qui est la frontière entre le domaine élastique et le domaine
plastique ;
 La règle d’écoulement plastique, qui définit la façon dont évoluent les déformations
plastiques
 Le critère de rupture
Si le modèle est élastoplastique avec écrouissage, l’on introduit une règle d’écrouissage.
1.3.1.1.1. La surface de charge
La surface de charge divise l’espace des contraintes en deux parties : un domaine
élastique (partie réversible) et un domaine plastique (partie de déformations irréversibles).
Elle est caractérisée par une fonction scalaire F ( σ ij ) appelée de fonction de charge. Cette
fonction peut évoluer en cours des sollicitations jusqu’au critère de rupture. La fonction de
charge est telle que :
 Lorsque F ( σ ij ) < 0, on est à l’intérieur du domaine élastique, les déformations sont
réversibles : d ε ij =d ε eij
 Lorsque F ( σ ij ) =0, (critère de plasticité) on est à la frontière du domaine. L’on
distingue alors deux cas :
Tableau 5. Déformations à l'interface pour F ( σ ij ) =0 ,

Cas de déchargement Cas de chargement


F ( σ ij ) =0 F ( σ ij ) =0
∂ F ( σ ij ) ∂ F ( σ ij )
d σ ij <0 d σ ij >0
∂ σ ij ∂ σ ij
Les déformations totales sont élastiques : Les déformations totales :
e p
dε =dε et donc d ε =0 dε =dε e +d ε p
C’est un cas de décharge et l’incrément de C’est un cas de chargement et l’incrément
contrainte est dirigé vers l’intérieur du de contrainte est dirigé vers l’extérieur du
domaine élastique actuel. domaine élastique actuel.
Deux cas de comportement se présentent :
 La surface de charge n’évolue pas et l’expression de la surface de charge ne
contient donc pas de paramètre d’écrouissage
 La surface de charge évolue au cours du chargement (modèle élasto-platique avec
écrouissage)
 Lorsque F ( σ ij ) > 0, est impossible à atteindre.

P a g e 27 | 59
1.3.1.1.2. La règle d’écoulement
La règle d’écoulement plastique a pour objet d’exprimer d ε ijp en fonction de σ ij et dσ ij .
Ainsi, lorsqu’on a :
∂ F ( σ ij )
[
( F ( σ ij ) <0 ) ou F ( σ ij ) =0 et ∂ σ ij ]
d σ ij <0 (1.9)

Les déformations sont élastiques.


Lorsqu’on a :
∂ F ( σ ij )
F ( σ ij ) =0 et d σ ij > 0(1.10)
∂ σ ij
L’on a des déformations élastiques et plastiques. En un point régulier de la frontière
d’élasticité, la déformation plastique est de la forme :
∂G
ε p=λ (1.11)
∂σ
Où λ est un scalaire appelé multiplicateur plastique (λ ≥0) et G le potentiel plastique.
L’incrément de déformation plastique est caractérisé par sa direction et son amplitude,
la direction de l’incrément de déformation plastique est perpendiculaire à la surface
définissant le potentiel plastique G ( σ ij )=0. La loi d’écoulement est dite soit associée, soit non
associée.
1.3.1.1.2.1. Loi d’écoulement associée
La loi d’écoulement est dite associée à la surface de charge quand cette dernière est
confondue avec la surface représentative du potentiel plastique, ce qui revient naturellement à
considérer F=G. La direction du vecteur déformation plastique dans l’espace des
déformations principales (confondu avec celui des contraintes principales) est ainsi
perpendiculaire à la surface de charge F ( σ ij ) =0, c’est-à-dire au vecteur gradient, normal à
cette surface. Cela conduit à une loi d’écoulement de la forme :
∂F
ε ijp=λ (1.12)
∂ σ ij
Où λ est le multiplicateur plastique (scalaire positif).
C’est un cas de chargement et l’incrément de contrainte est dirigé vers l’intérieur du
domaine élastique actuel. Les matériaux pour lesquels la loi d’écoulement est dite associée,
sont dits standards. C’est le cas des sols purement cohérents.
1.3.1.1.2.2. Loi d’écoulement non associée
Dans le cas des sols frottants, les lois d’écoulement sont non associées. Dans ce cas, la
direction du vecteur déformation plastique est perpendiculaire à la surface représentative du
potentiel plastique, G ( σ ij )=0 qui est distincte de celle représentative de la fonction de charge
plastique F ( σ ij ) =0. Cela conduit à une loi d’écoulement de la forme :
∂G
ε ijp=λ (1.13)
∂ σ ij
1.3.1.1.3. Critère de rupture
Le critère de rupture est une expression mathématique reliant les contraintes effectives
régnant dans le matériau aux contraintes ultimes pouvant être supportées par ce dernier.
Lorsque ce critère est « violé » ou dépassé, la propriété d’intégrité du matériau n’existe plus et
il y a ruine locale du milieu.

P a g e 28 | 59
1.3.1.1.4. La règle d’écrouissage
Un écrouissage correspond à une modification du seuil d’élasticité au cours de la
sollicitation. Le domaine d’élasticité d’un matériau dépend de son état d’écrouissage. La loi
d’écrouissage précise la modification de la surface de charge au cours de la déformation
plastique. Pour un matériau écrouissable, le domaine d’élasticité actuel n’est pas fixé une fois
pour toutes, mais dépend de l’état d’écrouissage, que l’on représente par une variable k
introduite dans l’expression de la surface de charge, notée désormais F (σ ¿¿ ij ; k )¿. L’état
d’écrouissage k n’évolue que lorsqu’il y a évolution de la déformation plastique. Diverses
théories ont été construites pour représenter l’écrouissage On distingue :
 L’écrouissage isotrope ; la surface de charge subit une expansion ou une contraction
au cours du processus de déformation
 L’écrouissage cinématique ; la surface de charge se déplace dans l’espace des
contraintes
 L’écrouissage anisotrope ; la surface de charge peut subir en plus d’une
expansion/contraction et d’une translation, une rotation et une déformation.
Dans la formulation d’un modèle de comportement, l’écrouissage est pris en compte
par le biais d’un paramètre d’écrouissage introduit dans l’expression de la surface de charge.
L’écrouissage isotrope nécessite un paramètre d’écrouissage scalaire alors que l’écrouissage
cinématique nécessite un paramètre d’écrouissage de nature tensorielle. On introduit
également, lorsqu’il y a écrouissage, la variable H (σ ¿¿ij ; k) ¿., appelée module d’écrouissage
et définie par la relation :
∂F
Hλ=λ d σ (1.14)
∂ σ ij ij
Où. λ est le multiplicateur plastique rencontré précédemment ( λ ≥0 ).

