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CONCLUSIONS D’APPELANT

POUR :

La société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION, Société par actions simplifiée au capital de


1 000 000 €, immatriculée au Registre du Commerce et des Sociétés de LA ROCHELLE sous le numéro
398 126 540, dont le siège social est sis 161, avenue Jean-Paul Sartre – 17000 LA ROCHELLE, prise en
la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège,

Ayant pour avocat constitué la SCP TAPON-MICHOT, représentée par Maître Yann
MICHOT, Avocat au Barreau de POITIERS, 14 Boulevard Maréchal De Lattre De Tassigny,
Résidence La Prairie, 86000 POITIER

Ayant pour avocat plaidant la SCP ROUGIER VIENNOIS FERNANDES, Société d’Avocats,
représentée par Maître Sylvie FERNANDES, Avocat au Barreau de LA ROCHELLE -
ROCHEFORT, XXXXX, XXX, 17000 LA ROCHELLE

CONTRE

1°/ Monsieur Pierre PINCOT, demeurant 6 Bis rue du lavandin – 17630 LA FLOTTE EN RE

2°/ Madame Lila MARISSAL épouse PINCOT, demeurant 6 Bis rue du lavandin – 17630 LA FLOTTE EN
RE

Ayant tous deux pour avocat Maître Ludovic FIERS, avocat au Barreau de LA ROCHELLE -
ROCHEFORT

3°/ La société RENAULT, Société par actions simplifiée immatriculée au Registre du Commerce et
des Sociétés de NANTERRE sous le numéro 780 129 987, dont le siège social est sis 13/15 Quai
Alphonse Le Gallo à BOULOGNE-BILLANCOURT (92100), prise en la personne de son représentant
légal domicilié en cette qualité audit siège,

Ayant pour avocat postulant la SCP GOMBAUD COMBEAU COUTAND, Sociétés d’Avocats,
représentée par Maître Matthieu COUTAND, Avocat au Barreau de LA ROCHELLE -
ROCHEFORT

Ayant pour avocat plaidant Maître Gilles SERREUILLE, Avocat au Barreau de PARIS
PLAISE A LA COUR

I - RAPPEL DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE

La société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION exerce une activité de concession automobile


depuis XXX sous l’enseigne RENAULT.

Ainsi, elle achète des véhicules neufs et d’occasion auprès du constructeur RENAULT et les revends à
ses clients professionnels et particuliers.

C’est dans cette optique qu’elle a acquis le 26 aout 2015 directement auprès du constructeur
RENAULT un véhicule d’occasion de modèle RENAULT SCENIC immatriculé DT-028-AD affichant 3  706
kilomètres au compteur.

 Pièce n°1  : Facture RENAULT

Ce véhicule a été revendu en l’état, au même kilométrage, le 19 octobre 2015 aux époux PINCOT
pour un prix TTC de 20 200,76€.

 Pièce n°2  : Facture LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION

Après plus de 3 années d’utilisation et 60 000 kilomètres au compteur, Monsieur et Madame PINCOT
ont rencontré des difficultés sur leur véhicule, un message d’alerte «  stop risque de casse moteur  »
s’affichant régulièrement.

Rapidement, la société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION s’est aperçue que le véhicule des
époux PINCOT nécessitait le remplacement intégral du moteur.

Le constructeur, la société RENAULT, a accepté de prendre en charge 70% du coût de la réparation.


La société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION a donc réalisé deux estimations qui ont été
transmises aux époux PINCOT :
- L’une d’une montant de XXX sans prise en charge du constructeur
- L’autre d’un montant de XXX avec 70% de prise en charge du constructeur

 Pièces n°3 et 4

Les propositions de la société RENAULT ne satisfaisants pas Monsieur et Madame PINCOT, une
procédure de référé a été engagée aux fins d’obtenir la désignation d’un expert.

La société RENAULT, en sa qualité de constructeur et de vendeur initial du véhicule, a été attraite


aux opérations d’expertise par la concluante, la société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION qui
n’est intervenue qu’en qualité de revendeur de la voiture.

