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Algèbre2 Logique- Eléments de la théorie des ensembles 1/6

AL.2
LOGIQUE - ELEMENTS DE LA
THEORIE DES ENSEMBLES

I. ELEMENTS DE LOGIQUE

a) Propositions - Règles logiques

définition :
on appelle propriété ou assertion une affirmation à laquelle on peut attacher
une valeur de vérité : soit vraie soit fausse .

soit p une assertion , on appelle table de vérité de p la table :


p
V
F

exemples : 3 est un nombre impair ( proposition vraie )


Paris est la capitale de l’Italie (proposition fausse).

définition :
Un théorème ou proposition est une assertion vraie.

règles logiques : on admet les règles suivantes


- principe d’identité : « A » est « A »
- principe de non contradiction : on ne peut avoir p vrai et p faux en même temps
- principe du tiers exclu : une proposition qui n’est pas vraie est fausse et une
proposition qui n’est pas fausse est vraie .

b) Opérateurs logiques

Les opérateurs logiques permettent de combiner des propositions pour en obtenir de


nouvelles :
- négation : la négation d’une proposition p est notée non p ;  p ; p

p non p
V F table de vérité
F V

exemple : p : les pommes sont bleues ; non p : les pommes ne sont pas bleues

- conjonction : ‘ et ’ notée ∧
- disjonction inclusive : ‘ ou ’ notée ∨
- implication : notée ⇒
- équivalence : notée ⇔
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ils sont définis par la table de vérité :

p q p ∨ q p ∧ q p⇒q p⇔q
V V V V V V
V F V F F F
F V V F V F
F F F F V V

Remarques :
• Dans l’implication p ⇒ q, p s’appelle l’hypothèse, q la conclusion.
• On peut exprimer l’implication p ⇒ q de l’une des façons suivantes :
∗ pour que p, il faut q ; q est une condition nécessaire de p
∗ pour que q, il suffit p ; p est une condition suffisante pour q
∗ si p, alors q.
• On peut exprimer l’équivalence logique p ⇔ q de l’une des façons suivantes :
∗ pour que p, il faut et il suffit q; p est une condition nécessaire et suffisante (CNS)
pour q
∗ p si, et seulement si q

c) Tautologie

définition :
Un théorème de logique (appelé aussi tautologie) est une assertion vraie quelles que soient les
valeurs de vérité des éléments qui la composent .

exemples :
1. p ⇒ p
2.  ( p) ⇔ p
3. p∨( p) (tiers exclus)
4. (p ∧ (p ⇒ q)) ⇒ q (règle d’inférence, ou syllogisme)
exemple : soient les propositions p: « x=6 » et q: « x est un nombre pair » alors :
(x =6 et (x=6 ⇒ x et un nombre pair )) ⇒ x et un nombre pair
5. lois de Morgan :
a)  ( p ∧ q) ⇔ ( p ∨  q )
exemple : (x,y) ≠ (1,2) ⇔ x ≠1 ou y ≠ 2
b)  (p ∨ q) ⇔ ( p ∧  q )
c) p ∧ (q ∨ r) ⇔ (p ∧ q) ∨ (p ∧ r)
d) De même que (c) en permutant ∧ , ∨

6. l’implication :

• ( p ⇒ q ) ⇔ ( p ∨ q )

• ( p ⇒ q ) ⇔ (q ⇒ p ) contraposée

7. négation d’une implication : (p ⇒ q) ⇔ ( p et q)

Remarque : l’implication q ⇒ p est appelée réciproque de p ⇒ q


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d) principaux types de raisonnements

1. transitivité : de (p ⇒ q) vraie et (q ⇒ r) vraie on déduit que (p ⇒ r) vraie.

2. syllogisme : de p vraie et p ⇒ q vraie on déduit que q est vraie

3. disjonction des cas : de [ (p ⇒ q) vrai et (p ⇒ q) vraie ] on déduit que q est vraie

exemple : pour n∈  montrons que n(n+1) est pair.

