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La Contribution Economique

Territoriale

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Présentation de la CET

 Article 1447-0 du CGI :


 Il est institué une contribution économique territoriale
(CET) composée :
- d’une cotisation foncière des entreprises (CFE) assise sur
le foncier bâti et non bâti
- d’une cotisation sur la valeur ajoutée des
entreprises (CVAE) assise sur la valeur ajoutée

= Cet impôt s’est substitué à la taxe professionnelle

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La Cotisation Foncière des
Entreprises (CFE)
- Champ d’application

- Base d’imposition

- Calcul, établissement et paiement

- Contrôle et contentieux

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Les principes :

La principale différence entre la CFE et la TP :


- l’exclusion des matériels (équipements et biens mobiliers en
propriété, location ou crédit bail) de la base d’imposition

La CET constitue le pendant pour les entreprises de la taxe


d’habitation : imposition de la jouissance des immeubles que l’on soit
ou non propriétaire

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Champ d’application

- Redevables

- Territorialité

- Exonérations

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Redevables

 La CFE est due chaque année par les personnes physiques


ou morales qui exercent, en France, à titre habituel une
activité professionnelle non salariée.

 Même champ d’application que la Taxe Professionnelle.


La CFE n’est pas due pour :
 des opérations isolées ou accidentelles
 une activité, même effectuée à titre habituel, si elle est
exercée à but non lucratif ou limitée à la gestion d’un
patrimoine privé
 un établissement qui ne serait pas redevable de l’IS ou
de l’IR en application des règles de territorialité

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Redevables
 Sont réputées exercées à titre professionnel les activités
de location ou sous-location d’immeubles autres que les
immeubles nus à usage d’habitation : assujettissement
à la CFE
 Exception : lorsque les recettes/CA brut(e)s de l’activité
de location ou de sous-location sont inférieures à
100.000 € HT (période de référence)
 Pas d’impact significatif, la CFE étant exigible au niveau de
l’utilisateur (mais permet désormais l’imposition à la CVAE
des propriétaires fonciers).
→ locaux meublés : CFE
→ locaux d’habitation nus : pas CFE

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Redevables
 Propriétaires fonciers de locaux d’habitation

 L’absence de taxation ne concerne que la gestion d’un


patrimoine privé (BOI-IF-CFE-10-20-30 n° 1).

 Les activités de location ou de sous-location d’immeubles nus


à usage d’habitation s’entendent de celles consistant, pour le
propriétaire ou le locataire d’un bien immobilier, à le louer ou
à le sous-louer nu à, respectivement, un preneur ou un sous-
locataire dans le cadre d’un bail d’habitation.
 Si le preneur exploite commercialement une maison de
retraite, la location est soumise à la CFE (CE 8ème et 3ème ch.
4 mai 2018 n° 403027, min. c/ SAP Foncière GSP ; CE 8ème et
3ème ch. 4 mai 2018 n° 402897, min. c/ Sté Foncière GSP).

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Redevables (Cas des personnes morales)

 Principe :
 Société, collectivité, groupement ou organisme doté de la
personnalité morale → imposition établie à son nom

 SCP non soumises à l’IS, SCM et groupements de


professions libérales → imposition établie à son nom

 Cas particuliers :
 Sociétés de fait ou sociétés en participation → imposition
libellée au nom des associés connus des tiers / des gérants

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Territorialité

 Activité exercée en France par une personne étrangère :


 Une personne imposable en France à l’IR ou à l’IS est
imposable à la CFE au titre de cette activité, dès lors que
cette dernière entre dans le champ de la CFE (même si
elle ne dispose pas d’un établissement au sens de la CFE)

Exemples :
- Une société étrangère qui donne en location des immeubles en France
est imposable à l’IS à raison des revenus tirés de ces immeubles
- Cette société est donc imposable à la CFE (alors même que l’immeuble
donné en location n’est pas compris dans sa base d’imposition)
- En pratique, elle sera imposée à la cotisation minimum de CFE

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Exonérations

 Certaines sont de plein droit et permanentes :

 Activités artisanales et assimilées


 Activités et organismes et exploitants agricoles
 Entreprises de presse, entreprises de transport de
personnes propriétaires d’une ou de deux voitures,
vendeurs à domicile indépendants
 Établissements d’enseignements privés
 Collectivités publiques (y compris les EPA)
 Certains ports
 Etc.
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Exonérations

 Certaines sont facultatives et limitées dans le temps

 Entreprises nouvelles pour les établissements créés


ou repris à une entreprise en difficulté
 Jeunes entreprises innovantes (JEI)
 Etablissements implantés dans les pôles de
compétitivité
 Exonération au titre de l’aménagement du territoire
 Création ou extension d’établissement
 DOM
 Etc.

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Base d’imposition

- Principes

- Calcul de la valeur locative foncière

- Constatation annuelle des changements


qui affectent les propriétés

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Principes : la valeur locative (VL)

 La base d’imposition à la CFE est constituée par la VL


des biens passibles de Taxe Foncière dont le
redevable a disposé au cours de la période de
référence
 VL cadastrale

=> Les équipements et biens mobiliers ne sont plus imposables

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Principes : la période de référence

 L’avant dernière année, ou, si l’exercice social ne


correspond pas à l’année civile, le dernier exercice de
12 mois clos au cours de cette même année civile.

 Pour simplifier : N-2

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Principes : la période de référence

 L’exercice coïncide avec l’année civile :


 La période de référence est l’avant-dernière année précédant
celle de l’imposition (N-2)
pour la CFE 2021 : 31 décembre 2019

 L’exercice ne coïncide pas avec l’année civile :


 La période de référence est le dernier exercice de 12 mois
clos au cours de ladite année (article 1467 A du CGI)
pour la CFE 2021 : dernier exercice de 12 mois clos au cours de l’année 2019

 A défaut clôture d’un exercice de 12 mois :


 Les biens imposables sont ceux dont l’entreprise a eu la
disposition au cours de l’année civile N-2
pour la CFE 2021 : 31 décembre 2019

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Principes : la période de référence

 Par exception, pour les 2 années suivant la création


d’un établissement, la base d’imposition est calculée
d’après les immobilisations dont le redevable a disposé
au 31 décembre de l’année de création (création 2021) :

 pour la CFE 2022 : année 2021


 pour la CFE 2023 : année 2021

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Principes : l’imposition des biens passibles


d’une taxe foncière

 La CFE est assise sur la Valeur locative (VL) de biens


passibles d’une taxe foncière, qu’il s’agisse :
 de la taxe foncière sur les propriétés bâties (installations,
constructions)
 ou de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (terrains)

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Principes : l’imposition des biens passibles d’une
taxe foncière
- Précisions sur la notion de « propriété bâtie »
 La Taxe foncière sur les « propriétés bâties » vise :
 Les constructions fixées au sol à perpétuelle demeure et
présentant le caractère de véritables bâtiments, y compris les
aménagements faisant corps avec eux
 Les installations destinées à abriter des personnes ou des
biens (atelier, hangar) ou à stocker des produits (réservoirs,
silos, cuves…) ainsi que les ouvrages en maçonnerie
présentant le caractère de véritables constructions (cheminées
d’usine …)
 Les ouvrages d’art et les voies de communication
 Les terrains employés à un usage commercial ou industriel

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Principes : l’imposition des biens passibles d’une
taxe foncière
- Précisions sur la notion de « propriété bâtie »
 A titre indicatif, on considère que les installations ci-après sont
des accessoires immobiliers de la construction :
- appareils élévateurs destinés aux personnes (ascenseurs, escalators)
- vitrerie et miroiterie et fermetures (portes et fenêtres) ; serrurerie
- carrelage : revêtements de sol spéciaux, tapis de sol ou moquette
directement collés sur la chape de ciment
- installations sanitaires ; plomberie
- équipements d'isolation phonique et thermique, climatisation, chauffage
central...
- électricité ; compteurs, fils, prises, interrupteurs, appareils d'éclairage ;
postes transformateurs de courant

 En revanche, on ne saurait comprendre, parmi les accessoires


immobiliers de la construction, les biens d'équipements spécialisés, qui
servent spécifiquement à l'exercice de l'activité professionnelle.
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Principes : l’imposition des biens passibles d’une
taxe foncière

