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1
Il
BAAFO NKONG'OTO Jean Marie
Gradué en Sciences Economiques et de Gestion
1
~
Mémoire présenté et défendu en vue de lli
l'obtention du grade de licencié en ~~
sciences économiques et de gestion. ~;~

Directeur: Professeur Nicolas


LOKOLE K SHUNGU,
Ph.D.

Rapporteur: Assistant Innocent NYERE


APOBE

AnnéeAcadémique 2005-2006
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

«Les économies ne recherchent pas eeu l.emeni: Le


création de richesses : e~~es recherchent aussi Le
bonne uti~isation de ces richesses qui doivent
permettre une amé~ioration de nos conditions de vie
et de notre ~iberté»

Amartya SEN (prix Nobe~ d'Economie)


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la tèsetve de la faune de Lomako - Yokokala.
11

A l'Eternel Dieu, Tout Puissant, le Créateur des


cieux et de la terre, le Père de notre Seigneur et Sauveur
Jésus Christ, de m'avoir fait, formé et créé pour servir à
la louange de Ta gloire dans cette administration de la
grâce ;

A tous mes bien aimés frères et sœurs en christ


notamment DIAZOLA Bruno, BONGONDO Simplice, OWANDJIKOY
Willy, MAMVIBIDILA Gaston, NLASA Médard, BIBANZILA Marcel,
MAKAMBO Jean de Dieu pour votre soutien moral et surtout
spirituel ;

A mes regrettés parents ILIDJA ETUMBA Jean et


BOALE IKUMU Véronique, pour m'avoir encadré, éduqué et
m'entouré de toute affection parentale;

A mes parents géniteurs IFELO LONGONYO Ferdinard


et EKILA LIMOMBA Violette, pour m'avoir engendré et
orienté dans cette vie terrestre ;

ma très
A chère épouse MULAMBA LUKADI
Christine pour ton soutien sans faille dans notre quête
du savoir et de l'excellence;

A mes filles Glodie Baafo et Ruth Baafo qu'elles


trouvent à travers ce travail l'expression de ma tendresse
extériorisée.

Baafo Nkong'oto Jean Marie


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réselVe de la faune de Lomako - Yokokala.
11l

Ce travail ne saurait arriver à son terme sans


la contribution très appréciable de beaucoup de gens qu a,
se sont occupés de nous dans des conditions souvent
difficiles. C'est donc pour nous un grand honneur et un
réel plaisir de les remercier tous.

Notre profonde gratitude et notre vive


reconnaissance sont premièrement exprimées

A
tous les professeurs, chefs de travaux et
assistants de la faculté des sciences économiques et de
gestion de l'université de Kinshasa qui ont participé à
notre formation scientifique ;

Au professeur Nicolas LOKOLEK. SHUNGU,Ph. D


qui nonobstant ses multiples occupations a bien voulu
diriger ce modeste travail, ses orientations
scientifiques, ses suggestions pertinentes et surtout ses
cri tiques constructives nous ont été d'un concours très
appréciable.

A Monsieur l'Assistant NYEREAPOBE Innocent qui


nous a suivi minutieusement tout au long de la rédaction
de ce travail et dont les remarques et conseils nous ont
été bénéfiques et très chers.

Nous remercions également à travers Monsieur


BOMOLO N' GILIMA Gaby, Secrétaire Général Académique, tout
le corps scientifique et académique de l'Institut
Facultaire de Développement ;

A notre oncle LOFETE NKAKE Martin pour son


soutien moral, matériel et financier ;

Notre ingratitude serait grande si nous omettons


de présenter notre satisfaction à la personne de monsieur
MOLIMAMBENGA Rodolphe pour son soutien qui a été plus
que nécessaire ;
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Gas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.
IV

A vous BOTULI BOKOO Cassius, EFOFO LOKONDO Louis


Raphaël, BOKAKONYA W'INGOLY Michel,. LOMBOTO ELONDA Adrien,.
LOMBOO NGILIMA Jean Pierre, BEKOMA IS'ALISELE Nicolas,
BAMBA NTADI Christian, MUFUNINAYI NKOLE PETER, MULAMBA
M'FIKISHA Dénis, NDAYA MULAMBA Germaine, ELEKA OWAMBO
Martine et NSINGA Benjamin pour des échanges combien
fructueux dans nos jours de peines et de joies sur cette
terre des hommes ;

A tous nos frères, sœurs, cousins, cousines,


n i.e oe s et neveux pour vos encouragements et soutiens qui
ont été pour nous un motif de persévérance et
d'endurance;

Nos remerciements les plus vifs s'adressent


également à nos collègues de promotion notamment BOSIYO
BOMPANDJE Jean Dénis, ILUNGA ILUNGA MIRA, MUDOGO BUHORO
Yvette, MUGOMBOZI NA' NTEMBO Fidelie, LOSA MWIBU André et
ZOZA Jules ;

A tous les amis et connaissances dont les noms


ne figurent pas ici, qu'ils trouvent à juste ti tre nos
remerciements les plus sincères.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la tësetve de la faune de Lomako - Yokokala.
v

LISTE DES ABBREVIATIONS

Af : Climat tropical humide

Aw : Climat de savane tropicale

AWF : African Wildlife Foundation

CBFP : Congo Basin Forest Partnership

FAO : Food and Agriculture Organization

Ltd : Limited

MINENV : Ministère de l'Environnement

OCHA-N-U : Bureau des Nations-Unies pour la


Coordination des Affaires Humanitaires

ONG : Organisation Non Gouvernementale

P.V. : Procès-Verbal

ROC : République Démocratique du Congo

RFLY : Réserve de la Faune de Lomako-Yokoala


"' 1
VIH : Virus Immuno Human
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o. INTRODUCTION GENERALE

0.1. CONTEXTE

Par son étendue, la République Démocratique du Congo vient au


troisième rang en Afrique après le Soudan et l'Algérie. " est situé de part et
d'autre de l'Equateur, entre 5°20' de latitude nord et 13 °27' de latitude sud et
s'étend entre 4°12' et 31°00 de longitude est. Sa superficie est d'environ
2.345.000km2.

La variété de son climat se traduit par une grande diversité au


niveau de la flore et de la faune qui font de lui un des pays à plus haute diversité
biologique.
Le relief se résume en une vaste cuvette (750.000 km") entourée de
plateaux et de montagnes. L'altitude va du niveau de la mer au Sud-ouest du
pays à 5.119 m à l'Est (Mont Ruwenzori). La cuvette est bordée au Sud par les
plateaux du Kwango et du Kasai, prolongés par les hauts plateaux du Katanga, à
la limite du partage des eaux des bassins du Congo et du Zambèze. La limite
orientale du pays est marquée par l'immense fracture du Rift Africain occupé par
une série de lacs et entouré des massifs montagneux, localement volcaniques'".

La cuvette centrale est remplie de formations sédimentaires datant


de beaucoup d'années, entourées d'une demi-couronne allant du Nord du pays,
en passant par l'Est jusqu'au Sud-Est et constituée des formations pré-
cambriennes et du socle. Ce dernier réapparaît dans la chaîne montagneuse
côtière de Sud-ouest (Région du Mayumbe).

Le climat est de type tropical, caractérisé par des précipitations


annuelles allant de 810 mm aux côtes jusqu'à plus de 2.000 mm dans le bassin
central. Les températures moyennes annuelles oscillent entre 24-25 °C et
peuvent descendre à 18-20°C dans les hautes altitudes. L'humidité relative varie
entre 70 et 85 %.

(1) Ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme in Rapport intermédiaire sur la mise en
œuvre de la convention relative à la biodiversité en RDC, Décembre 1997, inédit
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

Le sol est de type latéritique, résultant d'une décomposition


profonde, rapide et complète du matériau parental sous un climat chaud et
humide. Ces sols sont d'autant plus pauvres que les processus de latérisation
sont plus avancés. Les sols fertiles sont sporadiques et de superficie restreinte.
Une carte des potentialités agricoles élaborée par le Bureau d'Etudes
d'Aménagement et d'Urbanisme en 1990 est disponible.
Les considérations du relief, des facteurs climatiques et pédologiques ont conduit
à l'identification des 9 grandes régions naturelles.

La végétation congolaise est en corrélation directe avec les facteurs


pédo-climatiques et le relief. Toute la zone climatique Af, y compris celle située
dans la partie orientale de haute altitude constitue le domaine de la forêt
équatoriale ombrophile. Les régions à climat Am, exception faite de celles situées
dans la région de Graben à l'Est, sont également celles de la forêt ombrophile, y
compris les régions du Lac Mai-Ndombe et du Nord-ouest se trouvant en réalité
dans la bande climatique Aw. Cette situation serait plutôt liée au fort
engorgement en eau des sols qui compenserait la faible pluviométrie.

Le Congo compte 1.280.042.16 km2 de formations essentiellement


forestières, couvrant environ 54,6 % de sa superficie. La forêt dense humide
vient au premier rang et représente 68.14 % de cette couverture, suivie des
forêts denses sèches dégradées (12 %), des forêts secondaires (9,5 %), des
forêts sur sol hydromorphe (6,92 %), des forêts de montagne (3,14 %)(1).

Les galeries forestières et la forêt de mangrove sont moins


représentées avec respectivement 0,19 et 0,04 % de la superficie forestière.

En sommes, la République Démocratique du Congo recèle une


diversité biologique d'une grande richesse à l'intérieur de ses massifs de forêts
dites {{ frontière », un couvert forestier originel, relativement peu perturbé.

(1) Ibedem
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la tëseve de la faune de Lomako - Yokokala.

Les forêts ombrophiles de la R.D. Congo représentent la moitié


environ de celles qui existent dans l'ensemble de I'Atrique- et un huitième de
toutes les forêts tropicales de la planète. Par rapport à la ROC, seuls le Brésil et
l'Indonésie ont des massifs de forêts ombrophiles plus étencus.!"

Du fait de son extraordinaire richesse génétique spécifique et de ses


écosystèmes variés, la République Démocratique du Congo (ROC) est
considérée comme des deux pays d'Afrique les plus importants en termes de
diversité biologique. Elle abrite une gamme exceptionnellement large de biomes,
d'écosystèmes et d'habitats: forêts dense humides, savanes boisées, savanes
herbeuses et arbustives, forêts afro-montagnardes, mangroves, papyrus,
tourbières, marais et savanes inondées à certaines saisons, et terres sèches
boisées.
En termes de diversité des espèces, la ROC occupe la première
place parmi les pays africains pour plusieurs groupes taxonomiques : 409
espèces de mammifères, 1.086 espèces d'oiseaux, 1.069 espèces de poissons
dont 740 dans 'Ie bassin du Congo, 152 espèces de serpents, 20 espèces de
caméléons, 15 espèces de tortues terrestres et dulcicoles, 105 espèces de
mollusques aquatiques, 167 espèces de chironomidés aquatiques et plus de
1000 espèces de papillons. On y dénombre aussi plus de 10.000 espèces
d'angiospermes parmi lesquelles 3.000 sont endérniques'".

- 0.2. PROBLEMATIQUE·

La R.D. Congo joue de part la valeur écologique, culturelle, ou


scientifique de sa diversité biologique, celle-ci joue un rôle important dans
l'économie du pays en fournissant les matières premières nécessaires à la survie
des populations ; produits alimentaires, médicaments, fibres, matériaux de
construction, énergie. Le pays possède donc un potentiel exceptionnel en
matière de développement agricole, forestier et biotechnologique qu'il convient
de conserver, de mettre en valeur et de développer sur des bases
écologiquement saines et durables.

(1) Deanna M. Wolfire et al. : Les forêts en République Démocratique du Congo: Les oppportunités en temps de
crise, 1998, Pp 7-10
(1) Ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme: op.cit. inédit
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En effet, la majorité des populations habitant notre pays est


directement ou indirectement tributaire des ressources forestières. C'est dans ce
cadre qu'il faudrait noter que les produits forestiers non-ligneux demeurent l'une
des principales sources d'aliments, de médicaments et de revenus pour les
populations rurales et urbaines non seulement en République Démocratique du
Congo mais également dans de nombreux pays tropicaux'!'.

Paradoxalement à la position qu'occupe notre pays du point de vue


richesse en biodiversité, ses habitants vivent dans un état de destitution très
grandissante.

Il convient également de noter que l'espace de la forêt naturelle est


un espace convoité. Comme d'autres milieux naturels, il est au centre d'enjeux
pour des utilisations différentes, parfois incompatibles. Si le forestier y voit
d'abord une valeur liée au bois, l'éleveur extensif perçoit d'abord une surface à
défricher pour y mettre son troupeau et le planteur de cacao, palmier, .... une
réserve foncière pour développer des cultures rémunératrices.

La perspective de disposer à long terme d'une ressource générant


d'importants revenus monétaires est à l'heure actuelle, l'argument le plus
déterminant pour convaincre les Etats producteurs de mettre en place des
politiques d'envergure pour la gestion durable des massifs forestiers.

(1» Nicole Marie Guedje : La gestion des populations d'arbres comme outil pour une exploitation durable des
produits forestiers non-ligneux: l'exemple de garcinia lucidaCSud -Camero_H11.LJ<ribi,
Cameroun, 2002, P. 1.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

Dans un document de stratégie pour le secteur forestier en Afrique,


la Banque Mondiale place en tête des principes directeurs pour l'aménagement
durable des ressources forestières, l'affirmation suivante: les forêts et les arbres
doivent être traités comme des biens économiques, sociaux et écologique.
L'utilisation de la forêt doit être fondée sur les mécanismes de marché et de
formation de pnx'".

Ainsi, les défis de la science et des politiques sont de rechercher des


stratégies d'aménagement durable et de conservation des écosystèmes
forestiers et halieutiques, tout en tenant compte des besoins numains'".

Ces stratégies devraient également tenir compte de la diversité et de


la complexité tant sur le plan écologique que sur le plan social, économique et
institutionnel de ces écosystèmes.

A cet effet, le développement local est une interpellation. Il interpelle


tous les acteurs du développement, au moins pour deux raisons :

D'une part, il a pour ambition de démystifier les approches


classiques de développement, de donner le pouvoir à la base de promouvoir
l'auto-organisation, l'auto-gestion, l'auto-promotion des populations, de libérer les
énergies populaires, de contribuer à l'enracinement de la démocratie et la
satisfaction de besoins de la population locale.
D'autre part, il vise une transformation profonde des sociétés locales.

En sus, le développement local ne réussira à travers les différentes


parties de la République Démocratique du Congo que s'il est sous-tendu, entre
autres, par le management participatif des forêts.

(1) Monique Barbut et Alain Karsenty: Stratégie pour une gestion des forêts tropicales dans un but d'exploitation
durable, Banque Mondiale, DIeN, 1994, P7

(2) Guedje Nicole Marie ibidem


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

Bien plus, le développement local est un moyen de garantir le management


participatif des forêts. Il y a une articulation entre la construction du
développement local et la gestion participative des forêts. Les deux vont
ensemble. Mais alors, comment garantir et rendre opérationnelle une telle
articulation? Comment construire le développement local à partir de la gestion
participative de forêts et vice-versa ?
Comment faire du management participatif des forêts un facteur privilégié de
développement local et comment garantir le management participatif à partir des
processus de développement local?

Ces questions ne sous paraissent pas avoir reçues des réponses


appropriées dans la littérature en ce qui concerne la ROC. Aussi, constituent-
elles l'épine dorsale de notre analyse.

0.3. HYPOTHESE DE TRAVAIL

Qu'entendre par ce concept d'hypothèse: selon l'étymologie


grecque il signifie « ce qui est en dessous» ou encore la proposition qui est à la
base d'une construction conceptuelle.

D'après l'Oxford dictionary, l'hypothèse est une supposition faite


pour servir de base de raisonnement, sans référence à sa vérité et point de
départ d'une investigation.