A – L’expertise judiciaire

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Par ordonnance en date du 15 janvier 2019, le Tribunal Judiciaire de LA ROCHELLE a désigné
Monsieur André MAHOU aux fins de décrire les désordres, en préciser leur origine mais surtout
déterminer la date ou tout au moins l’antériorité des désordres par rapport à la vente du véhicule.

 Pièce n°5

L’expert judiciaire a rendu son rapport le 26 novembre 2019 après presque une année d’échanges
contradictoires entre les époux PINCOT, la société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION,
revendeur et la société RENAULT, constructeur du véhicule et vendeur initial.

 Pièce n°6

XXXX rapport d’expertise à décrire

B – La procédure de première instance

A la suite des conclusions de l’Expert judiciaire, les époux PINCOT ont assigné la société LITTORAL
AUTOMOBILES DISTRIBUTION, leur contractant direct, afin que soit prononcé la résolution du
contrat de vente de leur véhicule RENAULT SCENIC.

Par acte en date du XXX, la concluante a mis en cause le constructeur du véhicule, la société
RENAULT.

En effet, il résulte du rapport d’expertise que la société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION n’est
pas à l’origine des désordres constatés sur le véhicule appartenant à Monsieur et Madame PINCOT,
ceux-ci étant antérieurs à la vente dudit véhicule par RENAULT.

Par jugement en date du 25 mai 2021, le Tribunal Judiciaire de LA ROCHELLE :

- «  PRONONCE la résolution de la vente intervenue le 19 octobre 2015 entre la SAS


LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION et les époux PINCOT portant sur le véhicule
RENAULT GRAND SCENIC 3 immatriculé DT-028-AD  ;
- CONDAMNE la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION à payer aux époux PINCOT
la somme de 20  200,76€ (vingt mille deux cent euros et soixante seize centimes) au
titre de la restitution du prix de vente  ;
- ORDONNE à la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION de reprendre possession
du véhicule RENAULT GRAND SCENIC 3 immatriculé DT-028-AD stationné 73 Rue de
Québec 17000 LA ROCHELLE dans un délai d’un mois à compter de la signification de la
présente décision, et ce sous astreinte de 50€ (cinquante euros) par jour de retard  ;
- REJETTE la demande de la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION tendant à voir
dire que les époux PINCOT devront justifier de l’état de conservation du véhicule à
restituer dans les locaux de la société venderesse  ;
- REJETTE la demande des époux PINCOT tendant à voir dire qu’à défaut de prise de
possession du véhicule par la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION, ce dernier
sera réputé abandonné et que les époux PINCOT pourront en reprendre possession  ;
- DEBOUTE les époux PINCOT de leur demande au titre du préjudice de jouissance  ;

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- DECLARE sans objet l’appel en garantie de la SAS LITTORAL AUTOMOBILES
DISTRIBUTION à l’encontre de la SAS RENAULT concernant l’indemnisation du
préjudice de jouissance  ;
- CONDAMNE la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION à verses aux époux
PINCOT la somme de 3  000€ (trois mille euros) sur le fondement de l’article 700 du
Code de procédure civile  ;
- REJETTE la demande de la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION fondée sur
l’article 700 du Code de procédure civile  ;
- REJETTE la demande de la SAS RENAULT fondée sur l’article 700 du Code de procédure
civile  ;
- CONDAMNE la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION aux entiers dépens en ce
compris le cout de l’expertise judiciaire  ;
- RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de droit à titre provisoire.  »

 Pièce n°7  : Jugement du 25 mai 2021

La SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION a interjeté appel de cette décision le XXX

Elle fait grief au jugement de l’avoir :


- débouté de sa demande d’appel en garantie de la SAS RENAULT ;
- condamné aux dépens en ce compris les frais d’expertise ;
- condamné au paiement de la somme de 3 000€ au titre de l’article 700 du Code de
procédure civile aux époux PINCOT ;

Le jugement rendu par le Tribunal Judiciaire de LA ROCHELLE sera réformé en ces points et il sera fait
droit aux demandes de la SAS LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION.

