Vous êtes sur la page 1sur 8

____________________________________

Les infections transmissibles par le sang :

Lignes directrices
à 
l’
int
ent
ion 
des inhalothérapeutes

Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec

OCTOBRE 2005

___________________________________
Table des matières

1. Préambule ......................................................................................................... 1

2. Actes ou situations propices à la t


rans
mis
sion 
d’i
nfec
ti
ons
 hémat
ogènes.
..
..
..
..2 

3. Devoirs et obligations déontol


ogi
ques 
de 
l’
i
nhalothérapeute

relativement aux infections hématogènes ........................................................ 3

4. Énoncé de position ........................................................................................... 5

5.
  Ser
vice 
d’éval
uat
ion 
des 
ri
sques 
de 
tr
ansmi
ssi
on 
d’i
nfect
ions 
hémat
ogènes 
..
.6 
1. Préambule

Les maladies transmissibles par le sang, ou infections hématogènes, ont toujours


suscité de vives inquiétudes et des questionnements tant au sein de la population que
du personnel soignant. La nécessité de développer des habitudes de prestation de soins
plus sécuritaires et de favoriser des mesures  de préventi
on  de  ces  
infecti
ons  s’
est 
fait 
davantage sentir à la suite de la découverte du virus de l ’
immunodéf i
cienc e humaine 
(VIH) au début des années 80. La médiatisation du cas de quelques professionnels de
la santé infectés du virus du VIH ayant continué à exercer leur profession, a également
contribué à placer les infections transmissibl es par  le sang à l ’avant­scène des 
préoccupations publiques.

À cet effet, le 7 juillet 2004, le ministre de la Santé et des Services sociaux confiait à
l’
Ins t
itut
 nat ional de s ant
é publ ique du Québec, le mandat de créer un programme
d’éval uati
on af i
n de pr éveni r la tr ansmis si
on d’infections hématogènes dans la
prestation des soins de sant é. C’est ainsi 
que  l
e Ser vi
ce  d’éval
uat i
on  des ri
sques  de 
transmi ssion d’ inf ect i
ons hémat ogènes,  destinés aux  soi
gnant s porteurs d’ une 
infection transmissible par le sang, a vu le jour. Ce service, dont il sera question plus
loin dans ce document, vise à soutenir les professionnels de la santé infectés dont la
pratique présente des risques de transmission de  l’
inf
ection à un patient r
ecevant  ses 
soins.

À l ’
inst
ar  de tous les profes sionnels de l a s anté, l
es  inhalothér
apeutes doivent se
préoccuper non seulement de se protéger contre les infections transmissibles par le
s ang mai s aussi d’assurer la protec t
ion des gens qu’ i
ls soignent
 cont re l
es risques 
d’ i
nfect
ion dont i
ls 
peuv ent être porteurs. En raison de la nature même de leur pratique,
les inhalothérapeutes peuvent contribuer par leurs interventions, à la transmission de
ces maladies.

Ayant pour mandat la protection du publi


c, 
l’
Ordre 
professionnel des inhalothérapeutes
du Québec (OPIQ) a donc élaboré ce document  à 
l’i
ntenti
on de  ses membr es, 
dans  l

but de leur fournir des moyens afin de minimiser le risque de transmission des
i
nfecti
ons. Ces  
lignes directr
ic es
  s’
i
ns pi
rent
 de cel
les qu’ont adoptées  le Coll
ège des  
médec ins,
 l
’Ordre des i
nfirmières et 
inf
irmier
s du 
Québec  ainsi
 que  l

Or dre des denti
stes 
du Québec.

1
2. Actes ou situations propices à la transmi
ssi
on 
d’i
nfect
ions 
hémat
ogènes

  De  faç
on générale, 
pour  qu’
i

y ait
 t
rans missi
on  entre 
deux  personnes  d’un agent  
pathogène transmissible par le sang, quatre conditions doivent être obligatoirement
présentes :

1.
 une 
per
sonne 
inf
ect
ée;
 

2.
 une 
inf
ect
ion 
pendant
 l
a phase 
où 
l’
agent infectieux est transmissible;

c
3. une personne réceptive, ’
est
­à­
dir
e non 
inf
ect
ée 
ou 
non 
immuni
sée;
 

4. un contact entre le sang de la personne infectée et le sang ou une muqueuse de


la personne réceptive.

