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GEO 651 : Grands problèmes contemporains en géographie économique

Objectif : À la fin de ce cours, l’étudiant doit être en mesure de :


- Établir la relation entre la géographie et l’économie
- Identifier les problèmes que rencontrent les États pour leur développement
- Localiser les zones géographiques en fonction de leur situation économique

Plan du cours.
Introduction générale
Chapitre 1 : Croissance
Chapitre 2 : Chômage
Chapitre 3 : Inflation

Introduction générale :

La géographie économique se situe à l’intersection de deux disciplines (la géographie et


l’économie), qui toutes deux ont évolué au gré des courants de pensée, conduisant à nombre de
définitions et de sous-disciplines souvent remises en cause.

Une discipline se définit par le point de vue selon lequel elle analyse les objets ; les points de
vue se complètent donc, et plusieurs disciplines peuvent étudier un même objet. La géographie
privilégie l’organisation de l’espace, dont l’expression visible est le paysage. À partir des
questions du géographe, il tentera de fournir des analyses utiles pour expliquer les composantes
physiques et humaines, visibles et invisibles, de l’espace. Le document de synthèse privilégié
est la carte, mais d’autres outils spécifiques accompagnent la démarche géographique, dont les
nombreuses formes de modèles qualitatifs et quantitatifs. La géographie cherche à comprendre
le monde dans toutes ses complexités physiques et humaines, via les localisations, leurs
interactions et leurs évolutions spatio-temporelles.

L’objet particulier de la géographie économique est la localisation de l’ensemble des activités


associées à la production et à la consommation de biens et de services, et aux échanges qu’elles
génèrent. Où sont les ressources et comment sont-elles utilisées ? Où sont les lieux de
production, les emplois, firmes, ménages, infrastructures et équipements, et pourquoi là ?
Quelles interactions existent entre les localisations (flux visibles et invisibles) ? Quel lien entre
activités et échanges, entre environnement physique, humain, social et/ou politique ? La
géographie économique tente d’expliquer l’inégale répartition des richesses et leur circulation
en s’appuyant sur des facteurs économiques, environnementaux, historiques, sociaux,
politiques, en prenant en compte différentes échelles spatiales (monde, continent, pays, région,
ville, quartier).

Dans le cadre de ce cours, nous abordons des thématiques clés à la science économique, mais
donc la géographie utilise régulièrement les concepts pour mener ses études d’analyse spatiale.
Chapitre 1 : La croissance

I. Qu’est-ce que la croissance ?


1- Définition
Selon François Perroux, la croissance économique correspond à « l’augmentation soutenue
pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de dimension, pour une nation, le
produit global net en termes réels ». Pour rendre compte du changement de dimension d’une
économie, on a très souvent recours à des agrégats permettant de mesurer l’évolution de
l’ensemble des productions tels que le PIB (Produit Intérieur Brut).
La croissance est généralement assimilée au taux de variation du produit intérieur brut PIB),
plus précisément la variation relative du PIB en volume d’une année sur l’autre.

2- Quelques précisions de vocabulaire


- La croissance économique ne veut pas dire forcément amélioration du bien-être, la croissance
peut en effet s’accompagner d’un creusement des inégalités (exemple des Trente glorieuses).
- La croissance ne veut pas dire non plus économie saine, une croissance forte entraîne
généralement un regain d’inflation (une hausse des prix), elle peut également se traduire par
une hausse des importations et un déséquilibre de la balance commerciale (exemple d’un plan
de relance).
- Quand l’augmentation de richesses enregistrée par le PIB est de courte durée (quelques
trimestres), les économistes préfèrent parler d’expansion (phase d’un cycle).
- Quand l’augmentation de richesses provient d’une simple hausse quantitative des facteurs de
production (capital, travail), on parle de croissance extensive; quand cette augmentation de
richesses a pour origine une meilleure organisation du travail (exemple du taylorisme, du
fordisme ou du toyotisme), on parle de croissance intensive.
Il est généralement admis que les politiques macroéconomiques visent à rapprocher le niveau
réel de l’activité de ce que l’on pourrait appeler le niveau normal du PIB. L’écart relatif (Output
Gap) entre le PIB observé et le PIB normal permet de mesurer la distance qui sépare
temporairement une économie de ce niveau de référence. Pour mesurer le PIB normal, on
détermine le niveau d’activité maximal compatible avec la stabilité du rythme de l’inflation. Il
s’agit de la croissance potentielle.
- Les économistes parlent encore de croissance autocentrée lorsqu’elle repose sur des
dynamiques internes (rôle de la consommation des ménages) et de croissance extravertie
lorsqu’elle découle de l’ouverture de l’économie (les exportations allemandes représentent 47%
du PIB).
3- La croissance équilibrée
Les économistes parlent généralement de croissance équilibrée, c’est-à-dire d’une croissance
telle que le taux d’accroissement de l’offre soit égal à celui de la demande sur le marché des
biens et services. Les forces du marché seraient ainsi autorégulées, dès qu’une hausse des prix
apparaît, la demande diminue, et l’offre s’ajuste. Une croissance équilibrée satisfait les
conditions du carré magique : création d’emplois, faible niveau d’inflation, budget et balance
commerciale équilibrés.
II. Comment expliquer la croissance ?
Depuis plus de deux siècles, les économistes s’interrogent sur les causes de la croissance