II - DISCUSSION

A – Sur l’appel en garantie à l’encontre de la SAS RENAULT, constructeur du véhicule

L’article 1641 du Code civil dispose que :

«  Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la
rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que
l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un moindre prix, s'il les avait
connus.  »

De jurisprudence constante, le vendeur intermédiaire est fondé à solliciter la garantie du fabriquant.

Ainsi, dans une espèce très semblable à celle de la présente affaire, la Cour d’appel d’Aix en
Provence a condamné le constructeur à garantir le vendeur, professionnel de l’automobile, de
toutes les condamnations à son encontre :

«  III) L'action contre TDA, l'action contre Toyota France :


Mme D. est recevable à exercer une action en garantie des vices cachés contre son co
contractant. Son seul co contractant est la société Toulon Diffusion Automobile TDA. La
société Toyota France n'est pas son co contractant.

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Par contre la société TDA est fondée à former une action en garantie contre la société
Toyota France. La société Toyota France ne prouve pas que la société TDA aurait mal
procédé à la pose du troisième volant moteur ou aurait omis de procéder aux vidanges
nécessaires à cette occasion. Il est établi que le vice tient à un défaut du volant moteur. La
garantie du constructeur Toyota France doit être accordée à TDA. 

(…)

Condamne la société Toyota France à relever et garantir la société Toulon Diffusion


Automobile de la condamnation de 12.073,60 € à l'égard de Mme D. et de la condamnation
de ladite société TDA aux dépens de Mme D.,»

CA AIX EN PROVENCE, 31 janvier 2013, n°12/15740

Cet arrêt a été confirmé par la Cour de cassation le 28 octobre 2015.

Cour de Cassation, Chambre Civile, 28 octobre 2015, n°14-20.744

Le Tribunal Judiciaire de LA ROCHELLE a considéré dans son jugement du 25 mai 2021 que le
véhicule fabriqué par RENAULT était bien affecté d’un vice caché antérieur à la vente mais
également que celui-ci rendait le véhicule impropre à l’usage auquel il était destiné.

1 – L’existence d’un vice caché

Le rapport d’expertise déposé par Monsieur André MAHOU le 26 novembre 2019 met en lumière
l’attitude réfractaire du constructeur tout au long de cette procédure.

En effet, la SAS RENAULT a tout mis en œuvre pour entraver les opérations d’expertise en ne
fournissant pas à l’expert les documents sollicités :

«  Le constructeur ne nous a pas fourni cette information aussi, nous n’avons pas pu
procéder aux examens complémentaires.  » Page 19

«  Afin de nous permettre de vérifier par nous-même les effets de cette reprogrammation,
nous avons demandé au constructeur de bien vouloir nous fournir le code source
(algorithme) du programme initial et celui de la reprogrammation. Ces informations
techniques nous auraient permis de définir précisément sur quel paramètre de gestion
moteur cette reprogrammation agissait pour éviter une consommation d’huile moteur.
Le constructeur a refusé de nous fournir ces informations importantes prétextant qu’elles
revêtaient un caractère purement confidentiel et qu’elles ne présentaient pas d’intérêt
technique particulier dès lors que la Société RENAULT SAS s’est expliquée sur l’utilité de
cette reprogrammation.
Nous ne sommes ni satisfait ni convaincu des explications du défendeur sur cette
reprogrammation détaillée un peu plus haut.  » Page 19

Dans ces circonstances, l’expert judiciaire n’a pu approfondir ses opérations jusqu’à l’identification
de la pièce exacte composant le moteur et entrainant les désordres constatés.

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Le Tribunal Judiciaire de LA ROCHELLE a très justement relevé que

2 – L’antériorité à la vente

3 – L’impropriété à l’usage

Le rapport d’expertise judiciaire déposé par Monsieur XXX le XXX révèle que le vice affectant ce
véhicule est issu de sa conception même.