  L’ identi
fi
cation  spéc i
f
ique  des  activi
tés à  ri
sque  varie d’un  domai ne de  pr ati
que  à 
l’autr
e. Tout ef
ois, 
af i
n de faciliter la gestion du risque inhérent aux activités propices à la
transmission des infections, Santé Canada propose une définition qui fait consensus et
que  l’
on  ret
rouve dans  tous les  document s émi s sur le sujet. Selon cette définition, sont
particulièrement à risque les interventions qui comportent :

1. la palpation avec le doigt de  l


a pointe d’une aiguille dans une cavité du corps
(es pace c reux à l
’i
ntérieur du  corps ou  d’
un de ses or ganes) ou  la pr
ésence 
simultanée des doigts du travailleur de la santé et  d’une ai
guil
le ou  d’
un autre 
instrument ou objet pointu ou tranchant, dans une zone du corps cachée ou très
exiguë, par exemple, durant les chirurgies abdominales, cardiothoraciques,
v aginal
es  ou or
thopédiques  l
our des; 

2.
 la 
répar
ati
on 
d’i
mportants traumatismes;

3. une section important e ou 


l’
abl
ati
on 
de 
tout
 t
issu 
buccal ou péribuccal, y compris
des structures dentaires.

  À t i
tre d’exemple, parmi  l
es ac t
ivi
tés exercées par les inhalothérapeutes, les
activités suivantes doivent être considérées comme particulièrement propices à la
t
rans mission d’
infect
ions hémat ogènes : 

1.
 les 
act
ivi
tés 
li
ées 
à l

assi
stance 
anest
hési
que;
 

2.
 ef
fect
uer
 des 
prél
èvement
s; 

3.
 ef
fect
uer
 des 
épr
euves 
de 
la 
fonct
ion 
car
dior
espi
rat
oir
e; 

2
4. introduire un instrument dans une veine périphérique ou dans une ouverture
artificielle ou dans et au-delà du pharynx ou au-delà du vestibule nasal.

Les autorités de santé publique qui ont émis des directives sur le sujet, font
cons ensus  sur l’énoncé que l es v i
rus peuv entêtre transmis par tout acte de soin
eff
ect ué à 
l’ai
de ou  en 
prés ence d’
un  objet
 coupant  
ou 
lor
sque les muqueuses du soigné
entre en contact avec un instrument ou un produit.

  I l ex i
ste deux  types  d’exposit
ions aux sang et aux liquides organiques :
l
’expositi
on percut
anée  à  du sang contaminé 
lorsqu’
il 
y  a  br
is de peau  et
 l
’ex
posit
ion 
muc o­cut
ané dans  l
es cas  d’
éclaboussure 
ou de contact direct avec une muqueuse ou
avec une peau non saine.

  Sel on  qu’i


l
 s’agi sse des  vir
us  des  hépati
tes B (VHB) ou C (VHC), ou encore du
v i
rus de l’
immunodéf icience humai ne (VIH), 
le niveau de risque de transmission de ces
v i
rus v ari
e d’ un agent  à l ’
aut re. Dans son document intitulé « Le médecin et les
infections transmissibles par le sang », le Collège des médecins énumère une série de
fac t
eur s 
sus cepti
bles  
d’infl
uer  sur le niveau de risque de la t
ransmis sion.
 Ainsi,
 l
’on doit 
prendre en considération dans  l’
év aluat i
on d’
un risque les f
ac t
eurs 
s uivant
s  

 l
es 
car
act
éri
st
iques
 de 
l
’agent
 i
nfec
ti
eux
; 

la nature des activités effectuées, surtout


 cel
l
es 
propi
ces 
à l
a t
ransmi
ssi
on;
 

 l

état
 de 
sant
é du 
prof
ess
ionnel
 
de 
la 
sant
é ou 
du 
soi
gné;
 

 l
a nat
ure 
de 
l
’ac
cident
 de 
soi
ns;
 

la réceptivité du professionnel ou du soigné.

3. Devoirs et obligations déontologiques relatifs aux infections hématogènes

L’OPI Q di spose de di ff


érent
s moyens af i
n de remplir son mandat de protection du
public. Il se doit notamment de veiller au maintien des compétences de ses membres,
de s’assur er 
que  leur 
état
 de 
santé  est compat i
ble avec l’
exer
cice de la profession et au
respect des normes déontologiques.