A. Les théories de la croissance

1. Les précurseurs
Adam Smith (1776, Recherches sur la nature et les causes de la Richesse des Nations), met
en évidence le rôle de la division du travail (surplus, marché, gains de productivité) comme
facteur de croissance. Cette division du travail se trouve renforcée par la participation du pays
au commerce international (théorie des avantages absolus). L’optimisme de Smith apparaît à
travers les traits d’une croissance illimitée (elle dure tant que l’on peut étendre la division du
travail et le marché).
Robert Malthus (1798, Essai sur le principe de population) considère que la croissance est
limitée en raison de la démographie galopante. Il attribue la misère en Angleterre au décalage
entre deux lois : la loi de progression arithmétique des subsistances et la loi de progression
géométrique. La sortie de cet état passe par la mortalité, la baisse de la natalité et le célibat.
David Ricardo (1817, Des principes de l’économie politique et de l’impôt), souligne que la
croissance est limitée par la loi des rendements décroissants. La valeur ajoutée se répartit entre
trois agents : les propriétaires fonciers (rente foncière), salariés (salaire de subsistance) et le
capitaliste (profit). Précisons que le profit des capitalistes est résiduel, c’est-à-dire qu’il
intervient une fois le salaire et la rente foncière payés. Lorsque la population s’accroît, il
convient d’augmenter la production agricole, or les nouvelles terres mises en culture sont de
moins en moins productives.
Le coût de production va donc s’élever, entraînant inévitablement la hausse des salaires et de
la rente foncière. Les profits vont se réduire jusqu’au moment les capitalistes ne seront plus
incités à investir. L’économie atteint la situation d’état stationnaire. Afin de retarder cette
situation, Ricardo préconise d’augmenter les gains de productivité dans l’agriculture grâce au
progrès technique et de s’ouvrir au commerce international (théorie des avantages comparatifs).
Karl Marx (1867, Le Capital) a été le premier économiste à proposer un modèle formel de
croissance, à l’aide de ses schémas de reproduction élargie. Il considère que la croissance est
limitée dans le mode de production capitaliste en raison de la baisse tendancielle des taux de
profit. En effet, la recherche d’une plus-value toujours plus importante (notamment grâce à des
salaires bas, que Marx appelle, Minimum de Subsistance) et la concurrence entre capitalistes
devraient provoquer une paupérisation des ouvriers et un blocage dans le développement du
système capitaliste (crise).
Joseph Schumpeter (1942, Capitalisme, Socialisme et démocratie) fait du progrès industriel
la clé du changement. : « L’impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la
machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de la consommation, les nouvelles
méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types
d’organisation industrielle – tous éléments créés par l’initiative capitaliste ». En d’autres
termes, le progrès industriel est porté par des innovateurs qui cherchent à emporter le gros lot
(Schumpeter compare le jeu des affaires au poker).
L’analyse schumpeterienne est intéressante car elle ne repose pas seulement sur le progrès
technique, sur l’évolution des connaissances ou les grandes inventions (avec le cycle des
révolutions industrielles successives). Schumpeter y ajoute un héro – le chef d’entreprise qui
prend le risque de lancer un nouveau produit ou une nouvelle façon de produire, et une structure
(la concurrence monopolistique) qui assure à celui qui a réussi son pari d’en percevoir une
rétribution financière. Mais attention, il y aura peu d’élus pour beaucoup d’appelés. La «
Destruction – créatrice » laissera certains derrière elle, cependant elle finira par être bénéfique
pour tous. Le système tout entier produira plus de richesse

2. Les postkeynésiens
A la suite de la crise de 1929, de nombreux économistes inspirés par les travaux de J.M Keynes,
vont s’interroger sur les possibilités d’une croissance équilibrée. Les modèles de Domar et
Harrod vont chercher à rendre compte des conditions et caractéristiques essentielles de
l’équilibre d’une économie capitaliste en croissance.
Le point de départ de Domar est de considérer que l’investissement exerce une double influence
sur l’économie. Dans un premier temps, il s’agit de l’effet revenu. A court terme,
l’investissement constitue une demande supplémentaire et entraîne une hausse des revenus via
le principe du multiplicateur.
Dans un second temps, il s’agit de l’effet capacité. A long terme, l’investissement doit
engendrer une stimulation de la capacité de production, via le principe de l’accélérateur.
Pour qu’il y ait croissance équilibrée, il faut que les revenus supplémentaires engendrés par
l’effet multiplicateur permettent d’absorber la production supplémentaire obtenue. En d’autres
termes, l’effet de revenu doit être égal à l’effet de capacité.

3. Le modèle néoclassique de Solow (1956)


Robert Solow (Prix Nobel en 1987) attribue l’origine de la croissance par tête au montant de
capital technique investi (machines, équipements, logiciels, infrastructures…). Lorsque
l’investissement par tête dépasse le montant de la dépréciation du capital par tête existant,
chaque travailleur dispose d’un équipement plus performant et peut produire davantage.
Toutefois, lorsqu’on augmente le capital par tête, la production augmente, mais pas de façon
proportionnelle (c’est le principe des rendements décroissants). Ainsi à force d’augmenter le
capital par tête, va venir un moment où la production par tête augmentera moins vite que cela
ne coûte. La croissance par tête va cesser, c’est que Solow appelle l’état régulier.