Figure 13. Écrouissage (a) isotrope (b) cinématique

1.3.1.2. Modèle élastique parfaitement plastique


Les modèles élasto-plastiquesélastoplastiques parfaits sont définis à partir de la donnée
d'un critère de rupture caractérisant les propriétés de résistance du matériau. Les surfaces de
charge sont confondues avec les critères de rupture.
Le critère de Tresca
Le critère de Tresca est utilisé pour l’étude des sols fins (argile, limon) saturés, non
drainés, en contraintes totales à court terme, durant lesquelles la variation de volume est nulle.
La fonction de rupture F est mathématiquement donnée par la relation
1 1 1
[ 2 2 2 ]
F ( σ 1 , σ 2 , σ 3 ) =max |σ 1−σ 2|, |σ 2 −σ 3|, |σ 3−σ 1| −k=0(1.15)

P a g e 29 | 59
Où k (le seul paramètre) représente une constante correspondant à la contrainte maximale de
cisaillement à la rupture (par exemple, pour les sols cohérents, ce paramètre correspond à la
cohésion non drainée C u).
Critère de Von Mises
Le critère de Von Mises traduit un mode de rupture correspondant à une valeur limite
de la contrainte de cisaillement octaédrique τ oct. Mathématiquement, la fonction de rupture
peut être exprimée comme :
2
F ( σ 1 , σ 2 , σ 3 ) =τ oct −
3
k =0(1.16)

Le paramètre de ce modèle est k. La contrainte et la déformation de cisaillement octaédrique
sont respectivement données par :
1
τ oct=
9 √
[ 2 2 2
( σ 1−σ 2 ) + ( σ 2 −σ 3 ) + ( σ 3−σ 1 ) ] (1.17)
1
9 √ 2 2 2
γ oct = [ ( ε 1−ε 2) + ( ε 2−ε 3 ) + ( ε 3 −ε 1 ) ] (1.18)

Ce critère a été formulé pour étudier le comportement des métaux et il n’est pas bien
adapté à la représentation du comportement des sols dans la mesure où il ne fait pas intervenir
la contrainte moyenne dans son expression.
Critère de Mohr-Coulomb
Le critère de Mohr-Coulomb est utilisé pour les sols pulvérulents (sables) et pour les
sols cohérents à long terme (argiles et limons). Le critère de Tresca est un cas particulier du
critère de Mohr-Coulomb (Pour φ=0). Ce modèle correspond à la forme la plus simple de
l'enveloppe de rupture, c'est-à-dire à une ligne droite. Il est caractérisé par la relation :
1+ sinφ 2 Ccosφ
F ( σ 1 , σ 2 , σ 3 ) =σ 1− σ3− =0( 1.19)
1−sinφ 1−sinφ
Où C représente la cohésion et φ l'angle de frottement interne du matériau. Ce sont les deux
paramètres du modèle.
Les modèles élasto-plastiquesélastoplastiques parfaits ne permettent pas de reproduire
de manière adéquate les réponses typiques mécaniques de l’interface observées
expérimentalement notamment : l’écrouissage progressif et le changement de phase
(contractance-dilatance).
1.3.1.3. Modèles élasto-plastiquesélastoplastiques avec écrouissage
Un écrouissage correspond à une modification du seuil d’élasticité au cours de la
sollicitation. Dans la formulation d’un modèle de comportement, l’écrouissage est pris en
compte par le biais d’un paramètre d’écrouissage introduit dans l’expression de la surface de
charge.
1.3.1.3.1. Modèles élastoplastiques basés sur le critère de Mohr Coulomb
Modèle de De Gennaro et Frank (2005)
Les auteurs présentent une analyse numérique par la méthode des éléments finis du
comportement mécanique de fondations profondes isolées sous charge axiale en consacrant
une attention particulière à la modélisation du contact sol granulaire – pieu –interface).

Tableau 6. Modèle de Gennaro et Frank (2005)

Fonctions du modèle Termes apparaissant dans la formule Paramètres

P a g e 30 | 59
Rigidité élastique K n et K t : rigidités élastiques de k n , k t , N
N
K n=k n σ , K t=k t σ
¿
N
¿
l’interface dans les directions
normale et tangentielle
respectivement.
σ ¿ est la contrainte normale initiale
Surface de charge μ ([ u p ] ); la fonction d’écrouissage _
t
F=τ −σ n μ ( [ u tp ] )
Dilatance C o : définit le taux de stabilisation de C 0 ; t
1 la dilatance à l’interface
D ([ u tp ] )=1−
Co σ ¿ p t : épaisseur de l’interface
ch
[ ( ) ]
t Po t
[u ]
Potentiel plastique μc : Coefficient de frottement μco
σn permettant de connaitre si l’on est en
Q=τ + μc σ n ln
σ¿ ( ) contractance ou en dilatance
p
μc =μ co + ( μ−μ co ) D ( [ u t ] )
pour μ ≥ μco
Fonction d’écrouissage Po =1kPa , une pression de référence μo , A , A 0 ,
p
[u ]
t
μo : le coefficient de frottement μr , [ utpp ]
μ ([ u tp ])=μo +(μ p−μo ) mobilisé initial
σ
( )
A ¿ t + [ utp ]
Po A :(sans dimensions) permet de
régler l’allure de la loi d’écrouissage
Relation d’écrouissage tenant
Ao  :(sans dimension) paramètre du
compte du comportement
radoucissant modèle qui règle le taux de
radoucissement
p ( μ p −μr )
μ ([ u t ] )=μr +
Ao p
[ utpp ]: valeur du paramètre
[
ch
t
( [ p
]
ut ]−[ utp ] ) d’écrouissage à la rupture
μ p : coefficient de frottement à la
p p
et [ ut ] > [ u tp ] rupture.
μr  ; est le coefficient de frottement
résiduel
Critère de rupture δ p : l’angle de frottement de μ p
Critère de rupture de Mohr- l’interface à la rupture.
Coulomb, avec l’hypothèse de
cohésion nulle à l’interface
τ p=σ n tan δ p=σ n μ p
Les paramètres sont facilement identifiables à partir d’un ou plusieurs essais
d’interface.
Modèle de B. BENCHEIK et N. TALLAH (2008)
Pour modéliser le comportement de l’interface sol-structure d’un sol pulvérulent (sable
d’origine éolienne, fin et homométrique) sous une sollicitation monotone, les auteurs utilisent
le modèle élastoplastique de type MODJOIN non associé. La loi de comportement proposé
pour la simulation du comportement de l’interface sable- acier à surface lisse ou rugueuse est

P a g e 31 | 59
constituée de deux paramètres élastiques k no , k ¿ et de neuf paramètres à caractère plastique
φ , α , β ,C , B , A , a g , M g , Ro.

Tableau 7. Présentation du Modèle de B. BENCHEIK et N. TALLAH

Fonctions du modèle Termes apparaissant dans la formule Paramètres


Rigidité élastique k n et k t : respectivement le module k no , k ¿
σn
0.5
σn
0.5 normal et le module de cisaillement,
k n=k no
[ ]
Pa [ ]
; k t =k ¿
Pa Pa: Pression atmosphérique
σ n: contrainte normale à l'interface
Surface de charge τ ; la contrainte tangentielle  C,φ
p
F ( σ n , τ , ε ) =|τ|+ tan ( σ n+C ) Rm
τ
σ n: Contrainte normale 
Potentiel plastique ε τp: Déformation plastique M g , a g
|τ| tangentielle ou distorsion plastique 
∂g ∂g
∂τ
=1;
∂ σn
= M g−
p
σn g
A
( ) Rm : la fonction d’écrouissage
ε
A g=e−a g t

Fonction d’écrouissage σ no: la contrainte normale initiale α , β , A , B , Ro


p
αε t 2 p Rm varie de Ro (qui fixent l'étendue
Rm =Ro + + A ( ε tp ) e−B ε t

σ du domaine élastique initiale) à Ro +1


Pa( )
β no +ε tp à la rupture
Pa:Pression atmosphérique
Critère de rupture _ _
Le critère de rupture de type Mohr–
Coulomb.
L’incrément des déformations élastiques Δ ε e est donné par la relation :
Δ ε e =E−1 Δσ (1.20)
1 1
Δ ε et = Δτ , Δ ε en= Δσ n (1.21)
kt kn
L’incrément des déformations plastiques Δ ε p est obtenu par la règle d’écoulement.
Dans le cas du modèle MODJOIN ces incréments des déformations plastiques sont donnés
par les relations :
∂g ∂g
Δ ε tp=λ , Δ ε np=− λ (1.22)
∂τ ∂σn
Où  est le multiplicateur de Lagrange.