- Précisions sur la notion de « propriété bâtie »


 A l’inverse, même incorporées à la construction, les
immobilisations servant spécifiquement à l’exercice de l’activité
professionnelle ne sont pas considérées comme des accessoires
immobiliers :

- installations électriques à usage spécifiquement industriel ou commercial


- les conduites de chauffage collectif réalisées par une entreprise exploitant
un établissement industriel de chauffage collectif constituent des
installations et moyens matériels d'exploitation dépendant de cet
établissement
- les matériels de manutention, de levage : ponts roulants, monte-charge, etc.
- les appareils frigorifiques, sauf la partie gros-œuvre d'une chambre froide et
le revêtement isotherme
- les fours industriels (verreries, usines à gaz, aciéries, etc.)
- la grosse machinerie…

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Principes : l’imposition des biens à disposition
pour les besoins de la profession

 La VL des immobilisations est retenue dans la base


d’imposition à la CFE si ces biens sont à la disposition
du redevable pour les besoins de sa profession, à
l’expiration de la période de référence

 Sont visés les biens placés sous le contrôle du


redevable :
 les biens lui appartenant
 les biens pris en location ou en crédit-bail
 les biens qu'il utilise à titre gratuit

 Et affectés à un usage professionnel


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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative foncière

- Définition

- Locaux d'habitation ou à usage professionnel

- Locaux commerciaux

- Etablissements industriels

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative foncière

 Définition :
 La valeur locative cadastrale (VLC) ou revenu cadastral est la
valeur locative (VL) établie conformément aux règles fixées
pour la détermination de l’assiette de la TFPB et TFPNB

- Réforme du calcul de la VL en 2017 (locaux professionnels)


- Une réforme était envisagée pour les locaux industriels et est
en cours pour les locaux d’habitation (application prévue : 1er
janvier 2026)

 Elle représente le loyer théorique annuel que le bien serait


susceptible de produire dans des conditions normales à une
date de référence.
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des locaux


d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)

 Définition du local d’habitation (CGI)


 locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice soit d'une
activité salariée à domicile, soit d'une activité professionnelle
non commerciale au sens de l'article 92, 1 du CGI

 Sont notamment visés :


 les locaux accueillant une activité professionnelle non
commerciale : professions libérales ou de charges et offices

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Détermination de la valeur locative
 Leur valeur locative est déterminée par comparaison avec
celle de locaux de référence choisis dans la commune pour
chaque nature et catégorie de locaux

 La valeur locative des locaux de référence ayant elle-même


été fixée en fonction du cours des loyers libres normaux, en
tenant compte du caractère de l'immeuble, de la qualité de la
construction, des éléments d'équipement ou de confort

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des locaux


d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Définition du local commercial

 Toutes les propriétés qui ne sont ni des locaux d’habitation


ou à usage professionnel ordinaire, ni des établissements
industriels

 Sont notamment visés :


 les biens utilisés pour le commerce
 les locaux utilisés par les administrations publiques
 les ateliers d’artisans, les éléments isolés et dépendances
des établissements industriels (ex : sièges sociaux, bureaux,
garages…)
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Détermination de la valeur locative

 Trois méthodes d'évaluation sont prévues pour la fixation de


la valeur locative cadastrale :

- celle du bail pour les immeubles loués dans des conditions


normales au 1er janvier 1970
- à défaut, celle de la comparaison pour les immeubles non
loués au 1-1-1970, ou loués dans des conditions anormales, ou
occupés par leur propriétaire ou un tiers à un autre titre que la
location, vacants ou concédés à titre gratuit (conditions non
représentatives du marché)
- celle de l'appréciation directe : pour les immeubles ne pouvant
faire l'objet de l'une des deux autres méthodes, la valeur vénale
est recherchée dans les actes constituant l'origine de propriété
de l'immeuble : acte de vente, déclaration de succession...
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des locaux


d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Détermination de la valeur locative

 Le Conseil d’Etat rappelle régulièrement que le choix de la


méthode d’évaluation des locaux commerciaux s’effectue en
respectant l’ordre prévu par l’article 1498, à savoir un bail en
cours au 1er janvier 1970, puis par comparaison à un local-
type et enfin grâce à la méthode d’évaluation par voie
d’appréciation directe (Conseil d’Etat 25/2/2008, n° 296844,
Sofilo)

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)

 Détermination de la VL - Evaluation au moyen des baux


 Méthode utilisable uniquement pour les locaux existant à la
date de référence de la révision générale (01/01/1970) et
faisant l’objet d’une location consentie à des conditions de
prix normales à cette date

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Détermination de la VL - Evaluation au moyen des baux

 Appréciation du caractère normal du loyer :


 L’écart avec le loyer unitaire au mètre carré pondéré du local
type ne doit pas excéder 20 % (en plus ou en moins) du loyer
normal
- Ex : local type de 70 m² de surface pondéré loué 2.000 €;
valeur locative au m² pondéré : 2000/70 = 28,57 €.
Fourchette de normalité des locations 22,85 € < x < 34,28 €

 L’écart avec le loyer unitaire au mètre carré pondéré du local


type excède 20 % : loyer anormal (méthode par comparaison)

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Détermination de la VL - Evaluation par comparaison

 Choix des immeubles types


Ils doivent
 être situés dans la commune
 être loués à des conditions de prix normales et
 être les + représentatifs des diverses catégories de locaux :
- selon l’affectation : commerce, administration…
- selon la situation
- selon la nature de la construction et son état d’entretien

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Détermination de la VL - Evaluation par comparaison

 Choix d’une unité de mesures


 Consiste à décomposer les locaux à évaluer selon certaines
unités techniques élémentaires
 La doctrine administrative fournit à titre indicatif le barème de
pondération suivant :
- Boutiques magasins,
Superficie délimitée par la façade et les 5 premiers mètres : 1
Superficie délimitée par les 5mètres suivants : 0,5
Le surplus : 0,33
- Réserves, débarras, dégagements, sanitaires 0,33
- Caves et greniers 0,1
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)
 Détermination de la VL - Evaluation par appréciation
directe : lorsque les autres moyens font défaut
 On applique un taux d’intérêt à la valeur vénale du bien, telle
qu’elle serait constatée à la date de référence si l’immeuble
était libre de toute location
 La valeur vénale est d’abord recherchée dans les actes
constituant l’origine de propriété (cession, donation, etc…) à
condition toutefois de ne pas être trop anciens. A défaut, elle
doit être recherchée à partir d’immeubles similaires
 Le taux d’intérêt dépend du taux des placement immobiliers
constaté dans la région pour les immeubles similaires, mais
aussi des particularités propres à chaque immeuble
- Ex : golf : 4 % hôtel : 10 % 35
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des locaux
d'habitation ou à usage professionnel
(ancien régime)

Valeur locative cadastrale (VLC)

× coefficient de revalorisation annuelle

= base taxable à la CFE

Remarque :
base TF = (VLC × coeff. 1980 × coeff. Revalorisation) - 50 %

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Nouveau système d’évaluation : les principes


 L’article 34 de la loi de finances rectificative pour 2010 décrit
l’intégralité du dispositif de révision des valeurs locatives des
locaux professionnels
 Abandon de la notion de local type
 Découpage des départements en secteurs d’évaluation
représentant un marché locatif homogène
 Mise en place d’une grille tarifaire par catégorie de local
au sein de ces secteurs
 Méthode alternative « d’appréciation directe » par
application d’un taux de 8% à la valeur vénale (propriétés
présentant des caractéristiques exceptionnelles)
 Détermination d’un coefficient de localisation afin de tenir
compte de la situation géographique particulière de chaque
local au sein du secteur d’évaluation (applicable par parcelle)
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Nouveau système d’évaluation : les principes

 La valeur locative est donc calculée comme


suit :
 VL = surface pondérée du local x tarif de la
catégorie du local x coefficient de localisation

 Application de mécanismes temporaires sur la


période 2017-2025 (qui seront impactés par la
réforme de la VL des locaux d’habitation).