4. Le rapport Meadows (1972) et l’approche systémique


Le Club de Rome a demandé en août 1970 au Groupe d’étude de dynamique des systèmes du
MIT d’entreprendre l’étude des tendances d’un certain nombre de facteurs qui déréglaient la
société. Ce groupe a ainsi cherché à définir les limites matérielles qui s’opposent à la
multiplication des hommes et les contraintes résultant de leurs activités sur la planète. Afin
d’obtenir une évaluation générale de la situation du monde, une méthode analytique mise au
point par J.WForrester (1971), la dynamique des systèmes, fût utilisée. Cette méthode met en
évidence les nombreuses relations entre éléments, formant des boucles avec couplage, et pour
certaines à effets décalés dans le temps. L’objectif principal du MIT était ainsi la
reconnaissance dans un contexte mondial des interdépendances et interactions de 5 facteurs
critiques : explosion démographique, production alimentaire, industrialisation, épuisement des
ressources naturelles et pollution.
Pour les auteurs du rapport, le système global tendrait inéluctablement vers une surchauffe
suivie d’un effondrement. Les causes de cet effondrement seraient au nombre de trois : la
disparition de matières premières, la pollution et la pression démographique sur la
nourriture.

5. La théorie de la croissance endogène


Pour les tenants de la théorie de la croissance endogène, le progrès technique ne tombe pas du
ciel. La croissance est ainsi assimilée à un phénomène autoentretenu par accumulation de quatre
facteurs principaux : la technologie, le capital physique, le capital humain et le capital public.

III- La situation de la croissance économique en Afrique


Les pays d'Afrique subsaharienne ont affiché des résultats économiques décevants dans les
années 80 et au début des années 90, la plus grande partie de la région se montrant incapable
de rompre avec un scénario de croissance faible (voire de recul) du revenu par habitant, de forte
inflation et de difficultés de balance des paiements. Entre 1995 et 1997, toutefois, les
performances se sont améliorées et le revenu réel par habitant a commencé à progresser. Si le
redressement des termes de l'échange y a aussi contribué, cette embellie a été possible avant
tout parce que de nombreux pays se sont engagés à mener une politique macroéconomique
saine, à s'ouvrir davantage sur l'extérieur, à mieux gérer leur économie et à relever le formidable
défi économique et social lancé à l'ensemble de la région. Là où les autorités ont tenu ce cap, la
croissance s'est accélérée et la pauvreté a reculé. Souvent, cette nouvelle politique a été adoptée
dans le cadre de programmes à moyen terme appuyés par le FMI et la Banque mondiale.

En dépit des progrès récents, la croissance reste fragile, les niveaux de vie sont toujours très bas
et la pauvreté est endémique. Les indicateurs d'éducation et de santé demeurent médiocres et,
dans certains pays, le rythme des créations d'emplois ne parvient pas à suivre celui de la
population active. Les économies restent à la merci des aléas climatiques (sécheresse,
inondations) et sont toujours fortement tributaires des aides extérieures concessionnelles. La
région n'a pas été capable de tirer pleinement profit du processus de mondialisation. L'idée d'un
engagement plus actif de la communauté internationale se heurte, dans la plupart de ces pays,
à une série d'obstacles : l'insuffisance des infrastructures et les carences de l'administration
fiscale et du recouvrement de l'impôt; des politiques fiscales et d'investissement soumises
davantage au bon vouloir de quelques fonctionnaires qu'à des règles transparentes; l'accès limité
aux technologies de l'information; le manque d'équipements de communication; l'état encore
embryonnaire des services financiers et la faiblesse de l'appareil judiciaire. Enfin, plusieurs
conflits armés assombrissent les perspectives économiques de la région et, dans de nombreux
pays, la propagation du SIDA/VIH abaisse la productivité de la main-d'œuvre et les conditions
de façon alarmante.
Ce survol de la situation régionale trace les grandes lignes des politiques susceptibles
d'améliorer les chances d'accélération durable de la croissance et de recul de la pauvreté en
Afrique subsaharienne. Il est essentiel, en effet, que la croissance s'accélère durablement si l'on
veut relever les niveaux de vie et réduire la pauvreté, car la faiblesse du revenu par habitant est
telle dans la région que la redistribution ne modifiera guère, à elle seule, la situation de pauvreté
actuelle. Outre la stabilité macroéconomique, sur laquelle il leur faut continuer à mettre l'accent
(en menant des politiques budgétaire, monétaire et de change appropriées) et les réformes
structurelles destinées à améliorer l'efficience des marchés, les pays de la région ont trois défis
majeurs à relever. Ils doivent :

Concevoir et mettre en œuvre des stratégies globales de nature à accélérer la croissance et à


réduire la pauvreté, tout en s'assurant qu'elles bénéficient, dans le public, du large soutien sans
lequel elles ne pourront être appliquées durablement. Cela passe par une plus grande
participation de la société civile, qui doit être consultée sur la teneur des programmes, et par
une utilisation plus efficace des ressources du secteur public pour réduire la pauvreté.

Améliorer la gouvernance, assurer la primauté du droit, encourager l'ouverture et la


transparence de l'État, réduire les possibilités de corruption et instaurer un climat plus propice
à l'investissement et à la production dans le secteur privé. Cela permettra à ces pays d'améliorer
leur productivité et leur compétitivité et de mieux tirer parti de la mondialisation de l'économie.

Consolider la situation des paiements extérieurs. L'allégement de la dette à l'appui de


programmes de lutte contre la pauvreté a un rôle important à jouer à cet égard, en particulier
dans les pays pauvres très endettés (PPTE).
Chapitre 2 : Le chômage

Introduction

Chômeur : personne sans emploi, disponible pour travailler et recherchant un emploi.


