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DES SATELLITES À LA CARTE

Partie I - De l’objet à l’image


Auteur : HAUHOUOT Asseypo Célestin
Maître de Conférences, Enseignant-chercheur à l’UFR SHS-UFHB
Responsable du Laboratoire de traitement d’image et de l’Information
Géographie de l’Institut de Géographie Tropicale (IGT)
Enseignant-chercheur associé au CURAT – UFR STRM, UFHB
1
Objectif du cours

Ce cours a pour objectif d’inculquer aux


apprenants des connaissances fondamentales
sur la Télédétection.

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PLAN DU COURS

Partie I : De l’objet à l’image


Introduction : Qu’est-ce que la Télédétection ?
I Le rayonnement électromagnétique
II Le spectre électromagnétique
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec la l’atmosphère et la surface de la terre
IV-Les plateformes et les capteurs
V – Les images de Télédétection

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Qu’est ce que la Télédétection ?
La Télédétection est la science qui permet d’acquérir
l’information sur les objets sans contact physique avec
ces derniers. C’est une technique non destructrice car
elle ne modifie pas la structure des objets observés.
Elle permet d’avoir des informations sur des zones
d’accès difficile.
Qu’est ce que la Télédétection ?

Lindenlaub 1976
I – Le rayonnement électromagnétique
« En Télédétection on utilise les propriétés des objets
observés pour acquérir de l’information sur la nature
de ces objets. Cette information est portée vers le
système d’observation à l’aide d’un rayonnement
électromagnétique comme la lumière, qui est la
manifestation visible de ce rayonnement. Le système
d’observation reçoit ce rayonnement et le traduit en
élément compréhensibles par l’utilisateur comme des
images ou des données chiffrées » (Bonn F et Rochons
G, 1992).
I – Le rayonnement électromagnétique
Cette énergie est composée
d’un champ électrique (E)
et d’un champ magnétique
(M). Les deux champs se
déplacent sous forme
d’ondes à la vitesse de la
lumière (C).

 C’est le support de l’information en Télédétection


I – Le rayonnement électromagnétique
Deux composantes essentielles :
• la longueur d’onde
• la fréquence

 C’est le support de l’information en Télédétection


I – Le rayonnement électromagnétique
La longueur d’onde équivaut à la
longueur d'un cycle d'une onde, ce
qui correspond à la distance entre
deux crêtes successives d'une
onde. Elle est mesurée en mètres
ou en l'un des sous-multiples
suivants : les nanomètres (nm, 10-
9 mètre), micromètres (μm, 10-6
mètre) ou centimètres (cm, 10-2
mètre)...
I – Le rayonnement électromagnétique
La fréquence est le nombre
de cycles par seconde passant
par un point fixe.
Elle est exprimée en Hertz (Hz)
(c.-à-d. en oscillations par
seconde) ou en multiples de
c=fxλ
Hertz.

 la fréquence est inversement proportionnelle à la longueur d’onde


I – Le rayonnement électromagnétique

Emission :
Le rayonnement
électromagnétique peut être
émis par tout corps dont la
température est supérieure à
c=fxλ zéro degré Kelvin (ou -273°C).

L’énergie électromagnétique peut être émise par le capteur,


la cible et le soleil.
I – Le rayonnement électromagnétique
Réflexion : le REM peut être
réfléchi par tout corps qui
reçoit une certaine quantité
d’énergie rayonnant d’une
source extérieure. Le rapport
entre l’énergie réfléchie et
c=fxλ l’énergie incidente est appelé
coefficient de réflexion ou
réflectance (ρ).
I – Le rayonnement électromagnétique
Absorption : Le REM peut être
absorbé en partie par tout corps
dont la surface éclairée. Le
rapport entre l’énergie absorbée
et l’énergie reçue (incidence) est
appelé coefficient d’absorption
c=fxλ ou absorbance (α).