Dans la terminologie de la science expérimentale, une hypothèse est


une supposition non prouvée acceptée à l'essai pour servir de base à une
investigation ultérieure, dont on peut obtenir une vérification ou une réfutation.

L'hypothèse établit en conséquence un point de départ dont il est


important de vérifier la validité. Si l'hypothèse s'avère fausse l'observateur-tiers
se doit d'en formuler une seconde basée sur l'information obtenue en testant la
première hypothèse.
Management participatif des forêts et développement local en RD. Congo: Cas de la réseNe de la faune de Lomako - Yokoka/a

L'hypothèse permet donc de questionner autrement les faits et sa


fonction essentielle est de remplir le rôle de «guide» pour une prise
d'informations complémentaires. (1)

De ce qui précède, le mangement participatif des forêts est une


exigence explicite, pressante et incontournable de développement local en ROC,
en général et celui des populations riveraines de la Réserve de la Faune de
Lomako-Yokokala(RFL Y), en particulier.

De ce point de vue, nous partons de l'hypothèse selon laquelle le


management participatif sera matérialisé sur un modèle de gestion à décisions
d'action et d'information dans une structure à la fois divisionnalisée et
adhocratique en vue d'améliorer le bien-être des populations riveraines.

0.4. CHOIX ET INTERET DU SUJET

La monétarisation des échanges économiques tout comme


l'intégration des économies locales dans des systèmes de référence à vocation
de plus en plus globale a eu pour conséquence d'affaiblir les systèmes locaux
de réciprocité et de solidarité. Cette désintégration des systèmes locaux de
gestion des ressources naturelles a fini par entraîner une perte de pouvoir et
d'autonomie ainsi q'une « déresponsabilisation », des communautés locales. Ces
attitudes de confrontation et méfiance réciproque entre les communautés locales
et les représentants de l'Etat se sont généralisés.

Cette situation préoccupe plus d'un congolais. C'est donc un sujet


d'actualité qui fait couler beaucoup d'encre et de salive. C'est pour cette raison
qu'au terme de nos études universitaires, nous pensons utilement apporter une
contribution significative au développement rural intégré des populations
riveraines vivant dans ou à proximité de la Réserve de la Faune de l.crnako-
Yokokala(RFL Y).
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

0.5. METHODES ET TECHNIQUES


, .
Dans le choix de méthodes de travail, des éclaircissements
préliminaires sont nécessaires: on n'adopte pas une méthode parce que les
autres sont mauvaises, mais parce qu'elle est appropriée, sinon, on joue à
l'apprenti sorcier.i"

En application au sujet de la présente recherche, nous avons


recouru à la méthode inductive et à l'approche systémique. Celles-ci sont
expliquées dans la section 2 du deuxième chapitre de notre travail.

0.6. DELIMITATION DU SUJET

Dans l'espace, la réserve de la faune de Lomako-Yokokala nous


servira de cadre d'analyse et une période de 3 ans suffira pour l'appréciation
positive du modèle de management participatif matérialisé sous une structure
pilote ci-haut proposée dans notre hypothèse.

0.7. DIFFICULTES RENCONTREES

La rédaction de ce travail n'a pas été aisée à cause du manque de


documentation récente en la matière et surtout sur les données statistiques de la
réserve sous étude.

L'on sait que, pour prendre de bonnes décisions, il faut disposer de


renseignements à jour, pertinents, compréhensibles et exacts.

(1) Michel Bonami et al. : Management des systèmes complexes. Pensée systémique et intervention dans les
organisations, 1"édition, 2e tirage, 1996, P 69
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

Fréquemment, les systèmes d'information se concentrent


, . exclusivement sur les chiffres, l'information quantitative. Mais à eux seuls, les
chiffres ne donnent qu'une image incomplète de ce qui se passe vraiment dans
la communauté.

Mieux vaut une information utile qu'une information parfaite. Il suffit


souvent de connaître les tendances plutôt que d'avoir une information
statistiquement exacte'!'.

Malgré les difficultés liées à la disponibilité des ouvrages dans les


différentes bibliothèques de la place, nous avons réussi à prendre possession
des données essentielles de ce travail grâce à l'Internet que nous avons pu
découvrir quelques données y relatives.

0.8. CANEVAS DU TRAVAIL

Outre l'introduction et la conclusion générale, ce travail comprend


quatre chapitres. Le premier chapitre définit le cadre conceptuel de notre étude.
Le deuxième s'occupe de la présentation de la Réserve de la Faune de l.omako-
Yokokala et de la méthodologie suivie dans la rédaction du travail. Le troisième
chapitre traite du management participatif des forêts en fixant son contexte
organisationnel et sa justification, de l'identification des contraintes et
opportunités et, enfin de la structure de mangement participatif avec tous les
mécanismes de contrôle de gestion y afférents. Enfin, le quatrième chapitre
analyse l'impact des activités conduites par la structure organique mise en place
sur le développement des communautés locales.

(1) Anne -Marie HOCHET -N' gar ALIBA : Développement mral et méthodes participatives en Afrique, Editions
l'Harmattan, 1995, P.1l
(1) D'arcy Davis Case: La boîte à outils de la communauté: suivi et évaluation participative en foresterie
communautaire: concept, méthodes et outils, FAO, Rome, 1992, P.5
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

10

CHAPITRE 1: CADRE CONCEPTUEL DE L'ETUDE

Dans ce chapitre, il est question de définir les concepts de


base afin de rendre perceptible la suite de ce travail. Certains mots méritent
d'être examinés notamment le management participatif, forêts et ses dérivés, et
le développement local.

De prime abord, nous allons examiner les concepts « gestion» et


« rnanaqernent » avant de cerner la portée et le champ d'action de
management participatif.

1.1.Gestion et Management

La gestion peut être utilisée dans tous les secteurs d'activités


humaines, le plus important écrit H. Koontz zt. O'Donnel dans Management,
Principes et Méthode de Gestion'!'.

Toute entité économique donnée, pour fonctionner, a besoin d'être


organisée et bien gérée.
La gestion des entités, branche de l'économie couverte par le concept
management, prend de plus en plus de l'importance dans la vie des affaires.

Toute gestion rationnelle exige de la direction d'une entité


économique donnée, de posséder les moyens d'éclairer sa politique et de
disposer de contrôles organisés et systématiques qui lui permettent de suivre
l'évolution de l'entité économique concernée. La bonne gestion que cela implique
est en corrélation avec sa capacité à dominer les effets liés au hasard et au
temps.

(1) H. Koontz zt. O'Donnel cité par Venant Patrice Kinzonzi in Collection Comptabilité -Finance et Développement,
Tome VII, Notes de Cours de Contrôle de Gestion et Développement, L2,
FASEG/UNIKIN, 2000, Pl
L

Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a.

11

Le mot gestion, appliqué à l'entreprise, est l'art de combiner les


différents moyens matériels et intellectuels à la disposition de l'entreprise en vue
d'aboutir, dans une organisation donnée, au maximum de rendement et de
productivité, à l'issue d'une période donnée.

Nous retrouvons à travers cette définition la trilogie: entité-


organisation-gestion.

La gestion est une série d'actions de direction et d'animation à son


stade le plus élevé, et participant notamment au choix des objectifs de
l'entreprise et des différentes branches de l'exploitation, à la détermination des
plans d'action à long, moyen et court termes, au choix des moyens de
financement et de leur utilisation aux moyens de production (problématique de la
gestion financière).

Mais les choix évoluant, le monde Anglo-Saxon, nous a apporté un


terme qui passe plus cohérent dans la définition du champ d'action de la gestion:
le terme management.

C'est vers la fin des années 1960 que le mot« management» est
devenu est concept clé aux Etats-Unis. Il avait déjà été défini au début du siècle
comme un art. L'art d'obtenir des gens que les choses soient faites par exemple,
ou tout simplement l'art du possible.

Actuellement, «action ou art, ou manière de conduire une


organisation, de la diriger, de planifier son développement, de la contrôler,
s'applique à tous les domaines d'activité de l'entreprise.

Le processus de management existe, peu ou prou, dans toutes les


organisations qui cherchent à atteindre un but, qu'elles se situent dans I~ secteur
privé ou public, qu'elles soient à but lucratif ou non, qu'elles soient incluses dans
le système capitaliste ou socialiste. Ceci sans préjuger du degré de centralisation
de la structure mise en place, ni de la qualité du partenariat'!'.

(1) Nicole Aubert et al. : Management: aspects humains et organisationnels, PUF, 1991, P .11
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a.

12

Pour Kinzonzi Mvutukidi'", la signification qu'on s'accorde à


reconnaître à ce terme d'origine Anglo - Saxonne est celle d'un art de diriger et
d'administrer, fonction de direction avec l'acception suivante: science et art de
mettre en œuvre des moyens matériels et de conduire des hommes dont les
fonctions sont différentes et objectif cqmmun.

L'auteur poursuit que dans la conception américaine, le


management englobe les fonctions de direction de tous les cadres, depuis le
Directeur Général jusqu'au Chef d'équipe et l'ensemble de ceux qui exercent ces
fonctions, et contient en outre l'idée d'organisation scientifique du travail. Ainsi,
on s'entend à donner aux expressions suivantes Top Manager, Middle Manager
et Manager, les sens respectifs de direction générale, cadre moyen et toute
personne qui a un rôle de direction ou d'autorité.

En marge des préoccupations d'un pays comme le nôtre,


l'entreprise doit pouvoir mieux remplir son rôle d'élément moteur du progrès
social, économique et politique, qu'il s'agisse d'une petite, moyenne ou grande
entreprise, d'association, de congrégation, d'administration ou de parti politique,
par entreprise, on n'entend pas seulement une société ou une firme
commerciale, c'est aussi un ministère, une association ou un parti politique.

Le management comporte l'idée de créativité et de maintenance d'un


environnement interne dans l'entreprise où des individus, travaillent ensemble
dans des groupes, peuvent accomplir efficacement et effectivement le travail en
vue d'atteindre les objectifs de celle-ci, tout en tenant compte de son
environnement extérieur. Bref, le management est un ensemble des
connaissances basées sur l'art d'accornplir.i"

G. Nizard écrit que le management est une axiologie qui, de plus en


plus, explicite ses fondements, informe de ses projets, poursuit des valeurs
exprimées. Il se double d'une praxéologie, c'est-à-dire d'une logique de l'action
d'une diffusion de ses pratiques, d'une analyse de ses processus de décision.

(2) Kinzonzi Mvutukidi Venant Patrice: Note de Cours de Controle de gestion, L2, FASEG -UNIKIN, 2005-2006,
ppS-6
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

13

Nous partageons avec le professeur Kinzonzi, l'affirmation de Jean


Riboud (Manager de SCHLUMBERGER, Ltd) selon laquelle il stipule que
« l'efficacité de la gestion dépend pour une large part de la rapidité avec laquelle
on peut comparer les résultats effectifs avec les prévisions budgétaires, moyens
nécessaires de rectifier le tir».

Nous ajouterons également avec Claude GINDRE, les compétences


d'une équipe de management en termes de capacité d'anticipation, de réaction et
d'adaptation, doublée d'une complémentarité et solidarité de ses membres ainsi
que d'une capacité rapide et pertinente.

Management et organisation sont deux notions étroitement


associées, en pratique et en théorie. De la qualité du management vont
dépendre le degré de réalisation des objectifs de l'organisation et son adaptation
au monde extérieur.

Les définitions du mot organisation sont nombreuses et varient en


fonction du cadre théorique dans lequel on se place. L'accent a été mis
successivement sur différents aspects des relations entre l'individu et sa tâche
sur les rapports entre l'homme, les conditions physiques et administratives de
son travail d'abord, puis sur les relations des hommes au travail entre eux.

Et plus récemment, sur les rapports établis entre travailleurs, les


organisations et le milieu extérieur au double sens social et économique du
terme. Pour un économiste, l'organisation peut être définie comme un
rassemblement de ressources, humaines et matérielles de travail et de capnat.'"

De ce qui précède, nous optons pour le concept management grâce


à son champ très large d'action quand bien même que les deux concepts sont
interchangeablement utilisés dans la littérature de gestion. A présent, nous
sommes qualifiés de cerner la terminologie management participatif.

(1) Kinzonzi Venant Patrice: op. cit., Pp. 6-7


(1) Nicole Aubert et al. : Ibidem
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

14

1.2. Mangement Participatif

Nous venons de scruter les contours et le champ d'action du


concept «management». " . convient d'abord de donner le sens de la
participation dont il est question dans cette analyse avant d'approfondir la
réflexion sur le management participatif.

Le mot «participation» est mentionné dans les documents des


projets pour indiquer la participation active que les paysans devront prendre au
projet qui leur est proposé ou plus exactement, imposé'!'.

De manière claire, la participation désigne l'engagement, sur le plan


collectif, de personnes dans diverses activités ayant un intérêt pour la
communauté.F'

En effet, le management participatif est une approche qui reconnaît


1

le pluralisme et de ce fait privilégie une gestion des écosystèmes forestiers en


gérant ce pluralisme. De ce point de vue, la gestion durable est envisagée en
terme de gestion des relations entre les hommes à propos des espaces
forestiers.

Les acteurs en compétition autour des espaces forestiers sont des


parties prenantes. Elles représentent des catégories variées: populations
riveraines (dans leur hétérogénéité), élites tant intérieures qu'extérieures, ONG
locales et associations de développement, agents de développement et de la
conservation, agents de l'administration locale et centrale, secteur privé, agences
de coopération, etc.

(1 Anne-Marie HOCHET -N' gar ALIBA : op. cit. P 15

(2) KA TZENELLENBOGEN lM. et al.: Community participation in the Mamre community health project, South
Africa Med, J, 1988, n° 74, p.338
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de I~ réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a

15

Le management participatif décrit une situation selon laquelle toutes


ces parties prenantes, ou une partie d'entre elles, sont associées à un degré
important aux activités de gestion. Celles-ci établissent un partenariat entre elles.
Ce partenariat stipule et garantit les fonctions, les responsabilités et les droits
respectifs de chaque catégorie de parties prenantes par rapport aux ressources
de l'espace concerné.!"

Finalement, le management participatif peut se définir comme étant


une philosophie de gestion se concrétisant à travers un ensemble de techniques
et de pratiques visant à faire partager l'information, la connaissance et le pouvoir
décisionnel afin de responsabiliser l'ensemble des travailleurs à l'égard du
succès de l'entreprise et d'améliorer la cohérence entre les objectifs individuels et
les objectifs organisationnels en vue d'accroître la satisfaction des clients.(2)

Le management participatif est donc un moyen que se donne une


organisation pour être plus efficace, offrir de meilleurs services, créer un milieu
de travail plus stimulant, favoriser un meilleur climat de travail. Ce n'est pas une
fin en soi. Si la gestion participative ne permettait pas d'améliorer ce qui existe, il
n'y aurait pas lieu de l'implanter pour l'lmplanter'".

(1) Jean Claude NGUINGUIRI: Op. CiL, P. 29

(2) La Maryade : Modèle de gestion, Adopté au conseil d'administration du 22 novembre 2000


Mise àjour : 27 septembre 2006, Québec, Canada, inédit

(1) La Maryade : ibdem


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la rèsetve de la faune de Lomako - Yokokala.

16

1.2.1. Les différentes écoles de management(2)

Citons brièvement les trois principales approches qui ont marqué ce siècle:
• la pensée taylorienne,
• l'école des relations humaines,
• l'approche du management participatif.

La pensée taylorienne repose fondamentalement sur une vision


motivationnelle brutale: l'homme est rétif au travail, « il n'aime pas ça ». Il est
obligé de travailler pour gagner sa vie et satisfaire ainsi ses besoins de survie et
de sécurité. Il recherche, avant tout, un maximum de rétribution pour un minimum
de contribution.