Pour être qualifié de chômeur, le BIT (Bureau international du travail) considère qu’une
personne doit simultanément répondre aux trois critères suivants :
(1) ne pas avoir travaillé ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de référence ciblée
au moment où les enquêtés ont été interrogés (autrement dit, être dépourvu d’emploi) ;
(2) être disponible dans un délai de deux semaines pour occuper un emploi ;
(3) avoir entrepris des démarches spécifiques pour trouver un emploi au cours des quatre
semaines précédant la semaine de référence.
Définition du BIT : être sans travail (une personne qui fait quelques heures par mois est
considérée au travail), être disponible pour travailler, rechercher effectivement un emploi.
Taux de chômage = 𝑐ℎô𝑚𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑎𝑢 𝑠𝑒𝑛𝑠 𝑑𝑢 𝐵𝐼𝑇/𝑝𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒
Il y a des cas particuliers : personnes qui recherchent un emploi sans être disponible, personne
disponible mais qui n’effectue pas de démarches, ceux qui sont inactifs mais ne font pas de
recherche.
Les catégories sont floues : chômeurs, pré-retraités, stagiaires ou en formation, apprentissage,
temps partiel, intérim. CDD et CDI.

I- Définitions

Marché du travail : marché qui met en relation les personnes qui offrent leur travail et les
entreprises qui proposent une activité.
Offre de travail : ensemble des personnes qui proposent une activité.
Demande de travail : ensemble des emplois proposés dans une économie.
Confrontation de l’offre et de la demande permet de déterminer deux grandeurs : le salaire et le
niveau d’emploi.
Qu'est ce qui cause le chômage ? Un manque de demande ou des salaires et des charges trop
élevés ?
Chômage de longue durée : demandeurs d’emploi de plus de 12 mois consécutifs.
Chômage conjoncturel : chômage résultant d’un ralentissement de l’activité économique.
Chômage structurel : chômage lié aux déséquilibres structurels de l’économie (inadaptation
des qualifications, entreprises en déclin etc.)
Chômage technique : inactivité forcée dans l’entreprise en raison de circonstances
particulières (panne, incidents, manque de client etc.)
Chômage partiel : inactivité forcée des salariés décidée par le chef d’entreprise pour réduire
la production.
Chômage frictionnel : chômage d’adaptation lié à la période entre deux emplois.
Chômage keynésien : chômage dû à une insuffisance de la demande de biens et services. Les
entreprises limitent leur production et donc leurs emplois.
Chômage classique : chômage dû à une rentabilité insuffisante de la production qui incite les
entreprises à ne pas investir.
Le chômage naturel : Le taux naturel de chômage mesure la proportion d’actifs qui ne trouvent
pas d’emplois dans les conditions normales de fonctionnement du système d’emploi. (ce
chômage naturel est d’autant plus élevé que le marché du travail est plus rigide). Il existerait
ainsi dans tout système économique, un taux de chômage plancher contre lequel aucune
politique économique n’est durablement capable d’agir. Une réduction temporaire du taux de
chômage, en deçà du taux naturel, ne peut être obtenue qu’au prix d’un taux d’inflation croissant
(Milton Friedman).
Le chômage frictionnel : Lorsqu’un travailleur cherche un emploi, à sa sortie du système
éducatif, à la suite d’une démission ou d’un licenciement, il reste un certain temps au chômage
avant de trouver ou de choisir un emploi. Le chômage frictionnel est donc le fait qu’il existe un
décalage entre le moment où l’entreprise cherche à embaucher et l’embauche du travailleur.
Le chômage technologique : L’accélération des mutations technologiques contribue à faire
évoluer les demandes de qualification, la nature des postes de travail et le volume d’emplois
nécessaire. Le chômage résulte parfois d’une inadéquation ou d’une inadaptation entre les
emplois disponibles et les emplois souhaités, tant sur le plan qualitatif = que quantitatif. Le
chômage technologique rappelle que sous l’effet des innovations, des activités seront détruites
et des salariés licenciés.
Le chômage de segmentation : Le chômage n’est pas un phénomène homogène, le marché du
travail est donc segmenté selon les statuts, l’âge, le sexe, la qualification. Le chômage frappe
donc les individus différemment selon leur degré de vulnérabilité dans l’emploi. En France, le
chômage touche plus précisément les jeunes de moins de 25 ans, les femmes et les chômeurs
de longue durée.