 L’énergie absorbée modifie l’énergie interne du corps par


exemple en augmentant sa température.
I – Le rayonnement électromagnétique
Transmission : Un
rayonnement
électromagnétique peut
être transmis par tout corps
qui reçoit une certaine
c=fxλ quantité d’énergie
rayonnante.
I – Le rayonnement électromagnétique
La diffraction : C’est un effet
de bordure. Le rayonnement qui
frappe le rebord d’un objet est
partiellement dévié dans la zone
d’ombre de l’objet.
c=fxλ
I – Le rayonnement électromagnétique
La diffusion : Lorsque le
milieu rencontré par l’onde
incidente n’est pas homogène
ou est un mélange de matériaux
aux propriétés diélectriques
c=fxλ diverses, une partie de l’onde
transmise dans ce milieu sera
diffusée par ses diverses
composantes.
II- Le spectre électromagnétique

C’est l’expression graphique de


la classification des
composantes spectrales du
rayonnement incident suivant
la fréquence ou la longueur.

Bonn F et Rochons G ( 1992).


II- Le spectre électromagnétique
Les principales zones du spectre
dans lesquelles des mesures
sont possibles en télédétection
sont : l’ultraviolet (rarement) ; le
visible, l’infrarouge et les
hyperfréquences.

Bonn F et Rochons G ( 1992)


II- Le spectre électromagnétique
L’ultraviolet : Certains
matériaux (roches et
minéraux…) entrent en
fluorescence ou émettent de la
lumière visible quand ils sont
illuminés par un rayonnement
ultraviolet.
Bonn F et Rochons G ( 1992)
II- Le spectre électromagnétique

Le visible : Il représente une


petite partie du spectre. Les
longueurs d'onde visibles
s'étendent de 0,4 à 0,7 μm. Les
longueurs d’onde déterminent
la couleur des objets dans le
Violet : 0.4 - 0.446 μm Jaune : 0.578 - 0.592 μm
Bleu : 0.446 - 0.500 μm Orange : 0.592 - 0.620 μm
visible.
Vert : 0.500 - 0.578 μm Rouge : 0.620 - 0.7 μm
II- Le spectre électromagnétique

L’Infrarouge s'étend
approximativement de 0,7 à 100
μm, Il se divise en deux catégories:
IR réfléchi ou PIR et IR émis ou
thermique.

Bonn F et Rochons G ( 1992)


II- Le spectre électromagnétique

L'infrarouge réfléchi s'étend


approximativement de 0,7 à 3 μm.
Ici, le rayonnement est utilisé de la
même façon que le rayonnement
visible.

Bonn F et Rochons G ( 1992)


II- Le spectre électromagnétique

L'infrarouge thermique s'étend


de 3 à 100 μm. Cette énergie
est émise sous forme de
chaleur par la Terre.

Bonn F et Rochons G ( 1992)


II- Le spectre électromagnétique
Hyperfréquence
Cette région s'étend globalement
de 1 mm à 1 m. les plus courtes
longueurs d'onde possèdent des
propriétés semblables à celles de
l'infrarouge thermique ; les plus
grandes ressemblent aux ondes
radio.
Bonn F et Rochons G ( 1992)
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec l’atmosphère
Diffusion et d’absorption
atmosphériques.