Cette conception conduit logiquement à l'Organisation Scientifique


du Travail. Quels que soient ses états d'âme, l'homme doit être pris dans un
système, dans une mécanique où il n'a pas le choix. Il devra effectuer sa tâche à
l'intérieur d'une cadence. Cette tâche sera d'ailleurs le plus souvent une
opération, un geste parcellaire concourant à réaliser un produit quelconque. ~
La rationalité organisationnelle contourne le manque d'appétit au travail, met un
terme aux aspirations intimes de la personne. Si des tensions sociales émergent
elles seront régulées par un supplément de rétribution; l'apaisement s'en suivra.

L'école des relations humaines, dont les thèses reposent, entre


autres, sur les expériences menées par Kurt Lewin dans l'immédiat après-guerre
aux États-Unis, se fonde, elle, sur une autre approche motivationnelle.

La personne recherche, certes, un maximum de rétribution par


rapport à son travail, mais aussi, un cadre de vie satisfaisant. L'instinct grégaire
prime ; l'homme a besoin de faire partie d'un groupe, d'un clan où il a sa place et
où il est reconnu.

(2) F. Herzberg B Mausner, B Snydennan, The motivation to work. Wiley N.Y. 1959. P.75
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

17

La communication, l'échange, les stimulations positives, la


reconnaissance de ses efforts, la valorisation de ses capacités sont autant de
besoins fondamentaux que toute personne doit trouver dans son travail. Si elle
les obtient, elle augmentera d'elle-même sa contribution aux résultats de l'unité
et de l'entreprise auxquelles elle appartient. Du primat de l'organisationnel, on
passe à celui du relationnel.

L'approche du management participatif ne nie en rien la pensée


précédemment développée, elle la poursuit et l'enrichit.

En référence aux thèses de F. Herzberg, l'homme aspire non


seulement à la satisfaction de ses besoins primaires et d'appartenance mais
aussi à son propre développement. L'expression de soi, la réalisation de soi, le
développement de son potentiel sont les seules voies royales de la maximisation
de son efficacité individuelle.

Dans la pensée taylorienne, l'homme travaille parce qu'il y est


obligé, parce qu'il doit survivre, « il perd sa vie en la gagnant »; dans la vision de
l'école des relations humaines, il travaille par amour ou contre-dépendance vis-à-
vis de son groupe, de son clan et de son chef. Dans l'approche du management
participatif, il travaille parce qu'« il aime ça »; ses activités et ses tâches sont
sources d'enrichissement, d'expression et d'autoréalisation.
1

Il faut tout de suite sortir d'une confusion: le terme participatif ne


renvoie pas à l'autogestion ou au consensus, mais vise simplement à signifier
que chacun participe à la production des résultats de ,'unité et de l'entreprise.
Dans une perspective marxiste il s'agirait, peut-être, de l'aliénation suprême où
l'esclave en vient à aimer ses chaînes.

De notre point. de vue, nous croyons plutôt qu'il s'agit de la seule


possibilité de vivre le travail non plus comme une coercition mais comme un
temps de vie permettant de sortir d'une fausse dialectique loisir-labeur.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

18

Certains métiers ont, par leur nature même, une propension


naturelle à développer, chez les personnes qui l'exercent, cette relation au
travail.
Nous pensons ici à toutes les professions artistiques ou de recherche
scientifique.

Pour l'immense majorité des salariés, seul un management


proposant, à chacun, responsabilité et autonomie, permet à la personne d'établir
cette intimité avec son emploi.

1.2.3. Style ou management participatif

Une autre confusion existe entre ces deux notions qui, presque
toujours, sont indifférenciées. Il nous semble essentiel de sortir de cet amalgame.
Comme nous l'avons dit, le management est une conception complète de la
direction d'une entité, renvoyant à la finalité économique de l'entreprise, visant à
la maximisation des contributions individuelles et à leur orientation vers l'atteinte
des objectifs de l'entreprise.

Un style de management, c'est tout autre chose. Nous définissons


cette notion comme l'ensemble des attitudes et des comportements qui décrit la
manière dont un responsable exerce son pouvoir sur un groupe. Il s'agit bien de
la façon de commander, d'exercer l'autorité.

Dans une vision « humaniste » de son rôle, le responsable refusera


de s'appuyer sur l'autorité formelle qui lui est conférée par sa position
hiérarchique pour développer un leadership, c'est-à-dire une autorité informelle
qui lui est reconnue par ses collaborateurs, de par ses capacités à:
• donner une orientation,
• organiser et canaliser les efforts de chacun dans cette direction,
• communiquer, faire adhérer, réguler en permanence les conflits, les
tensions.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

19

Comme nous le voyons, le style participatif se réfère directement à


l'école des relations humaines bien plus qu'à la conception du management
participatif. Dans cette approche, le style participatif, surtout dans sa connotation
« paternaliste» ou « boy-scout », n'est en rien, pour nous, un credo.

Le style de management, proposé par l'École du management


participatif, est fondé sur une approche différenciée, c'est-à-dire sachant
s'adapter à chaque personne et événement, jouer sur tous les registres de
l'exercice du pouvoir (autorité, leadership, charisme), pour permettre à chacun
d'accroître, dans un même temps, sa force de travail et son développement
personnel.

1.3. Forêts

Dans cette section, il convient de cerner la définition du concept


« forêts» et ses dérivés notamment produits forestiers ligneux, produits forestiers
non -ligneux, aménagement forestier, conservation, exploitation forestière, ...

Pour votre information, le Code Forestier est l'ensemble des


dispositions régissant le statut, l'aménagement, la conservation, l'exploitation, la
surveillance et la police des forêts et des terres forestières.
Le code forestier définit également les règles juridiques applicables à la
sylviculture, à la recherche forestière à la transformation et au commerce des
produits torestiers'", raison pour laquelle le Code Forestier constitue notre
source pour la définition de ces concepts.

Selon le Code Forestler'", les forêts se définissent comme étant:

a. les terrains recouverts d'une formation végétale à base d'arbres ou


d'arbustes aptes à fournir des produits forestiers, abriter la faune

(1) Journal Officiel: Code Forestier, Loi n° 01112002 du 29 août 2002, article troisième.
(2) Journal Officiel: op. cit., article premier.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a.

, , 1 20
vegeta e et exercer un effet direct ou indirect sur le
sol, le climat ou le régime des eaux.

b. Les terrains qui, supportant précédemment un couvert végétal


arboré ou arbustif, ont été coupés à blanc ou incendiés et font l'objet
d'opérations de régénération naturelles ou de reboisement.
Par extension, sont assimilées aux forêts, les terres réservées pour
être recouvertes d'essences ligneuses soit pour la production du
bois, soit pour la régénération forestière, soit pour la protection du
sol.

1.3.1. Produits forestiers ligneux

a) les matières ligneuses provenant de l'exploitation des forêts,


comme les arbres abattus, les grumes, les houppiers, les
branches, les bois de chauffage, les rondins, les perches, les bois
de mine;
b) les produits de transformation de l'industrie primaire comme le
charbon de bois, les copeaux, les bois à pâtes, les sciages, les
placages.

1.3.2. Produits forestiers non- ligneux

Tous les autres produits forestiers, tels que les rotins, les écorces,
les racines, les rameaux, les feuilles, les fruits, les semences, les résines,
les gommes, les latex, les plantes médicinales.

1.3.3. Aménagement forestier

L'ensemble des opérations visant à définir les mesures d'ordre


technique, économique, juridique et administratif de gestion des forêts en vue de
les pérenniser et d'en tirer le maximum de profit.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

21

1.3.4. Conservation

Ce sont des mesures de gestion permettant une utilisation durable


des ressources et des écosystèmes forestiers, y compris leur protection,
entretien, restauration et amélioration.

1.3.5. Déboisement

Opération consistant à défricher une terre forestière ou à couper ou


à extirper ses végétaux ligneux en vue de changer l'affectation du sol.

1.3.6. Exploitation forestière

Activités consistant notamment dans l'abattage, le façonnage et le


transport du bois ou de tout autre produit ligneux, ainsi que le prélèvement dans
le but économique des autres produits forestiers.

1.3.6. Plan d'aménagement forestier

C'est un document contenant la description, la programmation et le


contrôle de l'aménagement d'une forêt dans le temps et dans l'espace.

1.3.7. La Classification des Forets

L'article 10 de l'actuel Code Forestier stipule que le domaine


forestier comprend trois catégories des forêts, notamment les forêts classées, les
forêts protégées et les forêts de production permanente.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - YokokaJa

22

a. Les forêts classées

Les forêts classées sont celles soumises, en application d'un acte de


classement, à un régime juridique restrictif concernant les droits d'usage et
d'exploitation, elles sont affectées à une vocation particulière, notamment
écologique.

b. Les forêts protégées

Les forêts protégées sont celles qui n'ont pas fait l'objet d'un acte de
classement et sont soumises à un régime juridique moins restrictif quant aux
droits d'usage et aux droits d'exploitation.

c. Les forêts de production permanente

Les forêts de production permanente sont les forêts soustraites des


forêts protégées par une enquête publique en vue de les concéder; elles sont
soumises aux règles d'exploitation prévues par la loi et ses mesures d'exécution.

La loi précise dans ses articles 12 et 13 que les forêts classées font
partie du domaine public de l'Etat. Sont forêts classées:

a. les réserves naturelles intégrales;


b. les forêts situées dans les parcs nationaux;
c. les jardins botaniques et zoologiques;
d. les réserves de faune et les domaines de chasse
e. les réserves de biosphère;
f. les forêts récréatives ;
g. les arboreta ;
h. les forêts urbaines ;
i. les secteurs sauvegardés.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la reserve de la faune de Lomako - Yokokala.

23

Sont en outre classées ici, les forêts nécessaires pour:


a. la protection des pentes contre l'érosion;
b. la protection des sources et de cours d'eau;
c. la conservation de la diversité biologique;
d. la conservation des sols;
e. la salubrité publique et l'aménagement du cadre de vie;
f. la protection de l'environnement humain et
g. en général, toute autre fin jugée utile par l'administration chargée des
forêts.

De ce qui précède, la RFLY est une forêt classée dans le domaine


public de l'Etat.

1.4. Développement local

Dans cette section, il convient d'abord de définir le concept la


« communauté », et, ensuite celui de « développement local».

1.4.1. Communauté

Une communauté est définie comme étant un groupe de personnes


qui vivent fréquemment au même endroit géographique et qui s'identifient
comme appartenant au même groupe. Les gens d'une communauté sont souvent
apparentés par le sang ou mariage. Ils leur arrivent de tous appartenir au même
groupe religieux ou politique, à la même classe ou à la même caste.

Toutefois, bien que les communautés aient de nombreuses choses en commun,


elles sont très complexes, et il ne faudrait pas les considérer comme des groupes
homogènes. Elles peuvent abriter les conflits'".

(1) D'arey Davis Case: Op. Cit., P. 4


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

24

Le législateur congolais, à travers le Code Forestier, définit la


communauté locale plus précisément comme étant une population
traditionnellement organisée sur la base de la coutume et unie par des liens de
solidarité clanique ou parentale qui fondent sa cohésion interne. Elle est
caractérisée, en outre, par son attachement à un terroir déterrnlné.F'

En rapport avec ce travail, qui traite le développement local, nous


retenons la définition du législateur congolais dans la mesure où elle stigmatise
la population riveraine qui est, en effet, le sujet et non l'objet dans cette étude.

1.4.2. Développement local

Le développement local doit être considéré comme un


développement géographiquement décentralisé, c'est-à-dire, éloigné du centre
(capital du pays, pouvoir central, ... ) mais là n'est pas l'essentiel.

Pour être véritablement local, le développement doit être d'abord et


avant tout l'affaire des populations concernées.
Partant, il y a lieu de faire appel aux notions d'auto-promotion.

L'auto-promotion se définit par la trilogie: voir- vouloir- pouvoir qui


signifie le fait pour une personne ou une communauté de prendre conscience de
sa situation, de décider de l'amélioration ou non et d'agir effectivement dans ce
sens, seul eUou avec l'appui d'autres personnes ou d'autres comrnunautés'".

L'auto-promotion comprend cinq dimensions, à savoir: l'auto-


détermination, l'auto-organisation, l'auto-financement, l'auto-gestion et l'auto-
évaluation.

(2) Journal Officiel: Op. Cit. ; Paragraphe 17, P.9


(1) Bernard Atamana Dabire et al. : Développement local et Gestion des ressources naturelles en Afrique
Subsahriem1e in Actes du Colloque International, IPD-AC Doual, 10- 13
Novembre 1998, P .16
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

25

a. L'auto-détermination

L'auto-détermination et la décision; c'est le fait pour la personne ou


la communauté de disposer d'elle-même, de prendre les décisions qu'elle juge
utiles ou nécessaires pour sa vie, de décider d'agir ou ne pas agir, etc.

b. L'auto-organisation

L'auto-organisation; c'est le fait pour la personne ou la communauté


de s'organiser comme elle entend ou juge utile ou nécessaire selon les
résolutions qu'elle aurait prises.

c. L'auto-financement

L'auto-financement consiste à identifier soi-même les ressources


dont on a besoin, et à les mobiliser dans le sens voulu par la personne ou la
communauté, en comptant d'abord sur ses ressources propres.

d. L'auto-gestion

L'auto-gestion est le fait de gérer soi-même son organisation, ses


activités et ses ressources selon les orientations qu'on s'est données.

e. L'auto-évaluation

L'auto-évaluation, c'est-à-dire, l'action de porter soi-même un regard


critique sur ce qu'on est, ce qu'on a ou ce qu'on fait.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

26

L'autopromotion n'est pas un but lointain, mais une pratique sociale,


un processus amorcé dès la première action de développement entreprise. Ce
principe a pour corollalre'" :
valorisation du savoir paysan ;
valorisation des potentialités locales d'abord avant
tout recours à l'extérieur.

Par ces cinq dimensions, on comprend que la responsabilité de la


personne ou de la communauté doit être entière sur tout ce qui touche à tous les
domaines de son existence tant que ce qu'elle décide de faire ou de ne pas faire
ne porte pas atteinte aux intérêts des autres personnes ou communautés, et
dans la limite de la solidarité nécessaire ou indispensable entre les hornrnes'".

Pour la Fédération Internationale pour un Autre Développement


(FIDAD), l'auto-promotion doit être considérée comme la condition sine qua non
du développement dont leur définition nous paraît la plus pertinente.

Pour eux, « développer, c'est enlever ce qui enveloppe, c'est-à-dire,


dépasser les dominations; libérer; ouvrir. Le développement est
l'épanouissement de l'imagination individuelle et sociale des hommes qui
définissent leurs buts et qui inventent les moyens de les atteindre ».

Et ils poursuivent, en disant, qu'il y a développement, seulement


lorsque les hommes et leurs communautés agissent comme sujets au lieu de
subir, comme objets, des actions extérieures à eux, quand ils affirment leur
autonomie et leur confiance en soi, quand ils formulent et mettent en œuvre
leurs projets. Enfin, développer, « c'est être ou devenir, non avoir(2)».

(1) Anne-Marie HOCHET et al. : op.cit. P. 13

(I)) M. Boniface Tiotsop : Auto-Promotion comme approche appropriée au développement local, in Actes du
Colloque International, IPD-AC Douai, 10- 13 Novembre 1998, P.59

(2) (Fédération Internationale pour un Autre Développement (FIDAD), ln Dossier FIDADA n? 17, Mai/Juin 1980, P.8
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

27

A vrai dire, il n' y a pas de développement local sans une volonté


populaire et une démarche collective d'intégration de nouvelles exigences
culturelles, sociales et économiques de développement aux réalités locales. Il
devra y avoir une dialectique d'ouverture et d'enfermement.

En sommes, le développement local est un processus qui vise à


construire un mieux-être des populations à l'intérieur d'un espace donné, avec
une approche où les différents acteurs se rencontrent, échangent et édifient
ensemble un projet de société'".