II- Complexité du chômage

Les récessions (processus de réajustement et de nettoyage durant lequel les ressources sont
réallouées dans l’économie pour s’adapter à la nouvelle structure de l’économie. Par exemple,
ces travailleurs du secteur de la construction, devenus inutiles parce que la demande n’y est
plus, doivent se trouver un nouvel emploi dans une autre industrie) engendrent une
augmentation du chômage, lequel peut anéantir le niveau de vie d’un individu. Ceci étant dit,
même en période de boum économique, le chômage est toujours présent, même si c’est dans
une moindre mesure que durant les récessions. Comment est-ce possible ? D’ailleurs, même
durant les récessions, il y a de nombreuses offres d’emplois non-comblées. Pourquoi ces
occasions ne sont-elles pas saisies alors que des milliers de gens se cherchent un emploi ?
1- Taux du chômage et main d’œuvre
Le taux de chômage global d’un pays est une mesure largement utilisée de la main d’œuvre non
utilisée. Si l’on considère que l’emploi est la situation souhaitée par les personnes dans la main
d’œuvre (autrefois appelée la population active), le chômage est alors une situation non désirée.
Toutefois, un certain volant de chômage peut être nécessaire pour l’ajustement aux fluctuations
de l’économie. Il est également utile d’examiner les taux de chômage de groupes spécifiques,
définis en fonction de l’âge, du sexe, de la profession ou du secteur économique, afin
d’identifier les groupes les plus vulnérables au chômage.
Même si l’on considère le taux de chômage comme l’indicateur du marché du travail le plus
révélateur des performances générales du marché du travail et de l’économie dans son
ensemble, il ne faudrait pas l’interpréter comme une mesure des difficultés ou du bien-être
économiques. Lorsqu’il se fonde sur les recommandations internationales, le taux de chômage
reflète simplement le pourcentage de la main d’œuvre qui n’a pas d’emploi, mais est disponible
et cherche activement un emploi. Cet indicateur ne donne pas d’informations sur les ressources
économiques des chômeurs ni des membres de leur famille. Son utilisation devrait donc se
limiter à servir de mesure de l’utilisation de la main d’œuvre et d’indication sur l’échec à trouver
du travail.
D’autres mesures, comme les indicateurs liés au revenu, sont nécessaires pour évaluer les
difficultés économiques.
2- Taux de chômage et pauvreté
Une autre critique de la mesure agrégée du chômage est qu’elle masque les informations sur la
composition de la population des chômeurs et ne permet donc pas de voir leurs caractéristiques
en matière de niveau d’instruction, d’origine ethnique, du contexte socioéconomique, de
l’expérience professionnelle, etc. En outre, le taux de chômage ne dit rien sur le type de
chômage – s’il est cyclique et de court terme, ou structurel et de longue durée – ce qui est un
élément déterminant pour que les décideurs puissent élaborer des réponses, notamment parce
qu’on ne peut pas remédier au chômage structurel uniquement par des mesures favorisant la
demande du marché.
Paradoxalement, un taux de chômage bas peut fort bien cacher une pauvreté importante, car les
taux de chômage élevés peuvent se produire dans les pays dont le développement économique
est important et l’incidence de la pauvreté faible. Dans les pays qui ne disposent pas d’un filet
de sécurité lié à l’assurance chômage et à la protection sociale, beaucoup de personnes ne
peuvent tout simplement pas se permettre d’être au chômage, même si la solidarité familiale est
forte. Elles doivent donc survivre comme elles peuvent, en travaillant souvent dans l’économie
informelle, ou dans des emplois informels. Dans les pays où les systèmes de protection sociale
sont bien développés ou qu’il existe des plans d’épargne ou d’autres moyens de subsister, il est
plus facile pour les travailleurs de prendre leur temps pour trouver des emplois plus intéressants.
Dans de nombreux pays en développement, le problème n’est donc pas tant le chômage que
l’absence d’emplois décents et productifs, ce qui se traduit par diverses formes de sous-
utilisation de la main d’œuvre (le sous-emploi, les faibles revenus, et la faible productivité).
Le taux de chômage peut être utile dans un pays pour suivre la conjoncture économique,
lorsqu’il est disponible au moins tous les ans. Lorsque le taux est élevé, le pays peut être en
récession (ou pire), les conditions économiques peuvent être mauvaises ou le pays est d’une
façon ou d’une autre incapable de fournir des emplois aux travailleurs disponibles. L’objectif
est alors d’introduire des politiques et des mesures pour réduire l’incidence du chômage à un
niveau plus acceptable. La question de savoir quel est ou devrait être le niveau de chômage
acceptable est souvent source de vives discussions, car beaucoup considèrent qu’il existe un
point au-dessous duquel le taux de chômage déclenche une spirale inflationniste. C’est en raison
de ce compromis supposé que le taux de chômage fait l’objet d’une surveillance étroite et
continue.
L’objectif habituel des gouvernements, des employeurs et des syndicats est d’atteindre un taux
de chômage aussi faible que possible tout en étant compatible avec d’autres objectifs
économiques et sociaux comme une inflation réduite et une situation durable de la balance des
paiements. Si l’on utilise le taux de chômage pour analyser la conjoncture économique, on
s’intéresse aux variations de la mesure dans le temps. Dans ce contexte, ce n’est pas la définition
précise du chômage utilisée (qu’elle soit propre au pays ou fondée sur les recommandations
internationales) qui importe – à partir du moment où elle ne change pas - mais la régularité de
la collecte et de la diffusion des statistiques, afin que les variations de la mesure puissent être
étudiées.
Au niveau international, on utilise fréquemment le taux de chômage pour comparer les
différences entre les marchés du travail de différents pays ou de différentes régions du monde.
3- Taux de chômage et genre
On peut également utiliser les taux de chômage pour remédier aux disparités sexospécifiques
du comportement de la main d’œuvre et de la situation qui en résulte. Le taux de chômage a
souvent été plus élevé chez les femmes que chez les hommes.
Il existe de nombreuses explications à ce phénomène, mais elles sont difficiles à quantifier ; les
femmes sont plus susceptibles que les hommes de sortir du marché du travail et d’y revenir
pour des raisons familiales ; et il existe une concentration des femmes dans un nombre de
professions plus réduit que pour les hommes, si bien que les femmes peuvent avoir moins
d’opportunités d’emploi. Les autres inégalités liées au sexe à l’extérieur du marché du travail,
comme l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle, ont également un impact négatif
sur la capacité des femmes à trouver un emploi.
Conclusion
Souvent, les taux de chômage ne donnent pas à eux seuls une image complète de la situation du
marché du travail d’une économie, car ils ne donnent pas beaucoup d’informations sur les forces
qui sous-tendent les fluctuations du chômage. Les variations des taux de chômage résultent
notamment de l’impact net des flux d’entrée et de sortie du chômage. Mais les marges de ces
flux peuvent être affectées par différents facteurs qui varient en fonction de la conjoncture
économique ou suivent des tendances à plus long terme. Pour faciliter l’analyse plus détaillée
de ces dynamiques, les flux d’entrée ou de sortie du chômage sont élaborés de façon à passer
de l’approche simpliste des chiffres bruts à une compréhension de la variation du chômage en
tant que variation du taux de travailleurs qui passent d’un état à l’autre sur le marché du travail.
L’approche des flux montre plus précisément la vitesse à laquelle les travailleurs passent de
l’emploi au chômage (entrée dans le chômage) et du chômage à l’emploi (sortie du chômage)
dans certaines situations.
Il peut être très révélateur de suivre l’évolution des entrées et des sorties du chômage durant les
périodes de ralentissement ou de reprise économiques, ou d’utiliser la mesure de ces flux pour
prédire le taux de chômage. L’analyse conjointe des flux du chômage et d’autres indicateurs du
marché du travail peut en outre être utile pour mieux comprendre la détérioration du marché du
travail et élaborer des recommandations pour les politiques. Afin de mieux comprendre les
fluctuations du chômage, il est essentiel de comprendre les variations du taux de transition de
l’emploi vers le chômage et du chômage vers l’emploi.
Chapitre 3 : Inflation