 Attention : le calcul de la VL des locaux industriels


n’est pas réformé à ce jour

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Nouveau système d’évaluation

 La mise en œuvre des opérations de révision


 Une collecte d’informations auprès des propriétaires : tous les
propriétaires de locaux professionnels souscrivent une
déclaration 6660-REV depuis 2013
 Une exploitation des données par la DGFIP : à partir des
données figurant sur les déclarations, chaque DDFIP ou DRFIP
a élaboré un projet contenant les nouveaux paramètres
d’évaluation (découpage des départements en secteurs, tarifs
par catégorie de local)
 Le rôle décisionnel des Commissions Départementales des
Valeurs Locatives (CDVL) : les projets des DD/DRFiP sont
soumis aux CDVL. Ces commissions arrêtent les nouveaux
paramètres d’évaluation

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Révision des valeurs locatives foncières

 Une mise à jour permanente


 Un dispositif de mise à jour permanente permet de rester
au plus près du marché locatif local.
 Une collecte annuelle des informations auprès des
exploitants par la DGFIP
 Une actualisation annuelle des tarifs par la DGFIP
 Une possibilité pour les CDVL de modifier les coefficients
de localisation tous les deux ans
 Une possibilité pour les CDVL de modifier les périmètres
des secteurs d’évaluation après chaque renouvellement
général des conseils municipaux (à partir des données de
Decloyer ou de déclarations déposées par les
propriétaires)
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Révision des valeurs locatives foncières

 L’intégration des résultats de la révision

 Une réforme à produit constant (en l’absence de


modification des taux par les collectivités)

 Pas d’effet redistributif de la révision entre les locaux


professionnels et les locaux d’habitation

 Un dispositif de lissage des évolutions de cotisations est


instauré (entre CFE 2017 et les années antérieures)

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Révision des valeurs locatives foncières

 Obligation déclarative annuelle : la déclaration


DECLOYER

 Déclaration à établir par les locataires


 Dans les mêmes délais que la liasse fiscale (EDI)
 Il s’agit de déclarer le loyer de l’année civile en cours

Remarque : Notice sur le site impôts.gouv.fr

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Les usines (fabrication, transformation)


 Les locaux commerciaux nécessitant d’importants moyens
techniques : le rôle des installations techniques, matériels,
outillages est prépondérant
- Exemple : activité de stockage

Remarque : il s’agit d’une appréciation des faits

 Exclusion des entreprises artisanales au 1er janvier 2019.


Elles relèvent de la méthode des locaux professionnels.
(obligation d’information du propriétaire au plus tard le 31
décembre)
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Position de l’administration fiscale (doctrine) :

 Usines ou ateliers où s’effectuent à l’aide d’un outillage


relativement important la transformation des matières
premières ainsi que la fabrication ou la réparation des objets

 Établissements où sont réalisées soit des opérations


d’extraction soit des opérations de manipulation ou des PS
dans lesquels le rôle de l’outillage et de la force motrice est
prépondérant

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels
 Jurisprudence

 Le CE fait prévaloir le critère de l’importance des moyens


techniques mis en œuvre sur celui de la nature de l’activité
exercée

 Outre les usines, la catégorie des locaux industriels comprend


les biens commerciaux répondant à la définition donnée par la
Jurisprudence Miroline (CE arrêt du 27 juillet 2005) :
« revêtent un caractère industriel, au sens de cet article, les
établissements dont l’activité nécessite d’importants moyens
techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la
fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais
aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et
outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d’une autre activité,
est prépondérant »
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Régime applicable à compter du 1er janvier 2019 (art. 1500


du CGI)

 Revêtent un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à


l'exercice d'une activité de fabrication ou de transformation de biens
corporels mobiliers qui nécessite d'importants moyens techniques.

 Revêtent également un caractère industriel les bâtiments et terrains


servant à l'exercice d'activités autres que celles mentionnées ci-
dessus qui nécessitent d'importants moyens techniques lorsque le
rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en
œuvre est prépondérant.

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Régime applicable à compter du 1er janvier 2020

 Lorsque la valeur des installations techniques, matériels et


outillages présents dans les bâtiments ou sur les terrains et
destinés à l'activité ne dépasse pas un montant de 500 000 €, ces
bâtiments et terrains ne revêtent pas un caractère industriel.

 Le seuil de 500 000 € prend en compte la valeur brute des biens


détenus par l’exploitant ou mis à sa disposition à titre onéreux ou
gratuit pendant une durée totale d’au moins 6 mois au cours de
l’année civile précédant celle au titre de laquelle l’imposition est
établie ou, en cas de clôture d’un exercice égal à 12 mois au cours
de cette même année, au cours de cet exercice.
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels
 Régime applicable à compter du 1er janvier 2020

 Des règles sont prévues en cas de dépassement des seuils à la


hausse ou à la baisse (délai d’appréciation : sur 3 ans)

 Obligation d’avertir le propriétaire des changements avant le 1er


février de l’année au cours de laquelle le seuil est franchi

 Mécanisme de lissage des variations de bases sur 6 ans, lorsque la


variation de la valeur locative (à la hausse ou à la baisse) dépasse
30%
Ce mécanisme est adapté pour tenir compte de la réduction de
la valeur locative des locaux industriels à compter de 2021
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Deux méthodes d’évaluation


 La méthode comptable ou la méthode particulière :
- Méthode comptable : pour les bâtiments et terrains
industriels figurant à l’actif du bilan de leur propriétaire ou
de leur exploitant soumis à l’impôt sur les bénéfices selon
le régime réel
- 2017 : applicable aux entreprises loueuses de
bâtiments/terrains industriels (quel que soit leur régime
d’imposition)

- Méthode particulière : lorsque les conditions ne sont pas


satisfaites, utilisation des règles des locaux commerciaux
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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 La méthode comptable
 La valeur locative des immobilisations foncières industrielles
relevant de la méthode comptable s'obtient en appliquant au
prix de revient de leurs différents éléments, éventuellement
revalorisé, des taux d'intérêt variables selon la date
d'acquisition

 VLC = PR × taux d’intérêt


Remarque : le taux d’intérêt est généralement de 8 % (4% à
compter de 2021)

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 La méthode comptable
 Le prix de revient à retenir s'entend de la valeur d'origine
pour laquelle les immobilisations doivent être inscrites au
bilan

 Cette valeur d'origine correspond pour les immobilisations :


- acquises à titre onéreux : au coût d'acquisition
- acquises à titre gratuit, à la valeur vénale
- apportées à l'entreprise par des tiers, à la valeur d'apport
- créées par l'entreprise, au coût d'acquisition des matières ou
fournitures consommées, augmenté de toutes les charges
directes ou indirectes de production et des coûts d'emprunt

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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des
établissements industriels
Pour les sols et terrains Pour les constructions et installations
La valeur locative est égale à La valeur locative est égale à
Si le bien acquis avant 1959 Prix de revient Si le bien a été acquis Prix de revient
+ 3 % pour chaque année  1er avant 1959
janvier 1970 x coefficient de révision des bilans
pour les biens acquis avant le 1er
x coefficient de révision des juillet 1959
bilans pour les biens acquis x9%
avant le 1er juillet 1959
x8%

Si le bien est acquis de 1959 à Prix de revient Si le bien est acquis Prix de revient
1969 inclus + 3 % pour chaque année entre le 1er janvier 1959 et
depuis leur entrée dans le le 31 décembre 1975
patrimoine jusqu’au 1er janvier
1970
x9%
x8%

Si le bien est acquis depuis le Prix de revient Si le bien a été acquis Prix de revient
1er janvier 1970 x8% depuis le 1er janvier 1976 x8%

= Valeur locative cadastrale


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La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels
 La méthode comptable

 Loi de finances pour 2021


- Le taux d’intérêt est fixé à 4% pour les sols et les terrains
- Le taux d’intérêt est fixé à 6 % pour les constructions et les
installations

Au taux d’intérêts sont appliqués un abattement (pour les


constructions) :
- De 25 % en ce qui concerne les biens acquis ou créés avant le 1er
janvier 1976
- De 33,33 % en ce qui concerne les biens acquis ou créés à compter
du 1er janvier 1976

Immobilisations acquises avant 1976 : 4,5 %


Immobilisations acquises à compter de 1976 : 4% 53
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

Valeur locative cadastrale (VLC)

× coefficient de revalorisation annuelle

- 30 % (abattement des établissements industriels)