Une définition plus large nous parait plausible, le développement


local est une démarche globale de mise en mouvement et en synergie des
acteurs locaux pour la mise en valeurs des ressources humaines et matériels
d'un territoire donné, en relation négociée avec les centres de décision des
ensembles économiques, sociaux, culturels et politiques dans lesquels ils
s'inscrivent.F'

Après avoir traité du cadre conceptuel de notre travail, passons


maintenant au deuxième chapitre consacré à la présentation de son champ
d'application et de sa méthodologie.

(1) ) Bernard Atamana et al. : Développement local et gestion des ressources naturelles en Afrique Subsaharienne, in
Actes du Colloque International, IPD-AC Douala, 10-13 Novembre 1998, P.8

(2) Paul HEVEE : Le développement local au défis de la mondialisation, Ed L'Harmattan, 2001, p. 108
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

28

CHAPITRE Il: PRESENTATION DU CHAMPS D'APPLICATION ET DE LA


METHODOLOGIE

Ce chapitre est subdivisé en deux sections. La première présente


notre champs d'application en retraçant la situation générale de la réserve de la
Faune Lomako -Yokokala. La deuxième esquisse la méthodologie suivie dans la
réalisation du travail.

2.1. CHAMPS D'APPLICATION: la réserve de la faune de Lomako-Yokokala

Cette section retrace la situation générale de la réserve en cinq


sous-systèmes, à savoir: les écosystèmes, système de production,
aménagement du territoire, conditions sociales et catalyseurs internes et
externes et montrent les interrelations et interactions qui existent entre eux.

2.1.1. Les écosystèmes

L'écosystème détermine les potentialités d'utilisation et se définit


par les facteurs climatiques, la végétation et la faune.

En ce qui concerne le climat, l'ensemble du Paysage subit un climat


de type équatorial avec une pluviométrie annuelle moyenne de l'ordre de 2.000
mm et une saisonnalité peu marquée. La période la plus humide va de août à
octobre et la durée de la saison sèche (janvier-février) est inférieur à 2 mois.

Par rapport à la végétation, la plus grande partie du Paysage est


couverte de forêts denses humides: 67 % de forêts de terre ferme et 25 % de
forêts inondables et/ou marécageuses qui longent les rivières et les ruisseaux.
Les formations de terre ferme comprennent les forêts ombrophiles semi-
sempervirentes à Scorodophloeus zenkeri et des forêts ombrophiles
sempervirentes à monodominance de Gilberliodendron dewevrei ou de
Brachystegia laurentii. Les formations édaphiques comprennent les forêts
ripicoles à Uapaca heudelotti, des forêts inondables à Oubanguia africana et des
forêts marécageuses à Entandrophragma palustre et Coelocaryon botryoides.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

29

Le reste (7%) est occupé par les forêts dégradées et des zones
cultivées, soumises à l'agriculture itinérante. Les plantations forestières couvrent
moins de 1 %. Elles se trouvent surtout le long des axes routiers et d'habitation,
le long de la Maringa, la Lopori et la Bolombo, y compris le carré des routes qui
relient Djolu, Lingomo, Mompono et Befori.

Partant de la faune, au moins onze espèces de primates diurnes ont


été observées. Les cercopithèques salongo Cercopithecus dryas est endémique
des bassins de la Maringa et de la Lopori. Le bonobo Pan paniscus, le colobe bai
de Thollon Lophocebus th0110
ni, le cercocèbe à ventre doré Cercocebus
chrysogaster et le lophocèbe noir Lophocebus aterrimus sont endémiques aux
forêts congolaises centrales.

Le singe des marais Allenopithecus nigrovirifis est endémique des


forêts inondées ou inondables de la Cuvette centrale et le colobe d'Angola
Cotobus ango/ensis n'est connu que de la Cuvette centrale, le nord-est de la
ROC et la région des Grands Lacs. D'autres grands mammifères incluent
l'éléphant Loxodonta africana, le buffle Syncerus caffer, le bongo Trage/aphus
euryceros, le chat doré Pelis aurata et la panthère Panthera pardus.

L'avifaune compte plus de 400 espèces. En quelques endroits, la


densité de paon congolais Afropavo congensis, espèce endémique du centre et
du nord-est des forêts congolaises, très sensible aux perturbations anthropiques,
est probablement la plus élevée du pays.

Le paysage est situé intégralement dans l'éco-région de la Cuvette


centrale dont l'ichtyofaune compte 240 espèces recensées (probablement 300-
400) dont au moins 12 espèces endémiques. Peu d'études ont été faites depuis
les années 1960.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokafa.

30

2.1.2. Le système de production

Les systèmes de production de la RFLY concernent principalement


l'agriculture et la chasse. Le fonctionnement de ces systèmes vise à assurer la
satisfaction de besoins de la population.

Les populations, centrées sur les axes principaux, se focalisent sur


l'agriculture. Cependant, à cause de l'effondrement de celle-ci et du manque
d'accès aux marchés, les populations se tournent vers la forêt pour l'exploitation
des ressources naturelles spontanées: la viande de brousse, le poisson et les
produits forestiers non ligneux. On peut estimer que près de 100% du paysage
est sous influence de la chasse.

Les principales activités artisanales des populations de la RFLY sont


des unités de production d'alcool à base de mais (Befale, Basankusu) et de la
canne à sucre (Bongandanga et Lingomo), la presse d'huile de palme, les
préparations de chikwanges (Bombita, ntuka, ... ), la fabrication des planches, les
menuiseries, les maçonneries, ...
La production de bois de feu pour le chauffage et la cuisson des
aliments est assurée par les femmes qui ramassant le bois sec dans la jachère
ou en forêt. Elle satisfait la demande locale, très minime'!'.

En définitive, toutes ces activités sont d'un apport assez modique et


irrégulier dans le revenu familial. Elles sont peu rentables par rapport aux
activités agricoles, d'élevage, de chasse et de pêche.

Il convient également de noter que le manque d'électricité constitue


une contrainte moyenne pour le développement des populations et la gestion
durable des ressources forestières.

(1) Kjell Xûhne : in rapport de voyage 30 juillet 2005, Rainforest NorvègelRoyaume-Uni


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

31

A la marge des activités de l'agriculture et de la chasse, il sied de


signaler que l'exploitation industrielle dans le Paysage a commencé dans les
années 1970 et s'est arrêtée en 1998 à cause de la guerre. Bien que presque
100 % du Paysage avait été attribué en concessions, l'exploitation était restée
très limitée suite aux difficultés d'accès. Aujourd'hui, 32 % du paysage se
trouvent dans la forêt de production officielle en attendant le processus de
conversion changeant les titres d'exploitation en concessions forestières. La
société la plus connue et la plus active est SIFORCO (groupe Danzer), avec
725.068 ha de concessions dans le paysage. La société Trans-M a obtenu
358.513 ha au sud de la réserve proposée de Lornako-Yokokala après le
moratoire du 2 juillet 2004(Arrêté Ministériel n° 050/CAB/MIN/ECN-EF/2004).

Selon les estimations des populations faites sur la révision de la


carte sanitaire du pays par la Direction d'Etudes et Planification du Ministère de
la Santé lors du découpage de 2003, la densité de la population du Paysage est
estimée à environ 13 habltantszkrrr" Cette population est principalement
concentrée le long des axes routiers et dans les villes de Basankusu, Befale,
Bongandanga, Mompono, Djolu et Lingomo.

Tableau n02 : Estimation des populations humaines de la Réserve.

N° ENTITES HABITANTS POURCENTAGE


1 Basankusu 217.000 23%
2 Bongandanga 401.500 42 %
3 Befale 130.852 14 %
4 Djolu 196.898 21 %
Total 946.250 100 %
.. ..
Source: Direction d'Etudes et Planification du MInistère de la Santé, 2003

Ce tableau révèle que la population humaine de la réserve avoisine


un million d'habitants avec un taux d'accroissement constaté de 31 %, selon le
même rapport.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a

32

Le paysage se trouve presque intégralement dans le terroir des


Mongo (Mongo et Mongando).

Depuis quelques décennies, il y de nouveau une immigration des


Ngombe, considérés comme étant des grands chasseurs, du nord vers les forêts
de chasse. Au centre nord-est, des populations limitées de Pygmées sont
éparpillées. Au milieu du paysage, entre les rivières Lomako et Yokokala,
direction Lingomo, il y a quelques milliers de Kitawalistes (témoins de Jéhovah)
qui se sont retirés dans la forêt depuis les années 1960 et n'acceptent pas
l'autorité de l'Etat. Les différents gouvernements de la deuxième république ont
tenté de les intégrer dans la vie nationale mais sans succès (1).

2.1.3. L'aménagement du territoire

L'aménagement du territoire vise à doter celui-ci d'infrastructures et


d'équipement indispensables au bon fonctionnement du système rural. " a donc
pour finalité de répondre aux divers besoins humains. Maldague et al(2).
Soulignent qu'à l'échelle d'un espace donné, l'aménagement du territoire devrait
aboutir à :
l'utilisation rationnelle des ressources;
- l'organisation optimale de l'habitation et ;
- l'instauration d'un environnement de l'individu et la cohésion de la
collectivité.

En tant que sous-système du système rural l'aménagement du


territoire comprend les infrastructures suivantes:
a) infrastructures d'approvisionnement d'eau.

(1) Bureau de Coordination des Affaires humanitaires( OCHA- N-U) in rapport sur le monitoring de la situation
humanitaires en RDC, 10-16 avril 2004

(2) Michel Maldague et al : Notions d'aménagement et de développement intégré des forêts tropicales, Tome II,
ERAIFT -UNESCO-MAB-PNUD, 2003, p.321
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33

Les villages s'approvisionnent en eau à partir des ruisseaux, des


sources et rivières. L'eau puisée à ces sources non aménagées. Cette eau est
de qualité très douteuse, néanmoins elle est consommée sans traitement
préalable.
b) Infrastructure de transport et de communication
c) Infrastructure sanltaire'"

A Befale, il n'existe qu'un seul centre de santé, non appuyé et qui se


trouve dans un état de délabrement total. Le seul hôpital de référence de
Baringa est situé à 40 Km de Djefera. Les cas les plus sérieux sont transférés
pare bicycles ou à dos d'hommes.

Il se pose un problème d'eau potable dans la ville de Basankusu et


ses environs. L'hôpital général de référence d'une capacité de 50 lits, avec deux
médecins, manque même des médicaments essentiels.

Selon une ONG oeuvrant dans le secteur de la santé, la


séroprévalence au VIH/SIDA serait de 4,75 % et la population ne reçoit pas
suffisamment d'information sur cette épidémie.

De manière générale, la population de la RFLY éprouve des


difficultés pour accéder aux soins de santé primaire(SSP) par suite de manque
d'infrastructures sanitaires adéquates, de manque du matériel médical, des
médicaments essentiels et d'un personnel insuffisants et inexpérimentés.

L'incapacité de la plupart des paysans à payer les soins reçus au


CSR a pour effet que la population recourt souvent à la médecine traditionnelle
avec toutes les conséquences envisageables.

(1) Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires(OCHA-N-U) : in Rapport sur le Monitoring de la situation
humanitaire en RDC, 10-16 avril 2004
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - YokokaJa

34

De ce qui précède, il y a lieu de paraphraser la définition du


professeur Maldaque'" qui affirme que la santé n'est pas seulement l'absence de
maladie ou d'infirmité, mais un état de complet bien-être physique, psychique,
mental et social. Il en résulte que la santé, et par conséquent le bien-être de
l'homme, dépend en grande partie de la qualité du milieu où il vit.

L'auteur souligne que trois conditions fondamentales doivent être


réunies pour que l'on puisse parler de qualité de vie, à savoir:
1. la santé, telle que définie ci-dessus;
2. la possibilité de satisfaire un certain nombre de besoins
(besoins essentiels), et
3. la liberté.

2.3.1.1. Marchés

Il existe quelques marchés hebdomadaires dont l'échange est en


nature, c'est le système de troc qui est plus utilisé.

Généralement, pour vendre leurs produits agricoles, de pêche et de


chasse, les paysans attendent les commerçants ambulants. D'autres paysans
par contre se rendent en ville (Baringa, Basankusu, Bongandanga, voire même à
Mbandaka) pour écouler leurs produits.

2.1.3.2. Les Infrastructures scolaires

Les écoles sont confrontées à des sérieux problèmes


d'infrastructures et manque de tout. Elles sont à compter du bout de doigts. Les
parents assurent seuls la prise en charge scolaire.

Dans la plupart des cas, ce sont des filles qui sont défavorisées au
profit de la scolarisation des garçons à cause de rnaigres moyens des parents.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala

35

2.1.4. Les cond itions socia les

Ce sous-système regorge les éléments susceptibles d'améliorer les


conditions de vie de la population. Il faut, en effet, valoriser les ressources
humaines en luttant contre la pauvreté et ses causes.

Dans cette optique, nous décrions, pour la RFLY, les aspects relatifs
à la santé, à la nutrition, à l'éducation, à l'habitat, à l'hygiène du milieu et à
l'énergie. Le niveau nutritionnel de cette population est en général bas. Le régime
alimentaire, monotone dans la plupart des ménages, est très pauvre en
protéines, aliments de protection et de construction pour les nourrissons et les
jeunes enfants. Ce régime alimentaire est essentiellement composé de banane,
igname, des feuilles de manioc, de riz, des chikwanges(bombita, ntuka,
ngabuka, ... ), poissons, viande, etc.

La ration alimentaire n'est ni équilibrée, ni variée. Quelques soient


les catégories de la population concernée (enfants, femmes enceintes et
allaitantes, adultes. Ce qui explique la prévalence des maladies nutritionnelles
surtout chez les nourrissons.

L'habitat immédiat de la RFLY n'est pas généralement assaini ni son


hygiène assuré. Les paysans vivent dans des conditions hygiéniques précaires;
les latrines et les douches sont presque inexistantes.

Les logements construits en briques ou en sable, ont des toitures


constituées d'environs 80 % de chaume, 20 % des tôles galvanisées.

Ces maisons sont infestées très souvent par des vecteurs de


maladies (cafards, punaises, rats, ... ) comportent deux à trois chambres à
coucher et une pièce de séjour respectivement équipées de lit en bois ou en
bambou, et de chaises et fauteuil en bois.

(1) Michel Maldague: Traité de gestion de l'environement tropical, Tome II, 2003, p.545

J
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

36

Les paysans ne sont pas regroupés en organisation


socioprofessionnelle (planteurs, éleveurs, chasseurs, pêcheurs, ... ) mais ils sont
regroupés en catégorie d'âge appelé communément « Inongo ».

De ce fait, il y a moyen de réunir plusieurs couches de cette


population en terme de leur l'organisation d'âges afin de les orienter pour une
organisation socioprofessionnelle qui, de notre point de vue, peut être un
soubassement pour le management participatif.

2.1. 5. Les catalyseurs internes et externes

Les catalyseurs internes du développement rural sont les services


de l'administration locale. L'action de ces services de l'administration n'est pas
perceptible sur le terrain faute de moyens et surtout ces agents utilisent encore la
vieille loi forestière de 1975. Le nouveau Code forestier n'a pas encore été porté
à leur connaissance'".

Les catalyseurs regroupent les orqanlsatlons internationales, les


ONG et le secteur privé. A ce niveau, il y a un effort considérable de pouvoir
aider la population au management participatif afin de gérer durablement les
écosystèmes et de satisfaire les besoins des populations.

2.1. 6. Interrelations et interactions

Ces sous-systèmes ou composantes sont interreliés et en


interaction. Les interrelations mettent l'accent sur les relations de dépendance les
uns des autres. En effet, il existe des interrelations entre:
(a) Ecosystème, les systèmes de production et les conditions
sociales;
(b) Les systèmes de production, l'aménagement du territoire, les
catalyseurs internes et externes et les conditions sociales;
(c) L'écosystème, l'aménagement du territoire, les systèmes de
production et les conditions sociales.