Introduction

L'inflation est l'augmentation des prix des biens et services dans une économie. Cela signifie
que chaque unité de monnaie permet d’obtenir moins de biens ou services, l'inflation peut
aussi être perçue comme une dévaluation de la monnaie.

Le contraire de l'inflation, lorsque le coût des biens et services baisse et que chaque unité de
monnaie augmente en valeur, est appelé déflation.

Garder le niveau d'inflation constant et sous contrôle est le rôle d'une banque centrale, qui
travaillera généralement avec une cible d'inflation. L'inflation est généralement mesurée en
utilisant un indice de prix à la consommation (IPC), qui suit les cours d'un panier de biens
et services.

Les changements dans l'inflation peuvent avoir un impact important sur les marchés
financiers, car ils touchent le pouvoir d'achat et peuvent entraîner des changements dans la
politique monétaire d'une Banque centrale.

I- La monnaie

La monnaie est une notion très ancienne, puisque cela permettait de finaliser les transactions
commerciales. Elle a donc pris la forme, au départ, de matériaux précieux, comme les pièces
d'or, d'argent ou de bronze. Elle a évolué au fil des siècles, avec l'apparition des billets. Ce n'est
que récemment que ce qu'on appelle la monnaie scripturale est apparu et a pris une part
prépondérante dans les échanges. Cette monnaie scripturale est relative aux virements et
transferts de fonds, de compte à compte. Cela concerne donc la plupart des paiements
aujourd'hui.

Ce qui caractérise une monnaie, c'est le pouvoir d'achat qui lui est associé. Le même bien n'aura
pas la même équivalence, selon la monnaie qui sera utilisée lors de son règlement. Ainsi, 100
euros n'auront pas la même signification que 100 dollars ou 100 yens. Les monnaies,
caractérisées par leur devise correspondante, fluctuent en fonction de la confiance que leur
accordent les acheteurs et les vendeurs. Cette valeur est directement liée à l'économie du pays
et à sa politique monétaire.

1.1 – Les fonctions économiques de la monnaie

La monnaie remplit 3 fonctions économiques :

1. une fonction d’unité de compte : Elle permet d’exprimer la valeur de tous les biens et
services dans une unité commune (et non 2 moutons valent une vache qui vaut 100kg
de pommes de terre, …)
2. une fonction d’intermédiaire des échanges : Cela permet à chaque individu de vendre
ce qu’il veut pour acheter ce qu’il veut sans avoir besoin de chercher qui veut échanger
le produit qu’il a avec celui qu’il veut
3. une fonction de réserve des valeurs : Grâce à la monnaie, on peut garder les revenus
d’une vente pour faire un achat ultérieur (alors que dans le troc l’échange est simultané).
1.2- Les autres fonctions de la monnaie

a) La monnaie est un « langage »

-La monnaie est un langage parce qu’elle est une référence commune entre les individus :
elle permet à un ensemble d’individus de partager les mêmes règles et la même unité de compte.

-Elle leur permet de communiquer : si un bien est cher, cela a une ou plusieurs significations :

 cela peut vouloir dire qu’il est précieux, recherché ou que sa demande est supérieure à
son offre
 ou qu’il est rare, que son offre est insuffisante par rapport à sa demande.

-Cela signifie aussi que la monnaie permet d’établir un lien social entre les individus. Par
exemple, l’euro est un symbole de l’identité européenne.

b) La monnaie peut aussi avoir une fonction politique

La monnaie a pu être créée dans certains pays pour pacifier les échanges, unifier le pays et pour
assurer le pouvoir politique d’un dirigeant; comme en France où ce n’est que lorsque le Roi a
le monopole de frappe de la monnaie, que les seigneurs se rallient à son pouvoir.