Dans  un pr emier t


emps ,
 l’
art
icle 54 du  Code des professions énonce clairement que
« Tout professionnel doit
 s’
abs tenir
 d’
ex erc er
 sa prof ess ion ou de poser certains actes
professionnels dans la mesure où son état de santé y fait obstacle. »

3
L’
inhalot
hérapeute est également  
tenu de connaître et de se conformer aux dispositions
du Code de déontologie des inhalothérapeutes du Québec. Certaines dispositions sont
part
iculi
èrement explicit
es quant  à l ’
obli
gation pour  l’
inhalot hér apeut
e at
tei
nt d’ une 
i
nfecti
on hématogène,  de s
’as sur
er que sa pratique est sécuritaire.

Art.
 4  L’ i
nhalot hérapeute doit exercer sa profession selon les normes les plus élevées
et à cette fin, il doit tenir à jour et perfectionner ses connaissances et habilités.
L’i
nhalothér apeut e doi t
 de plus chercher constamment à améliorer ses attitudes et, au
besoin, à les corriger.

Art.
 8  L’ inhal
othér apeute doi

s’abst
eni r d’
exercer  sa profession dans un état ou des
conditions susceptibles de compromettre la qualité de ses services ou la dignité de la
profession.

Art
. 11  Si le bi
en du cl
i
ent l

ex i
ge,
 l’
inhalothér
apeut
e doi
t
 consul
t
er un membre de 
l
’Ordre ou  un membre d’
un 
autre or
dre professi
onnel

ou l
e di
ri
ger
 vers 
l’
une 
de ces 
personnes.

Art.
20 L’ inhalothérapeut e, dans l

exer
cice de sa prof
ession, engage pleinement sa
responsabilité civile. Il lui est donc i
nterdi
t d’
i
nsérer dans un cont rat de ser vi
ces 
professionnels, une clause excluant directement ou indirectement, en totalité ou en
partie, cette responsabilité.

Par ailleurs, dans la foulée de son obligation prévue au Règlement sur la formation
c ont
inue  obligat
oir
e  des  membr es de l
’Or dre professionnel des inhalothérapeutes du
Québec,  de teni

à jour ses connais
s ances, l’
inhalot
hérapeut e doi
t se 
rens ei
gner sur l
es 
risques de transmission des infections hématogènes ainsi que sur les mesures de
prévention recommandées.

De plus, le Règlement sur les dossiers, les autres effets, les cabinets et la cessation
d’exer cice des membr es de l ’
Or dre pr ofessionnel des inhalothérapeutes du Québec
traite spécifiquement de prévention des infections :

Art. 7  Af i
n d’
as surer constamment   l
eur  
parfait fonctionnement, l’
inhal
othérapeute doi

veiller à ce que tous les appareils et les équipement s  qu’
i
l uti
li
se, 
soient
  ent
retenus en 
conformité avec un programme de contrôle  de la  qualit
é de l’
équipement tenant compte 
notamment des normes scientifiques généralement reconnues.

Ar
t. 
9  L’ i
nhalothérapeut e doit util
i
ser des mét
hodes
 ef
fi
cac
es d’
asept
i
sat
i
on du 
matériel, des appareils et des équipements.

4
4. Énoncé de position

En v er
tu de s es  dev oirs déont ologiques,
 l’
i
nhal
othér
apeut
e es
t t
enu de r
espec
ter
 
certaines obligations en telles circonstances.

  L’ inhal
othérapeut
e se doi
t
 d’
appl
iquer
  l
es mesures
 d’
aseps
ie 
et 
de 
stér
il
is
ati
on 
r
econnues af
in 
d’évi
ter
 l
a t
ransmi
ssi
on 
des i
nfect
ions
.  

L’appl i
cation des pr écauti
onsde base appropriées pour prévenir la transmission des
infections, en fonction des procédures effectuées, tel que le port de gants, doit être
appliqué de façon rigoureuse, de façon à réduire au minimum les risques de contact du
soigné avec le sang du soignant. Nous vous rappelons que les précautions universelles
de prévention des infections propres à la pratique des inhalothérapeutes, font déjà
l’
objet  de normes de pratique du c omi t
é d’i
nspec t
ion profes si
onnelle inti
tulées  
« Prévention de la transmission des infections ».