1.3.1.3.2. Modèles incrémentaux


Le principe des modèles incrémentaux est d’obtenir la réponse incrémentale à un
chargement incrémental quelconque par interpolation rhéologique à partir d’un ensemble de
sollicitations définies expérimentalement et formulées analytiquement par l’intermédiaire de
fonctions d’interpolation. Des auteurs tels que Boulon (1988, 1989, 1991), Garnica-Anguas
(1993) et Rouainia et al. (1992) ont proposé des modèles basés sur ce principe.

P a g e 32 | 59
Modèle de Boulon (1991)
Boulon (1991) a proposé un modèle bidimensionnel d’interface sol-structure, ayant
pour paramètres les vitesses de contrainte et de déplacement relatif tangentes au chemin
courant, les vitesses de contrainte représentant les réponses et les vitesses de déplacement les
sollicitations. La loi de comportement présentée lors de la modélisation de l’interface est
intégrée par la méthode explicite à pas constant le long de chemins de cisaillement à rigidité
normale imposée, Le modèle est présenté tel qu’il suit : l’on considère les vitesses de
contrainte et de déplacement relatif tangentes au chemin courant :

σ̇ = τ̇ [ u̇ ] = [ ẇ ] (1.23)
{} { }
σ˙n [ u̇ ]
La sollicitation tangente est définie par [ u̇ ] et la réponse tangente par σ̇ . Les
comportements donnant naissance à des pics de contraintes interdisent de choisir la vitesse de
contrainte comme sollicitation tangente. Les chemins tangents donc normés par:
‖[ u̇ ]‖=( [ ẇ ] 2+ [ u̇ ]2 )1/ 2( 1.24)
D’où les paramètres réduits caractérisant le chemin tangent:
Sollicitation :
λ = 1 [ ẇ ] (1.25)
{} { }
μ ‖[ u̇ ]‖ [ u̇ ]
Réponse :
ξ = 1 τ̇ (1.26)
{}
η ‖[ u̇ ]‖ σ˙ n{}
Dans l'espace des sollicitations incrémentales (λ , μ), tous les chemins possibles sont
les points du cercle unité. Les points correspondants de l'espace des réponses incrémentales (
ξ , η) sont paramétrés par λ et μ liés par une relation (λ²+μ²=1). Ils appartiennent donc à la
courbe de réponse (C).

Figure 14. Chargement incrémentale et réponse incrémentale (Boulon 1991)

Afin de préciser cette réponse incrémentale, il est capital d'utiliser


l'ensemble des informations possibles ; en d'autres termes, il convient de
connaître des points représentatifs de la courbe des réponses (C) afin de
générer la partie inconnue de celle-ci. Dans le cas bidimensionnel, la boîte de
cisaillement direct permet des mesures aisées selon six chemins

P a g e 33 | 59
expérimentaux: 1- Essai à contrainte normale constante, en charge ; 2 –Essai à contrainte
normale constante, en décharge ; 3 –Essai à volume constant, en charge ; 4- Essai à volume
constant, en décharge ; 5- Pseudo-œdomètre, en charge ; 6- Pseudo-œdomètre, en décharge.
Les cas 5 et 6 représentent des œdomètres après cisaillement, soit la limite d’essais de
cisaillement λ=0. La direction de sollicitation tangente est ainsi définie dans l'espace ( λ , μ).
La partie inconnue de (C) est générée par interpolation directionnelle, l'argument de cette
interpolation étant la distance angulaire de l'espace (λ , μ).

Supposons que nous cherchions la réponse incrémentale (ξ , η) correspondant à un


chargement incrémentaI (λ , μ) donné ; ce chargement est
représenté par le point D, d'angle polaire β dans l'espace (

λ , μ). Chaque chemin de base (repéré par l'indice i) est
D
représenté par le point Di correspondant. Soit αi l'angle
i 1


D arithmétique séparant les directions (λ , μ) et (λi , μi) ; la
 réponse tangente est définie comme la somme pondérée :
 i i  N
ξ = Wi ξ i avec ξi ≠ ξ j ∀ i≠ j(1.27)
Di  i
i
{} ∑ η
η i=1 i
{} {}{}
ηi η j

Di 1
Les N fonctions de
Figure 15. Les paramètres de
l'interpolation directionnelle.
pondération Wi sont
solution du système
algébrique linéaire d'équations caractérisant une
interpolation :
N

{ ∑ W i=1
i =1
W 1 α 1 y 1=W 2 α 2 y 2=…=W N α N y N
(1.28)

yi est une fonction de β choisie de manière à assurer des valeurs positives et négatives
pour Wi. Le choix le plus simple est la fonction signe :
β i−1 ≤ β ≤ β i+1 ; yi =+1 (1.29)
{β< βi−1 , β > β i+1 ; y i=−1
La continuité C2 est requise pour les fonctions Wi. La présentation générale de
l'interpolation fait appel à six chemins de base. Mais dans certaines situations, on utilise
moins de 6 chemins soit lorsque les chemins de base sont très proches (une procédure doit
être utilisée prenant en compte le chemin moyen entre ceux-ci afin d’éviter les difficultés
numériques) ; soit l’un des chemins de base correspond à une sortie du domaine possible pour
les vecteurs contraintes.
Les chemins de base sont formulés analytiquement, en vue d'une dérivation pour
obtenir les chemins tangents (incrémentaux), en utilisant comme ensemble de paramètres
d'état Sk, les variables actuelles d'interface ( [ w ] , [ u ] , τ , σ n) et une densité ϒ (sous contrainte) au
sein de l'interface. Les modifications de densité sous contrainte nulle ( γ 0 ) sont décrites grâce à
l'énergie spécifique Ws (t) - t étant le temps, dont l'origine est située au début de l'essai. Cette
densité est à relier à la rupture des grains.
θ=t
W s ( t )= ∫ {τd [ w ] −σ n d [ u ] }(1.30)
θ=0

L'état actuel de l'interface étant connu par Sk, et la direction de la sollicitation


incrémentale par [w] et [u] (ou λ , μ), l'interpolation rhéologique sur les chemins tangents de
base conduit à :
P a g e 34 | 59
τ̇ τ̇ ( [ ẇ ] , [ u̇ ] , S k )
{}{
σ˙n
=
}
σ˙n ( [ ẇ ] , [ u̇ ] , S k )
(1.31)

Supposant le matériau totalement non visqueux, c'est à-dire non sujet à une réponse
différée, et à réponse directionnellement dépendante (τ et σ n sont alors des fonctions
homogènes de degré 1 en [w] et [u]), les composantes de l'équation constitutive tangente sont
données par le théorème d'Euler sur les fonctions homogènes:
∂ τ̇ ∂ τ̇

{}
σ˙n
[ ]{ }
τ̇ = ∂ [ ẇ ]
∂ σ̇ n
∂ [ ẇ ]
∂ [ u̇ ]
∂ σ˙ n
∂ [ u̇ ]
× [ ẇ ] (1.32)
[ u̇ ]