L’euro a une fonction politique importante en Europe :

 c’est une phase de plus dans le processus d’unification de l’Europe : après la


suppression des barrières douanières, la libre circulation des biens, des services, des
capitaux, des hommes, la monnaie commune apparait comme une étape
supplémentaire dans le processus d’intégration économique.
 c’est la disparition d’un des grands symboles de la souveraineté nationale,
qui montre la volonté de créer une supra-nation
 Ce symbole a aussi une force au niveau international : l’euro est une monnaie
internationale rivale du dollar

De plus, le passage à la monnaie unique a eu des avantages économiques non négligeables :


suppression des risques de variation des taux de change, suppression des frais de change,
équivalent monétaire commun facilitant les comparaisons de prix,…

La zone du franc CFA est composée de 14 pays de l’Afrique subsaharienne. Chacun appartient
à l’une des deux unions monétaires de la région. Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la
Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo sont membres de l’Union économique
et monétaire ouest-africaine (UEMOA), créée en 1994 sur les fondements de l’Union monétaire
ouest-africaine, créée en 1973. Les six autres pays — le Cameroun, la République
Centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad — sont
membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

Ces deux unions utilisent la même monnaie, le franc CFA. CFA veut dire Communauté
financière africaine dans l’UEMOA et Coopération financière en Afrique centrale dans la
CEMAC. L’UEMOA et la CEMAC représentent 14 % de la population totale de l’Afrique et
12 % de son produit intérieur brut.

Tous ces pays, à l’exception de la Guinée-Bissau et de la Guinée équatoriale, étaient des


colonies françaises et conservent le français comme langue officielle. La Guinée-Bissau a été
sous l’emprise portugaise et sa langue officielle est aujourd’hui le portugais, tandis que la
Guinée équatoriale a été dirigée par l’Espagne et, aujourd’hui, l’espagnol et le français sont ses
deux langues officielles.

II- Les formes de la monnaie

2.1- L’évolution des formes monétaires

La monnaie est d’abord une monnaie-marchandise : des coquillages, du vin, de l’or,….

Puis, progressivement, la monnaie est exclusivement de la monnaie métallique : au début, des


pièces d’or qui ont une valeur intrinsèque équivalente à sa valeur faciale (ce qui est écrit dessus
correspond à sa valeur en or).

Puis, la monnaie devient de la monnaie fiduciaire, sans aucune valeur intrinsèque (comme les
pièces et les billets actuels), dont la valeur ne repose que sur la confiance que les agents
économiques ont dans l’institution bancaire.

Aujourd’hui, l’essentiel de la monnaie qui circule est de la monnaie scripturale, c’est-à dire des
lignes de compte inscrites sur des comptes en banque.

Lorsqu’un paiement est réalisé entre deux agents économiques par monnaie scripturale, l’ordre
est donné à l’établissement bancaire débiteur (celui qui doit payer) de faire une compensation
avec l’établissement créditeur qui doit transférer l’ordre de paiement sur le compte du
créancier : ce n’est qu’un jeu d’écriture. A la fin de la journée, les banques font le solde des
opérations (de l’argent qu’elles se doivent les unes aux autres) et cela se traduit par une écriture
sur le compte des banques à la Banque Centrale.

2.2- Les systèmes de paiement dématérialisés dans les économies


contemporaines

Il faut distinguer la monnaie des moyens de paiement : lorsqu’on détruit un moyen de paiement
(une carte bancaire par exemple), on ne perd pas d’argent, alors que si on détruit de la monnaie,
si.

On assiste au remplacement progressif des instruments de paiement papier tel que le chèque par
des paiements s’effectuant à l’aide d’équipement électronique tels que : les prélèvements
automatiques, la carte bancaire, les TIP, les paiements électroniques tels que Pay Pal.
III- L’inflation
1- Définition

L’inflation est une situation de hausse généralisée et durable des prix des biens et des services.
Cette situation correspond à une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie. En clair, avec la
même somme d’argent, on peut acheter moins de choses qu’auparavant.

Dans une économie de marché, les prix des biens et des services peuvent varier. Certains prix
augmentent, d’autres diminuent. On parle d’inflation lorsqu’il y a une hausse généralisée des
prix, et non pas seulement de certains produits. Il en résulte que vous pouvez acheter moins de
biens et de services pour un euro. Inversement, un euro vaut moins qu’avant.

L'inflation est l'augmentation des prix des biens et services dans une économie. Cela signifie
que chaque unité de monnaie permet d’obtenir moins de biens ou services, l'inflation peut aussi
être perçue comme une dévaluation de la monnaie.

Le contraire de l'inflation, lorsque le coût des biens et services baisse et que chaque unité de
monnaie augmente en valeur, est appelé déflation.

Les changements dans l'inflation peuvent avoir un impact important sur les marchés financiers,
car ils touchent le pouvoir d'achat et peuvent entraîner des changements dans la politique
monétaire d'une Banque centrale.

III- Les causes de l’inflation

Il existe principalement quatre facteurs à l’origine de l’inflation :

1- L’inflation par les coûts

Lorsque les prix des matières premières s’accroissent, cela pèse sur les coûts de
production des entreprises. Il en va de même si en raison de la faiblesse du chômage, ces
dernières doivent augmenter les salaires pour pouvoir attirer de nouveaux employés.

En réaction, et pour conserver leurs marges bénéficiaires, les entreprises sont incitées à
augmenter leurs prix, ce qui provoque un premier saut inflationniste. Toutefois, si les salaires
sont indexés sur l’inflation, la hausse des prix est répercutée automatiquement sur le niveau
des salaires, qui s’accroissent à leur tour. Il s’en suit une nouvelle hausse des prix et un cercle
vicieux inflationniste se met en place.