(1) Kjell Kuhne :in Rapport de voyage, 30 juillet 2005, RainForest NorvègelRoyaume-Uni
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

37

Ces sous-systèmes agissent également les uns sur les autres, ce


sont des systèmes interactifs. Ainsi, il y a des interactions entre:
(a) la dégradation de l'écosystème, la production et la santé

Dégradation de l'écosystème 11--------- •..1 1I;;;;;;;;;;;p;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;II

Santé

(b) la production, les infrastructures, la commercialisation et les conditions


sociales.

Production 1nfrastructures
1

Commercialisation Conditions sociales

2.1.7. Présentation cartographique de la réserve de la faune de Lomako-


Yokokala

Sur le plan cartographique, la réserve de la faune Lomako Yokokala


se présente comme suit:
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

38

Carte de la Réserve de fa Faune de lomako-Vokokala

23'P'Q';'E:-~
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• JO ..•~.•.•

Source: African Wildlife Foundation

la réserve de la faune de Lomako-Vokokala s'étend sur deux


districts frontaliers, au nord-ouest par le district de l'Equateur et au sud -ouest
par le district de la Tshuapa. Il faudrait noter que fa Réserve de scientifique de
Luo se trouve à l'intérieur de la RFLV.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve ae la faune de Lomako - Yokokala.

39

2.2. METHODOLOGIE

Dans cette deuxième section, nous présentons les méthodes et


techniques employées dans ce travail.

Comme annoncé dans l'introduction générale, pour rédiger ce travail,


nous allons recourir à la méthode inductive et à l'approche systémique.

La méthode inductive se justifie par le fait que nous partons du


particulier au général, c'est-à-dire, de l'analyse de la Réserve de la Faune de
Lomako-Yokokala dont les conclusions pourront servir à la généralisation du
modèle de gestion à d'autres réserves du pays.

Le monde rural étant un système complexe, ses problèmes, surtout


ceux de l'environnement et du développement, devraient être abordés d'une
manière globale, intégrée et interdisciplinaire, bref selon l'approche systémique.

Cette approche est une nouvelle méthode de pensée. Quoique plus


exigeante et plus difficile que l'approche analytique traditionnelle.

L'approche traditionnelle (atomistique) prétend également


l'objectivité, c'est-à-dire à la définition et à la représentation de l'objet étudié tel
qu'il existerait en lui-même indépendamment de l'observateur et isolé de son
environnement. Ainsi, des propriétés découvertes doivent être rapportées à sa
nature, à son être ante-suffisant et substantiel. On circonscrira mieux sa réalité
vraie en isolant l'objet expérimentalement.

En outre, l'explication classique se base .sur le principe de causalité


linéaire. Il importe de dépasser les apparences, les symptômes vers les causes
profondes, vers les antécédents. Il importe de traiter les causes et non les effets,
et par définitions celles-ci sont antérieures à ceux-ci. Malheureusement, les
choses ne sont pas aussi simples, et ce mode de pensées trouve ses limites dès
le début du XXe siècle dans les sciences physiques et chimiques, plus tard en
biologie, puis en sciences humaines et sociales.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la rëseve de la faune de Lomako - YokokaJa.

40

Devant les limites de l'explication classique dans le domaine des


sciences, va se substituer une autre approche cherchant non plus à réduire
l'objet à ses éléments constitutifs, mais à le considérer comme un système
complexe ouvert sur son environnement, sous-système d'un système plus vaste
et lui-même constitué de système plus restreint. Ainsi, comme le souligne Edgar
Morin, l'être humain fait partie d'un système social qu sein d'un éco-système
naturel, lequel est au sein d'un système solaire, lequel est au sein d'un système
galaxique: il est constitué de systèmes cellulaires lesquels sont constitués de
systèmes moléculaires, lesquels sont constitués de systèmes atomiques'", ...

Certains auteurs soulignent que l'approche systémique est


essentielle si l'on veut réaliser un développement cohérent. Entendant par là, un
développement qui favorise le progrès humain, en commençant par lutter contre
la pauvreté, tout en assurant le maintien des équilibres de la nature.

L'approche systémique reconnaît l'absolue nécessité d'intégrer la


population aux processus de prise de décisions se rapportant à l'affectation et à
l'utilisation de terres forestières, terroirs ruraux et les ressources financières
issues des activités de la conservanon'".

Cette approche considère un système dans sa totalité, sa complexité


et sa dynamique propre. Elle se concentre sur les interactions entre les éléments
et étudie les effets de ces interactions qui, du reste sont fortes, non linéaires.
Cette méthode s'appuie sur une perception globale. Les outils de base de cette
approche sont la modélisation et la simulation qui sont toujours procédées par
une analyse des systèmes. (3)

De ce qui précède, Il est vrai d'affirmer que l'approche systémique


de l'environnement est une prise en compte à la fois de tous les éléments et des
relations et interactions entre ces éléments et des aspects structurels,
'
.
tonctionnels et dynamiques .

(1) Edgar Morin: La méthode, Tome 1: La nature de la nature, Paris, Seuil, 1977, P. 99
(2» Maldague, M et al. :Cité par Yves François Koyabizo Ahonziala, in Mémoire de DESS, ERAIFT, 2002, P 8
(3) Rosnay, D.]: Le macroscope- Le seuil, 1975, P. 93
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a.

41

Dans le cadre de ce travail, la Réserve de la Faune de Lomako -


Yokokala a été considérée comme un système rural composé de cinq sous-
systèmes à savoir: écosystèmes, système de production, aménagement du
territoire; conditions sociales ; catalyseurs internes et catalyseurs externes.

Cette approche nous permettra ainsi de dégager les interrelations et


interactions entre ces différents éléments du système et d'identifier les problèmes
et les contraintes liées à la gestion des ressources naturelles et au
développement humain.

La technique documentaire nous a permis de définir le cadre


conceptuel de l'étude et de déterminer son champ d'action dans le processus de
management aux modalités négociées.

Après avoir présenté la Réserve de la Faune Lomako-Yokokata et la


méthodologie de notre travail, passons maintenant aux troisième chapitre de
notre travail pour traiter du management participatif de la dite Réserve.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

42

CHAPITRE III: MANAGEMENT PARTICIPATIF DE LA RESERVE DE LA


FAUNE DE LOMAKO -YOKOKALA (RFL Yl

Nous situant dans la perspective de management participatif, il nous


semble important, dans un premier temps, de considérer le contexte
organisationnel dans lequel se place la RFLY et les mobiles pour lesquels ce
mode de management s'avère indispensable ·pour le développement de la
population riveraine, et en second temps, de présenter la démarche de
modélisation répondant ainsi à l'approche systémique adoptée dans la présente
étude.

3.1. CONTEXTE

Le contexte dans lequel s'implante la philosophie de management


participatif impose, à lui seul, certaines contraintes. En ce qui nous concerne, le
Code Forestier nous impose des contraintes desquelles nous ne pouvons nous
soustraire. Entre autres, elle détermine que la responsabilité de la gestion, de
l'administration, de la conservation et de surveillance et la police des forêts
incombent au Ministère ayant les forêts dans ses attnbutlons'".

Il convient de noter que le même article (24) ajoute que le ministre


travaille constamment en collaboration et en concertation avec les autres
ministères dont les attributions peuvent avoir une incidence sur le secteur
forestier. Il implique également les autres acteurs, notamment le secteur privé
économique et les ONG. Cet article ouvre une brèche concernant l'implication
effective d'autres acteurs, entre autres les communautés locales, dans le
processus de prise de décisions pour la durabilité des ressources naturelles.

A la marge des contraintes liées aux aspects juridiques, il se pose un


problème réel des ressources financières, humaines et matérielles au niveau des
communautés locales. Les contraintes qui seront élaguées dans les sections
1

(1) Journal Officiel: op. cit., article 24, chapitre III


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

43
suivantes de ce même chapitre car les différentes parties prenantes vont
travailler en synergie dans l'implémentation des projets de développement.

3.2. JUSTIFICATION

3.2.1. La gestion des premiers programmes forestiers

Les premiers programmes forestiers nationaux ont été élaborés par


les administrations forestières. La méthodologie adoptée est celle de l'approche
dite gestionnaire.
Le diagnostic, l'identification et le choix des orientations sont réalisés par des
panels d'experts pour le compte de l'administration forestière. Les objectifs visés
ont été surtout la réduction de la déforestation et l'accroissement de la
contribution du secteur forestier au développement économique et social.

Les premiers bilans critiques ont montré que ces programmes font
généralement preuve d'une grande rigueur technique et scientifique. Cependant,
ils manquent souvent de cohérence avec les autres programmes sectoriels, bien
que leurs champs d'action se recoupent.

Ces programmes forestiers souffrent également d'un problème de


légitimité. Au-delà de leur caractère légal, ils imposent aux citoyens le pouvoir de
l'expert. L'adhésion effective des populations riveraines des massifs forestiers,
des utilisateurs des ressources forestières, etc. à ces programmes est, par
conséquent, compromise, de même que leur sens de responsabilité et l'usage
des «pratiques citoyennes». Ils pêchent aussi par une redistribution non
équitable des ressources financières régénérées par l'exploitation forestière'!'.

En effet, aucune attention particulière n'a été accordée ni aux coûts


sociaux liés à l'exploitation forestière, ni aux mécanismes de compensation juste.
La pauvreté dans laquelle se trouve la majorité des populations riveraines des
paysages écologiques illustre parfaitement cette situation.

1 •

(1) Jean Claude NGUINGUIRI : Les partenariats forestiers orienter le processus sur la base des leçons de gestion
participative, .... , P. 6
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

44

La question qui se pose est celle de savoir comment faire pour que
les programmes et plans forestiers qui seront élaborés dans le cadre de la RFLY
soient objectivement corrects et socialement adéquats?

En réponse à cette épineuse question, il convient de réaffirmer que


l'approche dite « gestionnaire» qui a guidé le processus d'élaboration de
programmes forestiers de cette génération a été progressivement délaissée,
dans d'autres cieux, àu profit d'une approche participativ~, à la fin des années
1980. Beaucoup d'efforts ont été déployés pour éviter une décision unilatérale de
l'Etat.

Les populations locales, les organisations des communautés de


base, des ONG de développement, le secteur privé et les autres services
ministériels concernés par les espaces forestiers sont dorénavant considérés
comme parties prenantes, au même titre que l'administration forestière.

Dans certains cas que nous aurons l'occasion d'illustrer dans les
lignes qui suivent qu'il a été constaté que la participation n'a concerné qu'une
infime partie d'acteurs intéressés par les décisions prises.

De plus, celle-ci a été marquée par son caractère encore très directif
et centralisé. Au Cameroun par exemple, Foteu (1994, P.4), Coordonnateur du
PAFN, note que les attentes des populations étaient recueillies par les agents de
l'administration qui se chargeant de les intégrer si possible dans le plan d'action.

En optant pour une participation de faible degré, le problème posé


par l'approche gestionnaire n'a pas été résolu. La population. et d'autres parties
prenantes sont toujours mises devant le fait accompli, si l'on veut reprendre les
termes de Nguiffo.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

45

Dans ce contexte, le programme forestier national apparaît encore,


aux yeux de plusieurs parties prenantes, comme une affaire de l'Etat. Il est
apparu que cette forme de participation limitée à un cercle restreint de parties
prenantes ne vient pas rompre avec la logique de prescription qui s'appuie sur le
principe selon lequel il n'y a qu'un seul et unique système national, celui issu du
raisonnement technico-économique. Ceci est d'autant plus pertinent dans la
mesure où aucun dispositif efficace visant à répercuter les informations relatives
à l'évolution du processus d'élaboration et de mise en œuvre de ces programmes
forestiers auprès de toutes les parties prenantes n'est pas toncttonneï'".

L'ignorance ainsi entretenue, ne favorise pas l'appropriation de ces


programmes forestiers par l'ensemble des parties prenantes.
Au contraire, elles les perçoivent avant tout comme mesures imposées contre
leur volonté.

Dans cette optique, si l'on veut avoir des programmes forestiers qui
engagent toutes les parties prenantes, il convient de sortir de la logique de «
l'autorité experte », " s'agit d'aller au-delà d'une formulation de « bonne option de
qestion » en appliquant de façon restrictive les procédés scientifiques et
techniques.
Dans cette démarche, l'enjeu est surtout de communication. Celle-ci
permet un dialogue entre parties prenantes, et du fait de ce dialogue, elles
deviennent en mesure de comprendre leurs positions respectives dans un
contexte global et d'harmoniser leurs plans d'action en conséquence. C'est dans
cette direction que s'inscrivent les concepts de partenariat forestier et de
management participatif.

Le second concept, qui fait l'objet de notre travail, est à ce jour


appliqué surtout sur les espaces forestiers de taille relativement modeste.
Le premier, par contre, couvre le niveau national en veillant à une mise en
cohérence des différents programmes sectoriels avec le programme forestier,
d'une part et des engagements puis au niveau international avec le programme
forestier en vue d'une gestion durable, d'autre part.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la tëeeve de la faune de Lomako - Yokokala.

46
3.2.2. Le management participatif

C'est un mode de gestion aux modalités négociées. Autour des


écosystèmes forestiers, plusieurs catégories d'acteurs s'affrontent. Chacune
d'elles défend sa propre légitimité et ses intérêts en recourant à des systèmes de
normes différents plus que la non prise en compte de ce pluralisme dans les
programmes forestiers ne garantit pas une gestion durable.

Mais comment gérer, sur le même espace forestier, le grand nombre


d'acteurs, d'usagers et d'intérêts souvent contradictoires et incompatibles.

Comme nous l'avons dit au chapitre Il relatif au cadre conceptuel de


cette étude, le management participatif est une approche qui reconnaît le
pluralisme et de ce fait, privilégie une gestion des écosystèmes forestiers en
gérant ce pluralisme. De ce point de vue, la gestion durable est envisagée en
termes de gestion des relations entre les hommes à propos des espaces
forestiers.

Sarel y. affirme que la démarche systémique appliquée à l'analyse


des organisations se déploie à partir de la prise de conscience par un
observateur de l'existence, au sein d'un système humain, de problèmes, de
questions ou encore d'opportumtés'".

Saussure renforce cette idée, en disant qu'un système est une


totalité organisée, faite d'éléments solidaires ne pouvant être définis que les uns
par rapport aux autres en fonction de leur place dans cette totalité. Cette
définition met en évidence les trois caractères principaux d'un système:
• Il Y a des éléments en interrelation,
• Il Y a une unité globale constituée par l'interrelation de ces
éléments,
• Cette totalité est organisée ou autrement dit les interrelations
entre les composantes ou individus s'agencent d'une manière
,; - particulière pour produire une unité complexe, appelé

(1) ) Michel Bonami et al. : op. cit, P. 66


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

47
• système, dotée de qualités inconnues
au niveau des composantes ou individus qui le composent.

Ecris Herve LAROUCHE, dans toute organisation, mais à des


degrés variables, on cherche à établir de manière explicite les rapports et les
liaisons entre les individus et les groupes qui la composent. On dessine alors un
organigramme, on rédige des descriptions de fonction, on énonce des principes
de fonctionnent, on met au point des procédures, etc. par ces moyens, on met en
place une structure organisationnelle.

Cette structure constitue un des éléments les plus importants au


cadre dans lequel les individus et les groupes déploient leur action, cadre qui
influence cette action et conditionne ainsi l'efficacité de l'organisation.

Comprendre les comportements dans l'organisation implique donc


de comprendre la structure et chercher à maîtriser les comportements (ce qui le
but du management) implique de savoir maîtriser la structure.

Les structures sont des modes d'influence sur les comportements


des membres de l'organisation. Pour que cette influence soit efficace, c'est-à-dire
pour qu'elle aille dans le sens souhaité par ceux qui dirigent l'organisation, il faut
que la structure soit« en phase» avec les comportements naturels des
membres de l'organisation.

Il sied de noter que les solutions structurelles ne sont pas


universellement applicables. La transposition de structures d'une zone culturelle
à une autre pose parfois des graves problèmes.