Ces quatre composantes fonctions de la direction (λ , μ) ont une expression analytique


résultant de la dérivation des fonctions de pondération Wi et des pentes locales des chemins
de base.
Lorsque le chemin est donné explicitement par [ ẇ ( t ) ]et[ u̇(t )] - ou λ ( t ) et μ(t) -, la
réponse tangente est directement calculée ; dans le cas contraire, une recherche itérative de la
direction locale de fonctionnement, correspondant aux données réelles de la sollicitation est
alors nécessaire. La loi de comportement est ensuite intégrée par méthode explicite à pas
constant le long de chemins de cisaillement à rigidité normale imposée.
Les résultats des simulations sont plus proches des résultats de l’expérience pour des
valeurs de K plus élevées et pour la courbe (w , τ ¿ . La densité initiale, la contrainte normale
initiale, et la rigidité normale d'une part et le pas d'intégration d'autre part, ont un effet sur les
résultats obtenus en simulation. La comparaison expérience - simulation est moins
satisfaisante lorsque les conditions initiales sont proches des limites du domaine
d'identification.
1.3.1.3.3. Modèles de plasticité à deux surfaces
Modèle de Miad Saberi (2016)
Le modèle proposé est basé sur une formulation constitutive unifiée pour simuler le
comportement complexe des interfaces sol granulaire (gravier et sable) - structure avec
différentes densités de sol sous charge monotone et cyclique, et il ne nécessite qu'un ensemble
de neuf paramètres d'étalonnage au total pour prédire le comportement des interfaces sol-
structure : deux pour l'élasticité (D¿ et Dno ), trois pour l'état critique (e o−cs , λ , μcs), deux pour
la dilatation ( Ad et K d ), un pour le durcissement ( K po) et un pour l'état de rupture ( K f ). Pour
identifier les paramètres du modèle, deux essais de cisaillement d'interface monotones à
charge normale constante (CNC) avec différentes contraintes normales sous une grande
déformation de cisaillement atteignant l'état critique sont suffisants.
Lois incrémentales contraintes – déformations
e p e p
d εn d εn d εn 1 d un d un
dε =
{ }
dεt
=d ε e + d ε p=
d εt
+
{ } { } ({ } { } )
d εt
=
t d ut
+
d ut
(1.33)

où, t est l'épaisseur de l'interface, d ε n et d ε t sont les incréments de déformation normale et


tangentielle (cisaillement), d un et d ut sont des incréments de déplacements normaux et
tangentiels. Les déformations élastiques incrémentales sont liées à des contraintes
incrémentales par le biais de la matrice de rigidité élastique [ D]e:
dσ =De d ε e (1.34)

P a g e 35 | 59
σn
e D
[ ]
[ D] = n
0
√ 0
Dt
=
[ Dn 0

0
Patm

Dt 0
0

√ σn
P atm
] (1.35)

où Dn et D t sont respectivement la rigidité normale élastique et la rigidité tangentielle


élastique, Dn 0 et Dt 0 sont les paramètres du modèle, et Patm représente la pression
atmosphérique, donnée par 101(kPa).
La relation élasto-plastique contrainte-déformation incrémentielle est définie comme
suit :
D e R nT D e
dσ =D ep dε = D e−
( T e
K p +n D R )
dε (1.36)

où D ep est la matrice de rigidité élasto-plastique du modèle d'interface, K p est le module


T
plastique, R={ Rn R t } est la direction de l'incrément du vecteur de déformation plastique et
T
n={ ∂ f /∂ σ n ∂ f /∂ τ } est un vecteur normal à la surface de charge (f) pour définir la direction
de chargement.
La surface de charge est :
τ
f = −α −sm=0 (1.37)
σn
Où μ=τ /σ n est le coefficient de frottement, α est l'angle de la bissectrice de la surface de
charge dans le plan σ n−τ . Il s'agit d'une variable cinématique de durcissement qui contrôle le
mouvement ou la réponse de la surface de charge dans l'espace σ n−τ . m contrôle la taille de
l'ouverture de la surface de charge de type cunéiforme. μcs est la pente de surface de l'état
critique dans le plan σ n−τ et il s'agit d'un paramètre modèle. s est le paramètre auxiliaire
utilisé à la place du signe ∓ et s = +1 si µ-α ≥ 0, et s = -1 si µ-α < 0 (par exemple, l'inversion
de charge).
Règle d’écoulement, dilatance et état critique
nT dσ
d ε p =⟨ Γ ⟩ R= ⟨ ⟩ Kp
R( 1.38)

Où 𝛤 est l'indice de charge, et l'opérateur < > sont les parenthèses de Macaulay qui définissent
< 𝛤 >= 𝛤 si 𝛤 > 0, and < 𝛤 >= 0 si 𝛤 ≤ 0. La règle d’écoulement non associé est adoptée dans
ce modèle constitutif comme suggéré pour les sols granulaires (Pradel et al. 1990; Lade &
Pradel 1990). Ainsi:
D
R=
Rn
Rt{ }{ }{}
= ∂f = D
∂τ
s

Où, D le coefficient de dilatation et s est un paramètre auxiliaire. Suivant la logique de la


théorie de la plasticité des deux surfaces (Dafalias & Popov 1975), le coefficient de dilatation
(D) est défini en fonction de la distance entre l'état de contrainte actuel et son image sur la
surface de dilatation (d d ) (Lashkari 2012b).
d ε np d u np d d d d
D= p
= p
=A ( d )= A ( α −sα ) (1.39)
|d ε | |d u |
t t

α =μ d −m(1.40)
d

P a g e 36 | 59
Où, Ad est un paramètre positif du modèle. μd est le rapport de dilatation et c'est la pente de la
surface de dilatation ou la ligne de transition de phase à partir de l'origine dans le plan σ n−τ .
W p −¿ est la valeur du travail plastique total (W p ) au début du chargement le plus récent,
et χ est une petite valeur positive constante entre 0.15 et 0.2. W p est calculé en utilisant
l'expression de travail plastique modifiée (Hu et al. 2011) donnée par:
W p =∫ ( σ n ⟨ d ε np ⟩ +σ n d ε tp ) (1.41)

Figure 16. Vue schématique des simulations de dilatation et de ramollissement et de la ligne de transition de phase dans le
modèle d'interface proposé (Saberi, 2016)

ψ est le paramètre d'état qui a été initialement proposé par Been et Jefferies (Been &
Jefferies 1985) pour les sols sableux, puis utilisé pour les interfaces (Liu et al. 2006 ; Liu &
Ling 2008 ; Lashkari 2013) comme : ψ=e−e cs Où e est l’indice des vides à l'état actuel et e cs
est l’indice des vides correspondant à la valeur actuelle de σ n. Il est calculé à partir de la
formulation de la ligne d'état critique (LEC) donnée par :
σn
e cs =e cs−o−λ ln
Patm( )
(1.42)

σn
e cs−o et λ sont des paramètres du modèle pour définir le LEC dans le plan e−ln ⁡
Patm
, et Patm ( )
représente la pression atmosphérique (≈101kPa). La LEC dans le plan σ n−τ est une ligne
unique dont la pente est égale à μcs .
Surface de rupture et module plastique
Une surface de rupture (avec pour pente μf ) est formulé afin de simuler la réponse à la
rupture et le comportement de radoucissement des interfaces sol granulaire – structure. Le
coefficient de frottement à la rupture ( μf ) est défini en fonction du paramètre d'état (ψ) dans le
modèle d'interface actuel comme suit.
−K f ψ
μf =μcs exp
( W χp−¿ +1 )
(1.43)

Où K f est un paramètre du modèle.