Lindenlaub 1976

Avant d’atteindre la surface de la Terre, le REM traverse une certaine épaisseur


d'atmosphère. Les particules et les gaz qui la composent peuvent dévier ou
bloquer le rayonnement incident.
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III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec l’atmosphère
Diffusion et d’absorption
atmosphériques. La déviation du rayonnement
de sa trajectoire initiale par
les particules ou les grosses
molécules de gaz présentes
dans l'atmosphère est
qualifiée de diffusion
Le niveau de diffusion dépend de la atmosphérique.
longueur d'onde, la densité de particules
et de molécules, et l'épaisseur de
l'atmosphère traversée.
Quand la diffusion affecte une catégorie de longueur d’onde elle
est dite sélective. C’est le cas des diffusion de Rayleigh et de Mie26
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec l’atmosphère
Diffusion et d’absorption
atmosphériques. Les courtes longueurs d'onde sont
dispersées et déviées de façon plus
importante que les grandes longueurs
d'onde. Cette forme de diffusion est
prédominante dans les couches
supérieures de l'atmosphère. C’est
La diffusion de Rayleigh se produit pourquoi durant la journée le ciel est
lorsque la taille des particules est bleu
inférieure à la longueur d'onde du
rayonnement.
Celles-ci peuvent être soit des particules de
poussière ou des molécules d'azote ou d'oxygène. 27
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec l’atmosphère
Diffusion et d’absorption
atmosphériques.
La diffusion de Mie affecte les
plus grandes longueurs d'onde
et se produit surtout dans les
couches inférieures de
l'atmosphère où les grosses
particules sont plus
La diffusion de Mie est provoquée par des
abondantes. Ce processus
particules presqu’aussi grandes que la longueur
domine quand le ciel est
d'onde du rayonnement. Ce type de diffusion
ennuagé.
est souvent produite par la poussière, le pollen,
la fumée et l'eau. 28
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec l’atmosphère
Diffusion et d’absorption
atmosphériques. Les gouttes d'eau de l'atmosphère
dispersent le bleu, le vert, et le
rouge de façon presque égale, ce
qui produit un rayonnement blanc
La diffusion est dite non-sélective quand (lumière bleue + verte + rouge =
toutes les longueurs d’onde sont lumière blanche).
dispersée. Elle est provoquée par des C'est pourquoi le brouillard et les
particules beaucoup plus grosses que la nuages paraissent blancs.
longueur d'onde du rayonnement. C’est le
cas des gouttes d'eau et des grosses
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particules de poussière.
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec l’atmosphère
Le CO2 absorbe la chaleur
Mécanismes de diffusion et (rayonnement dans l’infrarouge
d’absorption atmosphériques. thermique) et contribue ainsi au
réchauffement climatique.
L'absorption se produit lorsque La vapeur d'eau absorbe une
les grosses molécules de bonne partie du rayonnement
l'atmosphère (ozone, bioxyde de infrarouge et des hyperfréquences
carbone et vapeur d'eau) qui entrent dans l'atmosphère.
absorbent l'énergie de diverses
longueurs d'onde. L'ozone Les gaz et les particules absorbent l'énergie
absorbe les rayons ultraviolets électromagnétique dans des régions spécifiques du
spectre. De ce fait, ils influencent le choix de
longueurs d'onde utilisées en télédétection.30
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec l’atmosphère
Quelles sont les longueurs
d’onde (fenêtres) les plus utiles
pour la télédétection ?
Le spectre visible, l’infrarouge et les
hyperfréquences

les fenêtres atmosphériques sont les régions du spectre qui transmettent le


rayonnement au sol par transparence car elle sont peu influencées par l'absorption
atmosphérique. Absorption, diffusion, transmission…Réflexion ?
les gouttent d’eau qui forment les nuages peuvent aussi réfléchir
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le REM
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec la surface de la terre

Le rayonnement qui traverse


l'atmosphère peut interagir avec la
surface de la Terre. La surface
illuminée par l’énergie incidente
peut l’absorber, la transmettre ou
la réfléchir.
Bonn F et Rochons G ( 1992).

L'énergie incidente totale interagira avec la surface selon l'un ou l'autre de


ces trois modes d'interaction ou selon leur combinaison.
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec la surface de la terre
La proportion d’énergie absorbée,
transmise et réfléchie dépendra de la
longueur d'onde des rayons incidents,
ainsi que de la nature et des conditions
de la surface.
on observe un changement dans le temps
de la signature spectrale d’une scène dû à
SEOS
l’influence de l’environnement.
La proportion d’énergie réfléchie (émise ou rétrodiffusée) par la surface
terrestre peut prendre des valeurs différentes dans le spectre
électromagnétique. Ce sont ces valeurs (et les formes associées) qu’il
convient d’appeler signature spectrale.
III-Interactions du rayonnement électromagnétique
avec l’atmosphère et la surface de la terre
Interactions du REM avec la surface de la terre
La discrimination ou le regroupement des
cibles terrestres selon leur signature spectrale
est possible à cause des formes extrêmement
variées qu’elles peuvent prendre.