= Base taxable à la CFE

54
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Réduction de VL pour certains immeubles spécifiques :


 Aéroports → réduction de 33,33 %

 Installations antipollution achevées avant 2011


→ réduction de 50 %

 Matériel pour économiser l’énergie ou réduire le bruit


→ réduction de 50 % (pouvant être portée à 100 % par les
communes et groupements à fiscalité propre)

55
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Valeurs locatives « Plancher »


 Régime spécial en cas d’opérations de restructuration

 Objectifs : éviter qu'à l'occasion de restructurations, les


collectivités territoriales ne subissent des pertes de matière
imposable

 La valeur locative des immobilisations acquises à la suite


d'apports, de scissions, de fusions de sociétés ou de cessions
d'établissements ne peut pas être inférieure à un certain seuil
(valeur locative plancher)

56
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la valeur locative des
établissements industriels
 Valeurs locatives « Plancher »
 Pour le calcul de la valeur locative, les immobilisations à
retenir sont celles :
- qui ont fait l'objet d'un transfert de propriété dans l'acte d'apport,
de scission, de fusion ou de cession
- et dont la valeur locative a été imposée à la CFE ou à la TF au
titre de l'année de l'opération

 Les immobilisations concernées par ces opérations sont


imposées sur la plus élevée des deux valeurs locatives
suivantes :
- celle obtenue en appliquant après l'opération les règles de droit
commun
- ou celle obtenue en appliquant un pourcentage à la valeur
locative retenue pour la dernière imposition (valeur locative
plancher)
57
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Valeurs locatives « Plancher »


 La valeur locative des immobilisations corporelles acquises à
la suite d'apports, de scissions, de fusions de sociétés ou de
cessions d'établissements ne peut être inférieure :

- à 80 % de la valeur locative retenue l'année même de


l'opération pour les opérations réalisées à compter du 1er
janvier 1992

58
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Valeurs locatives « Plancher » (TUP)


 La valeur locative des immobilisations corporelles acquises à
la suite d'opérations de transmissions universelles de
patrimoine réalisées à compter du 1er janvier 2010 ne peut
être inférieure à 80 % de la valeur locative retenue l'année de
l'opération

 Pour les TUP réalisées avant le 31/12/2009 : Prix de revient


= valeur d’ apport = VNC

59
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Valeurs locatives « Plancher » (intégration fiscale)


 Groupe fiscalement intégré : le seuil de 80% est porté à 90%
pour :

- les opérations d'apports, de scissions, de fusions de sociétés


ou de cessions d'établissements réalisées à compter du 1er
janvier 2006
- les opérations de transmissions universelles de patrimoine
réalisées à compter du 1er janvier 2010

Lorsque ces opérations interviennent au sein d’un groupe intégré


fiscalement.

60
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Valeurs locatives « Plancher » (entreprises liées)


 Sociétés dites « liées » : le seuil est porté à 100 % pour :
- les opérations d'apports, de scissions, de fusions de sociétés,
de cessions d'établissements ou de TUP réalisées à compter
de 2010 (pour ce qui concerne la CFE) ou de 2011 (pour ce qui
concerne la taxe foncière)
- lorsque ces opérations interviennent entre entreprises liées :
- lorsque, directement ou indirectement, l'entreprise cessionnaire
ou bénéficiaire de l'apport contrôle l'entreprise cédante, apportée
ou scindée ou est contrôlée par elle
- ou que ces 2 entreprises sont contrôlées par la même entreprise

- Applicable également à certaines cessions d’actifs isolés en cas de


rattachement au même établissement.
61
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Valeurs locatives « plancher » spéciales


 Maintien de la valeur locative en cas de rachat de bien pris
en crédit-bail ou en cas de cession-bail (opérations
postérieures au 31 décembre 2006)

• S’applique même lorsque le propriétaire précédent relevait


de la méthode des locaux professionnels, sous réserve
d’omissions d’imposition (CE 18 septembre 2015, n° 378676
et n° 378677, Sté Sical).

• S’applique uniquement lorsqu’elle est supérieure à la VLC


déterminée dans les conditions de droit commun (CE 2
décembre 2019, n° 421454, Société Les Floralies).

62
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la valeur locative des


établissements industriels

 Valeurs locatives « plancher » spéciales

 Abaissement temporaire (2 ans) de la valeur locative


plancher à 50 % dans le cadre de procédures de
sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire

NB : la valeur locative plancher de 90 % ou de 100 % prévaut


sur la valeur locative de 50%

63
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Constatation annuelle des changements qui


affectent les propriétés
 2 catégories de changements :
 Changements devant faire l’objet d’une déclaration obligatoire
- Construction nouvelle :

Tout bâtiment qui se trouve :


- soit édifié pour la première fois sur une parcelle de terrain
non bâti : construction nouvelle proprement dite
- soit construit en remplacement d'un immeuble préexistant
préalablement démoli : reconstruction

64
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Constatation annuelle des changements qui


affectent les propriétés

- Changements de consistance :
Transformations apportées à la composition d'un local
préexistant et qui ont pour effet d'en modifier le volume ou la
surface.

Il s'agit essentiellement :
- d'additions de construction (agrandissement au sol ou
en élévation)
- de démolitions totales ou partielles
- de restructurations de construction (division ou réunion
de locaux préexistants)

65
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Constatation annuelle des changements qui


affectent les propriétés

- Changements d'affectation / d’utilisation / de méthode


d’évaluation :

- changements affectant l'exigibilité de l'impôt : perte d'une


exonération ou inversement
- changements affectant la nature de l'impôt : soumettre à la
TFPB des biens relevant précédemment de la TFPNB ou
inversement
- changements affectant le classement de l’immeuble (passage
de méthode industrielle à la méthode des locaux
professionnels, changement de catégorie pour un immeuble
commercial, etc.)

66
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Constatation annuelle des changements qui


affectent les propriétés
 Changements constatés d’office par l’administration
 Changements de caractéristiques physiques :

- ils affectent la structure même de la construction et ont


pour effet de modifier la VL du local
- ils sont le plus souvent consécutifs à l’exécution de
travaux importants hors de proportion avec les travaux
d’entretien normaux
- ils ne sont pris en considération que lorsqu’ils entraînent
une modification de la VL du bien concerné

67
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Constatation annuelle des changements qui


affectent les propriétés

- Changements d'environnement :

Phénomènes extérieurs qui n'affectent pas la structure même


de la construction mais seulement son environnement
immédiat.

- réalisation d'opérations d'urbanisme ou d'équipements


collectifs (rénovation urbaine, construction ou
suppression d'une voie d'accès, d'une gare ferroviaire ou
routière, création d'espaces verts ou de plans d'eau, etc.)
- implantation, ou la suppression, d'établissements
dangereux ou générateurs de nuisances (odeurs,
poussières, bruits, fumées, etc.)

68
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Constatation annuelle des changements qui


affectent les propriétés

 En cas de déclaration obligatoire :

 déclaration à produire dans les 90 jours de la réalisation


définitive de la construction ou du changement qui la motive
 constructions nouvelles : locaux professionnels : modèle
6660 REV ; établissements industriels : modèle U
 changements de consistance ou d’affectation de toute nature,
pour tous les types de locaux : modèle IL (imprimé 6704)/
6660 REV selon les cas
 changement d’utilisation des locaux professionnels : 6660
REV
 changement de méthode d’évaluation des locaux industriels :
6660 REV
69
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Constatation annuelle des changements qui


affectent les propriétés

 A défaut de déclarations :

 perte ou réduction de l'exonération temporaire (CGI art.