Certains sont liés à des facteurs qui pour être locaux ne sont pas
culturels, par exemple dans le cas de la RFLY, le niveau de qualification de la
population riveraine s'avère trop bas pour permettre le bon fonctionnement d'une
structure de bureaucratie professionnelle qui est le domaine des professionnels,
d'individus formés et spécialisés disposant d'un ensemble dJ connaissances,
d'expériences et de règles d'action qui leur donnent la capacûé de traiter des
problèmes complexes, difficilement décomposables, bien relativement répétitifs.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

48

Cette structure peut assurément favoriser le faible degré


d'implication de certaines parties prenantes, notamment la communauté locale,
ONG locales, .... dans la réalisation du travail qui fasse échouer l'organisation.

Or le management participatif décrit une situation selon laquelle


toutes les parties prenantes, ou une partie d'entre elles, sont associées à un
degré important aux activités de gestion. Celles-ci établissent un partenariat
entre elles. Ce partenariat stipule et garantit les fonctions, les responsabilités et
les droits respectifs de chaque catégorie des parties prenantes par rapport aux
ressources de l'espace concerné.

3.3. DEMARCHE DE MODELISATION: les configurations organisationnelles

La présente section a pour objectif de situer la démarche de la


modélisation par rapport à la méthode systémique et de cerner son utilité pour
les acteurs ou parties prenantes de l'organisation.

Le biologiste FORRESTER J. rappelle que l'importance d'un concept


se mesure à sa valeur opératoire, au rôle qu'il joue pour diriger l'observation et
l'expérlence'".

En effet, donner une définition unique de la notion de modèle est une


tache délicate. Mais d'une manière générale et en suivant A. Robinson, un
modèle est « une abstraction simplifiée et idéalisée dont l'objectif est de
représenter d'une manière approximative le comportement d'un système }}(2)

Pour H. Mintzberg, le modèle n'aide pas seulement à comprendre


les organisations, mais également à les gérer. Il facilite le diagnostic - chaque
nouveauté qui se produit peut être intégrée en termes d'un modèle clair de
l'organisation - et cela à son tour facilite le choix des rernèdes'".
1

(1) FORRESTIER Jacob: Principes des systèmes, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1970, P.19
(2) A. Robinson cité par Kintambo Mafuku Emmanuel in Notes de Cours de Principes d'Econométrie, 2è édition,Ll
Gestion, FASEG/UNIKIN, 2004-2005, P.2 1

(3) Berbaum J., Les configurations organisationnelles, 1982, P 53


\... '"

Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a.

49
Un certain nombre d'auteurs (Baret, Silvern, Kaufman,
Berbaum) considèrent que pour décrire et comprendre le fonctionnement d'un
système, il est indispensable de partir d'un modèle théorique. Celui-ci a pour
fonction de permettre à l'intervenant de reconstituer la réalité du système qu'il
observe. Il est évident que ce modèle ne sera en rien objectif et encore moins
exhaustif.

Mais s'il est bien choisi, il présentera l'avantage de fournir à


l'intervenant une référence à partir de laquelle il pourra analyser le système
retenu. Les fonctions du modèle sont d'une part, de fournir à l'observateur un
schéma directeur qui pourra lui servir de base de travail, et d'autre, de permettre
l'élaboration d'hypothèse explicative sur l'organisation des interrelations entre les
composantes du système étudié.(1)

Il conviendrait de noter que chaque culture développe un modèle qui


lui est propre et qui reflète ses spécificités. Bien qu'il soit par définition délicat
d'effectuer des comparaisons entre cultures, on peut évaluer l'impact du facteur
sur la structure en croisant deux dimensions, à savoir la distance hiérarchique et
le contrôle de l'incertitude'",

La distance hiérarchique reflète l'importance de la distance entre le


chef et le subordonné, le pouvoir et le prestige que le subordonné attribue au
chef. Plus une culture favorise la distance hiérarchique, plus la structure
« naturelle» sera centralisée; l'enviable statut du chef provoque une multiplicité
des échelons hiérarchiques et la décolonisation de ceux qui n'ont pas de
« galon ».

Le contrôle de l'incertitude est la tendance à nie pas accepter


l'inquiétude provoquée par la possibilité d'événements facteurs, et à préférer la
sécurité; plus cette tendance est forte, et plus la structure naturelle cherchera à
contrôler étroitement les hommes et les choses par des règles et des plans, ce
que les membres de l'organisation ne rejetteront pas car cela apaise leur propre
besoin de sécurité. 1

• >

(1) Michel Bonami : op. cit, 69


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

50

A la lumière de ce qui précède, nous avons opté pour la structure


divisionnalisée, cette configuration est caractérisée par sa superstructure,
réunissant sous l'autorité d'un siège un ensemble hétérogène de divisions, c'est-
à-dire d'unités largement autonomes s'adressant à des environnements
spécifiques.

Cette structure répond à la configuration actuelle de la réserve de la


faune de Lomako-Yokokala qui s'étend sur quatre territoires différents dont
plusieurs villages, d'une part qui, en effet, seront impliqués dans le management
de ce paysage et d'autre part, les ONG locales et internationales et les agents de
l'administration forestière.

(2) Hervé LAROCHE: Structure organisationnelle, P.4 78


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51

3.4. STRUCTURE DIVISrONAUSEE DE LA RFL Y

Le schéma n° 3.1. présente la structure divisionalisée de la RFL Y

ASSEMBLEE PROVINCIAlE

Structure locale •. r lCCN

Comité de pUntage ComM_ •••••


lGeal local

Assemblées Générates Assemblées Générales


des villages desviUages
1

Source: Ohole, Community Forest Participatory Management in Tanzania, 2005,


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

52

Dans les lignes qui suivent, nous décrivons cette structure autour
des points ci-après :
• Organes et leur fonctionnement;
• Catalyseurs intemes ;
• Catalyseurs externes;

3.4.1 organes et leu r fonction nement

La structure divisionnalisée telle que présentée ci-dessus comprend


deux organes, à savoir:
1. L'Assemblée générale;
2. le Comité Local de Pilotage.

3.4.1.1. L'Assemblée générale

1. Définition

L'assemblée générale est l'organe suprême de l'organisation


villageoise. Elle est composée de tous les habitants des villages concernés y
compris les associations socio professionnelles, par exemples les associations
des planteurs, des pêcheurs, associations par génération d'âge, appelées
communément « INONGO»

Au cours d'une session régulière, n'ont pouvoir sur vote ou sur la


décision à prendre que les habitants des villages et les représentants des
associations socio professionnelles.

2. Attributions
Les attributions principales de cet organe sont:
- La nomination et la révocation des membres du Comité local de pilotage;
L'approbation des rapports d'activités trimestriels et annuels du Comité
Local de Pilotage;
- La décision sur l'amendement de certains articles et du Règlement
d'Ordre Intérieur.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

53

3. Fonctionnement

Elle se réunit trois fois en session ordinaire au cours du mois d'avril,


septembre et de décembre, sur convocation du président du Comité local de
pilotage;

Elle peut être convoquée e session extraordinaire par le président du


Comité local de pilotage chaque fois que la nécessité l'exige;

Les modes de vote sont par consensus et peuvent se faire en


bulletin secret ou en main levée, en cas de non compromis.

Les décisions sont prises à la majorité déterminée par les statuts et


les lois en vigueur en République Démocratique du Congo et, e cas de parité de
voix, celle du président du Comité local de pilotage est prépondérante.

Les procès-verbaux des réunions sont dressés par le Secrétaire


Général et conjointement signés avec le président du Comité local de pilotage;

L'assemblée Générale siège valablement si le quorum est atteint. Si


celui-ci n'est pas atteint celle-ci sera reportée dans les quinze jours ouvrables et,
à cette nouvelle échéance, elle se tient avec les membres présents dotés en ce
moment là des pouvoirs de décisions sur les mesures à prendre, exécutoires et
obligatoires pour tus et à tous.

3.4.1.2. Le Comité Local de Pilotage

Le Comité local de pilotage est l'organe d'exécution, de suivi et de


gestion quotidienne des activités ou projets du village.
Il est composé d'une structure de cinq membres qui sont:
-- Un président;
- Un secrétaire général;
- Un coordonnateur des projets;
- Un trésorier général;
- Un collège des commissaires aux comptes;
Management participatif des forêts et développement local en RD. Congo: Cas de la tèsetve de la faune de Lomako - Yokokala.

54

Les attributions de ces membres sont:

1. Le président du Comité local de pilotage


• Représente et engage valablement l'organisation vis-à-vis des tiers
et de l'Etat;
• Coordonne toutes les activités et projets;
• Oriente la politique générale de l'organisation et veille à son bon
fonctionnement;
• Propose à l'Assemblée générale des nouveaux adhérents, les
barèmes des salaires et avantages sociaux, à allouer aux différents
membres oeuvrant au sein de l'organisation;
• Confie des missions spécifiques à ses collaborateurs;
• Este en justice au nom de l'organisation, notamment il peut désigner
avec lui un document officiel dont le signataire attitré n'est pas
disponible;
• Convoque et préside toutes les réunions de l'assemblée générale et
du comité local de pilotage.

2. Le secrétaire général
• Assiste le président dans l'exercice de ses fonctions;
• Centralise, examine et tranche à son niveau, tout différend de
l'organisation;
• Remplace le président e cas d'empêchement ou de vacance;
• Propose des affectations ou les promotions du personnel de
l'organisation dans différents services et ce, selon les aptitudes et
compétences de chacun, en respectant la règle de la parité;
• Coordonne toutes les activités administratives de l'organisation et en
assure la permanence;
• Rédige les PV des réunions et tient à jour le classement des
archives;
• Gère au quotidien, le personnel subalterne oeuvrant au sein de
l'organisation;
• Signe avec le président les PV des réunions de l'assemblée
générale et du Comité local de pilotage
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

ss
3. Le Trésorier général
• Tient tous les documents comptables de l'organisation;
• Élabore avec le président les rapports financiers trimestriels et
annuels à soumettre à l'approbation de l'assemblée générale des
villages;
• Signe conjointement avec le président les documents relatifs aux
entrées et sorties de fonds;
• Élabore avec le président un règlement financier et en assure
l'exécution auprès des services générateurs des recettes de
l'organisation.

4. Le coordonnateur des projets ou activités


• Initie et supervise des projets de l'organisation;
• Organise des réunions, des ateliers, séminaires et les centres de
formation aux projets de développement;
• Supervise avec le président la gestion des activités connexes de
l'organisation (structure adhocratique)

5. Le Collège des commissaires aux comptes

Le collège des commissaires aux comptes est l'organe de contrôle


du patrimoine et des opérations financières de l'organisation;

Les commissaires aux comptes établissent chaque année un rapport


qu'ils présentent à l'assemblée générale et ils peuvent saisir celle-ci à tout
moment pour lui faire rapport sur un cas de manquement constaté dans
l'exercice de leurs attributions.

Les commissaires aux comptes ont un droit illimité de surveillance


et de contrôle sur toutes les opérations financières de l'organisation;
Ils ont mandat de vérifier les livres de caisse, de contrôler la régularité du rapport
du comité local de pilotage ainsi que l'exactitude des informations données sur
les comptes de l'organisation.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

56

3.4.1.3. Mode de nomination du comité local de pilotage


1 •

Les membres du Comité local de pilotage sont choisis, et le cas


échéant, relevés de leurs fonctions par la majorité des membres de l'organisation
au cours d'une assemblée générale ou extraordinaire régulière. La durée des
membres du comité local de pilotage est de trois ans renouvelable.

3.4.1.3. Des ressources et activités

Les ressources proviennent des participations des membres, des


dons, legs ou contributions diverses, subventions reçues des services publics de
l'État et privés nationaux ou internationaux, des ONG.

Elle organise des activités inhérentes à l'amélioration des conditions


de vie de la communauté et de la protection de l'environnement.
La relation entre la communauté rurale et la structure d'appui (catalyseurs
externes)

La communauté rurale est libre de s'engager ou non avec la


structure d'appui. La structure d'appui garde le pouvoir de décision quant à son
engagement avec la communauté qui a sollicité son aide.
L'une et l'autre partie doivent dialoguer ensemble pour parvenir à un contrat qui
les lie.

La communauté rurale se sent toujours en situation d'infériorité dans


la mesure où celui qu'elle a choisi comme partenaire peut ou non lui refuse l'aide
dont elle éprouve le besoin.
Lorsque le village ou le groupement a acquis un capital communautaire, il
dispose d'une certaine liberté d'action, il est plus autonome dans ses choix.

Entre la communauté rurale et l'organisation d'aide, il y a un


partenariat un peu plus artificiel tout de même que celui qui lie un client à un
bureau d'ingénieur-conseil, par exemple; puisque l'aide demandée est, en
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

57
principe, indispensable à la communauté pour conduire l'action
prévue, et que la structure d'appui peut le refuser.

D'autre part, la communauté rurale reçoit de la structure de


l'intervention un crédit que le bureau d'ingénieur-conseil ne lui accordera pas.
Elle devrait alors s'adresser à une banque et traiter avec deux partenaires au
moins pur la même action. C'est progressivement, en fait, que la structure
d'appui apprendra aux villages et groupement à se passer d'elle: quand elle
cessera d'être le partenaire de ces structures paysannes, ces dernières devront
avoir acquis un capital communautaire suffisant, être prêtes à gérer leur capital
communautaire sans aide particulière, et à traiter avec des entreprises à but
lucratif.

L'impact négatif de l'enclavement: en zone enclavée, l'écoulement


des productions peut être difficile que le chef de famille, par exemple, sera obligé
de conserver du gain pendant très longtemps, mais s'il avait prévu l'investir dans
le bétail ou dans un outil de production.

L'approvisionnement, occasion de dépenses de con~ommation mais


aussi d'investissement, est lui-même problématique.
Ces deux conditions négatives entraînent des pratiques de troc dans les
conditions avantageuses pour ceux qui parviennent à transporter des
marchandises'!'.

Outre ce fait, le paysan ne plus l'intérêt de produire beaucoup,


encore moins d'investir en facteurs de production. Il essaiera encore d'épargner,
uniquement pour des raisons de vie sociale à l'échelon familial (mariages, fêtes,
dépenses imprévues, etc).

Les activités de développement qu'un village décide d'entreprendre


obligent toujours à recourir à un fond communautaire ,
au remboursement du
1

crédit accordé à la collectivité, aux cotisations, etc.

(1) Etienne Beaudoux : L' accompagnement d' un programme local au niveau d'un territoire, 1998, P. 102
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomalw - Yokokala.

58

Chaque membre de la communauté a un rôle à jouer dans ce


, ~ processus. Chacun participe à la limite de ses capacités.

A ce niveau d'organisation, il est nécessaire de savoir que la


pratique de la prise de décision en groupe accompagne en effet la multiplication
des informations et des compétences nécessaires pour résoudre des problèmes
de plus en plus complexes et exigeant une coordination étroite entre les
différentes parties impliquées. Pour faciliter ces concertations entre les paysans
à ce niveau le plus bas de l'organisation, il s'avère indispensable de faire appel
aux catylseurs externes (ONG nationales appuyées par les organisations
internationales) pour jouer le rôle de facilitateur.

3.4.2. Catalyseurs internes

Pour les théoriciens classiques du management, la prise de décision


était une activité largement réservée, qui revenait quasi exclusivement à l'expert
dépositaire(Taylor) ou au chef désigné par la hiérarchie(Fayol).

Comme nous l'avions dit, dans les sections précédentes, le


gouvernement n'a pas le monopole de la gouvernance des forêts, moins encore
les organes techniques de celui-ci. Elle requiert la responsabilité de tous les
acteurs, c'est-à-dire toutes les parties prenantes dans le processus.

A cet effet, le partenariat peut aider à clarifier les rôles et les


responsabilités des administrations locales, des communautés et le secteur
pnve.
Le partenariat fournit un cadre pour explorer les synergies et
complémentarités entre secteurs puis que beaucoup de problèmes de gestion
des ressources naturelles sont en dehors du secteur forestier.