De ce fait, elles sont déterminantes dans le


choix des canaux spectraux pour l’acquisition
des données en vue d’une application
SEOS
particulière.
La diffusion et l’absorption atmosphériques de l’énergie réfléchie
par les cibles terrestres peuvent modifier leur signature spectrale !
Cela aura pour effet d’altérer leur contenu informatif.
IV Les plateformes et les capteurs
Une plateforme est la structure sur
Un satellite laquelle peut être installée les
capteurs utilisés pour enregistrer
Un avion l’énergie réfléchie ou émise par une
cible.
Un ballon

Une grue

Ces plateformes peuvent être terrestre,


aérienne et spatiales. De nos jours, les
satellites sont les plus utilisés.
IV Les plateformes et les capteurs
Un satellite à orbite géostationnaire est
immobile par rapport à la terre. Son
altitude est élevée et il observe
continuellement la même surface du
www.qu-est-ce.com
(www.esa.int)
globe.
Ex : satellites météorologiques ou de
télécommunication

Deux types de satellites sont utilisés : les satellites géostationnaires et les satellites à
défilement.

Un satellite à défilement a une orbite


polaire et héliosynchrone

Source : L Polidori
Landsat
programme américain de télédétection spatiale (NASA et USGS)
Capteurs passifs et capteurs actifs

Capteurs imageurs
En télédétection on utilise surtout des
capteurs imageurs. Ce sont des capteurs
capables de reconstituer une image de scène
visée.
Capteurs optiques et radar
SPOT
programme français de télédétection spatiale (Airbus)
Les radiomètres imageurs opérant dans les
longueurs d’onde optiques (UV-visible-IR) sont
dits optiques. Ceux qui enregistrent dans les
hyperfréquences sont des radars.
Landsat altitude: 705 km ; inclinaison: 98,2°
orbite: polaire héliosynchrone
(1989 – Résolution : Gle 30m; IT = 100m ; PAN = 15m
LANDSAT 7
opérationnel) Cycle: 16 jours ; Heure : 10h – 10h15

Radiomètre multispectral : ETM+ 8 bandes spectrales


0,45-0,52 µm
Résolution
temporelle 0,52-0,6 µm Visible Résolution
0,63-0,69 µm spatiale
0,76-0,9 µm Résolution
PIR 1,55-1,75 µm spectrale
(largeur de la bande)
2,08-2,35 µm
10,4-12,5 µm I Thermique
0,52-0,9 µm Panchromatique
Landsat 2 canaux de +

LANDSAT 8
(2013 – Qu'est ce qui a Pour les corrections
opérationnel) atmosphériques
changé ?
Radiomètre : OLI (Operational
Land Imager) et TIRS (Thermal
Infrared Sensor)

altitude: 705 km
inclinaison: 98,2 degrés
orbite: polaire héliosynchrone
Résolution : Gle 30m; IT = 60m ;
PAN = 15m
Cycle: 16 jours ; Heure : 10h

Pour la détection des nuages


V Les images de Télédétection
Qu’est ce qu’une image ? L’image se définit comme la
représentation analogique d’une scène
ou d’objets présents à la surface du sol
(Carloz et Collet, 2001).
Elle est analogique puisque les objets réels
sont représentés par une distribution de
tons de gris ou de couleurs…

L’image est un support d’informations ! De


ce point de vue elle peut être analogique
ou numérique.
V Les images de Télédétection
Le contenu d’une image

Sources d’informations Paramètres Degré de complexité


Internes à l’image
Luminance spectrale Tons-couleurs Niveau faible
Positionnement relatif Texture Contenu sémantique
– voisinage pauvre

Externes à l’image Structure


Connaissances Relief, ombre Niveau moyen à niveau
Crédit images : anonyme thématiques Variables thématiques : élevé
Interprétation Occupation du sol, Le contenu
L’image est « la projection plane d’une scène Association Environnement, sémantique, issu de
tridimensionnelle sur support physique capable de Apports externes Géologie etc. source externe, est
croissants associé à l’image
restituer les valeurs de luminance en chacun de ses Source : Carloz et Collet, 2001
points » (Pun, 1982).

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