1406, II)
 application d'amendes fiscales (CGI art. 1729 C)
 émission de rôles particuliers (CGI art. 1508) : les
insuffisances d'évaluation des propriétés bâties résultant
d'omissions ou d'inexactitudes dans les déclarations
souscrites par les propriétaires peuvent être réparées à toute
époque au moyen de rôles particuliers

70
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul, établissement et paiement de la CFE

- Calcul

- Établissement

- Paiement

71
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la CFE - Principes

 Le montant de la CFE s'obtient en multipliant la base


d'imposition par les taux d'imposition fixés par les
collectivités territoriales

 Les collectivités territoriales et les établissements


publics de coopération intercommunale dotés d'une
fiscalité propre votent chaque année le taux des
principaux impôts locaux qu'ils perçoivent

72
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la CFE – Dégrèvements

 Dégrèvements maintenus :
 Dégrèvement pour diminution des bases (ou
dégrèvement pour réduction d’activité). Un dégrèvement
peut en effet être accordé aux contribuables dont les
bases d’imposition diminuent entre l’avant-dernière et la
dernière année précédant celle de l’imposition
 Plafonnement en fonction de la valeur ajoutée

 Dégrèvements supprimés : (par rapport à la TP)


 Dégrèvements pour investissements nouveaux
 Dégrèvement au titre des biens affectés à la recherche
 Dégrèvement au titre des véhicules routiers et fluviaux

73
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la CFE – Dégrèvements (suite)

 Dégrèvement pour diminution des bases d'imposition

 Les entreprises dont les bases d'imposition à la CFE


diminuent entre l'année de référence (avant-dernière année
et l'année précédant celle de l'imposition) bénéficient, sur
leur demande, d'un dégrèvement correspondant à la
différence entre les bases afférentes à ces 2 années

 Ainsi, pour les impositions de l'année N, il s'agit de la


différence entre les bases de l'année N - 2 imposées en N
et les bases de l'année N - 1 qui seront imposées en N + 1

74
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Calcul de la CFE – Dégrèvements (suite)

 Dégrèvement pour diminution des bases d'imposition

 Selon l'administration, le montant du dégrèvement se


calcule comme suit :
[ imposition N - (imposition N x bases N - 1 imposées en N +
1 / bases N - 2 imposées en N) ]

 Mais le Conseil d'Etat retient une méthode de calcul


différente : le dégrèvement doit être calculé en appliquant à
la différence entre les bases d'imposition de l'année de
référence et de l'année précédant celle de l'imposition le
taux de l'année d'imposition

75
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Calcul de la CFE – Cotisation minimum

 Tous les redevables de la CFE sont assujettis, au lieu de


leur principal établissement, à une cotisation minimum

 La cotisation minimum est établie à partir d’une base dont


le montant est fixé par le Conseil municipal et doit être
compris pour 2021 entre 223 € et 6.901 € selon le chiffre
d’affaires (montants indexés sur l’indice des prix)
 Exonération possible pour les petites entreprises (CA <
5.000 €) : aide de minimis

76
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Etablissement de la CFE

 Lieu d’imposition
La CFE est établie dans chaque commune où le redevable
dispose de locaux ou de terrains

77
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Etablissement de la CFE

 Annualité de la CFE
Le principe est que la CFE est due pour l’année entière par
le redevable qui exerce l’activité au 01.01

78
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Etablissement de la CFE

 Annualité de la CFE

 En cas de création d’établissement

La CFE n’est pas due la première année. Pour l’année


suivante, les bases imposables sont réduites de moitié
Obligation de déposer une déclaration 1447 C au plus tard le
31/12.

79
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Etablissement de la CFE
 Annualité de la CFE (suite)
 En cas de changement d’exploitant
En cours d’année :
– L’ancien exploitant demeure imposable et déclare le changement
au plus tard le 31/12 (sur papier libre)
– Le nouvel exploitant dépose une déclaration 1447 C au plus tard le
31/12

Au 1er janvier :
– Le nouvel exploitant est imposable sur les bases de l’ancien sauf
activité différente
– Le nouvel exploitant dépose une déclaration 1447 C au plus tard le
31/12

 NB : les clauses de rétroactivité sont sans incidences 80


La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Etablissement de la CFE

 Annualité de la CFE (suite)

 En cas de cessation d’activité


- Principe : la CFE n’est pas due pour les mois restant à courir
(dégrèvement prorata temporis, calculé par mois entier d’activité.
Il peut être accordé d’office par l’Administration)
- Sauf : en cas de cession de l’activité exercée dans
l’établissement ou en cas de transfert d’activité

81
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Etablissement de la CFE

 Annualité de la CFE (suite)

 En cas de transfert d’établissement


- Le transfert dans une autre commune est assimilé à une
création d’établissement à condition que le redevable n’ait pas
de prédécesseur dans l’établissement où il s’installe
(une déclaration n°1447-C est à souscrire au plus tard le 31/12
de l’année du transfert)
- Le transfert dans la même commune n’entraîne de
conséquences particulières (en principe)

82
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Etablissement de la CFE

 Déclaration de la CFE
 Création d’activité ou changement d’exploitant :
déclaration 1447 C à déposer au plus tard le 31/12 de
l’année de la création ou de la reprise.

 Obligation de déclarer les changements (déclaration


1447 M) : augmentation ou diminution de la surface des
locaux, demande du bénéfice d’une exonération
facultative, etc.
- Date de dépôt : 2ème jour ouvré suivant le 1er mai
 Pour certaines demandes d’exonération : dépôt d’une déclaration 1465 avec la
déclaration 1447.
83
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Paiement de la CFE

 La CFE est établie par voie de rôle


 1 acompte et 1 solde
- Les redevables dont la cotisation de l’année précédente a été
au moins de 3.000 € doivent verser 1 acompte de 50 % de la
cotisation, le 15 juin (possibilité de réduire à 25 % pour la CFE
2021 pour les locaux industriels).

- Le paiement du solde intervient en décembre après mise en


recouvrement du rôle.

- Paiement par télérèglement, prélèvement à l’échéance ou


mensualisation.
84
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Paiement de la CFE

 La CFE est établie par voie de rôle


 Modulation des acomptes
- Lorsque le contribuable estime que sa base d’imposition sera
réduite d’au moins 25% par rapport à l’année précédente.

- En cas de cessation d’activité en cours d’année.

- Imputation possible de 50% du dégrèvement pour plafonnement


en fonction de la VA de l’année précédente.

Il faut remettre une déclaration écrite, datée et signée au moins 15


jours avant la date d’exigibilité de l’acompte.

85
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Contrôle et contentieux

 Délai de reprise
Les erreurs-omissions concernant la CFE peuvent être
réparés par l’administration jusqu’au 31.12 de la 3ème année
suivant celle de l’imposition.
Si activité occulte : 10 ans

86
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Contrôle et contentieux
 Procédure de rectification
La procédure de rectification contradictoire n’est pas
applicable, l’article L56 du LPF excluant cette procédure en
matière d’impositions directes, autres que la CVAE, perçus
au profit des collectivités locales

Cependant, en vertu du principe général des droits de la


défense, le CE a jugé que même si la procédure de
rectification obligatoire n’est pas applicable, l’administration
ne peut procéder au rehaussement des bases déclarées
par le contribuable qu’après avoir mis celui-ci en mesure
de présenter ses observations (CE 05.06.2002 n° 219840
rendu en matière de TP)
87
La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)
Contrôle et contentieux

 Délai de réclamation
En l’absence de disposition particulière, l’article R 196-2 du
LPF s’applique dès lors que la CFE est un impôt local.

Délai de réclamation : 31.12 de l’année suivant celle de la


mise en recouvrement.

Exemple : CFE 2020 = délai expire le 31.12.2021

88
Cotisation sur la Valeur ajoutée
des entreprises (CVAE)

– Présentation générale

– Champ d’application

– Détermination du montant de la CVAE

– Etablissement et paiement de la CVAE

– Contrôle et contentieux

89
CVAE

Présentation générale

 La cotisation sur la VA des entreprises (CVAE) constitue le


2ème élément de la CET

 La CVAE s’ajoute à la CFE

 La CVAE se calcule au niveau de l’entreprise et non pas au


niveau de chaque établissement

90
CVAE

Champ d’application de la CVAE

– Redevables

– Territorialité

– Exonérations

91
CVAE

Redevables

 La CVAE s’applique aux personnes qui exercent une


activité imposable à la cotisation foncière des
entreprises (1) (cf. CE 12 février 2020, 10ème et 9ème
ch., Caisse nationale des barreaux français).

- personnes physiques
- personne morales
- Cas particulier en cas d’apport, de cession d’activité,
scission, TUP intervenant en cours d’année : la taxe est
due par le bénéficiaire même s’il n’exerce aucune activité
au 1/1/N et même s’il n’existe pas à cette date.