Selon la théorie de la plasticité, l'incrément de la contrainte est liée à l'incrément de la
déformation plastique par le biais du module plastique ( K p). Selon la théorie de la plasticité à
deux surfaces (Dafalias & Popov 1975 ; Dafalias 1986), le module plastique est défini comme
une fonction de la distance entre l'état de contrainte actuel et son image sur la surface

P a g e 37 | 59
entourant la surface de charge. Ces deux surfaces dans le modèle d'interface proposé sont les
surfaces de charge et de rupture. En adoptant ce concept, le module plastique suivant est
introduit pour le modèle d'interface de la présente étude.
σn −K f ψ

K p =K po=
Dt0
√ ( (
Patm
μ cs exp
W χp−¿ +1
−sμ
) ) (1.44)
|α |
−K f ψ
Où, K po est un paramètre modèle et μ exp χ
W p−¿ +1
cs
( )
−sμ=d f est la distance entre l'état de

contrainte actuel et son image sur la surface de rupture. Tous les autres paramètres ont déjà
été définis.
Dans le modèle constitutif de cette étude, le durcissement cinématique est considéré en
modifiant l'angle de la bissectrice de la surface de charge (α) dans le plan σ n−τ . L’incrément
(dα) est prédit par la condition de cohérence (df=0) comme suit :
∂f ∂f ∂f ∂y ∂f ∂f
df = d σ n + dτ + dα = dσ + dα=nT dσ + dα (1.45)
∂ σn ∂τ ∂α ∂σ ∂α ∂α
Ensuite, nous avons:
K
dα = ⟨ Γ ⟩ p (1.46)
s σn
Tableau 8. Modèle de Saberi (2016)

Formulation constitutive Paramètres du


modèle
Matrice de D¿ , Dno
σn
rigidité
élastique

Surface de
[ D] =

f=
τ
e

[ Dn 0

−α −sm=0

0
Patm

Dt 0
0

√ σn
Patm
] _
charge σn
Règle D _
d’écoulement p
d ε =⟨ Γ ⟩ R= ⟨ Γ ⟩ ∂ f
∂τ {}
nT dσ _
Γ=
Kp
T
n={ ∂ f /∂ σ n ∂ f /∂ τ } _

État critique σn e cs−o , λ


e cs =e cs−o−λ ln ⁡ ( )
Patm
τ =μcs σ n μcs
Paramètre ψ=e−e cs _
d'état

P a g e 38 | 59
Dilatation K dψ Kd
μd =μcs exp ⁡
( χ
W p−¿ +1 )
D= A d ( μd −sμ ) Ad
_
s= + 1 μ−α ≥ 0
{
−1 μ−α <0
Rupture Kf ψ Kf
f
μ =μ exp cs
χ
W p−¿ +1( )
Durcissement D t ( μ f −sμ ) K po
K p =K po=
|α|
⟨Γ⟩ Kp _
dα =
s σn
Dérivations ∂ f −( sα +m )∧∂ f _
= =s
de la surface ∂ σn ∂τ
de charge
∂f
=−s σ n
∂α

1.4. Essais de caractérisation des interfaces


Pour déterminer les caractéristiques de l’interface et les paramètres des modèles,
plusieurs types d’expérimentations peuvent être réalisées.
1.4.1. Les essais de cisaillement
On peut classer les essais d’interface en :
 Essais à contrainte Contrainte normale Normale constante Constante "CNC"
(De Gennaro 1999 ; Frih 2005 ; Dumitrescu 2005) : Ici, la variation de la contrainte
normale est égale à zéro (dσ n=0) et la variation du déplacement normal est non nulle (
du n≠0). Ainsi, la rigidité de l'essai est nulle (K=0).
 Essai à volume Volume constant Constant "VC" (Schlosser et Guilloux 1981 ;
Lerat 1996) ; Ici, la variation de la contrainte normale est non nulle (dσ n≠0) et la
variation du déplacement normal est égale à zéro (du n=0). Ainsi, la rigidité de l'essai
est infinie (K=∞).
 Essaie à rigidité Rigidité normale Normale constante Constante "RNC" (Hoteit
1990 ; Evgin et Fakharian 1996 ; Ghionna et Mortara 2002). Ici, la variation de la
contrainte normale et l'augmentation du déplacement normal sont non nulles (dσ n≠0,
du n≠0) et la rigidité du test est constante (K=cst). (Figure 17).

P a g e 39 | 59
Figure 17. Vue schématique des différentes conditions aux limites dans l'étude expérimentale de l'interface, a) Contrainte
normale constante (CNC), b) Volume constant (VC), et c) Rigidité normale constante (RNC).

D’après les propos de Schlosser et Guilloux (1981), on pourrait déduire que l’essai le
plus représentatif de la réalité est celui à volume constant ; en effet les auteurs affirment que
la mise en traction (ou en compression) d’une inclusion dans le sol produit des contraintes de
cisaillement dont les valeurs ne sont significatives que dans une zone limitée autour de
l’inclusion. Dans cette zone, le sol a tendance à augmenter de volume par suite de la dilatance,
mais s’en trouve en partie empêché par le reste du sol. Il en résulte une augmentation
importante de la contrainte normale sur le pourtour de la zone de cisaillement et par suite à la
surface de l’inclusion : c’est le phénomène de dilatance empêchée.
Par ailleurs, les essais à contrainte normale constante et à volume constant ont été
considérés par plusieurs auteurs comme des chemins de cisaillement extrêmes contrairement à
l’essai à rigidité normale constante qui est considéré comme un chemin intermédiaire qui
permet de bien simuler les conditions réelles de frottement (Boulon 1988 ; Hassan 1995 ;
Fakharian et Evgin 2000 ; Ghionna et Mortara 2002).
Une autre classification des essais d’interface consiste à les diviser en essais de
cisaillement direct qui sont présentés comme des dispositifs simples où l’on impose au sol de
glisser par rapport à l’interface et essais de cisaillement simple qui se différencient des
précédents par le fait que la surface de l’interface sol/matériau reste constante tout au long de
l’essai et par l’identification séparée des composantes de déplacement (glissement,
cisaillement).
1.4.1.1. Essai de cisaillement direct plan à la boite de Casagrande
1.4.1.1.1. But de l’essai
Le but de cet essai est de déterminer C et ϕ à partir de la loi de Coulomb. Pour cela,
l’on mesure lors de l’essai les valeurs des contraintes de cisaillement en fonction des valeurs
des contraintes normales s’appliquant que le plan de rupture et on les porte sur un graphique.

  c   tan( )
c

P a g e 40 | 59
Figure 18. Droite intrinsèque

La courbe obtenue est approximativement une droite appelée « droite intrinsèque ».


L’angle que fait cette droite avec l’axe des abscisses est appelé « angle ϕ » (l’angle de
frottement interne du sol) et l’ordonnée à l‘origine de cette droite est appelé « valeur C » (la
cohésion du sol). L’équation de cette droite est :
τ =C+ σtanφ(1.47)
1.4.1.1.2. Équipements pour essais de cisaillement
a. Appareillage spécifique
a1. Une boite de cisaillement ou de Casagrande
Une boite de cisaillement comporte essentiellement :
 Une demi-boîte inférieure, munie d’une pierre poreuse plate, striée ou dentée ;
 Une demi-boîte supérieure ;
 Un piston, muni à sa base d’une pierre poreuse plate, striée ou dentée, glissant
librement dans la demi-boîte supérieure et transmettant à l’éprouvette l’effort vertical
exercé ;
 Deux goupilles, solidarisant les deux demi-boîtes, avant l’essai.
Le piston et la demi-boîte inférieure possèdent des orifices pour la mise en eau des
pierres poreuses.
Les dimensions intérieures des demi-boîtes couramment utilisées sont de 6 x 6 cm ou
de ∅ 6 cm pour les sols cohérents homogènes de 10 x 10 cm pour les sols pulvérulents ou
hétérogènes. La profondeur de la demi-boîte inférieure est de 2 cm environ.
a1.1. Le bâtis de consolidation
Lorsque la consolidation ne se fait pas sur la machine de cisaillement, les bâtis de
consolidation sont de même conception que ceux de l’essai de compressibilité. Ils comportent
en plus une tige-support de comparateur pour la mesure des tassements, des éprouvettes
d’essais.

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Figure 19. Bâti de consolidation

a1.2. Les poids


Ce sont des disques plats fendus, permettant leur centrage et leur superposition sur le
plateau de charge du levier du bâti.
b. La machine de cisaillement à déformation contrôlée
Cette machine cisaille le sol suivant une vitesse constante, elle peut être manuelle mais
dans ce cas, les essais à vitesse lente sont exclus. Elle est le plus souvent à moteur et à
plusieurs vitesses.