Il est donc antérieur à l’achat de ce véhicule auprès du constructeur la SAS RENAULT par la société
LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION.

De plus, ce véhicule a été revendu en l’état aux époux PINCOT.

Les articles produits par ces derniers dans le cadre de la première instance sont révélateurs du

B – Sur les autres demandes

Sur le fondement de l’article 696 du code de procédure civile, le Tribunal condamnera solidairement
Monsieur Philippe PETORIN et la société DIAC aux entiers dépens de la procédure pendante et des
frais d’exécution qui comprendront les éventuels frais de vente aux enchères du véhicule.

Et, parce qu’il serait inéquitable de laisser à la charge de la société LITTORAL AUTOMOBILES
DISTRIBUTION les frais engagés dans la présente instance et non compris dans les dépens, le

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Tribunal, sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, condamnera solidairement
Monsieur Philippe PETORIN et la DIAC S.A. à payer à la société LITTORAL AUTOMOBILES
DISTRIBUTION la somme de 5 000 €.

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PAR CES MOTIFS

 Vu les articles 1103 et suivants, 1948, 2286 et 1200 du code civil,


 Vu la loi du 31 décembre 1903 relative à la vente de certains objets abandonnés,
 Vu les pièces,

DECLARER la société LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION recevable et bien fondée en


son assignation ainsi qu’en ses demandes, fins et conclusions.

Y faisant droit,

A titre principal,

CONDAMNER in solidum Monsieur Philippe PETORIN et la DIAC S.A. à payer à la société


LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION la somme de 11 921,99 € avec intérêts au taux
contractuel de 3 fois le taux légal à compter de la mise en demeure du 25 juin 2019, en
règlement de la facture n°143265 établie suite aux réparations réalisées sur le véhicule
RENAULT KADJAR immatriculé DX-073-GH ;

PRONONCER la capitalisation des intérêts

CONDAMNER in solidum Monsieur Philippe PETORIN et la DIAC S.A. à payer à la société


LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION la somme de 15 € par jour depuis le 28 mars 2019
et jusqu’au jour de retrait du véhicule des locaux de la société LITTORAL AUTOMOBILES
DISTRIBUTION, au titre des frais de gardiennage, soit à titre provisoire à la date des
présentes conclusions 8.040 € (670 jours entre le 28 mars 2019 et le 30 janvier 2021) somme
à parfaire ;

A titre subsidiaire,

AUTORISER la vente aux enchères publiques du véhicule RENAULT KADJAR immatriculé DX-
073-GH et en attribuer le produit par priorité à la société LITTORAL AUTOMOBILES
DISTRIBUTION

REJETANT toute prétention contraire comme non recevable, en tous les cas non fondée.

En tout état de cause,

Sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, CONDAMNER solidairement


Monsieur Philippe PETORIN et la DIAC S.A. à payer à la société LITTORAL AUTOMOBILES
DISTRIBUTION la somme de 5 000 € ;

Sur le fondement de l’article 696 du code de procédure civile, CONDAMNER solidairement


Monsieur Philippe PETORIN et la DIAC S.A. aux entiers dépens de la procédure pendante et
des frais d’exécution qui comprendront les éventuels frais de vente aux enchères du
véhicule.
La Rochelle, le ________________

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BORDEREAU DES PIECES

Pièce n°1. Facture RENAULT du 26/08/2015


Pièce n°2. Facture LITTORAL AUTOMOBILES DISTRIBUTION du 19/10/2015
Pièce n°3. Estimation sans prise en charge de la société RENAULT
Pièce n°4. Estimation avec prise en charge de la société RENAULT
Pièce n°5. Ordonnance de référé du 15 janvier 2019
Pièce n°6. Rapport d’expertise du 26 novembre 2019
Pièce n°7. Jugement du 25 mai 2021

La Rochelle, le ________________