Ainsi, nous avons besoin de soiutions transfrontalières des pays, par


exemple le Partenariat des Forêts du Bassin du Congo (CBFP). Il n'est pas
possible de réaliser la gestion durable des forêts sans Line approche régionale.
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59

3.4.3. Catalyseurs externes

, ..
Les catalyseurs externes ont un rôle très important à jouer dans ce
processus de management participatif.

La boîte à outils des facilitateurs comprend cinq outils principaux, à


savoir: l'information, la formation, les échanges, les appuis en formation des
producteurs ruraux et la formation des producteurs membres d'une organisation
socio-professionnelle.

3.4.3.1. L'information

Le premier maillon du dispositif d'appui, c'est l'information notamment


technique, économique, politique, juridiques, commerciales, fiscale, ...
Ceci renvoie aux moyens disponibles pour la diffusion de cette information:
presse, radio, techniciens de contact, réunions d'information, etc.

Auprès de quelle organisation ou banque obtenir une subvention ou


un crédit pour monter une opération de commercialisation de café, par exemple?
Auprès de quels commerçants obtenir les semences conseillées par le
technicien? Ce sont des exemples qui renvoient à l'existence et au bon
fonctionnement de différents canaux d'information. En amont, il faut que cette
information existe. Ainsi des producteurs de café ont besoin d'informations sur
les techniques culturelles, de traitement de café, leur coût et l'évolution des cours
internationaux pour disposer des arguments utiles dans u ne négociation avec la
société acheteuse et sans être dépendants de cette société pour obtenir des
informations.

On sait qu'un des grands handicaps dans de nombreux pays


d'Afrique est l'absence de presse technique et aussi l'analphabétisme encore
important des producteurs. Les deux phénomènes sont liés.

Pour les différentes personnes à informer, il faut chercher les


modalités les plus opérationnelles de mise à disposition de l'information:
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

60
- des supports écrits: presse générale ou spécialisée et
autres types de supports écrits;
- des supports audiovisuels: radio, cassettes audio, télé, cassette
vidéo;
- des personnes ressources: voisins informés, techniciens .... En
s'appuyant pour cela sur un fonctionnement en réseau;
- des lieux d'information: centre d'informations, valves des comités
locaux de pilotage, cellule information d'une organisation
professionnelle.

3.4.3.2. La formation

Former, c'est aider à la maîtrise cie savoirs et de savoir-faire pour que


les acteurs soient en mesure de mettre en œuvre des projets de la façon la plus
efficace possible et la plus autonome possible.

Pour ce faire, les acquisitions nécessaires sont de plusieurs ordres:


actualisation et mise à niveau des connaissances de base,
d'ordre technique, économique et autres;
acquisition professionnelle de compétences nouvelles et de
pratiques;
- finalisation professionnelle de compétences théoriques: les
compétences dont il s'agit non seulement techniques mais
aussi en matière d'organisation, de gestion, de prospection,
de négociation.

3.4.3.3. Les échanges

En matière d'appui aux porteurs de projets et aussi en matière


d'appui aux responsables d'organisations professionnelles, les échanges et
visites d'autres réalisations sont des moyens très utiles, à condition de valoriser
ces temps de rencontre par une préparation préalable et des discussions après
l'échange.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

61

3.4.3.4. Le conseil

C'est une aide à la décision sur les moyens à utiliser ou les options à
prendre. Les procédures des conseils sont extrêmement variées (techniques de
conseil ponctuel ou dans la durée, conseil individuel ou conseil de groupe). Le
conseil le plus utile s'inscrit dans une démarche de réflexion (appropriation qui
doit amener les acteurs à construire eux-mêmes les solutions).

3.4.3.5. Les appuis

" s'agit de l'accompagnement opérationnel des acteurs. Cet


accompagnement peut être un coup de main provisoire pour remplir un
document administratif, amorcer une négociation. L'appui "passe par deux
canaux variés: l'aide à l'obtention d'un service, par exemple, la transmission de
l'adresse d'un organisme bailleur de fond, l'aide à la compréhension du contrat,
la fourniture d'informations, l'aide à l'analyse comparée de budgets prévisionnels,
l'aide à la constitution d'un dossier de crédit ou la mise en relation avec les
prestataires des services.

Quand la décision de lancer un projet est prise sur la base d'une


information correcte, il faut mettre en œuvre en essayant de vaincre les facteurs
de blocage. Les appuis peuvent être alors: le coup de pouce pour faire passer
un dossier de crédit à la banque, en apportant une caution de garantie de
compétence technique, l'aide du lancement d'une négociation entre organisation
des producteurs et une banque pour obtenir la mise en place d'un nouveau
système de crédit en faveur des producteurs.

3.4.3.6.Formation des producteurs ruraux

Pour la pratique de l'accompagnement, la priorité est la formation


autour des actions conduites: formation-action ou formation -développement.

La formation -action ou formation-développement, c'est le processus


par lequel les acteurs qui y sont engagés apprennent en analysant et en
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - YokokaJa,

résolvant en vraie grandeur les 62 problèmes sur lesquels ils doivent agir.
Un processus de formation-action suppose la mise en place et le fonctionnement
d'une démarche pédagogique appropriée, Elle est faite « d'allers et retours»
entre la formation et l'action, donc d'une manière récurrente,

3.4.3.7. La formation des producteurs membres d'une organisation socio-


professionnelle.

La formation vise d'abord à assurer leur maîtrise des activités de


l'organisation. Elle va donc mettre l'accent sur:
• La viabilité technique, par exemple, le choix d'un matériel au
niveau des membres, recherche et analyse comparée des
informations;
• La viabilité économique, par exemple, les conditions pour obtenir
l'équilibre économique par autofinancement ou la recherche d'un
financement extérieur; réflexion sur les avantages/inconvénients
de chaque formule et réflexion sur l'importance économique de
l'activité (appréciation du résultat économique) ;
•. La viabilité sociale (sur le plan individuel et collectif) : appropriation
par un sous groupe ou intéressement large de tous les membres;
• La viabilité organisationnelle: réflexion sur la mise en oeuvre d'un
système ad hoc d'organisation, un deuxième axe prioritaire de
formation pour les membres d'une organisation concerne la prise
en charge des activités au sein du groupement par les membres:
administration de l'activité, maîtrise technique de l'activité, tâches
de gestion de l'organisation sous l'angle de la perspective et de la
stratégie et conduire de l'activité avec d'autres partenaires.

3.5. STRUCTURE ADHOCRATIQUE

La structure adhocratique est celle qui adopte une structure ad hoc,


c'est-à-dire une structure étroitement adaptée à l'activité qui l'occupe à un
moment donné. Une adhocratie se définit plus en fonction de problèmes ou de
projets qu'en fonction d'une hiérarchie stable ou d'un découpage en unités
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la f.1ime de Lomako - Yokokala.

63
permanentes. C'est une structure mouvante, souvent complexe, pariois
ambiguë, aux antipodes de la bureaucratie mécaniste.

L'adhocratie est destinée à conduire des activités non répétitives, à


mener des projets successifs, à résoudre des problèmes uniques. Ces activités
des projets ou problèmes nécessitent des compétences multiples, des savoirs
spécialisés, et souvent des capacités d'invention et de création. C'est une
structure organique adaptée à la production de l'innovation.

Par définition, les adhocraties diffèrent toutes fortement les unes des
autres. On peut cependant faire certaines distinctions générales. Certaines
organisations ne prennent une configuration adhocratique que localement ou
temporairement. Par exemple, la réalisation d'un ouvrage (pont, hôpital, école,
etc) d'ampleur exceptionnelle nécessite u ne adhocratique au niveau de la
direction des opérations mais pas au niveau de l'exécution qui se fait selon les
principes structurels habituels dans les travaux pubücs'".

Après avoir traité du management participatif de la réserve de la


faune L.omako-Yokokala, passons maintenant au quatrième et dernier chapitre
de notre travail consacré au développement local.

(1) Nicole Aubert et al. . Management . aspects humains et organisationnels, PUF, 1991, P. 507
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

64

CHAPITRE IV: DEVELOPPEMENT LOCAL

Ce chapitre est centré, d'une part, sur l'articulation qui existe entre
le management participatif et le développement local. " est question ici de voir
comment on peut construire le développement local à partir du management
participatif, et vice-versa?

D'autre part, nous tenterons d'analyser l'impact financier et


économique des projets gérés par la structure divsionnalisée et adhocratique
avec la participation de toutes les parties prenantes dans le processus de
management.

4.1. Articulations du développement local et management participatif

Le développement est fait d'artlcutations'", de relations dialectiques


entre une dynamique ascendante exprimant les besoins, les demandes, les
initiatives des groupes locaux, enracinée dans un territoire, une histoire, des
valeurs partagées. Elle suscite des actions plutôt globales et transversales, une
logique de mobilisation des acteurs (parties prenantes) et de leurs potentialités
autour d'un projet, de rapports négociés avec l'ensemble des partenaires.

Une démarche descendante émanant de l'Etat et des pouvoirs


institués, faite d'orientations, de procédures, d'incitations administratives et
financières, de transfert de savoirs et de moyens. Elle privilégie les opérations
sectorielles ou thématiques précises, les équipements et les programmes
structurant une logique de gestion et de répartition, la relation entre les relais
administratifs et les représentants reconnus de la population.

Enfin, les initiatives ascendantes et mesures descendantes doivent


sans cesse se croiser: les premières doivent composer avec les dispositions
institués pour se faire reconnaître, démontrer leur efficacité, traduire leur projet
en programmes précis et éligibles; les secondes ont besoins des forces et des
initiatives ascendantes pour atteindre leur objectif, s'adapter à la mouvance et à
la diversité des situations.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

65

De ce qui précède, un regard macrospique sur les forces qui


dominent le monde démontre les impasses d'une mondialisation livrée à ses
fièvres financières, mais aussi l'impuissance des Etats à en prendre la mesure et
le contrôle: une observation attentive des courants de développement local qui
surgissent d'un peu partout témoigne que d'autres chemins sont possibles et
durables, entre autre le management participatif des forêts, sans prétendre à un
messianisme universel.

4.2. Impacts des projets

L'évaluation des résultats des projets consiste à mesurer les progrès


réalisés par rapport aux objectifs initiaux, et vise à déterminer s'ils ont été atteints
et/ou s'ils sont toujours pertinents. L'évaluation de l'impact consiste à mesurer les
conséquences attendues et imprévues, positives et négatives d'une initiative'!'.

Bien plus, les impacts du projet sont ce que l'on pourrait appeler les
effets directs et indirects du projet dont pâtissent ou bénéficient les populations et
leur milieu.
En effet, la mesure de l'impact ou des impacts des projets est
d'autant plus efficace si l'on observe au préalable quelques règles relativement
simples:
La situation avant projet doit être caractérisée par quelques critères
bien choisis pouvant donner lieu à des mesures relativement facile
permettant de mesurer les principaux effets du projet;
L'appréciation des impacts doit être à la mesure des moyens mis en
œuvre par la cellule interne de suivi du projet ou par la structure
locale;
Les impacts doivent être calculés ou appréciés à l'échéance
régulière;
Les indicateurs d'impact qui ne sont pas mesurables
quantitativement doivent être clairement définis au départ sous
forme de décisions à prendre.

(1) Grazia Barrini et al. : La gestion participative des ressources naturelles. GTZ. 200, p.18
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

66

Sur ce, il convient d'analyser tour à tour la rentabilité financière et la


rentabilité économique selon la méthode des prix de référence et la rentabilité
économique selon la méthode des effets: les trois approches correspondent
chacune à une optique particulière.

4.2.1. Rentabilité financière

Le calcul de la rentabilité financière donne lieu à l'établissement d'un


taux de rentabilité interne financier. Il traite le projet comme une entreprise qui
doit obtenir un certain taux de rentabilité pour toute somme investie dans son
activité.
Le niveau de taux de rentabilité interne financier doit être supérieur
aux coûts financiers des sommes investies dans le projet pour que celui-ci soit
acceptable.

Les deux approches économiques - méthode des prix de référence


et méthode des effets - tiennent compte non seulement des flux financiers
reçus et générés par l'investissement et l'exploitation du projet mais également
de l'environnement économique dans son ensemble. Le projet n'est plus une
entité à examiner isolement mais le moteur d'une dynamique économique dans
son milieu. L'activité du projet doit alors être replacée dans son milieu pour
évaluer son impact.

La méthode des prix de référence part du projeHui-même, de son


analyse financière, et applique aux différents postes de dépenses et de recettes
du projet de nouveaux prix appelés prix de référence. Si dans le cas de pays
développés qui ont organisé une économie de marché, on peut supposer une
économie ouverte conforme à la théorie néoclassique (marché pur et parfait,
producteurs maximisant leurs profits, consommateurs maximisant leur utilité,
équilibre concurrentiel imposant à tous les acteurs des prix d'équilibre), il n'en est
plus de même dans le cas que nous traitons dans ce travail, les pays en
développement. Nous sommes très loin d'un régime de concurrence pure et
parfaite, l'optimum concurrentiel n'est donc pas atteint. Les prix pratiqués, dans
le cas d'espèce, ne sont donc pas représentatifs de l'optimum économique.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

67

La démarche consiste donc à reconstruire un système de prix, les prix de


référence (taux d'actualisation'", prix de référence des devises, prix de référence
des investissements, taux de salaire de référence de la main-d'œuvre non
qualifiée ... ), qui rétablisse le cadre fictif d'une économie de concurrence.

Les prix de référence se définissent alors comme l'augmentation de


l'utilité collective qui résulte, au voisinage de l'optimum, d'une variation marginale
dans la disponibilité des biens et des facteurs de production. Ces prix ont pour
objet de transformer les prix financiers du compte d'exploitation en prix
économiques qui reflètent plus exactement le coût pour l'économie d'un bien ou
d'un service.
La méthode des prix de référence a pour objectif quasi exclusif
d'évaluer la contribution du projet à l'accroissement du revenu national net. Pour
ce faire, la méthode des prix de référence utilise des coefficients de
transformation pour recalculer les différents postes du compte d'exploitation et le
coût financier du projet pour en tirer de nouveaux agrégats éconorniques'".

Toutefois, la méthode des prix de référence demeure centrée sur le


projet et son apport en termes de rentabilité économique. Les autres agents
économiques (Etat, ménages, banques) ne sont pas directement pris en compte
par le calcul.

(1) Le taux d'actualisation donne une mesure synthétique à la fois de la rentabilité du capital, de sa productivité
marginale, de la préférence collective pour le présent et des taux d'escompte des différents consommateurs. Il
rétablit ainsi l'équilibre général qui devrait naturellement exister dans une économie pleinement concurrentielle
entre le taux de rentabilité des entreprises, les taux d'intérêt et les taux d'escompte des consommateurs. Le taux
d'actualisation mesure donc la dépréciation dans le temps de l'unité de compte, du numéraire en monnaie
cons/aille.
(2) Etienne Beaudoux : Accompagner les ruraux dans leurs projets, 2004, P.35
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

68

4.2.2. Rentabilité économique

La méthode des effets décompose également tour à tour le montant


de l'investissement et des flux générés par l'exploitation du projet en coûts d'un
côté et en valeur ajoutée de l'autre de manière à juger de la contribution du projet
à l'accroissement du revenu national net.

Ainsi, on peut déterminer en mettant en balance tous les avantages


(valeur ajoutée) et tous les coûts du projet, le taux de rentabilité économique du
projet. On peut également déterminer pour chaque catégorie d'agent
économique si le projet procure des prix de référence, la méthode des effets
prend la réalité comme elle est. Elle sort du cadre du projet et se recentre sur
l'effet du projet dans l'économie considérée en termes de valeur ajouté'!',

4.2.3. Analyse effective du projet

Dans cette section, nous allons analyser en premier lieu, le coût du


projet selon les trois approches, à savoir; l'analyse financière du projet, l'analyse
selon la méthode des effets et selon la méthode des prix de référence et en
second lieu, nous cernons les flux généreux par le projet selon bien entendu les
trois approches.