Figure 20. Machines de cisaillement avec boite prête pour l'essai

Elle comporte essentiellement :


 Un chariot porte-boîte, entrainé horizontalement à vitesse constante, entrainant lui-
même la demi-boîte inférieure et l’éprouvette d’essai
 Un anneau dynamométrique, retenant la demi-boîte supérieure, dont les déformations
indiquent les tangentiels développés dans le plan de cisaillement
 Un système levier-étrier, appliquant sur le piston de la boite les charges normales
désirées à l’aide de différents poids.
c. Appareillage d’usage courant
 Une meule à découper les étuis contenant les carottes de sol
 Une balance précise à 0,1g, portée de 500g minimum pour la mesure des teneurs en
eau et poids spécifiques,
 Une étuve à 105°C
 U calibre donnant es dimensions de l’éprouvette à découper
 Cordes à piano, scies et couteaux divers, pour tailler des éprouvettes de consistance
variée
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 Des comparateurs au 1/100 de mm, ayant une course de 10mm. Pour les sols très
compressibles des comparateurs de même précision ayant une course de 20 mm
environ
 Un chronomètre donnant la seconde
 Un réglet de 100 mm environ, gradué au 1/2 mm
 Des coupelles tarées, en aluminium, pour la mesure des teneurs en eau
 Du papier filtre
1.4.1.1.3. Principe

Figure 21. Schéma de la boite de cisaillement

L’échantillon de sol à étudier est placé entre deux demi-boîtes qui peuvent se déplacer
horizontalement l’une par rapport à l’autre. Un piston permet d’exercer sur le sol une
contrainte normale déterminée.,La demi-boîte inférieure est entrainée horizontalement à
vitesse constante. La force totale de cisaillement F est mesurée à l’aide d’un anneau
dynamométrique fixé à la demi-boîte supérieure. Un comparateur mesure la déformation
verticale de l’échantillon.
L’échantillon subit donc un cisaillement direct et rectiligne suivant un plan imposé sur
lequel on exerce une contrainte normale déterminée.
1.4.1.2. L’essai de cisaillement à la grande boîte de Casagrande
Afin de répondre à la demande d’essais représentatifs des sols grossiers, le laboratoire
de géomécanique d’IRSTEA a développé une boîte de cisaillement rectiligne de grandes
dimensions permettant de travailler principalement avec des matériaux remaniés contenant
des granulats de grande taille de l’ordre de 60 à 80 mm et plus suivant la proportion, mais
aussi d’étudier les lois d’interfaces entre différents géomatériaux. Deux boîtiers de
cisaillement rectiligne de type Casagrande de dimension 30x30x30 cm3 et 50x50x50 cm3 ont
ainsi été développés.
1.4.1.2.1. But de l’essai
Tout comme l’essai de cisaillement à la boîte de Casagrande, cet essai permet de
déterminer les paramètres de résistance au cisaillement des sols grossiers notamment l’angle
de frottement interne (en condition drainée ou non drainée) et la cohésion (cohésion effective
C ou non drainée Cu).
1.4.1.2.2. Équipement
La grande boîte de Casagrande est constituée de deux demi-boîtes dont l’une, la boîte
supérieure, peut glisser sur l’inférieure le long d’un plan de cisaillement horizontal suivant
une course de 80 mm.
Le boîtier inférieur a des dimensions supérieures aux dimensions du boîtier supérieur,
ceci afin de conserver la même section de cisaillement durant le déroulement de l’essai.
L’appareillage se compose en outre :

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 D’une centrale hydraulique qui permet la stabilisation et la régulation des efforts de
confinement et de cisaillement à partir des servo valves de régulation ;
 D’un bâti métallique rigide support des vérins hydrauliques asservis, qui transmettent
les efforts de compression verticale et de cisaillement horizontal ;
 D’un ensemble micro-ordinateur et automate qui pilote les essais de cisaillement.
 Des capteurs de force, des capteurs de déplacement (horizontale et vertical)
L’équipement offre de nombreuses possibilités :
 Il permet d’obtenir des lois de comportement et d’interfaces sous chemins de
contraintes ou déformations contrôlés par ordinateur. L’essai est utilisé classiquement
selon la norme NF P 94-071-1 : vitesse de déplacement constante et charge normale
constante. Toutefois, ce banc permet également des chemins de contraintes plus
complexes tels que les chargements cycliques ou monotones (croissant avec le temps)
et des déplacements cycliques. Néanmoins, l’asservissement ne permet pas de
travailler à condition de raideur constante.
 La mise en place d’un caisson permet la réalisation d’essais en conditions saturées ;
 Le système de supervision permet la détermination des contraintes résiduelles et la
mise en œuvre d’essais cycliques ;
 Des équipements particuliers ont été conçus pour répondre aux besoins spécifiques des
essais d’interfaces géosynthétiques/géomatériaux et des dispositifs d’étanchéité par
géosynthétiques (DEG).

Figure 22. Schéma de la grande boîte de Casagrande (A. Bernard et al., 2016)

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Figure ** : Une vue d’ensemble de la grande boîte de cisaillement de Casagrande E.D.F.
(1989).

1.4.1.2.3. Principe de l’essai


À partir des informations relatives à la granulométrie et à la densité, les essais de
cisaillement sont entrepris en mettant le matériau en place dans le boitier à l’aide du
compacteur vibrant ou par pressage statique. Le sol mis en place dans la boîte de cisaillement
a une densité correspondant à celle de l’Optimum Proctor Normal ou à celle requise
spécifiquement pour les besoins de l’essai. Le matériau est mis en place en trois couches,
compactées, puis scarifiées aux inter-couches de telle sorte à obtenir la densité désirée en
vérifiant que la masse de sol rentre bien dans le volume défini par le calcul. La couche située
au niveau du plan de cisaillement est intégrée aux deux demi-boitiers en une seule phase de
compactage.
La pression de confinement est appliquée au sol par le vérin vertical en utilisant
comme intermédiaire une plaque d’application des contraintes de section carrée, adaptée à la
taille du boitier supérieur. Une fois le vérin mis en contact, l’essai est entièrement mis en
contact, l’essai est entièrement piloté par informatique et suit une procédure choisie (vitesse
de cisaillement, force de confinement…)
1.4.1.3. Essai à l’appareil de cisaillement simple annulaire (ACSA)
1.4.1.3.1. Objectifs visés par l’appareil
L’ACSA (appareil de cisaillement simple annulaire) est un appareil d’essai développé
au CERMES, destiné à l’étude des interfaces sol-structure. Il permet de réaliser des essais
monotones, cycliques, des essais à très grands déplacements et d’étudier l’influence de la
vitesse, l’influence d’un changement de sens et d’un arrêt du déplacement avec relâchement
des contraintes, sur le comportement de ces interfaces.
P a g e 45 | 59
L’ACSA a été conçu pour pallier certaines difficultés rencontrées avec les appareils
existants servant à l’étude de l’interface sol-structure (la boîte de cisaillement directe modifiée
-Potyondi, 1961-, la boîte de cisaillement annulaire -Yoshimi et Kishida, 1981-, l’appareil de
cisaillement simple -Goh et Donald, 1984) et pour assurer une bonne homogénéité des
conditions mécaniques de l’essai sur toute la surface de contact sol-structure, ainsi qu’une
bonne étanchéité de l’échantillon.
1.4.1.3.2. Constitution mécanique de l’ACSA
L’échantillon annulaire a un volume de l’ordre de 9,4 dm3. Il est disposé autour d’un
cylindre central dont la mise en rotation assurera le cisaillement de l’échantillon. Sur l’autre
bord cylindrique, une pression de confinement est exercée par l’intermédiaire d’une
membrane en néoprène elle-même soumise à une pression d’eau. La face supérieure de
l’échantillon est en contact avec un couvercle fixe, la face inférieure repose sur une plaque de
verre fixe elle aussi.