C’est ce processus qui était à l’œuvre dans les économies occidentales au milieu des années
1970 après le premier choc pétrolier et qui a conduit à l’apparition de taux d’inflation annuelle
élevés, supérieurs à 10 %.

2- L’inflation par la demande

Lorsque la demande de produits ou de services s’accroît mais que l’offre de produits et


services n’arrive pas à s’adapter à ce surcroît de demande, les prix sont poussés à la
hausse.
Les entreprises mettent en œuvre des programmes d’investissement pour accroître leur
production et embauchent de nouveaux salariés, ce qui stimule davantage l’activité
économique et la demande globale des ménages. Tant que les quantités produites ne
parviennent pas à satisfaire la demande globale, le processus de hausse des prix se poursuit.
Cette situation est typique d’une économie qui sort d’une phase prolongée de faible croissance
ou même d’une récession).

Dans un contexte de sortie de conjoncture morose ou déprimée, les entreprises ne réagissent


pas immédiatement à une hausse de la demande pour leurs produits car elles cherchent à
écouler leurs stocks et préfèrent avoir la confirmation du caractère durable de la reprise avant
d’investir.

3- L’inflation importée

Lorsque le taux de change d’une monnaie se déprécie par rapport au dollar et/ou aux autres
principales devises de facturation du commerce mondial (essentiellement la livre sterling, le
yen et l’euro), le coût des produits importés augmente.

Ce renchérissement des importations se répercute dans tous les secteurs de l’économie et


touche les ménages autant que les entreprises. Ce phénomène peut aussi avoir pour origine
une forte hausse des cours des produits énergétiques et agricoles sur les marchés mondiaux.

4- L’inflation par excès de création monétaire

Certains économistes appelés « monétaristes » affirment que l’inflation est toujours et


partout un phénomène monétaire. Ils considèrent en effet que l’inflation apparaît parce
que le stock de monnaie circulant dans l’économie est trop important par rapport à la
quantité de biens et services offerts.

C’est donc un excès de création monétaire par les banques commerciales ou par le
financement du déficit public par la banque centrale (ce que l’on dénomme souvent par
l’expression « faire fonctionner la planche à billets« ) qui est à l’origine de l’inflation. Dans
ce contexte, celle-ci est alimentée par un excès de demande et par la dépréciation du taux de
change.

IV- Les conséquences de l’inflation

1- Une inflation modérée est bonne pour l’économie

Une hausse régulière mais modérée du niveau général des prix est l’objectif principal
des politiques monétaires conduites par les grandes banques centrales. A ce titre, une
progression de l’inflation de l’ordre de 2 % par an est considérée comme une cible optimale.

A un niveau modéré d’inflation sont en effet associés plusieurs avantages :

 Cela permet aux entreprises d’ancrer leurs anticipations de hausses des prix à
moyen et long terme. Le caractère prévisible de ces dernières est favorable à la prise
de décision d’investir car il réduit l’incertitude sur les revenus futurs engendrés par
l’investissement.
 Cela incite par ailleurs les ménages à placer leurs excédents de liquidités plutôt que
de les thésauriser ou de les conserver sur leurs comptes bancaires. A défaut, l’érosion
monétaire réduirait le pouvoir d’achat de leur épargne. Une inflation modérée
contribue donc à assurer l’équilibre entre le niveau d’épargne et le niveau de
l’investissement sans lequel les taux d’intérêt s’orienteraient à la hausse, limitant ainsi
les projets d’investissements des entreprises.
 Cela permet également de conserver les taux d’intérêt à des niveaux peu élevés,
puisque la banque centrale qui fixe les taux d’intérêt directeurs n’a pas besoin de
restreindre les conditions de crédit pour atteindre son objectif de politique monétaire.
Ceci est favorable à la croissance économique car les ménages et les entreprises
peuvent emprunter à des conditions financières incitatives, tant en termes
nominaux (le niveau des taux d’intérêt) que réels (le niveau des taux d’intérêt diminué
de l’inflation).

2- Une inflation trop forte est toutefois nocive

Si l’inflation progresse trop fortement, cela peut avoir des répercussions dommageables
pour l’économie tout entière :

 Cela entraîne une dégradation de la compétitivité prix des produits fabriqués dans le
pays par rapport aux produits fabriqués à l’étranger. En effet, si les prix des produits
domestiques deviennent plus élevés que les mêmes produits fabriqués à l’étranger
pour une qualité comparable, la demande étrangère risque de diminuer (baisse des
exportations) alors que la demande interne pour les produits étrangers risque
d’augmenter (hausse des importations). Il en résulte une baisse de l’activité pour les
entreprises domestiques qui est susceptible d’entraîner des réductions d’effectifs
et donc une progression du chômage.
 Cela renforce l’incertitude quant au niveau futur des prix. Aussi, les entreprises
adoptent des comportements prudents en matière d’investissement car la rentabilité de
ceux-ci est difficile à anticiper. Une trop forte inflation risque donc de réduire les
investissements productifs et donc le potentiel de croissance.
 Cela pénalise les ménages si leurs salaires ne sont pas indexés sur la hausse des prix.
Ils subissent alors une perte de pouvoir d’achat qui peut les amener à réduire leur
consommation ou à désépargner pour maintenir leur niveau de vie.
 Mais cela favorise les emprunteurs car le niveau réel de leur dette diminue. Par
contre, elle pénalise les créanciers pour les raisons opposées.