Santé Canada rappelle que la protection que procurent les gants peut faire défaut dans
certaines situations notamment, lorsque le soignant travaille avec des objets tranchants
peu  vi
sibl
es.  Sa  capacit
é de 
se rendr e 
compt e du f
ai t 
que  ses  gants 
sont per cés et 
qu’il 
saigne diminue alors.

  L’ i
nhal ot
hér apeute ex posé aux infections transmissibles par le sang se doit
également de prendre tous les moyens raisonnables pour connaître son état de santé. Il
se doit de t
eni r 
c ompt e 
des  r
isques  d’expositi
on  qu’i
l
 encour t 
dans 
sapratique et après
toute exposition, se soumettre aux tests appropriés de dépistage.

  L’ i
nhal othérapeut e qui se s ait
 port
eur  d’
une  i
nfecti
on transmissible par le sang et
qui continue à exercer sa professi on, se doi t d’
être suivi
 régulièrement par un médecin
doi
et recevoir les soins que requiert son état. Il  t
 s’assurer, 
en faisant
 évaluer les  
risques 
l
iés  à sa pr ati
que  prof
es sionnelle, qu’i

ex er ce sa profession de façon sécuritaire, dans
son intérêt et dans celui des soignés.

  L’ i
nhalothér apeut e doitfaire évaluer initialement et périodiquement sa pratique
professionnelle par le comité d’
exper t 
désigné  par  
le 
Service d’
éval uati
on des risques de 
transmis si
on d’infections  
hémat ogènes  dans  
la  pres t
ati
on des soins de santé de l’
Inst
it
ut 
national de santé publique du Québec (SERTIH),  s’
i
l es
t i
nfecté et qu’
il
 pos e des  ac
tes 
d’inhal
ot hérapie propi ces à l
atransmission. Il doit se conformer aux recommandations
formulées par ce comité.

5
5. Ser
vice 
d’éval
uat
ion 
des r
isques 
de 
transmi
ssi
on d’
inf
ect
ions hémat
ogènes 
(SERTIH)

  Ce  s er
vic e 
s’adr es se 
aux  
pr of
es s
ionnel sde la santé des établissements publics
ou privés impliqués dans la prestation de soins de santé au Québec et qui effectuent
des actes propices à la transmission dans le cadre de leur pratique.

Il vise donc les soignants infectés par le v irus de l’


hépati
te B ( VHB) ,
 le v i
rus  de 
l’hépat i
te C (
VHC)  ou le 
v ir
us  
de  l’
immunodéficience humaine (VIH), qui pratiquent des
activités comprises dans la définition d’
act
es 
pr opice 
à l
a t
ransmi ssi
on.

Le service permet aux personnes éligibles,  d’


obteni r 
un  avi
s  sur le pot ent
iel
 de 
transmettre leur infection hématogène à un usager dans le cadre de leur travail.

Le comité d’exper t
s est f ormé  d’
au moins un médeci
n microbiologiste-infectiologue,
d’
un médeci n exper t
 en sant é publique 
et d’
un pr
ofessi
onnel
 qui exerce dans le même
domaine que le soignant infecté.

Le comité a pour mandat :

 d’éval
uer le ri
sque de transmi
ssi
on d’
i
nfec
ti
ons hémat
ogènes en fonction de
l
’état 
de santé  du s
oignant 
inf
ect
é et
 de l
a nat
ure 
des ac
ti
vi
tés qu’i
l pos e 
et 
d’émettr
e un avis;

 d’
émet tr
e,  s
’i
l y
 a l
i
eu,
 des
 recommandations portant sur la pratique du
soignant;

 d’émet tr
e, 
s’il
 y a li
eu,  
des  d’
recommandations  or
dre 
cli
ni
que 
ayant
 pour
 obj
et 
le suivi médical du soignant.

Lorsque le comité émet des recommandations sur la pratique du professionnel, le


Ser
vice 
en infor
me  l
’or
dre 
professionnel
 
conc
er né qui
 doit 
s’assur er
 de 
leur application.

Ce service est disponible sur une base volontaire et confidentielle.

Pour de plus amples informations sur le service, vous pouvez consulter le site Web de
l’I
nsti
tut
 nat i
onal de  santé 
publ i
que  du  Québec ,
 à l’
adresse www.inspq.qc.ca. Vous y
trouverez la description du service ainsi que des act
es  pr
opices 
à la transmi ssion;
 l
es 
mécanismes de prise en charge, dont  le cheminement d’une demande.