92
CVAE

Redevables

 Sont assujetties à la CVAE les entreprises dont le CA est


supérieur à 152.500 € (2)

Remarque : Cependant les entreprises dont le CA est


inférieur à 500.000 € bénéficient d’un dégrèvement total de
cette cotisation

93
CVAE

Territorialité

 La CVAE, comme la CFE, est due par les personnes qui


exercent une activité professionnelle en France.

94
CVAE

Exonérations

 Exonérations de plein droit

 Les exonérations de plein droit applicables à la CFE,


permanentes ou temporaires, s’appliquent à la CVAE

- Exemple : Une entreprise exerce une activité purement agricole


et l’autre commerciale.
L’entreprise sera redevable de la CVAE uniquement sur la VA
de l’activité commerciale.
Le taux de la CVAE sera également déterminé à partir du CA de
la seule activité commerciale.

95
CVAE

Exonérations

 Exonérations facultatives (liées à une délibération des


collectivités concernées)

L’ensemble des exonérations facultatives prévues en matière de


CFE a vocation à s’appliquer à la CVAE.

Les exonérations de CVAE sont liées à celles de la CFE. Ainsi, le


bénéfice des exonérations de CVAE est perdu si les conditions
de l’exonération de CFE ne sont plus réunies.

NB : suppression de la part régionale de la CVAE à compter


de 2021

96
CVAE

Détermination du montant de la CVAE

– Calcul

– Détermination du CA et de la VA

– Calcul de la cotisation

– Dispositif anti-abus

97
CVAE

Calcul

 CVAE = VA × taux
 Le taux théorique est égal à 0,75 % (1,5% jusqu’au
31/12/2020).
 Mais les entreprises dont le CA n’excède pas 50.000.000 €
bénéficient d’un dégrèvement en fonction du CA

 En pratique : le taux théorique de 0,75 % (1,5 % jusqu’au


31/12/2020) ne s’applique qu’aux entreprises dont le CA >
50 M €
Pour les autres, il dépend du CA

98
CVAE

Détermination du CA et de la VA

 Période de référence
 CA réalisé et VA produite au cours de l’année d’imposition ou
au cours de l’exercice de 12 mois clos au cours de cette
même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec
l’année civile

 Proratisation du CA : ajustement du CA sur 12 mois si


durée de l’exercice inférieure, ou supérieure.

99
CVAE
Détermination du CA et de la VA

 Période de référence
 Modalités de calcul en fonction de la durée des exercices
 Exercice de 12 mois clos en N (année civile ou non) :
- CA et VA de l’exercice clos en N

 Exercice de plus ou de moins de 12 mois clos en N :


- VA de l’exercice clos en N (possibilité d’une VA de plus
de 12 mois)
- CA de l’exercice clos en N corrigé pour correspondre à
12 mois

 Création d’entreprise au cours de l’année N :


- CA et VA du jour depuis la création jusqu’au 31/12 de
l’année N
- CA corrigé pour correspondre à 12 mois

100
CVAE
Détermination du CA et de la VA

 Période de référence
 Modalités de calcul en fonction de la durée des exercices
 En l’absence de clôture d’exercice au cours d’une année civile

- VA de l’exercice en cours arrêtée au 31/12/N (possibilité


d’une VA de plus de 12 mois)
- CA de l’exercice en cours arrêté au 31/12/N corrigé pour
correspondre à 12 mois

 En cas de pluralité d’exercices clos en N :


- Total de la VA des exercices clos en N (possibilité d’une
VA de plus de 12 mois)
- Total du CA de des exercices clos en N corrigé pour
correspondre à 12 mois
101
CVAE

Détermination du CA et de la VA

 CA de 12 mois
- Exemple : Une entreprise clôture le 31 octobre N - 1 un exercice
de 12 mois. Elle ne clôture aucun exercice en N.
Le CA généré entre le 1er novembre N - 1 et le 31 décembre N est
de 600 000 €.

Le CA retenu au titre de N est de : 600 000 € × 12/14 = 514 286 €.

102
CVAE

Détermination du CA et de la VA

 Définition légale et comptable du CA et de la VA : article


1586 sexies du CGI
 Le calcul du CA et de la VA exclut la prise en compte des
produits et charges financières et exceptionnelles
Rappel : VA = CA - Charges
Pour le calcul de la VA, le CA n’est pas ajusté à 12 mois

103
CVAE

Détermination du CA et de la VA

 Définition légale et comptable du CA et de la VA : article


1586 sexies du CGI
 Plusieurs définitions du CA et de la VA pour :
- les entreprises BIC/IS
Droit commun - les titulaires de BNC soumis à comptabilité de caisse
- les titulaires de revenus fonciers
- les établissements de crédit, sociétés de financement
- les sociétés créées pour une opération de financement
d’immobilisations corporelles
- les entreprises d’assurance et assimilées
- les entreprises de gestion d’instruments financiers

104
CVAE
Définition légale du CA
Nature des sommes concourant Comptes à retenir Commentaires
au chiffre d’affaires

Ventes de marchandises et de Comptes 701 à 709 du PCG


produits fabriqués, prestations de
services

Redevances pour concessions, Compte 751 du PCG


brevets, licences, marques, procédés,
logiciels, droits et valeurs similaires

Plus-values de cession d’éléments Différence positive entre les Seules les plus-values réalisées
d’immobilisations corporelles et comptes 775 et 675 du PCG dans le cadre de l’activité
incorporelles courante et normale de
l’entreprise devront ainsi être
retenues

Refacturations de frais inscrites aux Comptes 791 à 797 du PCG L’Administration fiscale a
comptes de transfert de charges précisément défini les frais
pouvant donner lieu à
refacturation concernés par
cette mesure

105
CVAE

Définition du CA et de la VA - Définition légale


du CA
 L’Administration a indiqué qu’elle retient les plus-values
de cession d’immobilisations qui entrent dans le cycle de
production de l’entreprise. Les plus-values de cession
d’immobilisations dont l’entreprise n’a plus l’utilité ne sont
pas retenues

- Exemple : une entreprise loue des véhicules auto, les cède à


l’issue de la période de location → la plus-value est à inclure dans
le chiffre d’affaires retenu pour la CVAE

 Avis du CE n° 421182 du 26 septembre 2018 : les plus-values


correspondent à la différence entre le prix de cession d’une
immobilisation et sa valeur nette comptable (valeur brute –
amortissements comptabilisés.)
106
CVAE

Frais inscrits en transfert de charges

 Selon les Services fiscaux, les frais pouvant donner lieu à


refacturation sont les suivants :

 Charges externes comptabilisées dans les comptes 601 à 629


 Impôts, taxes et versements assimilés, comptabilisés dans les
comptes 631 à 637
 Charges de personnel comptabilisées dans les comptes 641 à 648
 Autres charges de gestion courante comptabilisées dans les
comptes 651 à 658
 Charges financières comptabilisées dans les comptes 661 à 668
 Charges exceptionnelles comptabilisées dans les comptes 671 à
678
 Participation des salariés et impôts sur les bénéfices et assimilés
comptabilisés dans les comptes 691 à 699

107
CVAE
Autres produits
L’article 1586 sexies ajoute au chiffre d’affaires les produits suivants
Nature des produits à retenir Comptes à retenir Commentaires

Autres produits de gestion courante Comptes 752 à 758 du Ne doivent pas être retenus les produits pris en compte dans le chiffre
PCG (à l’exception du d’affaires, et les quotes-parts de résultat sur opérations faites en
compte 755) commun (enregistrées en compte 755)

Production immobilisée Comptes 721 et 722 du La production immobilisée ne doit être retenue qu’à hauteur des
PCG seules charges qui ont concouru à sa formation et qui figurent parmi
les charges déductibles de la valeur ajoutée (exemple : achats de
marchandises)

Subvention d’exploitation Compte 74 du PCG L’Administration énonce toutefois que doivent être retenues les
subventions comptabilisées dans un autre compte (par exemple le
compte 7715 – Subvention d’équilibre) dès lors qu’elles permettent à
l’entreprise de compenser l’insuffisance de certains produits
d’exploitation ou de faire face à certaines charges d’exploitation