Figure 23. Schéma de principe de l’essai.

Figure 24. Vue de l’ACSA

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1.4.1.3.3. Mode opératoire

Figure 25. Les étapes de la préparation d’un essai avec l’ACSA

1.4.1.4. Récapitulatif de quelques essais de cisaillement


Dans le tableau suivant, un certain nombre de dispositifs pour les essais de
cisaillement est rappelé en mentionnant les avantages et les inconvénients.

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Tableau 9. Quelques dispositifs d’étude du frottement d’interfaces granulaires

Types Exemples Avantages Inconvénients


Cisaillement direct plan Potyondy (1961)  Dispositif simple et économique  Effets de bord
Wernick (1978)  Préparation et procédure faciles  Difficultés de distinguer le glissement
Kulhawy et al.  Surface de contact de la structure en du sol le long de l’interface de la
(1979) dessus ou en dessous du sol déformation du sol
 Risque de perte de matériau
Acar et al. (1982)
 Surface de contact qui diminue avec
Plytas (1985) l’augmentation du cisaillement
Desai et al. (1985)  Pas de maitrise des conditions de
drainage
 Impossibilité de réalisation des cycles
Cisaillement direct axisymétrique Col et al. (1967)  Configuration géométrique adaptée à  Concentration des contraintes à
Brumunds et al. l’étude du frottement des pieux et des l’extrémité du chargement
(1973) ancrages  Contrainte normale à l’interface
 Dispositif commode pouvant être inconnue
obtenu par transformation d’un  Influence de la manière de déposer le
appareil triaxial standard sol autour de la barre sur l’interaction
 Surface de contact constante  Pas d’identification indépendante des
composantes du déplacement
Cisaillement annulaire direct Yoshimi et al.  Pas d’effets de bord  Montage, procédure et préparation
(1981a et b) difficile ;
Boulon et al. (1991)  Structure solide recouvrant le sol ;
 Niveau de contraintes très élevées  Pas d’identification indépendante des
 Grands déplacement tangentiel composantes du déplacement
(1000mm) (Yoshimi et al. ont eu recours aux
 Possibilité de varier les conditions de rayons X)
sollicitations  Gradient de déplacement à l’interface
et développement d’un cisaillement

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simple dans le sol (Boulon et al.
corrigent ce défaut par un moule très
rugueux)
Cisaillement simple plan Goh et al. (1984)  Préparation et procédure facile  Concentration des contraintes aux
Uesugi et al. (1986  Surface de contact constante extrémités
a et b)  Identification séparée des  Contact sol-solide différent quand le
Uesugi et al (1988) composantes du déplacement sol se trouve au-dessus
(glissement et cisaillement)
Zaman et al. (1995)
 Possibilité de visualisation directe de
l’interface

Cisaillement double simple direct Paikowsky et al.  Cisaillement simple et direct  Instrumentation spéciale pour mesurer
(1995)  Pas d’effets de bords les contraintes le long de l’interface
 Interface simple ou double pour la  Nécessite une longueur suffisante de
barre la barre pour une mesure correcte loin
 Surface solide interchangeable des zones uniformes aux extrémités
 Surface de contact constante
 Identification séparée des
composantes du déplacement
Cisaillement simple annulaire Lerat (1996)  Homogénéité des conditions aux  Montage, procédure et préparation
De Gennaro (1999) limites de déplacement sur toute difficiles
Chambon (2003) l’interface  Dispositif et échantillon de grandes
 Plusieurs types de consolidation et dimensions
Dumitrescu et al.
confinement  Nécessite un appareil de pluviation
(2003)
 Déplacement tangentiel très important pour un dépôt homogène de
Corfdir et al. (2004) sans perte de matériau l’échantillon
 Vitesse de cisaillemnt variable en  Contrainte normale à l’interface non
cours d’essai de 0 à 6 mm/min controlée (uniquement une structure
 Essais monotones et cycliques en acier lisse est équipée de capteurs
locaux)
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 Niveaux de contraintes élévées
(jusqu’à 1Mpa)
 Surface de contatc constante
 Possibilité de visualisation directe de
l’interface
 Choix de saturation et de drainage
 Surface solide interchangeable
(possibilité de bétonnage sur place)
Appareil de cisaillement simple Lerat (1996)  Bonne homogénéité des conditions  Appareil volumineux et trop
annulaire (ACSA) De Gennaro (1999) mécaniques de l’essai sur toute la sophistiqué destiné davantage à des
Chambon (2003) surface de contact sol-structure, ainsi travaux de recherche qu’à des essais
qu’une bonne étanchéité de de routine.
Dumitrescu (2005) l’échantillon
Frih (2005)  Essais de cisaillement sur sol saturé

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1.4.2. L’essai triaxial
L’essai triaxial est une méthode de laboratoire courante pour mesurer les
caractéristiques mécaniques des matériaux granulaires, en particulier celles des sols, des
roches et des poudres.
1.4.2.1. Intérêt de l’essai
À partir de l’enregistrement d’un essai triaxial, il est possible de déduire les
principales caractéristiques mécaniques de l’échantillon, y compris l’angle de frottement
interne, la cohésion apparente et l’angle de dilatance. Il faut parfois combiner les essais
triaxiaux à d’autres essais pour disposer de toutes les propriétés mécaniques utiles. La
détermination du critère de rupture d’un sol nécessite de réaliser plusieurs essais triaxiaux à
différentes pressions de confinement hydraulique.
1.4.2.2. Équipement

Figure 26. Description de l'appareil triaxial

L’on a besoin de :


 Une presse triaxiale : Elle est choisie selon le type d’échantillons testés et de leur
raideur présumée ;
 1 à 3 cellules triaxiales : choix selon le type d’essai ;
 Des contrôleurs pression-volume permettant d’injecter des pressions précises tout en
mesurant simultanément les variations de volume ;
 1 à 3 capteurs de pression interstitielle ;
 1 capteur de force : c’est lui qui permettra de mesurer les efforts appliqués sur
l’échantillon pendant l’essai et de déterminer le déviateur à la rupture ;

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 1 capteur de déplacement : il permet la mesure des déformations en cours de
cisaillement ;
 1 acquisition de données : Jouant le rôle de conditionneur de signal, elle permet
d’alimenter les capteurs et de récupérer leurs signaux de sortie. Elles assurent une
bonne stabilité et fiabilité des mesures ;
 D’autres accessoires: la découpe de l’échantillon, la préparation d’eau désaérée (avec
cylindre réservoir, tableau distributeur, pompe à vide), l’outillage et les tubulures sont
à prévoir pour un nouveau laboratoire.
1.4.2.3. Principe de l’essai
L’essai triaxial est un essai de compression axiale d’un échantillon soumis à une
contrainte latérale constante. Il consiste à soumettre une éprouvette généralement cylindrique
à un champ de contrainte uniforme qui a pour composantes une pression hydraulique
appliquée par l’intermédiaire d’un fluide remplissant la cellule et une contrainte axiale ou
déviateur appliquée par l’intermédiaire d’un piston. On maintient à niveau constant la
pression de confinement hydraulique et on augmente progressivement la contrainte axiale ou
le déviateur, jusqu’à la rupture de l’éprouvette. Dans certains cas, la contrainte axiale est
réduite et on peut assister à des ruptures en extension de l’échantillon.