4.2.3.1. Coût du projet selon les trois approches

1. Analyse financière du projet

Le coût financier du projet égal au coût effectif de l'investissement.


On peut y ajouter les coûts de renouvellement de j'investissement (frais de
maintenance et de fonctionnement) au cours de la durée de vie du projet.

(1) Berton Jacques et al. Planification du développement local : Guide méthodologique, suivi de trois études de cas en
Afnque de lOuest, 2003, Pp Ml-50
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

69

2. Analyse selon la méthode des effets

Le coût du projet se décompose d'une part en coût pour l'économie


(correspondance presque totale avec les importations) et d'autre part avec les
éléments de valeur ajoutée locale (le solde) contenus dans l'investissement
financier qui bénéficie aux ménages, à l'Etat et aux entreprises. La partie
renouvellement de l'investissement s'appréhende de la même façon. Au total, on
parle de coût social du projet.

3. Analyse selon la méthode des prix de référence

Le coût financier de l'investissement est affecté d'un coefficient


correcteur qui prend en compte le ou les secteurs de dépenses d'investissement
du projet afin d'établir in fine son coût économique qui soit différent de son coût
financier affiché. Le coût économique du projet est en général inférieur au coût
financier. Effectivement, ces coefficients correcteurs ont pour objectif de valoriser
l'apport de l'investissement pour la collectivité, et donc de minorer son coût.

4.2.3.2. Flux financiers générés par le projet selon les trois approches

L'ensemble de ces calculs est effectué année après année, à partir


du démarrage du projet (le commencement des décaissements) jusqu'à la fin du
projet (durée de vie de la partie la plus importante de l'investissement).

1. Analyse financière du projet

Les recettes de l'exploitation du projet sont comparées aux


dépenses d'exploitation du projet (consommations intermédiaires, frais de
personnel, autres charges externes). C'est donc le flux financier net que génère
le projet qui est analysé. On veut savoir avec exactitude ce que rapporte le
projet en trésorerie brute.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de /a réserve de /a faune de Lomako - YokokaJa.

70

2. Analyse selon la méthode des effets

On cherche dans ce cas l'ensemble des valeurs ajoutées suscitées


par l'exploitation du projet.

La valeur ajoutée directe est obtenue à partir du compte


d'exploitation prévisionnel du projet. Il s'agit essentiellement d'éclater la valeur
ajoutée inscrite au compte d'exploitation entre frais de personnel,
amortissement, impôt théorique et bénéfice net pour le projet.

La valeur ajoutée indirecte est calculée à partir de la décomposition


des consommations intermédiaires locales. Les consommations intermédiaires
importées sont considérées comme un coût.

3. Analyse selon la méthode des prix de référence

On recalcule les principaux postes du compte d'exploitation en leur


appliquant des coefficients qui changent leur montant. Les flux financiers générés
par le projet deviennent alors des flux économiques. Chaque poste se voit
appliquer un coefficient spécifique.

En sommes, les trois méthodes décrites ci-dessus comportent des


avantages et des inconvénients qui diffèrent selon le contexte local de leur
application. Le calcul du taux de rentabilité financier est plutôt conseillé quand on
a à faire à une entreprise du secteur concurrentiel. La méthode des prix de
référence est particulièrement adaptée dans le cas d'économie très fermée où
l'intervention de l'Etat est forte et fausse les règles de la concurrence. Elle est
également bien conçue pour un projet qui s'adresse à une entreprise. Sa
simplicité de calcul est intéressante dans le cas où il convient d'effectuer une
estimation rapide du taux de rentabilité économique.

La méthode des effets est particulièrement indiquée pour des projets


d'infrastructure. Dans ce cas, il est intéressant de calculer les gains et les coûts
que procure le projet pour chaque catégorie d'agents économiques.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

72

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS

1, CONCLUSIONS

Notre étude a porté sur le management participatif des forêts et le


développement local en République Démocratique du Congo : cas de la Réserve
de la Faune de Lomako- Yokokala.

La question centrale de notre recherche a été celle de savoir


comment construire le développement local à partir du management participatif
des forêts et vice versa.

Pour répondre à cette question de recherche, nous avons supposé


que le management participatif qui est une exigence incontournable du
développement local en ROC en général et de celui des populations riveraines
de la Réserve de la Faune de Lomako-Yokokala, en particulier, sera matérialisé
sur un modèle de gestion à décisions 'd'actions et d'informations dans une
structure à la fois divisionalisée et adhocratique.

Nous avons, pour mener à bien notre travail, structuré celui- ici
autour de quatre chapitres. Le premier chapitre a présenté le cadre conceptuel
de l'étude. Le deuxième a planché sur la présentation de la Réserve de la Faune
de Lomako-Yokokala et de la méthodologie du travail. Le troisième chapitre a
traité du management participatif de la Réserve de la Faune de Lomako-
Yokokala. Enfin, le quatrième et dernier chapitre a analysé l'articulation qui existe
entre le management participatif et le développement local.

Des développements qui précèdent, nous arrivons à la conclusion


selon laquelle le développement local, c'est d'abord le refus de la fatalité, du
déclin, de la domination: « le pays qui ne veut pas mourir », ce groupe social,
cette communauté qui refuse sa mise à l'écart, son éclatement.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

73

Souvent aux frontières de l'impossible, dans des situations de


grande détresse ou de violence, on voit se mettre à l'œuvre l'imagination fertile
du petit peuple. On se débrouille avec les moyens de bord pour répondre aux
besoins fondamentaux de nourriture, de santé, d'éducation, de logement et de
sécurité, mais aussi aux besoins de relation, de dignité et de liberté.

Il Y a de temps de la survie où l'on se mobilise dans l'urgence, le


temps de la subsistance où l'on s'organise pour durer, le temps du
développement où l'on s'ouvre à une approche globale (approche systémique), à
d'autres dimensions pour des échéances moins contraignantes.

Il faut émerger la pression de l'instant, mais aussi de l'opulence


aveugle des nantis pour relever la tête, rechercher avec d'autres les solutions
concrètes qui font vivre plus dignement, qui mettent en mouvement et ouvrent
d'autres perspectives.

Au niveau le plus rudimentaire comme dans les systèmes les plus


élaborés, rien ne commence sans prise de conscience de la situation, la
confiance retrouvée en soi et dans les autres, la conviction que l'on peut faire
quelque chose sans attendre tout d'en haut ou d'ailleurs.

Alors se déploie la même spirale du développement: prise de


conscience de l'acuité ou de l'ampleur du problème mobilise les racines
culturelles et les solidarités locales, provoquant la mise en place et la gestion des
petits équipements, ce qui exige formation, information et concertation, lesquelles
élargissent les champs de conscience et d'action, suscitent de nouvelles
initiatives.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala

74

2. RECOMMANDATIONS

Nous référant aux conclusions ci-dessus, les recommandations


suivantes s'imposent pour parvenir à un véritable développement local
autocentré :
La révision de l'actuel code forestier spécialement en matière des
forêts communautaires;
La mise de l'homme à la source et au centre de tout développement,
ce qui appelle des démarches pédagogiques et stratégiques
appropriées;
Le renouvellement du tissu social et de la démocratie locale, ce qui
exige une refondation de nos institutions ;
L'ouverture du local à l'universel et enracinement de l'universel dans
le local, ce qui demande un souffle de dépassement.

Avant de terminer, nous voudrions souligner ici que nous n'avons


pas la prétention d'avoir vidé tous les aspects liés à la problématique de notre
recherche. Compte tenu de sa limitation dans le temps et dans l'espace d'une
part et d'autre part, dans le contenu des matières abordées, bien des questions
d'intérêt restent sans réponses et nécessitent d'autres études. Nous comptons y
revenir et invitons aussi tout autre chercheur intéressé à nous emboîter le pas.
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokoka/a

75

BIBLIOGRAPHIE

1.TEXTES LEGAUX

1. Journal Officiel : Constitution de la 3e République, 2006


2. Journal Officiel: Code Forestier, 2002

Il. OUVRAGES

3. A. HONEY EL. L. : Comment la forêt peut réduire la pauvreté, FAO,


2002

4. Amsallen Isabelle Gestion durable des forêts tropicales en Afrique


Centrale, FAO, 2003

5. AT AMANA Bernard Développement local et gestion des ressources


naturelles en Afrique Subsaharienne, 1998

6. Barbut Monique et : Stratégie pour une gestion des forêts dans un but
Alain Karsenty d'exploitation durable, Banque Mondiale, UICN,
1994

7. B. VAN DE WALLE Essai de planification de l'Economie congolaise,


FAO,2000

8. Bonami Bernard de Management des systèmes complexes. Pensée


Hennin Michel et al. systémique et intervention dans les organisation,
1ère édition, 2è tirage, 1996

9. D'arcy Davis Case Community forestry participatory assessment,


monitoring and evaluation, FAO, 1989

_____ .J
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de fa réserve de fa faune de Lomako - Yokokafa.

76
10. Deanna M. Wolfire : Les forêts en ROC: les opportunités en temps de
et al. crise, 1998

11. Hans Cregersen Evaluation économique des impacts des projets


Arnoldocuotreraq forestiers, FAO, 1994

12. Grazia Borrini et al : La gestion participative des ressources naturelles,


GTZ , 2000

13. Guedje Nicole Marie : La gestion des populations d'arbres comme outil
pour une exploitation durable des produits
forestiers non-ligneux: l'exemple de garcinia
lucida(Sud -Cameroun), Kribi, Cameroun, 2002

14. HEVEE Paul Le développement local au défi de la


mondialisation, éd. L'Harmattan, 2001

15. HOCHET -N'gar: Développement rural et méthodes participatives,


ALI BA Anne Marie Editions L'Harmattan, 1995

16. Katzenellenbogen : Community participation in the Mamre Community


J.M et al Health project, South africa Med, 1988, n074

17. M. Carrea Carlos International Journal of Technology


Management, UNESCO, 1995

18. MALDAGUE Michel Traité de gestion de l'environnement tropical,


Tome Il, 2005

19. Murray Coh. Analyse d'impacts de projets forestiers:


problèmes et stratégies, FAO, 1993

20. Murray Coh. : Forest resources assessment , FAO, 1990

21. NGUINGUIRI Jean: Les partenariats forestiers: orienter le processus


Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

77
Claude sur la base des leçons de la gestion
participative, 2004

22. P. Lammerink Marc: Approches participatives pour un développement


et al. durable, Ed. Karthala et IRD, Douala, 1998

III. MEMOIRES

23. GATA DIKULUKILA : Participation de la population locale à la gestion


des ressources naturelles de la biosphère de
Luki (RDC). Contraintes et perspectives pour un
développement durable. Cas de l'enclave de
Tsumba, Kituti,

IV. NOTES DE COURS

24. KINZONZI
NVUTUKIDI NGIDU : Contrôle de gestion, L2, FASEG, UNIKIN, 2005-
2006

V. RAPPORTS
25. Ministère de : Rapport intermédiaire sur la mise en œuvre de la
l'Environnement, convention relative à la biodiversité en ROC,
Conservation de la Décembre 1997, inédit.
Nature et Tourisme

26. Kjell) Berton Jacques : Rapport de voyage, 30 juillet 2005, Rainforest


et al Novèrge/Royaume-Uni
27. OCHA-N-U Rapport du Bureau de Coordination des Affaires
Humanitaires, Monitoring de la situation
humanitaire en ROC, 10-16 avril 2004

)
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

78

TABLE DES MATIERES


EPiGRAPHE i
DEDiCACE ii
AVANT-PROPOS iii
LISTE DES ABBREVIATIONS v
O. INTRODUCTION GENERALE 1
0.1. CONTEXTE 1
0.2. PROBLEMATIQUE 3
0.3. HYPOTHESE DE TRAVAIL 6
0.4. CHOIX ET INTERET DU SUJET 7
0.5. METHODES ET TECHNIQUES 8
0.6. DELIMITATION DU SUJET 8
0.7. DIFFICULTES RENCONTREES 8
0.8. CANEVAS DU TRAVAIL. 9
CHAPITRE 1: CADRE CONCEPTUEL DE L'ETUDE 10
1.1. Gestion et Management. 10
1.2. Mangement Participatif 14
1.2.1. Les différentes écoles de management 16
1.3. Forêts 19
1.3.1. Produits forestiers ligneux 20
1.3.2. Produits forestiers non- ligneux 20
1.3.3. Aménagement forestier 20
1.3.4. Conservation 21
1.3.5. Déboisement. 21
1.3.6. Exploitation forestière : 21
1.3.6. Plan d'aménagement forestier 21
1.3.7. La Classification des Forets 21
a. Les forêts classées ,.. 22
b. Les forêts protégées 22
c. Les forêts de production permanente 22
1.4. Développement local 23
1.4.1. Communauté 23
1.4.2. Développement local 24

. .J
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la tèsetve de la faune de Lomako - Yokokala

79
a. L'auto-détermination 25
b. L'auto-organisation 25
c. L'auto-financement 25
d. L'auto-gestion 25
e. L'auto-évaluation 25
CHAPITRE Il: PRESENTATION DU CHAMPS D'APPLICATION ET DE LA
METHODOLOGIE 28
2.1. CHAMPS D'APPLICATION 28
2.1.1. Les écosystèmes : ..28
2.1.2. Le système de production 30
2.1.3. L'aménagement du territoire 32
2.3.1.1. Marchés 34
2.1.3.2. Les Infrastructures scolaires 34
2.1.4. Les conditions sociales 35
2.1.5. Les catalyseurs internes et externes 36
2.1. 6. Interrelations et interactions 36
2.2. METHODOLOGIE 39
CHAPITRE III: MANAGEMENT PARTICIPATIF DE LA RESERVE DE LA FAUNE
DE LOMAKO -YOKOKALA (RFLY) 42
3.1. CONTEXTE 42
3.2. JUSTIFICATION .43
3.2.1. La gestion des premiers programmes forestiers 43
3.2.2. Le management participatif 46
3.3. DEMARCHE DE MODELISATION .48
3.4. STRUCTURE DIVISIONALISEE DE LA RFLY 51
3.4.1 organes et leur fonctionnement 52
3.4.1.1. L'Assemblée générale 52
3.4.1.2. Le Comité Local de Pilotage 53
3.4.1.3. Mode de nomination du comité local de pilotage 56
3.4.2. Catalyseurs internes 58
3.4.3. Catalyseurs externes 59
3.4.3.1. L'information 59
3.4.3.2. La formation 60
3.4.3.3. Les échanges 60
3.4.3.4. Le conseil 61
Management participatif des forêts et développement local en R.D. Congo: Cas de la réserve de la faune de Lomako - Yokokala.

80
3.4.3.5. Les appuis 61
..•
3.4.3.6.Formation des producteurs ruraux 61
3.4.3.7. La formation des producteurs membres d'une organisation
socio-professionnelle 62
3.5. STRUCTURE ADHOCRATIQUE 62
CHAPITRE IV: DEVELOPPEMENT LOCAL 64
4.1. Articulations du développement local et management participatif 64
4.2. Impacts des projets 65
4.2.1. Rentabilité financière 66
4.2.2. Rentabilité économique 68
4.2.3. Analyse effective du projet 68
4.2.3.1. Coût du projet selon les trois approches 68
4.2.3.2. Flux financiers générés par le projet selon les trois approches 69
CONCLUSION GENERALE ET RECOMMANDATIONS 72
1. CONCLUSIONS 72
2. RECOMMANDATIONS 74
BIBLIOGRAPHIE 75
1. TEXTES LEGAUX : 75
Il. OUVRAGES 75
III. MEMOIRES 77
IV. NOTES DE COURS 77
V. RAPPORTS 77
TABLE DES MATIERES 78

.., èi

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