4. contraposition : on sait que (p ⇒ q) ⇔ (non q ⇒ non p)


exemple : pour démontrer que a ≠ b ⇒ f(a) ≠ f(b)
il est souvent plus facile de montrer que f(a) = f(b) ⇒ a = b

5. raisonnement par l’absurde : Pour montrer que p ⇒ q est vraie, on suppose que p est
vraie et q fausse, et on montre que cela entraîne une contradiction ; car dans une théorie
logique, une proposition ne peut être à la fois vraie et fausse (s’il en est ainsi la théorie est dite
contradictoire) ; ce raisonnement par l’absurde utilise le résultat suivant :
( p ⇒ q ) vraie équivaut à ( p ou q ) vraie soit (p et q) fausse

6. méthode du contre exemple : pour montrer que p ⇒ q est faux , il suffit d’exhiber un cas
où p est vrai et q est faux . ( négation d’une implication )
exemple : montrer que la proposition suivante est fausse:
« si n est divisible par 4 et par 6 alors n est divisible par 24

II. ENSEMBLES

définition : On appelle ensemble une collection d’objets.

a) Quantificateurs

Soit P une proposition dépendant d’une variable x . On introduit 2 nouveaux


opérateurs :
∀ : se lit « quel que soit » ou « pour tout »
∃ : se lit « il existe au moins un»
∃ ! : se lit « il existe un unique»

Remarque : ordre des quantificateurs :


2 quantificateurs de même nature peuvent être permutés
2 quantificateurs de nature différentes ne peuvent pas être permutés.

b) Négation d’une phrase quantifiée

Soit P une proposition dépendant d’une variable x et E un ensemble, alors :


 (∀x ∈E, P) ⇔ (∃x ∈E, P)
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 (∃x ∈E, P) ⇔ (∀x ∈E, P)

Exemples :
1. La négation de la proposition (∀x ∈E, x.0 = 0) est (∃ x ∈E, x.0 ≠ 0).
2 2
2. La négation de la proposition (∀(a,b)∈  , (a<b ⇒ a2<b2)) est (∃(a,b)∈  , (a<b et a2>b2))
3. La négation de la proposition : ∀a ∈E ,∀ε>0, ∃ η>0, ∀x ∈E, (Ix-aI≤ η ⇒ If(x)-f(a)I≤ ε) est
∃a ∈E , ∃ε>0, ∀η>0, ∃x ∈E, (Ix-aI≤ η et If(x)-f(a)I> ε)

c) Inclusion

définition :
Soient A et B 2 ensembles , on dit que A est inclus dans B ou A est une partie de B si
pour tout x de A, x est élément de B ( ∀x∈A, x∈B ) . On note alors A ⊂ B
On note P (A) l’ensemble des parties de A.

exemple : pour A = {a,b} P (A) = {∅ , {a},{b},{a,b} }

remarques :
• A ⊂ B ⇔ (x∈A ⇒ x∈B ) ; on a ∅ ⊂ A , A ⊂ A pour tout ensemble A.
• A = B ⇔ (A ⊂ B et B ⊂ A ) .
• La négation de A ⊂ B est notée A ⊄ B ceci veut dire : ∃x∈A, x∉B.
• A ≠ B ⇔ (A ⊄ B) ou (B ⊄ A).
• (A ⊂ B et B ⊂ C) ⇒ (A ⊂ C) transitivité

d) Opérations dans P (E)

1) Définitions
Soient E un ensemble, A et B des parties de E :
CE(A) ={ x∈E, x∉A} = A complémentaire de A dans E
A∩B = {x∈E, x∈A et x∈B} intersection de A et B
A∪B = {x∈E, x∈A ou x∈B} réunion de A et B
A \ B = {x∈A, x ∉B} = A∩ B différence A moins B
A∆B = (A \ B)∪(B \ A) différence symétrique de A et B

2) Propriétés
- la réunion et l’intersection de 2 ensembles sont commutatives, associatives, distributives
l’une par rapport à l’autre (A∩(B∪C)=(A∩B)∪(A∩C))
- A∩B = A∪B , A∪B = A∩B lois de Morgan