Abandons de créance à caractère financier dont Les abandons de créance à caractère commercial sont en général,
bénéficie l’entreprise à hauteur du montant selon l’administration fiscale, des produits exceptionnels à ne pas
déductible des résultats de l’impôt sur les sociétés retenir
(pour les exercices clos avant le 4 juillet 2012)

Variation positive des stocks Comptes 603 et 713 du


PCG (solde créditeur)

Transfert de charges déductibles de la valeur Comptes 791 à 797 du Ne sont pas concernés les transferts de charges déjà retenus dans le
ajoutée PCG chiffre d’affaires (c’est-à-dire les refacturations de frais)

Rentrées sur créances amorties A retenir car les pertes sur créances irrécouvrables sont déductibles.
108
Elles sont à retenir même si elles sont enregistrées en produits
exceptionnels
CVAE
Charges à déduire

Nature des charges à retenir Comptes à retenir Commentaires


Achats Comptes 601 à 609 du Ces éléments s’apprécient pour leur montant net de
PCG à l’exception du rabais, remises et ristournes obtenus
compte 603

Variation négative des stocks Comptes 603 et 713 du


PCG (solde débiteur)

Services extérieurs à l’exception de Comptes 611 et 613 à Les redevances de crédit bail comptabilisées en
certains loyers 629 du PCG compte 612 ne sont jamais admises en déduction de
la valeur ajoutée. Les loyers, comptabilisés en
compte 613 ne sont pas, en principe, admis en
déduction de valeur ajoutée sous réserve de
certaines exceptions

Taxes déductibles de la valeur ajoutée Comptes 631 à 638 du Selon l’Administration, seules seront déductibles les
PCG taxes grevant directement le prix des biens et les
services vendus par l’entreprise assujettie à la CVAE
et les contributions indirectes

109
CVAE
Charges à déduire
Nature des charges à Comptes à Commentaires
retenir retenir

Autres charges de gestion Comptes 651 à Ne sont pas déductibles de la valeur ajoutée les quotes-parts de résultat
courante 658 du PCG à faites en commun comptabilisée au compte 655
l’exception du
compte 655

Abandons de créances à Il s’agit du corollaire de la prise en compte dans les produits des
caractère financier versés abandons de créances financiers obtenus (non applicable pour les
par l’entreprise à hauteur du exercices clos à compter du 4 juillet 2012)
montant déductible des
résultats imposables à
l’impôt sur le revenu ou à
l’impôt sur les sociétés

Certaines dotations aux Compte 681 du Doivent être retenues dans les charges déductibles de la valeur ajoutée,
amortissements PCG les dotations aux amortissements relatives aux biens donnés en location
> 6 mois, en crédit-bail ou faisant l’objet d’une location-gérance, au
prorata de la période de location, de location-gérance ou de crédit-bail
Moins-values de cession Différence Il s’agit du corollaire de la prise en compte des plus-values dans le chiffre
d’immobilisations négative entre d’affaires. Ainsi, seules les moins values réalisées dans le cadre de
corporelles et incorporelles les comptes 775 l’activité courante et normale de l’entreprise devront ainsi être retenues
et 675 du PCG

110
CVAE

Charges non déductibles


 Ne sont toutefois pas déductibles de la valeur ajoutée :
 Les loyers ou redevances (comptes 612 et 613) afférents aux
biens corporels pris en location ou en sous-location ou en
location-gérance pour une durée de plus de six mois ou en
crédit-bail (pas de délai pour ce dernier contrat). L’exclusion
s’applique également aux redevances versées dans le cadre
des délégations de service public (CE 24 février 2020, 8ème et
3ème ch., Sté restauration du Musée d’Orsay)
 Exception en cas de sous-location > 6 mois (faculté de déduire le
loyer payé au loueur dans la limite du produit de la sous-location)
 Les charges de personnel : rémunérations du personnel de
l’entreprise et les charges sociales correspondantes
 Les impôts, taxes et versements assimilés, à l’exception des
taxes sur le chiffre d’affaires et assimilées, des contributions
indirectes et de la taxe intérieure de consommation sur les
produits énergétiques
111
CVAE

Charges non déductibles


 Les quotes-parts de résultat sur opérations faites en commun :
quotes-parts de pertes réalisées par des sociétés détenues par
l’entreprise et donnant lieu à une comptabilisation en tant que
telles par cette dernière
 Les charges financières
 Les dotations aux amortissements d’exploitation : sauf pour les
biens donnés en location
 Les dotations aux provisions (notamment les provisions pour
dépréciation)
 Les contributions financières versées au titre de la formation
professionnelle à fonds perdus ou présentant un caractère
libératoire d’une imposition :
 Les dépenses exposées au-delà des obligations légales peuvent être
déductibles selon leur nature, à la condition qu’elles constituent la
contrepartie directe d’un service de formation
112
CVAE
Cas particulier des sociétés donnant en
location des immeubles nus à usage autre que
l’habitation (pour mémoire)

 Calcul du CA et de la VA comme pour les entreprises relevant


de la comptabilité commerciale lorsque leurs associés sont des
personnes morales à l’IS

 Produits et charges ne sont retenus que pour une fraction de


leur montant pour le calcul de la VA imposable :
 70 % en 2016
 80 % en 2017
 90% en 2018

113
CVAE
Plafond

 La valeur ajoutée ne peut excéder (uniquement la VA de


droit commun) :

 80 % du chiffre d’affaires tel que défini ci-dessus pour les


entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à
7.600.000 €
 85 % du chiffre d’affaires pour les entreprises dont le chiffre
d’affaires est supérieur à 7.600.000 €

114
CVAE
Calcul de la CVAE

 CVAE = VA × 0,75 % (1,5 % jusqu’au 31/12/2020)

 La cotisation théorique correspond à 0,75 % de la VA de la


période de référence si le CA > 152.500 € HT

 Les entreprises dont le chiffre d’affaires < 50 M€ peuvent


déduire du montant de cette cotisation théorique un
dégrèvement égal à la différence entre ce montant et
l’application à la valeur ajoutée d’un taux, fonction de son CA
(cf. ci-après)

115
CVAE
Calcul de la CVAE

Chiffres d’affaires (en €) Taux


Entre 500.000 et 3.000.000 (Montant du CA – 500.000) x 0,25 %
2.500.000
Entre 3.000.000 et 10.000.000 0,25 % + (Montant du CA – 3.000.000) x 0,45 %
7.000.000
Entre 10.000.000 et 50.000.000 0,7 % + (Montant du CA – 10.000.000) x 0,05 %
40.000.000
Supérieur à 50.000.000 0,75 %

116
CVAE
Calcul de la CVAE
 Le taux effectif se détermine d’après le CA de l’entreprise

 Si le CA < 500.000 € HT, l’entreprise ne paie pas de CVAE.


Le taux effectif est égal à 0 %

 Dispositif censuré par le conseil constitutionnel (2017-629


QPC) : pour les groupes fiscalement intégrés dont le CA
consolidé excède 7,63 millions d’euros, le taux effectif est
déterminé d’après le CA cumulé de l’ensemble des sociétés
membre du groupe.
 Calcul sur la base du seul CA des sociétés membres

Loi de finances pour 2018 : mécanisme de consolidation pour l’ensemble des sociétés
membres d’un groupe remplissant les conditions capitalistiques pour être intégrées
(« groupe économique »). La clause de sauvegarde pour les groupes dont le CA
« consolidé » est inférieur 7,63 millions d’euros est maintenue (applicable à la CVAE
depuis 2018).
117
CVAE
Calcul de la CVAE
 Mécanisme de consolidation dans les « groupes
économiques » : précisions

 Le CA de toutes les entreprises concernées est retenu, quel


que soit leur régime d’imposition (IS/sociétés de personnes)
 Le lien capitalistique s’apprécie en prenant en compte les
participations détenues par des sociétés étrangères
 Seul le CA des entreprises situées en France est pris en
compte
 L’appartenance au groupe économique s’apprécie au 1/01 de
l’année d’imposition
 Le mécanisme n’a pas d’impact sur le calcul des seuils
d’assujettissement à la CVAE, de paiement de la cotisation
minimum et pour le bénéfice de l’abattement de 500 € (1.000
€ avant 2021)
118
CVAE
Dispositif anti-abus