Figure 27. Principe de l'essai triaxial

L’éprouvette cylindrique de sol est dans une gaine élastique étanche et déformable.
Elle est placée dans une chambre appelée cellule triaxiale. Il existe une communication avec
burette graduée et capteur de pression interstitielle. Le robinet R assure le drainage ou non de
l'échantillon. Le comparateur mesure les déplacements Δl .
Différents chemins de contraintes peuvent être réalisés : chemin triaxial, chemin
purement déviatorique, chemin avec rotation des axes de contrainte principaux…
Les expériences et les pratiques d’ingénierie montrent que la résistance du sol est
influencée par le niveau de consolidation de ce dernier, le drainage et la force appliquée.
L’essai triaxial comprend donc trois grands types d’essais qui couvrent ces différentes
configurations :
 Essai consolidé - drainé (CD) ;
 Essai consolidé - non drainé (CU) avec éventuellement la mesure de la pression
interstitielle (CU+u) ;
 Essai non-consolidé-non drainé (UU).

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1.4.2.3.1. Essai consolidé – drainé (CD)
Dans un essai consolidé drainé, l’échantillon subit une consolidation et est cisaillé par
compression suffisamment lente pour que la surpression interstitielle due à l’écrasement se
dissipe. L’échantillon est toujours drainé, le robinet du réservoir est ouvert pendant l’essai, la
pression interstitielle disparaît. Les contraintes mesurées sont effectives. On place des blocs
poreux en partie supérieure et inférieure de la membrane de confinement pour permettre
l’évacuation de l’eau. Le taux de compression axiale est maintenu constant, c’est-à-dire que
l’essai est asservi à vitesse de déformation constante. L’idée est de permettre que la pression
interstitielle soit le plus souvent en équilibre avec les contraintes appliquées. L’essai est donc
d’autant plus long que l’échantillon est peu perméable, car les débits de transfert sont faibles
et l’équilibre des pressions est ralenti d’autant.
À partir de cet essai, l’on déterminer la cohésion effective C 'et l’angle de frottement
effectif φ '.
1.4.2.3.2. Essai consolidé – non drainé (CU)
Dans un essai consolidé et non drainé, l’échantillon est maintenu dans une cellule
étanche, de sorte que l’eau interstitielle ne peut s’en évacuer ; en d’autres termes, la teneur en
eau de l’échantillon est maintenue constante, le plus souvent à 100% (saturation). Si R est
fermé (pas de drainage) et le sol saturé, il est possible de mesurer la pression interstitielle
régnant à l’intérieur de l’éprouvette à l’aide d’un capteur.
À partir de cet essai, l’on déterminer la cohésion C cuet l’angle de frottement φ cu.
1.4.2.3.3. Essai non consolidé – non drainé (UU)
L’essai consolidé et non drainé consiste à appliquer le chargement rapidement, à
vitesse de déformation constante. On utilise cette variante pour estimer les « caractéristiques
de court terme » d’un sol (celles qui s’intéressent généralement la stabilité des terrains en
cours de travaux). À partir de cet essai, l’on déterminer la cohésion C uuet l’angle de frottement
φ uu.
Dans l’essai non drainé, la pression dans la cellule est maintenue constante, la pression
axiale étant augmentée mais sans permettre le drainage de l’éprouvette. Par conséquent, la
pression interstitielle évolue au cours de l’essai. L’eau reprend une partie des contraintes.

Conclusion
L'étude bibliographique nous a permis, dans un premier temps, de comprendre le
comportement des interfaces sol-structure, à travers sa définition et ses caractéristiques, et en
illustrant l’influence de divers paramètres. Dans un deuxième temps, nous avons présenté les
différents modèles mis sur pied pour simuler son comportement sous chargement monotone
ou cyclique. Nous avons cité en dernier ressort les essais nécessaires à la détermination des
paramètres des modèles et des caractéristiques de l’interface. À partir des données recueillies
au cours de cette synthèse, il est possible de mettre sur pied une méthodologie qui intègre le
comportement des interfaces lors des différents calculs relatifs aux ouvrages de génie civil.

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CHAPITRE II : MÉTHOLOGIE DE PRISE EN COMPTE DES
LOIS D’INTERFACE

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CHAPITRE III : ÉTUDE DE CAS : APPLICATION À LA
RÉPONSE DYNAMIQUE DU BARRAGE DE LOM PANGAR

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CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVES

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Actes de colloque/proceedings
 G. Chambon, A. Corfdir, P. Lerat, J. Schmittbuhl (2002) ; Essais d’interface
sol/structure utilisant l’appareil de cisaillement simple annulaire, Conference:
PARAM 2002, International symposium on Identification and determination of soil
and rock parameters for geotechnical design, France, 10p.
 B. BENCHEIK, N. TALLAH (2008) ; Modélisation expérimentale et numérique du
comportement des interfaces sol-structure, International Conference on Numerical
Computation in Geotechnical Engineering NUCGE’08, Algérie, 8p.
Articles dans des revues et périodiques
 BOULON (1991), Le comportement d'interface sol-structure : aspects expérimentaux
et numériques, Université Joseph-Fourier de Grenoble, Rev. Franç. Géotech. N° 54,
pp. 27-37.
 I. SHAHROUR, A. KASDI, N. ABRIAK (1995), Utilisation de l'essai
pressiométrique pour la détermination des propriétés mécaniques des sables obéissant
au critère de Mohr-Coulomb avec une règle d'écoulement non associée, Rev. Franç.
Géotech. N° 73, pp. 27-33.
 Vincenzo De GENNARO, Roger FRANK (2005), Modélisation de l’interaction sol-
pieu par la méthode des éléments finis, bulletin des laboratoires des ponts et
chaussées, réf. 4552, pp. 107-133.
 B. BAYLAC S. MASSON J. MARTINEZ (2003), Étude du comportement de
l'interface sol-inclusion par simulation aux éléments distincts d'essais de cisaillement
direct, INSA Rennes, Rev. Franç. Géotech. N° 104, pp. 61-72
 Alain BERNARD, Laurent PEYRAS, Paul ROYET (2016), L’essai de cisaillement à
la grande boîte de Casagrande : un banc expérimental pour évaluer les propriétés
des sols grossiers et pour d’autres applications en géomécanique, IRSTEA, Rev. Fr.
Géotech. 2016, 146, 4., 21p.
Notes de cours
 Denis BRANQUE (2013), Comportement mécanique des sols, Mastère spécialisé
Tunnels et Ouvrages Souterrains, INSA de Lyon-ENTPE, Lyon, France, 30p.
Rapports scientifiques
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France, 31p.
Sites Internet
 Dilatance (2020), https://fr.wikipedia.org/wiki/Dilatance (Consultation le 05 aout
2020)
 Module de Young (2020), https://fr.wikipedia.org/wiki/Module_de_Young
(Consultation le 05 aout 2020)
 Coefficient de Poisson (2020), https://fr.wikipedia.org/wiki/Coefficient_de_Poisson
(Consultation le 05 aout 2020)
 Essai triaxial (2020), https://fr.wikipedia.org/wiki/Essai triaxial, (consultation de 07
aout 2020)
Thèses et mémoires
 Yu-Lin Lee (1994), Prise en compte des non-linéarités de comportement des sols et
des roches dans la modélisation du creusement d’un tunnel, Thèse présentée pour
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l'obtention du grade de Docteur de l'École Nationale des Ponts et Chaussées, France,
335p.
 Sophie COQUILLAY (2005), Prise en compte de la non linéarité du comportement
des sols soumis à de petites déformations pour le calcul des ouvrages géotechniques,
Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur de l'École Nationale des Ponts et
Chaussées, France, 249p
 DJAAFAR (2016), Étude expérimentale et numérique de l’interface sol-structure sous
charge cyclique, Mémoire de fin d’études d’ingénieur, Université Mohamed Boudiaf -
M’sila, Algérie, 158p.
 Miad SABERI (2017), Développement et implémentation d'un nouveau modèle
constitutif d'interface avancé pour l'application dans les problèmes d'interaction sol-
structure ; Thèse de doctorat en génie civil; Université Laval, Canada, 303p.

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ANNEXES

Figure 28. Bilan des essais effectués au Laboratoire et de leurs conditions de réalisation

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