Rq : soit (Ei)i∈N une famille de parties de E, on note ∪ E = {x∈E / ∃ i∈  , x∈Ei }


i∈
i

et ∩ E = {x∈E / ∀ i∈  , x∈Ei }
i∈
i

3) Partition

définition :
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I ⊂  (Ei)i∈I une famille de parties d’un ensemble E est une partition de E si :


i∪ Ei = E
 ∈I 2
∀(i, j ) ∈ I / i ≠ j , Ei ∩ E j = ∅

∀i ∈ I , Ei ≠ ∅

exemple : E = {1,2,3,4,5,6} E1={1,2,3} E2={4,5} E3={6} (Ei)i∈{1,2,3} est une partition de E

4) produit cartésien

définition :
Soient E et F deux ensembles , on appelle produit cartésien de E et F l’ensemble
E × F = { x = (x1,x2) , x1∈E , x2∈F }

exemple : E = {1, 2}, F = {a, b, c} E × F = { (1, a), (1, b), (1, c), (2, a), (2, b), (2, c)}
mais (a, 1)∉E × F.

Rq : cette définition s’étend au produit cartésien d’une famille d’ensembles

III. RELATIONS

a) Définitions

définition :
Soient E et F deux ensembles, on appelle relation binaire R de E vers F
un triplet (E,F,G) où G est une partie de E ×F (appelé graphe de la relation)
pour x∈E, y∈F, on note x R y lorsque (x,y)∈G

Rq : si E = F une relation binaire R de E vers E est dite relation dans E

définitions :
Soit R une relation dans un ensemble E. On dit que :
R est réflexive si ∀x∈E x R x
R est symétrique si ∀(x,y)∈E2 x R y ⇒ y R x
R est transitive si ∀(x,y,z)∈E3, ( x R y et y R z ) ⇒ x R z
R est antisymétrique si ∀(x,y)∈E2, ( x R y et y R x ) ⇒ x = y

exemples : étudier les relations suivantes :


• inclusion (⊂) dans un ensemble E
• strictement inférieur à (<) dans 
• non inclusion

b) Relation d’équivalence

définition :
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Soit R une relation dans un ensemble E. On dit que R est une relation d’équivalence si elle
est réflexive, symétrique et transitive.
Rq : soient R une relation d’équivalence sur E et x∈E .
x = { y∈E, y R x } est appelé classe d’équivalence de x .
L’ensemble des classes d’équivalence forme une partition de E appelé
ensemble quotient de E par R et noté E / R .

exemples : - l’égalité dans  est une relation d’équivalence


- dans  * la relation x ≡ y [5] ⇔ ∃k∈Z / x - y = 5k ( congruence modulo 5 )
dans ce cas  * / R = { 0, 1, 2, 3, 4 }

c) Relation d’ordre

définition :
Soit R une relation dans un ensemble E. On dit que R est une relation d’ordre si elle est
réflexive, antisymétrique et transitive.

exemples : ≤ dans  ( ou Z ou  ...)


⊂ dans un ensemble E
| dans  * (relation divise)
Rq : on note souvent (E, ≤) un ensemble ordonné (muni d’une relation d’ordre )

éléments particuliers dans un ensemble ordonné :


Soient (E, ≤) un ensemble ordonné, A ⊂ E et x∈E.
• x est un majorant de A si ∀a∈A, x ≥ a
minorant de A si ∀a∈A, x ≤ a
Si A admet un majorant (Resp. minorant), on dit que A est majorée (Resp. minorée)
• p∈A , p est le plus grand élément de A si ∀a∈A, p ≥ a .
On note p = max A (s’il existe ! ).
De même avec le plus petit élément noté min A
• On appelle borne supérieure (resp. inférieure ) de A, le plus petit (s’il existe) des
majorants de A, notée sup A (resp. le plus grand des minorants, noté inf A)

exemple : A = [ 2, 5 [ n’admet pas, dans  , de plus grand élément mais admet une borne
supérieure : sup A = 5.