 Objectif : Eviter que les entreprises ne « découpent » leurs


activités en un certain nombre d’entreprises afin d’être
imposables à la CVAE à un taux relativement faible ou ne
correspondant pas au CA réalisé

 En cas d’apport, de cession d’activités ou de scission


réalisés à compter du 22.10.09, le CA a prendre en compte
(pour le calcul du taux) est égal au CA des redevables
participant à l’opération

 Durée d’application : 7 années suivant celle de l’opération

119
CVAE
Dispositif anti-abus

 Conditions :

 Détention (directe ou indirecte) > à 50 % de l’entreprise


bénéficiaire par l’entreprise cédante / apporteuse
 La somme des cotisations dues par l’entreprise bénéficiaire
et l’entreprise cédante / apporteuse est inférieure d’au moins
10 % à la somme des impositions de CVAE dues par les
entreprises en l’absence d’opérations
 L’activité cédée, transférée continue d’être exercée
 Les activités des entreprises participantes sont similaires ou
complémentaires

120
CVAE
Dispositif anti-abus
 Remarques :

 Les liens sont appréciés :


– À la date de l’opération au titre de l’année de sa réalisation, voire
dans un délai de 6 mois précédant l’opération
– Au 1er janvier de chaque année (années suivantes)

 Pas d’impact sur :


– Le seuil d’assujettissement et de paiement
– Le seuil d’application de l’abattement de 500 € (1.000 € jusqu’au
31/12/2020)

121
CVAE
Synthèse

 (1) CVAE = VA × taux


 (2) Abattement de 500 € (1.000 € jusqu’au 31/12/2020) si
CA < 2 M €
 (3) Cotisation minimale (125 €, 250 € jusqu’au
31/12/2020) si CA > 500.000 €
 (4) Majorée des frais de gestion (1 %)

122
CVAE
Calcul de la CVAE
 Loi de finances pour 2021

 Réduction du taux de 1,50% à 0,75 % par suppression de la


part revenant aux Régions
 Le taux de 0,5 % devient 0,25 %
 Le taux de 0,5 % devient 0,25 % et le taux de 0,9 % devient
0,45 %
 Le taux de 1,4 % est remplacé par le taux de 0,7 % et le taux
de 1% est remplacé par celui de 0,05%

 L’abattement de 1.000 € est réduit à 500 €.


 Le montant de la cotisation minimale est abaissé à 125 €.
 Le seuil de paiement des acomptes passe de 3.000 € à
1.500 €.

123
CVAE

Etablissement et paiement de la CVAE

 Annualité de la CVAE

La CVAE est due par le redevable qui exerce l’activité au


01.01.N
Exception en cas de restructuration

124
CVAE

Etablissement et paiement de la CVAE


 Obligations déclaratives : déclaration 1330-CVAE
 Sont concernées : les entreprises dont le CA est supérieur
à 152.500 €

- déclaration annuelle

- le 2ème jour ouvré suivant le 01.05 de l’année suivant celle au titre de


laquelle la cotisation est due

- cas particulier des cessations d’activité ou procédure collective :


dépôt dans les 60 jours

125
CVAE

Etablissement et paiement de la CVAE


 Obligations déclaratives : déclaration 1330-CVAE
 Répartition des effectifs salariés

- Déclaration par l’employeur juridique


- Absence de prise en compte des salariés dont le contrat de
travail ou de mission est d’une durée inférieure à 1 mois
- Absence de déclaration de certains titulaires de contrats de
travail
- Déclaration au lieu de l’établissement ou dans un lieu
d’emploi
- L’activité doit être exercée plus de 3 mois dans un lieu
hors de l’entreprise pour que ce lieu soit retenu.
126
CVAE

Etablissement et paiement de la CVAE


 Obligations déclaratives : déclaration 1330-CVAE
 Répartition des effectifs salariés
Cas Lieu de déclaration
Salariés exerçant leur activité dans un seul Etablissement où le salarié exerce son activité
établissement

Salariés exerçant leur activité dans un ou plusieurs Etablissement ou lieu d’emploi > 3 mois dans lequel
établissements ou lieux d’emploi la durée d’activité est la plus élevée

Salariés exerçant leur activité dans plusieurs Principal établissement (lieu de dépôt des
établissements ou lieux d’emploi pour des durées déclarations de résultat)
identiques

Salariés exerçant leur activité dans un ou plusieurs Etablissement dans lequel la durée d’activité est la
lieux d’emploi pour des durées d’au plus 3 mois plus élevée (retenu pour le dépôt de la DSN
transmise par procédé informatique)

Salarié en formation pour moins de 3 mois Etablissement ou lieu d’emploi dans lequel le salarié
exerçait son activité avant la formation

127
CVAE
Etablissement et paiement de la CVAE

 Déclaration 1330 CVAE (suite)


 Par voie électronique
 SIE compétent : principal établissement
 La déclaration doit indiquer le chiffre d’affaires, la valeur
ajoutée et le nombre de salariés employés
 Sanctions : tout manquement, erreur ou omission au titre
des obligations : 200 € par salarié dans la limite d’un
montant fixé à 100.000 €.

128
CVAE

Etablissement et paiement de la CVAE

 Paiement de la cotisation

Il n’y a pas d’avis d’imposition émis par le SIE.


Le paiement est spontanément, par télérèglement.

129
CVAE
Etablissement et paiement de la CVAE
 Les entreprises redevables de la CVAE doivent verser
deux acomptes identiques de 50% :
 1er acompte : 15 juin
 2ème acompte : 15 septembre
- Les acomptes sont calculés sur la base des résultats du
dernier exercice clos dont les résultats doivent être déclarés
Dispense d’acompte et si CVAE de N-1< 1.500 € (3.000 €
avant 2021). [Nb dispense si < 500 € en 2010]

 Puis liquidation définitive l’année suivant celle de


l’imposition (mai N+1) :
 Dépôt de la déclaration au plus tard le 2ème jour ouvré qui suit
le 1er mai (ou dans les 60 jours suivant certains événements)
 Télépaiement
A défaut, amende de 0,2 % du montant dû. 130
CVAE

Etablissement et paiement de la CVAE

 Le règlement de chaque acompte s’appuie sur la


déclaration 1329 AC (télédéclaration et télérèglement)

 Le règlement du solde implique une déclaration 1329 DEF


(liquidation définitive par télédéclaration et télérèglement)

 Cas particulier en cas de cessation d’activité ou de


procédure collective : dépôt dans les 60 jours

131
CVAE
Contrôle et contentieux

 Délai de reprise
Les erreurs-omissions concernant la CVAE peuvent être
réparés par l’administration jusqu’au 31.12 de la 3ème année
suivant celle de l’imposition.
Si activité occulte : 10 ans

 Procédure de rectification

La procédure de rectification contradictoire est applicable

132
CVAE
Contrôle et contentieux

 Délai de réclamation
Délai de réclamation : 31.12 de l’année suivant celle du
paiement du solde

133
PLAFONNEMENT EN FONCTION DE LA VA

134
PLAFONNEMENT EN FONCTION DE LA VA

 Principe : si la CET est supérieure à 2 % (3% jusqu’au


31/12/2020) de la VA (calculée sur 12 mois, sauf en cas
de cessation d’activité), l’excédent fait l’objet d’un
dégrèvement
 sur demande du contribuable

 Le dégrèvement se calcule au niveau de l’entreprise, pour


l’ensemble des établissements
 dans le délai de réclamation (31.12.N+1 suivant la mise
en recouvrement du solde de la CFE)

 Imprimé 1327-CET

135
PLAFONNEMENT EN FONCTION DE LA VA

 Les cotisations retenues (CFE/CVAE) sont hors taxes CCI,


hors frais de recouvrement de ces taxes, hors cotisation
minimale

 Le dégrèvement s’impute sur la CFE (en ce compris les


frais de gestion)

 Possibilité d’imputer par anticipation sur le montant du solde


CFE (ou sur l’acompte) le montant du dégrèvement attendu
au titre de N en joignant une déclaration datée et signée

 Le dégrèvement ne peut avoir pour effet de ramener la CET


à un montant inférieur à la cotisation minimum de CFE
136
PLAFONNEMENT EN FONCTION DE LA VA

 Loi de finances pour 2021


 Le taux de plafonnement est abaissé de 3% à 2 % de la VA

137

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